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L’événement - Les terroristes nucléaires qui venaient du froid

 

On est désormais sûr qu’Alexandre Litvinenko a été empoisonné au Polonium 210, une substance radioactive provenant de l’industrie nucléaire et baptisée ainsi par celle qui l’a découverte en 1898, Marie Curie, en hommage à son pays d’origine, la Pologne. Accusés d’avoir fourni du polonium aux assassins de Litvinenko, les scientifiques russes de Krasnoïarsk,Sibèrie, d’où aurait pu provenir cette substance, ont répondu en déclarant qu’on pouvait commander sur Internet du Polonium 210 à une entreprise US du Nouveau-Mexique, pour la modique somme de 69$.

Cette entreprise, United Nuclear, s’est empressée de répondre que les isotopes de Polonium 210 qu’elle vendait étaient microscopiques et contenus dans une tête d’épingle, et qu’il en faudrait 150 000 doses pour atteindre une quantité toxique. Or, ils n’en vendent que quelques-uns par an. Et l’entreprise a immédiatement mis sur le marché la tasse à café ci-contre, pour 10$, indice d’un humour pour le moins douteux.

Depuis le 11 septembre 2001, on nous a bassinés avec les dangers terroristes les plus divers et variés : anthrax, bombes atomiques sales et autre explosifs liquides. Le danger était toujours censé venir d’Al Qaïda, du Pakistan, d’Iran ou d’ailleurs dans le monde musulman. Dans la réalité, les nouvelles armes « sales » viennent de Russie.
Alexander Litvinenko est mort, Mario Scaramella, l’avocat italien qui l’avait rencontré dans le désormais fameux bar a sushis de Piccadilly, va sans doute aussi mourir. Des dizaines d’autres personnes ont pu être intoxiquées et on découvre chaque jour de nouveaux sites contaminés au polonium, en particulier des avions de la British Airways assurant la liaison Londres-Moscou.

On connaissait déjà le parapluie bulgare et le yaourt irakien (un opposant irakien avait été empoisonné par les services secrets de Saddam Hussein avec un yaourt contenant de la botuline à Stockholm dans les années 80), mais il faut reconnaître que les services de Vladimir Poutine ont fait plus fort que tous leurs prédécesseurs. L’affaire Litvinenko offre un scénario parfait pour un roman de John Le Carré. Si le socialisme, c’était, selon Lénine, « les soviets plus l’électricité », la démocratie, pour Poutine, c’est « le FSB plus le Polonium ».

 


« Les salauds m’ont eu » : Alexandre Litvinenko est mort à Londres, empoisonné par les services de Vladimir Poutine



L'ancien espion russe, hospitalisé à Londres après un possible empoisonnement, est décédé jeudi.
L 'ancien agent secret russe Alexandre Litvinenko, empoisonné début novembre à Londres, est décédé jeudi 23 novembre, a fait savoir l'hôpital où il était soigné.
"Litvinenko est mort à 21h21 à l'University College de Londres", a déclaré un porte-parole.
"Il était gravement malade lorsqu'il a été admis, le vendredi 17 novembre, et l'équipe médicale de l'hôpital assure avoir fait tout son possible pour le sauver", a-t-il ajouté.
Agé de 43 ans, cet ancien membre du FSB, les services de sécurité russes qui ont succédé au KGB, a dit être tombé malade après avoir rencontré deux Russes dans un hôtel.
Opposant au président russe Vladimir Poutine, il menait une enquête sur le meurtre de la journaliste russe Anna Politkovskaïa, spécialiste de la Tchétchénie, tuée le 7 octobre à Moscou.

Le Kremlin accusé

L'unité antiterroriste de la police britannique a ouvert une enquête lorsqu'il s'est avéré, la semaine dernière, qu'il avait été empoisonné. Pour Scotland Yard, sa mort reste pour le moment "inexpliquée". Les proches de Litvinenko accusent le Kremlin d'avoir orchestré son empoisonnement, allégation jugée "insensée" par Moscou.

"Il luttait contre les forces du mal en Russie, contre le KGB, contre les autorités qui portent atteinte à la démocratie et aux libertés fondamentales", a affirmé Oleg Gordievski, ami du défunt et, comme lui, ancien membre des services secrets exilé en Grande-Bretagne, interrogé par la chaîne Sky Television. "C'est une victime de (...) la rancune et de la malveillance de ces forces en Russie", a-t-il ajouté.

"Les salauds m'ont eu"

Une implication des autorités russes pourrait avoir de lourdes conséquences diplomatiques. Aucun incident de ce genre ne s'est produit depuis la fin de la Guerre froide.
"Les salauds m'ont eu. Mais ils n'auront pas tout le monde", a déclaré cette semaine l'ancien agent secret, s'adressant à un ami et au réalisateur Andreï Nebrasov, avant de perdre conscience, rapporte le Times dans son édition de vendredi.
Litvinenko, qui a obtenu le mois dernier la citoyenneté britannique, est passé à Londres il y a six ans, devenant l'un des transfuges les plus importants du FSB.
"C'est une tragédie. L'homme a été empoisonné.
Mais les accusations à l'encontre du Kremlin sont trop incroyables, trop folles pour donner lieu à un commentaire du président ou de qui que ce soit du côté russe", a déclaré un membre de la délégation qui accompagne Vladimir Poutine à Helsinki pour un sommet russo-européen.

Livre

Avant d'intégrer les rangs du FSB, Alexandre Litvinenko avait servi au sein de l'unité de contre-espionnage du KGB.
Il s'est attiré les foudres de ses camarades, en 1998, en affirmant lors d'une conférence de presse en présence d'hommes masqués présentés comme des agents secrets russes que le FSB avait eu l'intention d'assassiner l'oligarque russe Boris Berezovski.
Le FSB l'a arrêté à plusieurs reprises, mais la justice a ordonné sa remise en liberté et l'abandon des poursuites.
Litvinenko a cosigné en 2002 un livre évoquant le "terrorisme intérieur russe" qui impute à des agents du FSB la responsabilité des attentats de 1999 à l'origine de la deuxième guerre de Tchétchénie.
Source : Reuters, 24 novembre

06/09/06 - La pomme véreuse que le ministre Ivanov a poliment repoussée

 

Par Piotr Romanov, RIA Novosti, 2 septembre 2006.

 

Source : http://fr.rian.ru/analysis/20060830/53327380.html

 

La vie politique moderne fournit parfois des sujets vraiment bibliques. Un exemple: voici quelques jours le patron du Pentagone, Donald Rumsfeld, a suggéré à son homologue russe, Sergueï Ivanov, une idée qui pourrait fort bien être comparée à la pomme fatale présentée à Eve par le serpent tentateur.

Le prétexte était des plus nobles: rendre plus efficace la lutte contre le terrorisme international. Il était proposé à la Russie d'appuyer la proposition des Etats-Unis de recourir pour d'éventuelles frappes contre des terroristes à des missiles balistiques intercontinentaux dont les têtes nucléaires seraient remplacées par des charges conventionnelles.

Sergueï Ivanov a repoussé poliment le fruit proposé en déclarant que "pour la Russie ce projet soulevait certaines questions".

Donald Rumsfeld a fait triste mine, mais il n'a pas perdu tout espoir de convaincre Moscou: "Les Etats-Unis jugent possible de remplacer les têtes nucléaires de ces missiles par des ogives ordinaires. Nous voudrions que la Russie fasse de même". A en croire le secrétaire américain à la Défense, la nécessité d'employer de tels missiles pour prévenir le danger terroriste pourrait se faire sentir dans les 5-10 années à venir.

A propos, Donald Rumsfeld n'est nullement le pionnier dans ce domaine. Les deux ministres américains de la Défense précédents avaient lancé la même idée. Il s'agit de Harold Brown et de James Schlesinger, qui voici quelques mois avaient expliqué dans le quotidien Washington Post ce que cette suggestion avait d'avantageux. Il suffirait d'obtenir les coordonnées de bases de terroristes pour que, quelques minutes plus tard, leur porter une frappe destructrice. Plus besoin de faire décoller des bombardiers, de diriger des porte-avions ou des sous-marins vers des rivages étrangers. Tout serait vite fait et bien fait. Il est surtout proposé de remplacer les charges des missiles balistiques emportés par les sous-marins nucléaires "Trident II D5", dotés d'ogives mirvées (comprenant plusieurs têtes autoguidées).

Pour quelle raison donc le ministre Sergueï Ivanov ne s'est-il pas précipité sur cet appât? Tout simplement parce que le remède proposé pourrait s'avérer plus redoutable que le mal lui-même.

Premier argument. Rien n'existe de mieux que les ogives conventionnelles mirvées adaptées aux missiles balistiques intercontinentaux pour dissimuler des charges nucléaires. En d'autres termes, si les Etats-Unis ou la Russie lancent un missile de ce genre, personne ne sera en mesure de dire avec certitude ce qu'il emporte: une charge conventionnelle ou nucléaire. On peut aisément imaginer la suite. Bien sûr, pendant la guerre froide Moscou et Washington avaient fait bien des pas au-devant l'un de l'autre, néanmoins on ne saurait soumettre la confiance qui s'est créée à des tests par trop poussés. Et puis les nerfs des gens ne sont pas en acier. "Les systèmes les plus perfectionnés peuvent défaillir, un missile balistique pourrait brusquement dévier de sa trajectoire et filer vers une ville russe ou américaine. Réussirait-on alors à le détruire? Dans ce cas, le téléphone rouge servirait-il à quelque chose? On peut en douter.

Le deuxième inconvénient présenté par les ogives conventionnelles, c'est qu'elles ne tombent pas sous le coup du contrôle des armements stratégiques offensifs. Les Etats-Unis pourraient annoncer que des missiles dotés d'ogives "ordinaires" se trouvent à bord d'un certain nombre de sous-marins nucléaires sans qu'il soit possible de vérifier la chose. La Russie ne serait pas sûre que le 31 décembre 2012, date à laquelle les parties contractantes ne devront plus posséder que de 1.700 à 2.200 ogives mirvées, les Etats-Unis disposeraient effectivement de cette quantité d'ogives et qu'ils ne conserveraient pas en réserve un nombre appréciable de munitions nucléaires classées "conventionnelles". Dans ce cas, il est évident qu'il serait préférable d'oeuvrer au renforcement de la confiance qu'à sa fragilisation.

Troisième argument. Même si la charge emportée par le missile intercontinental "antiterroriste" était "ordinaire", il s'agirait évidemment d'une arme superpuissante, autrement elle n'aurait aucune raison d'être. La grande question, c'est de savoir où "pèterait" cette mégacharge quant on sait que les terroristes ont pour habitude de se tenir au plus près des sites civils. Ce site pourrait être un barrage qui en cédant ferait de nombreuses victimes civiles, ou encore une centrale nucléaire ou des réservoirs de carburant, ce qui se traduirait par une catastrophe écologique de grande ampleur. Le choix ici est illimité.

Quatrième et dernier argument. Nul besoin d'être expert en terrorisme pour savoir que plusieurs choses essentielles manquent à la communauté internationale dans la lutte contre ce fléau. Ce sont l'unité, des renseignements complets sur l'ennemi, un droit international débarrassé de ses lacunes. Ce sont aussi des moyens tactiques et militaires performants pour porter des frappes ponctuelles sans mettre en danger les populations civiles.

En d'autres termes, la pomme proposée à la Russie était véreuse, c'est bien pourquoi le ministre Ivanov l'a poliment repoussée. Du pied...

 

30/05/06 - Arrestations de suspects de meurtres racistes


La police de Saint-Petersbourg a arrêté 8 membres dun groupe extrémiste soupçonnés dêtre mêlés à une série de meurtres racistes, notamment celui de Khursheda Sultanova, une fillette tadjike de 9 ans battue à mort en 2004, et celui de létudiant énégalais Samba Lampsar Sall, abattu à la sortie dune discothèque le 7 avril dernier.
Un suspect, Dmitry Borovikov, a été abattu par la police à la mi-mai alors quil résistait à son interpellation.
Source : agences russes, 22 mai 2006

 

 

Un étudiant sénégalais abattu à Saint-Pétersbourg par des racistes


Un étudiant sénégalais a été tué vendredi matin en pleine rue à Saint-Pétersbourg par des inconnus munis d'un fusil à pompe ornée d'une croix gammée, nouvel épisode d'une longue série d'agressions et de meurtres racistes contre les étrangers dans la deuxième ville de Russie.
Samba Lampsar Sall, un étudiant en télécommunications originaire du Sénégal, a été tué d'une balle dans la tête alors qu'il sortait, avec un groupe d'Africains, du club Apollo, une boîte de nuit où était organisée une fête estudiantine.
La chaîne de télévision NTV a montré les images du corps du Sénégalais gisant dans une mare de sang et recouvert d'une couverture bleue.
Les policiers ont indiqué avoir retrouvé l'arme présumé du crime: un fusil à pompe ornée d'une croix gammée.
"En raison de l'absence apparente de raison pour ce crime, nous considérons que le mobile est la haine raciale", déclaré le vice-procureur de Saint-Pétersbourg Andreï Lavrenko interrogé par NTV.
Le groupe de cinq ou six étudiants africains venaient juste de quitter l'Apollo quand ils ont été attaqués, selon Désiré Défaut, le président de l'Unité africaine, une association réunissant des ressortissants des pays africains à Saint-Pétersbourg.
"L'un (des étudiants) est tombé au sol, il était mort", a-t-il déclaré. "Les agresseurs ont tiré dans leur dos et personne n'a vu combien ils étaient", a ajouté M. Défaut.
NTV a interrogé un jeune homme noir affirmant avoir été témoin de la scène. "J'ai entendu un tir. Nous nous sommes mis à courir. Et puis j'ai dit +Stop, attendez, il manque quelqu'un. Notre ami gisait par terre", a-t-il dit.
Les médias russes ont fait remarquer qu'un commissariat de police se trouvait à quelques mètres du lieu du crime.
Saint-Pétersbourg, ville de tradition libérale dans les années 90 et "fenêtre" sur l'étranger, est le théâtre d'une série ininterrompue de passages à tabac et de meurtres racistes commis souvent par des skinheads.
En avril, une ONG spécialisée dans l'étude des violences racistes rapportait que six personnes avaient été tuées et 79 autres blessées lors de plus de 40 agressions recensées en Russie depuis le mois de janvier seulement.
Ces agressions visent généralement des Caucasiens et des ressortissants des ex-républiques soviétiques d'Asie centrale, mais aussi des Asiatiques et des Africains.
Pour la presse russe et plusieurs ONG, les verdicts cléments prononcés contre les rares agresseurs déférés devant les tribunaux ont favorisé le sentiment d'impunité chez les groupes extrémistes qui n'hésitent plus à agir.
La presse russe a abondamment évoqué un site de néo-nazis, "la patrouille blanche", qui a publié une série d'"instructions" sur la manière de passer à tabac les "nègres" et proposé de "nettoyer" Saint-Pétersbourg.
Ce site a 'salué' vendredi matin le "ratissage qui continue" avec la mort de l'étudiant sénégalais.
Selon l'agence Interfax, le ministère de l'Intérieur a dépêché à Saint-Pétersbourg un groupe d'enquêteurs, notamment des experts du service de lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme.
Fait rare, le ministère russe de Affaires étrangères a publié un message de condoléances adressé à la famille du Sénégalais.
Face à la multiplication des crimes racistes à Saint-Pétersbourg, comme dans toute la Russie, son gouverneur, Valentina Matvienko, avait défendu en mars l'image de la ville et réfuté toute "tendance xénophobe" au sein de sa population.
Elle avait fait cette déclaration après le procès de sept adolescents impliqués dans le meurtre d'une fillette tadjike de 9 ans tuée de 11 coups de couteau.
Les jurés n'avaient pas voulu reconnaître les chefs d'inculpation de "meurtre" et de "crime raciste" se contenant de condamner les accusés à des peines de 18 mois à 5 ans et demi de prison pour "hooliganisme".
Une autre fillette, Liliana Sissoko, 9 ans, de père malien et de mère russe, a été poignardée le 25 mars par deux adolescents dans l'escalier de son immeuble.
Source : AFP, 7 avril 2006

 

 

Saint-Pétersbourg, au coeur du racisme russe


par Olivier Péguy, RFI, 7 avril 2006
Samba Lampsar Sall, 28 ans, étudiant en télécommunications, de nationalité sénégalaise, a été tué ce vendredi matin, en pleine rue à Saint-Pétersbourg. D'après les premiers éléments de l'enquête, les meurtriers auraient utilisé un fusil à pompe orné d'une croix gammée, symbole nazi. Cet assassinat s'ajoute à une liste de plus en plus longue. Les étrangers affirment être victimes d'actes racistes à répétition, notamment dans cette ville russe. Les organisations de défense des droits de l'Homme dénoncent l'impunité dont bénéficient souvent les auteurs de ces violences, qui s'inspirent parfois ouvertement des thèses néo-nazies.

«Je ne comprends pas ce qui se passe : presque toutes les semaines, on entend parler d'agressions racistes». Sacha Petrova est étudiante à l'université de Saint-Pétersbourg. Cette demoiselle blonde est russe. Des jeunes qui, comme elle, manifestent leur étonnement, leur indignation, il n'y en a pas beaucoup. Comme si les violences racistes tendaient à se banaliser dans les esprits, dans les rues. Sacha jette un ¦il sur la photo de Samba Lampsar Sall accrochée sur le mur de l'université. Le jeune homme, qui étudiait là, est mort quelques heures plus tôt, tué à la sortie d'une boîte de nuit, alors qu'il était en compagnie de camarades étudiants. «Et encore un !», déplore Sacha.
Le 25 mars dernier, c'est une fillette métisse Liliana Sissoko, âgée de 9 ans, qui a été victime d'une agression à caractère raciste, poignardée par deux adolescents dans l'escalier de son immeuble, à Saint-Pétersbourg. Le 24 décembre 2005, Léon Kanhem, 28 ans, étudiant camerounais, était assassiné, sans mobile, toujours à Saint-Pétersbourg. Fin octobre, c'était un étudiant chinois. Mi-septembre, un étudiant congolais. La liste détaillée serait longue. Selon une organisation non-gouvernementale spécialisée dans l'étude des agressions racistes, six personnes ont été tuées et 79 autres blessées, depuis le mois de janvier, dans toute la Russie. Mais c'est dans la deuxième ville du pays, Saint-Pétersbourg, que la plupart des violences à caractère raciste sont perpétrées.

La «Venise du Nord» s'enfonce dans le racisme
Haut-lieu du patrimoine culturel mondial, l'ancienne capitale de Russie est parfois appelée la «Venise du Nord» en raison de ses nombreux canaux et de ses innombrables ponts. Outre les touristes, elle accueille, dans ses universités, des milliers d'étudiants de toutes nationalités. Mais ceux-ci, dès lors qu'ils ont la peau un peu trop foncée aux yeux des jeunes russes, sont victimes de discrimination. Et ce racisme frappe indistinctement les personnes originaires d'Afrique, d'Asie centrale, du sud et du sud-est, d'Amérique latine, et même des ressortissants de la Fédération de Russie, notamment les Caucasiens.
«Nous venons ici pour étudier, je ne comprends pas pourquoi on nous tue», déplore Emmanuel. En fait, cet étudiant malien a bien sa réponse : «(Samba Lampsar Sall) a été tué parce qu'il était noir (..) Moi-même, j'ai déjà été agressé quatre fois par des jeunes Russes, trois fois dans la rue et une fois dans le métro».
Face à la multiplication de ces violences à caractère raciste, le gouverneur de Saint-Pétersbourg, Valentina Matvienko avait pourtant défendu en mars dernier, l'image de sa ville et réfuté toute «tendance xénophobe» au sein de sa population. Il faut dire que l'image de la ville en pâtit au niveau international. D'autant plus qu'un sommet du G8 doit s'y dérouler en juillet prochain.
Mais entre les déclarations d'intention et les actions concrètes pour éradiquer les actes racistes, il y a comme un fossé. C'est ce qu'osent dénoncer plusieurs journalistes. Ainsi Alexandre Minkine, du Moskovski Komsomolets, qui interpelle le président de la Fédération de Russie : «Vladimir Vladimirovitch (Poutine), pourquoi vous taisez-vous ? Vous êtes le président, le garant de la Constitution. Cela se passe dans votre ville natale, où vous allez recevoir les dirigeants du G8.»

Dénoncer le climat d'impunité
De leur côté, les organisations non-gouvernementales rappellent que la Fédération de Russie est signataire d'un grand nombre de traités relatifs aux droits humains et à la discrimination raciale en particulier. En 2003, l'ONG Amnesty international a publié un rapport intitulé «Combattre le racisme pour mettre fin au climat d'impunité». L'organisation de défense des droits de l'Homme reproche aux autorités de ne pas tout mettre en ¦uvre pour assurer le bon déroulement des enquêtes et des procès. Or, déclare Amnesty International, «ne pas demander des comptes à ceux qui commettent, encouragent ou approuvent les violences racistes a fréquemment pour effet d'aggraver le problème et contribue à instaurer un climat d'impunité dont profitent ceux qui commettent de tels actes».
Pendant longtemps, les victimes elles-mêmes ont manifesté des réticences à porter plainte à la police, pour la simple raison que les policiers semblent peu enclins à résoudre ce type d'affaires racistes, préférant parler d'actes de «hooliganisme». «Les autorités disent que ce sont des voyous qui sont à l'origine de ces attaques, regrette Aliu Tunkara président d'une association qui regroupe des ressortissants des pays africains vivant en Russie. Ce n'est pas vrai. C'est du racisme !» Un autre responsable, Désiré Defot dénonce «l'indifférence des forces de l'ordre et du pouvoir».
D'après plusieurs ONG, les agresseurs, lorsqu'ils sont présentés à la justice, sont rarement punis avec la sévérité pourtant attendue face à ce type de violence. Ce qui renforce le sentiment d'impunité chez les groupes extrémistes qui n'hésitent plus à agir. Ces groupes extrémistes puisent parfois ouvertement leur inspiration dans les thèses nazies.
Plusieurs marches ont été organisées ces derniers mois, pour dénoncer les violences racistes, mais sans réussir à mobiliser beaucoup de monde.

 

 

Après le massacre de Beslan

 


Arrestation d'un gourou qui promettait de «ressusciter» les victimes de la prise d'otages


Le Parquet de Moscou a annoncé jeudi l'arrestation et l'ouverture d'une enquête judiciaire pour «escroquerie» contre un gourou russe qui avait rencontré des familles de victimes de la prise d'otages de Beslan et avait promis de «ressusciter» leurs enfants.
«Le chef d'une secte, Grigori Grabovoï, a été arrêté le (mercredi) 5 avril sous l'inculpation d'escroquerie», a indiqué à l'AFP un porte-parole du Parquet de Moscou, se refusant à tout autre précision.
Grigori Grabovoï avait proposé aux membres du Comité des mères de Beslan de «ressusciter» leurs proches disparus dans la prise d'otages de l'école n°1, en Ossétie du Nord, du 1er au 3 septembre 2004, qui avait fait 331 morts (dont 186 enfants), sans compter 31 membres du commando pro-tchétchène tués.
La présidente du Comité des mères de Beslan avait confirmé à l'AFP avoir rencontré le gourou et affirmé «être prête à tout pour revoir (son) fils, y compris en rêve».
L'affaire avait fait grand bruit en Russie, les télévisions russes montrant des images d'un congrès de la secte où participaient des mères de Beslan.
Certains médias russes avaient évoqué un coup monté par les services secrets russes ou tout du moins une utilisation de la situation pour discréditer un Comité qui critique violemment l'enquête et le procès de la prise d'otages.
Dans une lettre ouverte au Parquet, les mères avait demandé en septembre dernier de prendre les «mesures légales nécessaires concernant les activités criminelles du charlatan Grigori Grabovoï».
Source : AFP, 6 avril 2006

 

Ouverture d'un centre de psychothérapie financé par des Français à Beslan


L'ambassade de France à Moscou annonce qu'un centre de psychothérapie familiale a été inauguré lundi 27 mars à Beslan en présence des autorités locales, de représentants de l'UNICEF et de l'Ambassadeur de France en Russie, M. Jean Cadet.
Etait également présente Mme Florence Schaal, journaliste à TF1 et ancienne correspondante à Moscou, qui, grâce à l'opération " N'oublions pas les enfants de Beslan ", a aidé l'UNICEF a recueillir 150 000 euros de dons en France pour le financement du centre.
Ce dernier, destiné à apporter une aide psychothérapique aux victimes de la prise d'otages de l'école n°1 de Beslan en septembre 2004, ainsi qu'à leurs familles, vient compléter l'action du centre de Vladikavkaz, plus spécialisé dans le traitement des enfants.

Les dons recueillis en France ont aussi permis d'appareiller 120 enfants devenus sourds, et doivent servir à financer d'autres opérations.
Dans le cadre de ce déplacement à Beslan, l'Ambassadeur de France, accompagné de son épouse, a également déposé une couronne devant le monument aux victimes de l'attaque de l'école n°1, ainsi qu'une gerbe de fleurs dans le bâtiment détruit du gymnase. Il a rencontré les membres du comité des " Mères de Beslan " et a été reçu par le président de la république d'Ossétie du Nord, M. Teimouraz Mamsourov.
Source : RIA NOVOSTI, 29 mars 2006


D'anciens otages de Beslan suivront un traitement médical en Chine


Des médecins chinois examinent les enfants victimes de la prise d'otages de Beslan pour en envoyer quelques uns se faire soigner en Chine, a déclaré mardi le ministre nord-ossète de la Santé publique Alexandre Reoutov.
Six médecins chinois se sont rendus mardi à l'hôpital du district Pravoberejny de Beslan pour examiner les anciens otages qui ont besoin d'un traitement supplémentaire, selon les médecins ossètes. La visite de la délégation médicale chinoise durera trois jours.
L'attaque terroriste contre l'école N°1 de Beslan début septembre 2004 avait fait 331 morts, dont 186 enfants. Au total, les terroristes avaient pris en otages 1.128 personnes.
Source : RIA NOVOSTI, 28 mars 2006


Une opposante, collaboratrice de Kasparov, assommée par un inconnu à Moscou : elle enquête sur la prise d'otages de Beslan


Une collaboratrice de l'ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov, engagé dans l'opposition au président Vladimir Poutine, Marina Litvinovitch, a affirmé mardi 21 mars 2006 avoir été frappée jusqu'à en perdre connaissance par un inconnu lundi soir dans une rue de Moscou.
"Je sortais du travail hier à 21h15 lorsqu'on m'a frappée par derrière à trente mètres de ma voiture. J'ai immédiatement perdu connaissance et me suis réveillée 40 minutes plus tard étendue sur le trottoir", a-t-elle raconté mardi.
"J'associe cela sans le moindre doute au fait que je fais de la politique. Ce n'est pas un vol avec agression car j'avais avec moi un ordinateur portable, un portefeuille, un téléphone et rien n'a été volé. C'est une sorte d'avertissement", dit Mme Litvinovitch qui n'en est pas à sa première agression ou menace.
Agée de 31 ans, elle est membre du Front civique uni de Garry Kasparov, créé en février 2005. Elle mène une enquête indépendante sur la prise d'otages de Beslan dans le Caucase en septembre 2004 où 331 personnes avaient péri, dont 186 enfants, sans compter les preneurs d'otages. Elle enquête également sur une autre prise d'otages, elle aussi meurtrière, dans un théâtre moscovite en octobre 2002.
Mme Litvinovitch mène une campagne pour la démission du ministre de la Défense, Sergueï Ivanov, vu comme un possible dauphin de Vladimir Poutine, et a participé à la collecte de 9.000 signatures en ce sens déposées au Kremlin mardi.
La révélation de cas de bizutages dans l'armée ayant conduit à l'amputation des jambes de jeunes appelés a suscité la colère de nombreux Russes contre la conscription et contre le ministre qui a minimisé ces affaires.
Source : http://www.armenews.com, 28 mars 2006

 

 

L'ex-chancelier Schröder veut créer un centre de lobbying russe en Allemagne

 

L'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder, engagé dans le projet de gazoduc germano-russe en mer Baltique, veut créer un centre de lobbying des intérêts russes en Allemagne, a affirmé mardi le quotidien des affaires russes Kommersant.

M. Schröder, en visite privée en Russie depuis lundi, doit faire une proposition en ce sens au président russe Vladimir Poutine, croit savoir le quotidien.

L'ancien chancelier a commencé sa visite sur un programme "privé" mais participera "le 30 mars à une réunion statutaire" sur le gazoduc, a-t-on indiqué au service de presse de Gazprom, actionnaire principal du futur gazoduc, sans autre précisions.

M. Schröder s'est rendu mardi à Novy Ourengoï, dans la région d'Iamal (Sibérie septentrionale) où Gazprom possède d'énormes réserves gazières, selon les agences russes et des images de la chaîne de télévision publique RTR.

Il a visité le musée de Gazprom à Ourengoï et s'est informé de l'exploitation des gisements. "Je suis très content de voir de mes propres yeux comment les ouvriers gaziers travaillent", a-t-il dit, cité par l'agence Itar-Tass, alors que l'Allemagne a reçu 40 milliards de m3 de gaz de cette région en 2005.

Selon Kommersant, M. Schröder veut créer un centre de lobbying pour "promouvoir l'image de la Russie dans les médias allemands et accompagner les projets communs russo-allemands, y compris celui du gazoduc de la Baltique".

M. Schröder voudrait que ce centre soit financé par des entreprises russes et songe à en confier la direction à un ancien ministre allemand de la Défense, Volker Ruehe, poursuit le quotidien.

Le Kremlin s'inquiète toutefois qu'un tel projet ait "un impact négatif sur les relations" de la Russie avec la nouvelle chancelière allemand, Angela Merkel, affirme encore Kommersant.

Quelques mois après avoir quitté la chancellerie, M. Schröder a accepté fin 2005 de présider le comité d'actionnaires du consortium chargé du projet de gazoduc entre l'Allemagne et la Russie, une décision qui a été très critiquée en Allemagne jusque dans son propre parti (social-démocrate). Source : AFP, 28 mars 2006

 

 

Après le massacre de Beslan


Beslan : procès de 3 policiers accusés de «négligence»
Le procès de trois policiers accusés de «négligence» ayant permis la prise d'otages meurtrière de septembre 2004 dans une école de Beslan s'est ouvert jeudi dans cette ville d'Ossétie du Nord (Caucase russe).
Le procureur Vladimir Lazitski s'est immédiatement prononcé contre la présence de journalistes lors des audiences.
«Je pense, Votre Honneur, que la présence des journalistes n'est pas obligatoire. Il ne faut pas permettre aux journalistes de faire des enregistrements audio et vidéo pour qu'il n'y ait pas de divergences avec le procès-verbal», a déclaré le procureur s'adressant au juge.
Mais les parents des victimes ont insisté pour que les journalistes soient présents.
«Si ces gens sont coupables, il faut que la société le sache. Si le verdict ne nous arrange pas, nous avons l'intention de faire appel et nous avons besoin pour cela de preuves de ce qui se passe au tribunal», a argumenté Anneta Gadieva, représentante du comité des mères de Beslan.
Selon l'acte d'accusation que le procureur a commencé à lire jeudi, Miroslav Aïdarov, chef d'une unité de police à Beslan, a reçu des informations de ses supérieurs sur un attentat en préparation le 26 août 2004, à cinq jours de la prise d'otages.
Il a communiqué cette information à ses adjoints, Taïmouraz Mourtazov et Gouram Driaïev, qui se retrouvent avec lui sur le banc des accusés. Ils n'ont pas pris de mesures préventives, a affirmé le procureur.
Les trois policiers sont accusés de «négligence ayant entraîné mort d'homme» pour avoir laissé les terroristes pénétrer dans Beslan. Ils risquent jusqu'à sept ans de prison.
Ce procès sera le deuxième après celui de Nourpachi Koulaïev, le seul des 32 terroristes ayant survécu à la prise d'otages qui est jugé depuis plusieurs mois par la Cour suprême d'Ossétie du Nord.
Pour le Comité des mères de Beslan, ces accusés ne sont pas les seuls coupables de la prise d'otages perpétrée dans une école de Beslan du 1er au 3 septembre 2004 par un commando pro-tchétchène, qui s'était soldée par la mort de 331 personnes (sans compter les terroristes) dont plus de la moitié étaient des enfants.
Source : AFP, 16 mars 2006

 

Les chiffres terribles ou : le prix de la liberté


Les chiffres que le ministre russe de la Santé vient de rendre publics en disent plus long sur l'état de la Russie "démocratique" que bien des discours. Qu'on en juge plutôt :
715 000 enfants sans domicile fixe, c'est-à-dire à la rue
Taux de fécondité : 1,34 (prévisions 2015 : 1,65)
Nombre de naissances : 700 000 par an (prévision 2015 : 800 000)
Espérance de vie moyenne : 65,6 ans (prévision 2015 : 70)

 

Le lieutnenant-colonel Vladimir Poutine, dératiseur en chef


Le président russe Vladimir Poutine a retrouvé mardi ses accents guerriers pour ordonner à ses services spéciaux de traquer les terroristes jusqu'au fond de leurs "cavernes" et les y "exterminer comme des rats", lors d'une réunion au siège du FSB, l'ex-KGB. "Il faut frapper de manière ciblée au bon endroit, dans chaque caverne, il faut chercher ces cavernes et exterminer comme des rats les terroristes qui s'y cachent", a déclaré le président russe lors d'un discours repris en partie par les télévisions russes.

Vladimir Poutine, ancien lieutenant-colonel du KGB et ex-directeur des services secrets en 1998 et 1999, s'exprimait devant des responsables du FSB. Le président russe se rend mercredi à Madrid pour une visite officielle où il doit notamment discuter avec le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero de lutte antiterroriste.

Le président russe a multiplié dans le passé les déclarations musclées à l'égard des indépendantistes tchétchènes qualifiés de "bandits" et de "terroristes" par le Kremlin et les forces de sécurité russes. En septembre 1999, nommé Premier ministre depuis moins d'un mois, il avait affirmé qu'il fallait "buter les terroristes jusque dans les chiottes" après les attentats, attribués par Moscou aux indépendantistes tchétchènes, contre des immeubles d'habitation et un centre commercial dans la capitale qui avaient fait plus de 300 morts.

En novembre 2002 à Bruxelles, M. Poutine avait invité un journaliste français à se faire "circoncire" de "manière à ce que plus rien ne repousse" en réponse à une question sur la guerre en Tchétchénie. Le président russe a annoncé fin janvier que la Tchétchénie, une république russe du Caucase du Nord, "était complètement revenue sous l'égide de la Constitution russe" et que "l'opération antiterroriste" était finie, malgré la poursuite des affrontements entre rebelles et soldats, les enlèvements et disparitions de civils, dont les ONG Human Rights Watch ou Memorial accusent les forces russes ou tchétchènes pro-russes. Les troupes russes, entrées en Tchétchénie en octobre 1999 pour une "opération antiterroriste" censée mettre fin à un pouvoir séparatiste après une première guerre (1994-1996), enregistrent des pertes quasi-quotidiennes dans cette république du Caucase.

 

 

Berezovski annonce qu’il prépare un coup d’État

 

Le milliardaire russe Boris Berezovski, exilé en Grande-Bretagne, a affirmé investir sa fortune dans l'organisation d'un coup d'Etat en Russie pour "rétablir", d'ici à 2008, la Constitution russe "violée" selon lui par Vladimir Poutine. "Le président Poutine viole la Constitution et toute action violente de la part de l'opposition est aujourd'hui justifiée, y compris une prise de pouvoir par la force, sur laquelle justement je travaille", déclare l'oligarque russe, auquel ses cinq années d'exil n'ont rien enlevé de sa vitalité, en recevant l'AFP à Londres.

Ces derniers 18 mois, "nous préparons une prise de pouvoir par la force en Russie", a-t-il assuré avant de préciser que sa "fortune a triplé" en cinq ans d'exil. "Il s'agit de milliards de dollars". Eminence grise de l'ex-président russe Boris Eltsine et patron à l'époque d'un empire médiatique, l'homme d'affaires sulfureux est poursuivi pour escroquerie et fraude à grande échelle en Russie. Le milliardaire, qui dénonce ces poursuites comme politiquement motivées, avait quitté la Russie en 2000 avant d'obtenir l'asile politique en Grande-Bretagne en 2003.

Entre plusieurs types de révolutions, seul "un coup d'Etat effectué par une élite contre celle au pouvoir" peut actuellement aboutir en Russie, selon le milliardaire, qui fêtait lundi en grande pompe à Londres son 60e anniversaire.

"Je ne mise pas sur une seule élite, militaire, médiatique, celle des affaires ou celle des services secrets, mais sur toutes, sans exclure même une union des ennemis d'hier", a-t-il ajouté sans vouloir donner plus de détails. "Les personnes que je finance en Russie sont des gens qui défendent leurs principes, au vu du résultat de la politique destructrice de Poutine", selon M. Berezovski. "Le Kremlin a démoli le fédéralisme russe, notamment par sa loi sur la nomination des gouverneurs" de régions, adoptée fin 2004 par le Parlement sur proposition de M. Poutine.

Supprimant l'élection au suffrage universel des chefs régionaux, cette réforme a suscité de nombreuses critiques en Russie et des inquiétudes à l'étranger sur une dérive autoritaire de la direction russe. "Il est clair aussi que la Russie sous Poutine a pratiquement perdu le Caucase du Nord où le séparatisme se renforce, mais a perdu aussi son influence en Ukraine, en Géorgie, au Kirghizstan et en Moldavie, et elle commence à céder ses positions en Arménie", a estimé M. Berezovski. "Tout ce qui sera fait pour rétablir la Constitution russe sera constitutionnel par définition, et cela adviendra d'ici à 2008", l'année de la prochaine présidentielle, a-t-il assuré. "La majorité et la foule ne m'ont jamais intéressé, elles sont toujours conservatrices. Tous les changements sont effectués par une minorité active, comme en Ukraine", poursuit M. Berezovski.

Une élite russe "devra influencer une partie de la société pour la faire sortir dans la rue" pour prendre le pouvoir, prévoit l'oligarque, propriétaire du plus influent quotidien d'opposition russe, Kommersant. Le coup d'Etat en Russie "se déroulera pourtant sur un scénario différent de celui de la révolution en Ukraine", dit M. Berezovski, refusant catégoriquement de donner plus de détails sur son plan d'action. "Mon but politique est de transformer la Russie en un Etat démocratique moderne, pour empêcher sa disparition en tant qu'Etat, je ne le cache pas, par contre je ne veux pas dévoiler ma tactique", proclame-t-il. La Fondation des libertés civiles de M. Berezovski avait récemment admis avoir transféré à partir de 2003 "21 millions de dollars à des structures" contrôlées par des proches du président ukrainien Viktor Iouchtchenko porté au pouvoir par la Révolution orange fin 2004. Source : AFP, 23 janvier 2006

 

 

Les chiffres des agressions racistes et xénophobes


Le Camerounais Léon Kahem, assassiné à Saint-Pétersbourg le 24 décembre dernier n’était que la dernière victime d’une longue série de crimes racistes commis durant l’année 2005. Le SOVA Center de Moscou a publié en octobre 2005 ces statistiques partielles sur les agressions graves motivées par la haine raciale et ethnique en Russie en 2005. Ces chiffres incluent les agressions contre des citoyens russes et des étrangers supposés ne pas être slaves, ainsi que contre des “gauchistes” et des jeunes censés, selon les skinheads, “trahir la race blanche” par leur apparence et leur tenue.

 

Région Total agressions Tués Blessés Total

Moscou et région 40 6 96 102

Petersburg 13 1 19 20

Voronezh 10 2 19 21

Ekaterinbug et région 7 4 6 10

Nizhnij Novgorod 6 2 8 10

Joshkar-Ola 1 0 15 15

Kaluga 1 0 10 10

Kurgan 4 0 6 6

Rostov-on-Don 5 0 5 5

Blagoveschensk 2 0 7 7

Krasnodar region 3 1 3 4

Irkutsk region 1 2 4 6

Vladivostok 3 0 3 3

Lipetsk 3 0 3 3

Syktyvkar 2 0 3 3

Krasnoyarsk 2 1 1 2

Ufa 2 0 2 2

Région de Samara 2 0 2 2

Khabarovsk 1 0 3 3

Belgorod 1 0 3 3

Perm 1 0 2 2

Kaliningrad 1 0 2 2

Astrakhan 1 0 2 2

Smolensk 1 0 2 2

Volgordad 1 0 1 1

Ryazan 1 0 1 1

Bryansk 1 0 1 1

Kirov 1 0 1 1

Izhevsk 1 0 1 1

Novosibirsk 1 0 1 1

Petrozavodsk 1 0 1 1

TOTAL 119 19 233 252


Source : “Nationalisme et xénophobie”, http://www.xeno.sova-center.ru/3BF1358/6362F81

 

Dossier


L'affaire Léon Kanhem, étudiant camerounais assassiné à Saint-Petersbourg le 24 décembre


« Que nous soyons 10, 20, 30 ou 1000, le plus important, c'est le symbole. On doit montrer qu'on existe et, qu'en tant que Camerounais et Africains, on ne saurait continuer de porter un regard indifférent sur les actes ignobles dont sont victimes nos compatriotes de par le monde.
Clarisse Mbango morte l'année dernière en Russie, les étudiants Camerounais tabassés en Ukraine, et Léon Kanhem aujourd'hui, ça commence à faire beaucoup ! C'en est trop ! »
C'st par ces mots que des camerounais résidant en région parisienne concluaient leur appel à manifester le vendredi 30 décembre devant l'ambassade de Russie à Paris pour protester contre l'assassinat à Saint-Petersbourg de leur compatriote Léon Kanhem. Une nouvelle affaire qui révèle la dégénérescence de la société russe post-soviétique.


Lire notre dossier :

 

> Un Camerounais tué et un Zambien blessé à Saint-Pétersbourg
> Manifestation à Saint-Petersbourg après la mort d'un Camerounais
> Manifestation à l'ambassade de Russie à Yaoundé
> Affaire Kanhem : la Russie condamne
> Affaire Kanhem: L'ambassadeur de Russie au Cameroun s'explique
> La Russie brigue le leadership du racisme européen par Mariam Séri Sidibé


Un Camerounais tué et un Zambien blessé à Saint-Pétersbourg


Un étudiant camerounais a été tué et un autre zambien gravement blessé samedi soir 24 décembre par un "groupe de jeunes" à Saint-Pétersbourg, a indiqué dimanche matin à l'AFP la police de la ville.
"Deux étudiants africains ont été attaqués par un groupe de jeunes. L'un a été tué sur place, l'autre a été blessé et hospitalisé", a déclaré à l'AFP l'officier de permanence de la police de Saint-Pétersbourg, Alexeï Grebtsov, joint par téléphone.
Selon la chaîne de télévision russe NTV, la victime était un étudiant camerounais de 28 ans habitant depuis trois mois en Russie. Il a été "poignardé à deux reprises dans le cou" par les jeunes, selon un témoin, aussi étudiant africain, interrogé par la chaîne.
Les six jeunes ont ensuite grièvement blessé d'un coup de couteau au ventre un étudiant originaire de Zambie qui a été transporté à l'hôpital.
Le procureur de la région, interrogé par NTV, a déclaré que toutes les pistes, "hooliganisme", "acte raciste" ou "vol avec violence", étaient étudiées.
Selon l'agence Interfax, des étudiants étrangers ont décidé de se rendre sur les lieux du crime et réfléchissent à la manière de protester contre cette nouvelle agression qu'ils considèrent comme raciste.
Le plus souvent, les forces de l'ordre russes préfèrent utiliser le terme de "hooliganisme" pour qualifier des attaques qu'elles rechignent à qualifier de "racistes".
Parfois mortelles, ces agressions commises souvent par des bandes de skinheads, se sont multipliées ces dernières années en Russie et notamment à Saint-Pétersbourg. Elles visent généralement les personnes originaires du Caucase et les ressortissants des ex-républiques soviétiques d'Asie centrale, mais aussi les Asiatiques et les Africains.
Fin octobre, un étudiant chinois avait ainsi été agressé par trois jeunes Russes. Mi septembre, un étudiant congolais attaqué par quatre jeunes avait succombé à ses blessures. Et en avril, deux Chinois avaient été hospitalisés après une agression dans le métro.
Selon l'ONG Bureau moscovite pour les droits de l'Homme, 44 meurtres racistes ont été commis en Russie en 2004.
Source : AFP, 25 décembre 2005

 

Manifestation à Saint-Petersbourg après la mort d'un Camerounais


Quelque 150 à 200 personnes, dont des étudiants étrangers et des jeunes libéraux, ont manifesté contre le racisme et le "fascisme" mardi à Saint-Pétersbourg (nord-ouest), trois jours après la mort d'un étudiant camerounais tué par un "groupe de jeunes".
Les manifestants se sont rassemblés devant le bâtiment de Smolny, siège du gouvernement local, en brandissant des pancartes "Stop au racisme!" et "Mort au fascisme".
"Nous appelons le gouvernement et les autorités de Saint-Pétersbourg à assurer la sécurité des étudiants étrangers", a déclaré Désiré Defot, responsable de l'organisation "Unité africaine" regroupant des ressortissants des pays d'Afrique vivant en Russie.
Samedi soir, Léon Kanhem, un étudiant camerounais de 28 ans vivant depuis trois mois en Russie, a été poignardé à mort en pleine rue par des jeunes Russes. Les six jeunes, âgés de 16 à 20 ans, selon la police, avaient ensuite grièvement blessé d'un coup de couteau au ventre un étudiant originaire du Kenya qui a été hospitalisé. Selon M. Defot, les attaques racistes se multiplient en Russie en raison "de l'indifférence des forces de l'ordre et du pouvoir". Les agressions racistes visent souvent des étudiants africains ou asiatiques, ainsi que des Caucasiens et des ressortissants des ex-républiques soviétiques d'Asie centrale.
Source : AFP, 27 décembre 2005

 

Manifestation à l'ambassade de Russie à Yaoundé


par Jean-Bruno Tagne, Yaoundé, 28 décembre 2005
Au quartier Bastos à Yaoundé, devant le grand portail de l'ambassade de Russie et sous un soleil de plomb, ce mardi 27 décembre 2005, les membres de la famille de Léon Kanhem, 28 ans, assassiné le 24 décembre dernier à Saint-Pétersbourg en Russie, ont crié leur colère.
Réunis au sein de ce qu'ils appellent le "Collectif justice pour Léon Kanhem", ils sont un peu plus de 20, vêtus de noir. Ils tiennent entre les mains des pancartes sur lesquelles ont peut lire des phrases du genre : " Lâchement assassiné par les racistes russes ", " Nous voulons sa dépouille ", etc. Ils demandent à voir l'ambassadeur, mais un des vigiles leur dit qu'il est occupé.

Il est environ 9h. Les membres de la famille du défunt s'énervent et commencent à cogner violemment sur le portail. La police arrive et les maintient de l'autre côté de la rue. C'est à 11h30 que trois hommes, dont le consul, M. Puzikov, sortent de l'ambassade. Très brièvement, ce dernier dit à la famille les regrets du gouvernement russe et souhaite que ce crime soit le dernier. Il ajoute également que le gouverneur de Saint-Pétersbourg prend l'affaire très au sérieux et que, pour la dépouille, il faudra attendre environ 10 jours. Puis, il disparaît derrière le portail, laissant la mère de la victime et quelques-unes de ses s¦urs à leurs larmes. Inconsolables.


Rêve

"C'était notre seul espoir. C'était lui l'héritier de notre père.. Tous les sacrifices consentis sont partis.. ", sanglote Eugénie Kamguem l'une des soeurs. La mère elle, a perdu la voix et n'a que ses yeux pour pleurer, loin du portail fermé de l'ambassade de Russie. Elle souhaite cependant avoir au plus tôt la dépouille de son fils. Ses filles, quant à elles, exigent que justice et réparation soient faites.
Selon la s¦ur aînée du défunt, Florence Fankam, après l'obtention de son baccalauréat, Léon Kanhem a dû passer quelques années sans rien faire, faute de moyens. Vivant de petits métiers, il tente de rassembler de l'argent pour aller " se chercher ". La famille met la main à la pâte et Léon dépose ses valises en septembre dernier dans la région glaciale de Saint-Pétersbourg au nord de la Russie. Objectif affiché par ce premier garçon d'une famille modeste de 10 enfants, orpheline de père: apprendre la médecine. Le rêve tournera malheureusement court la nuit du 24 décembre 2005, où il a été agressé avec ses amis africains. L'assassinat du jeune homme fait monter la liste des Camerounais tués dans ce pays à six. Des crimes présentés par la police russe elle-même comme ayant des motivations racistes.
Par ailleurs, selon des informations relayées par L'Afp, quelques 150 à 200 personnes, dont des étudiants étrangers et des jeunes libéraux, ont manifesté contre le racisme et le "fascisme" mardi à Saint-Pétersbourg (nord-ouest), trois jours après la mort du jeune homme Les manifestants se sont rassemblés devant le bâtiment de Smolny, siège du gouvernement local, en brandissant des pancartes "Stop au racisme!" et "Mort au fascisme". "Nous appelons le gouvernement et les autorités de Saint-Pétersbourg à assurer la sécurité des étudiants étrangers", a déclaré Désiré Defot, responsable de l'organisation "Unité africaine" regroupant des ressortissants des pays d'Afrique vivant en Russie.
A cela, le consul de Russie au Cameroun, M. Puzikov, n'apporte pas de réponse et se contente d'indiquer qu'il reste en contact avec son gouvernement, qui transmettra les informations au fur et à mesure qu'elles arrivent. L'ambassade elle-même n'a rien prévu, confie-t-il au reporter de Mutations.
Source : http://www.worldnet3.com/camerlock/?url=details.php&id=1959&canal=camer&t=2

 

Affaire Kanhem : la Russie condamne


par AFA, Cameroon Tribune,Yaoundé, 29 Décembre 2005
Les regrets de la Fédération de Russie ont été officiellement présentés hier au ministre camerounais des Relations extérieures.
Ambiance quelque peu morose hier au ministère des Relations extérieures. Il n'était un secret pour personne que l'ambassadeur de la Fédération de Russie, Abdoulayev Poulate, qui a été reçu dans la matinée par le ministre Laurent Esso, est venu officiellement exprimer les regrets du ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie au gouvernement camerounais. L'audience faisait suite au décès de l'étudiant camerounais Léon Kanhem de la Faculté préparatoire de l'Université des communications nautiques survenu samedi, 24 décembre dernier, dans la ville de Saint-Pétersbourg, à près de 300 km au sud-Ouest de Moscou, la capitale. Les circonstances du drame, relatées dans le communiqué du ministère russe des Affaires étrangères, reprenant une information du ministère de l'Intérieur, font état de l'agression de deux étudiants (un Camerounais et un Zambien) qui ont été attaqués par un groupe de jeunes gens " qui leur ont porté des coups de couteau et se sont enfuis ".
Parlant de l'objet de ses échanges avec son hôte, l'ambassadeur russe a confirmé ce qui n'était plus qu'un secret de Polichinelle. " Je peux confirmer qu'il s'est agi, entre le ministre des Relations extérieures et moi, du meurtre du citoyen camerounais du nom de Léon Kanhem ", a-t-il déclaré. " Pour le moment, nous ignorons les raisons pour lesquelles il a été tué, mais il est fort probable qu'il s'agit d'un crime raciste ", a-t-il ajouté avant de condamner, à la suite des autorités de son pays, cet acte barbare. " Je viens de transmettre au MINREX l'information selon laquelle le gouverneur de Saint-Pétersbourg, Mme Valentina Matvienko, une personnalité très importante, a fait une déclaration en disant qu'elle condamne d'une manière très énergique ce meurtre ", a affirmé Abdoulayev Poulate. " Le gouverneur de Saint-Pétersbourg a affirmé superviser personnellement l'enquête qui a été ouverte à cet égard et fait la promesse que les criminels seront retrouvés et immédiatement châtiés ", a-t-il poursuivi.
Evoquant les procédures de rapatriement de la dépouille mortelle de Léon Kanhem, l'ambassadeur russe a dit que toutes les démarches nécessaires sont en train d'être faites par les autorités russes pour un rapatriement rapide du corps de la victime " dans de bonnes conditions ". " Nous sommes actuellement en train de rechercher les parents de la victime ", a-t-il dit avant de demander à toute personne susceptible d'avoir des informations complémentaires sur la famille de feu Léon Kanhem de prendre l'attache soit du MINREX, soit de l'ambassade de la Fédération de Russie au Cameroun, sise au quartier Bastos à Yaoundé.

 

Affaire Kanhem: L'ambassadeur de Russie au Cameroun s'explique


par Bertille M. Bikoun, Mutations , Yaoundé, 29 décembre 2005

Le ministre des Relations extérieures exige des détails sur les circonstances de l'assassinat de l'étudiant.

Né en 1977, Léon Kanhem a posé ses valises en Russie en septembre dernier, en provenance du Cameroun. Arrivé en situation régulière, il était étudiant à la faculté préparatoire de l'Université des communications nautiques à Saint Petersbourg. Telles sont en substance, les informations fournies hier, 28 décembre par l'ambassadeur de la Fédération de Russie au Cameroun, au ministre des Affaires étrangères, au sujet de l'étudiant Léon Kanhem. Son assassinat, le 24 décembre dernier, est un crime raciste, mais qui n'était pas spécialement dirigé contre le Cameroun, a poursuivi le diplomate russe.
Ce n'est pas ce que pensent les membres de la famille du jeune garçon, qui sont allés manifester mardi dernier devant l'ambassade de Russie au quartier Bastos, à Yaoundé. De leur côté, les autorités camerounaises ont souhaité avoir "plus de détails sur les circonstances de l'assassinat" de Léon Kanhem, samedi dernier. C'est la raison pour laquelle l'ambassadeur de la Fédération de Russie au Cameroun, Abdoulayev Poulate, a été convoqué par le ministre des Relations Extérieures, Laurent Esso. Ce qui, en diplomatie, serait la marque de la préoccupation du gouvernement pour une affaire qui suscite l'émoi de tous les Camerounais.
Lors de cette audience qui a duré une vingtaine de minutes, le diplomate était accompagné par le consul de Russie à Yaoundé, Serguey Pouzikov. Il a repris les termes d'un communiqué de presse du ministère de l'Intérieur de la Fédération de Russie sur les circonstances de l'assassinat de l'étudiant camerounais Léon Kanhem. Selon les informations contenues dans ce communiqué rendu public par le ministère russe des Affaires étrangères, le mardi 27 décembre dernier, "le soir du samedi 24 décembre à Saint Petersbourg, deux étudiants de la faculté préparatoire de l'Université des communications nautiques ont été victimes d'agression d'un groupe de jeunes gens, qui leur ont porté des coups de couteau et se sont enfuis. L'une des victimes ­Kanhem Léon, né en 1977, citoyen camerounais, est mort sur place- l'autre ­citoyen de Zambie a été hospitalisé. Les services de maintien de l'ordre de Saint-Petersbourg ont commencé une instruction criminelle".
Au-delà de la condamnation de cet assassinat, le gouverneur de Saint Petersbourg, Valentina Ivanovna Matvienkoc, a par ailleurs, déclaré que "les coupables seraient retrouvés et châtiés", a soutenu Abdoulayev Poulate au sortir de l'audience chez le ministre Laurent Esso. Des propos qui trahissent l'embarras des autorités de la Fédération de Russie. En rappel, dans le communiqué suscité, le ministère de l'Intérieur russe affirme "[suivre] de près le cours de l'enquête qui a été ouverte à cet égard". En attendant de connaître un jour les conclusions, l'ambassadeur de la Fédération de Russie a cependant rassuré le ministre des Relations extérieures que son gouvernement prendrait des mesures pour le rapatriement de la dépouille de Léon Kanhem.

 

La Russie brigue le leadership du racisme européen


par Mariam Séri Sidibé, 1er janvier 2006. Courriel : mariamserisidibe@yahoo.fr
Pas de trêve de la nativité pour le racisme anti-noir qui explose littéralement dans la Russie poutinienne, ex-soviétique, radicalisée contre les autonomistes tchétchènes et en plein dans les grands écarts sociaux du néolibéralisme dont le peuple désemparé goûte les saveurs trompeuses. Un comble ! On casse du noir dans un pays qui doit une part de son âme à Pouchkine, le père de la littérature russe moderne, descendant d'africain, de nègre. Le 25 Décembre 2005 a été l'occasion pour des jeunes de Saint-Pétersbourg, une ville du Nord de la Russie où les agressions racistes et mélanophobes sont devenus monnaies courantes, de se livrer à leur folle et intolérable passion. Bilan macabre et provisoire : un étudiant camerounais tué à coups de couteau et un kKényan grièvement blessé, tous deux à la sortie du métro, non loin de leur université. Ce n'est pas la première fois que de tels crimes sont perpétrés, souvent par des bandes de pudiquement qualifiés de hooligans par la police qui n'ignore pas leurs agissements. Un étudiant congolais en avait déjà été victime en Septembre 2005. C'est que derrière cete appelation commode qui veut "charger" un groupe social admis comme marginal, il y a la tentative de masquer le développement à grande vitesse d'un racisme ordinaire qui fait des ravages parmi les populations estudiantines noires. Agressions physiques, crachats, insultes, bastonnades sont en passe de devenir le lot commun des étrangers vivant en Russie, et le phénomène a fait l'objet de rapports et de recommandations par des institutions traditionnellements jugées sérieuses. En 2003, Amnesty International dans son rapport sur la Russie intitulé : "Vos Papiers ! La discrimination raciale en fédération de Russie", tirait déjà la sonnette d'alarme devant les dérives racistes de la société russe et la passivité, voire la complicité des autorités politiques. Selon les différentes associations qui se penchent sur la question, le Centre SOVA, Institut russe de recherche sur la xénophobie, les actes racistes répertoriés au sein de la Fédération se sont montés à une vingtaine en 2003 contre 45 en 2004, soit un doublement en volume. Naturellement les statistiques sont à manipuler avec prudence quand on sait que les actes racistes sont souvent, pour ce qui est de la négrophobie, sous-estimés dans les enregistrements et par le biais du regard quantitatif qui ignore la dimension symbolique des relégations, des insultes, et de la hiérarchie structurelle des anti-racismes européens dans lesquels peu de mélanodermes sont admis. Pour autant, la tendance à la poussée raciste européenne ces années 2000, singulièrement dans une Russie à cette instance en normalisation culturelle rapide est inquiétante pour les populations victimes et pour la forme des Etats et Sociétés modernes concernées. Il est évident que l'agression caractéristique, durable et relativement impunie des autorités européennes, à l'encontre de citoyens du fait d'une différence ethnique apparente, ne saurait être compatible avec la république comme telle. De plus, l'existence de ces discriminations au sein des processus administratifs, de la gestion du personnel et des renouvellements politiques, ne pourrait être renvoyé à la contingence où à l'arbitrage du hasard. C'est la nature juridique effective des Etats d'Europe qui vacille sans conteste. La Russie s'est progressivement laissée emporter par les courants xénophobes en fonction de ses mutations internes et de son inscription dans l'européanisation, et dans la mondialisation ultra-libérale. Dans les années 60, guerre froide aidant, l'empire soviétique avait une politique d'attraction des étudiants étrangers, africains singulièrement avec les arrières-pensées d'en faire des propagateurs de la foi révolutionnaire marxiste ou plus prosaïquement de la doctrine et des intérêts du soviétisme. La fin de cette ère a modifié les préférences des autorités russes engagées sur un cap de transition économique vers un capitalisme plus ou moins nationaliste. De fait, le statut de l'Afrique et des étudiants africains s'en est trouvé décoté, d'autant plus vite que l'urgence de l'entrée dans le libéralisme économique a eu son douloureux prix social : le chômage et les difficultés économiques des populations témoins de l'accroissement indécent des inégalités sociales, de la formation d'une richissime oligarchie au standard de vie international. Comme souvent, la xénophobie offre un mirage de solution, des victimes sacrificielles faciles, face à des problèmes autrement différents. Les rationnements matériels génèrent l'impatience des populations qui, dans le même temps, voient affluer dans leur pays, du fait de la mondialisation, des populations ethniquement inattendues ou en nombre croissant et des produits en provenance du monde entier. Les résidents originaires d'Asie Centrale, du Caucase, les Ouzbeks, les Tadjiks, les asiatiques sont plus nombreux et leur présence dans les marchés et les petits emplois subalternes mais visibles (balayeurs de rues) amplifie l'impression d'un envahissement. "La Russie aux Russes" est donc le slogan à la mode que la guerre contre les indépendantistes tchétchènes rend plus disgeste, et plus démentiel à la limite dans l'imaginaire stimulé. Et là, le vieux fond européen de supériorité raciale, de racisme anti-noir, fait le reste. Populations vulnérables, que jamais ou quasiment jamais leurs représentations (abus de langage) diplomatiques ne se risquent à défendre, à peine réellement pris en considération dans les dispositifs classiques (ou leur réception) de protection des droits de l'homme, les Noirs paient les frais sanglants des transformations difficiles de la société russe. Des organismes de défense de leurs droits sont encore embryonnaires malheureusement, mais il serait temps que les victimes accroissent leur savoir-faire en mobilisation nationale et internationale et qu'elles trouvent les moyens et stratégies pour mouiller les états et les organisations africaines. Le standard européen des droits de l'homme en Italie, dans le sport, en Espagne (le journaliste Mbengué violenté), en France ou en Grande-Bretagne s'avère borné à la frontière de la race ... qui, bien sur n'existe pas génétiquement comme les savants aiment à le scander. En attendant ...