| 01/07/04
- Ruslan
Sharipov en liberté surveillée
Au terme d'un procès à huis clos, le 23 juin, la cour du district
de Khamzincki (région de Tachkent) a condamné Ruslan Sharipov à deux
ans de travaux d'intérêt général dans la ville de
Boukhara (centre du pays).
Reporters sans frontières a dénoncé "la violation grave
des droits de la défense lors de cette mascarade de procès",
dans un courrier adressé au président Islam Karimov.
" Ce qui est présenté comme un aménagement de la peine
du journaliste ne vise en réalité qu'à l'isoler davantage
et à l'empêcher de faire entendre sa voix. Nous demandons qu'il
soit libre de ses mouvements et qu'il puisse reprendre ses activités de
journaliste et de défenseur des droits de l'homme", a déclaré l'organisation.
La cour a ordonné le transfert de Ruslan Sharipov vers Boukhara, ville
située à 600 kilomètres de la capitale, dans laquelle il
n'a pas de famille. Il doit y purger le reste de sa peine en effectuant des travaux
d'intérêt général et reverser un quart de son salaire à l'Etat.
Il ne pourra pas quitter la ville sans autorisation préalable de la police.
L'audience s'est tenue à huis clos, en l'absence des avocats de l'accusé.
Aucun de ses proches n'avait été prévenu. Ruslan Sharipov
a été transféré à Boukhara le 25 juin.
Une commission s'était réunie, le 12 juin 2004, pour examiner la
possibilité de réduction de la peine de Ruslan Sharipov. Le journaliste,
ayant purgé le tiers de sa peine, aurait pu bénéficier d'une
amnistie.
Le 25 septembre 2003, Ruslan Sharipov, âgé de 25 ans, avait été condamné en
appel à quatre ans de prison pour homosexualité (art. 120 du code
pénal) et relations sexuelles avec un mineur (art. 128). A l'occasion
d'une amnistie générale, en décembre 2003, sa peine avait été réduite à un
peu plus de trois ans. Les autorités avaient alors indiqué qu'il
pourrait être libéré en juin 2004.
Ancien président du Syndicat des journalistes d'Ouzbékistan UIJU
et correspondant de l'agence de presse russe Prima, il avait été arrêté le
26 mai 2003. Le 8 août, il avait, sous la contrainte, plaidé coupable,
demandé pardon au président Karimov pour tous ses articles critiques
et renoncé à être défendu par un avocat. Le 5 septembre,
il avait adressé un courrier au secrétaire général
des Nations unies, Kofi Annan, dans lequel il expliquait avoir été obligé de
plaider coupable après avoir subi des tortures physiques et psychologiques.
Ruslan Sharipov, qui n'a jamais nié sa bisexualité, avait affirmé ne
pas connaître les victimes présumées. Celles-ci avaient également été interpellées
le 26 mai et gardées en détention pendant trois ou quatre jours.
Selon la défense de Ruslan Sharipov, les adolescents auraient été battus
et menacés par la police pour les convaincre de comparaître devant
la cour. De fait, le procès avait dû être ajourné à plusieurs
reprises en raison de leur absence à la barre.
Depuis plusieurs années, Ruslan Sharipov fait l'objet de multiples pressions
visant à lui faire abandonner ses activités de défenseur
des droits de l'homme et à l'empêcher de critiquer les autorités
dans ses articles.
Source : RSF, 28 juin 2004
19/06/04 - En
Ouzbékistan,
une répression féroce jette dans les bras de l'islamisme
une partie de la population
par Natalie Nougayrède, Le Monde, 18 juin 2004
Dans ce pays misérable d'Asie centrale, le régime dictatorial d'Islam
Karimov emprisonne à tout-va au nom de la guerre contre le terrorisme
et Al-Qaida..
Tachkent
de notre envoyée spéciale - Assise en tailleur sur
un tapis multicolore, dans une cour traditionnelle, une "mahalla" du
vieux Tachkent, Farida porte un voile très serré, épinglé sous
le menton. Cela n'a rien à voir avec la tenue habituellement
plus souple, foulard noué dans la nuque, des femmes ouzbèkes.
Ancienne institutrice, éduquée à l'époque
soviétique, Farida a adopté les règles de l'islam
radical, diffusé notamment par le mouvement clandestin Hizb-ut-Tahrir.
Ses deux fils sont en prison. Sa s¦ur aussi. Elle a été raflée
par la police du président Islam Karimov aux lendemains des attaques
armées et explosions qui ont secoué le pays, fin mars. Cette
série d'attentats mystérieux, aussitôt attribués
par les autorités ouzbèkes à des groupes "liés à Al-Qaida",
avait fait 47 morts, à Tachkent et dans la région de Boukhara.
Le fils aîné de Farida, Delshot, âgé de 24 ans, n'était
pas un de ces déshérités des campagnes, un de ces innombrables
pauvres que compte l'Ouzbékistan, pays le plus peuplé d'Asie
centrale (23 millions d'habitants), enfoncé dans la crise, ni un illettré qu'une
secte radicale aurait recruté. Il travaillait dans un des départements
de la Banque centrale d'Ouzbékistan. Il avait un bureau, de l'argent,
des entrées.
Situation prérévolutionnaire
" Lorsque j'ai pu lui rendre visite en prison, là où il croupit
depuis quatre ans, au milieu des tortures, de la syphilis, de la tuberculose,
dit Farida avec des sanglots, il a refusé que je vende la maison afin
de payer pour le faire libérer. Il m'a dit : "Allah m'aidera. Je
refuse de signer le moindre papier. Je porterais ce péché sur moi.
Même si Karimov en personne venait me demander pardon, je ne lui accorderais
rien !""
Une féroce répression politique, la pratique endémique
de la torture dans les prisons (dénoncée en 2002 par un rapporteur
spécial de l'ONU), et la misère sociale et sanitaire qui emporte
le pays, dont l'économie est étranglée par le régime...
Tels sont les facteurs habituellement avancés pour expliquer que l'Ouzbékistan,
selon le mot d'un diplomate occidental à Tachkent, "se trouve dans
une situation critique, prérévolutionnaire, une sorte de bombe à retardement
pour toute la région".
Un sourd mécontentement monte au sein de la population, épuisée
par le chômage, les privations, la peur des arrestations et du sadisme
de l'appareil de sécurité d'Etat, qui font le terreau des radicaux.
L'organisation Human Rights Watch a récemment lancé un cri d'alarme
en publiant un rapport tirant le bilan des cinq dernières années
de répression.
L'islam fondamentaliste serait véhiculé en Ouzbékistan
par deux organisations. Le Hizb-ut-Tahrir, un mouvement fondé dans les
années 1950 au Proche-Orient, vise à l'établissement d'un "califat" dans
l'ensemble du monde musulman et prône officiellement la "non-violence".
Le Mouvement islamique d'Ouzbékistan est, lui, apparu dans les années
1990, avec des soutiens en Afghanistan et au Pakistan. Il aurait toutefois été considérablement
affaibli par l'intervention armée américaine contre les talibans,
et ses résidus seraient aujourd'hui réfugiés dans la province
pakistanaise du Waziristan.
Dans cette cour abritée de la chaleur étouffante, non loin du
vieux marché Tchor Sou de Tachkent où, selon les autorités,
une "shahidka", femme kamikaze, s'est fait exploser, le 30 mars,
tuant plusieurs policiers, une amie de Farida, elle aussi voilée de
façon stricte, tend une simple feuille blanche dactylographiée.
C'est un tract du Hizb-ut-Tahrir.
" Le régime criminel du juif Karimov, connu pour sa haine des musulmans,
répand la terreur et a adopté les méthodes d'Israël
en collaborant avec les pays infidèles, dont les Etats-Unis, dit le texte, écrit
en russe. Le peuple de l'Ouzbékistan est témoin du fait que le
nombre de martyrs, traîtreusement emprisonnés et torturés
par les forces de sécurité de ce régime cruel, ne fera que
grandir. Le Hizb-ut-Tahrir se bat pour les libérer et établir un
mode de vie respectueux de l'islam."
Il reste très difficile d'évaluer le degré de pénétration
du mouvement dans cette République ex-soviétique enclavée,
frontalière de l'Afghanistan. Le Hizb-ut-Tahrir aurait - comme tend à le
montrer l'histoire de Delshot - commencé à s'infiltrer au sein
d'une partie de l'élite à Tachkent, sortant de son "ghetto" de
la vallée de Ferghana, région que le régime de Karimov
cherche à isoler du reste du pays, en tout cas de sa capitale, notamment
au moyens de "postes de contrôle" à l'allure militaire,
déployés sur les routes.
" La montée du fondamentalisme est exagérée par le
régime, qui s'empare de ce thème pour détourner l'attention
de ces crimes ! Les attaques meurtrières du mois de mars ont été en
réalité provoquées par le SNB -services secrets ouzbeks-.
L'islam extrémiste ici est une invention du pouvoir !" Calotte noire
brodée sur la tête, chemise blanche, Talib Iakoubov, président
de la Société des droits de l'homme d'Ouzbékistan, se dit
persuadé, comme de nombreux observateurs, que les événements
de la fin mars ne relevaient en rien d'Al-Qaida.
L'exemple
géorgien
" Les attaquants, qui ont utilisé des armes et peut-être des
explosifs - mais les détails sont difficiles à établir tant
les forces de l'ordre ont verrouillé l'information -, ne s'en sont pris
qu'à des postes de police, symboles détestés du régime.
Ils ne se sont pas fait exploser au milieu de la foule", note cet ancien
militant de la première vague démocrate, celle de la fin des années
1980, articulée autour du mouvement national ouzbek antisoviétique "Berlik".
C'est la suppression sans pitié, par le régime Karimov, de ce
mouvement plutôt modéré et laïque, dont les dirigeants
ont été poussés à l'exil, qui a préparé le
terrain à des formes violentes, armées, de contestation en Ouzbékistan,
souligne Talib Iakoubov. "L'opinion publique est aujourd'hui excédée
par le pouvoir en place, dit-il. La situation est potentiellement très
instable. Karimov sait que tout relâchement de sa terreur pourrait déboucher
sur des conséquences imprévisibles."
La hantise d'Islam Karimov serait une réédition, en Ouzbékistan,
de la "révolution de la rose" qui renversa en Géorgie,
avec l'aide notamment de la Fondation Soros, le régime d'Edouard Chevardnadze. "Chevardnadze
a contacté son ami Karimov pour le mettre en garde, raconte une source
diplomatique, et ce dernier a aussitôt ordonné, en avril, la fermeture à Tachkent
des bureaux de Soros."
Islam Karimov, âgé de 64 ans, souffrirait d'une leucémie
et se serait enfermé dans une sorte de paranoïa, obsédé par
l'idée d'autarcie. Il a ainsi entrepris de verrouiller les frontières
avec les pays voisins, plongeant les réseaux commerciaux locaux dans
le désarroi. Il serait, selon un expert français de la région,
sur le point de "suivre l'exemple du Turkmenbachi", Saparmourat Niazov,
le dictateur du Turkménistan, qui fait de son pays une sorte de "Corée
du Nord" au c¦ur de l'Asie centrale, coupé du monde extérieur.
" Le facteur-clé, dit cet expert, est l'attitude des Occidentaux.
Karimov a récemment commencé à essuyer de discrètes
critiques de la part des Etats-Unis, pour son bilan en matière de droits
de l'homme. Il voit bien que personne ne s'en prend, en revanche, à Niazov,
qui bloque tout accès des étrangers. Sa conclusion est de l'imiter,
dans l'enfermement total." Pendant ce temps, la population ouzbèke,
privée de perspectives, deviendra de plus en plus la proie de réseaux
clandestins qui pour la première fois, en mars, ont montré qu'ils étaient
prêts à passer à l'action armée.
17/06/04 - Le
président chinois à Tachkent
Pour marquer l'importance accordée par la Chine au sommet du Groupe de
Shanghaï, qui s'ouvre le 17 juin à Tachkent, le président
chinois Hu Jintao est arrivé dans la capitale ouzbèke dès
le 15 juin. Il a aussitôt rencontré le président Islam Karimov
avec lequel il a signé une déclaration d'engagement à développer
des relations amicales et un accord de coopération contre le trafic de
stupéfiants. Karimov a déclaré que les deux pays sont unis
dans le combat contre les trois "maux", qui sont, selon l'_expression
standard utilisée par le Groupe de Shanghaï, le "terrorisme
international, le séparatisme et l'extrémisme". Le volume
du commerce entre les deux pays a été durant les quatre premiers
mois de 2004 de 220 millions de $, soit une augmentation de 134% par rapport à l'année
précédente.
Source : Télévision ouzbèke, 15 juin 2004
12/06/04 - Promesses
alléchantes pour les sportifs ouzbeks
Le gouvernement ouzbek a décidé de récompenser ceux des
71 sportifs ouzbeks qui concourront aux JO d’Athènes dans 15 disciplines
différentes et décrocheront des médailles, selon le barème
suivant :
- médaille d’or : 100 000 $ [83 200 €]
- médaille d’argent : 50 000 $ [41 600 €]
- médaille de bronze : 25 000 $ [20 800 €]
Source : Télévision ouzbèke, 7 juin 2004
Nouvelle
mort suspecte en détention
Une nouvelle mort suspecte en détention donne du grain à moudre
aux défenseurs des droits humains en Ouzbékistan. Ilkhom Umarov,
28 ans, avait été arrêté le 29 mai, avec un complice
présumé, suspecté d’avoir tué deux moutons.
Ils ont été enfermés au commissariat de police d’Arnasay,
dans la province de Jizzak, dans le centre du pays. le lendemain, Umarov est
mort, officiellement des suites d’une crise d’épilepsie.
Quelques jours plus tard, les autorités ouzbèkes ont promis à l’organisation
Freedom House qu’elle pourrait être pleinement associée à l’enquête
sur cette mort suspecte. Le mois dernier, Tachkent avait autorisé des
médecins légistes US et canadiens à autopsier le corps
d’Andrei Shelkovenko, mort en détention le 19 mai à Gazalkent.
Les experts avaient conclu qu’il s’était bien pendu et n’était
pas mort sous la torture.
Source : www.irinnews.org
11/06/04 - Limogeage
du chef de la police des frontières
Ç a n'a pas traîné. Le président Islam Karimov a limogé le
4 juin le chef de la police des frontières et vice-président du
Service national de sécurité, Gafurjon Tishaev. Ce limogeage est
intervenu trois jours après un incident au cours duquel des garde-frontières
ouzbeks ont tué dans des circonstances obscures un ressortissant kazakh.
Le 3 juin, une rencontre pour parler de l'incident avait eu lieu entre le secrétaire
du Conseil de sécurité kazakh Bulat Utemuratov et son homologue
ouzbek Ruslan Mirzaev. Ce dernier a déclaré que les garde-frontières
allaient prendre des mesures pour éviter de tels "incidents" à l'avenir.
Source : Radio Free Europe/Radio Liberty, 4 juin 2004
01/06/04 - Des
médecins légistes étrangers autorisés à enquêter
sur une mort suspecte
Dans une démarche inhabituelle, les autorités ouzbèkes ont
autorisé des médecins légistes US et canadiens à autopsier
le corps d’Andrei Shelkovenko, 36 ans, mort dans des conditions suspectes
le 19 mai dernier dans un commissariat de police à Gazalkent, à 40
km de la capitale Tachkent. L’explication officielle de cette mort a été le
suicide par pendaison, mais le groupe Human Rights Watch, qui a pu voir le corps,
a constaté des blessures ouvertes à la tête et à la
nuque et des hématomes à l’aine. La mère du défunt,
Lyudmila Bochkaryova, a refusé de l’enterrer sans enquête
indépendante. Simultanément, les autorités ouzbèkes
ont constitué une équipe d’enquête spéciale
sur ce décès suspect.
L’équipe de médecins légistes est dirigée par
un professeur de Washington, Michael Pollanen, qui a travaillé au cambodge
et à Timor-Est. S’il contradisent la version officielle de la pendaison
de Shelkovenko, cela jettera une suspicion sur toutes autres morts en détention
au “Karimovland”.
Apparemment, le gouvernement Karimov a tiré des enseignements de l’affaire
Fatima Mukhadirova. Cette femme de 62 ans avait été libérée
en février dernier, à la veille d’une visite de Donald Rumsfeld,
suite aux protestations qui avaient suivi sa condamnation à 6 ans de travaux
forcés. Fatima était la mère de Muzafar Avazov, un détenu
musulman mort sous la torture [il avait été ébouillanté]
en août 2002. Réclamant qu'une enquête impartiale soit menée
sur cette mort, elle avait été accusée d'être membre
du même parti que son fils, le Hizb ut-Tahrir (Parti de la libération),
dont 4 000 membres et sympathisants, réels ou supposés, sont emprisonnés
en Ouzbékistan. Lyudmila Bochkaryova a donc de bonnes chances de connaître
la vérité sur la mort en détention de son fils, sans avoir à être
emprisonnée. Elle bénéficiera ainsi des obligations de respect
des droits humains qu’implique pour l’Ouzbékistan l’alliance
militaire avec les USA. Car il est clair que Washington a suffisamment d’ennuis
avec ses guerre en Iraq et en Afghanistan pour ne pas avoir besoin que l’opinion
trouve une nouvelle raison de critiquer l’administration Bush et le Pentagone
pour leur allaince avec une dictature tortionnaire. Une autopsie contre une base
militaire, ce n’est pas trop cher payé.
Source : BBC News et www.irinnews.org
21/05/04 - L'armée
ouzbèke en voie de professionnalisation
par Rustam Temirov, http://www.eurasianet.org , 14 mai 2004. Traduit de l'anglais
par BB pour Quibla
L'auteur est un journaliste d'Asie centrale écrivant sous pseudonyme
Comme
la récente visite du ministre russe de la défense Sergei
Ivanov à Tachkent l'a souligné, l'Ouzbékistan
souhaite amplifier la coopération stratégique avec
la Russie. Néanmoins, les dirigeants ouzbeks considèrent
toujours les USA comme le partenaire stratégique clef du pays.
Un programme de formation financé par les USA à l'intention
des sous-officiers ouzbeks illustre le rôle essentiel joué par
le Pentagone dans la modernisation des forces armées du pays.
L'Ouzbékistan s'efforce de réorganiser son armée forte
de 65 000 hommes pour qu'elle ne soit plus basée essentiellement sur
la conscription. Les responsables de la défense ouzbeks espèrent
que vers fin 2005, l'armée du pays sera constituée majoritairement
de soldats professionnels. Actuellement, l'axe prioritaire est le développement
d'un solide corps de sous-officiers, de sergents notamment, selon le ministère
de la défense. "Le service militaire sera maintenu," indique
Kamil Jabarov, le porte-parole du ministère, "mais les professionnels
sous contrat constitueront la majorité de l'effectif de l'armée.
Les sergents en seront l'épine dorsale."
Quatre centres de formation de sous-officiers ont été construits
avec l'aide des USA et d'autres donateurs étrangers. Bien que la mauvaise
situation des droits de l'homme en Ouzbékistan ait parfois gêné la
coopération bilatérale, l'aide militaire des USA à Tachkent
a augmenté de 1 800 pour cent environ depuis 2001. L'administration
Bush considère aujourd'hui le Président ouzbek Islam Karimov
comme un partenaire majeur en Asie centrale.
Dans le cadre d'un accord de partenariat stratégique signé en
2002, des sous-officiers ouzbeks triés sur le volet ont suivi une formation
dans des bases militaires aux USA. Nombre de ces sous-officiers sont rentrés
en Ouzbékistan, où à leur tour, ils assurent la formation
de base d'autres sous-officiers.
Dans une école de sous-officiers de Samarcande, l'instructeur Utkir
Mamatov met ses cadets à l'épreuve. "L'armée US attache
beaucoup d'importance aux mesures de sécurité, même si
en gros, sa méthodologie est semblable à la nôtre," dit
Mamatov aux cadets. "Ils courent, ils tirent en l'air... en d'autres termes,
ils font comme nous."
Selon un observateur diplomatique à Tachkent, la formation des sous-officiers à permis à l'armée
ouzbèke de devenir "inter-fonctionnelle" avec celle des USA.
La formation met l'accent sur l'aptitude au commandement. Plutôt que
de compter sur des officiers pour contrôler les unités militaires
de base - une technique en faveur chez les militaires soviétiques -
les sergents ouzbeks sont formés pour assumer une plus grande responsabilité dans
l'exécution des ordres, laissant "les grandes lignes" aux
officiers supérieurs, précise cette source diplomatique.
La même source ajoute que des difficultés ont été rencontrées
dans la transition vers une armée reposant sur les sous-officiers. "Car
pour les jeunes officiers, cesser de se comporter comme des sergents pour permettre à ces
derniers de faire leur travail peut être difficile". "Quant
aux officiers supérieurs qui ont fait leur carrière avec un système
différent, il y aura certainement des problèmes."
La langue est une autre source potentielle de difficultés. Alors que
la plupart des soldats s'expriment en ouzbek, beaucoup d'officiers supérieurs
parlent seulement russe. Tandis qu'est prévue pour cette année
l'adoption d'uniformes au modèle de l'OTAN, la dépendance vis-à-vis
d'armes et de matériels russes dépassés reste forte.
Concilier les efforts de rapprochement de son armée avec l'OTAN et ses
tentatives récentes de partenariat militaire plus étroit avec
la Russie risque d'être un défi de plus pour l'Ouzbékistan.
Depuis les attentats de mars qui ont tué 45 personnes environ à Tachkent
et à Boukhara, la Russie a réintroduit l'Ouzbékistan au
c¦ur de sa vision stratégique, après des années
de froideur dans les relations. Au moment où la Russie annonce le retrait
de ses troupes de la frontière du Tadjikistan, un tel partenariat pourrait
s'avérer de plus en plus important pour le Kremlin qui tente de contrer
l'influence croissante des USA dans la région.
Venu rencontrer Karimov le 12 mai, le ministre russe de la Défense,
Ivanov, a déclaré à la télévision d'état
ouzbèke qu'une plus grande coopération était indispensable
pour combattre "la maladie du terrorisme" qui afflige l'Asie centrale
et la Russie. Des manoeuvres militaires communes avec la Russie sont prévues
pour 2005, et l'Ouzbékistan a été invité à titre
d'observateur aux man¦uvres de cette année de l'armée
russe avec celles du Kazakhstan et du Kirghizistan. Des plans pour un système
commun de défense aérienne attendent actuellement leur ratification
par la Douma russe.
En attendant, les réformes dans le cadre du rapprochement avec l'OTAN
continuent. Au cours des cinq dernières années, l'effort gouvernemental
a porté avec constance sur la réduction des effectifs militaires
et sur l'accroissement du contrôle de l'armée par le pouvoir civil.
Le ministre de la défense, Kadir Gulyamov, un physicien avec peu d'expérience
militaire, a été le premier civil d'un État de la CEI à contrôler
l'armée. Il reste le seul civil responsable de l'institution militaire
dans un pays d'Asie centrale.
Conformément à la doctrine de défense formulée
en 2000, la réduction des effectifs de l'armée ouzbèke la
plus importante d'Asie centrale- pourra atteindre jusqu'à 15.000 hommes
conservant ainsi une force d'environ 53.000 hommes. La durée du service
militaire est passée de deux ans au milieu des années 90 à un
an, et seulement neuf mois pour ceux qui ont un niveau de formation universitaire.
Un projet de loi pour les troupes de réserve pourrait diminuer encore
cette durée.
La doctrine de défense de l'Ouzbékistan prévoit que le
ministère de la Défense agit en tant qu'administrateur global
et planificateur financier des forces armées, avec un conseil d'état-major
calqué sur le modèle US de l'état-major interarmes chargé de
coordonner les actions de l'armée de terre, de l'aviation du ministère
de l'intérieur et des gardes frontières. L'accent a été mis
sur la mise en place de petites unités adaptables plutôt que sur
le maintien des brigades blindées et d'aviation sur le modèle
soviétique. L'objectif fondamental de ces réformes est présenté de
manière sacralisée et les sergents nouvellement promus en Ouzbékistan
sont désignés comme "les vrais patriotes de la mère
patrie." C'est un discours de relations publiques que les sergents eux-mêmes
répètent sans se faire prier. "Nul n'est plus professionnel
que moi," claironne l'instructeur Mamatov aux cadets en formation à Samarcande. "Je
suis un sergent, chef des soldats."
La rédaction de Quibla prend l'entière
responsabilité de
la qualité de la traduction de ce texte dont l'original est paru sur le
site http://www.EurasiaNet.org/.
05/05/04 - Karimov
contre Soros
Parlant au Parlement ouzbek le jeudi 29 avril, le président Islam Karimov
a défendu la mesure de rétorision prise à l'encontre de
l'Open Society Institute du milliardaire USGeorge Soros, dont lles actvités
ont été suspendues en Ouzbékistan. Selon Karimov, l'Institut
violait la loi et la constitution. Cette mesure a été critiquée
par Washington. D'autre part, la Banque européenne pour la reconstrcution
et le développement a annoncé qu'lle réduisait ses activités
en Ouzbékistan, suite à l'absence de réformes positives.
Soros, qui se trouvait au même moment au Kirghizistan, a déclaré que
l'Ouzbékistan était maintenant engagé dans une "spirale
descendante de répression accrue et de déclin économique" et
qu'il était difficile d'envisager qu'il puisse inverser cette spirale.
Source : http://www.irinnews.org, 30 avril 2004
23/04/04
- Qu'est-il arrivé à ces jeunes femmes "de bonne
famille" ?
Les parents de Dilnoza Holmuradova, 19 ans, n'en sont pas encore
evenus. Le 8 avril, ils ont enterré leur fille de 19 ans, dont le corps leur avait été remis
par la police, qui leur a dit qu'elle était l'auteur de la première
opération-martyre du 28 mars, au marché de Chorsu, dans le centre
de Tachkent. Le portrait de leur autre fille, Shahnoza, 22 ans, s'affiche sur
les avis de recherche placardés dans toute la capitale ouzbèke.
Dilnoza et Shanoza sont-elles vraiment devenues des terroristes ? Dilnoza était
programmatrice en informatique et avait suivi les cours de l'académie
de police en 2001. Elle parlait l'ouzbek, le russe, l'anglais, le turc et l'arabe.
Shahnoza était en deuxième année d'économie à l'Institut
d'irrigation de Tachkent. Les deux filles avaient suivi des cours d'arabe au
centre culturel égyptien de Tachkent et étaient devenues de pieuses
musulmanes, mais de là à se faire sauter ? La mère de Dilnoza
a vu le corps de sa fille et il était intact, à part une brûlure
sur l'estomac : «Elle ne s'est pas fait sauter », dit-elle, « elle
a été tuée. »
Les parents de deux autres jeunes femmes ont aussi été avisés
de la mort de leurs filles, sans pouvoir voir leurs corps. Mais qu'ont donc manigancé les
services secrets du président Karimov ?
Source : http://www.iwpr.net
Un journaliste menacé pour sa couverture de la lutte
antiterroriste
Reporters sans frontières dénonce les menaces dont a fait l'objet
Tulkin Karaev, correspondant pour l'organisation britannique IWPR et la radio
La Voix de la République Islamique d'Iran, de la part du service de
la sécurité nationale (SNB). Le journaliste a été averti
qu'il serait accusé de collaboration avec des extrémistes s'il
ne modifiait pas sa couverture des actions entreprises par les autorités
après les attentats qui ont secoué le pays fin mars 2004.
" Preuve est faite que le pouvoir emploie des moyens illégaux pour
faire pression sur les journalistes qui bravent la censure en Ouzbékistan.
Tulkin Karaev n'a fait que rapporter des faits et des témoignages sur
les méthodes violentes employées par les forces de l'ordre contre
des musulmans. Ce comportement souligne l'opacité dangereuse dont les
autorités ouzbèkes entourent tant la lutte antiterroriste que les
actes terroristes eux-mêmes", a déclaré Reporters sans
frontières.
Le 15 avril, Tulkin Karaev, correspondant à Kachdaria pour l'organisation
britannique d'aide au développement des médias IWPR et pour le
service ouzbek de la radio La Voix de la République Islamique d'Iran,
a reçu un appel d'un homme dénommé "Gouyam",
se présentant comme un membre du SNB. Ce dernier a menacé de
lancer à l'encontre du journaliste des poursuites judiciaires pour collaboration
avec des extrémistes islamistes s'il n'arrêtait pas de diffuser
de "fausses informations".
Début avril, le journaliste avait, dans plusieurs reportages pour la
radio iranienne, fait état des arrestations massives de musulmans accusés
d'être des fondamentalistes et des terroristes. Il avait rapporté des
témoignages sur les méthodes illégales et violentes des
forces de l'ordre, dont le cas d'un imam sur qui la police aurait délibérément
placé de la drogue lors de son arrestation.
Fin mars 2004, une série d'explosions, attaques et attentats-suicides,
suivis d'opérations policières à Tachkent et à Boukhara,
ont fait 47 morts. Les incidents ont été attribués par
les autorités à des islamistes radicaux et notamment au groupe
Hizb-ut Tahrir, qui a démenti toute implication.
Plusieurs journalistes se sont plaints de la pauvreté des informations
données par les autorités, au détriment de l'intérêt
public. La population a pris connaissance des explosions du 29 mars grâce
aux chaînes de télévision russes et à des sites
Internet, les chaînes et les radios ouzbèkes ayant tantôt
retardé la diffusion de plusieurs heures, tantôt ignoré l'information.
Source : RSF, 22 avril 2004
20/04/04
-Le gouvernement ferme la fondation de George Soros
Le gouvernement ouzbek vient de refuser de renouveler l'agrément à la
Fondation dirigée par le milliardaire US George Soros, l'Open Society
Institute, le plus important donateur privé du pays. L'OSI, installé à Tachkent
depuis 1996, a distribué 22 millions de $, notamment en équipements
informatiques pour les universités et les écoles. Le motif avancé par
les autorités ouzbèkes est que l'Institut est engagé dans
des activités qui "sapent" l'autorité gouvernementale. Le milliardaire
a réagi par une déclaration virulente accusant le gouvernement
ouzbek d'avoir emprisonné des milliers de citoyens, de les avoir faits
torturer et de refuser d'autoriser la plupart des groupes locaux de droits humains
et des partis politiques d'opposition. On verra si le coup contre Soros va amener
le Congrès US à refuser le certificat autorisant l'aide officielle
US à l'Ouzbékistan. Celle-ci devrait se monter cette année à plus
de 48 millions de $, dont 10,5 en asssistance militaire et sécuritaire.
Source : http://www.eurasianet.org
19/04/04
- Paroles
d'expert ...
L'Organisation de coopération de Shanghaï a installé il y
a quelques mois son "centre antiterroriste" à Tachkent. Son
directeur Vyacheslav Kasymov vient de déclarer qu'une organisation se
trouvait derrière les attentats et les affrontements qui ont fait au moins
47 morts en Ouzbékistan du 28 mars au 1er avril dernier. Selon Kasymov,
l'organisation s'appellerait "Jamoat" (la Société) et
compterait de 350 à 400 membres, dont un quart auraient suivi un entraînement
militaire. Ils seraient favorables à la création de califats dirigés
par des émirs. Kasymov a dit ignorer les liens entre cette "Jamoat" et
d'autres organisations islamiques. Tout cela est bien maigre et mérite à peine
un salaire, Monsieur Kasymov...
Source : AP, 17 avril 2004
17/04/04
-La répression provoque un exode
La répression qui a suivi la vague d'attentats et d'affrontements de fin
mars début avril à Tachkent et Boukhara a provoqué un exode
de nombreux Musulmans, notamment des jeunes, vers le Kazakhstan et le Kirghizistan
voisins. On ignore le nombre de personnes qui ont pris la fuite mais un chiffre
peut indiquer l'ampleur du mouvement : les garde-frontières kazakhs ont
dit avoir refoulé en deux semaines 500 Ouzbeks dépourvus de passeports.
Source : http://www.eurasianet.org
15/04/04
-Bilan officiel des arrestations
Selon le Procureur général Rachid Kadyrov, 54 suspects ont été arrêtés
suite aux événements du 28 mars au 1er avril et 45 ont été formellement
inculpés. Les autorités ont saisi une grande quantité d'armes à feu
et d'explosifs artisanaux. Selon Kadyrov, les terroristes présumés
appartenaient à un groupe actif à Tachkent et Boukhara depuis l'an
2000. Ce groupe se serait inspiré des idées du Hizb ut-Tahrir et
aurait intégré des éléments du Mouvement islamique
du Turkestan, qui serait le nouveau nom du Mouvement islamique d'Ouzbékistan.
Source : http://www.EurasiaNet.org
14/04/04
- Répression
tous azimuts
La vague d'attentats et d'affrontements qu'a connu l'Ouzbékistan fin mars
début avril a été le nouveau prétexte pour une vague
répressive conduite selon la méthode ouzbèke. La police
n'hésite pas en effet à "planter" des preuves chez les
suspects interpellés, telles que tracts de groupes d'opposition, drogues
ou armes. Les premiers ciblés sont les croyants musulmans, mais les croyants
d'autres religions ne sont pas épargnés, tels que les témoins
de Jéhovah, les protestants et les adpetes d'Hare Krishna. Parmi les musulmans
arrêtés, on cite le cas de l'imam Rustam Kilichev, dont on ignore
les raisons de l'arrestation. Pourtant cet imam s'était signalé en
tentant de dissuader des musulmans détenus de suivre le parti interdit
Hizb ut-Tahrir. Cet imam est responsable de la mosquée centrale Navo à Karshi,
dans le sud du pays. On signale aussi que 25 femmes ont été interpellées
pendant 24 heures à Pskent, près d'Almalyk. Leur seul crime : elles
portaient le hijab. Des arrestations sont signalées dans toutes les régions
du pays. Des musulmans arrêtés à Fergana ont entamé une
grève de la faim tandique que leurs mères ont organisé une
protestation publique, dispersée par la police, le 5 avril dernier. A
Tachkent, des fonctionnaires ont recommandé aux femmes de ne pas porter
de hijab en public si elles ne voulaient âs être suspectées
d'être des candidates au martyre.
Dimanche 11 avril, la responsabilité des attentats a été assumée
par un groupe jusqu'ici inconnu, le Groupe du Jihad islamique, qui a déclaré vouloir
ainsi répondre à « l'injustice et (à ) la brutalité pratiquées
par les dirigeants infidèles de ce pays. »
Source : http://www.forum18.org et
AP, 12 avril 2004
10/04/04
-448 interpellations...
Les terroristes présumés à l'origine de la récente
vague de violences en Ouzbékistan ont été formés
par des instructeurs arabes qui ont également entraîné des
combattants d'Al Qaïda, a déclaré vendredi le procureur général
ouzbek Rachid Kadyrov.
Il a également expliqué que les militants opéraient sous
l'influence du groupe islamiste Hizb ut-Tahrir et du Mouvement islamique du Turkestan
-qui serait né des cendres d'un groupe terroriste ouzbek décimé dans
des opérations antiterroristes menées en Afghanistan sous la direction
des Américains après les attentats du 11 septembre 2001.
Selon des responsables, au moins 47 personnes, dont 33 terroristes présumés
et dix policiers, sont morts durant quatre jours d'explosions et d'attaques contre
les autorités en Ouzbékistan. Ces attaques, qui ont commencé le
28 mars, constituaient les premières violences majeures depuis que l'Ouzbékistan
s'est allié aux Etats-Unis après les attentats du 11 septembre
2001 et a autorisé des centaines de soldats américains à utiliser
une base militaire dans le sud du pays.
D'après le procureur général Rachid Kadyrov, 45 personnes
ont été arrêtées et neuf autres font l'objet d'une
enquête suite à ces violences. Quelque 403 autres personnes ont été interpellées
dans le cadre des investigations avant d'être remises en liberté,
a-t-il expliqué.
Source : AP, 9 avril 2004
05/04/04
- Une
police brutale haïe de la population
La veille du double attentat-suicide de lundi à Tachkent a eu lieu dans
la capitale ouzbèke une autre sorte de violence beaucoup plus courante
ici: la police a semble-t-il battu à mort un marchand d'ail de 60 ans.
Accusée de recourir à la torture par les défenseurs des
droits de l'homme, la police ouzbèke est détestée et redoutée
de la population pour sa brutalité et son rôle dans la répression
tous azimuts infligée par le régime autoritaire du président
Islam Karimov.
Lundi une femme kamikaze s'est fait sauter sur le marché de Chorsu. La
veille, le marchand d'ail a été tué apparemment par la police
sur ce même bazar après s'être plaint du harcèlement
des forces de l'ordre à l'égard d'un porteur, ont rapporté des
témoins, des défenseurs des droits de l'homme et des membres de
l'opposition.
Depuis dimanche, des attentats-suicides et des attaques à l'arme à feu
ont fait au moins 44 morts dans le pays, dont neuf policiers, qui apparaissent
comme une cible privilégiée des assaillants. Les autorités
dénoncent des actes de terrorisme qu'elles attribuent à des militants
islamistes liés à Al Qaïda.
Aux yeux de beaucoup d'Ouzbeks, les policiers sont l'incarnation d'un régime
répressif. Appelés "grenouilles" ou "crocodiles" à cause
de leur uniforme vert, ils sont omniprésents dans les rues de Tachkent.
Leur employeur, le ministère de l'Intérieur, est l'institution
la plus puissante de l'Etat.
Citant des avocats indépendants et des militants des droits de l'homme,
l'International Crisis Group (Groupe de crise internationale, ICG) estime qu'environ
200 000 personnes travaillent pour le ministère, dont 25 000 sont chargées
du maintien de l'ordre dans la capitale, une ville de 2,5 millions d'habitants.
La police joue un rôle clé dans la campagne lancée à la
fin des années 90 contre ce que les autorités considèrent
comme de l'extrémisme religieux. Elle a capturé et jeté en
prison plus de 6 000 musulmans accusés de comploter contre le gouvernement.
Les brutalités policières ont fait du pays un des plus mauvais élèves
de la région sur le plan des droits de l'homme. Après une visite
en 2002, un émissaire de l'ONU a rapporté que la torture était
systématique dans les prisons ouzbèkes. Deux détenus auraient été tués
après avoir été plongés dans l'eau bouillante dans
la tristement célèbre prison de Jaslyk la même année.
Les autorités n'ouvrent pas d'enquêtes sur les morts en détention. "Les
policiers ont été habitués par l'Etat à (...) torturer
pour extorquer des aveux et à réprimer", souligne Allison
Gill, de l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights
Watch.
Les automobilistes sont quotidiennement victimes d'extorsion par les agents de
la circulation, et la crainte des policiers est telle que les Ouzbeks ne leur
signalent pas toujours lorsque leur maison est cambriolée.
" Il y a un sentiment de frustration face à l'arbitraire et à la
brutalité de la police et des forces de l'ordre en général",
souligne M. Gill. Dans un récent rapport, l'ICG souligne que "les
abus sont devenus partie intégrante du contrôle policier de la société" en
Ouzbékistan.
Source : AP, 1er avril 2004
03/04/04
- " Kamikazes" à Tachkent et Boukhara
Alors que le gouvernement ouzbek déclare que les violences déclenchées
dimanche dernier en Ouzbékistan sont à attribuer à "Al
Qaïda", une femme s'est grièvement blessée et a tué un
homme en déclenchant sa bombe jeudi dans la région de Boukhara,
dans le centre du pays. la femme est dans un état critique.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, un terroriste présumé poursuivi
par les forces de l'ordre s'est fait exploser au bout de cinq heures de siège
par une centaine de policiers dans une maison du quartier Sabidrakhimovski, dans
la vieille ville, dans le sud-ouest de la capitale ouzbèke.
Des
dissidents musulmans emprisonnés et torturés
Sous ce titre, l'association Human Rigths Watch communique en date du 30 mars
2004 :
Le gouvernement ouzbek a arrêté et torturé des milliers
de dissidents musulmans non-violents qui pratiquent leur religion en dehors
du cadre établi par l'Etat. C'est ce que révèle aujourd'hui
un rapport de Human Rights Watch portant sur cette campagne de persécutions
religieuses.
Ce rapport de 319 pages intitulé "Creating Enemies of the State:
Religious Persecution in Uzbekistan" décrit en détail l'arrestation
et les tortures subies par les détenus dans le cadre de la campagne
actuelle qui a abouti à l'incarcération de quelque 7.000 dissidents
musulmans. Les cibles des autorités sont les Musulmans indépendants
qui pratiquent leur foi en dehors des mosquées et madrassas dirigées
par l'Etat ou en dehors des limites strictes fixées par le gouvernement
dans les lois relatives à la religion.
" Le gouvernement ouzbek mène une campagne impitoyable à l'égard
des dissidents musulmans pacifiques" a déclaré Rachel Denber,
directrice exécutive par intérim de la Division Europe et Asie
centrale de Human Rights Watch. "L'ampleur et la violence des opérations
dirigées contre les Musulmans indépendants montrent clairement
qu'il s'agit d'une campagne de persécutions religieuses concertée
et soigneusement orchestrée".
Le mois dernier, Fatima Mukhadirova, 62 ans, a été condamnée
pour extrémisme religieux après avoir dénoncé la
torture et le décès de son fils en détention. Son fils,
emprisonné pour "extrémisme religieux", est décédé en
prison en août 2002 après avoir apparemment été plongé dans
de l'eau bouillante. Mukhadirova a été libérée
suite aux protestations de la communauté internationale mais les rafles
policières et les arrestations se poursuivent sans relâche et
au moins 26 Musulmans indépendants ont été condamnés
depuis le mois de janvier.
Le 14 mars, un Musulman indépendant de 44 ans, Abdurahman Narzullaev,
est décédé en prison dans des circonstances suspectes,
après avoir participé à une grève de la faim.
Le rapport de Human Rights Watch est le résultat de cinq années
de recherches effectuées à travers tout le territoire ouzbek.
A cette occasion, quelque 200 Musulmans indépendants victimes d'exactions,
leurs proches, ainsi que d'autres témoins, des défenseurs des
droits humains et des fonctionnaires du gouvernement ont été interviewés.
Pour étayer ses recherches, l'organisation des droits de l'homme a également
assisté à des dizaines de procès, elle a rassemblé des
documents émanant de la police et des tribunaux et se rapportant aux
dossiers de plus de 800 personnes, elle a examiné des centaines de documents
accessoires tels que des dossiers médicaux, des certificats de décès,
des lettres rédigées par des victimes et les réponses
des organes gouvernementaux.
Le gouvernement ouzbek qualifie les Musulmans indépendants "d'extrémistes" ou
de "wahhabites" un terme péjoratif que les autorités
du pays utilisent pour faire passer ces personnes pour des "fondamentalistes" et
non pour se référer aux véritables adeptes du wahhabisme
tel qu'il est pratiqué en Arabie Saoudite. Ils sont incarcérés
pour "subversion", "transgression de l'ordre constitutionnel" ou "activités
anti-gouvernementales". Ils sont arrêtés, jugés au
cours de procès absolument iniques et sont condamnés à des
peines pouvant aller jusqu'à vingt ans d'emprisonnement. Ces arrestations
visent également les personnes que l'Etat estime "trop pieuses",
notamment celles qui prient chez elles ou qui portent une barbe ce qui
apparaît comme un signe de piété.
Le rapport réfute l'argument fréquemment invoqué par le
gouvernement ouzbek selon lequel l'arrestation des dissidents musulmans non-violents
est nécessaire pour contrer le terrorisme. En 1999 et 2000, un groupe
militant connu sous le nom de Mouvement Islamique d'Ouzbékistan a mené des
opérations armées dans la région. Les autorités
ouzbèkes ont accusé le MIO d'une série d'attentats à la
bombe qui ont eu lieu à Tachkent en février 1999. Toutefois,
les personnes dont le cas est abordé dans le rapport à l'instar
de milliers d'autres visées par la répression gouvernementale n'ont
pas été inculpées d'implication dans ces attentats ni
d'appartenance au MIO; elles ont été emprisonnées pour
leurs convictions et pratiques religieuses pacifiques.
" L'Ouzbékistan est un proche allié des Etats-Unis et d'autres
puissants Etats occidentaux, mais il ne peut se retrancher derrière la
guerre globale contre le terrorisme pour justifier la répression religieuse," a
encore déclaré Denber.
La torture est monnaie courante en Ouzbékistan mais la police réserve
un traitement particulièrement dur aux détenus religieux afin
de leur arracher des aveux ou d'autres témoignages. Le rapport de Human
Rights Watch présente des informations étayées à propos
de 10 décès sous la torture sur une période de cinq ans.
Il décrit en détail le cas de nombreuses autres personnes ayant
subi diverses formes de torture, notamment le passage à tabac, les chocs électriques,
l'asphyxie, la suspension par les poignets ou les chevilles, le viol, les brûlures
de cigarettes ou les brûlures au moyen d'un journal enflammé.
Les exactions se poursuivent alors que les prisonniers religieux purgent leurs
peines dans des conditions carcérales atroces. Les gardiens les battent
et les violent, ils les mettent en isolement cellulaire pour les punir d'avoir
prié ou pratiqué leur religion d'une autre manière.
Lors de dénonciations publiques de masse qui rappellent l'ère
stalinienne, les agents du gouvernement exhibent les Musulmans indépendants
ou leurs proches devant les membres de leur communauté et ils les traitent
de "traîtres" ou "d'ennemis de l'Etat". La police
arrête et torture les proches des prétendus extrémistes
et elle les retient parfois en prison comme otages jusqu'à ce que le
suspect se rende aux autorités.
Plus de la moitié des cibles gouvernementales sont des membres du groupe
islamique non-violent Hizb ut-Tahrir (Parti de la libération). Ce groupe, à la
fois religieux et politique, prône l'instauration d'un Califat une
sorte d'Etat islamique en Ouzbékistan et dans d'autres pays de
tradition musulmane.
Plusieurs pays, dont la Russie et l'Allemagne, ont interdit le Hizb ut-Tahrir.
L'interdiction allemande était motivée par le contenu antisémite
des écrits du groupe. Par contre, le gouvernement ouzbek voit dans la
dissidence du groupe une menace subversive. Les membres du Hizb ut-Tahrir,
les participants aux cercles d'études du groupe ainsi que ceux qui diffusent
ou simplement possèdent des écrits du groupe sont condamnés à de
longues peines d'emprisonnement.
Human Rights Watch appelle les alliés de l'Ouzbékistan, notamment
les Etats-Unis et les pays de l'U.E., à dénoncer la persécution
des Musulmans indépendants dans ce pays et à exiger de mettre
un terme aux arrestations massives et aux tortures.
" Il est honteux que la communauté internationale assiste à cette
campagne sans réagir et la laisse continuer," a déclaré Denber. "Si
les alliés de l'Ouzbékistan veulent que le monde croit en leur
opposition à la persécution des dissidents musulmans, ils devront
prendre des mesures montrant clairement leur position."
En avril, l'administration Bush devra décider si elle peut certifier
que l'Ouzbékistan a opéré "des progrès considérables
et continus" sur le plan des droits humains, cette certification étant
nécessaire pour débloquer quelque 50 millions de dollars destinés à aider
ce pays d'Asie centrale, entre autres militairement. Le bilan du gouvernement
ouzbek en matière des droits de l'homme sera également examiné attentivement
par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement
qui, dans les prochains jours, devra décider du niveau d'engagement
qu'elle prendra envers l'Ouzbékistan. Les membres de la Commission des
Droits de l'Homme de l'ONU, réunis actuellement à Genève,
détermineront par ailleurs l'action à mener face au mépris
continu que le gouvernement ouzbek affiche envers le droit international. Human
Rights Watch appelle tous les membres de la communauté internationale à saisir
chaque occasion qui se présente pour exprimer leur mécontentement
devant les atteintes aux droits humains commises par le gouvernement ouzbek.
Les trois cas repris ci-dessous illustrent la cruauté de la campagne
menée contre les Musulmans indépendants et les obstacles auxquels
sont confrontées les victimes dans leur quête de justice:
Maruf Makhkamov a été arrêté le 30 octobre et accusé de "wahhabisme".
Cet homme de 25 ans a été retenu pendant deux mois dans une cellule
se trouvant au sous-sol du quartier général de la police de Tachkent.
Les policiers le battaient chaque jour jusqu'à ce qu'il perde connaissance.
La police a appréhendé le frère de Makhkamov et a déclaré qu'il
ne serait libéré que si Maruf avouait qu'il était "extrémiste".
Les policiers l'ont également menacé d'arrêter sa femme
et de lui faire subir un viol collectif sous ses yeux. Il a alors signé des
aveux et le 23 février, il a comparu aux côtés de six parfaits étrangers
pour appartenance à un groupe "extrémiste" clandestin.
Le juge a admis comme preuve les aveux extorqués à Makhkamov
sous la contrainte, il a ignoré son témoignage à propos
des tortures endurées et l'a condamné à sept ans d'emprisonnement.
Dans une lettre écrite en prison le 1er mars, Maruf Makhkamov supplie
de l'aider à recouvrer la liberté et il demande aux associations
des droits de l'homme de parler de son histoire à l'extérieur
du pays.
En janvier 2000, des agents des forces de l'ordre ont arrêté Gairat
Sabirov sous l'inculpation de "wahhabisme". Ils l'ont mis au secret
pendant cinq mois dans une cellule en sous-sol. Au cours des premiers jours
de sa détention, les agents du SNB (l'ancien KGB) l'ont maintenu dans
un "sauna" ou pièce humide, ils lui ont brûlé des
parties du corps avec des cigarettes allumées et l'ont ensuite violé.
Lors de son procès, le juge a ignoré les accusations de torture
de Sabirov et l'a condamné à 14 ans de prison. Le ministère
public l'a inculpé, lui et 16 autres hommes, d'appartenance à un "groupe
extrémiste", faisant valoir que leurs études religieuses
privées indiquaient qu'ils faisaient partie d'un groupe organisé qui
diffusait des textes contenant des idées "fondamentalistes" et "extrémistes".
Il a même avancé que la participation de ces hommes à des
matchs de football organisés assez régulièrement dans
un stade du centre de la ville faisait partie de leur "préparation à la
construction d'un Etat islamique". A ce jour, Sabirov et les autres sont
toujours en prison.
Un membre du Hizb ut-Tahrir, Nakhmiddin Juvashev, s'est livré lui-même à des
agents du SNB en 1999 après avoir entendu le gouvernement promettre
que les personnes qui reconnaissaient avoir suivi la "mauvaise" voie
religieuse seraient pardonnées. En lieu et place d'un pardon, il a été arrêté et
torturé. Les plaintes déposées par Juvashev auprès
des autorités locales à propos des tortures endurées n'ont
fait que conduire à de nouvelles exactions: des agents l'ont déshabillé,
ne lui laissant que son sous-vêtement, ils l'ont menotté et suspendu à une
barre horizontale. Ils l'ont ensuite battu jusqu'à ce qu'il accepte
de signer une déclaration disant qu'il n'avait jamais été torturé.
Juvashev a été condamné, mis en liberté conditionnelle,
puis à nouveau arrêté par la police en août 2000.
Il a subi de nouvelles tortures, et a été jugé et condamné pour "extrémisme
religieux". Il purge actuellement une peine d'emprisonnement de 14 ans.
02/04/04
-Nouvelle explosion à Tachkent
Une nouvelle explosion est survenue mercredi lors d'une opération « antiterroriste » à Tachkent,
la capitale de l'Ouzbékistan placé sous un contrôle policier
renforcé, et où une trentaine de personnes ont été interpellées
après les attentats de ces derniers jours, attribués par les autorités
aux extrémistes islamistes.
Selon le correspondant sur place de l'agence russe Ria-Novosti, citant un officier
de police, un terroriste présumé poursuivi par les forces de l'ordre
a déclenché un engin explosif avant de se retrancher dans une maison
du quartier Sabidrakhimovski, dans la vieille ville au sud-ouest de la capitale
ouzbèke. L'explosion aurait fait deux blessés parmi les policiers,
selon la même source, qui a indiqué que le terroriste présumé avait
pris deux otages. « Il y a eu des tirs puis deux explosions » dans
une maison d'habitation, a déclaré Aziz, un habitant du quartier.
Un autre témoin a assuré lui aussi que l'explosion était
survenue lors d'une opération policière.
Les forces de l'ordre ont bloqué la zone et il était impossible
dans l'immédiat d'obtenir des précisions sur place.
Le procureur général de l'Ouzbékistan Rachid Kadyrov a pour
sa part annoncé que trente personnes avaient été interpellées,
soupçonnées d'être impliquées dans les attentats et
attaques qui ont touché ces derniers jours ce pays d'Asie centrale allié des États-Unis.
Policiers et militaires, lourdement armés, patrouillaient en force hier
dans les rues de Tachkent, contrôlant notamment chaque véhicule
entrant dans la capitale.
« La police a contrôlé tout le monde, y compris les vieux
et les femmes. Elle a vérifié les sacs et les poches de chacun »,
a raconté Saïd Ourinov, étudiant de 21 ans, arrivé par
train de Samarkand.
La frontière avec le Tadjikistan, d'où les autorités craignent
l'infiltration de groupes extrémistes, était toujours fermée
hier, de même que celle avec le Kirghizstan, selon des médias de
ce pays. Les portes des écoles et des universités devraient aussi
rester closes pour un temps encore indéterminé.
Source : L'Orient-Le Jour, Beyrouth, 1er avril 2004
01/04/04
- État
de guerre à Tachkent
C'est un véritable état de guerre qui règne à Tachkent,
la capitale ouzbèke, où les forces de sécurité se
sont déployées tous azimuts depuis lundi, lorsque deux bombes ont
explosé près du plus grand marché de la ville. Les écoles
et universités ont été fermées, les frontières
bouclées et des rafles ont eu lieu un peu partout pour arrêter des "suspects".
Mardi, des combats ont opposé pendant cinq heures les forces de sécurité et
des inconnus retranchés dans un immeuble de Ialangatch, un quartier du
nord de la capitale. "Au moment d'être arrêtés, 20 terroristes
se sont faits exploser. Par ailleurs, trois policiers sont morts et cinq autres
ont été blessés à divers degrés de gravité",
a annoncé dans un communiqué le ministère de l'Intérieur.
Selon une habitante de Ialangatch, Farida, les islamistes armés, qui ont
opposé une farouche résistance tout au long de la journée,
ont en outre tué un civil, le prenant apparemment pour un policier. Le
même témoin a précisé avoir vu une femme portant une
ceinture d'explosifs se faire sauter après avoir été touchée
au pied par la police qui craignait de l'approcher. Un policier a confirmé que
plusieurs des "terroristes" s'étaient fait exploser pour échapper à la
capture.
D'autres combats ont eu lieu près de l'usine de tracteurs TTZ, au cours
desquels 16 "insurgés" et 3 policiers auraient été tués.
Une série d'autres échanges de coups de feu et d'explosions ont été entendus
dans et autour de Tachkent. Selon une source indépendante, les engins
explosifs utilisés étaient rudimentaires et une partie des "insurgés" se
sont armés en attaquant des policiers et en leur dérobant leurs
armes. Une hypothèse vraisembalble qui circule est que les "insurgés" appartiennent à un
nouveau mouvement qui ne serait lié ni au Mouvement islamique d'Ouzbékistan
ni au Hizb-ut-Tahrir et qui aurait été constitué par des
citoyens révoltés par la dictature d'Islam Karimov, au pouvoir
depuis 14 ans dont un seul chiffre résume la nature : 6 500 prisonniers
politiques et d'opinion. Quoiqu'il en soit, l'ex-communiste, meilleur allié de
Washington en Asie centrale, peut compter sur ses amis : Colin Powell lui a téléphoné mardi
pour lui proposer l'aide US dans son combat contre les énigmatiques "terroristes".
" Ils se sont précipités pour lier ces attaques au terrorisme
islamiste international, plutôt que de chercher d'éventuels mécontentements à l'intérieur
du pays", souligne pour sa part Acacia Shields, de l'organisation de défense
des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW). "Mais nous n'avons aucune
information véritable sur les éléments d'enquête". "Nous
craignons une intensification des arrestations contre les musulmans dissidents
pacifiques, comme cela s'était passé en 1999", ajoute Mme
Shields.
31/03/04
- Confusion
et désinformation après les attentats de Tachkent
Il est impossible de connaître la vérité sur les événements
qui ont eu lieu en Ouzbékistan depuis dimanche soir 28 mars et qui auraient
fait au moins 19 morts et 26 blessés. Voici ce que l'on peut savoir en
recoupant plusieurs sources : lundi matin 29 mars, à 50 minutes d'intervalle,
deux femmes se sont faites sauter avec des bombes près de la gare routière
qui jouxte le grand marché de Chorsu. Sur ce même marché,
la veille, des policiers auraient battu à mort un vendeur. de manière
générale, la tension est vive entre la police et une grande partie
des marchands de ce marché, qui sont dans l'illégalité,
n'ayant pas les moyens de satisfaire à toutes les conditions requises
pour vendre des produits sur le marché. D'autre part, une explosion dans
un appartement de Boukhara aurait fait 10 morts et 26 blessés. De sources
officielles, cet appartement était une fabrique d'explosifs utilisée
par des terroristes. Enfin mardi, les forces de sécurité ouzbèkes
auraient tué 24 personnes lors du "siège" d'une maison
hébergerant des terroristes près de la résidence officielle
du président Islam Karimov. D'autres affrontements auraient lieu en divers
lieux de la capitale Tachkent. Les autorités ouzbèkes ont accusé,
sans preuves, le Mouvement islamique ouzbek (MIO) et le Hizb-ut-Tahrir (Parti
de la libération). Ce qu'on peut constater à ce sujet, c'est que
le Mouvement islamique ouzbek, actif dans la guerre civile au Tadjikistan de
1992 à 1997, s'était replié en Afghanistan, puis au Pakistan,
où il semble que ses combattants aient été la cible principale
de l'offensive de l'armée pakistanaise déclenchée le 16
mars au Waziristan-Sud. Il semble curieux qu'il réapparaisse soudain à Tachkent.
Quant au Hizb-ut-Tahrir, il a toujours prôné des méthodes
non-violentes. Son porte-parole à Londres, Imran Wahid, a démenti
toute implication dans les explosions de Tachkent : "Il faut blâmer
pour ces attentats le régime tyrannique ouzbek qui a déjà orchestré dans
le passé de tels événements afin de supprimer toute opposition
politique islamique légitime,", a-t-il ajouté.
30/03/04
- Attentat à Tachkent
Une bombe a explosé lundi matin à l'entrée du magasin "Le
monde des enfants", à côté du plus grand marché de
la capitale ouzbèke, le Tchorsou. Le premier bilan annoncé a été de
2 morts, mais il pourrait s'avérer plus lourd. Selon des informations
non confirmées un autre attentat aurait eu lieu à Boukhara. Les
derniers attentats ayant eu lieu à Tachkent remontent à février
1999, lorsque six bombes avaient explosé. Plus de 100 personnes avaient été accusées
de ces attentats, dont Mohamed Solih - aujourd'hui exilé en Europe occidentale
- et Tahir Yuldash - aujourd'hui signalé au Waziristan-sud. Ils avaient été condamnés à mort
par contumace avec plusieurs dizaines d'autres accusés.
Sources : Itar-Tass, AFP, AP, IRNA, 29 mars 2004
25/03/04
- Karimov réclame la peau de l'ours avant même
qu'il soit pris
Le Président Islam Karimov vient de déclarer que si les forces
pakistanaises arrêtaient des militants islamistes ouzbeks au Sud-Waziristan,
elles devaient ls remettre à la justice ouzbèke, car "c'est
une norme internationale". Après avoir entretenu pendant une semaine
des rumeurs selon lesquelles Ayman Al Zawahiri était encerclé dans
le sud-Waziristan, l'armée pakistanaise, en effet, laisse désormais
entendre que le "gros poisson" encerclé serait le militant ouzbek
Tahir Yuldash, dirigeant du Mouvement islamique ouzbek (MIO). Karimov a lancé : "Yuldash
est un criminel parmi d'autres qui doit être traduit en justice." Condamné à mort
par contumace, Tahir Yuldash a quitté l'Ouzbékistan dans les années
90 pour participer à la guerre civile au Tadjikistan. Il a créé le
MIO, qui regroupe des militants ouzbeks, tadjiks, kirghizes et ouïghours.
Après la mort au combat de son frère d'armes Juma Namangani, il
aurait dirigé la résistance afghane aux forces US durant l'Opération
Anaconda au printemps 2002. Puis il se serait retiré avec ses hommes au
Waziristan. Selon le journaliste pakistanais Ahmed Rashid, il s'est rendu populaire
dans les zones tribales par ses très belles récitations du Coran.
Ses hommes se seraient fondus dans la population locale. L'agence Reuters a reçu
cette semaine une cassette vidéo où on voit Tahir Yuldash, barbu
et enturbanné, exhortant ses hommes en ouzbek et en arabe. Son groupe
est constitué, selon l'armée pakistanaise, de "combattants
professionnels".
Source : The News, Jang Group, 23 mars 2004
20/03/04 - RSF
alerte Chris Patten sur le sort de cinq journalistes emprisonnés
Reporters sans frontières s'est adressée à Chris Patten,
commissaire européen aux Relations extérieures, qui doit rencontrer
les 18 et 19 mars à Tachkent le président Islam Karimov au cours
d'une tournée en Asie centrale, afin qu'il aborde la question de la liberté de
la presse et le sort de cinq journalistes emprisonnés.
L'organisation a particulièrement insisté sur le cas du journaliste
et défenseur des droits de l'homme Ruslan Sharipov, emprisonné depuis
le 26 mai 2003 et condamné à quatre ans de prison pour homosexualité et
relations sexuelles avec mineurs. Reporters sans frontières considère
que l'objectif de ce procès inique était de faire taire une voix
dissidente et de mettre en garde les autres journalistes et défenseurs
des droits de l'homme ouzbeks.
Ancien président de l'organisation de défense de la liberté de
la presse UIJU (Union of journalists of Uzbekistan) et correspondant de l'agence
de presse russe Prima, Ruslan Sharipov fait l'objet, depuis plusieurs années,
de multiples pressions qui visent à lui faire abandonner ses activités
de défense des droits l'homme et à l'empêcher de critiquer
les autorités dans ses articles.
Au début de sa détention, le journaliste a déclaré à plusieurs
reprises avoir subi des pressions physiques et psychologiques. En raison de la
peine déjà purgée et de sa bonne conduite, Ruslan Sharipov
bénéficie, depuis le 12 mars 2004, de conditions de détention
plus souples. Il pourrait, selon les autorités, être libéré en
juin.
RSF a signalé au commissaire européen que quatre autres journalistes
sont actuellement emprisonnés en Ouzbékistan :
Jusuf Ruzimuradov, rédacteur en chef du journal d'opposition Erk, a été condamné le
18 août 1999 à une peine de huit ans de prison. Des menaces de viol à l'encontre
des membres de sa famille, ainsi que des tortures et des pressions psychologiques
ont été utilisées afin d'obtenir ses aveux. Il est accusé d'avoir
voulu "renverser le pouvoir par la force", de "participation à une
organisation illégale" et d'"insulte par voie de presse" au
Président.
Le même jour et pour les mêmes motifs, Mohammed Bekjanov, également
journaliste de Erk, a été condamné à une peine de
quinze ans de prison.
Madjid Abduraimov, de l'hebdomadaire Yangi Asr, a été arrêté le
10 mars 2001 et condamné, quelques mois plus tard, à treize ans
de prison pour corruption. Il est connu pour ses articles critiques vis-à -vis
des autorités politiques et judiciaires.
Gayrat Mekhliboyev a été condamné le 18 février 2003 à sept
ans de prison pour "appartenance au parti islamiste interdit Hizb ut-Tahrir", "activités
anticonstitutionnelles", et "agitation religieuse", un mois après
avoir terminé ses études de journalisme à l'Université de
Tachkent. Il est accusé d'avoir utilisé ses activités journalistiques
pour faire de la propagande religieuse.
Source : www.rsf.org
07/03/04
- Ouverture du Centre antiterroriste de l'OCS à Tachkent
Le Centre antiterroriste de l'Organisation de Coopération de Shanghaï a été inauguré le
3 mars à Tachkent par le président ouzbek Islam Karimov, qui a
appelé les pays membres de l'organisation à partager les informations
sur le terrorisme. « Nous avons un but commun. Pour l'atteindre, il ne
devrait y avoir aucune hésitation ni aucun secret entre nous.» Les
six pays membres de l'OCS sont la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan,
le Tadjikistan et l'Ouzbékistan.
Protestations
contre l'arrestation à Moscou d'un opposant ouzbek
Au cours d'une conférence de presse à Moscou le 2 mars, Vitaliy
Ponomarev, directeur du Programme de surveillance des droits humains en Asie
centrale et des représentants du Hizb ut-Tahrir al Islami (Parti islamique
de la libération) ont dénoncé l'arrestation, à moscou, à la
mi-février, de Yusuf Qosimokhunov, considéré comme l'un
des dirigeants du Parti de la libération, dont l'Ouzbékistan aurait
deamndé l'extradition. les orateurs se sont également élevés
contre la décision de la Cour suprême russe de considérer
le parti comme une "organisation terroriste", n'y voyant là qu'une
concession à l'Ouzbékistan, "afin de pouvoir persécuter
des Ouzbeks et de na pas leur accorder l'asile politique en Russie. d'après
sa femme, Qosimokhunov a été enlevé par les services de
sécurité russes "sans doute le 13 février" et
sa famille ignore toujours où il est détenu. L'été dernier,
55 Ouzbeks avaient été arrêtés en Russie, suspectés
d'être des "terroristes". Il s'était avéré qu'ils étaient
de simples travailleurs immigrés et ils avaient donc tous été relâchés.
Source : Kommersant, Moscou, 3 mars 2004
27/02/04
- Rumsfeld à Tachkent
La commutation de la peine infligée à Fatima Mukhadyrova suffira-t-elle à débloquer
les 10 millions de $ d'aide militaire US promise à l'Ouzbékistan
et suspendue à la délivrance d'un certificat par le département
d'État de "progrès dans le domaine des droits humains" ?
C'est encore trop tôt pour le dire, mais Rumsfeld, en visite à tachkent,
s'est dit satisfait de cette libération. Il a précisé que
les USA, qui utilisent l'Ouzbékistan comme base arrière pour leurs
opérations en Afghanistan, n'ont pas l'intention d'établir des
bases militaires permanentes dans ce pays mais souhaitent disposer "occasionnellement" de "sites
opérationnels". Il a précisé que les relations militaires
avec l'Ouzbékistan "sont fortes" et "deviennent chaque
mois plus fortes". Quant à la torture, utilisée systèmatiquement
et de manière routinière dans les prisons ouzbèkes, où sont
détenus 6 000 prisonniers de conscience, elle ne semble pas trop déranger
les maîtres de Washington. Après tout, ce ne sont jamais que
des musulmans que l'on torture au royaume de M. Karimov...
Source : Reuters, 24 février 2004
Fatima Mukhadirova libérée à la veille
d'une visite de Donald Rumsfeld
Devant la vague de protestations qui avaient accueilli la condamnation à 6
ans de travaux forcés de Fatima Mukhadirova et à la veille d'une
visite à Tachkent de Donal Rumsfeld, le régime ouzbek a fait
marche arrière. Le 24 février, une cour d'appel a commué la
peine en une amende correspndant à 8 mois de salaire moyen (230 euro).
Fatima Mukhadirova, 62 ans, n'a cependant pas été déclarée
innocente. Condamnée le 12 février dernier, Fatima était
la mère de Muzafar Avazov, un détenu musulman mort sous la torture
en août 2002. Réclamant qu'une enquête impartiale soit menée
sur cette mort, elle avait été accusée d'être membre
du même parti que son fils, le Hizb ut-Tahrir (Parti de la libération),
dont 4 000 membres et sympathisants, réels ou supposés, sont
emprisonnés en Ouzbékistan.
Source : www.forum18.org
18/02/04
- Condamnation à mort à Tachkent
Azizbek Karimov, 25 ans, a été condamné à mort lundi
16 février par la Cour suprême ouzbèke. Accusé de
faire partie du Mouvement islamique d'Ouzbékistan (MIO), il a été reconnu
coupable de deux attentats commis au Kirghizistan, le premier contre un marché de
Bichkek en décembre 2002 et le second contre un bureau de la Western Union à Osh
en mai 2003. 8 personnes étaient mortes dans ces attentats et de nombreuses
autres blessées. Des membres kirghizes de son groupe ont été arrêtés
au Kirghizistan, où ils attendent leur jugement.
Selon le juge Nuritdin Tuhliyev, qui a annoncé le verdict, Karimov s'était
rendu en Tchétchènie en 1998, où il avait été formé au
maniement des explosifs et à la topographie. De mars 1999 à la
fin de 2001, il se trouvait en Afghanistan, sous les ordres de Tahir Yuldash,
dirigeant du MIO, activiement recherché par la police ouzbèke.
Karimov va se pourvoir en cassation contre sa condamnation.
Source : AP, 17 février 2004
17/02/04
- Elle
voulait savoir qui avait tué son fils : elle est condamnée à six
ans de travaux forcés !
Muzafar Avazov était l'un des six mille Musulmans indépnedants
détenus dans les prisons ouzbèkes. En août 2002, il est mort
en prison. Selon le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture,
il avait été immergé par ses tortionnaires dans de l'eau
bouillante. Tous ses ongles avaient été arrachés. Sa mère
a commencé à se battre pour connaître la vérité.
Mal lui en a pris. Fatima Mukhadirova, 62 ans, vient d'être condamnée,
le 12 février, par un tribunal de Tachkent, à six ans de travaux
forcés. Son plus jeune fils est aussi emprisonné, accusé d'être
membre du Hizb ut-Tahrir (Parti de la libération). Pour calmer les critiques
des organisations nationales et internationales de défense des droits
humains, le gouvernement ouzbek avait annoncé, la veille du verdict, qu'il était
d'accord pour que le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture
revienne en Ouzbékistan pour enquêter sur les "améliorations" apportées
par le régime, qui a inclus la torture comme un délit dans le Code
pénal et a fait condamner 15 tortionnaires.
Sources : Human Rights Watch et IRINnews
07/02/04
- 5806 détenus libérés par l'amnistie
Selon la radio d'État ouzbèke, c'est un total de 5 806 détenus
qui ont pu être remis en liberté à ce jour, en application
du décret d'amnistie signé en décembre par le président
Karimov. Le décret d'amnistie s'est appliqué à ce jour à plus
de 13 000 détenus. Les autorités ont aidé 3 355 détenus "pardonnés" à trouver
du travail.
03/02/04
- Les
prisonniers entre amnistie et torture
Selon les services du procureur général de Tachkent, l'amnistie
décrétée par le président Karimov le 1er décembre
dernier a permis de qualifier pour la libération au 1er janvier 2004 3
853 condamnés et la libération effective de 3 381 détenus,
dont 391 qui avaient été condamnés pour "sabotage de
l'ordre constitutionnel". Au total, depuis 1997, 199 000 détenus
ont été libérés au gré des diverses amnisties.
Le chef de la prison de Tovoqsoy dans la région de Tachkent, Mirmahmud
Mirazimov, a déclaré au journal Toshkent Haqiqati qu'environ 200
détenus, dont 34 "saboteurs de l'ordre constitutionnel" avaient été libérés à la
faveur de l'amnistie, la plupart d'entre eux étant des jeunes.
Cette amnistie élastique - elle s'applique à certaines catégories
de détenus - s'accompagne de dénonciations des tortures et mauvais
traitements subis par les prisonniers, surtout les prisonniers de conscience
musulmans. Le 20 janvier, le Groupe d'initiative des militants indépendants
des droits humains d'Ouzbékistan a organisé une rencontre avec
des femmes de Samarcande et Tachkent dont les parents sont des prisonniers religieux.
La soeur d'un prisonnier a rapporté que deux douzaines de détenus
avaient été mis à l'isolement les 7 et 8 janvier pour les
punir d'avoir prié. "Les détenus ont été violés
et battus avec des bâtons cloutés jusqu'à ce qu'ils s'évanouissent",
a-t-elle dit, ajoutant que le gouverneur de la prison avait bloqué une
lettre de plainte adressée par les détenus au procureur général.
D'autres femmes ont dénoncé les mauvais traitements contre leurs
proches détenus à Zarafshan, dans le centre du pays et à Zhazlyk,
dans la République autonome du Karakalpakstan, au nord du pays.
De son côté, l'Association pour la démocratie en Ouzbékistan,
basée à Amsterdam, a publié l'interview d'un ancien prisonnier
amnistié en janvier. Celui-ci a rapporté que des détenus
du Hizb ut-Tahrir (le Parti de la libération) du pénitentier de
Qiziltepa dans le district de Navoiy avaient été sévèrement
battus et violés par des gardiens. Sur les 2027 détenus, 202 avaient été condamnés
en vertu de l'article 159 du Code pénal, qui punit les tentatives de sabotage
de l'ordre constitutionnel. « Ce pénitentcer est gouverné par
la loi de la jungle. Tout dépend du bon vouloir du gouverneur de la prison.
Nous avons envoyé des plaintes au procureur régional et au procureur
général. Au lieu d'améliorer les conditions, ils nous ont
trasnférés dans un établissement avec un régime encore
plus strict.» Les détenus ont donc entamé une grève
de la faim le 12 mai 2003 pour revendiquer le droit de prier et de ne pas être
mis à l'isolement sans raison. Ce jour-là, ils purent prier sans
problèmes. Mais le 17 mai, alors qu'ils commençaient à prier
après le réveil, ils furent mis à l'isolement et ceux qui
poursuivaient leur grève de la faim furent torturés. Leurs plaintes à la
justice ne donnant aucun résultat, les détenus se sont alors tournés
vers les groupes internationaux de défense des droits humains et les journalistes étrangers.
En riposte, les gardiens se sont mis à les harceler : «Ce sont les
infidèles qui travaillent pour la BBC et Radio Liberty. Vous êtes
des Musulmans, comment pouvez-vous demander de l'aide à ces infidèles
?»
Une femme a raconté lors d'une conférence de presse le 21 janvier
son calvaire et celui de son fils, emprisonné depuis 4 ans, pendant lesquels
elle n'a reçu que deux ou trois lettres de lui, tandis qu'il n'a reçu
aucune des lettres qu'elle lui avait écrites. « J'ai pu voir son état
quand je lui ai rendu visite. Je pouvais à peine le regarder : il était
tout noir et bleu. Il m'a dit que 20 gardiens lui avaient donné la bastinado
(bastonnade) jusqu'à ce qu'il s'évanouisse. »
Les parentes de détenus disent enfin que les responsables gouvernementaux,
quand elles vont se plaindre chez eux, leur demandent de donner les noms des
détenus qui se plaignent de mauvais traitements. Ce qu'elles refusent
de faire, car elles savent qu'ensuite les détenus seraient soumis à de
nouveaux mauvais traitements, en représailles.
Ainsi va la vie dans la démocratie d'Islam Karimov le mal-prénommé.
Source : EurAsiaNet, 1er février 2004
29/01/04
- Ouzbékistan
: La chasse aux témoins de Jéhovah
La police ouzbèke, même si elle concentre sa chasse à l'homme
sur les Musulmans, qui constituent la totalité des 6500 prisonniers de
conscience du pays, n'oublie pas pour autant les autres, comme par exemple les
Témoins de Jéhovah, qui sont plutôt inoffensifs. C'est ainsi
que deux femmes appartenant à cette secte, Gulya Boikova et Parakhat Narmanova,
ont été arrêtées le 20 décembre à Karsh,
dans le sud du pays, alors qu'elles prêchaient dans la rue. Retenues au
commissariat de police plus de 11 heures, elles ont été insultées
et menacées de viol. Le 22 janvier, elles ont comparu devant le juge Abdukadyr
Boibilov, qui a ordonné un complément d'enquête. En juillet
2002, un témoin de Jéhovah de Tachkent, Marat Mudarisov, était
arrêté pour être condamné à une peine de prison
en novembre 2002. En octobre 2003, sa condamnation a été abrogée
sous les pressions internationales.
Source : www.forum18.org
25/01/04
- Ouzbékistan
: Comment se débarrasser de George Soros ?
Instruit
par l'expérience géorgienne, où le président
Chevernadzé a été balayé par une "révolution
de velours" financée et appuyé par des organisations
"démocratiques" US, le président ouzbek Karimov,
ancien apparatchik communiste, ne veut pas connaître le même
sort que son ami de Tbilissi. Il vient donc de décider que les
organisations étrangères opérant en Ouzbékistan
devront, à compter du 1er mars prochain, être enregistrées
auprès du ministère de la Justice et non plus, comme auparavant,
auprès du ministère des Affaires étrangères.
Craignant de ne pas obtenir l'agrément, les organisations US
poussent de hauts cris et dénoncent les "violations des
droits de l'homme". Les organisations qui se sentent le plus visées
sont l'Open Society Institute, le National Democratic Institute and
l'International Republican Institute, les mêmes qui ont aidé
l'oppoisition géorgienne à renverser Chevernadzé
et qui, en Ouzbékistan, "travaillent" avec les groupes
d'opposition. Alisher Ilkhamov, qui dirige l'Open Society Institute
à Tachkent, déclare ainsi : "Après les
évènements en Géorgie, le gouvernement ouzbek a
réalisé que la présence des organisations internationales
pouvait le miner de l'intérieur, par son travail auprès
des jeunes visant à changer leur esprit" (sic). L'Open
Society Institute n'est autre que l'arme de déstabilisation fondée
par le spéculateur milliardaire US George Soros, issu d'une famille
hongroise juive et présente dans tous les pays de l'ancien bloc
soviétique et communiste. L'institut a à son actif
notamment le renversement de Milosevic en Serbie. Le National Democratic
Institute and l'International Republican Institute sont les instituts
des partis démocrate et républicain US chargés
d'exporter la démocratie "made in USA" chez les arriérés.
Le problème pour Karimov est maintenant : comment se maintenir
au pouvoir en continuant à satisfaire à la
fois Moscou et Pékin - auxquels il est lié au sein du
groupe de Shanghaï, mais qui ne lui donnent pas un sou -
et Washington, à qui il a accordé une base aérienne
pour lancer la guerre contre l'Afghanistan en 2001 et dont il a reç
u depuis 1991 800 millions de $, dont 86 en 2003 ?
Source : AP, 22 janvier 2004
11/12/03
-
encore
une amnistie publicitaire
Le régime autoritaire
du président Islam Karimov a pris l’habitude depuis septembre 2000 de
proclamer régulièrement des amnisties de prisonniers pour calmer les critiques
internes et externes. Ainsi, à l’occasion du Jour de la Constitution,
le 8 décembre, une quatrième amnistie a été proclamée. L’un de ses objectifs
est de satisfaire aux conditions posées à l’octroi de crédits par la Banque
européenne de reconstruction et de développement (BERD). Reste à savoir
quels prisonniers exactement vont pouvoir en bénéficier. De source officielles,
on laisse entendre qu’environ 7 000 détenus pourraient ainsi être élargis,
mais de nombreux observateurs émettent des doutes sur ce chiffre. Ce qui
est sûr, c’est que les prisonniers de conscience en seront certainement
exclus, à quelques exceptions près. Selon les chiffres officiels, lors
de la précédente amnistie, en décembre 2002, 4 092 détenus, dont 923 “extrémistes”,
avaient été libérés. C’est peu rapporté au chiffre de 200 000 détenus
dans tout le pays, dont, selon les sources, de 3 400 à 6 000 prisonniers
de conscience, détenus pour des motifs politiques ou religieux, ce qui
est beaucoup plus qu’à l’époque soviétique. Selon Tolib Yokubov, président
de la Société des droits humains d’Ouzbékistan, “le gouvernement est sous
pression internationale depuis que des milliers de Musulmans ont été injustement
poursuivis et emprisonnés suite à des procès inéquitables.” Selon le décret
portant amnistie, pourraient bénéficier de l’amnistie les petits délinquants,
les femmes, les hommes de plus de 60 ans, les étrangers et les malades
graves, mais aussi les membres d’ “organisations religieuses extrémistes”
purgeant une première peine de moins de 10 ans à condition qu’ils se repentent.
Selon Yokubov, seulement une douzaine des plus de 800 prisonniers de conscience
de la prison de Chirchick bénéficieraient de l’amnistie. “Le gouvernement
se moque non seulement de la société ouzbek mais aussi de la communauté
internationale.” Un des moyens trouvés par le régime Karimov pour exempter
les prisonniers de conscience de l’amnistie est de les accuser d’avoir
enfreint les règlements internes des prisons, explique Matilda Bogner,
qui dirige le bureau de Human Rights Watch de Tachkent. Elle explique
aussi que les autorités obligent les détenus d’opinion à demander le pardon
aux autorités: “En cas de refus, ils sont punis en étant battus, placés
dans des cellules punitives d’isolement ou autres.” Vasila Inoyatova,
qui dirige la Société des droits humains d’Ouzbékistan à Ezgulik révèle
par ailleurs que certains prisonniers ont du débourser jusqu’à 1 000 $
pour pouvoir bénéficier de l’amnistie ou pour voir leur peine réduite.
pour
les droits des Musulmans “indépendants”
Une dizaine de défenseurs
des droits humains ont organisé le 2 décembre un rassemblement de protestation
devant le siège de l’administration de la capitale Tachkent pour demander
la démission du ministre de l’Intérieur ouzbek. Les manifestants ont dénoncé
l’arrestation et la torture de Musulmans “indépendants” durant le Ramadan
et les festivités de l’Aid El Fitr et exigé le droit au libre enregistrement
des partis politiques d’opposition et des organisations de défense des
droits humains.
D’autre part, pour protester
contre la violation de leurs droits professionnels, 400 avocats ont déclenché
le 3 décembre une grève fixée jusqu’au 13 décembre. Ils dénoncent les
entraves à leur activité de la part des autorités et le faible taux fixé
pour leurs honoraires par le gouvernement.
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