L'Empire contre l'Iran
Des Baloutches au service de la CIA - Guerre secrète contre l’Iran
par
Brian Ross et Christopher Ishan, 6 avril 2007
Les
actions d’un groupe de guerriers tribaux pakistanais, des activistes
responsables de toute une série d’attaques de guérilla sur le territoire
iranien, ont secrètement bénéficié depuis 2005 des encouragements et
conseils d’officiers usaméricains. La chaîne ABC News en a eu connaissance
par des sources proches des services de renseignement usaméricains et
pakistanais. Ce groupe, dénommé Jundullah (La
brigade de Dieu), est composé de membres de la tribu des Baloutches,
qui opèrent dans la zone frontalière iranienne
à partir de leur base dans le Baloutchistan. Il est responsable
de la mort et de l’enlèvement de plus de douze officiers et soldats
iraniens. Selon les instances officielles usaméricaines, les relations
entre Jundullah et les USA ne prévoient pas d’aide financière directe,
ce qui supposerait un ordre direct du Président et le contrôle du Sénat.
Selon
des sources tribales, dit ABC, l’argent parvient au jeune chef du groupe,
Abd el Malik Regi, par le biais d’exilés iraniens disposant de relations
avec des États d’Europe et du Golfe persique.
Jundullah
a fabriqué ses propres vidéos montrant des Iraniens - soldats et garde-
frontières - que le groupe a faits prisonniers et emmenés au Pakistan.
Regi, le chef, affirme en avoir tué quelques-uns de sa propre main.
« C’est
un ex-combattant taliban. Il est pour partie trafiquant de drogue, pour
partie taliban et pour partie activiste sunnite » dit Alexis Debat,
un collaborateur de haut rang du service anti-terroriste du Nixon
Center et conseiller d’ABC News, après une récente rencontre avec des
officiers pakistanais et des représentants de la tribu.
« Regi
assure pour l’essentiel le commandement
d’un groupe armé comprenant quelques centaines de guérilleros qui lance
des attaques sur des militaires
et officiers des services secrets iraniens œuvrant dans la zone frontalière
iranienne, les enlève et les exécute», ajoute Debat.
Zahedan, 14. février 2007 : après l'attentat

Récemment
encore, en février, Jundullah a été responsable d’une attaque contre
un bus se rendant dans la ville iranienne de Zahedan , où onze pasdaran
(Gardiens de la Révolution)
au moins ont trouvé la mort.
Le
mois dernier une émission de la
télévision publique iranienne a montré
ce qui a été présenté comme les aveux des responsables de cette
attaque.
Ils
ont avoué être membres du Jundullah et ont dit avoir été entraînés pour
cette action dans un camp secret au Pakistan.
Sur
l’écran apparaissait sans cesse le logo de la CIA, accusée dans cette émission d’avoir commandité
l’attaque.
Un
porte-parole de la CIA a affirmé que « les affirmations concernant
une prétendue action de la
CIA étaient fausses » et a répété que les USA
ne finançaient pas l’organisation Jundullah.
Des
sources proches du gouvernement pakistanais ont laissé filtrer que les
actions secrètes de Jundullah contre l’Iran étaient
à l’ordre du jour de la rencontre
entre Dick Cheney et le président pakistanais Pervez Musharraf
en février.
Selon
un haut fonctionnaire de l’administration US, des groupes tels que le
Jundullah ont aidé à démanteler
des structures appartenant à Al Qaïda, et dans ce contexte il est donc
tout indiqué pour les USA de
collaborer avec ce type de groupes.
Quelques
ex-collaborateurs de la
CIA ont rapproché cet arrangement de l’utilisation
par l’administration usaméricaine, au cours des années 80, de milices
visant à déstabiliser le gouvernement du Nicaragua et financées entre
autres par l’Arabie saoudite.
Original : ABC News
Traduit de l’anglais par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.
Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle
est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et
d’en mentionner sources et auteurs.
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Pas
de cagoules. Pas de chocs électriques. Pas de coups. Ces Iraniens ne
sont vraiment pas civilisés.
C’est
pas une humiliation, ça ?
Par Terry Jones, 31 mars 2007

« Malheureuse et stressée » |
Je partage l’outrage exprimé
par la presse britannique sur le traitement réservé à notre personnel
naval accusé par l’Iran d’être entré illégalement dans ses eaux. C’est
scandaleux. Nous n’imagerions jamais de traiter des prisonniers de cette
manière : en leur permettant de fumer des cigarettes, par exemple,
alors qu’il a été prouvé que fumer tue. Ou comme cette pauvre Faye Turney,
obligée de porter un voile noir, et dont la photo a fait le tour du
monde. Les Iraniens n’ont-ils donc aucune notion de comportement civilisé ?
Pour l’amour du Ciel, quoi de mal à lui mettre un sac sur la tête ?
C’est bien ce que nous faisons avec les Musulmans que nous capturons :
nous leur mettons un sac sur la tête, si bien qu’ils ont du mal à respirer.
Il est alors parfaitement acceptable de prendre des photos d’eux et
de les diffuser à la presse car à ce moment-là les captifs ne peuvent
pas être reconnus et humiliés de la manière dont l’ont été ces malheureux
soldats britanniques.
Il est aussi inacceptable que l’on fasse parler ces captifs britanniques
à la télévision pour dire des choses qu’ils pourront regretter plus
tard. Si les Iraniens leur scotchaient la bouche, comme nous le faisons
à nos prisonniers, ils ne pourraient pas du tout parler. Bien sûr, ils
auraient peut-être du mal à respirer – surtout avec un sac sur la tête
– mais au moins ils ne seraient pas humiliés.
Et c’est quoi cette histoire, de leur permettre d’écrire chez eux que
tout va bien ? Il serait temps que les Iraniens s’alignent sur
le reste du monde civilisé : ils devaient permettre à leurs prisonniers
d e jouir de l’intimité de l’isolement. C’est un des nombreux privilèges
que les USA garantissent à leurs captifs à Guantanamo Bay.
Le véritable signe distinctif d’un pays civilise est de ne pas se précipiter
pour inculper des gens qu’il a arêtes arbitrairement dans des endroits
qu’il vient d’envahir. Les détenus de Guantanamo par exemple, ont joui
de toute l’intimité souhaitée pendant Presque cinq ans, et le premier
détenu vient juste d’être inculpé. Quel contraste avec cette malheureuse
précipitation iranienne à faire parader leurs captifs devant les caméras !
Pire encore : il est évident que les Iraniens ne donnent pas à
leurs prisonniers britanniques la possibilité de faire des exercices
physiques décents. Les militaires US s’assurent que leurs prisonniers
irakiens puissent bénéficier d’un entraînement physique. Cela prend
la forme d’exaltantes « positions de stress », que les prisonniers
doivent tenir pendant des heures, afin d’améliorer leurs muscles abdominaux
et leurs mollets. Un exercice courant consiste à les faire se tenir
sur la pointe des pieds puis à s’accroupir de manière à ce que leurs
cuisses soient parallèles au sol. Cela provoque une douleur intense
et au final, une défaillance musculaire. C’est un vrai plaisir pour
la santé et ça a l’avantage que les captifs finissent par confesser
tout ce qu’on veut.
Et j’en viens à ma conclusion. Il apparaît clairement de ses apparitions
télévisées que la soldate Turney a été mise sous pression. Les journaux
ont convaincu des psychologues comportementalistes d’examiner les prises
de vue et ils ont tous conclu qu’elle était « malheureuse et stressée ».
Ce qui est choquant, c’est la manière sournoise don les Iraniens l’ont
rendue « malheureuse et stressée ». Elle ne montre pas de
signes d’électrocution ou de marques de coups, aucune trace de coups
sur son visage. C’est inacceptable. S’il faut mettre des captifs sous
la contrainte, comme par exemple de les mettre dans des postions sexuellement
compromettantes ou en leur envoyant des décharges électriques dans les
parties génitales, il faut alors les photographier, comme ceux d’Abou
Ghraïb l’ont été. Les photos devraient ensuite être diffusées dans tout
le monde civilisé pour que tout un chacun puisse voir ce qui s’est passé.
Comme Stephen Glover l’a noté dans le Daily Mail, il ne serait peut-être
pas juste de bombarder l’Iran en représailles pour l’humiliation de
nos marins, mais il est évident qu’il faut faire souffrir le peuple
iranien – soit en aggravant les sanctions, comme le Mail le suggère,
ou simplement en amenant le Président Bush à se dépêcher et à envahir,
comme il en de toute façon l’intention, pour apporter la démocratie
et les valeurs occidentales à ce pays, comme il l’a fait en Irak.

La manière civilisée |
Original : http://www.guardian.co.uk/commentisfree/story/0,,2047128,00.html
Terry Jones, fondateur des Monty
Python, est acteur et cinéaste.
Traduit de l’anglais par Fausto
Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité
linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial
: elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité
et d’en mentionner sources et auteurs.
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Les
15 marins britanniques libérés par l’Iran
Le cadeau de Pâques d’Ahmadinejad au peuple anglais
Le président
iranien Mahmoud Ahmadinejad a annoncé mercredi la grâce et la libération
des 15 marins en "cadeau" au peuple britannique, près de deux
semaines après leur capture par les forces iraniennes.

Le Premier
ministre britannique, Tony Blair, a salué l'annonce de la libération
des marins capturés le 23 mars dans le Golfe, disant que Londres était
déterminé à résoudre la crise de manière pacifique.
Offrande
"Tout
en insistant sur le droit de l'Iran à les juger, au nom du prophète
de l'islam, les militaires britanniques sont graciés et nous offrons
leur libération au peuple anglais", a déclaré Mahmoud Ahmadinejad
lors d'une conférence de presse à Téhéran.
Selon un conseiller du président, les marins britanniques seront remis
jeudi à l'ambassade britannique avant de s'envoler pour Londres.
Après sa conférence de presse, Mahmoud Ahmadinejad a serré la main à
la présidence à certains des marins, vêtus pour l'occasion de costumes
civils.
Voyage
forcé
"Je suis
content de vous rencontrer. Nous sommes très reconnaissants pour cette
grâce", a déclaré l'un des marins. "C'était un voyage forcé",
a plaisanté le président en parlant à un autre marin, qui a répondu:
"je ne le dirais pas de cette façon mais vous pouvez le dire comme
cela".
Tony Blair s'est dit "ravi" de cette libération. "Depuis
le début, nous avons adopté une approche mesurée - ferme mais calme,
pas de négociation mais pas de confrontation non plus", a-t-il
dit.
Le président américain George W. Bush a "salué la nouvelle",
alors que l'Union européenne y a vu "un début" qui permet
d'envisager "d'autres coopérations" entre la République islamique
et la communauté internationale.
L'annonce de la libération a d'autant plus surpris qu'elle suivait une
remise de décoration par le président au commandant, Abolkhassem Amanghah,
de l'unité de marine des Gardiens de la révolution ayant capturé les
marins.
Tapage
médiatique
Ayant insisté
sur le caractère unilatéral de cette libération, Mahmoud Ahmadinejad
s'est appesanti sur ce qu'il a qualifié de "voie du tapage médiatique"
suivie, selon lui, par le gouvernement Blair.
Il a notamment reproché à Tony Blair "d'avoir envoyé le dossier
au Conseil de sécurité (de l'ONU) et ce Conseil, sans accepter toutes
les demandes britanniques, a publié une déclaration et l'Union européenne
a condamné l'Iran et a demandé la libération" des marins.
Le Conseil de sécurité avait soutenu les appels à une libération urgente
des marins, mais c'est surtout l'Union européenne qui avait adressé
le message le plus ferme à Téhéran, en le menaçant d'adopter des "mesures
appropriées".
Précédent
Téhéran avait
mal pris ces déclarations, et décidé en mesure de représailles de retarder
la libération de la seule femme faisant partie du groupe de marins.
C'est la deuxième crise de ce genre entre l'Iran et le Royaume-Uni.
Huit soldats britanniques avaient été capturés le 21 juin 2004 dans
les eaux territoriales iraniennes du Chatt al-Arab, fleuve frontalier
avec l'Irak, et relâchés trois jours plus tard après avoir subi un simulacre
d'exécution.
Source :
agences de presse
« Opération
morsure » - La guerre contre
l'Iran
par Michel Chossudovsky, Global Research, 1er
Avril 2007
Les USA ont achevé d’importantes manoeuvres
militaires dans le Golfe arabo-persique à brève distance des eaux
territoriales iraniennes. Cet déploiement naval était destiné
à "envoyer un avertissement à Téhéran" suite à l'adoption
de la résolution 1747
du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui impose de lourdes
sanctions économiques à l'Iran en rétorsion pour son refus de se conformer
aux demandes des USA concernant son programme d'enrichissement d’ uranium.
Les simulacres de guerre US au large du littoral iranien ont vu la participation
de deux porte-avions, le groupe aéronaval
de l'USS John Stennis et l'USS
Eisenhower ayant à leur bord 10.000 hommes et de plus de 100
avions de guerre. Le groupement de l’USS
John C. Stennis, qui fait partie de la 5ème Flotte US,
est entré dans le Golfe arabo-persique le 27 mars, escorté en le croiseur
lance-missiles USS Antietam (CG. 54) (voir http://www.navy.mil/).
On dit que le groupe aéronaval de l’USS
John C. Stennis Carrier (JCSSG) et son escadre aérienne n°9, ont
mené « un exercice en duo » avec le groupe aéronaval de l'USS Dwight D. Eisenhower (IKE CSG).
« C’est la première fois que les groupes aéronavals du Stennis et de l'Eisenhower ont opéré ensemble dans un exercice commun dans le cadre
du déploiement de la 5ème Flotte. Cet exercice démontre l'importance
des capacités des deux groupes aéronavals à planifier et à mener des
opérations en tandem dans le cadre de l'engagement de la Marine de guerre à maintenir la sécurité et la stabilité
maritimes dans la région. »
Les simulacres de guerre ont été menés à un moment de tension et de
confrontation diplomatiques suite à l'arrestation par l'Iran de 15 membres
de la Marine de guerre britannique,
censés avoir patrouillé à l'intérieur des eaux territoriales iraniennes.
Le gouvernement britannique, soutenu par la désinformation de médias,
a utilisé cet incident en vue de créer une situation de confrontation
avec l'Iran.
Les manœuvres, couplées avec les menaces britanniques par rapport à
la « crise des otages en Iran », constituent un acte
de provocation de la part de l'alliance militaire anglo-américaine.
Ces
simulacres de guerre sont le point culminant
d’un processus enclenché dès 2003. Lire à ce sujet Nom de code TIRANNT : les plans de guerre US
contre l’Iran

L'USS John Stennis
Selon la
Marine US, ce dernier round de
manoeuvres militaires conduites fin mars était d’une envergure beaucoup
plus grande que les déploiements précédents. Selon la presse, ces manoeuvres
auraient constitué le plus grand déploiement de puissance navale des
USA depuis l'invasion de l'Irak en mars 2003.
Presque simultanément, l'Iran conduisait également des exercices navals
à grande échelle dans le Golfe arabo-persique, si bien qu’on peut considérer
que les USA et l'Iran sont sur un pied de guerre.
À la croisée des chemins
La presse russe, sur la foi de sources du renseignement, a sonné l’alarme.
Selon une dépêche de l’agence RIA-Novosti, citée par la presse européenne
et israélienne (Jerusalem Post), les USA projettent de lancer des attaques
aérienne sur l'Iran sous le nom de code « Opération morsure »,
le Vendredi saint 6 avril, en ciblant des sites militaires et civils,
y compris le système de défense aérienne de l'Iran.
« Les services russes de renseignement militaire rapportent tourbillon
d'activité des forces armées US près des frontières de l'Iran »,
a déclaré mardi une source sécuritaire de haut rang.
« Les derniers rapports des renseignements militaires font état
d’une intensification des préparatifs militaires US en vue d’opérations
aériennes et terrestres contre l’Iran », a déclaré le responsable,
ajoutant que le Pentagone n'a encore probablement pas pris une décision
finale sur le moment de déclenchement de l’attaque.
Il a dit que le Pentagone recherche une manière de mener une frappe
contre l'Iran « qui permettrait aux Américains de mettre le pays
à genoux aux moindres coûts. »
Il a également dit que la présence navale US dans le Golfe arabo-persique
a atteint, pour la première fois depuis quatre ans, le niveau qu’elle
avait peu avant l'invasion de l'Irak en mars 2003.
Le général Leonid Ivashov, vice-Président de l'Académie des sciences
géopolitiques, a dit la semaine dernière que le Pentagone projette de
se livrer à une « attaque aérienne massive contre l'infrastructure
militaire de l'Iran dans un proche avenir ».
S’il faut tenir compte du rapport russe, rien cependant ne permet de
le corroborer et d'indiquer exactement quand une attaque aérienne
contre l’Iran pourrait avoir lieu.
En outre, il y a plusieurs facteurs importants qui suggèrent, du point
de vue de l'organisation militaire, qu'à moins d’avoir affaire à un
cas de pure folie politique, le Pentagone n’est pas prêt à lancer une
attaque contre l'Iran.
Nominations à des
postes clé militaires
Plusieurs nominations à des postes clé militaires ont eu lieu au cours
du mois de mars. Fait important, l’amiral
William J. Fallon, a été nommé le 16 mars commandant du Commandement
central US (CENTCOM) par le secrétaire à la Défense Robert
M. Gates. Il est peu probable que l'amiral Fallon activerait une opération
militaire contre l'Iran dans les semaines suivant sa nomination comme
commandant du CENTCOM.
L’Amiral Fallon L’Amiral Keating
En attendant, une autre nomination importante a eu lieu, qui a à voir
directement avec les préparatifs de guerre contre l'Iran. L'amiral Timothy
J. Keating, Commandant de l’ US NORTHCOM a été nommé le 26 mars
à la tête de l’US Pacific Command, dont relèvent à la fois la 5ème et
la 7ème Flottes. Le Commandement du Pacifique de la 7ème flotte est
le plus grand commandement de combat US. Keating, qui succède à l'amiral
Fallon est également un supporter inconditionnel de la « guerre
contre le terrorisme ». Le Commandement du Pacifique jouerait un
rôle clé dans le contexte d'une opération militaire dirigée contre l'Iran.
(http://www.pacom.mil/about/pacom.shtml )
Il est important de rappeler que l’amiral Keating a été également
impliqué dans l'attaque de 2003 contre l'Irak en tant que commandant
du Commandement central des forces navales US et de la 5ème Flotte.
Si ces nominations
à des postes clé indiquent une consolidation de l’agenda militaire néoconservateur
au Moyen-Orient, elles suggèrent aussi que les militaires US le déclencheraient
pas une nouvelle phase dans la guerre du Moyen-Orient avant d’avoir
consolidé la position de ces nouveaux commandants, notamment au niveau
du Commandement central US (CENTCOM), qui est l'unité de commandement
opérationnel clé chargée du théâtre de guerre du Moyen-Orient.
L’Amiral Fallon est parfaitement d’accord avec les plans de guerre
de l'administration de Bush vis-à-vis de l'Iran. Il remplace le général
John P. Abizaid, qui a été poussé à la retraite, suite à d’apparents
désaccords avec le successeur de Rumsfeld, le secrétaire à la Défense Robert M. Gates. Tandis qu'Abizaid reconnaissait
les échecs et les faiblesses des militaires US en Irak, l’Amiral
Fallon est étroitement aligné sur le vice-Président Dick Cheney. Il
est également fermement dévoué à « la guerre mondiale contre le
terrorisme » (GWOT). C’est le CENTCOM qui coordonnerait une attaque
contre l'Iran depuis le théâtre de guerre du Moyen-Orient.
En outre, la nomination d'un amiral est indicative d'un changement dans
les priorités du CENTCOM sur le théâtre de guerre. L’accent est mis
sur une « échéance proche » concernant l’Iran plutôt que l’Irak,
ce qui requiert une coordination des opérations navales et aériennes
dans le Golfe arabo-persique.
La puissance navale
US dans la région
Actuellement il y a deux groupes aéronavals de combat dans la région
du Golfe arabo-persique, l'Eisenhower
et le Stennis.
En comparaison, le déploiement de la puissance navale avant le Blitzkrieg
de mars 2003 contre l'Irak était sur une échelle sensiblement plus grande.
Dans les premiers mois de 2003, il y avait cinq porte-avions US à portée
de tir de l'Irak plus un porte-avions britannique. Dans la campagne
de 2003, trois groupes aéronavals étaient présents dans le Golfe (Lincoln, Constellation et
Kitty Hawk) et deux autres
groupes aéronavals (Roosevelt
et Truman) étaient engagés dans la coordination des sorties aériennes
de bombardement depuis la Méditerranée.
Le porte-avions à propulsion nucléaire USS
Nimitz et le groupe aéronaval qui l’accompagne est actuellement
en route vers le Golfe, ce qui portera le nombre de porte-avions à trois.
Il est peu probable que l'action militaire débuterait avant qu'un troisième
porte-avions soit positionné sur le théâtre de guerre. (des déclarations
officielles ont cependant indiqué que le Nimitz
prendrait la place de l'USS Eisenhower
et que seuls deux groupes aéronavals seraient présents dans la région
du Golfe et de la Mer
d’Arabie) .
En outre, les faiblesses
US sur le théâtre de guerre de l'Irak, les capacités de l'Iran à exercer
des représailles et infliger des dommages significatifs aux forces US
à l'intérieur de l'Irak, aussi bien que l'opposition montante à la présidence
US, ont une incidence directe sur le timing d'une opération militaire
dirigée contre l'Iran.
L'Iran est politiquement
isolé
L'Iran est politiquement isolé. L'unilatéralisme règne dans les
couloirs de l'ONU comme sur le théâtre de guerre du Moyen-Orient.
La résolution du Conseil de sécurité commanditée par les USA a reçu
un appui unanime. Des amendements proposés au projet de résolution ont
été éliminés, suite à des pressions US. Le texte de la résolution a
été adopté à l'unanimité.
Ni la Russie
ni la Chine,
qui ont des accords militaires étendus de coopération avec l'Iran,
n'ont exercé leur droit de veto, ni ne se sont abstenues.
Ce "consensus" du Conseil de sécurité de l'ONU a été atteint par
des manœuvres décisives de la diplomatie de l'ombre de Washington, qui
a pu ainsi rallier les cinq membres permanents plus l'Allemagne, qui
a participé à la formulation du projet de résolution dans des consultations
séparées.
La résolution de l'ONU a totalement isolé l'Iran : La Chine et la Russie ont été entraînées
dans une alliance furtive avec les USA.
Ce qui est crucial dans la résolution du Conseil de sécurité c’est que
ni la Chine ni la Russie n'interviendront aux
côtés de l'Iran, si celui-ci est attaqué. D'ailleurs, alors que la Russie et la Chine sont des partenaires
diplomatiques des USA dans le régime de sanctions économiques décrété
par l’ONU, elles font en même temps l'objet de menaces militaires
des USA comme confirmé par l’Opération Bouclier vigilant 07. Il s’agit
de simulacres de guerre menés
de septembre à décembre 2006, qui visaient explicitement
non seulement Nemesis (le Corée du nord) et Irmingham (l’Iran) mais
également Ruebek (la Russie) et Churia (la Chine),
On aurait pu s’attendre à ce que des « deals » séparés aient
été conclus respectivement avec
la Chine et la Russie, où certains engagements
auraient été pris par Washington au cours de discussions bilatérales.
Pékin et Moscou, qui sont partenaires dans l'Organisation de coopération
de Shangaï (SCO) sont dans une situation manifestement ambiguë :
d’une part, ils ferment les yeux sur les menaces militaires US, d’autre
part ils apportent leur aide aux militaires
iraniens pour l’établissement de leurs systèmes de défense aérienne
et terrestre, dans l'éventualité
d’une attaques des USA-OTAN-Israël contre l'Iran, qui a un statut d'observateur
dans l'Organisation de coopération de Shangaï (SCO).
L'Iran est le troisième plus grand importateur des systèmes d'armements
russes après l'Inde et la
Chine. Au cours des cinq dernières années, la
Russie a soutenu la technologie de missiles balistiques
de l'Iran, après les négociations menées en 2001 sous la présidence
de Mohamed Khatami.
Coïncidence ironique, au moment même de la décision du Conseil de sécurité
de l'ONU en mars, la presse russe a confirmé que l'Organisation de coopération
de Shangaï (SCO) envisage éventuellement un élargissement, qui pourrait
consister à accorder la pleine adhésion à la
SCO aux pays (comme l’Iran) qui y ont actuellement
le statut d’ observateurs.
En attendant, le Congrès US est en guerre avec le Président concernant
la stratégie de guerre de l'Amérique
en Irak, mais pas un mot n'est murmuré sur la guerre imminente
contre l’Iran, comme si cela n’avait aucune pertinence
Les menaces sont réelles, un incident pourrait déclencher une guerre.
Les criminels de guerre haut placés ont désespérément besoin de cette
guerre pour rester au pouvoir.
Le congrès US n’est absolument pas susceptible de renverser la décision
de faire la guerre à l’Iran, malgré le fait que ceci mènerait à une
catastrophe mondiale, une escalade de la guerre, avec l’imminence d’un
État policier en Amérique pour soutenir la militarisation des institutions
civiles
Le Général Cartwright
Le rôle du Commandement
stratégique US (USSTRATCOM)
Le néocons dans l'administration de Bush contrôlent les nominations
aux postes clés militaires, en particulier au Commandement central (USCENTCOM),
au Commandement stratégique (USSTRATCOM)
et à l’État-major conjoint.
Des nominations ont récemment eu lieu. Le commandant nouvellement désigné
de l'USCENTCOM, l’Amiral Fallon, jouera un rôle clé en supervisant l'opération
militaire sur le théâtre de guerre du Moyen-Orient.
L’USSTRATCOM, dirigé par le Général James E. Cartwright, dont le QG
est à la base aérienne d'Offutt au Nebraska, jouerait un rôle central
dans les prises de décision et la coordination en cas de guerre contre
l'Iran. L'administration a demandé à l’ USSTRATCOM d’élaborer des plans
centralisés pour une guerre contre l'Iran. Le CENTCOM serait largement
impliqué en appliquant ces plans de guerre sur le théâtre de guerre
du Moyen-Orient.
Il vaut la peine de rappeler qu’ en 2004, le vice-Président Dick avait
demandé à l’ USSTRATCOM d’élaborer un plan d'urgence contre l'Iran,
destiné à « être utilisé en réponse à une autre attaque terroriste
du type 11 Septembre sur les
USA », sur la présomption que le gouvernement de Téhéran serait
derrière ce complot terroriste. Le plan d'urgence prévoyait une attaque
aérienne de grande envergure contre l'Iran utilisant des armes nucléaires
conventionnelles et tactiques.
L’USSTRATCOM est décrit comme « un intégrateur global chargé des
missions de frappe mondiale sur toute la gamme. »
L’USSTRATCOM est chargé de la coordination des structures de commandement
appelée « C4ISR global » (Commandement, contrôle, communications,
ordinateurs, renseignement, surveillance, et reconnaissance). « La
planification et l'exécution au jour le jour [ par STRATCOM ] pour les
zones primaires de mission est faite par cinq Commandements conjoints
de composants fonctionnels (Joint Functional Component Commands :
JFCC) et trois autres composants fonctionnels. »
L’USSTRATCOM : nous sommes
prêts
Le commandement stratégique (USSTRATCOM) est en train de
subir d’importants changements organisationnels importants, qui ont
une implication directe sur les
plans de guerre contre l'Iran. Selon son commandant, le Général Cartwright,
l’USSTRATCOM développe de « nouvelles organisations
alignées selon leurs fonctions, conçues pour améliorer notre vitesse
et nos progrès opérationnels » (rapport à la Commission parlementaire
des Forces armées). « Nous
sommes passés de la vieille triade avec bombardiers, sous-marins et
(missiles balistiques intercontinentaux) à un système plus intégré,
qui offre au pays une gamme plus large d’activités dissuasives qui peuvent
rassurer nos alliés ».
Selon les déclarations de Cartwright, les composants fonctionnels –
renseignement/ surveillance/reconnaissance; guerre de réseau; opérations
de réseau mondial; opérations d'information; défense intégrée de missiles
; et armes de combat de destruction de masse - sont en pleines capacités
opérationnelles ou s’en approchent.
En outre, STRATCOM construit un système d'organisation « qui peut
être mis en commun dès le départ, et peut passer au type de configuration
combiné ou allié... de sorte que nous n’aurons pas à les construire
dans un moment de crise. »
« Avoir une infrastructure équilibrée de défense étayée par
le commandement et le contrôle, et le renseignement, la surveillance
et la reconnaissance est crucial pour la stratégie », a ajouté
Cartwright (U.S. Strategic Command
Refines, Fields New Capabilities, par John J. Kruzel, American Forces
Press Service, 9 mars 2007)
Original : Global
Research
Traduit
de l’anglais par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.
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