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Tsunami


Tsunami, jour 14 - 8 janvier 2005

“Que d’eau, que d’eau”

Cette phrase célèbre du général-président français Mac-Mahon visitant le Nord de la France frappé par des inondations ne cesse d’être répéte par tous les grands hommes qui visitent Aceh ou le Sri Lanka. Parmi les auteurs des plus grosses macmahonnades, on peut citer Colin Powel et Kofi Annan. les pauvres, on ne peut quand même pas exiger qu’ils trouvent une petite phrase intelligente chaque fois qu’on leur tend un micro. Et ils ne vont quand même pas se taire...

160 000

C’est le nouveau chiffre des victimes recensées à ce jour, dont 107 000 en Indonésie, principalemnt à Aceh. Et le compte n’est pas clos.
476 619
C’est le nombre officiel de personnes déplacées par le tsunami dans la région d’Aceh. La prédente estimation les évaluait à 387 607

238

C’est le nombre de touristes français encore portés disparus, 227 en Thaïlande et 11 au Sri Lanka, et pour lesquels Michel Barnier s’est déclaré “particulièrement inquiet”. 19 Français sont morts et 3 corps restent à identifier. 69 des 238 disparus sans sans aucun doute morts, puisque leur présence sur les lieux où la vague a frappé est attestée.
Quatre milliards de $ [= 3 milliards €]
C’est le dernier montant de l'aide publique promise par les États et les organismes internationaux aux pays d'Asie ravagés par le tsunami.Le groupe des sept pays les plus industrialisés de la planète (G7), que préside cette année le Royaume-Uni, a accepté un moratoire sur le remboursement de la dette bilatérale des pays victimes des raz-de-marée en Asie. Cependant, les Nations unies qui ont pris la tête de l'opération de secours, attendent que ces annonces se concrétisent et que les sommes soient effectivement versées.
L'Australie arrivait toujours en tête vendredi des pays donateurs dans le monde avec 760 millions de dollars dont la moitié en prêts sans intérêt, talonnée par l'Allemagne (665 millions de dollars).
Suivent le Japon (500 millions de dollars) et les Etats-Unis (350 millions de dollars) dont 40 millions déjà dépensés par l'armée américaine sous forme d'opération de secours.
L'Union européenne s'est engagée à contribuer à hauteur de 1,5 milliard d'euros (2 milliards de dollars).
Outre l'Allemagne, les dons publics les plus élevés en Europe proviennent de Norvège (180 millions de dollars), de Grande-Bretagne (93,8 millions de dollars), du Danemark (75 millions de dollars), de Suède (73,6 millions de dollars) et de France (49,8 millions d'euros, soit près de 65 M USD).
Outre les aides annoncées par les Etats, les institutions internationales comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale participent à l'effort.
Le FMI s'est engagé à débloquer jusqu'à un milliard de dollars d'aide financière et la Banque mondiale a augmenté sa contribution initiale de 250 millions de dollars à 500 millions.
Le G7 qui regroupe les pays les plus industrialisés, a accepté vendredi la proposition d'un moratoire sur la dette des pays sinistrés mais celui-ci doit encore être approuvé par le Club de Paris le 12 janvier avant d'être effectif.
Le Koweït a décidé de rééchelonner la dette de ces pays à travers le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe (FKDEA), un organisme d'Etat qui avait accordé des prêts à l'Inde, l'Indonésie, la Malaisie, les Maldives, le Sri Lanka et la Thaïlande pour un montant global de 763 millions de dollars.
A ces contributions s'ajoute une aide privée sans précédent venant des particuliers, stars, sportifs, associations, entreprises ou villes, qui ne cesse d'augmenter.
Mais l'ampleur de cette aide internationale suscite aussi, chez certaines ONG ou responsables européens, des craintes de détournements de fonds ou de leur mauvaise utilisation.
L'Union européenne a mis en place des procédures de contrôle à travers les accords de coopération existant de longue date avec certains des pays destinataires de l'aide.

Thaïlande : la chasse aux “pillards birmans” est ouverte

Plus de 500 travailleurs birmans accusés de pillage dans la province thaïlandaise de Phang Nga, durement frappée par le tsunami sont en cours d'expulsion de Thaïlande, a annoncé la police vendredi. "Nous sommes en train de déployer des policiers supplémentaires pour garder les zones touchées par le tsunami après avoir appris qu'une armée de travailleurs birmans étaient en train de voler", a déclaré le commandant Vachara Sangvorayothin.
Plus d'un million de Birmans occupent des emplois sous-payés en Thaïlande. Des milliers d'entre eux traversent la frontière de la province thaïlandaise de Ranong, Beaucoup sont employés dans la pêche, l'agriculture et la construction. La province de Phang Nga borde également la Birmanie.

Jakarta : il ne faut pas contrarier nos grands amis...

L'armée indonésienne a entrepris de démentir des rumeurs qui courent actuellement dans le pays selon lesquelles, sous couvert d'aide humanitaire, l'armée US installe en fait une base permanente à Sumatra. "Ils s'agit d'une simple opération humanitaire, pas militaire", a déclaré vendredi à Djakarta le général Syafrie Syamsuddin, porte-parole de l'armée. Celui-ci a mis en garde contre le risque de contrarier les Américains en laissant se propager des calomnies.

... Mais on peut contrarier les petits amis !
Après le refus sri-lankais et tamoul d’ccepter la venue de militaires US pour apporter une aide “humanitaire”, ça a été au tour de l’Indonésie de dire niet au gouvernement de Sa Majesté britannique, qui avait proposé d’envoyer 120 hommes hautement qualifiés pour les secours de catastrophes. Ces hommes sont des Népalais qui font partie du prestigieux 2ème Bataillon d’infanterie légère des Gurkhas, un beau reste de l’armée coloniale british. Londres en est maintant à supplier Jakarta d’accepter l’envoi de deux petits hélicoptères Bell. Les javanais se laisseront-ils fléchir ?


Et si le tsunami permettait de liquider les stocks ?

Un des problèmes des pays riches, USA, Union européenne et japan est le stockage des produits alimentaires excédentaires. L’Union européenne aurait du mal à se débarrasser de ses montagnes de beurre stockées dans des hangars réfrigérés, car les Asiatiques n’aiment pas trop ni beurre ni fromage. En revanche, le Jpon vient d’avoir une idée géniale. Le pays a importé en moyenne 760 000 tonnes de riz étranger, notamment de pays frappés par le tsunami, depuis 2000. Mais les Japonais se “modernisent” et mangent de moins en moins de riz, et de plus, ils n’aiment pas, mais pas du tout le riz étranger. Moralité : 1 million et demi de tonnes se languissent dans des silos. le gouvernement japonais a donc pensé envoyer ce riz aux sinistrés. Bonne idée ! Espérons seulement qu’il est encore consommable...

Israël envoie... des masques à gaz au Sri Lanka

Voici comment la Newsletter n° 108 du 6 janvier 2005 éditée par l’Ambassade d’Israêl en France rend compte des réactions israéliennes au tsunami. Sans commentaire.
« Israël, un des premiers pays à avoir proposé et envoyé de l’aide aux pays sinistrés en Asie, mène actuellement plusieurs opérations d’aide aux victimes. Des dizaines d’Israéliens, à titre officiel ou au sein d’ONG, sont sur place dans les différents sites de la catastrophe.
Mercredi 29 décembre, une première mission d’aide humanitaire et médicale a été envoyée au Sri Lanka, transportant 82 tonnes d’équipement dont 9 tonnes de médicaments, 3.680 litres d’eau minérale, 12 tonnes de produits alimentaires, 10.000 couvertures, des tentes et des générateurs électriques. Une deuxième mission a été dépêchée en Thaïlande avec des médicaments, des masques à gaz et des sacs pour cadavres.
Le Ministre de la Santé, Danny Naveh, à répondu positivement à la demande du Sri Lanka : des experts en santé mentale seront dépêchés dans cette région dévastée auprès des populations traumatisées.
L’Ambassadeur sri-lankais auprès de l’ONU, Bernard Gunteilaika, a adressé une lettre à son homologue israélien, Dan Gillerman, dans laquelle il réfute que son pays ait refusé l’aide israélienne pour des raisons de sécurité ou de relations publiques. Dans sa lettre, B. Guntelaika souligne que « le gouvernement sri-lankais et son peuple apprécient beaucoup l’aide qu’Israël leur a apportée en ces temps de catastrophe, tant en ce qui concerne le personnel de secours, les vivres et les équipements médicaux.


Collecte nationale

L’Organisation IsraAid (The Israel Forum for Interntional Humanitarian Aid) – plateforme des ONG israéliennes - coordonne 45 associations israéliennes pour la campagne d’aide aux victimes en Asie.
Dans le cadre de cette campagne, intitulée « Israel Campaign For South East Asia Disaster », des points de récolte ont été mis en place partout en Israël, grâce notamment à 4000 bénévoles du Maguen David Adom travaillant en coopération avec la Croix Rouge et le Croisant rouge. Des tonnes de nourritures (2,5 tonnes de farine, 4 tonnes de riz, 920 litres d'huile, 2,5 tonnes de sucre, 1,5 tonne de pâtes, 39 000 litres d'eau minérale, 900 kilos de haricots secs et 700 kilos de conserves) et d’eau minérale (39.000 litres) ont été récoltés et transportés par bateau le 5 janvier vers le Sri Lanka.
Le Magen David Adom, en coordination avec la Croix Rouge, a également envoyé au Sri Lanka 4.080 bouteilles de sérum albumine, (protéine pour traiter les traumatismes des victimes) et des fournitures médicales.


Le bilan des victimes israéliennes

4 Israéliens ont été tués, 5 sont portés disparus, 30 n’ont pas encore contacté leurs proches mais ne se trouvent pas dans les lieux de la catastrophe, et 33 ont été blessés. »

Quand l’aveugle secourt le paralytique

C’est le nouvelle la plus surréaliste du jour concrnant le tsunami : l’Afghanistan, déjà exsangue, a organisé mercredi dernier une collecte de sang et prévoit d’envoyer une douzaine de médecins afghans en Asie du Sud, à bord d’un avion qui serait chargé de produits et d’appareils médicaux qui pourraient soulager 5 000 malades. Seul problème : les Afghans voudraient que leurs protcteurs yankees mettent un avion à dispositin et du côté des protecteurs, on dit n’avoir été saisi d’aucune demande afghane. Qui croire ? Le général Zaher Mohamed Azimi, avait-il trop forcé sur la pipe à opium avant d’annoncer cette nouvelle ? Il avait pourtant eu une belle phrase : « Nous avons nos propres problèmes, mais nous faisons parti de la famille des nations. »

Petit Sultan, petit coeur

Le petit Sultanat d’Oman, dans le Golfe arabo-persique, par le biais de son organisation charitable d’Oman (OCC), a commencé à expédier mardi dernier des containers par avion vers le Sri Lanka, les Maldives et l’Indonésie. 16 vols sont prévus. Les containers contiendront pour 3 milions de dollars de tentes, matelas, couvertures, draps et produits alimentaires. Ça fait quand même 3 fois mins que ce qu'a donné Kurt Schumacher ! Allez, les émirs, encore un effort pour devenir de vrais Musulmans !

“Canada pour l’Asie” le 13 janvier

Radio-Canada organise un grand concert de collecte de fonds pour l’aide aux victimes du tsunami le jeudi 13 janvier, qui devrait être radio et télédiffusé urbi et orbi. À l’affiche : Blue Rodeo, Bryan Adams, Anne Murray, Rush, Molly Johnson, Oscar Peterson, Jann Arden, Barenaked Ladies, Bruce Cockburn et Céline Dion, en direct de Las Vegas. L'écrivain Margaret Atwood et le commentateur sportif Don Cherry seront également de cette émission, qu'animeront conjointement Ron MacLean et Rick Mercer.

Moratoire + accélération des expulsions aux USA

Le gouvernement US a suspendu les déportations d'immigrés vers le Sri Lanka et les Maldives pour cause de tsunami. Les ressortissants de ces deux pays qui ont reçu la notification d'une déportation vont avoir le droit de rester aux USA jusqu'au 7 avril.
Les immigrés non-criminels des autres pays touchés par le séisme et le tsunami ont également la possibilité de demander à rester aux USA et leurs dossiers seront examinés au cas par cas. Si leur demande de suspension de déportation est acceptée, ils pourront rester sur le territoire US jusqu'au 7 avril. Et, cerise sur le gâteau, Washington a précisé que les services d'immigration étaient prêts à accélérer le transport d'immigrés en instance de déportation qui souhaiteraient rentrer au plus vite chez eux.


Grande messe et grand concert à Stockholm

Journée de deuil et de collecte de fonds ce samedi en Suède : le roi et la reine doivent assister à une messe en milieu de journée et un grand concert est prévu en début de soirée. Selon le ministère des affaires étrangères, 52 Suédois sont morts tandis que plus de 1.900 sont portés disparus. Toutefois, la police, qui cette semaine a pris en charge la gestion des listes des victimes, a ramené le nombre de disparus à 637 vendredi, à la suite d'une modification dans la manière de faire le décompte. Désormais, seuls ceux qui sont portés disparus avec certitude sont enregistrés. Disparaissent ainsi de la liste ceux dont on ignore où ils étaient et qui ont été classés d'office comme manquants.
Par ailleurs, le nombre de morts ne prend en compte que les victimes dont le corps est effectivement rapatrié en Suède. Selon le premier ministre Göran Persson, le bilan final pourrait dépasser le millier de morts, ce qui en ferait la catastrophe la plus meurtrière de l'histoire de la Suède, devant le naufrage de l'Estonia en mer Baltique en 1994 qui avait fait 892 morts dont 551 Suédois.

Skandaaal à Vienne !

L'opposition sociale-démocrate autrichienne ne rate pas une occasion pour emmerder le gouvernement de droite. c’est de bonne guerre, mais parfois franchement ridicule. Ainsi, elle a appelé vendredi au limogeage du ministre des Finances, qui n'a pas jugé bon d'écourter ses vacances aux Maldives pour faire face dans son pays aux conséquences du tsunami. Au moins dix Autrichiens y ont péri et 488 restent portés disparus. Les Maldives ont recensé 82 morts.
Karl-Heinz Grasser, qui avait entamé son séjour avant la catastrophe, n'est revenu que lundi. Il n'a pas été blessé. Il a déclaré au quotidien autrichien "Die Presse" et à d'autres médias que le gouvernement des Maldives lui avait demandé de ne pas abréger ses vacances. "Paniquer et quitter immédiatement une région qui est dépendante du tourisme aurait envoyé un mauvais signal", a-t-il expliqué, cité par "Die Presse".
Mais le ministre délégué aux Finances des Maldives, Maizan Adam Manik, a affirmé au journal viennois "Der Standard" que son gouvernement n'avait été informé de la présence de M. Grasser que dimanche, soit une semaine après le séisme. Il a déclaré avoir rencontré le ministre autrichien lundi à l'aéroport de Malé, la capitale, avant son départ. Le bureau de M. Grasser n'a pas fait de commentaire. Et bien, il n’a qu’à retourner dans l’archipel avec des pples et des pioches ! Le bureau des volontaires de l’ONU l’embaucherait sûrement. Il lui suffit de cliquer sur http://www.unv.org et de poser sa candidature. Il pourrait emmener avec lui le leader de l’oppsotion.

Scotland Yard met en garde contre les escrocs au tsunami

La police britannique demande au public de faire preuve de vigilance face aux appels aux dons après le cataclysme en Asie et lance une mise en garde contre les faux organismes caritatifs imaginés par des profiteurs du tsunami qui tentent d'abuser de la générosité du public, via Internet notamment. La police métropolitaine de Londres a précisé que des arnaqueurs émettaient des courriels suggérant d'envoyer de l'argent à sur des comptes à l'étranger. Scotland Yard met aussi en garde contre les faux sites Internet d'organismes de charité. "Il ne s'agit en aucun cas de dissuader le public de donner de l'argent", précise la police britannique. "Mais nous le pressons d'exercer sa vigilance afin d'empêcher et de perturber les arnaques criminelles éventuelles."


Les sales histoires du tsunami

Il la sauve, puis la viole
Elle a survécu au raz de marée grâce à la main secourable d'un homme qui... l'a ensuite violée, en lui expliquant qu'il pourrait aussi bien la tuer impunément.
Pour cette Sri-Lankaise de 18 ans, le 26 décembre devait un jour de fête: c'était l'anniversaire de son père et avec sa famille elle partait en pèlerinage au temple de Kataragama où hindous aussi bien que bouddhistes implorent la protection du ciel pour le reste de l'année. L'adolescente se baignait dans la mer alors que la famille pique-niquait sur la plage lorsque le mur d'eau leur est tombé dessus.
Se débattant dans l'eau, elle a entendu une voix. "Il m'a dit d'attraper sa main et qu'il allait me sauver", explique cette jeune fille qui préfère ne pas donner son nom pour ne pas être rejetée par son village.
Le courant les a entraînés dans un cours d'eau boueux duquel ils ont finalement réussi à s'extraire. L'homme l'a poussée sur un lit de ronces où il a abusé d'elle. "J'ai crié et lui ai dit de ne pas me faire de mal", raconte-t-elle. Il a mis ses mains autour de mon cou et m'a dit que même s'il me tuait sur place, personne n'en saurait rien".
Neuf personnes de sa famille ont péri dans le cataclysme. Les corps de son père, de sa mère et d'une nièce de cinq ans n'ont pas été retrouvés. Elle se retrouve seule avec une soeur. Interrogée sur son avenir, elle dit qu'elle rêve de devenir journaliste.

Une proposition intéressante d’ATTAC

La communauté internationale ou l'UE pourrait décider d'un prélèvement exceptionnel.

Taxe humanitaire pour l'Asie

par Jacques NIKONOFF, Libération, 4 janvier 2005
L’auteur est président d'Attac-France

«Il faut soigner d'abord et comprendre ensuite», disait Albert Camus dans la Peste. Tel est en effet l'objectif à atteindre d'urgence face à la tragédie en Asie. Oui, il faut donner ! La générosité publique aidera ceux qui en ont besoin et lavera la honte qu'inspire l'attitude de la plupart des gouvernements.
Mais est-ce suffisant ? Nous devrions sérieusement méditer sur les hypocrisies de l'époque. Et agir en conséquence.
Quelque chose, en effet, ne va pas : cette catastrophe hors de toute mesure n'est pas pensée. Réduite à une comptabilité et à des images macabres, elle est présentée comme une fatalité du destin justifiant toutes les impuissances présentes, passées et futures des autorités publiques nationales et internationales. Quelques vérités semblent bonnes à rappeler.
D'abord, acceptons d'admettre que les morts d'un jour valent les morts de tous les jours. Certes, la démesure du séisme, sa soudaineté, sa localisation géographique, la symbolique biblique du déluge qu'il portait au moment des fêtes ne pouvaient qu'entraîner le choc et l'émotion. Mais n'oublions pas ceci : chaque jour, selon la Food and Agricultural Organization (FAO), à cause de la faim et de la malnutrition, la mort fauche 25 000 vies, principalement des enfants. Rappeler cette réalité ne vise nullement à relativiser la tragédie de l'Asie. On ne peut pas subir, chaque jour, un choc émotionnel d'une même intensité pour des drames diffus, atomisés sur l'ensemble de la planète, résultant d'une lente agonie, difficiles à traduire en scoop d'images médiatiques. Peut-être ces affamés pourraient-ils consentir, pour leur propre bien, à un effort supplémentaire et se mettre d'accord pour disparaître le même jour ? Le total fait 9 millions : record toutes catégories. Alors seraient sans doute réunis les 40 milliards de dollars nécessaires annuellement, afin de réaliser et de maintenir l'accès universel à l'éducation de base, à l'eau potable et à des infrastructures sanitaires, ainsi que, pour les femmes, aux soins de gynécologie et d'obstétrique.
Reconnaissons, ensuite, que l'aide annoncée par les gouvernements et les instances internationales est ridiculement dérisoire. Le vendredi matin du 31 décembre, 500 millions de dollars avaient été réunis, alors que l'ONU estime les besoins à plusieurs milliards. Les Etats-Unis ont annoncé le 28 décembre 35 millions de dollars. Par comparaison, M. Bush vient de demander au Congrès américain une rallonge budgétaire de 80 milliards de dollars pour financer la guerre en Irak, qui en coûte 150 millions par jour.
La France, avec 40 millions d'euros d'aides versées, n'est pas en mauvaise position. Nous ne pouvons que nous réjouir de constater qu'ainsi notre pays va dépasser la somme engloutie pour le sacre de M. Sarkozy à la tête de l'UMP (12 millions). Cependant, et sans vouloir faire injure aux amateurs de football, on remarquera que l'achat de l'exclusivité des droits de rediffusion du football français par Canal + a coûté 600 millions d'euros à cette chaîne.
En outre, l'instrumentalisation politique de la tragédie est désormais lancée. La concurrence, ce principe fondateur de l'idéologie néolibérale, s'est même étendue à l'aide humanitaire. Nous assistons à une sorte d'enchères, chaque pays voulant, dans des limites évidemment «raisonnables», ne pas donner le moins, et chaque jour annonce une nouvelle offre. Certes, ces aides, dont on ne doute pas qu'elles viennent du fond du coeur, vont probablement grossir, et c'est tant mieux. Mais, sauf mobilisation populaire, elles resteront très loin des besoins.
Et l'Europe ? Où est l'Europe ? Un obscur factotum a annoncé, dans un premier temps, une aide de 3 millions d'euros, puis 30 autres se sont ajoutés. Il est vrai qu'un des articles du traité constitutionnel stipule que «le budget de l'Union est, sans préjudice des autres recettes, intégralement financé par des ressources propres». Cela signifie que l'Union européenne, contrairement aux particuliers, aux entreprises et aux Etats, ne peut emprunter. Or l'emprunt permet l'investissement dans les grands travaux d'infrastructures publiques, que ce soit en Europe ou au titre de la solidarité internationale. Cette castration politique de l'Europe, dont nous avons aujourd'hui un exemple emblématique, ne peut que renforcer la détermination à assurer le succès du non lors du référendum sur le traité constitutionnel.
Et le marché ? Où est le marché ? Car cette interdiction faite à l'Europe d'emprunter pour investir dans les équipements publics a été décidée au nom du marché. On nous explique en effet, ad nauseam, que le libre jeu des marchés, sans entrave, et particulièrement dans le domaine de la finance, permettrait une «allocation optimale des ressources». Si c'était vrai, nous aurions dû voir affluer en Asie, immédiatement et spontanément, des masses de capitaux - une sorte de tsunami financier - pour aider au redressement de la région. Hélas ! Hélas ! Les morts, les blessés et les sans-abri ne sont pas solvables, et aucun capital ne pourra fructifier dans ces conditions. Dans les grands moments, ceux qui façonnent la collectivité humaine, le marché est toujours défaillant. C'est bien la volonté politique qui compte, et c'est elle que la mobilisation populaire doit restaurer.
D'autant que pendant le drame, les affaires continuent. Aucune morale, aucune retenue, aucune décence n'est de mise, c'est business as usual. Certes, les tsunamis ont tué des dizaines de milliers de personnes, dévasté des pays entiers, mais les Bourses d'Indonésie et d'Inde battent des records, portées par un climat économique jugé favorable. Selon Eddie Wong, analyste en chef pour l'Asie chez la banque ABM Amro : «Les dommages subis par les bons hôtels ne semblent pas graves et il y a aussi des gagnants en termes économiques, tels que les producteurs de ciment.» On pourrait ajouter aussi les cercueils ! Alors voici une idée d'action immédiate : fermez d'urgence vos comptes bancaires chez ABM Amro, si vous en avez, et transférez-les à la Poste, tant qu'elle existe encore !
Devant cette nouvelle faillite des élites mondialisées, la mobilisation des citoyens et des peuples pourrait s'organiser autour de cinq objectifs : un prélèvement fiscal mondial exceptionnel préfigurant une véritable fiscalité mondiale ; l'augmentation de l'aide publique au développement ; l'annulation de la dette publique des pays pauvres concernés par la catastrophe ; la coordination internationale des services publics pour reconstruire les pays dévastés ; la mise en place dans la région de systèmes d'alerte des catastrophes.
Concernant les taxes globales, il est évident que leur mise en place demandera des années. Sans attendre, un prélèvement exceptionnel pourrait être décidé par la communauté internationale ou, par défaut, par l'Union européenne. Il pourrait correspondre, pour donner un exemple concret, à 0,05 % de la capitalisation boursière mondiale (nombre d'actions cotées en Bourse à l'échelle mondiale, multiplié par la valeur de ces actions) qui s'élevait, fin 2002, à 20 000 milliards d'euros. Un tel prélèvement exceptionnel rapporterait 10 milliards d'euros. Personne ne pourra croire qu'il mettra les actionnaires à genoux et qu'il suscitera la panique sur les marchés financiers.
Prenons l'exemple d'un actionnaire de l'entreprise Renault. Le 31 décembre 2004, l'action cotait 61,55 euros. Avec le prélèvement de 0,05 %, ledit actionnaire versera 3 centimes d'euro ! Ainsi les marchés financiers seront-ils punis (modestement) par là où ils ont fauté. Ils sont en effet responsables de la crise financière qui s'est abattue sur l'Asie en juillet 1997. En quelques mois le chômage était multiplié par 4 en Corée, par 3 en Thaïlande, par 10 en Indonésie : 12 millions de chômeurs supplémentaires dans la région. La cause de cette crise ? Une libéralisation «au pied de biche» des marchés financiers dans ces pays, sous l'impulsion du Fonds monétaire international, qui a attiré des masses de capitaux spéculatifs.
Oui ou non, l'hypocrisie des bons sentiments va-t-elle cesser, et laisser la place aux vraies mesures susceptibles de répondre aux vrais problèmes ?

Sources de cette chronique : agences de presse, médias internationaux, correspondances


Tsunami, jour 13 - 7 janvier 2005

Vous reprendrez bien un peu de Tsunami ?

par Viktor Dedaj, www.legrandsoir.info 6 janvier 2005
L’auteur est le webmaster de Cuba Solidarity Project : http://vdedaj.club.fr/cuba/index.html. Courriel : vdedaj@club-internet.fr.
Bonjour,
Vous aimez la chantilly ? Oui ? Bien sûr, qui n’aime pas la chantilly ? J’avoue même que c’est mon talon d’Achille. Une chantilly faite maison, bien entendu, battue au fouet et à la main, et sucrée... Je craque. Enfin, je craquais.
Il m’arrivait d’en rêver la nuit de cette chantilly. Onctueuse, savoureuse, rebelle à tous les régimes. Je plongeais juste un doigt dans le bol, "pour goûter", et tout le contenu disparaissait mystérieusement dans un triangle des Bermudes situé entre mes narines et mon menton. Les crises de foie qui succédaient étaient aussi prévisibles que les résultats d’une politique du FMI. Mais que voulez-vous, la récompense était à la hauteur de la souffrance post-engloutissement.
Jusqu’au jour où j’ai décidé d’arrêter. Comment ? Un jour, je me suis fait un saladier ENTIER de chantilly, pour moi tout seul. Je me suis attablé avec ce saladier, tout seul. Et j’ai tout bouffé à la cuillère, tout seul. Et pendant la nuit, j’ai failli crever, tout seul... Ouf, je vous raconte pas le phénomène naturel de magnitude 9 sous l’aisselle de Richter... Enfin voilà, du coup il m’a fallu des années avant de retoucher à cette cochonnerie... J’étais, comme qui dirait, "guéri".
Aujourd’hui, je sens que je suis en train de faire un rejet avec un autre dessert, le Tsunami. Non, ce n’est pas un dessert italien, c’est un dessert médiatique. Ils en ont fait un saladier, ils se sont attablés, et ils nous la font bouffer à la louche. Les journaux télévisés de ces derniers jours sont d’un ennui de magnitude 15 sur une échelle qui n’en compte pourtant que 10...
J’ai vu une journaliste de télé nous faire le compte-rendu de ses aventures quelque part en Asie du Sud. Comme elle avait raté le train pour Falloujah, elle voulait absolument nous convaincre qu’elle était capable de "faire du terrain". Et pendant 2 bonnes minutes elle s’est mise à nous raconter l’histoire (à peu près) suivante :
"oui, alors on s’est promené... Il y avait de l’eau partout... vous vous en doutez... Ici tout a été rasé... les gens ont tout perdu et sont toujours sans nouvelles de leurs proches, de leurs familles et vivent dans la crainte d’une nouvelle vague. Nous sommes entrés dans une église... et là, il y avait des gens qui priaient. Nous sommes restés un moment puis soudain quelqu’un est arrivé en criant "Une Nouvelle Vague ! Une Nouvelle Vague !" Tout le monde a cru à l’arrivée d’un nouveau film de Godard, alors ils se sont mis à courir dans tous les sens. Finalement, c’était une fausse alerte... mais c’est vous dire si on a eu peur".
En tout cas, c’est ce que j’ai compris. Et pendant qu’elle parlait, au lieu des habituels abrutis hilares qui gesticulent à la caméra derrière le commentateur, on voyait juste passer des ombres qui charriaient Dieu sait quoi.
Oui, moi aussi j’ai eu peur : j’ai cru un moment que la journaliste allait enfin faire son métier.
Cela dit, chaque jour apporte son lot d’informations sur l’étendue de l’humanité du gouvernement des Etats-Unis : quelques maigres billets verts jetés en pâture - ça, c’est pour des pays "amis", on imagine ce que cela aurait été pour des pays pas amis...
Et puis cette alerte que l’on a "oublié" de déclencher... ou que l’on ne "savait pas" comment déclencher... ou que l’on a "cru" déclencher parce qu’on avait envoyé un courrier électronique... Un jour apprendra-t-on à quel point cette non-alerte offrit l’occasion au gouvernement des Etats-Unis de se refaire une virginité en jouant les super-héros ? Mais même là, ils se sont plantés. Mais ils se rattraperont, juste le temps pour les gourous des médias de M. Bush de mettre en place le contre-feu.
D’ailleurs, j’ai vu que Colin Powell était déjà sur place pour "coordonner" les secours. Powell est un spécialiste des "secours". Il est déjà venu au secours des peuples Irakiens, Afghans et Nicaraguayens.
Powell a déclaré "je n’ai jamais rien vu de tel". Powell ne se déplace donc pas sur le théâtre des opérations de sa propre armée. Les journalistes non plus, d’ailleurs.
Powell a délicatement rajouté que les Etats-Unis allaient montrer aux musulmans "toute la générosité" de son pays. Powell doit penser que les autochtones de ces régions paumées ne recevaient ni la télé ni la radio.
Les médias commerciaux ? Après le plat de résistance Irakien auquel ils n’ont pas touché, voici enfin arrivé leur dessert.
Et soudain, j’ai envie de vomir.
Allez, ne faites pas cette tête. Vous reprendrez bien un peu de Tsunami ?

Déjà 13 000 militaires US présents dans la zone sinistrée

Un premier groupe d'une quinzaine de Marines américains a atterri à Aceh, rejoignant les quelque 13.000 militaires américains déjà dans la zone.
"Nous n'avons amené qu'une petite partie des Marines pour aider l'organisation du flux logistique", a déclaré à l'AFP le sergent Robert Knoll, du 15e corps expéditionnaire des Marines, ajoutant: "Nous sommes toujours en phase d'évaluation".
Les Marines ont apporté notamment des équipements de purification de l'eau.
Sur la côte ouest de l'île de Sumatra, les hélicoptères Sea Hawks de l'US Navy convoient de l'aide aux populations.
Pour sa part, le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a poursuivi sa tournée dans la région sinistrée. Il a quitté Jakarta vendredi pour Colombo où il sera suivi par nombre de responsables internationaux, venus se rendre compte sur place de l'ampleur des dégâts du raz-de-marée au Sri Lanka, deuxième pays le plus touché d'Asie du sud. Plus de 30.000 personnes y ont péri.
Source : AFP, 7 janvier 2005

Chirurgie de guerre à Banda Aceh : amputations à la chaîne

Les blessés victimes du tsunami qui a frappé tout particulièrement l'Indonésie le 26 décembre dernier paient la lenteur des secours médicaux par des amputations.
Les blessures et fractures qui auraient pu être rapidement et correctement soignées si ces survivants avaient pu rejoindre plus tôt un hôpital de campagne s'infectent rapidement et les médecins, débordés, disent n'avoir d'autre recours que d'amputer leurs patients.
"Il faut choisir entre un membre et la vie", explique l'anesthésiste militaire australien Paul Luckin, qui ainsi opéré 25 personnes en six jours à Banda Aceh, la ville la plus touchée par la catastrophe.
"Nous faisons face à une progression rapide et massive des infections des membres", précise-t-il dans un de ces hôpitaux de fortune qui ont fleuri un peu partout ces six derniers jours dans cette zone.
"L'infection est parfois si grave que la solution est souvent d'amputer", souligne-t-il. Certains blessés subissent même plusieurs amputations. Parfois, c'est malheureusement trop tard et les cas les plus désespérés viennent alourdir le bilan de plus de 150.000 morts déjà recensés, pour les deux tiers en Indonésie.
La menace de septicémie est très présente et malgré l'afflux de l'aide médicale, les médecins risquent de manquer rapidement des médicaments nécessaires.
De nombreuses victimes sont évacuées par avions militaires vers la ville de Medan, dans le sud, mais aussitôt sont-ils partis que de nouveaux cas graves se présentent à des secouristes conscients de ne pouvoir sauver tous les blessés.
Source : Reuters, 7 janvier 2005

Par crainte des enlèvements, le Sri Lanka interdit l'adoption d'orphelins

Le Sri Lanka a interdit jusqu'à nouvel ordre l'adoption d'orphelins, craignant que certains enfants n'aient été enlevés après le passage des tsunamis en Asie du Sud, ont fait savoir des responsables du gouvernement jeudi.
Les Nations unies ont fait part de leur inquiétudes sur le sujet, expliquant que des gangs criminels pouvaient enlever ses enfants orphelins ou séparés de leurs parents par la tragédie pour les vendre à des esclavagistes.
Aucun cas de ce genre n'a toutefois été confirmé au Sri Lanka.
"L'adoption des enfants jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée est illégale", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Managala Samaraweera.
"Même un Sri Lankais ne peut adopter un enfant touché par cette catastrophe tant que le gouvernement n'aura pas présenté son programme", a-t-il ajouté.
"Même s'ils sont de la famille, ils ne peuvent emmener les enfants sans la permission du gouvernement."
Source : Reuters, 7 janvier 2005


On ne mélange pas les torchons avec les serviettes : pas de Blancs dans les fosses communes !

La Thaïlande a démenti catégoriquement vendredi que des victimes étrangères du tsunami aient été enterrées dans des fosses communes ou incinérées, plusieurs pays occidentaux lui ayant demandé des explications à ce sujet.
Le bilan des morts confirmées à été légèrement relevé 5.291, dont 2.510 étrangers. Celui des disparus a en revanche un peu reculé à à 3.570 personnes, dont 1.143 étrangers et 2.427 Thaïlandais.
"La politique du gouvernement thaïlandais est de ne rien faire avec les dépouilles des étrangers sans avoir obtenu l'accord de leurs familles", a déclaré à l'AFP Jakrapob Penkair, le porte-parole du gouvernement, "et tous les corps des étrangers sont dans des conteneurs" frigorifiques.
La confusion vient du fait que la presse locale a rapporté que des cadavres de victimes thaïlandaises étaient incinérés en plein air, les crématoires étant débordés, à la demande des familles, a assuré le porte-parole.
L'ambassadeur de Suède en Thaïlande, ainsi que les représentants d'Allemagne et des Pays-Bas ont demandé formellement jeudi à Bangkok des explications sur l'utilisation de fosses communes pour enterrer les victimes du tsunami, selon le ministère suédois des Affaires étrangères.
Les pays européens voudraient savoir si des corps de touristes y ont été enterrés et, s'ils l'ont été, si c'était de façon définitive ou en attendant l'identification des corps, a expliqué le représentant du ministère, Anders Ericsson.
La Suède, après la France, avait reçu l'assurance des autorités thaïlandaises qu'aucun de ses ressortissants ne serait incinéré, après avoir insisté sur la nécessité de l'identification de ses victimes.
Le Premier ministre britannique Tony Blair a également demandé aux pays sinistrés par le tsunami de ne pas enterrer les morts britanniques dans des fosses communes.
Le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw se trouvait à Phuket vendredi matin où il devait soulever cette question avec les responsables thaïlandais.
Il a annoncé que 49 Britanniques étaient morts et 391 toujours portés disparus dans les différents pays touchés de l'océan Indien. Le précédent bilan officiel était de 41 morts et au moins 158 disparus.
"Il est impossible de dire quel est le pays d'origine" de nombreux morts, a déclaré M. Straw lors d'une conférence de presse après une visite de la cellule de crise et de blessés britanniques dans un hôpital de Phuket.
Il a évoqué "l'angoisse de la longue incertitude pour de nombreuses familles" dans l'attente des résultats des analyses d'empreinte génétique visant à identifier les corps.
Un diplomate européen à Bangkok a estimé que la question des fosses communes "a été gonflée hors de proportion par certains pays européens".
"Il y a, semble-t-il, eu un malentendu" à ce sujet. Des cas isolés "ont pu arriver", a-t-il estimé, "mais par erreur. On n'a pas du tout le sentiment qu'il y a eu des directives données par le gouvernement".
Des responsables de la seule fosse commune de la région ont expliqué à l'AFP que les 700 à 800 dépouilles inhumées provisoirement sont toutes asiatiques, sauf quelques corps d'occidentaux enterrés "par erreur".
L'Australie ne semblait pas non plus nourrir de trop fortes inquiétudes à ce sujet.
"Nous avons reçu des assurances selon lesquelles la politique (du gouvernement thaïlandais) était de faire subir une procédure d'identification à tous les corps des étrangers", a dit l'ambassadeur d'Australie Bill Paterson.
Un expert fédéral australien des identifications, Karl Kent, a expliqué à l'AFP que les inhumations temporaires étaient conformes aux procédures internationales.
"C'était la décision la plus appropriée, et je soutiens" ce qui a été fait, dit-il, invoquant les risques sanitaires.
"Toutes ces personnes seront exhumées", a-t-il assuré, estimant à "des milliers" le nombre de cadavres dans des fosses communes, sans pouvoir risquer un chiffre plus précis.
Source : AFP, 7 janvier 2005

Après Jakarta, réunion à Bruxelles : vers une "Force de réaction rapide"

Les ministres européens des Affaires étrangères, de la Santé et du Développement se réunissent ce vendredi à Bruxelles pour évaluer les besoins des pays dévastés par le tsunami et étudier comment l'aide de l'UE à long terme peut être utilisée au mieux.
Jeudi, Bruxelles s'est engagée à verser 100 millions d'euros d'aide humanitaire, qui viennent s'ajouter aux 23 millions d'euros promis dans un premier temps. Les Vingt-Cinq entendent aussi allouer 350 millions d'euros à la reconstruction. La Banque européenne d'investissement pourrait accorder aux pays sinistrés des prêts à conditions avantageuses pour un montant d'un milliard d'euros.
"Nous pensons déjà à la reconstruction", a déclaré Françoise Le Bail, porte-parole de la Commission européenne, avant la réunion de vendredi. "Nous savons que ça coûtera énormément d'argent".
Ces derniers jours, les pays membres ont fait individuellement des promesses de dons de montants sans précédent. L'Allemagne, à elle seule, va donner 500 millions d'euros.
Parmi les projets que doivent étudier les ministres des Vingt-Cinq figure la création d'une force de réaction rapide humanitaire qui serait composée de médecins, d'infirmiers, d'ingénieurs, de militaires et d'humanitaires.
Cette idée n'est pas nouvelle mais "peut-être qu'avec cette catastrophe, nous serons capables d'avancer", a estimé Francoise Le Bail.
Source : AP, 7 janvier 2005


La honte pour les monarchies du Golfe

"On pourrait au moins verser l'équivalent du produit des ventes d'une journée de pétrole, soit 500 millions de $" : c'est ainsi que le journal saoudien As Soyasiya a commenté la décision honteuse des 4 principales monarchies pétrolières du Golfe de donner ensemble, en tout et pour tout, 85 misérables millions de $, soit moins que la petite Suède, qui, elle, n'a ni pétrole ni gaz comme sa voisine la Norvège. "C'est une honte", a commenté As Siyasiya. Et dire que le coureur de Formule 1 Kurt Schumacher a décidé de donner, à lui tout seul, 10 millions de $. On ne comprend pas l'attitude de l'Arabie, du Koweit et des Émirats, vu leurs liens stratégiques et humains avec l'Asie du Sud, dont des millions de ressortissants travaillent dans le Golfe et font tourner toute l'économie et les services.

Promesses d'argent et calculs politiques

La conférence internationale des donateurs aux pays victimes du séisme et du tsunami s'est déroulée ce jeudi 6 janvier à Jakarta. Au centre de la rencontre, la collecte et la distribution des dons internationaux.

Kofi Annan sollicite une aide d'urgence - AFP"Alors que les promesses d'aide affluent, les dirigeants de vingt-six pays et organisations internationales se sont retrouvés ce jeudi 6 janvier à Jakarta (Indonésie) pour un sommet mondial consacré à la crise qui a frappé les pays d'Asie du Sud", rapporte l'International Herald Tribune. A la veille de cette réunion, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, "a exhorté la communauté internationale à honorer ses promesses d'aide à destination des victimes des tsunamis qui ont frappés le Sud asiatique, faisant près de 150 000 morts", précise le quotidien.

"Des offres d'aide dont le montant ne cesse d'augmenter, pour approcher des 4 milliards de dollars", relève l'IHT. L'Australie arrive désormais en tête des donateurs, avec 764 millions de dollars, devant l'Allemagne dont l'aide atteint 660 millions de dollars. En tête du peloton, on retrouve également le Japon, avec 500 millions de dollars, et les Etats-Unis, avec 350 millions de dollars, apprend-on, toujours dans l'IHT, qui publie un tableau récapitulant les montants promis à l'ouverture de la conférence internationale. Dans l'immédiat, souligne le journal, Kofi Annan "sollicite une aide d'urgence d'un montant de près de 1 milliard de dollars pour satisfaire à court terme une liste de besoins bien précis".
The Jakarta Post de son côté fait l'éloge de "l'unité mondiale qui s'exprime face à cette catastrophe naturelle". Outre l'aide d'urgence, figurent à l'ordre du jour de la réunion de Jakarta la possibilité d'un moratoire sur la dette des pays touchés, ainsi que la mise en place d'un système régional d'alerte aux tsunamis, souligne le quotidien indonésien. Mais le journal partage également les craintes du secrétaire général des Nations unies qui, lors d'un entretien télévisé diffusé mercredi 5 janvier, a interpellé les pays donateurs en ces termes : "J'espère que tout l'argent promis sera effectivement versé."
Et le Jakarta Post d'enchaîner dans son éditorial : "On espère que le désir d'aider les victimes jouera un rôle dominant durant cette réunion qui ne devrait pas se réduire à une occasion pour les pays riches de montrer ­ du moins en public ­ qu'ils sont les plus généreux et les plus puissants." Dans un élan de fierté nationale, le quotidien indonésien poursuit : "Les gens qui sont venus pour aider ne doivent pas perdre de vue le respect des sentiments des gouvernements et des populations concernés. Peu importe à quel point leur soutien est désespérément attendu. Il serait inacceptable que leur aide soit servie avec des sermons et des leçons."
En termes de fierté nationale, The Australian n'est pas en reste. Il consacre son éditorial à l'énorme aide australienne : "Quand l'Asie a besoin de nous, nous sommes là." Le quotidien australien insiste sur l'aide fournie par les autorités australiennes et américaines, "dont les troupes travaillent conjointement dans des régions que même les troupes indonésiennes ont souvent du mal à atteindre. Le tsunami, qui a choqué le monde, a aussi contribué à le changer." The Australian poursuit en dressant un bilan commenté de l'aide internationale. Ainsi, l'Arabie Saoudite est critiquée pour "sa contribution pitoyable, s'élevant à quelque 30 millions de dollars. Où est passé le principe de la solidarité islamique internationale ?" En revanche, le Japon, "qui a immédiatement mobilisé son armée et promis 500 millions de dollars" a droit aux éloges de l'Australian. Le journal conclut sur un ton humanitaire : "Cette tragédie ne sera jamais oubliée. Le terrible tsunami est un moment historique pour la région. C'est aussi une occasion pour l'Australie de se redéfinir et se repositionner par rapport à nos amis et voisins dans la région."
Cet élan de générosité internationale sans précédent "semble refléter un mélange d'humanisme, d'intérêts servant les politiques étrangères, de contraintes financières et d'orgueil national", conclut l'International Herald Tribune.
Source : Courrier international, 6 janvier 2005


À lire : le tsunami vu par la presse asiatique, un dossier de l'hebdomadaire Courrier international n°740 du 6 janvier 2005, en vente dans tous les kiosques.


Tsunami, jour 12

Éditorial n° 2 - 6 janvier 2004

Premières leçons de l'après-tsunami

La grande vague venue de la mer a redonné visage humain aux damnés de la terre. Une gestion intelligente de la reconstruction pourrait contribuer à combler le fossé entre le Nord et le Sud

12 jours après le cataclysme qui a frappé durement la population et les rivages d'une quinzaine de pays riverains de l'Océan indien, plusieurs constations s'imposent pour alimenter la réflexion : Lire la suite

Solidarité paysanne internationale avec les communautés de pêcheurs et de paysans frappés par le tsunami

Via Campesina (= Voie paysanne) est un mouvement international qui coordonne des organisations de petits et moyens paysans, de travailleurs agricoles, de femmes rurales, de communautés indigènes d'Asie, d'Amériques, d'Europe et d'Afrique. En France, la Confédération paysanne en fait partie.
Via campesina est un mouvement indépendant de toute organisation politique, économique ou religieuse. Elle est composée par des organisations nationales ou régionales dont l'autonomie est respectée. Elle est structurée en 7 régions: Europe, Asie du nord-est et du Sud-est, Asie du Sud, Amérique du Nord-Caraïbes, Amérique centrale et Amérique du sud.
Via Campesina lance une initiative internationale pour recueillir des fonds afin de venir en aide aux communautés frappées par la catastrophe du raz-de-marée en Asie.
Via Campesina lance une campagne internationale de collecte de fonds en solidarité avec les communautés locales de pêcheurs et de paysans pour leur permettre de mettre en place leurs propres actions de secours et de reconstruction en s'appuyant sur les organisations locales.
Nous faisons appel à vos dons pour permettre dans un premier temps de répondre à l'urgence en fournissant une aide alimentaire, de l'eau potable, des abris et des médicaments aux familles de paysans et de pêcheurs frappées par le raz-de-marée et, dans un deuxième temps, leur offrir les moyens de reconstruire leur communautés et leurs moyens de subsistance.
Pour Via Campesina, les secours qui doivent être mis en place doivent impliquer activement les communautés paysannes et les communautés de pêcheurs. Les organisations locales doivent jouer un rôle de premier plan dans la mobilisation et la définition des actions à entreprendre. Via Campesina veut donner à ces communautés et à leurs organisations le support politique dont elles ont besoin pour obtenir les fonds nécessaires à cet effort de reconstruction. Les sommes que nous recueillerons dans le cadre de cette campagne seront destinées essentiellement à renforcer les communautés locales afin de leur permettre de jouer ce rôle clé.
Le succès des actions de secours entreprises par la société civile lors de catastrophes précédentes en Amérique latine, en Asie et en Afrique, contraste avec l'inefficacité des secours mis en place par les gouvernements. Ces actions concrètes ont souvent renforcé les organisations locales de la société civile en permettant à groupes jusque là marginaliser de prendre le contrôle de leur propre vie. Travaillons tous ensemble pour aider ceux frappés aujourd'hui, et faisons le d’une manière qui renforce les communautés paysannes et des communautés de pêcheurs.
Aux morts sans nombre, viennent s'ajouter les millions de personnes déplacées, et les centaines de milliers de personnes qui ont perdu leur maison, leur matériel de pêche, leurs outils agricoles. Les pêcheurs n'ont plus de barques ni de filets ; les paysans ont perdu leurs bêtes et leurs terres sont contaminées, leurs récoltes ont été détruites. Vos dons leur permettront de se relever peu à peu.


Exemples d'action qui sont déjà en cours :

-> En Indonésie, la fédération nationale indonésienne des organisations paysannes (FNIOP), membre de Via campesina, avec d’autres organisations non-gouvernementales de la société civile, a mis sur pied une équipe de secours qui travaille actuellement dans la région de Aceh où l’on dénombre plus de 25000 morts et des dizaines de milliers de blessés et de sans-abri, ainsi que dans le nord de Sumatra (cinq mille morts) ou d'une distribution de vivres ont commencé. L'équipe mise en place par la FNIOP participe au secours et à la recherche de personnes disparues.
-> Au Sri Lanka, pays le plus fortement touché par le tsunami, l'organisation nationale des pêcheurs (National Organization of Fisherfolk (NAFSO) a envoyé cinq équipes de secours dans les zones les plus durement frappées pour venir seconder les populations locales dans leurs efforts de reconstruction.

Faites un don sécurisé en ligne par carte bancaire :

https://secure.groundspring.org/dn/index.php?aid=4589

Si vous préférez faire un don par voie postale ou par transferts bancaires :

http://www.viacampesina.org/art_fr.php3?id_article=505


Pour lire d'autres nouvelles en provenance des pays affectés par le raz-de-marée :

http://www.viacampesina.org/art_fr.php3?id_article=506

Source : Via Campesina, 4 janvier 2005

06/01/05 - À Jakarta, faire-part de décès prématuré de la "coalition" de Bush, annonce d'un moratoire sur la dette des pays frappés par le tsunami, mobilisation d'un milliard de $ et création d'un système régional d'alerte

Ils étaient tous là ce matin à Jakarta : le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono, le Premier ministre japonais, Yunichiro Koizumi, son homologue chinois, Wen Jiabao, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ou encore le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell et bien sûr, Kofi Annan, le secrétaire général de l'ONU. Ce dernier a lancé un appel pour que les gros donateurs affectent près d'un milliard de dollars - sur les trois promis jusqu'ici - à des projets concrets immédiats de nature à répondre aux besoins de base des sinistrés durant les six mois à venir.
Le sommet, qui s'est ouvert sur une minute de silence à la mémoire des près de 150.000 morts, s'est conclu avec un accord sur la création d'un système d'alerte aux raz-de-marée dans l'océan Indien, dont l'absence a contribué à alourdir le bilan, selon les experts. La déclaration finale de la conférence salue également les initiatives portant sur un moratoire sur la dette des pays concernés.
La communauté internationale s'est engagée jusqu'à présent à verser environ quatre milliards de dollars d'aide sur plusieurs années tandis que les dons privés en provenance du monde entier s'élèvent à 630 millions de dollars.
Le ministre britannique des Finances, Gordon Brown, dont le pays assure la présidence du G7 en 2005, devrait faire savoir jeudi que Londres dispose du soutien de l'ensemble des sept pays les plus industrialisés du monde en vue d'un gel immédiat des remboursements de la dette des pays touchés.
Outre les 100 millions d'euros déjà promis, la Commission européenne s'est pour sa part engagée à verser 350 millions d'euros supplémentaires pour les pays sinistrés et à leur proposer des prêts à taux préférentiels pour un montant d'un milliard d'euros via la Banque européenne d'investissement.
Colin Powell, de son côté, a souligné que l'aide américaine devrait "selon toutes probabilités" dépasser les 350 millions de dollars déjà promis. Cette somme devrait être revue à la hausse "lorsque toutes les conséquences de cette terrible catastrophe auront mieux été évaluées", a-t-il dit.
La déclaration la plus spectaculaire de ce sommet-express aura été la déclaration de Colin Powell, annonçant la mort, après une semaine d'existence virtuelle, de la "coalition" annoncée par Bush depuis le ranch texan où il passe le plus clair de son temps. « La coalition a contribué à canaliser la réaction internationale", a souligné Powell. "Ayant atteint son objectif, elle va (...) désormais se fondre dans les efforts de coordination menés plus largement par les Nations unies.» Reste à savoir si les moyens militaires déployés par les USA dans la région seront mis à dispositin des Nations Unies.
Sources : agences de presse


Le plan de l'ONU

 

Le plan de l'ONU, explicité dans un rapport de 95 pages, ira essentiellement au bénéfice de l'Indonésie (371 millions de dollars), du Sri Lanka (167 millions de dollars), des îles Maldives (66,6 millions de dollars), des Seychelles (8,9 millions de dollars), de la Somalie (10 millions de dollars). Le reste sera réparti à travers la région touchée.
Les projets spécifiques prévus se répartiront comme suit :
222 millions de dollars pour des abris et produits non alimentaires
214,7 millions pour des vivres
143 millions pour la logistique et la coordination (transport, communications)
121,7 millions pour la santé
109,7 millions pour le redressement économique et les infrastructures
60,8 millions pour l'eau et le système sanitaire
29,7 millions pour des besoins multi-sectoriels
27 millions pour l'éducation
27 millions pour les droits de l'homme
14 millions pour l'agriculture
4,2 millions pour éradiquer les mines au Sri Lanka
3 millions pour la sécurité.
Source : Reuters, 6 janvier 2005

L'inde fait ses comptes

 

L'Inde a continué jeudi à faire face seule à la catastrophe provoquée le long de ses côtes par les raz-de-marée du 26 décembre, qui a coûté selon ses estimations au moins 1,18 milliard de dollars.
Les raz-de-marée ont tué en Inde au moins 9.718 personnes, selon des données officielles. Presque 400.000 personnes sont encore hébergées dans des camps, pour la plupart dans le sud de l'Inde.
Plus de 6.000 autres restent portées disparues et présumées mortes par les autorités locales, pour la plupart dans les archipels des Andaman et Nicobar à 1.000 km à l'est du continent indien, où 30 des 38 îles habitées ont été affectées par le tsunami.
En Inde continentale, les vagues géantes ont touché plus de 2.200 km de côtes, essentiellement dans le sud-est et le sud, et presque 900 villages, pour l'essentiel de pêcheurs.
"Les estimations préliminaires des pertes financières totales dans les Etats d'Inde continentale du Tamil Nadu, Andhra Pradesh, Kerala et dans l'enclave de Pondichéry sont d'1,18 milliard de dollars", a annoncé jeudi le ministère dans un communiqué.
L'Etat du Tamil Nadu (sud), le plus touché par la catastrophe avec plus de 7.900 morts, compte presque pour moitié dans cette somme avec 581 millions de dollars de pertes estimées.
Source : AFP, 6 janvier 2005

 

Alerte au trafic d'orphelins

Dix jours après le raz-de-marée dans l'océan Indien, un nouveau risque est apparu pour des victimes très exposées : le trafic d'orphelins. L'Unicef et l'Indonésie se mobilisent.
Les Nations unies ont annoncé hier qu'elles se mobilisaient, notamment avec l'Indonésie, contre le risque de trafics d'enfants orphelins dans la province d'Aceh (nord de l'Indonésie), où le raz-de-marée du 26 décembre a fait plus de 90 000 morts. Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) va ouvrir avec le gouvernement indonésien une bonne vingtaine de centres à travers toute la province afin d'enregistrer les dizaines de milliers de jeunes orphelins ou sans abri. Le gouvernement indonésien estime que 35 000 enfants sont orphelins, sans abri ou séparés de leurs parents à Aceh. En début de semaine, le gouvernement indonésien a interdit les adoptions, alors que des témoignages faisaient état de trafic d'enfants. Le vice-président Yussuf Kalla a indiqué que les enfants seraient placés dans des orphelinats gérés par le gouvernement, des fondations islamiques ou des écoles musulmanes. Le directeur de la police judiciaire indonésienne, le commissaire général Suyitno Landung, assure que ses services prennent la question très au sérieux : « Nous avons déployé des officiers dans les centres de secours pour collecter des données sur les enfants », a-t-il déclaré hier. Un responsable de l'Unicef sur place, John Budd, a fait état du cas confirmé d'un enfant enlevé à Aceh et emmené à Medan, la capitale de la province de Sumatra Nord, déjà connue comme centre de trafic d'enfants. Selon lui, le bureau de l'Unicef en Malaisie a également reçu mardi un SMS indiquant que 300 orphelins d'Aceh, âgés de 3 à 10 ans, étaient à vendre. « Cela fait frémir. Cela signifie qu'ils ont déjà des enfants ou au moins un réseau dans lequel sont identifiés des enfants, dont ils peuvent facilement s'emparer », a souligné John Budd. Le commissaire européen à la Coopération et à l'Aide humanitaire, le Belge Louis Michel, a admis hier soir qu'il y existait un « risque » en la matière, mais affirmé qu'il n'y avait « pas de preuves pour le moment » de trafic d'enfants.
Source : AFP, 6 janvier 2005

 

Tsunami, jour 11

Les dons privés US dépassent les 200 millions de $. Record individuel : Sandra Bullock, 1 million

Ainsi donc, la société civile US risque de donner plus que le gouvernement de Washington pour l'aide aux victimes du tsunami et le travail de réhabilitation. Bush = Oncle Picsou. Lire ci-dessous l'article de Marco d'Eramo.

Colin Powell vend la mèche : l'aide aux victimes du tsunami entre dans la "guerre contre le terrorisme.

Il s'agit d'étouffer dans l'oeuf la prolifération de "révoltes de destruction massive" et la lnaissance d'une confédération de tribus de Ouled tsunami. Voilà ce qui explique que les USA ont retrouvé leurs bonnes vieilles bases militaires en Thaïlande, celles qui leur ont servi pendant la guerre du Vietnam. Et pourquoi, ils ont engagé 90 hélicoptères dans les "secours".

En tournée officielle en Thaïlande, en Indonésie et au Sri-Lanka, Colin Powell, qui s'agite beaucoup avant de quitter ses fonctions à Washington, a visité Aceh mercredi. Dans une conférence de presse à Jakarta, il a eu ces mots historiques :
« Nous espérons que grâce à nos efforts d'aide, les gens vont voir que les USA sont engagés dans l'aide à ceux qui sont dans la pauvreté [NDLR : en effet, on a beacup de doutes à ce sujet]. Dans ces conditions, nous pensons qu'il est moins probable que les terroristes vont trouver un terrain fertile. Ce travail d'aide soutient non seulement nos intérêts de sécurité nationale, mais aussi ceux des pays impliqués.» Au moins, ça a le mérite d'être clair. On sent qu'il va y avoir du sport à la grande conférence internationale qui aura lieu jeudi 6 janvier à Jakarta. Powell va-t-il essayer de vendre la "coalition" proposée par Bush ? Gageons qu'il trouvera peu d'acheteurs. Décidémment les Yankees ne se refont pas.


Dernier bilan officiel des victimes par pays

Voici le dernier bilan officiel, à la date du 4 janvier 2005, du nombre de victimes recensées du tsunami du 26 décembre 2004 :

Autochtones

Afrique de l'Est (Kénya, Seychelles, Somalie, Tanzanie et Madagascar ) : 137 - Bangladesh : 2 - Birmanie (Myanmar) : 59 - Inde : 15 160 (dmorts ou présumés morts) - Indonésie : 94 081 - Malaysia : 74 - Maldives :74 - Sri Lanka : 30 196 - Thaïlande : 5 246

Total : 145 029

Touristes étrangers

Au moins 9 000 touristes étrangers sont portés disparus, dont au moins 1 500 Suédois et 500 Suisses. Les autorités suisses ont admis dans la tristesse mardi que les 500 Suisses disparus ne reviendraient certainement pas. Bref, ils sont morts. Mais le mot a du mal à sortir. Auraient-ils peur de mourir à ce point, que le mot "mort" en est devenu un tabou?

Voici les chiffres des victimes recensées au 4 janvier 2005 :
Allemagne 60 - Autriche 10 - Australie 14 - Belgique 6 - Brésil 2 - Canada 5 - Chine 1 - Corée du Sud 11 - Croatie 1 - Danemark 7 - Espagne 11 - Finland 1 - France 22 - Grande-Bretagne 40 - Grèce 9 - Hong Kong 8 - Hongrie 20 - Irlande 20 - Islande 11 - Israël 4 - Italie 18 - Japon 22 - Luxembourg 2 - Mexique 15 - Nouvelle-Zélande 1 - Norvège 16 - Pays-Bas 6 - Pologne 4 - Portugal 8 - Russie 2 - Singapour 9 - Sweden 52 - Switzerland 23 - Taiwan 1 - République tchèque 1 - Turquie 1 - USA 15

Total : 370

Les sales histoires du tsunami

Viols et enlèvements après le tsunami, qui n'a pas balayé tous les pédocriminels

Survivre à un phénomène naturel extrêmement violent. Perdre sa famille, définitivement, ou temporairement. Se retrouver, dans un hôpital ou dans un camp, blessé, ou loin des siens. Et être abusé, par des gens qui profitent des circonstances pour exercer leur puissance, en l'occurrence sexuelle, sur les plus faibles : voilà le portrait alarmant des suites du tsunami en Asie du Sud-Est. Un jeune Suédois de douze ans, Kristian Walker, pourrait ainsi avoir été la cible d'un pédophile. Alors qu'il figurait parmi les blessés d'un hôpital thaïlandais, le petit garçon a mystérieusement disparu. L'homme avec qui il aurait pu partir a été décrit comme « d'apparence européenne, avec une moustache et une chemise rouge ». Le père et le grand-père de l'enfant, les polices thaïlandaise et suédoise travaillent ensemble pour retrouver Kristian. Dimanche, Raedda Barnen, la branche suédoise de l'organisation non gouvernementale Save the Children, avait averti que les enfants, laissés seuls après une catastrophe de cette ampleur, étaient des victimes potentielles de pédophiles. « L'expérience a montré que les enfants étaient particulièrement vulnérables », a déclaré la responsable de Raedda Barnen, Charlotte Petri Gornitzka. Selon elle, des indications laissent à penser que des enfants survivants ont été abusés sexuellement au Sri Lanka, un des pays les plus touchés par le raz de marée de la semaine dernière. Dans les camps sri lankais, des rumeurs persistantes attestent de viols sur des femmes. De quoi laisser un goût terrible dans la bouche, construit de tristesse, de colère, et d'amertume.
par Caroline Constant, L'Humanité, 5 janvier 2005


Les belles histoires du tsunami

Tilly Smith, héroïne de 10 ans

La vérité, dit-on, sort de la bouche des enfants. Une fillette britannique de 10 ans, qui avait étudié le phénomène des raz-de-marée à l`école, a sauvé la vie à une centaine de touristes il y a une semaine en Thaïlande après avoir compris, devant l`important reflux de l`océan, qu`un tsunami se préparait, a indiqué Reuters.
"J`étais sur la plage quand la mer a commencé à être bizarre", a raconté Tilly Smith au journal The Sun.
"Il y avait des bulles et la mer s`est brusquement retirée. J`ai compris ce qui se passait et j`ai senti qu`il allait y avoir un tsunami. Je l`ai dit à maman.".
Alors que les autres touristes restaient incrédules face à l`étrange phénomène, Tilly a pris conscience du danger. Quinze jours plus tôt, elle avait présenté à l`école un exposé sur les vagues géantes provoquées par les séismes sous-marins. Grâce à l`avertissement de la fillette, la plage de Maikhao a été évacuée quelques minutes avant le déferlement du tsunami.
Elle a ainsi été l`un des rares sites de l`île de Phuket à ne compter aucun mort.
Le professeur de Tilly, Andrew Kearney, a félicité son élève.
"Tilly est très vive d`esprit, elle a la tête sur les épaules. (...) C`est une coïncidence incroyable que notre classe ait étudié ce type de tsunami deux semaines avant Noël", a-t-il expliqué au quotidien.


Souvenir du temps des colonies

"Miracle français" à Pondichéry, en Inde


Les plus mystiques pensent qu'une intervention divine a sauvé Pondichéry de la destruction le 26 décembre. Mais les petits vendeurs du front de mer assurent que c'est un miracle français.
Beaucoup pensent que l'héritage de l'ancien Comptoir des Indes a préservé la ville du désastre: l'imposante digue de rochers construite sous l'empire colonial français et son port naturel en eaux profondes ont protégé le centre historique de Pondichéry, resté indemne malgré l'assaut de vagues dépassant la normale de plus de sept mètres.
"L'eau a monté rapidement, jusqu'à la route principale", raconte M. Keshavan, 23 ans, qui vend des mangues et des chips aux touristes se baladant sur la jetée. Il désigne un muret d'un demi-mètre, qui borde la promenade au sommet de la muraille de pierres: "elle s'est arrêtée là".
Le tsunami qui a frappé la côte sud-est de l'Inde le 26 décembre a tué 600 personnes à Pondichéry, pour la plupart des pêcheurs qui vivaient dans des villages voisins.

"Pondichéry a été protégé par la jetée", explique S. Subramanian, le directeur de l'office du tourisme, dont le bureau est situé sur l'avenue Goubert, la promenade au-dessus de la muraille. Seuls les villages de pêcheurs et les plages situées de part et d'autre de la digue ont été endommagés.
Le drapeau français a flotté pendant plus de deux siècles et demi sur cette ville de plus de 300.000 habitants, dans une tentative pour contrebalancer la colonisation britannique des Indes entamée au XVIIe siècle. Exception française en Inde, Pondichéry a gardé de ce passé l'architecture élégante, les noms de rue, comme la Rue Dumas, les képis rouges des policiers, la langue, toujours enseignée dans les écoles et son Quartier français.


La digue de Pondichéry

La digue a été achevée en 1735. Au cours des ans, les Français ont continué de la fortifier, empilant des gros rochers le long des deux kilomètres de la muraille pour prévenir l'érosion causée par les vagues.
La digue surplombe d'environ neuf mètres le niveau de la mer, et certains des rochers noircis et brunis par la mer pèsent plus d'une tonne. Chaque année, la muraille est inspectée. Quand des trous apparaissent ou quand les rochers s'enfoncent dans le sable, les autorités en rajoutent pour la maintenir, explique M. Subramanian.
Le 26 décembre, quand les vagues ont attaqué le rivage, la digue a tenu. L'océan est revenu à la charge à deux reprises avant de se calmer, raconte le vendeur du front de mer.
Mais la profondeur du port a joué aussi un rôle important. Le brusque à-pic sous-marin se transforme en "mur" qui casse les vagues avant qu'elles ne viennent frapper les rochers. L'eau monte quand même, mais sans les vagues puissantes qui ne peuvent se former que lorsque le fond s'élève en pente douce de l'océan à la plage.
Mais à Pondichéry, tout le monde ne croit pas que la digue a sauvé la ville. Au coeur du Quartier français se trouve l'ashram (retraite religieuse), fondée en 1926 par le gourou indien Sri Aurobindo, un révolutionnaire anti-colonial devenu philosophe et religieux. L'ashram attire des pèlerins du monde entier et ses dévots attribuent le salut de la ville à Aurobindo et son épouse d'origine française, qu'ils surnomment la Mère.
"Je suis sûr que vous ne le croirez pas, mais c'est la Mère qui a protégé la ville", assure S. Ramanathan, un vieux dévot qui vit et travaille à l'ashram. "Je vis dans un endroit très protégé, alors nous n'avons pas du tout été touchés par le tsunami".
Source : Chris Tomlinson, Associated Press, 4 janvier 2005


La colère de Bouddha a épargné des musulmans

Un moine bouddhiste du Sri Lanka interviewé sur France 3 a expliqué que la perversité de la population était responsable de la colère de Bouddha. Dans le même reportage, la commentatrice a expliqué que les enfants des musulmans sri-lankais avaient été presque tous épargnés, en tout cas ceux qui se trouvaient dans les madrasas (écoles coraniques), a l'heure du Tsunami. À chacun de tirer ses conclusions, selon ses croayances.


Pourquoi le tsunami a épargné la base militaire US de Diego Garcia

Quibla posait heir la question de savoir si le tsunami avait frappé la base militaire US située sur l'île britannique de Diego Garcia, dans l'Océan indien, où se trouvent plus de 4 000 militaires et employés civils US. On suppose que la base contient une prison secrète, où seraient détenus un certain nombre de suspects de terrorismes capturés aux 4 coins du monde. En quelque sorte un "guantanamo bis". Et bien, Diego Garcia a été totalement épargnée par le tsunami, pour une raison tout à fait naturelle.
En effet, l'Archipel des Chagos, dont fait partie Diego Garcia est constitué d'atolls situés à l'ouest de la Tranchée des Chagos, un canyon sous-marin qui court selon un axe Nord-Sud sur 650 kilomètres et est l'une des zones les plus prfondes de l'Océan indien. Résultat : le tsunami ne peut s'y former. le seul effet constaté a été une montée de la marée d'1 m 80. De plus, Diego Garcia se trouvait à 3 200 km de l'épicentre du séisme, situé près des îles indiennes d'Andaman et Nicobar, qui ont, elles, été très durement frappées. Enfin, la base est entourée d'un port en eaux profondes pouvant abriter des destroyers et des sous-marins, ce qui sans doute aussi atténué les effets de la marée.
Ainsi donc, Diego Garcia peut enfin remplir une fonction utile : servir de base d'appui à l'acheminement de secours US vers les pays frappés par le tsunami. Elle dispose en effet d'une piste d'atterrissage de 3,2 km qui permet l'atterrissage et le décollage des plus gros avions porteurs. C'est pourquoi, elle a servi de base pour les bombardiers B2 qui ont bombardé l'Iraq en 2003. Mais cette fois-ci, ce sont des sacs de farine et de sucre qui remplaceront les bombes à fragmentation.

Oncle Picsou et le tsunami

États unis et très radins
par Marco d'Eramo, Il Manifesto, Rome, 2 janvier 2004. Original :
http://abbonati.ilmanifesto.it/Quotidianoi-archivio/02-Gennaio-2005/art23.php3
Traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio

L'auteur est journaliste, diplômé en physique (Rome) puis sociologie à l'EHESS, élève de Pierre Bourdieu ; il a été correspondant de plusieurs journaux italiens aux USA et écrit depuis plusieurs années notamment des études sociologiques dans Il Manifesto. Auteur de plusieurs essais sur les États-Unis dont : Via dal vento. Viaggio nel profondo sud degli Stati Uniti (Manifestolibri, août 2004 : Autant en emporte le vent. Voyage dans le sud profond des États-Unis, en cours de traduction). Il vit actuellement à New York. (Note de la traductrice)

D'abord 15 millions de dollars généreusement offerts comme aides par Bush, ajustés ensuite à 35 et maintenant 350 : autant qu'un jour d'occupation en Irak. Bush, oncle Picsou. Le président US ressemble à l'oncle de Donald Duck, immensément riche et avare. Mais au moins le personnage de Disney était sympathique.
Coca Cola et Nike : Coca Cola a offert 15 millions de dollars, comme Pfizer (ceux du Viagra). Nike, qui est comme à la maison dans ces pays-là, encore mieux : 1 (un) million de dollars.

Dans les albums de Mickey qu'on lisait quand on était gosses, Oncle Picsou était avare, oui, mais quand même il ne nous paraissait pas aussi cruel, tranquillement inhumain comme se présente au contraire au monde le canard en chair et en os qui domine la planète. Mais Walt Disney ne pouvait pas prévoir que son personnage, toujours en train de plonger dans une piscine pleine de pièces d'or, aurait préfiguré l'empire le plus puissant et le plus pingre de la planète. Celui qui a utilisé le terme « pingre » (stingy), il y a quelques jours, c'est Jan Egeland, le coordinateur pour les urgences aux Nations Unies : il faisait référence aux munificentes oboles que les nations occidentales sont en train d'octroyer aux pays asiatiques dévastés par le tsunami à Noël. Au départ, le président des États-Unis Georges W. Bush a fièrement annoncé une aumône de 15 millions de dollars (11 millions d'euros). Après l'accusation de pingrerie, faisant un effort sur lui-même, il a délié les cordons de la bourse jusqu'à un petit pécule prodigue de 35 millions de dollars (27 millions d'euros). Le fait est que l'Irak coûte aux États-Unis entre 200 et 300 millions de dollars par jour ! La générosité de la Maison-Blanche, son conservatisme compassionnel, affectait donc l'équivalent du coût de trois heures d'occupation de l'Irak. Mais les polémiques ne s'arrêtaient pas et Bush a-t-il ainsi relancé ­« cette fois je regarde pas à la dépense »- jusqu'à 350 millions de dollars, à peine plus qu'un jour d'occupation. Mais ce n'est pas la seule comparaison qui crie vengeance contre la mer. Les organisateurs des festivités pour la réinstallation de Bush à la Maison-Blanche, le 20 janvier prochain, s'étaient fixés l'objectif de recueillir 40-50 millions de dollars de fonds. Les premières offres américaines équivalaient donc un tiers du coût des dons : qui ne suffisait même pas à payer les serveurs (dont nombre d'entre eux viennent selon toute probabilité de l'Asie du sud-est). Avec la dernière offre on paye sept festivités, mois seulement en économisant sur le champagne. Ce n'est pas fini. Les candidats aux élections présidentielles de novembre dernier ont récolté plus d'un milliard de dollars pour leur campagne, pour des réunions, affichages, spot télé et radio : le triple de ce que les États-Unis promettent aux cinq millions de réfugiés et aux parents des 150 000 morts. C'est vrai que les pêcheurs du Tamil Nadu ne votent pas dans l'Ohio. D'autre part parmi les disparus du tsunami, il y a aussi tous les représentants du parti démocrate. Peut-être n'étaient-ils pas en vacance à Pukhet, mais il est certain que depuis que cette tragédie s'est abattue sur l'humanité, ils brillent de modestie, silence et componction : pas un mot de ce John Kerry qui se promettait pugnace au lendemain de la défaite : « la lutte continue ! », c'est peut-être qu'il est au ski, en ce moment. Disaparecido aussi son associé, le coquet John Edwards qui aurait pourtant l'occasion ici de constater que non seulement il y a « les deux Amériques » (c'était son slogan pendant la campagne) mais il y a aussi « les deux humanités », celle dont la mort en masse ne compte pour rien, l'autre dont chaque vie est précieuse et a un nom et un prénom. Silence de Hillary Rodham Clinton, et de son (ex ?) mari. Silence aussi de Terry McAuliffe le très puissant (ex) coordinateur de la bruyante défaite électorale de Kerry. Pas de protestation non plus contre l'avarice gouvernementale de l'astre naissant de la politique démocrate, le nouveau sénateur de l'Illinois, Barack Obama , fils d'un africain et d'une blanche de l'Iowa. Irepérable aussi, jusqu'à présent, même Ralph Nader qui continue à écrire sa rubrique hebdomadaire In the public interest (consultable sur le site Commondreams.org). Il ne semble pas non plus que Michael Moore soit en train de projeter un nouveau documentaire sur Aceh et les Andamannes. Sur le front républicain, on comprend la réserve du taciturne (de toutes façons) Dick Cheney, étant donné que le tsunami n'a pas touché les intérêts de Halliburton ni des grandes compagnies pétrolières. Silence modeste aussi de Ronald Rumsfeld, ministre de la Défense (mais on ne sait pas pour combien de temps encore) et responsable de la gestion de 450 milliard