11 septembre, l'enquête continue

 

 

Une contre-révolution planétaire [1]

Attentats du 11 septembre 2001 : conspiration islamiste ou nouveau Pearl Harbor ?

Par Christopher Pollmann

L’auteur est professeur agrégé en droit public à l'Université Paul Verlaine – Metz, “Emile Noël Fellow” à la Harvard Law School (2001-2002). Pour des compléments, questions et critiques contacter pollmann@univ-metz.fr. Tous les sites Internet ont été visités le 21 mai 2007 ; pour faciliter leur consultation, le fichier de ce texte peut être envoyé.

 

 

            On croit savoir ce qui s’est passé le 11 septembre 2001. On tient donc pour responsables Al Qaïda  et son chef présumé Oussama ben Laden, nonobstant le démenti de ce dernier [2]. L’affirmation d’un complot islamiste a provoqué de multiples doutes et contre-versions tantôt fantaisistes, voire délirants, tantôt étayés. Toutefois, les média français ont largement refusé de refléter cette diversité d’enquêtes et d’analyses. La “pensée unique” régit y compris la presse habituellement animée par un esprit critique à l’égard des vérités officielles.

            Les enjeux sont pourtant considérables : Le 11-septembre, peut-être l’un des événements les plus cruciaux de l’histoire moderne, a permis de déclencher deux guerres, et dans tous les États  du monde, il est invoqué pour justifier des mesures de surveillance et de répression accrues. C’est pourquoi il est nécessaire de présenter quelques-uns des doutes émis contre la version officielle et de réfléchir à la fois à la signification d’une possible implication américaine et à l’obéissance médiatique en la matière. Cette dernière est d’ailleurs d’autant plus néfaste qu’elle favorise chez les citoyens critiques une méfiance généralisée, voire paranoïaque. Mais commençons par préciser la piste d’un nouveau Pearl Harbor.

 

Le précédent historique révélateur

            En septembre 2000, le “think-tank” Projet pour le nouveau siècle américain publie un rapport intitulé Reconstruire les défenses de l’Amérique. Rédigé sous la direction de Dick Cheney (aujourd’hui vice-président), Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz (devenus ministre et vice-ministre de la défense) et quelques autres, ce document préconise la transformation des États-Unis  en la « puissance dominante de demain », tout en avertissant que cela serait laborieux en l’absence d’un « événement catastrophique et catalytique – comme un nouveau Pearl Harbor ». [3]

            Le 11 septembre 2001 a souvent été compa­ré à Pearl Harbor. Cette comparaison est plus révélatrice qu’on ne le pense au premier abord. Si nous voulons, nous pouvons en effet savoir aujourd’hui que le président Franklin D. Roose­velt connaissait sans doute la date de l’attaque japonaise trois semaines avant qu’elle n’eût lieu, le 7 décembre 1941. C’est d’ailleurs ce que le New York Times a indiqué dès le lendemain. [4] Nous pouvons également apprendre que l’assaut fut facilité par le déplacement, de San Diego/Californie vers Hawaii, de la flotte amé­ricaine du Pacifique. C’est ce que préconi­sait le mémo­randum du 7 octobre 1940 rédigé par le capi­taine de corvette Arthur H. McCol­lum, l’ex­pert américain le plus réputé d’avant-guerre en matière d’espionnage naval sur le Japon. Le gouvernement avait besoin, face à une population fortement pacifiste, d’un pré­texte pour entrer en guerre contre les puissances de l’Axe. Ce sont là les résultats saillants des recherches menées par Robert Stinnett qui estime d’ailleurs justifiée la démarche présiden­tielle face à la menace fasciste. [5]

            La presse américaine a rendu compte de cette publication. Ainsi, The Wall Street Journal commente : « reproduisant beaucoup de ses documents récemment découverts », « Mr. Stin­nett a écrit un livre fascinant et lisible qui est exceptionnellement bien présenté ». [6] Le New York Times reste plus réservé, mais résume néanmoins qu’ « il est difficile, après avoir lu le livre abondamment documenté de Mr. Stinnett, de ne pas douter de quelques suppositions, auparavant non contestées, sur Pearl Harbor. » [7]

            En France, en revanche, aucun journal ni magazine ne semble avoir évoqué cet ouvrage. Pourtant, quand de futurs dirigeants des États-Unis  préconisent indirectement un nouveau Pearl Harbor, dans le document précité de sep­tembre 2000, il serait judicieux de question­ner ce précédent historique. Et cela d’autant plus que depuis la publication du livre de R. Stinnett en 1999, la référence à Pearl Harbor devait apparaître pour le moins comme ambiguë, voire comme synonyme d’une attaque simulée [8].

            Concernant le 11-septembre lui-même, il ne s’agit pas nécessairement d’aller aussi loin que Robert M. Bowman, docteur en aéronautique et ingénierie nucléaire, l’un des soldats les plus primés et l’un des plus éminents experts de sécurité nationale aux États-Unis  : Dans une interview radiophonique avec The Alex Jones Show diffusée dans tout le pays, il a récemment estimé, preuves à l’appui, que le principal instigateur du 11-septembre pourrait être... le vice-président Dick Cheney [9] ! Mais il s’agirait de rendre compte d’une prise de position aussi autorisée.

 

Mystères inexpliqués de la version officielle

            Les faits, événements et autres phénomènes que n’explique guère l’hypothèse d’une conspiration islamiste se chiffrent par centai­nes. [10] On ne peut donc en mentionner que les plus importants ou intrigants. Parmi de multip­les sources, le lecteur curieux pourra d’ailleurs regarder de nombreux films. [11]

            1) Il y a tout d’abord les questions qui concernent ce qui s’est passé le jour fatidique :

-   Alors que le détournement simultané de quatre avions était déjà connu, aucun intercepteur ne quitta à temps, pendant 75 minutes, les bases aériennes de McGuire (New Jersey) et d’Andrews (Virginia), pourtant seulement à quelques minutes de vol de New York et de Washington D.C. [12] Est-ce à cause de la con­fusion provoquée par d’importants exercices militaires qui, le matin du 11 septembre, simu­lèrent des attaques d’immeubles éminents par des avions [13] ? Qui les organisa ?

-   Pourquoi le bâtiment 7 du World Trade Center s’est-il effondré aus­si, sept heures après les tours jumelles, alors qu’il n’a pas été heurté par un avion ? Cet immeuble de 47 étages hébergeait des ser­vices de la C.I.A. et plu­sieurs autres services secrets et centres de commande militaire...

-   Comment ces trois immeubles ont-ils pu descen­dre­ à une vitesse proche d’une chute libre ? Aucun bâtiment encadré d’acier ne s’étant jamais écroulé du fait du feu, qu’en est-il de l’hypothèse d’une démolition contrôlée, fon­dée sur des témoignages et des indices d’ex­plosions ? [14] Com­ment expliquer que les tours se soient effondrées si régulièrement et d’un seul coup, en tombant sur leurs propres fondations, et aussi vite après l’impact, au bout de seulement 56 minutes dans le cas de la tour du Sud ? Préci­sons que le milliardaire Jimmy Walter a offert 1 millions de dollars à qui prouverait qu’elles auraient pu s’écrouler sans recours à des explosifs ; le prix n’a pas encore été réclamé. [15]

-   Comment expliquer l’expression du visage de George W. Bush juste après qu’il avait reçu la nouvelle de l’attaque contre la deuxième des tours de New York ? Pas de stupeur, pas d’horreur ; on y voit quelqu’un qui mord ses lèvres et ferme et rouvre ses yeux, comme s’il était momentanément surmonté par la mau­vaise conscience. [16]

            2) Il y a ensuite des événements suspects autour du 11 septembre :

-   De hauts responsables du Pentagone annulèr­ent leur vol prévu le matin du 11 septembre. [17]

-   Pendant les jours précédant le 11 septembre, de fortes spéculations boursières permettaient des gains de douze à quinze millions de dollars contre les actions de United Airlines et d’American Airlines [18], les deux compagnies aériennes affectées par les attentats.

-   Le soir du 12 septembre, les noms des kidnap­peurs furent présentés au public alors qu’ils ne figuraient pas sur les listes des passagers. Toutefois, plusieurs de ces personnes sont encore en vie. [19] Le F.B.I. présenta d’ailleurs en parfait état le passeport de Satam al Suqami, l’un des kidnappeurs présumés du vol d’American Airlines n° 11 qui avait heurté la tour du Nord. En revanche, la boîte noire et l’enregistreur vocal de la cabine de pilotage, réputés indestructibles, de cet avion (comme de son successeur frappant la tour du Sud) étaient introuvables ; dans le cas des deux autres avions enlevés, les données enregistrées par ces précieux outils sont ou bien inutili­sables ou bien secrètes. [20]

-   Selon Le Figaro, Larry Mitchell, délégué de la C.I.A. à Doubaï, rencontra, entre le 4 et le 14 juillet 2001, O. ben Laden à l’hôpital américain de l’émirat où celui-ci séjournait pour une dialyse. [21]

-   En août 2001, rapporte le quotidien Times of India, le service secret du Pakistan effectua un virement de 100.000 $ à Mohammed Atta. [20],  [22] Son directeur, le général Mahmoud  Ahmad, rencontra George Tenet, chef de la C.I.A., le 5 septembre, puis, le matin du 11 septembre 2001 (ou la veille), Bob Graham et Porter Goss qui étaient présidents des commissions sur les services secrets du Sénat et de la Chambre des représentants, respectivement. [23]

            3) Enfin, certains éléments pourraient éclaircir l’arrière-plan du 11-septembre :

-   Depuis son investiture comme président des États-Unis , George W. Bush bloquait ou sus­pendait les investigations et mesures concrètes du F.B.I., de la C.I.A. et d’autres agences contre O. ben Laden et sa famille, à tel point que John O’Neill, enquêteur en chef du F.B.I., démissionna de son emploi en juillet-août 2001. Nommé par la suite chef de sécuri­té du W.T.C., il compta parmi les victimes le jour fatidique. [24]

-   Après les attentats, une enquête a été considé­rée contraire à la sécurité nationale. [25]

-   On peut se demander quelles étaient les raisons pour cette hostilité : les relations commerciales étroites entre les familles Bush et ben Laden [26] ou le possible rôle d’O. ben Laden en tant qu’agent double ?

-   Lors de la guerre contre l’Afghanistan, selon un ordre du Pentagone, un couloir de Konduz jusqu’au Pakistan ne devait pas être bombardé, pour que des dirigeants d’Al Qaïda  et des talibans et plusieurs milliers de leurs combat­tants puissent être évacués. [27]

 

... contre quelles révolutions ?

            Pour autant, ces derniers éléments ne suffisent pas pour expliquer les raisons et motifs d’une éventuelle implication américaine, voire gouvernementale. En l