Tsunami,
jour 30 - 24 janvier 2005
Des
différences anormales de procédure dans le système
d'alerte aux tsunamis
par Michel Chossudovsky, Centre de recherche sur la mondialisation,
20 janvier 2005. Original : http://globalresearch.ca/articles/CHO501C.html.
Traduction C.F. Karaguezian pour www.legrandsoir.info. ©
Copyright M CHOSSUDOVSKY CRG 2004
L'auteur est professeur d'Économie à l'Université
d'Ottawa et directeur du Centre de recherche sur la mondialisation
qui héberge le site www.globalresearch.ca. Il est auteur
de La Mondialisation de la Pauvreté et contribue à
l' Encyclopaedia Britannica. Ses ¦uvres ont été
traduites en plus de 20 langues. On peut aussi lire de lui :
Washington savait qu'un tsunami mortel était en train
de se former dans l'océan Indien , sur www.legrandsoir.info/article.php3
?id_article=1989
Il
s'agit de l'une des plus graves catastrophes humanitaires de
toute l'Histoire. Il est donc essentiel d'examiner et d'analyser
soigneusement toute défaillance ou tout décalage
du système d'alerte aux tunamis.
La magnitude d'un tremblement de terre est ainsi définie
:
" la mesure de la force ou de l'énergie libérée
par un tremblement de terre au point de rupture, calculée
au moyen d'observations sismographiques. Il s'agit d'une valeur
logarithmique d'abord définie par Charles Richter (1935).Monter
d'un degré sur l'échelle de magnitude revient
à multiplier par 10 l'amplitude enregistrée par
un sismographe ou par30 l'énergie libérée.
En d'autres termes, un séisme de magnitude 6,7 libère
plus de 900 fois (30 x 30) la quantité d'énergie
libérée par un séisme de 4,7 - ou il faut
environ 900 séismes de magnitude 4,7 pour égaler
l'énergie libérée par un seul séisme
de magnitude 6,7.
Source : USGS http://neic.usgs.gov/neis/general/glossary.html
" Un fort tremblement de terre ", d'après l'Observatoire
géologique des USA (USGS), a une magnitude de 7,00 à
7,99 sur l'échelle de Richter.
Lorsque la magnitude d'un séisme est de 8,0 ou plus,
on dit qu'il s'agit d'un " violent tremblement de terre.
Le séisme de magnitude 9,0 qui a eu lieu au nord de l'île
de Sumatra le 26 décembre 2004 rentre dans la catégorie
des " tremblements de terre exceptionnels"
Cependant, on appelle les tremblements de terre de magnitude
9,0 ou plus sur l'échelle de Richter " tremblements
de terre exceptionnels " ayant la capacité de provoquer
de sérieux dégâts dans une large zone de
plus de 1000 km (Chili en 1960, Alaska en 1964 et côte
ouest de la Colombie Britannique, Washington et Oregon en 1700).
Source : http://www.pgc.nrcan.gc.ca/seismo/eqinfo/richter.htm
A ce propos, l'USGS a qualifié le séisme du 26
décembre de " méga-séisme " :
c'est le quatrième plus important séisme depuis
1900.
Ce classement des séismes fait partie intégrante
du système d'alerte aux tsunamis, tel que l'appliquent
différents organismes nationaux et internationaux, dont
le du Centre américain d'alerte aux tsunamis dans le
Pacifique (PTWC) d'Hawaï . Ce dernier classe les séismes
en fonction de leur magnitude et se base sur la magnitude d'un
séisme sur l'échelle de Richter pour " évaluer
" les risques de tsunamis. Puis il diffuse un " bulletin
", qui comporte une " évaluation ".
Des
différences anormales dans les bulletins concernant les
tsunamis
Bien que les archives complètes des bulletins du PTWC
ne soient pas disponibles, il apparaît clairement que
les bulletins récents obéissent tous aux mêmes
règles pour évaluer les séismes dans le
bassin du Pacifique ainsi que dans les régions voisines.
Le " risque de tsunami " est évalué
selon les paramètres du tremblement de terre, à
savoir sa magnitude sur l'échelle de Richter. Une seule
dérogation - et de taille - à cette règle
: l'évaluation du 26 décembre 2004 qui constitue
une exception à la procédure ordinaire lorsqu'on
la compare aux comptes-rendus et aux évaluations de séismes
récents qui sont soigneusement classés dans le
but d'établir un bulletin d'alerte aux tsunamis.
En d'autres termes, on pourrait s'attendre à ce que le
risque de tsunami associé à un séisme de
magnitude 9,0 (celui du 26 décembre 2004) soit évalué
selon les mêmes critères que l'ont été
les séismes, tous de moindre magnitude, qui se sont produits
avant et après cette date.
Mais ce n'est pas ce qui s'est passé !
Le quatrième plus important séisme depuis 1900
n'a fait l'objet ni de la classification ni de " l'évaluation
" habituelles visant à établir " le
risque de tsunami ".
Il est à souligner qu'un séisme de magnitude 7,9
avait été enregistré trois jours avant
le séisme de magnitude 9,0, le 23 décembre, avec
un épicentre situé au large des îles MacQuarie
dans le Pacifique Sud. Le PTWC avait diffusé le bulletin
habituel suivant :
"THIS EARTHQUAKE HAS THE POTENTIAL TO GENERATE A WIDELY
DESTRUCTIVE TSUNAMI IN THE SEA NEAR THE EARTHQUAKE. AUTHORITIES
IN THAT REGION SHOULD BE AWARE OF THIS POSSIBILITY."
"IL EST POSSIBLE QUE CE SEISME GENERE UN TSUNAMI A GRANDE
CAPACITE DE DESTRUCTION DANS LA MER AVOISINANTE. IL FAUT QUE
LES AUTORITES LOCALES AIENT CONSCIENCE DE CETTE EVENTUALITE.
"
N'oublions pas qu'un séisme de magnitude 9,0 est dix
fois plus puissant qu'un séisme de magnitude 8,0 et donc
on se serait attendu au minimum à une déclaration
similaire.
D'après l'Earth Institute de l'Université de Columbia,
" le tremblement de terre du 26 décembre a libéré
une quantité d'énergie équivalant à
700 millions de bombes d'Hiroshima.Les phénomènes
de ce type et de cette importance s'appellent des " méga-séismes
" et se produisent que quelques fois par millénaire."
Paradoxalement, pour des séismes de bien moindre puissance
(6,8 et plus) le PTWC, suivant la procédure habituelle,
a diffusé des bulletins d'alerte aux tsunamis - mais,
exception notable, pas pour le tremblement de terre de magnitude
9,0 du 26 décembre. (voir ci-dessous)
Pourquoi ?
26
décembre 2004 : omission et dérogation aux règles
habituelles
Observez le modèle qui se dégage des bulletins
récents du PTWC, concernant des séismes qui se
sont produits dans le bassin du Pacifique ou dans des zones
voisines.
1. Concernant un séisme de magnitude 6,6 sur l'échelle
de Richter, le bulletin suivant a été diffusé
:
HEURE D'ORIGINE - 0626Z 01 JAN 2005
COORDONNEES - 5.0 NORD 92.2 EST
LIEU - LARGE DE LA COTE OUEST DE SUMATRA NORD
MAGNITUDE - 6,6
CE SEISME S'EST PRODUIT HORS DU PACIFIQUE. PAS DE MENACE DE
TSUNAMI POUR LES CÔTES DU PACIFIQUE.
LES SEISMES DE CETTE TAILLE NE PRODUISENT NORMALEMENT PAS DE
TSUNAMIS DESTRUCTEURS. CEPENDANT ON POURRA PEUT-ÊTRE OBSERVER
DE LEGERS CHANGEMENTS DU NIVEAU DE LA MER A PROXIMITE DE L'EPICENTRE.
2.
Concernant un séisme de magnitude 6,8 :
HEURE D'ORIGINE - 1415Z 06 DEC 2004
COORDONNEES - 43.0 NORD 144.9 EST
LIEU - REGION DE HOKKADO AU JAPON
MAGNITUDE - 6,8
PAS DE MENACE DE TSUNAMI POUR LE PACIFIQUE D'APRES L'HISTOIRE
DES SEISMES ET DES TSUNAMIS.
CEPENDANT - LES TREMBLEMENTS DE TERRE DE CETTE FORCE PEUVENT
GENERER DES TSUNAMIS POTENTIELLEMENT DESTRUCTEURS LE LONG DES
CÖTES SITUEES PRES DE L'EPIVENTRE. IL FAUDRAIT QUE LES
AUTORITES DES LA ZONE PRES DE L'EPICENTRE AIENT CONSCIENCE DE
CETTE EVENTUALITE. "
[ Note : cette même phrase a été utilisée
dans des bulletins d'alerte antérieurs : " LES TREMBLEMENTS
DE TERRE DE CETTE FORCE PEUVENT GENERER DES TSUNAMIS POTENTIELLEMENT
DESTRUCTEURS LE LONG DES CÖTES SITUEES PRES DE L'EPICENTRE."
C'est une évaluation standard employée par l'USGS
dans le cas de tremblements de terre de magnitude 6,8 à
7,3.]
Source : http://www.fema.gov/emanagers/2004/nat050304.shtm
3.
Concernant un séisme de magnitude 7,9 (réévalué
à 8,1 par la suite) :
ORIGIN TIME - 1459Z 23 DEC 2004 COORDINATES - 50.1 SOUTH 161.1
EAST LOCATION - NORTH OF MACQUARIE ISLAND MAGNITUDE - 7.9
HEURE D'ORIGINE - 1459Z 23 DEC 2004
COORDONNEES - 50.1 SUD 161.1 EST
LIEU - NORD DE L'ÎLE MACQUARIE
MAGNITUDE - 7 ,9
THIS EARTHQUAKE HAS THE POTENTIAL TO GENERATE A WIDELY DESTRUCTIVE
TSUNAMI IN THE SEA NEAR THE EARTHQUAKE. AUTHORITIES IN THAT
REGION SHOULD BE AWARE OF THIS POSSIBILITY.
IL EST POSSIBLE QUE CE SEISME GENERE UN TSUNAMI A GRANDE CAPACITE
DE DESTRUCTION DANS LA MER AVOISINANTE. IL FAUT QUE LES AUTORITES
LOCALES AIENT CONSCIENCE DE CETTE EVENTUALITE.
4.
Concernant l'un des plus importants séismes de mémoire
d'homme, de magnitude 9,0, d'abord évalué à
8,0 (ce qui équivaut à une puissance 10 fois moindre),
aucune alerte au tsunami n'a été diffusée
:
HEURE D'ORIGINE - 0059Z 26 DEC 2004
COORDONNEES - 3.4 NORD 95.7 EST
LIEU - LARGE DES CÔTES DE L'ÎLE DE SUMATRA
MAGNITUDE - 7 ,9
CE SEISME EST SITUE EN DEHORS DE LA ZONE DU PACIFIQUE. PAS DE
MENACE DE TSUNAMI DESTRUCTEUR D'APRES L'HISTOIRE DES SEISMES
ET DES TSUNAMIS.
Ainsi,
on n'a pas fait la déclaration habituelle pour un séisme
de magnitude 9,0 qui avait d'abord été évalué
à 8,0 sur l'échelle de Richter. Comme nous l'avons
déjà souligné, la déclaration habituelle
aurait du être faite, ainsi qu'elle l'avait été
pour le séisme de magnitude 7,9 du 23 décembre
enregistré au nord de l'île MacQuarie.
Par dessus le marché, le bulletin a été
diffusé à 01,14 GMT après que le tsunami
avait frappé la côte de Sumatra.
Deux autres bulletins du PTWC ont suivi, le second ne fait pas
mention d'un tsunami dans l'Océan Indien.
Le second bulletin a été diffusé à
02 :04 GMT le 26.. Il réévaluait la magnitude
à 8,5 et disait qu'il existait " une possibilité
de tsunami près de l'épicentre. " Cette déclaration
est erronée. A 02 :00GMT, le tsunami était sorti
du domaine du " possible ", il avait déjà
atteint les côtes de l'Indonésie, de la Malaisie,
de la Thaïlande et du Myanmar.
MAGNITUDE
- 8,5
EVALUATION : REVISED MAGNITUDE BASED ON ANALYSIS OF MANTLE WAVES.
THIS EARTHQUAKE IS LOCATED OUTSIDE THE PACIFIC. NO DESTRUCTIVE
TSUNAMI THREAT EXISTS FOR THE PACIFIC BASIN BASED ON HISTORICAL.
EARTHQUAKE AND TSUNAMI DATA. THERE IS THE POSSIBILITY OF A TSUNAMI
NEAR THE EPICENTER.
REEVALUATION DE MAGNITUDE BASEE SUR L'ANALYSE DES ONDES DANS
LE MANTEAU. CE TREMBLEMENT DE TERRE EST SITUE EN DEHORS DU PACIFIQUE.
IL N'Y A PAS DE RISQUE DE TSUNAMI DESTRUCTEUR SI L'ON SE REFERE
AUX TREMBLEMENTS DE TERRE ET AUX TSUNAMIS DU PASSE. IL EXISTE
UNE POSSIBILITE DE TSUNAMI PRES DE L'EPICENTRE.
Le
troisième bulletin, diffusé le lendemain, le 27
à 15 :35 GMT, parle du tsunami et réévalue
a posteriori la magnitude de 8,5 à 9,0.
MAGNITUDE - 9.0
EVALUATION
UNE PARTIE DE LŒENERGIE PROVENANT DU TSUNAMI QUI A EU LIEU
HIER DANS L'OCEAN INDIEN A PENETRE DANS l'OCEAN PACIFIQUE PROBABLEMENT
PAR LE SUD CU CONTINENT AUSTRALIEN. CETTE ENERGIE A CAUSE DE
FAIBLES FLUCTUATIONS DU NIVEAU DE LA MER DANS DE NOMBREUX ENDROITS
DU PACIFIQUE.
La
nécessité d'une enquête internationale
Pourquoi, le 26 décembre, la procédure standard
d'évaluation des risques et des conséquences afférents
à un tsunami n'a-t-elle pas été respectée
?
Pourquoi est-ce que la procédure standard qui consiste
à évaluer les risques afférents à
un tsunami n'a-t-elle pas été suivie ce jour-là
(le 26 décembre 2004), alors que dans les bulletins précédents
et suivants le risque de tsunami a été régulièrement
évalué en se basant à chaque fois sur la
magnitude du séisme ? Il s'agit d'un des plus importants
tremblements de terre, de mémoire d'homme.
Il faut qu'une enquête minutieuse soit menée au
niveau international ainsi que par les pays touchés par
le tsunami, afin de faire la lumière sur cette affaire.
La conférence de Kobé s'achève dans la
dissension
par
Philippe Pons, le Monde, 23 janvier 2005
Les
divergences entre Etats freinent la création d'un système
d'alerte mondial aux désastres naturels.
La
Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes
naturelles, qui s'est achevée à Kobé samedi
22 janvier, n'a pas eu les résultats concrets attendus.
En dépit du caractère d'urgence du problème,
tragiquement mis en évidence par le raz de marée
dans l'océan Indien, la substance des débats s'est
perdue dans les sables des formulations générales.
Dans le "cadre d'actions" pour 2005-2015, arrêté
à l'issue de la conférence, les participants se
sont engagés à mettre à la disposition
des uns et des autres leur expertise et leurs technologies en
matière de prévention des désastres, mais
ils ne se sont fixé aucun objectif précis.
Il restera aux organismes des Nations unies chargés de
gérer le processus à donner la cohérence
d'un projet à la multitude de propositions concurrentes
qui ont été faites. Une idée-force a néanmoins
fait son chemin : la nécessité d'intégrer
la prévention des désastres à la lutte
contre la pauvreté. Tous les participants étaient
d'accord sur la nécessité d'une prise de conscience
des risques de calamités naturelles et de la mise en
place de parades. Cela a été attesté par
l'annonce, au milieu de la conférence, de la création
d'un système d'alerte aux diverses formes de désastres
naturels placé sous l'égide des Nations unies
; l'un de ses éléments sera la mise en place d'ici
un an d'un système régional d'alerte au tsunami
dans l'océan Indien.
Mais chaque participant (Etat ou organisation internationale)
a en même temps défendu bec et ongles ses propositions
ou son pré carré. Tout en étant d'accord
pour confier aux Nations unies la conduite du processus, chacun
voulait faire de sa propre expertise la cheville ouvrière
de la politique à mettre en ¦uvre. Les pays avancés
en matière de prévention (Japon, Etats-Unis, Allemagne
et Australie) se heurtant aux susceptibilités des pays
asiatiques (Inde, Chine mais aussi Indonésie et Thaïlande)
qui mettent en avant leur propre expertise.
"Je pense que nous parviendrons à une entente lorsque
nous entrerons dans le détail des propositions",
commente Salvano Briceno, responsable de la stratégie
internationale de l'ONU sur la prévention des désastres.
L'imprécision de la déclaration finale tient,
estime-t-il, aux difficultés à faire le tri immédiat
des points de vue, à les harmoniser et à les intégrer
à un projet global. "Une coordination en réseau
de propositions concurrentes est possible mais elle nécessite
du temps", dit-il. Des conférences régionales
commencent dès la semaine prochaine : à Phuket
au niveau ministériel, puis à Pékin entre
experts. D'autres réunions sont prévues sous l'égide
de l'Unesco. La définition d'orientations précises
prendra au moins un an.
En coulisses, des débats se sont éternisés
sur la source des financements affectés à la prévention
des désastres. Proviendront-ils du secteur humanitaire
ou de l'aide au développement ? Le programme mondial
des Nations unies pour le développement (PNUD) milite
pour une intégration des actions de prévention
à la seconde. En début de conférence, Jan
Egeland, le secrétaire général adjoint
de l'ONU aux affaires humanitaires, avait proposé que
"10 % des fonds débloqués pour l'aide d'urgence
soient alloués aux mesures de prévention des risques".
Autre controverse : les Etats-Unis voulaient supprimer toute
référence au "changement climatique"
du projet de déclaration finale élaboré
par les Européens. Une insistance reflétant l'opposition
de Washington au protocole de Kyoto qui oblige les 129 pays
l'ayant ratifié à réduire leurs émissions
de gaz à effet de serre.
Après d'âpres discussions, le nombre des mentions
des phénomènes climatiques a été
réduit : dispute dérisoire au regard des enjeux
et alors que, comme l'a rappelé Michel Jarraud, secrétaire
général de l'Organisation météorologique
mondiale, les changements climatiques pourraient entraîner
une augmentation en intensité et en fréquence
des dangers naturels.
La"
phase d'urgence" est presque terminée en Aceh, selon
Jakarta
La phase des secours d'urgence est pratiquement terminée
dans la province indonésienne d'Aceh, la plus lourdement
touchée par la catastrophe du 26 décembre, a annoncé
dimanche le ministre indonésien du Bien-être social.
"La phase d'urgence est pratiquement derrière nous,
par conséquent, l'armée ne sera plus aussi efficace
(...) et des civils sont nécessaires", a déclaré
Alwi Shihab lors d'une tournée d'inspection à
Banda Aceh, la capitale provinciale, à l'extrémité
nord de l'île de Sumatra.
"Nous sommes en train de rouvrir aux transports terrestres
des régions isolées, nous n'avons pas besoin de
davantage d'hélicoptères, mais de plus de pick-up
pour gagner ces villages isolés", a-t-il ajouté.
Jakarta a autorisé la venue de troupes américaines
et singapouriennes dans la province d'Aceh, mais la présence
de forces étrangères est un sujet sensible pour
les autorités indonésiennes.
Les propos d'Alwi Shihab contrastent cependant avec les propos
de responsables de l'Onu qui ont estimé eux que les hélicoptères
de la marine américaine étaient un outil essentiel
pour atteindre des régions toujours isolées quatre
semaines après le tremblement de terre et les vagues
sismiques qui ont dévasté l'Asie du Sud, faisant
plus de 225.000 morts dont 166.000 en Indonésie.
Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) se
prépare néanmoins au retrait des unités
militaires étrangères.
Dimanche, son porte-parole, Gerard Bourke, a annoncé
qu'un bâtiment affrété par le PAM serait
mis au mouillage lundi sur la côte occidentale d'Aceh
avec des vivres en quantité suffisante pour assurer un
mois d'approvisionnement des rescapés.
"A l'évidence, nous sommes dans une phase où
nous devons prendre nos propres dispositions pour anticiper
le départ des militaires", a-t-il dit.
Source : Reuters, 23 janvier 2005
Les
ministres européens de l'Education se mobilisent sur
le sort des enfants
Les ministres de l'Education de l'Union européenne se
sont réunis samedi à Paris, avec des représentants
de la Commission de Bruxelles et de l'UNICEF, pour essayer de
mieux coordonner l'action européenne destinée
à l'aide scolaire aux pays d'Asie du Sud touchés
par la catastrophe du tsunami, le 26 décembre dernier.
Car rapidement, les enfants doivent pouvoir reprendre une scolarité
à peu près normale. "Il y a énormément
d'enfants qui risquent d'être laissés à
l'abandon, leurs parents étant décédés
ou portés disparus dans les zones les plus durement touchées",
a expliqué le ministre français François
Fillon, à l'initiative de cette conférence. Pour
y remédier, l'heure est à la mobilisation. "Un
enfant rescolarisé retrouve un peu de ses repères",
a-t-il souligné.
Si les initiatives sont multiples dans chaque pays européen,
elles pêchent parfois en efficacité en raison d'un
manque de coordination. "Dans toute l'Europe, les élèves,
parents et professeurs se sont mis à la collecte de fonds",
a noté François Fillon, en précisant qu'il
était donc important de prendre des mesures pour canaliser
cet élan spontané.
Ainsi, pour les nombreuses écoles européennes
qui souhaitent participer à des projets à plus
long terme, des jumelages vont être mis en place. "La
conférence a notamment insisté sur l'importance
des partenariats et des jumelages entre établissements
scolaires pour la réhabilitation des écoles dans
les pays sinistrés", expliquent les ministres dans
leur communiqué final.
Pour eux , la rescolarisation des enfants victimes de catastrophes
"fait partie intégrante de l'aide humanitaire".
Dans cette optique, ils disent soutenir "le programme engagé
par l'UNICEF de reconstruction d'écoles et de restauration
des systèmes éducatifs primaires, y compris la
formation des enseignants, pour laquelle ils pourront mettre
à disposition leur savoir-faire éducatif".
"Il est essentiel que les européens poursuivent
et coordonnent leurs efforts dans la durée en faveur
de la reconstruction des écoles détruites",
ajoutent-ils.
Jan Figel, commissaire européen en charge de l'éducation,
de la formation, de la culture et du multilinguisme, qui était
présent à la réunion, a expliqué
que "la commission européenne avait déjà
d'ores et déjà débloqué 350 millions
d'euros pour la reconstruction sur le long terme des zones affectées".
Sur place, le travail à moyen et à long terme
a déjà commencé. Jacques Hintzy, président
de l'UNICEF France, de retour de la province indonésienne
d'Aceh durement frappée par le séisme, a expliqué
que l'UNICEF avait déjà acheminé 700 "tentes-écoles"
et du matériel scolaire dans cette province où
25% des écoles ont été détruites
(soit environ 1.000 établissements).
"Sept cents instituteurs venant de toute l'Indonésie
vont venir à Aceh pour participer à la rentrée
des classes le 26 janvier", a-t-il expliqué, des
effectifs qui remplaceront les quelque 1.000 enseignants qui
ont péri dans la catastrophe.
Mady Delvaux-Stehres, ministre luxembourgeoise de l'Education
et présidente en exercice du conseil européen
(éducation, jeunesse, culture), a affirmé pour
sa part avoir été frappée par le même
"élan de générosité, comme
on avait jamais vu auparavant", dans tous les pays de l'Union
européenne.
Elle a toutefois jugé important de pouvoir mobiliser
les gens également sur d'autres catastrophes. "Si
nous trouvons un système d'aide, il pourra nous servir
pour d'autres actions", a-t-elle expliqué.
Le 21 février, les ministres de l'Education de l'UE se
retrouveront à Bruxelles pour faire le point sur les
initiatives lancées dans les pays victimes du tsunami.
Source : AP, 22 janvier 2005
Les
belles histoires du tsunami
Il a survécu un mois en se nourrissant de noix de coco
!
Un indigène des îles Andaman et Nicobar, un archipel
sous juridiction indienne perdu au milieu de l'océan
Indien, a survécu seul pendant près d'un mois
au tsunami du 26 décembre en se nourrissant de noix de
coco.
Michael Mangal, qui agitait ses vêtements en guise de
drapeau pour signaler sa présence, a été
secouru en début de semaine par l'équipage d'un
canot de l'armée indienne sur l'îlot de Pillow
Panja.
Cet homme, qui appartient à la tribu des Nicobars, a
raconté aux sauveteurs avoir été emporté
dans l'océan par le premier tsunami du 26 décembre
avant d'être ramené à terre par d'autres
vagues. Il est alors revenu à son village, où
il n'y avait plus âme qui vive.
"Il s'en est sorti pendant 25 jours en se nourrissant exclusivement
de noix de coco", a raconté l'un des sauveteurs
depuis Port-Blair, capitale de cet archipel situé à
1.200 km de la côte Est de l'Inde.
On estime à environ 7.500 le nombre de membres des tribus
Nicobars à avoir péri sur le littoral de ce chapelet
d'îles montagneuses comptant, au total, près de
350.000 habitants.
Les secours ont été lents à parvenir en
raison, notamment, des difficultés de communication et
de la destruction des débarcadères. La plupart
des 36 îles habitées de l'archipel, qui comptent
une centaine d'îles et d'îlots, ne sont accessibles
que par la mer.
Source : Reuters, 23 janvier 2005
L'Afrique
chante pour les victimes du tsunami
par Eric ELOUGA, Cameroon Tribune, 20 janvier 2005
L'association Asvict sort un CD en hommage aux sinistrés
de la catastrophe.
L'Afrique doit quitter sa posture d'éternelle assistée
pour se joindre à la mobilisation du monde contre les
catastrophes. C'est en substance l'esprit de l'album "
Africa Wake Up ", sorti depuis peu, et réalisé
par l'Association africaine de solidarité aux victimes
des catastrophes (Asvict). Le titre phare, " Hommage aux
victimes du Tsunami ", s'écoute déjà
dans les radios de Yaoundé, en attendant le lancement
des cinq autres singles qui composent l'album. Conduits par
le président de l'association, Jean Marc Ngoss, huit
artistes ont participé à ce projet. On citera
le Congolais Justice Mandela, l'Espagnol Joly Lucio Le coq,
ou encore la jeune Gaëlle (une jeune artiste dont c'est
le nom de scène).
Les mélomanes ne manqueront pas de reconnaître
la touche du Gabonais Oliver Ngoma, dont la chanson " Seva
" aura largement inspiré la musique de fond. Un
rythme entraînant, à mi-chemin entre les mélodies
zouk antillaises et la rumba congolaise des années 80.
Même si cette synthèse est globalement plaisante,
elle manque néanmoins de cette pointe d'émotivité
dans le ton, qui aurait certainement rehaussé la portée
du message. La qualité d'enregistrement est d'un niveau
appréciable mais encore perfectible.
La présence vocale de l'unique timbre féminin
du collectif est l'une des grandes satisfactions de cette prestation
musicale. La jeune Gaëlle, dont la texture de voix rappelle
celle de Germaine Ebelle, aura dans l'ensemble dominé
son sujet et largement contribué à l'équilibre
malheureusement inconstant, entre les paroles et la musique.
On regrettera d'ailleurs qu'elle disparaisse littéralement
dès la fin du premier couplet, au profit d'une succession
de voix masculines qui auront eu le mérite d'être
synchronisées, sans jamais parvenir à être
tout à fait distinctes les unes des autres.
Par contre, le soupçon de précipitation dans la
composition, pressenti dans certaines phases de la chanson,
est assez criard lorsqu'on ausculte les textes. Une simplicité
déroutante, un manque d'effort évident dans l'écriture,
et une tendance systématique à tomber dans les
travers de toutes les productions musicales camerounaises. Des
appels du pied et des remerciements sont déroulés
durant presque la moitié du morceaux, à travers
citations et interpellations de personnalités et institutions.
On a ainsi du mal à digérer que les complaintes
en direction des sinistrés de l'Asie soient accompagnées
d'une salutation au passage à Didier Drogba et Shabani
Nonda par exemple.
L'album, qui a été financé par l'Asvict,
est le premier acte d'une série d'interventions en faveur
des victimes des catastrophes dans le monde. Un volet de l'album
est d'ailleurs consacré à la sensibilisation contre
le sida. Aux dires du président de l'association, le
quart des bénéfices des ventes sera reversé
aux sinistrés de l'Asie, " question de montrer que
l'Afrique aussi peut répondre présente aux sollicitations
de la scène internationale ".
Plus
de 60 000 spectateurs à Cardiff pour un concert au profit
des victimes
La rock-star Eric Clapton, le pianiste Jools Holland, le groupe
"The Manic Street Preachers" ou encore la mezzo-soprano
Katherine Jenkins: plus de 60 000 spectateurs venus des quatre
coins de Grande-Bretagne ont assisté samedi au Millenium
Stadium de Cardiff (pays de Galles) à un concert au profit
des victimes du tsunami du 26 décembre en Asie du Sud.
Les organisateurs espéraient récolter plus d'un
million de livres sterling (1,4 million d'euros) lors de ce
concert présenté comme le plus gros spectacle
de bienfaisance dans le pays depuis le célèbre
"Live Aid" de 1984 en faveur de l'Afrique.
Un message enregistré du prince Charles, qui a le titre
de prince de Galles, a été lu à la foule.
Une vingtaine de groupes et d'artistes solo britanniques étaient
au programme de ce show de sept heures
Ce concert géant a été organisé
en moins de trois semaines. Les 60.000 billets se sont arrachés
en trois jours. Le millier de tickets supplémentaires
mis en vente ont disparu en 20 minutes.
Tous les chanteurs et musiciens se produisaient bénévolement,
et les organisateurs ont promis de reverser l'intégralité
des recettes aux organisations humanitaires travaillant dans
les régions affectées par le terrible séisme
du 26 décembre dernier, suivi d'un tsunami meurtrier.
En ouverture du concert, la jeune chanteuse d'opéra galloise,
Katherine Jenkins, une mezzo-soprano de 24 ans, a chanté
une version émouvante du célèbre gospel
"Amazing Grace".
Parmi les autres groupes et artistes au programme figuraient
Charlotte Church, Badly Drawn Boy, Feeder, Lemar, Lulu, Craig
David, Goldie Lookin' Chain, Snow Patrol, Brian McFadden et
le groupe rock Keane.
Source : AP, 22 janvier 2005
Tsunami,
jour 28 - 22 janvier 2005
Les
ratés de l'aide aux victimes du tsunami
Mauvaise coordination, absence de contrôle, concurrence
entre associations pèsent sur l'utilisation des fonds,
mais les ONG promettent de rendre des comptes
par Corinne Caillaud et Marie-Estelle Pech, Le Figaro, 22 janvier
2005
«Sur la somme que j'ai donnée pour l'Asie, quel
pourcentage parvient réellement à destination?»
Cette question revient régulièrement dans la bouche
des Français qui, bouleversés par les terribles
images du raz de marée asiatique, ont déboursé
en quelques semaines plus de 104,5 millions d'euros pour aider
les victimes. Face aux interrogations, l'Unicef s'apprête
à mettre en place une plate-forme téléphonique
spécifique destinée à rassurer les donateurs.
Tous les spécialistes de l'aide humanitaire s'accordent
à dire que la transparence devrait être plus importante
que d'habitude sur cette opération placée sous
les feux des médias. Mais la faiblesse des contrôles
des organisations non gouvernementales (ONG) et les risques,
bien réels, de détournement sur le terrain, laissent
planer le doute sur l'affectation des millions de la générosité.
Depuis le scandale des détournements de l'ARC, qui a
sérieusement ébranlé la confiance des donateurs,
les associations affichent toutes la même volonté
de transparence. La catastrophe du tsunami leur fournit l'occasion
de le prouver. Mais la polémique engagée par Médecins
sans Frontières, qui a récemment demandé
l'arrêt des dons à l'Asie pour son association,
a relancé le débat sur l'utilisation des fonds.
«MSF fait de la politique, car ils savent que la prochaine
fois ils auront deux fois plus de dons», répond
un responsable du Secours catholique.
La plupart des associations ont pris l'engagement de réserver
les sommes reçues aux victimes du tsunami. Toutefois,
sur les sites Internet, les dons pourraient parfois se confondre
dans des comptabilités ouvertes à d'autres causes
humanitaires. Certaines ONG ont d'ailleurs rectifié le
tir, comme Action contre la faim.
La traçabilité des dons tend à se clarifier,
confirme Michel Destot, député PS et président
d'une mission parlementaire d'information sur les ONG françaises.
«L'idée demeure que Crozemarie [l'ex-président
de l'ARC] règne un peu partout, reconnaît-il, mais
n'oublions pas que ces associations font généralement
preuve d'un esprit éthique important.»
Sur le terrain, le lien entre le don et son affectation reste
néanmoins difficile. Au-delà des promesses de
clarté des associations, ce n'est qu'en se reportant
au rapport annuel de chacune que le donateur pourra trouver
une information précise. Or, seule la moitié des
28 ONG françaises étudiées par l'Observatoire
de l'action humanitaire, un organisme français indépendant,
publie régulièrement des rapports d'activité
et des comptes d'emploi de leurs ressources. «Savoir si
l'argent des Français envoyé en Asie est bien
employé implique aussi de savoir par exemple si un hôpital
a été reconstruit au moindre coût. Dispose-t-il
de personnel compétent ? A-t-il des pharmacies convenablement
pourvues ?» explique Marc-Antoine Perouse de Montclos,
président de l'observatoire.
Deux organismes officiels, la Cour des comptes et l'Igas, exercent
certes un contrôle a posteriori et épinglent régulièrement
des dérapages. Mais, contrairement aux pays anglo-saxons,
qui font appel à des cabinets d'audits, la règle
en France est celle de l'auto-évaluation. Selon le président
de la mission parlementaire sur les ONG, le contrôle interne
est généralement efficace. «À partir
d'un certain budget, ils font appel à un commissaire
aux comptes, explique Michel Destot. Ils ont une réticence
fondamentale à l'évaluation sous couvert d'indépendance.
Mais c'est en train d'évoluer.» Les rapports négatifs
«finissent le plus souvent sous le boisseau», estime
Marc-Antoine Perouse de Montclos.
Le Comité de la charte, composé de membres du
monde associatif, exerce une action de contrôle. Mais
il ne s'est pas prononcé sur la question controversée
des «ratios», à savoir la répartition
entre les fonds affectés aux destinataires et les frais
de fonctionnement (locaux, salaires, communications, mailings).
Des frais de plus en plus élevés et qui peuvent
représenter entre 7% et 30% des ressources selon les
ONG. Les raisons de ces disparités sont complexes puisque,
selon le mode de gestion, le bilan peut se présenter
sous des angles différents.
Les organisations contactées reconnaissent qu'un afflux
massif d'argent favorise parfois les gaspillages. Mais elles
considèrent que les besoins de base des populations sinistrées
sont encore loin d'être couverts. «Il n'y a sans
doute jamais trop de dons. Qui peut se targuer de fixer une
limite en la matière ?» demande le député
Michel Destot. Les secours ont souvent précédé
l'évaluation des dégâts. Du coup, les ONG
d'urgentistes se sont parfois retrouvées en surnombre.
Selon Action contre la faim, «les premières semaines,
c'était compliqué de s'y retrouver entre les militaires,
les opérateurs humanitaires et les opérateurs
privés.» Selon le Secours islamique de France,
quelque 200 associations sont présentes à Banda
Aceh (Indonésie), alors que ce n'est pas dans cette ville
qu'il y a le plus de besoins mais plutôt dans la plaine
côtière. Selon les spécialistes de l'humanitaire,
il est difficile de coordonner sur place l'action des ONG, qui
tiennent à leur indépendance. L'ONU est censée
assurer cette tâche mais toutes les associations ne se
rendent pas à ses réunions.
Le risque de double emploi est important. Selon Christian Bader,
sous-directeur des opérations humanitaires à la
délégation à l'action humanitaire au Quai
d'Orsay, «on ne sait pas toujours ce que font les toutes
petites ONG qui partent en free lance. Elles ne sont pas très
efficaces. On voit que ça se passe mal quand elles nous
demandent des traductions, de l'aide.»
La mission parlementaire, qui a aussi travaillé sur le
cas de l'aide au Cambodge, a constaté un certain émiettement
des dons. Il arrive que 10 ou 20 ONG travaillent sur le même
sujet. «Au Cambodge, beaucoup d'associations se sont embarquées
dans la lutte contre le sida car les fonds communautaires européens
étaient fléchés sur cette maladie. Ce n'était
pourtant pas leur objectif initial», explique Michel Destot,
qui suggère «un meilleur fléchage des dons
publics».
Un
nouveau créneau touristique pour la Thaïlande :
la tsunamologie
Quatre semaines après le tsunami, la vie suit son cours
et désormais, le “tsunami business” entre
dans la normalité et la routine de la machine mondiale.
Ainsi, la Thaïlande et Phuket semblent vouloir se spécialiser
dans les congrès de “tsunamologues”. À
défaut de milliers de touristes de masse qui dépensent
relativement peu, autant essayer d’attirer des centaines
de congressistes à fort pouvoir d’achat et munis
de la carte Visa Gold, suivis de la cohorte habituelle des journalistes
et autres grenouilles de congrès.
La gestion et la prévention des catastrophes naturelles
deviennent un secteur marchand parmi d’autres, sur le
“marché libre” mondialisé, où
chacun essaye de proposer ses produits-miracles et ses solutions
uniques.
L'île thaïlandaise de Phuket doit accueillir la semaine
prochaine une rencontre de 43 pays et 13 organisations internationales
consacrée à la mise sur pied d'un système
d'alerte aux tsunamis dans l'océan Indien, un mois après
les raz-de-marée, a annoncé vendredi le ministère
des Affaires étrangères.
La Thaïlande doit également organiser dans la foulée
deux autres conférences internationales - de professionnels
du tourisme, puis de scientifiques - elles aussi liées
au tsunami .
Le ministère des Affaires étrangères a
confirmé que la conférence sur les systèmes
d'alerte de Phuket se tiendrait les 28 et 29 janvier dans l'île
sinistrée du Sud du pays et que les pays participant
seraient pour la plupart représentés par leur
ministre des Affaires étrangères.
Cette rencontre est organisée après la conférence
internationale qui doit s'achever en fin de semaine à
Kobé, au Japon, sur la prévention des catastrophes
naturelles, où les Nations unies ont été
chargées de superviser la mise en place d'un système
d'alerte mondial et d'examiner les différentes propositions
émanant des donateurs.
Plusieurs projets concurrents de système d'alerte aux
tsunamis ont été déjà présentés,
principalement par l'Allemagne, l'Australie, les États-Unis
et le Japon.
La Thaïlande - pays hôte qui a payé un lourd
tribut au tsunami avec plus de 5.300 morts - souhaite que le
système futur d'alerte soit bâti autour du Centre
asiatique de préparation aux catastrophes (ADPC - Asian
Disaster Preparedness Center) basé à Bangkok,
qui offre des formations à la gestion de telles crises.
"La Thaïlande a proposé que l'ADPC parrainé
par les Nations unies, et qui est basé à Bangkok,
soit responsable du système d'alerte" aux tsunamis,
a dit le porte-parole du ministère, Sihasak Phuangketkeao,
dans un communiqué.
Parmi les pays devant être présents à Phuket
figurent les 10 membres de l'Association des Nations d'Asie
du Sud-Est (Asean), les autres pays asiatiques et les pays africains
riverains de l'océan Indien et les grands donateurs traditionnels
tels le Japon, l'Union européenne et les USA.
Deux jours plus tard, c'est le conseil exécutif de l'Organisation
mondiale du tourisme (OMT) qui doit se retrouver pour une réunion
extraordinaire, à Phuket également, destinée
notamment à restaurer la confiance des touristes dans
les destinations de l'océan Indien.
La conférence des 31 janvier et 1er février doit
réunir une centaine de participants de quelque 30 pays
et vise à apporter une aide aux pays touchés par
la catastrophe notamment en termes d'ingénierie touristique,
de marketing et de promotion, selon le secrétariat général
de l'OMT. On pourrait proposer à l’OMT de lancer
une campagne mondiale de promotion auprès des adeptes
du surf, toujours à la recherche des plus grandes vagues
possibles ...
Le 31 janvier doit également s'ouvrir, cette fois à
Bangkok, une conférence de deux jours de géoscientifiques
du monde entier qui tenteront de faire le point sur la tragédie
du 26 décembre et d'en tirer les enseignements pour de
futurs systèmes d'alerte au tsunami.
Source : AFP, 21 janvier 2005
Sri
Lanka : médiation norvégienne
C’est la diplomatie norvégienne à laquelle
est échue la tâche délicate de servir d’intermédiaire
pour de nouvelles négociations entre le gouvernement
de Colombo et la rébellion armée des Tigres tamouls
pour la libération de l’Eelam (LTTE). Le ministre
norvégien des Affaires étrangères vient
de rencontrer la présidente Kumaratunga Bandaranaïke
et doit maintenant rencontrer la direction des Tigres.
Exxon
essaie de faire oublier son passé indonésien
Dans la province indonésienne d'Aceh, la compagnie pétrolière
Exxon vient publiquement en aide à une population qui
l'accuse de violations des droits de l'homme. Elle va verser
cinq millions de dollars aux populations asiatiques victimes
du tsunami, dont une partie à la population d'Aceh, principale
zone sinistrée (plus de 100 000 morts). Depuis 1968,
Exxon y exploite du pétrole et du gaz, en partenariat
avec la compagnie indonésienne d'État Pertamina.
Sous haute protection de l'armée indonésienne,
d'abord sous le régime brutal de Suharto, puis sous celui
de ses successeurs.
Depuis 1976, le Gerakin Acek Merdeka (Mouvement pour un Aceh
libre) se bat pour l'autonomie de la province et le contrôle
de ses ressources. 10 000 personnes ont été tuées,
dont 2200 depuis mai 2003. Les installations d'Exxon y sont
prises pour cibles, la compagnie finançant le pouvoir
central (au début des années 2000, 800 millions
de dollars étaient ainsi approximativement reversés
chaque année à l'État indonésien).
En 2001, Exxon a même dû cesser ses activités
pendant quatre mois jusqu'à ce que l'armée indonésienne
rétablisse l'ordre. « La torture, les arrestations
arbitraires et les procès iniques prospèrent dans
le secret », a alors pu constater l'ONG Human Rights Watch.
En juin 2001, onze villageois indonésiens, soutenus par
l'ONG International Labor Rights Fund, ont porté plainte
contre Exxon auprès d'un tribunal US pour violation des
droits de l'homme. Ils accusent la compagnie pétrolière
de collaborer avec l'armée dans de nombreux cas d'abus
sexuels, de torture et de meurtres d'opposants au régime.
Malgré l'opposition du département d'État,
la procédure suit son cours.
Source : Les Barons Marqués n°10, 21 janvier 2005,
bulletin dinformations diffusé par : fr@transnationale.org
Grande
première : un avion israélien se pose en Indonésie
Histoire aérienne : un avion Jumbo 747 de la compagnie
El Al a atterri le samedi 12 janvier 2005 sur l’île
Bataam en Indonésie, le pays musulman le plus grand au
monde et qui n’entretient pas de relations diplomatiques
avec Israël. Pour la première fois depuis 10 ans
(en 1994 le Premier ministre Ytshak Rabin s’y était
posé lors de son retour du Japon et avait rencontré
les dirigeants indonésiens), les autorités indonésiennes
ont accepté qu’un avion israélien atterrisse
en Indonésie pour aider les victimes du Tsunami. L’avion
transportant 75 tonnes d’équipement humanitaire
devait voler sans aucun signe de reconnaissance.
Source : Ambassade israélienne en France, 21 janvier
2005
Dans
sa grande magnanimité...
...Sua Emittenza don Berlusconi envisage de prendre des dispositions
administratives pour faciliter le regroupement familial et suspendre
les expulsions de sans-papiers pour les ressortissants de pays
frappés par le tsunami vivant en Italie. C’est
ce qu’a promis le vice-Prmier ministre Follini devant
la Chambre, en réponse à la question d’une
députée communiste. Une manière de répondre,
du moins partiellement, à la demande formulée
par l’opposition de gauche et les associations d’immigrés
et de réfugiés qu’un article 20 soit ajouté
au texte unique de loi sur l’immigration. cet article
définit les règles pour un accueil humanitaire
de ressortissants de pays frappés par une catastrophe
humanitaire.
Source : Associazione Senzaconfine, Rome, 21 janvier 2005
Un
bon terrain d’entraînement pour l’UCK recyclée
Le TMK, Corps de protection du Kosovo, a été formé
au Kosovo sur le modèle de la Protection civile française
pour recycler d’anciens combattants de l’UCK. Il
est d’ailleurs commandé par un ancien commandant
de l’UCK. Il compte 5 000 membres, souvent installés
dans des camps qui ont tout de camps militaires et ressemblent
très peu à des camps de protection “civile”.
La plupart des Albanais du Kosovo considèrent le TMK
comme l’embryon de la future armée du futur Kosovo
indépendant. Et le chefs du TMK ont eu une idée
géniale : pourquoi ne pas envoyer leurs hommes s’entraîner
en Indonésie ou dans un des autres pays frappés
par le tsunami ? Oui, a dit la communauté internationale
qui a mis le Kosovo sous tutelle, excellente idée : “la
crise en Asie du sud-Est est une bonne occasion pour le TMK
de démontrer ses talents et son expérience”,
a déclaré Mark Dickinson, diplomate en chef britannique
en poste à Pristina. Évidemment la communauté
internationale (USA, Royaume Uni, Allemagne, France et Italie)
va financer cette opération “humanitaire”...
Source : RFE/RL, 21 janvier 2005
Dernier
bilan officiel : 219 000 morts et disparus, dont 166 320 à
Aceh
Les ministres indonésiens ne sont pas d'accord sur le
chiffre : celui de 166 320 a été donné
le 19 janvier par le ministre de la Santé, qui y a inclus
les 70 000 disparus. Le ministre des Affaires sociales s'en
tient, quant à lui, au chiffre de 114 978 morts.
Le
leader des Tigres tamouls est toujours vivant
Démentant une information de la radio sri-lankaise annonçant
sa mort dans le tsunami, le site web des Tigres tamouls a publié
une photo de Velupillai Prabhakaran, lors d'une rencontre avec
des personnes engagées dans les travaux de secours aux
victimes du tsunami, tenue lundi à Kilinochchi, dans
le nord de l'île.
Aceh
: Jakarta dit vouloir négocier avec le mouvement de libération
Hassan Wirajuda, ministre indonésien des Affaires étrangères,
a déclaré mercredi que le gouvernement de jakarta
prévoyait d'engager des nouvelles négociations
avec le mouvement indépendantiste d'Aceh, le GAM (Mouvement
Aceh Libre) à la fin de ce mois. La date et lieu n'ont
pas été encore choisis, mais, a dit le ministre,
"nous sommes sérieusement pour une réconciliation".
Le gouvernement indonésien avait rompu en mai 2003 l'accord
de cessez-le-feu conclu à Genève le 9 décembre
2002. Des dizaines de milliers de soldats indonésiens
s'étaient alors déployés à Aceh
et s'y étaient livrés à des opérations
de répression. Dans les deux premières semaines
de 2005, l'armée indonésienne à tué
à Aceh, 120 "rebelles", malgré l'annonce
unilatérale d'un cessez-le-feu tant de la part du gouvernement
que du mouvement de libération. Ces 120 morts sont évidemment
passés inaperçus dans l'amoncellement de cadavres
de victimes du tsunami. Et la "communauté internationale"
s'est bien gardée d'intervenir dans ce "conflit
interne" qui est en fait une guerre sale de plus.
«
Ces gens ont besoin de nourriture mais aussi de Jésus
»
Mark Kosinski, un évangéliste US, a débarqué
à Aceh la semaine dernière en provenance de Malaisie.
Sa première déclaration a été :
« Ces gens ont besoin de nourriture mais aussi de Jésus.
Dieu est en train d'essayer de réveiller les gens et
de les aider à réaliser leur salut dans le Christ.
» Ce que M. Kosinski ignore de toute apparence, c'est
que les Musulmans ne l'ont pas attendu pour connaître
le Christ, dont le message est très présent dans
le Coran et qu'ils respectent comme prophète.
Tsunami,
jour 23 - 18 janvier 2005
« Un tsunami provoqué
par l'homme »
par
Terry Jones, The Guardian, 11 janvier 2005.
L'auteur, scénariste, acteur et réalisateur, est
membre des Monty Python.
Je suis déconcerté par les réactions mondiales
à la tragédie du tsunami. Pourquoi les journaux,
la télévision et les politiciens en font-ils autant
? Pourquoi les Britanniques ont-ils donné plus de 100
millions de livres sterling aux survivants et pourquoi Tony
Blair a-t-il promis des centaines de millions ? Pourquoi l'Australie
promet-elle 435 millions de livres, l'Allemagne 360 millions
et George W. Bush 187 millions. Bien sûr, c'est merveilleux
de voir la race humaine se rassembler pour aider les victimes
du désastre, mais pourquoi aider ces victimes là
et pas celles d'Irak ? D'après la seule estimation scientifique
dont on dispose, la guerre aurait fait près de 100 000
morts chez les civils irakiens tandis que le tsunami en a fait
150 000. Pourtant, concernant l'Irak, les médias semblent
refuser de montrer les images de ces victimes. Pas de reporters
à Fallouja pour expliquer qu'en 30 ans de métier,
il n'a jamais rien vu de tel. Le Pape n'a pas appelé
les croyants à se souvenir des Irakiens dans leurs prières
et MTV n'a pas fait de minute de silence pour eux. Au contraire,
George W. Bush et Tony Blair cherchent à minimiser le
nombre de morts (malgré le sérieux méthodologique
de l'étude publiée) tout en interdisant tout décompte.
Les morts causés par les bombes et les coup de feu méritent-ils
moins de pitié que ceux causés par une vague géante
? Une vie irakienne veut-elle moins qu'une vie indonésienne,
thaï, indienne ou suédoise ? pourquoi les télévisions
et les journaux ne cherchent-ils pas à lever des fonds
pour les victimes irakiennes ? Pourquoi ne pleurent-ils pas
sur ce tsunami que nous avons provoqué au Proche-Orient
? C'est déroutant.
Kofi
Annan : "retenir les leçons des raz-de-marée"
Au premier jour de la conférence mondiale de Kobe sur
la prévention des catastrophes naturelles, le secrétaire
général de l'Onu, Kofi Annan, a demandé
mardi à la communauté internationale de retenir
les leçons des raz-de-marée qui ont semé
le chaos sur le littoral de l'océan Indien.
Plus de 175.000 personnes ont été tuées
par les vagues sismiques qui ont dévasté le 26
décembre dernier les rivages de huit pays d'Asie et de
cinq pays de l'Est africain. Des millions d'habitants ont perdu
leur foyer.
Cette catastrophe a donné lieu à une mobilisation
sans précédent de la communauté internationale,
qui a promis plus de sept milliards de dollars pour l'aide d'urgence
et la reconstruction.
Mais, a souligné Kofi Annan dans un message enregistré
diffusé aux conférenciers, investir en amont de
bien plus petites sommes peut permettre de sauver de nombreuses
vies lorsque surviennent ces phénomènes naturels
inévitables.
La ville de Kobe, au Japon, où se tient pendant cinq
jours cette conférence de l'Onu, commémore actuellement
le séisme qui a fait près de 6.500 victimes il
y a dix ans.
"Ce n'est pas suffisant de recoller les morceaux",
a dit le secrétaire général de l'Onu. "Nous
devons retenir toutes les leçons pour éviter que
ne se reproduise ce genre de catastrophe à l'avenir."
DISPOSITIF D'ALERTE ET ÉDUCATION DES POPULATIONS
Un des objectifs de cette conférence, qui s'inscrit dans
le cadre de la Stratégie internationale de réduction
des catastrophes naturelles adoptée il y a dix ans par
les Nations unies, est d'amener les pays riches à débloquer
des fonds pour les pays en développement, pour lesquels
les mesures de prévention des catastrophes ne constituent
pas une priorité budgétaire.
L'autre objectif sera de s'assurer que les promesses formulées
de part et d'autres sont tenues.
"Je propose qu'environ 10% des fonds débloqués
pour l'aide d'urgence soient alloués aux mesures de prévention
des risques", a dit Jan Egeland, secrétaire général
adjoint de l'Onu aux affaires humanitaires et coordinateur des
secours d'urgence.
Une des priorités de la conférence ira à
la mise en place d'un mécanisme d'alerte contre les raz-de-marée
dans l'océan Indien, semblable à ce qui existe
déjà dans le Pacifique.
Des milliers de vies auraient pu être sauvées si
ces alertes avaient été connues des populations
vivant sur les côtes de l'Inde, du Sri Lanka, et même
de Somalie, avant que ne déferlent les murs d'eau soulevés
par un séisme sous-marin d'une magnitude record au large
de l'Indonésie.
Le Japon, qui est très exposé aux menaces sismiques,
dispose d'un mécanisme d'alerte reliant des capteurs
offshore aux instituts sismologiques. Ces alertes ne surviennent
que trois minutes après une secousse.
Le Premier ministre japonais, Junichiro Koizumi, a annoncé
que son pays assumerait ses responsabilités dans la création
d'une banque de données mondiales sur les conséquences
des catastrophes naturelles.
"Par notre expérience, nous avons beaucoup appris
en matière de limitation des désastres naturels
et nous pouvons partager ce savoir avec la communauté
internationale", a-t-il ajouté lors de la séance
plénière.
La France a annoncé pour sa part qu'elle proposerait
que l'île de la Réunion, dans l'océan Indien,
soit intégrée au futur dispositif d'alerte.
Mais les questions technologiques ne constituent qu'un seul
des multiples obstacles à surmonter. L'alerte des populations
vivant dans des zones parfois très reculées et
dont les systèmes de communication sont souvent rudimentaires
constitue un autre défi à relever.
Il s'agit en outre d'éduquer les populations sur les
consignes à suivre en cas de catastrophe. Le 26 décembre,
de nombreuses personnes sont mortes en descendant sur la côte
pour observer le spectaculaire retrait de la mer qui a précédé
la brutale arrivée des vagues meurtrières.
"Il n'y a pas de réel problème technique.
C'est un investissement modeste. En revanche, ce qui est beaucoup
plus difficile et coûteux, c'est de sensibiliser les populations,
de leur donner une culture du risque", notait récemment
Salvano Briceno, directeur de la Stratégie internationale
pour la prévention des catastrophes (ISDR), dépendant
de l'Onu.
Source : Reuters, 18 janvier 2005
Le
bilan des victimes étrangères
Bilan en date de lundi 17 janvier des victimes étrangères
du tsunami du 26 décembre en Asie du Sud, les chiffres
provenant des chancelleries de chaque pays concerné.
Certains pays prennent en compte toutes les personnes dont les
autorités n'ont pas signe de vie tandis que d'autres
n'ont enregistré que celles dont il est avéré
qu'elles se trouvaient dans les zones touchées par le
cataclysme.
- Allemagne: 60 morts; 615 disparus.
- Suède: 52 morts; 637 disparus.
- Grande-Bretagne: 52 morts; 464 disparus.
- USA : 37 morts; pas d'estimation des disparus.
- Japon: 24 morts; 68 disparus.
- Suisse: 23 morts; 240 disparus.
- Australie: 23 morts; 18 disparus.
- France: 22 morts; 74 disparus.
- Italie: 20 morts; 190 disparus.
- Finlande: 15 morts; 174 disparus.
- Autriche: 13 morts; 126 disparus.
- Norvège: 12 morts; 77 disparus.
- Corée du Sud: 12 morts; 8 disparus.
- Hong Kong: 12 morts, 40 disparus.
- Afrique du Sud: 11 morts; 15 disparus.
- Pays-Bas: 9 morts; une trentaine de disparus.
- Singapour: 9 morts.
- Danemark: 8 morts; 42 disparus.
- Canada: 6 morts; 30 disparus.
- Belgique: 6 morts; 5 disparus.
- Philippines: 5 morts; 10 disparus
- Israël: 4 morts; 3 disparus.
- Chine: 3 morts; 15 disparus.
- Taïwan: 3 morts.
- Nlle-Zélande: 2 morts; 207 disparus.
- Russie: 2 morts. 8 disparus.
- Mexique: 2 morts. 1 disparu.
- Argentine: 2 morts.
- Irlande: 2 morts; 5 disparus.
- Brésil: 2 morts
- Pologne: 1 mort; 10 disparus.
- Rép. tchèque: 1 mort; 9 disparus.
- Portugal: 1 mort; 8 disparus.
- Turquie: 1 mort; 5 disparus.
- Colombie: 1 mort.
- Chili: 1 mort.
- Ukraine: 17 disparus.
- Grèce: 7 disparus.
- Belarus: 5 disparus
- Hongrie: 3 disparus.
- Luxembourg: 3 disparus.
- Estonie: 3 disparus.
- Roumanie: 2 disparus.
- Espagne: 2 disparus.
- Bruneï: 2 disparus.
- Liechtenstein: 1 disparu.
Source : AP, 18 janvier 2005
Tsunami,
jour 21 - 15 janvier 2005
Le
tsunami fait des vagues au Maroc : polémqiue virulente
entre “islamistes” et “progressistes laïcs”
Le traitement théologique
fait par le journal Attajdid, proche du PJD [Parti de la justice
et du développement, opposition musulmane “modérée”,
NDLR Quibla), du tsunami a provoqué la réaction
de l'Organisation marocaine de lutte contre le racisme et la
haine [créée après l’attentat de
casablanca du 16 mai 2003, NDLR Quibla).
Le paysage médiatique a vécu
une novelle bataille dans la guerre idéologique que se
livrent, depuis longtemps d'ailleurs, les "islamistes marocains"
d'un côté et les "forces progressistes"
d'un autre. Cette fois, les vagues du Tsunami qui ont ravagé
l'Asie du Sud-Est ont atteint le Maroc.
Le quotidien "Attajdid", organe officielle du Mouvement
Attawhid Wal Islah, véritable think-tank du PJD, a estimé,
dans un de ses numéros, que la catastrophe naturelle
qui a frappé plusieurs pays d'Asie du Sud-Est (dont certains
sont connus pour le tourisme sexuel) devrait sérieusement
faire réfléchir les Marocains. Ces derniers "ne
devraient pas croire que les catastrophes n'arrivent qu'aux
autres". En d'autres termes, la dépravation morale
et l'éloignement de la société marocaine
des valeurs sacrées risquent de déclencher une
colère divine inédite. Attajdid s'est, encore
une fois, placé dans la position de donneur de leçons
de morale à la société marocaine. Ce n'est
pas la première fois. C'est même l'une des missions
que le Mouvement Attawhid Wal Islah s'est fixée dès
sa création. Au même titre que Greenpeace, qui
défend la mère nature contre les excès
de l'industrialisation aveugle, ou la SPA qui veille à
la protection des animaux contre l'insouciance des hommes, Attajdid
montre, régulièrement, le droit chemin aux brebis
égarées. Et c'est toujours dans cette même
logique que des ONGs, comme l'Organisation marocaine de lutte
contre la haine et le racisme, présidée par notre
confrère Jamal Berraoui, tire à boulets rouges
sur tout ce qui est à même de remettre en cause
"les choix d'ouverture de l'ensemble de la société
marocaine".
En fait, jusque-là, rien de bien méchant n'est
à signaler. Chacun défendant légitimement
son point de vue. Tant que les propos des uns et des autres
ne tombent pas sous le coup de la loi, auquel cas la Justice
pourra aisément intervenir et se prononcer, c'est aux
citoyens marocains de juger de la pertinence (et surtout la
séduction) des propos des uns et des autres.
En réalité, le traitement fait par la deuxième
chaîne mérite qu'on s'y arrête. C'est pratiquement
la première fois, dans l'histoire de cette télévision,
qu'un journaliste de 2M prend clairement position pour une partie,
qualifiant les idées développées par Attajdid
"d'obscurantistes qui portent atteinte à l'image
du Maroc".
Notre confrère Taoufik Debbab, auteur du reportage (cela
faisait longtemps qu'on ne l'avait plus entendu), est allé
plus loin en affirmant que les idées développées
sur les colonnes d'Attajdid sont semblables à celles
qui ont conduit aux attentats du 16 mai. C'est à peine
si Debbab n'a pas ouvertement exhorté les autorités
marocaines à poursuivre en Justice, et dans le cadre
de la loi antiterroriste, les responsables et les journalistes
d'Attajdid.
Par ailleurs, le reportage de 2M n'a accordé à
Hassan Serrat (secrétaire de rédaction d'Attajdid)
qu'un peu moins de 16 secondes sur un total de plus de 6 minutes.
Or, Jamal Berraoui a eu droit à plus de 53 secondes et
Mohamed Brini a parlé pendant environ 52 secondes. Sans
compter les 86 secondes de Taoufik Debbab.
C'est d'ailleurs, l'attitude de la deuxième chaîne,
beaucoup plus que les idées de Jamal Berraoui ou Mohamed
Brini (directeur d'Al Ahdath Al Maghribiya), qui a suscité
l'indignation des journalistes d'Attajdid. Ces derniers ont
publié un communiqué dans lequel ils affirmaient
qu'ils se réservent le droit de défendre leurs
droits et leur dignité par tous les moyens légaux
disponibles. Cela pose la question de savoir comment une chaîne
nationale, comme 2M, peut-elle traiter des sujets aussi sensibles
que celui de l'islamisme. Surtout que les journalistes d'Attajdid
n'ont pas oublié à le rappeler: "la deuxième
chaîne appartient à tous les Marocains".
Source : Aujoud’hui Le Maroc, 14 janvier 2005
« Éco-terrroristes
! » : le cri des petites îles contre les pays riches
Les petites îles, menacées par la montée
des eaux, ont accusé jeudi à Maurice les pays
industrialisés de commettre des actes d'"éco-terrorisme"
et les ont appelés, avec le secrétaire général
de l'Onu Kofi Annan, à agir contre le changement climatique.
Le président Anote Tong, chef d'Etat de Kiribati, un
atoll du Pacifique de 90.000 habitants à seulement quelques
mètres au-dessus du niveau de la mer, a dénoncé
les émissions de gaz à effet de serre, responsables
du réchauffement de la planète, lors d'une réunion
internationale de l'Onu à Port-Louis consacrée
aux petits Etats insulaires en développement.
"Ces actes délibérés de la part de
certains, destinés à sécuriser leurs bénéfices
au détriment des autres, peuvent être comparés
à des actes de terrorisme, d'éco-terrorisme",
a-t-il ajouté.
"La communauté internationale doit prendre des mesures
immédiates et totales pour réduire les émissions
de gaz à effet de serre", a lancé M. Tong.
"Nous devons être prêts à prendre des
mesures décisives face au changement climatique",
a confirmé M. Annan lors de la même réunion.
"Qui oserait affirmer que ce que nous faisons suffit?",
a-t-il demandé, appelant la communauté internationale
"à prendre des mesures décisives face au
changement climatique".
Avec les Maldives, Tuvalu et les îles Marshall, la République
de Kiribati fait partie des pays les plus menacés par
la montée des eaux, liée au réchauffement
de la planète. La capitale des Maldives, Male, pourrait
disparaître en 2100, selon un scénario des autorités
locales.
Le 16 février prochain marquera l'entrée en vigueur
du protocole de Kyoto, qui impose à 38 pays industrialisés
de réduire leurs rejets de gaz à effet de serre.
Ce texte a été rejeté par les Etats-Unis,
l'un des principaux pollueurs dans le monde.
Les îles Cook, dans l'océan Pacifique, ont demandé
à "toutes les parties de ratifier le protocole de
Kyoto".
Sans mesures urgentes, "la survie de nos peuples dans les
petits Etats insulaires en développement (PEID) sera
sérieusement compromise", a prévenu le Premier
ministre de Tuvalu, Maatia Toafa.
Des vagues hautes de 3 mètres se sont abattues en février
2004 sur ce minuscule pays du Pacifique, où le point
le plus haut culmine à 4 mètres.
"Sans actions globales (...) pour stopper l'élévation
du niveau de la mer, (...) mon peuple va se transformer en réfugiés
de l'environnement", a encore estimé le président
des îles Marshall, Kessai Note.
Dans un document sur la stratégie de développement
des PEID, qui doit être adopté vendredi à
la clôture de la réunion, "les pays qui ont
signé le protocole de Kyoto appellent fermement"
les autres pays de le faire "dans un temps opportun".
"Il n'y a rien de neuf" dans ce texte, a regretté
Philippe Boullé, de l'association française de
la prévention des catastrophes naturelles, accusant les
Etats-Unis de bloquer les discussions.
En plus du réchauffement de la planète, les petites
îles sont très vulnérables aux catastrophes
naturelles du type des tsunamis du 26 décembre; qui ont
fait plus de 158.000 morts dans l'océan Indien.
M. Annan a appelé jeudi à la mise en place d'un
système d'alerte mondial, "non seulement pour les
tsunamis mais pour tous les autres phénomènes
dangereux, par exemple les ondes de tempête et les cyclones".
La mise en place doit être débattue la semaine
prochaine à Kobé (Japon) où se tiendra
une conférence de l'ONU sur la prévention des
catastrophes naturelles.
Un système d'alerte aux tsunamis "devrait être
mis en place d'ici juin 2006" dans l'Océan Indien
et d'ici juin 2007 pour le monde, a déjà annoncé
le directeur général de l'Unesco, Koichiro Matsuura,
mercredi à Port-Louis.
Une résolution portant sur les mesures à prendre
après les tsunamis sera par ailleurs présentée
mardi à l'Assemblée générale de
l'Onu.
Source : AFP, 13 janvier 2005
Kofi Annan va
nommer un envoyé spécial pour coordonner l'aide
L'Onu va nommer un envoyé spécial chargé
de coordonner l'aide aux victimes des raz-de-marée du
26 décembre dans l'Océan Indien, qui ont fait
plus de 160.000 morts, a annoncé le secrétaire
général des Nations unies, Kofi Annan, vendredi
à Port-Louis.
"Afin d'assurer le maximum de cohérence et de coordination
de l'aide et des efforts de reconstruction, j'ai décidé
de nommer un envoyé spécial", a déclaré
M. Annan lors d'une conférence de presse à l'occasion
de la réunion de l'Onu sur les petites îles en
développement. "J'espère le nommer d'ici
la fin de la semaine prochaine", a-t-il ajouté.
Une conférence sur la prévention des catastrophes
naturelles doit se tenir du 18 au 22 janvier à Kobé
(Japon).
Le secrétaire général de l'Onu a aussi
salué une nouvelle fois la "réponse généreuse"
de la communauté internationale après les raz-de-marée.
"Il y a un nouveau phénomène, il y a de nouveaux
donneurs. Ce ne sont pas nécessairement des pays, (...)
mais aussi des personnes qui ont été touchées
par les souffrances" des habitants de l'océan Indien
frappés par les raz-de-marée, s'est réjoui
M. Annan.
"J'espère que nous allons trouver un moyen de capturer
cet esprit de générosité, cet esprit qui
consiste à venir en aide à ceux qui en ont besoin",
a-t-il poursuivi. "Alors que l'attention du monde se porte
sur l'après-tsunami, nous ne devons pas oublier les graves
crises humanitaires qui se déroulent dans d'autres endroits
du monde", a-t-il insisté.
"Nous avons des crises horribles où nous n'arrivons
pas à collecter toute l'argent dont nous avons besoin.
Nous serons chanceux si on obtient 15% de l'argent nécessaire",
a-t-il expliqué.
M. Annan a par ailleurs "appuyé sans réserve"
la proposition du président français Jacques Chirac
de mettre en place une force humanitaire pour faire face aux
catastrophes naturelles.
Source : AFP, 14 janvier 2005
L’ONU contre
les restrictions indonésiennes à la présence
militaire étrangère
Les Nations unies ont souhaité jeudi que l'Indonésie
lève les restrictions imposées aux armées
étrangères venues aider les victimes des tsunamis
de la province d'Aceh, en estimant que des vies sont en jeu.
Le séisme et les tsunamis du 26 décembre ont fait
plus de 110.000 morts et 700.000 sans-abri pour la seule Indonésie,
notamment le long de la côte ouest de la province d'Aceh.
"Je suis sûr que le gouvernement indonésien
sera d'accord avec moi pour dire que la chose la plus importante
est de sauver des vies et non d'imposer des dates limites de
départ" aux armées concernées, a déclaré
Jan Egeland, coordinateur de l'Onu pour l'aide d'urgence au
cours d'une vidéo-conférence depuis New York.
Mercredi, le vice-président Yusuf Kalla, cité
par l'agence officielle Antara, avait souhaité un départ
des troupes étrangères participant à l'aide
post-tsunamis dans la province rebelle d'Aceh (nord de l'île
de Sumatra) le plus vite possible et au terme d'un maximum de
trois mois.
"Trois mois, c'est suffisant. En fait, le plus tôt
sera le mieux", avait dit M. Kalla, interrogé sur
la durée souhaitable de la mission des militaires étrangers
en Indonésie. Il a estimé que son pays n'aurait
bientôt plus besoin de troupes étrangères,
mais plutôt de médecins et d'ingénieurs.
L'armée indonésienne a annoncé jeudi l'envoi
de plusieurs milliers d'hommes en renfort dans la province d'Aceh,
attestant de son intention de resserrer son contrôle sur
les opérations humanitaires.
Source : AFP, 14 janvier 2005
L’armée française
débarque à Aceh
Les trois premiers hélicoptères provenant du navire
français la "Jeanne d'Arc" sont arrivés
vendredi vers 07H30 locales (00H30 GMT) à l'aéroport
de Banda Aceh (nord de l'Indonésie).
Deux Puma et une Alouette, qui avaient décollé
environ vingt minutes plus tôt du porte-hélicoptères
"Jeanne d'Arc", au large de Banda Aceh, se sont posés
sur cet aéroport où stationnaient notamment des
hélicoptères américains et des avions cargos.
Ils ont survolé une côte noyée sous la boue
et totalement ravagée où sur des kilomètres
de long pas une habitation, pas un champ et pas une route n'ont
résisté au raz-de-marée du 26 décembre.
Le lieutenant-colonel Charles-Marie Huot, chef du détachement
de liaison à Banda Aceh a précisé à
l'AFP que "cinq autres hélicoptères français,
des Puma, doivent arriver dans la journée à Banda
Aceh", complétant le dispositif militaire français
en Indonésie.
Arrivés à bord des trois hélicoptères
de la "Jeanne d'Arc", des officiers français
ont commencé à prendre contact avec les autorités
militaires locales indonésiennes pour préciser
les conditions de l'acheminement de l'aide humanitaire effectuée
par la France et le déroulement des rotations avec la
"Jeanne d'Arc".
En fonction des besoins qu'exprimeront les autorités
locales, les Français pourront effectuer des campagnes
de vaccination, distribuer de l'aide humanitaire et remettre
en état des infrastructures détruites par le raz-de-marée
du 26 décembre.
Les Français ont notamment identifié une vingtaine
d'endroits, entre Banda Acech et Meulaboh, où ils peuvent
apporter de l'aide humanitaire. Ces villages côtiers sont
inaccessibles car ils sont adossés à une barrière
montagneuse qui atteint par endroits 3.000 mètres d'altitude,
et dont les voies d'accès sont détruites.
En Thaïlande, le ministère de l'Intérieur
thaïlandais a augmenté de 931 personnes vendredi
le bilan des morts étrangers confirmés après
le tsunami, qui passe ainsi de 1.240 à 2.171 personnes.
Le total des morts confirmés n'a pas évolué,
à 5.313, et seul celui des étrangers a brutalement
progressé en 24 heures, celui des Thaïlandais n'augmentant
que de cinq personnes, à 1.733.
Source : AFP, 14 janvier 2005
Sri Lnka : plan
de secours et zizanie
Colombo a commencé à dévoiler vendredi
son plan d'aide d'urgence aux victimes du raz-de-marée
au Sri Lanka où plus de 80% des bateaux de pêche
aurait disparu selon l'ONU.
La Force d'opération spéciale chargée par
la présidente Chandrika Kumaratunga de mettre au point
un plan de secours a recommandé l'attribution immédiate
d'argent liquide pour plusieurs mois aux sinistrés du
tsunami du 26 décembre et la gratuité de services
usuels tels que l'eau et l'électricité. "Ces
mesures sont fermes, reste seulement à décider
du montant, ce dont la présidente discutera dans les
prochains jours avec la Force d'opération" spéciale,
a indiqué Lalith Weeratunga, secrétaire du Premier
ministre Mahinda Rajapakse et membre de cette force.
Un plan détaillé sur la reconstruction de la totalité
des régions touchées devrait être prêt
dans une dizaine de jours, selon le gouvernement.
La semaine dernière, le président de la Banque
mondiale James Wolfensohn avait indiqué à Colombo
étudier "la possibilité d'attribuer des dons
d'argent liquide aux familles affectées pour qu'elles
aient quelque chose dans leur poche".
Selon le dernier bilan provisoire, 30.893 personnes sont mortes
au Sri Lanka, 6.038 sont portées disparues, 482.541 sont
sans abri.
L'aide d'urgence devrait être attribuée en priorité
aux pêcheurs et petits commerçants pour leur permettre
de remonter leur affaire balayée par les flots.
L'ONU a estimé vendredi que "plus de 80% de la flotte
de pêche peut avoir été perdue" au
Sri Lanka parlant de "près de 18.500 bateaux"
perdus ou endommagés.
"Cela va durement frapper les familles pauvres car la pêche
est ce qui permet de soutenir la population des communautés
côtières et de la maintenir hors de la pauvreté",
a estimé le chef de la mission de l'ONU au Sri Lanka
Miguel Bermeo.
Les Nations unies vont rapidement lancer un programme de réparation
ou de reconstruction des embarcations, des moteurs et des équipements
de pêche pour que les pêcheurs puissent retourner
au travail, a-t-il indiqué.
De simples embarcations de pêche type pirogue coûtent
en moyenne l'équivalent de 1.200 USD. Plus de 13.100
pêcheurs sont morts ou disparus et plus de 90.000 ont
été sinistrés, selon l'ONU.
En tout, Colombo a évalué à environ 3 milliards
de dollars la somme nécessaire pour reconstruire le pays
y compris dans les zones tenues par les Tigres de libération
de l'Eelam tamoul (LTTE).
Les institutions financières internationales ont entamé
mercredi un processus d'évaluation des besoins pour la
reconstruction du pays avec les autorités et les rebelles
tigres tamouls.
L'attribution de l'aide internationale a été au
centre de nouvelles tensions entre les autorités et les
LTTE ces derniers jours, chaque partie accusant l'autre de vouloir
la monopoliser.
Toutefois jeudi les protagonistes semblent s'être entendus
pour calmer le jeu alors que les uns et les autres ont été
également frappés par la catastrophe.
Des responsables de la Force d'opération spéciale
et de l'Organisation de réhabilitation tamoule (TRO),
une ONG proche de la rébellion qui régule l'aide
aux sinistrés, se sont entendus pour améliorer
leurs relations sur le terrain, lors d'une réunion à
Ampara (est).
"Il a été convenu que les deux parties allaient
augmenter les communications régulières et travailler
ensemble à un niveau local pour résoudre tous
les problèmes à venir", a indiqué
vendredi la TRO dans un communiqué.
La TRO a accusé cette semaine l'armée de menacer
ses volontaires dans des camps de l'est du pays. Elle l'avait
aussi accusé peu après la catastrophe de dévier
des camions destinés aux tamouls vers le sud majoritairement
cinghalais, ce que le gouvernement a réfuté.
Source : AFP, 14 janvier 2005
Le Japon et les
USA vont fournir provisoirement des alertes au tsunami aux pays
de l'océan Indien
En attendant la mise en place d'un système régional
d'alerte au tsunami dans l'océan Indien, le Japon et
les USA fourniront des avertissements aux pays de l'océan
Indien, a annoncé vendredi un responsable de l'agence
météorologique nippone.
Les détails de ce projet seront discutés lors
de la Conférence des Nations unies sur la prévention
des catastrophes qui se réunira la semaine prochaine
à Kobé au Japon. Elle sera largement consacrée
au séisme du 26 décembre suivi d'un tsunami .
Le Japon et les USA disposent des systèmes d'alerte les
plus avancés du monde. Le réseau nippon équipé
de capteurs à fibres optiques transmet des données
sur l'activité sismique à un ordinateur qui peut
lancer une alerte prévenant d'un tsunami meurtrier dans
les deux minutes qui suivent un tremblement de terre.
Selon Takayuki Kawazu, un responsable de l'agence météorologique
japonaise, Washington et Tokyo distribueront les informations
aux pays de l'océan Indien jusqu'à ce qu'ils puissent
développer leur propre système. "Il faudra
du temps pour obtenir un accord entre les pays touchés
par le tsunami avant qu'un système d'alerte anticipée
puisse être établi", estime-t-il.
Plus de 300 experts en météo participeront à
la conférence qui s'ouvre mardi à Kobé
Source : AP, 14 janvier 2005
Stockholm : tsunami dans un verre d’eau
Sous le feu des critiques qui l'accusent d'avoir tardé
à réagir, le gouvernement suédois a mis
en place jeudi une commission indépendante pour examiner
sa gestion de la crise après la catastrophe en Asie du
Sud-Est.
La commission dirigée par le président de la cour
d'appel de Svea, Johan Hirschfeldt, compte cinq membres sans
affiliations politiques. Le directeur de la Croix-Rouge suédoise
Anders Milton fera également partie de la commission
qui devra rendre son rapport avant le 1er décembre. Une
commission parlementaire doit également mener sa propre
enquête sur le sujet.
La Suède est l'un des pays occidentaux les plus touchés
par le tsunami, qui a suivi le séisme du 26 décembre,
avec 52 morts. Près de 1.900 touristes sont portés
manquants, selon la dernière estimation officielle.
Beaucoup ont jugé que la réaction du gouvernement
suédois, qui a notamment attendu près de quatre
jours avant d'envoyer des avions sanitaires pour rapatrier les
blessés suédois, avait été beaucoup
trop lente.
Le ministère des Affaires étrangères a
essuyé l'essentiel du mécontentement. Le Premier
ministre Göran Persson a également suscité
de nouvelles critiques après avoir accusé le personnel
du ministère de ne pas l'avoir informé suffisamment
rapidement de l'ampleur de la catastrophe. Il a expliqué
mercredi que des messages reçus par fax par le ministère
le 26 décembre ne lui avaient pas été transmis.
Source : AP, 13 janvier 2005
Stars de Hollywood
pour un concert télévisé de soutien aux
victimes
Les acteurs Brad Pitt, Robert DeNiro, Andy Garcia,
George Clooney, Meg Ryan, Clint Eastwood, Hugh Grant ou encore
le chanteur Stevie Wonder font partie des dizaines de stars
qui participeront aujourd’hui à un concert spécial
diffusé sur le réseau américain NBC Universal
TV au profit des victimes du tsunami.
L'émission sera diffusée en direct sur NBC, Telemundo,
Pax et plusieurs autres chaînes cablées US.
Connect de Sony offrira des téléchargements des
prestations du concert, dont les fonds récoltés
iront au Fond de réponse internationale de la Croix-Rouge
US.
Sony's Connect: http://www.connect.com.
Grande messe
à Saint-Pierre de Rome le 24 janvier
Une messe doit être célébrée le 24
janvier en la Basilique Saint-Pierre de Rome pour les victimes
du séisme et du tsunami dévastateurs qui ont frappé
l'Asie et l'Afrique le 26 décembre.
Le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d'Etat de sa Sainteté,
représentera le pape Jean Paul II lors de cette messe
qu'il présidera, a annoncé le Vatican vendredi.
Source : AP, 14 janvier 2005
Tour Eiffel,
Musée de Versailles, Cirque Gruss : tout le monde s’y
met
En France, comme un peu partout, on ne compte plus les initiatives
en faveur de collectes de fonds pour les victimes du tsunami.
La Tour Eiffel a décidé de reverser 1 € par
ticket d’entrée, le musée du château
de Versailles y va aussi de son obole. Dernière initiative
connue en date : le célèbre Cirque Gruss donnera
une représentation le 1er février, dont les revenus
seront versés au Secours populaire français. Avec
une capacité de 3 000