Poutine nomme un criminel de guerre président de Tchétchénie
Par
la Société pour les peuples menacés, 16 février 2007

La Société pour les peuples
menacés (GfbV) a critiqué la décision du président russe Vladimir Poutine
de désigner l’ancien Premier ministre tchétchène comme président par
intérim de la république du Caucase.
"Ramzan Kadyrov devrait être présenté à un tribunal international
pour crimes de guerre et non à un poste gouvernemental », a déclaré
la correspondante de la GfbV pour la Fédération
de Russie Sarah Reinke. Des enquêtes des organisations de défense des
droits humains montrent que Ramzan Kadyrov et ses gardes du corps sont
directement responsables d’innombrables meurtres, viols et enlèvements
de civils tchétchènes, parmi lesquels de nombreux enfants. Kadyrov a
par exemple des prisons illégales dans sa ville natale de Tsenteroï.
Des personnes suspectées d’appartenir à des unités combattantes tchétchènes
y sont torturés afin de leur extraire des confessions.
Depuis son accession au pouvoir, un nombre croissant de parents innocents
de combattants supposés ou réels ont été enlevés.
Ramzan Kadyrov en public...
...et en privé, dans son
fief de Tserentoï
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Ramzan
Kadyrov, qui est le fils du précédent président tchétchène Achmad Kadyrov,
qui a été assassiné, a établi un climat de peur en Tchétchénie. Les
enlèvements et les mauvais traitements ne sont plus rapportés aux autorités
par peur d’arrestations de membres des familles et autres formes de
châtiment cruel. La population civile craint les "Kadyrovtsy”,
les escadrons de la mort qui sont personnellement attachés à Kadyrov,
30 ans, et les soi-disant forces de sécurité, plus encore que les soldats
russes. Il est vrai qu’il est défini officiellement comme l’homme auquel
il faut reconnaître d’avoir reconstruit la Tchétchénie
après dix ans de guerre. Mais la situation humanitaire et sociale de
la Tchéchénie
reste catastrophique. Par manque de soins médicaux, plus de la moitié
des enfants tchétchènes naissent malades. Le taux de chômage dépasse
les 80%.

Les Kadyrovsky spetsnaz, « Commandos
Kadyrov », communément appelés par la population « Kadyrovtsy »
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Arrière-fond
Depuis l’an 2000, le Kremlin a misé sur la « tchétchénisation »
du conflit, c’est-à-dire qu’il laisse le soin à aux Tchétchènes loyaux
à Moscou d’affronter l’opposition tchétchène armée. Jusqu’en 2004, Poutine
s’était appuyé sur Achmad Kadyrov, l’ancien mufti de Tchétchénie, qui
a édifié une organisation paramilitaire sous son autorité directe et
dirigée par son fils. Elle a compté jusqu’à 14 000 hommes, principalement
recrutés parmi des combattants tchétchènes. Leur loyauté personnelle
à Ramzan Kadyrov était souvent obtenue par le recours aux méthodes les
plus brutales. Comme preuve de sa loyauté, un nouveau Kadyrovtsy devait
par exemple « nettoyer » son village natal. Les Kadyrovtsy
ne sont pas remis à la justice pour leurs sérieuses violations des droits
humains. Cette impunité a entraîné la poursuite de la violence en Tchétchénie.
Original : http://www.gfbv.de/pressemit.php?id=839&highlight=kadyrov
Traduit de l’anglais par
Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.
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