
Les 6 Vénérables de la loge de Shangaï
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Parallèlement à la
coalition mise en place par George Bush et Tony Blair pour mener la “guerre
contre le terrorisme” - et avant elle -, une autre “Sainte-Alliance” mène
aujourd’hui le combat contre “le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme
religieux”.
Cette Sainte-Alliance est une sorte de Komintern (l’Internationale communiste
dissoute par Staline en 1943) à l’envers. Il ne s’agit plus pour ses promoteurs
et participants de mener la révolution bolchévique à l’échelle
planétaire mais de combattre les révoltes des peuples opprimés,
en particulier musulmans. Tout a commencé en 1996, à Shanghaï...
En avril de cette année-là, les
Présidents chinois, russe, kazakh, kirghize et tadjik se rencontrent
pour la première fois à Shanghaï pour discuter de
deux points : la sécurité aux frontières et la menace
musulmane - dite islamiste - par l’effet de contagion depuis l’Afghanistan
vers l’Asie centrale, la Russie et le Xinjiang chinois. cette rencontre
aboutit à la signature d’un accord militaire sur la “construction
de la confiance” pour la sécurité aux frontières.
En avril 1997, les 5 chefs d’État se sont à nouveau
rencontrés pour signer un accord mutuel de réduction des
forces militaires dans les zones frontalières. À partir
de 1998, ils se sont réunis chaque année à tour
de rôle dans chaque capitale et ont mis en place un mécanisme
de rencontre régulier qui s’est transformé en une alliance,
appelée “les 5 de Shanghaï”.
Le 15 juin 2001, l’Ouzbékistan a rejoint le groupe et les 6 présidents
ont signé la déclaration de l’Organisation de coopération
de Shanghaï, dont les membres s’engagent à collaborer pour combattre
les 3 “forces du mal” : “le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme
religieux”. Désormais, les choses sont claires : les six pays ont comme
intérêt commun de combattre les “islamistes”. Les Russes rencontrent
une résistance acharnée en Tchétchénie et les Chinois
ont du fil à retordre avec les Ouïghours musulmans du Xinjiang, annexé en
1949, et soumis à un programme de “sinisation” par l’établissement
de colons chinois.
Cette région “autonome”, grande comme 4 fois la Californie et 3 fois la
France, recèle les plus importantes réserves de gaz naturel et
de pétrole de Chine. Des groupes et mouvements ont engagé la lutte
pour ce qu’ils appellent le Turkestan oriental. La répression chinoise
ne fait pas de cadeaux. Les Chinois ont besoin de la collaboration des régimes
kazakh, kirghize et ouzbek pour qu’ils mettent fin aux mouvements de populations
et de militants, donnent la chasse aux militants ouïghours réfugiés
dans leurs pays, en les tuant ou en les livrant à la Chine, ce que ces
régimes feront avec diligence.
L’intérêt stratégique de la Russie va dans le même
sens : il s’agit pour elle d’encourager les régimes ouzbek et tadjik à réprimer
les mouvements musulmans chez eux et d’empêcher leur jonction avec les
mouvements afghans et tchétchènes. Selon les services de renseignement,
le Mouvement islamique d’Ouzbekistan, accusé d’attentats à la bombe
en Ouzbékistan et engagé dans des heurts avec les forces de sécurité ouzbeks,
gérait un camp d’entraînement en Afghanistan, dans lequel étaient
entraînés des combattants ouzbeks, tadjiks, kirghizes et ouïghours.
En Ouzbékistan, des centaines, voire des milliers de partisans de ce mouvement
sont en prison et ne peuvent bénéficier de l’amnistie annuelle
décrétée par le régime. Une douzaine de militants
ouïghours, capturés en Afghanistan par les forces US, sont aujourd’hui
détenus à guantanamo.
En septembre 2001, les Premiers ministres de
l’OCS ont tenu leur première réunion à Almaty, capitale
du Kazakhstan, et décident de lancer une coopération multilatérale
commerciale et économique par la signature d’un mémorandum
visant à faciliter les échanges et les investissements
mutuels. Ils créent aussi un mécanisme formel de rencontres
régulières de Premiers ministres de l’OCS.
Le 11 septembre
Depuis lors, la coopération se développe
entre les six pays dans les domaines culturel, commercial, économique,
militaire, judiciaire et sécuritaire. Après le 11 septembre,
en réponse à “l’épreuve” constituée par la
présence militaire US en Afghanistan et en Asie centrale, l’OSC
fait de la “lutte antiterroriste” sa priorité et renforce la coopération
dans ce domaine.
En juin 2002, les six présidents ont tenu
leur deuxième rencontre au sommet à Saint-Petersbourg.
Là, ils signent la charte de l’OCS, qui légalise l’existence
de l’organisation et décident d’établir une agence antiterroriste
dans la région, destinée à devenir l’organe permanent
pour la promotion de la coopération des pays membres dans “l’écrasement
du terrorisme, du séparatisme et de l’extrémisme religieux”.
Au 3ème sommet de l’OSC, en mai 2003 à Moscou,
deux décisions importantes sont prises : un secrétariat
permanent de l’OCS sera établi à Pékin et devra
fonctionner pleinement à partir du 1er janvier 2004 et le centre
antiterroriste de l’organisation sera installé à Bichkek,
la capitale kirghize. Ce centre devrait, selon les experts US, fonctionner
comme centre de coordination entre les pays de l’OCS et ceux de la Communauté des États
indépendants, qui regroupe les pays de l’ex-URSS. Au cours d’une
réunion de l’OCS en septembre 2003, il a été décidé de
déplacer le Centre antiterroriste de Bichkek à Tachkent,
en Ouzbékistan.
Premières manoeuvres
En août 2003, 5 des 6 membres - à l’exception
de l’Ouzbékistan - procèdent à leurs premières
manoeuvres militaires conjointes en Chine et au Kazakhstan. 1 000 hommes
participent à cet exercice, baptisé “Coalition 2003”. Si
l’Ouzbékistan n’a pas participé aux manoeuvres, c’est que,
désigné comme “partenaire stratégique” par les USA
dès 1995, il vient de signer au printemps un accord permettant
le stationnement de troupes US sur son territoire. Déjà,
pendant la guerre contre l’Afghanistan, ce pays avait, tout comme le
Kirghizistan et le Tadjikistan, servi de base arrière aux forces
US et alliées engagées dans l’attaque contre l’Émirat.
Mais c’est devenu une tradition, chez les chefs ouzbeks, de manger à tous
les râteliers...
Le 23 septembre de cette année, un nouveau
sommet de l’OCS a eu lieu à Pékin, réunissant les Premiers ministres chinois Wen Jiabao,
kazakh Daniyal Akhmetov, kirghize Nikolai Tanayev, russe Mikhail Kasyanov,
tadjik Akil Akilov et ouzbek Utkur Sultanov .
D’autres pays pourraient rejoindre l’OCS. En
2002, les Philippines, l’Indonésie et la Malaisie ont signé un
accord séparé avec l’OCS portant sur l’échange de
renseignements, des patrouilles frontalières communes et des programmes
de formation. Ensuite, le Cambodge et la Thaïlande ont à leur
tour signé cet accord.
La coopération militaire russo-chinoise,
qui est la colonne vertébrale de l’OCS, a été par
ailleurs renforcée par la signature, cette année, d’un “traité de
bon voisinage, d’amitié et de coopération”, qui prévoit
l’accroissement des ventes d’armes russes à la Chine et la formation
d’officiers chinois dans les écoles militaires russes.
Un défi concurrentiel aux USA
Il est certain que l’OCS constitue, sinon une menace, du moins un
défi concurrentiel à la stratégie asiatique de l’Empire
US. Les régimes post-communistes sont passés maîtres
dans l’art du double langage et érigent la perfidie en véritable
philosophie politique et militaire. Aucun des régimes engagés
dans le Groupe de Shanghaï n’a de préoccupations morales
ou idéologiques. Ce sont des prédateurs prêts à s’allier
avec n’importe qui pour leurs intérêts immédiats.
Leur seul souci est de durer au pouvoir et de faire un maximum de profits.
Le plus bel exemple de ce “profil” reste celui du général
ouzbek Dostom, seigneur de guerre régnant sur le Nord de l’Afghanistan,
qui, après avoir combattu aux côtés des Soviétiques
durant leur invasion de l’Afghanistan, s’est vendu aux US en 2001 et
a pu prendre la tête de qui a été baptisé l’Alliance
du Nord, grâce à l’élimination du commandant Massoud,
tué le 9 septembre 2001 dans un attentat dont les mandataires
restent obscurs. Mais si l’on applique le principe :”À qui profite
le crime ?”, l’élimination de Massoud profitait en premier lieu
aux USA et à leur valet Dostom. C’est que Massoud, le “lion du
Panshir” proclamé “héros national” par le régime
de Hamid Karzaï et dont le portrait orne désormais des timbres-poste
français, était un allié des Cinq de Shanghaï.
Selon des hommes proches de lui, Ahmed Shah Massoud a participé à au
moins un des sommets de l’OCS : celui de juin 2000 tenu à Douchanbé,
au Tadjikistan. Il est possible qu’il ait participé à d’autres
réunions de l’organisation, dont il bénéficiait
de toute façon du soutien, notamment en armes russes.
Perspectives sombres
Pris entre les deux feux de la coalition de
l’Empire US et de l’alliance russo-chinoise, les peuples d’Asie ne sont
pas au bout de leurs souffrances. Les Tchétchènes et les
Cachemiris en témoignent tous les jours. Les Ouïghours, dont
la Chine de Mao put occuper le territoire grâce à l’Union
soviétique de Staline, qui écrasa à deux reprises
- en 1933 et en 1944 - la République indépendante du Turkestan
oriental, en savent aussi quelques chose. La chute de l’Empire soviétique
avait soulevé d’immenses espoirs chez les peuples musulmans d’Asie
centrale. Ils ont du depuis déchanter. Leur combat pour la liberté et
la dignité est loin d’être fini et face à eux, ils
trouvent toujours les “Super-Grands”, secondés par leurs valets
locaux, à l’image du traître tchétchène Ahmet Kadyrov, le mufti collaborationniste
de Grozny.
Le Pakistan est mûr pour adhérer
au groupe de Shanghaï
Le mois dernier, le secrétariat de l'Organisation de Coopération
de Shanghaï a été intronisé à Pékin.
Le secrétaire de l'organisation est le Chinois Zhang Deguang, 62 ans,
ancien vice-ministre des Affaires étrangères de 1995 à 2001
et ancien ambassadeur extraordinaire en Russie, spécialiste de l'ex-URSS.
Le secrétariat est en train de préparer le prochain sommet de l'Organisation,
prévu au début de l'été à Tachkent en Ouzbékistan. À cette
occasion, seront examinées d'éventuelles nouvelles admissions de
membres. Le pays le mieux placé est le Pakistan, qui a déposé sa
demande d'adhésion dès l'an 2000. Un porte-parole du secrétariat
vient de déclarer à Pékin que le Pakistan avait fait ses
preuves "comme État de la ligne de front dans la guerre contre le
terrorisme" et que "sa présence pourrait renforcer l'organisation".
Les réticences des six États membres du Groupe de Shanghaï semblent
donc avoir disparu. S'il était admis dans le groupe de Shanghaï,
le Pakistan de Musharraf réaliserait donc la peformance de faire partie
des deux axes du mal, celui dirigé par Washington et celui dirigé par
Pékin et Moscou.
Source : Dawn, Pakistan, 2 février 2004
Moscou, Pékin
et New Delhi : un nouvel axe anti-US ?
Depuis le 18 août 2005, 10 000 soldats chinois et russes
participent à des manoeuvres militaires communes. c'est
une grande première depuis 1958. Cet événement
fait suite à deux autres événements : la
rencontre entre les ministres des Affaires étrangères
russe, chinois et indien en juillet à Vladivostok, suivie
de l'assemblée du groupe de Shanghaï.
À Vladivostok, les 3 pays ont établi une "relation
stratégique à 3 partenaires". Commentaire du
quotidien japonais Mainichi Shimbun : «L'Inde, la Chine
et la Russie sont en train de constituer un front qui, sur la
scène internationale, se situe à la même hauteur
que les USA.»
Après la rencontre, le ministre indien de la Défense,
Pranab Mukherjee, a déclaré à l'adresse des
USA: «Il est impossible qu'un seul pays, aussi fort soit-il
sur le plan économique et militaire, porte à lui
seul la responsabilité de la paix et de l'ordre dans le
monde.»
D'autre part, avant la réunion du groupe de Shanghaï,
Vladimir Poutine et Hu Jintao ont émis une déclaration
qui est un véritable programme politico-militaire. Ils
y déclarent entre autres :
« La tâche centrale, au 21ème siècle,
est le maintien de la paix, la stabilité et la sécurité
pour tous;elle consiste à assurer le développement
sur base de l'égalité, de l'inviolabilité
de la souveraineté, du respect mutuel et du profit mutuel.
Toutes les nations ont le droit de choisir leur propre voie de
développement. Elles ont tout autant le droit de participer
à la vie internationale. Les divergences d'opinions doivent
être résolues de façon pacifique, sans action
unilatérale ni menace de violence.
Les pays du tiers monde constituent la majorité de la population
mondiale. La communauté internationale doit consacrer plus
d'attention à combler le fossé entre les pays développés
et les pays sous-développés. La première
voie, la plus importante, dans cette direction, est de faire en
sorte que tous les pays de la communauté internationale
tirent parti de la mondialisation sur un pied d'égalité.
»
Lors
de la session de clôture de l'assemblée annuelle
du Groupe de Shanghai, début juillet, les États
membres ont déclaré qu'il était temps pour
les Américains de quitter l'Asie centrale et l'Afghanistan.
Le groupe compte six membres: Russie, Chine, Ouzbékistan,
Kazakhstan, Tadjikistan et Kirghizistan. Quatre pays ont le statut
d'observateur: Inde, Pakistan, Mongolie et Iran.
Dans les jours qui ont suivi la conférence, les ministres
des Affaires étrangères des Etats membres du Groupe
de Shanghai ont réitéré une fois encore cette
exigence, chacun séparément.
Enfin, le 29 juillet, le ministre ouzbek des Affaires étrangères
a signifié à l'ambassadeur des USA qu'ils avaient
180 jours pour retirer soldats et bases militaires d'Ouzbékistan.
Tous ces événements indiquent clairement que Moscou
et Pékin ont décidé de constituer un axe
opposé à l'Empire yankee et semblent pouvoir entraîner
les républiques d'Asie centrale dans leur projet. Ces républiques
s'étaient ralliées après le 11 septembre
2001 à la "guerre de 50 ans" contre le terrorisme
"dans 60 pays". L'armée US a pu utiliser leur
territoire comme base d'attaque contre l'Afghanistan. En Kirghizistan,
elle a pu transformer en base militaire l'ancien aéroport
civil de Manas. En Ouzbékistan, elle a reçu la base
militaire de Khanabad. En 2002, en Afghanistan, les US ont construit
trois autres bases. A la fin de l'an dernier, ils ont encore entamé
la construction de neuf nouvelles bases.
En ce moment, 2.500 de leurs hommes sont cantonnés en Ouzbékistan
et Kirghizistan. En Afghanistan, ils ont 18.500 hommes sous commandement
US et 8.500 autres sous commandement de l'Otan. Le retour forcé
de ces soldats et la fermeture des bases militaires signifieraient
la fin de la stratégie initiée depuis 1991.
L'homme-clé de nouvel axe est le président ouzbek
Islam Karimov. Il ne souhaite pas finir comme Edouard Chevarnadzé,
chassé du pouvoir par les USA dès qu'il a manifesté
une vélléité de collaborer autant avec les
Russes qu'avec les USA. Échaudé par l'étrange
soulèvement d'Andijan en mai dernier, qui faisait suite
à la "révolution des tulipes" au Kirghizistan
en mars dernier, il considère désormais qu'i vaut
mieux s'appuyer sur Moscou et sur Pékin pour se maintenir
au pouvoir, plutôt que sur Washington.
Source : www.solidaire.org, 16 août 2005
29/12/04 -
Premières manœuvres militaires sino-russes communes
au second semestre 2005
La Russie et la Chine mèneront leurs premières manœuvres
militaires communes en Chine au second semestre 2005, a annoncé
le ministre russe de la Défense Sergueï Ivanov cité
par l’agence Interfax. Participeront à ces exercices
« pas seulement des masses de soldats, mais aussi des masses
de matériel moderne, marin et aérien », a
dit M. Ivanov, précisant qu’il y aurait « des
sous-marins et peut-être des bombardiers stratégiques
». Les deux pays s’étaient mis d’accord
pour effectuer leurs premières manœuvres militaires
communes lors de la visite début décembre de Sergueï
Ivanov à Pékin.
Souce : L’Orient-Le Jour, 28 décembre 2004
23/12/04 -
Le groupe de Shanghaï parle “business”
Créé en 1996 pour coordonner la lutte “antiterroriste”,
le groupe de Shanghaï a, au fil des ans, étendu ses
ambitions et ses champs de compétence. Ainsi, des groupes
de travail se sont réunis au Secrétariat de l’Organisation,
à Pékin, les 16 et 17 décembre, pour discuter
de l’établissement d’un Fonds de développement
et d’un Conseil des affaires (Business Council) visant à
développer des projets économiques communs aux six
pays membres. Puis ce sera au tour de la culture : durant le premier
trimestre 2005, les ministres de la Culture et les experts des
pays membres se réuniront pour aborder le développement
dans les secteurs du sport, du tourisme et de l’éducation.
Source : Source : www.asiaplus.tj, 16 décembre 2004 |
Juin 2004
:
Le groupe de Shangaï au sommet
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Poutine
et Karimov, copains comme cochons
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Silence
dans les rangs, les coquins sont en sommet !
La police lourdement armée a pris position dans les rues de
Tachkent pour assurer la sécurité du Sommet de l’Organisation
de coopération de Shanghaï, qui a réuni six chefs
d’État plus les présidents afghan et mongol pour
deux jours dans la capitale ouzbèke. Dans les jours précédant
le sommet, une série de défenseurs ouzbeks des droits
humains ont fait l’objet d’agressions ou de menaces par
des inconnus facilement identifiables comme faisant partie des services
secrets d’Islam Karimov. Et une manifestation de protestation
contre le sommet a été dispersée sans ménagement
mercredi.
Le
Groupe de Shanghaï, qui rassemble la Chine,
la Russie, l’Ouzbékistan,
le Kazakhstan, le Kirghizistan et
le Tadjikistan se veut avant tout une
coalition destinée à unifier le combat
contre les trois maux ainsi définis : terrorisme,
séparatisme et extrémisme. À cet
effet, le groupe a ouvert à Tachkent un centre
antiterroriste. Le choix de l’Ouzbékistan
n’est pas du au hasard : c’est sans doute
la république de l’Asie centrale ex-soviétique
où la répression contre les dissidents
est la plus forte. On y compte au moins 7 000 prisonniers
politiques, en majorité des musulmans qualifiés
de “terroristes”. Les deux autres volets
de l’activité du groupe de Shanghaï sont
la lutte contre le trafic de drogue et la coopération économique.
Ce
sommet aura au moins permis à Vladimir Poutine de
réaliser un beau coup : la signature d’un accord
sur l’exploitation du gaz ouzbek. Les gisements de
Kandym, Khauzak et Shady dans le sud du pays sont évalués à 280
milliards de mètres cubes. L’accord
porte sur une exploitation pour les 35 années à venir,
où les Russes auront la part du lion : Lukoil aura
90% des parts de l’exploitation et Uzbekneftegaz 10%.
Gazprom devrait inverstir 1 milliard de dollars dans ce projet
juteux.
16/12/04
- Sommet antidrogue à Douchanbé
Les responsables des agences de lutte contre la drogue des six
pays membres du groupe de Shanghaï se sont rencontrés
à Douchanbé le 10 décembre pour discuter
du renforcement de leur coopération dans la lutte contre
le trafic de stupéfiants. Rustam Nazarov, le chef de
l'agence tadjik de contrôle de la drogue, a exprimé
de vives inquiétudies devant le développement
de la culture de l'opium en Afghanistan, notant que des douzaines
de laboratoires pouvant produire chacun de 10 à 12 kgs
d'héroïne par jour sont maintenant actifs dans le
nord-est de l'Afghanistan. Le forum de Douchanbé va produire
un accord permettant des enquêtes et des actions opérationnalles
sur tout le territoire des pays membres du groupe de Shanghaï.
Source : Asia Plus-Blitz, Itar-Tass, 10 décembre 2004
19/06/04
- Les Chinois arrosent leurs allié
La grande nouvelle du Sommet du Groupe de Shanghaï le 17
juin à Tachkent a été l'annonce, par le
président Hu Jintao, que la Chine offirrait 900 millions
de dollars de crédits à taux préférentiel
à ses partenaires. Le
Groupe s'est aussi engagé à aider l'Afghanistan;
"en aidant l'Afghanistan, nous nous aidons nous-mêmes",
a déclaré le président kirghize Askar Akaïev.
Les participants au Sommet ont par ailleurs inauguré
le centre régional antiterroriste, baptisé "Structure
régionale antiterroriste".
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La
mer d’Aral menacée de disparition
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La
mer d’Aral, qui s’étend à cheval sur le Kazakhstan
et l’Ouzbékistan, est menacée de disparition. En 35 ans,
sa superficie s’est réduite de 66 000 à 28 000 km carrés.
Ce
cri d’alarme est lancé par la Commission économique européenne
et la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique
des Nations unies. Selon leur rapport, 90% des eaux des deux principaux fleuves
qui alimentent cette mer intérieure, l’Amou Darya et le Syr Darya,
sont utilisées avant d’atteindre la mer d’Aral.
L’usage
des eaux pour la production d’énergie hydroélectrique et
pour l’irrigation constitue une menace sévère pour la mer
d’Aral, victime de l’exploitation intensive des terres agricoles
pour la culture du coton dans les années 60 à 80 par le régime
soviétique. Pour restaurer la mer d’Aral à ses dimensions
d’origine, les travaux nécessaires coûteraient 275 milliards
de $ [=228 millions €] |
Août
2004 : Grandes manoeuvres antiterroristes
2 000 militaires appartenant aux forces armées de Russie, Kazakhstan,
Kirghizistan et Tadjikistan participent à des manoeuvres antiterroristes
baptisées "Rubezh 2004" (Frontière 2004). La première
phase a lieu dans la vallée de Ferghana au Kazakhstan du 2 au 4 août
et la seconde phase au Kirghizistan du 4 au 6 août. Les manoeuvres simulent
une prise de contrôle par des "groupes terroristes internationaux" de
la Vallée de Ferghana et des régions ajacentes avec l'intention
d'y établir un "État radical islamique".
Souce : Itar-Tass, 2 août 2004
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