L'homme du soleil à l'ombre
Sanjar Umarov, leader de la coalition d'opposition Serquyosh O'zbekistonim
(en anglais Sunshine Uzbekistan, qu'on pourrait traduire Ouzbékistan
en plein soleil) est un libéral. Le mois dernier, il a effectué
une visite à washington, où il a recnotré des
officiels fédéraux, des représentants de la
banque mondiale et des universitaires. Samedi 22 octobre, il a été
arrêté par la police de Tachkent et mis au secret.
Lundi, on a appris qu'il était inculpé pour "vol
à grande échelle", en application de l'article
167 du Code pénal. Homme d'affaires très aisé,
Umarov n'a plus d'activités commerciales ou industrileles
depuis qu'il est devenu politiquement actif. des membres de sa famille
sont installés aux USA. Bref, un homme qui a tout pour plaire
à Washington et déplaire à Tachkent, capitale
de la Karimovlandia.
Source : BBC et Sunshine Uzbekistan, 24 octobre 2005
Un imam tombe martyr en prison
Les sbires d'Islam Karimov ont à
nouveau tué. Cette fois-ci la victime est un imam, Shavkat
Madumarov, qui purgeait une condamnation à sept ans de détention
pour "wahabisme". Selon sa famille, qui n'a pas été
autorisée à voir le corps, il est mort des suites de
tortures. Selon les autorités ouzbèkes, il est mort
du SIDA et d'anémie. Un nouveau forfait à mettre sur
la longue liste des crimes d'Islam Karimov le malnommé. Source
: news.bbc.co.uk
Pour punir Karimov, le Sénat US bloque
un paiment de 23 millions de $
Pour punir le gouvernement ouzbek d'avoir mis fin en juin dernier à
l'accord pour l'utilisation de la base militaire de Karshi-Khanabad
(K-2), dans le sud-est du pays, le Sénat US vient de voter le
blocage du paiement des frais de location de cette base, soit 23 millions
de $. Le sénateur républicain John McCain, à l'origine
de l'amendement qui a bloqué ce paiement pour au moins un an,
a déclaré : « Il est important de payer nos factures.
Mais il est plus important encore que l'Amérique reste sur son
quand-à-soi et évite de donner la mauvaise impression
qu'elle ignore les massacres et qu'elle évite aussi des transferts
de cash à la trésorerie d'un dictateur. » McCain
a aussi proposé d'envisager des sanctions contre le gouvernement
Karimov, au lieu de lui "transférer des millions de dollars venant
des contribuables".
Le régime Karimov prépare un nouveau
procès-spectacle
Les procès truqués à grand spectacle mais à
guichets fermés - ils sont purement à usage interne- sont
une grande spécialité du régime d'Islam Karimov.
Parfois cependant, ils tournent mal. C'est ce qui s'est passé
le 13 mai dernier à Andijan, dans la vallée de Ferghana.
Le procès de 23 musulmans pieux engagés dans des actions
caritatives mais accusés d'activités terroristes a déclenché
un véritable soulèvement. les insurgés ont libéré
les prisonniers de la prison de la ville et ont eu de nombreux morts
- entre 187 (chiffre officiel) et plusieurs milliers. Les accusés
étaient accusés d'appartenir au mouvement Akramiya, fondé
par Akram Yuldoshev, un dissident du Hizb ut-Tahrir, lui-même
condamné sur la base d'une fausse accusation de trafic de drogue
en 1998. Plusieurs centaines d'habitants se sont enfuis après
le massacre au Kirghizistan, d'où 234 d'entre eux ont été
transférés en Roumanie, où ils obtenu l'asile.
106 personnes ont été officiellement arrêtées
et font l'objet d'une enquête. Le premier procès contre
15 d'entre eux doit s'ouvrir le 20 septembre. Une nouvelle occasion
pour le régime ubuesque de Karimov de montrer le mépris
dans lequel il tient la loi. Pour préparer l'mbiance, les services
du procureur général viennent de publier une déclaration,
dans laquelle ils accusent, sans les nommer, des "médias"
et des "groupes" étrangers d'avoir suscité le
soulèvement d'Andijan "pour imiter un soulèvement
populaire" et permettre aux groupes étrangers des droits
de l'homme, "omniprésents" et aux journalistes de rapporter
des "massacres allégués de civils désarmés".
Ayant rompu avec Washington après ce massacre, Karimov aura du
mal à empêcher la présence d'observateurs et de
journalistes étrangers à ce procès du 20 septembre.
Mais cela ne suffira pas à garantir un procès équitable.
Le bâillon après la répression
par Lorraine MILLOT, Moscou, Libération, 8 septembre 2005
«Il n'y a pas encore de réponse de Tachkent pour votre
visa», «Je ne sais pas pourquoi cela prend tellement de
temps», «On vous prévient dès qu'on aura une
réponse»... Virtuoses de la langue de bois, les diplomates
ouzbeks continuent à prétendre que le pays d'Islam Karimov,
au pouvoir depuis 1991, est «ouvert» aux journalistes. De
facto, depuis le massacre d'Andijan en mai, au cours duquel l'armée
a ouvert le feu sur la foule et fait au moins 187 morts (chiffre officiel),
pratiquement pas un seul journaliste occidental n'a pu se rendre librement
dans ce pays et enquêter sur ce qui s'est passé dans cette
ville de la vallée de Ferghana.
Pays de carte postale. «La pression sur nous est très
forte, soupire un journaliste ouzbek, qui travaille pour un média
occidental à Tachkent mais n'ose plus donner son nom. Nous avons
reçu des menaces... et on ne sait pas combien de gens ont été
arrêtés au total dans tout le pays depuis Andijan.»
Fin août encore, un journaliste du service ouzbek de Radio Liberty,
Nossir Zakirov, a été condamné à six mois
de prison pour «outrage à agent des services spéciaux».
«Les journalistes étrangers indépendants sont interdits
de visa et les locaux pris en étau, résume un observateur
local. Résultat, l'Ouzbékistan est comme un trou noir
où on ne sait plus vraiment ce qui se passe.»
Les sites Internet critiques, comme ceux de la BBC en ouzbek ou de l'agence
russe ferghana.ru, sont souvent inaccessibles depuis Tachkent, indique
un autre résident. Pendant ce temps, la télévision
nationale, aux mains du régime, montre un Ouzbékistan
de carte postale, les enfants heureux de retourner à l'école,
des routes en construction... «Il y a même très peu
de nouvelles de l'étranger, pour ne surtout pas laisser transparaître
qu'il peut y avoir des pays où l'on vit mieux», constate
un téléspectateur.
Dans ce quasi-huis clos, la lumière se fait très difficilement
sur pourquoi et comment, le 13 mai dernier, l'armée a ouvert
le feu sur des manifestants au centre d'Andijan, tirant à vue
puis achevant les fuyards et les blessés, d'après plusieurs
témoignages. Selon ceux-ci, les forces de l'ordre auraient fait
plus de 500 morts. Talib Iakoubov, président d'une société
ouzbèke des droits de l'homme à Tachkent, parle même
maintenant de «plus de 5 000 morts». Une rumeur tenace dans
la capitale veut même que le président Karimov ait délibérément
provoqué ce bain de sang pour montrer que son régime ne
se laisserait pas si facilement emporter par une «révolution
colorée», comme ce fut le cas en Géorgie, en Ukraine
et chez son voisin kirghiz. Toutes les demandes d'enquête internationale
présentées par l'ONU, l'OSCE, l'Union européenne
ou les Etats-Unis ont été écartées par le
régime.
Un procès des «coupables» de l'insurrection d'Andijan
s'ouvrira le 20 septembre, a récemment annoncé le Président,
qui sans doute essaiera d'y faire une fois de plus la démonstration
que des «terroristes», soutenus par l'étranger, étaient
à l'oeuvre. «Mais cela fait treize ans que Karimov présente
ses opposants comme des terroristes, observe Talib Iakoubov. Et après
ce qui s'est passé à Andijan, les gens le croient maintenant
moins que jamais. Karimov va se discréditer avec ce procès.»
«Terrorisme». Combien de temps encore ce président
couvert du sang de ses citoyens pourra-t-il se maintenir au pouvoir
? «ça fait cinq ans déjà qu'on dit que le
pays est au bord de la rupture, répond un observateur occidental.
L'économie est bloquée, le chômage énorme,
certains jours il n'y a même pas d'argent dans les banques et
cette année la saison touristique a été particulièrement
mauvaise. Le mécontentement est très fort. Mais les gens
ont aussi très peur.» Les Etats-Unis, sommés après
Andijan d'évacuer leur base militaire d'ici janvier, ont maintenant
à coeur de préparer l'après-Karimov. Mais la Russie,
qui cherche désespérément à conserver son
influence en Asie centrale, soutient encore le dictateur : elle a du
moins publiquement approuvé sa répression du «terrorisme»
à Andijan.
Karimov aurait-il changé de côté?
by Abid Mustafa, http://usa.mediamonitors.net, 10 août
2005.
Traduit par Quibla.
L’auteur, spécialiste
des affaires musulmanes, vit au Royaume-Uni
Le 29 juillet, le gouvernement Ouzbek a remis une note à l'ambassade
US, stipulant que les USA devaient fermer leur base militaire et cesser
toute opération à Karshi-Khanabad (base connue comme 'K2')
dans les 6 mois. Rumsfeld avait auparavant nié que cette base
fût importante pour les opérations militaires US dans la
région. Il avait déclaré : "Nous prenons toujours
nos dispositions... Ca ira bien". Pourtant, en mai, un fonctionnaire
du Pentagone, Bryan Whitman avait décrit la base ouzbèke
comme étant "indéniablement cruciale pour l’appui
à nos opérations de combat". Le quotidien "Nezavisimaya
Gazeta" a également reporté, le 8 août 2005,
que des commandos russes avaient été déployés
en Ouzbékistan pour reprendre la base aérienne K2 après
le départ des troupes US. La question se pose donc de savoir
si Karimov a viré de bord, et s'est placé dans la sphère
d'influence russe. Et également quelle est l'impact de ce coup
sur le plan US de contrôle des riches réserves énergétiques
de la région.
Les tensions entre Karimov et les USA ont commencé à apparaître
au lendemain du massacre d'Andijan. Les USA se sont montrés lents
à apporter leur appui et n’ont réagi à cet
incident qu’en sourdine. En revanche, le 20 mai 2005, l'ambassadeur
intérimaire US, Anne Patterson a pressé Koffi Annan d'appeler
à une enquête sur le massacre par l’ONU. Au même
moment, l’Union européenne demandait une enquête
internationale sur les tueries d’Andijan. Ce qui a irrité
Karimov, qui s'attendait à un plus grand soutien de la part des
USA pour sa répression brutale du soulèvement à
Andijan. Sentant un clash entre Karimov et les USA, la Russie a cherché
à amener Karimov dans sa sphère d'influence et a fait
en sorte de bloquer tout appel à une enquête internationale
sur les massacres. Le 25 mai, lors d'une réunion des membres
et des partenaires de l'OTAN en Suède, le du vice-ministre des
affaires étrangères russes Vladimir Chijov a déclaré
à l'agence Reuters que "mettre en avant une demande d'enquête
internationale comme un ultimatum, n'est ni approprié ni équitable".
Le Conseil de l'Atlantique Nord n’en a pas moins ignoré
les inquiétudes russes, et a publié une déclaration
condamnant le régime de Karimov. La déclaration dit :
"Nous soutenons l'appel des Nations Unies pour une enquête
internationalme indépendante sur ces événements,
et pressons les autorités ouzbèkes d’autoriser une
telle enquête." En réponse, Ouzbékistan a refusé
d'envoyer son ministre de la Défense à une réunion
ministérielle de l'OTAN le 9 juin 2005, et un officiel de l'OTAN
a déclaré que l'Alliance était en train de revoir
ses liens avec le pays après les massacres de mai, à en
croire l’agence Reuters. La Russie a de nouveau sauté sur
l'occasion pour soutenir Karimov, et a rejeté les appels à
une enquête internationale. "La Russie ne soutiendra pas
l'appel de l'OTAN à une enquête internationale sur les
récents troubles en Ouzbékistan", a déclaré
le ministre russe de la défense, Sergueï Ivanov.
Mais l'Union Européenne et les USA ont continué à
ignorer les tentatives russes d’ empêcher une enquête
internationale, et ont commencé à exercer des pressions
sur Karimov pour qu'en soit menée une sous les auspices d'observateurs
internationaux. Le 15 mai, le porte-parole du département d'état
US Sean McCormack a déclaré que l'administration Bush
avait dans un passé récent bloqué de l'aide US
à l’Ouzbékistan en raison des ses maigres performances
en matière de droits de l'homme, et que la politique à
l'égard de ce pays était en train d'être revue,
alors que les USA faisaient pression pour une enquête crédible
et indépendante sur les événements d'Andijan. Karimov
a réagi avec colère aux menaces US de couper l'aide, et
s'est mis à interdire les vols US à la base aérienne
K2. A propos de cette interdiction, un porte-parole du Pentagone, Bryan
Whitman, a déclaré : "Les autorités ouzbèkes
n'autorisent plus les vols nocturnes à partir de ou vers base
aérienne de Khanabad, que l'armée US utilise pour fournir
un appui aux forces alliées en Afghanistan, et pour faire parvenir
l'aide humanitaire à ce pays." Il s’est ensuivi une
demande du gouvernement ouzbek que les USA payent pour utiliser la base.
Tout en formulant de telles demandes, le régime de Karimov rappelait
aux USA que leur séjour à Khanabad n'était que
temporaire. Ce rappel reflétait les préoccupations exprimées
par l’Organisation de Coopération de Shanghaï (OCS),
qui est constituée de la Chine, de la Russie, de l’Ouzbékistan,
du Kirghizistan, du Tadjikistan et du Kazakhstan. Ces pays se sont réunis
le 5 juillet 2005, et ont demandé aux USA de fournir un agenda
de retrait de leurs troupes d'Afghanistan et d'Asie Centrale.
Cependant ce fut l'utilisation par les Nations Unies de la base K2 pour
transporter plus de 440 Ouzbeks du Kirghizistan vers la Roumanie, qui
a décidé Karimov à couper ses liens avec les USA.
À propos de ce transport aérien, le ministre des Affaires
étrangères roumain, Mihai Razvan Ungureanu, a déclaré
que les Ouzbeks voyageront vers d'autres pays, notamment vers les USA,
où ils seront sans aucun doute débriefés, et certains
seront recrutés par les services secrets US. Le lendemain, le
1er août, le gouvernement ouzbek lançait un ultimatum aux
USA, et déclarait que les USA avaient 6 mois pour retirer leurs
troupes de K2. Washington annulait immédiatement la visite de
Nicholas Burn, et annonçait que l'Amérique respecterait
la date-limite fixée par Karimov. Là-dessus, Washington
a durci ses critiques du régime de Karimov, rejoint par l'Union
Européenne qui a immédiatement coupé toute aide
à Karimov.
La réponse russe fut l’exact opposé. Le 1er août,
un porte-parole de la Chambre haute du parlement russe déclarait
que l’Ouzbékistan avait pris la bonne décision en
demandant aux USA de retirer leur base militaire. La Russie ainsi que
la Chine ont tiré profit des relations tendues entre Karimov
et les USA de ces derniers mois pour consolider les accords économiques
avec l’Ouzbékistan. Karimov s'est rendu en Chine pour signer
de nouveaux traités d'amitié et des accords énergétiques
avec Pékin, et il a reconduit les contrats entre l’Ouzbékistan
et la Russie pour les exportations de gaz naturel.
La perte de la base K2 n'affectera pas les opérations US en Afghanistan.
Dès le début, cette base était plutôt un
moyen pour les USA de mettre un pied dans la région de la Mer
Caspienne et au-delà. Mais pour le moment cette stratégie
semble de plus en plus compromise, alors que la Chine et la Russie exploitent
toutes deux l'échec US en Afghanistan et en Iraq pour contrer
leur présence en Asie Centrale. La rivalité entre ces
puissances n'est que le début d'une longue lutte pour le contrôle
des riches ressources pétrolières de la région.
Opportune « fenêtre de tir »,
en Ouzbékistan
par Anora Mahmudova, http://www.opendemocracy.net,
26 juillet 2005. Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier pour Quibla
L’auteure est une journaliste ouzbèke vivant aux USA [Le
régime d'Islam Karimov recourt à toutes les armes possibles
et imaginables - les flingues, le mensonge, la diplomatie - afin de
pérenniser son pouvoir dictatorial. Mais Muhammad Solih, dirigeant
de l'opposition ouzbek laïque, explique à Anora Mahmudova
que le changement attendu est annoncé.]
Le massacre de manifestants pacifiques, dans la ville
ouzbèke d'Andijan, le 13 mai dernier, est une tragédie
qui ne connaît pas de fin. Aucune conclusion n'est possible :
ni pour les endeuillés, auxquels est déniée la
vérité quant à la mort de leurs êtres chers
; ni pour les survivants, dont beaucoup ont fui au-delà de la
frontière, au Kirghizistan.
Avec le passage de chaque journée, il devient
de plus en plus difficile d'obtenir la vérité sur les
tueries épouvantables d'Andijan. Il n'y a toujours pas de chiffrage
précis et fiable du nombre des tués, ni d'information
sur ce qui s 'est passé exactement. Le gouvernement ouzbek, à
Tachkent, a rejeté moult requêtes d'enquête indépendante
; le soutien qu'il reçoit des voisins russes et chinois l'a même
incité à pousser l'audace jusqu'à accuser des gouvernements
occidentaux d'avoir suscité les révoltes dirigées
contre le régime de Karimov.
La « tentative de renversement du régime
constitutionnel » - inscrite à l' article 159 du code pénal
ouzbek - est utilisée comme principale arme légale contre
les dissidents ouzbeks ; ils sont couramment accusés, également,
d' « activités extrémistes et terroristes »,
ou encore d'appartenir au Mouvement Islamique d'Ouzbékistan ou
au Hizb-u-Tahrir [Parti de la Libération], deux formations oppositionnelles.
Le gouvernement ouzbek considère que le fait
d'être un opposant est la preuve de l'intention de renverser le
gouvernement et d'instaurer une démocratie à la mode Taliban,
ainsi que de nourrir le terrorisme. Le cercle rapproché d'Islam
Karimov - secondé par les enfants éduqués à
l'occidentale de l'élite au pouvoir et des entreprises dispendieuses
de relations publiques - caricaturent toute opposition en la présentant
comme islamiste. Résultat : il y a peut-être six ou sept
mille personnes emprisonnées en Ouzbékistan (d'après
Human Rights Watch), accusées d'être des extrémistes,
des terroristes et des islamistes dangereusement subversifs.
Mais le controverse autour du choix entre Karimov
et les Talibans peut compter sur bien plus que le simple soutien de
la Chine et de la Russie. Les excuses invoquées par certains
analystes après le massacre d'Andijan - à savoir que Karimov
a besoin de recourir à la force pour mater les terroristes -
reflètent les avis persistants d'Occidentaux influents, tel Henry
Kissinger, qui fit l'éloge de Karimov en raison de « son
importante contribution au combat contre le terrorisme international
». A l'époque, Karimov fut même un hôte honoré
de la Maison Blanche dirigée par George W. Bush. Sa visite avait
été organisée par des membres de la communauté
juive de Boukhara, dont la plupart des membres avaient quitté
depuis fort longtemps l'économie ruinée de leur ancienne
capitale pour Israël et les Etats-Unis. Rafael Nektalov, originaire
de Samarkand, éditeur du quotidien Bukharian Times, m'a confirmé
que les juifs de Boukhara soutiennent fermement Karimov. Lui ayant demandé
s'il considérait que massacrer 173 civils (c'est le chiffre admis
par le gouvernement ouzbek) n' était pas un crime, il me répondit
que « ce n'est pas une question de nombre : si [le massacre d']
Andijan a été fait, c'est au nom d'une 'plus grande stabilité'.
»
Que sont les Ouzbeks de l'opposition ?
Les gens qui pensent comme Rafael Nektalov croient
en l'affirmation de Karimov, selon qui l'unique alternative à
son régime serait un gouvernement islamiste fondamentaliste.
Les ennemis cités par le régime ouzbek, en association
avec l'insurrection d'Andijan - à savoir : le Mouvement Islamique
Ouzbek et le Hizb-ut-Tahrir - ne présentent aucune preuve évidente
permettant de soutenir cet argument. Le MIO a bien mené des attaques
armées contre le gouvernement, au début des années
1990, mais il a fusionné par la suite avec les Talibans, dont
il a partagé la défaite et la dispersion, en novembre
2001.
Quant au Hizb-ut-Tahrir, il n'a jamais été
associé de manière convaincante à une quelconque
action armée. Son QG londonien dénie toute participation
à l' insurrection d'Andijan, et m'a dit qu'ils sont en faveur
de la création d'un califat islamique, mais uniquement par des
moyens pacifiques. Les membres du Hizb-ut-Tahrir qui se font arrêter
en Ouzbékistan sont presque toujours accusés au titre
de l'article 159 et passent en jugement collectif. Ils sont habituellement
accusé d'avoir distribué des tracts (rédigés
en arabe) appelant à l'instauration d'un califat en Asie centrale,
tout en étant en possession de balles (et tout à fait
exceptionnellement d' armes à feu.). La débilité
de la plupart des accusations de cet acabit saute aux yeux : Ismail
Odilov, un militant des droits de l'homme, a fait état d' un
cas où la police a dissimulé des tracts et une balle dans
les poches d'un aveugle.
Il est vraisemblable que la très sévère
crise économique et le très important chômage en
Ouzbékistan puissent avoir radicalisé certains hommes
jeunes, et les avoir persuadés d'accepter de l'argent en contrepartie
de distributions de tracts. Mais prétendre que le Hizb-ut-Tahrir
aurait un véritable soutien politique en Ouzbékistan serait
pousser le bouchon un peu trop loin. Ils semblent dépourvu de
toute stratégie politique en vue d' établir un califat,
et ils se comportent bien plus comme des adeptes d'une secte chrétienne
attendant la seconde venue du Christ que ceux d'une organisation cohérente.
Il n'est pas évident que le gouvernement ouzbek
croie sa propre propagande à propos du Hizb-ut-Tahrir, mais le
statut clandestin de ce parti donne aux médias domestiqués
de Karimov tout le loisir de l'accuser à volonté, et de
faire taire toute voix dissidente en Ouzbékistan, par la même
occasion.
Islamistes et laïcs
Quoi qu'il en soit, après soixante-dix ans de
gouvernement soviétique, la population ouzbèle est totalement
laïque dans sa vie quotidienne. Les hommes boivent de la vodka,
les femmes ne portent pas de fichu sur la tête avant leur mariage,
et très peu de jeunes fréquentent les mosquées.
Bien sûr, beaucoup d' Ouzbeks révèrent les imams
et le saint Coran (même s'ils sont incapables de le lire). Mais
rien n'indique que si on leur en donnait vraiment le choix, ils suivraient
les « islamistes » et leur programme, au détriment
d'une opposition démocratique et laïque.
En même temps, l'opposition laïque qui
s'était développée au début de l'ère
post-soviétique a été progressivement marginalisée
par la répression impitoyable de Karimov, répression que
l'Occident « démocrate » a tolérée.
Son principal parti d'opposition est Erk (Liberté), dont le dirigeant
Muhammad Solih vit en exil depuis treize ans, soit depuis sa défaite
aux élections truquées de 1992.
Une poignée de fortes têtes des partis
Erk, Birlik (Unité) et Ozod Dehkonlar (Les Fermiers libres) sont
couramment harcelés, tabassés, emprisonnés ou assignés
à résidence. En l'absence de médias, il leur est
difficile de communiquer avec le peuple, ou d'engager un débat
public. Afin de remplir l'espace qui devrait normalement être
dévolu au débat public, le gouvernement a inventé
des partis d' « opposition » fictive, légalement
enregistrés, dont cinq ont emporté des sièges au
parlement. Le candidat « anti-Karimov », aux dernières
« élections » présidentielles a vendu lui-même
la mèche de cette mascarade en annonçant, en sortant du
bureau de vote, qu'il avait voté pour Islam Karimov.
Lors de notre dernière rencontre, Muhammad
Solih était toujours combatif et plein d'espoir ; il garde quelque
chose du charisme qui lui a valu d' apparaître comme un possible
dirigeant d'un Ouzbékistan démocratique, au début
des années 1990. Après [le massacre d'] Andijan, une coalition
de partis authentiquement d'opposition l'ont élu en tant que
leur représentant. Il m'a dit que le parti Erk est encore assez
puissant pour s'opposer au gouvernement ouzbek : « Nos membres
continuent à exiger la liberté, même si eux-mêmes
et leurs familles doivent subir les traitement brutaux du régime
Karimov. Mais qui peut dire si le Hizb-ut-Tahrir ou le Mouvent Islamique
d'Ouzbékistan sont plus fort que nous ? Ils sont clandestins.
Ils n'ont pas de programme politique qui puisse trouver des adeptes
en Ouzbékistan. Le programme du Hizb-ut-Tahrir est une doctrine
panarabe : un califat, avec la shari'a pour mode de vie, et l'arabe
pour lingua franca ».
Un autre motif de confiance, pour Slih, c'est le froid
consécutif à Andijan qui s'est installé entre Tachkent
et Washington, l'administration américaine commençant
à prendre conscience de la nature réelle de son allié
ouzbek. Solih lui-même s'est vu accorder un visa américain,
après qu'il lui ait été refusé depuis plus
de dix ans, et il en a profité pour faire le tour du pays, s'adressant
à des boîtes à idées [think tanks], rencontrant
des sénateurs et certains responsables de l'exécutif américains.
En toutes ces occasions, il a exhorté l'administration américaine
à soutenir les forces démocratiques en Ouzbékistan.
Les États-Unis et l'Ouzbékistan
La demande de Muhammad Solih risque de s'avérer
difficile à satisfaire, parce que la politique étatsunienne
est partagée entre le Pentagone (qui veut poursuivre la coopération
extensive des États-Unis avec l'Ouzbékistan) et le Département
d'Etat (qui est conscient de la contradiction qu'il y aurait entre encourager
la « démocratie » dans le monde musulman et soutenir
Karimov.)
Le régime Karimov a quant à lui ses
propres cartes, qu'il peut jouer. Il cultive depuis longtemps l'amitié
de Moscou et de Pékin, même s'il se veut le plus ferme
allié des États-Unis dans la région. L'Organisation
de Coopération de Shanghai, qui comporte la Russie et la Chine,
ainsi que l' Ouzbékistan et trois autres pays d'Asie centrale
(Kirghizistan, Tadjikistan et Kazakhstan) a publié une déclaration
demandant aux États-Unis de décider d'une date butoir
pour le retrait de leurs troupes du Kirghizistan et d' Ouzbékistan.
Le ministre ouzbek des Affaires Etrangères
a indiqué que la base militaire de Karshi-Khanabad, que l'armée
américaine utilise afin de soutenir ses opérations et
d'acheminer de l'aide humanitaire vers l'Afghanistan, ne devait servir
initialement qu'à des opérations militaires anti-Talibans.
« Tout autre motif d'une présence militaire des États-Unis
en Ouzbékistan n'a jamais été prise en considération
par la partie ouzbèke », a déclaré un communiqué
ministériel.
La délicatesse de la position stratégique
des États-Unis en Asie centrale, tandis qu'ils poursuivent leur
« guerre à la terreur », est intensifiée par
la reprise des combats en Afghanistan et la démonstration que
l'État-pivot qu'est l'Ouzbékistan ne saurait être
plié à leurs quatre volontés. Mais l'avenir politique
d'Islam Karimov est encore plus incertain. Sa politique économique
est désastreuse, elle n'offre à son peuple aucun futur
à long terme ; sa stratégie intérieure pourrait
aboutir à la création précisément de ce
fantôme islamiste inventée par son imagination cynique
; des signes existent que la dissidence est croissante, plus particulièrement
au sein du régime lui-même. Dans ce flux post-Andijan,
le peuple ouzbèke mérite de se voir offrir l'option d'un
gouvernement démocratique et laïc, dévoué
à leur apporter liberté et prospérité.
US GO
HOME ! Le Sénat ouzbek approuve la demande de départ des
militaires US
Le Sénat de Tachkent a approuvé
à l'unanimité de ses 93 membres, vendredi 26 août,
l'ordonnance du gouvernement en date du 29 juillet, qui fixe un ultimatum
de 6 mois aux troupes US pour évacuer la base militaire de
Karshi-Khanabad, dans le sud du pays. La décision avait été
prise par le gouvernement ouzbek quuelques heures après l'évacuation
de 1 400 réfugiés ouzbeks du Kirghizistan vers la Roumanie.
ces réfugiés avaient fui l'Ouzbékistan après
le massacre d'Andijan le 13 mai 2005, présenté comme
la répression d'une insurrection islamiste, mais donc les causes
exactes demeurent encore largement mystérieuses. Ce qui est
sûr, c'est qu'au moins 500 personnes ont été tuées
par l'armée et la police et que plusieurs milliers ont été
arrêtées après les incidents.
Source : AP et The Independent, 26 août 2005
Igor
Rotar expulsé après deux jours de détention
Le journaliste russe Igor Rotar, correspondant du site norvégien
Forum 18 a été expulsé d'Ouzbékistan,
après avoir été détenu pendant deux jours
et deux nuits à l'éaroport de Tachkent. La police ouzbèke,
après avoir tenté en vain de le convaincre d'acheter
un billet d'avion pour une autre destination, a finalement émis
un ordre d'expulsion indiquant comme raison : "Entrée
en Ouzbékistan fermée". Ainsi en va-t-il au royaume
d'Islam Karimov...
Source : www.forum18.org, 16 août 2005
Arrestation du journaliste Igor Rotar
Le journaliste russe indépendant Igor Rotar, qui collabore à
plusieurs médias dont le site web norvégien Forum 18 -
spécialisé dans la question des libertés religieuses
en Asie centrale et au Caucase -, a été arrêté
à sa descente d'un avion en provenance de Bichkek, au Kirghizistan,
à l'aéroport de Tachkent, le 11 août. Les autorités
ouzbèkes ont refusé de commenter cette information, qui
a suscité l'inquétude de plusieurs ONG, dont le Comité
pour la protection des journalistes, basé à New York.
Source : http://www.eurasianet.org
, 11 août 2005
Le bilan officiel du massacre d'Andijan passe
à 187 morts
Le bilan officiel des troubles sanglants qui ont secoué le 13
mai la ville d'Andijan, dans l'est de l'Ouzbékistan, est passé
de 176 à 187 morts, annonce un responsable ouzbek au lendemain
de la publication d'un rapport de l'Onu faisant état de "200
à 700 tués".
Selon les données officielles des autorités de Tachkent,
le bilan de 187 morts comprend 94 "terroristes", 20 policiers,
11 militaires et 57 civils. Cinq personnes doivent encore être
identifiées.
"L'augmentation du bilan est dû au décès de
certains blessés à l'hôpital. Ce sont des victimes
des terroristes", a déclaré à Reuters Svetlana
Artikova, porte-parole du procureur général de Tachkent.
Les enquêteurs des Nations unies ont déclaré mardi
que l'armée ouzbèke pourrait avoir tué "entre
200 et 700 hommes, femmes et enfants" à Andijan, un bilan
bien plus lourd que les celui du gouvernement d'Islam Karimov.
Le rapport de l'Onu accuse les forces de sécurité d'avoir
commis "de graves violations des droits de l'homme" en tirant
sans sommation contre la foule désarmée, acte qui "s'apparente
à une tuerie de masse".
"Les motivations des forces de sécurité étaient
moins de rétablir l'ordre et de remettre la main sur les prisonniers
évadés (...) que de tuer le plus de gens possible, y compris
des femmes et des enfants", poursuit le rapport, qui réclame
"une enquête internationale complète et indépendante"
sur place.
L'Ouzbékistan a refusé de laisser une commission d'enquête
opérer sur son territoire, mais quatre inspecteurs du Haut Commissariat
aux droits de l'homme ont passé deux semaines en Kirghizie en
juin, où ils ont interrogé des témoins et des survivants
du massacre.
Les manifestants du 13 mai protestaient contre le procès de 23
hommes d'affaires locaux, considéré comme une nouvelle
persécution du gouvernement contre cette vallée reculée
de la Ferghana, et avaient investi la prison et le siège de l'administration
régionale. Selon des témoins, les forces de sécurité
ouzbèkes avaient violemment réprimé ce soulèvement
en n'hésitant pas à ouvrir le feu sur la foule.
Source : Reuters, 13 juillet 2005
Selon l'ONU, l'armée
ouzbèke a tué entre 200 et 700 personnes à Andijan
Les enquêteurs de l'Onu ont déclaré que l'armée
ouzbèke pourrait avoir tué "entre 200 et 700 hommes,
femmes et enfants" le 13 mai à Andijan, un bilan bien plus
lourd que les 176 morts annoncés par le gouvernement d'Islam
Karimov.
Selon le rapport des Nations unies, les forces de sécurité
ont apparemment commis "de graves violations des droits de l'homme"
en tirant sans sommation contre la foule désarmée, acte
qui "s'apparente à une tuerie de masse".
Les manifestants du 13 mai protestaient contre le procès de 23
hommes d'affaires locaux, considéré comme une nouvelle
persécution du gouvernement contre cette vallée reculée
de la Ferghana, et ont investi la prison et le siège de l'administration
régionale, rappelle le document de 24 pages.
"Les motivations des forces de sécurité étaient
moins de rétablir l'ordre et de remettre la main sur les prisonniers
évadés (...) que de tuer le plus de gens possible, y compris
des femmes et des enfants", poursuit le rapport, qui réclame
"une enquête internationale complète et indépendante",
menée sur place.
L'Ouzbékistan a refusé de laisser une commission d'enquête
opérer sur son territoire, mais quatre inspecteurs du Haut Commissariat
aux droits de l'homme ont passé deux semaines en Kirghizie en
juin, où ils ont interrogé des témoins et des survivants
du massacre.
Une formation de l'opposition ouzbèke a établi une liste
de 745 victimes présumées de la répression, alors
que le gouvernement de Tachkent affirme que seules 176 personnes, principalement
des "terroristes", ont été tuées.
Source : Reuters, 12 juillet 2005
VOICI COMMENT LE BOUCHER D'ANDIJAN PERPETRA
SON CRIME
Voici les informations qui nous sont parvenues
d’Asie Centrale à propos du massacre d’Andijan perpétré
par le dictateur de Tachkent :
« Suite aux événements qui touchèrent l’ensemble
des républiques de l’ex. URSS et plus particulièrement
le Kirghizistan, pays limitrophe de l’Ouzbékistan, Karimov,
pris de panique, s’aperçut que ces vagues de révoltes
allaient inévitablement l’atteindre. Dès lors, la
Russie, lui suggéra d’anticiper les événements
en ordonnant à ses agents de s’infiltrer au sein de la
population en vue d’alimenter une révolte contre Karimov
lui-même. Ce qui lui permettra de découvrir les véritables
leader de l'opposition et ainsi de procéder à leur élimination
afin d’éviter, dans l’avenir, toutes tentatives d'actions
à son encontre. Il s’en prendrait ensuite aux prisons qui
comptent des milliers de musulmans dont la plupart sont des membres
du Hizb ut-Tahrir (que la Russie décrit comme étant un
mouvement terroriste en raison de son appel à la réinstauration
du Khilafah) pour procéder à l'exécution de prisonniers,
en les justifiant par une rébellion ou une tentative d’évasion.
Cette conspiration, entre la Russie et Karimov fût planifiée
un mois avant les événements d’Andijan. Le plan
exécuté comprenait une pression à l'encontre du
Kirghizistan afin de faciliter la mise en œuvre de l'opération.
De plus, par peur que les soldats Ouzbeks ne se rétractent devant
un ordre de massacre à grande échelle, Karimov exprima
le besoin d'un envoi de renfort en vue d'exécuter le maximum
de personnes, conformément au plan. La Russie promit d'envoyer
5000 soldats d'un groupe d'interventions spécialement entraînés
à faire couler le sang. L'accord fut conclu sur ce point.
Début mai 2005, le tyran exécuta le plan, en commençant
par diffuser son service de sécurité parmi la population.
Ils prétendirent qu'ils étaient du côté du
peuple et ils poussèrent la population à se révolter
afin d'obtenir de meilleures conditions de vie (électricité,
eau, gaz…) et réclamer la libération de leurs enfants
prisonniers.
Hizb ut-Tahrir se rendit vite compte de ce qui se tramait en démasquant
quelques agitateurs qui étaient connus pour leur appartenance
notoire aux services de sécurité ouzbek. Ils prétendirent
avoir quitté ces services et être dorénavant contre
Karimov. Cependant, leur manigance était claire. Ils accostaient
toutes les familles des prisonniers, les familles des jeunes du Hizb
ut-Tahrir incluses. Le parti employa donc toute son énergie à
contacter les gens afin de les mettre en garde contre les organisateurs
de cette révolte qui faisaient partie du camp du tyran. Malheureusement,
ces services sont si fourbes qu'ils parvinrent à rallier beaucoup
de personnes à leur cause, parmi elles des membres d'organisations
de défense des droits de l'homme. Cette mobilisation fut facilitée
par la haine que la population couvait envers le tyran, à cause
de la détention de leurs enfants, ainsi que par un niveau de
vie pitoyable due aux carences des services étatiques.
C'est ainsi que les manifestants se rassemblèrent en fin de journée
le 12 mai 2005 dans le centre ville d’Andijan. Ce rassemblement
dura toute la nuit et se prolongea jusqu’au Vendredi 13 mai. Le
nombre de participants atteignît les 50 000. Durant la nuit du
12 au 13 mai, un groupe de soldats, constitué principalement
des partisans de Karimov, se dirigea vers la prison d’Andijan.
Il libéra beaucoup de ses prisonniers et tua la plupart. Il n’y
eut que très peu de survivants. Selon le témoignage d’un
rescapé, les premiers à avoir été exécutés
par les soldats, furent les membres du Hizb ut-Tahrir, qui n’ont
plus été revu par la suite.
Très tôt dans la matinée du Vendredi 13 mai, le
dictateur est arrivé à Andijan. L’aéroport
avait déjà été préparé le
10 mai pour l’accueillir, ce qui confirme que tout avait été
planifié avant les évènements. Il ordonna aux soldats
Russes, qui étaient présent à Andijan dès
le 11 mai, d’ouvrir le feu sur toutes les personnes rassemblées
sur les places publiques, qu'elles soient âgées ou jeunes,
femmes ou enfants, sans aucune distinction.
Après le retour du tyran à Tachkent l’après-midi,
il donna l'ordre de débuter le carnage. Le mitraillage continua
jusqu’au samedi matin, le 14 mai. Selon des sources fiables, le
nombre de victimes causées par cette boucherie fût estimé
à 7000 personnes. Le gouvernement a alors ramassé et dissimulé
entre 400 et 500 victimes dans un seul secteur. Ce ramassage et cette
dissimulation durèrent 4 jours, durant lesquels le pays était
fermé médiatiquement, sans aucune relation interne ou
externe, comme un rideau de fer de l’époque Soviétique.
Suite à cela, le tyran a permis à un nombre restreint
de médias d’entrer sous certaines conditions, parmi elles,
l’interdiction d’interroger les gens et de n'entrer et de
ressortir qu'en empruntant un itinéraire bien précis.
Dans la soirée du 14 mai vers 18h00, heure locale, la télévision
Ouzbek diffusa une conférence de presse où le tyran accusa
le parti Hizb ut-Tahrir d’être l'instigateur de ces événements
et attribua la prise d’assaut de la prison à un petit mouvement
islamique « Akramia », les accusant d’avoir ouvert
les portes des prisons et tué tous ceux qui refusèrent
de se joindre à eux. Alors que la vérité est que
ce crime fût commis par les milices de Karimov lui-même,
tant à l’intérieur qu’à l’extérieur
des prisons et non pas par le mouvement Akramia comme il le prétend.
Ce qui suit démontre que Karimov est bien à l’origine
du massacre dont les prisonniers furent victimes :
1. Dans la soirée du samedi 14 mai, Karimov,
lors de son intervention auprès des médias, déclara
que les hommes armés pénétrèrent dans les
prisons et demandèrent aux prisonniers de se révolter,
et qu'ils tuèrent tous ceux qui aurait refusé de se rallier
à eux. Tout cela pour anticiper une justification de la mort
des prisonniers lorsque leurs cadavres seront découverts.
2. Des habitants de Tachkent se rendirent à
l’administration pénitentiaire pour avoir des nouvelles
de leurs enfants emprisonnés à Andijan. On leur répondit
de revenir le lendemain. Quand les familles revinrent le lendemain,
l'administration leur dit de revenir après quatre jours. Puis,
l'administration ne leur donna plus aucune réponse.
3. Des membres du personnel de l’administration
pénitentiaire rendirent visite aux familles des prisonniers à
Andijan, en leur déclarant que leurs enfants s'étaient
évadés et que la police était à leur recherche.
Ils leur demandèrent de les renvoyer en prison au cas où
ils se présenteraient chez eux. Cette démarche permet
de justifier que les cadavres des prisonniers soient retrouvés
par la suite en attribuant les meurtres au groupe armé.
4. Il a été rapporté que les soldats
de cette milice armée communiquèrent entre eux dans une
autre langue que l’Ouzbek, ce qui confirme que Karimov a fait
appel aux forces Russes présentes dans le pays pour exécuter
le crime.
Et enfin, des informations nous sont parvenus nous
indiquant que les prisonniers musulmans et plus particulièrement
des membres de Hizb ut-Tahrir ont été exécutés
dans d’autres prisons d’Ouzbékistan et que le nombre
de victimes se compte en milliers. D’autres informations circulant
parmi la population affirment que le nombre de victimes causé
par cette boucherie dépasserait les 10 000. D’autres sources
enfin avancent que ce nombre a atteint les 20 000. »
Fin des informations.
Ô musulmans,
Ce massacre témoigne, certes, du degré de haine qu’éprouve
l’Occident envers l’Islam et les musulmans. Malgré
la rivalité qui existe entre les États-Unis et la Russie
concernant les richesses et les luttes d'influence sur l’Asie
centrale et en particulier l’Ouzbékistan, ces deux Etats
s'entendent pour mettre de côté leurs différends
à partir du moment où il s’agit de tuer des musulmans
et en particulier ceux du Hizb ut-Tahrir. Cela est clair à la
vue des réactions qu'ont suscité le massacre : hésitantes
et timides comme s'il s'agissait d'une simple émeute dans un
stade de football.
Ils affirmèrent avoir mis la pression sur le tyran en envoyant
des journalistes à Andijan. Mais ceux-ci ne sont entrés
et sortis qu'en empruntant les routes qui leur avaient été
tracées par le tyran, avec l'interdiction de s’adresser
à la population. Sachez que si ce massacre avait eut lieu dans
le plus petit village de la Terre et que ses habitants avaient été
des non musulmans, ces Etats, les États-Unis en tête, seraient
intervenus en assourdissant toute la Planète avec des discours
sur la démocratie et les droits de l’homme.
Nous percevons parfaitement la position des kufars ainsi que leurs hommes
de mains qui haïssent l’Islam et les musulmans. Ils se coalisent
contre les musulmans et tout particulièrement ceux qui oeuvrent
pour rétablir le Khilafah, afin de tenter d’empêcher
son retour. Car celui-ci leur apportera l'insomnie et causera la fin
de leur règne et celui de leurs agents. Mais qu’ils sachent
seulement que leur haine nous motive davantage à œuvrer
pour sa réinstauration et que la victoire est proche par la permission
d’ALLAH (SWT). Alors les kufars colonisateurs, les haineux envers
l'Islam, verrons dans quelle situation ils vont se retrouver.
Ô musulmans,
Sachez que l'effusion du sang pur des musulmans par le boucher d’Andijan
ne sera pas vaine. Hizb ut-Tahrir n’oubliera jamais ce crime car
il l'a gravé dans sa mémoire. Sachez qu’Allah (SWT)
a promis de donner le pouvoir aux pieux parmi ses adorateurs tout comme
il a annoncé à son messager (ASWS) le retour du Khilafah
bien guidé, qui se concrétisera si ALLAH le veut. Alors,
une rétribution dur et juste frappera le boucher d’Andijan.
Son sort effrayera tous ceux qui l'ont soutenu.
Le tyran de Tachkent déambule actuellement comme la bête
sur le point de mourir. Et Allah (SWT) accorde sursis à l’injuste
jusqu’à ce qu’il s’en empare. Et lorsqu’Il
le saisit, le criminel ne peut s’échapper. Finalement ce
tyran malfaisant sera saisit par la permission d'Allah.
«?? ???? ????? ?????? ??? ??? ???? ??? ??????????»
« Allah accorde sursis à l’injuste jusqu’à
ce que s’Il le saisit il ne peut s’en échapper »
Rapporté par Al-Bukhari.
Quant à vous, chers musulmans qui avez perdu vos enfants, patience
et endurance et sachez que si ALLAH le veut, ils sont au paradis des
délices en compagnie des envoyés, des véridiques,
des martyrs et des vertueux et quelle excellente compagnie. Le sang
pur de vos enfants qui a été répandu, apportera
votre honneur et votre victoire. Quant à l’obscurité,
elle sera inévitablement suivit de la clarté de l’aurore,
tout comme la difficulté sera suivit de la facilité. ALLAH
(SWT) dit :
« Après la difficulté il y a certes une facilité
!
Après la difficulté il y a certes une facilité
!» [94:5 - 6]
Et réjouissez-vous d’une victoire proche par la permission
d'Allah (SWT).
« Et Allah est souverain en Son commandement : mais la plupart
des gens
ne savent pas. » [12:21]
Hizb ut-Tahrir
13 Rabi’ al-Akhar 1426 AH
21/05/2005
source en francais : http://albadil.edaama.org/analyses/boucher_andijan.php
source en arabe : http://www.hizb-ut-tahrir.org/arabic/nashrat/htm/20050521HT.htm
Islam Karimov refuse toute enquête de
l’ONU à Andijan
SUIVI D’UN COMMENTAIRE
Sur http://www.interet-general.info/article.php3?id_article=4597
TACHKENT
(Reuters) - Les autorités d’Ouzbékistan ont déclaré
qu’elles n’accéderaient pas aux demandes américaines
et européennes d’une enquête internationale sur les
événements survenus à Andijan, et elles ont obtenu
en cela le soutien de la Russie.
Washington et l’Union européenne ont exhorté le
président ouzbek, Islam Karimov, à autoriser une enquête
sur les affrontements d’Andijan, durant lesquels, selon des témoins,
les troupes gouvernementales ont ouvert le feu et tué plus de
500 manifestants. Selon Islam Karimov, seules 169 personnes ont été
tuées, principalement des "bandits".
L’ONU a déclaré, la semaine dernière,
que l’Ouzbékistan avait rejeté l’appel du
secrétaire général, Kofi Annan, en faveur de la
création d’une commission d’enquête internationale.
Mais Islam Karimov a déclaré, mercredi 25 mai 2005, qu’une
telle demande n’avait jamais été formulée.
"En Europe, on colporte activement la rumeur que M. Annan m’a
demandé que l’Ouzbékistan accepte une enquête
internationale", a dit Islam Karimov, lors d’une interview
diffusée par la chaîne de télévision d’Etat.
"Et moi je dis, en tant que président, qu’il m’a
dit "si vous en avez besoin, nous pouvons envoyer des officiels
de l’ONU qui pourraient vous aider à résoudre tout
problème". Est-ce que c’est une demande de formation
d’une commission d’enquête ?", a poursuivi le
président ouzbek. "L’Ouzbékistan est un Etat
souverain, qui a le droit d’évaluer en priorité
tout ce qui se passe sur son territoire, et d’impliquer ensuite
une commission internationale", a-t-il ajouté.
"Ni juste ni approprié"
La Russie a déclaré, mercredi 25 mai
2005, que l’Ouzbékistan avait le droit de mener sa propre
enquête sur les affrontements, que les autorités ouzbèkes
imputent à des militants islamiques. "Poser un ultimatum
sur l’ouverture d’une enquête internationale n’est
ni juste, ni approprié", a déclaré Vladimir
Tchijov, vice ministre des Affaires étrangères, lors d’une
réunion de l’OTAN et de ses partenaires en Suède.
"Les pays qui appellent à la constitution d’une commission
internationale se battaient il y a peu pour saluer le rôle clé
de l’Ouzbékistan dans la coalition mondiale de lutte contre
le terrorisme", a ajouté Vladimir Tchijov.
La Chine a également soutenu Islam Karimov dans
son refus d’ouvrir une enquête internationale et a salué
son intransigeance face au "séparatisme, au terrorisme et
à l’extrémisme."
Reuters
Commentaire
On notera la remarque de Vladimir Tchijov à
propos du "rôle clé de l’Ouzbékistan
dans la coalition mondiale de lutte contre le terrorisme". Quel
peut bien être ce rôle clé, sinon celui d’une
salle de torture au service de "la communauté internationale"
en général, et des démocraties occidentales en
particulier ?
On notera également que les dirigeants des démocraties
occidentales, s’ils affectent de s’indigner à propos
du massacre d’Andijan, et s’ils ont lancé des appels
à "davantage d’ouverture politique", feignent
d’ignorer le caractère tortionnaire du régime d’Islam
Karimov, de même qu’ils feignent d’ignorer le caractère
tortionnaire du régime irakien. Se sont-ils donc compromis, avec
leurs amis tortionnaires, au point de ne même plus oser s’opposer
publiquement à la torture ? Craignent-ils de s’entendre
reprocher leur attitude de complicité par les tortionnaires eux-mêmes
?
Frank BRUNNER
Crime contre
l'humanité en Ouzbékistan :
Washington condamne mollement
15/05/05
Trois jours après le massacre de 500 civils, dont des femmes
et des enfants, Washington est sorti de son incroyable mutisme. Un porte
parole du département d'Etat Américains a timidement déclaré
( Selon Reuter): "Nous sommes profondément perturbés
par les informations voulant que les autorités ouzbèkes
aient tiré sur les manifestants"(…) Nous condamnons
absolument l'usage indiscriminé de la force contre des civils
désarmés et nous regrettons profondément les pertes
de vie"
Cet imposant retard dans la condamnation par les yankees d’un
acte de Barbarie évident est pourtant facile à comprendre.
Dans la "guerre contre le terrorisme" Karimov est un allier
important de Bush. Et il n’a pas de reproches à recevoir
de son homologue américain. Bush n’a-t-il pas fait tuer
100 000 civils iraquiens depuis le début de sa croisade maudite
? Et l’implication d'officiers américains dans les massacres
de Kunduz aux côtés d’un autre boucher ouzbèk,
le terroriste Rachid Dostom est connue.
Le chien n’a fait qu’imiter son maître. Bien ingrat
serait celui-ci s’il réprimandait trop durement son élève.
Andijan : capital du Djihad en pays Ouzbèk
Des
milliers de Moudjahiddines ont attaqué vendredi 13 mai une caserne
de la ville d'Andijan. Les assaillants se sont emparés d'un important
stock d'armes. Des centaines de prisonniers politiques ont ensuite été
libérés d'une prison de la ville prise par les Moudjahiddines.
Akram Iouldachov le leader du mouvement islamique Akromiya ferait parti
des libérés.
Le dictateur ouzbèk Islam Karimov, soutenu aussi bien par Moscou
que par Washington, s'est immédiatement rendu sur place pour
diriger ses troupes. Une quinzaine de civils ont ensuite été
massacrés par les forces gouvernementales qui voulaient dispercer
la foule. Le criminel Karimov, qui aime répéter qu'il
n'y a pas d'autre Islam que lui en Ouzbékistan, fait face au
mouvement de révolte le mieux organisé de son règne.
Qu’Allah donne une victoire éclatante à nos frères
Ouzbèks et qu’un état islamique naisse à
nouveau au cœur des steppes.
02/02/05
- Un champion mondial de taekwondo jugé pour appartenance au
Hizb ut-Tahrir
Le tribunal de Yakkasarai à Tachkent vient de commencer un procès
contre 3 personnes accusées d'apaprtanance au Hizb ut-Tahrir,
le Parti de la libération islamique, qui est hors-la-loi dans
le pays. Les accusés sont Abdugafur Jalilov, Farkhad Alibaïev
et Elmurad Nurakhunov. Nurakhunov, 28 ans, a été champion
du monde de taekwondo en 1996 en Tchéquie et en 1999 en Argentine,
champion d'Asie et d'Europe en 1997 et 1998, médaille d'or en
Belgique en 1994 et médaille d'argent en Pologne en 1995. Il
a reçu un prix spécial au championnat euro-asiatique à
Chypre en 2001. Il a été arrêté le 17 septembre
2004. il a déclaré au tribunal avoir été
torturé par l'officier de police Saidakbar. L'avocat des 3 accusés
a déclaré que les charges contre ses clients avaient été
fabriquées et que l'enquête avait été menée
sans participation adéquate de la défense. Un membre du
Groupe des militants indépendants des droits humains, qui suit
le procès, a dénoncé de nombreuses violations des
procédures et déclaré que les juges n'ont pas tenu
compte des déclarations des accusés sur les tortures subies.
Source : Ferghana.Ru news agency, 1er février 2005
25/01/05
- Kidnappé en Russie, jugé en Ouzbékistan
Mannobjon Rakhmatullaïev, un enseignant coranique et d’arabe,
est jugé depuis la mi-janvier par un tribunal régional
d’Andijon pour des chefs d’inculpation abriqués qui
pourraient lui valoir entre 15 et 20 ans de prison. Le cas de cet enseignant
n’est pas banal. Il était installé dans la ville
de Marx (sic) de la région de Saratov en Russie, où il
enseignanit l’arabe à la mosquée locale. Détenu
en vertu d’une demande d’extradition ouzbèke, il
fut finalement remis en liberté par la justice russe. Qu’à
cela ne tienne : le 21 juillet 2004, il était kidnappé
par des hommes masqués en territoire russe et ramené en
Ouzbékistan. Dèjà, en juillet 2003, son beau-fils
Ruvajdin Rakhmanov avait été kidnappé par les services
secrets ouzbeks en territoire russe et condamné en janvier 2004
à 8 ans de prison. il purge actuellemnt sa peine à la
colonie pénitentiaire UYa 64/33 dans la région de la Kashkadarja.
Source : Memorial, Moscou, 18 janvier 2005
13/01/05
- Le chef est malade, les sous-fifres ont engagé la bataille
de succession
La rumeur se précise ces dernière semaines : Islam karimov,
le président ouzbek, est gravement malade et serait même
en phase terminale. Les complots de palais battent donc leur plein pour
sa succession. Sur les rangs, les deux princupaux aspirants à
la succession sont le ministre de l'Intérieur et le chef du Service
national de sécurité (SNS), successeur du KGB. Et c'est
le conflit entre les deux hommes qui expliquerait selon les observateurs,l
aretenue observée par les forces de poolice face aux manifestations
d eprotestation qui ont eu lieu en novembre à ferghana, Kokand
et Margilan, dans la Vallée de Ferghana, à Karshi, dans
le Sud, puis en décembre à Bakht, Shakhrikhan et Tachkent.
Qui sont donc les deux candidats à la place du grand chef ?
À ma gauche Zakir Almatov, ministre de l'Intérieur depuis
1991, qui s'est bâtie une solide réputation d' "homme
de fer" par une vigoureuse campagne pour l'éradication du
crime, suivie d'une répression sans failles contre tout opposant
gênant pour le chef. Ses succès lui donnant des ailes,
il a commencé à faire de l'ombre à Karimov. Celui-ci
a donc nommé en 1995 Rustam Inoyatov à la tête du
SNS, qui a vu ses pouvoirs et prérogatives s'étendre de
plus en plus et devenir une menace sérieuse pour le Ministère
de l'Intérieur. Dernière nouveauté : la garde des
frontières et les services de douane ont été confiés
au SNN. Inoyatov est admiré par toute la flicaille des républiques
ex-soviétiques pour avoir su préserver les glorieuses
traditions du KGB. Un vrai démocrate, quoi...
Les deux hommes gèrent leurs fiefs comme de vrais seigneurs.Ils
disposent chacun de troupes, d'armes, d'argent et d'un réseau
d'hommes à eux placés à la tête d'entreprises,
qui leur versent évidemment des commissions. Si jamais leur conflit
venait à s'envenimer, ça pourrait saigner. La succession
du chef risque donc de ne pas se passer pacifiquement. D'autant plus
que la population a osé, ces derniers mois, exprimer publiquement
son mécontentement contre les mesures arbitraires, notamment
au grand bazar de Chorsu, coeur de la vie commerciale de Tachkent, où
la police fait la chasse aux marchands à la sauvette, et près
duquel des immeubles d'habitation sont menacés de destruction.
Source : http://www.eurasianet.org , 10 janvier 2005
L'OSCE
dénonce le déroulement des élections législatives
Les élections législatives de dimanche en Ouzbékistan
ne correspondent pas aux normes internationales, a annoncé lundi
l'Organisation pour la sécurité et la coopération
en Europe (OSCE), soulignant que l'opposition avait été
interdite de se présenter.
"Bien que l'on note quelques améliorations mineures par
rapport à 1999, la mission de l'OSCE a conclu que les élections
étaient très loin de répondre aux standards internationaux
pour des élections démocratiques", a déclaré
un membre de la mission d'observation menée par l'OSCE dans l'ex-république
soviétique d'Asie centrale.
Islam Karimov, président autocrate qui s'est maintenu au pouvoir
après l'éclatement de l'Union soviétique, a estimé
pour sa part que ce scrutin constituait une avancée sur la voie
de la démocratisation du pays de 26 millions d'habitants.
Mais cinq partis seulement étaient en lice, tous liés
au chef de l'Etat.
"Les similitudes entre les programmes politiques des cinq partis
inscrits semblent avoir privé les électeurs d'un choix
véritable", indique dans un communiqué le chef de
la mission de l'OSCE, Lubomir Kopaj.
Les observateurs en concluent que les autorités d'Ouzbékistan
ont échoué dans la mise en oeuvre d'élections "pluralistes
et transparentes".
Karimov a aussitôt répliqué aux remarques de l’OSCE
en disant que ça n’était que l’opinion d’une
organisation parmi d’autres : « Ce ne peut pas être
la vérité ultime. »
Le chiffre officiel de participation - 85% - a été jugé
surévalué par de nombreux commentateurs.
"Nous voyons ce scrutin comme un crime contre le peuple ouzbek”,
a déclaré Otanazar Aripov, du Parti démocratique
Erk (Liberté).
"ce scrutin était avant tout une fiction destinée
au monde extérieur. En fait, les cinq partis loyaux ne servent
qu’une personne dans ce pays, le rpésident et ont tous
été créés sur son ordre. dans le futur Parlement,
ils continueront à servir Karimov. » Ces paroles sensées
ont été prononcées par Vasilya Inoïatova,
une responsable du Mouvement populaire Birlik (Unité).
Dimanche, islam Karimov avait déclaré qu’il ne tolèrerait
“ni une révolution rose, ni une révolution orange”
(allusion à la Géorgie et à l’Ukraine) et
qu’il n’y avait pas de place dans le pays pour une oppsoition
“créée artificiellement. Ce à quoi Vasilya
Inoïatova répond : « je crains qu’on ne finisse
par avoir une guerre civile. Les révolutions sont en principe
bien organisées, tandis que les guerres civiles éclatent
sponatnément, provoquées par l’arbitraire, la torture
et la faim. »
Outre les 22 observateurs de l’OSCE, 205 autres osbervateurs ont
surveillé les élections; ils appartenaient au Conseil
exécutif de la Communauté des États indépendants,
à l’Organisation de Coopération de Shanghaï,
au Parlement européen et à quelques autres organisations.
Source : Reuters et Kommersant, 27 décembre 2004
27/12/04
- Le bouillonnement des bazars inquiète le régime Karimov
Si l'opposition officielle ouzbèke est faible, les bouillonnants
bazars ouzbeks peuvent poser un problème plus immédiat.
On peut même imaginer qu’ils soient un jour amenés
à jouer le même rôle que les bazars iraniens dans
le renversement du Chah d’Iran en 1979.
Attirant des gens de toutes les couches sociales, ces marchés
forment un milieu que certains observateurs pensent être à
l'origine des attaques du printemps dernier.
Deux attentats-suicide de faible intensité, perpétrés
au marché central de Tachkent en mars, pourraient avoir un lien
avec la mort d'un marchand tué par la police.
Cet automne, une vague de troubles a soulevé les marchés
en réaction aux mesures de répression des autorités
sur les importations. Les incidents les plus graves ont eu lieu le 1er
novembre à Kokand, sur la Route de la Soie, où deux voitures
de police ont brûlé.
De même, le 11 décembre, un homme armé d'un lance-flammes
artisanal aurait attaqué la police du marché central,
24 heures après une visite de Karimov. Le lendemain, des échauffourées
opposaient policiers et commerçants à un carrefour traversé
quotidiennement par le convoi des voitures blindées de Karimov.
« Les policiers ont frappé une femme et lui ont cassé
une dent », a raconté Alima, une vendeuse de fruits de
28 ans. « Ensuite, ils ont traîné une autre femme
par terre, comme une vache, et les autres femmes ont couru à
son secours ».
Source : AFP, décembre 2004
24/12/04
- Retraités en colère : on veut détruire leurs
datchas
Environ 3 500 électeurs de Tachkent ont annoncé leur intention
de boycotter les élections législatives du 26 décembre
pour protester contre une décision inique qu'ils n'arrivent pas
à s'expliquer : le gouvernement a décidé de raser
des datchas installées sur 750 lotissements du district de Kibrai,
à la frontière avec le Kazakhstan. Les propriétaires
de ces datchas sont des retraités, presque tous vétérans
de l'armée soviétique, qui n'ont pas les moyens de financer
le démontage et la réinstallation de leurs datchas hors
de la bande d'un kilomètre et demi de large sur laquelle tout
bâtiment doit être rasé. AInsi en ont décidé
les autorités. Pourquoi ? impossible de le savoir. « À
croire qu'ils nouspennent pour des terroristes », grimmellent
les retraités en colère.
Source : Ferghana.Ru, 23 décembre 2004
La solution miracle de Boris Fomin pour remplacer le coton ouzbek
Pendant l'ère soviétique, surtout sous le règne
de Brejnev, dont le gendre était le patron affairiste de l'Ouzbékistan,
ce pays est devenu le grenier à coton de l'URSS. Avec pour résultat,
entre autres, l'asssèchement de la Mer d'Aral Et plus de 70%
du coton importé aujourd'hui par la Russie vient d'Ouzbékistan.
Pour éviter la dépense que représentent ces importations,
le Conseil de la Fédération a organisé un brain
storming (remue-méninges). L'idée la plus géniale
vient de Boris Fomin, président de l'Association des industries
textiles et légères. Voici son plan : « Nous produisons
du pétrole et a Chine produit des produits synthétiques
issus du pétrole. On n'a qu'à leur donner du pétrole
et en échange, ils pourraient nous fournir du tissu synthétique
à base de pétrole. » Apparemment, Monsieur Fomin
n'a pas entendu parler de la "qualité de vie"...
Source : Novye Izvestia, 23 décembre 2004
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