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Le quotidien online des Musulmans libres et actifs et leurs alliés

Groupe de Shangaï - Kirghizistan

 
 

Fiche pays : République du Kirghizistan


Nom officiel : Kyrgyz Respublikasy

Président: Askar Akaïevitch Akaïev (depuis 1990, réélu en 2000, pouvoirs étendus par référendum en février 2003) -

Premier Ministre: Nikolaï Tanaïev (depuis mai 2002)
Superficie :
198 500 km2 - Population (estimation 2004) : 5 081 429 - Taux de croissance : 1,2% Taux de naissances : 22,1/1000 - Taux de mortalité : 7,19/1000 - Mortalité infantile : 36,8/1000
Espérance de vie :
67,8 ans

Capitale et ville principale : Bichkek (ex-Frounze), 824 900 hab., réputée comme la seule ville d'Asie centrale ayant plus d'arbres que d'habitants...
Autres grandes villes : Osh, 225 600 hab. -
Monnaie:
le som -
Langues: kirghize ( apparenté au turc ) et russe (langues officielles)
Groupes ethniques
: Kirghizes 64,9 %, Ouzbeks 13,8%, Russes 12,5%, Dungan 1,1%, Ukrainiens 1%, Ouïghours 1%, autres 5,7% (1999)

Mosquée de Naryn


Religions:
Islam 75%, orthodoxes russes 20%, autres 5%
Taux d'alphabétisation : 97%
Ambassade du Kirghizistan en Belgique : 47, rue de l'Abbaye, 1050 Bruxelles,
Courriel : aitmatov@infonie.be


Manifs 2002 : Bishkek, mai 2002 : la police tue 5 manifestants. Le gouvernement démissionne

11/07/2005 - Victoire sans surprise de Kourmanbek Bakiev


Kourmanbek Bakiev, président et premier ministre par intérim depuis le mois de mars, a été élu ans surprise président du Kirghizistan avec 88,9% des voix. Le taux de participation a été de 74,6%. Bakiev a confirmé qu'il nommerait à la tête du gouvernement l'ancien chef des services de sécurité, ancien vice-présient et ancien maire de Bichkek Félix Koulov. Ce dernier, après avoir été liberé de prison par la "révolution des tulipes" de mars dernier, avait accepté de retirer sa candidature à la présidentielle en échange d'une promesse de Bakiev de le nommer Premier ministre.
Bakiev, qui a donné ces dernières semaines à sa politique étrangère un tournant largement prorusse, a maintenu au coeur de ses intentions l'établissement de liens étroits avec ses voisins ouzbèk, kazakh, tadjik et turkmène, qui avaient été effrayés par son arrivée au pouvoir en pourfendeur de la dictature.
Il a d'autre part confirmé lundi l'engagement pris la semaine dernière dans le cadre de l'Organisation de coopération de Shanghai (Russie, Chine et quatre pays d'Asie centrale) de fixer une date pour le retrait des troupes américaines installées dans le pays depuis 2001.
"La question du départ de la base américaine a été posée lors du dernier sommet de l'OCS. La situation en Afghanistan a changé, on peut donc rediscuter de l'utilité de la présence des forces américaines au Kirghizistan", a-t-il relevé.
Les Etats-Unis, dans le cadre de l'opération militaire lancée en Afghanistan après les attentats du 11 septembre, ont installé une base arrière au Kirghizistan et une autre en Ouzbékistan.
Source : AFP, Reuters, 11 juillet 2005

 

24/01/05 - Levée d'un obstacle à la candidature de certains opposants
Le Parlement kirghize a finalement supprimé une disposition étrange du Code électoral, qui stipulait que des diplomates ou d'autres fonctionnaires ayant séjourné à l'étranger ne pouvaient pas se présenter aux élections. Cette disposition surréaliste qui visait certains opposants avait suscité de nombreuses protestations et des manifestations aux cris de "Permettez aux ambassadeurs de participer aux élections !"
Le syndrome ukrainien menace aussi le Kirghizistan, où le régime craint de subir le même sort que Ianoukovitch. Ainsi le choix de couleurs par les partis d'opposition suscite des polémiques. Le parti Ata-Jurt a choisi le jaune et le Mouvement populaire a choisi le rose. Ces deux couleurs évoquent les tulipes des montagnes kirghizes. Immédiatement, le président Akaïev s'en est pris, au cours d'un meeting à la "peste jaune-brune". Et des affiches oranges reproduisant des dollars ont été collées par des mains anonymes sur les murs des domiciles de certains responsables de l'opposition. Mais à la différence de l'Ukraine, il semble que les USA se désintéressent totalement du sort de la malheureuse opposition kirghize, qui ne doit compter que sur ses propres forces. Ce qui n'est pas une mauvaise chose.
Source : Nezavisimaya Gazeta, 21 janvier 2005

 

13/01/05 - La moitié des détenus du pays atteints de tuberculose
Ils sont 14 000, soit la moitié des détenus du Kirghizistan, à être atteints de tuberculose, ce qui est considérable si l'on considère que la population du pay s'élève à 5 millions. le nombre des déteenus tuberculeux s'est multiplié par deux depuis 2000. un nombre indéterminé de prisonniers sont déjà morts de tuberculose en prison. L'explosion de cette maladie, très contagieuse - elle se répand par la toux et les éternuements - est dûe aux très mauvaises conditions sanitaires et à un régime alimentaire très déficient.
Source : Deutsche Welle, 11 janvier 2005

 

Interdire la prostitution, ou la légaliser ?

À Bichkek, la capitale kirghize, la prostituon n'a jamais été aussi florissante. En l'absence de toute législation réglementant l'industrie du sexe, les prostituées et proxénètes opèrent sous la protection - monnayée, bien sûr - de policiers ou des gens au pouvoir. On compte ainsi à Bichkek 169 saunas, 177 hôtels de passe et plus de 1 000 appartements offrant des services sexuels. Les prostituées seraient entre 3 500 et 7 000. Du côté des autorités municipales, on cherche donc une solution, et la discussion dure depuis 10 ans. Elle a été quelque peu accélérée par la recrudescence d'actes criminels liés à la prostitution, principalement des meurtres et des attaques physiques. Les responsables hésitent entre deux solutions : une légalisation, sur le modèle hollandais ou allemand, qui permettrait une "normalisation" de ce secteur et un meilleur suivi, notamment sanitaire, et une interdiction totale ou partielle. La première solution - la légalisation - se heurterait à la culture "orientale" locale, qui réagirait négativement. La seconde solution - l'interdiction - ne ferait sans doute que rendre les choses plus difficiles et ferait prospérer encore plus la mafia. Bref, c'est l'impasse, et les petites dames de Bichkek continuent leur commerce en toute impunité, sous la protection débonnaire et intéressée des pandores locaux.
Source : http://www.eurasianet.org , 10 janvier 2005

 

 

23/12/04 - Askar, Mairam ou Aidar ? Vers une succession dynastique ?
Les observateurs de la vie politique kirghize se perdent en conjectures sur les intentions du président Askar Akaïev pour l’élection présidentielle d’octobre 2005. Le président a fait savoir qu’il n’avait pas l’intention de se présenter à nouveau, mais tout le monde est sûr qu’il va essayer de garder le contrôle du pouvoir. Alors, comment va-t-il s’y prendre ? Première hypothèse : sa femme, le professeur Mairam Akaïeva, qui sera candidate aux élections législatives de février 2005. Une fois élue, elle serait désignée présidente du parlement, ce qui lui permettrait de briguer la présidence de la République, éventuellement apr le biais d’une réforme de la Constitution, qui instaurerait l’élection du président de la République par le parlement et non plus au suffrage universel. Deuxième scénario : Aidar, le fils aîné du couple. Mais il n’a que 30 ans et c’est peu probable. Troisième scénario : Akaïev pourrait imiter son collègue ukrainien Kouchma et introduire un changement dans la Constution qui limiterait les pouvoirs présidentiels et augmenterait ceux du Premier ministre. Après quoi, il démissionnerait comme Président et reviendrait comme Premier ministre. Qui vivra, verra ...
En attendant, l’opposition se mobilise pour les élections législatives de février 2005. Mercredi 22 décembre s’est ouvert à Bichkek le congrès constitutif d’un nouveau parti, Ata-Jurt (Patrie), fondé par le quatuor suivant : Roza Otunbayeva, ancienne ministre des Affaires étrangères, le cinéaste Dooronbek Sadyrbayev et les députés Adakhan Madumarov et Omurbek Tekebayev (ce dernier était canidat à l’élection présidentielle de 2000 contre Akaïev).
Le parti Jany Bagyt (Nouvelle direction) va tenir son congrès constitutif début janvier. Parmi ses dirigeants on compte l’ancien ministre de l’Intérieur Muratbek Imanaliïev.
Cet automne est aussi né le Mouvement poppulaire du Kirghizistan. Et enfin a été constituée une Union pour des élections équitables. Bref, l’opposition constitue ses bataillons pour les batailles à venir. Ce qui crée une certaine panique dans le clan présidentiel. Outre les mises en garde contre des projets de prise de pouvoir violente par l’opposition, Akaïev essaie par tous les moyens de casser la dynamique oppositionnelle. Ainsi la Commmission électorale centrale a décidé que les anciens ambassadeurs ayant passé plus de 5 ans à l’étranger ne pourraient êttre candidats aux élections. Comme par hasard, une demi-douzaine d’ex-ambassadeurs se trouvent dans les rangs de l’opposition...
Source : Vremya Novostei, 22 décembre 2004

 

22/12/04 - Escalade verbale préélectorale à Bichkek
2005 sera pour les Kirghizes l'année de tous les dangers, avec deux échéances électorales prévues : législatives en février et présidentielle en 2005. Le président Akaïev a allumé le feu en faisant des déclarations où il accusait l'opposition de préparer une prise de pouvoir par la force. L'opposition a aussitôt réagi . Muratbek Imanaliyev, chef du mouvement d'opposition Nouvelle Direction a averti qu'il soutiendrait les protestations en cas de fraude électorale en février. Même position exprimée par Zamira Sydykova, une des responsables du Mouvement du peuple.
Source : www.asiaplus.tj, 21 décembre 2004

 

20/12/04 - Akaïev fait de l'agit-prop
Le président kirghize, s'adressant au Conseil de défense le 17 décembre, s'est livré une fois de plus à un exercice d'agit-prop (agitation et propagande) dans la plus pure filiation soviétique. Selon Akaïev, le Kirghizistan est menacé par le "terrorisme" islamique et la situation pourrait s'aggraver l'année prochaine. Ce qui lui a valu cette réponse de Topchubek Turgunaliev, cehf du parti d'opposition Erkindik (Liberté) : « C'est juste un fantasme de l'équipe Akaïev. Ils veulent salir la réputation de l'opposition. Il n'y a pas de forces radicales au Kirghizistan comme veut le faire croire Akaïev. »
Source : Itar-Tass, RFE/RL, 17 décembre 2004

 

06/12/04 - L'étrange kidnapping de Tursunbek Akunov
Le militant des droits humains Tursunbek Akunov, enlevé par des inconnus le 16 novembre, a été livré par ces mêmes inconnus à l'hôpital n°4 de Bishkek le 1er décembre. Selon son premier témoignage, il a été kidnappé par un groupe d'hommes en voiture et ne s'est réveillé que 3 jours plus tard dans une cave. Il a reconnu parmi les hommes qui le gardaient un membre des services secrets. Se plaignant de gros maux de tête, il soupçonne avoir été soumis à un gaz toxique. Le chef adjoint des services nationax de sécurité a rejeté son témognage comme une "farce". Dans une lettre au président Askar Akaïev, le 2 décembre, Human Rights Watch a demandé qu'une enquête indépendante soit ouverte sur cette affaire, si typique des régimes post-soviétiques.
Source Human Rights Watch, 2 décembre 2004

04/12/04 - Réapparition de Tursunbek Akunov
Tursunbek Akunov, le défenseur des droits humains mystérieusement disparu à la mi-novembre, est réapparu sain et sauf. On ignore pour l'instant où et comment il avait disparu pendant deux semaines.
Source : www.irinnews.org, 3 décembre 2004

 

27/11/04 - Où est passé Tursunbek Akunov ?
Tursunbek Akunov, président du Mouvement des droits humains du Kirghizistan, a disparu sans laisser de traces depuis le 16 novembre à 17 heures, alors qu’il avait, selon sa femme, un rendez-vous avec un officier du Service national de sécurité. Le lendemain 17 novembre, Akunov devait se rendre à Kiev comme observateur de l’élection présidentielle ukrainienne, mais il n’est jamais apparu en Ukraine et son passeport et son billet d’avion sont restés chez lui. De très nombreuses organisations de défense des droits humains ont publiquement manifesté leur inquiétude devant cette disparition mystérieuse. Une semaine avant de disparaître, Akunov avait organisé des protestations contre la privatisation du secteur de l’énergie et avait récemment exigé la démission du chef de la Commission életcorale centrale. En mars 2002, il avait tenté de négocier entre les autorités et les manifestants qui protestaient contre l’arrestation de leur député à Aksy. La police avait tiré, tuant cinq manifestants.
Présidant le Mouvement des droits humains du Kirghizistan depuis 1990, Akunov a été candidat à l’élection présidentielle en 2000. En 1999, il avait mené des négociations avec un commando du Mouvement islamique d’Ouzbékisatn qui avait pris 25 otages, dont 4 géologues japonais. Il a visité la Tchétchénie à plusieurs reprises et a rencontré le président Maskhadov. En 2001, il a participé à une conférence en Iran sur la paix au Moyen-Orient. En 2003, il a organisé plusieurs meetings à Bichkek pour protester contre l’invasion de l’Iraq.
Sources : AP, Interfax, HRW, KCHR, IHF

 

20/11/04 - Révolte au centre de détention provisoire de Osh
Les conditions inhumaines de détention dans les prisons kirghizes font depuis longtemps l'objet de critiques justifiées, en particulier celles qui règnent dans les Centres de détention provisoire, équuivalent des maisons d'arrêt. Celui de Osh, dans la province méridionale de Jalal-Abad, vient d'être le théâtre d'une révolte des prisonniers. Les 250 détenus y ont entamé ue grève de la faim et 20 d'entre eux, dont quatre mineurs, se sont infligés des mutilations assez graves. les détenus entendaient protester contre l'oppression permanente de la part des gardiens, le manque de soins médicaux et l'absence de conditions minimales. À peine nourris - avec une "soupe" constituée d'eau chaude et de quelques rares patates -, les détenus sont assurés de contracter des maladies graves dans ce "goulag démocratique", en premier lieu la tuberculose. Les autorités invoquent le manque de moyens pour justifier ces conditions scandaleuses.
Source : http://www.irinnews.org, 18 novembre 2004

 

09/08/04 - Felix Kulov reste en prison
Felix Kulov, leader du parti Ar Namys, restera en prison jusqu'à novembre 2005, lorsqu'il aura purgé la peine de 10 ans pour "détournement de fonds" à laquelle il a été condamné. Ainsi en a décidé le tribunal qui a rejeté sa demande de remise en liberté conditionnelle le 31 juillet. Kulov, ancien vice-Président et ancien chef du Service de sécurité nationale, avait menacé de lancer une grève de la faim. Dans une déclaration postée sur son site web, le parti Ar Namys déclare que les autorités pénitentiaires se sont trompées dans le calcul du temps déjà purgé en prison par Kulov.
Source : Akipress, 3 août 2004

 

04/08/04 - Un parti...olympique !
Selon le journal kirghize MSN du 30 juillet, tous les membres de l'équipe kirghize sélectionnée pour les jeux olympiques d'Athènes ont été forcés de prendre leur carte d'adhérents au parti du président Akaïev, Alga Kirgizistan, qu'on pourrait traduire par Forza Kirgizistan ! (En avant, le Kirghizistan !) La question est : est-ce que ça leur rapportera des médailles ?

 

13/07/04 - Vers une nouvelle vague d'émigrants russes
11% de la population du Kirghizistan est constituée de Russes. l'imminence de l'entrée en vigueur de la nouvelle loi qui instaure le kirghize comme langue officielle et nationale, on s'attend donc à une nouvelle vague d'émigration du Kirghizistan vers la Russie. C'est pourquoi l'accord russo-kirghize sur la migration, signé en 1995 et entré en vigueur en 1997, va être prolongé. En 7 ans, 53 000 personnes ont émigré en Russie, dont 3 669 en 2003 et plus de 1 000 durant les six premiers mois de 2004.
Source : RIA-Novosti, 8 juilet 2004

 

10/07/04 - Ils en ont après le père, ils attaquent la fille
Ainura Aitbaïeva, une jeune femme kirghize, a été violemment agressée et tabassée devant son domicile de Bichkek le 3 juillet dernier. Il faut dire que cette jeune femme est la fille de Ramazan Dyryldaïev, dirigeant du Comité kirghize pour les droits humains (KCHR), qui ne mâche pas ses mots pour critiquer les atteintes fréquentes aux droits humains de la part du gouvernement kirghize. La Fédération internationale d’Helsinki a exigé une enquête sur cette agression.

 

07/07/04 - Coup de filet dans les ministères
Au terme d'un coup de filet, le Service national de sécurité kirghize a interpellé le 2 juillet dix hauts responsables des services gouvernementaux, qui sont soupçonnés d'espionnage pour un pays étranger et pour des organisations internationales. On n'en sait pas plus pour l'instant.
Source : Interfax, 2 juillet 2004

 

15/06/04 - Le premier candidat à la présidentielle de 2005 se déclare
Kurmanbek Bakiev est le premier homme politique kirghize à déclarer sa candidature à l'élection présidentielle de 2005. Il représentera le bloc d'opposition appelé Pour le pouvoir au peuple, formé le 14 janvier 2004 par 7 organisations [Asaba, Kairan El, Mouvement démocratique, ErK, Erkindik, Parti républicain et Jeune Kirghizistan]. Bakiev avait démissionné en mai 2002 pour protester contre la répression d'un soulèvement à Aksy.
Source : akipress.org, 10 juin 2004

 

12/06/04 - La loi sur la diffamation est maintenue
Le 8 juin, le parlement kirghize a rejeté, par une majorité de 9 voix, un projet de loi qui visait à décriminaliser la loi sur la diffamation. Actuellement, la diffamation est passible d’une peine de 3 ans de prison. Le président Akaïev avait présenté en décembre dernier le projet de loi visant à supprimer les condamnations à des peines de prison pour diffamation. le vote des aprlemenatires a été motivé par leur crainte d’être attaqués par la presse lors de la campagne pour les élections parlementaires de 2005.
Source : www.irinnews.org

 

10% de la population a émigré depuis 1991
10% de la population kirghize a émigré depuis l’indépendance en 1991, soit 500 000 personnes sur 5 millions d’habitants. Plus de 80% de la population russophone a quitté la république, mais de plus en plus de Kirghizes d’origine choisissent d’aller chercher fortune ailleurs. Pour contrebalancer cette hémorragie, les autorités kirghizes cherchent à convaincre des Kirghizes du Tadjikistan d’immigrer dans la “mère-patrie”, organisant de grandes cérémonies avec remise de passeports kirghizes aux volontaires. Les formalités pour obtenir un passeport kirghize ont été simplifiées pour les Kirghizes du Tadjikistan. Selon le Département pour les migrations, plus de 650 000 Kirghizes d’origine vivent à l’étranger : 370 000 en Ouzbékistan, 160 000 en Chine, 65 000 au Tadjikistan et 42 000 en Russie. Mais on a du mal à croire qu’ils accepteraient d’aller vivre au Kirghizistan, où les retraites sont les plus basses de toutes les républiques de l’ex-URSS et où règnent une grande instabilité économique et une corruption généralisée.
Source : PRIMA-News, 11 juin 2004

 

 

01/06/04 - Akaïev limoge son bras droit, passé à l’opposition
Le président Askat Akaïev vient de limoger un de ses plus proches collaborateurs, confidents et amis, Misir Ashirkulov, 58 ans, qui était le chef du Conseil de sécurité kirghize après avoir été chef d’État-major de 1999 à février 2004. Raison de ce limogeage : Ashirkulov venait de prendre la tête d’une nouvelle formation politique, l’Union civique pour des élections correctes, constituée par plusieurs partis, dont Ar Namys et les sociaux-démocrates, pour veiller à la bonne tenue des élections prévues l’année prochaine dans le pays.
Source : www.irinnews.org

 

27/04/04 - 4 condamnations pour terrorisme à Bichkek
4 hommes, 3 Kirghizes et un Kazakh, ont été condamnés vendredi 23 avril par un tribunal de Bichkek à des peines de 10 à 13 ans de prison et à la confisation de leurs biens. Ils étaient accusés de s'être entraînés au terrorisme en Iran et au Pakistan et d'avoir préparé l'attaque de la base militaire US d'appui à l'occupation en Afghanistan et installée près de l'aéroport de Bichkek. L'un des avocats des prévenus a déclaré qu'ils avaient été battus pour faire des aveux. Les condamnés sont : Bakyt Batyrbekov, 32 ans, Ramis Berdaliyev, 26 ans, Nadyrbek Ismanaliyev, 39 ans et le Kazakh Akralkojo Abduvaliyev, 37 ans.
Source : The News, Karachi, 24 avril 2004

 

23/04/04 - Amnistie présidentielle
Le président Akaïev a signé le 10 avril une amnistie à l'occasion du 10ème anniversaire de la Constitution et du 2 200ème anniversaire de la nation kirghize. L'amnistie s'applique aux peine smineures, aux femmes de plus de 58 ans et aux hommes de plus de 65 ans. Elle devarit permettre la libération de 700 détenus et la réduction de peines pour 1 000 autres détenus.
Source : Ap, 21 avril 2004

 

19/04/04 - Kulov restera en prison, ses partisans sont empêchés de manifester
Jeudi 15 avril la police kirghize a empêché le déroulement d'une marche de plusieurs centaines de personnes qui entendaient se rendre de la capitale Bichkek à la prison où est détenu l'ancien ministre Felix Kulov, à une cinquantaine de kilomètres de là, dans la province de Chui. 18 militants ont été arrêtés.
D'autre part, un porte-parole de l'administration pénitentiaire a démenti que Felix Kulov serait libéré le 1er juin prochain, comme l'avait déclaré quelques jours auparavant son bras droit à la tête du parti Ar Namys, Emil Aliev : « D'où est-ce qu'il a sorti ça ? C'est un produit de son imagination. »
Source : http://www.eurasianet.org

 

15/04/04 - Felix Kulov libre le 1er juin ?
Le leader du Parti de la dignité (Ar-Namys) Felix Sharshenbayevich Kulov, emprisonné depuis 953 jours, devrait être libéré le 1er juin prochain, d'après le vice-président du parti Emil Aliev, qui l'a déclaré le 12 avril. Kulov, ancien policier puis haut responsable politique, surnommé "le général du peuple", a été condamné en janvier 2001 à sept ans de prison et en mai 2002 à dix ans de prison. Il est considéré comme le "challenger" le plus sérieux du président Askar Akaïev. Après avoir fondé le parti Ar-Namys en 1999, il fut arrêté après avoir annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2000. En novembre 2001, il a été élu président du Congrès du peuple du Kirghizistan, qui regroupe, aux côtés de Ar-Namys, 3 autres partis : Ata Meken, Parti du peuple et Erkindik.
Source : akipress.org, 12 avril 2004

 

07/04/04 - Akaïev tente de profiter de la violence en Ouzbékistan
Le président kirghize Askar Akaïev a tenté de profiter des "incidents" qui ont mis aux prises des "islamistes" et les forces de sécurité en Ouzbékistan pour demander d'urgence à ses parlemenatires, mercredi 31 mars, des projets de lois sur le financement du terrorisme et le blanchiment d'argent. « Ces lois ont le but direct de renforcer la lutte contre l'argent de la criminalité et le terrorisme international et l'utilisation de fonds financiers secrets qui empêchent la croissance de notre économie. » Le kirghizistan a été le théâtre en 2002-2003 de deux attentats qui ont fait 8 victimes et ont été attribués au Mouvement islamique d'Ouzbékistan. 3 personnes ont été conamnées à mort pour ces attentats.
Source : http://www.irinnews.org/

 

21/03/04 - Les Tchétchènes contre la discrimination
Plus de 3 000 Tchétchènes vivent au Kirghizistan, la plupart d'entre eux sont installés dans le district d'Alamudun de la région de Chuy. Ils sont victimes de discrimination, de harcèlement policier et de campagnes de diffamation publiques. Le 8 mars dernier, un homme d'affaires tchétchène, Balaudin Mazhedov, était assassiné à partir d'une voiture dans une rue de Bishkek. Le 11 mars, le Comité des mères tchétchènes a organisé un rassemblement devant des bâtiments gouvernemntaux dans la capitale kirghize pour protester contre le fait qu'aucun suspect n'a été arrêté pour ce meurtre. Pire, aucun suspect n'a été arrêté pour 12 autres meurtres de Tchétchènes commis depuis 1999 au Kirghizistan. Luiza Khadalova, du Comité des Mères, a déclaré que les Tchétchènes ont à ce point perdu confiance dans les organes kirghizes que les parents des victimes ont entamé leurs propres enquêtes sur ces meurtres impunis.
Source : http://www.iwpr.net

 

20/03/04 - Les migrations pourraient conduire à une explosion sociale
Les autorités kirghizes craignent que les importantes migrations à l'intérieur du pays ne conduisent à une "explosion sociale". 70% de la population rurale étant pauvre, de nombreux paysans quittent leurs villages pour aller dans les villes, en particulier la capitale Bichkek, où vivent deux fois plus de gens que ce que le plan prévoit. D'où le développement de squats de terres et de bà¢timents, en bonne partie insalubres. Plus de 200 000 personnes ont changé de lieu de résidence depuis 10 ans. Sans compter les nombreux migrants clandestins qui vont au Kazakhstan, où ils sont surexploités dans l'agriculture.
Source: Kyrgyz-Press International News Agency, Bishkek, 16 mars 2004

 

28/02/04 - Déchets nucléaires allemands : oui ou non ?
Des informations contradictoires qui laissent perplexe. Qu'on en juge : il y a quelques jours, des médias kirghizes rapportent qu'un accord vient d'être signé entre la société allemande RWE NUKEM et la raffinerie d'uranium de Kara-Balta, située à l'ouest de la capitale kirghize Bichkek, portant sur le retraitement de 2 000 tonnes de déchets nucléaires allemands. Mais jeudi, le Premier ministre kirghize Nikolay Tanayev déclare à l'agence d'information Kabar que son gouvernement ne permettra pas l'importation de déchets nucléaires allemands, car il ne veut pas voir son pays transformé en décharge nucléaire. « Nous avons déjà nos propres déchets d'uranium, dont nous ne savons que faire et où les mettre. » Alors, qu'en est-il réellement ?
Source : UPI, 26 février 2004

 

27/02/04 - " Contre la drogue et l'Islam"
En visite à Washington, le ministre des Affaires étrangères kirghize Askar Aitmatov a expliqué à ses interlocuteurs de Washington que les deux fléaux contre lesquels son gouvernement devait se battre étaient le trafic de drogue et l'islamisme. Il faut donc de l'argent. Les USA ont déjà donné 6,3 millions de $ pour le renforcement du contrôle aux frontières et aident le gouvernement à mettre en place une agence de lutte contre le trafic de drogue. Pour la lutte contre l'islamisme, incarné par le Hizb ut-Tahrir (Parti de la libération), on ignore ce que les US ont promis.
Source : AP, 25 février 2004

 

23/02/04 - La base aérienne russe de Kant bientôt achevée
Ouverte en octobre 2003, la base aérienne russe de Kant, au Kirghizistan, sera achevée d'ici la fin de l'année et devrait alors héberger 800 militaires russes, selon son commandant. Elle en héberge actuellement 250.
Source : Novosti, 20 février 2004

 

07/02/04 - Felix Kulov reçoit une visite en prison


Felix Kulov, l'ancien vice-président kirghize condamné à 10 ans de prison, qui vient de faire savoir qu'il avait l'intention de se présenter à l'élection présidentielle de 2005, a reçu une visite de poids le 4 février, à savoir celle de Ulrich Fischer, vice-président de la Fédération internationale d'Helsinki pour les droits humains. Le Parlement européen, l'OSCE et le département d'État US ont déjà demandé la libération de Kulov, le plus célèbre prisonnier politique kirghize.

 

01/02/04 - Campagne pour la libération de Felix Kulov


Lors d'un meeting réunissant 400 personnes à Bishkek le 28 janvier, des responsables de l'opposition kirghize et d'ONG ont exigé la libération de Felix Kulov, qu'ils considèrent comme le seul homme à même de battre le président Akaïev aux prochaines élections. Peu après avoir annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2000, Felix Kulov a été arrêté et condamné à dix ans de prison pour détournement de fonds et abus de pouvoir commis dans ses fonctions de ministre de la Sécurité nationale, de gouverneur régional et de maire de la capitale. L'homme qui avait été vice-Président et ministre de l'Intérieur a donc été mis à l'ombre car il menaçait sérieusement le pouvoir d'Akaïev. L'opposition kirghize, poussée par ses amis occidentaux, est donc en train de se tâter pour savoir si elle est capable de conduire un scénario à la géorgienne, c'est-à-dire de se débarrasser du président par une campagne de manifestations de rue. Elle ne semble pas tout à fait prête pour cela. pendant ce temps, les "amis" russes jettent d el'huile sur le feu. Ainsi le journal moscovite Komsomolskaïa Pravda a, le 28 janvier, publié un article d'où il ressort que le Kirghizistan est au centre d'un scénario de dominos en Asie centrale. l'artyicle affirme que le nouveau président géorgien Saakashvili a rencontré, après sa prise de fonctions le 25 janvier, les responsables de l'opposition kirghize et leur a promis son appui dans la campagne électorale de 2005. Ce que ceux-ci ont démenti. Ils craignent tout simplement de subir le même sort que Kulov s'ils en font trop. Alors que la modification de la Constitution qui vient d'être adoptée stipule que la campagne électorale pour les législatives ne peut commencer que 25 jours avant celles-ci et celle pour la présidentielle 35 jours avant, la campagne électorale a bel et bien commencé au Kirghizistan.
Sources : EurAsiaNet, 30 janvier 2004 et AP, 28 janvier 2004

 

27/01/04 - L'enjeu de la langue

 

Au Kirgizistan, comme dans la plupart des républiques de l'ex-URSS, la population est mélangée et la question linguistique y prend une tournure souvent dramatique. C'est le cas au Kirgizistan, où les Kirghizes ne sont que 52% de la population et où, alors que les habitants du Sud parlent le kirghize, ceux du Nord et de la capitale Bishkek sont généralement russifiés. On trouve en outre, sur 5 millions d'habitants, 800 000 Ouzbeks et 600 000 Russes. Avant même l'indépendance, le Soviet suprême kirghize décidait le 23 septembre 1989 de faire du kirghize la langue d'État. Alors qu'une loi faisait du russe une langue officielle en 2000, cette même année, le principal opposant au président Askar Akayev, l'ancien maire de Bishkek Felix Kulov était contraint de se retirer de la course à la présidence car il ne satisfaisait pas à l'exigence de la constitution de parler couramment le kirghize. L'enjeu linguistique réapparaît dans la perspective de l'élection présidentielle de 2005, à laquelle le président Akayev n'a pas l'intention de se représenter mais il veut voir triompher un homme proche de lui. Il a donc déposé une proposition de loi fin novembre 2003, dont les 38 articles obligeraient les fonctionnaires à connaître le kirghize, un tiers au moins des organes de presse et des annonces à utiliser cette langue et renforceraient l'usage du kirghize dans l'enseignement. Cette proposition envisage aussi une transition progressive du cyrillique à l'aphabet latin pour la transcription du kirghize et la création d'une Commission d'État sur la langue kirghize pour surveiller toutes ces réformes. Le leader d'opposition Bektur Asanov, député et chef du parti démocratique a fait un contre-projet de loi proposant une promotion plus lente du kirghize pour encourager ceux qui ne le parlent pas à l'apprendre. Selon Asanov, la proposition de loi du président introduirait une discrimination contre les non-kirghizophones en leur barrant l'accès la fonction publique, une des rares sources d'emploi au Kirghizistan. Alors qu'Asanov a retiré sa proposition de loi, la commission parlementaire chargée de la question a retenu les aspects principaux de la proposition d'Akayev pour élaborer une loi. Bref, la bagarre promet d'être rude.
Source : EurAsiaNet, 26 janvier 2004

 

4 militants ouïghours menacés d'être livrés à la Chine

Jalal Kasarji et 3 autres Ouïghours du Turkestan oriental (Xinjiang) détenus au Kirgizistan pour actions terroristes sont menacés d'être livrés à la chine par les autorités kirghizes, selon l'avocat Chynturgan Sydykov. Selon ce dernier, les hommes ont été condamnés sans preuves. Son inquiétude est partagée par plusieurs groupes de défense des droits humains, dont le groupe kirghize "Démocratie". 50 000 Ouïghours vivent au Kirgizistan et sont menacés par la collaboration entre Bishkek et Pékin. l'année dernière, raconte "Sadyk", un Ouïghour vivant dans la capitale kirghize, deux jeunes Ouïhours ont été déportés du Kirgizistan en Chine. Là, ils ont été tués et torturés. Leurs corps ont été rendus à leurs parents à Kashgar et on leur a dit qu'ils étaient morts de maladie. Au Kazakhstan, où vivent 500 000 Ouïghours, 3 demandeurs d'asile ouïghours ont été remis à la Chine en 1999. Ils y ont été condamnés à mort et sans doute exécutés. L'année dernière, la Cour suprême kirghize a interdit trois mouvements de libération ouïghours, qualifiés de terroristes.
Source : EurAsiaNet, 25 janvier 2004

 

21/01/04 - Au Kirghizistan, le cancer sur les ruines du nucléaire
par Gérard DIEZ, Libération, 30 décembre 2003

« Ces déchets peuvent détruire l'écosystème de toute l'Asie centrale. L'agriculture serait anéantie. Des millions de personnes devraient être déplacés.» Aripshan Kokossov, représentant du ministère kirghize de l'Environnement
Kirghizistan correspondance - Sur l'étroite route poussiéreuse qui longe le lit de la rivière, la voiture quitte l'usine d'uranium. Dix kilomètres plus bas, elle atteindra la ville de Maili Suu, coincée entre la montagne et le lit de la rivière du même nom, à 150 km au nord de la deuxième plus grande ville du Kirghizistan, Och. Là-bas, la température est de 21 °C. Ici, il fait 29 °C, une chaleur dégagée par les deux millions de tonnes de déchets d'uranium et les 940 000 m3 de roche radioactive provenant du gisement tout proche. Des puits de la mine s'échappe une odeur désagréable : du radon, un gaz radioactif et cancérigène lié à la décomposition de l'uranium. Sa concentration dans les maisons du voisinage est plus de vingt fois supérieure à la norme tolérée.
Monstre de béton et d'acier échoué sur l'étroite bande de terre glaise et de rochers au bord de la rivière, l'usine à l'abandon produisait, à l'époque soviétique, de l'uranium enrichi pour bombe nucléaire. La matière première était extraite alentour mais elle arrivait aussi d'ex-RDA et de Tchécoslovaquie. L'usine a fonctionné de 1946 à 1968. Maili Suu, 26 000 habitants, était alors une ville interdite. Vingt-trois dépôts d'uranium et treize crassiers ont été identifiés, tous proches des berges de la rivière, en raison des versants abrupts de la montagne. La nature des dépôts est alors très floue. Les déclarations n'ont été expédiées à Moscou qu'après la fermeture de l'usine et les Russes ont refusé de les retourner aux autorités kirghizes.
Grenier de l'Asie centrale. Aujourd'hui, ces matières dangereuses sont parfois recouvertes de béton, le plus souvent de terre et de gravier. Zone sismique, la vallée est perpétuellement sous la menace des tremblements de terre, des glissements de terrain et des inondations qui peuvent rejeter les substances radioactives dans la rivière et ensuite vers le fleuve Syr Daria, qui alimente tout le système d'irrigation de la région.
Cette vallée, grande comme l'Aquitaine, est le grenier de l'Asie centrale. Le Syr Daria qui se jette dans la mer d'Aral traverse l'Ouzbékistan et le Kazakhstan. «Ces déchets peuvent détruire l'écosystème de toute l'Asie centrale. L'agriculture serait anéantie. Des millions de personnes devraient être déplacés», affirme Aripshan Kokossov, représentant du ministère kirghize de l'Environnement. Photos et diagrammes à l'appui, il détaille l'activité géologique de la vallée de Maili Suu, coincée entre les montagnes Tien shan et le massif du Pamir. Un glissement de terrain, provoqué par de fortes pluies au printemps 2002, a détruit des maisons à 300 mètres de l'usine. Toujours debout, l'école est désormais vide à cause du risque : «Le printemps pluvieux a été à l'origine d'un sol gorgé d'eau et la zone autour de l'usine a été inondée. De la terre polluée est partie dans le fleuve.»
« Où aller?». «L'agriculture locale est ravagée, beaucoup sont morts du cancer. Les récents glissements de terrain n'ont pas attiré l'attention internationale», raconte Aripshan Kokossov, très critique vis-à-vis des gouvernements des pays voisins (Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan). Les disputes frontalières, qui durent depuis l'indépendance de ces pays en 1991, empêchent toute collaboration sur les questions d'environnement.
Avec le temps, les déchets radioactifs enterrés ont formé des talus et des collines où l'herbe pousse et les enfants jouent... au milieu des panneaux jaune «Stop ! Radioactivité ! Danger de mort !». Les paysans ont démonté les clôtures construites sur les endroits les plus dangereux pour y faire paître leur bétail.
La maison d'Arabiddin Karassayev, 70 ans, est située sur le dépôt 7. Il vend sur le marché local des légumes qui poussent dans son jardin au sol radioactif. «Que dois-je faire ?, s'interroge le vieil homme. Nous n'avons pas les moyens de partir. Et où irions-nous ? Je ne suis pas malade mais plusieurs membres de ma famille, dans la vallée, sont morts du cancer. Mon frère, plus jeune que moi, a travaillé deux ans dans la mine et neuf ans à l'usine. Il ne peut plus marcher et il est presque aveugle. Mes trois fils sont partis après que notre maison a été emportée par un glissement de terrain. Je reste ici avec ma femme, ma fille et mes petits-enfants. Personne ne nous a jamais dit que c'était dangereux.» Kotchkor Borbouyev, 69 ans dont treize au fond de la mine, a entendu parler des experts internationaux qui ont mesuré la concentration de radon sur la zone. Devant un thé, dans le jardin de son frère aîné, il passe en revue, le regard sombre, les accidents et les morts dans la vallée : «Trois membres de ma famille sont morts d'un cancer des reins. Mon frère aîné, qui a travaillé dans la mine, est en train de mourir du même mal. Mon jeune frère est mort il y a dix ans d'un cancer.» Pourtant, il ne veut pas partir. Réprobateur, Aripshan Kokossov, qui fait souvent le trajet de Och avec des visiteurs étrangers, lui lance : «Il y a des radiations partout ici. Tu ne vois pas que toute ta famille peut mourir d'un cancer ?» Kotchkor Borbouyev reste impassible.
Menace. Les autorités locales réclament sans relâche des structures de rétention et le déblayage des déchets radioactifs le long des berges. Le ministère de l'Environnement estime que 20 millions de dollars sont nécessaires pour parer au plus pressé, et dix fois plus pour régler le problème. La Banque mondiale est disposée à en accorder cinq, les habitants espèrent que d'autres donateurs suivront.
Aripshan Kokossov conclut, menaçant : «Si des terroristes mettaient la main sur cette matière radioactive, ils pourraient très bien fabriquer une "bombe sale"...»

 

05/12/03 - De bons élèves de l'Amérique de Bush


Le président kirghize Askar Akayev vient de se rendre en visite officielle dans l'État du Montana, situé dans l'ouest des USA, pour trouver des investisseurs notamment dans le domaine de l'énergie hydro-électrique. Les liens du Kirghizistanavec le Montana remontent à 1997, lorsque des soldats kirghizes sont venus s'entraîner sous les ordres de la Garde nationale du Montana, pour se préparer à affronter le "terrorisme". Le Montana avait été choisi à cause de ses similitudes climatiques et géographiques avec le Kirghizistan. Très zélé dans la "guerre contre le terrorisme" menée par les USA, la Russie et la Chine, le régime Akayev vient de donner de nouveaux gages à ses amis en faisant interdire par la Cour suprême 4 organisations qualifiées de "terroristes". Il s'agit de 3 mouvements d'Ouïghours musulmans du Xinjiang chinois : l'Organisation pour la libération du Turkestan, le Mouvement islamique du Turkestan oriental et le Parti islamique du Turkestan ainsi que d'un parti créé à Al Qods et présent dans plusieurs pays, dont l'Allemagne, le Hezb ut-Tahrir (Parti de la libération).
Les critiques pour violation des droits humains dans cette république post-soviétique se développent. Tolekan Ismailova, dirigeante du groupe Société civile contre la corruption a déclaré que le gouvernement kirghize ne s'acquitte pas de ses obligations concernant la torture et les ignore. D'autres groupes de défense des droits humains ont déclaré que le gouvernement n'ordonne pas d'enquêtes sur les allégations de torture.

 

07/02/03 - Un militant ouzbek condamné à 25 ans de prison : Un tribunal du district de Batken, dans le sud du Kirghizistan, a condamné mardi 4 février à 25 ans de prison un ancien membre du Mouvement islamique de libération de l'Ouzbékistan, Sherali Akbotoyev, 40 ans. Il était accusé de terrorisme, de prise d'otages et d'appartenance à un groupe armé interdit. Il avait rejoint le MILO en 1999 avec ses trois frères et avait été le porte-parole de son chef, Juma Namangani, qui aurait été tué dans le nord de l'Afghanistan en 2001. Akbotoyev, détenu dans un pays non précisé pour séjour irrégulier, avait été extradé en mai 2002 au Kirghizistan, où le MILO a été accusé d'une série d'incursions et de l'enlèvement de 4 alpinistes US et de plusieurs géologues japonais. Ce mouvement, apparu à la fin des années 1990, a recruté des membres dans plusieurs pays d'Asie centrale. Il aurait souffert des pertes importantes durant la guerre d'invasion de l'Afghanistan déclenchée par les USA et leurs alliés en 2001. Le Kirghizistan a été un allié de choix dans la "guerre contre le terrorisme" menée par les USA. Plusieurs centaines de soldats occidentaux sont basés à l'aéroport de Bishkek, sa capitale.

 

13/12/02 - Accord militaire Russie-Kirghizistan : Vladimir Poutine a signé jeudi un accord de coopération militaire avec son homologue kirghize Askar Akaïev. Les deux hommes se sont engagés à coopérer sur le plan militaire et sécuritaire, contre les menaces du XXIème siècle: terrorisme international, prolifération des armes et de la drogue, crime organisé et immigration clandestine. Entre autres mesures prévues, la création d'une force de sécurité d'environ 1.000 hommes originaires de Russie, du Kirghizistan, du Kazakhstan et du Tadjikistan.