28/06/06 - Aux USA, l'ouverture des frontières
menace l'influence juive
par Stephen Steinlight , The Forward Forum , 16 juin
2006
Original : http://www.forward.com/main/printer-friendly.php?id=7979
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre de
Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité
linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.
L'auteur, analyste au Centre pour les Etudes
de l'Immigration (Center for Immigration Studies), a été
directeur des questions nationales à l'American Jewish Committee
[Comité juif américain]. Il est le coauteur de l'ouvrage
« Fractious Nation : Unity and Disunity in Contemporary Americain
Live » (University of California Press - Berkeley, 2004). Son
article est un véritable appel au secours contre le danger
qui menace la position dominante des juifs aux USA, censé venir
de la vague latina. Un véritable acte de foi suprématiste.
En adoptant la Loi Générale de Réforme de l'Immigration
[Comprehensive Immigration Reform Act] du président Bush, le
mois dernier, une coalition sénatoriale bi-partisane [i.e.
: républicains + démocrates, NDT] s'avère affectée
par cette attitude mentale dubitative et irresponsable résumée
par l'expression yiddish : « Sie machen sich nicht wissentig
» ou encore par l' « Ignorantia Affectata » de Saint
Thomas d'Aquin : elle consiste à ne pas vouloir savoir, tout
en feignant ignorer certains faits dérangeants.
Une majorité de Sénateurs démocrates a choisi
de complaire aux Latinos, en abandonnant un principe et le fondement
historique du parti afin de se concilier un important électorat
potentiel. Une minorité des Républicains de la chambre,
en même temps, donnait aux secteurs des services, de l' agriculture
et d'autres industries employant de la main-d'oeuvre non-qualifiée
un vivier inépuisable de travail bon marché. Tous les
Sénateurs qui ont voté en faveur de cette loi ont ignoré
des préoccupations éthiques, sociales et environnementales
plus larges, et - plus grave encore - la nécessité d'éviter
des effets pervers. Leur caricature de réforme de l'immigration
est purement dictée par une politique d'intérêts
particuliers ; elle dénie l'idée même d'intérêt
national. Et ce n'est pas seulement incidemment qu'elle menace, également,
les alliances et les intérêts juifs, tout en déshonorant
les valeurs juives [ ? NDT]
La 'Bush's bill', la loi de Bush, rejette la tradition américaine
d' immigration légale diversifiée et généreuse,
en la défigurant afin de créer un prolétariat
homogène du point de vue ethnique. C'est une véritable
prime à l'illégalité ou au contournement de la
loi. La colère qu'elle suscite chez l'Américain moyen
ne reflète ni sa xénophobie ni son extrémisme,
même si ses partisans stéréotypent ceux qui y
sont opposés en Messieurs-Je-Ne-Sais-Rien de droite.
Pour les Américains, d'une extrémité à
l'autre de l'éventail politique, l' immigration est quelque
chose de sacré, appartenant à l'histoire de leur famille
et de leur pays ; ils sont horrifiés de la voir profanée
par des iconoclastes, des hommes d'affaires sans scrupules et des
politiciens à la vue courte. Comme l'a fait observer le sociologue
Alan Wolfe, le distinguo entre une immigration légale et une
immigration illégale « est un des distinguos les plus
tenaces dans la classe moyenne américaine. les gens soutiennent
dans leur écrasante majorité l'immigration légale,
et ils expriment le rejet de sa variante illégale. »
Contrairement à ce que d' aucuns essaient d'insinuer, la bataille
juridique autour de ce projet de loi n'a pas opposé des libéraux
à des conservateurs. Ses partisans les plus acharnés
sont la Chambre de Commerce, le Wall Street Journal et Bush : pas
particulièrement, on le voit, des hérauts des causes
progressistes.
Si on se focalisait exclusivement sur l'immigration illégale,
toutefois, on serait à côté de la plaque : la
loi Bush aura pour effet de tripler l' immigration illégale.
L'explosion de la population est le principal impact de cette loi,
mais dans ce qui représente une abdication de la confiance
populaire à vous couper le souffle, le Sénat ne l'a,
tout simplement, pas compris. Ce n'est qu'après la publication
par John Rector, de la Heritage Foundation d'un article démontrant
que cette loi augmenterait la population américaine d'un tiers
que le Sénat a promptement adopté un amendement réduisant
le programme de « guest-worker » [régularisation
des sans papiers, NDT]. L'amendement amnistie douze millions d'aliènes
illégaux ; c'est un acte qui ignore tout simplement l'Histoire
: on se souvient en effet que l' amnistie décrétée
par la loi dite 'Immigration Reform and Control Act' en 1986 avait
eu pour effet de quintupler l'immigration illégale.
Néanmoins, même douze millions d'immigrés illégaux
régularisés, cela n'est qu'une goutte dans l'océan.
Les estimations pourtant prudentes de Rector prédisent plus
de 66 millions [d'immigrants] en vingt ans - et le total sera vraisemblablement
plus important encore, étant donné que l'augmentation
de l 'immigration légale individuelle a pour effet d'amorcer
la pompe.
La raison, c'est ce qu'on appelle l' « immigration en chaîne
». Cela commence avec un immigrant amenant légalement
une épouse et des enfants mineurs - souvenez-vous que les Mexicains
ont en moyenne quatre enfants par famille - puis, en quelques années,
après avoir été naturalisés, parents et
enfants, le même processus est répété par
leur parentèle, ad infinitum. La main-d'oeuvre du Mexique est
en gros de 43 millions de personnes. Les 12 millions d'étrangers
illégaux amnistiés par la loi Bush, fournis par seulement
15 % de ces 43 millions, représentent une chaîne aux
18.45 millions d'anneaux. Ajoutez 200 000 familles de travailleurs
immigrés nouveaux chaque année et un influx annuel de
800 000 à 900 000 illégaux, et la population de l'Amérique
[USA, NDT] va s'accroître de plus d'un tiers en moins de vingt
ans.
Le Sénat, de plus, a ignoré l'impact de cette loi sur
le système de sécurité sociale des millions d'immigrants
qui vont en bénéficier sans payer suffisamment de taxes
pour en assurer le financement. Le revenu de l' immigrant mexicain
est extrêmement bas en comparaison avec celui des ouvriers américains,
et cela prendra des décennies pour parvenir à la parité.
Une fois une solide majorité des 12 millions d'illégaux
amnistiés par la loi Bush naturalisés, les allocations
publiques versées à quelque 3,8 millions de foyers atteindront
un total annuel de 19 milliards de dollars. Les parents et enfants
immigrant à la chaîne éligibles à la sécurité
sociale fédérale coûteront quelque 30 milliards
de dollars annuellement - et encore, si seulement 10 % de personnes
appartenant à la parentèle de ces naturalisés
deviennent des résidents aux USA.
Cette loi insulte les valeurs juives ; elle sacrifie le précepte
central du judaïsme : la recherche de la justice. Citer le Lévitique
[verset 19] afin de soutenir cette loi, comme l'ont fait certains
juifs qui en sont partisans, est sacrilège. Ce texte magistral
nous ordonne [en effet] d' «aimer les étrangers, car
vous [aussi, vous] avez été étrangers, en Egypte.
» Notez qu'il est dit : « aimer », et non exploiter
à des fins économiques ou politiques.
Cette loi rejette aussi l'injonction faite par Jérémie
de « rechercher le bien-être de la cité où
je vous ai exilés. car c'est dans sa prospérité
que vous trouverez la paix » [29:4-7]. Une immigration massive
aura pour effet d 'éviscérer le filet de sécurité
sociale : trahir les ouvriers pauvres et les chômeurs américains
en exploitant des immigrés, voilà qui n'est pas tikkum
olam [="raccomodage du monde" = rendre le monde meilleur].
En dépit des mantras officiels, les immigrés ne prennent
pas seulement les boulots que les Américains ne veulent pas
faire. Il n'y a pas de crise de l' emploi. Les immigrants acceptent
volontairement des salaires bas, augmentant de ce fait le chômage
- qui est déjà astronomique chez les Noirs et les travailleurs
saisonniers - et abaissant les salaires de nos travailleurs les plus
modestes.
Où est donc passé l'intérêt historique
juif pour les Afro-Américains ? Le legs amer du racisme survit
: pauvreté largement répandue, apartheid résidentiel,
inégalité des chances, des générations
d'hommes noirs perdus dans le système judiciaire, implosion
des familles noires déshéritées. La justice pour
des millions d'Américains qui ont apporté une contribution
gigantesque à la richesse de l'Amérique, en tant qu'esclaves,
et qui ont été opprimés durant des siècles,
n'est pas aboutie. Avant d'importer une pauvreté massive, faisons-la
aboutir.
Pour revenir plus strictement à nos oignons, l'immigration
massive portera atteinte au pouvoir juif, en réduisant le pourcentage
de la population [juive] à une fraction de 1%, dans vingt ans.
Les juifs détiennent une puissance politique, en dépit
de leur petit nombre, parce que nous sommes concentrés dans
des États importants sur le plan électoral, parce que
nous avons des taux de participation électorale légendaires,
parce que nous contribuons très généreusement
aux deux partis [républicain et démocrate, NDT] ainsi
qu'à la culture dominante. Nous conserverons une certaine influence
résiduelle grâce à nos contributions aux campagnes
électorales, grâce à notre appartenance aux establishments
dominants et grâce à la solidité de nos alliances,
mais le vote latino finira par nous engloutir. De plus, il y a conflit
entre les intérêts latinos et les intérêts
juifs. Nous nous sommes battus [entre nous] au sujet de deux ouvertures
aux réfugiés et aux demandeurs d'asile. Nous avons voulu
accueillir les juifs soviétiques ; et les Latinos ont voulu
accueillir les réfugiés d'Amérique centrale fuyant
les sales guerres dans leur région. Nous avons gagné,
mais il y a eu un prix. Et, mis à part la composante évangélique
de leur communauté, les Latinos n'ont pas de liens particulièrement
forts avec Israël.
Nous sommes séparés par des chiasmes socioéconomiques
qui ne seront pas plus faciles à cicatriser que ceux qui ont
envenimé les relations entre Noirs et juifs. Avec une énorme
supériorité numérique de leur côté,
ils auront un besoin minime d'alliés, de faire des compromis
ou de se préoccuper des agendas de qui que ce soit. Plus inquiétant,
une étude, à laquelle a contribué y compris l'Anti-Defamation
League, montre que les Latinos arrivent en seconde position, après
les musulmans, au Hit Parade de l'antisémitisme.
Israël étant confronté à une menace existentielle
venue d'Iran, les relations israélo-palestinienne ayant touché
le fond et l'islamisme planétaire prenant les juifs pour cible,
accélérer notre perte de pouvoir est indéfendable.
La croissance de la population latino est inévitable, mais
une croissance exponentielle ? Certainement pas ! Si nous pouvons
maintenir les effectifs dans des limites raisonnables - qui accélèreraient
l' assimilation des immigrants et réduirait l'extrémisme
culturel traditionnel - nous pourrons sans doute conserver notre position.
Substituer la connaissance à la sentimentalité juive,
en matière d' immigration, cela signifie démolir des
mythes reflétant l'ignorance du caractère unique de
l'immigration juive. A la différence de beaucoup de nouveaux
venus en Amérique, les juifs ont été des réfugiés
et des chercheurs d'asile fuyant la persécution religieuse,
la tyrannie et les pogroms. La plupart des immigrés, en revanche,
ne sont pas des réfugiés : ils viennent ici pour gagner
du fric.
Contrairement à beaucoup d'autres, les juifs ont migré
en sens unique. Les juifs ne sont pas demeurés loyaux à
leurs pays antisémites d'origine ; la plupart ont immédiatement
appris l'anglais et embrassé l'américanisme. Alors que,
de nos jours, des millions de personnes immigrent en Amérique
par appât du gain, tout en méprisant l'Amérique
et en restant loyaux à leur pays d' origine.
Nous honorerions vraiment notre expérience d'immigrants en
préconisant une politique beaucoup plus généreuse
pour les vrais réfugiés et les authentiques demandeurs
d'asile - et non en adoptant des lois qui trahissent les travailleurs
américains, ont des effets dévastateurs pour les Américains
pauvres, exploitent les Mexicains, menacent la cohésion sociale
de l' Amérique et mettent en danger les intérêts
juifs.
23/06/06 - À Los Angeles, la police
et la mafia juive expulsent les fermiers mexicains de la Colectiva
Ils sont arrivés à laube du mardi 13 juin et ont encerclé
la ferme. Puis les shérifs du Comté de Los Angeles se
sont mis au travail. Les fermiers ont résisté vaillamment
: les uns sétaient enchaînés aux arbres - les
shérifs ont donc scié les arbres -, les autres sétaient
mis les mains dans des barils pleins de ciment à prise rapide
- les shérifs ont donc mis en action les marteaux-piqueurs.
La foule des quartiers avoisinants à commencé à
sassembler et à huer les flics qui emportaient hommes, femmes
et enfants en les traînant par terre une fois menottés.
Ainsi a pris fin une histoire longue de 14 ans, qui a vu des fermiers
mexicains du quartier de South Central aux prises avec la police et
des spéculateurs immobiliers liés à la mafia
juive. Ernesto Cienfuegos raconte cette histoire dans La Voz de Aztlan.
La mafia juive de Los Angeles terrorise les
fermiers de la Colectiva de South Central - Le conseiller municipal
Dennis Zine et ses sbires braquent leurs fusils sur des campesinos
par Ernesto Cienfuegos, La Voz de Aztlan, 13 avril 2006. Original
:
http://www.aztlan.net/jewish_mafia_terrorize_campesinos.htm.
Traduction par Fausto Giudice, membre du réseau
Tlaxcala pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es).
Traduction en Copyleft.
Peu de gens sont conscients du fait que Los Angeles dispose dune
puissante Mafia juive qui est de mèche avec le Département
de Police de Los Angeles et de nombreux élus locaux. Ce fait
est en train de devenir de plus clair pour les campesinos (paysans)
qui tentent de défendre leur ferme de 7 hectares dans le quartier
South Central de Los Angeles contre le spéculateur immobilier
juif Ralph Horowitz.
La ferme Colectiva des fermiers de South central, qui est délimitée
par la Rue Alameda, la 41ème Rue et le Boulevard Martin Luther
King a été créée il y a quatorze ans après
la fameuse rébellion de Los Angeles de 1992, lorsque le maire
dalors, Tom Bradley, attribué les 7 hectares appartenant à
la ville à des familles marginalisées afin quelles deviennent
autosuffisantes et puissent produire leur propre nourriture. La ferme,
fonctionnant comme un ejido (terre en propriété collective)
mexicain, a été une grande réussite, fournissant
les fruits, légumes et herbes médicinales essentiels
à 347 familles.
Aujourdhui, la Colectiva est menacée dêtre détruite
et son terrain dêtre repris par Ralph Horowitz et ses amis.
Par des deals e coulisses et en collusion avec certains conseillers
municipaux juifs de LA, Ralph Horowitz a pu devenir propriétaire
du terrain et il a fait afficher un ordre dexpulsion à lentrée
de la ferme.
Pire encore, Dennis P. Zine, membre juif du Conseil municipal de LA,
est en train actuellement de terroriser les fermiers. Dans un communiqué
de presse du Comité de soutien aux fermiers de South Central,
Fernando Flores déclare que le conseiller Zine et deux sbires
non-identifiés sont apparus à la ferme à la nuit
tombée et ont brandi un fusil, le pointant sur une adolescente
présente et son père. Lincident sest passé le
mardi 11 avril à 22 heures. Zine et ses hommes étaient
dans une Sedan banalisée immatriculée 4KWR891, rapporte
M. Flores. Lun des individus sest identifié comme étant
Dennis P. Zine du 3ème District. il a été reconnu
par des membres de la Colectiva, qui ont assisté aux réunions
du conseil municipal deux fois par semaine ces trois dernières
années, a ajouté M. Flores.
Le conseiller Zine ne représente pas la circonscription de
South central et était là, sous couvert de la nuit,
pour harceler les fermiers qui ont été en état
dalerte permanent depuis quils sont menacés dexpulsion.
Dennis Zine est un ancien membre de la police corrompue de Los Angeles
et a gardé des liens avec le département de police controversé.
Il a créé avec des membres de ce département
une organisation appelée POSSE* (People Organized for a Safe
Secure Environment = gens organisés pour un environnement sécuritaire
sûr). Il savère que la seule chose que les membres de
POSSE visent à faire respecter, cest la Mafia juive. POSSE
a une manière dopérer très semblable à
celle de la défunte organisation CRASH,** qui opérait
durant le scandale de Rampart. Malheureusement, POSSE a le soutien
entier du chef de la police Bill Bratton, originaire de New York.
Bratton est marié avec une éminente avouée juive,
Rikki Klieman, présentatrice de la chaîne de télévision
Court TV (TV Tribunal) et il est étoilement lié à
Michael Bloomberg, le nouveau maire juif de New York. Bratton a fait
de longs séjours, en tant que chef de la police de LA, en Israël.
Le but de ses séjours en Israël était de recevoir
une formation par les autorités militaires et policières
israéliennes sur la manière de sy prendre avec les Mexicains
et les Noirs en cas démeute. Et dans ce domaine, Israël
a une sacrée expérience comme le montre lécrasement
du peuple palestinien.
Voir aussi
Le film de lexpulsion des fermiers le 13 juin 2006
http://www.truthout.org/multimedia.htm
Le témoignage des fermiers de La Colectiva devant le conseil
municipal de LA sur leur harcèlement par Dennis Zine
http://www.aztlan.net/jewish_mafia_terrorize_campesinos.htm
Notes
* Posse: ce mot a 3 sens en langue usaméricaine : 1 - Une troupe
dhommes à cheval au service dun shérif; 2 - Tout groupe
de gens, en particulier des amis; 3 - Un gang de rue jamaïcain.
Dans le premier cas, son étymologie est le verbe latin posse
(pouvoir) dans lexpression posse comitatus (force du comté),
nom dune loi usaméricaine permettant à un shérif
de réquisitionner des hommes armés pour lassister. Dans
les deux autres cas, l'étymologie est incertaine. (NDT)
** CRASH : unité censée être délite de
la police de Los Angeles créée pour lutter cotre les
gangs. Ses membres furent accusés de se livrer à de
faux témoignages, des arrestations injustifiées et au
trafic de drogue. Elle a été dissoute et certains de
ses membres ont été condamnés. Pour en savoir
plus, lire http://www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/shows/lapd/scandal/
08/06/06 - La guerre entre Jack Anderson et
le FBI se poursuit au-delà de la tombe
par Charlotte RAAB, Agence France-Presse, 7 juin
2006
Le journaliste américain Jack Anderson était un spécialiste
des coups tordus, en guerre avec le patron du FBI, J. Edgar Hoover,
dont il avait fait fouiller les poubelles. Six mois après sa
mort, sa famille préfèrerait aller en prison plutôt
que de livrer ses secrets.
"Nous nous opposerons aux efforts du gouvernement pour consulter
les papiers de Papa, jusqu'à aller en prison", a affirmé
mardi Kevin Anderson, le fils de Jack Anderson entendu par une commission
du Sénat américain.
Pour lui, le FBI (police fédérale américaine)
n'a qu'un but: "réécrire l'Histoire", dont
Jack Anderson avait écrit quelques pages sombres.
C'est en effet ce journaliste d'investigation à la vocation
précoce (il travaillait à 12 ans au Deseret News, un
journal de Salt Lake City), qui avait révélé
que la CIA (centrale du renseignement) s'était alliée
à la mafia pour tenter d'empoisonner Fidel Castro en 1960.
Principal animateur d'une chronique très lue à travers
le pays intitulée "Washington manège", Jack
Anderson, considéré comme un ennemi par l'ancien président
Richard Nixon, avait aussi levé le voile sur le rapprochement
avec le Pakistan au détriment de l'Inde durant la guerre d'indépendance
du Bangladesh en 1972, ou encore sur diverses affaires de corruption
au Congrès.
A peine six semaines après sa mort, raconte Kevin Anderson,
le FBI téléphone à la veuve de Jack Anderson,
Olivia, 79 ans, pour lui expliquer que les autorités voudraient
consulter ses documents, à la recherche d'informations "classées
secrètes" pouvant être utiles à une enquête
"sur un pays moyen-oriental". Plus tard, on évoque
les besoins de l'enquête sur une affaire d'espionnage liée
au lobby pro-israélien AIPAC.
Un agent fédéral rend ensuite une visite très
cordiale à Olivia Anderson, et, selon la policière,
la vieille dame, 79 ans, accepte que le FBI consulte les documents
en question - stockés dans près de 200 cartons d'autant
plus poussiéreux que Jack Anderson, souffrant de la maladie
de Parkinson, avait pratiquement cessé ses investigations depuis
20 ans.
Les cartons sont depuis l'été dernier sous la garde
de l'université George Washington, dans la capitale américaine,
qui prévoit de les rendre à terme consultables par le
public.
Alerté par sa mère, Kevin Anderson, avocat et exécuteur
testamentaire, apprend que le FBI entend consulter la totalité
des archives, et saisir "tout élément estimé
secret par ses agents" - quitte à les rendre ultérieurement
sous une forme censurée.
"Cela détruirait la valeur historique, politique et culturelle
des papiers de Papa", s'étrangle Kevin Anderson.
"Papa disait souvent qu'il voyait passer des documents classés
secrets de 'sécurité nationale' - mais en fait c'étaient
des secrets de 'sécurité politique'", affirme encore
l'avocat. "Ils montraient les méfaits et les manipulations
des responsables gouvernementaux (..) qui avaient tenté de
pousser les preuves sous le tapis du secret. Ces informations ne doivent
pas être cachées au public", martèle-t-il.
L'universitaire Mark Feldstein, qui s'est vu confier les archives
de Jack Anderson pour les besoins d'une biographie en préparation,
s'est interrogé sur les motifs avancés par le FBI: "en
y réfléchissant, je peux me souvenir d'un seul document
qui aurait pu être secret: la fiche du FBI sur Jack Anderson
- mais notre version de ce document est lourdement censurée,
à la différence de l'original se trouvant dans les locaux
du FBI".
Pour M. Feldstein, l'affaire Anderson révèle en fait
une tendance lourde de l'administration Bush: "elle semble s'inscrire
dans un effort plus large du gouvernement pour museler le droit à
l'information des médias et du public: licenciement des responsables
organisant les fuites, suppression de données historiques dans
les archives, interdiction de photographier les cercueils de soldats...".
VeriChip : des puces RFID dans le bras des
immigrés ?
Le saut de puce de trop ?
par Marc Rees, PC INpact , 2 juin 2006
Source : http://www.pcinpact.com/actu/news/29179-VeriChip-des-puces-RFID-dans-le-bras-des-imm.htm
Dans une émission titrée « Hear and Know"
sur Fox & Friends" (*), Scott Silverman, Chairman de la société
VeriChip Corporation a exposé quelques-unes de ses idées
pour l'avenir. Verichip, pour mémoire est le spécialiste
mondial des puces par radiofréquences et de la traçabilité.
Le roi du tag, non sur les murs, mais sous la peau, n'est jamais trés
loin lorsqu'il s'agit de pucer à tout va.
En 2002, par exemple, trois membres d'une même famille de Floride
se faisaient implanter dans le bras une VeriChip afin de collecter
et d'analyser les données nécessaires à leur
suivi médical. Verichip a encore des alliances avec ORBCOMM,
afin de réfléchir à une association puce-GPS-satellite.
En Espagne, une boîte de nuit propose elle d'implanter une VeriChip
dans l'épaule des personnes afin qu'elles puissent payer leurs
consommations ou leur entrée à distance. Ces implants
sont encore utilisés à tour de bras dans les hôpitaux
afin d'accompagner le patient avec son dossier médical «
sous le bras » (le systéme Verimed vient justement d'être
adopté par 13 nouveaux centres hospitaliers américains).
Scott Silverman a donc proposé dans cette émission
de la Fox que ces puces pourraient être utilisées pour
contrôler les flux migratoires : une Verichip, de la taille
d'un grain de riz, seraient judicieusement implantées dans
le corps des travailleurs immigrés, avant qu'ils ne viennent
aux Etats-Unis dans le cadre de travail saisonnier. Il suffirait par
exemple d'exiger la présence de cette puce pour donner le feu
vert à la frontiére « On peut penser qu'il s'agit
d'une technologie appropriée qui peut être employée
entre autres, pour s'assurer que des travailleurs immigrés
entrant et sortant des Etats-Unis, sont correctement enregistrés
» explique l'intéressé. Une mesure idéale
donc pour s'assurer des contrôles exigés en la matiére
et qui trouverait aussi « une place au niveau de l'employeur
».
Sur le théme de l'immigration et des RFID, Verichip a reconnu,
à demi-mot, faire du lobbying à Washington pour que
sa voix soit entendue. L'idée de M. Silvermann tombe en tout
cas à merveille alors que le Sénat américain
discute actuellement une nouvelle loi en la matiére.
Répondant au fantasme du contrôle et de la traçabilité
absolue des êtres humains, les questions dépassant le
pur cadre commercial ou réglementaire semblent hors de portée
de l'intéressé... Dans le même temps, heureux
hasard du calendrier, Jim Doyle, gouverneur du Wisconsin, a signé
une loi qui froissera Verichip : elle interdit pénalement le
fait d'exiger d'une individu l'implantation d'une micropuce sous la
peau. L'amende, qui a été fixée à un plafond
de 10 000 dollars, risque de rester en travers de la gorge de VeriChip...
(*) On trouvera une retranscription de l'interview sur http://www.spychips.com/press-releases/silverman-foxnews.html
NDLR Quibla
RFID, les "étiquettes intelligentes"
L'identification par radiofréquence, ou RFID (Radio Frequency
Identification), est une méthode pour stocker et récupérer
des données à distance en utilisant des marqueurs appelés
« Tag RFID ». Les Tag RFID sont de petits objets, tels
que des étiquettes autoadhésives, qui peuvent être
collées ou incorporées dans des produits. Les Tag RFID
comprennent une antenne associée à une puce electronique
qui leur permettent de recevoir et de répondre aux requêtes
radio émises depuis l'émetteur-récepteur.
Les puces RFID s'incrustent un peu plus au
quotidien
par Marc Rees, PC INpact, 13 avril 2006
En juillet 2004, nous vous parlions du Baja Beach Club, une discothéque
barcelonaise trés imprégnée de nouvelles technologies.
Ses tenanciers avaient mis en route un systéme de paiement
par puce RFID sous-cutanée. D'un doigt, enfin du membre concerné,
passé prés d'un scanner portatif, l'on peut être
identifié selon un numéro par radiofréquence.
A l'aide de ce code barre apposé dans ses entrailles, le consommateur
peut ainsi payer son entrée, ses consommations, ou connaître
le crédit dont il dispose. Bref, un portefeuille qui tient
non dans la poche, mais sous la peau. La puce en question a été
conçue sans surprise par Verichip, gros spécialiste
dans le secteur des RFID.
Le Baja Beach Club de Rotterdam, pendant hollandais du club espagnol,
devait aussi lui adopter ce moyen de paiement. Dans un article du
Monde publié cette semaine, on relate que la mise en place
s'est là encore bien effectuée. Un espace VIP est même
réservé aux 70 clients particuliers qui ont jusqu'à
lors accepté de se délester de 1000 euros pour pouvoir
payer ainsi. Interviewé par nos confréres, un certain
Dick Carlier, ingénieur d'une trentaine d'années, s'explique
: « Quand j'ai décidé de me faire poser un chip,
mes parents ont eu peur qu'il se casse ou qu'il aille se balader n'importe
où dans mon corps. [] Personnellement, je n'ai jamais eu d'inquiétude.
Ici à Rotterdam, il y a des tas de gens avec des piercings
incroyables, et tout va bien pour eux. Moi, j'ai encore mieux : mon
chip est un piercing secret, je me sens unique, original. C'est aussi
une carte de crédit invisible, ça me plaît. Quand
j'en parle à des gens que je rencontre, ils veulent tous me
toucher le bras, pour sentir le chip sous ma peau ». Sur les
70 consommateurs intéressés par cette puce, une dizaine
de femmes aurait déjà sauté le pas.
L'on rappellera que ces puces sont souvent présentées
comme une solution idéale dans le milieu médical, afin
d'identifier le dossier d'un patient par exemple. Des chercheurs de
l'Université de Louvain travaillent ainsi sur l'incrustation
d'une puce RFID dans une dent, lieu sûr et beaucoup moins sensible
aux effets du temps. On trouve évidemment encore des applications
en matiére de gestion des stocks, avec la possibilité
d'inventaire en un rien de temps. Par propagation, effet de mode ou
besoin de sécurité, des applications de plus en plus
dérivées des buts initiaux se confirment en tout cas
chaque jour, au grand dam des risques pour les libertés individuelles.
30/05/06 - Un première objectrice de
conscience condamnée à Fort Benning
Katherine Jashinski est le première femme de lArmée
US à être condamnée pour objection de conscience.
Cette soldate de la Garde nationale avait refusé en novembre
2005 dexécuter un ordre de déploiement en Afghanistan.
Le 24 mai, la Cour martiale de Fort Benning, en Géorgie, la
condamnée à 120 jours de détention, dont elle
a déjà effectué 53 jours. Aidan Delgado et Camilo
Mejía, membres de lorganisation Vétérans dIraq
contre la Guerre, sont venus apporter leur soutien à Katherine
en assistant à son procès. Selon leur témoignage,
latmosphère initialement tendue de laudience a été
tansformée par le témoignage passionné de la
jeune femme. Après avoir purgé sa peine, celle-ci retournera
à ses études à lUniversité du Texas à
Austin et continuera à travailler avec le groupe récemment
fondé, Austin GI Rights Hotline (SOS-Droits des GI, Austin).
Source : Schhol of the Americas Watch, 24 mai 2006
27/05/06 - Loi sur l'immigration: Bush appelé
à la rescousse pour convaincre les députés
Le Sénat américain a approuvé dans la nuit de
jeudi à vendredi une réforme de l'immigration soutenue
par George W. Bush, ouvrant la voie à la régularisation
de millions de clandestins aux Etats-Unis, tout en renforçant
la sécurité aux frontières. Reste à convaincre
la Chambre des représentants, dont l'accord, loin d'être
acquis, est indispensable pour entériner le texte.La loi, soutenue
par le président américain contre l'avis d'une partie
des républicains, fera l'objet de négociations avec
la chambre basse du Congrès, qui avait adopté en décembre
dernier un autre texte, plus répressif, ne prévoyant
aucune régularisation.
Les sénateurs ont d'ores et déjà demandé
à M. Bush de les aider dans les négociations à
venir avec les députés, qui s'annoncent difficiles.
"L'heure est venue d'une participation très active du
président", a déclaré le républicain
Arlen Specter. "Je suis convaincu qu'il s'attellera sérieusement
à la tâche." Le sénateur démocrate
Edward Kennedy, un des architectes du projet, a également appelé
de ses voeux un engagement fort du chef de la Maison Blanche dans
ce dossier.
La réforme a été adoptée au Sénat
par 62 voix contre 36, c'est-à-dire par une majorité
transcendant les lignes partisanes. De nombreux démocrates
se sont en effet ralliés au texte voulu par le président
George W. Bush.
La nouvelle loi doit régulariser la plupart des 11 à
12 millions de clandestins installés aux Etats-Unis, en majorité
originaires du Mexique et d'Amérique latine. Des manifestations
en faveur du texte ont rassemblé ces dernières semaines
aux Etats-Unis plusieurs millions de personnes, des "Latinos"
notamment.
La loi "profitera à des millions de personnes et à
leur famille", s'est félicité vendredi le président
mexicain Vicente Fox. Elle "deviendra un exemple de gestion intelligente
et humaine de ce problème majeur du XXIe siècle qu'est
l'immigration", a-t-il affirmé dans un entretien au quotidien
français "Les Echos".
M. Fox regrette toutefois l'aspect "sécuritaire"
du texte, qui prévoit la construction de plusieurs centaines
de kilomètres de barrières de sécurité.
A la frontière mexicaine, les clandestins qui cherchent à
entrer aux Etats-Unis se disent encouragés par le vote du Sénat
et espèrent qu'une loi leur permettra de travailler légalement
et d'acquérir la nationalité américaine. En attendant,
ils ont bien l'intention de franchir le Rio Grande à leurs
risques et périls, avec ou sans l'autorisation de Washington.
"Ils ont finalement compris qu'ils ont besoin de nous",
a commenté Antonio Ortiz, 31 ans, originaire du Salvador, qui
tentait de regagner Austin (Texas) où il travaillait dans le
bâtiment avant d'être expulsé en mars. "Tous
ceux qui y vont trouvent du travail."
Cette loi "renforce notre sécurité et reflète
notre humanité", plaide le sénateur Kennedy. "Elle
est destinée à empêcher l'entrée de ceux
qui nous veulent du mal et à accueillir ceux qui contribuent
à notre pays."
"Pourquoi ne pas dire à ces travailleurs sans papiers
qui occupent les emplois que le reste d'entre nous refuse, 'sortez
de l'ombre'", a déclaré de son côté
le sénateur républicain John McCain, un des artisans
du texte. Certains sénateurs républicains ont toutefois
critiqué le projet jusqu'au bout, dénonçant notamment
une "amnistie" pour les sans-papiers.
La réforme prévoit le renforcement de la sécurité
à la frontière avec le Mexique avec l'installation de
caméras, capteurs et clôtures et le recrutement d'un
millier de garde-frontières supplémentaires cette année
et de 14.000 autres d'ici 2011.
Le texte prévoit aussi un traitement différencié
des clandestins en fonction de la durée de leur séjour
aux Etats-Unis. Installés depuis plus de cinq ans, ils pourront
demander leur régularisation définitive; présents
depuis deux à cinq ans, ils pourront obtenir un visa de travailleur
temporaire; mais en dessous de deux ans de présence sur le
sol américain, ils devront quitter le pays.
Source : AP , 26 mai 2006
L'image des Français
par MICHEL COLLON, 18 avril 2006
« La France est un pays socialiste », « Les Français
passent tout leur temps en vacances » et « Les jeunes
manifestants anti-CPE attendent que le gouvernement leur apporte un
emploi au lieu de le chercher eux-mêmes ». Entendu, tel
quel, de jeunes cadres new-yorkais, dans un reportage d'Arte la semaine
passée.
Mais quelle image fantasmée les médias US donnent-ils
donc des Français ? Voilà ce que se demanderont bien
sûr ceux qui connaissent la France réelle.
Bonne question. En voici une autre, peut-être encore meilleure...
Que vaut l'image que ces médias US - mais aussi français
- nous ont apportée à propos d'autres pays diabolisés
ces dernières années ?
« Quand je vois ce que disent les médias sur mon pays
que je connais bien, je me dis que je ne dois rien croire de ce qu'ils
disent sur d'autres pays que je ne connais pas ! » (Ernesto
Cardenal, ministre progressiste du Nicaragua, agressé économiquement,
militairement et médiatiquement dans les années 80)
Retrouvez les autres "Brèves de Net" sur : http://www.michelcollon.info/archives_articles.php?log=breves
«Une profonde frustration dans l'armée
» : 6 généraux en colère demandent la démission
de Donald Rumsfeld et les Démocrates embrayent
L'opposition démocrate a embrayé aux USA sur les critiques
émanant d'anciens généraux des forces armées
pour réclamer à son tour la démission de Donald
Rumsfeld.
Le secrétaire à la Défense de l'administration
Bush est depuis plusieurs jours sur la sellette pour sa gestion du
conflit en Iraq.
Après George Bush, qui avait interrompu ses vacances de Pâques
pour réaffirmer son soutien à Rumsfeld, des élus
républicains et le Pentagone ont de leur côté
fait bloc autour de cette figure de proue de l'administration, considérée
comme l'un des principaux artisans de l'intervention en Iraq.
La guerre des mots sur Rumsfeld, sur ses relations avec les commandants
américains et sur la guerre en Iraq a pris un tour particulier
avec l'appel à sa démission lancée par six anciens
généraux, aujourd'hui retirés du cadre d'active.
Parmi ces gradés figurent le général John Batiste,
ancien commandant de la Première Division d'infanterie en Iraq,
et le général Charles Swannack, qui dirigeait la 82e
Division aéroportée présente en Iraq. Ils ont
également reçu le soutien du général Wesley
Clark, ex-commandant suprême des forces de l'Otan qui fut candidat
aux primaires démocrates en 2004.
"A mon avis, le secrétaire (à la Défense)
devrait se retirer", a estimé dimanche sur CBS le gouverneur
démocrate du Nouveau-Mexique, Bill Richardson, considéré
comme un possible candidat pour les primaires en vue de l'élection
présidentielle de 2008.
"Six officiers distingués disent au fond que le secrétaire
Rumsfeld ne les écoutait pas sur les questions relatives à
la stratégie militaire", a poursuivi l'élu démocrate.
"Cela porte à un degré supplémentaire le
refus d'admettre ses erreurs, le refus de modifier une politique qui
ne fonctionne pas", a-t-il ajouté en évoquant une
"profonde frustration dans les rangs de l'armée".
Pour le sénateur Christopher Dodd, élu démocrate
du Connecticut, le plus grave dans ces commentaires d'ex-généraux
est qu'ils reflètent peut-être l'opinion des responsables
actuels de l'armée qui ne peuvent se permettre de critiquer
Rumsfeld ou Bush.
"Il nous faut une nouvelle direction en Iraq. En plus de l'arrogance
déjà relevée, il y a de l'incompétence",
a-t-il poursuivi, rappelant que la secrétaire américaine
d'Etat, Condoleezza Rice, a récemment admis que des "milliers
d'erreurs tactiques" avaient été commises en Iraq.
"Cela ne constitue pas précisément un soutien retentissant",
a-t-il ironisé.
LE PENTAGONE ET LES RÉPUBLICAINS FONT CORPS
Face à cette polémique qui ne s'éteint pas, le
Pentagone a divulgué dimanche un mémorandum censé
répondre aux critiques visant Rumsfeld.
Selon cette note d'une page, dont le New York Times s'est fait l'écho
le premier, le secrétaire à la Défense a participé
depuis le début de l'année 2005 à 139 réunions
avec l'état-major interarmes des forces américaines.
"Les principaux commandants militaires sont impliqués
à un niveau sans précédent dans le processus
de prise de décisions", peut-on lire dans cette note,
adressée à des analystes militaires civils et à
d'anciens commandants des forces armées, parmi lesquels certains
détracteurs du secrétaire à la Défense.
Le Parti républicain a lui aussi donné de la voix. George
Allen, sénateur de Virginie, a ainsi estimé sur CBS
que Rumsfeld était en voie de "bouc-émissairisation"
et que son limogeage ne règlerait pas la crise en Iraq.
"Quelle différence cela ferait-il ? Cela signifierait-il
quoi que ce soit pour les terroristes ?", s'est-il interrogé,
décelant aussi dans les critiques adressées à
Rumsfeld une attaque voilée contre George Bush.
Source : Reuters, 16 avril 2006
Quel degré de folie ont-ils atteint
?
par William Rivers Pitt, 11 avril 2006.
Original : http://www.truthout.org/docs_2006/041106R.shtml
Traduit de l'anglais en français par Marcel Charbonnier,
membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité
linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.
L'auteur Pitt écrit pour le New York Times.Il est l'auteur
de deux best-sellers mondialement connus : « War on Iraq: What
Team Bush Doesn't Want You to Know » [La guerre en Irak : tout
ce que l'équipe Bush ne veut pas que vous sachiez] et «
The Greatest Sedition Is Silence » [La pire des conspirations
est celle du silence].
Hier soir, j'ai eu une discussion avec mon boss au sujet de l'article
terrifiant de Symour Hersh, dans le New Yorker, exposant les plans
d'attaque contre l'Iran de l'administration Bush, qui pourraient comporter
le recours à l'arme nucléaire. Du coup, mon boss a lu
l'article de Hersh. Il en a été tourneboulé,
ce que je comprends parfaitement. Il m'a décrit ses réactions
en des termes évoquant l'éblouissement de Saint-Paul
sur le chemin de Damas. « Et dire que c'est ce qu'ils vont faire
!. » a-t-il commenté.
Moi, j'ai dit à mon patron que je ne pouvais pas me résoudre
à croire que l' administration Bush ferait ça. J'ai
passé en revue toutes les raisons pour lesquelles une attaque
contre l'Iran, a fortiori avec une arme nucléaire, quel qu'en
soit le type, serait de la folie pure.
Contrairement à l'Irak, l'Iran a une armée formidable.
Les Iraniens ont la haute main sur le golfe persique et ils ont déployé
des batteries de missiles tout au long des chaînes montagneuses
qui dominent la côte. Ces batteries de missiles, lui ai-je dit,
comportent des missiles Sunburn, qui peuvent voler à plus de
Mach 2 [c'est-à-dire à plus de deux fois la vitesse
du son, ndt] et sont capables de se jouer des systèmes de radar
Aegis. Tout navire de guerre américain dans le Golfe, y compris
les porte-avions qui y sont aujourd'hui déployés, seraient
des cibles aussi faciles que des canards nageant dans un étang.
Les répercussions, en Irak, seraient immédiates et
catastrophiques, lui ai-je rappelé. La majorité chiite
irakienne, qui bénéficie de son alliance avec l'Iran,
deviendrait totalement cinglée et attaquerait quiconque et
quoi que ce soit arborant les étoiles et les rayures du drapeau
américain [« stars and stripes »].
La Syrie, qui a signé un pacte de défense mutuelle
avec l'Iran, et dont on pense qu'elle dispose d'importantes capacités
en matière d'armes chimiques et biologiques, ne manquerait
pas d'entrer dans la danse.
La Chine, qui a signé un contrat de partenariat en matière
pétrolière avec l 'Iran, pour plusieurs millions de
dollars, pourrait entrer dans le conflit si elle considérait
que ses nouvelles ressources pétrolières étaient
menacées.
La Russie, qui s'est auto-convaincue que les ambitions nucléaires
de l'Iran ne viseraient que des buts pacifiques, pourrait être
entraînée, elle aussi, dans le conflit.
Blair et la Grande-Bretagne ne veulent rien avoir à faire
avec une attaque contre l'Iran, Berlusconi a perdu les élections,
en Italie, et l'Espagnol Aznar est déjà « out
». « Si l'administration mettait ses menaces à
exécution », ai-je dit à mon patron, « ses
responsables se retrouveraient immédiatement tout seuls et
dans le froid ».
« Quant à l'option nucléaire », ai-je précisé
à mon boss, « elle comporte des possibilités encore
plus cauchemardesques. La réaction à une attaque contre
l'Iran au moyen d'armes conventionnelles serait déjà
bien assez catastrophique. Si nous laissions tomber une bombinette,
la réaction serait exponentiellement pire, et elle mettrait
sur la table le scénario suprême du cauchemar : une conflagration
embrasant toute la région, qui atteindrait jusqu'au Pakistan,
où le président Pervez Musharraf s'efforce actuellement
de contenir les fondamentalistes avec les deux mains. Si les Etats-Unis
lâchent une bombe nucléaire sur l'Iran, il est possible
que les fondamentalistes, au Pakistan, se soulèvent et renversent
Musharraf, prenant ainsi le contrôle de l'arsenal nucléaire
de ce pays. D'un seul coup, d'un seul, ces armes nucléaires
deviendraient incontrôlées, et l'Inde entrerait dans
un état de folie collective. »
Mon argumentation, pleine de bon sens, fut convaincante. Mon patron
sembla ébranlé, et nous nous quittâmes en nous
souhaitant le bonsoir. Dix minutes plus tard, je recevais un e-mail
de mon patron. Il m'envoyait le dernier éditorial de Paul Krugman,
dans le New York Times, intitulé : « Oui : il [Bush]
en est capable ». Cet édito commence ainsi :
« Mais non ; il ne ferait tout de même pas ça
! ? » C'est exactement ce sentiment qui a permis au président
Bush de précipiter l'Amérique dans la guerre en Irak
et d'écarter les questions gênantes sur les raisons de
cette guerre, jusqu'après les élections de 2004. Beaucoup
de gens ne veulent tout simplement pas croire qu'un président
américain pourrait délibérément tromper
la Nation sur des questions de guerre et de paix. « Mais non
; il ne ferait quand même pas ça ! ? », disent
ces gens, qui se croient raisonnables. Toutefois, sachant ce que nous
savons concernant les origines de la guerre en Irak, il ne serait
pas raisonnable d'écarter la possibilité que M. Bush
entame une nouvelle guerre mal ficelée et inutile. Ce serait
se bercer d'illusions. » Génial !
La situation a atteint un degré vraiment critique, aux Etats-Unis,
dès lors que la première question que vous devez vous
poser en matière de guerre et de paix, ou de vie et de mort
est la suivante : « Quel degré de folie ces gens ont-ils
atteint ? » Toutes les estimations laissent entendre que les
capacités nucléaires de l'Iran ne deviendront pas une
réalité avant dix ans, ce qui laisse ouvertes une bonne
douzaine d'options diplomatiques et économiques, quant au traitement
de la situation. Il n'y a aucune raison valable pour attaquer ce pays.
En revanche, il y en a des tas de mauvaises.
La pire, bien entendu, serait le fait qu'une attaque contre l'Iran
changerait l'ambiance à Washington, à l'approche des
élections de mi-mandat, en 2006. Tous les sondages indiquent
que Bush et ses alliés au Congrès sont actuellement
à peu près aussi populaires que la gale. Si la tendance
actuelle n'est pas modifiée ni remise en cause, janvier 2007
pourrait voir l 'accession du Représentant démocrate
John Conyers Junior à la Présidence de la Commission
Juridique de la Chambre, ce qui lui confèrerait le pouvoir
d' assignation [contre Bush, dans le cadre d'une procédure
d' « empeachment », ndt].
« Comme l'a fait observer récemment Joseph Cirincione,
de la Fondation Carnegie pour la Paix Mondiale », poursuivait
Krugman dans son édito, « l' administration (Bush) semble
suivre exactement le même script, concernant l' Iran, que celui
qu'elle a suivi en Irak : « Le vice-président des Etats-Unis
prononce un discours fondamental consacré à la menace
provenant d'un pays riche en pétrole du Moyen-Orient. Le Secrétaire
d'Etat déclare devant le Congrès des Etats-Unis que
ce même pays représente pour nous le défi le plus
sérieux au plan mondial. Le Secrétaire à la Défense
qualifie ce pays de principal soutien du terrorisme mondial. Le Président
l'accuse d'organiser des attaques contre les troupes américaine
(en Irak) » ».
Pour le moment, une différence significative avec le script
irakien a été le fait que l'administration Bush ait
démenti véhément qu'une attaque contre l' Iran,
a fortiori nucléaire, serait une option actuellement envisagée.
Bush lui-même a qualifié l'article de Seymour Hersh de
« spéculation sauvage » et l'attaché de
presse de la Maison Blanche, Scott McLellan, a déclaré
carrément que les Etats-Unis restaient « partisans de
la voie diplomatique ». Gary Sick, un expert ès questions
iraniennes, cité par l' éditorialiste Jim Lobe dans
un récent article, semble penser que la réputation d'avoir
des comportements irrationnels et dangereux dont jouit l' administration
Bush est utilisée, en ce moment, en guise de levier psychologique.
« Ils sont connus pour ça », a dit ce M. Sick,
« si bien qu'ils n'ont pas besoin d'inventer leur réputation
de toutes pièces. S'ils peuvent l'utiliser pour déstabiliser
l'Iran - ou n'importe qui d'autre - pourquoi pas ? »
Mais alors : pourquoi cette sensation de froid, au creux de mon estomac
? Julian Borger, qui écrit dans le quotidien britannique The
Guardian, a décelé autre chose :
« Vincent Cannistraro », écrit Borger, «
ancien chef des opérations anti-terroristes de la CIA, a dit
que M. Bush n'avait pas encore pris sa décision, en ce qui
concerne le recours à une intervention militaire directe contre
l'Iran. « Il y a une bataille en cours, pour gagner l'âme
de Bush, sur cette question », a-t-il expliqué, ajoutant
que Karl Rove, le principal conseiller politique du président,
est fondamentalement opposé à l'idée d' une intervention
armée. Toutefois, M. Cannistraro a indiqué qu'une action
militaire clandestine, sous la forme de forces spéciales identifiant
des cibles et aidant des groupes (iraniens) dissidents, est d'ores
et déjà en cours. « Elle a reçu le feu
vert, et elle pourrait aller jusqu'à causer un certain nombre
de pertes en hommes. Des gens ont déjà été
tués, dans ce cadre. »
Une bataille pour l'âme de Bush ? Des gens ont déjà
été tués ? C'est un jour étrange, aujourd'hui,
dans ce Monde du Bizarre où je me retrouve en accord total
avec. Karl Rove ! C'est le flou qui entoure tout ça, qui rend
la situation véritablement terrifiante. Aucune personne saine
d'esprit n' entreprendrait une action aussi lourde de périls.
Mais, si nous avons appris quelque chose, ces dernières années,
c'est bien que la santé mentale a toujours tendance à
s'asseoir derrière, quand cette administration se lance dans
un de ses rodéos automobiles dont elle a le secret.
J'ai pris un café, ce matin, à la cafétéria
au coin de ma rue, qui en fait d 'excellent. Cette cafétéria
est tenue par une Iranienne. Je lui ai demandé, à brûle-pourpoint
ce qui se passerait dans son pays, au cas où nous déciderions
effectivement de l'attaquer. Elle a repoussé cette possibilité
d 'un revers de la main :
« J'ai lu l'article de Krugman », m'a-t-elle dit. «
Mais ils ne feront jamais ça ! Il faudrait qu'ils soient complètement
fous ! »
Certes. Vraiment dommage, qu'on n'ait pas encore pu les arrêter.
Le fondateur de l'enclave allemande Colonia
Dignidad a été inculpé
L'ex-nazi Paul Schaefer, fondateur de l'enclave allemande Colonia
Dignidad au Chili, a été inculpé lundi d'association
illégale avec des anciens membres de la police secrète
du régime du général Augusto Pinochet (1973-1990),
a-t-on appris de source judiciaire.
Paul Schaefer, 84 ans, détenu au Chili depuis mars 2005, et
le général chilien à la retraite Manuel Contreras,
ex-chef de la police secrète (Dina) sous la dictature, sont
poursuivis pour violations des droits de l'homme.
Le juge Jorge Zepeda, qui enquête sur une dizaine de délits
commis dans cette enclave controversée fondée en 1961
dans le sud du pays, a également inculpé seize anciens
colons allemands et agents de la Dina.
L'acte d'accusation du magistrat établit que Paul Schaefer
et Manuel Contreras ont dirigé un groupe composé de
militaires et de civils, chargé de persécuter les opposants
au régime du général Pinochet, dont certains
ont été détenus et torturés dans l'enclave
allemande.
Le juge estime également que cette association a permis à
l'ancien caporal nazi d'asseoir son pouvoir sur l'enclave de 13'000
hectares, fondée dans une zone montagneuse à l'est de
la ville de Parral, à 350 km au sud de Santiago.
Arrêté en mars 2005 en Argentine après avoir été
en fuite pendant huit ans, Paul Schaefer a été expulsé
vers le Chili, où il est aussi inculpé pour des viols
et des actes de tortures sur des enfants de Colonia Dignidad. De son
côté, le général Contreras, 77 ans, purge
actuellement une peine de 12 ans de prison pour des crimes commis
sous le régime militaire.
En janvier, une fosse ayant contenu des restes humains de victimes
de la dictature avait été découverte à
Colonia Dignidad où vivent actuellement encore 300 colons allemands
et leurs descendants.
Source : ats, 11 avril 2006
Le général Zinni demande la
démission de Rumsfeld
Le général américain à la retraite Anthony
Zinni, très respecté des militaires, a appelé
hier à la démission du secrétaire américain
à la Défense, Donald Rumsfeld. « Une série
d'erreurs désastreuses ont été commises »
en Irak, a estimé le général Zinni, qui fut commandant
en chef des forces américaines dans le Golfe entre 1997 et
2000, sur la chaîne NBC.
Rappelant que la secrétaire d'État Condoleezza Rice
a reconnu la semaine dernière que « des milliers »
d'erreurs tactiques avaient été commises depuis le début
de la guerre en Irak, le général Zinni a estimé
que « ce n'était pas des erreurs tactiques ». «
C'était des erreurs stratégiques, des politiques élaborées
ici », à Washington, a-t-il poursuivi. « N'accusez
pas les militaires. Ils ont été magnifiques. Si quelqu'un
nous sauve, ce sera eux. » Alors que le présentateur
de l'émission Meet the Press lui demandait si quelqu'un devrait
démissionner, le général Zinni a répondu
: « Absolument ».
Qui ? « Le secrétaire à la Défense, pour
commencer », a-t-il répondu. Source : L'Orient-Le Jour,
3 avril 2006