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Le Groupe de Shangaï, un autre “Axe du Mal”
Sous la houlette russo-chinoise, les régimes autoritaires post-soviétiques d’Asie centrale se sont alliés pour combattre “le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme religieux”. Les Ouïghours, les Ouzbeks, les Tadjiks, les Kirghizes, les Kazakhs savent désormais ce qui les attend en cas de révolte : le sort des Tchétchènes, des Tibétains ou des Afghans. Ce que les dirigeants corrompus du Kremlin et de Tien An Men redoutent par dessus tout, c’est, pour reprendre l’expression de Mao, qu’une “étincelle puisse mettre le feu à toute la plaine”.

Les 6 Vénérables de la loge de Shangaï
Parallèlement à la coalition mise en place par George Bush et Tony Blair pour mener la “guerre contre le terrorisme” - et avant elle -, une autre “Sainte-Alliance” mène aujourd’hui le combat contre “le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme religieux”.
Cette Sainte-Alliance est une sorte de Komintern (l’Internationale communiste dissoute par Staline en 1943) à l’envers. Il ne s’agit plus pour ses promoteurs et participants de mener la révolution bolchévique à l’échelle planétaire mais de combattre les révoltes des peuples opprimés, en particulier musulmans. Tout a commencé en 1996, à Shanghaï...
En avril de cette année-là, les Présidents chinois, russe, kazakh, kirghize et tadjik se rencontrent pour la première fois à Shanghaï pour discuter de deux points : la sécurité aux frontières et la menace musulmane - dite islamiste - par l’effet de contagion depuis l’Afghanistan vers l’Asie centrale, la Russie et le Xinjiang chinois. cette rencontre aboutit à la signature d’un accord militaire sur la “construction de la confiance” pour la sécurité aux frontières.

En avril 1997, les 5 chefs d’État se sont à nouveau rencontrés pour signer un accord mutuel de réduction des forces militaires dans les zones frontalières. À partir de 1998, ils se sont réunis chaque année à tour de rôle dans chaque capitale et ont mis en place un mécanisme de rencontre régulier qui s’est transformé en une alliance, appelée “les 5 de Shanghaï”.

Le 15 juin 2001, l’Ouzbékistan a rejoint le groupe et les 6 présidents ont signé la déclaration de l’Organisation de coopération de Shanghaï, dont les membres s’engagent à collaborer pour combattre les 3 “forces du mal” : “le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme religieux”. Désormais, les choses sont claires : les six pays ont comme intérêt commun de combattre les “islamistes”. Les Russes rencontrent une résistance acharnée en Tchétchénie et les Chinois ont du fil à retordre avec les Ouïghours musulmans du Xinjiang, annexé en 1949, et soumis à un programme de “sinisation” par l’établissement de colons chinois.

Cette région “autonome”, grande comme 4 fois la Californie et 3 fois la France, recèle les plus importantes réserves de gaz naturel et de pétrole de Chine. Des groupes et mouvements ont engagé la lutte pour ce qu’ils appellent le Turkestan oriental. La répression chinoise ne fait pas de cadeaux. Les Chinois ont besoin de la collaboration des régimes kazakh, kirghize et ouzbek pour qu’ils mettent fin aux mouvements de populations et de militants, donnent la chasse aux militants ouïghours réfugiés dans leurs pays, en les tuant ou en les livrant à la Chine, ce que ces régimes feront avec diligence.

L’intérêt stratégique de la Russie va dans le même sens : il s’agit pour elle d’encourager les régimes ouzbek et tadjik à réprimer les mouvements musulmans chez eux et d’empêcher leur jonction avec les mouvements afghans et tchétchènes. Selon les services de renseignement, le Mouvement islamique d’Ouzbekistan, accusé d’attentats à la bombe en Ouzbékistan et engagé dans des heurts avec les forces de sécurité ouzbeks, gérait un camp d’entraînement en Afghanistan, dans lequel étaient entraînés des combattants ouzbeks, tadjiks, kirghizes et ouïghours. En Ouzbékistan, des centaines, voire des milliers de partisans de ce mouvement sont en prison et ne peuvent bénéficier de l’amnistie annuelle décrétée par le régime. Une douzaine de militants ouïghours, capturés en Afghanistan par les forces US, sont aujourd’hui détenus à guantanamo.
En septembre 2001, les Premiers ministres de l’OCS ont tenu leur première réunion à Almaty, capitale du Kazakhstan, et décident de lancer une coopération multilatérale commerciale et économique par la signature d’un mémorandum visant à faciliter les échanges et les investissements mutuels. Ils créent aussi un mécanisme formel de rencontres régulières de Premiers ministres de l’OCS.

Le 11 septembre
Depuis lors, la coopération se développe entre les six pays dans les domaines culturel, commercial, économique, militaire, judiciaire et sécuritaire. Après le 11 septembre, en réponse à “l’épreuve” constituée par la présence militaire US en Afghanistan et en Asie centrale, l’OSC fait de la “lutte antiterroriste” sa priorité et renforce la coopération dans ce domaine.
En juin 2002, les six présidents ont tenu leur deuxième rencontre au sommet à Saint-Petersbourg. Là, ils signent la charte de l’OCS, qui légalise l’existence de l’organisation et décident d’établir une agence antiterroriste dans la région, destinée à devenir l’organe permanent pour la promotion de la coopération des pays membres dans “l’écrasement du terrorisme, du séparatisme et de l’extrémisme religieux”.
Au 3ème sommet de l’OSC, en mai 2003 à Moscou, deux décisions importantes sont prises : un secrétariat permanent de l’OCS sera établi à Pékin et devra fonctionner pleinement à partir du 1er janvier 2004 et le centre antiterroriste de l’organisation sera installé à Bichkek, la capitale kirghize. Ce centre devrait, selon les experts US, fonctionner comme centre de coordination entre les pays de l’OCS et ceux de la Communauté des États indépendants, qui regroupe les pays de l’ex-URSS. Au cours d’une réunion de l’OCS en septembre 2003, il a été décidé de déplacer le Centre antiterroriste de Bichkek à Tachkent, en Ouzbékistan.

Premières manoeuvres
En août 2003, 5 des 6 membres - à l’exception de l’Ouzbékistan - procèdent à leurs premières manoeuvres militaires conjointes en Chine et au Kazakhstan. 1 000 hommes participent à cet exercice, baptisé “Coalition 2003”. Si l’Ouzbékistan n’a pas participé aux manoeuvres, c’est que, désigné comme “partenaire stratégique” par les USA dès 1995, il vient de signer au printemps un accord permettant le stationnement de troupes US sur son territoire. Déjà, pendant la guerre contre l’Afghanistan, ce pays avait, tout comme le Kirghizistan et le Tadjikistan, servi de base arrière aux forces US et alliées engagées dans l’attaque contre l’Émirat. Mais c’est devenu une tradition, chez les chefs ouzbeks, de manger à tous les râteliers...
Le 23 septembre de cette année, un nouveau sommet de l’OCS a eu lieu à Pékin, réunissant  les Premiers ministres chinois Wen Jiabao, kazakh Daniyal Akhmetov, kirghize Nikolai Tanayev, russe Mikhail Kasyanov, tadjik Akil Akilov et ouzbek Utkur Sultanov .
D’autres pays pourraient rejoindre l’OCS. En 2002, les Philippines, l’Indonésie et la Malaisie ont signé un accord séparé avec l’OCS portant sur l’échange de renseignements, des patrouilles frontalières communes et des programmes de formation. Ensuite, le Cambodge et la Thaïlande ont à leur tour signé cet accord.
La coopération militaire russo-chinoise, qui est la colonne vertébrale de l’OCS, a été par ailleurs renforcée  par la signature, cette année, d’un “traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération”, qui prévoit l’accroissement des ventes d’armes russes à la Chine et la formation d’officiers chinois dans les écoles militaires russes.


Un défi concurrentiel aux USA
Il est certain que l’OCS constitue, sinon une menace, du moins un défi concurrentiel à la stratégie asiatique de l’Empire US. Les régimes post-communistes sont passés maîtres dans l’art du double langage et érigent la perfidie en véritable philosophie politique et militaire. Aucun des régimes engagés dans le Groupe de Shanghaï n’a de préoccupations morales ou idéologiques. Ce sont des prédateurs prêts à s’allier avec n’importe qui pour leurs intérêts immédiats. Leur seul souci est de durer au pouvoir et de faire un maximum de profits. Le plus bel exemple de ce “profil” reste celui du général ouzbek Dostom, seigneur de guerre régnant sur le Nord de l’Afghanistan, qui, après avoir combattu aux côtés des Soviétiques durant leur invasion de l’Afghanistan, s’est vendu aux US en 2001 et a pu prendre la tête de qui a été baptisé l’Alliance du Nord, grâce à l’élimination du commandant Massoud, tué le 9 septembre 2001 dans un attentat dont les mandataires restent obscurs. Mais si l’on applique le principe :”À qui profite le crime ?”, l’élimination de Massoud profitait en premier lieu aux USA et à leur valet Dostom. C’est que Massoud, le “lion du Panshir” proclamé “héros national” par le régime de Hamid Karzaï et dont le portrait orne désormais des timbres-poste français, était un allié des Cinq de Shanghaï. Selon des hommes proches de lui, Ahmed Shah Massoud a participé à au moins un des sommets de l’OCS : celui de juin 2000 tenu à Douchanbé, au Tadjikistan. Il est possible qu’il ait participé à d’autres réunions de l’organisation, dont il bénéficiait de toute façon du soutien, notamment en armes russes.

Perspectives sombres
Pris entre les deux feux de la coalition de l’Empire US et de l’alliance russo-chinoise, les peuples d’Asie ne sont pas au bout de leurs souffrances. Les Tchétchènes et les Cachemiris en témoignent tous les jours. Les Ouïghours, dont la Chine de Mao put occuper le territoire grâce à l’Union soviétique de Staline, qui écrasa à deux reprises - en 1933 et en 1944 - la République indépendante du Turkestan oriental, en savent aussi quelques chose. La chute de l’Empire soviétique avait soulevé d’immenses espoirs chez les peuples musulmans d’Asie centrale. Ils ont du depuis déchanter. Leur combat pour la liberté et la dignité est loin d’être fini et face à eux, ils trouvent toujours les “Super-Grands”, secondés par leurs valets locaux, à l’image du traître  tchétchène Ahmet Kadyrov, le mufti collaborationniste de Grozny.

Le Pakistan est mûr pour adhérer au groupe de Shanghaï
Le mois dernier, le secrétariat de l'Organisation de Coopération de Shanghaï a été intronisé à Pékin. Le secrétaire de l'organisation est le Chinois Zhang Deguang, 62 ans, ancien vice-ministre des Affaires étrangères de 1995 à 2001 et ancien ambassadeur extraordinaire en Russie, spécialiste de l'ex-URSS. Le secrétariat est en train de préparer le prochain sommet de l'Organisation, prévu au début de l'été à Tachkent en Ouzbékistan. À cette occasion, seront examinées d'éventuelles nouvelles admissions de membres. Le pays le mieux placé est le Pakistan, qui a déposé sa demande d'adhésion dès l'an 2000. Un porte-parole du secrétariat vient de déclarer à Pékin que le Pakistan avait fait ses preuves "comme État de la ligne de front dans la guerre contre le terrorisme" et que "sa présence pourrait renforcer l'organisation". Les réticences des six États membres du Groupe de Shanghaï semblent donc avoir disparu. S'il était admis dans le groupe de Shanghaï, le Pakistan de Musharraf réaliserait donc la peformance de faire partie des deux axes du mal, celui dirigé par Washington et celui dirigé par Pékin et Moscou.
Source : Dawn, Pakistan, 2 février 2004


Moscou, Pékin et New Delhi : un nouvel axe anti-US ?


Depuis le 18 août 2005, 10 000 soldats chinois et russes participent à des manoeuvres militaires communes. c'est une grande première depuis 1958. Cet événement fait suite à deux autres événements : la rencontre entre les ministres des Affaires étrangères russe, chinois et indien en juillet à Vladivostok, suivie de l'assemblée du groupe de Shanghaï.
À Vladivostok, les 3 pays ont établi une "relation stratégique à 3 partenaires". Commentaire du quotidien japonais Mainichi Shimbun : «L'Inde, la Chine et la Russie sont en train de constituer un front qui, sur la scène internationale, se situe à la même hauteur que les USA.»
Après la rencontre, le ministre indien de la Défense, Pranab Mukherjee, a déclaré à l'adresse des USA: «Il est impossible qu'un seul pays, aussi fort soit-il sur le plan économique et militaire, porte à lui seul la responsabilité de la paix et de l'ordre dans le monde.»
D'autre part, avant la réunion du groupe de Shanghaï, Vladimir Poutine et Hu Jintao ont émis une déclaration qui est un véritable programme politico-militaire. Ils y déclarent entre autres :
« La tâche centrale, au 21ème siècle, est le maintien de la paix, la stabilité et la sécurité pour tous;elle consiste à assurer le développement sur base de l'égalité, de l'inviolabilité de la souveraineté, du respect mutuel et du profit mutuel.
Toutes les nations ont le droit de choisir leur propre voie de développement. Elles ont tout autant le droit de participer à la vie internationale. Les divergences d'opinions doivent être résolues de façon pacifique, sans action unilatérale ni menace de violence.
Les pays du tiers monde constituent la majorité de la population mondiale. La communauté internationale doit consacrer plus d'attention à combler le fossé entre les pays développés et les pays sous-développés. La première voie, la plus importante, dans cette direction, est de faire en sorte que tous les pays de la communauté internationale tirent parti de la mondialisation sur un pied d'égalité. »
Lors de la session de clôture de l'assemblée annuelle du Groupe de Shanghai, début juillet, les États membres ont déclaré qu'il était temps pour les Américains de quitter l'Asie centrale et l'Afghanistan. Le groupe compte six membres: Russie, Chine, Ouzbékistan, Kazakhstan, Tadjikistan et Kirghizistan. Quatre pays ont le statut d'observateur: Inde, Pakistan, Mongolie et Iran.
Dans les jours qui ont suivi la conférence, les ministres des Affaires étrangères des Etats membres du Groupe de Shanghai ont réitéré une fois encore cette exigence, chacun séparément.
Enfin, le 29 juillet, le ministre ouzbek des Affaires étrangères a signifié à l'ambassadeur des USA qu'ils avaient 180 jours pour retirer soldats et bases militaires d'Ouzbékistan.
Tous ces événements indiquent clairement que Moscou et Pékin ont décidé de constituer un axe opposé à l'Empire yankee et semblent pouvoir entraîner les républiques d'Asie centrale dans leur projet. Ces républiques s'étaient ralliées après le 11 septembre 2001 à la "guerre de 50 ans" contre le terrorisme "dans 60 pays". L'armée US a pu utiliser leur territoire comme base d'attaque contre l'Afghanistan. En Kirghizistan, elle a pu transformer en base militaire l'ancien aéroport civil de Manas. En Ouzbékistan, elle a reçu la base militaire de Khanabad. En 2002, en Afghanistan, les US ont construit trois autres bases. A la fin de l'an dernier, ils ont encore entamé la construction de neuf nouvelles bases.
En ce moment, 2.500 de leurs hommes sont cantonnés en Ouzbékistan et Kirghizistan. En Afghanistan, ils ont 18.500 hommes sous commandement US et 8.500 autres sous commandement de l'Otan. Le retour forcé de ces soldats et la fermeture des bases militaires signifieraient la fin de la stratégie initiée depuis 1991.
L'homme-clé de nouvel axe est le président ouzbek Islam Karimov. Il ne souhaite pas finir comme Edouard Chevarnadzé, chassé du pouvoir par les USA dès qu'il a manifesté une vélléité de collaborer autant avec les Russes qu'avec les USA. Échaudé par l'étrange soulèvement d'Andijan en mai dernier, qui faisait suite à la "révolution des tulipes" au Kirghizistan en mars dernier, il considère désormais qu'i vaut mieux s'appuyer sur Moscou et sur Pékin pour se maintenir au pouvoir, plutôt que sur Washington.
Source : www.solidaire.org, 16 août 2005

29/12/04 - Premières manœuvres militaires sino-russes communes au second semestre 2005
La Russie et la Chine mèneront leurs premières manœuvres militaires communes en Chine au second semestre 2005, a annoncé le ministre russe de la Défense Sergueï Ivanov cité par l’agence Interfax. Participeront à ces exercices « pas seulement des masses de soldats, mais aussi des masses de matériel moderne, marin et aérien », a dit M. Ivanov, précisant qu’il y aurait « des sous-marins et peut-être des bombardiers stratégiques ». Les deux pays s’étaient mis d’accord pour effectuer leurs premières manœuvres militaires communes lors de la visite début décembre de Sergueï Ivanov à Pékin.
Souce : L’Orient-Le Jour, 28 décembre 2004

23/12/04 - Le groupe de Shanghaï parle “business”
Créé en 1996 pour coordonner la lutte “antiterroriste”, le groupe de Shanghaï a, au fil des ans, étendu ses ambitions et ses champs de compétence. Ainsi, des groupes de travail se sont réunis au Secrétariat de l’Organisation, à Pékin, les 16 et 17 décembre, pour discuter de l’établissement d’un Fonds de développement et d’un Conseil des affaires (Business Council) visant à développer des projets économiques communs aux six pays membres. Puis ce sera au tour de la culture : durant le premier trimestre 2005, les ministres de la Culture et les experts des pays membres se réuniront pour aborder le développement dans les secteurs du sport, du tourisme et de l’éducation.
Source : Source : www.asiaplus.tj, 16 décembre 2004

Juin 2004 :

Le groupe de Shangaï au sommet


Poutine et Karimov, copains comme cochons

Silence dans les rangs, les coquins sont en sommet !
La police lourdement armée a pris position dans les rues de Tachkent pour assurer la sécurité du Sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï, qui a réuni six chefs d’État plus les présidents afghan et mongol pour deux jours dans la capitale ouzbèke. Dans les jours précédant le sommet, une série de défenseurs ouzbeks des droits humains ont fait l’objet d’agressions ou de menaces par des inconnus facilement identifiables comme faisant partie des services secrets d’Islam Karimov. Et une manifestation de protestation contre le sommet a été dispersée sans ménagement mercredi.

Le Groupe de Shanghaï, qui rassemble la Chine, la Russie, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan se veut avant tout une coalition destinée à unifier le combat contre les trois maux ainsi définis : terrorisme, séparatisme et extrémisme. À cet effet, le groupe a ouvert à Tachkent un centre antiterroriste. Le choix de l’Ouzbékistan n’est pas du au hasard : c’est sans doute la république de l’Asie centrale ex-soviétique où la répression contre les dissidents est la plus forte. On y compte au moins 7 000 prisonniers politiques, en majorité des musulmans qualifiés de “terroristes”. Les deux autres volets de l’activité du groupe de Shanghaï sont la lutte contre le trafic de drogue et la coopération économique.
Ce sommet aura au moins permis à Vladimir Poutine de réaliser un beau coup : la signature d’un accord sur l’exploitation du gaz ouzbek. Les gisements de Kandym, Khauzak et Shady dans le sud du pays sont évalués à 280 milliards de mètres cubes. L’accord porte sur une exploitation pour les 35 années à venir, où les Russes auront la part du lion : Lukoil aura 90% des parts de l’exploitation et Uzbekneftegaz 10%. Gazprom devrait inverstir 1 milliard de dollars dans ce projet juteux.

16/12/04 - Sommet antidrogue à Douchanbé
Les responsables des agences de lutte contre la drogue des six pays membres du groupe de Shanghaï se sont rencontrés à Douchanbé le 10 décembre pour discuter du renforcement de leur coopération dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Rustam Nazarov, le chef de l'agence tadjik de contrôle de la drogue, a exprimé de vives inquiétudies devant le développement de la culture de l'opium en Afghanistan, notant que des douzaines de laboratoires pouvant produire chacun de 10 à 12 kgs d'héroïne par jour sont maintenant actifs dans le nord-est de l'Afghanistan. Le forum de Douchanbé va produire un accord permettant des enquêtes et des actions opérationnalles sur tout le territoire des pays membres du groupe de Shanghaï.
Source : Asia Plus-Blitz, Itar-Tass, 10 décembre 2004

19/06/04 - Les Chinois arrosent leurs allié
La grande nouvelle du Sommet du Groupe de Shanghaï le 17 juin à Tachkent a été l'annonce, par le président Hu Jintao, que la Chine offirrait 900 millions de dollars de crédits à taux préférentiel à ses partenaires.
Le Groupe s'est aussi engagé à aider l'Afghanistan; "en aidant l'Afghanistan, nous nous aidons nous-mêmes", a déclaré le président kirghize Askar Akaïev. Les participants au Sommet ont par ailleurs inauguré le centre régional antiterroriste, baptisé "Structure régionale antiterroriste".

La mer d’Aral menacée de disparition


La mer d’Aral, qui s’étend à cheval sur le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, est menacée de disparition. En 35 ans, sa superficie s’est réduite de 66 000 à 28 000 km carrés.

Ce cri d’alarme est lancé par la Commission économique européenne et la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique des Nations unies. Selon leur rapport, 90% des eaux des deux principaux fleuves qui alimentent cette mer intérieure, l’Amou Darya et le Syr Darya, sont utilisées avant d’atteindre la mer d’Aral.

L’usage des eaux pour la production d’énergie hydroélectrique et pour l’irrigation constitue une menace sévère pour la mer d’Aral, victime de l’exploitation intensive des terres agricoles pour la culture du coton dans les années 60 à 80 par le régime soviétique. Pour restaurer la mer d’Aral à ses dimensions d’origine, les travaux nécessaires coûteraient 275 milliards de $ [=228 millions €]

Août 2004 : Grandes manoeuvres antiterroristes
2 000 militaires appartenant aux forces armées de Russie, Kazakhstan, Kirghizistan et Tadjikistan participent à des manoeuvres antiterroristes baptisées "Rubezh 2004" (Frontière 2004). La première phase a lieu dans la vallée de Ferghana au Kazakhstan du 2 au 4 août et la seconde phase au Kirghizistan du 4 au 6 août. Les manoeuvres simulent une prise de contrôle par des "groupes terroristes internationaux" de la Vallée de Ferghana et des régions ajacentes avec l'intention d'y établir un "État radical islamique".
Souce : Itar-Tass, 2 août 2004