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Ouzbékistan

41 condamnations expéditives à huis clos à des peines de prison de 12 à 20 ans pour le soulèvement d’Andijan


Deux tribunaux de Tachkent ont condamné mercredi 41 personnes à des peines de prison allant de 12 à 20 ans ferme pour leur participation au soulèvement d'Andijan, violemment réprimé par l'armée dans l'est de l'Ouzbékistan en mai, selon l'agence de presse russe Interfax.
Un porte-parole présidentiel ayant requis l'anonymat a affirmé que 42 condamnations avaient été prononcées mais n'a pas fourni de détails. Le parquet n'a pas pu être joint pour expliquer la différence de chiffres.
La semaine dernière, la Cour suprême a déclaré qu'une centaine de personnes étaient jugées dans une nouvelle série de procès à huis clos liés à cette affaire. Ces deux derniers mois, les tribunaux ont condamné 73 hommes à l'issue de procès considérés par les organisations de défense des droits de l'Homme comme des manipulations orchestrées par le gouvernement.
Le soulèvement du 13 mai a commencé lorsque des militants ont pris d'assaut une prison pour en libérer 23 hommes d'affaires jugés pour extrémisme musulman. Ils ont aussi pris le contrôle de bâtiments de l'administration locale et pris des otages, tandis des milliers de manifestants se rassemblaient non loin pour faire entendre leurs griefs économiques et sociaux.
Selon des témoins et organisations de défense des droits de l'Homme, des centaines de civils ont été tués dans la répression qui a suivi. Le gouvernement a imputé les violences aux islamistes et affirmé qu'il y avait 187 morts. Le gouvernement du président Islam Karimov a rejeté les appels de la communauté internationale à l'ouverture d'une enquête indépendante et a expulsé les forces militaires américaines d'une base en réponse à des critiques des Etats-Unis.
Par ailleurs, on a appris vendredi la démission du ministre de l’Intérieur, officiellement pour “raisons de santé”, sans doute plus vraisemblablement pour calmer les organisations de défense des droits humains qui le rendaient rsponsable du massacre d’Andijan.
Source : AP, 21 décembre 2005

 

le kazakhstan a livré 8 réfugiés à l’Ouzbékistan


Selon Amnesty Intrnational, le gouvernement kazakh a remis à l’Ouzbékistan le 29 novembre 8 Ouzbeks qui s’étaient réfugiés au Kazakhstan. Il s’agit de Ruhiddin Fahruddinov, Abdurahman Ibragimov, Tohir Abdusamatov, Sharofuddin Latipov, Nozim Rahmanov, Alisher Mirzaholov, Abdurauf Holmuratov et Alizhon Mirganiev. 4 d’entre eux étaient poursuivis pour “appartenance à une organisation religieuse interdite”, deux autres pour “tentative de renversement de l’ordre constitutionnel” et les deux derniers pour des motivations inconnues. Selon certaines informations, les 8 hommes ont été aussitôt emprisonnés et seuls deux d’entre eux se sont vus donner l’accès à des avocats. Ils risquent évidemment de stortures et des mauvais traitements, mais cela va de soi...

 

L'armée US retire son dernier avion de la base de Karshi-Khanabad


L'armée US a retiré lundi son dernier avion d'une base aérienne ouzbèke qui avait largement servi aux opérations militaires US en Afghanistan, a annoncé un diplomate américain.
Le président ouzbek Islam Karimov avait ordonné en juillet dernier aux troupes US de quitter la base aérienne dans les six mois, Washington s'étant joint à la condamnation internationale d'une répression sanglante menée par le gouvernement à Adijan (est) dans laquelle, selon des mouvements des droits de l'homme, des centaines de civils ont été tués.
"Le dernier avion a quitté la base aérienne de Karshi-Khanabad" lundi après-midi, a déclaré l'attaché militaire US Gregory White.
Source : AP, 21 octobre 2005


15 insurgés d'Andijan condamnés à des peines de 14 à 20 ans de prison


La Cour suprême ouzbèke a condamné lundi 14 novembre à des peines allant de 14 à 20 ans de réclusion les 15 meneurs présumés du soulèvement réprimé dans le sang en mai à Andijan (est de l'Ouzbékistan).
Le président du tribunal, Bakhtior Jamolov, a cité lors de la lecture du verdict un à un les noms des prévenus, les reconnaissant coupables d'avoir tenté de "renverser le système constitutionnel ouzbek pour mettre en place un Etat islamiste" et d'avoir commis dans ce cadre "des crimes graves". Le procureur avait requis fin octobre des peines allant de 15 à 20 ans de prison contre les prévenus, poursuivis notamment pour terrorisme, meurtre, prise d'otages et atteinte à l'ordre constitutionnel.
M. Jamolov a par ailleurs repris les accusations du procureur qui tout au long du procès avait dénoncé un complot international pour renverser le régime ouzbek. "Des forces étrangères, afin d'assouvir leurs intérêts géopolitiques, ont utilisé les droits de l'Homme comme une couverture, des ONG locales et internationales et les médias étrangers qu'elles contrôlent, pour (...) déstabiliser la situation sociale et politique et créer les conditions d'une révolution colorée" comme en Ukraine ou en Géorgie, a déclaré le juge.
Dans la nuit du 12 au 13 mai, un groupe armé avait pris d'assaut une prison d'Andijan pour libérer 23 hommes d'affaires détenus pour islamisme. L'armée ouzbèke avait alors réprimé l'insurrection et, selon de nombreux témoins et journalistes, ouvert le feu sur des manifestants pacifiques, ce que le pouvoir nie.
Les ONG estiment que des centaines de personnes ont trouvé la mort au cours de la répression, mais Tachkent ne reconnaît que 187 victimes et a refusé que soit conduite une enquête internationale indépendante. Les 15 accusés ont tous reconnu leur culpabilité et demandé pardon au président ouzbek Islam Karimov au premier jour de ce procès, dénoncé comme une parodie de justice à l'étranger.
Source : AFP, 14 novembre 2005