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Tchétchénie

21/08/06 - Saïd-Emin Ibraguimov a lancé une protestation illimitée devant le bâtiment du Conseil de l’Europe à Strasbourg


Saïd-Emin Ibraguimov, Président de l’Association Internationale "Paix et droits de l’homme" et ancien ministre des Communications de Tchétchénie, organisateur de nombreuses marches et manifestations importantes en faveur de la paix en Tchétchénie, a lancé une nouvelle action de protestation contre la non-application des règles du droit international, à compter du 1er août et pour une durée illimitée. Dans un premier temps, il compte être présent chaque jour de 16h à 17h devant le bâtiment du conseil de l’Europe à Strasbourg. Ibraguimov, 60 ans, avait mené au début de l’année une longue grève de la faim à Strasbourg.
Pour lire la lettre qu’il a remise le vendredi 28 juillet au secrétaire pour les droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Günter Schirmer :
http://www.comite-tchetchenie.org/article.php3?id_article=285.php

Contact : miriprava@hotmail.com.

Abdallah Bassaiev Martyr

Le commandant moudjahid tchétchène Abdallah Chamil Bassaïev est tombé martyr dans la nuit de dimanche à lundi.
Chamil Bassaïev, 41 ans, organisateur d'une série d'attaques en Russie depuis le début de l'invasion russe en Tchétchénie aurait été tué avec plusieurs combattants. Plusieurs fois bléssé, emputé d'une jambe, il continuait inlassablement le combat pour l'instauration d'un état islamique dans le Caucase. Qu'Allah accepte son martyr et nous envoie une dizaine de Bassaiev.

Le criminel de guerre russe Vladimir Poutine a qualifié l'élimination de Chamil Bassaïev de "châtiment mérité" pour celui qui avait notamment revendiqué la prise d'otages dans l'école de Beslan en septembre 2004.

"C'est un châtiment mérité pour ces bandits, au nom de nos enfants à Beslan, à Boudennovsk, pour tous les attentats qu'ils ont commis à Moscou et dans les autres régions de Russie, dont l'Ingouchie et la Tchétchénie", a annoncé Poutine à l'annonce de la mort du commandant Bassaïev.

10/07/06 - Chamil Bassaïev


par Ouardia Yahaoui, 10 juillet 2006

Longue vie à la Tchétchènie,
Longue vie au Peuple Tchétchène,
Que la Russsie des tyrans le sache :
Depuis le ciel étoilé, Chamil Bassaïev
Continue la lutte !

Quelles sont belles les montagnes du Caucase,
Qu'ils sont beaux les chevaliers de la liberté,
Qu'elle est grande cette armée de braves,
Qu'elle est magistrale cette Résistance.

Des Tsars russes aux Dictateurs Russes,
Tous ont voulu piétiner la Liberté du Caucase,
Mais à chaque fois un Chamil s'est dressé,
Faisant son lit à la belle étoile et se nourrissant
De chardons ardents.

Mourir à la belle saison, quand la moisson
N'a pas encore été fauchée afin de

Capturer les rayons de soleil pour
Mieux offrir le jour prochain
Au Peuple Tchétchène, tel est le destin
du Juste.

Chamil Bassaïev vivant pour toujours
Chamil Bassaïev dont le vent
Emporte l'écho de la révolte
Aux quatre coins du Cause.

Chamil Bassaïev mutilé dans sa chair,
Mais fort dans l'âme au point de vivre
Même une fois arrivé au firmament,
Car le repos éternel il a gagné.

La mort contrairement à ce que
Disent les tyrans incultes n'est
Ni un châitment ni une fin,
La mort n'est qu'un renouveau.

Chamil Bassaïev, Tolstoï à loué
Ton père Chamil et la cause de
Ton Peuple montagnard,
Chamil Bassaïev mort pour les
Tyrans mais vivant dans le coeurs
des Hommes.

A l'ombre des chardons ardents,
Sous les genêts agités par le vent,
Un rire d'enfant court le long d'un
Ruisseau, et s'étale dans l'herbe
L'ombre d'un enfant Tchétchène
Appelé Chamil.

Entre Hadji Mourat et l'Imam Chamil
Chamil Bassïev veille et depuis Alger,
Abdelkader regarde le soleil se lever
Sur la Tchétchènie des Justes.

Longue vie à la Tchétchènie,
Longue vie au Peuple Tchétchène,
Que la Russsie des tyrans le sache :
Depuis le ciel étoilé, Chamil Bassaïev
Continue la lutte !

 

 

20/06/06 - Abdulhalim Sadulayev, héros et martyr


Il est mort à 39 ans, comme Che Guevara ou Malcolm X. Assassiné. Comme pour Che Guevara, ses assassins se sont livrés à une mise en scène macabre de son corps martyrisé, comme s'ils voulaient se convaincre eux-mêmes qu'ils l'avaient bien tué. Mais à la différence de Che Guevara, le visage de Abdulhalim Sadulayev ne risque pas de sitôt d'apparaître sur les T-shirts de la jeunesse mondialisée.
C'est que Sadulayev, aux yeux des Maîtres du discours qui dictent le bien-penser, était un "méchant", un "mauvais", un dangereux barbu, un "wahhabite". Et sa mort ne suscitera aucune larme chez les défenseurs patentés de la démocratie laïque.
Cheikh Abdulhalim Sadulayev était né à Argoun, à l'est de Grozny, en 1967. Après des études de théologie à l'Université de Grozny, il était devenu imam à Argoun. Après la déclaration d'inépendance de la Tchétchènie et la première gerre déclenchée par les Russes en 1994, il devint membre du conseil militaire d'Argoun et, donc, un combattant. Il ne faisait qu'obéir là à la double obligation - patriotique et religieuse - de défendre sa terre occupée. Il aura comme noms de guerre Abou Salamovitch ou encore Cheikh Abdulkarim.
En 1999, le président Mashadov le nommait à la commission d'État chargée de la réforme constitutionnelle pour établir la Charia, la loi islamique. En 2002, il était nommé président de la Cour de la Charia et le comité militaire d'État le désignait comme successeur du président au cas où celui-ci viendrait à disparaître. Ce qui sera le cas en mars 2005, lorsque Maskhadov sera assassiné par les occupants russes. En 2003, c'était l'épouse de Sadulayev qui avait été assassinée par les occupants russes.
La propagande russe n'a rien épargné à Sadulayev : samedi dernier, prenant des poses avantageuses devant le cadavre de Sadulayev, le petit tueur de bas étage Ramzan Kadyrov racontait à la télé russe que c'était un proche de Sadulayev qui l'avait vendu pour 25 dollars, juste de quoi s'acheter un gramme d'héroïne. Le fils Kadyrov essayait là de répondre à une déclaration de Chamil Bassayev, qui avec son humour caustique coutumier, avait déclaré peu de temps auparavant qu'il ne donnerait pas plus de 25 $ pour la tête de Kadyrov fils.
Ne sachant pas quoi inventer sur son compte, la propagande russe était même allée, il y a quelques années, à prétendre que Sadulayev était de nationalité...saoudienne. Il n'était, bien sûr, que tchétchène.
Abdulhalim rejoint la longue cohorte des martyrs tchétchènes. Son peuple ne l'oubliera pas. Ce peuple qui résiste héroïquement depuis des siècles à tous ceux qui veulent lui prendre son âme. Indomptables Tchétchènes, salut à vous !
http://quibla.net, 20 juin 2006

 

Abdulahalim Sadulayev martyr, l'emir Doka Oumarov nouveau président

Abdulhalim Sadulayev est le quatrième président de la république d'Ishkérie à trouver le martyre face aux occupants russes et leur milice. Il avait remplacé à la tête de la Présidence de la République Aslan Maskhadov, assassiné par les Russes en mars 2005. Mashadov lui-même avait pris la relève de Iandarbiev tué par le FSB au Qatar, qui avaient assuré l'interim après la mort de Djokhar Doudaïev, assassiné par les occupants en avril 1996. Sadulayev a été remplacé par le commandant Doka Oumarov. Ramzan Kadyrov, chef des harkis tchétchènes, ferait bien de ne pas trop plastronner, Doka est le plus expérimenté et le plus intraitable moujahid du Caucase.

D'après les collabos, Sadulayev a été tué dans sa ville natale Argoun et son corps a été transporté à leur QG de Tsentoroi où a été organisé un show télévisé immonde, destiné à terroriser la population.
Le Jihad continue en Tchétchénie, jusqu'a la victoire inshaAllah.

Le cimetière secret de Grozny


Rassoul Arapkhanov avait jadis gagné sa vie en taillant les gazons du parc Kirov à Grozny, mais ensuite la guerre est arrivée et pendant sept ans il a soigné un jardin plus sombre, un cimetière secret de rebelles et d'autres Tchétchènes tués par les forces russes.
«C'était un coin tranquille qui pendant la guerre est devenu lieu de sépulture pour les combattants rebelles», dit le gardien septuagénaire de ce parc qui était un des lieux de promenade favoris des familles de Grozny au temps de l'URSS.
Plus de cent personnes ont été enterrées ici, essentiellement après les bombardements du début de la seconde guerre, en octobre 1999, raconte-t-il.
De petites planches étaient placées sur des monticules de terre. Certaines portaient des numéros, d'autres, des noms à peine lisibles et que le temps à fait pâlir et disparaître.
Les dépouilles ont reposé en paix au milieu du paysage de ruines du centre de Grozny, jusqu'à ce que les ouvriers travaillant à la remise en état du parc le signalent récemment aux autorités. Les squelettes que personne n'a réclamés ont alors été transportés au cimetière municipal.
Selon M. Arapkhanov, tous les morts étaient des victimes de la guerre. «Ils ont tous été tués. Personne d'ici n'est mort de mort naturelle... C'étaient le plus souvent de jeunes garçons, entre 15 et 20 ans, qui ont participé à la guerre du côté des rebelles», dit-il.
D'autres étaient des habitants tués lors des bombardements massifs de la ville lors de l'hiver 1999-2000.
«Pour chaque corps il y avait une étiquette avec son nom, prénom et adresse. Ce papier était mis dans une bouteille et enterré avec chaque corps», précise le vieil homme.
Même après la fin des combats, les seuls visiteurs du parc étaient des amis et des parents des morts. On craignait que le parc ne soit miné et les soldats russe évitaient ce lieu d'embuscade potentiel.
Trois grandes batailles ont été livrées pour le contrôle de Grozny et le centre de la ville a été pratiquement rasé. Des débris de béton parsèment aujourd'hui des terrains vagues autour du parc Kirov.
Il n'y a pas de statistiques officielles sur le bilan global du conflit qui dure depuis la première tentative des troupes russes d'écraser un soulèvement séparatiste en 1994.
Les défenseurs des droits de l'Homme évoquent 100.000 tués sur un million d'habitants.
Des milliers de personnes ont disparu sans laisser de traces et des corps sont souvent découverts dans des tombes anonymes ou dans les ruines de Grozny.
Il y a quelques jours, des parents ont retiré d'une maison en ruines le squelette d'un chef rebelle mort il y a six ans. Son fusil reposait encore à côté de lui.
L'année dernière, six corps d'hommes et de femmes tués d'une balle dans la tête ont été trouvés près d'un bâtiment officiel dans un quartier de Grozny.
Arapkhanov confie avoir aidé de nombreuses personnes à retrouver leurs proches enterrés dans son cimetière secret.
«Tous ceux qui cherchaient les personnes tuées pendant la guerre venaient me voir parce qu'ils savaient que je m'occupais des tombes», dit-il.
Son neveu, Aslambek Magamaziev, mort à 20 ans, reposait dans le parc, et le gardien connaissait beaucoup d'autres jeunes qui y étaient enterrés.
Mais certains n'ont jamais été identifiés et d'autres, plus nombreux encore, ont disparu dans les eaux de la rivière Sounja lorsque celle-ci a emporté une partie des tombes creusées.
M. Arapkhanov se rappelle que les rebelles qui enterraient leurs camarades tombés rêvaient d'installer dans le parc un «magnifique cimetière de guerriers», après «la victoire finale et la fin de la guerre».
Source : AFP, 7 avril 2006

 

Se donner bonne conscience


La Commission européenne approuve aujourd'hui ll'octroi de 22 millions d'euros pour un ensemble d'actions d'aide humanitaire en faveur des victimes du conflit qui persiste en Tchétchénie.

Depuis le début de la guerre à l'automne 1999 et en tenant compte de cette nouvelle décision, la Direction générale de l'aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) aura déboursé 196 millions d'euros, faisant de l'Union européenne le premier donateur dans la région, selon un communiqué de l'exécutif des Vingt-Cinq.

Bref l'Europe se donne ainsi bonne conscience alors qu'une action politique s'impose depuis des années. L'Europe est dépendante à 25% de la Russie en ce qui concerne ses approvionnements en gaz? Renversons l'affirmation : La Russie est dépendante pour son développement et son économie des revenus pétroliers et taxes prélevées sur les revenus de ses grandes compagnies nationales.

En Tchétchénie, souligne la Commission de l'Union européenne, "on estime à 200.000 le nombre de déplacés à l'intérieur du pays, sur une population d'environ 800.000 personnes". Nombre d'entre eux sont revenus d'Ingouchie l'année dernière ou il y a deux ans. Les conditions de vie sont extrêmement difficiles pour l'ensemble de la population tchétchène, en particulier à Grozny, la capitale.

Hors de la Tchétchénie, on dénombre quelque 25.000 personnes toujours déplacées en Ingouchie et 9.000 au Daghestan, ainsi que 5.000 réfugiés résidant actuellement en Azerbaïdjan, la plupart dans des conditions misérables. L'insécurité reste forte en Tchétchénie, du fait de la poursuite d'opérations militaires ponctuelles, notamment dans le sud du pays. La population civile continue de souffrir énormément dans ce conflit caractérisé par de nombreuses violations des droits de l'Homme, note Bruxelles. Point fermez les guillemets !

Hier avec les conflits balkaniques, aujourd'hui avec la Tchétchénie, l'Europe perd définitivement son âme. Ah oui, aujourd'hui, la Biélorussie a été sanctionnée par le parlement européen...

Source : http://tchetcheniefreedom.hautetfort.com/archive/2006/04/07/se-donner-bonne-conscience.html, 7 avril 2006


Aging News


La Cour constitutionnelle russe décide que les militaires poursuivis devront l'être par des cours martiales


La Cour constitutionnelle russe a jugé jeudi que les crimes commis par les militaires en Tchétchénie seraient passibles de cours martiales jusqu'à l'introduction des jurys dans la république caucasienne l'an prochain.

Ce jugement intervient à la suite de l'acquittement à deux reprises par un jury populaire dans une république voisine de la Tchétchénie de quatre membres des forces spéciales russes accusés d'avoir tué six civils en Tchétchénie, alimentant la colère de la population tchétchène et même des dirigeants prorusses de Grozny.

L'acquittement du capitaine Edouard Oulmane et de trois subordonnés a renforcé l'impression des défenseurs de droits de l'homme et de la population locale que les militaires pouvaient commettre des exactions en toute impunité, tuant, enlevant et intimidant des civils.

"La Cour constitutionnelle a jugé que de tels cas devaient être entendus par trois juges professionnels, soulignant au passage leur impossibilité d'imposer la peine de mort", a déclaré Iouri Charandine, représentant du sénat russe à la Cour , cité par l'agence de presse russe Interfax.

Le jugement de jeudi fait suite à la demande du président tchétchène Alou Alkhanov qui souhaitait obtenir l'avis de la Cour constitutionnelle dans l'affaire Oulmane. Selon l'agence de presse RIA Novosti, Alou Alkhanov trouvait anormal que les militaires soient jugés par des jurys alors que ce n'est pas le cas pour la justice ordinaire.

"Nous avons atteint notre objectif et le cas Oulmane sera entendu par une cour professionnelle", s'est réjoui Mourad Moussaïev, un représentant d'Alou Alkhanov.

La justice tchétchène doit mettre en place les jurys populaires le 1er janvier prochain. AP
Source : AP, 6 avril 2006

 

Découverte de 57 sépultures dans un parc de Grozny


Cinquante-sept sépultures ont été découvertes dans un parc de Grozny, la capitale tchétchène, a annoncé lundi la porte-parole du procureur de Tchétchénie, Oxana Rogozina, à l'AFP.
Sur ces 57 sépultures, 51 étaient vides et six autres contenaient un corps non identifié, a-t-elle précisé.
Ce parc avait été utilisé comme cimetière de fortune au début de la seconde guerre russo-tchétchène en 1999. Les familles de 51 défunts ont ensuite transféré les corps dans un cimetière officiel dans les environs de Grozny, selon la porte-parole.
Les tombes ont été découvertes dernièrement dans le parc Kirov lors de travaux de déminage. Samedi, les six corps non identifiés ont été exhumés, selon Mme Rogozina.
Les troupes russes sont entrées en 1999 en Tchétchénie pour une «opération antiterroriste» censée mettre fin à un pouvoir séparatiste. Elles restent confrontées à une intense guérilla et enregistrent des pertes quasi-quotidiennes dans cette république du Caucase du Nord où les enlèvements et disparitions de civils se poursuivent également.
Aucune statistique officielle ne permet d'évaluer le nombre exact de morts lors des deux guerres de Tchétchénie. Les ONG de défense des droits de l'Homme évoquent la mort de quelque 100 000 civils sur une population d'un million de personnes. L'armée russe évoque la mort de 10 000 soldats, un chiffre jugé largement sous-évalué par les ONG.
Source : AFP, 3 avril 2006

 

Sept militaires russes tués et six blessés en 24 heures


Sept militaires russes ont été tués et six ont été blessés au cours des dernières vingt-quatre heures en Tchétchénie, a annoncé jeudi 30 mars à l'AFP un responsable de l'administration tchétchène pro-russe à Grozny sous couvert de l'anonymat.
Trois d'entre eux sont morts et quatre ont été blessés par des tirs sur les positions de l'armée fédérale, qui ont été attaquées à douze reprises en 24 heures par les séparatistes tchétchènes.
Deux autres soldats sont morts à Grozny, la capitale tchétchène, victimes de tirs émis depuis une voiture passant à leur côté.

Et deux autres ont été tués lors de combats près du village de Guekhi, dans la région d'Ourous-Martan (sud de Grozny). Deux soldats ont été blessés ainsi que deux combattants rebelles, selon ce même responsable, évoquant ce bilan quotidien passé sous silence par Moscou.
Les troupes russes, entrées en Tchétchénie en octobre 1999 pour une "opération antiterroriste" censée mettre fin à un pouvoir séparatiste après une première guerre (1994-1996), restent confrontées à la guérilla et enregistrent des pertes quasi-quotidiennes dans cette république du Caucase du Nord.
Le président russe Vladimir Poutine a annoncé fin janvier que la Tchétchénie "était complètement revenue sous l'égide de la Constitution russe" et que "l'opération antiterroriste" était terminée.
Cependant, les affrontements entre rebelles et soldats se poursuivent, ainsi que les enlèvements et disparitions de civils, dont les ONG comme Human Rights Watch ou Memorial accusent les forces russes et tchétchènes pro-russes.
Source : AFP, 30 mars 2006

 

 

La preuve que tout va bien ? Un premier concours de beauté est organisé en Tchétchénie


Des centaines de jeunes prétendantes au titre de Miss Tchétchénie participeront au premier concours de beauté organisé dans cette république, a indiqué à RIA Novosti mercredi le comité d'organisation.
L'appartenance ethnique n'a pas d'importance pour les sélectionneurs, soulignent les organisateurs. Le critère essentiel dans le choix des participantes, outre un physique agréable, est la connaissance des traditions et des coutumes tchétchènes, l'intelligence et la haute moralité.
La gagnante du concours se verra offrir une voiture Toyota et un voyage en Europe.
En outre, la plus belle fille de Tchétchénie participera au concours régional de beauté et, en cas de victoire, au concours Miss Russie.
La finale du concours se déroulera le 27 mai.
Source : RIA NOVOSTI, 29 mars 2006

 

Tchétchénie, briser le silence


par André Glucksmann (France), , Vaclav Havel (République tchèque), , prince Hassan Bin Talal (Jordanie), , Frederik Willem De Klerk (Afrique du Sud), , Mary Robinson (Irlande), , Yohei Sasakawa (Japon), , Karel Schwarzenberg (République tchèque), , George Soros (Etats-Unis), Desmond Tutu (Afrique du Sud), 20 mars 2006
L'observateur de bonne foi éprouve de grandes difficultés à percer le huis clos qui isole la Tchétchénie du reste du monde. Combien de morts dans la population civile en dix ans de guerre ? Au moins 100 000, au plus 300 000, selon les estimations des ONG. Soit un civil sur dix ou sur quatre. Combien de votants aux élections de novembre 2005 ? Entre 60 % et 80 %, selon les autorités russes, 20 %, estiment les témoins indépendants. Le black-out qui règne sur cette parcelle de Caucase interdit toute évaluation chiffrée des ravages d'un conflit que chacun sait impitoyable.
La censure ne masque pas l'horreur. Sous nos yeux, une capitale (Grozny, 400 000 habitants) a été rasée pour la première fois depuis 1944 quand Hitler punit Varsovie. L'étiquette "lutte antiterroriste" ne saurait coiffer une telle inhumanité. L'état-major russe prétend lutter contre une poignée de terroristes qu'il chiffre entre 700 et 2 000 combattants. Qu'aurions-nous dit si le gouvernement anglais avait bombardé Belfast ou le gouvernement espagnol Bilbao, sous prétexte de réduire l'IRA ou l'ETA ? Le sac de Grozny, des villes et des villages de Tchétchénie, se repaît du silence mondial. Les femmes, les enfants, tous les civils tchétchènes sont-ils moins dignes de respect que le reste de l'humanité ? Sont-ils encore considérés comme des êtres humains ?
Rien n'excuse notre planétaire silence.
1. Il en va de notre morale la plus élémentaire. Comment accepter le viol des filles enlevées par les troupes d'occupation ou leurs milices ? Pourquoi supporter le meurtre des enfants et le rapt des garçons, torturés, brisés et revendus, vivants ou morts, à leur famille ? Et les camps de "filtration" ? Et les "fagots humains" incendiés ? Et les villages décimés pour l'exemple ? Quelques ONG et journalistes courageux, russes ou occidentaux, témoignent des forfaits innombrables. Nous ne pourrons pas dire : "Nous ne savions pas."
2. Il en va du principe fondamental des démocraties et des Etats civilisés : le droit à la vie des civils, la protection due à l'innocent, à la veuve et à l'orphelin. Les accords internationaux et la Charte de l'ONU obligent.
3. Il en va de la lutte antiterroriste elle-même. Qui ne s'aperçoit que l'armée russe joue les pompiers pyromanes ? Au bout de dix années de répression à grande échelle, le feu, loin de s'éteindre, s'étend, franchit les frontières, embrase le nord du Caucase et ensauvage les combattants.
4. Il en va du réalisme politique et du bon sens. Allons-nous longtemps ignorer que, brandissant l'épouvantail du "terrorisme tchétchène", le gouvernement russe supprime les libertés acquises à la chute de l'empire soviétique ? Reprise en main des mass media, lois contre les ONG, renforcement de la "verticale du pouvoir" : la guerre camoufle et motive le rétablissement d'un pouvoir central sans contre-pouvoirs qui le limitent. Autrement dit, elle couvre le retour à l'autocratie. Les guerres de Tchétchénie durent depuis trois cents ans. Elles furent sauvagement coloniales sous les tsars, quasi génocidaires sous Staline, qui déporta l'entière population, dont un tiers périt dans le seul transfert au Goulag. Aujourd'hui, il s'agit, eu égard à la proportion des morts et à la cruauté des moyens, du pire conflit inaugurant le XXIe siècle. Parce que nous rejetons les aventures coloniales et exterminatrices, parce que nous aimons la culture russe et que nous croyons la Russie capable de s'épanouir dans un avenir démocratique, parce que nous estimons que le terrorisme doit être condamné, qu'il soit le fait de groupes sans Etat ou d'armées avec Etat, nous demandons que la question tchétchène ne soit plus couverte d'un mutisme complaisant. Nous devons aider les autorités russes à sortir du piège où elles sombrent aux risques et périls des Tchétchènes, des Russes et des nôtres. Il nous paraîtrait inconcevable qu'au prochain G8, réuni en juin (en Russie), la "question tchétchène" soit évacuée d'office et ne fasse pas l'objet de discussions publiques. Au-delà de nos divergences quant à l'indépendance ou non de la Tchétchénie, nous sommes tous concernés par l'épouvante d'une guerre sans fin.

 

L'inexorable ascension de Ramzan Kadyrov nommé Premier ministre - Plus dure sera la chute


Il y a fort à parier que Ramzan Kadyrov finira comme son cher papa : président de la république russe de Tchétchénie et qu'il sautera sur une bombinette des moujahidine, qui ne lui pardonneront jamais les innombrables crimes qu'il a ordonné et dirigé en personne à la tête de ses équipes de tueurs, les "kadyrovtsy". Ramzan a donc été désigné, dans une touchante unanimité de facture soviétique, par l'ensemble du "parlement" régional pour succéder à Sergueï Abramov au poste de Premier ministre. En effet, Abramov n'était plus en état de gouverner depuis un accident de voiture en novembre dernier et Ramzan exerçait de fait ses fonctions depuis lors. Ramzan a eu cette phrase prémonitoire : "Je peux mourir heureux sachant que je bénéficie d'un tel soutien. Je ne savais pas qu'autant de gens me soutenaient". Et il a ajouté, avec la fausse modestie qui caractérise ce garçon joufflu de 29 ans : "Ne me bousculez pas, car j'ai peu d'expérience et il est possible que je fasse des erreurs ."
C'st la première fois qu'un Tchétchène est désigné à ce poste, réservé traditionnellement à un Russe pur sucre (ou plutôt pure vodka) : c'est dire la confiance que met en lui le tsar du Kremlin. Poutine l'a d'ailleurs décoré en 2005 de la distinction de Héros de la Fédération de Russie, la plus importante du pays. Son père Akhmad était président de Tchétchénie jusqu'à ce qu'il soit pulévérisé par une bombe placée plusieurs mois à l'avance par la Résistance sous la tribune où il avait pris place pour les festivités de l'anniversaire de la victoire sur l'Allemagne, le 9 mai 2004, au stade de Grozny.
Svetlana Gannouchkina, dont l'organisation Memorial tente de recenser les disparitions et les meurtres de civils en Tchétchénie a réagi : "Cela m'attriste profondément (...) Cela n'augure rien de bon pour la Tchétchénie. L'anarchie, toujours plus d'anarchie, le chaos".
Pendant ce temps, les combats continuent entre l'armée d'occupation et la Résistance.Trois militaires russes ont ainsi péri lors d'un accrochage avec des moujahidine tchétchènes, dont ils ont découvert le refuge par hasard vendredi dans une forêt à l'est de Grozny.
Source : Quibla avec AP, 4 mars 2006

 

À Louise Arbour qui s’inquiète, le procureur russe de Grozny répond : «Il n’y a pas que nous qui torturons, regardez ce que font les Américains en Iraq »


Le Haut Commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, Louise Arbour, a exprimé mardi 21 février à Grozny son inquiétude devant les témoignages d'enlèvements et de tortures qui lui parviennent de Tchétchénie.
«J'ai une grande expérience des enquêtes sur les crimes commis dans les zones de conflits armés et je ne serais pas tentée de sous-estimer la difficulté du travail des forces de l'ordre en république de Tchétchénie», a déclaré Mme Arbour lors d'une rencontre dans la capitale tchétchène avec le procureur de Tchétchénie, Valéri Kouznetsov.
Avant de devenir Haut Commissaire aux droits de l'homme en février 2004, Mme Arbour avait été nommée, en 1996, procureure générale du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et pour le Rwanda, à La Haye.
«Mais je ne peux pas ne pas remarquer que nous parviennent, de la part de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme de Tchétchénie, des informations qui suscitent notre inquiétude et nous préoccupent sincèrement», a-t-elle ajouté.
Mme Arbour a énuméré les disparition de civils, l'utilisation de la force pour obtenir des preuves dans les interrogatoires, les cas de «pressions sur des personnes témoignant d'exactions de membres des forces de sécurité» et suggéré la création d'un service indépendant d'enquête sur les crimes commis dans le cadre de l'opération antiterroriste en Tchétchénie.
«Un parquet civil et un parquet militaire travaillent dans notre république. Si au cours d'une enquête nous constatons que des militaires sont impliqués dans un enlèvement, l'affaire est transmise au parquet militaire», a déclaré M. Kouznetsov.
Le nombre de disparitions est passé de 228 en 2004 à 117 en 2005, a-t-il affirmé, selon l'agence Itar-Tass.
L'usage de la force pour obtenir des informations lors d'enquêtes «n'est pas seulement le problème de la Tchétchénie et de la Russie, c'est le problème du monde entier. Nous savons que ces méthodes sont employées en Irak», a par ailleurs déclaré M. Kouznetsov, cité par l'agence russe Ria-Novosti, ajoutant que le parquet enquêtait sur de tels cas. Tu parles, Charles...
Source : AFP, 22 février 2006