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Tsunami
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Un premier groupe d'une
quinzaine de Marines américains a atterri à Aceh,
rejoignant les quelque 13.000 militaires américains déjà
dans la zone.
"Nous n'avons amené qu'une petite partie des Marines
pour aider l'organisation du flux logistique", a déclaré
à l'AFP le sergent Robert Knoll, du 15e corps expéditionnaire
des Marines, ajoutant: "Nous sommes toujours en phase d'évaluation".
Les Marines ont apporté notamment des équipements
de purification de l'eau.
Sur la côte ouest de l'île de Sumatra, les hélicoptères
Sea Hawks de l'US Navy convoient de l'aide aux populations.
Pour sa part, le secrétaire d'Etat américain Colin
Powell a poursuivi sa tournée dans la région sinistrée.
Il a quitté Jakarta vendredi pour Colombo où il sera
suivi par nombre de responsables internationaux, venus se rendre
compte sur place de l'ampleur des dégâts du raz-de-marée
au Sri Lanka, deuxième pays le plus touché d'Asie
du sud. Plus de 30.000 personnes y ont péri.
Source : AFP, 7 janvier 2005
Les blessés victimes
du tsunami qui a frappé tout particulièrement l'Indonésie
le 26 décembre dernier paient la lenteur des secours médicaux
par des amputations.
Les blessures et fractures qui auraient pu être rapidement
et correctement soignées si ces survivants avaient pu rejoindre
plus tôt un hôpital de campagne s'infectent rapidement
et les médecins, débordés, disent n'avoir d'autre
recours que d'amputer leurs patients.
"Il faut choisir entre un membre et la vie", explique
l'anesthésiste militaire australien Paul Luckin, qui ainsi
opéré 25 personnes en six jours à Banda Aceh,
la ville la plus touchée par la catastrophe.
"Nous faisons face à une progression rapide et massive
des infections des membres", précise-t-il dans un de
ces hôpitaux de fortune qui ont fleuri un peu partout ces
six derniers jours dans cette zone.
"L'infection est parfois si grave que la solution est souvent
d'amputer", souligne-t-il. Certains blessés subissent
même plusieurs amputations. Parfois, c'est malheureusement
trop tard et les cas les plus désespérés viennent
alourdir le bilan de plus de 150.000 morts déjà recensés,
pour les deux tiers en Indonésie.
La menace de septicémie est très présente et
malgré l'afflux de l'aide médicale, les médecins
risquent de manquer rapidement des médicaments nécessaires.
De nombreuses victimes sont évacuées par avions militaires
vers la ville de Medan, dans le sud, mais aussitôt sont-ils
partis que de nouveaux cas graves se présentent à
des secouristes conscients de ne pouvoir sauver tous les blessés.
Source : Reuters, 7 janvier 2005
Le Sri Lanka a interdit
jusqu'à nouvel ordre l'adoption d'orphelins, craignant que
certains enfants n'aient été enlevés après
le passage des tsunamis en Asie du Sud, ont fait savoir des responsables
du gouvernement jeudi.
Les Nations unies ont fait part de leur inquiétudes sur le
sujet, expliquant que des gangs criminels pouvaient enlever ses
enfants orphelins ou séparés de leurs parents par
la tragédie pour les vendre à des esclavagistes.
Aucun cas de ce genre n'a toutefois été confirmé
au Sri Lanka.
"L'adoption des enfants jusqu'à ce qu'une solution soit
trouvée est illégale", a déclaré
le porte-parole du gouvernement, Managala Samaraweera.
"Même un Sri Lankais ne peut adopter un enfant touché
par cette catastrophe tant que le gouvernement n'aura pas présenté
son programme", a-t-il ajouté.
"Même s'ils sont de la famille, ils ne peuvent emmener
les enfants sans la permission du gouvernement."
Source : Reuters, 7 janvier 2005
La Thaïlande a
démenti catégoriquement vendredi que des victimes
étrangères du tsunami aient été enterrées
dans des fosses communes ou incinérées, plusieurs
pays occidentaux lui ayant demandé des explications à
ce sujet.
Le bilan des morts confirmées à été
légèrement relevé 5.291, dont 2.510 étrangers.
Celui des disparus a en revanche un peu reculé à à
3.570 personnes, dont 1.143 étrangers et 2.427 Thaïlandais.
"La politique du gouvernement thaïlandais est de ne rien
faire avec les dépouilles des étrangers sans avoir
obtenu l'accord de leurs familles", a déclaré
à l'AFP Jakrapob Penkair, le porte-parole du gouvernement,
"et tous les corps des étrangers sont dans des conteneurs"
frigorifiques.
La confusion vient du fait que la presse locale a rapporté
que des cadavres de victimes thaïlandaises étaient incinérés
en plein air, les crématoires étant débordés,
à la demande des familles, a assuré le porte-parole.
L'ambassadeur de Suède en Thaïlande, ainsi que les représentants
d'Allemagne et des Pays-Bas ont demandé formellement jeudi
à Bangkok des explications sur l'utilisation de fosses communes
pour enterrer les victimes du tsunami, selon le ministère
suédois des Affaires étrangères.
Les pays européens voudraient savoir si des corps de touristes
y ont été enterrés et, s'ils l'ont été,
si c'était de façon définitive ou en attendant
l'identification des corps, a expliqué le représentant
du ministère, Anders Ericsson.
La Suède, après la France, avait reçu l'assurance
des autorités thaïlandaises qu'aucun de ses ressortissants
ne serait incinéré, après avoir insisté
sur la nécessité de l'identification de ses victimes.
Le Premier ministre britannique Tony Blair a également demandé
aux pays sinistrés par le tsunami de ne pas enterrer les
morts britanniques dans des fosses communes.
Le ministre britannique des Affaires étrangères Jack
Straw se trouvait à Phuket vendredi matin où il devait
soulever cette question avec les responsables thaïlandais.
Il a annoncé que 49 Britanniques étaient morts et
391 toujours portés disparus dans les différents pays
touchés de l'océan Indien. Le précédent
bilan officiel était de 41 morts et au moins 158 disparus.
"Il est impossible de dire quel est le pays d'origine"
de nombreux morts, a déclaré M. Straw lors d'une conférence
de presse après une visite de la cellule de crise et de blessés
britanniques dans un hôpital de Phuket.
Il a évoqué "l'angoisse de la longue incertitude
pour de nombreuses familles" dans l'attente des résultats
des analyses d'empreinte génétique visant à
identifier les corps.
Un diplomate européen à Bangkok a estimé que
la question des fosses communes "a été gonflée
hors de proportion par certains pays européens".
"Il y a, semble-t-il, eu un malentendu" à ce sujet.
Des cas isolés "ont pu arriver", a-t-il estimé,
"mais par erreur. On n'a pas du tout le sentiment qu'il y a
eu des directives données par le gouvernement".
Des responsables de la seule fosse commune de la région ont
expliqué à l'AFP que les 700 à 800 dépouilles
inhumées provisoirement sont toutes asiatiques, sauf quelques
corps d'occidentaux enterrés "par erreur".
L'Australie ne semblait pas non plus nourrir de trop fortes inquiétudes
à ce sujet.
"Nous avons reçu des assurances selon lesquelles la
politique (du gouvernement thaïlandais) était de faire
subir une procédure d'identification à tous les corps
des étrangers", a dit l'ambassadeur d'Australie Bill
Paterson.
Un expert fédéral australien des identifications,
Karl Kent, a expliqué à l'AFP que les inhumations
temporaires étaient conformes aux procédures internationales.
"C'était la décision la plus appropriée,
et je soutiens" ce qui a été fait, dit-il, invoquant
les risques sanitaires.
"Toutes ces personnes seront exhumées", a-t-il
assuré, estimant à "des milliers" le nombre
de cadavres dans des fosses communes, sans pouvoir risquer un chiffre
plus précis.
Source : AFP, 7 janvier 2005
Les ministres européens
des Affaires étrangères, de la Santé et du
Développement se réunissent ce vendredi à Bruxelles
pour évaluer les besoins des pays dévastés
par le tsunami et étudier comment l'aide de l'UE à
long terme peut être utilisée au mieux.
Jeudi, Bruxelles s'est engagée à verser 100 millions
d'euros d'aide humanitaire, qui viennent s'ajouter aux 23 millions
d'euros promis dans un premier temps. Les Vingt-Cinq entendent aussi
allouer 350 millions d'euros à la reconstruction. La Banque
européenne d'investissement pourrait accorder aux pays sinistrés
des prêts à conditions avantageuses pour un montant
d'un milliard d'euros.
"Nous pensons déjà à la reconstruction",
a déclaré Françoise Le Bail, porte-parole de
la Commission européenne, avant la réunion de vendredi.
"Nous savons que ça coûtera énormément
d'argent".
Ces derniers jours, les pays membres ont fait individuellement des
promesses de dons de montants sans précédent. L'Allemagne,
à elle seule, va donner 500 millions d'euros.
Parmi les projets que doivent étudier les ministres des Vingt-Cinq
figure la création d'une force de réaction rapide
humanitaire qui serait composée de médecins, d'infirmiers,
d'ingénieurs, de militaires et d'humanitaires.
Cette idée n'est pas nouvelle mais "peut-être
qu'avec cette catastrophe, nous serons capables d'avancer",
a estimé Francoise Le Bail.
Source : AP, 7 janvier 2005
"On pourrait au moins verser l'équivalent du produit des ventes d'une journée de pétrole, soit 500 millions de $" : c'est ainsi que le journal saoudien As Soyasiya a commenté la décision honteuse des 4 principales monarchies pétrolières du Golfe de donner ensemble, en tout et pour tout, 85 misérables millions de $, soit moins que la petite Suède, qui, elle, n'a ni pétrole ni gaz comme sa voisine la Norvège. "C'est une honte", a commenté As Siyasiya. Et dire que le coureur de Formule 1 Kurt Schumacher a décidé de donner, à lui tout seul, 10 millions de $. On ne comprend pas l'attitude de l'Arabie, du Koweit et des Émirats, vu leurs liens stratégiques et humains avec l'Asie du Sud, dont des millions de ressortissants travaillent dans le Golfe et font tourner toute l'économie et les services.
La conférence internationale des donateurs aux pays victimes du séisme et du tsunami s'est déroulée ce jeudi 6 janvier à Jakarta. Au centre de la rencontre, la collecte et la distribution des dons internationaux.
Kofi Annan sollicite une aide d'urgence - AFP"Alors que les promesses d'aide affluent, les dirigeants de vingt-six pays et organisations internationales se sont retrouvés ce jeudi 6 janvier à Jakarta (Indonésie) pour un sommet mondial consacré à la crise qui a frappé les pays d'Asie du Sud", rapporte l'International Herald Tribune. A la veille de cette réunion, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, "a exhorté la communauté internationale à honorer ses promesses d'aide à destination des victimes des tsunamis qui ont frappés le Sud asiatique, faisant près de 150 000 morts", précise le quotidien.
"Des offres d'aide
dont le montant ne cesse d'augmenter, pour approcher des 4 milliards
de dollars", relève l'IHT. L'Australie arrive désormais
en tête des donateurs, avec 764 millions de dollars, devant
l'Allemagne dont l'aide atteint 660 millions de dollars. En tête
du peloton, on retrouve également le Japon, avec 500 millions
de dollars, et les Etats-Unis, avec 350 millions de dollars, apprend-on,
toujours dans l'IHT, qui publie un tableau récapitulant les
montants promis à l'ouverture de la conférence internationale.
Dans l'immédiat, souligne le journal, Kofi Annan "sollicite
une aide d'urgence d'un montant de près de 1 milliard de
dollars pour satisfaire à court terme une liste de besoins
bien précis".
The Jakarta Post de son côté fait l'éloge de
"l'unité mondiale qui s'exprime face à cette
catastrophe naturelle". Outre l'aide d'urgence, figurent à
l'ordre du jour de la réunion de Jakarta la possibilité
d'un moratoire sur la dette des pays touchés, ainsi que la
mise en place d'un système régional d'alerte aux tsunamis,
souligne le quotidien indonésien. Mais le journal partage
également les craintes du secrétaire général
des Nations unies qui, lors d'un entretien télévisé
diffusé mercredi 5 janvier, a interpellé les pays
donateurs en ces termes : "J'espère que tout l'argent
promis sera effectivement versé."
Et le Jakarta Post d'enchaîner dans son éditorial :
"On espère que le désir d'aider les victimes
jouera un rôle dominant durant cette réunion qui ne
devrait pas se réduire à une occasion pour les pays
riches de montrer du moins en public qu'ils sont les
plus généreux et les plus puissants." Dans un
élan de fierté nationale, le quotidien indonésien
poursuit : "Les gens qui sont venus pour aider ne doivent pas
perdre de vue le respect des sentiments des gouvernements et des
populations concernés. Peu importe à quel point leur
soutien est désespérément attendu. Il serait
inacceptable que leur aide soit servie avec des sermons et des leçons."
En termes de fierté nationale, The Australian n'est pas en
reste. Il consacre son éditorial à l'énorme
aide australienne : "Quand l'Asie a besoin de nous, nous sommes
là." Le quotidien australien insiste sur l'aide fournie
par les autorités australiennes et américaines, "dont
les troupes travaillent conjointement dans des régions que
même les troupes indonésiennes ont souvent du mal à
atteindre. Le tsunami, qui a choqué le monde, a aussi contribué
à le changer." The Australian poursuit en dressant un
bilan commenté de l'aide internationale. Ainsi, l'Arabie
Saoudite est critiquée pour "sa contribution pitoyable,
s'élevant à quelque 30 millions de dollars. Où
est passé le principe de la solidarité islamique internationale
?" En revanche, le Japon, "qui a immédiatement
mobilisé son armée et promis 500 millions de dollars"
a droit aux éloges de l'Australian. Le journal conclut sur
un ton humanitaire : "Cette tragédie ne sera jamais
oubliée. Le terrible tsunami est un moment historique pour
la région. C'est aussi une occasion pour l'Australie de se
redéfinir et se repositionner par rapport à nos amis
et voisins dans la région."
Cet élan de générosité internationale
sans précédent "semble refléter un mélange
d'humanisme, d'intérêts servant les politiques étrangères,
de contraintes financières et d'orgueil national", conclut
l'International Herald Tribune.
Source : Courrier international, 6 janvier 2005
À lire : le tsunami vu par la presse asiatique, un dossier
de l'hebdomadaire Courrier international n°740 du 6 janvier
2005, en vente dans tous les kiosques.
Éditorial n° 2 - 6 janvier 2004
La grande vague venue de la mer a redonné visage humain aux damnés de la terre. Une gestion intelligente de la reconstruction pourrait contribuer à combler le fossé entre le Nord et le Sud
12 jours après le cataclysme qui a frappé durement la population et les rivages d'une quinzaine de pays riverains de l'Océan indien, plusieurs constations s'imposent pour alimenter la réflexion : Lire la suite
Via
Campesina (= Voie paysanne) est un mouvement international qui coordonne
des organisations de petits et moyens paysans, de travailleurs agricoles,
de femmes rurales, de communautés indigènes d'Asie,
d'Amériques, d'Europe et d'Afrique. En France, la Confédération
paysanne en fait partie.
Via campesina est un mouvement indépendant de toute organisation
politique, économique ou religieuse. Elle est composée
par des organisations nationales ou régionales dont l'autonomie
est respectée. Elle est structurée en 7 régions:
Europe, Asie du nord-est et du Sud-est, Asie du Sud, Amérique
du Nord-Caraïbes, Amérique centrale et Amérique
du sud.
Via Campesina lance une initiative internationale pour recueillir
des fonds afin de venir en aide aux communautés frappées
par la catastrophe du raz-de-marée en Asie.
Via Campesina lance une campagne internationale de collecte de fonds
en solidarité avec les communautés locales de pêcheurs
et de paysans pour leur permettre de mettre en place leurs propres
actions de secours et de reconstruction en s'appuyant sur les organisations
locales.
Nous faisons appel à vos dons pour permettre dans un premier
temps de répondre à l'urgence en fournissant une aide
alimentaire, de l'eau potable, des abris et des médicaments
aux familles de paysans et de pêcheurs frappées par
le raz-de-marée et, dans un deuxième temps, leur offrir
les moyens de reconstruire leur communautés et leurs moyens
de subsistance.
Pour Via Campesina, les secours qui doivent être mis en place
doivent impliquer activement les communautés paysannes et
les communautés de pêcheurs. Les organisations locales
doivent jouer un rôle de premier plan dans la mobilisation
et la définition des actions à entreprendre. Via Campesina
veut donner à ces communautés et à leurs organisations
le support politique dont elles ont besoin pour obtenir les fonds
nécessaires à cet effort de reconstruction. Les sommes
que nous recueillerons dans le cadre de cette campagne seront destinées
essentiellement à renforcer les communautés locales
afin de leur permettre de jouer ce rôle clé.
Le succès des actions de secours entreprises par la société
civile lors de catastrophes précédentes en Amérique
latine, en Asie et en Afrique, contraste avec l'inefficacité
des secours mis en place par les gouvernements. Ces actions concrètes
ont souvent renforcé les organisations locales de la société
civile en permettant à groupes jusque là marginaliser
de prendre le contrôle de leur propre vie. Travaillons tous
ensemble pour aider ceux frappés aujourd'hui, et faisons
le d’une manière qui renforce les communautés
paysannes et des communautés de pêcheurs.
Aux morts sans nombre, viennent s'ajouter les millions de personnes
déplacées, et les centaines de milliers de personnes
qui ont perdu leur maison, leur matériel de pêche,
leurs outils agricoles. Les pêcheurs n'ont plus de barques
ni de filets ; les paysans ont perdu leurs bêtes et leurs
terres sont contaminées, leurs récoltes ont été
détruites. Vos dons leur permettront de se relever peu à
peu.
Exemples d'action qui sont déjà en cours :
->
En Indonésie, la fédération nationale indonésienne
des organisations paysannes (FNIOP), membre de Via campesina, avec
d’autres organisations non-gouvernementales de la société
civile, a mis sur pied une équipe de secours qui travaille
actuellement dans la région de Aceh où l’on
dénombre plus de 25000 morts et des dizaines de milliers
de blessés et de sans-abri, ainsi que dans le nord de Sumatra
(cinq mille morts) ou d'une distribution de vivres ont commencé.
L'équipe mise en place par la FNIOP participe au secours
et à la recherche de personnes disparues.
-> Au Sri Lanka, pays le plus fortement touché par le
tsunami, l'organisation nationale des pêcheurs (National Organization
of Fisherfolk (NAFSO) a envoyé cinq équipes de secours
dans les zones les plus durement frappées pour venir seconder
les populations locales dans leurs efforts de reconstruction.
Faites un don sécurisé en ligne par carte bancaire :
https://secure.groundspring.org/dn/index.php?aid=4589
Si vous préférez faire un don par voie postale ou par transferts bancaires :
http://www.viacampesina.org/art_fr.php3?id_article=505
Pour lire d'autres nouvelles en provenance des pays affectés
par le raz-de-marée :
http://www.viacampesina.org/art_fr.php3?id_article=506
Source : Via Campesina, 4 janvier 2005
Ils
étaient tous là ce matin à Jakarta : le président
indonésien Susilo Bambang Yudhoyono, le Premier ministre
japonais, Yunichiro Koizumi, son homologue chinois, Wen Jiabao,
le président de la Commission européenne, José
Manuel Barroso, ou encore le secrétaire d'Etat américain,
Colin Powell et bien sûr, Kofi Annan, le secrétaire
général de l'ONU. Ce dernier a lancé un appel
pour que les gros donateurs affectent près d'un milliard
de dollars - sur les trois promis jusqu'ici - à des projets
concrets immédiats de nature à répondre aux
besoins de base des sinistrés durant les six mois à
venir.
Le sommet, qui s'est ouvert sur une minute de silence à la
mémoire des près de 150.000 morts, s'est conclu avec
un accord sur la création d'un système d'alerte aux
raz-de-marée dans l'océan Indien, dont l'absence a
contribué à alourdir le bilan, selon les experts.
La déclaration finale de la conférence salue également
les initiatives portant sur un moratoire sur la dette des pays concernés.
La communauté internationale s'est engagée jusqu'à
présent à verser environ quatre milliards de dollars
d'aide sur plusieurs années tandis que les dons privés
en provenance du monde entier s'élèvent à 630
millions de dollars.
Le ministre britannique des Finances, Gordon Brown, dont le pays
assure la présidence du G7 en 2005, devrait faire savoir
jeudi que Londres dispose du soutien de l'ensemble des sept pays
les plus industrialisés du monde en vue d'un gel immédiat
des remboursements de la dette des pays touchés.
Outre les 100 millions d'euros déjà promis, la Commission
européenne s'est pour sa part engagée à verser
350 millions d'euros supplémentaires pour les pays sinistrés
et à leur proposer des prêts à taux préférentiels
pour un montant d'un milliard d'euros via la Banque européenne
d'investissement.
Colin Powell, de son côté, a souligné que l'aide
américaine devrait "selon toutes probabilités"
dépasser les 350 millions de dollars déjà promis.
Cette somme devrait être revue à la hausse "lorsque
toutes les conséquences de cette terrible catastrophe auront
mieux été évaluées", a-t-il dit.
La déclaration la plus spectaculaire de ce sommet-express
aura été la déclaration de Colin Powell, annonçant
la mort, après une semaine d'existence virtuelle, de la "coalition"
annoncée par Bush depuis le ranch texan où il passe
le plus clair de son temps. « La coalition a contribué
à canaliser la réaction internationale", a souligné
Powell. "Ayant atteint son objectif, elle va (...) désormais
se fondre dans les efforts de coordination menés plus largement
par les Nations unies.» Reste à savoir si les moyens
militaires déployés par les USA dans la région
seront mis à dispositin des Nations Unies.
Sources : agences de presse
Le plan
de l'ONU, explicité dans un rapport de 95 pages, ira essentiellement
au bénéfice de l'Indonésie (371 millions de
dollars), du Sri Lanka (167 millions de dollars), des îles
Maldives (66,6 millions de dollars), des Seychelles (8,9 millions
de dollars), de la Somalie (10 millions de dollars). Le reste sera
réparti à travers la région touchée.
Les projets spécifiques prévus se répartiront
comme suit :
222 millions de dollars pour des abris et produits non alimentaires
214,7 millions pour des vivres
143 millions pour la logistique et la coordination (transport, communications)
121,7 millions pour la santé
109,7 millions pour le redressement économique et les infrastructures
60,8 millions pour l'eau et le système sanitaire
29,7 millions pour des besoins multi-sectoriels
27 millions pour l'éducation
27 millions pour les droits de l'homme
14 millions pour l'agriculture
4,2 millions pour éradiquer les mines au Sri Lanka
3 millions pour la sécurité.
Source : Reuters, 6 janvier 2005
L'Inde
a continué jeudi à faire face seule à la catastrophe
provoquée le long de ses côtes par les raz-de-marée
du 26 décembre, qui a coûté selon ses estimations
au moins 1,18 milliard de dollars.
Les raz-de-marée ont tué en Inde au moins 9.718 personnes,
selon des données officielles. Presque 400.000 personnes
sont encore hébergées dans des camps, pour la plupart
dans le sud de l'Inde.
Plus de 6.000 autres restent portées disparues et présumées
mortes par les autorités locales, pour la plupart dans les
archipels des Andaman et Nicobar à 1.000 km à l'est
du continent indien, où 30 des 38 îles habitées
ont été affectées par le tsunami.
En Inde continentale, les vagues géantes ont touché
plus de 2.200 km de côtes, essentiellement dans le sud-est
et le sud, et presque 900 villages, pour l'essentiel de pêcheurs.
"Les estimations préliminaires des pertes financières
totales dans les Etats d'Inde continentale du Tamil Nadu, Andhra
Pradesh, Kerala et dans l'enclave de Pondichéry sont d'1,18
milliard de dollars", a annoncé jeudi le ministère
dans un communiqué.
L'Etat du Tamil Nadu (sud), le plus touché par la catastrophe
avec plus de 7.900 morts, compte presque pour moitié dans
cette somme avec 581 millions de dollars de pertes estimées.
Source : AFP, 6 janvier 2005
Dix
jours après le raz-de-marée dans l'océan Indien,
un nouveau risque est apparu pour des victimes très exposées
: le trafic d'orphelins. L'Unicef et l'Indonésie se mobilisent.
Les Nations unies ont annoncé hier qu'elles se mobilisaient,
notamment avec l'Indonésie, contre le risque de trafics d'enfants
orphelins dans la province d'Aceh (nord de l'Indonésie),
où le raz-de-marée du 26 décembre a fait plus
de 90 000 morts. Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef)
va ouvrir avec le gouvernement indonésien une bonne vingtaine
de centres à travers toute la province afin d'enregistrer
les dizaines de milliers de jeunes orphelins ou sans abri. Le gouvernement
indonésien estime que 35 000 enfants sont orphelins, sans
abri ou séparés de leurs parents à Aceh. En
début de semaine, le gouvernement indonésien a interdit
les adoptions, alors que des témoignages faisaient état
de trafic d'enfants. Le vice-président Yussuf Kalla a indiqué
que les enfants seraient placés dans des orphelinats gérés
par le gouvernement, des fondations islamiques ou des écoles
musulmanes. Le directeur de la police judiciaire indonésienne,
le commissaire général Suyitno Landung, assure que
ses services prennent la question très au sérieux
: « Nous avons déployé des officiers dans les
centres de secours pour collecter des données sur les enfants
», a-t-il déclaré hier. Un responsable de l'Unicef
sur place, John Budd, a fait état du cas confirmé
d'un enfant enlevé à Aceh et emmené à
Medan, la capitale de la province de Sumatra Nord, déjà
connue comme centre de trafic d'enfants. Selon lui, le bureau de
l'Unicef en Malaisie a également reçu mardi un SMS
indiquant que 300 orphelins d'Aceh, âgés de 3 à
10 ans, étaient à vendre. « Cela fait frémir.
Cela signifie qu'ils ont déjà des enfants ou au moins
un réseau dans lequel sont identifiés des enfants,
dont ils peuvent facilement s'emparer », a souligné
John Budd. Le commissaire européen à la Coopération
et à l'Aide humanitaire, le Belge Louis Michel, a admis hier
soir qu'il y existait un « risque » en la matière,
mais affirmé qu'il n'y avait « pas de preuves pour
le moment » de trafic d'enfants.
Source : AFP, 6 janvier 2005
Ainsi donc, la société civile US risque de donner plus que le gouvernement de Washington pour l'aide aux victimes du tsunami et le travail de réhabilitation. Bush = Oncle Picsou. Lire ci-dessous l'article de Marco d'Eramo.
Il s'agit d'étouffer dans l'oeuf la prolifération de "révoltes de destruction massive" et la lnaissance d'une confédération de tribus de Ouled tsunami. Voilà ce qui explique que les USA ont retrouvé leurs bonnes vieilles bases militaires en Thaïlande, celles qui leur ont servi pendant la guerre du Vietnam. Et pourquoi, ils ont engagé 90 hélicoptères dans les "secours".
En tournée
officielle en Thaïlande, en Indonésie et au Sri-Lanka,
Colin Powell, qui s'agite beaucoup avant de quitter ses fonctions
à Washington, a visité Aceh mercredi. Dans une conférence
de presse à Jakarta, il a eu ces mots historiques :
« Nous espérons que grâce à nos efforts
d'aide, les gens vont voir que les USA sont engagés dans
l'aide à ceux qui sont dans la pauvreté [NDLR : en
effet, on a beacup de doutes à ce sujet]. Dans ces conditions,
nous pensons qu'il est moins probable que les terroristes vont trouver
un terrain fertile. Ce travail d'aide soutient non seulement nos
intérêts de sécurité nationale, mais
aussi ceux des pays impliqués.» Au moins, ça
a le mérite d'être clair. On sent qu'il va y avoir
du sport à la grande conférence internationale qui
aura lieu jeudi 6 janvier à Jakarta. Powell va-t-il essayer
de vendre la "coalition" proposée par Bush ? Gageons
qu'il trouvera peu d'acheteurs. Décidémment les Yankees
ne se refont pas.
Voici le dernier bilan officiel, à la date du 4 janvier 2005, du nombre de victimes recensées du tsunami du 26 décembre 2004 :
Autochtones
Afrique de l'Est (Kénya, Seychelles, Somalie, Tanzanie et Madagascar ) : 137 - Bangladesh : 2 - Birmanie (Myanmar) : 59 - Inde : 15 160 (dmorts ou présumés morts) - Indonésie : 94 081 - Malaysia : 74 - Maldives :74 - Sri Lanka : 30 196 - Thaïlande : 5 246
Total : 145 029
Touristes étrangers
Au moins 9 000 touristes étrangers sont portés disparus, dont au moins 1 500 Suédois et 500 Suisses. Les autorités suisses ont admis dans la tristesse mardi que les 500 Suisses disparus ne reviendraient certainement pas. Bref, ils sont morts. Mais le mot a du mal à sortir. Auraient-ils peur de mourir à ce point, que le mot "mort" en est devenu un tabou?
Voici
les chiffres des victimes recensées au 4 janvier 2005 :
Allemagne 60 - Autriche 10 - Australie 14 - Belgique 6 - Brésil
2 - Canada 5 - Chine 1 - Corée du Sud 11 - Croatie 1 - Danemark
7 - Espagne 11 - Finland 1 - France 22 - Grande-Bretagne 40 - Grèce
9 - Hong Kong 8 - Hongrie 20 - Irlande 20 - Islande 11 - Israël
4 - Italie 18 - Japon 22 - Luxembourg 2 - Mexique 15 - Nouvelle-Zélande
1 - Norvège 16 - Pays-Bas 6 - Pologne 4 - Portugal 8 - Russie
2 - Singapour 9 - Sweden 52 - Switzerland 23 - Taiwan 1 - République
tchèque 1 - Turquie 1 - USA 15
Total : 370
Les sales histoires du tsunami
Survivre
à un phénomène naturel extrêmement violent.
Perdre sa famille, définitivement, ou temporairement. Se
retrouver, dans un hôpital ou dans un camp, blessé,
ou loin des siens. Et être abusé, par des gens qui
profitent des circonstances pour exercer leur puissance, en l'occurrence
sexuelle, sur les plus faibles : voilà le portrait alarmant
des suites du tsunami en Asie du Sud-Est. Un jeune Suédois
de douze ans, Kristian Walker, pourrait ainsi avoir été
la cible d'un pédophile. Alors qu'il figurait parmi les blessés
d'un hôpital thaïlandais, le petit garçon a mystérieusement
disparu. L'homme avec qui il aurait pu partir a été
décrit comme « d'apparence européenne, avec
une moustache et une chemise rouge ». Le père et le
grand-père de l'enfant, les polices thaïlandaise et
suédoise travaillent ensemble pour retrouver Kristian. Dimanche,
Raedda Barnen, la branche suédoise de l'organisation non
gouvernementale Save the Children, avait averti que les enfants,
laissés seuls après une catastrophe de cette ampleur,
étaient des victimes potentielles de pédophiles. «
L'expérience a montré que les enfants étaient
particulièrement vulnérables », a déclaré
la responsable de Raedda Barnen, Charlotte Petri Gornitzka. Selon
elle, des indications laissent à penser que des enfants survivants
ont été abusés sexuellement au Sri Lanka, un
des pays les plus touchés par le raz de marée de la
semaine dernière. Dans les camps sri lankais, des rumeurs
persistantes attestent de viols sur des femmes. De quoi laisser
un goût terrible dans la bouche, construit de tristesse, de
colère, et d'amertume.
par Caroline Constant, L'Humanité, 5 janvier 2005
Les belles histoires du tsunami
La vérité,
dit-on, sort de la bouche des enfants. Une fillette britannique
de 10 ans, qui avait étudié le phénomène
des raz-de-marée à l`école, a sauvé
la vie à une centaine de touristes il y a une semaine en
Thaïlande après avoir compris, devant l`important reflux
de l`océan, qu`un tsunami se préparait, a indiqué
Reuters.
"J`étais sur la plage quand la mer a commencé
à être bizarre", a raconté Tilly Smith
au journal The Sun.
"Il y avait des bulles et la mer s`est brusquement retirée.
J`ai compris ce qui se passait et j`ai senti qu`il allait y avoir
un tsunami. Je l`ai dit à maman.".
Alors que les autres touristes restaient incrédules face
à l`étrange phénomène, Tilly a pris
conscience du danger. Quinze jours plus tôt, elle avait présenté
à l`école un exposé sur les vagues géantes
provoquées par les séismes sous-marins. Grâce
à l`avertissement de la fillette, la plage de Maikhao a été
évacuée quelques minutes avant le déferlement
du tsunami.
Elle a ainsi été l`un des rares sites de l`île
de Phuket à ne compter aucun mort.
Le professeur de Tilly, Andrew Kearney, a félicité
son élève.
"Tilly est très vive d`esprit, elle a la tête
sur les épaules. (...) C`est une coïncidence incroyable
que notre classe ait étudié ce type de tsunami deux
semaines avant Noël", a-t-il expliqué au quotidien.
![]() Souvenir du temps des colonies |
Les plus mystiques pensent qu'une intervention divine a sauvé
Pondichéry de la destruction le 26 décembre. Mais
les petits vendeurs du front de mer assurent que c'est un miracle
français.
Beaucoup pensent que l'héritage de l'ancien Comptoir des
Indes a préservé la ville du désastre: l'imposante
digue de rochers construite sous l'empire colonial français
et son port naturel en eaux profondes ont protégé
le centre historique de Pondichéry, resté indemne
malgré l'assaut de vagues dépassant la normale de
plus de sept mètres.
"L'eau a monté rapidement, jusqu'à la route principale",
raconte M. Keshavan, 23 ans, qui vend des mangues et des chips aux
touristes se baladant sur la jetée. Il désigne un
muret d'un demi-mètre, qui borde la promenade au sommet de
la muraille de pierres: "elle s'est arrêtée là".
Le tsunami qui a frappé la côte sud-est de l'Inde le
26 décembre a tué 600 personnes à Pondichéry,
pour la plupart des pêcheurs qui vivaient dans des villages
voisins.
"Pondichéry
a été protégé par la jetée",
explique S. Subramanian, le directeur de l'office du tourisme, dont
le bureau est situé sur l'avenue Goubert, la promenade au-dessus
de la muraille. Seuls les villages de pêcheurs et les plages
situées de part et d'autre de la digue ont été
endommagés.
Le drapeau français a flotté pendant plus de deux
siècles et demi sur cette ville de plus de 300.000 habitants,
dans une tentative pour contrebalancer la colonisation britannique
des Indes entamée au XVIIe siècle. Exception française
en Inde, Pondichéry a gardé de ce passé l'architecture
élégante, les noms de rue, comme la Rue Dumas, les
képis rouges des policiers, la langue, toujours enseignée
dans les écoles et son Quartier français.
![]() La digue de Pondichéry |
La digue
a été achevée en 1735. Au cours des ans, les
Français ont continué de la fortifier, empilant des
gros rochers le long des deux kilomètres de la muraille pour
prévenir l'érosion causée par les vagues.
La digue surplombe d'environ neuf mètres le niveau de la
mer, et certains des rochers noircis et brunis par la mer pèsent
plus d'une tonne. Chaque année, la muraille est inspectée.
Quand des trous apparaissent ou quand les rochers s'enfoncent dans
le sable, les autorités en rajoutent pour la maintenir, explique
M. Subramanian.
Le 26 décembre, quand les vagues ont attaqué le rivage,
la digue a tenu. L'océan est revenu à la charge à
deux reprises avant de se calmer, raconte le vendeur du front de
mer.
Mais la profondeur du port a joué aussi un rôle important.
Le brusque à-pic sous-marin se transforme en "mur"
qui casse les vagues avant qu'elles ne viennent frapper les rochers.
L'eau monte quand même, mais sans les vagues puissantes qui
ne peuvent se former que lorsque le fond s'élève en
pente douce de l'océan à la plage.
Mais à Pondichéry, tout le monde ne croit pas que
la digue a sauvé la ville. Au coeur du Quartier français
se trouve l'ashram (retraite religieuse), fondée en 1926
par le gourou indien Sri Aurobindo, un révolutionnaire anti-colonial
devenu philosophe et religieux. L'ashram attire des pèlerins
du monde entier et ses dévots attribuent le salut de la ville
à Aurobindo et son épouse d'origine française,
qu'ils surnomment la Mère.
"Je suis sûr que vous ne le croirez pas, mais c'est la
Mère qui a protégé la ville", assure S.
Ramanathan, un vieux dévot qui vit et travaille à
l'ashram. "Je vis dans un endroit très protégé,
alors nous n'avons pas du tout été touchés
par le tsunami".
Source : Chris Tomlinson, Associated Press, 4 janvier 2005
Un moine bouddhiste du Sri Lanka interviewé sur France 3 a expliqué que la perversité de la population était responsable de la colère de Bouddha. Dans le même reportage, la commentatrice a expliqué que les enfants des musulmans sri-lankais avaient été presque tous épargnés, en tout cas ceux qui se trouvaient dans les madrasas (écoles coraniques), a l'heure du Tsunami. À chacun de tirer ses conclusions, selon ses croayances.
Quibla
posait heir la question de savoir si le tsunami avait frappé
la base militaire US située sur l'île britannique de
Diego Garcia, dans l'Océan indien, où se trouvent
plus de 4 000 militaires et employés civils US. On suppose
que la base contient une prison secrète, où seraient
détenus un certain nombre de suspects de terrorismes capturés
aux 4 coins du monde. En quelque sorte un "guantanamo bis".
Et bien, Diego Garcia a été totalement épargnée
par le tsunami, pour une raison tout à fait naturelle.
En effet, l'Archipel des Chagos, dont fait partie Diego Garcia est
constitué d'atolls situés à l'ouest de la Tranchée
des Chagos, un canyon sous-marin qui court selon un axe Nord-Sud
sur 650 kilomètres et est l'une des zones les plus prfondes
de l'Océan indien. Résultat : le tsunami ne peut s'y
former. le seul effet constaté a été une montée
de la marée d'1 m 80. De plus, Diego Garcia se trouvait à
3 200 km de l'épicentre du séisme, situé près
des îles indiennes d'Andaman et Nicobar, qui ont, elles, été
très durement frappées. Enfin, la base est entourée
d'un port en eaux profondes pouvant abriter des destroyers et des
sous-marins, ce qui sans doute aussi atténué les effets
de la marée.
Ainsi donc, Diego Garcia peut enfin remplir une fonction utile :
servir de base d'appui à l'acheminement de secours US vers
les pays frappés par le tsunami. Elle dispose en effet d'une
piste d'atterrissage de 3,2 km qui permet l'atterrissage et le décollage
des plus gros avions porteurs. C'est pourquoi, elle a servi de base
pour les bombardiers B2 qui ont bombardé l'Iraq en 2003.
Mais cette fois-ci, ce sont des sacs de farine et de sucre qui remplaceront
les bombes à fragmentation.
États
unis et très radins
par Marco d'Eramo, Il Manifesto, Rome, 2 janvier
2004. Original :
http://abbonati.ilmanifesto.it/Quotidianoi-archivio/02-Gennaio-2005/art23.php3
Traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio
L'auteur est journaliste, diplômé en physique (Rome) puis sociologie à l'EHESS, élève de Pierre Bourdieu ; il a été correspondant de plusieurs journaux italiens aux USA et écrit depuis plusieurs années notamment des études sociologiques dans Il Manifesto. Auteur de plusieurs essais sur les États-Unis dont : Via dal vento. Viaggio nel profondo sud degli Stati Uniti (Manifestolibri, août 2004 : Autant en emporte le vent. Voyage dans le sud profond des États-Unis, en cours de traduction). Il vit actuellement à New York. (Note de la traductrice)
D'abord
15 millions de dollars généreusement offerts comme
aides par Bush, ajustés ensuite à 35 et maintenant
350 : autant qu'un jour d'occupation en Irak. Bush, oncle Picsou.
Le président US ressemble à l'oncle de Donald Duck,
immensément riche et avare. Mais au moins le personnage de
Disney était sympathique.
Coca Cola et Nike : Coca Cola a offert 15 millions de dollars, comme
Pfizer (ceux du Viagra). Nike, qui est comme à la maison
dans ces pays-là, encore mieux : 1 (un) million de dollars.
Dans les albums de Mickey qu'on lisait quand on était gosses, Oncle Picsou était avare, oui, mais quand même il ne nous paraissait pas aussi cruel, tranquillement inhumain comme se présente au contraire au monde le canard en chair et en os qui domine la planète. Mais Walt Disney ne pouvait pas prévoir que son personnage, toujours en train de plonger dans une piscine pleine de pièces d'or, aurait préfiguré l'empire le plus puissant et le plus pingre de la planète. Celui qui a utilisé le terme « pingre » (stingy), il y a quelques jours, c'est Jan Egeland, le coordinateur pour les urgences aux Nations Unies : il faisait référence aux munificentes oboles que les nations occidentales sont en train d'octroyer aux pays asiatiques dévastés par le tsunami à Noël. Au départ, le président des États-Unis Georges W. Bush a fièrement annoncé une aumône de 15 millions de dollars (11 millions d'euros). Après l'accusation de pingrerie, faisant un effort sur lui-même, il a délié les cordons de la bourse jusqu'à un petit pécule prodigue de 35 millions de dollars (27 millions d'euros). Le fait est que l'Irak coûte aux États-Unis entre 200 et 300 millions de dollars par jour ! La générosité de la Maison-Blanche, son conservatisme compassionnel, affectait donc l'équivalent du coût de trois heures d'occupation de l'Irak. Mais les polémiques ne s'arrêtaient pas et Bush a-t-il ainsi relancé « cette fois je regarde pas à la dépense »- jusqu'à 350 millions de dollars, à peine plus qu'un jour d'occupation. Mais ce n'est pas la seule comparaison qui crie vengeance contre la mer. Les organisateurs des festivités pour la réinstallation de Bush à la Maison-Blanche, le 20 janvier prochain, s'étaient fixés l'objectif de recueillir 40-50 millions de dollars de fonds. Les premières offres américaines équivalaient donc un tiers du coût des dons : qui ne suffisait même pas à payer les serveurs (dont nombre d'entre eux viennent selon toute probabilité de l'Asie du sud-est). Avec la dernière offre on paye sept festivités, mois seulement en économisant sur le champagne. Ce n'est pas fini. Les candidats aux élections présidentielles de novembre dernier ont récolté plus d'un milliard de dollars pour leur campagne, pour des réunions, affichages, spot télé et radio : le triple de ce que les États-Unis promettent aux cinq millions de réfugiés et aux parents des 150 000 morts. C'est vrai que les pêcheurs du Tamil Nadu ne votent pas dans l'Ohio. D'autre part parmi les disparus du tsunami, il y a aussi tous les représentants du parti démocrate. Peut-être n'étaient-ils pas en vacance à Pukhet, mais il est certain que depuis que cette tragédie s'est abattue sur l'humanité, ils brillent de modestie, silence et componction : pas un mot de ce John Kerry qui se promettait pugnace au lendemain de la défaite : « la lutte continue ! », c'est peut-être qu'il est au ski, en ce moment. Disaparecido aussi son associé, le coquet John Edwards qui aurait pourtant l'occasion ici de constater que non seulement il y a « les deux Amériques » (c'était son slogan pendant la campagne) mais il y a aussi « les deux humanités », celle dont la mort en masse ne compte pour rien, l'autre dont chaque vie est précieuse et a un nom et un prénom. Silence de Hillary Rodham Clinton, et de son (ex ?) mari. Silence aussi de Terry McAuliffe le très puissant (ex) coordinateur de la bruyante défaite électorale de Kerry. Pas de protestation non plus contre l'avarice gouvernementale de l'astre naissant de la politique démocrate, le nouveau sénateur de l'Illinois, Barack Obama , fils d'un africain et d'une blanche de l'Iowa. Irepérable aussi, jusqu'à présent, même Ralph Nader qui continue à écrire sa rubrique hebdomadaire In the public interest (consultable sur le site Commondreams.org). Il ne semble pas non plus que Michael Moore soit en train de projeter un nouveau documentaire sur Aceh et les Andamannes. Sur le front républicain, on comprend la réserve du taciturne (de toutes façons) Dick Cheney, étant donné que le tsunami n'a pas touché les intérêts de Halliburton ni des grandes compagnies pétrolières. Silence modeste aussi de Ronald Rumsfeld, ministre de la Défense (mais on ne sait pas pour combien de temps encore) et responsable de la gestion de 450 milliard