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Kanaky (Nouvelle-Calédonie)


Projet de révision constitutionnelle sur le corps électoral


Le ministre de l'Outre-mer François Baroin a annoncé jeudi, lors d'un comité de suivi de l'accord de Nouméa (1998), que la question sensible du corps électoral en Nouvelle-Calédonie fera l'objet d'un projet de révision constitutionnelle, qui sera soumis au Congrès du Parlement.
Ce projet de révision constitutionnelle devra d'abord être adopté en termes identiques à l'Assemblée nationale et au Sénat, avant d'être examiné par le congrès qui examinera au cours de la même session le projet de loi constitutionnelle sur l'abolition de la peine de mort, a indiqué M. Baroin.
En juillet 2003, en visite en Nouvelle-Calédonie, le président Jacques Chirac s'était engagé à ce que cette question soit réglée avant la fin du quinquennat en 2007.
La définition du corps électoral pour les élections provinciales (2009), rédigée de manière ambiguë dans l'accord de Nouméa de 1998, empoisonne la vie politique locale.
En 1999, le Conseil constitutionnel avait estimé que pour prendre part aux scrutins provinciaux, dix ans de résidence continue en Nouvelle-Calédonie étaient nécessaires quelle que soit la date d'arrivée dans l'archipel.
Les indépendantistes sont cependant vigoureusement opposés à cette interprétation et réclament le gel du corps électoral à la date de 1998.
Le Rassemblement-UMP de Nouvelle-Calédonie considère de son côté que "tous les résidents de plus de dix ans ont le droit de voter aux provinciales" et s'est dit prêt à s'opposer au gouvernement, en cas de projet de gel.
Le texte, actuellement au Conseil d'Etat, devrait être examiné en conseil des ministres courant février, a précisé M. Baroin, sans en dévoiler la teneur.
Cependant, certains membres du comité se montraient déjà critiques, à l'issue de la réunion.
Pierre Frogier, député et membre du gouvernement calédonien, a d'abord observé que "rien n'est changé par rapport aux engagements du chef de l'Etat" avant de rappeler que "le Rassemblement n'a jamais été d'accord pour que les règles soient modifiées". Il a prévenu que le cas échéant, il "poursuivrait le combat parlementaire dès que le texte, sera déposé à l'Assemblée nationale".
"Nous sommes toujours pour le principe d'un homme, une voix, mais il y a un engagement du président de la République, dont nous prenons acte", a simplement dit Harold Martin, président du congrès et président de Avenir Ensemble (parti anti-indépendantiste au pouvoir depuis 2004). Il s'est vivement félicité de la composition du comité de suivi, élargi aux présidents de province et de congrès et qui a "reflété le scrutin de mai 2004".
Signé en 1998, l'accord de Nouméa a engagé un processus de décolonisation en Nouvelle-Calédonie, assorti au terme de 15 à 20 ans d'un référendum d'autodétermination.
Source : AFP, 2 février 2006