La Douma approuve la loi imposant des restrictions
aux ONG
La Douma a voté mercredi en deuxième lecture le projet
de loi très critiqué qui imposerait d'importantes restrictions
aux ONG opérant en Russie. A l'issue d'un bref débat,
la chambre basse du Parlement russe a approuvé le texte par 376
voix contre 10.
Après une vague de protestations des organisations non gouvernementales
russes et étrangères ainsi que de plusieurs gouvernements
étrangers, le président Vladimir Poutine avait demandé
aux députés de réviser le texte, y compris pour
supprimer la clause demandant que les branches locales d'ONG étrangères
soient enregistrées comme des entités russes, soumises
à des restrictions financières et juridiques plus importantes.
Des dizaines d'amendements ont été apportés, mais
les ONG estiment que la version discutée mercredi lors de la
cruciale deuxième lecture, lors de laquelle des changements importants
pouvaient être apportés avant le vote final, reste très
restrictive.
Le texte instaure une nouvelle agence chargée de surveiller l'enregistrement,
le financement et les activités des ONG. Cette agence, et non
les tribunaux, pourrait décider de la dissolution d'une organisation.
Pour avoir force de loi, il doit encore être approuvé en
troisième et dernière lecture puis par la chambre haute
et être signé par le président Poutine.
Les détracteurs, comme les partisans du projet de loi, expliquent
qu'il répond au mécontentement croissant du Kremlin confronté
aux critiques des organisations qui prônent la démocratie
et défendent les droits de l'Homme. Ces ONG, dont bon nombre
sont financées par des organismes occidentaux, ont joué
un rôle important dans les manifestations de masse qui ont porté
l'opposition au pouvoir dans les anciennes républiques soviétiques
de Géorgie, d'Ukraine ou du Kirghizistan. Des révolutions
qui ont suscité l'inquiétude de Moscou et d'autres capitales
de la région.
Source : AP, 21 décembre 2005
La Douma place les ONG sous le strict contrôle
de l'État russe
par Marie Jégo, Le Monde, 24 novembre 2005
La Douma (Chambre basse du Parlement) russe a approuvé, mercredi
23 novembre, une loi qui place les activités des ONG sous le
strict contrôle de l'État. Le texte, adopté en première
lecture par 370 voix contre 18, défend aux ONG russes de recevoir
des financements étrangers, interdit aux organisations étrangères
d'avoir des représentations en Russie et contraint tout le monde
à passer par le filtre d'un nouvel enregistrement auprès
des autorités.
Si elle est approuvée par le Sénat et signée par
le président, la loi mettra un frein aux activités de
nombreuses ONG et groupes de réflexion (think tanks) actifs en
Russie dans des domaines aussi variés que la recherche, l'aide
humanitaire, la prévention antisida, l'adoption d'orphelins,
le respect des droits de l'homme, l'écologie...
A ce jour, 450 000 organisations de ce type existent. Nombre d'entre
elles procurent l'amortisseur social que l'État n'est plus à
même de fournir depuis l'effondrement de l'URSS, en 1991. Aux
termes de la nouvelle loi, des ONG comme Amnesty International ou Human
Rights Watch, qui se sont élevées contre les atteintes
aux droits de l'homme, et notamment contre la guerre en Tchétchénie,
seront bannies. De plus, les ressortissants étrangers ne peuvent
être ni fondateurs ni parties prenantes de ces organisations.
Toute ONG peut être interdite d'enregistrement s'il s'avère
que ses projets "contredisent la Constitution" ainsi que "la
moralité et le sentiment national".
Aucune ONG étrangère ne pourra fonctionner "dans
les entités administratives fermées", soit les villes
ou les régions interdites dont la visite est soumise à
l'autorisation des services de sécurité (FSB), une disposition
en vigueur à l'époque soviétique revenue en force
depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine.
Alarmés, les représentants des principales organisations
de défense des droits de l'homme — Memorial, le Comité
d'Helsinki, l'Association des mères de soldats — s'étaient
mobilisés et avaient envoyé une lettre aux députés
de la Douma leur demandant de ne pas soutenir le texte, jugé
" discriminatoire et contraire aux obligations internationales
contractées par la Russie". Rien n'y a fait. Préparée
par des juristes sur les recommandations du Kremlin, selon une source
au Parlement, la loi, proposée par le parti au pouvoir Russie
unie, a reçu l'approbation de tous les groupes politiques. Seuls
quelques députés — ceux du Parti communiste surtout
— s'y sont opposés. "Cette loi vise à faire
fermer les organisations qui ne partagent pas les vues du gouvernement
ou du président Poutine", a expliqué le député
communiste Viktor Ilioukhine.
Du côté gouvernemental, Andreï Makarov, de Russie
unie, s'est réjoui, car " de nombreuses organisations criminelles
se cachent sous l'étiquette ONG ou profitent de leur statut d'ONG
pour se livrer au blanchiment d'argent". Pendant le débat,
le député ultranationaliste Alexandre Ostrovski (du Parti
libéral-démocrate) a expliqué : "Nous avons
vu ce qui s'est produit en Ukraine, en Géorgie ou en Moldavie,
comment les branches locales des ONG étrangères, financées
par la CIA, ont fonctionné.(...) Nous voulons défendre
nos citoyens du chaos dans lequel ils peuvent être entraînés"
.
REPRISE EN MAIN
Semblable point de vue avait été exprimé, en mai,
par le chef du FSB, Nikolaï Patrouchev, selon lequel les ONG étaient
utilisées par les services secrets étrangers dans toute
l'aire post-soviétique afin d'"affaiblir l'influence russe".
En juillet, Vladimir Poutine s'était élevé contre
"le financement étranger d'activités politiques en
Russie", ce qui n'a pas empêché la Douma de voter
l'octroi de financements au profit des minorités russophones
des pays baltes. Lors de ce vote, les députés avaient
également débloqué des crédits au profit
de la "société civile russe" telle que la conçoit
le pouvoir, c'est-à-dire des associations agréées
par l'État.
La loi sur les ONG votée mercredi par la Douma sera prochainement
soumise à l'approbation de M. Poutine. En la signant, le chef
de l'État russe, qui a considérablement réduit
la sphère des libertés (imposition de procédures
d'enregistrement auprès de la police, reprise en main des chaînes
de télévision...), tirera un trait sur les tentatives
de démocratisation amorcées il y a quatorze ans par Boris
Eltsine, son prédécesseur.
Un projet de loi qui éviscèrerait
la société civile
par Human Rights Watch, 22 novembre 2005 ˜Le
parlement russe devrait rejeter la législation qui augmenterait
le contrôle gouvernemental sur les groupes russes et obligerait
les organisations étrangères en Russie à fermer”,
a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.
Le mercredi 23 novembre, la Douma d'État a prévu
d'examiner, en première lecture, le projet de loi, commandité
par chacune des quatre factions du parlement russe. La loi, si elle
était adoptée, aurait de lourdes conséquences sur
la société civile russe, déjà sérieusement
affaiblie. La loi obligerait toutes les organisations non gouvernementales
(ONG) à s'enregistrer de nouveau avant les prochaines élections
nationales, interdirait les ONG internationales de fonctionner dans
le pays, et donnerait au gouvernement tout pouvoir pour interférer
dans le travail des ONG russes.
«Cette loi ouvre un nouveau chapitre sur les
mesures énergiques prises par le gouvernement contre les institutions
de la société civile,» a indiqué Holly Cartner,
Directrice de la division de l'Europe et de l'Asie Centrale à
Human Rights Watch. «Avec le système de contrôle
et de balance du pouvoir quasiment neutralisé par le Kremlin,
les ONG sont parmi les dernières voix indépendantes capables
de critiquer le gouvernement et de demander qu'il réponde de
ses actes. Si elle passait, cette loi les réduirait au silence.»
Dans le nouveau document d'information, « Diriger
la société civile: au tour des ONG? », Human Rights
Watch analyse comment le Kremlin a éliminé la plupart
des médias indépendants, détruit les élites
régionales comme force politique, installé un parlement
docile, et ébranlé l'indépendance du système
judiciaire. Le projet de loi se confronte au contexte de ces tentatives
délibérées pour démanteler le système
de contrôle et de balance du pouvoir du Président Vladimir
Poutine.
Même si les ONG ont d'abord continué
à fonctionner relativement librement quand Poutine est arrivé
au pouvoir, le gouvernement a commencé à harceler systématiquement
les ONG qui travaillaient sur les problèmes liés à
la Tchétchénie, et cela suite au discours sur l'état
de la nation en 2004, dans lequel le Président Poutine avait
fustigé ces mêmes ONG. Depuis lors, les officiels établissent
de fausses accusations criminelles contre des activistes, menacent ces
derniers, tentent de fermer des ONG ou refusent de les enregistrer,
et intimident les victimes qui en disent trop.
La Société pour l'amitié Russo-Tchétchène,
par exemple, subit des attaques continues depuis l'année dernière.
Début novembre, le ministère de la justice de Nizhnii
Novgorod a échoué dans sa tentative de fermer l'organisation
par voie judiciaire. Stanislav Dmitrievsky, le directeur de l'organisation,
est jugé pour crimes d'incitation à la haine, allégation
basée sur des entretiens publiés avec deux chefs rebelles
tchétchènes, et encourt donc une peine de cinq ans de
prison s'il est reconnu coupable. L'inspection des impôts a réclamé
l'arriéré d'impôt qui s'élève à
un million de roubles (environ 35.000 dollars américains)˜une
accusation que l'organisation réfute.
Les conditions de travail en Russie, pour de nombreuses
autres ONG, se détériorent de façon significative
à cause des harangues enragées que lancent de plus en
plus, contre eux, les officiels. Par exemple, les officiels attaquent
régulièrement et avec véhémence le Comité
des mères de soldats.
«Le but premier de cette loi est de paralyser
la communauté des ONG,» a déclaré Holly Cartner,
Directrice de la division de l'Europe et de l'Asie Centrale à
Human Rights Watch. «La Douma d'État devrait faire échouer
ce projet de loi.»
Ce projet de loi interdit aux organisations internationales
d'avoir une représentation ou des succursales en Russie. De tels
groupes devront s'enregistrer de nouveau comme ONG locale et être
financièrement indépendants de leurs maisons-mères.
Cette mesure les rendrait inéligibles pour recevoir la plupart
des fonds étrangers. Le projet de loi empêche aussi tout
individu n'étant pas résident permanent russe de travailler
dans une ONG. Parmi les organisations, menacées de fermeture,
se trouvent les groupes internationaux de défense des droits
de l'homme, y compris Human Rights Watch, les «think tanks»
(groupe d'experts), les fondations, et les organisations d'aide sociale
et d'aide humanitaire.
De même, le projet de loi étend de façon
radicale la surveillance gouvernementale sur les ONG locales, en accordant
au département de justice le droit de leur demander, quand il
le souhaite, tout papier financier et autres informations. De telles
restrictions sont employées dans d'autres pays, comme en Ouzbékistan,
où l'on harcèle les ONG pour raison politique.
Des information de sources dans la Douma d'État
indiquent que le projet de loi a été fait à la
hâte. Une deuxième et une troisième lecture pourraient
être faites le 9 décembre, après quoi le projet
de loi passerait au Sénat pour approbation. Si tel était
le cas, le projet deviendrait une loi avant la fin de l'année.
« Il est très inquiétant qu'un
projet de loi si important soit précipité par la Douma,
sans débat public significatif, » a ajouté Cartner.
«Les ONG n'ont presque pas eu l'occasion de l'étudier en
détail et d'avancer leurs objections.»
Human Rights Watch a lancé un appel à
la communauté internationale pour prendre des mesures d'urgence
pour arrêter, ou, au moins, retarder l'adoption de cette législation.
Il devrait être évident pour le président Poutine
que la promulgation de ce projet de loi aurait de graves conséquences
sur la situation de la Russie sur la scène internationale.
«La communauté internationale doit agir
immédiatement,» a averti Cartner. «Le délai
très court nous oblige à prendre maintenant des mesures
cruciales.»
Dans sa forme actuelle, la législation viole
plusieurs obligations de la loi internationale, dont le droit à
la liberté d'_expression et d'association, et les dispositions
qui interdisent la discrimination.
L'association russe Mémorial accuse les
services secrets russes de coopérer avec les régimes ouzbek
et tadjik
Les défenseurs russes des droits de l'Homme ont accusé
mardi 25 octobre les services secrets de leur pays de coopérer
activement avec les régimes "totalitaires" en Asie
centrale et surtout avec l'Ouzbékistan en aidant à enlever
en Russie des présumés islamistes ou en les expulsant
vers leur pays.
"Les cas de coopération des services spéciaux russes
avec les régimes totalitaires deviennent de plus en plus fréquents",
a déclaré Svetlana Gannouchkina, une responsable de l'ONG
Memorial, lors d'une conférence de presse à Moscou.
"L'arbitraire avec lequel ils agissent rappelle l'époque
stalinienne", a-t-elle accusé.
Le dernier exemple en date est le sort d'un étudiant ouzbek,
Marcel Issaïev, interpellé fin septembre à Kazan
(Tatarstan, Volga) officiellement parce qu'il n'était pas enregistré
auprès de la police de cette ville comme l'exige la loi russe
sur les étrangers.
Un lieutenant-colonel russe lui a demandé de témoigner
contre une connaissance avec qui il fréquentait la mosquée,
un présumé islamiste, ce que Marcel Issaïev a refusé.
Il a été expulsé le 12 octobre vers l'Ouzbékistan
où il a disparu pendant 10 jours lors desquels il a été
interrogé sur son appartenance au parti islamiste interdit Hizbi
Tahrir, a indiqué mardi à Moscou son père, Ramziljon
Issaïev.
Il est en liberté, mais les poursuites à son encontre
n'ont pas été abandonnées, a indiqué Mme
Gannouchkina.
Alicher Ousmanov, citoyen russe d'origine ouzbèke et enseignant
d'une madrassa (école coranique) de Kazan a été
enlevé le 29 juin par des services spéciaux ouzbeks "avec
sans aucun doute" l'assistance de leurs collègues russes
et extradé secrètement vers l'Ouzbékistan, selon
Memorial.
Accusé en Russie d'avoir créé un réseau
local du parti islamique Hizbi Tahrir, il a purgé une peine de
neuf mois et le jour de sa libération, le 29 juin à cinq
heures du matin il a été emmené par les services
de sécurité ouzbeks à Tachkent et ensuite à
Namangan (est de l'Ouzbékistan).
Il était recherché par les autorités ouzbèkes
depuis 1998, mais n'a pas pu être extradé, étant
citoyen russe.
Les défenseurs des droits de l'Homme dénoncent systématiquement
le recours à la torture en Ouzbékistan pour arracher des
aveux et condamner les présumés islamistes.
Le régime ouzbek du président Islam Karimov, sévèrement
critiqué par l'Occident pour la répression d'Andijan ayant
fait entre 500 et 1.000 morts civils en mai dernier selon des ONG, et
frappé par des sanctions européennes, s'est rapproché
de Moscou qui l'a soutenu lors de ces événements.
Une autre victime de ce système est le leader d'un des principaux
partis d'opposition tadjik, Mahmadrouzi Iskandarov, condamné
début octobre au Tadjikistan à 23 ans de prison pour "terrorisme".
Vivant en Russie depuis l'été 2004, M. Iskandarov avait
été interpellé à Moscou le 9 décembre
dernier à la demande de Douchanbe, avant d'être relâché
le 3 avril.
Mais le 15 avril, il disparaissait mystérieusement. Et peu après,
à Douchanbe, le parquet général annonçait
laconiquement que l'opposant politique était en détention
préventive depuis le 22 avril dans la capitale tadjike.
Selon son avocat, M. Iskandarov a été "enlevé"
à Moscou par des hommes "aux traits slaves et en uniforme
de policiers" alors qu'il promenait son chien avec un ami russe
en bas de chez lui, dans la banlieue de Moscou, et "emmené
en secret" au Tadjikistan.
Source : AFP, 25 octobre 2005
Les familles des victimes de Beslan continuent
leur combat pour la vérité
À l'approche du premier anniversaire de la sanglante prise d'otages
de l'école de Beslan, dans le sud de la Russie, les mères
endeuillées ont reçu l'ordre, sans explication, de se
rendre au cimetière où sont enterrés leurs enfants.
Là, sous leurs yeux, une ambulance a déchargé un
cercueil rempli de restes humains.
Ces morceaux de chair non identifiés reposaient depuis près
de dix mois dans un laboratoire. Pourtant, aucun responsable n'était
disponible pour se justifier ou, au moins, leur apporter du réconfort
aux familles pendant qu'elles pleuraient ou s'évanouissaient.
On leur a simplement fait savoir que les autorités étaient
trop occupées.
Pour ces parents éplorés, toujours traumatisés
par le souvenir de la prise d'otages de 1.128 enfants, parents et enseignants
de l'école de Beslan, en Ossétie du Nord, cet incident
n'est que le reflet de l'indifférence et des tentatives d'étouffement
de l'affaire qui prévalent depuis l'attaque terroriste, qui s'est
déroulée du 1er au 3 septembre 2004. Au moins 330 personnes,
dont 186 enfants, avaient été tués dans l'assaut.
"Nous étions scandalisés qu'aucun responsable ne
soit venu (...) alors qu'ils sont responsables de ce qui s'est passé.
Ces morceaux de chair sont aussi nos enfants", se lamentait Susanna
Dudiyeva, une des femmes présentes au moment de l'incident.
Le raid des terroristes avait débuté le 1er septembre
dernier, jour de la rentrée scolaire. Les otages avaient été
enfermés dans le gymnase de l'école No1 dans une chaleur
écrasante, sans manger ni boire. Deux jours plus tard, des explosions
entendues dans l'établissement avaient déclenché
l'intervention des forces de l'ordre. Les 31 militants avaient finalement
été abattus.
Selon la plupart des habitants de Beslan, les preneurs d'otages avaient
corrompu des responsables de la sécurité afin d'atteindre
l'école avec toutes leurs armes dans un territoire sous haute
surveillance. La population fustige également l'absence de négociations
avec les ravisseurs et l'assaut chaotique lancé par la police
et l'armée après les explosions. Cinq policiers ont été
inculpés de négligence criminelle pour ne pas avoir réussi
à protéger l'établissement avant la rentrée.
Mais rien ne prouve que des complices aient aidé les preneurs
d'otages, selon les autorités. "Ils ont pris des petites
routes, où il n'y avait probablement pas de barrages de police,
voilà pourquoi ils n'ont rencontré aucun obstacle",
argue le procureur général adjoint, Nikolaï Shepel,
en charge du sud de la Russie.
Susanna Dudiyeva, qui préside le Comité des mères
de Beslan, accuse toutefois le gouvernement d'avoir étouffé
l'affaire. Les cheveux déjà gris à l'âge
de 44 ans, elle a perdu son fils de 13 ans, Zaur, dans l'assaut. Elle
milite pour que les responsables locaux et fédéraux soient
eux aussi inculpés de négligence criminelle. "Nous
pourrons éviter d'autres actes terroristes uniquement si les
coupables sont punis", souligne-t-elle.
Pour le premier anniversaire de l'attaque, des ouvriers érigent
de nouvelles tombes en béton et granit rouge, là où
les victimes avaient été enterrées à la
hâte, sous de simples croix de bois. Mais pour de nombreux proches
ou survivants, seul le procès de Nour-Pachi Koulaïev, considéré
comme le seul survivant des auteurs présumés de la prise
d'otages, peut les aider à apaiser leurs blessures.
Son procès a débuté en mai. A l'époque,
les mères endeuillées se disaient prêtes à
le liquider. Depuis, elles le considèrent comme leur principal
espoir de savoir ce qui s'est passé dans le gymnase. Elles ont
même proposé de demander une condamnation moins lourde
s'il raconte tout ce qu'il sait. Mais son avocat commis d'office, Albert
Pliyev, affirme que son client a dit tout ce qu'il savait, c'est-à-dire
que des armes avaient été entreposées dans l'école
avant l'assaut, une information démentie par les autorités.
A l'école, fermée depuis la tragédie, les traces
de sang ont été effacées. Restent les vestiges
de l'attaque: des trous de balles dans les murs, des livres scolaires
éparpillés dans les classes et des jouets, laissés
en hommage aux petites victimes.
Source : AP, 25 août 2005
La Russie aurait évité l'attaque
d'une école à Karachaïevsk
Le président de la république russe de Karatchaïevo-Tcherkessie,
dans le sud du pays, a déclaré mercredi que les autorité
avaient déjoué une attaque terroriste visant une école,
comme à Beslan un an auparavant.
Selon Moustafa Batdiyev, "il y a environ un mois, un acte terroriste
similaire à celui de Beslan a été évité.
La prise d'otages visait une école de Karachaïevsk".
Des agences de presse russes citant des responsables du gouvernement
régional de Batdiyev affirment pour leur part que l'attaque visait
une autre ville de la région, Tcherkessk, et que le complot a
été découvert il y a quatre mois.
Les six terroristes présumés, dont deux jeunes femmes,
ont été encerclés dans un appartement à
Tcherkessk et tués à la mi-mai. D'après une dépêche
de l'agence ITAR-Tass, les enquêteurs ont conclu à un complot
visant une école de Tcherkessk ou de la ville proche d'Oust-Djegout.
Des responsables de la sécurité à Tcherkessk évoquaient
un groupe d'extrémistes islamistes qui serait lié à
un ancien imam de Karachaïevo-Tcherkessie, Achimez Gochiyayev,
considéré comme le cerveau des attentats à la bombe
à Moscou et Volgodonsk (sud) de l'été 1999, qui
ont été invoqués par Moscou pour lancer la deuxième
guerre de Tchétchénie à l'automne 1999.
La prise d'otages de plus de 1.100 élèves, parents et
enseignants à l'école de Beslan s'était terminée
dans un bain de sang, au bout de deux jours, le 1er septembre 2004.
Au moins 330 personnes, des enfants pour plus de la moitié, avaient
été tuées dans la plus grande confusion.
Source : AP, 24 août 2005
Les mères des victimes de l'école
de Beslan quittent les locaux de la Cour suprême à Vladikavkaz
après 28 heures d'occupation
Les mères de victimes de la prise d'otages de Beslan qui ont
passé la nuit de mardi à mercredi dans la salle d'audience
de la Cour suprême ossète, où est jugé l'unique
terroriste survivant, ont cessé leur mouvement mercredi après-midi.
"Nous avons décidé d'arrêter notre action parce
que nous avons compris l'inutilité de nos tentatives", a
déclaré à l'AFP à sa sortie du tribunal
Soussana Doudaeva, la présidente du comité des mères
de Beslan, accompagnée d'une dizaine d'autres femmes, après
28 heures d'occupation du tribunal.
"Nous insistions pour rencontrer le procureur général
adjoint Nikolaï Chepel, mais il a refusé (de venir nous
voir) et dit qu'il nous attendrait au Parquet", a ajouté
Mme Doudieva.
Les mères de Beslan ont annoncé qu'elles refusaient désormais,
à leur tour, de le rencontrer et envisageaient de nouvelles actions
"du même genre".
Une dizaine de mères de Beslan ont passé la nuit de mardi
à mercredi dans la salle d'audience de la Cour ossète.
Elles y attendaient le procureur et protestaient contre le déroulement
du procès qui n'a toujours pas vu venir à la barre des
responsables de l'armée, des services spéciaux ou de la
cellule de crise dont les responsabilités doivent être
établies, selon le comité des mères.
De son côté, le procureur a déclaré qu'il
était prêt à les recevoir et assuré que des
responsables des forces de l'ordre seraient interrogés comme
témoins quand l'enquête sur la prise d'otages sera terminée.
L'avocat des victimes, Taïmouraz Tchedjimov, avait expliqué
à l'AFP que "cette action des femmes est motivée
par le fait qu'elles ont une nouvelle fois été convaincues
que l'enquête préliminaire (sur la prise d'otages) n'est
pas objective, que plusieurs responsables dont la responsabilité
pénale est avérée échappent aux sanctions".
Au total, 330 personnes, dont 186 enfants, ont été tués
dans la prise d'otages de Beslan, du 1er au 3 septembre 2004, sans compter
les membres du commando terroriste tchétchène.
Le seul rescapé parmi les preneurs d'otages, Nourpachi Koulaïev,
est jugé à Vladikavkaz depuis le 17 mai.
L'une des grandes questions -- que le procès ne cherche pas à
éclaircir, selon les mères des victimes -- est la raison
du déclenchement et le déroulement de l'assaut des forces
spéciales, qui aurait causé la mort de nombreux otages.
Source : AFP, 24 août 2005
Des centaines de prisonniers se tailladent les
veines
Quelque 260 détenus d'une prison de Lgov, dans l'ouest de la
Russie, se sont tailladé les veines pour dénoncer les
abus de pouvoir commis, selon eux, par la direction de leur établissement,
a annoncé mardi le parquet régional.
Les prisonniers se sont servis de lames de rasoir pour s'infliger des
coupures dans les veines et le cou lors de ce mouvement de protestation
spectaculaire qui s'est déroulée lundi soir, ont précisé
les services de sécurité cités par les médias
locaux.
Les détenus ne souffrent que de blessures légères,
a indiqué Tatyana Severilova, porte-parole du parquet.
Avant cette manifestation, une enquête criminelle avait déjà
été ouverte contre l'administration de cet établissement
pénitentiaire pour des accusations d'abus d'autorité,
a ajouté la porte-parole, interrogée par téléphone.
Des défenseurs russes des droits de l'homme affirment que près
de 500 prisonniers ont pris part au mouvement de protestation dans cette
prison de Lgov, une ville située non loin de la frontière
ukrainienne, selon les médias.
Pour sa part, l'administration pénitentiaire de Russie a qualifié
ce mouvement d'acte de désobéissance. "Les actions
des détenus étaient destinées à déstabiliser
la situation dans la prison et étaient motivées par leur
refus d'accepter les demandes légitimes de la direction de la
prison pour l'application des règles de détention",
selon un communiqué cité par l'agence de presse Interfax.
Source : AP, 28 juin 2005
02/02/05 - Fin de
l'occupation de l'ambassade bissau-guinéenne à Moscou
Les 46 étudiants bissau-guinéens qui occupaient depuis
mardi dernier leur ambassade à Moscou (Russie) ont cessé
leur mouvement, jeudi 27 janvier, après avoir obtenu l'assurance
qu'ils recevront le paiement de leurs arriérés de bourse,
« qui vont jusqu'à onze mois », rapporte Le Soleil.
Des sources proches du ministère de l'Education indiquent que
quatre mois de bourse devraient être bientôt versés.
27/01/05 - Les étudiants
de Guinée-Bissau prennent leur ambassadeur en otage
200 étudiants de Guinée-Bissau en Russie sont dans une
situation désespérée depuis que leurs bourses ne
leur sont plus versées. À situation désespérée,
action désespérée : constatant que la grève
de la faim qu'ils avaient entamé ne donnait pas de résultats,
une centaine d'étudiants ont envahi la résidence de leur
ambassadeur à Moscou et l'ont pris en otage, exigeant le paiement
immédiat de leurs arriérés de bourses. Le personnel
de l'ambassade s'est opposé à l'intervention de la police
russe, ce qui semble préférable, vu ses méthodes
expéditives et l'habitude qu'elle a pris de gazer les otages
avec leurs ravisseurs. Les étudiants n'ont pas dit ce qu'ils
entendaient faire de l'ambassadeur en cas de refus de satisfaire leurs
revendications. mais on peut compter sur la sagesse africaine pour trouver
une issue à ce drame, qui résulte de la gabegie et de
la corruption.
Source : Big News Network.com , 26 janvier 2005 |