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Tsunami

 

Tsunami, jour 30 - 24 janvier 2005

Des différences anormales de procédure dans le système d'alerte aux tsunamis
par Michel Chossudovsky, Centre de recherche sur la mondialisation, 20 janvier 2005. Original : http://globalresearch.ca/articles/CHO501C.html. Traduction C.F. Karaguezian pour www.legrandsoir.info. © Copyright M CHOSSUDOVSKY CRG 2004
L'auteur est professeur d'Économie à l'Université d'Ottawa et directeur du Centre de recherche sur la mondialisation qui héberge le site www.globalresearch.ca. Il est auteur de La Mondialisation de la Pauvreté et contribue à l' Encyclopaedia Britannica. Ses ¦uvres ont été traduites en plus de 20 langues. On peut aussi lire de lui : Washington savait qu'un tsunami mortel était en train de se former dans l'océan Indien , sur www.legrandsoir.info/article.php3 ?id_article=1989

Il s'agit de l'une des plus graves catastrophes humanitaires de toute l'Histoire. Il est donc essentiel d'examiner et d'analyser soigneusement toute défaillance ou tout décalage du système d'alerte aux tunamis.
La magnitude d'un tremblement de terre est ainsi définie :
" la mesure de la force ou de l'énergie libérée par un tremblement de terre au point de rupture, calculée au moyen d'observations sismographiques. Il s'agit d'une valeur logarithmique d'abord définie par Charles Richter (1935).Monter d'un degré sur l'échelle de magnitude revient à multiplier par 10 l'amplitude enregistrée par un sismographe ou par30 l'énergie libérée. En d'autres termes, un séisme de magnitude 6,7 libère plus de 900 fois (30 x 30) la quantité d'énergie libérée par un séisme de 4,7 - ou il faut environ 900 séismes de magnitude 4,7 pour égaler l'énergie libérée par un seul séisme de magnitude 6,7.
Source : USGS http://neic.usgs.gov/neis/general/glossary.html
" Un fort tremblement de terre ", d'après l'Observatoire géologique des USA (USGS), a une magnitude de 7,00 à 7,99 sur l'échelle de Richter.
Lorsque la magnitude d'un séisme est de 8,0 ou plus, on dit qu'il s'agit d'un " violent tremblement de terre.
Le séisme de magnitude 9,0 qui a eu lieu au nord de l'île de Sumatra le 26 décembre 2004 rentre dans la catégorie des " tremblements de terre exceptionnels"
Cependant, on appelle les tremblements de terre de magnitude 9,0 ou plus sur l'échelle de Richter " tremblements de terre exceptionnels " ayant la capacité de provoquer de sérieux dégâts dans une large zone de plus de 1000 km (Chili en 1960, Alaska en 1964 et côte ouest de la Colombie Britannique, Washington et Oregon en 1700).
Source : http://www.pgc.nrcan.gc.ca/seismo/eqinfo/richter.htm
A ce propos, l'USGS a qualifié le séisme du 26 décembre de " méga-séisme " : c'est le quatrième plus important séisme depuis 1900.
Ce classement des séismes fait partie intégrante du système d'alerte aux tsunamis, tel que l'appliquent différents organismes nationaux et internationaux, dont le du Centre américain d'alerte aux tsunamis dans le Pacifique (PTWC) d'Hawaï . Ce dernier classe les séismes en fonction de leur magnitude et se base sur la magnitude d'un séisme sur l'échelle de Richter pour " évaluer " les risques de tsunamis. Puis il diffuse un " bulletin ", qui comporte une " évaluation ".

Des différences anormales dans les bulletins concernant les tsunamis
Bien que les archives complètes des bulletins du PTWC ne soient pas disponibles, il apparaît clairement que les bulletins récents obéissent tous aux mêmes règles pour évaluer les séismes dans le bassin du Pacifique ainsi que dans les régions voisines. Le " risque de tsunami " est évalué selon les paramètres du tremblement de terre, à savoir sa magnitude sur l'échelle de Richter. Une seule dérogation - et de taille - à cette règle : l'évaluation du 26 décembre 2004 qui constitue une exception à la procédure ordinaire lorsqu'on la compare aux comptes-rendus et aux évaluations de séismes récents qui sont soigneusement classés dans le but d'établir un bulletin d'alerte aux tsunamis.
En d'autres termes, on pourrait s'attendre à ce que le risque de tsunami associé à un séisme de magnitude 9,0 (celui du 26 décembre 2004) soit évalué selon les mêmes critères que l'ont été les séismes, tous de moindre magnitude, qui se sont produits avant et après cette date.
Mais ce n'est pas ce qui s'est passé !
Le quatrième plus important séisme depuis 1900 n'a fait l'objet ni de la classification ni de " l'évaluation " habituelles visant à établir " le risque de tsunami ".
Il est à souligner qu'un séisme de magnitude 7,9 avait été enregistré trois jours avant le séisme de magnitude 9,0, le 23 décembre, avec un épicentre situé au large des îles MacQuarie dans le Pacifique Sud. Le PTWC avait diffusé le bulletin habituel suivant :
"THIS EARTHQUAKE HAS THE POTENTIAL TO GENERATE A WIDELY DESTRUCTIVE TSUNAMI IN THE SEA NEAR THE EARTHQUAKE. AUTHORITIES IN THAT REGION SHOULD BE AWARE OF THIS POSSIBILITY."
"IL EST POSSIBLE QUE CE SEISME GENERE UN TSUNAMI A GRANDE CAPACITE DE DESTRUCTION DANS LA MER AVOISINANTE. IL FAUT QUE LES AUTORITES LOCALES AIENT CONSCIENCE DE CETTE EVENTUALITE. "
N'oublions pas qu'un séisme de magnitude 9,0 est dix fois plus puissant qu'un séisme de magnitude 8,0 et donc on se serait attendu au minimum à une déclaration similaire.
D'après l'Earth Institute de l'Université de Columbia, " le tremblement de terre du 26 décembre a libéré une quantité d'énergie équivalant à 700 millions de bombes d'Hiroshima.Les phénomènes de ce type et de cette importance s'appellent des " méga-séismes " et se produisent que quelques fois par millénaire." Paradoxalement, pour des séismes de bien moindre puissance (6,8 et plus) le PTWC, suivant la procédure habituelle, a diffusé des bulletins d'alerte aux tsunamis - mais, exception notable, pas pour le tremblement de terre de magnitude 9,0 du 26 décembre. (voir ci-dessous)
Pourquoi ?

26 décembre 2004 : omission et dérogation aux règles habituelles
Observez le modèle qui se dégage des bulletins récents du PTWC, concernant des séismes qui se sont produits dans le bassin du Pacifique ou dans des zones voisines.
1. Concernant un séisme de magnitude 6,6 sur l'échelle de Richter, le bulletin suivant a été diffusé :
HEURE D'ORIGINE - 0626Z 01 JAN 2005
COORDONNEES - 5.0 NORD 92.2 EST
LIEU - LARGE DE LA COTE OUEST DE SUMATRA NORD
MAGNITUDE - 6,6
CE SEISME S'EST PRODUIT HORS DU PACIFIQUE. PAS DE MENACE DE TSUNAMI POUR LES CÔTES DU PACIFIQUE.
LES SEISMES DE CETTE TAILLE NE PRODUISENT NORMALEMENT PAS DE TSUNAMIS DESTRUCTEURS. CEPENDANT ON POURRA PEUT-ÊTRE OBSERVER DE LEGERS CHANGEMENTS DU NIVEAU DE LA MER A PROXIMITE DE L'EPICENTRE.

2. Concernant un séisme de magnitude 6,8 :
HEURE D'ORIGINE - 1415Z 06 DEC 2004
COORDONNEES - 43.0 NORD 144.9 EST
LIEU - REGION DE HOKKADO AU JAPON
MAGNITUDE - 6,8
PAS DE MENACE DE TSUNAMI POUR LE PACIFIQUE D'APRES L'HISTOIRE DES SEISMES ET DES TSUNAMIS.
CEPENDANT - LES TREMBLEMENTS DE TERRE DE CETTE FORCE PEUVENT GENERER DES TSUNAMIS POTENTIELLEMENT DESTRUCTEURS LE LONG DES CÖTES SITUEES PRES DE L'EPIVENTRE. IL FAUDRAIT QUE LES AUTORITES DES LA ZONE PRES DE L'EPICENTRE AIENT CONSCIENCE DE CETTE EVENTUALITE. "
[ Note : cette même phrase a été utilisée dans des bulletins d'alerte antérieurs : " LES TREMBLEMENTS DE TERRE DE CETTE FORCE PEUVENT GENERER DES TSUNAMIS POTENTIELLEMENT DESTRUCTEURS LE LONG DES CÖTES SITUEES PRES DE L'EPICENTRE." C'est une évaluation standard employée par l'USGS dans le cas de tremblements de terre de magnitude 6,8 à 7,3.]
Source : http://www.fema.gov/emanagers/2004/nat050304.shtm

3. Concernant un séisme de magnitude 7,9 (réévalué à 8,1 par la suite) :
ORIGIN TIME - 1459Z 23 DEC 2004 COORDINATES - 50.1 SOUTH 161.1 EAST LOCATION - NORTH OF MACQUARIE ISLAND MAGNITUDE - 7.9
HEURE D'ORIGINE - 1459Z 23 DEC 2004
COORDONNEES - 50.1 SUD 161.1 EST
LIEU - NORD DE L'ÎLE MACQUARIE
MAGNITUDE - 7 ,9
THIS EARTHQUAKE HAS THE POTENTIAL TO GENERATE A WIDELY DESTRUCTIVE TSUNAMI IN THE SEA NEAR THE EARTHQUAKE. AUTHORITIES IN THAT REGION SHOULD BE AWARE OF THIS POSSIBILITY.
IL EST POSSIBLE QUE CE SEISME GENERE UN TSUNAMI A GRANDE CAPACITE DE DESTRUCTION DANS LA MER AVOISINANTE. IL FAUT QUE LES AUTORITES LOCALES AIENT CONSCIENCE DE CETTE EVENTUALITE.

4. Concernant l'un des plus importants séismes de mémoire d'homme, de magnitude 9,0, d'abord évalué à 8,0 (ce qui équivaut à une puissance 10 fois moindre), aucune alerte au tsunami n'a été diffusée :
HEURE D'ORIGINE - 0059Z 26 DEC 2004
COORDONNEES - 3.4 NORD 95.7 EST
LIEU - LARGE DES CÔTES DE L'ÎLE DE SUMATRA
MAGNITUDE - 7 ,9
CE SEISME EST SITUE EN DEHORS DE LA ZONE DU PACIFIQUE. PAS DE MENACE DE TSUNAMI DESTRUCTEUR D'APRES L'HISTOIRE DES SEISMES ET DES TSUNAMIS.

Ainsi, on n'a pas fait la déclaration habituelle pour un séisme de magnitude 9,0 qui avait d'abord été évalué à 8,0 sur l'échelle de Richter. Comme nous l'avons déjà souligné, la déclaration habituelle aurait du être faite, ainsi qu'elle l'avait été pour le séisme de magnitude 7,9 du 23 décembre enregistré au nord de l'île MacQuarie.
Par dessus le marché, le bulletin a été diffusé à 01,14 GMT après que le tsunami avait frappé la côte de Sumatra.
Deux autres bulletins du PTWC ont suivi, le second ne fait pas mention d'un tsunami dans l'Océan Indien.
Le second bulletin a été diffusé à 02 :04 GMT le 26.. Il réévaluait la magnitude à 8,5 et disait qu'il existait " une possibilité de tsunami près de l'épicentre. " Cette déclaration est erronée. A 02 :00GMT, le tsunami était sorti du domaine du " possible ", il avait déjà atteint les côtes de l'Indonésie, de la Malaisie, de la Thaïlande et du Myanmar.

MAGNITUDE - 8,5
EVALUATION : REVISED MAGNITUDE BASED ON ANALYSIS OF MANTLE WAVES. THIS EARTHQUAKE IS LOCATED OUTSIDE THE PACIFIC. NO DESTRUCTIVE TSUNAMI THREAT EXISTS FOR THE PACIFIC BASIN BASED ON HISTORICAL. EARTHQUAKE AND TSUNAMI DATA. THERE IS THE POSSIBILITY OF A TSUNAMI NEAR THE EPICENTER.
REEVALUATION DE MAGNITUDE BASEE SUR L'ANALYSE DES ONDES DANS LE MANTEAU. CE TREMBLEMENT DE TERRE EST SITUE EN DEHORS DU PACIFIQUE. IL N'Y A PAS DE RISQUE DE TSUNAMI DESTRUCTEUR SI L'ON SE REFERE AUX TREMBLEMENTS DE TERRE ET AUX TSUNAMIS DU PASSE. IL EXISTE UNE POSSIBILITE DE TSUNAMI PRES DE L'EPICENTRE.

Le troisième bulletin, diffusé le lendemain, le 27 à 15 :35 GMT, parle du tsunami et réévalue a posteriori la magnitude de 8,5 à 9,0.
MAGNITUDE - 9.0
EVALUATION
UNE PARTIE DE LŒENERGIE PROVENANT DU TSUNAMI QUI A EU LIEU HIER DANS L'OCEAN INDIEN A PENETRE DANS l'OCEAN PACIFIQUE PROBABLEMENT PAR LE SUD CU CONTINENT AUSTRALIEN. CETTE ENERGIE A CAUSE DE FAIBLES FLUCTUATIONS DU NIVEAU DE LA MER DANS DE NOMBREUX ENDROITS DU PACIFIQUE.

La nécessité d'une enquête internationale
Pourquoi, le 26 décembre, la procédure standard d'évaluation des risques et des conséquences afférents à un tsunami n'a-t-elle pas été respectée ?
Pourquoi est-ce que la procédure standard qui consiste à évaluer les risques afférents à un tsunami n'a-t-elle pas été suivie ce jour-là (le 26 décembre 2004), alors que dans les bulletins précédents et suivants le risque de tsunami a été régulièrement évalué en se basant à chaque fois sur la magnitude du séisme ? Il s'agit d'un des plus importants tremblements de terre, de mémoire d'homme.
Il faut qu'une enquête minutieuse soit menée au niveau international ainsi que par les pays touchés par le tsunami, afin de faire la lumière sur cette affaire.


La conférence de Kobé s'achève dans la dissension

par Philippe Pons, le Monde, 23 janvier 2005

Les divergences entre Etats freinent la création d'un système d'alerte mondial aux désastres naturels.

La Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes naturelles, qui s'est achevée à Kobé samedi 22 janvier, n'a pas eu les résultats concrets attendus. En dépit du caractère d'urgence du problème, tragiquement mis en évidence par le raz de marée dans l'océan Indien, la substance des débats s'est perdue dans les sables des formulations générales. Dans le "cadre d'actions" pour 2005-2015, arrêté à l'issue de la conférence, les participants se sont engagés à mettre à la disposition des uns et des autres leur expertise et leurs technologies en matière de prévention des désastres, mais ils ne se sont fixé aucun objectif précis.
Il restera aux organismes des Nations unies chargés de gérer le processus à donner la cohérence d'un projet à la multitude de propositions concurrentes qui ont été faites. Une idée-force a néanmoins fait son chemin : la nécessité d'intégrer la prévention des désastres à la lutte contre la pauvreté. Tous les participants étaient d'accord sur la nécessité d'une prise de conscience des risques de calamités naturelles et de la mise en place de parades. Cela a été attesté par l'annonce, au milieu de la conférence, de la création d'un système d'alerte aux diverses formes de désastres naturels placé sous l'égide des Nations unies ; l'un de ses éléments sera la mise en place d'ici un an d'un système régional d'alerte au tsunami dans l'océan Indien.
Mais chaque participant (Etat ou organisation internationale) a en même temps défendu bec et ongles ses propositions ou son pré carré. Tout en étant d'accord pour confier aux Nations unies la conduite du processus, chacun voulait faire de sa propre expertise la cheville ouvrière de la politique à mettre en ¦uvre. Les pays avancés en matière de prévention (Japon, Etats-Unis, Allemagne et Australie) se heurtant aux susceptibilités des pays asiatiques (Inde, Chine mais aussi Indonésie et Thaïlande) qui mettent en avant leur propre expertise.
"Je pense que nous parviendrons à une entente lorsque nous entrerons dans le détail des propositions", commente Salvano Briceno, responsable de la stratégie internationale de l'ONU sur la prévention des désastres. L'imprécision de la déclaration finale tient, estime-t-il, aux difficultés à faire le tri immédiat des points de vue, à les harmoniser et à les intégrer à un projet global. "Une coordination en réseau de propositions concurrentes est possible mais elle nécessite du temps", dit-il. Des conférences régionales commencent dès la semaine prochaine : à Phuket au niveau ministériel, puis à Pékin entre experts. D'autres réunions sont prévues sous l'égide de l'Unesco. La définition d'orientations précises prendra au moins un an.
En coulisses, des débats se sont éternisés sur la source des financements affectés à la prévention des désastres. Proviendront-ils du secteur humanitaire ou de l'aide au développement ? Le programme mondial des Nations unies pour le développement (PNUD) milite pour une intégration des actions de prévention à la seconde. En début de conférence, Jan Egeland, le secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires humanitaires, avait proposé que "10 % des fonds débloqués pour l'aide d'urgence soient alloués aux mesures de prévention des risques".
Autre controverse : les Etats-Unis voulaient supprimer toute référence au "changement climatique" du projet de déclaration finale élaboré par les Européens. Une insistance reflétant l'opposition de Washington au protocole de Kyoto qui oblige les 129 pays l'ayant ratifié à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
Après d'âpres discussions, le nombre des mentions des phénomènes climatiques a été réduit : dispute dérisoire au regard des enjeux et alors que, comme l'a rappelé Michel Jarraud, secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale, les changements climatiques pourraient entraîner une augmentation en intensité et en fréquence des dangers naturels.

La" phase d'urgence" est presque terminée en Aceh, selon Jakarta
La phase des secours d'urgence est pratiquement terminée dans la province indonésienne d'Aceh, la plus lourdement touchée par la catastrophe du 26 décembre, a annoncé dimanche le ministre indonésien du Bien-être social.
"La phase d'urgence est pratiquement derrière nous, par conséquent, l'armée ne sera plus aussi efficace (...) et des civils sont nécessaires", a déclaré Alwi Shihab lors d'une tournée d'inspection à Banda Aceh, la capitale provinciale, à l'extrémité nord de l'île de Sumatra.
"Nous sommes en train de rouvrir aux transports terrestres des régions isolées, nous n'avons pas besoin de davantage d'hélicoptères, mais de plus de pick-up pour gagner ces villages isolés", a-t-il ajouté.
Jakarta a autorisé la venue de troupes américaines et singapouriennes dans la province d'Aceh, mais la présence de forces étrangères est un sujet sensible pour les autorités indonésiennes.
Les propos d'Alwi Shihab contrastent cependant avec les propos de responsables de l'Onu qui ont estimé eux que les hélicoptères de la marine américaine étaient un outil essentiel pour atteindre des régions toujours isolées quatre semaines après le tremblement de terre et les vagues sismiques qui ont dévasté l'Asie du Sud, faisant plus de 225.000 morts dont 166.000 en Indonésie.
Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) se prépare néanmoins au retrait des unités militaires étrangères.
Dimanche, son porte-parole, Gerard Bourke, a annoncé qu'un bâtiment affrété par le PAM serait mis au mouillage lundi sur la côte occidentale d'Aceh avec des vivres en quantité suffisante pour assurer un mois d'approvisionnement des rescapés.
"A l'évidence, nous sommes dans une phase où nous devons prendre nos propres dispositions pour anticiper le départ des militaires", a-t-il dit.
Source : Reuters, 23 janvier 2005

Les ministres européens de l'Education se mobilisent sur le sort des enfants
Les ministres de l'Education de l'Union européenne se sont réunis samedi à Paris, avec des représentants de la Commission de Bruxelles et de l'UNICEF, pour essayer de mieux coordonner l'action européenne destinée à l'aide scolaire aux pays d'Asie du Sud touchés par la catastrophe du tsunami, le 26 décembre dernier.
Car rapidement, les enfants doivent pouvoir reprendre une scolarité à peu près normale. "Il y a énormément d'enfants qui risquent d'être laissés à l'abandon, leurs parents étant décédés ou portés disparus dans les zones les plus durement touchées", a expliqué le ministre français François Fillon, à l'initiative de cette conférence. Pour y remédier, l'heure est à la mobilisation. "Un enfant rescolarisé retrouve un peu de ses repères", a-t-il souligné.
Si les initiatives sont multiples dans chaque pays européen, elles pêchent parfois en efficacité en raison d'un manque de coordination. "Dans toute l'Europe, les élèves, parents et professeurs se sont mis à la collecte de fonds", a noté François Fillon, en précisant qu'il était donc important de prendre des mesures pour canaliser cet élan spontané.
Ainsi, pour les nombreuses écoles européennes qui souhaitent participer à des projets à plus long terme, des jumelages vont être mis en place. "La conférence a notamment insisté sur l'importance des partenariats et des jumelages entre établissements scolaires pour la réhabilitation des écoles dans les pays sinistrés", expliquent les ministres dans leur communiqué final.
Pour eux , la rescolarisation des enfants victimes de catastrophes "fait partie intégrante de l'aide humanitaire".
Dans cette optique, ils disent soutenir "le programme engagé par l'UNICEF de reconstruction d'écoles et de restauration des systèmes éducatifs primaires, y compris la formation des enseignants, pour laquelle ils pourront mettre à disposition leur savoir-faire éducatif". "Il est essentiel que les européens poursuivent et coordonnent leurs efforts dans la durée en faveur de la reconstruction des écoles détruites", ajoutent-ils.
Jan Figel, commissaire européen en charge de l'éducation, de la formation, de la culture et du multilinguisme, qui était présent à la réunion, a expliqué que "la commission européenne avait déjà d'ores et déjà débloqué 350 millions d'euros pour la reconstruction sur le long terme des zones affectées".
Sur place, le travail à moyen et à long terme a déjà commencé. Jacques Hintzy, président de l'UNICEF France, de retour de la province indonésienne d'Aceh durement frappée par le séisme, a expliqué que l'UNICEF avait déjà acheminé 700 "tentes-écoles" et du matériel scolaire dans cette province où 25% des écoles ont été détruites (soit environ 1.000 établissements).
"Sept cents instituteurs venant de toute l'Indonésie vont venir à Aceh pour participer à la rentrée des classes le 26 janvier", a-t-il expliqué, des effectifs qui remplaceront les quelque 1.000 enseignants qui ont péri dans la catastrophe.
Mady Delvaux-Stehres, ministre luxembourgeoise de l'Education et présidente en exercice du conseil européen (éducation, jeunesse, culture), a affirmé pour sa part avoir été frappée par le même "élan de générosité, comme on avait jamais vu auparavant", dans tous les pays de l'Union européenne.
Elle a toutefois jugé important de pouvoir mobiliser les gens également sur d'autres catastrophes. "Si nous trouvons un système d'aide, il pourra nous servir pour d'autres actions", a-t-elle expliqué.
Le 21 février, les ministres de l'Education de l'UE se retrouveront à Bruxelles pour faire le point sur les initiatives lancées dans les pays victimes du tsunami.
Source : AP, 22 janvier 2005

Les belles histoires du tsunami
Il a survécu un mois en se nourrissant de noix de coco !

Un indigène des îles Andaman et Nicobar, un archipel sous juridiction indienne perdu au milieu de l'océan Indien, a survécu seul pendant près d'un mois au tsunami du 26 décembre en se nourrissant de noix de coco.
Michael Mangal, qui agitait ses vêtements en guise de drapeau pour signaler sa présence, a été secouru en début de semaine par l'équipage d'un canot de l'armée indienne sur l'îlot de Pillow Panja.
Cet homme, qui appartient à la tribu des Nicobars, a raconté aux sauveteurs avoir été emporté dans l'océan par le premier tsunami du 26 décembre avant d'être ramené à terre par d'autres vagues. Il est alors revenu à son village, où il n'y avait plus âme qui vive.
"Il s'en est sorti pendant 25 jours en se nourrissant exclusivement de noix de coco", a raconté l'un des sauveteurs depuis Port-Blair, capitale de cet archipel situé à 1.200 km de la côte Est de l'Inde.
On estime à environ 7.500 le nombre de membres des tribus Nicobars à avoir péri sur le littoral de ce chapelet d'îles montagneuses comptant, au total, près de 350.000 habitants.
Les secours ont été lents à parvenir en raison, notamment, des difficultés de communication et de la destruction des débarcadères. La plupart des 36 îles habitées de l'archipel, qui comptent une centaine d'îles et d'îlots, ne sont accessibles que par la mer.
Source : Reuters, 23 janvier 2005

L'Afrique chante pour les victimes du tsunami
par Eric ELOUGA, Cameroon Tribune, 20 janvier 2005
L'association Asvict sort un CD en hommage aux sinistrés de la catastrophe.
L'Afrique doit quitter sa posture d'éternelle assistée pour se joindre à la mobilisation du monde contre les catastrophes. C'est en substance l'esprit de l'album " Africa Wake Up ", sorti depuis peu, et réalisé par l'Association africaine de solidarité aux victimes des catastrophes (Asvict). Le titre phare, " Hommage aux victimes du Tsunami ", s'écoute déjà dans les radios de Yaoundé, en attendant le lancement des cinq autres singles qui composent l'album. Conduits par le président de l'association, Jean Marc Ngoss, huit artistes ont participé à ce projet. On citera le Congolais Justice Mandela, l'Espagnol Joly Lucio Le coq, ou encore la jeune Gaëlle (une jeune artiste dont c'est le nom de scène).
Les mélomanes ne manqueront pas de reconnaître la touche du Gabonais Oliver Ngoma, dont la chanson " Seva " aura largement inspiré la musique de fond. Un rythme entraînant, à mi-chemin entre les mélodies zouk antillaises et la rumba congolaise des années 80. Même si cette synthèse est globalement plaisante, elle manque néanmoins de cette pointe d'émotivité dans le ton, qui aurait certainement rehaussé la portée du message. La qualité d'enregistrement est d'un niveau appréciable mais encore perfectible.
La présence vocale de l'unique timbre féminin du collectif est l'une des grandes satisfactions de cette prestation musicale. La jeune Gaëlle, dont la texture de voix rappelle celle de Germaine Ebelle, aura dans l'ensemble dominé son sujet et largement contribué à l'équilibre malheureusement inconstant, entre les paroles et la musique. On regrettera d'ailleurs qu'elle disparaisse littéralement dès la fin du premier couplet, au profit d'une succession de voix masculines qui auront eu le mérite d'être synchronisées, sans jamais parvenir à être tout à fait distinctes les unes des autres.
Par contre, le soupçon de précipitation dans la composition, pressenti dans certaines phases de la chanson, est assez criard lorsqu'on ausculte les textes. Une simplicité déroutante, un manque d'effort évident dans l'écriture, et une tendance systématique à tomber dans les travers de toutes les productions musicales camerounaises. Des appels du pied et des remerciements sont déroulés durant presque la moitié du morceaux, à travers citations et interpellations de personnalités et institutions. On a ainsi du mal à digérer que les complaintes en direction des sinistrés de l'Asie soient accompagnées d'une salutation au passage à Didier Drogba et Shabani Nonda par exemple.
L'album, qui a été financé par l'Asvict, est le premier acte d'une série d'interventions en faveur des victimes des catastrophes dans le monde. Un volet de l'album est d'ailleurs consacré à la sensibilisation contre le sida. Aux dires du président de l'association, le quart des bénéfices des ventes sera reversé aux sinistrés de l'Asie, " question de montrer que l'Afrique aussi peut répondre présente aux sollicitations de la scène internationale ".

Plus de 60 000 spectateurs à Cardiff pour un concert au profit des victimes
La rock-star Eric Clapton, le pianiste Jools Holland, le groupe "The Manic Street Preachers" ou encore la mezzo-soprano Katherine Jenkins: plus de 60 000 spectateurs venus des quatre coins de Grande-Bretagne ont assisté samedi au Millenium Stadium de Cardiff (pays de Galles) à un concert au profit des victimes du tsunami du 26 décembre en Asie du Sud.
Les organisateurs espéraient récolter plus d'un million de livres sterling (1,4 million d'euros) lors de ce concert présenté comme le plus gros spectacle de bienfaisance dans le pays depuis le célèbre "Live Aid" de 1984 en faveur de l'Afrique.
Un message enregistré du prince Charles, qui a le titre de prince de Galles, a été lu à la foule.
Une vingtaine de groupes et d'artistes solo britanniques étaient au programme de ce show de sept heures
Ce concert géant a été organisé en moins de trois semaines. Les 60.000 billets se sont arrachés en trois jours. Le millier de tickets supplémentaires mis en vente ont disparu en 20 minutes.
Tous les chanteurs et musiciens se produisaient bénévolement, et les organisateurs ont promis de reverser l'intégralité des recettes aux organisations humanitaires travaillant dans les régions affectées par le terrible séisme du 26 décembre dernier, suivi d'un tsunami meurtrier.
En ouverture du concert, la jeune chanteuse d'opéra galloise, Katherine Jenkins, une mezzo-soprano de 24 ans, a chanté une version émouvante du célèbre gospel "Amazing Grace".
Parmi les autres groupes et artistes au programme figuraient Charlotte Church, Badly Drawn Boy, Feeder, Lemar, Lulu, Craig David, Goldie Lookin' Chain, Snow Patrol, Brian McFadden et le groupe rock Keane.
Source : AP, 22 janvier 2005

Tsunami, jour 28 - 22 janvier 2005

Les ratés de l'aide aux victimes du tsunami
Mauvaise coordination, absence de contrôle, concurrence entre associations pèsent sur l'utilisation des fonds, mais les ONG promettent de rendre des comptes
par Corinne Caillaud et Marie-Estelle Pech, Le Figaro, 22 janvier 2005
«Sur la somme que j'ai donnée pour l'Asie, quel pourcentage parvient réellement à destination?» Cette question revient régulièrement dans la bouche des Français qui, bouleversés par les terribles images du raz de marée asiatique, ont déboursé en quelques semaines plus de 104,5 millions d'euros pour aider les victimes. Face aux interrogations, l'Unicef s'apprête à mettre en place une plate-forme téléphonique spécifique destinée à rassurer les donateurs. Tous les spécialistes de l'aide humanitaire s'accordent à dire que la transparence devrait être plus importante que d'habitude sur cette opération placée sous les feux des médias. Mais la faiblesse des contrôles des organisations non gouvernementales (ONG) et les risques, bien réels, de détournement sur le terrain, laissent planer le doute sur l'affectation des millions de la générosité.
Depuis le scandale des détournements de l'ARC, qui a sérieusement ébranlé la confiance des donateurs, les associations affichent toutes la même volonté de transparence. La catastrophe du tsunami leur fournit l'occasion de le prouver. Mais la polémique engagée par Médecins sans Frontières, qui a récemment demandé l'arrêt des dons à l'Asie pour son association, a relancé le débat sur l'utilisation des fonds. «MSF fait de la politique, car ils savent que la prochaine fois ils auront deux fois plus de dons», répond un responsable du Secours catholique.
La plupart des associations ont pris l'engagement de réserver les sommes reçues aux victimes du tsunami. Toutefois, sur les sites Internet, les dons pourraient parfois se confondre dans des comptabilités ouvertes à d'autres causes humanitaires. Certaines ONG ont d'ailleurs rectifié le tir, comme Action contre la faim.
La traçabilité des dons tend à se clarifier, confirme Michel Destot, député PS et président d'une mission parlementaire d'information sur les ONG françaises. «L'idée demeure que Crozemarie [l'ex-président de l'ARC] règne un peu partout, reconnaît-il, mais n'oublions pas que ces associations font généralement preuve d'un esprit éthique important.»
Sur le terrain, le lien entre le don et son affectation reste néanmoins difficile. Au-delà des promesses de clarté des associations, ce n'est qu'en se reportant au rapport annuel de chacune que le donateur pourra trouver une information précise. Or, seule la moitié des 28 ONG françaises étudiées par l'Observatoire de l'action humanitaire, un organisme français indépendant, publie régulièrement des rapports d'activité et des comptes d'emploi de leurs ressources. «Savoir si l'argent des Français envoyé en Asie est bien employé implique aussi de savoir par exemple si un hôpital a été reconstruit au moindre coût. Dispose-t-il de personnel compétent ? A-t-il des pharmacies convenablement pourvues ?» explique Marc-Antoine Perouse de Montclos, président de l'observatoire.
Deux organismes officiels, la Cour des comptes et l'Igas, exercent certes un contrôle a posteriori et épinglent régulièrement des dérapages. Mais, contrairement aux pays anglo-saxons, qui font appel à des cabinets d'audits, la règle en France est celle de l'auto-évaluation. Selon le président de la mission parlementaire sur les ONG, le contrôle interne est généralement efficace. «À partir d'un certain budget, ils font appel à un commissaire aux comptes, explique Michel Destot. Ils ont une réticence fondamentale à l'évaluation sous couvert d'indépendance. Mais c'est en train d'évoluer.» Les rapports négatifs «finissent le plus souvent sous le boisseau», estime Marc-Antoine Perouse de Montclos.
Le Comité de la charte, composé de membres du monde associatif, exerce une action de contrôle. Mais il ne s'est pas prononcé sur la question controversée des «ratios», à savoir la répartition entre les fonds affectés aux destinataires et les frais de fonctionnement (locaux, salaires, communications, mailings). Des frais de plus en plus élevés et qui peuvent représenter entre 7% et 30% des ressources selon les ONG. Les raisons de ces disparités sont complexes puisque, selon le mode de gestion, le bilan peut se présenter sous des angles différents.
Les organisations contactées reconnaissent qu'un afflux massif d'argent favorise parfois les gaspillages. Mais elles considèrent que les besoins de base des populations sinistrées sont encore loin d'être couverts. «Il n'y a sans doute jamais trop de dons. Qui peut se targuer de fixer une limite en la matière ?» demande le député Michel Destot. Les secours ont souvent précédé l'évaluation des dégâts. Du coup, les ONG d'urgentistes se sont parfois retrouvées en surnombre. Selon Action contre la faim, «les premières semaines, c'était compliqué de s'y retrouver entre les militaires, les opérateurs humanitaires et les opérateurs privés.» Selon le Secours islamique de France, quelque 200 associations sont présentes à Banda Aceh (Indonésie), alors que ce n'est pas dans cette ville qu'il y a le plus de besoins mais plutôt dans la plaine côtière. Selon les spécialistes de l'humanitaire, il est difficile de coordonner sur place l'action des ONG, qui tiennent à leur indépendance. L'ONU est censée assurer cette tâche mais toutes les associations ne se rendent pas à ses réunions.
Le risque de double emploi est important. Selon Christian Bader, sous-directeur des opérations humanitaires à la délégation à l'action humanitaire au Quai d'Orsay, «on ne sait pas toujours ce que font les toutes petites ONG qui partent en free lance. Elles ne sont pas très efficaces. On voit que ça se passe mal quand elles nous demandent des traductions, de l'aide.»
La mission parlementaire, qui a aussi travaillé sur le cas de l'aide au Cambodge, a constaté un certain émiettement des dons. Il arrive que 10 ou 20 ONG travaillent sur le même sujet. «Au Cambodge, beaucoup d'associations se sont embarquées dans la lutte contre le sida car les fonds communautaires européens étaient fléchés sur cette maladie. Ce n'était pourtant pas leur objectif initial», explique Michel Destot, qui suggère «un meilleur fléchage des dons publics».

Un nouveau créneau touristique pour la Thaïlande : la tsunamologie
Quatre semaines après le tsunami, la vie suit son cours et désormais, le “tsunami business” entre dans la normalité et la routine de la machine mondiale. Ainsi, la Thaïlande et Phuket semblent vouloir se spécialiser dans les congrès de “tsunamologues”. À défaut de milliers de touristes de masse qui dépensent relativement peu, autant essayer d’attirer des centaines de congressistes à fort pouvoir d’achat et munis de la carte Visa Gold, suivis de la cohorte habituelle des journalistes et autres grenouilles de congrès.
La gestion et la prévention des catastrophes naturelles deviennent un secteur marchand parmi d’autres, sur le “marché libre” mondialisé, où chacun essaye de proposer ses produits-miracles et ses solutions uniques.
L'île thaïlandaise de Phuket doit accueillir la semaine prochaine une rencontre de 43 pays et 13 organisations internationales consacrée à la mise sur pied d'un système d'alerte aux tsunamis dans l'océan Indien, un mois après les raz-de-marée, a annoncé vendredi le ministère des Affaires étrangères.
La Thaïlande doit également organiser dans la foulée deux autres conférences internationales - de professionnels du tourisme, puis de scientifiques - elles aussi liées au tsunami .
Le ministère des Affaires étrangères a confirmé que la conférence sur les systèmes d'alerte de Phuket se tiendrait les 28 et 29 janvier dans l'île sinistrée du Sud du pays et que les pays participant seraient pour la plupart représentés par leur ministre des Affaires étrangères.
Cette rencontre est organisée après la conférence internationale qui doit s'achever en fin de semaine à Kobé, au Japon, sur la prévention des catastrophes naturelles, où les Nations unies ont été chargées de superviser la mise en place d'un système d'alerte mondial et d'examiner les différentes propositions émanant des donateurs.
Plusieurs projets concurrents de système d'alerte aux tsunamis ont été déjà présentés, principalement par l'Allemagne, l'Australie, les États-Unis et le Japon.
La Thaïlande - pays hôte qui a payé un lourd tribut au tsunami avec plus de 5.300 morts - souhaite que le système futur d'alerte soit bâti autour du Centre asiatique de préparation aux catastrophes (ADPC - Asian Disaster Preparedness Center) basé à Bangkok, qui offre des formations à la gestion de telles crises.
"La Thaïlande a proposé que l'ADPC parrainé par les Nations unies, et qui est basé à Bangkok, soit responsable du système d'alerte" aux tsunamis, a dit le porte-parole du ministère, Sihasak Phuangketkeao, dans un communiqué.
Parmi les pays devant être présents à Phuket figurent les 10 membres de l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est (Asean), les autres pays asiatiques et les pays africains riverains de l'océan Indien et les grands donateurs traditionnels tels le Japon, l'Union européenne et les USA.
Deux jours plus tard, c'est le conseil exécutif de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) qui doit se retrouver pour une réunion extraordinaire, à Phuket également, destinée notamment à restaurer la confiance des touristes dans les destinations de l'océan Indien.
La conférence des 31 janvier et 1er février doit réunir une centaine de participants de quelque 30 pays et vise à apporter une aide aux pays touchés par la catastrophe notamment en termes d'ingénierie touristique, de marketing et de promotion, selon le secrétariat général de l'OMT. On pourrait proposer à l’OMT de lancer une campagne mondiale de promotion auprès des adeptes du surf, toujours à la recherche des plus grandes vagues possibles ...
Le 31 janvier doit également s'ouvrir, cette fois à Bangkok, une conférence de deux jours de géoscientifiques du monde entier qui tenteront de faire le point sur la tragédie du 26 décembre et d'en tirer les enseignements pour de futurs systèmes d'alerte au tsunami.
Source : AFP, 21 janvier 2005

Sri Lanka : médiation norvégienne
C’est la diplomatie norvégienne à laquelle est échue la tâche délicate de servir d’intermédiaire pour de nouvelles négociations entre le gouvernement de Colombo et la rébellion armée des Tigres tamouls pour la libération de l’Eelam (LTTE). Le ministre norvégien des Affaires étrangères vient de rencontrer la présidente Kumaratunga Bandaranaïke et doit maintenant rencontrer la direction des Tigres.

Exxon essaie de faire oublier son passé indonésien
Dans la province indonésienne d'Aceh, la compagnie pétrolière Exxon vient publiquement en aide à une population qui l'accuse de violations des droits de l'homme. Elle va verser cinq millions de dollars aux populations asiatiques victimes du tsunami, dont une partie à la population d'Aceh, principale zone sinistrée (plus de 100 000 morts). Depuis 1968, Exxon y exploite du pétrole et du gaz, en partenariat avec la compagnie indonésienne d'État Pertamina. Sous haute protection de l'armée indonésienne, d'abord sous le régime brutal de Suharto, puis sous celui de ses successeurs.
Depuis 1976, le Gerakin Acek Merdeka (Mouvement pour un Aceh libre) se bat pour l'autonomie de la province et le contrôle de ses ressources. 10 000 personnes ont été tuées, dont 2200 depuis mai 2003. Les installations d'Exxon y sont prises pour cibles, la compagnie finançant le pouvoir central (au début des années 2000, 800 millions de dollars étaient ainsi approximativement reversés chaque année à l'État indonésien).
En 2001, Exxon a même dû cesser ses activités pendant quatre mois jusqu'à ce que l'armée indonésienne rétablisse l'ordre. « La torture, les arrestations arbitraires et les procès iniques prospèrent dans le secret », a alors pu constater l'ONG Human Rights Watch.
En juin 2001, onze villageois indonésiens, soutenus par l'ONG International Labor Rights Fund, ont porté plainte contre Exxon auprès d'un tribunal US pour violation des droits de l'homme. Ils accusent la compagnie pétrolière de collaborer avec l'armée dans de nombreux cas d'abus sexuels, de torture et de meurtres d'opposants au régime. Malgré l'opposition du département d'État, la procédure suit son cours.
Source : Les Barons Marqués n°10, 21 janvier 2005, bulletin dinformations diffusé par : fr@transnationale.org

Grande première : un avion israélien se pose en Indonésie
Histoire aérienne : un avion Jumbo 747 de la compagnie El Al a atterri le samedi 12 janvier 2005 sur l’île Bataam en Indonésie, le pays musulman le plus grand au monde et qui n’entretient pas de relations diplomatiques avec Israël. Pour la première fois depuis 10 ans (en 1994 le Premier ministre Ytshak Rabin s’y était posé lors de son retour du Japon et avait rencontré les dirigeants indonésiens), les autorités indonésiennes ont accepté qu’un avion israélien atterrisse en Indonésie pour aider les victimes du Tsunami. L’avion transportant 75 tonnes d’équipement humanitaire devait voler sans aucun signe de reconnaissance.
Source : Ambassade israélienne en France, 21 janvier 2005

Dans sa grande magnanimité...
...Sua Emittenza don Berlusconi envisage de prendre des dispositions administratives pour faciliter le regroupement familial et suspendre les expulsions de sans-papiers pour les ressortissants de pays frappés par le tsunami vivant en Italie. C’est ce qu’a promis le vice-Prmier ministre Follini devant la Chambre, en réponse à la question d’une députée communiste. Une manière de répondre, du moins partiellement, à la demande formulée par l’opposition de gauche et les associations d’immigrés et de réfugiés qu’un article 20 soit ajouté au texte unique de loi sur l’immigration. cet article définit les règles pour un accueil humanitaire de ressortissants de pays frappés par une catastrophe humanitaire.
Source : Associazione Senzaconfine, Rome, 21 janvier 2005

Un bon terrain d’entraînement pour l’UCK recyclée
Le TMK, Corps de protection du Kosovo, a été formé au Kosovo sur le modèle de la Protection civile française pour recycler d’anciens combattants de l’UCK. Il est d’ailleurs commandé par un ancien commandant de l’UCK. Il compte 5 000 membres, souvent installés dans des camps qui ont tout de camps militaires et ressemblent très peu à des camps de protection “civile”. La plupart des Albanais du Kosovo considèrent le TMK comme l’embryon de la future armée du futur Kosovo indépendant. Et le chefs du TMK ont eu une idée géniale : pourquoi ne pas envoyer leurs hommes s’entraîner en Indonésie ou dans un des autres pays frappés par le tsunami ? Oui, a dit la communauté internationale qui a mis le Kosovo sous tutelle, excellente idée : “la crise en Asie du sud-Est est une bonne occasion pour le TMK de démontrer ses talents et son expérience”, a déclaré Mark Dickinson, diplomate en chef britannique en poste à Pristina. Évidemment la communauté internationale (USA, Royaume Uni, Allemagne, France et Italie) va financer cette opération “humanitaire”...
Source : RFE/RL, 21 janvier 2005

Dernier bilan officiel : 219 000 morts et disparus, dont 166 320 à Aceh
Les ministres indonésiens ne sont pas d'accord sur le chiffre : celui de 166 320 a été donné le 19 janvier par le ministre de la Santé, qui y a inclus les 70 000 disparus. Le ministre des Affaires sociales s'en tient, quant à lui, au chiffre de 114 978 morts.

Le leader des Tigres tamouls est toujours vivant
Démentant une information de la radio sri-lankaise annonçant sa mort dans le tsunami, le site web des Tigres tamouls a publié une photo de Velupillai Prabhakaran, lors d'une rencontre avec des personnes engagées dans les travaux de secours aux victimes du tsunami, tenue lundi à Kilinochchi, dans le nord de l'île.

Aceh : Jakarta dit vouloir négocier avec le mouvement de libération
Hassan Wirajuda, ministre indonésien des Affaires étrangères, a déclaré mercredi que le gouvernement de jakarta prévoyait d'engager des nouvelles négociations avec le mouvement indépendantiste d'Aceh, le GAM (Mouvement Aceh Libre) à la fin de ce mois. La date et lieu n'ont pas été encore choisis, mais, a dit le ministre, "nous sommes sérieusement pour une réconciliation". Le gouvernement indonésien avait rompu en mai 2003 l'accord de cessez-le-feu conclu à Genève le 9 décembre 2002. Des dizaines de milliers de soldats indonésiens s'étaient alors déployés à Aceh et s'y étaient livrés à des opérations de répression. Dans les deux premières semaines de 2005, l'armée indonésienne à tué à Aceh, 120 "rebelles", malgré l'annonce unilatérale d'un cessez-le-feu tant de la part du gouvernement que du mouvement de libération. Ces 120 morts sont évidemment passés inaperçus dans l'amoncellement de cadavres de victimes du tsunami. Et la "communauté internationale" s'est bien gardée d'intervenir dans ce "conflit interne" qui est en fait une guerre sale de plus.

« Ces gens ont besoin de nourriture mais aussi de Jésus »
Mark Kosinski, un évangéliste US, a débarqué à Aceh la semaine dernière en provenance de Malaisie. Sa première déclaration a été : « Ces gens ont besoin de nourriture mais aussi de Jésus. Dieu est en train d'essayer de réveiller les gens et de les aider à réaliser leur salut dans le Christ. » Ce que M. Kosinski ignore de toute apparence, c'est que les Musulmans ne l'ont pas attendu pour connaître le Christ, dont le message est très présent dans le Coran et qu'ils respectent comme prophète.

 

Tsunami, jour 23 - 18 janvier 2005


« Un tsunami provoqué par l'homme »

par Terry Jones, The Guardian, 11 janvier 2005.
L'auteur, scénariste, acteur et réalisateur, est membre des Monty Python.

Je suis déconcerté par les réactions mondiales à la tragédie du tsunami. Pourquoi les journaux, la télévision et les politiciens en font-ils autant ? Pourquoi les Britanniques ont-ils donné plus de 100 millions de livres sterling aux survivants et pourquoi Tony Blair a-t-il promis des centaines de millions ? Pourquoi l'Australie promet-elle 435 millions de livres, l'Allemagne 360 millions et George W. Bush 187 millions. Bien sûr, c'est merveilleux de voir la race humaine se rassembler pour aider les victimes du désastre, mais pourquoi aider ces victimes là et pas celles d'Irak ? D'après la seule estimation scientifique dont on dispose, la guerre aurait fait près de 100 000 morts chez les civils irakiens tandis que le tsunami en a fait 150 000. Pourtant, concernant l'Irak, les médias semblent refuser de montrer les images de ces victimes. Pas de reporters à Fallouja pour expliquer qu'en 30 ans de métier, il n'a jamais rien vu de tel. Le Pape n'a pas appelé les croyants à se souvenir des Irakiens dans leurs prières et MTV n'a pas fait de minute de silence pour eux. Au contraire, George W. Bush et Tony Blair cherchent à minimiser le nombre de morts (malgré le sérieux méthodologique de l'étude publiée) tout en interdisant tout décompte. Les morts causés par les bombes et les coup de feu méritent-ils moins de pitié que ceux causés par une vague géante ? Une vie irakienne veut-elle moins qu'une vie indonésienne, thaï, indienne ou suédoise ? pourquoi les télévisions et les journaux ne cherchent-ils pas à lever des fonds pour les victimes irakiennes ? Pourquoi ne pleurent-ils pas sur ce tsunami que nous avons provoqué au Proche-Orient ? C'est déroutant.

 

Kofi Annan : "retenir les leçons des raz-de-marée"
Au premier jour de la conférence mondiale de Kobe sur la prévention des catastrophes naturelles, le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a demandé mardi à la communauté internationale de retenir les leçons des raz-de-marée qui ont semé le chaos sur le littoral de l'océan Indien.
Plus de 175.000 personnes ont été tuées par les vagues sismiques qui ont dévasté le 26 décembre dernier les rivages de huit pays d'Asie et de cinq pays de l'Est africain. Des millions d'habitants ont perdu leur foyer.
Cette catastrophe a donné lieu à une mobilisation sans précédent de la communauté internationale, qui a promis plus de sept milliards de dollars pour l'aide d'urgence et la reconstruction.
Mais, a souligné Kofi Annan dans un message enregistré diffusé aux conférenciers, investir en amont de bien plus petites sommes peut permettre de sauver de nombreuses vies lorsque surviennent ces phénomènes naturels inévitables.
La ville de Kobe, au Japon, où se tient pendant cinq jours cette conférence de l'Onu, commémore actuellement le séisme qui a fait près de 6.500 victimes il y a dix ans.
"Ce n'est pas suffisant de recoller les morceaux", a dit le secrétaire général de l'Onu. "Nous devons retenir toutes les leçons pour éviter que ne se reproduise ce genre de catastrophe à l'avenir."


DISPOSITIF D'ALERTE ET ÉDUCATION DES POPULATIONS
Un des objectifs de cette conférence, qui s'inscrit dans le cadre de la Stratégie internationale de réduction des catastrophes naturelles adoptée il y a dix ans par les Nations unies, est d'amener les pays riches à débloquer des fonds pour les pays en développement, pour lesquels les mesures de prévention des catastrophes ne constituent pas une priorité budgétaire.
L'autre objectif sera de s'assurer que les promesses formulées de part et d'autres sont tenues.
"Je propose qu'environ 10% des fonds débloqués pour l'aide d'urgence soient alloués aux mesures de prévention des risques", a dit Jan Egeland, secrétaire général adjoint de l'Onu aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d'urgence.
Une des priorités de la conférence ira à la mise en place d'un mécanisme d'alerte contre les raz-de-marée dans l'océan Indien, semblable à ce qui existe déjà dans le Pacifique.
Des milliers de vies auraient pu être sauvées si ces alertes avaient été connues des populations vivant sur les côtes de l'Inde, du Sri Lanka, et même de Somalie, avant que ne déferlent les murs d'eau soulevés par un séisme sous-marin d'une magnitude record au large de l'Indonésie.
Le Japon, qui est très exposé aux menaces sismiques, dispose d'un mécanisme d'alerte reliant des capteurs offshore aux instituts sismologiques. Ces alertes ne surviennent que trois minutes après une secousse.
Le Premier ministre japonais, Junichiro Koizumi, a annoncé que son pays assumerait ses responsabilités dans la création d'une banque de données mondiales sur les conséquences des catastrophes naturelles.
"Par notre expérience, nous avons beaucoup appris en matière de limitation des désastres naturels et nous pouvons partager ce savoir avec la communauté internationale", a-t-il ajouté lors de la séance plénière.
La France a annoncé pour sa part qu'elle proposerait que l'île de la Réunion, dans l'océan Indien, soit intégrée au futur dispositif d'alerte.
Mais les questions technologiques ne constituent qu'un seul des multiples obstacles à surmonter. L'alerte des populations vivant dans des zones parfois très reculées et dont les systèmes de communication sont souvent rudimentaires constitue un autre défi à relever.
Il s'agit en outre d'éduquer les populations sur les consignes à suivre en cas de catastrophe. Le 26 décembre, de nombreuses personnes sont mortes en descendant sur la côte pour observer le spectaculaire retrait de la mer qui a précédé la brutale arrivée des vagues meurtrières.
"Il n'y a pas de réel problème technique. C'est un investissement modeste. En revanche, ce qui est beaucoup plus difficile et coûteux, c'est de sensibiliser les populations, de leur donner une culture du risque", notait récemment Salvano Briceno, directeur de la Stratégie internationale pour la prévention des catastrophes (ISDR), dépendant de l'Onu.
Source : Reuters, 18 janvier 2005

Le bilan des victimes étrangères
Bilan en date de lundi 17 janvier des victimes étrangères du tsunami du 26 décembre en Asie du Sud, les chiffres provenant des chancelleries de chaque pays concerné.
Certains pays prennent en compte toutes les personnes dont les autorités n'ont pas signe de vie tandis que d'autres n'ont enregistré que celles dont il est avéré qu'elles se trouvaient dans les zones touchées par le cataclysme.
- Allemagne: 60 morts; 615 disparus.
- Suède: 52 morts; 637 disparus.
- Grande-Bretagne: 52 morts; 464 disparus.
- USA : 37 morts; pas d'estimation des disparus.
- Japon: 24 morts; 68 disparus.
- Suisse: 23 morts; 240 disparus.
- Australie: 23 morts; 18 disparus.
- France: 22 morts; 74 disparus.
- Italie: 20 morts; 190 disparus.
- Finlande: 15 morts; 174 disparus.
- Autriche: 13 morts; 126 disparus.
- Norvège: 12 morts; 77 disparus.
- Corée du Sud: 12 morts; 8 disparus.
- Hong Kong: 12 morts, 40 disparus.
- Afrique du Sud: 11 morts; 15 disparus.
- Pays-Bas: 9 morts; une trentaine de disparus.
- Singapour: 9 morts.
- Danemark: 8 morts; 42 disparus.
- Canada: 6 morts; 30 disparus.
- Belgique: 6 morts; 5 disparus.
- Philippines: 5 morts; 10 disparus
- Israël: 4 morts; 3 disparus.
- Chine: 3 morts; 15 disparus.
- Taïwan: 3 morts.
- Nlle-Zélande: 2 morts; 207 disparus.
- Russie: 2 morts. 8 disparus.
- Mexique: 2 morts. 1 disparu.
- Argentine: 2 morts.
- Irlande: 2 morts; 5 disparus.
- Brésil: 2 morts
- Pologne: 1 mort; 10 disparus.
- Rép. tchèque: 1 mort; 9 disparus.
- Portugal: 1 mort; 8 disparus.
- Turquie: 1 mort; 5 disparus.
- Colombie: 1 mort.
- Chili: 1 mort.
- Ukraine: 17 disparus.
- Grèce: 7 disparus.
- Belarus: 5 disparus
- Hongrie: 3 disparus.
- Luxembourg: 3 disparus.
- Estonie: 3 disparus.
- Roumanie: 2 disparus.
- Espagne: 2 disparus.
- Bruneï: 2 disparus.
- Liechtenstein: 1 disparu.
Source : AP, 18 janvier 2005

 

Tsunami, jour 21 - 15 janvier 2005

Le tsunami fait des vagues au Maroc : polémqiue virulente entre “islamistes” et “progressistes laïcs”

Le traitement théologique fait par le journal Attajdid, proche du PJD [Parti de la justice et du développement, opposition musulmane “modérée”, NDLR Quibla), du tsunami a provoqué la réaction de l'Organisation marocaine de lutte contre le racisme et la haine [créée après l’attentat de casablanca du 16 mai 2003, NDLR Quibla).

Le paysage médiatique a vécu une novelle bataille dans la guerre idéologique que se livrent, depuis longtemps d'ailleurs, les "islamistes marocains" d'un côté et les "forces progressistes" d'un autre. Cette fois, les vagues du Tsunami qui ont ravagé l'Asie du Sud-Est ont atteint le Maroc.
Le quotidien "Attajdid", organe officielle du Mouvement Attawhid Wal Islah, véritable think-tank du PJD, a estimé, dans un de ses numéros, que la catastrophe naturelle qui a frappé plusieurs pays d'Asie du Sud-Est (dont certains sont connus pour le tourisme sexuel) devrait sérieusement faire réfléchir les Marocains. Ces derniers "ne devraient pas croire que les catastrophes n'arrivent qu'aux autres". En d'autres termes, la dépravation morale et l'éloignement de la société marocaine des valeurs sacrées risquent de déclencher une colère divine inédite. Attajdid s'est, encore une fois, placé dans la position de donneur de leçons de morale à la société marocaine. Ce n'est pas la première fois. C'est même l'une des missions que le Mouvement Attawhid Wal Islah s'est fixée dès sa création. Au même titre que Greenpeace, qui défend la mère nature contre les excès de l'industrialisation aveugle, ou la SPA qui veille à la protection des animaux contre l'insouciance des hommes, Attajdid montre, régulièrement, le droit chemin aux brebis égarées. Et c'est toujours dans cette même logique que des ONGs, comme l'Organisation marocaine de lutte contre la haine et le racisme, présidée par notre confrère Jamal Berraoui, tire à boulets rouges sur tout ce qui est à même de remettre en cause "les choix d'ouverture de l'ensemble de la société marocaine".
En fait, jusque-là, rien de bien méchant n'est à signaler. Chacun défendant légitimement son point de vue. Tant que les propos des uns et des autres ne tombent pas sous le coup de la loi, auquel cas la Justice pourra aisément intervenir et se prononcer, c'est aux citoyens marocains de juger de la pertinence (et surtout la séduction) des propos des uns et des autres.
En réalité, le traitement fait par la deuxième chaîne mérite qu'on s'y arrête. C'est pratiquement la première fois, dans l'histoire de cette télévision, qu'un journaliste de 2M prend clairement position pour une partie, qualifiant les idées développées par Attajdid "d'obscurantistes qui portent atteinte à l'image du Maroc".
Notre confrère Taoufik Debbab, auteur du reportage (cela faisait longtemps qu'on ne l'avait plus entendu), est allé plus loin en affirmant que les idées développées sur les colonnes d'Attajdid sont semblables à celles qui ont conduit aux attentats du 16 mai. C'est à peine si Debbab n'a pas ouvertement exhorté les autorités marocaines à poursuivre en Justice, et dans le cadre de la loi antiterroriste, les responsables et les journalistes d'Attajdid.
Par ailleurs, le reportage de 2M n'a accordé à Hassan Serrat (secrétaire de rédaction d'Attajdid) qu'un peu moins de 16 secondes sur un total de plus de 6 minutes. Or, Jamal Berraoui a eu droit à plus de 53 secondes et Mohamed Brini a parlé pendant environ 52 secondes. Sans compter les 86 secondes de Taoufik Debbab.
C'est d'ailleurs, l'attitude de la deuxième chaîne, beaucoup plus que les idées de Jamal Berraoui ou Mohamed Brini (directeur d'Al Ahdath Al Maghribiya), qui a suscité l'indignation des journalistes d'Attajdid. Ces derniers ont publié un communiqué dans lequel ils affirmaient qu'ils se réservent le droit de défendre leurs droits et leur dignité par tous les moyens légaux disponibles. Cela pose la question de savoir comment une chaîne nationale, comme 2M, peut-elle traiter des sujets aussi sensibles que celui de l'islamisme. Surtout que les journalistes d'Attajdid n'ont pas oublié à le rappeler: "la deuxième chaîne appartient à tous les Marocains".
Source : Aujoud’hui Le Maroc, 14 janvier 2005


« Éco-terrroristes ! » : le cri des petites îles contre les pays riches
Les petites îles, menacées par la montée des eaux, ont accusé jeudi à Maurice les pays industrialisés de commettre des actes d'"éco-terrorisme" et les ont appelés, avec le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, à agir contre le changement climatique.
Le président Anote Tong, chef d'Etat de Kiribati, un atoll du Pacifique de 90.000 habitants à seulement quelques mètres au-dessus du niveau de la mer, a dénoncé les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement de la planète, lors d'une réunion internationale de l'Onu à Port-Louis consacrée aux petits Etats insulaires en développement.
"Ces actes délibérés de la part de certains, destinés à sécuriser leurs bénéfices au détriment des autres, peuvent être comparés à des actes de terrorisme, d'éco-terrorisme", a-t-il ajouté.
"La communauté internationale doit prendre des mesures immédiates et totales pour réduire les émissions de gaz à effet de serre", a lancé M. Tong.
"Nous devons être prêts à prendre des mesures décisives face au changement climatique", a confirmé M. Annan lors de la même réunion.
"Qui oserait affirmer que ce que nous faisons suffit?", a-t-il demandé, appelant la communauté internationale "à prendre des mesures décisives face au changement climatique".
Avec les Maldives, Tuvalu et les îles Marshall, la République de Kiribati fait partie des pays les plus menacés par la montée des eaux, liée au réchauffement de la planète. La capitale des Maldives, Male, pourrait disparaître en 2100, selon un scénario des autorités locales.
Le 16 février prochain marquera l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto, qui impose à 38 pays industrialisés de réduire leurs rejets de gaz à effet de serre. Ce texte a été rejeté par les Etats-Unis, l'un des principaux pollueurs dans le monde.
Les îles Cook, dans l'océan Pacifique, ont demandé à "toutes les parties de ratifier le protocole de Kyoto".
Sans mesures urgentes, "la survie de nos peuples dans les petits Etats insulaires en développement (PEID) sera sérieusement compromise", a prévenu le Premier ministre de Tuvalu, Maatia Toafa.
Des vagues hautes de 3 mètres se sont abattues en février 2004 sur ce minuscule pays du Pacifique, où le point le plus haut culmine à 4 mètres.
"Sans actions globales (...) pour stopper l'élévation du niveau de la mer, (...) mon peuple va se transformer en réfugiés de l'environnement", a encore estimé le président des îles Marshall, Kessai Note.
Dans un document sur la stratégie de développement des PEID, qui doit être adopté vendredi à la clôture de la réunion, "les pays qui ont signé le protocole de Kyoto appellent fermement" les autres pays de le faire "dans un temps opportun".
"Il n'y a rien de neuf" dans ce texte, a regretté Philippe Boullé, de l'association française de la prévention des catastrophes naturelles, accusant les Etats-Unis de bloquer les discussions.
En plus du réchauffement de la planète, les petites îles sont très vulnérables aux catastrophes naturelles du type des tsunamis du 26 décembre; qui ont fait plus de 158.000 morts dans l'océan Indien.
M. Annan a appelé jeudi à la mise en place d'un système d'alerte mondial, "non seulement pour les tsunamis mais pour tous les autres phénomènes dangereux, par exemple les ondes de tempête et les cyclones".
La mise en place doit être débattue la semaine prochaine à Kobé (Japon) où se tiendra une conférence de l'ONU sur la prévention des catastrophes naturelles.
Un système d'alerte aux tsunamis "devrait être mis en place d'ici juin 2006" dans l'Océan Indien et d'ici juin 2007 pour le monde, a déjà annoncé le directeur général de l'Unesco, Koichiro Matsuura, mercredi à Port-Louis.
Une résolution portant sur les mesures à prendre après les tsunamis sera par ailleurs présentée mardi à l'Assemblée générale de l'Onu.
Source : AFP, 13 janvier 2005

Kofi Annan va nommer un envoyé spécial pour coordonner l'aide
L'Onu va nommer un envoyé spécial chargé de coordonner l'aide aux victimes des raz-de-marée du 26 décembre dans l'Océan Indien, qui ont fait plus de 160.000 morts, a annoncé le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, vendredi à Port-Louis.
"Afin d'assurer le maximum de cohérence et de coordination de l'aide et des efforts de reconstruction, j'ai décidé de nommer un envoyé spécial", a déclaré M. Annan lors d'une conférence de presse à l'occasion de la réunion de l'Onu sur les petites îles en développement. "J'espère le nommer d'ici la fin de la semaine prochaine", a-t-il ajouté.
Une conférence sur la prévention des catastrophes naturelles doit se tenir du 18 au 22 janvier à Kobé (Japon).
Le secrétaire général de l'Onu a aussi salué une nouvelle fois la "réponse généreuse" de la communauté internationale après les raz-de-marée. "Il y a un nouveau phénomène, il y a de nouveaux donneurs. Ce ne sont pas nécessairement des pays, (...) mais aussi des personnes qui ont été touchées par les souffrances" des habitants de l'océan Indien frappés par les raz-de-marée, s'est réjoui M. Annan.
"J'espère que nous allons trouver un moyen de capturer cet esprit de générosité, cet esprit qui consiste à venir en aide à ceux qui en ont besoin", a-t-il poursuivi. "Alors que l'attention du monde se porte sur l'après-tsunami, nous ne devons pas oublier les graves crises humanitaires qui se déroulent dans d'autres endroits du monde", a-t-il insisté.
"Nous avons des crises horribles où nous n'arrivons pas à collecter toute l'argent dont nous avons besoin. Nous serons chanceux si on obtient 15% de l'argent nécessaire", a-t-il expliqué.
M. Annan a par ailleurs "appuyé sans réserve" la proposition du président français Jacques Chirac de mettre en place une force humanitaire pour faire face aux catastrophes naturelles.
Source : AFP, 14 janvier 2005

L’ONU contre les restrictions indonésiennes à la présence militaire étrangère
Les Nations unies ont souhaité jeudi que l'Indonésie lève les restrictions imposées aux armées étrangères venues aider les victimes des tsunamis de la province d'Aceh, en estimant que des vies sont en jeu. Le séisme et les tsunamis du 26 décembre ont fait plus de 110.000 morts et 700.000 sans-abri pour la seule Indonésie, notamment le long de la côte ouest de la province d'Aceh.
"Je suis sûr que le gouvernement indonésien sera d'accord avec moi pour dire que la chose la plus importante est de sauver des vies et non d'imposer des dates limites de départ" aux armées concernées, a déclaré Jan Egeland, coordinateur de l'Onu pour l'aide d'urgence au cours d'une vidéo-conférence depuis New York.
Mercredi, le vice-président Yusuf Kalla, cité par l'agence officielle Antara, avait souhaité un départ des troupes étrangères participant à l'aide post-tsunamis dans la province rebelle d'Aceh (nord de l'île de Sumatra) le plus vite possible et au terme d'un maximum de trois mois.
"Trois mois, c'est suffisant. En fait, le plus tôt sera le mieux", avait dit M. Kalla, interrogé sur la durée souhaitable de la mission des militaires étrangers en Indonésie. Il a estimé que son pays n'aurait bientôt plus besoin de troupes étrangères, mais plutôt de médecins et d'ingénieurs.
L'armée indonésienne a annoncé jeudi l'envoi de plusieurs milliers d'hommes en renfort dans la province d'Aceh, attestant de son intention de resserrer son contrôle sur les opérations humanitaires.
Source : AFP, 14 janvier 2005


L’armée française débarque à Aceh
Les trois premiers hélicoptères provenant du navire français la "Jeanne d'Arc" sont arrivés vendredi vers 07H30 locales (00H30 GMT) à l'aéroport de Banda Aceh (nord de l'Indonésie).
Deux Puma et une Alouette, qui avaient décollé environ vingt minutes plus tôt du porte-hélicoptères "Jeanne d'Arc", au large de Banda Aceh, se sont posés sur cet aéroport où stationnaient notamment des hélicoptères américains et des avions cargos. Ils ont survolé une côte noyée sous la boue et totalement ravagée où sur des kilomètres de long pas une habitation, pas un champ et pas une route n'ont résisté au raz-de-marée du 26 décembre.
Le lieutenant-colonel Charles-Marie Huot, chef du détachement de liaison à Banda Aceh a précisé à l'AFP que "cinq autres hélicoptères français, des Puma, doivent arriver dans la journée à Banda Aceh", complétant le dispositif militaire français en Indonésie.
Arrivés à bord des trois hélicoptères de la "Jeanne d'Arc", des officiers français ont commencé à prendre contact avec les autorités militaires locales indonésiennes pour préciser les conditions de l'acheminement de l'aide humanitaire effectuée par la France et le déroulement des rotations avec la "Jeanne d'Arc".
En fonction des besoins qu'exprimeront les autorités locales, les Français pourront effectuer des campagnes de vaccination, distribuer de l'aide humanitaire et remettre en état des infrastructures détruites par le raz-de-marée du 26 décembre.
Les Français ont notamment identifié une vingtaine d'endroits, entre Banda Acech et Meulaboh, où ils peuvent apporter de l'aide humanitaire. Ces villages côtiers sont inaccessibles car ils sont adossés à une barrière montagneuse qui atteint par endroits 3.000 mètres d'altitude, et dont les voies d'accès sont détruites.
En Thaïlande, le ministère de l'Intérieur thaïlandais a augmenté de 931 personnes vendredi le bilan des morts étrangers confirmés après le tsunami, qui passe ainsi de 1.240 à 2.171 personnes. Le total des morts confirmés n'a pas évolué, à 5.313, et seul celui des étrangers a brutalement progressé en 24 heures, celui des Thaïlandais n'augmentant que de cinq personnes, à 1.733.
Source : AFP, 14 janvier 2005

Sri Lnka : plan de secours et zizanie
Colombo a commencé à dévoiler vendredi son plan d'aide d'urgence aux victimes du raz-de-marée au Sri Lanka où plus de 80% des bateaux de pêche aurait disparu selon l'ONU.
La Force d'opération spéciale chargée par la présidente Chandrika Kumaratunga de mettre au point un plan de secours a recommandé l'attribution immédiate d'argent liquide pour plusieurs mois aux sinistrés du tsunami du 26 décembre et la gratuité de services usuels tels que l'eau et l'électricité. "Ces mesures sont fermes, reste seulement à décider du montant, ce dont la présidente discutera dans les prochains jours avec la Force d'opération" spéciale, a indiqué Lalith Weeratunga, secrétaire du Premier ministre Mahinda Rajapakse et membre de cette force.
Un plan détaillé sur la reconstruction de la totalité des régions touchées devrait être prêt dans une dizaine de jours, selon le gouvernement.
La semaine dernière, le président de la Banque mondiale James Wolfensohn avait indiqué à Colombo étudier "la possibilité d'attribuer des dons d'argent liquide aux familles affectées pour qu'elles aient quelque chose dans leur poche".
Selon le dernier bilan provisoire, 30.893 personnes sont mortes au Sri Lanka, 6.038 sont portées disparues, 482.541 sont sans abri.
L'aide d'urgence devrait être attribuée en priorité aux pêcheurs et petits commerçants pour leur permettre de remonter leur affaire balayée par les flots.
L'ONU a estimé vendredi que "plus de 80% de la flotte de pêche peut avoir été perdue" au Sri Lanka parlant de "près de 18.500 bateaux" perdus ou endommagés.
"Cela va durement frapper les familles pauvres car la pêche est ce qui permet de soutenir la population des communautés côtières et de la maintenir hors de la pauvreté", a estimé le chef de la mission de l'ONU au Sri Lanka Miguel Bermeo.
Les Nations unies vont rapidement lancer un programme de réparation ou de reconstruction des embarcations, des moteurs et des équipements de pêche pour que les pêcheurs puissent retourner au travail, a-t-il indiqué.
De simples embarcations de pêche type pirogue coûtent en moyenne l'équivalent de 1.200 USD. Plus de 13.100 pêcheurs sont morts ou disparus et plus de 90.000 ont été sinistrés, selon l'ONU.
En tout, Colombo a évalué à environ 3 milliards de dollars la somme nécessaire pour reconstruire le pays y compris dans les zones tenues par les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE).
Les institutions financières internationales ont entamé mercredi un processus d'évaluation des besoins pour la reconstruction du pays avec les autorités et les rebelles tigres tamouls.
L'attribution de l'aide internationale a été au centre de nouvelles tensions entre les autorités et les LTTE ces derniers jours, chaque partie accusant l'autre de vouloir la monopoliser.
Toutefois jeudi les protagonistes semblent s'être entendus pour calmer le jeu alors que les uns et les autres ont été également frappés par la catastrophe.
Des responsables de la Force d'opération spéciale et de l'Organisation de réhabilitation tamoule (TRO), une ONG proche de la rébellion qui régule l'aide aux sinistrés, se sont entendus pour améliorer leurs relations sur le terrain, lors d'une réunion à Ampara (est).
"Il a été convenu que les deux parties allaient augmenter les communications régulières et travailler ensemble à un niveau local pour résoudre tous les problèmes à venir", a indiqué vendredi la TRO dans un communiqué.
La TRO a accusé cette semaine l'armée de menacer ses volontaires dans des camps de l'est du pays. Elle l'avait aussi accusé peu après la catastrophe de dévier des camions destinés aux tamouls vers le sud majoritairement cinghalais, ce que le gouvernement a réfuté.
Source : AFP, 14 janvier 2005

Le Japon et les USA vont fournir provisoirement des alertes au tsunami aux pays de l'océan Indien
En attendant la mise en place d'un système régional d'alerte au tsunami dans l'océan Indien, le Japon et les USA fourniront des avertissements aux pays de l'océan Indien, a annoncé vendredi un responsable de l'agence météorologique nippone.
Les détails de ce projet seront discutés lors de la Conférence des Nations unies sur la prévention des catastrophes qui se réunira la semaine prochaine à Kobé au Japon. Elle sera largement consacrée au séisme du 26 décembre suivi d'un tsunami .
Le Japon et les USA disposent des systèmes d'alerte les plus avancés du monde. Le réseau nippon équipé de capteurs à fibres optiques transmet des données sur l'activité sismique à un ordinateur qui peut lancer une alerte prévenant d'un tsunami meurtrier dans les deux minutes qui suivent un tremblement de terre.
Selon Takayuki Kawazu, un responsable de l'agence météorologique japonaise, Washington et Tokyo distribueront les informations aux pays de l'océan Indien jusqu'à ce qu'ils puissent développer leur propre système. "Il faudra du temps pour obtenir un accord entre les pays touchés par le tsunami avant qu'un système d'alerte anticipée puisse être établi", estime-t-il.
Plus de 300 experts en météo participeront à la conférence qui s'ouvre mardi à Kobé
Source : AP, 14 janvier 2005


Stockholm : tsunami dans un verre d’eau

Sous le feu des critiques qui l'accusent d'avoir tardé à réagir, le gouvernement suédois a mis en place jeudi une commission indépendante pour examiner sa gestion de la crise après la catastrophe en Asie du Sud-Est.
La commission dirigée par le président de la cour d'appel de Svea, Johan Hirschfeldt, compte cinq membres sans affiliations politiques. Le directeur de la Croix-Rouge suédoise Anders Milton fera également partie de la commission qui devra rendre son rapport avant le 1er décembre. Une commission parlementaire doit également mener sa propre enquête sur le sujet.
La Suède est l'un des pays occidentaux les plus touchés par le tsunami, qui a suivi le séisme du 26 décembre, avec 52 morts. Près de 1.900 touristes sont portés manquants, selon la dernière estimation officielle.
Beaucoup ont jugé que la réaction du gouvernement suédois, qui a notamment attendu près de quatre jours avant d'envoyer des avions sanitaires pour rapatrier les blessés suédois, avait été beaucoup trop lente.
Le ministère des Affaires étrangères a essuyé l'essentiel du mécontentement. Le Premier ministre Göran Persson a également suscité de nouvelles critiques après avoir accusé le personnel du ministère de ne pas l'avoir informé suffisamment rapidement de l'ampleur de la catastrophe. Il a expliqué mercredi que des messages reçus par fax par le ministère le 26 décembre ne lui avaient pas été transmis.
Source : AP, 13 janvier 2005

Stars de Hollywood pour un concert télévisé de soutien aux victimes
Les acteurs Brad Pitt, Robert DeNiro, Andy Garcia, George Clooney, Meg Ryan, Clint Eastwood, Hugh Grant ou encore le chanteur Stevie Wonder font partie des dizaines de stars qui participeront aujourd’hui à un concert spécial diffusé sur le réseau américain NBC Universal TV au profit des victimes du tsunami.
L'émission sera diffusée en direct sur NBC, Telemundo, Pax et plusieurs autres chaînes cablées US.
Connect de Sony offrira des téléchargements des prestations du concert, dont les fonds récoltés iront au Fond de réponse internationale de la Croix-Rouge US.
Sony's Connect: http://www.connect.com.

Grande messe à Saint-Pierre de Rome le 24 janvier
Une messe doit être célébrée le 24 janvier en la Basilique Saint-Pierre de Rome pour les victimes du séisme et du tsunami dévastateurs qui ont frappé l'Asie et l'Afrique le 26 décembre.
Le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d'Etat de sa Sainteté, représentera le pape Jean Paul II lors de cette messe qu'il présidera, a annoncé le Vatican vendredi.
Source : AP, 14 janvier 2005

Tour Eiffel, Musée de Versailles, Cirque Gruss : tout le monde s’y met
En France, comme un peu partout, on ne compte plus les initiatives en faveur de collectes de fonds pour les victimes du tsunami. La Tour Eiffel a décidé de reverser 1 € par ticket d’entrée, le musée du château de Versailles y va aussi de son obole. Dernière initiative connue en date : le célèbre Cirque Gruss donnera une représentation le 1er février, dont les revenus seront versés au Secours populaire français. Avec une capacité de 3 000