quibla.net

   
 

Iran

Dans l’oeil du cyclone

Ahmadinejad : l’arroseur a été arrosé

Le plan américain de démocratie au Moyen-Orient a provoqué l'effet inverse des objectifs des USA, en permettant la victoire d'islamistes dans plusieurs pays de la région, a déclaré le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, cité dimanche par l'agence officielle Irna. "Le (plan) des Américains en faveur de la démocratie au Moyen-Orient a donné le résultat inverse (aux espoirs américains) en Iran, en Irak, au Liban et même en Palestine", a déclaré M. Ahmadinejad dans une interview accordée à Irna.

Le projet Grand Moyen-Orient, présenté par le président américain George W. Bush en juin 2004, vise à promouvoir des réformes politiques et économiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

"Partout dans le monde islamique, s'il y a des élections libres (...) les islamistes et les groupes favorables à la résistance face à l'oppression (USA, ndlr) l'emporteront", a-t-il ajouté. Vendredi, la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a déclaré que le Moyen-Orient se trouvait sous la menace d'un "réseau" composé par l'Iran, la Syrie et le mouvement chiite libanais Hezbollah, dont l'objectif est de déstabiliser la région.

"L'Iran mène une politique qui déstabilise la région et il le fait, apparemment, dans plus d'endroits qu'auparavant", a-t-elle ajouté. "Les peuples ne croient pas à la démocratie mensongère de l'Occident", a indiqué M. Ahmadinejad.

"Le mythe du sionisme invincible et éternel (...) a été battu en brèche après la révolution islamique de 1979 en Iran et se trouve en constant recul depuis", a-t-il affirmé. "Le peuple (palestinien) a voté pour la poursuite de la résistance et pour l'idéal d'une Palestine libre des occupants (israéliens) et non en faveur d'une vie politique à l'ombre des sionistes", a-t-il poursuivi, en référence à la victoire du mouvement islamiste radical Hamas aux législatives palestiniennes du 25 janvier.

"Ce vote est un premier pas et d'autres succès sont à venir", selon lui.

Après sa victoire surprise à la présidence de la République, le président Ahmadinejad a adopté un ton radical, prônant "le retour aux valeurs de la révolution".

"Les frères palestiniens sont conscients que l'objectif de l'ennemi est de transformer les forces de la résistance, contre l'occupation (...) en des démocrates à l'occidental", a-t-il affirmé. "Les USA veulent désarmer le Hezbollah libanais, le Hamas et le Jihad (islamique) palestiniens, pour réprimer les forces de la résistance (...) mais les Libanais et les Palestiniens en sont conscients", a dit encore le président iranien.

L'Iran soutient politiquement les groupes islamistes libanais et palestiniens, tout en rejetant les accusations selon lesquelles il leur fournit aussi une aide financière.

Source : AFP, 17 février 2006

 

James Petras : « L’Iran pourrait devenir la tombe de l’impérialisme »


Le politologue états-unien James Petras a auguré à Washington une grave défaite en Iran si la Maison Blanche se hasarde à déclencher contre cette nation une invasion similaire à celle dont l’Irak avait fait l’objet en mars 2003.
« L’Iran peut être le fossoyeur de l’impérialisme », a déclaré James Petras dans un entretien accordé à l’agence Prensa Latina. Il a souligné notamment que Washington ne pourrait pas contrôler ce pays en cas d’invasion.
Le politologue états-unien observe que, dans son discours de la semaine dernière sur l’Etat de l’Union, le président états-unien George W. Bush a utilisé contre la République islamique la même rhétorique qu’en 2003, quand il avait présenté l’Irak comme un danger pour la sécurité nationale des Etats-Unis.
Pour James Petras, l’enlisement des troupes d’occupation en Irak est en train de démontrer que Washington serait incapable de contrôler l’Iran en cas d’invasion et que le prix à payer pour une décision de ce type serait extrêmement lourd.
Il a signalé les pressions que le lobby sioniste exerce sur la Maison Blanche et l’hostilité des militaristes de l’administration Bush, notamment le vice-président Richard Cheney et le chef du Pentagone Donald Rumsfeld, comme les raisons qui déterminent l’actuelle politique de Washington contre l’Iran.
Source : Agence cubaine d'information, 6 février 2006

Le projet d'une bourse iranienne du pétrole


par Krassimir Petrov, Gold-Eagle, 19 janvier 2006. Original : www.gold-eagle.com/editorials_05/petrov011606.html .
Traduit de l'anglais par Viktor Dedaj pour Cuba Solidarity Project http://perso.club-internet.fr/vdedaj/cuba/

L'auteur (Krassimir_Petrov@hotmail.com) est docteur en économie de l' Ohio State University et est actuellement enseignant de macroéconomie, finance internationale et économétrie à l'Université américaine en Bulgarie.

Le projet d'une bourse iranienne du pétrole accélérerait la chute de l'empire américain
Le gouvernement iranien a finalement mis au point l'ultime arme « nucléaire » qui pourrait rapidement détruire le système financier qui soutient l'Empire Américain. L'arme d'une bourse que l'Iran a prévu d'ouvrir en mars 2006. Elle sera basée sur un mécanisme de négoce de pétrole en euros. En termes économiques, la danger pour le dollar est bien plus grand que celui représenté naguère par Saddam, parce que cela permettrait à n'importe qui, désireux d'acheter ou de vendre du pétrole en euros, de court-circuiter complètement le dollar.

1) L'économie des Empires

Un état-nation taxe ses propres citoyens, tandis qu'un empire taxe d'autres états-nations. L'histoire des empires, du grec au romain, de l'ottoman au britannique, nous enseigne que la base économique de tout empire est la taxation d'autres nations. La capacité impériale de taxer s'est toujours accompagnée d'une économie plus efficace et plus puissante, et comme conséquence, une puissance militaire plus efficace et plus puissante. Tandis qu'une partie du prélèvement était affectée à l'amélioration du niveau de vie de l'empire, une autre partie était affectée au maintien de la domination militaire nécessaire pour pouvoir prélever les taxes.

Historiquement, la taxation des états sujets a pris différentes formes - généralement sous la forme des métaux or ou argent, là où ils servaient de monnaie, mais aussi sous forme d'esclaves, de soldats, de récoltes, de bétail, ou autres ressources agricoles et naturelles, et tous les biens exigés par l'empire que l'état-sujet pouvait fournir. Historiquement, la taxation impériale s'est toujours exercée d'une manière directe : l'état-sujet remettait ses biens directement à l'empire.


Pour la première fois dans l'histoire, au vingtième siècle, les Etats-Unis ont pu taxer le monde entier d'une manière indirecte, par l'intermédiaire de l'inflation. Ils n'ont pas mis en place un prélèvement direct, comme tous les empires qui les ont précédés, mais ont distribué leur propre devise, le dollar US, aux autres nations en échange de biens avec comme conséquence prévue une inflation et une dévaluation de ces dollars qui étaient ensuite récupérés en échange d'une quantité inférieure de biens - la différence constituant la taxe impériale US. Voici comment ils ont procédé.

Au début du vingtième siècle, l'économie US a commencé à dominer l'économie mondiale. Le Dollar US était indexé sur l'or et par conséquence sa valeur ne connaissait pas de fluctuations, puisqu'elle correspondait toujours à la même quantité d'or. La Grande Dépression, précédée par une inflation entre 1921 et 1929 et l'explosion des déficits budgétaires, a provoqué une nette augmentation de la quantité de monnaie en circulation, rendant ainsi impossible l'indexation du dollar sur l'or. Ce qui amena Roosevelt en 1932 à supprimer l'indexation du dollar sur l'or. Jusqu'à là, les Etats-Unis dominaient le monde, mais uniquement d'un point de vue économique. Ils n'étaient pas encore un empire. En distribuant des dollars convertibles en or, des dollars à valeur constante, les Etats-Unis ne pouvaient tirer des bénéfices économiques de leurs échanges avec d'autres pays.

D'un point de vue économique, l'Empire Américain est née en 1945 avec (les accords de) Bretton Woods. Le dollar US n'était pas totalement convertible en or, mais était encore convertible en or uniquement pour les gouvernements étrangers. Le dollar devint ainsi la monnaie de réserve du monde. Ceci fut rendu possible parce que, pendant la deuxième guerre mondiale, les Etats-Unis avaient fourni des biens à ses alliés en exigeant de l'or en guise de paiement. Les Etats-Unis ont ainsi accumulé une bonne partie de l'or mondial.

La constitution d'un empire n'aurait pas été possible si, après les accords de Bretton Woods, la quantité de dollars en circulation avait été limitée à celle de l'or disponible, afin de pouvoir garantir la parité. Mais la politique « du beurre et des canons » des années 60 était une politique impériale : le volume des dollars fut sans cesse accru pour financer la guerre du Vietnam en même temps que le projet de Grande Société du président Lyndon B. Johnson. La plupart de ces dollars étaient mis en circulation à l'étranger en échange de biens et n'étaient pas rachetés pour la même valeur. L'augmentation des quantités de dollars détenus par des étrangers, alimentée par les déficits US endémiques, équivaut à une taxe : la taxe classique « par l'inflation » qu'un pays impose à ses propres citoyens, mais cette fois-ci imposée par les Etats-Unis au reste du monde.


En 1970-71, lorsque les pays étrangers demandèrent le remboursement de leurs dollars en échange d'or, le gouvernement des Etats-Unis fit faux bond, le 15 août 1971. Alors que l'histoire officielle raconte la « suppression de la parité entre le dollar et l'or », il s'agissait en réalité d'un refus de payer, de rembourser en or, ce qui revient à un acte de mise en faillite de la part du gouvernement des Etats-Unis. C'est ainsi que les Etats-Unis se déclarèrent Empire. Ils avaient accaparé d'énormes quantités de biens du reste du monde, sans intention ou capacité de les payer, et le monde ne pouvait que constater son impuissance.

A partir de ce moment, pour maintenir l'Empire Américain et continuer à taxer le reste du monde, les Etats-Unis devaient obliger le reste du monde à continuer d'accepter, en échange de biens, les dollars qui se dévaluaient en permanence. Le reste du monde devait ainsi accumuler de plus en plus de dollars dévalués. Pour qu'ils continuent d'accumuler tous ces dollars, il fallait trouver et donner au monde une raison économique de posséder tant de dollars. Cette raison fût le pétrole.

En 1971, lorsqu'il devint évident que le gouvernement US était incapable de racheter ses dollars avec de l'or, un accord avec l'Arabie Saoudite fut instauré en 1972-73 : les Etats-Unis soutenaient le règne de la Maison des Saoud qui, en échange, n'accepterait que le dollar US comme monnaie de paiement pour leur pétrole. Le reste de l'OPEC suivit. Le monde était donc contraint d'acheter en dollars le pétrole aux pays arabes et devait donc posséder des dollars pour pouvoir payer. Et parce que la demande de pétrole dans le monde était sans cesse croissante, la demande de dollars ne pouvait qu'augmenter. Si les dollars ne pouvaient plus être échangés pour de l'or, ils pouvaient désormais être échangés pour du pétrole.

L'idée derrière cet accord était de faire en sorte que le dollar soit désormais soutenu par le pétrole. Et tant que cette situation perdurait, le monde devait accumuler de plus en plus de dollars, parce qu'il leur fallait ces dollars pour acheter ce pétrole. Tant que le dollar restait le seul moyen de paiement du pétrole, sa domination était garantie et l'Empire Américain pouvait continuer à taxer le reste du monde. Si le dollar, pour une raison ou une autre, devait perdre le soutien du pétrole, l'Empire Américain cesserait d'exister. Ainsi, la survie de l'Empire dépend de la vente du pétrole en dollars. Cela implique aussi que les réserves de pétrole soient situées dans des pays trop faibles politiquement ou militairement pour demander le paiement du pétrole dans une autre devise. Si quelqu'un demandait à être payé autrement qu'en dollars, il fallait le convaincre, par des pressions militaires ou économiques, de changer d'avis.


Un qui a effectivement demandé des Euros en échange de son pétrole fût Saddam Hussein, en 2000. D'abord il fut l'objet de risées. Ensuite on a tenté de l'ignorer. Enfin, lorsqu'il devint évident qu'il ne plaisantait pas, on exerça des pressions politiques pour lui faire changer d'avis. Lorsque d'autres pays, comme l'Iran, voulaient être payés en d'autres devises, notamment en euros et yens, le danger pour le dollar devint évident, et une opération punitive fut organisée. La guerre de Bush en Irak n'a rien à voir avec les armes nucléaires de Saddam, ni la défense des droits de l'homme, ni la démocratie, ni même le contrôle des puits de pétrole ; il s'agit de défendre le dollar, c'est-à-dire l'Empire Américain. Il s'agit de donner une leçon à tous ceux qui seraient tentés de demander à être payés autrement qu'en dollars.

Nombreux sont ceux qui ont critiqué Bush pour avoir mené une guerre en Irak dans le but de prendre le contrôle des puits de pétrole. Cependant, ils n'expliquent pas pourquoi Bush voudrait prendre le contrôle de ces puits - il aurait pu se contenter d'imprimer des billets pour rien et acheter tout le pétrole dont il avait besoin. Il devait donc y avoir une autre raison pour envahir l'Irak.

L'histoire nous enseigne qu'un empire doit entrer en guerre pour une de ces deux raisons : (1) pour se défendre ou (2) pour tirer profit d'une guerre ; dans le cas contraire, comme le démontre Paul Kennedy dans son magistral « The Rise and Fall of the Great Powers », un éparpillement excessif de ses forces militaires drainerait ses ressources économiques et précipiterait sa chute. D'un point de vue économique, pour qu'un Empire puisse déclencher et mener une guerre, les bénéfices tirées doivent surpasser le coût militaire et social. Les bénéfices tirés des puits Irakiens ne compensent pas les coûts militaires à long-terme. Bush est donc entré en Irak pour défendre son Empire. Et ceci est confirmé par le fait que deux mois après l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis, le programme Nourriture contre Pétrole fut interrompu, les comptes bancaires Irakiens en euros furent convertis en dollars, et le pétrole fut de nouveau vendu exclusivement en dollars US. Il n'était plus possible d'acheter du pétrole à l'Irak avec des euros. La suprématie globale du dollar fut restaurée de nouveau. Bush descendit victorieusement d'un avion de combat et déclara que la mission était accomplie - entendez par là qu'il avait réussi à défendre le dollar US, donc l'Empire Américain.


2) une bourse iranienne du Pétrole

Le gouvernement iranien a finalement mis au point l'ultime arme « nucléaire » qui pourrait rapidement détruire le système financier qui soutient l'Empire Américain. L'arme d'une bourse que l'Iran a prévu d'ouvrir en mars 2006. Elle sera basée sur un mécanisme de négoce de pétrole en euros. En termes économiques, la danger pour le dollar est bien plus grand que celui représenté naguère par Saddam, parce que cela permettrait à n'importe qui, désireux d'acheter ou de vendre du pétrole en euros, de court-circuiter complètement le dollar. Dans ce cas, il s est probable que pratiquement tout le monde adopterait avec enthousiasme l'euro comme monnaie de paiement du pétrole.

Les européens n'auraient plus à acheter ou vendre des dollars pour payer le pétrole, et pourraient payer avec leur propre devise. L'adoption de l'euro pour payer le pétrole donnerait à la monnaie européenne un statut de devise de réserve au détriment de celle des Etats-Unis.

Les Chinois et les Japonais seraient particulièrement heureux d'adopter ce nouveau monnaie d'échange pour le pétrole, parce que cela leur permettrait de réduire considérablement leurs énormes réserves de dollars et de diversifier avec des euros, se protégeant ainsi des dévaluations successives du dollar. Ils pourraient décider de garder une petite partie de leurs dollars et de carrément se débarrasser d'un autre partie. Une partie serait gardée pour régler quelques futurs achats en dollars, mais leurs réserves seraient désormais constitués en euros.

Les Russes ont un grand intérêt à adopter l'euro - la majeure partie de leurs échanges s'effectuent avec les pays européens, les pays exportateurs de pétrole, avec la Chine et avec le Japon. L'adoption de l'euro faciliterait d'emblée les échanges avec les deux premiers blocs, et facilitera à terme les échanges avec la Chine et le Japon. De plus, il semblerait que les Russes détestent posséder des dollars qui se dévaluent, car ils viennent de se convertir à la religion de l'or. Les Russes ont aussi ranimé leur nationalisme et ils ne seraient que trop heureux d'adopter l'euro si cela pouvait donner un coup de poignard dans le dos des étasuniens, et c'est avec un sourire aux lèvres qu'ils observeraient les étasuniens perdre leur sang.

Les pays arabes exportateurs de pétrole, face à leurs montagnes de dollars dévalués, adopteraient l'euro avec enthousiasme afin de diversifier leurs. Comme les Russes, leurs échanges s'effectuent principalement avec les pays européens, et ils préféreraient la devise européenne, plus stable. Sans parler du djihad contre l'ennemi infidèle.

Seuls les Britanniques se trouveraient entre le marteau et l'enclume. Ils ont toujours eu un partenariat privilégié avec les Etats-Unis, mais ont toujours subi une attraction naturelle vers l'Europe. Jusqu'à présent, ils ont eu de nombreuses raisons pour rester aux côtés du vainqueur. Néanmoins, quand ils assisteront à la chute de leur vieil allié, se tiendront-ils toujours fermement à ses côtés ou délivreront-ils le coup de grâce ? Il ne faut cependant pas oublier que les deux principales places boursières de pétrole dans le monde sont le NYMEX de New York et le International Petroleum Exchange (IPE) à Londres et les deux sont contrôlés par les Etats-unis. Il semblerait donc plus probable que les Britanniques devront couler avec le navire ou alors se tirer une balle dans le pied en portant atteinte aux intérêts de leur propre IPE. Il faut noter ici qu'au delà de toute la rhétorique autour du maintien de la livre sterling, il est très probable que les Britanniques n'ont pas adopté l'euro principalement parce que les étasuniens ont fait pression. Dans le cas contraire, l'IPE aurait basculé vers l'euro, portant ainsi un coup mortel à leur partenaire stratégique.


En tout état de cause, et quelque soit la décision britannique, si la bourse iranienne du pétrole devait voir le jour, les entités qui comptent - les Européens, les Chinois, les Japonais, les Russes et les Arabes - adopteront avec enthousiasme l'euro, scellant ainsi le destin du dollar. Chose que les Etats-Unis ne peuvent se permettre et ils recourront, si nécessaire, à toute une série de stratégies pour déstabiliser ou interrompre les opérations de la bourse iranienne :

- Le sabotage - par un virus informatique, une attaque contre le réseau, les communications ou un serveur, par différentes failles de sécurité ou une attaque de type 11 septembre contre le site principal et les sites de secours.

- Un coup d'état - de loin la meilleure option à long terme pour les Etats-Unis.

- Une négociation acceptable des conditions et des restrictions - autre excellente solution pour les Etats-Unis. Bien sûr, le coup d'état est nettement préférable pour les Etats-Unis car cela garantirait une neutralisation totale de la bourse qui ne représenterait plus une menace pour leurs intérêts. Cependant, si le coup d'état ou le sabotage échouent, alors la négociation devient à l'évidence la meilleure solution de rechange.

- Une résolution de guerre à l'ONU - difficile à obtenir étant donné les intérêts en jeu chez les états membres du Conseil de Sécurité. Mais tout le discours fébrile autour d'un développent d'armes nucléaires en Iran est clairement destiné à préparer une telle éventualité.

- Une Frappe Nucléaire Unilatérale - un choix stratégique terrible pour toutes les raisons liées à l'éventualité suivante : la Guerre Totale Unilatérale. Les Etats-Unis feront probablement appel à Israël pour mener ce sale boulot.

- Une Guerre Totale Unilatérale - à l'évidence, la plus mauvaise des solutions. D'abord, les ressources militaires US ont déjà été entamées par deux guerres. Ensuite, les Etats-Unis dégraderont encore plus leurs relations avec d'autres nations importantes. Troisièmement, les grands pays possesseurs de dollars pourraient riposter en se débarrassant discrètement de leurs montagnes de billets verts et empêcher ainsi les Etats-Unis de financer leurs nouveaux projets militaires. Enfin, l'Iran a des alliances stratégiques avec de puissantes nations, ce qui pourrait les entraîner dans la guerre ; l'Iran a une telle alliance avec la Chine, l'Inde, et la Russie, connue sous le nom de Groupe de Coopération de Shanghai, ou Coop de Shanghai, et un pacte avec la Syrie.


Quelque soit le choix, d'un point de vue purement économique, si la Bourse iranienne de pétrole devait prendre son envol, elle serait adoptée par de grandes puissances économiques et précipiterait la chute du dollar. La chute du dollar accélérerait l'inflation aux Etats-Unis et ferait monter les taux d'intérêts US. A ce stade, la Fed (banque centrale US - NDT) se retrouverait à devoir choisir entre Charybde et Scylla - entre la déflation et l'hyperinflation - et serait rapidement obligée de prendre soit sa « médecine habituelle », de ralentir l'inflation en augmentant les taux d'intérêt, provoquant ainsi une dépression économique majeure, un effondrement de l'immobilier, un implosion des valeurs boursières et un effondrement financier total, ou bien de choisir une voie de sortie « à la Weimar » par l'inflation, ce qui écornera les rendements des placements à long terme, fera décoller les hélicoptères noiera le système financier sous des tonnes de liquidités, mettra fin aux LTCM ( ? du traducteur ) et provoquera l'hyperinflation de l'économie.

La théorie autrichienne sur la monnaie, le crédit et les cycles nous enseigne qu'il n'y a rien entre Charybde et Scylla. Tôt ou tard, le système monétaire devra basculer d'un côté ou de l'autre, obligeant la Fed à faire un choix. Il ne fait aucun doute que le commandant en chef Ben Bernanke, grand connaisseur de la Grande Dépression et fin pilote de (l'hélicoptère) Black Hawk, choisira l'inflation. Hélicoptère Ben, inconscient de la Grande Dépression telle qu'elle est analysée par Rothbard, a néanmoins retenu les leçons sur le pouvoir destructeur de la déflation. Le Maestro lui a enseigné que la panacée à tout problème financier, dans tous les cas, c'est l'inflation. Il a même enseigné aux japonais sa méthode originale pour lutter contre la déflation. Comme son mentor, il a rêvé de livrer une bataille au sein d'un hiver de Kondratieff. Pour éviter la déflation, il fera appel à la planche à billets, il fera décoller les hélicoptères des quelques 800 bases étasuniennes à l'étranger et, si nécessaire, il monétisera tout ce qui lui tombera sous la main. Son ¦uvre ultime sera la destruction par hyper inflation de la devise étasunienne. Et de ses cendres renaîtra la nouvelle devise de réserve du monde, cette relique barbare qu'on appelle l'or.

Ils veulent rayer l'Iran de la carte !

« Si vous insistez, on enrichit »


L'Iran commencera à enrichir son uranium si le Conseil de sécurité de l'Onu se saisit du dossier nucléaire iranien, a menacé mercredi à Moscou le négociateur en chef du dossier nucléaire iranien. Ali Larijani, cité par les agences russes.

Bombardement, invasion: les options militaires de Washington face à Téhéran


Les USA disposent de quelques optionsmilitaires face à l'Iran, dont le bombardement de sites nucléaires, mais la diplomatie reste aujourd'hui le moyen privilégié pour dissuader Téhéran de
se doter de l'arme nucléaire, estiment des experts US.
Une attaque aérienne visant un nombre limité de sites nucléaires iraniens suspects paraît l'option la plus vraisemblable.
"La centrale nucléaire de 1.000 mégawatts de Bouchehr (sud) serait probablement la cible de tels frappes (...) ainsi que les sites nucléaires suspects à Natanz (nord-ouest) et Arak (nord-ouest)", estime Globalsecurity.org, centre d'analyses et site web spécialisé dans les questions de sécurité, basé à Alexandria (Virginie, est) dans la banlieue de Washington.
Ces frappes "dépasseraient largement en envergure l'attaque israélienne de 1981 sur le site nucléaire d'Osirak en Iraq et ressembleraient davantage auxpremiers jours de la campagne aérienne de 2003 contre l'Iraq", ajoute-t-il.
Mais les sites sont dispersés et mieux protégés qu'Osirak, relève Peter Brookes, expert à l'Heritage Foundation. "L'Iran a enterré profondément de nombreux sites, en faisant des cibles plus difficiles à atteindre- certains ont aussi été placés à côté de zones peuplées pour provoquer des victimes civiles en cas d'attaque (NDLR Quibla : à en croire Mister Brookes, les Iraniens seraient donc des fous furieux suicidairs). Et ce sont les sites que nous connaissons: une vingtaine de sites nucléaires éparpillés dans le pays, mais ils pourraient être plus de 70" au total, juge-t-il.
Pour procéder à cette attaque aérienne, les USA utiliseraient des
missiles de croisière, des bombardiers B-2 et des chasseurs-bombardiers furtifs F-117, selon les experts.
Autre possibilité, Washington pourrait procéder à des bombardements plus étendus visant tous les sites nucléaires suspects ainsi que d'autres sites militaires et les troupes iraniennes pouvant servir à Téhéran pour contre-attaquer, selon Globalsecurity.org.
Une autre option est l'invasion de l'Iran par des troupes US mais elle paraît peu vraisemblable car les USA ont une grande partie de leurs troupes terrestres engagées en Irak.
Un haut responsable du Pentagone, le secrétaire à l'armée de terre, Francis Harvey, a toutefois affirmé la semaine dernière que l'armée US était en mesure de déployer en cas de crise 15 brigades supplémentaires, soit entre 45.000 et 75.000 soldats.
La grande inconnue est la réaction de Téhéran en cas d'attaque aérienne. Cela "rassemblerait l'opinion iranienne autour d'un gouvernement par ailleurs impopulaire et mettrait encore plus en péril les US en Iraq", estime Joseph Cirincione, expert à la Fondation Carnegie pour la paix internationale.
"Finalement, la frappe ne retarderait pas, comme on le dit souvent, le programme iranien. Il l'accélérerait certainement", ajoute-t-il. Selon lui, le bombardement d'Osirak en 1981 avait été "un succès tactique mais un échec stratégique" et avait entraîné l'accélération du programme nucléaire iraquien.
Peter Brookes pense que Téhéran pourrait alors lancer des missiles contre Israël, attaquer les troupes US en Irak, utiliser l'arme du pétrole et même l'arme terroriste par l'intermédiaire d'organisations telles que le Hezbollah.
Dans une simulation organisée fin 2004 par le magazine US Atlantic Monthly, les participants (des experts en questions de sécurité) avaient jugé que les USA n'avaient "pas le moyen de prédire l'impact stratégique à long terme d'une telle attaque" contre l'Iran.
Elle "pourrait retarder de trois ans la réalisation par l'Iran de son objectif (nucléaire) mais au prix de relations dégradées avec les autorités et la population. Les intentions de l'Iran au moment où il dispose de la bombe seraient alors tout ce qu'il y a de plus hostiles", avaient considéré les participants.
Source : AFP, 25 janvier 2006

Polémique Londres-Téhéran sur les attentats d’Ahvaz

Acte I : Ahmadinejad ordonne une enquête sur une implication étrangère dans les attentats meurtriers d’Ahvaz Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a ordonné aux ministères des Renseignements et des Affaires étrangères de lancer une enquête sur "le rôle de mains étrangères" dans les attentats qui ont fait huit morts mardi à Ahvaz (sud-ouest), a rapporté l'agence Isna.

"Le président a ordonné une enquête prompte et ferme sur les attentats d'aujourd'hui et les terroristes qui les ont menés", a indiqué le porte-parole du gouvernement Gholam Hossein Elham, cité par l'agence estudiantine.

"Les ministères des Renseignements et des Affaires étrangères doivent enquêter sur le rôle de mains étrangères dans l'incident. L'Iran a toujours été victime du terrorisme et ces attentats aveugles montrent la poursuite des actes brutaux contre l'Iran de la part de terroristes internationaux". Le porte-parole a indiqué que le président Ahmadinejad, qui devait se rendre à Ahvaz mardi, "a exprimé sa profonde inquiétude concernant les morts et les blessés" des attentats de mardi.

"Huit personnes ont été tuées et 46 blessées dans ces attentats", a déclaré Mansour Soltanzadeh, le directeur de la cité médicale de Ahvaz. Les deux attentats ont visé une banque privée, qui a entièrement brûlé, et une administration à Ahvaz, capitale de la province pétrolière du Khouzistan, à forte communauté arabe. Frontalière de l'Irak, le Khouzistan connaît des tensions depuis plusieurs mois, avec notamment des attentats meurtriers et des affrontements entre la population arabe et les forces de sécurité.

En juin, Ahvaz avait notamment été frappée par une série d'attentats meurtriers, revendiqués par des groupes séparatistes arabes. Téhéran avait alors accusé Washington et Londres de chercher à "attiser les tensions ethniques et religieuses" au Moyen-Orient. L'Iran avait aussi affirmé posséder les preuves de l'implication de la Grande-Bretagne dans les attentats, accusant ce pays de vouloir créer l'insécurité en Iran. Londres avait démenti.

 

Acte II : Téhéran accuse nommément Londres des attentats d’Ahvaz

L'Iran a directement accusé, mercredi, la Grande-Bretagne d'être derrière les attentats terroristes de mardi à Ahvaz (sud-ouest) qui ont fait huit morts, ajoutant qu'elle devait en "assumer la responsabilité".

"La trace des occupants d'Irak dans les crimes d'Ahvaz est apparente et ils doivent assumer la responsabilité de leur crime", a déclaré lors du conseil des ministre, le président ultraconservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad, ont rapporté les médias iraniens.

"Les ennemis doivent savoir que ces actes terroristes aveugles n'affaibliront pas la détermination de l'Iran", a ajouté M. Ahmadinejad. Le ministre des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki a, quant à lui, accusé nommément les Britanniques.

"La Grande-Bretagne accueille sur son sol les groupes terroristes et leur donne des moyens considérables pour mener librement des activités, notamment pour mener des actions terroristes comme celles d'hier (mardi) à Ahvaz", chef-lieu de la province du Khouzistan, qui ont fait huit mort et 46 blessés, a déclaré M. Mottaki.

"Nous avons des informations qui montrent que les militaires britanniques équipent et définissent les missions de ces éléments et il n'y a pas besoin de préciser que les membres de ce groupe sont basés à Londres", a-t-il ajouté.

"Les crimes d'Ahvaz ont été commis par des gens qui eux-mêmes ou leurs dirigeants se trouvent à Londres et rencontrent les responsables britanniques et disposent dans la région de Bassorah du soutien des services de renseignements et des commandants militaires britanniques", a ajouté le ministre.

Il faisait visiblement allusion au Front populaire démocratique des Arabes d'Ahvaz, groupuscule qui revendique l'indépendance de la province du Khouzistan, dont près de la moitié de la population est arabe. Le ministère britannique des Affaires étrangères a rejeté comme "complètement sans fondement" mercredi les accusations de Téhéran. "Nous rejetons les allégations de Mottaki. Tout lien entre le gouvernement de Sa Majesté et ces attentats terroristes est complètement sans fondement", a déclaré un porte-parole du ministère à l'AFP.

Les deux attentats qui ont visé mardi une banque privée et une administration à Ahvaz, capitale de la province pétrolière du Khouzistan, ont fait huit morts et 46 blessés.

Le porte-parole du gouvernement, Gholam Hossein Elham, a indiqué après les attentats que le président Ahmadinejad avait ordonné une enquête sur ce qu'il a qualifié d'"acte brutal" mené par des "terroristes internationaux". "Les ministères des Renseignements et des Affaires étrangères doivent enquêter sur le rôle de mains étrangères dans l'incident. L'Iran a toujours été victime du terrorisme et ces attentats aveugles montrent la poursuite des actes brutaux contre l'Iran de la part de terroristes internationaux", a-t-il déclaré mardi soir.

Frontalier de l'Irak, le Khouzistan connaît des tensions depuis plusieurs mois, avec notamment des attentats meurtriers et des affrontements entre la population arabe et les forces de sécurité.

En juin, Ahvaz avait notamment été frappée par une série d'attentats meurtriers, revendiqués par des groupes séparatistes arabes. Téhéran avait alors accusé Washington et Londres de chercher à "attiser les tensions ethniques et religieuses" au Moyen-Orient. L'Iran avait aussi affirmé posséder les preuves de l'implication de la Grande-Bretagne dans les attentats, accusant ce pays de vouloir créer l'insécurité en Iran. Londres avait démenti.

Acte III : Londres rejette les accusations de Téhéran

Le ministère britannique des Affaires étrangères a rejeté comme "complètement sans fondement" mercredi les accusations de Téhéran établissant un lien entre la Grande-Bretagne et les attentats meurtriers commis mardi à Ahvaz, dans le sud-ouest de l'Iran. "Nous rejetons les allégations de Mottaki (le chef de la diplomatie iranienne Manoucher Mottaki, ndlr)", a déclaré un porte-parole du ministère à l'AFP.

"Tout lien entre le gouvernement de Sa Majesté et ces attentats terroristes est complètement sans fondement", a-t-il ajouté. M. Mottaki a accusé "les forces britanniques en Irak d'avoir équipé et défini la mission" des auteurs des attentats qui ont fait huit mort et 46 blessés à Ahvaz, le chef-lieu de la province du Khouzistan, selon l'agence officielle Irna.

Acte IV : L'Iran accepte l'idée de Blair de visiter les sites de l'holocauste Le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki a déclaré mercredi que l'Iran accueillait favorablement l'idée du Premier ministre britannique Tony Blair de visiter les sites de l'holocauste en Europe.

"Nous accueillons favorablement la proposition du premier ministre britannique pour visiter les sites de l'holocauste", a déclaré M. Mottaki. "Nous sommes prêts à envoyer en Europe des équipes d'enquête indépendantes n'ayant pas de penchant pour ceux qui ont commis ces crimes et de penchant pour le régime sioniste pour visiter ces lieux dont parlent M. Blair", a-t-il ajouté.

Il a par ailleurs "regretté le langage inapproprié" utilisé par M. Blair pour rejeter l'idée d'organiser une conférence sur l'holocauste à Téhéran Le Premier ministre Tony Blair a jugé lundi "choquante, ridicule et stupide" l'annonce par les autorités iraniennes d'un séminaire sur l'holocauste, qualifié de "mythe" par le président Mahmoud Ahmadinejad. "C'est choquant, ridicule, stupide, prenez n'importe quel adjectif que vous voulez utiliser", a déclaré Tony Blair lors de sa conférence de presse mensuelle.

"Je serais très surpris qu'un quelconque pays ou gouvernement sérieux où que ce soit y accorde la moindre crédibilité", a-t-il ajouté. "Peut-être devrait-il (le président iranien) venir voir lui-même dans les pays européens", a encore déclaré M. Blair.

Mardi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a défendu la tenue d'une conférence sur l'holocauste en Iran et dénoncé l'"intolérance" du Premier ministre britannique Tony Blair. "Les déclarations de M. Blair sont une insulte à l'intelligence des citoyens du monde. Depuis un demi siècle, les défenseurs de l'Holocauste ont soutenu leur position, ils doivent maintenant s'entraîner à écouter les autres", a déclaré Hamid Reza Assefi, dans un communiqué cité par l'agence Isna. Le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé le 15 janvier qu'il allait organiser un séminaire sur l'holocauste des juifs. En décembre, le président iranien avait dénoncé le "mythe du massacre des juifs" et demandé aux Occidentaux de créer un Etat israélien en Europe, aux Etats-Unis, au Canada ou encore en Alaska. En octobre, il avait déjà scandalisé la communauté internationale en jugeant que l'Etat hébreu devait "être rayé de la carte". Sources : Source : AFP, 24/25 janvier 2006

Acte V : sans oublier le Mossad, qui se sert de passeports allemands pour opérer en Iran

Source : Kölner Stadtanzeiger, 13 janvier 2006

Traduit de l’allemand par Eva, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (transtlaxcala@yahoo.com). Cette traduction est en Copyleft.

Francfort s/Main – Selon les informations du Service de dépêches allemand Deutscher Depeschendienst (ddp), le Service de renseignement fédéral allemand (BND) soutient le service secret israélien Mossad quant à la couverture de ses agents à l’étranger. Le BND a procuré des papiers d’identité allemands aux agents du Mossad, c’est ce que déclare un ancien cadre du BND à ddp. Selon ces informations, des agents israéliens se seraient servis de passeports allemands et de légendes allemandes lors de missions délicates dans des régions de crise au Proche Orient afin d’assurer leur couverture. Actuellement, le Mossad se servirait de passeports allemands en agissant par exemple en République Islamique d’Iran. Ces missions tournent entre autres autour de la préparation de potentielles attaques aériennes sur des objectifs d’attaque iraniens ; des raids que la direction israélienne n’exclut plus officiellement dans son conflit nucléaire avec Téhéran. « Les agents du Mossad disposent pour ce genre de missions de plus en plus souvent également de légendes allemandes », dit l’ancien collaborateur du BND. Le BND ne pourrait pas contrôler et influencer à l’occasion de quelles opérations le Mossad utilise les documents allemands. « Cette pratique a débuté avec le fondeur du BND Reinhard Gehlen. Mais ces cas se sont multipliés de façon démesurée depuis le 11 septembre 2001 ». Un porte-parole du BND a déclaré à ddp : « Evidemment, nous collaborons également avec le Mossad. Mais nous ne souhaitons pas nous exprimer quant a de quelconques documents qui auraient pu changer de main. » Bien que le Mossad ait utilisé au cours des années 90 le plus souvent des passeports canadiens ou néozélandais pour ses missions secrètes « sur territoire ennemi », la cote de papiers de couverture allemands serait montée en flèche car plusieurs affaires autour de documents illégalement acquis avaient été rendus publiques. Les documents allemands seraient des duplicata de papiers appartenant à des citoyens allemands qui ne quitteront probablement jamais l’Allemagne et qui « n’ont pas connaissance de l’utilisation supplémentaire de leur identité ». On nous dit que ce genre de papiers permette à des agents du Mossad de « travailler à long terme sans attirer d’attention » dans le territoire cible. Dans le passé, le Mossad aurait utilisé les identités de personnes défuntes. Ceci n’est plus possible à l’ère de l’informatique et au vu de la vitesse de l’échange des données. L’utilisation de duplicata (par exemple de passeports, de permis de conduire et de certificats de naissance) n’était pas suspect si les Allemands concernés étaient soigneusement choisis et s’ils « ne quittaient jamais les principaux pays de l’Union européenne ».

Nous ne savons pas si la commission de contrôle parlementaire (PKK) du Bundestag est informée de ces cas mais nous n’avons pas pu obtenir une prise de position de membres du collège. (ddp)

 

Retour à Munich : Israël veut exclure l’Iran du Mondial 2006

Hadassah Aghion, Arouts 7 (site sioniste), 18 janvier 2006 > http://a7fr.net/ Le quotidien Yediot Aharonot a révélé mercredi matin qu’Israël souhaite exclure l’Iran du Mondial 2006 qui se déroulera en juin à Munich. Le président de la commission du sport de la Knesset Guilad Erdan (Likoud) a adressé une missive à la chancelière allemande Angela Merkel, présentant les exigences israéliennes. Erdan a également écrit au président de la Fifa (Fédération internationale de football). Les Israéliens veulent réagir à la tenue du sommet négationniste qui doit se tenir à Téhéran sous l’égide du président Ahmadinejad, intitulé «Le mythe de la Shoah». «Il faut adresser au leadership iranien un message clair : si Ahmadinejad ne revient pas sur ses déclarations anti-israéliennes, son équipe nationale ne sera pas autorisée à participer au Mondial», s'est indigné le député Erdan. Il a précisé également que selon la loi allemande le négationnisme est considéré comme un délit passible de sanctions, pouvant entraîner jusqu’à cinq années de prison. «Il est donc impensable que l’équipe iranienne, représentante d’un régime qui nie la Shoah, puisse se produire sur le territoire allemand». La chancelière Merkel, qui doit se rendre en Israël à la fin du mois, s’est déjà prononcé sur le sujet : «Je ne vois aucune raison de punir les sportifs iraniens». Avis partagé en Israël par un certain nombre d'internautes qui ont réagi à la publication de l'article de Yediot Aharonot. L'esprit sportif domine, mais certains avouent qu'ils auraient apprécié que les joueurs iraniens manifestent publiquement des positions contre le négationnisme.

Ils veulent rayer l'Iran de la carte !
Une guerre nucléaire contre l'Iran


par Michel Chossudovsky, 3 janvier 2006. Original : http://www.globalresearch.ca
Traduit de l'anglais en français par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala,
le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique
(transtlaxcala@yahoo.com). Cette traduction est en Copyleft.

Michel Chossudovsky est l'auteur du best-seller international « The Globalization of Poverty », publié en onze langues. Il enseigne l'économie à l'Université d'Ottawa et il dirige le Centre de Recherches sur la Globalisation, site : http://www.globalresearch.ca . Il contribue également à l'Encyclopaedia Britannica. Son dernier livre a pour titre : America 's « War on Terrorism », éditions Global Research, 2005.

Le déclenchement d'une guerre totale contre l'Iran recourant à des têtes nucléaires est désormais en phase finale de planification. Les partenaires de la coalition formée à cet effet, qui comporte les Etats-Unis, Israël et la Turquie, en sont à un « stade avancée de préparation ». Divers exercices militaires ont été effectués, depuis le début 2005. De leur côté, les forces armées iraniennes ont elles aussi effectué des manoeuvres militaires à grande échelle dans le Golfe persique en décembre dernier, en anticipation d'une attaque sponsorisée par les Etats-Unis.

Depuis le début de l'année 2005, on a assisté à une intense navette diplomatique entre Washington, Tel Aviv, Ankara et les bureaux de l'Otan, à Bruxelles.

Récemment, Porter Goss, directeur de la CIA, en mission à Ankara, a demandé au Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan « de fournir tout soutien politique et logistique à des frappes aériennes contre des cibles militaires conventionnelles et nucléaires iraniennes ». Goss aurait demandé « une coopération spéciale des services de renseignement turcs afin de contribuer à la préparation et à la supervision de l'opération » [DDP, 30.12.2005] Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a, quant à lui, donné le feu vert à l'armée israélienne pour lancer les attaques vers la fin mars. Tous les hauts responsables israéliens ont évoqué la fin mars 2006 comme date couperet pour le déclenchement d'une attaque militaire contre l'Iran. La fin mars coïncide par ailleurs avec la remise à l'Onu du rapport de l' Agence internationale de l'énergie sur le programme énergétique nucléaire iranien. Les décideurs israéliens pensent que leurs menaces sont susceptibles d'influencer la teneur de ce rapport, ou tout au moins d'y faire insérer le genre d'ambiguïtés susceptibles d'être exploitées par leurs soutiens à l'étranger afin de promouvoir des sanctions du Conseil de sécurité, ou de justifier une action militaire israélienne. (James Petras, Israel's War Deadline: Iran in the Crosshairs, Global Research, December 2005) Le projet militaire sponsorisé par les Etats-Unis a été avalisé par l'Otan, même si, à ce stade, la nature de son engagement dans les attaques aériennes planifiées n'est pas encore claire.

« Peur et tremblement »

Les diverses composantes de l'opération militaire planifiée sont placées sous strict commandement américain, et coordonnées par le Pentagone et l' état-major du commandement stratégique américain [USSTRATCOM], installé dans la base aérienne d'Offutt, dans le Nebraska. Les actions annoncées par Israël seraient menées en étroite coordination avec le Pentagone. La structure de commandement de l'opération est centralisée, et c'est en dernière instance Washington qui déciderait le moment de son lancement.

De sources militaires américaines, il a été confirmé qu'une attaque de l' Iran par air impliquerait un déploiement de grande envergure, comparable aux bombardements aériens sur l'Irak, appelés « Peur et tremblement » [Shock and Awe], en mars 2003 : Les frappes aériennes américaines sur l'Iran excéderaient de beaucoup l' ampleur de l'attaque israélienne sur le centre nucléaire irakien Osiraq, en 1981. Elles ressembleraient plus aux premiers jours de la campagne aérienne contre l'Irak, en 2003. La vingtaine de sites nucléaires iraniens pris pour cibles seraient attaqués par toute la force des bombardiers furtifs B-2 disponibles, qui décolleraient de Diego Garcia ou directement des Etats-Unis, vraisemblablement ravitaillés par des F-117 furtifs décollant d' Udeid, au Qatar, ou d'autres bases aériennes proches du champ d'opérations. Les planificateurs militaires pourraient choisir une liste de cibles reflétant les préférences de l'administration américaine, en limitant les frappes aériennes aux installations les plus cruciales. ou bien les Etats-Unis pourraient opter pour un ensemble beaucoup plus complet de frappes aériennes contre un ensemble de cibles liées aux armes de destruction massive, ainsi que contre les forces armées conventionnelles et non-conventionnelles susceptibles d'être utilisées par l'Iran afin de contre-attaquer en frappant les forces américaines encore en Irak ( voir http://www.globalsecurity.org/military/ops/iran-strikes.htm ) En novembre 2005, l'US Strategic Command a effectué un exercice très important s'inscrivant dans le cadre d'un « plan global de frappe » intitulé « Global Lightening » [Feu d'artifice planétaire]. Cet exercice comportait une simulation d'attaque recourant à des armes tant conventionnelles que nucléaires contre un « ennemi fictif ».

A la suite de cet exercice, le commandement stratégique des Etats-Unis a décrété un degré de préparation avancé (voir notre analyse, ci-après). Même si des articles parus dans la presse asiatique ont indiqué que l' « ennemi fictif » de l'exercice « Feu d'artifice mondial » était sans doute la Corée du Nord, le timing de ces exercices laisse entendre qu'ils ont été effectués en anticipation d'une attaque planifiée contre l'Iran.

Consensus sur une guerre nucléaire

Aucune voix politique n'a émergé du sein de l'Union européenne. Des consultations entre Washington, Paris et Berlin se poursuivent. Contrairement à l'invasion de l'Irak, à laquelle la France et l'Allemagne s' étaient opposées sur le plan diplomatique, Washington a su bâtir un « consensus » tant au sein de l'Alliance atlantique qu'au conseil de sécurité de l'Onu. Ce consensus porte sur la conduite d'une guerre nucléaire, qui pourrait affecter une très vaste part du Moyen-Orient et de l'Asie centrale. De plus, un certain nombre de pays arabes de la confrontation sont actuellement des partenaires tacites de ce projet militaire américano-israélien. Voici un an de cela, en novembre 2004, les plus hauts responsables militaires israéliens ont rencontré, au siège de l'Otan, à Bruxelles, leurs homologues de six pays du bassin méditerranéen, dont l' Egypte, la Jordanie, la Tunisie, le Maroc, l'Algérie et la Mauritanie. Un protocole a été signé entre l'Otan et Israël. A la suite de ces réunions, des exercices militaires conjoints ont été effectués au large de la côte syrienne, qui ont impliqué les Etats-Unis, Israël et la Turquie. Enfin, en février 2005, Israël a participé à des exercices militaires et à des « manoeuvres anti-terroristes », conjointement à plusieurs pays arabes. En choeur, les médias ont montré du doigt d'une manière non équivoque l'Iran, présenté comme « une menace pour la paix mondiale ».

Le mouvement pacifiste a avalé les mensonges des médias. Le fait que les Etats-Unis et Israël soit en train de planifier un holocauste nucléaire au Moyen-Orient ne fait pas partie de l'agenda politique des mouvements anti-guerre / anti-mondialisation. Les « frappes chirurgicales » sont présentées à l'opinion publique mondiale comme des moyens permettant d'empêcher l'Iran de mettre au point des armes nucléaires.

On nous dit qu'il ne s'agirait pas d'une guerre, mais d'une opération militaire de maintien de la paix, sous la forme d'attaques aériennes visant les installations nucléaires iraniennes.

Les mini-bombes : elles « respectent les civils »

Tout en révélant certains aspects de l'agenda militaire, la presse est largement utilisée afin de déformer la nature beaucoup plus large de l' opération militaire, qui envisage le recours préemptif à des armes nucléaires tactiques.

Le programme de guerre est basé sur la doctrine, adoptée par l' administration Bush, de guerre nucléaire « préemptive », telle qu'exposée dans l'édition 2002 de la Nuclear Posture Review.

Depuis un certain temps, la désinformation médiatique est utilisée de manière massive afin de dissimuler les conséquences dévastatrices d'une action militaire impliquant l'utilisation de têtes de missiles nucléaires contre l'Iran. Le fait que ces frappes chirurgicales seraient effectuées en utilisant à la fois des armes conventionnelles et des armes nucléaires ne fait l'objet d'aucun débat.

D'après une décision sénatoriale de 2003, la nouvelle génération d'armes nucléaires tactiques, ou de « mini-bombes nucléaires à faible puissance », avec une capacité explosive allant jusqu'à six fois celle de la bombe d' Hiroshima, tout de même, est désormais considérée comme « inoffensives pour les civils », l'explosion se produisant sous terre.

Grâce à une campagne de propagande qui a mobilisé le soutien d'atomistes « faisant autorité », les mini-bombes nucléaires sont présentées comme un instrument de paix, plutôt que de guerre. Les bombinettes à faible puissance sont désormais « bonnes pour le service » sur le champ de batille, elles sont homologuées pour la prochaine étape de la « guerre américaine contre le terrorisme », en plus des armes conventionnelles :

Les responsables américains arguent du fait que des armes nucléaires de faible puissance sont nécessaires, car elles sont censées représenter une dissuasion crédible pour des pays voyous [lire : l'Iran, la Corée du Nord]. Leur logique se résume à ce que les armes nucléaires existantes sont trop destructrices pour être utilisées dans le cadre d'une guerre nucléaire généralisée. Les ennemis potentiels le savent, aussi ne considèrent-ils pas crédible la menace de représailles nucléaires. Toutefois, les armes nucléaires à faible puissance sont moins destructrices, et par conséquent, il est concevable qu'on puisse y avoir recours. Cela les rendrait plus efficientes, en tant que dissuasion. ( Opponents Surprised By Elimination of Nuke Research Funds, Defense News November 29, 2004) Selon une logique outrageusement pervertie, des armes nucléaires sont présentées comme un moyen permettant de construire la paix et d'éviter des « dommages collatéraux ». Le Pentagone a asséné, à cet égard, que les « mini-bombes » (d'une puissance inférieure à 5 kilotonnes) sont inoffensives pour les civils, parce que les explosions « se produisent en sous-sol ». Chacune de ces mini-bombes constitue néanmoins - en terme d'explosion de retombées radioactives potentielles - une fraction non négligeable de la bombe atomique lancée sur Hiroshima en 1945. Les estimations de puissance concernant les bombes de Nagasaki et d'Hiroshima indiquent qu'elle s' établissait respectivement à 21 et 15 kilotonnes.

( http://www.warbirdforum.com/hiroshim.htm ) Autrement dit, les mini-bombes à « faible » puissance ont une capacité détonante équivalente à un tiers de la bombe d'Hiroshima.

 

Texte de doctrine : les mini-bombes nucléaires

La capacité de pénétration sous terre de la bombe (nucléaire) B61-11 est toutefois fort limitée. Les tests montrent de quelle manière elle ne s' enfonce que de vingt pieds environ dans un sol sec lorsqu'on la largue d'une altitude de 40 000 pieds. Même dans ce cas, en s'enterrant sous terre avant la déflagration, c'est une énorme proportion de l'énergie explosive qui est transférée au choc terrestre, en comparaison avec les effets destructifs en surface. Toute tentative d'utiliser ce type de bombe en environnement urbain, toutefois, aurait pour effet un nombre très élevé de victimes civiles. Même dans l'hypothèse basse de son spectre de puissance, qui va de 0,3 à 300 kilotonnes, l'explosion nucléaire creuserait tout simplement un énorme cratère de substances radioactives, créant un champ mortel de radiations gamma sur une vaste superficie.

http://www.fas.org/faspir/2001/v54n1/weapons.htm

La Gbu 28 [Guided Bomb Unit - 28]

La nouvelle définition de ce qu'est une tête nucléaire a eu pour effet d' estomper la distinction entre armes conventionnelles et armes nucléaires : « Il s'agit d'un ensemble (armes nucléaires + armes conventionnelles), d'un « package ». L'implication patente de ceci, c'est que certaines armes nucléaires sont dégradées, et passent d'une catégorie spéciale d'armes de dernier recours, ou de sorte d'arme ultime, pour devenir simplement un outil comme un autre, dans la boîte à outils », a déclaré Kristensen (Japan Economic News Wire).

Nous sommes à une dangereuse croisée des chemins : les planificateurs militaires finissent par croire à leur propre propagande ! Les manuels d'instruction militaire expliquent que les armes nucléaires de cette nouvelle génération sont « sûres », et qu'elles peuvent être utilisées sans problème sur le champ d'opérations. Il ne s'agit plus désormais d'armes de dernier recours. Il n'y a aucun empêchement, ni aucun obstacle politique à leur utilisation. Dans ce contexte, le Sénateur Edward Kennedy a accusé l' administration Bush d'avoir développé « une génération d'armes nucléaires d' un nouveau type, plus utilisables. »

La communauté internationale assume désormais une guerre nucléaire, au nom de la paix mondiale :

« Rendre le monde plus sûr » est la justification du lancement d'une opération armée qui pourrait produire un holocauste nucléaire. Mais les holocaustes nucléaires ne font pas la une des journaux ! Comme le dit Mordechai Vanunu :

« Le gouvernement israélien se prépare à l'utilisation d'armes nucléaires au cours de sa prochaine guerre avec le monde musulman. Ici, où je vis, les gens évoquent souvent l'Holocauste. Mais chaque bombe nucléaire est un Holocauste en soi. Elle peut tuer, dévaster des villes entières, détruire des peuples entiers.» (Interview de Mordechai Vanunu, décembre 2005).

 

Unité de commandement d'attaque spatiale et terrestre

Une attaque nucléaire préemptive, recourant à des armes nucléaires tactiques, serait coordonnée par le QG du commandement stratégique américain, sur la base aérienne d'Offutt, dans le Nebraska, en liaison avec les unités commandos américains et alliés dans le Golfe persique, la base militaire de Diego Garcia, Israël et la Turquie.

Selon le nouveau mandat qui lui est confié, l'USSTRATCOM a la responsabilité de « superviser un plan global de frappes » consistant en l'utilisation d' armes tant conventionnelles que nucléaires. En jargon militaire, il doit lui incombe de jouer le rôle d' « intégrateur global, chargé des missions des opérations spatiales ; des opérations d'information ; de la défense intégrée par missiles ; de la commande et du contrôle global ; du renseignement et de la reconnaissance ; des frappes mondiales et de la dissuasion stratégique. »

En janvier 2005, au début de la montée en puissance de la campagne dirigée contre l'Iran, l'USSTRATCOM a été qualifié de « commandement combattant de pointe, pour l'intégration et la synchronisation des efforts d'ampleur mondiale, dans le combat contre les armes de destruction massive. » Afin d'accomplir ce mandat, une unité de commandement flambante neuve, intitulée Composante fonctionnelle conjointe Espace et Frappe mondiale [Joint Functional Component Command Space and Global Strike - JFCCSGS] a été créée.

Elle a pour mission de superviser le lancement d'attaques nucléaires en conformité avec le document 2002 Nuclear Posture Review [NPR] , approuvé par le Congrès des Etats-Unis en 2002. Cette NPR souligne l'éventuel recours préemptif à des têtes nucléarisées non seulement contre des « pays voyous », mais aussi contre la Chine et la Russie.

Depuis novembre 2005, le JFCCSGS serait dans un « état de préparation avancé », et observerait la conduite arrêtée lors des exercices militaires correspondants. L'annonce en a été faite au début décembre par le commandement stratégique américain, aux effets que l'unité de commandement était parvenue à mettre sur pied « une capacité opérationnelle de frapper rapidement des objectifs dans le monde entier en utilisant des armes tant conventionnelles que nucléaires. » Les exerces effectués en novembre dernier ont utilisé « un pays fictif, dont on pense qu'il représentait la Corée du Nord ».

« La nouvelle unité [JFCCSGS] a rempli « les conditions nécessaires pour déclarer une capacité opérationnelle initiale » dès le 18 novembre. Une semaine avant cette annonce, l'unité achevait un exercice de poste de commandement, surnommé Feu d'Artifice Mondial, lié à un autre exercice, appelé Bouclier Vigilant [Vigilant Shield] mené par le Commandement Nord-Américain de la Défense Spatiale, ou NORAD [the North American Aerospace Defend], chargé de la défense balistique de l'ensemble de l' Amérique du Nord.

« Après avoir assumé plusieurs missions nouvelles en 2002, le US Strategic Command a été réorganisé afin de générer une meilleure coopération et une meilleure préparation inter-fonctionnelle », a déclaré le capitaine de la marine James Graybeal, porte-parole en chef du STRATCOM. « En mai dernier (2005), le JFCCSGS a rendu public son concept opérationnel, et il a commencé à développer ses conditions opérationnelles au jour le jour, ainsi que son processus de planification intégrée. »

« Les performances du commandement, durant l'exercice Feu d'Artifice Mondial, ont montré qu'il était prêt à exécuter sa mission consistant à démontrer les capacités de frappes intégrées spatiales et globales afin de dissuader des agresseurs éventuels et, une fois pointées, de détruire des adversaires à travers des effets mondiaux coordonnés décisifs en soutien au STRATCOM », a-t-il ajouté, sans développer les « nouvelles missions » de la nouvelle unité de commandement, qui dispose d'un effectif d'environ 250 hommes.

Des spécialistes des questions nucléaires, ainsi que des sources gouvernementales, ont fait observer que l'une de ses missions principales serait de mettre en application la stratégie nucléaire de 2001, qui inclut une option d'attaques nucléaires préemptives contre des « Etats voyous » disposant d'armes de destruction massive. (Japanese Economic Newswire, 30 December 2005)

Le Plan conceptuel [CONPLAN] 8022

Le JFCCSGS est dans un état avancé de préparation à lancer des attaques nucléaires contre l'Iran ou la Corée du Nord. La mise en application opérationnelle des Frappes Mondiales est appelée Concept Plan [CONPLAN] 8022, décrit comme un « plan réel que la Marine et l' Aviation traduisent en package de frappes de leurs sous-marins et bombardiers ».

Le CONPLAN 8022 est « le plan - parapluie général pour les scénarios stratégiques pré-planifiés qui impliqueraient des armes nucléaires. » « Il est spécifiquement pointé sur de nouveaux types de menaces - Iran, Corée du Nord - des pays proliférateurs et également potentiellement terroristes », a-t-il dit. « Rien ne dit qu'on n'utilisera pas le CONPLAN 8022 dans des scénarios limités contre des cibles russes et chinoises. » (D' après Hans Kristensen, du Nuclear Information Project, cité par l'agence Japanese Economic News Wire).

La mission du JFCCSGS est donc de mettre en oeuvre le CONPLAN 8022. Autrement dit : de déclencher une guerre nucléaire contre l'Iran. Le commandant en chef, en l'occurrence George W. Bush, instruirait le secrétaire à la Défense, lequel à son tour donnerait aux chefs des états-majors conjoints l'ordre d'activer le CONPLAN 8022. Le CONPLAN ses distingue d'autres opérations militaires en ceci qu'il n' envisage pas le déploiement de forces terrestres.

Il diffère des autres plans de guerre en ceci qu'il envisage une opération à petite échelle et aucun «ranger sur le terrain ». Le plan de guerre, classique, comporte un amalgame de forces - air, terre, mer - et prend en compte les dimensions logistiques et politiques requises pour maintenir lesdites forces dans des opérations prolongées. Le plan de frappes globales est offensif, il serait lancé en raison de la perception d'une menace imminente et mené à bien sous commandement direct du président des Etats-Unis (William Arkin, Washington Post, mai 2005).

Le rôle d'Israël

Depuis la fin 2004, Israël entasse des systèmes d'armement américain, conventionnels et nucléaires, en anticipation d'une attaque contre l'Iran. Ce stockage, financé au titre de l'assistance militaire américaine, était largement effectué, déjà en juin 2005. Israël a pris livraison, de la part des Etats-Unis, de plusieurs milliers « d'armes intelligentes lancées depuis les airs », dont quelque « bombes anti-bunkers, qui peuvent être également utilisées afin d'acheminer des bombes nucléaires tactiques.

La B61-11 est la « version nucléarisée » de la BLU 113 « conventionnelle » : elle peut être acheminée de manière tout à fait similaire à la bombe « anti-bunker » conventionnelle.
(voir Michel Chossudovsky, http://www.globalresearch.ca/articles/CHO112C.html ou encore http://www.thebulletin.org/article_nn.php?art_ofn=jf03norris ).
De plus, a-t-il été rapporté fin 2003, les sous-marins israéliens de la classe Dolphin, équipés de missiles américains Harpoon armés de têtes nucléaires sont désormais pointés sur l'Iran (Voir Gordon Thomas, http://www.globalresearch.ca/articles/THO311A.html ).

Document de doctrine

Fin avril 2005. Vente de matériel militaire meurtrier à Israël (GBU-28 et Buster Bunker Bombs GB). Au moment où Putine était en visite en Israël, l'agence de coopération en matière de sécurité de la défense (relevant du ministère de la Défense) a annoncé la vente à Israël de cent bombes anti-bunkers produites par la société Lockheed. Cette décision a été considérée, par les médias américains, comme « un avertissement adressé à l'Iran, au sujet de ses ambitions nucléaires. »

Il s'agit de la vente des plus grosses et sophistiquées « bombes guidées » Guided Bomb Unit-28 (GBU-28) BLU-113 Penetrator (y compris l'unité de guidage et de contrôle WGU-36A/B ainsi que l'équipement logistique). La GBU-28 est présentée comme « une arme spéciale permettant de pénétrer des centres de commandement blindés situés profondément sous terre. Le fait est que le GBU-128 fait partie des armes « conventionnelles » les plus redoutables au monde. Elle a été utilisée en 2003 lors de l'invasion de l' Irak. Elle est capable de causer la mort de plusieurs milliers de civils, par ses énormes déflagrations.

L'aviation militaire israélienne est autorisée à utiliser la GBU-28 sur ses bombardiers F-15. (http://www.dsca.osd.mil/PressReleases/36-b/2005/Israel_05-10_corrected.pdf )

Extension de la guerre

Téhéran a confirmé qu'il répliquerait en cas d'attaque, sous la forme de frappes de missiles balistiques dirigés contre Israël (CNN, 08.02.2005). Ces attaques pourraient aussi viser des installations militaires américaines en Irak et dans le Golfe persique, ce qui ne manquerait pas de nous conduire immédiatement à un scénario d'escalade militaire et de guerre totale. Pour l'instant, il y a trois théâtre de guerre distincts : l'Afghanistan, l' Irak et la Palestine. Les frappes aériennes contre l'Iran pourraient contribuer à déclencher une guerre dans une vaste région comprenant à la fois le Moyen-Orient et l'Asie centrale.

De plus, l'attaque planifiée contre l'Iran pourrait être également comprise dans le cadre de représailles pour le retrait des troupes syriennes du Liban en temps et en heure, retrait qui a ouvert un nouvel espace à un éventuel déploiement de l'armée israélienne. La participation de la Turquie dans les opérations américano-israéliennes est un facteur important, elle découle d' un accord conclu l'an dernier entre Ankara et Tel Aviv.

Plus récemment, Téhéran a renforcé ses défenses anti-aérienne, grâce à l' acquisition de systèmes anti-missiles russes 29 Tor M-1 En octobre, avec la collaboration de Moscou, « une fusée russe a mis un satellite espion iranien, le Sinah-1, en orbite. »

Le Sinah-1 n'est que le premier de toute une série de satellites iraniens que la Russie doit lancer au cours des prochains mois. Ainsi, les Iraniens disposeront bientôt d'un réseau de satellites en place, qui leur donnera un avertissement précoce en cas d'attaque israélienne, bien qu'il ne s'agira encore là que d'un pâle reflet des puissants satellites espions israéliens et américains qui sont capables de déceler le plus petit déplacement de la barbe d'un mollah à Téhéran. De plus, à la fin du mois dernier, la Russie a signé un contrat d'un milliard de dollars, vendant à l' Iran un système de défense avancée qui est susceptible de détruire des missiles guidés et des bombes guidées par laser, a indiqué le Sunday Times. Celui-ci sera également opérationnel d'ici quelques mois.

Guerre terrestre

Quand bien même une guerre terrestre n'est pas envisagée par le CONPLAN, les bombardements aériens pourraient conduire à une escalade débouchant sur une guerre terrestre.

Des troupes iraniennes pourraient pénétrer à l'intérieur de la frontière irano-irakienne et affronter les forces de la coalition en territoire irakien et / ou des forces spéciales pourraient pénétrer au Liban et en Syrie.

Aux dernières nouvelles, Israël envisagerait de procéder à des exercices militaires et de déployer des forces spéciales dans les régions montagneuses de la Turquie proches de l'Iran et de la Syrie, avec la collaboration du gouvernement d'Ankara : Ankara et Tel-Aviv sont convenus de permettre à l'armée israélienne d' effectuer des exercices militaires dans les régions montagneuses de Turquie, proches de la frontière iranienne.

D'après un quotidien des Emirats Arabes Unis, en vertu de l'accord conclu entre le chef d'état-major de l'armée israélienne, Dan Halutz et des responsables turcs, Israël effectuerait diverses manoeuvres militaires dans les régions frontalières avec l'Iran et la Syrie. Dan Halutz s'est d' ailleurs rendu en Turquie récemment.

Citant certaines sources sans les nommer, le quotidien émirati souligne que c'est la partie israélienne qui a demandé à effectuer ces manoeuvres en raison de la difficulté de circuler, en hiver, dans les montagnes proches de la frontière iranienne.

Les deux unités Hakari et Bulo doivent prendre part à des manoeuvres qui n' ont pas encore été programmées. Ces unités sont les plus importantes de l' armée israélienne et elles sont chargées de combattre le terrorisme en menant une guerre de guérilla.

Un peu auparavant, la Turquie avait accepté que des pilotes israéliens soient entraînés dans la zone frontalière avec l'Iran. La nouvelle de l' accord a été publiée en des temps où les officiels turcs s'efforcent d' éluder des accusations de coopération avec l'Amérique dans ses opérations d' espionnage contre les pays voisin. La Syrie et l'Iran. Depuis la semaine passée, la presse arabe a publié divers rapports disant qu'Ankara était prêt, ou tout du moins, agréait par principe à l'engagement de négociations au sujet de l'autorisation de l'utilisation de son territoire et de son espace aérien par une action militaire dirigée contre l'Iran.

Quelques observations, en guise de conclusion

Les implications de tout ceci sont écrasantes. La soi-disant communauté internationale a accepté l'éventualité d'un holocauste nucléaire.

Ceux qui décident de tout ont gobé leur propre propagande de guerre. Un consensus politique s'est développé, en Europe de l'Ouest et en Amérique du Nord au sujet d'attaques aériennes recourant à des armes nucléaires tactiques, sans considération aucune pour leurs conséquences dévastatrices. Cette aventure militaire motivée essentiellement par le profit met en danger l'avenir de l'humanité Ce dont nous avons besoin, au cours des mois à venir, c'est un sursaut majeur, national et international, qui brise la conspiration du silence, qui reconnaisse les dangers, qui place ce projet guerrier au premier plan du débat politique et de l'attention médiatique, à tous les niveaux, qui exige des dirigeants politiques et militaires qu'ils adoptent une position inflexible face à la guerre nucléaire sponsorisée par les Etats-Unis. Enfin, et surtout, ce qui est requis, ce sont des sanctions internationales généralisées contre les Etats-Unis d'Amérique et Israël.

 

[* Michel Chossudovsky est l'auteur du best-seller international « The Globalization of Poverty », publié en onze langues. Il enseigne l'économie à l'Université d'Ottawa et il dirige le Centre de Recherches sur la Globalisation, site : http://www.globalresearch.ca . Il contribue également à l'Encyclopaedia Britannica. Son dernier livre a pour titre : America 's « War on Terrorism », éditions Global Research, 2005.]


L'Iran défend sa conférence sur l'holocauste

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a défendu mardi la tenue d'une conférence sur l'holocauste en Iran et dénoncé l'"intolérance" du Premier ministre britannique Tony Blair qui a jugé "choquante, ridicule et stupide" une telle réunion.

"Les déclarations de M. Blair sont une insulte à l'intelligence des citoyens du monde. Depuis un demi siècle, les défenseurs de l'Holocauste ont soutenu leur position, ils doivent maintenant s'entraîner à écouter les autres", a déclaré Hamid Reza Assefi, dans un communiqué cité par l'agence Isna. "A l'âge de la communication, pourquoi les défenseurs de la mondialisation insistent, comme au Moyen-Âge, sur leur position unilatérale et veulent que le village mondial n'entend qu'une seule voix", a demandé M. Assefi. "On doit pouvoir entendre toutes les opinions et choisir la meilleure", a-t-il dit encore.

"Malheureusement, l'intolérance aveugle et les objectifs et les intérêts politiques ont fermé les yeux des défenseurs de l'holocauste aux réalités du monde et ils rejettent, contre toute logique, le principe même d'une conférence scientifique sur l'holocauste", a affirmé M. Assefi. M. Blair a déclaré lundi que l'organisation à Téhéran d'un séminaire sur l'holocauste, qualifié de "mythe" par le président Mahmoud Ahmadinejad, était "choquante, ridicule et stupide". "Je serais très surpris qu'un quelconque pays ou gouvernement sérieux où que ce soit y accorde la moindre crédibilité", a-t-il ajouté. "Peut-être devrait-il (le président iranien) venir voir lui même dans les pays européens", a encore déclaré M. Blair.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé le 15 janvier qu'il allait organiser un séminaire sur l'holocauste des juifs, après que le président iranien l'eut publiquement qualifié de "mythe". En décembre, le président iranien avait dénoncé le "mythe du massacre des juifs" et avait demandé aux Occidentaux de créer un Etat israélien en Europe, aux Etats-Unis, au Canada ou encore en Alaska. En octobre, il avait déjà scandalisé la communauté internationale en jugeant que l'Etat hébreu devait "être rayé de la carte". Source : AFP, 24 janvier 2006

 

Le caviar (aussi) pourrait être rayé de la carte


Source : Le Monde, 21 janvier 2006
Un monde sans caviar sauvage : cette perspective fait cauchemarder les gourmets fortunés. Le 3 janvier, la Cites (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), un organisme qui regroupe 80 Etats, a décidé de suspendre les exportations d'oeufs d'esturgeon en provenance de la mer Caspienne pour faire face à la raréfaction du poisson.
Les accros au caviar de la Caspienne ‹ 90 % de la production mondiale ‹ ne sont pas les seuls à trembler. Ceux qui en font le commerce s'inquiètent aussi. Parmi eux, emblématique, symbole du mets de luxe, Armen Petrossian. Propriétaire du restaurant et de la boutique historique de la marque, boulevard de Latour-Maubourg, dans le 7e arrondissement de Paris (40 millions d'euros de chiffre d'affaires), il envisage le pire. Le pire, c'est-à-dire ne plus pouvoir négocier le caviar, dont il assure traiter 15 % à 20 % du tonnage officiel dans le monde.
Depuis que les scientifiques ont révélé une baisse dramatique des populations d'Acipenser stellatus, d'Acipenser persicus ou d'Acipenser huso huso, qui produisent les caviars sevruga, osciètre et le fameux beluga ‹ le plus rare et le plus apprécié, M. Petrossian vivait avec cette menace. Selon le WWF, le nombre d'esturgeons a été divisé par 40 en quinze ans.
M. Petrossian a aussi dû faire face, conséquence de cet effondrement des ressources halieutiques, à la flambée des prix du caviar. Déjà cher à l'origine parce qu'il est rare, il est devenu hors de prix avec la baisse des effectifs. "Le prix moyen à l'exportation a été multiplié par 4,5 entre 1998 et 2005 et on arrive aujourd'hui à la limite de l'acceptable sur les prix de détail", selon M. Petrossian. A la boutique parisienne du négociant, la boîte de 125 grammes de beluga coûte aujourd'hui entre 620 et 870 euros.
Comment a-t-on pu en arriver à cette double catastrophe écologique et culinaire ? Les organisations écologistes invoquent souvent la pollution. " Il n'y a plus d'usines au bord de la Caspienne, elles ont toutes fermé dans les années 1990", rétorque M. Petrossian. Pour lui, c'est plutôt la désorganisation de la filière de production et d'exportation de caviar, liée à la disparition de l'URSS, qui est en cause. " L'Union soviétique avait mis en place des alevinages dès les années 1930. Les bébés esturgeons étaient rejetés en grande quantité dans la Caspienne. La production était planifiée et contrôlée scientifiquement. L'Iran, deuxième grand fournisseur de caviar à partir du début des années 1950, a également rempoissonné régulièrement. Mais, dans les années 1990, les ex-Républiques soviétiques ‹ Turkménistan, Kazakhstan et Azerbaïdjan ‹ n'ont malheureusement pas consenti les mêmes efforts", regrette le négociant. A l'époque, lui et ses concurrents étaient accrédités auprès d'organismes d'Etat, en URSS puis en Iran, qui avaient le monopole de l'exportation du caviar. Mais aujourd'hui ces structures ont disparu ‹ sauf en Iran. Les négociants ont perdu leurs droits d'importation exclusifs et leurs interlocuteurs se sont multipliés.
Profitant de la désorganisation, les braconniers s'en sont donné à coeur joie, sans souci de préserver l'espèce. " Le rêve de tout pêcheur de la Caspienne, c'est de prendre dans ses filets un gros beluga et de pouvoir vendre 100 kg de caviar d'un coup", regrette Peter Rebeiz, président du suisse Caviar House, autre grande maison de négoce. Une dérive redoutable car le cycle de maturation des poissons est très long ‹ jusqu'à une vingtaine d'années pour qu'une femelle beluga soit féconde et donne des oeufs. M. Petrossian estime que 100 tonnes de caviar ont été commercialisées illégalement en 2005, soit davantage que les ventes légales (environ 65 tonnes). Selon le ministère français de l'écologie, la contrebande alimenterait 90 % du marché hexagonal, premier de l'Union européenne.
Dès 1998, la Cites avait décidé d'imposer des quotas annuels de pêche pour 25 des 27 espèces d'esturgeons qui existent dans le monde et d'interdire formellement la pêche des deux espèces restantes. Des négociants se sont alors regroupés derrière M. Petrossian pour mieux faire valoir leurs intérêts dans cette instance. Tout en cherchant à se diversifier, en proposant dans leurs épiceries fines du saumon fumé, de la vodka, du foie gras, voire du chocolat, ils ont notamment milité pour que soit mis en place un système d'étiquetage qui permette d'authentifier le caviar.
Mais la décision de la Cites de suspendre les exportations de l'autre or noir ‹ avec le pétrole ‹, de la Caspienne a fait monter la pression d'un cran. L'organisme a rejeté les quotas de prises que les pays exportateurs lui ont soumis pour l'année 2006, estimant qu'ils étaient trop élevés et ne tenaient pas suffisamment compte des prises illégales de poisson. La Cites attend de nouvelles propositions de leur part. Pour l'instant, aucun rendez-vous n'a été pris. " La suspension des exportations peut durer quinze jours comme toute l'année", prévient un porte-parole de l'organisation.
Les amateurs de caviar doivent-ils prendre leurs précautions et, comme d'autres avec le sucre, constituer des réserves en vue d'une pénurie mondiale ? M. Petrossian assure pouvoir tenir six mois : "J'ai suffisamment en stock et je n'ai aucun mal à trouver du caviar pêché en 2005 chez les producteurs, qui ont dix-huit mois pour l'écouler", assure-t-il.
Mais si la Cites devait prononcer une interdiction définitive, il ne donne pas deux ans à l'esturgeon pour disparaître définitivement des eaux salées de la Caspienne. " Cette décision serait une catastrophe. L'offre de caviar officielle ayant disparu, et la demande existant toujours, les prix sur le marché noir risqueraient de flamber, ce qui stimulerait encore davantage le braconnage et accélérerait la disparition du poisson", redoute M. Petrossian.
Pour lui, la fin du caviar de la Caspienne serait d'abord un crève-coeur. "C'est sentimental, ma famille est dedans depuis deux siècles", résume le fils de Mouchegh Petrossian. Ce dernier, avec son frère Melkoum, s'est imposé dans les années 1920 comme l'importateur exclusif du caviar russe de la Caspienne en France. La famille de sa mère possédait des pêcheries d'esturgeon à Bakou (en Azerbaïdjan), dès le début du XIXe siècle, et fournissait la table du tsar.
Le déchirement ne serait pas seulement affectif. Environ 20 % des revenus de la société Petrossian proviennent de la revente de caviar de la Caspienne, et dans une moindre mesure, de celui du Danube. Petrossian a commencé à prendre les devants. Il ouvre de nouvelles boutiques (trois sont prévues, à Monaco, Moscou et Hongkong). Comme ses concurrents, il s'est lancé dans la commercialisation de caviar d'élevage. Sa qualité s'est nettement améliorée, et ses ventes ne cessent de progresser. Petrossian a signé des contrats avec le néerlandais Marine Harvest, qui fabrique du caviar à partir d'esturgeons Transmontanus élevés en bassins. Il se fournit aussi auprès de L'Esturgeonnière, une entreprise girondine qui produit du caviar à partir d'un élevage d'esturgeons baeri (une espèce sibérienne). Son concurrent Caviar House, lui, a racheté la Manufacture Prunier, qui fabrique également du baeri d'élevage en Dordogne : les ventes de ces oeufs pèsent désormais 70 % du total des ventes de caviar du groupe.
M. Petrossian et les autres négociants "historiques" ne croient pourtant pas à une explosion de la concurrence stimulée par la montée en puissance du caviar d'élevage. "Produire et commercialiser un produit de très grande qualité ne s'improvise pas. S'offrir un stock d'alevins, des bassins d'élevage et réunir beaucoup de trésorerie n'y suffisent pas", assure l'un d'eux. L'esturgeon est un poisson à la biologie très complexe et au maniement délicat. D'une femelle à l'autre, la qualité des oeufs peut varier énormément. Un peu comme pour un champagne, le négociant devra savoir trier et porter à maturation les meilleurs grains ‹ que Petrossian réserve à ses boutiques. Les autres oeufs sont vendus en grande distribution sous la marque Dom Petroff où ils restent néanmoins très chers. Le caviar à prix cassé n'est pas pour demain.


L'Iran fait flamber les cours du pétrole


par F. M. , le Figaro, 21 janvier 2006
Moyen-Orient -Téhéran souhaite que l'Opep baisse ses quotas de production d'un million de barils par jour à compter du printemps.
LE BARIL de pétrole est à nouveau plongé dans une spirale infernale. Hier à New York, le brut s'envolait au-dessus de 67 dollars, se rapprochant dangereusement du record atteint le 30 août dernier, à 70,85 dollars. A l'époque, le cyclone Katrina avait mis hors service un certain nombre d'installations dans le golfe du Mexique, provoquant cette brutale accélération.
Aujourd'hui, c'est au tour de l'Iran de peser fortement sur les cours. Téhéran a demandé à l'Opep, dont il est un membre influent, de baisser ses quotas de production d'un million de barils par jour (Mbj) à compter du mois d'avril. Officiellement, l'Iran veut prévenir la baisse des cours liée au recul de la consommation mondiale qui suit la fin de l'hiver. Mais, en pratique, face à l'ONU, Téhéran souhaite surtout agiter l'arme du pétrole.
De ce côté-là, le pays a été largement entendu par les marchés pétroliers. Depuis déjà quelques jours, de nombreux observateurs mettent en garde contre la flambée des cours qu'entraîneraient d'éventuelles sanctions contre Téhéran. Alors que ce dernier cherche aujourd'hui à rallier à sa cause les autres pays producteurs.

Le deuxième producteur de l'Opep
Deuxième producteur de l'Opep, quoique loin derrière l'Arabie saoudite, l'Iran délivre chaque jour 4,2 millions de barils (Mbj), dont 2,7 millions sont réservés à l'exportation, à destination de l'Europe, de la Chine, du Japon, de la Corée du Sud et de Taïwan. Parallèlement, ses réserves prouvées, évaluées à 125,8 milliards de baril, représentent près de 10% du total mondial. Il faut y ajouter 15% des réserves de gaz naturel.

Une faible marge de manoeuvre
Sans doute ce poids lourd n'a-t-il pas les moyens de se priver durablement des rentrées occasionnées par ses formidables richesses pétrolières.


Mais une interruption, même brève, des livraisons iraniennes se répercuterait immédiatement sur les cours. D'autant que les prévisions de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) sont formelles ; en 2006, la demande mondiale devrait progresser d'environ 2,2%, à 85,1 millions de barils par jour. Or, comme l'Opep produit déjà presque au maximum de ses capacités, le marché dispose d'une faible marge de manoeuvre pour compenser une éventuelle «défaillance» d'un gros producteur.
A côté de l'Iran, un autre pays inquiète aujourd'hui les marchés pétroliers. Au Nigeria, les deux principaux syndicats du secteur des hydrocarbures ont agité la menace d'une grève dans le delta du Niger. Une action pour protester contre les nombreuses attaques dont sont victimes les installations pétrolières et qui pénalisent sévèrement la production de Shell dans ce pays. Premier producteur du continent africain et sixième exportateur mondial, le Nigeria, tout comme l'Iran, peut ébranler sévèrement le marché pétrolier.

Téhéran transfère en Asie ses avoirs européens


L'Iran anticipe d'éventuelles sanctions économiques de la communauté internationale.
L'IRAN affirme ne pas croire aux sanctions de la communauté internationale, mais prend ses précautions.
Décidées à déjouer un éventuel gel de leurs avoirs en Occident, les autorités ont engagé un vaste mouvement de transfert de leurs réserves en devises d'Europe vers les pays du Sud-Est asiatique. «Nous transférons nos réserves de tous les secteurs, notamment les réserves provenant de recettes pétrolières, là où nous le jugeons nécessai