Dans l’oeil du cyclone
Ahmadinejad : l’arroseur a été
arrosé
Le plan américain de démocratie au Moyen-Orient a
provoqué l'effet inverse des objectifs des USA, en permettant
la victoire d'islamistes dans plusieurs pays de la région,
a déclaré le président iranien Mahmoud Ahmadinejad,
cité dimanche par l'agence officielle Irna. "Le (plan)
des Américains en faveur de la démocratie au Moyen-Orient
a donné le résultat inverse (aux espoirs américains)
en Iran, en Irak, au Liban et même en Palestine", a déclaré
M. Ahmadinejad dans une interview accordée à Irna.
Le projet Grand Moyen-Orient, présenté par le président
américain George W. Bush en juin 2004, vise à promouvoir
des réformes politiques et économiques au Moyen-Orient
et en Afrique du Nord.
"Partout dans le monde islamique, s'il y a des élections
libres (...) les islamistes et les groupes favorables à la
résistance face à l'oppression (USA, ndlr) l'emporteront",
a-t-il ajouté. Vendredi, la secrétaire d'Etat américaine,
Condoleezza Rice, a déclaré que le Moyen-Orient se trouvait
sous la menace d'un "réseau" composé par l'Iran,
la Syrie et le mouvement chiite libanais Hezbollah, dont l'objectif
est de déstabiliser la région.
"L'Iran mène une politique qui déstabilise la
région et il le fait, apparemment, dans plus d'endroits qu'auparavant",
a-t-elle ajouté. "Les peuples ne croient pas à
la démocratie mensongère de l'Occident", a indiqué
M. Ahmadinejad.
"Le mythe du sionisme invincible et éternel (...) a
été battu en brèche après la révolution
islamique de 1979 en Iran et se trouve en constant recul depuis",
a-t-il affirmé. "Le peuple (palestinien) a voté
pour la poursuite de la résistance et pour l'idéal d'une
Palestine libre des occupants (israéliens) et non en faveur
d'une vie politique à l'ombre des sionistes", a-t-il poursuivi,
en référence à la victoire du mouvement islamiste
radical Hamas aux législatives palestiniennes du 25 janvier.
"Ce vote est un premier pas et d'autres succès sont
à venir", selon lui.
Après sa victoire surprise à la présidence de
la République, le président Ahmadinejad a adopté
un ton radical, prônant "le retour aux valeurs de la révolution".
"Les frères palestiniens sont conscients que l'objectif
de l'ennemi est de transformer les forces de la résistance,
contre l'occupation (...) en des démocrates à l'occidental",
a-t-il affirmé. "Les USA veulent désarmer le Hezbollah
libanais, le Hamas et le Jihad (islamique) palestiniens, pour réprimer
les forces de la résistance (...) mais les Libanais et les
Palestiniens en sont conscients", a dit encore le président
iranien.
L'Iran soutient politiquement les groupes islamistes libanais et
palestiniens, tout en rejetant les accusations selon lesquelles il
leur fournit aussi une aide financière.
Source : AFP, 17 février 2006
James Petras : « L’Iran pourrait
devenir la tombe de l’impérialisme »
Le politologue états-unien James Petras a auguré à
Washington une grave défaite en Iran si la Maison Blanche se
hasarde à déclencher contre cette nation une invasion
similaire à celle dont l’Irak avait fait l’objet
en mars 2003.
« L’Iran peut être le fossoyeur de l’impérialisme
», a déclaré James Petras dans un entretien accordé
à l’agence Prensa Latina. Il a souligné notamment
que Washington ne pourrait pas contrôler ce pays en cas d’invasion.
Le politologue états-unien observe que, dans son discours de
la semaine dernière sur l’Etat de l’Union, le président
états-unien George W. Bush a utilisé contre la République
islamique la même rhétorique qu’en 2003, quand
il avait présenté l’Irak comme un danger pour
la sécurité nationale des Etats-Unis.
Pour James Petras, l’enlisement des troupes d’occupation
en Irak est en train de démontrer que Washington serait incapable
de contrôler l’Iran en cas d’invasion et que le
prix à payer pour une décision de ce type serait extrêmement
lourd.
Il a signalé les pressions que le lobby sioniste exerce sur
la Maison Blanche et l’hostilité des militaristes de
l’administration Bush, notamment le vice-président Richard
Cheney et le chef du Pentagone Donald Rumsfeld, comme les raisons
qui déterminent l’actuelle politique de Washington contre
l’Iran.
Source : Agence cubaine d'information, 6 février 2006
Le projet d'une bourse iranienne du pétrole
par Krassimir Petrov, Gold-Eagle, 19 janvier 2006.
Original : www.gold-eagle.com/editorials_05/petrov011606.html .
Traduit de l'anglais par Viktor Dedaj pour Cuba Solidarity Project
http://perso.club-internet.fr/vdedaj/cuba/
L'auteur (Krassimir_Petrov@hotmail.com) est docteur
en économie de l' Ohio State University et est actuellement
enseignant de macroéconomie, finance internationale et économétrie
à l'Université américaine en Bulgarie.
Le projet d'une bourse iranienne du pétrole
accélérerait la chute de l'empire américain
Le gouvernement iranien a finalement mis au point l'ultime arme «
nucléaire » qui pourrait rapidement détruire le
système financier qui soutient l'Empire Américain. L'arme
d'une bourse que l'Iran a prévu d'ouvrir en mars 2006. Elle
sera basée sur un mécanisme de négoce de pétrole
en euros. En termes économiques, la danger pour le dollar est
bien plus grand que celui représenté naguère
par Saddam, parce que cela permettrait à n'importe qui, désireux
d'acheter ou de vendre du pétrole en euros, de court-circuiter
complètement le dollar.
1) L'économie des Empires
Un état-nation taxe ses propres citoyens,
tandis qu'un empire taxe d'autres états-nations. L'histoire
des empires, du grec au romain, de l'ottoman au britannique, nous
enseigne que la base économique de tout empire est la taxation
d'autres nations. La capacité impériale de taxer s'est
toujours accompagnée d'une économie plus efficace et
plus puissante, et comme conséquence, une puissance militaire
plus efficace et plus puissante. Tandis qu'une partie du prélèvement
était affectée à l'amélioration du niveau
de vie de l'empire, une autre partie était affectée
au maintien de la domination militaire nécessaire pour pouvoir
prélever les taxes.
Historiquement, la taxation des états sujets
a pris différentes formes - généralement sous
la forme des métaux or ou argent, là où ils servaient
de monnaie, mais aussi sous forme d'esclaves, de soldats, de récoltes,
de bétail, ou autres ressources agricoles et naturelles, et
tous les biens exigés par l'empire que l'état-sujet
pouvait fournir. Historiquement, la taxation impériale s'est
toujours exercée d'une manière directe : l'état-sujet
remettait ses biens directement à l'empire.
Pour la première fois dans l'histoire, au vingtième
siècle, les Etats-Unis ont pu taxer le monde entier d'une manière
indirecte, par l'intermédiaire de l'inflation. Ils n'ont pas
mis en place un prélèvement direct, comme tous les empires
qui les ont précédés, mais ont distribué
leur propre devise, le dollar US, aux autres nations en échange
de biens avec comme conséquence prévue une inflation
et une dévaluation de ces dollars qui étaient ensuite
récupérés en échange d'une quantité
inférieure de biens - la différence constituant la taxe
impériale US. Voici comment ils ont procédé.
Au début du vingtième siècle,
l'économie US a commencé à dominer l'économie
mondiale. Le Dollar US était indexé sur l'or et par
conséquence sa valeur ne connaissait pas de fluctuations, puisqu'elle
correspondait toujours à la même quantité d'or.
La Grande Dépression, précédée par une
inflation entre 1921 et 1929 et l'explosion des déficits budgétaires,
a provoqué une nette augmentation de la quantité de
monnaie en circulation, rendant ainsi impossible l'indexation du dollar
sur l'or. Ce qui amena Roosevelt en 1932 à supprimer l'indexation
du dollar sur l'or. Jusqu'à là, les Etats-Unis dominaient
le monde, mais uniquement d'un point de vue économique. Ils
n'étaient pas encore un empire. En distribuant des dollars
convertibles en or, des dollars à valeur constante, les Etats-Unis
ne pouvaient tirer des bénéfices économiques
de leurs échanges avec d'autres pays.
D'un point de vue économique, l'Empire Américain
est née en 1945 avec (les accords de) Bretton Woods. Le dollar
US n'était pas totalement convertible en or, mais était
encore convertible en or uniquement pour les gouvernements étrangers.
Le dollar devint ainsi la monnaie de réserve du monde. Ceci
fut rendu possible parce que, pendant la deuxième guerre mondiale,
les Etats-Unis avaient fourni des biens à ses alliés
en exigeant de l'or en guise de paiement. Les Etats-Unis ont ainsi
accumulé une bonne partie de l'or mondial.
La constitution d'un empire n'aurait pas été
possible si, après les accords de Bretton Woods, la quantité
de dollars en circulation avait été limitée à
celle de l'or disponible, afin de pouvoir garantir la parité.
Mais la politique « du beurre et des canons » des années
60 était une politique impériale : le volume des dollars
fut sans cesse accru pour financer la guerre du Vietnam en même
temps que le projet de Grande Société du président
Lyndon B. Johnson. La plupart de ces dollars étaient mis en
circulation à l'étranger en échange de biens
et n'étaient pas rachetés pour la même valeur.
L'augmentation des quantités de dollars détenus par
des étrangers, alimentée par les déficits US
endémiques, équivaut à une taxe : la taxe classique
« par l'inflation » qu'un pays impose à ses propres
citoyens, mais cette fois-ci imposée par les Etats-Unis au
reste du monde.
En 1970-71, lorsque les pays étrangers demandèrent le
remboursement de leurs dollars en échange d'or, le gouvernement
des Etats-Unis fit faux bond, le 15 août 1971. Alors que l'histoire
officielle raconte la « suppression de la parité entre
le dollar et l'or », il s'agissait en réalité
d'un refus de payer, de rembourser en or, ce qui revient à
un acte de mise en faillite de la part du gouvernement des Etats-Unis.
C'est ainsi que les Etats-Unis se déclarèrent Empire.
Ils avaient accaparé d'énormes quantités de biens
du reste du monde, sans intention ou capacité de les payer,
et le monde ne pouvait que constater son impuissance.
A partir de ce moment, pour maintenir l'Empire Américain
et continuer à taxer le reste du monde, les Etats-Unis devaient
obliger le reste du monde à continuer d'accepter, en échange
de biens, les dollars qui se dévaluaient en permanence. Le
reste du monde devait ainsi accumuler de plus en plus de dollars dévalués.
Pour qu'ils continuent d'accumuler tous ces dollars, il fallait trouver
et donner au monde une raison économique de posséder
tant de dollars. Cette raison fût le pétrole.
En 1971, lorsqu'il devint évident que le gouvernement
US était incapable de racheter ses dollars avec de l'or, un
accord avec l'Arabie Saoudite fut instauré en 1972-73 : les
Etats-Unis soutenaient le règne de la Maison des Saoud qui,
en échange, n'accepterait que le dollar US comme monnaie de
paiement pour leur pétrole. Le reste de l'OPEC suivit. Le monde
était donc contraint d'acheter en dollars le pétrole
aux pays arabes et devait donc posséder des dollars pour pouvoir
payer. Et parce que la demande de pétrole dans le monde était
sans cesse croissante, la demande de dollars ne pouvait qu'augmenter.
Si les dollars ne pouvaient plus être échangés
pour de l'or, ils pouvaient désormais être échangés
pour du pétrole.
L'idée derrière cet accord était
de faire en sorte que le dollar soit désormais soutenu par
le pétrole. Et tant que cette situation perdurait, le monde
devait accumuler de plus en plus de dollars, parce qu'il leur fallait
ces dollars pour acheter ce pétrole. Tant que le dollar restait
le seul moyen de paiement du pétrole, sa domination était
garantie et l'Empire Américain pouvait continuer à taxer
le reste du monde. Si le dollar, pour une raison ou une autre, devait
perdre le soutien du pétrole, l'Empire Américain cesserait
d'exister. Ainsi, la survie de l'Empire dépend de la vente
du pétrole en dollars. Cela implique aussi que les réserves
de pétrole soient situées dans des pays trop faibles
politiquement ou militairement pour demander le paiement du pétrole
dans une autre devise. Si quelqu'un demandait à être
payé autrement qu'en dollars, il fallait le convaincre, par
des pressions militaires ou économiques, de changer d'avis.
Un qui a effectivement demandé des Euros en échange
de son pétrole fût Saddam Hussein, en 2000. D'abord il
fut l'objet de risées. Ensuite on a tenté de l'ignorer.
Enfin, lorsqu'il devint évident qu'il ne plaisantait pas, on
exerça des pressions politiques pour lui faire changer d'avis.
Lorsque d'autres pays, comme l'Iran, voulaient être payés
en d'autres devises, notamment en euros et yens, le danger pour le
dollar devint évident, et une opération punitive fut
organisée. La guerre de Bush en Irak n'a rien à voir
avec les armes nucléaires de Saddam, ni la défense des
droits de l'homme, ni la démocratie, ni même le contrôle
des puits de pétrole ; il s'agit de défendre le dollar,
c'est-à-dire l'Empire Américain. Il s'agit de donner
une leçon à tous ceux qui seraient tentés de
demander à être payés autrement qu'en dollars.
Nombreux sont ceux qui ont critiqué Bush pour
avoir mené une guerre en Irak dans le but de prendre le contrôle
des puits de pétrole. Cependant, ils n'expliquent pas pourquoi
Bush voudrait prendre le contrôle de ces puits - il aurait pu
se contenter d'imprimer des billets pour rien et acheter tout le pétrole
dont il avait besoin. Il devait donc y avoir une autre raison pour
envahir l'Irak.
L'histoire nous enseigne qu'un empire doit entrer
en guerre pour une de ces deux raisons : (1) pour se défendre
ou (2) pour tirer profit d'une guerre ; dans le cas contraire, comme
le démontre Paul Kennedy dans son magistral « The Rise
and Fall of the Great Powers », un éparpillement excessif
de ses forces militaires drainerait ses ressources économiques
et précipiterait sa chute. D'un point de vue économique,
pour qu'un Empire puisse déclencher et mener une guerre, les
bénéfices tirées doivent surpasser le coût
militaire et social. Les bénéfices tirés des
puits Irakiens ne compensent pas les coûts militaires à
long-terme. Bush est donc entré en Irak pour défendre
son Empire. Et ceci est confirmé par le fait que deux mois
après l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis, le programme
Nourriture contre Pétrole fut interrompu, les comptes bancaires
Irakiens en euros furent convertis en dollars, et le pétrole
fut de nouveau vendu exclusivement en dollars US. Il n'était
plus possible d'acheter du pétrole à l'Irak avec des
euros. La suprématie globale du dollar fut restaurée
de nouveau. Bush descendit victorieusement d'un avion de combat et
déclara que la mission était accomplie - entendez par
là qu'il avait réussi à défendre le dollar
US, donc l'Empire Américain.
2) une bourse iranienne du Pétrole
Le gouvernement iranien a finalement mis au point
l'ultime arme « nucléaire » qui pourrait rapidement
détruire le système financier qui soutient l'Empire
Américain. L'arme d'une bourse que l'Iran a prévu d'ouvrir
en mars 2006. Elle sera basée sur un mécanisme de négoce
de pétrole en euros. En termes économiques, la danger
pour le dollar est bien plus grand que celui représenté
naguère par Saddam, parce que cela permettrait à n'importe
qui, désireux d'acheter ou de vendre du pétrole en euros,
de court-circuiter complètement le dollar. Dans ce cas, il
s est probable que pratiquement tout le monde adopterait avec enthousiasme
l'euro comme monnaie de paiement du pétrole.
Les européens n'auraient plus à acheter
ou vendre des dollars pour payer le pétrole, et pourraient
payer avec leur propre devise. L'adoption de l'euro pour payer le
pétrole donnerait à la monnaie européenne un
statut de devise de réserve au détriment de celle des
Etats-Unis.
Les Chinois et les Japonais seraient particulièrement
heureux d'adopter ce nouveau monnaie d'échange pour le pétrole,
parce que cela leur permettrait de réduire considérablement
leurs énormes réserves de dollars et de diversifier
avec des euros, se protégeant ainsi des dévaluations
successives du dollar. Ils pourraient décider de garder une
petite partie de leurs dollars et de carrément se débarrasser
d'un autre partie. Une partie serait gardée pour régler
quelques futurs achats en dollars, mais leurs réserves seraient
désormais constitués en euros.
Les Russes ont un grand intérêt à
adopter l'euro - la majeure partie de leurs échanges s'effectuent
avec les pays européens, les pays exportateurs de pétrole,
avec la Chine et avec le Japon. L'adoption de l'euro faciliterait
d'emblée les échanges avec les deux premiers blocs,
et facilitera à terme les échanges avec la Chine et
le Japon. De plus, il semblerait que les Russes détestent posséder
des dollars qui se dévaluent, car ils viennent de se convertir
à la religion de l'or. Les Russes ont aussi ranimé leur
nationalisme et ils ne seraient que trop heureux d'adopter l'euro
si cela pouvait donner un coup de poignard dans le dos des étasuniens,
et c'est avec un sourire aux lèvres qu'ils observeraient les
étasuniens perdre leur sang.
Les pays arabes exportateurs de pétrole, face
à leurs montagnes de dollars dévalués, adopteraient
l'euro avec enthousiasme afin de diversifier leurs. Comme les Russes,
leurs échanges s'effectuent principalement avec les pays européens,
et ils préféreraient la devise européenne, plus
stable. Sans parler du djihad contre l'ennemi infidèle.
Seuls les Britanniques se trouveraient entre le marteau
et l'enclume. Ils ont toujours eu un partenariat privilégié
avec les Etats-Unis, mais ont toujours subi une attraction naturelle
vers l'Europe. Jusqu'à présent, ils ont eu de nombreuses
raisons pour rester aux côtés du vainqueur. Néanmoins,
quand ils assisteront à la chute de leur vieil allié,
se tiendront-ils toujours fermement à ses côtés
ou délivreront-ils le coup de grâce ? Il ne faut cependant
pas oublier que les deux principales places boursières de pétrole
dans le monde sont le NYMEX de New York et le International Petroleum
Exchange (IPE) à Londres et les deux sont contrôlés
par les Etats-unis. Il semblerait donc plus probable que les Britanniques
devront couler avec le navire ou alors se tirer une balle dans le
pied en portant atteinte aux intérêts de leur propre
IPE. Il faut noter ici qu'au delà de toute la rhétorique
autour du maintien de la livre sterling, il est très probable
que les Britanniques n'ont pas adopté l'euro principalement
parce que les étasuniens ont fait pression. Dans le cas contraire,
l'IPE aurait basculé vers l'euro, portant ainsi un coup mortel
à leur partenaire stratégique.
En tout état de cause, et quelque soit la décision britannique,
si la bourse iranienne du pétrole devait voir le jour, les
entités qui comptent - les Européens, les Chinois, les
Japonais, les Russes et les Arabes - adopteront avec enthousiasme
l'euro, scellant ainsi le destin du dollar. Chose que les Etats-Unis
ne peuvent se permettre et ils recourront, si nécessaire, à
toute une série de stratégies pour déstabiliser
ou interrompre les opérations de la bourse iranienne :
- Le sabotage - par un virus informatique, une attaque
contre le réseau, les communications ou un serveur, par différentes
failles de sécurité ou une attaque de type 11 septembre
contre le site principal et les sites de secours.
- Un coup d'état - de loin la meilleure option
à long terme pour les Etats-Unis.
- Une négociation acceptable des conditions
et des restrictions - autre excellente solution pour les Etats-Unis.
Bien sûr, le coup d'état est nettement préférable
pour les Etats-Unis car cela garantirait une neutralisation totale
de la bourse qui ne représenterait plus une menace pour leurs
intérêts. Cependant, si le coup d'état ou le sabotage
échouent, alors la négociation devient à l'évidence
la meilleure solution de rechange.
- Une résolution de guerre à l'ONU
- difficile à obtenir étant donné les intérêts
en jeu chez les états membres du Conseil de Sécurité.
Mais tout le discours fébrile autour d'un développent
d'armes nucléaires en Iran est clairement destiné à
préparer une telle éventualité.
- Une Frappe Nucléaire Unilatérale
- un choix stratégique terrible pour toutes les raisons liées
à l'éventualité suivante : la Guerre Totale Unilatérale.
Les Etats-Unis feront probablement appel à Israël pour
mener ce sale boulot.
- Une Guerre Totale Unilatérale - à
l'évidence, la plus mauvaise des solutions. D'abord, les ressources
militaires US ont déjà été entamées
par deux guerres. Ensuite, les Etats-Unis dégraderont encore
plus leurs relations avec d'autres nations importantes. Troisièmement,
les grands pays possesseurs de dollars pourraient riposter en se débarrassant
discrètement de leurs montagnes de billets verts et empêcher
ainsi les Etats-Unis de financer leurs nouveaux projets militaires.
Enfin, l'Iran a des alliances stratégiques avec de puissantes
nations, ce qui pourrait les entraîner dans la guerre ; l'Iran
a une telle alliance avec la Chine, l'Inde, et la Russie, connue sous
le nom de Groupe de Coopération de Shanghai, ou Coop de Shanghai,
et un pacte avec la Syrie.
Quelque soit le choix, d'un point de vue purement économique,
si la Bourse iranienne de pétrole devait prendre son envol,
elle serait adoptée par de grandes puissances économiques
et précipiterait la chute du dollar. La chute du dollar accélérerait
l'inflation aux Etats-Unis et ferait monter les taux d'intérêts
US. A ce stade, la Fed (banque centrale US - NDT) se retrouverait
à devoir choisir entre Charybde et Scylla - entre la déflation
et l'hyperinflation - et serait rapidement obligée de prendre
soit sa « médecine habituelle », de ralentir l'inflation
en augmentant les taux d'intérêt, provoquant ainsi une
dépression économique majeure, un effondrement de l'immobilier,
un implosion des valeurs boursières et un effondrement financier
total, ou bien de choisir une voie de sortie « à la Weimar
» par l'inflation, ce qui écornera les rendements des
placements à long terme, fera décoller les hélicoptères
noiera le système financier sous des tonnes de liquidités,
mettra fin aux LTCM ( ? du traducteur ) et provoquera l'hyperinflation
de l'économie.
La théorie autrichienne sur la monnaie, le
crédit et les cycles nous enseigne qu'il n'y a rien entre Charybde
et Scylla. Tôt ou tard, le système monétaire devra
basculer d'un côté ou de l'autre, obligeant la Fed à
faire un choix. Il ne fait aucun doute que le commandant en chef Ben
Bernanke, grand connaisseur de la Grande Dépression et fin
pilote de (l'hélicoptère) Black Hawk, choisira l'inflation.
Hélicoptère Ben, inconscient de la Grande Dépression
telle qu'elle est analysée par Rothbard, a néanmoins
retenu les leçons sur le pouvoir destructeur de la déflation.
Le Maestro lui a enseigné que la panacée à tout
problème financier, dans tous les cas, c'est l'inflation. Il
a même enseigné aux japonais sa méthode originale
pour lutter contre la déflation. Comme son mentor, il a rêvé
de livrer une bataille au sein d'un hiver de Kondratieff. Pour éviter
la déflation, il fera appel à la planche à billets,
il fera décoller les hélicoptères des quelques
800 bases étasuniennes à l'étranger et, si nécessaire,
il monétisera tout ce qui lui tombera sous la main. Son ¦uvre
ultime sera la destruction par hyper inflation de la devise étasunienne.
Et de ses cendres renaîtra la nouvelle devise de réserve
du monde, cette relique barbare qu'on appelle l'or.
Ils veulent rayer l'Iran de la carte !
« Si vous insistez, on enrichit »
L'Iran commencera à enrichir son uranium si le Conseil de sécurité
de l'Onu se saisit du dossier nucléaire iranien, a menacé
mercredi à Moscou le négociateur en chef du dossier
nucléaire iranien. Ali Larijani, cité par les agences
russes.
Bombardement, invasion: les
options militaires de Washington face à Téhéran
Les USA disposent de quelques optionsmilitaires face à l'Iran,
dont le bombardement de sites nucléaires, mais la diplomatie
reste aujourd'hui le moyen privilégié pour dissuader
Téhéran de
se doter de l'arme nucléaire, estiment des experts US.
Une attaque aérienne visant un nombre limité de sites
nucléaires iraniens suspects paraît l'option la plus
vraisemblable.
"La centrale nucléaire de 1.000 mégawatts de Bouchehr
(sud) serait probablement la cible de tels frappes (...) ainsi que
les sites nucléaires suspects à Natanz (nord-ouest)
et Arak (nord-ouest)", estime Globalsecurity.org, centre d'analyses
et site web spécialisé dans les questions de sécurité,
basé à Alexandria (Virginie, est) dans la banlieue de
Washington.
Ces frappes "dépasseraient largement en envergure l'attaque
israélienne de 1981 sur le site nucléaire d'Osirak en
Iraq et ressembleraient davantage auxpremiers jours de la campagne
aérienne de 2003 contre l'Iraq", ajoute-t-il.
Mais les sites sont dispersés et mieux protégés
qu'Osirak, relève Peter Brookes, expert à l'Heritage
Foundation. "L'Iran a enterré profondément de nombreux
sites, en faisant des cibles plus difficiles à atteindre- certains
ont aussi été placés à côté
de zones peuplées pour provoquer des victimes civiles en cas
d'attaque (NDLR Quibla : à en croire Mister Brookes, les Iraniens
seraient donc des fous furieux suicidairs). Et ce sont les sites que
nous connaissons: une vingtaine de sites nucléaires éparpillés
dans le pays, mais ils pourraient être plus de 70" au total,
juge-t-il.
Pour procéder à cette attaque aérienne, les USA
utiliseraient des
missiles de croisière, des bombardiers B-2 et des chasseurs-bombardiers
furtifs F-117, selon les experts.
Autre possibilité, Washington pourrait procéder à
des bombardements plus étendus visant tous les sites nucléaires
suspects ainsi que d'autres sites militaires et les troupes iraniennes
pouvant servir à Téhéran pour contre-attaquer,
selon Globalsecurity.org.
Une autre option est l'invasion de l'Iran par des troupes US mais
elle paraît peu vraisemblable car les USA ont une grande partie
de leurs troupes terrestres engagées en Irak.
Un haut responsable du Pentagone, le secrétaire à l'armée
de terre, Francis Harvey, a toutefois affirmé la semaine dernière
que l'armée US était en mesure de déployer en
cas de crise 15 brigades supplémentaires, soit entre 45.000
et 75.000 soldats.
La grande inconnue est la réaction de Téhéran
en cas d'attaque aérienne. Cela "rassemblerait l'opinion
iranienne autour d'un gouvernement par ailleurs impopulaire et mettrait
encore plus en péril les US en Iraq", estime Joseph Cirincione,
expert à la Fondation Carnegie pour la paix internationale.
"Finalement, la frappe ne retarderait pas, comme on le dit souvent,
le programme iranien. Il l'accélérerait certainement",
ajoute-t-il. Selon lui, le bombardement d'Osirak en 1981 avait été
"un succès tactique mais un échec stratégique"
et avait entraîné l'accélération du programme
nucléaire iraquien.
Peter Brookes pense que Téhéran pourrait alors lancer
des missiles contre Israël, attaquer les troupes US en Irak,
utiliser l'arme du pétrole et même l'arme terroriste
par l'intermédiaire d'organisations telles que le Hezbollah.
Dans une simulation organisée fin 2004 par le magazine US Atlantic
Monthly, les participants (des experts en questions de sécurité)
avaient jugé que les USA n'avaient "pas le moyen de prédire
l'impact stratégique à long terme d'une telle attaque"
contre l'Iran.
Elle "pourrait retarder de trois ans la réalisation par
l'Iran de son objectif (nucléaire) mais au prix de relations
dégradées avec les autorités et la population.
Les intentions de l'Iran au moment où il dispose de la bombe
seraient alors tout ce qu'il y a de plus hostiles", avaient considéré
les participants.
Source : AFP, 25 janvier 2006
Polémique Londres-Téhéran
sur les attentats d’Ahvaz
Acte I : Ahmadinejad ordonne une enquête sur une implication
étrangère dans les attentats meurtriers d’Ahvaz
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a ordonné
aux ministères des Renseignements et des Affaires étrangères
de lancer une enquête sur "le rôle de mains étrangères"
dans les attentats qui ont fait huit morts mardi à Ahvaz (sud-ouest),
a rapporté l'agence Isna.
"Le président a ordonné une enquête prompte
et ferme sur les attentats d'aujourd'hui et les terroristes qui les
ont menés", a indiqué le porte-parole du gouvernement
Gholam Hossein Elham, cité par l'agence estudiantine.
"Les ministères des Renseignements et des Affaires étrangères
doivent enquêter sur le rôle de mains étrangères
dans l'incident. L'Iran a toujours été victime du terrorisme
et ces attentats aveugles montrent la poursuite des actes brutaux
contre l'Iran de la part de terroristes internationaux". Le porte-parole
a indiqué que le président Ahmadinejad, qui devait se
rendre à Ahvaz mardi, "a exprimé sa profonde inquiétude
concernant les morts et les blessés" des attentats de
mardi.
"Huit personnes ont été tuées et 46 blessées
dans ces attentats", a déclaré Mansour Soltanzadeh,
le directeur de la cité médicale de Ahvaz. Les deux
attentats ont visé une banque privée, qui a entièrement
brûlé, et une administration à Ahvaz, capitale
de la province pétrolière du Khouzistan, à forte
communauté arabe. Frontalière de l'Irak, le Khouzistan
connaît des tensions depuis plusieurs mois, avec notamment des
attentats meurtriers et des affrontements entre la population arabe
et les forces de sécurité.
En juin, Ahvaz avait notamment été frappée
par une série d'attentats meurtriers, revendiqués par
des groupes séparatistes arabes. Téhéran avait
alors accusé Washington et Londres de chercher à "attiser
les tensions ethniques et religieuses" au Moyen-Orient. L'Iran
avait aussi affirmé posséder les preuves de l'implication
de la Grande-Bretagne dans les attentats, accusant ce pays de vouloir
créer l'insécurité en Iran. Londres avait démenti.
Acte II : Téhéran accuse nommément Londres des
attentats d’Ahvaz
L'Iran a directement accusé, mercredi, la Grande-Bretagne
d'être derrière les attentats terroristes de mardi à
Ahvaz (sud-ouest) qui ont fait huit morts, ajoutant qu'elle devait
en "assumer la responsabilité".
"La trace des occupants d'Irak dans les crimes d'Ahvaz est
apparente et ils doivent assumer la responsabilité de leur
crime", a déclaré lors du conseil des ministre,
le président ultraconservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad,
ont rapporté les médias iraniens.
"Les ennemis doivent savoir que ces actes terroristes aveugles
n'affaibliront pas la détermination de l'Iran", a ajouté
M. Ahmadinejad. Le ministre des Affaires étrangères,
Manouchehr Mottaki a, quant à lui, accusé nommément
les Britanniques.
"La Grande-Bretagne accueille sur son sol les groupes terroristes
et leur donne des moyens considérables pour mener librement
des activités, notamment pour mener des actions terroristes
comme celles d'hier (mardi) à Ahvaz", chef-lieu de la
province du Khouzistan, qui ont fait huit mort et 46 blessés,
a déclaré M. Mottaki.
"Nous avons des informations qui montrent que les militaires
britanniques équipent et définissent les missions de
ces éléments et il n'y a pas besoin de préciser
que les membres de ce groupe sont basés à Londres",
a-t-il ajouté.
"Les crimes d'Ahvaz ont été commis par des gens
qui eux-mêmes ou leurs dirigeants se trouvent à Londres
et rencontrent les responsables britanniques et disposent dans la
région de Bassorah du soutien des services de renseignements
et des commandants militaires britanniques", a ajouté
le ministre.
Il faisait visiblement allusion au Front populaire démocratique
des Arabes d'Ahvaz, groupuscule qui revendique l'indépendance
de la province du Khouzistan, dont près de la moitié
de la population est arabe. Le ministère britannique des Affaires
étrangères a rejeté comme "complètement
sans fondement" mercredi les accusations de Téhéran.
"Nous rejetons les allégations de Mottaki. Tout lien entre
le gouvernement de Sa Majesté et ces attentats terroristes
est complètement sans fondement", a déclaré
un porte-parole du ministère à l'AFP.
Les deux attentats qui ont visé mardi une banque privée
et une administration à Ahvaz, capitale de la province pétrolière
du Khouzistan, ont fait huit morts et 46 blessés.
Le porte-parole du gouvernement, Gholam Hossein Elham, a indiqué
après les attentats que le président Ahmadinejad avait
ordonné une enquête sur ce qu'il a qualifié d'"acte
brutal" mené par des "terroristes internationaux".
"Les ministères des Renseignements et des Affaires étrangères
doivent enquêter sur le rôle de mains étrangères
dans l'incident. L'Iran a toujours été victime du terrorisme
et ces attentats aveugles montrent la poursuite des actes brutaux
contre l'Iran de la part de terroristes internationaux", a-t-il
déclaré mardi soir.
Frontalier de l'Irak, le Khouzistan connaît des tensions depuis
plusieurs mois, avec notamment des attentats meurtriers et des affrontements
entre la population arabe et les forces de sécurité.
En juin, Ahvaz avait notamment été frappée
par une série d'attentats meurtriers, revendiqués par
des groupes séparatistes arabes. Téhéran avait
alors accusé Washington et Londres de chercher à "attiser
les tensions ethniques et religieuses" au Moyen-Orient. L'Iran
avait aussi affirmé posséder les preuves de l'implication
de la Grande-Bretagne dans les attentats, accusant ce pays de vouloir
créer l'insécurité en Iran. Londres avait démenti.
Acte III : Londres rejette les accusations de Téhéran
Le ministère britannique des Affaires étrangères
a rejeté comme "complètement sans fondement"
mercredi les accusations de Téhéran établissant
un lien entre la Grande-Bretagne et les attentats meurtriers commis
mardi à Ahvaz, dans le sud-ouest de l'Iran. "Nous rejetons
les allégations de Mottaki (le chef de la diplomatie iranienne
Manoucher Mottaki, ndlr)", a déclaré un porte-parole
du ministère à l'AFP.
"Tout lien entre le gouvernement de Sa Majesté et ces
attentats terroristes est complètement sans fondement",
a-t-il ajouté. M. Mottaki a accusé "les forces
britanniques en Irak d'avoir équipé et défini
la mission" des auteurs des attentats qui ont fait huit mort
et 46 blessés à Ahvaz, le chef-lieu de la province du
Khouzistan, selon l'agence officielle Irna.
Acte IV : L'Iran accepte l'idée de Blair de visiter les sites
de l'holocauste Le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki
a déclaré mercredi que l'Iran accueillait favorablement
l'idée du Premier ministre britannique Tony Blair de visiter
les sites de l'holocauste en Europe.
"Nous accueillons favorablement la proposition du premier ministre
britannique pour visiter les sites de l'holocauste", a déclaré
M. Mottaki. "Nous sommes prêts à envoyer en Europe
des équipes d'enquête indépendantes n'ayant pas
de penchant pour ceux qui ont commis ces crimes et de penchant pour
le régime sioniste pour visiter ces lieux dont parlent M. Blair",
a-t-il ajouté.
Il a par ailleurs "regretté le langage inapproprié"
utilisé par M. Blair pour rejeter l'idée d'organiser
une conférence sur l'holocauste à Téhéran
Le Premier ministre Tony Blair a jugé lundi "choquante,
ridicule et stupide" l'annonce par les autorités iraniennes
d'un séminaire sur l'holocauste, qualifié de "mythe"
par le président Mahmoud Ahmadinejad. "C'est choquant,
ridicule, stupide, prenez n'importe quel adjectif que vous voulez
utiliser", a déclaré Tony Blair lors de sa conférence
de presse mensuelle.
"Je serais très surpris qu'un quelconque pays ou gouvernement
sérieux où que ce soit y accorde la moindre crédibilité",
a-t-il ajouté. "Peut-être devrait-il (le président
iranien) venir voir lui-même dans les pays européens",
a encore déclaré M. Blair.
Mardi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires
étrangères a défendu la tenue d'une conférence
sur l'holocauste en Iran et dénoncé l'"intolérance"
du Premier ministre britannique Tony Blair. "Les déclarations
de M. Blair sont une insulte à l'intelligence des citoyens
du monde. Depuis un demi siècle, les défenseurs de l'Holocauste
ont soutenu leur position, ils doivent maintenant s'entraîner
à écouter les autres", a déclaré
Hamid Reza Assefi, dans un communiqué cité par l'agence
Isna. Le ministère iranien des Affaires étrangères
a annoncé le 15 janvier qu'il allait organiser un séminaire
sur l'holocauste des juifs. En décembre, le président
iranien avait dénoncé le "mythe du massacre des
juifs" et demandé aux Occidentaux de créer un Etat
israélien en Europe, aux Etats-Unis, au Canada ou encore en
Alaska. En octobre, il avait déjà scandalisé
la communauté internationale en jugeant que l'Etat hébreu
devait "être rayé de la carte". Sources : Source
: AFP, 24/25 janvier 2006
Acte V : sans oublier le Mossad, qui se sert
de passeports allemands pour opérer en Iran
Source : Kölner Stadtanzeiger, 13 janvier 2006
Traduit de l’allemand par Eva, membre de Tlaxcala, le réseau
de traducteurs pour la diversité linguistique (transtlaxcala@yahoo.com).
Cette traduction est en Copyleft.
Francfort s/Main – Selon les informations du Service de dépêches
allemand Deutscher Depeschendienst (ddp), le Service de renseignement
fédéral allemand (BND) soutient le service secret israélien
Mossad quant à la couverture de ses agents à l’étranger.
Le BND a procuré des papiers d’identité allemands
aux agents du Mossad, c’est ce que déclare un ancien
cadre du BND à ddp. Selon ces informations, des agents israéliens
se seraient servis de passeports allemands et de légendes allemandes
lors de missions délicates dans des régions de crise
au Proche Orient afin d’assurer leur couverture. Actuellement,
le Mossad se servirait de passeports allemands en agissant par exemple
en République Islamique d’Iran. Ces missions tournent
entre autres autour de la préparation de potentielles attaques
aériennes sur des objectifs d’attaque iraniens ; des
raids que la direction israélienne n’exclut plus officiellement
dans son conflit nucléaire avec Téhéran. «
Les agents du Mossad disposent pour ce genre de missions de plus en
plus souvent également de légendes allemandes »,
dit l’ancien collaborateur du BND. Le BND ne pourrait pas contrôler
et influencer à l’occasion de quelles opérations
le Mossad utilise les documents allemands. « Cette pratique
a débuté avec le fondeur du BND Reinhard Gehlen. Mais
ces cas se sont multipliés de façon démesurée
depuis le 11 septembre 2001 ». Un porte-parole du BND a déclaré
à ddp : « Evidemment, nous collaborons également
avec le Mossad. Mais nous ne souhaitons pas nous exprimer quant a
de quelconques documents qui auraient pu changer de main. »
Bien que le Mossad ait utilisé au cours des années 90
le plus souvent des passeports canadiens ou néozélandais
pour ses missions secrètes « sur territoire ennemi »,
la cote de papiers de couverture allemands serait montée en
flèche car plusieurs affaires autour de documents illégalement
acquis avaient été rendus publiques. Les documents allemands
seraient des duplicata de papiers appartenant à des citoyens
allemands qui ne quitteront probablement jamais l’Allemagne
et qui « n’ont pas connaissance de l’utilisation
supplémentaire de leur identité ». On nous dit
que ce genre de papiers permette à des agents du Mossad de
« travailler à long terme sans attirer d’attention
» dans le territoire cible. Dans le passé, le Mossad
aurait utilisé les identités de personnes défuntes.
Ceci n’est plus possible à l’ère de l’informatique
et au vu de la vitesse de l’échange des données.
L’utilisation de duplicata (par exemple de passeports, de permis
de conduire et de certificats de naissance) n’était pas
suspect si les Allemands concernés étaient soigneusement
choisis et s’ils « ne quittaient jamais les principaux
pays de l’Union européenne ».
Nous ne savons pas si la commission de contrôle parlementaire
(PKK) du Bundestag est informée de ces cas mais nous n’avons
pas pu obtenir une prise de position de membres du collège.
(ddp)
Retour à Munich : Israël veut
exclure l’Iran du Mondial 2006
Hadassah Aghion, Arouts 7 (site sioniste), 18 janvier 2006 >
http://a7fr.net/ Le quotidien Yediot Aharonot a révélé
mercredi matin qu’Israël souhaite exclure l’Iran
du Mondial 2006 qui se déroulera en juin à Munich. Le
président de la commission du sport de la Knesset Guilad Erdan
(Likoud) a adressé une missive à la chancelière
allemande Angela Merkel, présentant les exigences israéliennes.
Erdan a également écrit au président de la Fifa
(Fédération internationale de football). Les Israéliens
veulent réagir à la tenue du sommet négationniste
qui doit se tenir à Téhéran sous l’égide
du président Ahmadinejad, intitulé «Le mythe de
la Shoah». «Il faut adresser au leadership iranien un
message clair : si Ahmadinejad ne revient pas sur ses déclarations
anti-israéliennes, son équipe nationale ne sera pas
autorisée à participer au Mondial», s'est indigné
le député Erdan. Il a précisé également
que selon la loi allemande le négationnisme est considéré
comme un délit passible de sanctions, pouvant entraîner
jusqu’à cinq années de prison. «Il est donc
impensable que l’équipe iranienne, représentante
d’un régime qui nie la Shoah, puisse se produire sur
le territoire allemand». La chancelière Merkel, qui doit
se rendre en Israël à la fin du mois, s’est déjà
prononcé sur le sujet : «Je ne vois aucune raison de
punir les sportifs iraniens». Avis partagé en Israël
par un certain nombre d'internautes qui ont réagi à
la publication de l'article de Yediot Aharonot. L'esprit sportif domine,
mais certains avouent qu'ils auraient apprécié que les
joueurs iraniens manifestent publiquement des positions contre le
négationnisme.
Ils veulent rayer l'Iran de la carte !
Une guerre nucléaire contre l'Iran
par Michel Chossudovsky, 3 janvier 2006. Original
: http://www.globalresearch.ca
Traduit de l'anglais en français par Marcel Charbonnier,
membre de Tlaxcala,
le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique
(transtlaxcala@yahoo.com). Cette traduction est en Copyleft.
Michel Chossudovsky est l'auteur du best-seller international
« The Globalization of Poverty », publié en onze
langues. Il enseigne l'économie à l'Université
d'Ottawa et il dirige le Centre de Recherches sur la Globalisation,
site : http://www.globalresearch.ca . Il contribue également
à l'Encyclopaedia Britannica. Son dernier livre a pour titre
: America 's « War on Terrorism », éditions Global
Research, 2005.
Le déclenchement d'une guerre totale contre
l'Iran recourant à des têtes nucléaires est désormais
en phase finale de planification. Les partenaires de la coalition
formée à cet effet, qui comporte les Etats-Unis, Israël
et la Turquie, en sont à un « stade avancée de
préparation ». Divers exercices militaires ont été
effectués, depuis le début 2005. De leur côté,
les forces armées iraniennes ont elles aussi effectué
des manoeuvres militaires à grande échelle dans le Golfe
persique en décembre dernier, en anticipation d'une attaque
sponsorisée par les Etats-Unis.
Depuis le début de l'année 2005, on
a assisté à une intense navette diplomatique entre Washington,
Tel Aviv, Ankara et les bureaux de l'Otan, à Bruxelles.
Récemment, Porter Goss, directeur de la CIA,
en mission à Ankara, a demandé au Premier ministre turc
Recep Tayyip Erdogan « de fournir tout soutien politique et
logistique à des frappes aériennes contre des cibles
militaires conventionnelles et nucléaires iraniennes ».
Goss aurait demandé « une coopération spéciale
des services de renseignement turcs afin de contribuer à la
préparation et à la supervision de l'opération
» [DDP, 30.12.2005] Le Premier ministre israélien Ariel
Sharon a, quant à lui, donné le feu vert à l'armée
israélienne pour lancer les attaques vers la fin mars. Tous
les hauts responsables israéliens ont évoqué
la fin mars 2006 comme date couperet pour le déclenchement
d'une attaque militaire contre l'Iran. La fin mars coïncide par
ailleurs avec la remise à l'Onu du rapport de l' Agence internationale
de l'énergie sur le programme énergétique nucléaire
iranien. Les décideurs israéliens pensent que leurs
menaces sont susceptibles d'influencer la teneur de ce rapport, ou
tout au moins d'y faire insérer le genre d'ambiguïtés
susceptibles d'être exploitées par leurs soutiens à
l'étranger afin de promouvoir des sanctions du Conseil de sécurité,
ou de justifier une action militaire israélienne. (James Petras,
Israel's War Deadline: Iran in the Crosshairs, Global Research, December
2005) Le projet militaire sponsorisé par les Etats-Unis a été
avalisé par l'Otan, même si, à ce stade, la nature
de son engagement dans les attaques aériennes planifiées
n'est pas encore claire.
« Peur et tremblement »
Les diverses composantes de l'opération militaire
planifiée sont placées sous strict commandement américain,
et coordonnées par le Pentagone et l' état-major du
commandement stratégique américain [USSTRATCOM], installé
dans la base aérienne d'Offutt, dans le Nebraska. Les actions
annoncées par Israël seraient menées en étroite
coordination avec le Pentagone. La structure de commandement de l'opération
est centralisée, et c'est en dernière instance Washington
qui déciderait le moment de son lancement.
De sources militaires américaines, il a été
confirmé qu'une attaque de l' Iran par air impliquerait un
déploiement de grande envergure, comparable aux bombardements
aériens sur l'Irak, appelés « Peur et tremblement
» [Shock and Awe], en mars 2003 : Les frappes aériennes
américaines sur l'Iran excéderaient de beaucoup l' ampleur
de l'attaque israélienne sur le centre nucléaire irakien
Osiraq, en 1981. Elles ressembleraient plus aux premiers jours de
la campagne aérienne contre l'Irak, en 2003. La vingtaine de
sites nucléaires iraniens pris pour cibles seraient attaqués
par toute la force des bombardiers furtifs B-2 disponibles, qui décolleraient
de Diego Garcia ou directement des Etats-Unis, vraisemblablement ravitaillés
par des F-117 furtifs décollant d' Udeid, au Qatar, ou d'autres
bases aériennes proches du champ d'opérations. Les planificateurs
militaires pourraient choisir une liste de cibles reflétant
les préférences de l'administration américaine,
en limitant les frappes aériennes aux installations les plus
cruciales. ou bien les Etats-Unis pourraient opter pour un ensemble
beaucoup plus complet de frappes aériennes contre un ensemble
de cibles liées aux armes de destruction massive, ainsi que
contre les forces armées conventionnelles et non-conventionnelles
susceptibles d'être utilisées par l'Iran afin de contre-attaquer
en frappant les forces américaines encore en Irak ( voir http://www.globalsecurity.org/military/ops/iran-strikes.htm
) En novembre 2005, l'US Strategic Command a effectué un exercice
très important s'inscrivant dans le cadre d'un « plan
global de frappe » intitulé « Global Lightening
» [Feu d'artifice planétaire]. Cet exercice comportait
une simulation d'attaque recourant à des armes tant conventionnelles
que nucléaires contre un « ennemi fictif ».
A la suite de cet exercice, le commandement stratégique
des Etats-Unis a décrété un degré de préparation
avancé (voir notre analyse, ci-après). Même si
des articles parus dans la presse asiatique ont indiqué que
l' « ennemi fictif » de l'exercice « Feu d'artifice
mondial » était sans doute la Corée du Nord, le
timing de ces exercices laisse entendre qu'ils ont été
effectués en anticipation d'une attaque planifiée contre
l'Iran.
Consensus sur une guerre nucléaire
Aucune voix politique n'a émergé du
sein de l'Union européenne. Des consultations entre Washington,
Paris et Berlin se poursuivent. Contrairement à l'invasion
de l'Irak, à laquelle la France et l'Allemagne s' étaient
opposées sur le plan diplomatique, Washington a su bâtir
un « consensus » tant au sein de l'Alliance atlantique
qu'au conseil de sécurité de l'Onu. Ce consensus porte
sur la conduite d'une guerre nucléaire, qui pourrait affecter
une très vaste part du Moyen-Orient et de l'Asie centrale.
De plus, un certain nombre de pays arabes de la confrontation sont
actuellement des partenaires tacites de ce projet militaire américano-israélien.
Voici un an de cela, en novembre 2004, les plus hauts responsables
militaires israéliens ont rencontré, au siège
de l'Otan, à Bruxelles, leurs homologues de six pays du bassin
méditerranéen, dont l' Egypte, la Jordanie, la Tunisie,
le Maroc, l'Algérie et la Mauritanie. Un protocole a été
signé entre l'Otan et Israël. A la suite de ces réunions,
des exercices militaires conjoints ont été effectués
au large de la côte syrienne, qui ont impliqué les Etats-Unis,
Israël et la Turquie. Enfin, en février 2005, Israël
a participé à des exercices militaires et à des
« manoeuvres anti-terroristes », conjointement à
plusieurs pays arabes. En choeur, les médias ont montré
du doigt d'une manière non équivoque l'Iran, présenté
comme « une menace pour la paix mondiale ».
Le mouvement pacifiste a avalé les mensonges
des médias. Le fait que les Etats-Unis et Israël soit
en train de planifier un holocauste nucléaire au Moyen-Orient
ne fait pas partie de l'agenda politique des mouvements anti-guerre
/ anti-mondialisation. Les « frappes chirurgicales » sont
présentées à l'opinion publique mondiale comme
des moyens permettant d'empêcher l'Iran de mettre au point des
armes nucléaires.
On nous dit qu'il ne s'agirait pas d'une guerre,
mais d'une opération militaire de maintien de la paix, sous
la forme d'attaques aériennes visant les installations nucléaires
iraniennes.
Les mini-bombes : elles « respectent les civils
»
Tout en révélant certains aspects
de l'agenda militaire, la presse est largement utilisée afin
de déformer la nature beaucoup plus large de l' opération
militaire, qui envisage le recours préemptif à des armes
nucléaires tactiques.
Le programme de guerre est basé sur la doctrine,
adoptée par l' administration Bush, de guerre nucléaire
« préemptive », telle qu'exposée dans l'édition
2002 de la Nuclear Posture Review.
Depuis un certain temps, la désinformation
médiatique est utilisée de manière massive afin
de dissimuler les conséquences dévastatrices d'une action
militaire impliquant l'utilisation de têtes de missiles nucléaires
contre l'Iran. Le fait que ces frappes chirurgicales seraient effectuées
en utilisant à la fois des armes conventionnelles et des armes
nucléaires ne fait l'objet d'aucun débat.
D'après une décision sénatoriale
de 2003, la nouvelle génération d'armes nucléaires
tactiques, ou de « mini-bombes nucléaires à faible
puissance », avec une capacité explosive allant jusqu'à
six fois celle de la bombe d' Hiroshima, tout de même, est désormais
considérée comme « inoffensives pour les civils
», l'explosion se produisant sous terre.
Grâce à une campagne de propagande
qui a mobilisé le soutien d'atomistes « faisant autorité
», les mini-bombes nucléaires sont présentées
comme un instrument de paix, plutôt que de guerre. Les bombinettes
à faible puissance sont désormais « bonnes pour
le service » sur le champ de batille, elles sont homologuées
pour la prochaine étape de la « guerre américaine
contre le terrorisme », en plus des armes conventionnelles :
Les responsables américains arguent du fait
que des armes nucléaires de faible puissance sont nécessaires,
car elles sont censées représenter une dissuasion crédible
pour des pays voyous [lire : l'Iran, la Corée du Nord]. Leur
logique se résume à ce que les armes nucléaires
existantes sont trop destructrices pour être utilisées
dans le cadre d'une guerre nucléaire généralisée.
Les ennemis potentiels le savent, aussi ne considèrent-ils
pas crédible la menace de représailles nucléaires.
Toutefois, les armes nucléaires à faible puissance sont
moins destructrices, et par conséquent, il est concevable qu'on
puisse y avoir recours. Cela les rendrait plus efficientes, en tant
que dissuasion. ( Opponents Surprised By Elimination of Nuke Research
Funds, Defense News November 29, 2004) Selon une logique outrageusement
pervertie, des armes nucléaires sont présentées
comme un moyen permettant de construire la paix et d'éviter
des « dommages collatéraux ». Le Pentagone a asséné,
à cet égard, que les « mini-bombes » (d'une
puissance inférieure à 5 kilotonnes) sont inoffensives
pour les civils, parce que les explosions « se produisent en
sous-sol ». Chacune de ces mini-bombes constitue néanmoins
- en terme d'explosion de retombées radioactives potentielles
- une fraction non négligeable de la bombe atomique lancée
sur Hiroshima en 1945. Les estimations de puissance concernant les
bombes de Nagasaki et d'Hiroshima indiquent qu'elle s' établissait
respectivement à 21 et 15 kilotonnes.
( http://www.warbirdforum.com/hiroshim.htm
) Autrement dit, les mini-bombes à « faible » puissance
ont une capacité détonante équivalente à
un tiers de la bombe d'Hiroshima.
Texte de doctrine : les mini-bombes nucléaires
La capacité de pénétration
sous terre de la bombe (nucléaire) B61-11 est toutefois fort
limitée. Les tests montrent de quelle manière elle ne
s' enfonce que de vingt pieds environ dans un sol sec lorsqu'on la
largue d'une altitude de 40 000 pieds. Même dans ce cas, en
s'enterrant sous terre avant la déflagration, c'est une énorme
proportion de l'énergie explosive qui est transférée
au choc terrestre, en comparaison avec les effets destructifs en surface.
Toute tentative d'utiliser ce type de bombe en environnement urbain,
toutefois, aurait pour effet un nombre très élevé
de victimes civiles. Même dans l'hypothèse basse de son
spectre de puissance, qui va de 0,3 à 300 kilotonnes, l'explosion
nucléaire creuserait tout simplement un énorme cratère
de substances radioactives, créant un champ mortel de radiations
gamma sur une vaste superficie.
http://www.fas.org/faspir/2001/v54n1/weapons.htm
La Gbu 28 [Guided Bomb Unit - 28]
La nouvelle définition de ce qu'est une tête
nucléaire a eu pour effet d' estomper la distinction entre
armes conventionnelles et armes nucléaires : « Il s'agit
d'un ensemble (armes nucléaires + armes conventionnelles),
d'un « package ». L'implication patente de ceci, c'est
que certaines armes nucléaires sont dégradées,
et passent d'une catégorie spéciale d'armes de dernier
recours, ou de sorte d'arme ultime, pour devenir simplement un outil
comme un autre, dans la boîte à outils », a déclaré
Kristensen (Japan Economic News Wire).
Nous sommes à une dangereuse croisée
des chemins : les planificateurs militaires finissent par croire à
leur propre propagande ! Les manuels d'instruction militaire expliquent
que les armes nucléaires de cette nouvelle génération
sont « sûres », et qu'elles peuvent être utilisées
sans problème sur le champ d'opérations. Il ne s'agit
plus désormais d'armes de dernier recours. Il n'y a aucun empêchement,
ni aucun obstacle politique à leur utilisation. Dans ce contexte,
le Sénateur Edward Kennedy a accusé l' administration
Bush d'avoir développé « une génération
d'armes nucléaires d' un nouveau type, plus utilisables. »
La communauté internationale assume désormais
une guerre nucléaire, au nom de la paix mondiale :
« Rendre le monde plus sûr » est
la justification du lancement d'une opération armée
qui pourrait produire un holocauste nucléaire. Mais les holocaustes
nucléaires ne font pas la une des journaux ! Comme le dit Mordechai
Vanunu :
« Le gouvernement israélien se prépare
à l'utilisation d'armes nucléaires au cours de sa prochaine
guerre avec le monde musulman. Ici, où je vis, les gens évoquent
souvent l'Holocauste. Mais chaque bombe nucléaire est un Holocauste
en soi. Elle peut tuer, dévaster des villes entières,
détruire des peuples entiers.» (Interview de Mordechai
Vanunu, décembre 2005).
Unité de commandement d'attaque spatiale
et terrestre
Une attaque nucléaire préemptive,
recourant à des armes nucléaires tactiques, serait coordonnée
par le QG du commandement stratégique américain, sur
la base aérienne d'Offutt, dans le Nebraska, en liaison avec
les unités commandos américains et alliés dans
le Golfe persique, la base militaire de Diego Garcia, Israël
et la Turquie.
Selon le nouveau mandat qui lui est confié,
l'USSTRATCOM a la responsabilité de « superviser un plan
global de frappes » consistant en l'utilisation d' armes tant
conventionnelles que nucléaires. En jargon militaire, il doit
lui incombe de jouer le rôle d' « intégrateur global,
chargé des missions des opérations spatiales ; des opérations
d'information ; de la défense intégrée par missiles
; de la commande et du contrôle global ; du renseignement et
de la reconnaissance ; des frappes mondiales et de la dissuasion stratégique.
»
En janvier 2005, au début de la montée
en puissance de la campagne dirigée contre l'Iran, l'USSTRATCOM
a été qualifié de « commandement combattant
de pointe, pour l'intégration et la synchronisation des efforts
d'ampleur mondiale, dans le combat contre les armes de destruction
massive. » Afin d'accomplir ce mandat, une unité de commandement
flambante neuve, intitulée Composante fonctionnelle conjointe
Espace et Frappe mondiale [Joint Functional Component Command Space
and Global Strike - JFCCSGS] a été créée.
Elle a pour mission de superviser le lancement d'attaques
nucléaires en conformité avec le document 2002 Nuclear
Posture Review [NPR] , approuvé par le Congrès des Etats-Unis
en 2002. Cette NPR souligne l'éventuel recours préemptif
à des têtes nucléarisées non seulement
contre des « pays voyous », mais aussi contre la Chine
et la Russie.
Depuis novembre 2005, le JFCCSGS serait dans un
« état de préparation avancé », et
observerait la conduite arrêtée lors des exercices militaires
correspondants. L'annonce en a été faite au début
décembre par le commandement stratégique américain,
aux effets que l'unité de commandement était parvenue
à mettre sur pied « une capacité opérationnelle
de frapper rapidement des objectifs dans le monde entier en utilisant
des armes tant conventionnelles que nucléaires. » Les
exerces effectués en novembre dernier ont utilisé «
un pays fictif, dont on pense qu'il représentait la Corée
du Nord ».
« La nouvelle unité [JFCCSGS] a rempli
« les conditions nécessaires pour déclarer une
capacité opérationnelle initiale » dès
le 18 novembre. Une semaine avant cette annonce, l'unité achevait
un exercice de poste de commandement, surnommé Feu d'Artifice
Mondial, lié à un autre exercice, appelé Bouclier
Vigilant [Vigilant Shield] mené par le Commandement Nord-Américain
de la Défense Spatiale, ou NORAD [the North American Aerospace
Defend], chargé de la défense balistique de l'ensemble
de l' Amérique du Nord.
« Après avoir assumé plusieurs
missions nouvelles en 2002, le US Strategic Command a été
réorganisé afin de générer une meilleure
coopération et une meilleure préparation inter-fonctionnelle
», a déclaré le capitaine de la marine James Graybeal,
porte-parole en chef du STRATCOM. « En mai dernier (2005), le
JFCCSGS a rendu public son concept opérationnel, et il a commencé
à développer ses conditions opérationnelles au
jour le jour, ainsi que son processus de planification intégrée.
»
« Les performances du commandement, durant
l'exercice Feu d'Artifice Mondial, ont montré qu'il était
prêt à exécuter sa mission consistant à
démontrer les capacités de frappes intégrées
spatiales et globales afin de dissuader des agresseurs éventuels
et, une fois pointées, de détruire des adversaires à
travers des effets mondiaux coordonnés décisifs en soutien
au STRATCOM », a-t-il ajouté, sans développer
les « nouvelles missions » de la nouvelle unité
de commandement, qui dispose d'un effectif d'environ 250 hommes.
Des spécialistes des questions nucléaires,
ainsi que des sources gouvernementales, ont fait observer que l'une
de ses missions principales serait de mettre en application la stratégie
nucléaire de 2001, qui inclut une option d'attaques nucléaires
préemptives contre des « Etats voyous » disposant
d'armes de destruction massive. (Japanese Economic Newswire, 30 December
2005)
Le Plan conceptuel [CONPLAN] 8022
Le JFCCSGS est dans un état avancé
de préparation à lancer des attaques nucléaires
contre l'Iran ou la Corée du Nord. La mise en application opérationnelle
des Frappes Mondiales est appelée Concept Plan [CONPLAN] 8022,
décrit comme un « plan réel que la Marine et l'
Aviation traduisent en package de frappes de leurs sous-marins et
bombardiers ».
Le CONPLAN 8022 est « le plan - parapluie
général pour les scénarios stratégiques
pré-planifiés qui impliqueraient des armes nucléaires.
» « Il est spécifiquement pointé sur de
nouveaux types de menaces - Iran, Corée du Nord - des pays
proliférateurs et également potentiellement terroristes
», a-t-il dit. « Rien ne dit qu'on n'utilisera pas le
CONPLAN 8022 dans des scénarios limités contre des cibles
russes et chinoises. » (D' après Hans Kristensen, du
Nuclear Information Project, cité par l'agence Japanese Economic
News Wire).
La mission du JFCCSGS est donc de mettre en oeuvre
le CONPLAN 8022. Autrement dit : de déclencher une guerre nucléaire
contre l'Iran. Le commandant en chef, en l'occurrence George W. Bush,
instruirait le secrétaire à la Défense, lequel
à son tour donnerait aux chefs des états-majors conjoints
l'ordre d'activer le CONPLAN 8022. Le CONPLAN ses distingue d'autres
opérations militaires en ceci qu'il n' envisage pas le déploiement
de forces terrestres.
Il diffère des autres plans de guerre en
ceci qu'il envisage une opération à petite échelle
et aucun «ranger sur le terrain ». Le plan de guerre,
classique, comporte un amalgame de forces - air, terre, mer - et prend
en compte les dimensions logistiques et politiques requises pour maintenir
lesdites forces dans des opérations prolongées. Le plan
de frappes globales est offensif, il serait lancé en raison
de la perception d'une menace imminente et mené à bien
sous commandement direct du président des Etats-Unis (William
Arkin, Washington Post, mai 2005).
Le rôle d'Israël
Depuis la fin 2004, Israël entasse des systèmes
d'armement américain, conventionnels et nucléaires,
en anticipation d'une attaque contre l'Iran. Ce stockage, financé
au titre de l'assistance militaire américaine, était
largement effectué, déjà en juin 2005. Israël
a pris livraison, de la part des Etats-Unis, de plusieurs milliers
« d'armes intelligentes lancées depuis les airs »,
dont quelque « bombes anti-bunkers, qui peuvent être également
utilisées afin d'acheminer des bombes nucléaires tactiques.
La B61-11 est la « version nucléarisée
» de la BLU 113 « conventionnelle » : elle peut
être acheminée de manière tout à fait similaire
à la bombe « anti-bunker » conventionnelle.
(voir Michel Chossudovsky, http://www.globalresearch.ca/articles/CHO112C.html
ou encore http://www.thebulletin.org/article_nn.php?art_ofn=jf03norris
).
De plus, a-t-il été rapporté fin 2003, les sous-marins
israéliens de la classe Dolphin, équipés de missiles
américains Harpoon armés de têtes nucléaires
sont désormais pointés sur l'Iran (Voir Gordon Thomas,
http://www.globalresearch.ca/articles/THO311A.html
).
Document de doctrine
Fin avril 2005. Vente de matériel militaire
meurtrier à Israël (GBU-28 et Buster Bunker Bombs GB).
Au moment où Putine était en visite en Israël,
l'agence de coopération en matière de sécurité
de la défense (relevant du ministère de la Défense)
a annoncé la vente à Israël de cent bombes anti-bunkers
produites par la société Lockheed. Cette décision
a été considérée, par les médias
américains, comme « un avertissement adressé à
l'Iran, au sujet de ses ambitions nucléaires. »
Il s'agit de la vente des plus grosses et sophistiquées
« bombes guidées » Guided Bomb Unit-28 (GBU-28)
BLU-113 Penetrator (y compris l'unité de guidage et de contrôle
WGU-36A/B ainsi que l'équipement logistique). La GBU-28 est
présentée comme « une arme spéciale permettant
de pénétrer des centres de commandement blindés
situés profondément sous terre. Le fait est que le GBU-128
fait partie des armes « conventionnelles » les plus redoutables
au monde. Elle a été utilisée en 2003 lors de
l'invasion de l' Irak. Elle est capable de causer la mort de plusieurs
milliers de civils, par ses énormes déflagrations.
L'aviation militaire israélienne est autorisée
à utiliser la GBU-28 sur ses bombardiers F-15. (http://www.dsca.osd.mil/PressReleases/36-b/2005/Israel_05-10_corrected.pdf
)
Extension de la guerre
Téhéran a confirmé qu'il répliquerait
en cas d'attaque, sous la forme de frappes de missiles balistiques
dirigés contre Israël (CNN, 08.02.2005). Ces attaques
pourraient aussi viser des installations militaires américaines
en Irak et dans le Golfe persique, ce qui ne manquerait pas de nous
conduire immédiatement à un scénario d'escalade
militaire et de guerre totale. Pour l'instant, il y a trois théâtre
de guerre distincts : l'Afghanistan, l' Irak et la Palestine. Les
frappes aériennes contre l'Iran pourraient contribuer à
déclencher une guerre dans une vaste région comprenant
à la fois le Moyen-Orient et l'Asie centrale.
De plus, l'attaque planifiée contre l'Iran
pourrait être également comprise dans le cadre de représailles
pour le retrait des troupes syriennes du Liban en temps et en heure,
retrait qui a ouvert un nouvel espace à un éventuel
déploiement de l'armée israélienne. La participation
de la Turquie dans les opérations américano-israéliennes
est un facteur important, elle découle d' un accord conclu
l'an dernier entre Ankara et Tel Aviv.
Plus récemment, Téhéran a renforcé
ses défenses anti-aérienne, grâce à l'
acquisition de systèmes anti-missiles russes 29 Tor M-1 En
octobre, avec la collaboration de Moscou, « une fusée
russe a mis un satellite espion iranien, le Sinah-1, en orbite. »
Le Sinah-1 n'est que le premier de toute une série
de satellites iraniens que la Russie doit lancer au cours des prochains
mois. Ainsi, les Iraniens disposeront bientôt d'un réseau
de satellites en place, qui leur donnera un avertissement précoce
en cas d'attaque israélienne, bien qu'il ne s'agira encore
là que d'un pâle reflet des puissants satellites espions
israéliens et américains qui sont capables de déceler
le plus petit déplacement de la barbe d'un mollah à
Téhéran. De plus, à la fin du mois dernier, la
Russie a signé un contrat d'un milliard de dollars, vendant
à l' Iran un système de défense avancée
qui est susceptible de détruire des missiles guidés
et des bombes guidées par laser, a indiqué le Sunday
Times. Celui-ci sera également opérationnel d'ici quelques
mois.
Guerre terrestre
Quand bien même une guerre terrestre n'est
pas envisagée par le CONPLAN, les bombardements aériens
pourraient conduire à une escalade débouchant sur une
guerre terrestre.
Des troupes iraniennes pourraient pénétrer
à l'intérieur de la frontière irano-irakienne
et affronter les forces de la coalition en territoire irakien et /
ou des forces spéciales pourraient pénétrer au
Liban et en Syrie.
Aux dernières nouvelles, Israël envisagerait
de procéder à des exercices militaires et de déployer
des forces spéciales dans les régions montagneuses de
la Turquie proches de l'Iran et de la Syrie, avec la collaboration
du gouvernement d'Ankara : Ankara et Tel-Aviv sont convenus de permettre
à l'armée israélienne d' effectuer des exercices
militaires dans les régions montagneuses de Turquie, proches
de la frontière iranienne.
D'après un quotidien des Emirats Arabes Unis,
en vertu de l'accord conclu entre le chef d'état-major de l'armée
israélienne, Dan Halutz et des responsables turcs, Israël
effectuerait diverses manoeuvres militaires dans les régions
frontalières avec l'Iran et la Syrie. Dan Halutz s'est d' ailleurs
rendu en Turquie récemment.
Citant certaines sources sans les nommer, le quotidien
émirati souligne que c'est la partie israélienne qui
a demandé à effectuer ces manoeuvres en raison de la
difficulté de circuler, en hiver, dans les montagnes proches
de la frontière iranienne.
Les deux unités Hakari et Bulo doivent prendre
part à des manoeuvres qui n' ont pas encore été
programmées. Ces unités sont les plus importantes de
l' armée israélienne et elles sont chargées de
combattre le terrorisme en menant une guerre de guérilla.
Un peu auparavant, la Turquie avait accepté
que des pilotes israéliens soient entraînés dans
la zone frontalière avec l'Iran. La nouvelle de l' accord a
été publiée en des temps où les officiels
turcs s'efforcent d' éluder des accusations de coopération
avec l'Amérique dans ses opérations d' espionnage contre
les pays voisin. La Syrie et l'Iran. Depuis la semaine passée,
la presse arabe a publié divers rapports disant qu'Ankara était
prêt, ou tout du moins, agréait par principe à
l'engagement de négociations au sujet de l'autorisation de
l'utilisation de son territoire et de son espace aérien par
une action militaire dirigée contre l'Iran.
Quelques observations, en guise de conclusion
Les implications de tout ceci sont écrasantes.
La soi-disant communauté internationale a accepté l'éventualité
d'un holocauste nucléaire.
Ceux qui décident de tout ont gobé
leur propre propagande de guerre. Un consensus politique s'est développé,
en Europe de l'Ouest et en Amérique du Nord au sujet d'attaques
aériennes recourant à des armes nucléaires tactiques,
sans considération aucune pour leurs conséquences dévastatrices.
Cette aventure militaire motivée essentiellement par le profit
met en danger l'avenir de l'humanité Ce dont nous avons besoin,
au cours des mois à venir, c'est un sursaut majeur, national
et international, qui brise la conspiration du silence, qui reconnaisse
les dangers, qui place ce projet guerrier au premier plan du débat
politique et de l'attention médiatique, à tous les niveaux,
qui exige des dirigeants politiques et militaires qu'ils adoptent
une position inflexible face à la guerre nucléaire sponsorisée
par les Etats-Unis. Enfin, et surtout, ce qui est requis, ce sont
des sanctions internationales généralisées contre
les Etats-Unis d'Amérique et Israël.
[* Michel Chossudovsky est l'auteur du best-seller
international « The Globalization of Poverty », publié
en onze langues. Il enseigne l'économie à l'Université
d'Ottawa et il dirige le Centre de Recherches sur la Globalisation,
site : http://www.globalresearch.ca
. Il contribue également à l'Encyclopaedia Britannica.
Son dernier livre a pour titre : America 's « War on Terrorism
», éditions Global Research, 2005.]
L'Iran défend sa conférence sur
l'holocauste
Le porte-parole du ministère iranien des
Affaires étrangères a défendu mardi la tenue
d'une conférence sur l'holocauste en Iran et dénoncé
l'"intolérance" du Premier ministre britannique Tony
Blair qui a jugé "choquante, ridicule et stupide"
une telle réunion.
"Les déclarations de M. Blair sont une
insulte à l'intelligence des citoyens du monde. Depuis un demi
siècle, les défenseurs de l'Holocauste ont soutenu leur
position, ils doivent maintenant s'entraîner à écouter
les autres", a déclaré Hamid Reza Assefi, dans
un communiqué cité par l'agence Isna. "A l'âge
de la communication, pourquoi les défenseurs de la mondialisation
insistent, comme au Moyen-Âge, sur leur position unilatérale
et veulent que le village mondial n'entend qu'une seule voix",
a demandé M. Assefi. "On doit pouvoir entendre toutes
les opinions et choisir la meilleure", a-t-il dit encore.
"Malheureusement, l'intolérance aveugle
et les objectifs et les intérêts politiques ont fermé
les yeux des défenseurs de l'holocauste aux réalités
du monde et ils rejettent, contre toute logique, le principe même
d'une conférence scientifique sur l'holocauste", a affirmé
M. Assefi. M. Blair a déclaré lundi que l'organisation
à Téhéran d'un séminaire sur l'holocauste,
qualifié de "mythe" par le président Mahmoud
Ahmadinejad, était "choquante, ridicule et stupide".
"Je serais très surpris qu'un quelconque pays ou gouvernement
sérieux où que ce soit y accorde la moindre crédibilité",
a-t-il ajouté. "Peut-être devrait-il (le président
iranien) venir voir lui même dans les pays européens",
a encore déclaré M. Blair.
Le ministère iranien des Affaires étrangères
a annoncé le 15 janvier qu'il allait organiser un séminaire
sur l'holocauste des juifs, après que le président iranien
l'eut publiquement qualifié de "mythe". En décembre,
le président iranien avait dénoncé le "mythe
du massacre des juifs" et avait demandé aux Occidentaux
de créer un Etat israélien en Europe, aux Etats-Unis,
au Canada ou encore en Alaska. En octobre, il avait déjà
scandalisé la communauté internationale en jugeant que
l'Etat hébreu devait "être rayé de la carte".
Source : AFP, 24 janvier 2006
Le caviar (aussi) pourrait être rayé
de la carte
Source : Le Monde, 21 janvier 2006
Un monde sans caviar sauvage : cette perspective fait cauchemarder
les gourmets fortunés. Le 3 janvier, la Cites (Convention sur
le commerce international des espèces de faune et de flore
sauvages menacées d'extinction), un organisme qui regroupe
80 Etats, a décidé de suspendre les exportations d'oeufs
d'esturgeon en provenance de la mer Caspienne pour faire face à
la raréfaction du poisson.
Les accros au caviar de la Caspienne ‹ 90 % de la production
mondiale ‹ ne sont pas les seuls à trembler. Ceux qui
en font le commerce s'inquiètent aussi. Parmi eux, emblématique,
symbole du mets de luxe, Armen Petrossian. Propriétaire du
restaurant et de la boutique historique de la marque, boulevard de
Latour-Maubourg, dans le 7e arrondissement de Paris (40 millions d'euros
de chiffre d'affaires), il envisage le pire. Le pire, c'est-à-dire
ne plus pouvoir négocier le caviar, dont il assure traiter
15 % à 20 % du tonnage officiel dans le monde.
Depuis que les scientifiques ont révélé une baisse
dramatique des populations d'Acipenser stellatus, d'Acipenser persicus
ou d'Acipenser huso huso, qui produisent les caviars sevruga, osciètre
et le fameux beluga ‹ le plus rare et le plus apprécié,
M. Petrossian vivait avec cette menace. Selon le WWF, le nombre d'esturgeons
a été divisé par 40 en quinze ans.
M. Petrossian a aussi dû faire face, conséquence de cet
effondrement des ressources halieutiques, à la flambée
des prix du caviar. Déjà cher à l'origine parce
qu'il est rare, il est devenu hors de prix avec la baisse des effectifs.
"Le prix moyen à l'exportation a été multiplié
par 4,5 entre 1998 et 2005 et on arrive aujourd'hui à la limite
de l'acceptable sur les prix de détail", selon M. Petrossian.
A la boutique parisienne du négociant, la boîte de 125
grammes de beluga coûte aujourd'hui entre 620 et 870 euros.
Comment a-t-on pu en arriver à cette double catastrophe écologique
et culinaire ? Les organisations écologistes invoquent souvent
la pollution. " Il n'y a plus d'usines au bord de la Caspienne,
elles ont toutes fermé dans les années 1990", rétorque
M. Petrossian. Pour lui, c'est plutôt la désorganisation
de la filière de production et d'exportation de caviar, liée
à la disparition de l'URSS, qui est en cause. " L'Union
soviétique avait mis en place des alevinages dès les
années 1930. Les bébés esturgeons étaient
rejetés en grande quantité dans la Caspienne. La production
était planifiée et contrôlée scientifiquement.
L'Iran, deuxième grand fournisseur de caviar à partir
du début des années 1950, a également rempoissonné
régulièrement. Mais, dans les années 1990, les
ex-Républiques soviétiques ‹ Turkménistan,
Kazakhstan et Azerbaïdjan ‹ n'ont malheureusement pas consenti
les mêmes efforts", regrette le négociant. A l'époque,
lui et ses concurrents étaient accrédités auprès
d'organismes d'Etat, en URSS puis en Iran, qui avaient le monopole
de l'exportation du caviar. Mais aujourd'hui ces structures ont disparu
‹ sauf en Iran. Les négociants ont perdu leurs droits
d'importation exclusifs et leurs interlocuteurs se sont multipliés.
Profitant de la désorganisation, les braconniers s'en sont
donné à coeur joie, sans souci de préserver l'espèce.
" Le rêve de tout pêcheur de la Caspienne, c'est
de prendre dans ses filets un gros beluga et de pouvoir vendre 100
kg de caviar d'un coup", regrette Peter Rebeiz, président
du suisse Caviar House, autre grande maison de négoce. Une
dérive redoutable car le cycle de maturation des poissons est
très long ‹ jusqu'à une vingtaine d'années
pour qu'une femelle beluga soit féconde et donne des oeufs.
M. Petrossian estime que 100 tonnes de caviar ont été
commercialisées illégalement en 2005, soit davantage
que les ventes légales (environ 65 tonnes). Selon le ministère
français de l'écologie, la contrebande alimenterait
90 % du marché hexagonal, premier de l'Union européenne.
Dès 1998, la Cites avait décidé d'imposer des
quotas annuels de pêche pour 25 des 27 espèces d'esturgeons
qui existent dans le monde et d'interdire formellement la pêche
des deux espèces restantes. Des négociants se sont alors
regroupés derrière M. Petrossian pour mieux faire valoir
leurs intérêts dans cette instance. Tout en cherchant
à se diversifier, en proposant dans leurs épiceries
fines du saumon fumé, de la vodka, du foie gras, voire du chocolat,
ils ont notamment milité pour que soit mis en place un système
d'étiquetage qui permette d'authentifier le caviar.
Mais la décision de la Cites de suspendre les exportations
de l'autre or noir ‹ avec le pétrole ‹, de la Caspienne
a fait monter la pression d'un cran. L'organisme a rejeté les
quotas de prises que les pays exportateurs lui ont soumis pour l'année
2006, estimant qu'ils étaient trop élevés et
ne tenaient pas suffisamment compte des prises illégales de
poisson. La Cites attend de nouvelles propositions de leur part. Pour
l'instant, aucun rendez-vous n'a été pris. " La
suspension des exportations peut durer quinze jours comme toute l'année",
prévient un porte-parole de l'organisation.
Les amateurs de caviar doivent-ils prendre leurs précautions
et, comme d'autres avec le sucre, constituer des réserves en
vue d'une pénurie mondiale ? M. Petrossian assure pouvoir tenir
six mois : "J'ai suffisamment en stock et je n'ai aucun mal à
trouver du caviar pêché en 2005 chez les producteurs,
qui ont dix-huit mois pour l'écouler", assure-t-il.
Mais si la Cites devait prononcer une interdiction définitive,
il ne donne pas deux ans à l'esturgeon pour disparaître
définitivement des eaux salées de la Caspienne. "
Cette décision serait une catastrophe. L'offre de caviar officielle
ayant disparu, et la demande existant toujours, les prix sur le marché
noir risqueraient de flamber, ce qui stimulerait encore davantage
le braconnage et accélérerait la disparition du poisson",
redoute M. Petrossian.
Pour lui, la fin du caviar de la Caspienne serait d'abord un crève-coeur.
"C'est sentimental, ma famille est dedans depuis deux siècles",
résume le fils de Mouchegh Petrossian. Ce dernier, avec son
frère Melkoum, s'est imposé dans les années 1920
comme l'importateur exclusif du caviar russe de la Caspienne en France.
La famille de sa mère possédait des pêcheries
d'esturgeon à Bakou (en Azerbaïdjan), dès le début
du XIXe siècle, et fournissait la table du tsar.
Le déchirement ne serait pas seulement affectif. Environ 20
% des revenus de la société Petrossian proviennent de
la revente de caviar de la Caspienne, et dans une moindre mesure,
de celui du Danube. Petrossian a commencé à prendre
les devants. Il ouvre de nouvelles boutiques (trois sont prévues,
à Monaco, Moscou et Hongkong). Comme ses concurrents, il s'est
lancé dans la commercialisation de caviar d'élevage.
Sa qualité s'est nettement améliorée, et ses
ventes ne cessent de progresser. Petrossian a signé des contrats
avec le néerlandais Marine Harvest, qui fabrique du caviar
à partir d'esturgeons Transmontanus élevés en
bassins. Il se fournit aussi auprès de L'Esturgeonnière,
une entreprise girondine qui produit du caviar à partir d'un
élevage d'esturgeons baeri (une espèce sibérienne).
Son concurrent Caviar House, lui, a racheté la Manufacture
Prunier, qui fabrique également du baeri d'élevage en
Dordogne : les ventes de ces oeufs pèsent désormais
70 % du total des ventes de caviar du groupe.
M. Petrossian et les autres négociants "historiques"
ne croient pourtant pas à une explosion de la concurrence stimulée
par la montée en puissance du caviar d'élevage. "Produire
et commercialiser un produit de très grande qualité
ne s'improvise pas. S'offrir un stock d'alevins, des bassins d'élevage
et réunir beaucoup de trésorerie n'y suffisent pas",
assure l'un d'eux. L'esturgeon est un poisson à la biologie
très complexe et au maniement délicat. D'une femelle
à l'autre, la qualité des oeufs peut varier énormément.
Un peu comme pour un champagne, le négociant devra savoir trier
et porter à maturation les meilleurs grains ‹ que Petrossian
réserve à ses boutiques. Les autres oeufs sont vendus
en grande distribution sous la marque Dom Petroff où ils restent
néanmoins très chers. Le caviar à prix cassé
n'est pas pour demain.
L'Iran fait flamber les cours du pétrole
par F. M. , le Figaro, 21 janvier 2006
Moyen-Orient -Téhéran souhaite que l'Opep baisse ses
quotas de production d'un million de barils par jour à compter
du printemps.
LE BARIL de pétrole est à nouveau plongé dans
une spirale infernale. Hier à New York, le brut s'envolait
au-dessus de 67 dollars, se rapprochant dangereusement du record atteint
le 30 août dernier, à 70,85 dollars. A l'époque,
le cyclone Katrina avait mis hors service un certain nombre d'installations
dans le golfe du Mexique, provoquant cette brutale accélération.
Aujourd'hui, c'est au tour de l'Iran de peser fortement sur les cours.
Téhéran a demandé à l'Opep, dont il est
un membre influent, de baisser ses quotas de production d'un million
de barils par jour (Mbj) à compter du mois d'avril. Officiellement,
l'Iran veut prévenir la baisse des cours liée au recul
de la consommation mondiale qui suit la fin de l'hiver. Mais, en pratique,
face à l'ONU, Téhéran souhaite surtout agiter
l'arme du pétrole.
De ce côté-là, le pays a été largement
entendu par les marchés pétroliers. Depuis déjà
quelques jours, de nombreux observateurs mettent en garde contre la
flambée des cours qu'entraîneraient d'éventuelles
sanctions contre Téhéran. Alors que ce dernier cherche
aujourd'hui à rallier à sa cause les autres pays producteurs.
Le deuxième producteur de l'Opep
Deuxième producteur de l'Opep, quoique loin derrière
l'Arabie saoudite, l'Iran délivre chaque jour 4,2 millions
de barils (Mbj), dont 2,7 millions sont réservés à
l'exportation, à destination de l'Europe, de la Chine, du Japon,
de la Corée du Sud et de Taïwan. Parallèlement,
ses réserves prouvées, évaluées à
125,8 milliards de baril, représentent près de 10% du
total mondial. Il faut y ajouter 15% des réserves de gaz naturel.
Une faible marge de manoeuvre
Sans doute ce poids lourd n'a-t-il pas les moyens de se priver durablement
des rentrées occasionnées par ses formidables richesses
pétrolières.
Mais une interruption, même brève, des livraisons iraniennes
se répercuterait immédiatement sur les cours. D'autant
que les prévisions de l'Agence internationale de l'énergie
(AIE) sont formelles ; en 2006, la demande mondiale devrait progresser
d'environ 2,2%, à 85,1 millions de barils par jour. Or, comme
l'Opep produit déjà presque au maximum de ses capacités,
le marché dispose d'une faible marge de manoeuvre pour compenser
une éventuelle «défaillance» d'un gros producteur.
A côté de l'Iran, un autre pays inquiète aujourd'hui
les marchés pétroliers. Au Nigeria, les deux principaux
syndicats du secteur des hydrocarbures ont agité la menace
d'une grève dans le delta du Niger. Une action pour protester
contre les nombreuses attaques dont sont victimes les installations
pétrolières et qui pénalisent sévèrement
la production de Shell dans ce pays. Premier producteur du continent
africain et sixième exportateur mondial, le Nigeria, tout comme
l'Iran, peut ébranler sévèrement le marché
pétrolier.
Téhéran transfère en
Asie ses avoirs européens
L'Iran anticipe d'éventuelles sanctions
économiques de la communauté internationale.
L'IRAN affirme ne pas croire aux sanctions de la communauté
internationale, mais prend ses précautions.
Décidées à déjouer un éventuel
gel de leurs avoirs en Occident, les autorités ont engagé
un vaste mouvement de transfert de leurs réserves en devises
d'Europe vers les pays du Sud-Est asiatique. «Nous transférons
nos réserves de tous les secteurs, notamment les réserves
provenant de recettes pétrolières, là où
nous le jugeons nécessai