Le Hizb ut-Tharir dans le collimateur des
polices de l'ex-URSS
Le directeur adjoint du FSB (ex-KGB) russe Sergueï Smirnov a déclaré
que dix-neuf personnes suspectées d'appartenir au parti interdit
Hizb ut-Tahrir (Parti de la libération islamique) avaient été
extradées vers l'Ouzbékistan cette année, sans
apporter plus de précisions. La répression s'est accrue
en Ouzbékistan contre ce parti, qui prône la restauration
du Caliphat par des moyens pacifiques, après le massacre de la
ville d'Andijan, en mai 2005, qui avait fait plusieurs centaines de
morts et provoqué la fuite de noimbreux habitants vers les pays
voisins.
D'autre part, le police de Taraz, dans le sud du Kazakhstan, a annoncé
avoir arrêté un Ouzbek de 43 ans soupçonné
d'avppartenance à une cellule du Hizb ut-Tahrir à Kokand,
dans la région de Tachkent. Le Kazakhstan envisage son expulsion
vers l'Ouzbékistan dans le cadre de la convention de Misnk sur
l'entraide judiciaire entre les républiques de l'ex-URSS.
Sources : Interfax et MosNews, 1er avril 2006
Selon Negroponte, le terrorisme
pourrait s'étendre en Asie Centrale
Au travers de groupes liés à Al Qaïda, le terrorisme
pourrait s'étendre dans les pays d'Asie Centrale où la
corruption et la répression sont "endémiques"
a déclaré John Negroponte, directeur des services de renseignements
US.
"Dans un ou plusieurs de ces États, le pouvoir central pourrait
se dissoudre et des clans rivaux ou des régions entrer en lutte
pour le pouvoir." a affirmé Negroponte devant la Commission
sénatoriale pour le renseignement à Washington. Ce qui
ouvrirait la porte "à une expansion de l'activité
criminelle et terroriste sur le modèle d'Etats en décomposition
comme la Somalie ou, quand il était sous contrôle des Talibans,
l'Afghanistan."
La plupart des ex-républiques soviétiques d'Asie Centrale
sont dirigées par des "régimes à base clanique"
dont la stabilité politique dépend de la répression
a expliqué Negroponte.
Les Etats d'Asie Centrale, Kazakhstan, Ouzbékistan, Khirgizistan
et Tadjikistan se sont associés à la Russie et à
la Chine pour former l¹organisation de Coopération de Shanghaï
et se sont engagés à oeuvrer ensemble dans la lutte contre
le terrorisme. Depuis la fin des années 90, le Hizb ut- Tahrir
et le Mouvement Islamique d'Ouzbékistan, actifs dans la vallée
de Ferghana qui chevauche le Tadjikistan, le Khirgizistan et l'Ouzbékistan,
cherchent à instaurer un État islamique dans la région.
"L'Asie Centrale reste marquée par l'immobilisme politique,
la répression, la corruption endémique, la pauvreté
et l'accroissement des inégalités socio-économiques"
a déclaré Negroponte au cours de sa première audition
devant la Commission depuis son accession, l'année dernière,
au poste de directeur des services nationaux de renseignements. Ces
problèmes "portent les germes pour l'éclosion d'un
ressentiment radical et du terrorisme."
Al Qaïda
Negroponte a cité l'Union pour le Djihad Islamique qui a fait
alliance avec Al Qaïda, et a été accusée des
attentats de juillet 2004 contre les ambassades des USA et d'Israël
en Ouzbékistan.
"Un élément important de la stratégie d'Al
Qaïda consiste à favoriser un soulèvement des masses
musulmanes contre l'Occident", ce qui a entraîné la
création de cellules et de réseaux terroristes décentralisés,
a expliqué Negroponte.
Lors d'un sommet tenu en juillet dernier dans la capitale du Kazakhstan,
les six pays du groupe de Shangaï se sont entendus pour travailler
ensemble dans le but de prévenir toute tentative d'organiser
et de commettre des attentats terroristes sur leurs territoires.
L'Afghanistan, dont le régime a été renversé
en 2001 au cours de la guerre dirigée par les USA contre le terrorisme,
est frontalier du Tadjikistan, du Turkménistan e t de l'Ouzbékistan.
Corée du Nord
Abordant un autre point, Negroponte a considéré que le
programme nucléaire nord-coréen était une menace
pour la sécurité internationale et que "son déploiement
dans une posture agressive" menaçait la Corée du
Sud et les militaires US présents en Corée. Il a ajouté
que les USA estiment que les affirmations de la Corée du Nord
selon lesquelles elle a développé des armes atomiques
sont probablement vraies.
La Corée du Nord "reste un défi majeur posé
au traité de non-prolifération nucléaire"
a déclaré Negroponte.
Un 5ème round de discussions, impliquant les USA, la Chine, la
Corée du Sud, le Japon et la Russie, pour mettre un terme au
programme nucléaire nord coréen s'est achevé le
11 novembre à Pékin sans parvenir à un accord.
La Corée du Nord tente de marchander une aide économique
en échange de l'abandon de son programme d'armes atomiques.
Selon l'agence de presse officielle nord-coréenne, le gouvernement
nord-coréen a affirmé ce 3 janvier qu'il ne reprendrait
pas les négociations tant que les USA n'auront pas levé
les sanctions économiques contre la Corée du Nord
Source : Bloomberg, 2 février 2006. Original : : http://feeds.bignewsnetwork.com/redir.php?jid=8ee1a02decc44df1&cat=929bcf2071e81801
Le Mouvement Islamique d'Ouzbékistan est-il vraiment de retour?
par Gulnoza Saidazimova, Radio Free Europe/Radio Liberty,
Prague, 2 février 2006. Traduit de l¹anglais par BBpour
Quibla
Les autorités d'Asie Centrale laissent entendre qu'un groupe
illégal et responsable d'attentats terroristes dans le passé
constitue à nouveau une menace dans la région. Le Mouvement
Islamique d'Ouzbékistan (MIO) était considéré
comme pratiquement anéanti par la campagne militaire menée
par les USA en Afghanistan. Mais des dirigeants du Tadjikistan ont imputé
plusieurs incidents récents à le MIO et affirment que
ce groupe a accru son activité depuis la répression huit
mois auparavant d'un soulèvement dans l'Ouzbékistan voisin.
La plus récente évocation par les officiels Tadjiks remonte
au 27 janvier et émane d'Abdugaffor Qalandarov, procureur général
de la province de Soghd, au nord du Tadjikistan.
Qalandarov s'exprimait deux jours après l'attaque d'une prison
par des hommes armés et masqués dans le district de Ghayroghum,
nord du Tadjikistan, qui a permis l'évasion d'un prisonnier soupçonné
d'appartenance à le MIO. Il a mis en garde au sujet de l'activisme
croissant de le MIO depuis le soulèvement du mois de mai et sa
répression par les forces de sécurité à
Andijan en Ouzbékistan oriental.
Qalandarov a affirmé que le MIO était devenu plus dangereux
que le Hizb ut-Tahrir, une organisation islamiste interdite qui veut
créer un Califat mondial.
"[le Hizb ut-Tahrir] n'est pas aussi dangereux que le MIO"
a déclaré Qalandarov. "Nous avons arrêté
certains membres du MIO et nous les tenons pour responsables de l'attaque.
Nous avons saisi des armes et des munitions, dont une mitraillette Kalashnikov,
un pistolet Makarov, un lance-grenades et des uniformes militaires."
Les officiels tadjiks pensent que les membres du MIO soupçonnés
pour l'attaque de la prison se cachent dans la région de Batken,
au sud du Kirghizistan. Les responsables des forces de sécurité
Tadjiks et Kirghizs se réunissent aujourd'hui à Isfarah
au Tadjikistan pour discuter d'un plan pour capturer les auteurs du
raid contre la prison.
Un épouvantail commode?
C'est l'aspect transfrontalier des derniers incidents qui a suscité
l'inquiétude des dirigeants dans toute la région. Mais
les observateurs sont prompts à remarquer que les gouvernements
des républiques d'Asie Centrale ex-soviétique ont toujours
cherché à utiliser la menace islamiste pour consolider
leur pouvoir autoritaire.
Ahmed Rashid est l'auteur de "Jihad : The Rise of Militant Islam
In central Asia" [Jihad : la montée de l'islam militant
en Asie Centrale] , il dit douter des affirmations officielles d'un
regain d'activité du MIO.
Pour Rashid, "Nous savons bien que les chefs du MIO sont vivants
et présents dans les régions limitrophes entre l'Afghanistan
et le Pakistan. Il y a eu également des accusations ouzbeks liant
le MIO à des meurtres là bas. Mais franchement, nous avons
très peu de preuves matérielles de la capacité
du MIO à revivifier son organisation en Ouzbékistan et
au Tadjikistan. Il faut se souvenir que les autorités Tadjiks
et Ouzbeks ont coutume de dire à un moment donné que le
Hizb ut-Tahrir représente une grande menace puis, quelques mois
plus tard, que c'est le MIO qui est le grand danger - le tout sans aucune
preuve."
Histoire de Terrorisme
Le but avoué du MIO, dès 1999, était la déposition
du président Ouzbek Islam Karimov et son remplacement par un
Califat, un Etat islamique. Avec le temps, le mouvement à élargi
cet objectif pour tendre vers la c réation d'un Etat islamique
englobant l'ensemble de la région.
Le gouvernement Ouzbek a accusé le MIO des attentats meurtriers
commis à Tachkent en février 1999 et a qualifié
ce mouvement d'organisation terroriste.
On considère aussi généralement que le mouvement
est responsable de nombreux enlèvements, dont celui de quatre
alpinistes américains en août 2000. Après les attaques
menées par des militants du MIO dans le sud de l'Ouzbékistan
et au Kirghizistan pendant les étés 1999 et 2000, le Département
d'Etat US a inscrit ce mouvement sur sa liste d'organisations terroristes.
On pense que ses effectifs ont culminé à 4000 membres
et le MIO s'est rebaptisé lui-même "Parti Islamique
du Turkestan" il y a cinq ans. L'organisation a également
annoncé son nouvel objectif d'instaurer un Califat englobant
les provinces de Chine occidentale à majorité musulmane
et qu'il appelle "Turkestan oriental."
Des rangs clairsemés
Les militants du MIO ont combattu en Afghanistan aux côtés
des Talibans et d'Al Qaïda. On pense que ses effectifs se sont
consiérablement dégarnis quand la communauté internationale
est intervenue en Afghanistan fin 2001.
A l'époque, des informations laissaient entendre que Juma Namangani,
le chef militaire duMIO avait été tué. Mais ces
informations n'avaient jamais été confirmées par
des sources indépendantes.
Sous couvert d'anonymat, un Ouzbek, âgé de 34 ans, nous
a parlé du MIO. Il nous a dit avoir été membre
du MIO pendant plus de deux ans, jusque fin septembre 2001.
""Après l'explosion des deux tours jumelles le 11 septembre
2001, les USA ont bombardé Kaboul. Nous avons compris que le
régime taliban était fichu et décidé de
quitter l'Afghanistan. Namangani se trouvait à Mazar-e Sharif.
De nombreux Ouzbeks et quelques Tadjiks vivent à Mazar-e Sharif
et à Qunduz. Namangani, qui était présent dans
ce secteur à l'époque, a été tué
dans la première attaque aérienne US. Oui, il est mort
pendant le premier bombardement."
Mais cet ancien membre du MIO affirme que le chef politique du mouvement,
Tahir Yuldosh, a pu s'en sortir et regrouper ses troupes. Il affirme
que les forces de Yuldosh se cachent actuellement dans la zone tribale
à la frontière Pakistano-Afghane.
"Tahir Yuldosh a cherché à se réfugier avec
des membres Afghans des Talibans." dit-il. "Il s'est rendu
dans un secteur montagneux où il a établi son camp, forçant
les gens à le rejoindre. Il sont toujours avec lui sous la contrainte.
Les plus chanceux ont réussi à s'échapper; d'autres
sont encore là bas dans des camps spéciaux. Il n'y a aucun
moyen d'en partir. S'ils essayaient, ils seraient menacés de
deux côtés. D'un côté il y a les forces du
gouvernement pakistanais et, de l'autre, Tahir lui-même qui leur
tirera aussi dessus."
Une force difficile à évaluer
Les effectifs du MIO ne dépassent probablement pas 200 hommes
selon le politologue Ahmed Rashid. Mais Rashid ajoute que sa puissance
clandestine reste une inconnue.
"Je suis certain qu'il existe une présence clandestine;
je suis sûr que les militants et Tahir Yuldosh, leur chef politique
qui se trouve encore à la frontière pakistano-afghane,
sont en contact avec leurs soutiens clandestins en Asie Centrale"
explique Rashid. "Mais, d'une manière générale,
je pense que les gouvernements d'Asie centrale considèrent que
le Hizb ut-Tahrir se développe plus vite que le MIO."
Rashid soutient qu'il n'y a eu acun signe évident d'un regroupement
ou d'un mouvement du MIO en territoire tadjik ces derniers mois.
Les avertissements des gouvernements de la région au sujet des
activités du MIO ont l'intérêt de rappeler aux observateurs
que ces mêmes responsables ne se sont pas privés d'invoquer
la lutte anti-terroriste pour accroître leur mainmise politique.
Arkady Dubnov, correspondant en Asie Centrale du quotidien moscovite
"Vremya novotsei" considère que les récentes
déclarations des autorités tadjikes devraient être
situées dans le contexte de la prochaine élection présidentielle
dans ce pays.
Selon Dubnov, "Le Tadjikistan veut démontrer que les menaces
contre sa stabilité intérieure et son régime viennent
de l'extérieur et que le régime du président Imomali
Rakhmonov a le soutien des élites et de la plupart des partis
politiques - et qu'aucune dissidence ou opposition ne subsiste. La position
de Tachkent est très similaire; les autorités Ouzbeks
ont affirmé qu'un facteur externe était en cause dans
les incidents d'Andijan."
L'Asie Centrale a été le théâtre d'un puissant
renouveau islamique ces dix dernières années. De nombreux
militants et leaders du MIO viennent de la vallée de Ferghana
qui est à cheval sur l'Ouzbékistan, le Tadjikistan et
le Kirghizistan. Cette région marginalisée politiquement
et économiquement est un terreau favorable pour les militants
islamistes.
Pas facile de faire le Haj quand on est citoyen
des républiques ex-soviétiques d'Asie centrale
La chute de l'Empire soviétique a vu une renaissance de l'Islam
dans toutes les républiques d'Asie centrale et aussi du Caucase.
Le Haj annuel à La Mecque est chaque fois l'objet de tiraillements,
de tracasseries et de plaintes. Les quotas autorisés par les
autorités saoudiennes sont diversement reçus par les autorités
des diverses républiques. Le Turkménistan est le plus
restrictif. Alors qu'il semble que l'Arabie autorise 4 500 pélerins
turkmènes, seuls 188 d'entre eux, surtout des personnes âgées
et des femmes, ont été autorsés à s'envoler
d'Achkabad ce 3 janvier, tout comme l'année dernièr. Depuis
1992, ce ne sont pas plus de 150 pélerins qui ont été
autorisés à faire le Haj par le gouvernement turkmène,
qui finance leur voyage et leur hébergement et les dote d'accompagnateurs
des services de sécurité, pour leur éviter des
³mauvaises rencontres à la Mecque. Les Kirghizes ont d'autres
problèmes : beaucoup d'entre eux n'ont pu s'envoler pour les
Lieux saints car 2 000 musulmans chinois ont pris leur place grâce
à de faux passeports kirghizes. En Ouzbékistan, 5 000
pélerins ont pu partir cette année, mais ils sont extrêmement
contrôlés, car tout Musulman s'acquittant de ses devoirs
est soupçonné de ³wahhabisme², donc de fondamentalisme,
bref, il est un terroriste en puissance. 8 000 musulmans sont emprisonnés
chez Karimov, souvent pour la simple raison qu'ils fréquentaient
une mosquée trop assidument ou qu'ils organisaient des groupes
de prière à) leur domicile. L'Azerbaïdjan a augmenté
cette année son quota de 2 800 à 3 450 places.
Enfin, point commun à tous ces pays : selon de nombreux témoignages,
il faut graisser la patte de fonctionnaires pour obtenir l'autorisation
de pélerinage.
Ah, c'est beau, c'est grand, c'est généreux, la démocrature
post-soviétique !
Source : http://www.forum18.org, 5 janvier 2006
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