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Amerikkka : le premier Empire et son arrière-cour

 

28/06/06 - Aux USA, l'ouverture des frontières menace l'influence juive


par Stephen Steinlight , The Forward Forum , 16 juin 2006


Original : http://www.forward.com/main/printer-friendly.php?id=7979

Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

 

L'auteur, analyste au Centre pour les Etudes de l'Immigration (Center for Immigration Studies), a été directeur des questions nationales à l'American Jewish Committee [Comité juif américain]. Il est le coauteur de l'ouvrage « Fractious Nation : Unity and Disunity in Contemporary Americain Live » (University of California Press - Berkeley, 2004). Son article est un véritable appel au secours contre le danger qui menace la position dominante des juifs aux USA, censé venir de la vague latina. Un véritable acte de foi suprématiste.

 

En adoptant la Loi Générale de Réforme de l'Immigration [Comprehensive Immigration Reform Act] du président Bush, le mois dernier, une coalition sénatoriale bi-partisane [i.e. : républicains + démocrates, NDT] s'avère affectée par cette attitude mentale dubitative et irresponsable résumée par l'expression yiddish : « Sie machen sich nicht wissentig » ou encore par l' « Ignorantia Affectata » de Saint Thomas d'Aquin : elle consiste à ne pas vouloir savoir, tout en feignant ignorer certains faits dérangeants.

Une majorité de Sénateurs démocrates a choisi de complaire aux Latinos, en abandonnant un principe et le fondement historique du parti afin de se concilier un important électorat potentiel. Une minorité des Républicains de la chambre, en même temps, donnait aux secteurs des services, de l' agriculture et d'autres industries employant de la main-d'oeuvre non-qualifiée un vivier inépuisable de travail bon marché. Tous les Sénateurs qui ont voté en faveur de cette loi ont ignoré des préoccupations éthiques, sociales et environnementales plus larges, et - plus grave encore - la nécessité d'éviter des effets pervers. Leur caricature de réforme de l'immigration est purement dictée par une politique d'intérêts particuliers ; elle dénie l'idée même d'intérêt national. Et ce n'est pas seulement incidemment qu'elle menace, également, les alliances et les intérêts juifs, tout en déshonorant les valeurs juives [ ? NDT]

La 'Bush's bill', la loi de Bush, rejette la tradition américaine d' immigration légale diversifiée et généreuse, en la défigurant afin de créer un prolétariat homogène du point de vue ethnique. C'est une véritable prime à l'illégalité ou au contournement de la loi. La colère qu'elle suscite chez l'Américain moyen ne reflète ni sa xénophobie ni son extrémisme, même si ses partisans stéréotypent ceux qui y sont opposés en Messieurs-Je-Ne-Sais-Rien de droite.

Pour les Américains, d'une extrémité à l'autre de l'éventail politique, l' immigration est quelque chose de sacré, appartenant à l'histoire de leur famille et de leur pays ; ils sont horrifiés de la voir profanée par des iconoclastes, des hommes d'affaires sans scrupules et des politiciens à la vue courte. Comme l'a fait observer le sociologue Alan Wolfe, le distinguo entre une immigration légale et une immigration illégale « est un des distinguos les plus tenaces dans la classe moyenne américaine. les gens soutiennent dans leur écrasante majorité l'immigration légale, et ils expriment le rejet de sa variante illégale. » Contrairement à ce que d' aucuns essaient d'insinuer, la bataille juridique autour de ce projet de loi n'a pas opposé des libéraux à des conservateurs. Ses partisans les plus acharnés sont la Chambre de Commerce, le Wall Street Journal et Bush : pas particulièrement, on le voit, des hérauts des causes progressistes.

Si on se focalisait exclusivement sur l'immigration illégale, toutefois, on serait à côté de la plaque : la loi Bush aura pour effet de tripler l' immigration illégale. L'explosion de la population est le principal impact de cette loi, mais dans ce qui représente une abdication de la confiance populaire à vous couper le souffle, le Sénat ne l'a, tout simplement, pas compris. Ce n'est qu'après la publication par John Rector, de la Heritage Foundation d'un article démontrant que cette loi augmenterait la population américaine d'un tiers que le Sénat a promptement adopté un amendement réduisant le programme de « guest-worker » [régularisation des sans papiers, NDT]. L'amendement amnistie douze millions d'aliènes illégaux ; c'est un acte qui ignore tout simplement l'Histoire : on se souvient en effet que l' amnistie décrétée par la loi dite 'Immigration Reform and Control Act' en 1986 avait eu pour effet de quintupler l'immigration illégale.

Néanmoins, même douze millions d'immigrés illégaux régularisés, cela n'est qu'une goutte dans l'océan. Les estimations pourtant prudentes de Rector prédisent plus de 66 millions [d'immigrants] en vingt ans - et le total sera vraisemblablement plus important encore, étant donné que l'augmentation de l 'immigration légale individuelle a pour effet d'amorcer la pompe.

La raison, c'est ce qu'on appelle l' « immigration en chaîne ». Cela commence avec un immigrant amenant légalement une épouse et des enfants mineurs - souvenez-vous que les Mexicains ont en moyenne quatre enfants par famille - puis, en quelques années, après avoir été naturalisés, parents et enfants, le même processus est répété par leur parentèle, ad infinitum. La main-d'oeuvre du Mexique est en gros de 43 millions de personnes. Les 12 millions d'étrangers illégaux amnistiés par la loi Bush, fournis par seulement 15 % de ces 43 millions, représentent une chaîne aux 18.45 millions d'anneaux. Ajoutez 200 000 familles de travailleurs immigrés nouveaux chaque année et un influx annuel de 800 000 à 900 000 illégaux, et la population de l'Amérique [USA, NDT] va s'accroître de plus d'un tiers en moins de vingt ans.

Le Sénat, de plus, a ignoré l'impact de cette loi sur le système de sécurité sociale des millions d'immigrants qui vont en bénéficier sans payer suffisamment de taxes pour en assurer le financement. Le revenu de l' immigrant mexicain est extrêmement bas en comparaison avec celui des ouvriers américains, et cela prendra des décennies pour parvenir à la parité.

Une fois une solide majorité des 12 millions d'illégaux amnistiés par la loi Bush naturalisés, les allocations publiques versées à quelque 3,8 millions de foyers atteindront un total annuel de 19 milliards de dollars. Les parents et enfants immigrant à la chaîne éligibles à la sécurité sociale fédérale coûteront quelque 30 milliards de dollars annuellement - et encore, si seulement 10 % de personnes appartenant à la parentèle de ces naturalisés deviennent des résidents aux USA.

Cette loi insulte les valeurs juives ; elle sacrifie le précepte central du judaïsme : la recherche de la justice. Citer le Lévitique [verset 19] afin de soutenir cette loi, comme l'ont fait certains juifs qui en sont partisans, est sacrilège. Ce texte magistral nous ordonne [en effet] d' «aimer les étrangers, car vous [aussi, vous] avez été étrangers, en Egypte. » Notez qu'il est dit : « aimer », et non exploiter à des fins économiques ou politiques.

Cette loi rejette aussi l'injonction faite par Jérémie de « rechercher le bien-être de la cité où je vous ai exilés. car c'est dans sa prospérité que vous trouverez la paix » [29:4-7]. Une immigration massive aura pour effet d 'éviscérer le filet de sécurité sociale : trahir les ouvriers pauvres et les chômeurs américains en exploitant des immigrés, voilà qui n'est pas tikkum olam [="raccomodage du monde" = rendre le monde meilleur].

En dépit des mantras officiels, les immigrés ne prennent pas seulement les boulots que les Américains ne veulent pas faire. Il n'y a pas de crise de l' emploi. Les immigrants acceptent volontairement des salaires bas, augmentant de ce fait le chômage - qui est déjà astronomique chez les Noirs et les travailleurs saisonniers - et abaissant les salaires de nos travailleurs les plus modestes.

Où est donc passé l'intérêt historique juif pour les Afro-Américains ? Le legs amer du racisme survit : pauvreté largement répandue, apartheid résidentiel, inégalité des chances, des générations d'hommes noirs perdus dans le système judiciaire, implosion des familles noires déshéritées. La justice pour des millions d'Américains qui ont apporté une contribution gigantesque à la richesse de l'Amérique, en tant qu'esclaves, et qui ont été opprimés durant des siècles, n'est pas aboutie. Avant d'importer une pauvreté massive, faisons-la aboutir.

Pour revenir plus strictement à nos oignons, l'immigration massive portera atteinte au pouvoir juif, en réduisant le pourcentage de la population [juive] à une fraction de 1%, dans vingt ans. Les juifs détiennent une puissance politique, en dépit de leur petit nombre, parce que nous sommes concentrés dans des États importants sur le plan électoral, parce que nous avons des taux de participation électorale légendaires, parce que nous contribuons très généreusement aux deux partis [républicain et démocrate, NDT] ainsi qu'à la culture dominante. Nous conserverons une certaine influence résiduelle grâce à nos contributions aux campagnes électorales, grâce à notre appartenance aux establishments dominants et grâce à la solidité de nos alliances, mais le vote latino finira par nous engloutir. De plus, il y a conflit entre les intérêts latinos et les intérêts juifs. Nous nous sommes battus [entre nous] au sujet de deux ouvertures aux réfugiés et aux demandeurs d'asile. Nous avons voulu accueillir les juifs soviétiques ; et les Latinos ont voulu accueillir les réfugiés d'Amérique centrale fuyant les sales guerres dans leur région. Nous avons gagné, mais il y a eu un prix. Et, mis à part la composante évangélique de leur communauté, les Latinos n'ont pas de liens particulièrement forts avec Israël.

Nous sommes séparés par des chiasmes socioéconomiques qui ne seront pas plus faciles à cicatriser que ceux qui ont envenimé les relations entre Noirs et juifs. Avec une énorme supériorité numérique de leur côté, ils auront un besoin minime d'alliés, de faire des compromis ou de se préoccuper des agendas de qui que ce soit. Plus inquiétant, une étude, à laquelle a contribué y compris l'Anti-Defamation League, montre que les Latinos arrivent en seconde position, après les musulmans, au Hit Parade de l'antisémitisme.

Israël étant confronté à une menace existentielle venue d'Iran, les relations israélo-palestinienne ayant touché le fond et l'islamisme planétaire prenant les juifs pour cible, accélérer notre perte de pouvoir est indéfendable. La croissance de la population latino est inévitable, mais une croissance exponentielle ? Certainement pas ! Si nous pouvons maintenir les effectifs dans des limites raisonnables - qui accélèreraient l' assimilation des immigrants et réduirait l'extrémisme culturel traditionnel - nous pourrons sans doute conserver notre position.

Substituer la connaissance à la sentimentalité juive, en matière d' immigration, cela signifie démolir des mythes reflétant l'ignorance du caractère unique de l'immigration juive. A la différence de beaucoup de nouveaux venus en Amérique, les juifs ont été des réfugiés et des chercheurs d'asile fuyant la persécution religieuse, la tyrannie et les pogroms. La plupart des immigrés, en revanche, ne sont pas des réfugiés : ils viennent ici pour gagner du fric.

Contrairement à beaucoup d'autres, les juifs ont migré en sens unique. Les juifs ne sont pas demeurés loyaux à leurs pays antisémites d'origine ; la plupart ont immédiatement appris l'anglais et embrassé l'américanisme. Alors que, de nos jours, des millions de personnes immigrent en Amérique par appât du gain, tout en méprisant l'Amérique et en restant loyaux à leur pays d' origine.

Nous honorerions vraiment notre expérience d'immigrants en préconisant une politique beaucoup plus généreuse pour les vrais réfugiés et les authentiques demandeurs d'asile - et non en adoptant des lois qui trahissent les travailleurs américains, ont des effets dévastateurs pour les Américains pauvres, exploitent les Mexicains, menacent la cohésion sociale de l' Amérique et mettent en danger les intérêts juifs.

 

23/06/06 - À Los Angeles, la police et la mafia juive expulsent les fermiers mexicains de la Colectiva


Ils sont arrivés à laube du mardi 13 juin et ont encerclé la ferme. Puis les shérifs du Comté de Los Angeles se sont mis au travail. Les fermiers ont résisté vaillamment : les uns sétaient enchaînés aux arbres - les shérifs ont donc scié les arbres -, les autres sétaient mis les mains dans des barils pleins de ciment à prise rapide - les shérifs ont donc mis en action les marteaux-piqueurs. La foule des quartiers avoisinants à commencé à sassembler et à huer les flics qui emportaient hommes, femmes et enfants en les traînant par terre une fois menottés. Ainsi a pris fin une histoire longue de 14 ans, qui a vu des fermiers mexicains du quartier de South Central aux prises avec la police et des spéculateurs immobiliers liés à la mafia juive. Ernesto Cienfuegos raconte cette histoire dans La Voz de Aztlan.

 

La mafia juive de Los Angeles terrorise les fermiers de la Colectiva de South Central - Le conseiller municipal Dennis Zine et ses sbires braquent leurs fusils sur des campesinos


par Ernesto Cienfuegos, La Voz de Aztlan, 13 avril 2006. Original :
http://www.aztlan.net/jewish_mafia_terrorize_campesinos.htm.

 

Traduction par Fausto Giudice, membre du réseau Tlaxcala pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Traduction en Copyleft.

 

Peu de gens sont conscients du fait que Los Angeles dispose dune puissante Mafia juive qui est de mèche avec le Département de Police de Los Angeles et de nombreux élus locaux. Ce fait est en train de devenir de plus clair pour les campesinos (paysans) qui tentent de défendre leur ferme de 7 hectares dans le quartier South Central de Los Angeles contre le spéculateur immobilier juif Ralph Horowitz.
La ferme Colectiva des fermiers de South central, qui est délimitée par la Rue Alameda, la 41ème Rue et le Boulevard Martin Luther King a été créée il y a quatorze ans après la fameuse rébellion de Los Angeles de 1992, lorsque le maire dalors, Tom Bradley, attribué les 7 hectares appartenant à la ville à des familles marginalisées afin quelles deviennent autosuffisantes et puissent produire leur propre nourriture. La ferme, fonctionnant comme un ejido (terre en propriété collective) mexicain, a été une grande réussite, fournissant les fruits, légumes et herbes médicinales essentiels à 347 familles.
Aujourdhui, la Colectiva est menacée dêtre détruite et son terrain dêtre repris par Ralph Horowitz et ses amis. Par des deals e coulisses et en collusion avec certains conseillers municipaux juifs de LA, Ralph Horowitz a pu devenir propriétaire du terrain et il a fait afficher un ordre dexpulsion à lentrée de la ferme.
Pire encore, Dennis P. Zine, membre juif du Conseil municipal de LA, est en train actuellement de terroriser les fermiers. Dans un communiqué de presse du Comité de soutien aux fermiers de South Central, Fernando Flores déclare que le conseiller Zine et deux sbires non-identifiés sont apparus à la ferme à la nuit tombée et ont brandi un fusil, le pointant sur une adolescente présente et son père. Lincident sest passé le mardi 11 avril à 22 heures. Zine et ses hommes étaient dans une Sedan banalisée immatriculée 4KWR891, rapporte M. Flores. Lun des individus sest identifié comme étant Dennis P. Zine du 3ème District. il a été reconnu par des membres de la Colectiva, qui ont assisté aux réunions du conseil municipal deux fois par semaine ces trois dernières années, a ajouté M. Flores.
Le conseiller Zine ne représente pas la circonscription de South central et était là, sous couvert de la nuit, pour harceler les fermiers qui ont été en état dalerte permanent depuis quils sont menacés dexpulsion.
Dennis Zine est un ancien membre de la police corrompue de Los Angeles et a gardé des liens avec le département de police controversé. Il a créé avec des membres de ce département une organisation appelée POSSE* (People Organized for a Safe Secure Environment = gens organisés pour un environnement sécuritaire sûr). Il savère que la seule chose que les membres de POSSE visent à faire respecter, cest la Mafia juive. POSSE a une manière dopérer très semblable à celle de la défunte organisation CRASH,** qui opérait durant le scandale de Rampart. Malheureusement, POSSE a le soutien entier du chef de la police Bill Bratton, originaire de New York. Bratton est marié avec une éminente avouée juive, Rikki Klieman, présentatrice de la chaîne de télévision Court TV (TV Tribunal) et il est étoilement lié à Michael Bloomberg, le nouveau maire juif de New York. Bratton a fait de longs séjours, en tant que chef de la police de LA, en Israël. Le but de ses séjours en Israël était de recevoir une formation par les autorités militaires et policières israéliennes sur la manière de sy prendre avec les Mexicains et les Noirs en cas démeute. Et dans ce domaine, Israël a une sacrée expérience comme le montre lécrasement du peuple palestinien.

Voir aussi
Le film de lexpulsion des fermiers le 13 juin 2006
http://www.truthout.org/multimedia.htm

Le témoignage des fermiers de La Colectiva devant le conseil municipal de LA sur leur harcèlement par Dennis Zine
http://www.aztlan.net/jewish_mafia_terrorize_campesinos.htm


Notes
* Posse: ce mot a 3 sens en langue usaméricaine : 1 - Une troupe dhommes à cheval au service dun shérif; 2 - Tout groupe de gens, en particulier des amis; 3 - Un gang de rue jamaïcain. Dans le premier cas, son étymologie est le verbe latin posse (pouvoir) dans lexpression posse comitatus (force du comté), nom dune loi usaméricaine permettant à un shérif de réquisitionner des hommes armés pour lassister. Dans les deux autres cas, l'étymologie est incertaine. (NDT)
** CRASH : unité censée être délite de la police de Los Angeles créée pour lutter cotre les gangs. Ses membres furent accusés de se livrer à de faux témoignages, des arrestations injustifiées et au trafic de drogue. Elle a été dissoute et certains de ses membres ont été condamnés. Pour en savoir plus, lire http://www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/shows/lapd/scandal/

 

08/06/06 - La guerre entre Jack Anderson et le FBI se poursuit au-delà de la tombe


par Charlotte RAAB, Agence France-Presse, 7 juin 2006
Le journaliste américain Jack Anderson était un spécialiste des coups tordus, en guerre avec le patron du FBI, J. Edgar Hoover, dont il avait fait fouiller les poubelles. Six mois après sa mort, sa famille préfèrerait aller en prison plutôt que de livrer ses secrets.
"Nous nous opposerons aux efforts du gouvernement pour consulter les papiers de Papa, jusqu'à aller en prison", a affirmé mardi Kevin Anderson, le fils de Jack Anderson entendu par une commission du Sénat américain.
Pour lui, le FBI (police fédérale américaine) n'a qu'un but: "réécrire l'Histoire", dont Jack Anderson avait écrit quelques pages sombres.
C'est en effet ce journaliste d'investigation à la vocation précoce (il travaillait à 12 ans au Deseret News, un journal de Salt Lake City), qui avait révélé que la CIA (centrale du renseignement) s'était alliée à la mafia pour tenter d'empoisonner Fidel Castro en 1960.
Principal animateur d'une chronique très lue à travers le pays intitulée "Washington manège", Jack Anderson, considéré comme un ennemi par l'ancien président Richard Nixon, avait aussi levé le voile sur le rapprochement avec le Pakistan au détriment de l'Inde durant la guerre d'indépendance du Bangladesh en 1972, ou encore sur diverses affaires de corruption au Congrès.
A peine six semaines après sa mort, raconte Kevin Anderson, le FBI téléphone à la veuve de Jack Anderson, Olivia, 79 ans, pour lui expliquer que les autorités voudraient consulter ses documents, à la recherche d'informations "classées secrètes" pouvant être utiles à une enquête "sur un pays moyen-oriental". Plus tard, on évoque les besoins de l'enquête sur une affaire d'espionnage liée au lobby pro-israélien AIPAC.
Un agent fédéral rend ensuite une visite très cordiale à Olivia Anderson, et, selon la policière, la vieille dame, 79 ans, accepte que le FBI consulte les documents en question - stockés dans près de 200 cartons d'autant plus poussiéreux que Jack Anderson, souffrant de la maladie de Parkinson, avait pratiquement cessé ses investigations depuis 20 ans.
Les cartons sont depuis l'été dernier sous la garde de l'université George Washington, dans la capitale américaine, qui prévoit de les rendre à terme consultables par le public.
Alerté par sa mère, Kevin Anderson, avocat et exécuteur testamentaire, apprend que le FBI entend consulter la totalité des archives, et saisir "tout élément estimé secret par ses agents" - quitte à les rendre ultérieurement sous une forme censurée.
"Cela détruirait la valeur historique, politique et culturelle des papiers de Papa", s'étrangle Kevin Anderson.
"Papa disait souvent qu'il voyait passer des documents classés secrets de 'sécurité nationale' - mais en fait c'étaient des secrets de 'sécurité politique'", affirme encore l'avocat. "Ils montraient les méfaits et les manipulations des responsables gouvernementaux (..) qui avaient tenté de pousser les preuves sous le tapis du secret. Ces informations ne doivent pas être cachées au public", martèle-t-il.
L'universitaire Mark Feldstein, qui s'est vu confier les archives de Jack Anderson pour les besoins d'une biographie en préparation, s'est interrogé sur les motifs avancés par le FBI: "en y réfléchissant, je peux me souvenir d'un seul document qui aurait pu être secret: la fiche du FBI sur Jack Anderson - mais notre version de ce document est lourdement censurée, à la différence de l'original se trouvant dans les locaux du FBI".
Pour M. Feldstein, l'affaire Anderson révèle en fait une tendance lourde de l'administration Bush: "elle semble s'inscrire dans un effort plus large du gouvernement pour museler le droit à l'information des médias et du public: licenciement des responsables organisant les fuites, suppression de données historiques dans les archives, interdiction de photographier les cercueils de soldats...".

 

 

VeriChip : des puces RFID dans le bras des immigrés ?


Le saut de puce de trop ?


par Marc Rees, PC INpact , 2 juin 2006
Source : http://www.pcinpact.com/actu/news/29179-VeriChip-des-puces-RFID-dans-le-bras-des-imm.htm

Dans une émission titrée « Hear and Know" sur Fox & Friends" (*), Scott Silverman, Chairman de la société VeriChip Corporation a exposé quelques-unes de ses idées pour l'avenir. Verichip, pour mémoire est le spécialiste mondial des puces par radiofréquences et de la traçabilité. Le roi du tag, non sur les murs, mais sous la peau, n'est jamais trés loin lorsqu'il s'agit de pucer à tout va.

En 2002, par exemple, trois membres d'une même famille de Floride se faisaient implanter dans le bras une VeriChip afin de collecter et d'analyser les données nécessaires à leur suivi médical. Verichip a encore des alliances avec ORBCOMM, afin de réfléchir à une association puce-GPS-satellite. En Espagne, une boîte de nuit propose elle d'implanter une VeriChip dans l'épaule des personnes afin qu'elles puissent payer leurs consommations ou leur entrée à distance. Ces implants sont encore utilisés à tour de bras dans les hôpitaux afin d'accompagner le patient avec son dossier médical « sous le bras » (le systéme Verimed vient justement d'être adopté par 13 nouveaux centres hospitaliers américains).

Scott Silverman a donc proposé dans cette émission de la Fox que ces puces pourraient être utilisées pour contrôler les flux migratoires : une Verichip, de la taille d'un grain de riz, seraient judicieusement implantées dans le corps des travailleurs immigrés, avant qu'ils ne viennent aux Etats-Unis dans le cadre de travail saisonnier. Il suffirait par exemple d'exiger la présence de cette puce pour donner le feu vert à la frontiére « On peut penser qu'il s'agit d'une technologie appropriée qui peut être employée entre autres, pour s'assurer que des travailleurs immigrés entrant et sortant des Etats-Unis, sont correctement enregistrés » explique l'intéressé. Une mesure idéale donc pour s'assurer des contrôles exigés en la matiére et qui trouverait aussi « une place au niveau de l'employeur ».

Sur le théme de l'immigration et des RFID, Verichip a reconnu, à demi-mot, faire du lobbying à Washington pour que sa voix soit entendue. L'idée de M. Silvermann tombe en tout cas à merveille alors que le Sénat américain discute actuellement une nouvelle loi en la matiére.

Répondant au fantasme du contrôle et de la traçabilité absolue des êtres humains, les questions dépassant le pur cadre commercial ou réglementaire semblent hors de portée de l'intéressé... Dans le même temps, heureux hasard du calendrier, Jim Doyle, gouverneur du Wisconsin, a signé une loi qui froissera Verichip : elle interdit pénalement le fait d'exiger d'une individu l'implantation d'une micropuce sous la peau. L'amende, qui a été fixée à un plafond de 10 000 dollars, risque de rester en travers de la gorge de VeriChip...

(*) On trouvera une retranscription de l'interview sur http://www.spychips.com/press-releases/silverman-foxnews.html

NDLR Quibla
RFID, les "étiquettes intelligentes"
L'identification par radiofréquence, ou RFID (Radio Frequency Identification), est une méthode pour stocker et récupérer des données à distance en utilisant des marqueurs appelés « Tag RFID ». Les Tag RFID sont de petits objets, tels que des étiquettes autoadhésives, qui peuvent être collées ou incorporées dans des produits. Les Tag RFID comprennent une antenne associée à une puce electronique qui leur permettent de recevoir et de répondre aux requêtes radio émises depuis l'émetteur-récepteur.

 

Les puces RFID s'incrustent un peu plus au quotidien


par Marc Rees, PC INpact, 13 avril 2006

En juillet 2004, nous vous parlions du Baja Beach Club, une discothéque barcelonaise trés imprégnée de nouvelles technologies. Ses tenanciers avaient mis en route un systéme de paiement par puce RFID sous-cutanée. D'un doigt, enfin du membre concerné, passé prés d'un scanner portatif, l'on peut être identifié selon un numéro par radiofréquence. A l'aide de ce code barre apposé dans ses entrailles, le consommateur peut ainsi payer son entrée, ses consommations, ou connaître le crédit dont il dispose. Bref, un portefeuille qui tient non dans la poche, mais sous la peau. La puce en question a été conçue sans surprise par Verichip, gros spécialiste dans le secteur des RFID.

Le Baja Beach Club de Rotterdam, pendant hollandais du club espagnol, devait aussi lui adopter ce moyen de paiement. Dans un article du Monde publié cette semaine, on relate que la mise en place s'est là encore bien effectuée. Un espace VIP est même réservé aux 70 clients particuliers qui ont jusqu'à lors accepté de se délester de 1000 euros pour pouvoir payer ainsi. Interviewé par nos confréres, un certain Dick Carlier, ingénieur d'une trentaine d'années, s'explique : « Quand j'ai décidé de me faire poser un chip, mes parents ont eu peur qu'il se casse ou qu'il aille se balader n'importe où dans mon corps. [] Personnellement, je n'ai jamais eu d'inquiétude. Ici à Rotterdam, il y a des tas de gens avec des piercings incroyables, et tout va bien pour eux. Moi, j'ai encore mieux : mon chip est un piercing secret, je me sens unique, original. C'est aussi une carte de crédit invisible, ça me plaît. Quand j'en parle à des gens que je rencontre, ils veulent tous me toucher le bras, pour sentir le chip sous ma peau ». Sur les 70 consommateurs intéressés par cette puce, une dizaine de femmes aurait déjà sauté le pas.

L'on rappellera que ces puces sont souvent présentées comme une solution idéale dans le milieu médical, afin d'identifier le dossier d'un patient par exemple. Des chercheurs de l'Université de Louvain travaillent ainsi sur l'incrustation d'une puce RFID dans une dent, lieu sûr et beaucoup moins sensible aux effets du temps. On trouve évidemment encore des applications en matiére de gestion des stocks, avec la possibilité d'inventaire en un rien de temps. Par propagation, effet de mode ou besoin de sécurité, des applications de plus en plus dérivées des buts initiaux se confirment en tout cas chaque jour, au grand dam des risques pour les libertés individuelles.

 

 

30/05/06 - Un première objectrice de conscience condamnée à Fort Benning


Katherine Jashinski est le première femme de lArmée US à être condamnée pour objection de conscience. Cette soldate de la Garde nationale avait refusé en novembre 2005 dexécuter un ordre de déploiement en Afghanistan. Le 24 mai, la Cour martiale de Fort Benning, en Géorgie, la condamnée à 120 jours de détention, dont elle a déjà effectué 53 jours. Aidan Delgado et Camilo Mejía, membres de lorganisation Vétérans dIraq contre la Guerre, sont venus apporter leur soutien à Katherine en assistant à son procès. Selon leur témoignage, latmosphère initialement tendue de laudience a été tansformée par le témoignage passionné de la jeune femme. Après avoir purgé sa peine, celle-ci retournera à ses études à lUniversité du Texas à Austin et continuera à travailler avec le groupe récemment fondé, Austin GI Rights Hotline (SOS-Droits des GI, Austin).
Source : Schhol of the Americas Watch, 24 mai 2006

 

 

27/05/06 - Loi sur l'immigration: Bush appelé à la rescousse pour convaincre les députés


Le Sénat américain a approuvé dans la nuit de jeudi à vendredi une réforme de l'immigration soutenue par George W. Bush, ouvrant la voie à la régularisation de millions de clandestins aux Etats-Unis, tout en renforçant la sécurité aux frontières. Reste à convaincre la Chambre des représentants, dont l'accord, loin d'être acquis, est indispensable pour entériner le texte.La loi, soutenue par le président américain contre l'avis d'une partie des républicains, fera l'objet de négociations avec la chambre basse du Congrès, qui avait adopté en décembre dernier un autre texte, plus répressif, ne prévoyant aucune régularisation.


Les sénateurs ont d'ores et déjà demandé à M. Bush de les aider dans les négociations à venir avec les députés, qui s'annoncent difficiles. "L'heure est venue d'une participation très active du président", a déclaré le républicain Arlen Specter. "Je suis convaincu qu'il s'attellera sérieusement à la tâche." Le sénateur démocrate Edward Kennedy, un des architectes du projet, a également appelé de ses voeux un engagement fort du chef de la Maison Blanche dans ce dossier.


La réforme a été adoptée au Sénat par 62 voix contre 36, c'est-à-dire par une majorité transcendant les lignes partisanes. De nombreux démocrates se sont en effet ralliés au texte voulu par le président George W. Bush.


La nouvelle loi doit régulariser la plupart des 11 à 12 millions de clandestins installés aux Etats-Unis, en majorité originaires du Mexique et d'Amérique latine. Des manifestations en faveur du texte ont rassemblé ces dernières semaines aux Etats-Unis plusieurs millions de personnes, des "Latinos" notamment.
La loi "profitera à des millions de personnes et à leur famille", s'est félicité vendredi le président mexicain Vicente Fox. Elle "deviendra un exemple de gestion intelligente et humaine de ce problème majeur du XXIe siècle qu'est l'immigration", a-t-il affirmé dans un entretien au quotidien français "Les Echos".
M. Fox regrette toutefois l'aspect "sécuritaire" du texte, qui prévoit la construction de plusieurs centaines de kilomètres de barrières de sécurité.


A la frontière mexicaine, les clandestins qui cherchent à entrer aux Etats-Unis se disent encouragés par le vote du Sénat et espèrent qu'une loi leur permettra de travailler légalement et d'acquérir la nationalité américaine. En attendant, ils ont bien l'intention de franchir le Rio Grande à leurs risques et périls, avec ou sans l'autorisation de Washington.


"Ils ont finalement compris qu'ils ont besoin de nous", a commenté Antonio Ortiz, 31 ans, originaire du Salvador, qui tentait de regagner Austin (Texas) où il travaillait dans le bâtiment avant d'être expulsé en mars. "Tous ceux qui y vont trouvent du travail."


Cette loi "renforce notre sécurité et reflète notre humanité", plaide le sénateur Kennedy. "Elle est destinée à empêcher l'entrée de ceux qui nous veulent du mal et à accueillir ceux qui contribuent à notre pays."


"Pourquoi ne pas dire à ces travailleurs sans papiers qui occupent les emplois que le reste d'entre nous refuse, 'sortez de l'ombre'", a déclaré de son côté le sénateur républicain John McCain, un des artisans du texte. Certains sénateurs républicains ont toutefois critiqué le projet jusqu'au bout, dénonçant notamment une "amnistie" pour les sans-papiers.


La réforme prévoit le renforcement de la sécurité à la frontière avec le Mexique avec l'installation de caméras, capteurs et clôtures et le recrutement d'un millier de garde-frontières supplémentaires cette année et de 14.000 autres d'ici 2011.
Le texte prévoit aussi un traitement différencié des clandestins en fonction de la durée de leur séjour aux Etats-Unis. Installés depuis plus de cinq ans, ils pourront demander leur régularisation définitive; présents depuis deux à cinq ans, ils pourront obtenir un visa de travailleur temporaire; mais en dessous de deux ans de présence sur le sol américain, ils devront quitter le pays.
Source : AP , 26 mai 2006

 

 

L'image des Français


par MICHEL COLLON, 18 avril 2006
« La France est un pays socialiste », « Les Français passent tout leur temps en vacances » et « Les jeunes manifestants anti-CPE attendent que le gouvernement leur apporte un emploi au lieu de le chercher eux-mêmes ». Entendu, tel quel, de jeunes cadres new-yorkais, dans un reportage d'Arte la semaine passée.
Mais quelle image fantasmée les médias US donnent-ils donc des Français ? Voilà ce que se demanderont bien sûr ceux qui connaissent la France réelle.
Bonne question. En voici une autre, peut-être encore meilleure... Que vaut l'image que ces médias US - mais aussi français - nous ont apportée à propos d'autres pays diabolisés ces dernières années ?
« Quand je vois ce que disent les médias sur mon pays que je connais bien, je me dis que je ne dois rien croire de ce qu'ils disent sur d'autres pays que je ne connais pas ! » (Ernesto Cardenal, ministre progressiste du Nicaragua, agressé économiquement, militairement et médiatiquement dans les années 80)
Retrouvez les autres "Brèves de Net" sur : http://www.michelcollon.info/archives_articles.php?log=breves

 

 

«Une profonde frustration dans l'armée » : 6 généraux en colère demandent la démission de Donald Rumsfeld et les Démocrates embrayent


L'opposition démocrate a embrayé aux USA sur les critiques émanant d'anciens généraux des forces armées pour réclamer à son tour la démission de Donald Rumsfeld.
Le secrétaire à la Défense de l'administration Bush est depuis plusieurs jours sur la sellette pour sa gestion du conflit en Iraq.
Après George Bush, qui avait interrompu ses vacances de Pâques pour réaffirmer son soutien à Rumsfeld, des élus républicains et le Pentagone ont de leur côté fait bloc autour de cette figure de proue de l'administration, considérée comme l'un des principaux artisans de l'intervention en Iraq.
La guerre des mots sur Rumsfeld, sur ses relations avec les commandants américains et sur la guerre en Iraq a pris un tour particulier avec l'appel à sa démission lancée par six anciens généraux, aujourd'hui retirés du cadre d'active.
Parmi ces gradés figurent le général John Batiste, ancien commandant de la Première Division d'infanterie en Iraq, et le général Charles Swannack, qui dirigeait la 82e Division aéroportée présente en Iraq. Ils ont également reçu le soutien du général Wesley Clark, ex-commandant suprême des forces de l'Otan qui fut candidat aux primaires démocrates en 2004.
"A mon avis, le secrétaire (à la Défense) devrait se retirer", a estimé dimanche sur CBS le gouverneur démocrate du Nouveau-Mexique, Bill Richardson, considéré comme un possible candidat pour les primaires en vue de l'élection présidentielle de 2008.
"Six officiers distingués disent au fond que le secrétaire Rumsfeld ne les écoutait pas sur les questions relatives à la stratégie militaire", a poursuivi l'élu démocrate. "Cela porte à un degré supplémentaire le refus d'admettre ses erreurs, le refus de modifier une politique qui ne fonctionne pas", a-t-il ajouté en évoquant une "profonde frustration dans les rangs de l'armée".
Pour le sénateur Christopher Dodd, élu démocrate du Connecticut, le plus grave dans ces commentaires d'ex-généraux est qu'ils reflètent peut-être l'opinion des responsables actuels de l'armée qui ne peuvent se permettre de critiquer Rumsfeld ou Bush.
"Il nous faut une nouvelle direction en Iraq. En plus de l'arrogance déjà relevée, il y a de l'incompétence", a-t-il poursuivi, rappelant que la secrétaire américaine d'Etat, Condoleezza Rice, a récemment admis que des "milliers d'erreurs tactiques" avaient été commises en Iraq. "Cela ne constitue pas précisément un soutien retentissant", a-t-il ironisé.

 

LE PENTAGONE ET LES RÉPUBLICAINS FONT CORPS
Face à cette polémique qui ne s'éteint pas, le Pentagone a divulgué dimanche un mémorandum censé répondre aux critiques visant Rumsfeld.
Selon cette note d'une page, dont le New York Times s'est fait l'écho le premier, le secrétaire à la Défense a participé depuis le début de l'année 2005 à 139 réunions avec l'état-major interarmes des forces américaines.
"Les principaux commandants militaires sont impliqués à un niveau sans précédent dans le processus de prise de décisions", peut-on lire dans cette note, adressée à des analystes militaires civils et à d'anciens commandants des forces armées, parmi lesquels certains détracteurs du secrétaire à la Défense.
Le Parti républicain a lui aussi donné de la voix. George Allen, sénateur de Virginie, a ainsi estimé sur CBS que Rumsfeld était en voie de "bouc-émissairisation" et que son limogeage ne règlerait pas la crise en Iraq.
"Quelle différence cela ferait-il ? Cela signifierait-il quoi que ce soit pour les terroristes ?", s'est-il interrogé, décelant aussi dans les critiques adressées à Rumsfeld une attaque voilée contre George Bush.
Source : Reuters, 16 avril 2006

 

Quel degré de folie ont-ils atteint ?

 

par William Rivers Pitt, 11 avril 2006.

 

Original : http://www.truthout.org/docs_2006/041106R.shtml

 

Traduit de l'anglais en français par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

 

L'auteur Pitt écrit pour le New York Times.Il est l'auteur de deux best-sellers mondialement connus : « War on Iraq: What Team Bush Doesn't Want You to Know » [La guerre en Irak : tout ce que l'équipe Bush ne veut pas que vous sachiez] et « The Greatest Sedition Is Silence » [La pire des conspirations est celle du silence].

Hier soir, j'ai eu une discussion avec mon boss au sujet de l'article terrifiant de Symour Hersh, dans le New Yorker, exposant les plans d'attaque contre l'Iran de l'administration Bush, qui pourraient comporter le recours à l'arme nucléaire. Du coup, mon boss a lu l'article de Hersh. Il en a été tourneboulé, ce que je comprends parfaitement. Il m'a décrit ses réactions en des termes évoquant l'éblouissement de Saint-Paul sur le chemin de Damas. « Et dire que c'est ce qu'ils vont faire !. » a-t-il commenté.

Moi, j'ai dit à mon patron que je ne pouvais pas me résoudre à croire que l' administration Bush ferait ça. J'ai passé en revue toutes les raisons pour lesquelles une attaque contre l'Iran, a fortiori avec une arme nucléaire, quel qu'en soit le type, serait de la folie pure.

Contrairement à l'Irak, l'Iran a une armée formidable. Les Iraniens ont la haute main sur le golfe persique et ils ont déployé des batteries de missiles tout au long des chaînes montagneuses qui dominent la côte. Ces batteries de missiles, lui ai-je dit, comportent des missiles Sunburn, qui peuvent voler à plus de Mach 2 [c'est-à-dire à plus de deux fois la vitesse du son, ndt] et sont capables de se jouer des systèmes de radar Aegis. Tout navire de guerre américain dans le Golfe, y compris les porte-avions qui y sont aujourd'hui déployés, seraient des cibles aussi faciles que des canards nageant dans un étang.

Les répercussions, en Irak, seraient immédiates et catastrophiques, lui ai-je rappelé. La majorité chiite irakienne, qui bénéficie de son alliance avec l'Iran, deviendrait totalement cinglée et attaquerait quiconque et quoi que ce soit arborant les étoiles et les rayures du drapeau américain [« stars and stripes »].

La Syrie, qui a signé un pacte de défense mutuelle avec l'Iran, et dont on pense qu'elle dispose d'importantes capacités en matière d'armes chimiques et biologiques, ne manquerait pas d'entrer dans la danse.

La Chine, qui a signé un contrat de partenariat en matière pétrolière avec l 'Iran, pour plusieurs millions de dollars, pourrait entrer dans le conflit si elle considérait que ses nouvelles ressources pétrolières étaient menacées.

La Russie, qui s'est auto-convaincue que les ambitions nucléaires de l'Iran ne viseraient que des buts pacifiques, pourrait être entraînée, elle aussi, dans le conflit.

Blair et la Grande-Bretagne ne veulent rien avoir à faire avec une attaque contre l'Iran, Berlusconi a perdu les élections, en Italie, et l'Espagnol Aznar est déjà « out ». « Si l'administration mettait ses menaces à exécution », ai-je dit à mon patron, « ses responsables se retrouveraient immédiatement tout seuls et dans le froid ».

« Quant à l'option nucléaire », ai-je précisé à mon boss, « elle comporte des possibilités encore plus cauchemardesques. La réaction à une attaque contre l'Iran au moyen d'armes conventionnelles serait déjà bien assez catastrophique. Si nous laissions tomber une bombinette, la réaction serait exponentiellement pire, et elle mettrait sur la table le scénario suprême du cauchemar : une conflagration embrasant toute la région, qui atteindrait jusqu'au Pakistan, où le président Pervez Musharraf s'efforce actuellement de contenir les fondamentalistes avec les deux mains. Si les Etats-Unis lâchent une bombe nucléaire sur l'Iran, il est possible que les fondamentalistes, au Pakistan, se soulèvent et renversent Musharraf, prenant ainsi le contrôle de l'arsenal nucléaire de ce pays. D'un seul coup, d'un seul, ces armes nucléaires deviendraient incontrôlées, et l'Inde entrerait dans un état de folie collective. »

Mon argumentation, pleine de bon sens, fut convaincante. Mon patron sembla ébranlé, et nous nous quittâmes en nous souhaitant le bonsoir. Dix minutes plus tard, je recevais un e-mail de mon patron. Il m'envoyait le dernier éditorial de Paul Krugman, dans le New York Times, intitulé : « Oui : il [Bush] en est capable ». Cet édito commence ainsi :

« Mais non ; il ne ferait tout de même pas ça ! ? » C'est exactement ce sentiment qui a permis au président Bush de précipiter l'Amérique dans la guerre en Irak et d'écarter les questions gênantes sur les raisons de cette guerre, jusqu'après les élections de 2004. Beaucoup de gens ne veulent tout simplement pas croire qu'un président américain pourrait délibérément tromper la Nation sur des questions de guerre et de paix. « Mais non ; il ne ferait quand même pas ça ! ? », disent ces gens, qui se croient raisonnables. Toutefois, sachant ce que nous savons concernant les origines de la guerre en Irak, il ne serait pas raisonnable d'écarter la possibilité que M. Bush entame une nouvelle guerre mal ficelée et inutile. Ce serait se bercer d'illusions. » Génial !

La situation a atteint un degré vraiment critique, aux Etats-Unis, dès lors que la première question que vous devez vous poser en matière de guerre et de paix, ou de vie et de mort est la suivante : « Quel degré de folie ces gens ont-ils atteint ? » Toutes les estimations laissent entendre que les capacités nucléaires de l'Iran ne deviendront pas une réalité avant dix ans, ce qui laisse ouvertes une bonne douzaine d'options diplomatiques et économiques, quant au traitement de la situation. Il n'y a aucune raison valable pour attaquer ce pays. En revanche, il y en a des tas de mauvaises.

La pire, bien entendu, serait le fait qu'une attaque contre l'Iran changerait l'ambiance à Washington, à l'approche des élections de mi-mandat, en 2006. Tous les sondages indiquent que Bush et ses alliés au Congrès sont actuellement à peu près aussi populaires que la gale. Si la tendance actuelle n'est pas modifiée ni remise en cause, janvier 2007 pourrait voir l 'accession du Représentant démocrate John Conyers Junior à la Présidence de la Commission Juridique de la Chambre, ce qui lui confèrerait le pouvoir d' assignation [contre Bush, dans le cadre d'une procédure d' « empeachment », ndt].

« Comme l'a fait observer récemment Joseph Cirincione, de la Fondation Carnegie pour la Paix Mondiale », poursuivait Krugman dans son édito, « l' administration (Bush) semble suivre exactement le même script, concernant l' Iran, que celui qu'elle a suivi en Irak : « Le vice-président des Etats-Unis prononce un discours fondamental consacré à la menace provenant d'un pays riche en pétrole du Moyen-Orient. Le Secrétaire d'Etat déclare devant le Congrès des Etats-Unis que ce même pays représente pour nous le défi le plus sérieux au plan mondial. Le Secrétaire à la Défense qualifie ce pays de principal soutien du terrorisme mondial. Le Président l'accuse d'organiser des attaques contre les troupes américaine (en Irak) » ».

Pour le moment, une différence significative avec le script irakien a été le fait que l'administration Bush ait démenti véhément qu'une attaque contre l' Iran, a fortiori nucléaire, serait une option actuellement envisagée. Bush lui-même a qualifié l'article de Seymour Hersh de « spéculation sauvage » et l'attaché de presse de la Maison Blanche, Scott McLellan, a déclaré carrément que les Etats-Unis restaient « partisans de la voie diplomatique ». Gary Sick, un expert ès questions iraniennes, cité par l' éditorialiste Jim Lobe dans un récent article, semble penser que la réputation d'avoir des comportements irrationnels et dangereux dont jouit l' administration Bush est utilisée, en ce moment, en guise de levier psychologique.

« Ils sont connus pour ça », a dit ce M. Sick, « si bien qu'ils n'ont pas besoin d'inventer leur réputation de toutes pièces. S'ils peuvent l'utiliser pour déstabiliser l'Iran - ou n'importe qui d'autre - pourquoi pas ? »

Mais alors : pourquoi cette sensation de froid, au creux de mon estomac ? Julian Borger, qui écrit dans le quotidien britannique The Guardian, a décelé autre chose :

« Vincent Cannistraro », écrit Borger, « ancien chef des opérations anti-terroristes de la CIA, a dit que M. Bush n'avait pas encore pris sa décision, en ce qui concerne le recours à une intervention militaire directe contre l'Iran. « Il y a une bataille en cours, pour gagner l'âme de Bush, sur cette question », a-t-il expliqué, ajoutant que Karl Rove, le principal conseiller politique du président, est fondamentalement opposé à l'idée d' une intervention armée. Toutefois, M. Cannistraro a indiqué qu'une action militaire clandestine, sous la forme de forces spéciales identifiant des cibles et aidant des groupes (iraniens) dissidents, est d'ores et déjà en cours. « Elle a reçu le feu vert, et elle pourrait aller jusqu'à causer un certain nombre de pertes en hommes. Des gens ont déjà été tués, dans ce cadre. »

Une bataille pour l'âme de Bush ? Des gens ont déjà été tués ? C'est un jour étrange, aujourd'hui, dans ce Monde du Bizarre où je me retrouve en accord total avec. Karl Rove ! C'est le flou qui entoure tout ça, qui rend la situation véritablement terrifiante. Aucune personne saine d'esprit n' entreprendrait une action aussi lourde de périls.

Mais, si nous avons appris quelque chose, ces dernières années, c'est bien que la santé mentale a toujours tendance à s'asseoir derrière, quand cette administration se lance dans un de ses rodéos automobiles dont elle a le secret.

J'ai pris un café, ce matin, à la cafétéria au coin de ma rue, qui en fait d 'excellent. Cette cafétéria est tenue par une Iranienne. Je lui ai demandé, à brûle-pourpoint ce qui se passerait dans son pays, au cas où nous déciderions effectivement de l'attaquer. Elle a repoussé cette possibilité d 'un revers de la main :

« J'ai lu l'article de Krugman », m'a-t-elle dit. « Mais ils ne feront jamais ça ! Il faudrait qu'ils soient complètement fous ! »

Certes. Vraiment dommage, qu'on n'ait pas encore pu les arrêter.

 

 

Le fondateur de l'enclave allemande Colonia Dignidad a été inculpé


L'ex-nazi Paul Schaefer, fondateur de l'enclave allemande Colonia Dignidad au Chili, a été inculpé lundi d'association illégale avec des anciens membres de la police secrète du régime du général Augusto Pinochet (1973-1990), a-t-on appris de source judiciaire.
Paul Schaefer, 84 ans, détenu au Chili depuis mars 2005, et le général chilien à la retraite Manuel Contreras, ex-chef de la police secrète (Dina) sous la dictature, sont poursuivis pour violations des droits de l'homme.
Le juge Jorge Zepeda, qui enquête sur une dizaine de délits commis dans cette enclave controversée fondée en 1961 dans le sud du pays, a également inculpé seize anciens colons allemands et agents de la Dina.
L'acte d'accusation du magistrat établit que Paul Schaefer et Manuel Contreras ont dirigé un groupe composé de militaires et de civils, chargé de persécuter les opposants au régime du général Pinochet, dont certains ont été détenus et torturés dans l'enclave allemande.
Le juge estime également que cette association a permis à l'ancien caporal nazi d'asseoir son pouvoir sur l'enclave de 13'000 hectares, fondée dans une zone montagneuse à l'est de la ville de Parral, à 350 km au sud de Santiago.
Arrêté en mars 2005 en Argentine après avoir été en fuite pendant huit ans, Paul Schaefer a été expulsé vers le Chili, où il est aussi inculpé pour des viols et des actes de tortures sur des enfants de Colonia Dignidad. De son côté, le général Contreras, 77 ans, purge actuellement une peine de 12 ans de prison pour des crimes commis sous le régime militaire.
En janvier, une fosse ayant contenu des restes humains de victimes de la dictature avait été découverte à Colonia Dignidad où vivent actuellement encore 300 colons allemands et leurs descendants.
Source : ats, 11 avril 2006

 

Le général Zinni demande la démission de Rumsfeld

 

Le général américain à la retraite Anthony Zinni, très respecté des militaires, a appelé hier à la démission du secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld. « Une série d'erreurs désastreuses ont été commises » en Irak, a estimé le général Zinni, qui fut commandant en chef des forces américaines dans le Golfe entre 1997 et 2000, sur la chaîne NBC.

Rappelant que la secrétaire d'État Condoleezza Rice a reconnu la semaine dernière que « des milliers » d'erreurs tactiques avaient été commises depuis le début de la guerre en Irak, le général Zinni a estimé que « ce n'était pas des erreurs tactiques ». «

C'était des erreurs stratégiques, des politiques élaborées ici », à Washington, a-t-il poursuivi. « N'accusez pas les militaires. Ils ont été magnifiques. Si quelqu'un nous sauve, ce sera eux. » Alors que le présentateur de l'émission Meet the Press lui demandait si quelqu'un devrait démissionner, le général Zinni a répondu : « Absolument ».

Qui ? « Le secrétaire à la Défense, pour commencer », a-t-il répondu. Source : L'Orient-Le Jour, 3 avril 2006