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Amerikkka : le premier Empire et son arrière-cour

 

Et vous appelez ça une civilisation ? La justice US est devenue un grand jeu de Bingo


Les gagnants des STELLA Awards 2005 viennent d'être annoncés.La moisson de
cette année est particulièrement gratinée. Les Stella Awards tirent leur nom de Stella Liebeck, cette dame de 81 ans qui s'était renversé du café sur elle et qui avait subséquemment intenté un procès à MacDonalds, qu'elle avait gagné !
Ce cas retentissant a inspiré la création des prix Stella qui récompensent les procès gagnants les plus grotesques et les plus ridicules d'Amérique.

6e place
Carl Truman, un jeune homme de 19 ans de Los Angeles (Californie) s'est vu
attribuer 74 000 dollars de dédommagement de frais médicaux après que son voisin lui eut roulé sur la main avec sa Honda Accord. Apparemment Mr Truman ne s'était pas rendu compte qu'il y avait quelqu'un au volant quand il a entrepris d'essayer de voler les enjoliveurs.

5e place
Terrence Dickson de Bristol (Pennsylvanie) quittait la maison qu'il venait de cambrioler en sortant par le garage. Mais il ne réussit pas à ouvrir la porte du garage car le système de commande automatique était défectueux. Il ne put pas non plus retourner dans la maison car la porte de communication qu'il avait tirée derrière lui s'était refermée avec un loquet automatique. La famille qui habitait la maison étant partie en vacances, il se retrouva bloqué dans le garage pendant huit jours. Il survécut grâce à un carton de bouteilles de Pepsi et à un sac de croquettes pour chien qu'il trouva sur place. Il porta plainte contre la compagnie d'assurance de la maison arguant que la situation l'avait placé dans un état de détresse psychologique. Le jury lui attribua 500 000 dollars.

4e place
Jerry Williams de Little Rock (Arkansas) a reçu 14 500 dollars de dédommagement après avoir été mordu aux fesses par le chien de son voisin, un Beagle. Le chien était
attaché à une chaîne et le jardin était clôturé. La somme accordée a été inférieure à celle demandée car il a été estimé que le Beagle avait été quelque peu provoqué : en effet Mr Williams avait sauté par-dessus la clôture dans le jardin de son voisin et avait tiré sur le chien à plusieurs reprises avec un pistolet à billes plastique.

3e place
Un restaurant de Philadelphie s'est vu condamner à payer la somme de 113500 dollars à Amber Carson de Lancaster (Pennsylvanie) après qu'elle se fut cassé le coccyx en glissant dans une flaque de boisson gazeuse renversée par terre. Si la boisson était par terre, c'est parce que Miss Carson l'avait elle-même jetée à la figure de son ami trente secondes auparavant au cours d'une dispute.

2e place
Kara Walton of Claymont, Delaware, a fait un procès à un night-club près de chez elle après être tombée de la fenêtre des toilettes de l'établissement, se cassant deux dents de devant. Cela se produisit alors qu'elle tentait de passer par la fenêtre des toilettes dames du night-club pour éviter de payer les 3,50 dollars d'entrée. Elle s'est vue accorder 12 000 dollars et le remboursement de ses frais dentaires.

Première place
Et le grand gagnant de l'année est Mr. Merv Grazinski d'Oklahoma City.
Mr Grazinski s'était acheté un motor-home Winnebago tout neuf. En rentrant chez lui après un match de football, il prit l'autoroute, mit le véhicule en vitesse automatique à 100 km/h et quitta tranquillement le volant pour aller se faire un café dans la cabine arrière.
Chose peu étonnante, le véhicule dévia de sa course, quitta la chaussée et fit un tonneau. Mr Grazinski fit un procès à Winnebago au motif que rien, dans le manuel du propriétaire, n'indiquait qu'il était > dangereux de quitter le volant. Le jury lui a accordé 1 750 000 dollars (un million sept cent cinquante mille dollars !!!) et un Winnebago tout neuf. La compagnie a depuis modifié les manuels de ses véhicules, au cas où un autre de leurs clients serait un abruti du même genre!

10/09/06 - Le syndrome de l’Irak poursuit Bush


par Carmen Carrasco, Correspondencia Internacional n° 22 septembre 2006
(Source : www.uit-ci.org, publié sur www.aporrea.org/internacionales/a24941.html

Traduit de l’espagnol en français par Gérard Jugant, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique ((www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de toute reproduction, à condition de respecter son intégrité et de mentionner son auteur et sa source.

Pour la seconde fois dans son histoire, les USA sont, aujourd’hui en Irak, au bord d’une déroute politique et militaire, comme il y a trente ans au Vietnam, déroute qui aurait des conséquences étendues.
Il y a une trentaine d’années, s’est installé ce qu’on a appelé le "syndrome du Vietnam", à savoir le refus du peuple usaméricain d’appuyer les sanglantes guerres qui laissaient des milliers de victimes pour les intérêts obscurs des multinationales et du Pentagone.
A la suite des attaques du 11 septembre 2001, le président George W. Bush a cru que le "syndrome" était passé et que le peuple usaméricain, blessé, apporterait à nouveau son soutien à ses aventures belliqueuses. Ce fut effectivement le cas... pour une brève période, laquelle a désormais pris fin.
Au début de l’année 2005, alors que le nombre de morts usaméricains atteignait les 1.500, le pourcentage de l’opinion qui considérait la guerre comme une erreur — presque la moitié — était alors le même qu’en 1968 lors de la guerre du Vietnam, durant l’offensive du Têt, alors que 20.000 soldats avaient déjà trouvé la mort (1).
Avec des pertes usaméricaines s’élevant à 2.500 et le coût des guerres en Irak et en Afghanistan atteignant les 500 milliards de dollars, la popularité de Bush est tombée en chute libre, comme ce fut le cas pour le président Richard Nixon il y a trente ans. Les généraux critiquent le ministre de la Défense, les officiers critiquent les généraux, les soldats critiquent les officiers, la population rejette les crimes de guerre comme le massacre d’Haditha (2), les scandales de corruption se multiplient, le prix de l’essence s’envole, le mouvement de masse fait irruption par la mobilisation des immigrants, le Parti Républicain au pouvoir s’enfonce dans la division, et la possibilité augmente qu’il perde le contrôle du Parlement aux élections de novembre, alors que Bush a encore deux bonnes années et demi de mandat.
Le rejet croissant de la guerre aux USA est parallèle au rejet dans les pays alliés. La coalition qui avait commencé l’invasion de l’Irak a volé en éclats, les associés de Bush sont tombés en disgrâce, comme Silvio Berlusconi, défait électoralement en Italie, et Tony Blair, qui vit ses pires moments en Grande-Bretagne. La majorité des troupes des autres pays s’est déjà retirée et on annonce le retrait des troupes italiennes et japonaises. Aux USA, le puissant sentiment contre la guerre en Irak met aussi à l’ordre du jour le retrait des troupes. Le mot d’ordre du mouvement pacifiste durant la guerre du Vietnam, "Ramenez les garçons à la maison", est la priorité et est devenu le sujet obligatoire des candidats qui se présentent aux élections parlementaires de novembre 2006.

Crise au sein des Forces Armées
Les fantômes du Vietnam sont revenus. Le résultat désastreux des opérations en Irak a ouvert une crise au sein des Forces Armées. Plusieurs généraux se sont prononcés publiquement contre le ministre de la Défense Donald Rumsfeld, l’artisan de cette guerre. Le 19 mars le général de division en retraite Paul Eaton, qui a eut en charge l’entraînement de l’armée irakienne, a déclaré que Rumsfeld était "incompétent stratégiquement, opérationnellement et tactiquement"(3). Le 2 avril le général en retraite Anthony Zinni, ex-chef du Commandement Central, a indiqué : "On a fait des analyses militaires très faibles pour cette opération". Le 9 avril, le général de corps d’armée en retraite Gregory Newbold a écrit : "Je déplore qu’on n’ait pas débattu ouvertement avec ceux qui étaient déterminés à envahir un pays dont les actions étaient périphériques à la menace réelle - Al Qaïda". Le 13 avril, le général en chef en retraite John Riggs et le général Charles Swannack, ex-commandant de la 82e Division Aéroportée, ont accusé Rumsfeld de solliciter des conseils quand ça l’arrange et l’ont rendu responsable des tortures dans la prison d’Abou Ghraïb.
La révolte des généraux se nourrit du profond mécontentement des militaires à l’égard des politiques de réduction des coûts mises en oeuvre par le gouvernement Bush, en vertu de la "doctrine Rumsfeld" dont le baptême du feu — et l’enterrement — ont eu pour cadre l’Irak : réduire l’armée, opérer avec des petites unités plus légères pourvues d’armes et d’instruments de haute technologie - produites par les entreprises amies du Pentagone - et tertiariser ou privatiser la majorité des services nécessaires à l’armée, quel magnifique négoce pour les alliés de Bush, comme Halliburton !
La rébellion des généraux est la partie visible de l’iceberg constitué par le profond mécontentement des jeunes soldats vis-à-vis de la guerre. Après la guerre du Vietnam, les USA ont supprimé la conscription. Leur armée est formée de volontaires salariés qui sont à la recherche d’un meilleur salaire et de quelques prébendes. Pour cette raison, les Forces Armées sont pleines de pauvres, de noirs et de latinos. En 2004, 16,4% des recrues étaient noires alors qu’ils ne composent que 14,3 % de la population. Quelque 70% des soldats noirs et 64% des soldats latinos viennent de milieux dont le revenu est inférieur au revenu national moyen, à comparer aux 57% de recrues blanches.
Au fur et à mesure que la guerre est devenue plus impopulaire, les chiffres du recrutement ont chuté, car les noirs et les latinos sont les secteurs où le rejet de la guerre en Irak est le plus fort (4). Le plus préoccupant pour le haut commandement militaire est que de plus en plus de jeunes officiers, y compris un nombre croissant de capitaines, démissionnent le plus vite possible.
Pour trouver une solution au manque d’hommes, les officiers se sont faits moins exigeants, recrutant des soldats qui en d’autres temps étaient exclus pour des problèmes de drogue, d’alcoolisme, ou de bas rendement. C’est pourquoi aussi le Ministère de la Défense a dû recourir aux services de plus de 30 000 mercenaires privés, qui gagnent six fois plus que les recrues classiques.
Selon le quotidien USA Today, il y a au moins 8.000 déserteurs et le 7 juin le lieutenant Ehren Watada est devenu le premier officier à refuser publiquement d’aller en Irak en estimant que la guerre est illégale.
Les militaires désapprouvent de plus en plus les méthodes génocidaires, les assassinats de civils comme à Haditha en novembre et Ishaki en mars, qui ont été dénoncés par les soldats eux-mêmes et qui font resurgir dans la mémoire l’assassinat de centaines de civils dans le village de My Lai, au Vietnam, en 1968, qui constitua le moment décisif de la guerre, du fait de l’énorme rejet qu’il provoqua au sein de la population et des soldats. Selon un sondage de l’Institut Zogby International, 72% des soldats interrogés pesent que l’armée usaméricaine devrait faire ses valises dès cette année (5).

Crise au sommet
Le désastre en Irak a provoqué la dégringolade de la popularité de Bush. Toutes les enquêtes donnent 37% d’approbation et 58% de désapprobation. Le sentiment qui domine est résumé comme suit par un analyste conservateur : "Auparavant Bush était perçu comme un homme qui contrôlait les événements et aujourd’hui il est perçu comme quelqu’un qui ne dirige plus rien. Le dur mot incompétence s’entend ici et là. Si on prend la politique extérieure, les problèmes du président ne sont pas seulement l’Irak, mais de savoir s’il a le contrôle des prix du carburant" (6).
De hauts membres de l’administration Bush sont éclaboussés par des scandales et le mot corruption est de plus en plus utilisé. Le vice-président Dick Cheney est compromis dans l’affaire Lewis Libby, son ex-chef de Cabinet, qui a révélé l’identité de Valerie Plame, agente de la CIA, par vengeance contre son époux, un des premiers à démentir que l’Irak avait des armes de destruction massive.
Porter Gross, chef de la CIA, a démissionné très rapidement. En un peu plus d’un an, trois patrons se sont succédés à la tête de la CIA. Un des principaux lobbyistes républicains au Congrès, Jack Abramoff, a été emprisonné pour corruption, ce qui a eu pour conséquence la démission de Tom DeLay de sa fonction de chef du groupe républicain à la Chambre des Représentants, assénant un rude coup au parti de Bush au Parlement. Enfin, Kenneth Lay, ce dirigeant d’Enron coupable de la plus grande faillite frauduleuse de l’histoire usaméricaine, qui a escroqué des millions d’actionnaires, a été condamné. Or il faut savoir que DeLay était un ami intime de Bush et l’un des principaux donateurs des campagnes du Parti républicain.

La crise du Parti républicain
Bush a gagné deux élections présidentielles grâce à l’appui militant des conservateurs purs et durs, qui se proposaient de réduire au minimum la dépense publique, une politique ferme contre les immigrants, la tolérance zéro sur des sujets comme l’avortement ou les mariages de personnes du même sexe. C’est ce secteur qui aujourd’hui le laisse tomber, mécontent de l’augmentation colossale des dépenses, de l’échec à contenir l’immigration illégale et de l’abandon des principes républicains essentiels.
L’explication de cette érosion est dans le dégoût consécutif à "l’abandon complet du gouvernement restreint", selon le Républicain Pat Toomey. L’engagement de faire un gouvernement plus petit avait été une idée unificatrice pour la majorité des conservateurs sous la présidence de Ronald Reagan (7), mais depuis que Bush a accédé au pouvoir, la dépense publique a augmenté de plus de 25%, le plus fort pourcentage depuis l’administration du président démocrate Lyndon B. Johnson.
D’après une enquête d’Associated Press, 52% des conservateurs ont une opinion favorable de Bush et 33% seulement du Congrès à majorité républicaine.
Selon Zogby Interactive, seulement un quart des conservateurs approuvent la gestion par Bush de la question de l’immigration (8).
Plusieurs des plus importants alliés religieux chrétiens s’éloignent toujours plus de Bush, menaçant de ne pas voter pour les candidats républicains aux prochaines élections. Les religieux exigent que Bush oppose son veto à la loi qui autorise les mariages homosexuels, mais le président usaméricain, qui a perdu son énorme pouvoir, n’a pas réussi à empêcher l’adoption de la loi, suscitant l’écoeurement de la droite religieuse (9).

La responsabilité des Démocrates
Bien que les Démocrates escomptent gagner les élections parlementaires en novembre, ils payent eux aussi le coût de leur soutien à la guerre. Ils ont voté en faveur de l’Acte Patriotique (Patriot Act) qui a réduit les libertés démocratiques des Usaméricains pour poursuivre d’éventuels terroristes et ont approuvé l’invasion de l’Irak, et aujourd’hui le parti est divisé sur la meilleure issue à la guerre. Alors que la sénatrice Hillary Rodham Clinton, probable candidate présidentielle pour 2008, se refuse à fixer une date pour le retrait des troupes, d’autres dirigeants, comme John Kerry, l’ex-candidat présidentiel en 2004, s’autocritiquent publiquement pour avoir approuvé la guerre. Dans une mégaconférence démocrate réalisée destinée à lancer la campagne pour les élections parlementaires de novembre, Hillary Clinton a été conspuée pour son refus de fixer une date pour le retour des troupes, tandis que Kerry reconnaissait que la guerre était une erreur et qu’il s’était trompé en votant pour la guerre (10).

Rébellion intérieure
Profitant du rejet des attentats du 11 Septembre, le gouvernement de Bush a accompagné les guerres contre l’Irak et l’Afghanistan d’une offensive contre les libertés démocratiques du peuple usaméricain — détentions sans jugement ni procès, écoutes téléphoniques, espionnage de courrier électronique — et un énorme dispositif policier et de renseignement, pendant que les troupes yankees recouraient aux méthodes génocidaires, comme les massacres de Falloujah, Haditha et Ishaki, aux tortures comme dans la prison d’Abou Ghraib et aux détentions illégales à Guantanamo, ainsi qu’aux détentions dans des prisons secrètes localisées dans neuf pays européens avec des vols charter illégaux, s’agissant de prisonniers de guerre.
La grande contradiction de l’impérialisme usaméricain est que, si d’un côté il incarne la plus puissante machine contre-révolutionnaire de la planète, d’un autre côté il se fonde sur un régime de considérables libertés démocratiques, qui sont la principale conquête de son peuple.
Quand les Usaméricains constatèrent que Bush avait menti en assurant que l’Irak avait des armes de destruction massive, la mémoire du Vietnam revint à la surface avec plus de force que jamais et le soutien à la guerre se mit à baisser. Avec les premières pertes, le mécontentement ouvrit la voie à la mobilisation, qui parvint à prendre une dimension nationale. Un mouvement contre le recrutement se propagea dans les collèges secondaires et dans les universités : les étudiants expulsaient les recruteurs de l’armée des campus universitaires, la contestation s’étendant à tout le pays, pendant que la mobilisation des vétérans et des familles de soldats et de victimes croissait, symbolisée par Cindy Sheehan, la mère d’un soldat mort, qui campa au cours de l’été dernier devant le ranch de Bush au Texas.
Dans les principales villes du pays il y a eu de grandes mobilisations au cours de toute l’année 2005 et depuis le début de l’année en cours.

L’irruption du mouvement de masse par l’action des immigrants
La raison de fond du rapide désappointement contre la guerre est l’appauvrissement de larges secteurs de la population, en particulier ceux qui alimentent les forces armées en soldats. C’est pourquoi le mouvement contre la guerre s’enchaîna pratiquement sans problème de continuité au mécontentement face aux effets désastreux de l’ouragan Katrina et se poursuivit par la mobilisation de millions d’immigrants en mars et avril suivie de la grande manifestation du Premier Mai, qui pour la première fois fut célébré massivement aux USA(11).
Avant, il y a eu d’importantes actions ouvrières, comme la grève des travailleurs des transports de New York, qui paralysa cette grande ville durant plusieurs jours. A tout cela s’ajoute la sensation de malaise collectif résultant de l’une des plus graves et délicates conséquences de la guerre pour l’Usaméricain moyen : l’augmentation du coût de l’essence, dont le prix a doublé depuis que Bush est président, passant de 1,46 dollars le gallon à 2, 91 — ce qui se fait sentir dans le budget de tous les foyers (12).

La tâche immédiate : le retrait d’Irak
La question incontournable de ces élections est le retrait des troupes. Le 15 juin, pour la première fois en quatre ans, la Chambre des Représentants a abordé le sujet, et bien que le gouvernement ait promis de maintenir les forces en Irak, il y a plusieurs plans qui parlent de retrait. Parmi ceux en circulation, un texte des dirigeants du Parti démocrate. Le plan, élaboré par deux auteurs républicains du Center for American Progress, propose le départ de 60 000 soldats pour la fin de l’année et de la totalité pour la fin 2007 (13).
En novembre 2005, un sénateur démocrate très lié aux conservateurs, John Murta, a fait scandale en présentant une résolution pour le retour immédiat de toutes les troupes usaméricaines.
Les élections étant traversées par la question de la guerre, la perspective d’une victoire démocrate affaiblit encore plus Bush, qui a encore à assumer deux années et demie de mandat. Aussi, pour se maintenir au pouvoir, Bush doit mettre de côté sa base conservatrice pure et dure en recherchant, dans les faits, un accord avec les Démocrates, comme on l’a vu lors du vote décisif de la Loi sur l’Immigration.
A la demande de la Maison Blanche, les Démocrates et une partie des Républicains ont fait voter en mai au Sénat un projet pour s’opposer à la loi adoptée par la Chambre des Représentants fin 2005, qui criminalisait l’immigration et a déclenché la vague de mobilisations. Le projet légalise la situation des immigrants qui justifient de plus de cinq années de présence dans le pays, s’efforçant de la sorte de désactiver les grandes mobilisations. Seulement 32 Républicains votèrent contre alors que 23 ont voté avec les Démocrates en faveur du projet.
L’autre défaite pour Bush a été la décision du Sénat du 7 juin de rejeter l’amendement demandé par la Maison Blanche qui prohibait le mariage entre personnes de même sexe, un recul clair pour les conservateurs purs et durs qui le portèrent au pouvoir, et le 15 juin le Sénat vota une loi dans laquelle s’il approuve bien une nouvelle ligne budgétaire pour la guerre, il limite les dépenses militaires du Pentagone.

Le syndrome de l’Irak
On ne sait toujours pas quand les troupes vont rentrer, mais on parle déjà du "syndrome de l’Irak". La différence avec le Vietnam est que le géant impérialiste est plus fragile qu’alors, quand l’existence de l’Union Soviétique le protégeait de l’ascension révolutionnaire mondiale.
La première victime du "syndrome de l’Irak" est la doctrine Bush qui consiste à lancer des guerres préventives contre l’Afghanistan, alors qu’on ne répond à aucune agression, de manière unilatérale, en passant par-dessus tous les organismes internationaux, afin de venger l’orgueil usaméricain blessé par les attaques du 11 septembre.
Pour la revue conservatrice Foreign Affairs, "le scepticisme va croître concernant plusieurs notions fondamentales : l’obligation des USA d’engager des actions militaires préventives unilatérales pour corriger des situations ou renverser des régimes qui les contrarient mais qui ne sont pas une menace immédiate, la possibilité et la nécessité d’apporter la démocratie à d’autres nations, la tâche de délivrer le monde du mal, le fait que le plus gros budget mondial pour la défense est nécessaire et profitable, la coopération internationale présente très peu d’intérêt et les Européens et les autres étrangers sont naïfs et décadents (14).
C’est pourquoi, pour la revue, "la probabilité d’une application de la puissance militaire ou même d’une menace militaire focalisée contre l’un ou l’autre des pays figurant sur la liste des ennemis de Bush, a diminué de manière substantielle... En fin de compte, les principaux bénéficiaires de la guerre en Irak vont être les compagnons de l’Irak sur la liste de l’ "axe du mal" (15).
La défaite politique et militaire des USA en Irak, qui a été possible grâce à la mobilisation du peuple usaméricain et au rejet mondial de la guerre, offre aux travailleurs usaméricains les meilleures conditions pour développer leurs luttes contre le gouvernement et les patrons. Les peuples du monde, cette fois, se réjouissent de cette nouvelle défaite impérialiste : la bête est blessée. C’est le moment d’en profiter.


(1) John Mueller, professeur de Sciences Politiques à l’Université de l’Ohio, revue Foreign Affairs, article intitulé "The Irak Symptome" novembre-décembre 2005, www.foreignaffairs.org
Additif du traducteur : c’est le diagnostic lui-même de John Mueller qui est foncièrement critiqué par Christopher Gelpi, professeur de Sciences Politiques à Duke University, dans un article intitulé "The Cost of War", à la même source, édition de janvier/février 2006. Pour ce chercheur, Mueller utilise les sondages de manière décontextualisée : il ne tient compte ni du niveau d’acceptation des pertes par la population usaméricaine, variable en fonction du rapport coûts-avantages de la guerre, ni des avancées technologiques, ni de l’appréciation que porte l’opinion sur les chances de succès, une opinion qui peut avoir plus la "phobie de la défaite" que la "phobie des pertes", ceci toujours en fonction du contexte et des différents facteurs, objectifs et subjectifs. Le point de vue de Gelpi est suivi de la réponse de Mueller, également bien argumentée.

(2) Très bref rappel des faits : Les Marines sont accusés d’avoir massacré, le 19 novembre 2005, dans la ville irakienne d’Haditha, une vingtaine de civils désarmés, dont des vieillards, des femmes et des enfants. Plusieurs médias, usaméricains et arabes, ont révélé l’affaire, notamment grâce à une vidéo tournée par un jeune étudiant en journalisme irakien. L’armée est en outre soupçonnée d’avoir voulu dissimuler cette "bavure", et même d’avoir détruit des preuves, selon l’édition du New York Times du 18 août 2006. On considère qu’Haditha est le "My Lai" irakien, par référence au massacre de centaines de civils villageois commis au Vietnam en 1968. Pour de plus amples informations, voir notamment les articles publiés sur le site Quibla en juin 2006, ainsi que l’article "La propagande et la guerre" traduction de Jean-Marie Flémal à partir d’un texte de Dahr Jamal et de Jeff Pflueger, en ligne sur le site Agir contre la guerre http://agir contre la guerre.free.fr/article.php3?id_article=477
Les conclusions du Service d’Enquête criminelle de la Navy se font toujours attendre. (NdT).

(3) Paul Eaton a fait connaître son opinion dans un article intitulé "For his failures, Rumsfeld must go" ("En raison de ses défaillances, Rumsfeld doit partir") paru dans le New York Times et l’International Herald Tribune du 20-03-2006. Plus généralement, sur ce qu’on appelé la "révolte des généraux", d’une ampleur publique inédite, on pourra lire, en français, la traduction d’un article de Bill Van Auken, paru le 25-04-2006 sur le site www.mondialisation.ca, sous le titre "La révolte des généraux et le déclin de la démocratie américaine" (NdT).

(4) Le même phénomène a été constaté en Angleterre où cette année l’objectif de recrutement accuse un déficit de 3.000 soldats.

(5) Quotidien français Libération du 17 avril 2006.

(6) Interview de James M. Lindsay, réalisée par Bernard Gwertzman, sous le titre "Lindsay : Irak Has Largely Shattered Bush’s Popularity", qu’on peut traduire par "Lindsay : l’Irak a en Grande Partie fait Voler en Eclats la Popularité de Bush", in Council on Foreign Relations (ce think tank — "groupe d’experts" — est généralement reconnu comme bi-partisan, Républicain et Démocrate), 11 mai 2006, www.cfr.org

(7) Cela n’était là que paroles car en réalité les déficits budgétaires gigantesques ont commencé avec Reagan et son projet de guerre des Etoiles. Paradoxalement, c’est Clinton qui a rétabli un excédent budgétaire.

(8) The Washinton Post, 11 mai 2006.

(9) The New York Times, 15 mai 2006.

(10) The Washington Post, 14 juin 2006.

(11) Il peut sembler paradoxal que les travailleurs des USA aient cessé de manifester massivement le Premier mai, alors que ce pays est à l’origine de cette célébration universelle. C’est en effet à la suite de la mobilisation massive de Chicago en mai 1886 et d’une provocation (une explosion d’origine incertaine qui tua une dizaine de policiers et en blessa de nombreux autres) que les chefs du mouvement furent accusés, arrêtés et pour 5 d’entre eux finalement pendus (5 anarchistes, comme par hasard immigrés récents, dont 4 en fait ont été pendus et le 5e trouvé "suicidé" dans sa prison après un procès inique). Depuis, les martyrs de Chicago appartiennent au prolétariat international et la célébration du Premier mai commémore le crime atroce perpétré aux USA par les paladins de la "libre-entreprise" (pour reprendre les propos de Daniel Guérin, in "Le mouvement ouvrier aux Etats-Unis, 1867-1967", FM/Petite collection Maspero, 1968). Aux USA il faut distinguer le Premier Mai, du "jour des travailleurs", le Labor Day, jour férié qui est célébré chaque année le premier lundi de septembre (pour 2006, le Labor Day vient d’être célébré, le lundi 4 septembre).
Pour un point de vue sensiblement différent, mais plus fourni, voir aussi le texte de Gabriel Deville, en date d’avril 1896, "Historique du Premier Mai" : www.marxists.org/francais/deville/works/1896/04/deville_18960400.htm — 64k - Pour cet auteur, si la date du Premier Mai vient effectivement des Etats-Unis, l’idée vient de France
[NDT].

(12) Ce n’est pas pour rien que Bush est un représentant de l’industrie pétrolière qui fixe les prix du carburant. Durant son mandat, la dépendance à l’égard du pétrole importé a augmenté à raison de 1.000 millions de barils, pendant que la guerre en Irak a privé le marché de 900.000 barils qui provenaient de ce pays.

(13) "La proposition centrale du document établi par le CAP (Center for American Progress) rcommandee un retrait quasi-complet des troupes US dans les 18 mois qui viennent. Il faut pour cela :
- Diminuer immédiatement notre présence militaire à un niveau de 9.000 par mois pour aboutir au total de 60.000 à la fin 2006 et "virtuellement à zéro" pour la fin de 2007.
- Ramener dès cette année toutes les troupes de la Garde Nationale.
- Doubler la quantité de troupes US en Afghanistan, positionner une division de l’Armée au Koweit, et une force expéditionnaire dans le Golfe arabo-persique ainsi qu’ajouter 1000 hommes des Forces Spéciales en Afrique et en Asie.
- Déplacer le paradigme central de la politique en Irak. Il ne doit plus s’agir de "construire une nation" mais de "solutionner le conflit".
(Tom Hayden, "Hawks for Withdrawal" qu’on traduira par "Des Faucons pour le Retrait", Hebdomadaire The Nation, édition en ligne du 29-05-2006, www.thenation.com).

(14) John Mueller, Idem.

(15) Id.

Nation pirate, par Alex Cherry, Hollywood, Californie, 2005

 

06/09/06 - Des dissidents usaméricains à la recherche d’alternatives à l’ « American way »


Votre extinction étouffera votre confusion morale et intellectuelle

 

Par Jason Miller, 1er septembre 2006


Marquant continuellement les précieuses secondes du « compte à rebours de l'extinction » de l'humanité, l'Horloge du Jugement Dernier du Bulletin des Scientifiques Atomiques a avancé minuit de sept minutes. Pourtant, en dépit de la terreur nucléaire lâchée sur le Japon, d’une course aux armements de proportion monumentale, l'effondrement de l'Union Soviétique, et la prolifération nucléaire largement répandue, d'une façon ou autre, l'humanité est parvenue à échapper à l'apocalypse nucléaire depuis 60 ans. Peut-être la certitude virtuelle « de la destruction mutuelle assurée » bloquera le doigt de l'Horloge du Jugement Dernier et prolongera le sursis à exécution de l'humanité.

Comme si la possibilité de dévastation nucléaire n'était pas une source suffisante d’inquiétude, Donald Rumsfeld nous a récemment informés que ceux qui s'opposent à l'occupation de l’Iraq et à l'abrogation de la loi constitutionnelle manquent de courage et sont confus moralement et intellectuellement. Le « terrorisme » est une menace existentielle pour le « monde civilisé » et l'administration Bush est justifiée dans toutes ses mesures « d'anti-terrorismes », selon Rumsfeld. Se souvenir que, si la guerre nucléaire ne nous réduit pas à néant, les « terroristes » le feront.

Pendant que vous réfléchissez à la menace du « terrorisme », n'oubliez pas de considérer que les nombreuses invasions montées par les militaires des USA et de l'IDF [Ndt : Forces de Défense Israéliennes] ont tué plus de millions de civils innocents que la guerre asymétrique faite par les victimes vaincues de l'oppression impériale.

Tuer des civils est un crime de guerre, que le meurtrier endosse un uniforme et vole sur un avion de plusieurs milliards de dollars pour faire une « frappe de précision », ou qu'il porte des vêtements civils et pose de grossières bombes en bord de route pour faire sauter les passants. (Et ordonner de tels meurtres est aussi un crime de guerre, M. Rumsfeld).

Et pour ce qui est du courage, Rumsfeld a envoyé à la mort plus de 2600 soldats US sans s'être engagé une minute au combat.

De qui parlait donc le Secrétaire de la Défense lorsqu’il évoquait ceux qui manquent de courage et sont moralement et intellectuellement confus ?

Une recherche au tréfonds de l'âme apporte souvent des solutions aux dilemmes posés par la « confusion morale et intellectuelle ». Peut-être une transaction avec Méphistophélès a-t-elle immunisé Monsieur Rumsfeld contre de tels dilemmes.


Souffrance volontaire

La dévastation nucléaire rendant le monde pratiquement inhabitables,des crimes de guerre d’une cruauté insondable annihilant des êtres humains innocents, les imminentes inondations côtières, les sécheresses, la météo violente, et les désastres écologiques dus au changement climatique, sont des possibilités et des réalités poignantes auxquelles nous autres humains faisons face quotidiennement.

Triste ironie, le dénominateur commun de ces grandes menaces à la perpétuation de la vie sur Terre est le fait que nous les avons créées.

Malheureusement, l'espèce bénie, avec des lobes frontaux et des pouces opposables, menace d'éteindre encore d'une autre façon la vie sur Terre. Bien que moins immédiates, les conséquences d'une humanité s'accrochant obstinément à l'ordre socio-économique actuel seront aussi désastreuses que la guerre nucléaire, que l'escalade du massacre des populations civiles ou que le changement climatique. Tout simplement, la course actuelle de l'humanité en bas au fond d’un cul-de-sac nous mènera inévitablement à une impasse mortelle, littéralement.


Rêver le rêve américain

Et bien qu’ils ne soient pas les seuls coupables, les USA portent une grande partie de la responsabilité de cette menace supplémentaire sur la perpétuation de l'espèce humaine. Cette nation a de manière éhontée engendré et propagé des pratiques et de nombreuses dynamiques socio-économiques responsables des tensions incroyables que nous autres humains faisons subir à la Terre en mettant cette planète à l'épreuve bien au-delà de ses capacités.

Apparemment destinés à devenir le « refuge de l'humanité » entrevu par Thomas Paine, les USA se libérèrent d'un tyran, créèrent une république constitutionnelle, absorbèrent des vagues d'immigrants, abolirent l'odieuse institution de l'esclavage, concédèrent des droits aux travailleurs, reconnurent le droit de vote des femmes, instituèrent de nombreux programmes de services sociaux, et firent des progrès notable en étendant les droits civiques aux minorités. Malgré le génocide du peuple autochtone de l'Île de la Tortue, le traitement brutal de sa population noire, et diverses autres transgressions importantes, les USA accomplirent un remarquable progrès moral au cours de leur existence relativement brève.

Malheureusement, pendant que les USA marchaient vers accomplissement de leur riche promesse, les ennemis de la justice sociale et des droits de l'homme léchaient leurs blessures et complotaient la restauration du pouvoir de facto à l'aristocratie. Des hommes comme Goldwater, Nixon, Reagan, Clinton, et les deux Bush, ont présidé à un pervers et tragique renversement des événements en tant qu'entités d'une corporation puissante et d'un relativement petit nombre d'individus riches ayant détourné la plupart des institutions sociales, économiques, et politiques des USA. Ce sont de fait les fous qui gèrent l’asile. Et l'amélioration de l'humanité n'est pas même sur leur écran radar.

Utilisant les moyens de l'éducation publique et des grands médias, les PDG, les principaux actionnaires des grandes entreprises, les individus scandaleusement riches, et les poids lourds politiques des USA et d'Israël, travaillent inlassablement pour maintenir les « autres » 99 pour cent de la population dans le « mode américain (« American way ») : dépenser et consommer.

Assujettissant les citoyens du reste du monde à son pervers mélange de, capitalisme prédateur, de militarisme, d’égocentrisme, de narcissisme, d’orgueil démesuré, de cupidité et de paranoïa aiguë, la corporatocratie des États-Unis d'Amérique utilise sa puissance militaire et économique sans précédent pour enfoncer au fond de la gorge l’« American way ».

Maudits soient le génocide culturel et l'établissement d’oligarchies impitoyables ! « Les marchés libres », la mentalité du gagner à tout prix, l'hédonisme obsédant, la guerre perpétuelle, et la recherche acharnée du profit aux dépens des êtres humains sont les cadeaux des USA au monde.

Contrairement aux foutaises colportées par les historiens révisionnistes et les grands médias, la superpuissance « bienveillante » du monde n'a pas propagé un système socio-économique éclairé et démocratique autour du globe.


La réalité s'impose….Avec quelle indécence !

Dans son essai intitulé Greed (avidité), Julian Edney fournit une analyse de l'idée irritante de l'impact que l’American way a eu sur la foule dans son pays d'origine.

Considérons cet extrait :

Les analystes modernes Cook et Frank montrent que la compétition des marchés libres est devenue si absolue que nous sommes devenus une société du « gagnant-rafle-la-mise ». Dans une économie géante, l'acquisition agressive, l'avidité, si répandue et populaire qu’elle est célébrée, a eu comme conséquence des différences colossales, de sorte que, autant nous sommes accoutumés à reprocher aux Européens leurs inégalités, nous sommes maintenant pris dans un mensonge. Nous sommes devenus plus inégalitaires. Les USA sont la nation la plus riche. Mais son taux de 20,3 pour cent d'enfants pauvres les classe loin derrière toutes les nations européennes.

Les historiens Will et Ariel Durant ont estimé dans leur étude que la différence entre les plus riches et les plus pauvres aux USA est devenue la plus grande jamais connue depuis la Rome ploutocratique impériale.

Et dégustons quelques finesses de Henry Giroux dans son article The Politics of Disposability (la politique du jetable) (qui est récemment paru sur The Toronto Star) :

Les corps qui sont à plusieurs reprises apparus partout, des jours et des semaines après que la Nouvelle-Orléans a été frappée par l'ouragan Katrina, ont aussi révélé l'émergence d'un nouveau genre de politique, un genre dans lequel des populations entières sont maintenant considérées comme jetables, un fardeau inutile pour les coffres de l'État, et livrées à elles-mêmes. Les questions profondément existentielles et matérielles de savoir qui va mourir et qui va vivre dans cette société sont maintenant déterminées essentiellement par la race et la classe. Katrina met à nu ce que beaucoup de gens aux USA ne veulent pas voir : un grand nombre de pauvres gens noirs et basanés luttant pour joindre les deux bouts, bénéficiant très peu d'un système social qui rend difficile l'obtention de l'assurance santé, de l'assistance à l'enfance, de l'aide sociale, des voitures, de l'épargne, et d’emplois à salaire minimum, quand il y en a, et offre à la place de mauvaises écoles à la jeunesse noire et basanée, des services publics chétifs, et aucun futur, sauf une éventuelle période au pénitencier. Comme Janet Pelz le soutenait à juste titre, le 19 septembre 2005 dans le Post-Intelligencer de Seattle, « Ce sont les gens que les Républicains nous ont appris à dédaigner, sinon à haïr, depuis que le Président Reagan a dénigré le laxisme moral des mères célibataires bénéficiat de l’aide sociale.»
Bien que les USA présentent l’American way comme une offre que le reste du monde ne peut pas refuser, le nombre de nations et de groupes qui s'y opposent avec succès est en augmentation. Depuis que l'opposition menace sans rémission leur ordre du jour avide de conquête, l'élite du pouvoir US diabolise les dirigeants comme Hugo Chavez et les nations comme l'Iran. En réalité, ceux qui rejettent les ordres de l'Empire US sont dignes de respect pour leur refus de se soumettre à un fist-fuck (sodomisation avec le poing, NDT) sans lubrifiant.

Des volontaires pour un petit jeu d'extinction humaine ?

Hormis la dépravation morale évidente et les nombreuses injustices sociales associées au paradigme socio-économique US conduit par l'avidité, il y a une conséquence pratique particulièrement grave à laquelle aucun être humain ne peut échapper. L’American way est un chemin vers l'extinction, en particulier pour les citoyens des nations populeuses comme la Chine et l'Inde, qui se bousculent pour se rassasier eux-mêmes dans une orgie de consommation ostentatoire. La Terre ne peut pas supporter 6,5 milliards de personnes vivant selon le « mode américain »

Comment pouvons-nous mesurer le caractère soutenable de la vie sur terre ? Un moyen à notre disposition est d'examiner les empreintes écologiques. Chaque nation a une empreinte écologique qui (selon Wikipedia) est la somme des surfaces de terre et d'eau dont a besoin une personne ou une population humaine pour lui fournir les ressources requises afin de se maintenir de manière viable et pour absorber ses déchets, en fonction de la technologie actuelle.

Pour obtenir une perspective sur le caractère proprement insoutenable du mode américain, il faut prendre en compte que le citoyen moyen US exerce 52 fois la pression écologique du Somalien moyen. À 9,57 hectares par habitant, les USA ont la plus grande empreinte écologique du monde. (Les 0,5 hectare du Bangladesh représentent l'autre extrémité de l'éventail. Si chaque nation avait la même empreinte écologique globale que les USA, nous aurions besoin de 5 Terres pour supporter la consommation mondiale !

Comme nous épuisons rapidement les ressources non-renouvelables (comme le pétrole) et utilisons les ressources renouvelables plus vite que la nature peut les reconstituer, nous sommes dans un état de plantage écologique.
Le déboisement, l’épuisement des nappes phréatiques, et l'épuisement des populations de poissons ne sont QUE trois exemples de disparition des ressources renouvelables.

L'extinction de la faune est un autre aspect profondément inquiétant du plantage écologique. Renommé mondialement pour son expertise sur l'impact de l'humanité sur l'environnement, le professeur David Tillman de l'Université du Minnesota a comparé le taux d'apparition des nouvelles espèces au taux actuel des extinctions :

« C'est un processus courant sur une période de 1 à millions d’années, mais nous sommes en train de provoquer des pertes d'espèces à un taux 100 à 1000 fois plus rapide. »

Aveuglés par l'orgueil démesuré, le narcissisme, et la technologie, beaucoup de gens se perçoivent séparés de la nature et des peuples existant « à l'extérieur » de leur monde insulaire. La réalité est que nous sommes chacun inextricablement lié avec les autres habitants de la Terre (humains, animaux, ou plantes) dans un tissu complexe de vie.

Albert Einstein nous a interpellé pour casser le carcan de l'illusion de la séparation et pour épouser l'interdépendance :
« Un être humain est une partie du tout, que nous appelons l'univers, une partie limitée dans le temps et dans l'espace. Il se ressent, ses pensées et ses sentiments, comme quelque chose de séparé du reste, une sorte d'illusion d'optique de sa conscience. Cette illusion est une sorte de prison, qui nous limite à nos désirs personnels et à l'affection pour les quelques personnes qui nous sont les plus proches. Notre tâche doit être de nous libérer de cette prison en élargissant notre cercle de compassion pour embrasser toutes les créatures vivantes et la nature entière dans sa beauté. »


Signes d'espoir à l'horizon

Bien qu'il soit probable qu’il faille encore du temps pour que des mouvements moraux et humains supplantent le Duopoly ignoble acheté et financé par les intérêts des grandes entreprises et d’Israël, ceux-ci existent et prennent leur élan. (1) Les populistes et les Proutistes (adeptes de Prabhat Ranjan Sarkar, inventeur de la Théorie de l’utilisation progressive) sont deux de ces mouvements.
Une vague montante de socialisme démocratique en Amérique du Sud démontre que les nations du « monde en voie de développement » se libèrent du joug de l'Empire usaméricain, mais Goliath ne tombera ni vite ni facilement.

Au moment où des gens de conscience recherchent des manières de créer des solutions de rechange viables contre l'inhumanité brutale de la dictature des entreprises, beaucoup découvrent que les efforts qui émanent de la base offrent des moyens efficaces de grignoter le statu quo profondément enraciné. Les Docteurs associés Timothy Wilkin et William Brandon Shanley sont des exemples éclatants de deux Usaméricains travaillant inlassablement à contrecarrer les effets délétères du capitalisme prédateur.

Tim Wilken est un médecin et un scientifique qui s'est consacré à l'amélioration de l'humanité. Son but déclaré est d'essayer d'obtenir un monde exempt de haine et de violence. Dans l'esprit de Buckminster Fuller, Wilken cherche à utiliser ses forces et efforts pour amener un monde plus humain et plus viable.

À cette fin, il a fait œuvre de pionnier dans le domaine de la synergie que le Dr. Wilken définit ainsi :

Nous croyons que nous devons apprendre à travailler ensemble. Cela signifie que nous devons devenir des humains synergiques. Synergie signifie travailler ensemble - travailler ensemble comme dans « co-opérer » - peiner ensemble comme dans « col-laborer » - agir ensemble comme dans « co-agir -. Le but de l'union synergique est d'accomplir une tâche plus grande ou plus difficile que des individus travaillant séparément. Nous sommes engagés dans un monde où je gagne, vous gagnez, d'autres gagnent et la Terre gagne. Gagner-Gagner-Gagner-Gagner.

Le Dr. Wilken gère le site Internet http://www.synearth.net, consacré à la synergie, pour tenter d'enseigner l'humanité :

Comment travailler en co-opération les uns avec les autres. Comment entretenir la Terre et les enfants de la Terre. Comment être une partie de la solution de demain plutôt qu'une partie des problèmes d'aujourd'hui.

William Shanley collabore avec Wilken dans sa recherche pour améliorer le sort de l'humanité. Shanley apporte une riche expérience à l'association. Il a énormément travaillé dans l'industrie des médias, avec des périodes comme auteur pour CNN et comme producteur indépendant de documentaires. Il a interviewé les Présidents Reagan et Carter en vue de son documentaire appelé The Made for TV Election with Martin Sheen (La mise en route des élections à la TV avec Martin Sheen) et a travaillé pour le Président Carter. Il a aussi publié et a contribué aux Lost Quantum Diaries of Lewis Carroll (Les journaux quantiques perdus de Lewis Carroll).

Ensemble Wilken et Shanley ont récemment lancé une entité appelée Give-Get Nation (Nation du Donner et du Recevoir) : http://www.givegetnation.net. Sur le site Internet Give Get Nation, on peut se connecter à d'autres [sites localisés] pratiquement n'importe où dans le monde pour donner, recevoir, ou échanger, des marchandises et des services à coût monétaire nul. Démontrant que les gens peuvent influer sur leurs valeurs, chercher l'accomplissement de leurs besoins et se comporter de manière altruiste sans l'obstacle spirituel des influences toxiques comme l'argent, les banques, ou les bourses de valeurs, Give-Get Nation fournit une alternative revigorante au marché économique « orthodoxe ».

L’enregsitrement ne coûte rien si ce n’est quelques moments de votre temps. En participant à Give-Get Nation les gens ont les moyens et l'occasion d'essayer de donner ou d'obtenir des biens ou des services selon leurs capacités, désirs, ou besoins, à coût ou bénéfice nul.

Wilken et Shanley ont déclaré que Give-Get Nation :

« organise le monde des produits excédentaires illimités, le travail, l'intelligence et le capital spirituel, et les rend disponibles à tous gratuitement. Considérez-nous comme le National Human Values Trust (Cartel national des valeurs humaines). »

Give-Get Nation est dans les limbes, mais il déborde de promesses. Son approche désintéressée de l'échange des marchandises et des services offre un accomplissement spirituel alternatif à la foire d’empoigne à laquelle les esclaves salariés du capitalisme rapace sont livrés en permanence. À mesure que les adhésion se multiplient et que le nombre des transactions commence à s’élever, un nombre de plus en plus importants de gens relèveront le défi d'Einstein par l'élargissement de leurs cercles de compassion. Et peut-être d'une manière plus importante, l'échange des marchandises en surplus aidera à pousser la Terre vers un développement durable. (Give Get Nation est en effet une abomination aux yeux des capitalistes prédateurs).

Des lecteurs me demandent souvent par courriel ce qu'ils peuvent faire face aux forces apparemment omnipotentes de l'avidité et de la malveillance qui orchestrent de nombreux aspects de nos vies. L'occasion se présente maintenant : saisissez-là ! Devenez membre actif de Give Get Nation. C'est libre, légal et subversif face à la domination des grandes entreprises (Que demander de plus ?)

En outre, Give Get Nation représente un important changement de valeurs et de priorités. Souvenez-vous que l'espèce humaine a déjà causé l'extinction prématurée de nombreux habitants de la Terre. Si nous autres humains ne changeons pas collectivement nos valeurs, NOUS LES HUMAINS pourrions être la prochaine espèce à disparaître.


Jason Miller, qui vit à Kansas City, est un esclave salarié de l'Empire usaméricain qui s'est libéré intellectuellement et spirituellement. Il écrit abondamment et ses essais paraissent largement sur Internet. Il fait bon accueil à la correspondance constructive sur willpowerful@hotmail.com ou par l'intermédiaire de son blog, Thomas Paine'Corner, sur http://civillibertarian.blogspot.com


Original : http://civillibertarian.blogspot.com

Traduit de l’anglais par Pétrus Lombard, membre associé et révisé par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft : elle peut être librement reproduite, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.

 

03/09/06 - Le mythe du « Destin manifeste », rebelote


Par Rodrigue Tremblay, 28 août 2006
Original : thenewamericanempire
Traduit de l’anglais par Pétrus Lombard, membre associé et révisé par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction, à condition d’en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.


« Dans le domaine de la politique mondiale je consacrerais cette nation à la politique du bon voisin -- le voisin qui se respecte résolument et, parce qu'il fait ainsi, respecte le droit des autres. »
Franklin D. Roosevelt, 3ème Président US, allocution inaugurale du 4 mars 1933

« Politiquement parlant, le nationalisme tribal insiste toujours sur le fait que son propre peuple est entouré par « un monde d'ennemis », « un contre tous », qu'une différence fondamentale existe entre son peuple et tous les autres. Il prétend que son peuple est unique, individuel, incompatible avec tous les autres, et nie même la possibilité théorique d'une humanité commune longtemps avant de se mettre à détruire l'humanité de l'homme. »
Hannah Arendt, Les Origines du Totalitarisme

« Là où vous avez une concentration de pouvoir dans quelques mains, fréquemment des hommes à la mentalité de gangsters prennent le contrôle. »
Lord Acton (1834-1902)


En mars 1885, John Fiske écrivit un essai pour le magazine Harper, appelé « Le destin manifeste », dans lequel il affirma que la soi-disant « race anglaise » était destinée à dominer l'ensemble du monde au cours du 20ème siècle à venir. Ensuite, selon cette théorie prétentieuse, il y aurait un millénaire de paix et de prospérité. Ce fut cependant le rédacteur expansionniste John L. O'Sullivan qui, en 1845, inventa l'expression célèbre quand il écrivit sur « notre destin manifeste pour recouvrir le continent, avec une tâche assignée par la Providence : œuvrer au libre développement de nos millions (d’hommes) se multipliant annuellement. «

Une telle pensée effrayante trouva son écho un demi-siècle plus tard chez les fascistes allemands qui pensaient que leur Reich fasciste durerait un millénaire et qu'ils pourraient contrôler le monde. Il semblerait que les chimériques impérialistes pensent souvent qu'ils ont découvert la recette magique pour la domination « millénaire ». Ils revêtent leurs folles ambitions de la notion d'Exceptionalisme allemand ou usaméricain. Fondamentalement, tout « exceptionalisme » chez les peuples est profondément enraciné dans le racisme et la haine égoïste « de l'autre ». L'Allemagne nazie impériale était préoccupée par la race et elle en arriva à l'extermination des peuples parce qu'ils étaient de la « mauvaise » race et étaient déclarés « Untermensch » (sous-hommes). Plus de cinquante millions d'individus ont du mourir morts pour dissiper ces mythes dangereux.

Quand les excès religieux renforcent les instincts et l'idéologie impérialiste, les choses peuvent devenir bien plus hallucinatoires. Pour certains, « la doctrine divine » du Destin Manifeste provient de la conviction moralisatrice selon laquelle le « Dieu » chrétien projetait que le monde soit sous le contrôle des chrétiens blancs, européens ou usaméricains. C'est la vieille marotte colonialiste selon laquelle les peuples à la peau sombre des terres étrangères ont besoin d'une intervention externe pour se gouverner. Par exemple, selon le millénarisme puritain, ou la théorie anglo-saxonne ou teutonne de la supériorité raciale, quelques Usaméricains religieux du 19ème siècle, se virent dans leur illusion en quelque sorte comme le « Nouvel Israël », et ils se persuadèrent de devoir combattre les sauvages dans l'intérêt d'une civilisation chrétienne supérieure Selon cette théorie raciale de l’histoire, populaire à la fin du 19ème siècle aux USA et au début du 20ème siècle en Allemagne, les nations teutonnes sont destinées « à porter la civilisation politique du monde moderne dans ces parties du monde habitées par des races barbares et a politique », comme l’a expliqué l'historien John Burgess.

En 1886, une période féconde en auteurs chimériques, Josiah Strong publia un livre intitulé « Notre pays », dans lequel il défendait l’opinion que les peuples parlant anglais ont pour « mission » d'évangéliser le monde. Quelques années plus tard, Brooks Adams publia une théorie ethnocentrique semblable de l'histoire dans un livre intitulé « La loi de la civilisation et le déclin », dont la thèse principale était que les nations oscillent historiquement entre barbarie et civilisation. Dans un développement étonnant, l'auteur continuait ensuite en prônant la barbarie, arguant du fait qu'elle était nécessaire pour développer des empires et pour assujettir des colonies. Adams continuait en envisageant l'apparition d'une alliance anglo-saxonne entre les USA et la Grande-Bretagne qui dominerait le monde.

De telles idées excentriques ne sont pas sans importance, parce que tôt ou tard les politiciens opportunistes pensent à les utiliser comme tremplin vers le pouvoir. Par exemple, un politicien US impérialiste, Theodore Roosevelt, écrivit en 1889 un livre intitulés « Le vainqueur de l'Ouest », dans lequel il disait que le massacre en 1864 de plusieurs centaines de femmes et d'enfants Cheyennes avait été «l’un des actes les plus vertueux et bénéfiques qui ait été commis sur la frontière ?». Pour ce politicien enivré d’ idées millénaristes, l'extermination ou le génocide des Amérindiens servait à faire progresser la « civilisation ».

Quand en 1901 il devint président après l'assassinat de William McKinley, Theodore Roosevelt appliqua ses théories raciales sur la civilisation aux Philippines, où les USA combattirent une insurrection nationaliste pendant quatorze ans, à la manière de ce qu'est en train de faire aujourd'hui en Iraq, George W. Bush, qui se considère comme investi d’une mission. Et il n’est peut-être aps surprenant eut-être sans surprise, la presse protestante usaméricaine fut le principal soutien à la brutale guerre des Philippines (1899–1913), une guerre qui fit des centaines de milliers de morts. Naturellement, au royaume du génocide, Adolf Hitler surpassa tous les impérialistes millénaristes quand dans les années 30 il s'engagea à exterminer les juifs et les Tziganes en Allemagne, et dans de nombreuses parties de l'Europe. Il fallut une guerre mondiale pour arrêter cet imbécile aliéné.

Au début du 21ème siècle, un vent de folie semblable souffle dans certains milieux.

En Israël, par exemple, la pensée du « destin manifeste » fondé sur la religion est répandue. Par exemple, la théorie du Sionisme généralement admise se base, en grande partie, sur le mythe intéressé du peuple « élu ». La bible judaïque est censée avoir donné aux Israéliens d'aujourd'hui un droit divin sur tout le territoire arabe de Palestine. Ce mythe est ensuite utilisé pour justifier la construction et l'expansion de colonies israéliennes illégales sur les terres arabes, de Gaza et de Cisjordanie.

On peut aussi mieux comprendre les causes de la guerre perpétuelle au Moyen-Orient quand on sait que, selon la Halacha (loi religieuse juive), le terme « êtres humains » se réfère seulement aux juifs. En effet, une majorité décisive de sages talmudiques regardent les goyim (terme péjoratif hébreu pour les non-juifs -- un goy, des goyim) comme des animaux ou des infra-humains. Avec des vues aussi extrémistes, il est compréhensible que quelques rabbins orthodoxes en Israël considèrent que les conventions internationales, comme la 4ème Convention de Genève qui proscrit le massacre délibéré des civils et la destruction des maisons et des propriétés, font partie de la « moralité chrétienne » et n'engagent pas Israël.

Aux USA, le puissant mouvement néo-conservateur est également conduit par un sentiment de supériorité morale et par la « bonne cause » comme excuse de l'impérialisme.

Le motif qui cache cette fois encore des intérêts terre à terre est la diffusion de l'universalisme démocratique, particulièrement au Moyen-Orient riche en pétrole. Irving Kristol, l'un des premiers néo-conservateurs, avança l'idée que les USA avaient besoin au d'une version 21ème siècle du Destin Manifeste démocratique. Pour lui et sa ribambelle de néo-conservateurs, exactement comme c'était le Destin Manifeste des USA d'atteindre l'Océan Pacifique au 19ème Siècle, c'est aujourd'hui le Destin Manifeste des USA de contrôler les régions riches en pétrole comme le Moyen-Orient, sous prétexte de propagation de la « démocratie » ou de lutte contre le terrorisme aux quatre coins du monde. De cette façon est construite la base intellectuelle pour édifier un empire impitoyable et ploutocratique sous l'apparence de propagation d'une démocratie « à taille unique ».

La supposition branlante derrière une telle pensée est que le peuple, et particulièrement les Usaméricains, ne verront pas la contradiction fondamentale qu’il y a à vouloir imposer la démocratie par des moyens antidémocratiques (c'est-à-dire d'utiliser la puissance militaire pour répandre la démocratie). Néanmoins, pour les missionnaires néo-conservateurs, il est légitime d'utiliser la force pour convertir le monde à une certaine sorte de « démocratie » dirigée US. C'est la nouvelle religion. C'est, naturellement, un bobard ; dans une démocratie, le pouvoir provient du peuple, pas des envahisseurs étrangers armés, et la loi, non la force, règle les interactions entre les individus et entre les nations. De fait, l'impérialisme est l'antithèse même de la démocratie.

Cependant, une telle fureur pleine de condescendance sème les graines de nombreuses guerres impérialistes à venir se cachent là les graines de nombreuses guerres impérialistes à venir, des guerres qui pourront convenir aux ordres du jour de quelques puissants intérêts particuliers. En effet, la nouvelle version théologique néo-conservatrice du Destin Manifeste est aussi une théologie de la guerre permanente. En tant que telles, ces vieilles théories dans de nouveaux habits représentent le plus grave danger pour la paix mondiale. Et puisque George W. Bush souscrit à cette ancienne théorie géopolitique déjantée, le monde devrait y prêter une attention particulière.

Quant à Bush Jr. lui-même, à vrai dire, tout en affirmant que les USA n'ont aucun plan pour rester longtemps en Iraq, après la soi-disant « libération » qu’il avait concocté illégalement de sa propre initiative au printemps 2003, il prend beaucoup de soin à souligner que la décision de la date du départ des troupes US d'Iraq se posera aux « futurs présidents et aux futurs gouvernements en Iraq », et pas à lui. C'est compréhensible puisque son administration est actuellement occupée à construire une place forte de type moyenâgeux à Bagdad, déguisée en ambassade. Cette nouvelle Cité de Carcassonne aura un mur de ronde de 4,5 mètres (15 pieds) d'épaisseur et s'étendra sur un site d'environ 54 hectares (104 acres). Le Pentagone est aussi occupé à construire 14 bases militaires permanentes en Iraq occupé, capables d'accueillir 50 000 soldats US et leurs familles. Une expédition temporaire ! Comme le Général Anthony Zinni, ancien commandant US au Moyen-Orient, l'a estimé, il ne pourrait pas y avoir plus « stupide » provocation vis-à-vis du monde musulman que de construire des bases militaires US permanentes dans un pays arabe du Moyen-Orient. C'est une garantie certaine de décennies de guerre et de troubles. -- Dans une répétition, à cent ans de distance, de l'invasion des Philippines, les commandants de guerre US pensent maintenant qu'un certain niveau de forces américaines sera « nécessaire » en Iraq jusqu'en 2016. « Plus ça change, plus c'est pareil» [en français dans le texte, NDT].
Une telle duplicité n'échappe pas à l'attention du monde, bien que de nombreux usaméricains gardent leur tête profondément enterrée dans le sable, et refusent de faire face à la réalité et aux conséquences de leur gouvernement « impérial ». Par exemple, un récent sondage réalisé en Grande-Bretagne a constaté que les Britanniques n'ont jamais eu une opinion aussi mauvaise sur les dirigeants US qu'à présent. En effet, une étude du 26 au 28 juin 2006 a trouvé que seulement 12 pour cent des Britanniques font confiance à l'administration Bush-Cheney pour agir sagement sur la scène mondiale. C'est la moitié du nombre de ceux qui avaient foi en une Maison Blanche défigurée par le Vietnam en 1975, dans l’ère post-Nixon. Aujourd'hui, une grande majorité de Britanniques voient les USA comme une « société cruelle, vulgaire, arrogante, déchirée par les classes et le racisme, rongée par le crime, obsédée par l'argent et menée par un hypocrite incompétent. » -- Gardons à l'esprit que la Grande-Bretagne de Tony Blair est censée être l'alliée la plus dévouée de George W. Bush. Il est donc raisonnable de croire que dans d'autres pays la réputation des USA sous Bush II est probablement encore plus mauvaise.