Dans l’œil du typhon (Asie - Pacifique)
Birmanie : la révolution safran est en marche :"nous sommes prêts à mourir"


Au 10ème jour de manifestations quotidiennes à Rangoon, les premiers morts


Les Père Ubu qui règnent sur la Birmanie : un Pinochet collectif

Août 1988 : 3000 morts - 1990 : annulation des élections et vague d'emprisonnements.
Le mouvement démocratique est disloqué. il lui faudra 20 ans pour se reconstituer


Septembre 2007 : combien de morts cette fois-ci ?
Nouvel écrasement de la résistance ou dernier baroud d'honneur des pinochets birmans ?

Il a fallu 20 ans - le temps d'une génération - pour que se reconstitue un mouvement de résistance civile dans cette magnifique et mystérieuse Birmanie soumise au knout de généraux ubuesques depuis 45 ans. Ce mouvement vient d'entrer dans sa phase active.
La première période a commencé le 19 août, lorsqu'ont commencé les défilés de moines et de jeunes civils protestant contre l'augmentation drastique des prix du carburant. le mouvement a été d'abord totalement pacifique. Les choses ont commencé à changer le 5 septembre lorsqu'un manifestant auquel les militaires avaient brisé les jambes a été incarcéré. Les moines de Pakokku, la principale pagode de Rangoon, pour exiger sa libération et son hospitalisation, ont pris vingt fonctionnaires en otages et ont brûlé une boutique vidé appartenant à un officier responsable de la répression. Le manifestant a été rapidement libéré et les otages aussi. La deuxième période a commencé le lundi 17 septembre, lorsque les manifestations ont commencé à Rangoon, la capitale de fait (elle ne l'est plus depuis que le vieux général qui dirige la junte, Than Shwe, sur les conseils de son astrologue, a entrepris la construction d'une nouvelle capitale fantomatique dans la jungle, qui est morte-née et sera rapidement à nouveau recouverte par la jungle).

 

Le nombre de manifestants a grossi au fil des jours pour culminer lundi 24 septembre, avec 130 000 manifestants. La junte a alors décrété le couvre-feu. Les manifestations ont continué.
Et ce mercredi 26 septembre, la répression a frappé : on comptait en milieu de journée au moins 5 morts et au moins 300 arrestations, dont celle de Win Naing, 70 ans, un vétéran de la lutte pour la liberté, et l'acteur populaire Zanagar. Il semble que AUng San Suu Kiy ait été arrêtée à son domicile, où elle est consignée depuis onze ans, et emmenée à la prison d'Insein, de sinistre réputation.

 

Les causes immédiates de la révolte
Le mouvement de révolte en cours en Birmanie a été déclenché par la décision de la junte militaire, annoncée le 15 août, d’une augmentation des prix des carburants de 100 à 500%.

Patta-nukkujjana kamma
Le 18 septembre, l’Alliance panbirmane des bonzes (All Burma Monks’ Alliance) a décrété le patta-nukkujjana kamma, c’est-à-dire l’acte de retournement des bols. Les bonzes ont coutume de tendre un bol aux fidèles qui y mettent de la nourriture, une bonne action visant à améliorer leur karma. En retournant leurs bols, les bonzes signifiaient qu’ils refuseraient désormais toute offrande venant de militaires ou de fonctionnaires et représentants du régime. Les bonzes réclament des excuses du régime pour les brutalités exercées contre certains d’entre eux à Pakokku le 5 septembre dernier, la baisse des prix des carburants, la libération des prisonniers politiques et l’ouverture d’un dialogue entre le régime et les forces démocratiques.

 

 

Sur les 50 millions de Birmans, 500 000 sont bonzes et 500 000 sont militaires. La majorité des Birmans sont bouddhistes. Ils n'ont pas donc pas peur de mourir. Toute bonne action améliorera leur karma et leur permettra donc de se réincarner dans leur pochaine vie sous une forme supérieure. les Pères Ubu dont ils veulent le départ ont commis tant de crimes qu'ils sont assurés de se réincarner en cafards, en rats ou en araignées.
La révolution couleur safran est en marche. La sympathie dont semble bénéficier cette révolution de la part de tout l'Occident "démocratique"se résume purement et simplement à des mots, qui ne sont suivis d'aucune action concrète. Ni Washington ni Bruxelles ni la Fondation Soros ni Freedom House n'ont donné ni ne donneront un seul centime au mouvement de résistance birman. Ce n'est finalement pas plus mal. Le peuple birman se libèrera par ses propres moyens et c'est la meilleure garantie d'une vie meilleure. La Birmanie est un pays immensément riche dont les richesses sont pillées par les bandits de tous poils - dont la firme française TotalFinaElf - pour le grand profit des sinistres Pères Ubu de la junte militaire. La vidéo des noces de la fille de Than Shwe, diffusée en juin dernier, a scandalisé les Birmans lorsqu'ils ont vu cet étalage de luxe, eux qui ont du mal à trouver de quoi manger un ou deux bols de riz par jour.

 


“We will deal with the protests in a correct manner”—Junta official

“Nous allons traiter les protestations de manière correcte” – un responsable de la junte. Source : http://www.irrawaddy.org/

 

N'étant pas musulmans, ils échappent donc à un danger : celui d 'être étiquetés islamistes, donc terroristes, donc suppôts d'Al Qaïda. Ils ne sont pas non plus maoïstes comme les résistantsdu Népal . Et ils bénéficient de l'immense prestige de Aung San Su Kiy, élevée au rang d'icône planétaire, sans que cela change quoi que ce soit au blocage de la situation en Birmanie. L'Occident démocratique ne pourra donc pas applaudir des deux mains à de nouveaux massacres, qui risquent d'arriver dans les heures ou les jours qui viennent, comme il l'a fait pour le Pakistan ou l'Indonésie ou se taire, comme il l'a fait pour le Népal. Non, il se contentera de protester platoniquement et de prendre des mesures bidon comme celle annoncée par Bush de ne "plus délivrer de visas" aux membres de la junte. Comme ceux-ci ne se rendent jamais à l'étranger - sauf peut-être pour de petites virées à Bangkok ou Singapour pour règler leurs affaires bancaires et diversifier la satisfaction de leurs appétits libidineux -, ça ne porte vraiment pas à conséquence et personne n'est dupe. Quant à Kouchner, ce n'est pas demain qu'il prendra l'avion pour Rangoon afin de servir de bouclier humain aux résistants birmans, aux côtés de Jane Birkin et de Robert Ménard. Pourtant,s 'il était vraiment ce qu'il prétend être, ce serait la moindre des choses à faire. Mais je m'égare.
Attendons de voir ce que dira Môssieur le Président lorsqu'il recevra à l'Élysée, ce mercredi 26 septembre à 17 h 30, le Dr Sein Win, Premier Ministre du gouvernement de coalition nationale de l'Union birmane, le gouvernement en exil issu des élections de 1990,et cousin d’Aung San Suu Kyi. Sein Win sera accompagné de l'actrice Jane Birkin et de Frédéric Debomy, coordinateur de l'’association Info Birmanie. Celle-ci a déclaré dans un communiqué :"Info Birmanie souhaite que cette rencontre marque le début d’une relation proche et d’une plan d'action concerté entre le gouvernement français et le gouvernement birman en exil au profit d’un véritable processus de démocratisation en Birmanie sous l’égide des Nations unies. Nous apellons également le Président français à se prononcer de façon ferme contre les actes de violence perpétrés par la junte contre les manifestants et les opposants au régime. Selon des informations reçues de nos sources présentes dans le pays, quatre membres de Génération 88, emprisonnés suite aux premières manifestations d’août, auraient été victimes d’actes de torture lors de leur interrogatoire et la junte entreprendrait de mêler aux manifestants des agitateurs de façon à légitimer une éventuelle répression violente du mouvement. Sein Win rencontrera par ailleurs Rama Yade, Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et aux droits de l’Homme, le 26 septembre dans la matinée." (FG)

 

PS : en fin d'après-midi, Nicolas Sarkozy a déclaré : "La France appelle l'ensemble de ses sociétés privées, Total par exemple, à faire preuve de la plus grande retenue, s'agissant des investissements en Birmanie, en demandant qu'il n'y en ait pas de nouveaux".Total (en fait aujourd'hui TotalFinaElf), quatrième groupe pétrolier mondial, est présent en Birmanie depuis 1992, sur le champ gazier de Yadana (sud), où il a produit en 2006 17,4 millions de mètres cube de gaz par jour, qui alimentent des centrales électriques en Thaïlande. Sarkozy a aussi réclamé des sanctions internationales et européennes contre la Birmanie.

Écouter sur RFI
Une étudiante birmane anonyme
«Depuis ce matin il y a trois moines qui ont été tués. (...) On ne sait pas exactement combien, mais il y a beaucoup de blessés.»
écouter 1 min 2 sec

Mireille Boisson, coordinatrice sur la Birmanie

pour l'organisation Amnesty International
«Génération 88 ne veut pas reprendre le combat, mais il réclame un dialogue pour la réconciliation avec tous les partis.»
écouter 7 min 58 sec

Vous-même étiez en Birmanie en 1988, à l’époque des grandes manifestations contre la hausse des prix, qui s’étaient achevées dans un bain de sang : 3.000 morts à l’époque. Aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé en Birmanie ? Qu’est-ce qui fait que le scénario ne sera peut-être pas identique ?
M. Boisson : Peut-être que l’opinion internationale a davantage les yeux braqués sur la Birmanie. En tout cas depuis quelques jours, parce qu’en général il faut « ramer » pour en faire parler. Le problème est que la Birmanie est capable de fermer ses frontières, comme le Cambodge nous l’avait fait. Ils ont cependant des diplomates en poste, des diplomates occidentaux, qui peuvent donner des informations, qui peuvent faire pression. L’exaspération est probablement encore plus grande, et depuis quelques mois on voit que la chape de la peur s’est soulevée, avec la nouvelle génération des anciens étudiants. Ce sont des gens qui, en 88, étaient étudiants, qui ont été en prison, ont purgé de longues peines, 15 ou 16 ans. Ils sont sortis il y a deux ans et demi, et depuis se sont organisés, pas pour reprendre le combat, mais pour réclamer un dialogue pour la réconciliation avec toutes les parties. Ils en marge des partis d’opposition. Ils partagent des idées propres. Ils demandent la démocratie, avec tous les partis. Mais vont-ils être étouffés ? Je crois que les leaders sont en prison, et ceux qui étaient en fuite vont probablement être arrêtés dans les jours qui viennent. Certains ont déjà été terriblement torturés.

 

 

Un peu d'histoire

1824-1826 - Les Britanniques déclenchent la première guerre anglo-birmane et prennent le contrôle du sud du pays.
1852-1855 - Seconde guerre anglo-birmane. Toute la Birmanie est annexée.
1886 - La Birmanie devient une province de l’Empire des Indes. Les Anglais divisent le pays en deux : la plaine centrale, d’une part, où vivent les Birmans, et « le fer à cheval » qui l’encercle, d’autre part, où vivent les minorités ethniques – sur lesquelles ils s’appuient pour mieux contrôler l’intérieur du pays, ce qui leur vaudra la fidélité de celles-ci pendant la guerre d’indépendance.
1920 - Les étudiants de l’université de Rangoon organisent les premiers mouvements de protestation indépendantistes.
1930 - Révolte paysanne. Naissance du mouvement nationaliste Dobhama Asi-Ayone (nous, Birmans), dont les membres prennent le titre de Thakin, les maîtres, en signe de défi au colonisateur.
1936 - Mouvement étudiant contre l’expulsion de l’université de Aung San et U Nu, qui devaient devenir respectivement le père de l’indépendance et le premier dirigeant du pays indépendant. Les deux leaders et les autres chefs nationalistes, les « trente camarades », sont invités au Japon pour une formation militaire. Ils créent l’armée de l’indépendance birmane.
1942 - Les Japonais entrent en Birmanie avec l’armée de l’indépendance birmane, commandée par Aung San. La plupart des minorités ethniques soutiennent les Anglais.
1943 - Aung San est ministre de la Guerre de la Birmanie indépendante occupée par les Japonais.
27 mars 1945 - L’armée birmane se soulève contre les Japonais.
19 juin 1945 - Aung San Suu Kyi, fille d’Aung San, naît à Rangoon.
19 juillet 1947 - Six mois après la signature de l’accord d’Indépendance, Aung San est assassiné en même temps que six autres membres de son cabinet.
4 janvier 1948 - Proclamation de l’indépendance de la Birmanie. Naissance de l’Union de la Birmanie, dont U Nu est le Premier ministre jusqu’en 1962. Le pays connaît une relative prospérité : il est le premier exportateur de riz d’Asie du Sud-Est, son système éducatif est réputé.
5 janvier 1948 - Début de la guérilla karen. Les minorités ethniques se sentent flouées par la constitution, qui néglige leur volonté d’indépendance.
1958 - La guerre civile faisant de plus en plus de victimes, et des tensions internes apparaissant au sein du parti au pouvoir, U Nu confie la gestion d’un gouvernement provisoire au général Ne Win, un autre des trente camarades. Il sera néanmoins réélu en 1960.
1960 - Aung San Suu Kyi quitte la Birmanie avec sa mère, Daw Khin Kyi, nommée ambassadrice à Delhi.
2 mars 1962 - Ne Win prend le pouvoir par un coup d’État. U Nu et des centaines d’opposants sont arrêtés, des manifestations tournent au bain de sang. La constitution adoptée en 1948 est abolie. Le pays s’engage dans la « voie birmane vers le socialisme ». Les principaux secteurs de l’économie sont étatisés.
20 mars 1964 - Le BSPP (le Parti du programme socialiste birman) devient parti unique.
1964-1967 - Aung San Suu Kyi obtient une licence en philosophie, politique et économie au St. Hugh’s College (université d’Oxford).
1972 - Aung San Suu Kyi occupe un poste de chercheur au ministère des Affaires étrangères du Bhoutan et se marie avec un Anglais, Michael Aris.
1974 - Promulgation de la nouvelle constitution, naissance de la République socialiste de l’Union de Birmanie. La moitié du budget de l’État est allouée à l’armée.
1975 - Regroupement des mouvements ethniques, en désaccord avec le pouvoir central, dans un Front démocratique national.
1987 - Alors que le pays rejoint la liste des pays les moins avancés, Ne Win, sur le conseil de ses numérologues, remplace du jour au lendemain, et sans compensation, les trois quarts de la monnaie par des billets dont le montant est un multiple de 9, son chiffre porte-bonheur. Les économies de toute une vie se volatilisent, beaucoup de Birmans sombrent dans la misère.
De mars à juin 1988 - Des manifestations surviennent, d’abord à Rangoon, puis dans tout le pays. La répression est brutale. Aung San Suu Kyi rentre en Birmanie en mars pour se rendre au chevet de sa mère souffrante à Rangoon.
Juillet 1988 - Un congrès extraordinaire du BSPP reconnaît la faillite du pays. Ne Win quitte le pouvoir.
8 août 1988 (8-8-88) - Les manifestations de mécontentement, réclamant l’avènement de la démocratie, voient défiler des millions de personnes dans le pays tout entier. Une fois de plus, elles sont réprimées. Il y aura entre 3 000 et 4 000 morts ce jour-là, et plus de 10 000 sur l’ensemble du mouvement. Des milliers de personnes sont arrêtées.
26 août 1988 - Premier discours public d’Aung San Suu Kyi à la pagode Shwedagon, devant 500 000 personnes. La fille du héros national devient instantanément un leader naturel dans un pays qui connaît la dictature depuis vingt-six ans.
18 septembre 1988 - La junte se maintient au pouvoir en abrogeant la constitution de 1974 et en créant le SLORC (Conseil d’État pour la restauration de la loi et de l’ordre). La Birmanie devient le Myanmar, et Rangoon s’orthographie dorénavant Yangoon. L’opposition démocratique n’a jamais reconnu ces nouvelles appellations.
27 septembre 1988 - Fondation de la NLD (Ligue nationale pour la démocratie). Aung San Suu Kyi en est élue secrétaire générale.
18 juillet 1989 - Abrogation du système judiciaire et institution des tribunaux militaires.
20 juillet 1989 - Après avoir tenu des dizaines de meetings publics, Aung San Suu Kyi, en vertu de la nouvelle loi martiale, est assignée à résidence pour une durée de trois ans. Elle est accusée de porter atteinte à la sûreté de l’État.
27 mai 1990 - La Ligue nationale pour la démocratie obtient 82 % des sièges aux élections législatives générales organisées par les militaires (les premières depuis 1960). Ceux-ci refusent de transférer le pouvoir, et ne laissent pas siéger l’assemblée nouvellement élue.
18 décembre 1990 - Suite au blocage de la situation, les forces démocratiques forment un gouvernement en exil, le National Coalition Government Union of Burma (NCGUB).
19 décembre 1990 - En réponse à une intervention personnelle du secrétaire général de l’ONU, Javier Perez de Cuellar, réclamant la libération d’Aung San Suu Kyi, le SLORC déclare que, si elle le souhaite, elle sera autorisée à rejoindre sa famille en Angleterre. Craignant de ne jamais pouvoir revenir, elle refuse.
10 juillet 1991 - Le Parlement européen lui décerne le prix Sakharov (attribué pour la défense des droits de l’homme).
14 octobre 1991 - Aung San Suu Kyi se voit décerner le prix Nobel de la paix.
2 février 1994 - Signature du contrat entre Total et la junte militaire pour l’exploitation de gaz naturel en mer d’Andaman. Le groupe français investit 1,2 milliards de dollars.
20 septembre 1994 - Le général Than Shwe (Président du SLORC et Premier ministre du gouvernement) et le lieutenant-général Khin Nyunt (chef des services de renseignements de l’armée) rencontrent Aung San Suu Kyi (toujours en résidence surveillée) à son domicile.
10 juillet 1995 - Aung San Suu Kyi est libérée. La mesure d’assignation à résidence qui la frappait est ainsi levée grâce à la pression internationale.
11 juillet 1995 - Aung San Suu Kyi déclare à la presse qu’elle continue sa lutte pour la démocratie et qu’elle invite les généraux à entamer le dialogue ; elle demande aux investisseurs étrangers d’attendre qu’un système démocratique soit mis en place avant de s’implanter dans le pays.
Avril 1996 - Un rapport faisant état de l’usage de la torture et du travail forcé en Birmanie est présenté devant la commission des droits de l’homme des Nations unies.
Septembre 1996 - Les interventions publiques qu’Aung San Suu Kyi tenait devant son domicile les samedi et dimanche après-midi sont interdites pour cause de « trouble de l’ordre public ». Ces dernières attiraient entre huit et dix mille personnes. Des postes de contrôle de l’armée sont placés des deux côtés de l’avenue de l’Université, soit à deux cents mètres du domicile d’Aung San Suu Kyi qui se trouve de facto replacée en résidence surveillée.
1996-1997 - Les militaires lancent l’opération « Année du tourisme en Birmanie » (Visit Myanmar Year).
Mars 1997 - Le Conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail décide de créer une commission d’enquête sur les pratiques de travail forcé en Birmanie.
5 novembre 1997 - Dissolution, par proclamation, du Conseil d’État pour la restauration de la loi et de l’ordre (SLORC) et constitution, par une autre proclamation, du Conseil d’État pour la paix et le développement (SPDC). Les douze commandants des régions militaires, ainsi que les chefs des forces navales et de l’air rejoignent les quatre leaders de la junte au sein de ce nouveau Conseil d’État.
Entre 1996 et 1999 - La junte militaire obtient des cessez-le-feu avec une quinzaine de groupes rebelles (Karen, Mon, Kachin, Shan).
1er janvier 1998 - La Birmanie devient membre de l’Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN).
Juin 1998 - Plusieurs dizaines de membres de la NLD, élus en mai 1990, sont arrêtées.
14 juin 2000 - L’Organisation internationale du travail (OIT) adopte une résolution sans précédent visant à appliquer l’article 33 de la Constitution de l’OIT si le travail forcé n’est pas aboli au 30 novembre 2000 au Myanmar.
4 septembre 2000 - Aung San Suu Kyi est de nouveau assignée à résidence.
Fin 2000 - Le dialogue entre Aung San Suu Kyi et la junte, interrompu depuis 1994, est renoué dans le cadre de discussions préalables à l’instauration d’un dialogue politique. Ces discussions s’inscrivent dans une mission de médiation engagée en juillet 2000 par l’envoyé spécial pour la Birmanie du secrétaire général des Nations Unies.
6 mai 2002 - Aung San Suu Kyi est libérée sans condition.
26 août 2002 - TotalFinaElf est visée par une plainte pour « crime de séquestration » déposée auprès du tribunal de Nanterre. Les plaignants sont deux Birmans qui affirment avoir été « séquestrés » et « forcés » de travailler sur le chantier de construction du gazoduc.
5 décembre 2002 - Mort de Ne Win.
Avril 2003 - Le pouvoir militaire ne tenant pas ses promesses de dialogue avec l’opposition, Aung San Suu Kyi met en doute la sincérité de la junte. « Ils ne veulent pas le changement, mais le changement est inévitable » déclare-t-elle.
30 mai 2003 - Le convoi d’Aung San Suu Kyi, alors en tournée politique dans le nord du pays, est violemment attaqué par des forces à la solde du régime de Rangoun. Suite à cette détention, le prix Nobel de la paix est placé en détention dans un lieu tenu secret. Il s’ensuit un ample mouvement international de protestation.

Source :
http://www.info-birmanie.org/content/view/13/49/

 

Pour en savoir plus sur la Birmanie
http://www.info-birmanie.org , site de l’assocation française Info-Birmanie, créée en 1996
http://www.birmanie.net, site d’Actions Birmanie/Citoyens en soutien aux démocrates birmans (Belgique)
http://www.burmadigest.info, a bilingual magazine presenting a digest/analysis of human-rights conditions in Burma. (voir les vidéos et les photos des manifestations à Rangoon)
http://www.ncgub.net, le site du gouvernement de coalition nationale de l’Union birmane (gouvernement démocratique en exil, formé après l’annulation des résultats des élections de 1990 par la junte militaire; 13 députés élus alors sont toujours en prison, purgeant des peines allant de 7 à 93 ans )http://www.rfa.org/english, le site de Radio Free Asia, en 10 langues dont l'anglais.

Source : http://azls.blogspot.com/