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Ouzbékistan

L'homme du soleil à l'ombre


Sanjar Umarov, leader de la coalition d'opposition Serquyosh O'zbekistonim (en anglais Sunshine Uzbekistan, qu'on pourrait traduire Ouzbékistan en plein soleil) est un libéral. Le mois dernier, il a effectué une visite à washington, où il a recnotré des officiels fédéraux, des représentants de la banque mondiale et des universitaires. Samedi 22 octobre, il a été arrêté par la police de Tachkent et mis au secret. Lundi, on a appris qu'il était inculpé pour "vol à grande échelle", en application de l'article 167 du Code pénal. Homme d'affaires très aisé, Umarov n'a plus d'activités commerciales ou industrileles depuis qu'il est devenu politiquement actif. des membres de sa famille sont installés aux USA. Bref, un homme qui a tout pour plaire à Washington et déplaire à Tachkent, capitale de la Karimovlandia.
Source : BBC et Sunshine Uzbekistan, 24 octobre 2005

 

Un imam tombe martyr en prison

Les sbires d'Islam Karimov ont à nouveau tué. Cette fois-ci la victime est un imam, Shavkat Madumarov, qui purgeait une condamnation à sept ans de détention pour "wahabisme". Selon sa famille, qui n'a pas été autorisée à voir le corps, il est mort des suites de tortures. Selon les autorités ouzbèkes, il est mort du SIDA et d'anémie. Un nouveau forfait à mettre sur la longue liste des crimes d'Islam Karimov le malnommé. Source : news.bbc.co.uk

 

Pour punir Karimov, le Sénat US bloque un paiment de 23 millions de $


Pour punir le gouvernement ouzbek d'avoir mis fin en juin dernier à l'accord pour l'utilisation de la base militaire de Karshi-Khanabad (K-2), dans le sud-est du pays, le Sénat US vient de voter le blocage du paiement des frais de location de cette base, soit 23 millions de $. Le sénateur républicain John McCain, à l'origine de l'amendement qui a bloqué ce paiement pour au moins un an, a déclaré : « Il est important de payer nos factures. Mais il est plus important encore que l'Amérique reste sur son quand-à-soi et évite de donner la mauvaise impression qu'elle ignore les massacres et qu'elle évite aussi des transferts de cash à la trésorerie d'un dictateur. » McCain a aussi proposé d'envisager des sanctions contre le gouvernement Karimov, au lieu de lui "transférer des millions de dollars venant des contribuables".

Le régime Karimov prépare un nouveau procès-spectacle


Les procès truqués à grand spectacle mais à guichets fermés - ils sont purement à usage interne- sont une grande spécialité du régime d'Islam Karimov. Parfois cependant, ils tournent mal. C'est ce qui s'est passé le 13 mai dernier à Andijan, dans la vallée de Ferghana. Le procès de 23 musulmans pieux engagés dans des actions caritatives mais accusés d'activités terroristes a déclenché un véritable soulèvement. les insurgés ont libéré les prisonniers de la prison de la ville et ont eu de nombreux morts - entre 187 (chiffre officiel) et plusieurs milliers. Les accusés étaient accusés d'appartenir au mouvement Akramiya, fondé par Akram Yuldoshev, un dissident du Hizb ut-Tahrir, lui-même condamné sur la base d'une fausse accusation de trafic de drogue en 1998. Plusieurs centaines d'habitants se sont enfuis après le massacre au Kirghizistan, d'où 234 d'entre eux ont été transférés en Roumanie, où ils obtenu l'asile. 106 personnes ont été officiellement arrêtées et font l'objet d'une enquête. Le premier procès contre 15 d'entre eux doit s'ouvrir le 20 septembre. Une nouvelle occasion pour le régime ubuesque de Karimov de montrer le mépris dans lequel il tient la loi. Pour préparer l'mbiance, les services du procureur général viennent de publier une déclaration, dans laquelle ils accusent, sans les nommer, des "médias" et des "groupes" étrangers d'avoir suscité le soulèvement d'Andijan "pour imiter un soulèvement populaire" et permettre aux groupes étrangers des droits de l'homme, "omniprésents" et aux journalistes de rapporter des "massacres allégués de civils désarmés". Ayant rompu avec Washington après ce massacre, Karimov aura du mal à empêcher la présence d'observateurs et de journalistes étrangers à ce procès du 20 septembre. Mais cela ne suffira pas à garantir un procès équitable.

 

Le bâillon après la répression


par Lorraine MILLOT, Moscou, Libération, 8 septembre 2005
«Il n'y a pas encore de réponse de Tachkent pour votre visa», «Je ne sais pas pourquoi cela prend tellement de temps», «On vous prévient dès qu'on aura une réponse»... Virtuoses de la langue de bois, les diplomates ouzbeks continuent à prétendre que le pays d'Islam Karimov, au pouvoir depuis 1991, est «ouvert» aux journalistes. De facto, depuis le massacre d'Andijan en mai, au cours duquel l'armée a ouvert le feu sur la foule et fait au moins 187 morts (chiffre officiel), pratiquement pas un seul journaliste occidental n'a pu se rendre librement dans ce pays et enquêter sur ce qui s'est passé dans cette ville de la vallée de Ferghana.

Pays de carte postale. «La pression sur nous est très forte, soupire un journaliste ouzbek, qui travaille pour un média occidental à Tachkent mais n'ose plus donner son nom. Nous avons reçu des menaces... et on ne sait pas combien de gens ont été arrêtés au total dans tout le pays depuis Andijan.» Fin août encore, un journaliste du service ouzbek de Radio Liberty, Nossir Zakirov, a été condamné à six mois de prison pour «outrage à agent des services spéciaux». «Les journalistes étrangers indépendants sont interdits de visa et les locaux pris en étau, résume un observateur local. Résultat, l'Ouzbékistan est comme un trou noir où on ne sait plus vraiment ce qui se passe.»
Les sites Internet critiques, comme ceux de la BBC en ouzbek ou de l'agence russe ferghana.ru, sont souvent inaccessibles depuis Tachkent, indique un autre résident. Pendant ce temps, la télévision nationale, aux mains du régime, montre un Ouzbékistan de carte postale, les enfants heureux de retourner à l'école, des routes en construction... «Il y a même très peu de nouvelles de l'étranger, pour ne surtout pas laisser transparaître qu'il peut y avoir des pays où l'on vit mieux», constate un téléspectateur.
Dans ce quasi-huis clos, la lumière se fait très difficilement sur pourquoi et comment, le 13 mai dernier, l'armée a ouvert le feu sur des manifestants au centre d'Andijan, tirant à vue puis achevant les fuyards et les blessés, d'après plusieurs témoignages. Selon ceux-ci, les forces de l'ordre auraient fait plus de 500 morts. Talib Iakoubov, président d'une société ouzbèke des droits de l'homme à Tachkent, parle même maintenant de «plus de 5 000 morts». Une rumeur tenace dans la capitale veut même que le président Karimov ait délibérément provoqué ce bain de sang pour montrer que son régime ne se laisserait pas si facilement emporter par une «révolution colorée», comme ce fut le cas en Géorgie, en Ukraine et chez son voisin kirghiz. Toutes les demandes d'enquête internationale présentées par l'ONU, l'OSCE, l'Union européenne ou les Etats-Unis ont été écartées par le régime.
Un procès des «coupables» de l'insurrection d'Andijan s'ouvrira le 20 septembre, a récemment annoncé le Président, qui sans doute essaiera d'y faire une fois de plus la démonstration que des «terroristes», soutenus par l'étranger, étaient à l'oeuvre. «Mais cela fait treize ans que Karimov présente ses opposants comme des terroristes, observe Talib Iakoubov. Et après ce qui s'est passé à Andijan, les gens le croient maintenant moins que jamais. Karimov va se discréditer avec ce procès.»

«Terrorisme». Combien de temps encore ce président couvert du sang de ses citoyens pourra-t-il se maintenir au pouvoir ? «ça fait cinq ans déjà qu'on dit que le pays est au bord de la rupture, répond un observateur occidental. L'économie est bloquée, le chômage énorme, certains jours il n'y a même pas d'argent dans les banques et cette année la saison touristique a été particulièrement mauvaise. Le mécontentement est très fort. Mais les gens ont aussi très peur.» Les Etats-Unis, sommés après Andijan d'évacuer leur base militaire d'ici janvier, ont maintenant à coeur de préparer l'après-Karimov. Mais la Russie, qui cherche désespérément à conserver son influence en Asie centrale, soutient encore le dictateur : elle a du moins publiquement approuvé sa répression du «terrorisme» à Andijan.

 

 

Karimov aurait-il changé de côté?


by Abid Mustafa, http://usa.mediamonitors.net, 10 août 2005.

Traduit par Quibla.

L’auteur, spécialiste des affaires musulmanes, vit au Royaume-Uni


Le 29 juillet, le gouvernement Ouzbek a remis une note à l'ambassade US, stipulant que les USA devaient fermer leur base militaire et cesser toute opération à Karshi-Khanabad (base connue comme 'K2') dans les 6 mois. Rumsfeld avait auparavant nié que cette base fût importante pour les opérations militaires US dans la région. Il avait déclaré : "Nous prenons toujours nos dispositions... Ca ira bien". Pourtant, en mai, un fonctionnaire du Pentagone, Bryan Whitman avait décrit la base ouzbèke comme étant "indéniablement cruciale pour l’appui à nos opérations de combat". Le quotidien "Nezavisimaya Gazeta" a également reporté, le 8 août 2005, que des commandos russes avaient été déployés en Ouzbékistan pour reprendre la base aérienne K2 après le départ des troupes US. La question se pose donc de savoir si Karimov a viré de bord, et s'est placé dans la sphère d'influence russe. Et également quelle est l'impact de ce coup sur le plan US de contrôle des riches réserves énergétiques de la région.
Les tensions entre Karimov et les USA ont commencé à apparaître au lendemain du massacre d'Andijan. Les USA se sont montrés lents à apporter leur appui et n’ont réagi à cet incident qu’en sourdine. En revanche, le 20 mai 2005, l'ambassadeur intérimaire US, Anne Patterson a pressé Koffi Annan d'appeler à une enquête sur le massacre par l’ONU. Au même moment, l’Union européenne demandait une enquête internationale sur les tueries d’Andijan. Ce qui a irrité Karimov, qui s'attendait à un plus grand soutien de la part des USA pour sa répression brutale du soulèvement à Andijan. Sentant un clash entre Karimov et les USA, la Russie a cherché à amener Karimov dans sa sphère d'influence et a fait en sorte de bloquer tout appel à une enquête internationale sur les massacres. Le 25 mai, lors d'une réunion des membres et des partenaires de l'OTAN en Suède, le du vice-ministre des affaires étrangères russes Vladimir Chijov a déclaré à l'agence Reuters que "mettre en avant une demande d'enquête internationale comme un ultimatum, n'est ni approprié ni équitable".
Le Conseil de l'Atlantique Nord n’en a pas moins ignoré les inquiétudes russes, et a publié une déclaration condamnant le régime de Karimov. La déclaration dit : "Nous soutenons l'appel des Nations Unies pour une enquête internationalme indépendante sur ces événements, et pressons les autorités ouzbèkes d’autoriser une telle enquête." En réponse, Ouzbékistan a refusé d'envoyer son ministre de la Défense à une réunion ministérielle de l'OTAN le 9 juin 2005, et un officiel de l'OTAN a déclaré que l'Alliance était en train de revoir ses liens avec le pays après les massacres de mai, à en croire l’agence Reuters. La Russie a de nouveau sauté sur l'occasion pour soutenir Karimov, et a rejeté les appels à une enquête internationale. "La Russie ne soutiendra pas l'appel de l'OTAN à une enquête internationale sur les récents troubles en Ouzbékistan", a déclaré le ministre russe de la défense, Sergueï Ivanov.
Mais l'Union Européenne et les USA ont continué à ignorer les tentatives russes d’ empêcher une enquête internationale, et ont commencé à exercer des pressions sur Karimov pour qu'en soit menée une sous les auspices d'observateurs internationaux. Le 15 mai, le porte-parole du département d'état US Sean McCormack a déclaré que l'administration Bush avait dans un passé récent bloqué de l'aide US à l’Ouzbékistan en raison des ses maigres performances en matière de droits de l'homme, et que la politique à l'égard de ce pays était en train d'être revue, alors que les USA faisaient pression pour une enquête crédible et indépendante sur les événements d'Andijan. Karimov a réagi avec colère aux menaces US de couper l'aide, et s'est mis à interdire les vols US à la base aérienne K2. A propos de cette interdiction, un porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman, a déclaré : "Les autorités ouzbèkes n'autorisent plus les vols nocturnes à partir de ou vers base aérienne de Khanabad, que l'armée US utilise pour fournir un appui aux forces alliées en Afghanistan, et pour faire parvenir l'aide humanitaire à ce pays." Il s’est ensuivi une demande du gouvernement ouzbek que les USA payent pour utiliser la base. Tout en formulant de telles demandes, le régime de Karimov rappelait aux USA que leur séjour à Khanabad n'était que temporaire. Ce rappel reflétait les préoccupations exprimées par l’Organisation de Coopération de Shanghaï (OCS), qui est constituée de la Chine, de la Russie, de l’Ouzbékistan, du Kirghizistan, du Tadjikistan et du Kazakhstan. Ces pays se sont réunis le 5 juillet 2005, et ont demandé aux USA de fournir un agenda de retrait de leurs troupes d'Afghanistan et d'Asie Centrale.
Cependant ce fut l'utilisation par les Nations Unies de la base K2 pour transporter plus de 440 Ouzbeks du Kirghizistan vers la Roumanie, qui a décidé Karimov à couper ses liens avec les USA. À propos de ce transport aérien, le ministre des Affaires étrangères roumain, Mihai Razvan Ungureanu, a déclaré que les Ouzbeks voyageront vers d'autres pays, notamment vers les USA, où ils seront sans aucun doute débriefés, et certains seront recrutés par les services secrets US. Le lendemain, le 1er août, le gouvernement ouzbek lançait un ultimatum aux USA, et déclarait que les USA avaient 6 mois pour retirer leurs troupes de K2. Washington annulait immédiatement la visite de Nicholas Burn, et annonçait que l'Amérique respecterait la date-limite fixée par Karimov. Là-dessus, Washington a durci ses critiques du régime de Karimov, rejoint par l'Union Européenne qui a immédiatement coupé toute aide à Karimov.
La réponse russe fut l’exact opposé. Le 1er août, un porte-parole de la Chambre haute du parlement russe déclarait que l’Ouzbékistan avait pris la bonne décision en demandant aux USA de retirer leur base militaire. La Russie ainsi que la Chine ont tiré profit des relations tendues entre Karimov et les USA de ces derniers mois pour consolider les accords économiques avec l’Ouzbékistan. Karimov s'est rendu en Chine pour signer de nouveaux traités d'amitié et des accords énergétiques avec Pékin, et il a reconduit les contrats entre l’Ouzbékistan et la Russie pour les exportations de gaz naturel.
La perte de la base K2 n'affectera pas les opérations US en Afghanistan. Dès le début, cette base était plutôt un moyen pour les USA de mettre un pied dans la région de la Mer Caspienne et au-delà. Mais pour le moment cette stratégie semble de plus en plus compromise, alors que la Chine et la Russie exploitent toutes deux l'échec US en Afghanistan et en Iraq pour contrer leur présence en Asie Centrale. La rivalité entre ces puissances n'est que le début d'une longue lutte pour le contrôle des riches ressources pétrolières de la région.

 

Opportune « fenêtre de tir », en Ouzbékistan

par Anora Mahmudova, http://www.opendemocracy.net, 26 juillet 2005. Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier pour Quibla L’auteure est une journaliste ouzbèke vivant aux USA [Le régime d'Islam Karimov recourt à toutes les armes possibles et imaginables - les flingues, le mensonge, la diplomatie - afin de pérenniser son pouvoir dictatorial. Mais Muhammad Solih, dirigeant de l'opposition ouzbek laïque, explique à Anora Mahmudova que le changement attendu est annoncé.]

Le massacre de manifestants pacifiques, dans la ville ouzbèke d'Andijan, le 13 mai dernier, est une tragédie qui ne connaît pas de fin. Aucune conclusion n'est possible : ni pour les endeuillés, auxquels est déniée la vérité quant à la mort de leurs êtres chers ; ni pour les survivants, dont beaucoup ont fui au-delà de la frontière, au Kirghizistan.

Avec le passage de chaque journée, il devient de plus en plus difficile d'obtenir la vérité sur les tueries épouvantables d'Andijan. Il n'y a toujours pas de chiffrage précis et fiable du nombre des tués, ni d'information sur ce qui s 'est passé exactement. Le gouvernement ouzbek, à Tachkent, a rejeté moult requêtes d'enquête indépendante ; le soutien qu'il reçoit des voisins russes et chinois l'a même incité à pousser l'audace jusqu'à accuser des gouvernements occidentaux d'avoir suscité les révoltes dirigées contre le régime de Karimov.

La « tentative de renversement du régime constitutionnel » - inscrite à l' article 159 du code pénal ouzbek - est utilisée comme principale arme légale contre les dissidents ouzbeks ; ils sont couramment accusés, également, d' « activités extrémistes et terroristes », ou encore d'appartenir au Mouvement Islamique d'Ouzbékistan ou au Hizb-u-Tahrir [Parti de la Libération], deux formations oppositionnelles.

Le gouvernement ouzbek considère que le fait d'être un opposant est la preuve de l'intention de renverser le gouvernement et d'instaurer une démocratie à la mode Taliban, ainsi que de nourrir le terrorisme. Le cercle rapproché d'Islam Karimov - secondé par les enfants éduqués à l'occidentale de l'élite au pouvoir et des entreprises dispendieuses de relations publiques - caricaturent toute opposition en la présentant comme islamiste. Résultat : il y a peut-être six ou sept mille personnes emprisonnées en Ouzbékistan (d'après Human Rights Watch), accusées d'être des extrémistes, des terroristes et des islamistes dangereusement subversifs.

Mais le controverse autour du choix entre Karimov et les Talibans peut compter sur bien plus que le simple soutien de la Chine et de la Russie. Les excuses invoquées par certains analystes après le massacre d'Andijan - à savoir que Karimov a besoin de recourir à la force pour mater les terroristes - reflètent les avis persistants d'Occidentaux influents, tel Henry Kissinger, qui fit l'éloge de Karimov en raison de « son importante contribution au combat contre le terrorisme international ». A l'époque, Karimov fut même un hôte honoré de la Maison Blanche dirigée par George W. Bush. Sa visite avait été organisée par des membres de la communauté juive de Boukhara, dont la plupart des membres avaient quitté depuis fort longtemps l'économie ruinée de leur ancienne capitale pour Israël et les Etats-Unis. Rafael Nektalov, originaire de Samarkand, éditeur du quotidien Bukharian Times, m'a confirmé que les juifs de Boukhara soutiennent fermement Karimov. Lui ayant demandé s'il considérait que massacrer 173 civils (c'est le chiffre admis par le gouvernement ouzbek) n' était pas un crime, il me répondit que « ce n'est pas une question de nombre : si [le massacre d'] Andijan a été fait, c'est au nom d'une 'plus grande stabilité'. »

Que sont les Ouzbeks de l'opposition ?

Les gens qui pensent comme Rafael Nektalov croient en l'affirmation de Karimov, selon qui l'unique alternative à son régime serait un gouvernement islamiste fondamentaliste. Les ennemis cités par le régime ouzbek, en association avec l'insurrection d'Andijan - à savoir : le Mouvement Islamique Ouzbek et le Hizb-ut-Tahrir - ne présentent aucune preuve évidente permettant de soutenir cet argument. Le MIO a bien mené des attaques armées contre le gouvernement, au début des années 1990, mais il a fusionné par la suite avec les Talibans, dont il a partagé la défaite et la dispersion, en novembre 2001.

Quant au Hizb-ut-Tahrir, il n'a jamais été associé de manière convaincante à une quelconque action armée. Son QG londonien dénie toute participation à l' insurrection d'Andijan, et m'a dit qu'ils sont en faveur de la création d'un califat islamique, mais uniquement par des moyens pacifiques. Les membres du Hizb-ut-Tahrir qui se font arrêter en Ouzbékistan sont presque toujours accusés au titre de l'article 159 et passent en jugement collectif. Ils sont habituellement accusé d'avoir distribué des tracts (rédigés en arabe) appelant à l'instauration d'un califat en Asie centrale, tout en étant en possession de balles (et tout à fait exceptionnellement d' armes à feu.). La débilité de la plupart des accusations de cet acabit saute aux yeux : Ismail Odilov, un militant des droits de l'homme, a fait état d' un cas où la police a dissimulé des tracts et une balle dans les poches d'un aveugle.

Il est vraisemblable que la très sévère crise économique et le très important chômage en Ouzbékistan puissent avoir radicalisé certains hommes jeunes, et les avoir persuadés d'accepter de l'argent en contrepartie de distributions de tracts. Mais prétendre que le Hizb-ut-Tahrir aurait un véritable soutien politique en Ouzbékistan serait pousser le bouchon un peu trop loin. Ils semblent dépourvu de toute stratégie politique en vue d' établir un califat, et ils se comportent bien plus comme des adeptes d'une secte chrétienne attendant la seconde venue du Christ que ceux d'une organisation cohérente.

Il n'est pas évident que le gouvernement ouzbek croie sa propre propagande à propos du Hizb-ut-Tahrir, mais le statut clandestin de ce parti donne aux médias domestiqués de Karimov tout le loisir de l'accuser à volonté, et de faire taire toute voix dissidente en Ouzbékistan, par la même occasion.

Islamistes et laïcs

Quoi qu'il en soit, après soixante-dix ans de gouvernement soviétique, la population ouzbèle est totalement laïque dans sa vie quotidienne. Les hommes boivent de la vodka, les femmes ne portent pas de fichu sur la tête avant leur mariage, et très peu de jeunes fréquentent les mosquées. Bien sûr, beaucoup d' Ouzbeks révèrent les imams et le saint Coran (même s'ils sont incapables de le lire). Mais rien n'indique que si on leur en donnait vraiment le choix, ils suivraient les « islamistes » et leur programme, au détriment d'une opposition démocratique et laïque.

En même temps, l'opposition laïque qui s'était développée au début de l'ère post-soviétique a été progressivement marginalisée par la répression impitoyable de Karimov, répression que l'Occident « démocrate » a tolérée. Son principal parti d'opposition est Erk (Liberté), dont le dirigeant Muhammad Solih vit en exil depuis treize ans, soit depuis sa défaite aux élections truquées de 1992.

Une poignée de fortes têtes des partis Erk, Birlik (Unité) et Ozod Dehkonlar (Les Fermiers libres) sont couramment harcelés, tabassés, emprisonnés ou assignés à résidence. En l'absence de médias, il leur est difficile de communiquer avec le peuple, ou d'engager un débat public. Afin de remplir l'espace qui devrait normalement être dévolu au débat public, le gouvernement a inventé des partis d' « opposition » fictive, légalement enregistrés, dont cinq ont emporté des sièges au parlement. Le candidat « anti-Karimov », aux dernières « élections » présidentielles a vendu lui-même la mèche de cette mascarade en annonçant, en sortant du bureau de vote, qu'il avait voté pour Islam Karimov.

Lors de notre dernière rencontre, Muhammad Solih était toujours combatif et plein d'espoir ; il garde quelque chose du charisme qui lui a valu d' apparaître comme un possible dirigeant d'un Ouzbékistan démocratique, au début des années 1990. Après [le massacre d'] Andijan, une coalition de partis authentiquement d'opposition l'ont élu en tant que leur représentant. Il m'a dit que le parti Erk est encore assez puissant pour s'opposer au gouvernement ouzbek : « Nos membres continuent à exiger la liberté, même si eux-mêmes et leurs familles doivent subir les traitement brutaux du régime Karimov. Mais qui peut dire si le Hizb-ut-Tahrir ou le Mouvent Islamique d'Ouzbékistan sont plus fort que nous ? Ils sont clandestins. Ils n'ont pas de programme politique qui puisse trouver des adeptes en Ouzbékistan. Le programme du Hizb-ut-Tahrir est une doctrine panarabe : un califat, avec la shari'a pour mode de vie, et l'arabe pour lingua franca ».

Un autre motif de confiance, pour Slih, c'est le froid consécutif à Andijan qui s'est installé entre Tachkent et Washington, l'administration américaine commençant à prendre conscience de la nature réelle de son allié ouzbek. Solih lui-même s'est vu accorder un visa américain, après qu'il lui ait été refusé depuis plus de dix ans, et il en a profité pour faire le tour du pays, s'adressant à des boîtes à idées [think tanks], rencontrant des sénateurs et certains responsables de l'exécutif américains. En toutes ces occasions, il a exhorté l'administration américaine à soutenir les forces démocratiques en Ouzbékistan.

Les États-Unis et l'Ouzbékistan

La demande de Muhammad Solih risque de s'avérer difficile à satisfaire, parce que la politique étatsunienne est partagée entre le Pentagone (qui veut poursuivre la coopération extensive des États-Unis avec l'Ouzbékistan) et le Département d'Etat (qui est conscient de la contradiction qu'il y aurait entre encourager la « démocratie » dans le monde musulman et soutenir Karimov.)

Le régime Karimov a quant à lui ses propres cartes, qu'il peut jouer. Il cultive depuis longtemps l'amitié de Moscou et de Pékin, même s'il se veut le plus ferme allié des États-Unis dans la région. L'Organisation de Coopération de Shanghai, qui comporte la Russie et la Chine, ainsi que l' Ouzbékistan et trois autres pays d'Asie centrale (Kirghizistan, Tadjikistan et Kazakhstan) a publié une déclaration demandant aux États-Unis de décider d'une date butoir pour le retrait de leurs troupes du Kirghizistan et d' Ouzbékistan.

Le ministre ouzbek des Affaires Etrangères a indiqué que la base militaire de Karshi-Khanabad, que l'armée américaine utilise afin de soutenir ses opérations et d'acheminer de l'aide humanitaire vers l'Afghanistan, ne devait servir initialement qu'à des opérations militaires anti-Talibans. « Tout autre motif d'une présence militaire des États-Unis en Ouzbékistan n'a jamais été prise en considération par la partie ouzbèke », a déclaré un communiqué ministériel.

La délicatesse de la position stratégique des États-Unis en Asie centrale, tandis qu'ils poursuivent leur « guerre à la terreur », est intensifiée par la reprise des combats en Afghanistan et la démonstration que l'État-pivot qu'est l'Ouzbékistan ne saurait être plié à leurs quatre volontés. Mais l'avenir politique d'Islam Karimov est encore plus incertain. Sa politique économique est désastreuse, elle n'offre à son peuple aucun futur à long terme ; sa stratégie intérieure pourrait aboutir à la création précisément de ce fantôme islamiste inventée par son imagination cynique ; des signes existent que la dissidence est croissante, plus particulièrement au sein du régime lui-même. Dans ce flux post-Andijan, le peuple ouzbèke mérite de se voir offrir l'option d'un gouvernement démocratique et laïc, dévoué à leur apporter liberté et prospérité.

 

 

US GO HOME ! Le Sénat ouzbek approuve la demande de départ des militaires US

Le Sénat de Tachkent a approuvé à l'unanimité de ses 93 membres, vendredi 26 août, l'ordonnance du gouvernement en date du 29 juillet, qui fixe un ultimatum de 6 mois aux troupes US pour évacuer la base militaire de Karshi-Khanabad, dans le sud du pays. La décision avait été prise par le gouvernement ouzbek quuelques heures après l'évacuation de 1 400 réfugiés ouzbeks du Kirghizistan vers la Roumanie. ces réfugiés avaient fui l'Ouzbékistan après le massacre d'Andijan le 13 mai 2005, présenté comme la répression d'une insurrection islamiste, mais donc les causes exactes demeurent encore largement mystérieuses. Ce qui est sûr, c'est qu'au moins 500 personnes ont été tuées par l'armée et la police et que plusieurs milliers ont été arrêtées après les incidents.
Source : AP et The Independent, 26 août 2005

 

Igor Rotar expulsé après deux jours de détention


Le journaliste russe Igor Rotar, correspondant du site norvégien Forum 18 a été expulsé d'Ouzbékistan, après avoir été détenu pendant deux jours et deux nuits à l'éaroport de Tachkent. La police ouzbèke, après avoir tenté en vain de le convaincre d'acheter un billet d'avion pour une autre destination, a finalement émis un ordre d'expulsion indiquant comme raison : "Entrée en Ouzbékistan fermée". Ainsi en va-t-il au royaume d'Islam Karimov...
Source : www.forum18.org, 16 août 2005


Arrestation du journaliste Igor Rotar


Le journaliste russe indépendant Igor Rotar, qui collabore à plusieurs médias dont le site web norvégien Forum 18 - spécialisé dans la question des libertés religieuses en Asie centrale et au Caucase -, a été arrêté à sa descente d'un avion en provenance de Bichkek, au Kirghizistan, à l'aéroport de Tachkent, le 11 août. Les autorités ouzbèkes ont refusé de commenter cette information, qui a suscité l'inquétude de plusieurs ONG, dont le Comité pour la protection des journalistes, basé à New York.
Source : http://www.eurasianet.org , 11 août 2005

Le bilan officiel du massacre d'Andijan passe à 187 morts


Le bilan officiel des troubles sanglants qui ont secoué le 13 mai la ville d'Andijan, dans l'est de l'Ouzbékistan, est passé de 176 à 187 morts, annonce un responsable ouzbek au lendemain de la publication d'un rapport de l'Onu faisant état de "200 à 700 tués".
Selon les données officielles des autorités de Tachkent, le bilan de 187 morts comprend 94 "terroristes", 20 policiers, 11 militaires et 57 civils. Cinq personnes doivent encore être identifiées.
"L'augmentation du bilan est dû au décès de certains blessés à l'hôpital. Ce sont des victimes des terroristes", a déclaré à Reuters Svetlana Artikova, porte-parole du procureur général de Tachkent.
Les enquêteurs des Nations unies ont déclaré mardi que l'armée ouzbèke pourrait avoir tué "entre 200 et 700 hommes, femmes et enfants" à Andijan, un bilan bien plus lourd que les celui du gouvernement d'Islam Karimov.
Le rapport de l'Onu accuse les forces de sécurité d'avoir commis "de graves violations des droits de l'homme" en tirant sans sommation contre la foule désarmée, acte qui "s'apparente à une tuerie de masse".
"Les motivations des forces de sécurité étaient moins de rétablir l'ordre et de remettre la main sur les prisonniers évadés (...) que de tuer le plus de gens possible, y compris des femmes et des enfants", poursuit le rapport, qui réclame "une enquête internationale complète et indépendante" sur place.
L'Ouzbékistan a refusé de laisser une commission d'enquête opérer sur son territoire, mais quatre inspecteurs du Haut Commissariat aux droits de l'homme ont passé deux semaines en Kirghizie en juin, où ils ont interrogé des témoins et des survivants du massacre.
Les manifestants du 13 mai protestaient contre le procès de 23 hommes d'affaires locaux, considéré comme une nouvelle persécution du gouvernement contre cette vallée reculée de la Ferghana, et avaient investi la prison et le siège de l'administration régionale. Selon des témoins, les forces de sécurité ouzbèkes avaient violemment réprimé ce soulèvement en n'hésitant pas à ouvrir le feu sur la foule.
Source : Reuters, 13 juillet 2005

Selon l'ONU, l'armée ouzbèke a tué entre 200 et 700 personnes à Andijan


Les enquêteurs de l'Onu ont déclaré que l'armée ouzbèke pourrait avoir tué "entre 200 et 700 hommes, femmes et enfants" le 13 mai à Andijan, un bilan bien plus lourd que les 176 morts annoncés par le gouvernement d'Islam Karimov.
Selon le rapport des Nations unies, les forces de sécurité ont apparemment commis "de graves violations des droits de l'homme" en tirant sans sommation contre la foule désarmée, acte qui "s'apparente à une tuerie de masse".
Les manifestants du 13 mai protestaient contre le procès de 23 hommes d'affaires locaux, considéré comme une nouvelle persécution du gouvernement contre cette vallée reculée de la Ferghana, et ont investi la prison et le siège de l'administration régionale, rappelle le document de 24 pages.
"Les motivations des forces de sécurité étaient moins de rétablir l'ordre et de remettre la main sur les prisonniers évadés (...) que de tuer le plus de gens possible, y compris des femmes et des enfants", poursuit le rapport, qui réclame "une enquête internationale complète et indépendante", menée sur place.
L'Ouzbékistan a refusé de laisser une commission d'enquête opérer sur son territoire, mais quatre inspecteurs du Haut Commissariat aux droits de l'homme ont passé deux semaines en Kirghizie en juin, où ils ont interrogé des témoins et des survivants du massacre.
Une formation de l'opposition ouzbèke a établi une liste de 745 victimes présumées de la répression, alors que le gouvernement de Tachkent affirme que seules 176 personnes, principalement des "terroristes", ont été tuées.
Source : Reuters, 12 juillet 2005

 

 

VOICI COMMENT LE BOUCHER D'ANDIJAN PERPETRA SON CRIME

Voici les informations qui nous sont parvenues d’Asie Centrale à propos du massacre d’Andijan perpétré par le dictateur de Tachkent :

« Suite aux événements qui touchèrent l’ensemble des républiques de l’ex. URSS et plus particulièrement le Kirghizistan, pays limitrophe de l’Ouzbékistan, Karimov, pris de panique, s’aperçut que ces vagues de révoltes allaient inévitablement l’atteindre. Dès lors, la Russie, lui suggéra d’anticiper les événements en ordonnant à ses agents de s’infiltrer au sein de la population en vue d’alimenter une révolte contre Karimov lui-même. Ce qui lui permettra de découvrir les véritables leader de l'opposition et ainsi de procéder à leur élimination afin d’éviter, dans l’avenir, toutes tentatives d'actions à son encontre. Il s’en prendrait ensuite aux prisons qui comptent des milliers de musulmans dont la plupart sont des membres du Hizb ut-Tahrir (que la Russie décrit comme étant un mouvement terroriste en raison de son appel à la réinstauration du Khilafah) pour procéder à l'exécution de prisonniers, en les justifiant par une rébellion ou une tentative d’évasion.

Cette conspiration, entre la Russie et Karimov fût planifiée un mois avant les événements d’Andijan. Le plan exécuté comprenait une pression à l'encontre du Kirghizistan afin de faciliter la mise en œuvre de l'opération. De plus, par peur que les soldats Ouzbeks ne se rétractent devant un ordre de massacre à grande échelle, Karimov exprima le besoin d'un envoi de renfort en vue d'exécuter le maximum de personnes, conformément au plan. La Russie promit d'envoyer 5000 soldats d'un groupe d'interventions spécialement entraînés à faire couler le sang. L'accord fut conclu sur ce point.

Début mai 2005, le tyran exécuta le plan, en commençant par diffuser son service de sécurité parmi la population. Ils prétendirent qu'ils étaient du côté du peuple et ils poussèrent la population à se révolter afin d'obtenir de meilleures conditions de vie (électricité, eau, gaz…) et réclamer la libération de leurs enfants prisonniers.

Hizb ut-Tahrir se rendit vite compte de ce qui se tramait en démasquant quelques agitateurs qui étaient connus pour leur appartenance notoire aux services de sécurité ouzbek. Ils prétendirent avoir quitté ces services et être dorénavant contre Karimov. Cependant, leur manigance était claire. Ils accostaient toutes les familles des prisonniers, les familles des jeunes du Hizb ut-Tahrir incluses. Le parti employa donc toute son énergie à contacter les gens afin de les mettre en garde contre les organisateurs de cette révolte qui faisaient partie du camp du tyran. Malheureusement, ces services sont si fourbes qu'ils parvinrent à rallier beaucoup de personnes à leur cause, parmi elles des membres d'organisations de défense des droits de l'homme. Cette mobilisation fut facilitée par la haine que la population couvait envers le tyran, à cause de la détention de leurs enfants, ainsi que par un niveau de vie pitoyable due aux carences des services étatiques.

C'est ainsi que les manifestants se rassemblèrent en fin de journée le 12 mai 2005 dans le centre ville d’Andijan. Ce rassemblement dura toute la nuit et se prolongea jusqu’au Vendredi 13 mai. Le nombre de participants atteignît les 50 000. Durant la nuit du 12 au 13 mai, un groupe de soldats, constitué principalement des partisans de Karimov, se dirigea vers la prison d’Andijan. Il libéra beaucoup de ses prisonniers et tua la plupart. Il n’y eut que très peu de survivants. Selon le témoignage d’un rescapé, les premiers à avoir été exécutés par les soldats, furent les membres du Hizb ut-Tahrir, qui n’ont plus été revu par la suite.

Très tôt dans la matinée du Vendredi 13 mai, le dictateur est arrivé à Andijan. L’aéroport avait déjà été préparé le 10 mai pour l’accueillir, ce qui confirme que tout avait été planifié avant les évènements. Il ordonna aux soldats Russes, qui étaient présent à Andijan dès le 11 mai, d’ouvrir le feu sur toutes les personnes rassemblées sur les places publiques, qu'elles soient âgées ou jeunes, femmes ou enfants, sans aucune distinction.

Après le retour du tyran à Tachkent l’après-midi, il donna l'ordre de débuter le carnage. Le mitraillage continua jusqu’au samedi matin, le 14 mai. Selon des sources fiables, le nombre de victimes causées par cette boucherie fût estimé à 7000 personnes. Le gouvernement a alors ramassé et dissimulé entre 400 et 500 victimes dans un seul secteur. Ce ramassage et cette dissimulation durèrent 4 jours, durant lesquels le pays était fermé médiatiquement, sans aucune relation interne ou externe, comme un rideau de fer de l’époque Soviétique.

Suite à cela, le tyran a permis à un nombre restreint de médias d’entrer sous certaines conditions, parmi elles, l’interdiction d’interroger les gens et de n'entrer et de ressortir qu'en empruntant un itinéraire bien précis.

Dans la soirée du 14 mai vers 18h00, heure locale, la télévision Ouzbek diffusa une conférence de presse où le tyran accusa le parti Hizb ut-Tahrir d’être l'instigateur de ces événements et attribua la prise d’assaut de la prison à un petit mouvement islamique « Akramia », les accusant d’avoir ouvert les portes des prisons et tué tous ceux qui refusèrent de se joindre à eux. Alors que la vérité est que ce crime fût commis par les milices de Karimov lui-même, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des prisons et non pas par le mouvement Akramia comme il le prétend.

Ce qui suit démontre que Karimov est bien à l’origine du massacre dont les prisonniers furent victimes :

1. Dans la soirée du samedi 14 mai, Karimov, lors de son intervention auprès des médias, déclara que les hommes armés pénétrèrent dans les prisons et demandèrent aux prisonniers de se révolter, et qu'ils tuèrent tous ceux qui aurait refusé de se rallier à eux. Tout cela pour anticiper une justification de la mort des prisonniers lorsque leurs cadavres seront découverts.

2. Des habitants de Tachkent se rendirent à l’administration pénitentiaire pour avoir des nouvelles de leurs enfants emprisonnés à Andijan. On leur répondit de revenir le lendemain. Quand les familles revinrent le lendemain, l'administration leur dit de revenir après quatre jours. Puis, l'administration ne leur donna plus aucune réponse.

3. Des membres du personnel de l’administration pénitentiaire rendirent visite aux familles des prisonniers à Andijan, en leur déclarant que leurs enfants s'étaient évadés et que la police était à leur recherche. Ils leur demandèrent de les renvoyer en prison au cas où ils se présenteraient chez eux. Cette démarche permet de justifier que les cadavres des prisonniers soient retrouvés par la suite en attribuant les meurtres au groupe armé.

4. Il a été rapporté que les soldats de cette milice armée communiquèrent entre eux dans une autre langue que l’Ouzbek, ce qui confirme que Karimov a fait appel aux forces Russes présentes dans le pays pour exécuter le crime.

Et enfin, des informations nous sont parvenus nous indiquant que les prisonniers musulmans et plus particulièrement des membres de Hizb ut-Tahrir ont été exécutés dans d’autres prisons d’Ouzbékistan et que le nombre de victimes se compte en milliers. D’autres informations circulant parmi la population affirment que le nombre de victimes causé par cette boucherie dépasserait les 10 000. D’autres sources enfin avancent que ce nombre a atteint les 20 000. »
Fin des informations.


Ô musulmans,

Ce massacre témoigne, certes, du degré de haine qu’éprouve l’Occident envers l’Islam et les musulmans. Malgré la rivalité qui existe entre les États-Unis et la Russie concernant les richesses et les luttes d'influence sur l’Asie centrale et en particulier l’Ouzbékistan, ces deux Etats s'entendent pour mettre de côté leurs différends à partir du moment où il s’agit de tuer des musulmans et en particulier ceux du Hizb ut-Tahrir. Cela est clair à la vue des réactions qu'ont suscité le massacre : hésitantes et timides comme s'il s'agissait d'une simple émeute dans un stade de football.

Ils affirmèrent avoir mis la pression sur le tyran en envoyant des journalistes à Andijan. Mais ceux-ci ne sont entrés et sortis qu'en empruntant les routes qui leur avaient été tracées par le tyran, avec l'interdiction de s’adresser à la population. Sachez que si ce massacre avait eut lieu dans le plus petit village de la Terre et que ses habitants avaient été des non musulmans, ces Etats, les États-Unis en tête, seraient intervenus en assourdissant toute la Planète avec des discours sur la démocratie et les droits de l’homme.

Nous percevons parfaitement la position des kufars ainsi que leurs hommes de mains qui haïssent l’Islam et les musulmans. Ils se coalisent contre les musulmans et tout particulièrement ceux qui oeuvrent pour rétablir le Khilafah, afin de tenter d’empêcher son retour. Car celui-ci leur apportera l'insomnie et causera la fin de leur règne et celui de leurs agents. Mais qu’ils sachent seulement que leur haine nous motive davantage à œuvrer pour sa réinstauration et que la victoire est proche par la permission d’ALLAH (SWT). Alors les kufars colonisateurs, les haineux envers l'Islam, verrons dans quelle situation ils vont se retrouver.

Ô musulmans,

Sachez que l'effusion du sang pur des musulmans par le boucher d’Andijan ne sera pas vaine. Hizb ut-Tahrir n’oubliera jamais ce crime car il l'a gravé dans sa mémoire. Sachez qu’Allah (SWT) a promis de donner le pouvoir aux pieux parmi ses adorateurs tout comme il a annoncé à son messager (ASWS) le retour du Khilafah bien guidé, qui se concrétisera si ALLAH le veut. Alors, une rétribution dur et juste frappera le boucher d’Andijan. Son sort effrayera tous ceux qui l'ont soutenu.

Le tyran de Tachkent déambule actuellement comme la bête sur le point de mourir. Et Allah (SWT) accorde sursis à l’injuste jusqu’à ce qu’il s’en empare. Et lorsqu’Il le saisit, le criminel ne peut s’échapper. Finalement ce tyran malfaisant sera saisit par la permission d'Allah.

«?? ???? ????? ?????? ??? ??? ???? ??? ??????????»

« Allah accorde sursis à l’injuste jusqu’à ce que s’Il le saisit il ne peut s’en échapper »
Rapporté par Al-Bukhari.

Quant à vous, chers musulmans qui avez perdu vos enfants, patience et endurance et sachez que si ALLAH le veut, ils sont au paradis des délices en compagnie des envoyés, des véridiques, des martyrs et des vertueux et quelle excellente compagnie. Le sang pur de vos enfants qui a été répandu, apportera votre honneur et votre victoire. Quant à l’obscurité, elle sera inévitablement suivit de la clarté de l’aurore, tout comme la difficulté sera suivit de la facilité. ALLAH (SWT) dit :


« Après la difficulté il y a certes une facilité !
Après la difficulté il y a certes une facilité !» [94:5 - 6]

Et réjouissez-vous d’une victoire proche par la permission d'Allah (SWT).

« Et Allah est souverain en Son commandement : mais la plupart des gens
ne savent pas. » [12:21]



Hizb ut-Tahrir
13 Rabi’ al-Akhar 1426 AH
21/05/2005

source en francais : http://albadil.edaama.org/analyses/boucher_andijan.php

source en arabe : http://www.hizb-ut-tahrir.org/arabic/nashrat/htm/20050521HT.htm

 

 

Islam Karimov refuse toute enquête de l’ONU à Andijan

SUIVI D’UN COMMENTAIRE

Sur http://www.interet-general.info/article.php3?id_article=4597

TACHKENT (Reuters) - Les autorités d’Ouzbékistan ont déclaré qu’elles n’accéderaient pas aux demandes américaines et européennes d’une enquête internationale sur les événements survenus à Andijan, et elles ont obtenu en cela le soutien de la Russie.
Washington et l’Union européenne ont exhorté le président ouzbek, Islam Karimov, à autoriser une enquête sur les affrontements d’Andijan, durant lesquels, selon des témoins, les troupes gouvernementales ont ouvert le feu et tué plus de 500 manifestants. Selon Islam Karimov, seules 169 personnes ont été tuées, principalement des "bandits".

L’ONU a déclaré, la semaine dernière, que l’Ouzbékistan avait rejeté l’appel du secrétaire général, Kofi Annan, en faveur de la création d’une commission d’enquête internationale. Mais Islam Karimov a déclaré, mercredi 25 mai 2005, qu’une telle demande n’avait jamais été formulée. "En Europe, on colporte activement la rumeur que M. Annan m’a demandé que l’Ouzbékistan accepte une enquête internationale", a dit Islam Karimov, lors d’une interview diffusée par la chaîne de télévision d’Etat. "Et moi je dis, en tant que président, qu’il m’a dit "si vous en avez besoin, nous pouvons envoyer des officiels de l’ONU qui pourraient vous aider à résoudre tout problème". Est-ce que c’est une demande de formation d’une commission d’enquête ?", a poursuivi le président ouzbek. "L’Ouzbékistan est un Etat souverain, qui a le droit d’évaluer en priorité tout ce qui se passe sur son territoire, et d’impliquer ensuite une commission internationale", a-t-il ajouté.

"Ni juste ni approprié"

La Russie a déclaré, mercredi 25 mai 2005, que l’Ouzbékistan avait le droit de mener sa propre enquête sur les affrontements, que les autorités ouzbèkes imputent à des militants islamiques. "Poser un ultimatum sur l’ouverture d’une enquête internationale n’est ni juste, ni approprié", a déclaré Vladimir Tchijov, vice ministre des Affaires étrangères, lors d’une réunion de l’OTAN et de ses partenaires en Suède. "Les pays qui appellent à la constitution d’une commission internationale se battaient il y a peu pour saluer le rôle clé de l’Ouzbékistan dans la coalition mondiale de lutte contre le terrorisme", a ajouté Vladimir Tchijov.

La Chine a également soutenu Islam Karimov dans son refus d’ouvrir une enquête internationale et a salué son intransigeance face au "séparatisme, au terrorisme et à l’extrémisme."

Reuters

Commentaire

On notera la remarque de Vladimir Tchijov à propos du "rôle clé de l’Ouzbékistan dans la coalition mondiale de lutte contre le terrorisme". Quel peut bien être ce rôle clé, sinon celui d’une salle de torture au service de "la communauté internationale" en général, et des démocraties occidentales en particulier ?

On notera également que les dirigeants des démocraties occidentales, s’ils affectent de s’indigner à propos du massacre d’Andijan, et s’ils ont lancé des appels à "davantage d’ouverture politique", feignent d’ignorer le caractère tortionnaire du régime d’Islam Karimov, de même qu’ils feignent d’ignorer le caractère tortionnaire du régime irakien. Se sont-ils donc compromis, avec leurs amis tortionnaires, au point de ne même plus oser s’opposer publiquement à la torture ? Craignent-ils de s’entendre reprocher leur attitude de complicité par les tortionnaires eux-mêmes ?

Frank BRUNNER

 

 

Crime contre l'humanité en Ouzbékistan :
Washington condamne mollement

15/05/05 Trois jours après le massacre de 500 civils, dont des femmes et des enfants, Washington est sorti de son incroyable mutisme. Un porte parole du département d'Etat Américains a timidement déclaré ( Selon Reuter): "Nous sommes profondément perturbés par les informations voulant que les autorités ouzbèkes aient tiré sur les manifestants"(…) Nous condamnons absolument l'usage indiscriminé de la force contre des civils désarmés et nous regrettons profondément les pertes de vie"
Cet imposant retard dans la condamnation par les yankees d’un acte de Barbarie évident est pourtant facile à comprendre. Dans la "guerre contre le terrorisme" Karimov est un allier important de Bush. Et il n’a pas de reproches à recevoir de son homologue américain. Bush n’a-t-il pas fait tuer 100 000 civils iraquiens depuis le début de sa croisade maudite ? Et l’implication d'officiers américains dans les massacres de Kunduz aux côtés d’un autre boucher ouzbèk, le terroriste Rachid Dostom est connue.
Le chien n’a fait qu’imiter son maître. Bien ingrat serait celui-ci s’il réprimandait trop durement son élève.

Andijan : capital du Djihad en pays Ouzbèk

Des milliers de Moudjahiddines ont attaqué vendredi 13 mai une caserne de la ville d'Andijan. Les assaillants se sont emparés d'un important stock d'armes. Des centaines de prisonniers politiques ont ensuite été libérés d'une prison de la ville prise par les Moudjahiddines. Akram Iouldachov le leader du mouvement islamique Akromiya ferait parti des libérés.
Le dictateur ouzbèk Islam Karimov, soutenu aussi bien par Moscou que par Washington, s'est immédiatement rendu sur place pour diriger ses troupes. Une quinzaine de civils ont ensuite été massacrés par les forces gouvernementales qui voulaient dispercer la foule. Le criminel Karimov, qui aime répéter qu'il n'y a pas d'autre Islam que lui en Ouzbékistan, fait face au mouvement de révolte le mieux organisé de son règne. Qu’Allah donne une victoire éclatante à nos frères Ouzbèks et qu’un état islamique naisse à nouveau au cœur des steppes.

02/02/05 - Un champion mondial de taekwondo jugé pour appartenance au Hizb ut-Tahrir
Le tribunal de Yakkasarai à Tachkent vient de commencer un procès contre 3 personnes accusées d'apaprtanance au Hizb ut-Tahrir, le Parti de la libération islamique, qui est hors-la-loi dans le pays. Les accusés sont Abdugafur Jalilov, Farkhad Alibaïev et Elmurad Nurakhunov. Nurakhunov, 28 ans, a été champion du monde de taekwondo en 1996 en Tchéquie et en 1999 en Argentine, champion d'Asie et d'Europe en 1997 et 1998, médaille d'or en Belgique en 1994 et médaille d'argent en Pologne en 1995. Il a reçu un prix spécial au championnat euro-asiatique à Chypre en 2001. Il a été arrêté le 17 septembre 2004. il a déclaré au tribunal avoir été torturé par l'officier de police Saidakbar. L'avocat des 3 accusés a déclaré que les charges contre ses clients avaient été fabriquées et que l'enquête avait été menée sans participation adéquate de la défense. Un membre du Groupe des militants indépendants des droits humains, qui suit le procès, a dénoncé de nombreuses violations des procédures et déclaré que les juges n'ont pas tenu compte des déclarations des accusés sur les tortures subies.
Source : Ferghana.Ru news agency, 1er février 2005

25/01/05 - Kidnappé en Russie, jugé en Ouzbékistan
Mannobjon Rakhmatullaïev, un enseignant coranique et d’arabe, est jugé depuis la mi-janvier par un tribunal régional d’Andijon pour des chefs d’inculpation abriqués qui pourraient lui valoir entre 15 et 20 ans de prison. Le cas de cet enseignant n’est pas banal. Il était installé dans la ville de Marx (sic) de la région de Saratov en Russie, où il enseignanit l’arabe à la mosquée locale. Détenu en vertu d’une demande d’extradition ouzbèke, il fut finalement remis en liberté par la justice russe. Qu’à cela ne tienne : le 21 juillet 2004, il était kidnappé par des hommes masqués en territoire russe et ramené en Ouzbékistan. Dèjà, en juillet 2003, son beau-fils Ruvajdin Rakhmanov avait été kidnappé par les services secrets ouzbeks en territoire russe et condamné en janvier 2004 à 8 ans de prison. il purge actuellemnt sa peine à la colonie pénitentiaire UYa 64/33 dans la région de la Kashkadarja.
Source : Memorial, Moscou, 18 janvier 2005

13/01/05 - Le chef est malade, les sous-fifres ont engagé la bataille de succession
La rumeur se précise ces dernière semaines : Islam karimov, le président ouzbek, est gravement malade et serait même en phase terminale. Les complots de palais battent donc leur plein pour sa succession. Sur les rangs, les deux princupaux aspirants à la succession sont le ministre de l'Intérieur et le chef du Service national de sécurité (SNS), successeur du KGB. Et c'est le conflit entre les deux hommes qui expliquerait selon les observateurs,l aretenue observée par les forces de poolice face aux manifestations d eprotestation qui ont eu lieu en novembre à ferghana, Kokand et Margilan, dans la Vallée de Ferghana, à Karshi, dans le Sud, puis en décembre à Bakht, Shakhrikhan et Tachkent.
Qui sont donc les deux candidats à la place du grand chef ?
À ma gauche Zakir Almatov, ministre de l'Intérieur depuis 1991, qui s'est bâtie une solide réputation d' "homme de fer" par une vigoureuse campagne pour l'éradication du crime, suivie d'une répression sans failles contre tout opposant gênant pour le chef. Ses succès lui donnant des ailes, il a commencé à faire de l'ombre à Karimov. Celui-ci a donc nommé en 1995 Rustam Inoyatov à la tête du SNS, qui a vu ses pouvoirs et prérogatives s'étendre de plus en plus et devenir une menace sérieuse pour le Ministère de l'Intérieur. Dernière nouveauté : la garde des frontières et les services de douane ont été confiés au SNN. Inoyatov est admiré par toute la flicaille des républiques ex-soviétiques pour avoir su préserver les glorieuses traditions du KGB. Un vrai démocrate, quoi...
Les deux hommes gèrent leurs fiefs comme de vrais seigneurs.Ils disposent chacun de troupes, d'armes, d'argent et d'un réseau d'hommes à eux placés à la tête d'entreprises, qui leur versent évidemment des commissions. Si jamais leur conflit venait à s'envenimer, ça pourrait saigner. La succession du chef risque donc de ne pas se passer pacifiquement. D'autant plus que la population a osé, ces derniers mois, exprimer publiquement son mécontentement contre les mesures arbitraires, notamment au grand bazar de Chorsu, coeur de la vie commerciale de Tachkent, où la police fait la chasse aux marchands à la sauvette, et près duquel des immeubles d'habitation sont menacés de destruction.
Source : http://www.eurasianet.org , 10 janvier 2005

L'OSCE dénonce le déroulement des élections législatives
Les élections législatives de dimanche en Ouzbékistan ne correspondent pas aux normes internationales, a annoncé lundi l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), soulignant que l'opposition avait été interdite de se présenter.
"Bien que l'on note quelques améliorations mineures par rapport à 1999, la mission de l'OSCE a conclu que les élections étaient très loin de répondre aux standards internationaux pour des élections démocratiques", a déclaré un membre de la mission d'observation menée par l'OSCE dans l'ex-république soviétique d'Asie centrale.
Islam Karimov, président autocrate qui s'est maintenu au pouvoir après l'éclatement de l'Union soviétique, a estimé pour sa part que ce scrutin constituait une avancée sur la voie de la démocratisation du pays de 26 millions d'habitants.
Mais cinq partis seulement étaient en lice, tous liés au chef de l'Etat.
"Les similitudes entre les programmes politiques des cinq partis inscrits semblent avoir privé les électeurs d'un choix véritable", indique dans un communiqué le chef de la mission de l'OSCE, Lubomir Kopaj.
Les observateurs en concluent que les autorités d'Ouzbékistan ont échoué dans la mise en oeuvre d'élections "pluralistes et transparentes".
Karimov a aussitôt répliqué aux remarques de l’OSCE en disant que ça n’était que l’opinion d’une organisation parmi d’autres : « Ce ne peut pas être la vérité ultime. »
Le chiffre officiel de participation - 85% - a été jugé surévalué par de nombreux commentateurs.
"Nous voyons ce scrutin comme un crime contre le peuple ouzbek”, a déclaré Otanazar Aripov, du Parti démocratique Erk (Liberté).
"ce scrutin était avant tout une fiction destinée au monde extérieur. En fait, les cinq partis loyaux ne servent qu’une personne dans ce pays, le rpésident et ont tous été créés sur son ordre. dans le futur Parlement, ils continueront à servir Karimov. » Ces paroles sensées ont été prononcées par Vasilya Inoïatova, une responsable du Mouvement populaire Birlik (Unité).
Dimanche, islam Karimov avait déclaré qu’il ne tolèrerait “ni une révolution rose, ni une révolution orange” (allusion à la Géorgie et à l’Ukraine) et qu’il n’y avait pas de place dans le pays pour une oppsoition “créée artificiellement. Ce à quoi Vasilya Inoïatova répond : « je crains qu’on ne finisse par avoir une guerre civile. Les révolutions sont en principe bien organisées, tandis que les guerres civiles éclatent sponatnément, provoquées par l’arbitraire, la torture et la faim. »
Outre les 22 observateurs de l’OSCE, 205 autres osbervateurs ont surveillé les élections; ils appartenaient au Conseil exécutif de la Communauté des États indépendants, à l’Organisation de Coopération de Shanghaï, au Parlement européen et à quelques autres organisations.
Source : Reuters et Kommersant, 27 décembre 2004

27/12/04 - Le bouillonnement des bazars inquiète le régime Karimov
Si l'opposition officielle ouzbèke est faible, les bouillonnants bazars ouzbeks peuvent poser un problème plus immédiat. On peut même imaginer qu’ils soient un jour amenés à jouer le même rôle que les bazars iraniens dans le renversement du Chah d’Iran en 1979.
Attirant des gens de toutes les couches sociales, ces marchés forment un milieu que certains observateurs pensent être à l'origine des attaques du printemps dernier.
Deux attentats-suicide de faible intensité, perpétrés au marché central de Tachkent en mars, pourraient avoir un lien avec la mort d'un marchand tué par la police.
Cet automne, une vague de troubles a soulevé les marchés en réaction aux mesures de répression des autorités sur les importations. Les incidents les plus graves ont eu lieu le 1er novembre à Kokand, sur la Route de la Soie, où deux voitures de police ont brûlé.
De même, le 11 décembre, un homme armé d'un lance-flammes artisanal aurait attaqué la police du marché central, 24 heures après une visite de Karimov. Le lendemain, des échauffourées opposaient policiers et commerçants à un carrefour traversé quotidiennement par le convoi des voitures blindées de Karimov.
« Les policiers ont frappé une femme et lui ont cassé une dent », a raconté Alima, une vendeuse de fruits de 28 ans. « Ensuite, ils ont traîné une autre femme par terre, comme une vache, et les autres femmes ont couru à son secours ».
Source : AFP, décembre 2004

24/12/04 - Retraités en colère : on veut détruire leurs datchas
Environ 3 500 électeurs de Tachkent ont annoncé leur intention de boycotter les élections législatives du 26 décembre pour protester contre une décision inique qu'ils n'arrivent pas à s'expliquer : le gouvernement a décidé de raser des datchas installées sur 750 lotissements du district de Kibrai, à la frontière avec le Kazakhstan. Les propriétaires de ces datchas sont des retraités, presque tous vétérans de l'armée soviétique, qui n'ont pas les moyens de financer le démontage et la réinstallation de leurs datchas hors de la bande d'un kilomètre et demi de large sur laquelle tout bâtiment doit être rasé. AInsi en ont décidé les autorités. Pourquoi ? impossible de le savoir. « À croire qu'ils nouspennent pour des terroristes », grimmellent les retraités en colère.
Source : Ferghana.Ru, 23 décembre 2004

La solution miracle de Boris Fomin pour remplacer le coton ouzbek
Pendant l'ère soviétique, surtout sous le règne de Brejnev, dont le gendre était le patron affairiste de l'Ouzbékistan, ce pays est devenu le grenier à coton de l'URSS. Avec pour résultat, entre autres, l'asssèchement de la Mer d'Aral Et plus de 70% du coton importé aujourd'hui par la Russie vient d'Ouzbékistan. Pour éviter la dépense que représentent ces importations, le Conseil de la Fédération a organisé un brain storming (remue-méninges). L'idée la plus géniale vient de Boris Fomin, président de l'Association des industries textiles et légères. Voici son plan : « Nous produisons du pétrole et a Chine produit des produits synthétiques issus du pétrole. On n'a qu'à leur donner du pétrole et en échange, ils pourraient nous fournir du tissu synthétique à base de pétrole. » Apparemment, Monsieur Fomin n'a pas entendu parler de la "qualité de vie"...
Source : Novye Izvestia, 23 décembre 2004