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Turkménistan

Le Turkmenbachi fait pleurer dans les chaumières


Dans "Mes chers", dernier recueil de poèmes du président turkmène Saparmourat Niazov sorti mardi 25 octobre, le chef de l'Etat, orphelin à 8 ans, pleure sa mère dont l'esprit le guide toujours.
Dans ce livre de 350 pages, mélangeant prose et rimes, celui qui se fait appeler Turkmenbachi (leader de tous les Turkmènes) raconte en détails certains épisodes de son enfance, rappelant avoir perdu son père lors de la deuxième guerre mondiale et sa mère lors d'un grand tremblement de terre.
"Nous étions trois frères, et avec nous était notre mère, qui parlait tant de notre père. Notre vie passait durement, nous vivions pauvrement, mais notre âme restait entière", écrit, lyrique, le président, qui a institué un véritable culte autour de sa famille au Turkménistan.
Il rappelle des épisodes de son enfance, et notamment comment à huit ans, il faillit mourir de froid lorsque sa tante --qui l'élevait après la mort de sa mère-- lui avait interdit de rentrer s'il ne retrouvait pas le mouton qu'il avait perdu.
Gelé, il perd connaissance, ne devant la vie qu'à un médecin passant par là.
"J'ai demandé au médecin: comment m'as tu trouvé? Le médecin m'a dit: L'âme de ta mère m'a demandé de te sauver", se souvient le président poète.
Revenant sur la mort de sa mère, il exprime son désespoir et les leçons qu'il tira de la vie.
"Sous le ciel et sur la terre, d'un coup, d'un seul, je fus seul pleurant pendant sept jours... Mais il fallait s'habituer. La vie devint alors pour moi la plus grande des écoles, celle qui m'enseigna les leçons les plus effrayantes", conclut le dirigeant turkmène.
Signe de l'importance accordée par M. Niazov à sa mère, il a changé le mois d'avril en Gourbansoltan, prénom de sa génitrice. Le mois de janvier a été transformé en Turkmenbachi.
M. Niazov n'en est pas à son premier livre. Le Rukhnama, son ouvrage de référence, est étudié dans tout le pays et les fonctionnaires sont testés tous les ans sur leurs connaissances.
Source : AFP, 25 octobre 2005

 

Mao l'a rêvé, Saparmourat l'a fait : le Turkmenbachi conquiert l'espace


Le Turkménistan a fait "un premier pas" dans la conquête spatiale, une fusée russe ayant envoyé dans l'espace un livre du président Saparmourat Niazov, dit Turkmenbachi (guide de tous les Turkmènes), ont annoncé vendredi les journaux officiels turkmènes.
La fusée Dnepr lancée mercredi depuis le cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan) avec deux satellites scientifiques japonais a mis en orbite également un conteneur avec à l'intérieur le livre "Roukhnama" (Message spirituel) écrit par M. Niazov, le drapeau turkmène et l'étendard présidentiel, précise le journal Neitralnyi Turkmenistan.
Le conteneur tournera autour de la Terre et deviendra ainsi son "satellite artificiel", ce qui "confirme l'adhésion du Turkménistan au club des puissances spatiales", selon le journal.
"Le choix est tombé sur le texte sacré de Roukhnama, car il accumule toute la sagesse du peuple turkmène grâce au génie créateur du Turkmenbachi", souligne Neitralnyi Turkmenistan. "L'oeuvre qui a conquis les coeurs de millions de personnes sur la Terre, est en train de conquérir l'espace", ajoute-t-il.
Roukhnama, la "Constitution spirituelle" turkmène, écrite en septembre 2001, tirée à plus d'un million d'exemplaires et traduite dans plusieurs langues, dont l'anglais, le russe et le français, représente un recueil de textes à la fois historiques et philosophiques. L'anniversaire de la sortie du livre est fêté chaque année avec beaucoup de faste dans le pays.
Le Turkmenbachi est aussi l'auteur de plusieurs recueils de poèmes.
Au centre d'un culte de la personnalité, le président turkmène cumule les postes de chef de l'Etat, de Premier ministre, de commandant suprême de l'armée et de chef du Parti démocratique du Turkménistan, le seul parti autorisé. Il réprime toute opposition et musèle complètement la presse. Le jour de son anniversaire est aussi une fête nationale, celle du drapeau turkmène.
Source : AFP, 26 août 2005

Turkménistan : La dernière lubie du Turkmenbachi

Saparmurat Niyazov, le dictateur fantasque qui règne sur le Turkménistan depuis une vingtaine d'années, a déjà interdit l'opéra et le ballet, les dents en or, les barbes et les cheveux longs pour les hommes. Il vient de prendre une nouvelle décision historique : il sera désormais interdit de chanter en play-back à la télévision, dans les concerts publics et dans les fêtes de mariage. Cela "tue le talent", estime le Turkmenbachi, qui dit qu'il faut "créer une nouvelle culture".
Source : Big News Network.com, 25 aût 2005