Réarrangement des chaises longues sur
le pont du Titanic...
George W. Bush a procédé mardi à un remaniement
de l'état-major de la Maison Blanche, réclamé
par une partie de sa majorité inquiète de l'impopularité
persistante du président américain, en nommant un nouveau
secrétaire général, poste clé de l'administration.
M. Bush a annoncé avoir accepté la démission
d'Andy Card, qui est remplacé par le chef des affaires budgétaires
de la Maison Blanche, Joshua Bolten.
Reste à savoir l'effet de ce changement, minimisé comme
purement technique par des experts politiques. L'opposition démocrate,
elle, a dénoncé un "réarrangement des chaises
sur le pont du Titanic", selon les mots du sénateur Charles
Schumer.
M. Bush, visiblement très ému, a expliqué, en
présence de MM. Card et Bolten, que son secrétaire général
était venu le voir récemment pour lui dire qu'il était
"peut-être temps de retourner à la vie privée".
La Maison Blanche n'a pas fourni d'autre explication. Le porte-parole
de l'administration, Scott McClellan, a appelé à ne
pas "analyser à outrance" la nouvelle. Le fait que
des changements interviennent après plus de cinq ans de présidence
"ne devrait surprendre personne", a-t-il dit.
Une partie de la majorité républicaine pressait depuis
quelque temps M. Bush, au plus bas dans les sondages, d'injecter du
sang neuf dans une administration considérée comme à
bout de souffle et d'idées. Cela paraissait d'autant plus nécessaire
que la majorité républicaine dans les deux chambres
du Congrès affronte en novembre des élections parlementaires
incertaines.
Moins de 40% des Américains approuvent aujourd'hui l'action
de leur président.
M. Bush est confronté à des affirmations d'indépendance
de plus en plus fortes de la majorité républicaine au
Congrès. Or le secrétaire général joue
un rôle crucial non seulement pour organiser l'agenda du président
mais pour assurer la liaison avec les parlementaires.
M. Card, un vétéran des administrations Reagan et Bush
père, assumait cette tâche depuis le premier jour de
la présidence Bush en janvier 2001.
M. Bush lui a rendu un hommage appuyé et a assuré qu'il
resterait "à jamais (son) ami".
Il a aussi estimé que "personne n'était mieux
préparé pour ce poste important" que M. Bolten,
50 ans, qui fut secrétaire général adjoint de
2001 à 2003 et qui connaît bien les rouages de la présidence
américaine. M. Bolten est membre d'un groupe de rock de la
Maison Blanche.
M. Bush a invoqué sa "grande expérience"
acquise au Capitole, à Wall Street, aux postes de secrétaire
général adjoint de 2001 à 2003 et, depuis, de
directeur du bureau des affaires budgétaires. "C'est un
expert des questions budgétaires et de notre économie",
a déclaré le président qui a fait de la "prospérité"
l'une des deux priorités de son mandat, avec "la guerre
contre le terrorisme".
M. Bush a cité ces deux priorités au moment du passage
de témoin entre MM. Card et Bolten.
Le président de la Chambre des représentants, le républicain
Dennis Hastert, a dit se réjouir de continuer à travailler
avec M. Bolten "dans son nouveau rôle".
"Comme dit le proverbe, vous pouvez mettre du rouge à
lèvres à un cochon, cela reste un cochon", a contredit
une porte-parole du Parti démocrate, Karen Finney.
Les démocrates font valoir que M. Bolten a eu une part prépondérante
dans les échecs de l'administration et qu'il est un adepte
du secret érigé en mode de gouvernement à la
Maison Blanche. Source : AFP, 28 mars 2006
Manifestation monstre à Los Angeles
pour la défense des sans-papiers
Au moins 200 000 personnes, d'origine hispanique pour la plupart,
ont manifesté samedi à Los Angeles contre un projet
de durcissement de la loi sur l'immigration tandis que le président
George Bush exhortait les républicains à accepter ses
propositions en la matière.
Une foule bruyante, où l'on pouvait voir beaucoup de drapeaux
mexicains, a envahi les rues autour de l'hôtel de ville de la
cité californienne pour protester contre ce texte qui, selon
elle, sanctionne les 12 millions d'immigrés clandestins qui
vivent et travaillent aux Etats-Unis.
"Je fais partie des milliers de personnes qui ont passé
la frontière dans le coffre d'une voiture parce que je voulais
une vie meilleure", a déclaré l'un des manifestants,
Eduardo Piolin, disc-jockey sur radio Nueva. "Aujourd'hui, je
suis un travailleur qui a ses papiers. Mais nous devons respecter
les gens qui n'ont pas de papiers et ne pas les traiter comme des
criminels".
Les organisateurs ont parlé d'un million de manifestants; la
police, de 200.000. Plusieurs personnes se sont adressées à
la foule, souvent en espagnol, sur un podium installé près
de la mairie tandis qu'un orchestre jouait tout près.
"Les immigrés clandestins sont les bienvenus quand il
faut aller à la guerre, alors pourquoi ne pouvons-nous pas
avoir un emploi, une maison, un permis ?", pouvait-on lire sur
une banderole.
Vendredi, 15.000 personnes avaient participé à une manifestation
similaire à Phoenix.
Dans son allocution radiophonique hebdomadaire, George W. Bush est
intervenu dans le débat. Le président est favorable
à des visas de travail temporaires dans le cadre d'une loi
plus générale qui renforcerait les contrôles aux
frontières.
Mais certains républicains considèrent que de tels visas
constitueraient un moyen déguisé de régulariser
les sans-papiers et ils préfèrent se limiter à
un renforcement de la sécurité à la frontière
et à une répression de l'immigration clandestine.
BUSH LANCE UN APPEL AU CALME
Bush a lancé un appel au calme à toutes les parties
en affirmant que la sécurité des frontières était
la priorité de la réforme de la loi sur l'immigration
mais qu'il fallait adopter une approche équilibrée tenant
compte de ce que les Etats-Unis sont historiquement une "nation
d'immigrants".
"En débattant sur la question de l'immigration, nous devons
nous rappeler qu'il y a des gens qui travaillent dur, qui font des
travaux que les Américains ne font pas, qui contribuent à
la vitalité économique de notre pays", a dit Bush.
Le projet de loi est en cours d'examen devant une commission du Sénat.
Bush est attendu mercredi à Cancun, au Mexique, où le
président Vicente Fox s'est montré déçu
du peu de progrès enregistré jusqu'ici vers l'adoption
d'un programme américain de visas temporaires pour travailleurs.
L'immigration s'annonce un thème important de la campagne en
vue des élections législatives de mi-mandat aux Etats-Unis,
en novembre.
Bush considère le programme de visas temporaires comme un moyen
d'attirer les électeurs hispaniques dans des Etats clefs tels
que l'Arizona, le Nouveau-Mexique et la Floride. Mais certains républicains
conservateurs mettent l'accent sur un durcissement de la loi dans
les circonscriptions où nombre d'électeurs considèrent
que l'immigration clandestine exerce une pression sur les écoles,
les hôpitaux et les autres infrastructures locales.
Bien que le programme de "travailleur invité" donne
aux clandestins une chance de se faire régulariser et de travailler
aux Etats-Unis pendant une période pouvant aller jusqu'à
six ans, Bush a démenti que cela relève d'une forme
d'amnistie.
"Je crois qu'accorder une amnistie serait injuste, parce que
cela permettrait à ceux qui enfreignent la loi de passer devant
ceux qui jouent le jeu et attendent leur tour", a dit le président
américain.
Source : Reuters, 26 mars 2006
“L’exclusion idéologique”
de Tariq Ramadan remise en cause devant un tribunal fédéral
La principale association américaine de défense des
libertés civiles, l'ACLU, a porté plainte mercredi devant
un tribunal fédéral de New York pour permettre à
l'intellectuel musulman suisse Tariq Ramadan d'entrer aux Etats-Unis.
Selon la plainte, le gouvernement américain a utilisé
de manière erronée un argument du Patriot Act intitulé
"exclusion idéologique", pour refuser un visa à
Tariq Ramadan.
"Le gouvernement n'a aucune autorité pour stopper des
universitaires étrangers à la frontière simplement
parce qu'il désapprouve leurs opinions politiques", a
déclaré Jameel Jaffer, avocat de l'ACLU dans ce dossier.
"Investir le gouvernement de cette autorité serait l'investir
d'un écrasant pouvoir de manipuler et censurer le débat
aux Etats-Unis".
Selon l'ACLU, Tariq Ramadan est visé pour ses critiques de
la politique américaine au Proche-Orient.
"Il serait absurde de suggérer que ces critiques - qui
sont du même type que celles publiées chaque matin dans
les pages éditoriales des grands journaux américains
- équivalent à une approbation du terrorisme",
argumente l'ACLU.
Tariq Ramadan, qui enseigne notamment à l'Université
d'Oxford, essuie un refus de visa américain depuis août
2004, ce qui l'empêche d'aller enseigner à l'Université
Notre Dame (Indiana, nord-est) et de donner des conférences
dans le pays.
Intellectuel controversé, Tariq Ramadan, petit-fils du fondateur
des Frères musulmans égyptiens, a été
recruté par le gouvernement britannique pour faire partie d'une
commission contre l'émergence de l'extrémisme au sein
de la communauté musulmane en Grande-Bretagne. Source : AFP,
15 mars 2006
À quelque chose Bush est bon
par Ulises Juarez Polanco, 3 mars 2006.
Original : http://www.rebelion.org/noticia.php?id=27667
Traduit de l'espagnol en français par Maria Poumier,
membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité
linguistique (www.transtlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.
L'auteur est un jeune poète et journaliste nicaraguayen, né
à Managua en 1984, membre du collectif d'artistes Marca Acme
<http://www.marcaacme.com/> et du réseau Tlaxcala <www.tlaxcala.es>.
Cet article est paru dans le quotidien de Managua El Nuevo Diario.
On peut visiter son site > http://www.juarezpolanco.com
Depuis qu'on lui a remis le pouvoir impérial en 2000, (enfin,
les gens que son propre père avait installés à
la cour suprême de son pays) Bush me fait rire. Sérieusement,
et ça ne m'empêche pas de souffrir et de m'indigner,
parce que c'est quand même incroyable qu'un clown pareil gouverne
la planète, ce bonhomme qui fait à la fois le flic,
le juge et l'avocat, dans notre univers.
Oui, je parle du créateur de ses bushées, ces pensées
géniales du genre : « demain, l'avenir sera plus beau
; il est temps pour la race humaine de rentrer dans le système
solaire ! » Plus savant : « la grande majorité
de nos importations vient de l'étranger ». « Un
faible taux de votants indique que moins de gens sont allés
voter ». Et il y en a d'autres.
La meilleure de Bush est sortie cette semaine. Voilà ce qu'il
a dit à Bill Sammon, correspondant du Washington Times, car
il "croit" (les guillemets sont de moi, UJP) que Ben Laden
l'a aidé à gagner les élections de novembre 2004,
face à John Kerry. « Je me suis dit qu'en la voyant [la
cassette diffusée 4 jours plus tôt, où Ben Laden
fulmine contre Bush et brandit le spectre du 11 septembre] les gens
se diraient : si Ben Laden ne veut pas que Bush soit réélu,
c'est qu'il n'est pas si mauvais ».[voir http://www.dcexaminer.com/articles/2006/02/27/top_news/00newsall28sammonpt2.txt]
Il m'épate, Bush. Quelle logique ! Sandino, le résistant
nicaraguayen abattu en 1934, ne voulait pas d'invasion usaméricaine
; ça prouverait que les yankees n'étaient pas si mauvais.
Effectivement, la conquête de l'Afghanistan, de l'Irak, bientôt
de l'Iran, la recolonisation de l'Amérique centrale et de la
République dominicaine, grâce au Traité de Libre
Commerce, plus ce qu'on voit au Mexique, où le président,
allié de Bush, parle de « zones de pauvreté inévitable
», et les armes de Bush braquées contre Cuba, le Venezuela,
la Bolivie et tout autre pays qui ne sache pas dire « yes sir
», ça ne serait pas si mauvais, d'après Bush.
Les électeurs américains aussi sont bizarres : pas si
mauvais, peut-être, les faillites comme celle d'Enron, la Nouvelle
Orléans rayée de la carte parce que Bush n'a rien voulu
faire ; les employés à la rue, les restrictions budgétaires
pour Medicare, Medicaid et l'éducation ; la dette qui bat tous
les records, parce que les dépenses militaires sont exorbitantes
(d'après nationalpriorities.org, le coût actuel de la
guerre est de 244 milliards et demi : $244 577 928 372 exactement,
à ce jour). Je ne vois qu'une raison pour qu'ils l'aient réélu,
la peur.
Quand on se laisse guider par la peur, il n'y a plus de limites claires
entre rationnel et irrationnel. La peur est telle que Bush a pu faire
voter des lois qui liquident les droits civiques minimum, comme le
respect de la vie privée, la liberté d'_expression et
de culte ; il a annoncé dans son discours sur l'état
de l'Union les écoutes téléphoniques et l'interception
du courrier sans ordre du moindre juge ; en fait, il légalise
des pratiques déjà bien répandues, et le président
Chavez ironise en l'appelant Mister. Danger.
C'est un danger public, ce bonhomme qui n'a toujours pas trouvé
d'armes de destruction massive en Irak, ni de Ben Laden en Afghanistan,
et qui envoie des milliers de jeunes gens devenir des assassins et
se faire assassiner, dans une guerre qui n'a pas de sens. Et qui fait
des affaires louches avec son clan, autour du pétrole.
Ce qui n'est pas si mauvais, avec le bonhomme (apparemment il n'est
pas au courant, ou bien il fait semblant) c'est que les sondages disent
que la majorité des Américains ne lui fait plus confiance,
ni en matière de finances, ni pour gérer l'invasion
de l'Irak, ni pour combattre le terrorisme au moyen de la guerre.
Il sait très bien que ce sont les amis de son père qui
l'ont fait choisir comme président, et que c'est son frère
Jeb Bush, le gouverneur de la Floride, qui techniquement lui a donné
la victoire ; après quoi, la peur, la confusion et la haine
l'ont porté au pouvoir ; ça l'agace tellement de devoir
le reconnaître qu'il ne sait plus ni quoi dire ni comment le
cacher.
Comme le disait Umberto Eco, on ne peut pas exiger que les gouvernements
obéissent aux philosophes et aux savants, mais quand même,
ils pourraient écouter les gens de bon sens et aux idées
claires. Avec Bush, ce qui apparaît, c'est qu'il est relativement
facile de man¦uvrer les gens en faisant appel à la peur,
à la haine, à la méfiance.
Parmi la minorité de gens qui pensent qu'il n'est pas si mauvais,
c'est Bush lui-même qui est son propre admirateur le plus fervent.
Nous autres, la minorité d'après lui, la majorité
selon les mathématiques élémentaires, nous qui
vivons au sud de la frontière impériale (à moins
que l'empire nous ait déjà avalés), nous vivons
une réalité bien différente.
Cette réalité n'attend rien des tours de magie de Bush
pour embellir notre misère. Mais elle nous apprend que M. George
Walter Bush, (comme Walker le premier escroc yankee qui mit la main
sur le Nicaragua), a réussi quelque chose : les peuples humiliés
sont de plus en plus soudés, solidaires dans la conscience
que la terre entière ne peut pas et ne doit pas être
annexée à l'empire de sa majesté Bush ; nous
savons, maintenant, que nous méritons le respect, comme d'ailleurs
le peuple usaméricain, exclu et oublié, et nous exigeons
le respect.
Pas si mauvais que ça, Bush ! Il a réussi quelque chose
de merveilleux : nous unifier dans l'espérance.
Un prof de géographie du Colorado a
des ennuis : il avait osé comparer des discours de Bush et
de Hitler - Shocking !
Par Kevin Vaughan, Rocky Mountains News, 4 mars 2006
Original : http://www.rockymountainnews.com/drmn/cda/article_print/0,1983,DRMN_957_4514358_ARTICLE-DETAIL-PRINT,00.html
Traduit de l'anglais par BB pour Quibla
Vendredi, un enseignant d'un lycée d'Aurora [Colorado] vendredi
a dévoilé son plans pour faire classer sans suite un
procès en cour fédérale tout en accélérant
la préparation de son mémoire en défense au sujet
des propos dans lesquels il compare le Président Bush à
Adolf Hitler et remet en cause toute la politique US, de la politique
anti- drogue à la politique étrangère, le capitalisme
et la politique anti-terrorisme.
Jay Bennish, 28 ans, qui enseigne depuis 2000 à Overland High
dans le district scolaire de Cherry Creek school district a défendu
ses propos et travail en classe devant le conseil d'adminstration
lors d'une réunion en début d'après-midi.
"je pense que ce serait une tragédie absolue de le sanctionner
pour ça," a dit son avocat, David Lane. "Ca revient
à envoyer le message aux professeurs de toutes les écoles
publiques qui si vous osez dire quelque chose de négatif au
sujet du président des USA ou des politiques US, vous serez
sanctionnés par votre district scolaire."
Ce qui, selon Lane, "fait de nous une société répressive,
nous rend tous moins libres."
Pendant que la polémique entrait dans son troisième
jour, Bennish a pris conseil auprès d'un personnage inattendu
- Ward Churchill, ce professeur de l'universi té du Colorado,
assailli de tous côtés, sur la brèche sur un certain
nombre de fronts et objet d'une enquête en cours par un comité
académique.
Selon Lane - qui représente également Churchill - le
professeur de l'unuversité du Colorado a di à Bennish
que, face aux journalistes "vous devez savoir exactement ce que
vous allez dire avant de le dire ; il ne s'agit pas d'improviser."
La polémique sur Bennish a éclaté mercredi après
la diffusion par le présentateur du talk show radio de KOA-A,
Mike Rosen d'un enregistrement des propos que le professeur avait
tenus le 1er février. L'enregistrement avait été
fait par Sean Allen, un étudiant de deuxième année
du cours accéléré de géographie mondiale
de Bennish.
Dans son exposé, Bennish a comparé des déclarations
faites par Bush à celles de Hitler, demandé si d'autres
pays devaient avoir le droit de bombarder des plantations de tabac
aux USA en raison des dégâts que provoque la cigarette
dans leurs soc iétés, qualifié la guerre en Iraq
d'invasion illégale et dit que la définition du terroriste
était une question de point de vue.
"Du point de vue des Palestiniens, qui sont les vrais terroristes?"
avait demandé Bennish à un moment donné. "Les
Israéliens, qui lancent sur les camps de réfugiés
des missiles qu'ils achètent au gouvernement des USA et tuent
peut-être un terroriste mais tuent également des femmes
et des enfants innocents."
Lane a menacé le district scolaire de poursuites, alléguant
que les droits à la libre _expression de Bennish ont été
niés quand il s'est entendu dire qu'il ne pourrait pas s'exprimer
publiquement au sujet de la polémique. Lane a également
indiqué que les propos de Bennish en salle de classe étaient
protégés par le premier amendement.
Après la réunion avec les administrateurs, Lane a rencontré
des journalistes tandis que Bennish s'éloignait sans faire
de commentaires des locaux de l'administration scolaire.
Lane a décrit la réunion comme "cordiale"
et a indiqué que les administrateurs semblaient être
en train de mener une enquête exhaustive.
"Ils voulaient entendre la version de Jay au sujet de toute l'affaire,"
a déclaré Lane.
Il a aussi prédit que Bennish serait de retour dans sa salle
de classe dans le courant de la semaine prochaine.
"C'est mon pronostic optimiste," a indiqué Lane.
"Si ce n'est pas le cas, il pourrait être devant la cour
fédérale la semaine prochaine."
Mais la polémique entourant les commentaires de Bennish n'a
montré aucun signe d'apaisement.
Rush Limbaugh, la figure emblématique du conservatisme a fait
passer vendredi des extraits des proposs de Bennish sur sa station
de radio à diffusion nationale.
Vers16 h ce. vendredi, 16 étudiants d'Overland se sont rendus
au bâtiment du district scolaire pour exprimer leur soutien
à Bennish.
Après l'émission de Rosen consa crée à
Bennish mercredi, Bennish a été convoqué et mis
en congé administratif avec traitement. Les responsables du
district ont conclu après écoute de l'enregistrement
qui "il semble évident qu'un manquement à la politique
du district s'est produit concernant la présentation équilibrée
du questions sensibles."
Cependant, la décision de sanctionner ou pas Bennish n'est
pas attendue avant la semaine prochaine. Il reste en congé
administratif avec traitement.
Vendredi matin, avant son émission radio, Rosen avait déclaré
qu'il considérait que toute punition devrait prendre en compte,
au moins en partie, d'éventuelles sanctions antérieures
pour le même genre de choses.
"Franchement, il semble si fanatique, siidéologue, il
ne ma semble pas qu'on puisse lui faire confiance pour présenter
en classe les sujets controversés d'une manière équilibrée,"
a déclaré Rosen.
Tustin Amole, porte-parole du district, a indiqué que Bennish
n'avait jama is été sanctionné et avait été
l'objet d'une seule plainte antérieurement, plainte qui "avait
trouvé une solution amiable."
Lane a précisé que cette plainte concernait un manuel
que Bennish utilisait dans une classe - un manuel qui, a-t-il précisé,
figurait sur la liste des supports approuvés par le district.
Lane a indiqué que l'objectif essentiel de l'enseignement de
Bennish était d'inciter ses étudiants à réfléchir.
Il a également dit que des parties non enregistrées
des débats de Bennish avec la classe apportaient l'équilibrage
exigé par la politique de district.
Selon lui, Bennish a dit aux étudiants : "'je vous balance
tout ça. Je veux que vous écriviez à propos de
ce que je vous ai dit. Je veux que vous le démontiez. Je veux
que vous le critiquiez. Je veux que vous l'analysiez, et si vous le
faites je vous donnerai un crédit d'enseignement supplémentaire.
Peu importe votre point de vue - vous pouvez être d'accord avec
moi ; vous pouvez être en désaccord avec moi.'
"Ce n'est pas sur la bande - c'est hors de la bande," a
expliqué Lane.
Quand on lui a demandé pourquoi, il a répondu, "vous
devriez le demander à celui qui a fait l'enregistrement."
Allen, l'étudiant qui a enregistré le cours, n'a guère
répondu aux nombreux appels téléphoniques de
vendredi.
Lane a également évoqué le programme de la classe,
qui comprend une liste de sites Web que les étudiants peuvent
visiter pour se renseigner sur l'actualité et rédiger
des travaux afin d'obtenir des crédits d'enseignement supplémentaires.
Tandis que plusieurs des sites sont vers la gauche du spectre politique,
comme Guerilla News et la Brookings Institution,ce n'est pas la cas
de tous. Au moins trois sont à droite du spectre politique
-comme le Cato Institute, la Heritage Foundation et le Project for
a New American Century.
"Il n'est pas membre du syndicat des enseignants," a ajouté
Lane. " il ne soutient pas le parti Démocrate. Il n'a
pas de plan pour promouvoir des causes généreuses. Son
ordre du jour est d'amener les étudiants à penser par
eux-mêmes."
Selon Lane, Bennish est bouleversé par la situation.
"Toute sa vie il a voulu enseigner," a-t-il dit.
Lane a décrit le professeur comme étant "très,
très en colère" au sujet de Sean Allen.
"Il pense qu'à l'évidence cet étudiant poursuit
un objectif," explique Lane. "L'étudiant est sorti
de l'établissement dans le but d'acheter cette bande magnétique."
Mais Lane a ajouté qu'aucune disposition ne serait prise contre
Allen.
"Ce gamin a le droit d'avoir son opinion," a conclu lane.
"Il a lui aussi les droits prévus par le premier amendement."
Le secret reste le problème majeur dans l'affaire de la mosquée
d'Albany (New York)
par Michael Virtanen, Associated Press, 2 mars 2006. Original : http://www.newsday.com/news/local/wire/newyork/ny-bc-ny--mosqueraid-secrec03.
Traduit de l'anglais par BB pour Quibla
ALBANY, Etat de New-York -- Près de 18 mois après l'arrestation
au cours d'une opération piège anti-terroriste du FBI
de deux membres d'une mosquée d'Albany, le problème
du secret d'Eta fédéral reste entier, compliqué
encore par des allégations récentes selon lesquelles
des enregistrements hors procédure judiciaire ont été
utilisés pour fournir des éléments de preuves.
Thomas McAvoy, le juge fédéral de district a programmé
une audience le 24 mars à Binghamton pour examiner des questions
préalables comme la réexamen de la liberté sous
caution pour le clerc musulman Yassin Aref et la réponse du
Département de la justice sur l'usage des bandes enregistrées.
"The interesting first question is: Did you conduct warrantless
wiretaps? If the answer to that is no, it's over," said Kevin
Luibrand, attorney for co-defendant Mohammed Hossain. "It's a
very easy question to answer to get us off this hump. That's why I
think the answer is yes."
"La première question intéressante est : Avez vous
pratiqué des écoutes enregistrées hors procédure
légale? Si la réponse à cette question est no,
n'en parlons plus" a déclaré Kevin Luibrand avocat
de Moahammed Hossain, le co-accusé. "Il est très
facile de répondre à cette question et nous sortir du
flou. C'est pourquoi je pense que la réponse est oui."
Aref et Hossain sont accusé d'avoir blanchi de l'argent en
2003-2004 pour un informateur du FBI, un homme d'affaires Pakistanais
se faisant passer pour un marchand d'armes. Aucun n'est accusé
d'avoir réellement commis des violences.
Les avocats de la défense veulent que les charges soient abandonnées
ou, au moins, que soient écartés tout élément
obtenu par des écoutes téléphoniques hors procédure
judiciaire, avançant que ces enregistrements auraient violé
les droits constitutionnels de leurs clients contre des démarches
de recherche déraisonnables.
Le programme d'écoutes de la National Security Agency en dehors
de toutes garanties légales a été révélé
à l'opinion le 16 décembre par le New York Times. Le
Président Bush et l'Attorney Général Alberto
Gonzales l'ont défendu comme un contrôle nécessaire
des appels émis depuis l'étranger par des suspects de
terrorisme, contrôle qui a commencé quelques temps après
les attentats du 11 septembre 2001. Il ont refusé d'en révéler
aucun détails.
Au sujet des enregistrements d'Albany, l'US Attorney Adjoint William
Pericek a indiqué avoir interrogé la section anti-terroriste
du Département de la Justice et le vice attorney général.
Dans une lettre au juge le mois dernier, Pericek a cité "la
nouveauté du probléme" qui a été
soulevé dans d'autres affaires, et le besoin de coordination
avec les autres services. Il a demandé un délai de deux
semaines, promettant une réponse pour le 10 mars.
L'association new-yorkaise pour les libertés civiles [New York
Civil Liberties Union] a demandé à participer, expliquant
avoir été impliquée dans "un certain nombre
d'affaires...soulevant des questions sur la légalité
des mesures extraordinaires prises par le gouvernement fédéral
à la suite du 11 septembre." Reconnaissant son opposition
aux écoutes sans ganranties légales, la NYCLU a affirmé
que son expertise pouvait être utile pour démêler
ces problèmes juridiques complexes."
Dans une note ce mercredi, Petricek a soutenu que la NYCLU avait fait
sa demande trop tard et n'avait rien de plus à apporter que
les avocats de la défense.
Entre temps, les procureurs ont invoqué à plusieurs
reprises la loi de procédure sur les informations classées
secrètes [ Classified Information Procedures Act] et demandé
à McAvoy de protéger l'accès à certains
documents, affirmant que leur révélation compromettrait
la sécurité nationale. Luibrand et Terence Kindlon,
les avocats de la défense, ont été eux aussi
maintenus dans le flou complet même si tous deux sont des vétérans
de l'armée et ont des autorisations spéciales.
L'accusation affirme que tous les éléments pertinents
figureront dans le rapport, que l'affaire était une opération
piège dans laquelle deux suspects avaient accepté de
participer à un crime, et que les autorités ne font
que protéger le dispositif qui a permis d'obtenir des preuves.
Les procureurs onr récemment obtenu in délai courant
jusqu'au 16 mars pour ajouter des documents sous scellés supplémentaires,
le juge ayant statué contre la levée du secret.
La liberté sous caution a été révoquée
en automne pour Aref, 35 ans, imam de la mosquée as-Salam à
Albany. Son co-accusé, Hossain, 50 ans, propriétaire
d'une pizzeria à Albany et membre de la mosquée reste
en liberté sous caution. Ils ont rejeté les accusations
de conspiration pour apporter un soutien à Jaish-e-Mohammed,
une organisation basée au Pakistan et classée organisation
terroriste par le gouvernement fédéral.
En révoquant la liberté sous caution le 30 septembre,
le juge David Homer avait conclu qu'Aref "a adopté et
soutient les objectifs d'organisations terroristes." C'était
suite à la présentation par l'accusation d'extraits
du journal d'aref depuis 1999, peu de temps avant qu'il ne vienne
aux USA en tant que réfugié en provenance du Kurdistan
Iraquien.
Kindlon a plaidé que l'accusation avait avec un "art consommé"
créé cette fausse impression avec des extraits d'un
journal dans lequel Aref consignait les points de vue de certaines
personnes qu'il avait rencontrées lorsqu'il travaillait dans
l'organisation politiqueMouvement islamque du Kurdistan.
236 conspirateurs contre le monde : voyage
à l’intérieur du Groupe de domination globale
- La liste complète de ceux qui veulent êtres les Maïtres
du monde
Par Peter Phillips, CounterPunch, 9 février
2006.
Original : http://www.projectcensored.org/downloads/Global_Dominance_Group.pdf.
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean-François
Goulon pour http://questionscritiques.free.fr/edito/CP/Peter_Phillips_090206.htm,
révisé et complété par Fausto Giudice,
membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la dversité
linguistique (www.tlaxcala.es). cette traduction est en Copyleft
L’auteur est Professeur de Sociologie
à l'Université d'Etat de Sonoma et directeur de Project
Censored, une association spécialisée dans la recherche
sur les médias
http://www.projectcensored.org/
Aux
USA, la classe dirigeante est aujourd'hui dominée par un groupe
néoconservateur de quelques 200 personnes qui partagent l'objectif
d'affirmer la puissance militaire des USA dans le monde entier. Ce
"Groupe de Domination Globale", en coopération avec
les principaux fournisseurs de l'armée, est devenu une force
puissante au cœur de l'unilatéralisme militaire et des
processus politiques usaméricains.
L'existence d'une classe dirigeante dominante aux USA est largement
documentée par toute une lignée de recherches sociologiques.
Elle établit la politique et détermine les priorités
politiques nationales. Dans son livre publié en 1956 sur l'élite
du pouvoir, C. Wright Mills a expliqué, documents à
l'appui, comment la Deuxième Guerre Mondiale a permis à
une trinité de puissances - les élites des grandes entreprises,
de l'armée et du gouvernement - de se solidifier en une structure
de pouvoir centralisée, travaillant à l'unisson, à
travers des "cercles plus élevés" de contact
et d'accords.
Les néoconservateurs, qui plaident pour le contrôle militaire
des USA sur le reste du monde, se trouvent à présent
à des postes politiques de premier plan au sein des plus hauts
cercles de pouvoir des USA. Le magazine Adbusters a résumé
le néoconservatisme ainsi : "C'est une croyance selon
laquelle la démocratie, aussi défectueuse soit-elle,
est mieux défendue par un public ignorant, reposant sur le
nationalisme et la religion. Seul un état nationaliste et militant
peut faire reculer les agressions humaines. Un tel nationalisme a
besoin d'une menace extérieure, et si l'on ne peut pas en trouver
une, alors il faut la fabriquer".
En 1992, sous l'administration de Bush Premier, Dick Cheney a soutenu
Lewis Libby et Paul Wolfowitz pour qu'ils produisent leur rapport
"Defense Planning Guidance" [Conseils pour planifier la
défense], qui plaidait pour la domination militaire des USA
sur toute la planète dans le cadre d'un "nouvel ordre".
Ce rapport appelait les USA à accroître leur supériorité
militaire et à empêcher de nouveaux rivaux d'émerger
pour défier les USA sur la scène mondiale.
À la fin de l'administration Clinton, les défenseurs
de la domination mondiale fondèrent le Project for a New American
Century (PNAC). Parmi les fondateurs du PNAC, huit étaient
affiliés au fournisseur numéro un du ministère
de la défense, Lockheed-Martin, et sept autres, associés
au fournisseur militaire numéro trois, Northrup-Grumman. Sur
les vingt-cinq fondateurs, douze furent nommés ultérieurement
à des postes de haut niveau dans l'administration de George
W. Bush.
En septembre 2000, le PNAC a produit un rapport de 76 pages intitulé
"Reconstruire les Défenses de l'Amérique : Stratégie,
Forces et Ressources pour un Nouveau Siècle". Ce rapport,
similaire au rapport Defense Policy Guidance de 1992, appelait à
protéger la patrie américaine, à être capable
de livrer des guerres sur plusieurs théâtres simultanés,
à accomplir des tâches de maintien de l'ordre et à
contrôler l'espace et le cyberespace. Selon ce rapport, les
années 90 avaient été une décennie de
négligence en matière de défense et les USA devaient
accroître les dépenses militaires pour préserver
leur leadership géopolitique en tant qu'unique superpuissance
mondiale. Ce rapport reconnaissait aussi que : "Le processus
de transformation sera certainement long, a moins d'un événement
catastrophique et catalyseur, tel un nouveau Pearl Harbor". Les
événements du 11 septembre 2001 ont représenté
exactement la catastrophe qui, selon la théorie des auteurs
de Rebuilding America's Defenses, était nécessaire pour
accélérer leur agenda de domination mondiale. La guerre
permanente contre la terreur qui en a résulté a conduit
à une dépense militaire massive du gouvernement américain,
aux invasions de deux pays - et à la menace sur trois autres
-, ainsi qu'à l'accélération rapide des plans
des néoconservateurs pour assurer le contrôle militaire
du monde.
Les USA dépensent désormais pour la défense autant
que l'ensemble des autres pays de la planète réunis.
Le budget du Pentagone destiné à l'acquisition de nouvelles
armes est passé de $61Mds en 2001 à plus de $80Mds aujourd'hui.
Les ventes de Lockheed-Martin se sont accrue de 30% sur la même
période, avec des dizaines de milliards de dollars de provision
pour les achats futurs. De 2000 à 2004, l'action de Lockheed-Martin
a été multipliée par 3. Northrup-Grunman a connu
une croissance similaire grâce à ses contrats avec le
département de la Défense, qui sont passés de
3,2 milliards de dollars en 2001 à 11,1 milliards de dollars
en 2004. Les contrats qu'Halliburton, dont Dick Cheney est l'ex-PDG,
avait avec l'armée en 2001 se sont élevés à
$427m. Dès 2003, ses contrats avec la défense étaient
passés à $4,3 Mds, dont près d'un tiers provenait
d'accords sans appel d'offre.
En ce début 2006, le programme du Global Dominance Group est
bien installé au sein des conseils politiques des plus hauts
cercles et il est habilement mis en oeuvre à l'intérieur
du gouvernement des USA. Ce "Groupe de Domination du Monde"
travaille main dans la main avec les fournisseurs de l'armée,
assurant la promotion des forces américaines dans plus de 700
bases dans le monde entier.
Il y a une différence importante entre se défendre contre
des menaces extérieures et penser que l'on peut contrôler
militairement le monde. Lorsqu'on interroge les travailleurs américains,
une majorité d'entre eux émet de sérieux doutes
quant à l'acceptabilité morale et pratique de financer
la domination du monde.
Les organisations, les institutions et les hommes du Groupe de domination
globale
1 - Les organisations
PNAC Project For New American Century (Projet pour le nouveau sicèle
américain)
HO Hoover Institute (Institut Hoover)
AEI American Enterprise Institute (Institue américain de l’entreprise)
HU Hudson Institute (Institut Hudson)
NSC National Security Council (Conseil national de sécurité)
HF Heritage Foundation (Fondation de l’héritage)
DPB Defense Policy Board (Bureau de politique de défense)
CPD Committee on Present Danger (Comité sur le danger présent)
JINSA Jewish Institute of National Security Affairs (Institut juif
ds affaires de sécurité nationale)
MI Manhattan Institute (Institut Manhattan)
CLI Committee for the Liberation of Iraq (Comité pour la libération
de l’Iraq)
CSP Center for Security Policy: Institute for Strategic Studies (Centre
pour la politique de sécurité : Institut d’études
stratégiques)
CSIS Center for Strategic and Int’l Studies (Centre d’études
stratégiques et internationales)
NIPP National Institute for Public Policy (Institut national pour
la politique publique)
AIPAC American Israel Public Affairs Committee (Comité américain
des affaires publiques d’Israël)
2- Les institutions
CIA Central Intelligence Agency (Agence centrale de renseignement)
DOD Department of Defense (ministère de la Défense)
DOS Department of State (ministère des Affaires étrangères)
CFR Council on Foreign Relations (Conseil sur les relations étrangères)
DOJ Department of Justice (ministère de la Justice)
DOC Department of Commerce (ministère du Commerce)
WHOMB White House Office of Management and Budget (Bureau de gestion
et du budget de la Maison blanche)
DOE Department of Energy (ministère de l’Énergie)
DPB Defense Policy Board (Bureau de la politique de défense)
DoT Department of Transportation (ministère des Transports)
NSA National Security Agency (Agence nationale de sécurité)
3 - Les hommes
1. Abramowitz Morton I.; PNAC, NSC, assistant au Secrétaire
d’État, Ambassadeur en Turquie et en Thaïlande,
CISS, Carlyle
2. Abrams, Elliott; PNAC, Heritage, département d'État,
HU, assistant spécial du Président Bush, NSC
3. Adelman, Ken; PNAC, CPD, ministère de la Défense,
DPB, Fox News, CPD, Affairs, commandant en chef du Commandement stratégique
aérien, Northrop Grumman, Agence de désarmement de contrôle
des armes
4. Aldrige, E.C. Jr.; CFR, PNAC, NSA, HU, HF, secrétaire de
la Force aérienne, assistant au Secrétaire d’État,,
Douglas Aircraft, ministère de la Défense, LTV Aerospace,
WHOMB, Strategic Systems Group, Aerospace Corp.
5. Allen, Richard V.; PNAC, HF, HO, CFR, CPD, DPB, CNN, US Congress,
CIA
Analyst,CSIS, NSC
6. Amitay, Morris J.; JINSA, AIPAC
7. Andrews, D.P.; SAIC
8. Andrews, Michael; L-3 Communications Holdings, Deputy Asst. assistant
adjoint au secrétaire à la recherche et à la
Technologie, scinetifique en chef de l’ US Army
9. Archibald, Nolan D.; Lockheed Martin
10. Baker, James, III, Caryle, secrétaire d’État
(Bush), secrétaire au Trésor (Reagan)
11. Barr, William P.; HF, HO, PNAC, CFR, NSA, US Congress, assistant
du Président (Reagan), Carlyle,
12. Barram, David J.; Computer Sciences Corporation, ministère
du Commerce
13. Barrett, Barbara; Raytheon
14. Bauer, Gary; PNAC, sous-secrétaire à l’Éducation
15. Bechtel, Riley; Bechtel
16. Bechtel, Steve; Bechtel
17. Bell, Jeffrey; PNAC, MI
18. Bennett, Marcus C.; Lockheed Martin
19. Bennett, William J.; PNAC, NSA, HU, secrétaire à
l’Éducation
20. Bergner, Jeffrey; PNAC, HU, Boeing
21. Berns, Walter; AEI, CPD
22. Biggs, John H.; Boeing, CFR
23. Blechman, Barry; ministère de la défense, CPD
24. Bolton, John; JINSA, PNAC, AEI, département d'État,
ministère de la Justice, ambassadeur à l’ONU,
WH Legis. Counsil, Agency Int’l Devel, sous-secrétaire
d’État au contrôle des armements et à la
sécurité internationale
25. Boot, Max; PNAC, CFR
26. Bremer, L. Paul; HF, CFR, Administrateur de l’ Iraq
27. Brock, William; CPD, Senator, secrétaire au Travail
28. Brooks, Peter; ministère de la Défense, Heritage,
CPD
29. Bryen, Stephen; JINSA, AEI, ministère de la Défense,
L-3 Network Security, Edison Int’l, Disney
30. Bryson, John E.; Boeing
31. Bush, Jeb; PNAC, Governeur de Floride
32. Bush, Geroge H. W., President, Carlyle, directeur de la CIA
33. Bush, Wes; Northrop Grumman
34. Cambone, Stephen; PNAC, NSA, ministère de la Défense,
Los Alamos (pécialisé dans les armes nucléaires
opérationnelles), directeur de la stratégie au secrétariat
de la Défense, CSIS, CSP
35. Chabraja, Nicholas D.; General Dynamics
36. Chain, John T. Jr. Northrup Grumman, secrétaire à
la Force aérienne, directeur des affaires politico-militaires
au département d’État, chef d’État-major
au QG des Forces alliées en Europe, commandant en chef du Commandement
stratégique aérien
37. Chao, Elaine; HF, Sec. of Labor, Gulf Oil, ministère des
Trasnports, CFR
38. Chavez, Linda; PNAC, MI, CFR
39. Cheney, Lynne; AEI, Lockheed Martin
40. Cheney, Richard; JINSA, PNAC, JINSA, AEI, HU, Halliburton, secrétaire
à la Défense, vice-prsident des USA
41. Cohen Eliot A.; PNAC, AEI, DPB, ministère de la Défense,
CLI, CPD
42. Coleman, Lewis W.; Northrop Grumman
43. Colloredo-Manfeld, Ferdinand; Raytheon
44. Cook, Linda Z.; Boeing
45. Cooper, Dr. Robert S.; BAE Systems, assistant au secrétaire
à la défense
46. Cooper, Henry; CPD, ministère de la Défense, Heritage,
assistant-adjoint au secrétariat à la Force aérienne,
Initiative US stratégique de désarmement et de contrôle
des armements, Applied Research Assoc, NIPP
47. Cox, Christopher; CSP, conseiller juridique associé du
Président, président du SEC (Bourse)
48. Crandall, Robert L.; Halliburton, FAA Man. Advisor Bd.
49. Cropsey, Seth; PNAC, AEI, HF, HU, ministère de la Défense,
Under-Sec. Navy
50. Cross, Devon Gaffney; PNAC, DPB, HF, CPD, HO
51. Crouch, J.D.; CSP, Depty. conseiller à la sécurité
nationale, ministère de la Défense, ambassadeur en Roumanie
52. Crown, James S.; General Dynamics, Henry Crown and Co.
53. Crown, Lester; General Dynamics, Henry Crown and Co.
54. Dachs, Alan; Bechtel, CFR
55. Dahlburg, Ken; SAIC, ministère du Commerce, assistant de
Reagan, WHOMB
56. Darman, Richard G.; Carlyle, directeur du Bureau US de gestion
et de buddget, cabinet Bush, assistant du Président, secrétaire-adjoint
au Trésor, assistant au secrétaire au Trésor,
assistant au secrétaire au Commerce
57. Dawson, Peter; Bechtel
58. Decter, Midge; HF, HO, PNAC, CPD
59. Demmish, W.H.; SAIC
60. DeMuth, Christopher; AEI, US Office of Management and Budget,
assistant du Président (Nixon)
61. Derr, Kenneth T.; Halliburton
62. Deutch, John; Directeur de la CIA, secrétaire-adjoint à
la défense, Raytheon
63. Dine, Thomas; CLI, Sénat (Church, Ed. Kennedy), AIPAC,
US Agency Int’l Development, Free Radio Europe/Radio Liberty,
Prague, Czech Rep., CFR
64. Dobriansky, Paula; PNAC, HU, AEI, CPB, département d'État,
Army, NSC European/Soviet Affairs,
USIA, ISS
65. Donnelly, Thomas; AEI, PNAC, Lockheed Martin
66. Downing, Wayne, général en retraite de l'Armée
de terre, NSA, CLI, SAIC
67. Drummond, J.A.; SAIC
68. Duberstein, Kenneth M.; Boeing, WH Chief of Staff
69. Dudley, Bill; Bechtel
70. Eberstadt, Nicholas; AEI, CPD, PNAC, département d'État
(consultant)
71. Ebner, Stanley; Boeing, McDonnell Douglas, Northrop Grumman, CSP
72. Ellis, James O. Jr.; Lockheed Martin, amiral retraité et
commandant du Commandement stratégique US
73. Epstein David, PNAC, bureau du secrétaire à la Défense
74. Everhart, Thomas; Raytheon
75. Falcoff, Mark; AEI, CFR
76. Fautua, David; PNAC, Lt. Col. US Army
77. Fazio, Vic; Northrup Grumman, Congressman (CA)
78. Feith, Douglas; JINSA, ministère de la Défense,
L-3 Communications, Northrup Grumman, NSC, CFR, CPS
79. Feulner, Edwin J. Jr.; HF, HO, Sec. HUD, Inst. European Def. &
Strategy Studies, CSIS
80. Foley, D.H.; SAIC
81. Fradkin, Hillel; PNAC, AEI,
82. Frank, Stephen E.; Northrop Grumman
83. Fricks, William P.; General Dynamics
84. Friedberg, Aaron; PNAC, CFR, NSA, ministère de la Défense,
consultant CIA
85. Frost, Phillip (M.D.); Northrop Grumman
86. Fukuyama, Francis; PNAC, CFR, HU
87. Gates, Robert, CIA-dir. NSA, SAIC
88. Gaffney, Frank; CPD, PNAC, Washington Times, ministère
de la Défense
89. Gaut, C. Christopher; Halliburton
90. Gedmin, Jeffrey; AEI, PNAC, CPD
91. Gerecht, Reuel Marc; PNAC, AEI, CIA, CBS
92. Gillis, S. Malcom; Halliburton, Electronic Data Systems Corp
93. Gingrich, Newt; AEI, CFR, HO, DPB, U.S House of Reps., CLI, CPD
94. Goodman, Charles H.; General Dynamics
95. Gorelick, Jamie S. United Technologies Corporation, procureur
général adjoint, ministère de la Défense,
assistant au secrétaire à l’Énergie, Commission
nationale sur les menaces terroristes contre les USA, ministère
de la Justice, Nat’l
Security Adv., CIA, CFR
96. Gouré, Daniel; ministère de la Défense, SAIC,
ministère de l'Énergie, département d'État
(consultant), CSP
97. Haas, Lawrence J.; Communications WHOMB, CPD
98. Hadley, Stephen; NSA advisor to Bush, Lockheed Martin
99. Hamre, John J. ITT Industries, SAIC, secr.-adjoint à la
Défense, sous-secrétaire à la Défense,
Commission sénotoriale des forces armées
100. Hash, Tom; Bechtel
101. Haynes, Bill; Bechtel
102. Hoeber, Amoretta; CSP, consultant de l'industrie de défense,
CPD, CFR, ministère de la Défense
103. Horner, Charles; HU, CSP, département d'État, membre
de l'équipe du sénateurDaniel Patrick Moyihan
104. Howell, W.R.; Halliburton, Dir. Deutsche Bank
105. Hunt, Ray L.; Halliburton, Electronic Data Systems Corp, Bureau
des conseillers présidentiels pour le renseignement extérieur
106. Inman, Bobby Ray; amiral en retraite, CIA-Dir, CFR, NSA, SAIC
107. Ikle, Fred; AEI, PNAC, CPD, HU, DPB, sous-secrétaire à
la Défense, Bureau de la politique de défense
108. Iorizzo, Robert P.; Northrop Grumman
109. Jackson, Bruce; PNAC, NSA, AEI, CFR, Bureau du secrétaire
à la Défense., renseignements militaires de l'US Army,
Lockheed Martin, Martin Marietta, CLI, CPD
110. Jennings, Sir John, Bechtel
111. Johnson, Jay L.;General Dynamics, amiral retraité US Navy
112. Jones, A.K.; SAIC, ministère de la Défense
113. Joseph, Robert; sous-secrétaire d'État au contrôle
des armements et aux affaires de sécurité internaionale,
ministère de la Défense, CSP, NIPP
114. Joulwan, George A.; General Dynamics, général en
retraite, US Army
115. Kagan, Frederick PNAC, West Point Military Academy
116. Kagan, Robert; PNAC, CFR, département d'État (Deputy
for Policy), Washington Post, CLI, editor Weekly Standard
117. Kaminski, Paul G. General Dynamics, sous-secrétaire à
la Défense
118. Kaminsky, Phyllis ; JINSA, CSP, NSC, Int’l Pub. Rel. Society,
119. Kampelman, Max M.; PNAC, JINSA, CPD, secrétaire au Logement
et au développement urbain, CPD
120. Keane, John M. General Dynamics, général en retraite,
US Army, Vice-chef d'État-major de l'armée, Bureau de
politique du ministère de la Défense 121. Kennard, William,
Carlyle, NY Times, FCC
122. Kemble, Penn; PNAC, département d'État, USIA
123. Kemp, Jack; JINSA, HF, Sec. of HUD, US House of Reps., CPD
124. Keyworth, George; CSP, HU, Los Alamos, General Atomics, NSC
125. Khalilzad, Zalmay; PNAC, ambassadeur en Iraq
126. King, Gwendolyn S.; Lockheed Martin
127. Kirkpatrick, Jeane; AEI, JINSA, CFR, CPD, NSA, secrétaire
de la Commission de défense, ambassadrice US à l'ONU,
CLI, CPD, Carlyle
128. Kramer, H.M.J., Jr.; SAIC
129. Kristol, Irving; CFR, AEI, ministère de la Défense,
Wall Street Journal Board of Contributors
130. Kristol, William; PNAC, AEI, MI, VP Chief of Staff ‘89,
CLI, Domes. conseiller politique du vice-Président, ‘89
131. Kupperman, Charles; CPD, Boeing, NIPP
132. Lagon, Mark; PNAC, CFR, AEI, département d'État
133. Lane, Andrew; Halliburton
134. Larson, Charles R.; amiral en retraite, Northrop Grumman
135. Laspa Jude; Bechtel
136. Ledeen, Michael; AEI, JINSA, département d'État
(consultant), ministère de la Défense
137. Lehman, John; PNAC, NSA, ministère de la Défense,
secrétaire à la Marine
138. Lehrman, Lewis E.; AEI, MI, HF, G.W. Bush Oil Co. partner
139. Lesar, Dave; Halliburton
140. Libby, I. Lewis; PNAC, chef d’équipe de Dick Cheney,
département d'État, Northrup Grumman,
RAND, ministère de la Défense, House of Rep., Team B
141. Livingston, Robert; House of Rep., CSP, ministère de la
Justice
142. Loy, James M., Lockheed Martin, amiral retraité
143. Malone, C.B.; SAIC, Martin Marietta, DynCorp, Titan Corp., CLI,
CPD
144. Martin, J. Landis; Halliburton
145. McCorkindale, Douglas H.; Lockheed Martin
146. McDonnell, John F.; Boeing
147. McFarlane, Robert; conseiller à la sécurité
nationale (Reagan), CPD, Comité transitoire des conseillers
de Bush au Commerce
148. McNerney, James W.; Boeing, 3M, GE
149. Meese, Edwin; HF, HO, procureur général (ministre
de la Justice), Bechtel, CPD
150. Merrill, Philip; CSP, ministère de la Défense,
Import-Export Bank of US
151. Minihan, Kenneth A.; général d'aviation en retraite,
BAE Systems, ministère de la Défense, Agence de renseignement
militaire
152. Moore, Frank W.; Northrop Grumman
153. Moore, Nick; Bechtel
154. Moorman, Thomas S.; CSP, Aerospace Corporation, Commission Rumsfeld
pour l’Espace, US Air Force: ancien vice-chef d'État-major
155. Mundy, Carl E. Jr.; General Dynamics, général en
retraite, Commandant US Marine Corps
156. Muravchik, Joshua; AEI, JINSA, PNAC, CLI, CPD
157. Murphy, Eugene F.; Lockheed Martin, GE
158. Nanula, Richard; Boeing
159. Novak, Michael; AEI, CPD
160. Nunn, Sam; GE, US Senator, président Commission sénotoriale
des forces armées
161. O'Brien, Rosanne; Northrop Grumman, Carlyle
162. Odeen, Philip A.; équipe de contrôle de la défense
et des armements de Henry Kissinger, TRW, Northrop Grumman
163. Ogilvie, Scott; Bechtel
164. Owens, William, amiral en retraite, DPB, État-major conjoint,
SAIC
165. Perle, Richard; AEI, PNAC, CPD, CFR, NSA, JINSA, HU, ministère
de la Défense, DPD, CLI, Carlyle
166. Peters, Aulana L.; Northrop Grumman, SEC
167. Pipes, Daniel; PNAC, CPD, Équipe B
168. Podhoretz, Norman; PNAC, CPD, HU, CFR
169. Poses, Frederic; Raytheon
170. Precourt, Jay A.; Halliburton
171. Quayle, Dan; PNAC, VP US
172. Ralston, Joseph W.; Lockheed Martin, général d'aviation
en retraite, vice-chef de l’État-major conjoint
173. Reed, Deborah L.; Halliburton, Pres. Southern CA. Gas & Elec
174. Ridgeway, Rozanne; Boeing, assistant au secrétaire d'État
pour l'Europe et le Canada, ambassadeur en RDA et en Finlande, ministère
de la Défense
175. Riscassi, Robert; L-3 Communications Holdings, commandement de
l’ONU en Corée, vice chef d'État-major de l'Armée
de terre; État-major conjoint
176. Roche, James; Sec. of the Air Force, CSP, Boeing, Northrop Grumman,
département d'État
177. Rodman, Peter W.; PNAC, NSA, assistant au secrétaire d'État
pour les affaires de défense et de securité internationale,
département d'État,
178. Rowen, Henry S.; PNAC, HO, CFR, DPB, ministère de la Défense
179. Rubenstein, David M.; Carlysle, assistant-adjoint au Président
pour les affaires domestiques (Carter)
180. Rubin, Michael; AEI, CFR, Bureau du secrétaire à
la Défense
181. Rudman, Warren; US Senator, Raytheon
182. Ruettgers, Michael; Raytheon
183. Rumsfeld, Donald; PNAC, HO, secrétaire à la Défense,
Bechtel, Tribune Co.
184. Sanderson, E.J.; SAIC
185. Savage, Frank; Lockheed Martin
186. Scaife, Richard Mellon; HO, HF, CPD, Tribune Review Publishing
Co.
187. Scheunemann, Randy; PNAC, Bureau du secrétaire à
la Défense (consultant), Lockheed Martin, CLI Founder /Dir.,
CPD
188. Schlesinger, James ; ministère de l'Énergie, Atomic
Energy Commission, Directeur de la CIA, CSP
189. Schmitt, Gary; PNAC, CLI, ministère de la Défense
(consultant), CLI
190. Schneider, William, Jr.; BAE Systems, PNAC, département
d'État, House of Rep./équipier sénaoorial,
WHOMB, CSP, NIPP
191. Schultz, George; HO, AEI, CPD, CFR, PNAC, secrétaire d'État,
secrétaire au Trésor, Bechtel, CLI, CPD
192. Shalikashvili, John M.; Boeing, chef de l’ État-major
conjoint, ministère de la Défense, général
en retraite de l'Armée de terre, CFR
193. Sharer, Kevin; Northrup Grumman, US Naval Academy, lieutenant-commandant
de la Marine en retraite
194. Sheehan, Jack, Bechtel, DPB
195. Shelman, Thomas W.; Northrup Grumman, ministère de la
Défense
196. Shulsky, Abram; PNAC, ministère de la Défense
197. Skates, Ronald L.; Raytheon
198. Slaughter, John Brooks; Northrop Grumman
199. Sokolski, Henry; PNAC, HF, HO, CIA, ministère de la Défense
200. Solarz, Stephen; PNAC, HU, département d'État,
CPD, Carlyle
201. Spivey, William; Raytheon
202. Statton, Tim; Bechtel
203. Stevens, Anne; Lockheed Martin
204. Stevens, Robert J.; Lockheed Martin
205. Stuntz, Linda; Raytheon, US ministère de l'Énergie
206. Sugar, Ronald D.; Northrup Grumman, Association de l’ US
Army
207. Swanson, William; Raytheon, Lockheed Martin
208. Tkacik, John; PNAC, HF, Sénat
209. Turner, Michael J.; BAE Systems
210. Ukropina, James R., Lockheed Martin
211. Van Cleave, William R.; Team B, HO, CSP, CPD, ministère
de la Défense, NIPP
212. Waldron, Arthur; CSP, AEI, PNAC, CFR
213. Walkush, J.P.; SAIC
214. Wallop, Malcolm; Heritage, HU, CSP, PNAC, Sénat
215. Walmsley, Robert; General Dynamics, vice-amiral en retraite,
Royal Navy, chef des approvisionnements en défense au ministère
britannique de la Défense
216. Warner, John Hillard; SAIC, Association Armée de terre/Force
aérienne
217. Watts, Barry; PNAC Northrop Grumman
218. Weber, John Vincent (Vin); PNAC, conseiller de campagne de George
W. Bush, NPR
219. Wedgewood, Ruth; CLI, ministère de la Défense,
ministère de la Justice, département d'État,
CFR
220. Weldon, Curt; House of Rep, CSP
221. Weyrich, Paul; HF, PNAC, Sénat
222. White, John P.; L-3 Communications, président de la Commission
sur les rôles et les missions des Forces armées, ministère
de la Défense
223. Wieseltier, Leon; PNAC, CLI
224. Williams, Christopher A.; PNAC, DPB, sous-secrétaire à
la Défense, Boeing (lobbyiste),
Northrop Grumman (lobbyist), CLI
225. Winter, Donald C; Northrop Grumman
226. Wolfowitz, Paul; PNAC, HF, HU, Équipe B, sous-secrétaire
à la Défense, World Bank, Northrop Grumman, département
d'État
227. Wollen, Foster; Bechtel
228. Woolsey R. James; PNAC, JINSA, CLI, DPB, CIA (Dir.), sous-secrétaire
à la Marine, NIPP
229. Wurmser, David; AEI, conseiller pour le Moyen-orient au bureau
du vice-Président, département d'État
230. Yearly, Douglas C.; Lockheed Martin
231. Young, A.T.; SAIC
232. Zaccaria, Adrian; Bechtel
233. Zafirovski, Michael S.; Boeing
234. Zakheim, Dov S.; PNAC, HF, CFR, ministère de la Défense,
Northrup Grumman, McDonnell Douglas, CPD
235. Zinni, Anthony C.; général en retraite US Marines,
BAE Systems, Commandant en chef du Commandement central US
236. Zoellick, Robert; PNAC, Rprésentant US au Commerce, département
d'État, CSIS, CFR, ministère de la Justice
Source : http://www.projectcensored.org/
Les sentinelles du chaos
par Kurt Vonnegut, Books.Guardian.co.uk, 21 janvier
2006. Original :
http://books.guardian.co.uk/extracts/story/0,,1691370,00.html
Traduit de l'anglais en français par Marcel Charbonnier, membre
de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité
linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.
[Dans cet extrait de ses mémoires, à
paraître, que nous publions en exclusivité, Kurt Vonnegut
est horrifié par l'hypocrisie de la politique américaine
actuelle]
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a Country: A Memoir of Life in George W Bush's America, au lien ci-après
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0 ]
« Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on
te fît ! ». Beaucoup de gens pensent que ce sont des paroles
de Jésus, car il s'agit là de propos qui correspondent
bien à ceux que le Christ aimait tenir. Mais cela a été
dit, en réalité, par Confucius, un philosophe chinois,
cinq siècles avant la levée du plus grand et du plus
humain de tous les êtres humains : Jésus Christ.
Par l'entremise de Marco Polo, les Chinois nous ont aussi légué
les nouilles et la formule de la poudre à canon. Ces Chinois
étaient tellement bêtes qu' ils n'utilisaient cette poudre
que pour faire de beaux feux d'artifice. Et tout le monde était
tellement stupide, dans chacun des deux hémisphères,
que personne ne se doutait qu'il y eût quelqu'un dans l'autre.
Une chose est sûre : nous avons fait beaucoup de chemin, depuis
tout ce temps. Parfois j'aimerais autant qu'on ne l'ait pas fait.
J'ai horreur des bombes H et du Jerry Springer Show. Mais revenons
à notre Confucius, à notre Jésus et à
mon fils Mark, qui est médecin, et qui ont tous dit, à
leur façon propre, que nous pouvons nous comporter d'une manière
plus humaine et peut-être faire du monde un endroit moins douloureux
à vivre. Un de mes êtres humains favoris, c'est Eugene
Debs, de Terre Haute, dans mon Etat natal, aux Etats-Unis : l'Indiana.
Prenez-en de la graine. Eugene Debs, qui est mort en 1926 - à
l'époque, j' avais à peine quatre ans - a été
à cinq reprises candidat du parti socialiste aux élections
présidentielles. En 1912, il a obtenu 900 000 voix, soit presque
6 % des suffrages populaires, si toutefois vous pouvez vous faire
une représentation de ce qu'était une élection,
à l'époque. En faisant campagne, il tenait des propos
tels ceux-ci :
« Tant qu'il y aura une classe inférieure, j'en ferai
partie. »
« Aussi longtemps qu'il existera une composante criminelle
dans la société, j'en serai. »
« Tant qu'une seule âme sera encore en prison, je ne
serai pas libre. »
Y a-t-il une seule chose socialiste qui vous donne envie de gerber
? Les lycées publics ; la Sécu, par exemple ? Quoi,
alors ?
Quand vous vous levez, chaque matin, au chant du coq, n'avez-vous
pas envie de dire : « Aussi longtemps qu'il y aura une classe
inférieure, j'en ferai partie. Aussi longtemps qu'il existera
une composante criminelle dans la société, j'en serai.
Tant qu'une seule âme sera encore en prison, je ne serai pas
libre » ?
Cela ne vous rappelle-t-il pas le sermon de Jésus, au Mont
des Béatitudes ?
Bienheureux les faibles, car ils auront la Terre entière en
héritage.
Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront merci.
Bienheureux les prêcheurs de paix, car ils seront appelés
les enfants de Dieu.
Etc.
Cela ne ressemble certes pas aux articles d'un programme électoral
du parti Républicain. Pas vraiment le genre de trucs que nous
pondent George W. Bush, Dick Cheney, ou Donald Rumsfeld.
Pour une raison que j'ignore (mais il doit y en avoir une), les chrétiens
les plus en voix, parmi nous, ne citent jamais les Béatitudes.
En revanche, bien souvent, les larmes aux yeux, ils exigent que les
Dix Commandements soient placardés dans les bâtiments
publics. Et bien sûr, ça, c'est le truc à Moïse,
et pas à Jésus. Je n'ai jamais entendu l'un quelconque
de ces hommes politiques demander que le Sermon sur la Montagne (les
Béatitudes) soit affiché où que ce soit.
« Bénis soient les miséricordieux » : vous
imaginez, dans une salle de tribunal ? « Bénis soient
les faiseurs de paix » : au Pentagone ? ! Ne me faites pas rigoler.
Il se trouve que l'idéalisme bien tempéré n'est
pas fait de petits nuages roses parfumés. C'est la loi ! C'est
la Constitution américaine !
Mais j'ai l'impression, quant à moi, que notre pays, pour
la Constitution duquel j'ai livré une juste guerre, pourrait
tout aussi bien avoir été envahi par les Martiens ou
par des êtres protéiformes s'insinuant dans la forme
corporelle des gens. Parfois, j'aimerais que ce fût le cas.
Mais non ; en réalité, ce qui s'est passé, ce
que quelqu'un a pris le contrôle de notre pays, moyennant le
plus dégueulasse et le plus comédie-de-bas-étage
des coups d'état imaginables, dans le style des flics de Keystone.
Une fois, on m'a demandé si j'avais des idées pour
un reality show authentiquement effrayant. J'ai un reality show qui
vous ferait vraiment dresser les cheveux sur la tête : «
Les Etudiants notés C de l'université de Yale ».
George W. Bush a réuni autour de lui la crème des étudiants
médiocres qui ne connaissent ni l'histoire, ni la géographie,
au surcroît suprématistes blancs plus-tellement-honteux-que-ça,
qui se disent chrétiens, mâtinés - ce qui est
encore plus effrayant - de personnalités psychopathes, ou PPs
(une définition médicale qui désigne des gens
intelligents, dotés d'une personnalité, mais absolument
dépourvus de conscience).
Dire de quelqu'un qu'il « est PP », c'est poser un diagnostic
parfaitement respectable. Comme dire que la personne en question a
l'appendicite ou un pied bot. L'ouvrage médical classique,
sur les PPs, est le Masque de la Santé mentale [The Mask of
Sanity], du Dr. Hervey Cleckley, professeur interne de psychiatrie
au Medical College of Georgia. Un ouvrage publié en 1941. Je
vous en recommande la lecture !
Certaines personnes naissent sourdes, d'autres naissent aveugles,
ou avec une autre infirmité. Ce livre, lui, en l'occurrence,
traite d'être humains congénitalement tarés, du
genre de ceux qui sont en train de faire en sorte que, de nos jours,
ce pays et d'autres régions de notre planète déménagent
complètement. Ces gens sont nés sans conscience. Or,
soudain, ils se sont retrouvés en charge d'absolument tout.
Les PPs présentent bien. Ils savent parfaitement quelles souffrances
leurs agissement peuvent procurer à autrui, mais ils s'en tapent.
Plus exactement, ils ne sont pas en mesure de s'en soucier, car ils
sont zinzins. Ils ont pété les plombs !
Dites-moi voir : quel syndrome décrirait aussi exactement
ces responsables si nombreux chez Enron et WorldCom, etc etc, qui
se sont fait des c.uilles en or en mettant leurs employés,
leurs investisseurs et leur pays sur la paille, et qui se sentent
toujours aussi purs que la neige du matin, quoi qu 'on leur dise,
et quoi qu'on pense d'eux ? Et vas-y que je te continue à mener
une guerre qui transforme des millionnaires en milliardaires, et des
milliardaires en trillionnaires, et vas-y que je re rachète
des chaînes de télé, et vas-y que je te finance
George Bush, et pas parce qu'il est contre le mariage des homosexuels.
Ils sont tellement nombreux, ces PPs sans coeur, qui occupent aujourd'hui
les plus hautes fonctions dans notre gouvernement fédéral,
comme s'il s'agissait de véritables meneurs d'homme, et non
des véritables malades qu'ils sont. Ils ont pris le contrôle.
Ils ont pris le contrôle des télécommunications
et des écoles, si bien que nous en sommes pas mieux lotis qu'en
Pologne du temps de l'occupation.
Sans doute ont-ils pensé que pousser notre pays dans une guerre
interminable était tout simplement ce qu'il y avait de mieux
à faire. Ce qui a permis à d 'aussi nombreux PPs d'accéder
à d'aussi hautes responsabilités dans les trusts, et
désormais au gouvernement, c'est qu'ils ont un esprit de décision
à nul autre pareil. Ils sont tellement décidés
à faire quelque chose - n' importe quoi, mais quelque chose
- à chaque putain de jour qui se lève qu' ils n'ont
pas peur. A la différence des gens normaux, ils ne sont jamais
remplis par le doute, pour la simple et bonne raison qu'ils n'ont
strictement rien à foutre de ce qui va arriver dans l'heure
qui suit. C'est simple : ils en sont incapables. Fais ci ! Fais ça
! Mobilise les réservistes ! Privatise les écoles publiques
! Attaque l'Irak ! Arrête les remboursement de la Sécu
! Mets tous les téléphones sur écoute ! Supprime
l' impôt sur la fortune ! Construis une barrière de missiles
à un trillion de dollars ! Encule l'habeas corpus, le Sierra
Club et le quotidien de Chicago In These Times [Temps présent],
et embrasse-moi les fesses !
Il y a une faille absolument tragique, dans notre délicate
Constitution, et je ne sais pas ce qu'on pourrait bien faire pour
arranger ça. Cette faille, la voici : pour vouloir devenir
Président, il faut être cinglé. C'était
déjà vrai quand j'étais à l'école
primaire : seuls, des copains manifestement dérangés
du bonnet voulaient devenir chef de classe.
Le titre choisi par Michael Moore pour un de ses films, Fahrenheit
9/11, est la parodie d'un grand roman de science fiction de Ray Bradbury,
Fahrenheit 451. Quatre cent cinquante et un degrés Fahrenheit,
c'est le point de combustion, je le rappelle au passage, du papier,
dont sont généralement faits les livres. Le héros
du roman de Bradbury est un employé municipal dont le boulot
consiste à incinérer des bouquins.
Tiens, puisqu'on parle d'autodafés de bouquins, je tiens à
féliciter les bibliothécaires, qui ne sont pas spécialement
réputés pour leur force physique, mais qui, dans l'ensemble
des Etats-Unis, ont résisté vaillamment à des
malfrats anti-démocrates qui voulaient enlever certains livres
de leurs rayonnages. Ces bibliothécaires libraires ont même
détruit des fichiers plutôt que de devoir révéler
à la police de la pensée les noms de personnes qui leur
avaient demandé tel ou tel de ces bouquins.
Ainsi, l'Amérique que j'aime existe encore. Sinon à
la Maison Blanche, sinon à la Cour Suprême, sinon au
Sénat, sinon à la Chambre des Représentants,
sinon dans les médias, l'Amérique que j'aime toujours
existe encore. Au guichet de nos bibliothèques publiques.
Toujours à propos de livres : nos sources d'information quotidiennes,
les journaux et les chaînes de télé, sont aujourd'hui
tellement lâches, tellement ensuqués, tellement peu l'esprit
en éveil dans l'intérêt du peuple américain,
tellement peu informatives, qu'il n'y a que dans des livres que nous
pouvons encore apprendre ce qui est en train de se passer.
Je citerai un exemple : l'ouvrage House of Bush, House of Saud [La
Maison Bush, la Maison des Saoud] de Craig Unger, publié en
début 2004, cette année humiliante, honteuse, imbibée
de sang.
Au cas où cela vous aurait échappé, sachez qu'après
une élection honteusement bidonnée en Floride, dans
laquelle des milliers d' Afro-Américains ont été
arbitrairement privés de leur droit de vote, nous osons nous
présenter devant le reste du monde comme des amoureux de la
guerre fiers, souriants de toutes leurs dents, sans pitié et
la maxillaire en avant, munis d'une armurerie horriblement puissante
- auxquels rien ni personne ne résiste.
Et, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, nous sommes
désormais aussi redoutés et haïs, dans le monde
entier, que le furent les nazis naguère.
Et à très juste titre.
Au cas où ce détail vous aurez échappé,
sachez que nos dirigeants non-élus ont déshumanisés
des millions et des millions d'être humains, au seul motif de
leur religion et de leur race. On les écharpe, on les tue,
on les torture, on les emprisonne tout notre saoul.
C'est du gâteau.
Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, nous avons
aussi déshumanisé nos propres soldats, non pas en raison
de leur religion ou de leur race, cette fois-ci, mais en raison de
leur appartenance aux classes sociales défavorisées.
Et vas-y que je te les expédie n'importe où. Et vas-y
que je te leur fasse faire n'importe quoi.
Du gâteau, je te dis !
Le facteur O'Reilly
Ainsi, je suis un homme apatride, n'étaient-ce les bibliothécaires
et un canard de Chicago, In These Times.
Avant que nous attaquions l'Irak, impérial, le New York Times
jura ses grands dieux qu'il y avait là-bas des armes de destruction
massive.
Albert Einstein et Mark Twain avaient perdu toute illusion sur l'espèce
humaine, à la fin de leur vie, bien que Twain soit mort avant
la Première guerre mondiale. La guerre est aujourd'hui une
nouvelle forme de jeu télévisé, et ce qui avait
rendu la Première guerre mondiale particulièrement amusante,
ce furent deux inventions américaines : le fil de fer barbelé
et la mitrailleuse.
Le shrapnel [obus à fragmentation, ndt], lui, a été
inventé par un Anglais, du même nom. Et vous, vous n'aimeriez
pas que quelque chose porte votre nom ?
Comme mes distingués maîtres Einstein et Twain, je rends
mon tablier, moi aussi. Je suis un vétéran de la Seconde
guerre mondiale et je dois avouer que ce n'est pas la première
fois que je capitule devant une machine de guerre sans pitié.
Mes derniers mots ? « La vie n'est pas une façon de
traiter un animal. Même pas une souris. »
Le napalm sort des labos de Harvard. Croix de fer, croix de bois.
C'est pure vérité !
Notre président est chrétien ? Et alors, Adolf Hitler,
lui aussi, l'était. Que pouvons-nous dire à nos jeunes,
maintenant que des personnalités psychopathes - c'est-à-dire
des personnes totalement dépourvue de conscience, de sentiments,
de pitié et de honte - ont piqué tout le fric du trésor
de notre gouvernement et de nos firmes, et qu'ils se le sont entièrement
accaparé ?
© 2005 Kurt Vonnegut Extracted from A Man Without a Country:
A Memoir of Life in George W Bush's America, to be published by Bloomsbury
on February 6, price £14.99
Comment j’ ai passé mes 15 minutes
de célébrité
par William Blum, The Anti-Empire Report, Some things
you need to know before the world ends ’Le Rapport anti-Empire,
certaines choses que vous devriez savoir avant la fin du monde, 14
février 2006.
Original : http://www.killinghope.org/.
Traduction Viktor Dedaj pour Cuba Solidarity Project
Source : http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=3293
À 72 ans, l’auteur de "Guerres Scélérates"
et "État Voyou", grand pourfendeur de l’Empire
yankee, a soudainement connu une célébrité inattendue.
C’est ce qu’il raconte dans sa chronique.
Au cas où vous ne le sauriez pas encore, le 19 janvier de
cette année, le dernier message d’Oussama Ben Laden fut
diffusé et dans son message il déclarait : "si
vous (les Américains) êtes sincères dans votre
volonté de paix et de sécurité, nous vous avons
répondu. Et si Bush décide de poursuivre avec ses mensonges
et son oppression, alors il serait utile de lire le livre "État
Voyou" (titre français - NDT), qui dit dans son introduction
...." Puis il poursuivit en citant le début d’un
paragraphe que j’avais écrit (et qui n’apparaît
en fait que dans l’édition britannique), et qui fut ensuite
traduit en arabe, et qui dit ceci :
"Si j’étais le président, je pourrais arrêter
le terrorisme contre les USA en quelques jours. Définitivement.
D’abord je demanderais pardon - très publiquement et
très sincèrement - à tous les veuves et orphelins,
les victimes de tortures et les pauvres, et les millions et millions
d’autres victimes de l’Impérialisme Américain.
Puis j’annoncerais la fin des interventions des USA à
travers le monde et j’informerais Israël qu’il n’est
plus le 51ème État de l’Union mais - bizarrement
- un pays étranger. Je réduirais alors le budget militaire
par au moins 90% et consacrerait les économies réalisées
à indemniser nos victimes et à réparer les dégâts
provoqués par nos bombardements. Il y aurait suffisamment d’argent.
Savez-vous à combien s’élève le budget
militaire pour une année ? Une seule année. A plus de
20.000 dollars par heure depuis la naissance de Jésus Christ.
Voilà ce que je ferais au cours de mes trois premiers jours
à la Maison Blanche.
Le quatrième jour, je serais assassiné. "
Dans les heures qui ont suivi, j’ai été pris
d’assaut par les médias et je suis passé dans
de nombreuses émissions de télévision, des douzaines
de programmes radio. De longs articles ont été publiés
dans le Washington Post, Salon.com et ailleurs. Au cours des dix dernières
années, le Post n’avait jamais daigné publier
une seule de mes lettres qui rectifiaient des erreurs dans leurs articles.
Maintenant j’avais ma photo sur la une.
De nombreux médias voulaient me faire dire mon dégoût
pour le "parrainage" de Ben Laden. Je ne l’ai pas
dit parce que je ne le pensais pas. Après les deux premiers
jours d’interview, j’ai réussi à affiner
ma réponse qui ressemblait généralement à
quelque chose comme ça :
"Il y a deux choses. D’un côté, je méprise
totalement l’intégrisme religieux et les sociétés
qui en résultent, tels les Talibans en Afghanistan. D’un
autre côté, je suis membre d’un mouvement qui a
la prétention de ralentir, sinon d’arrêter, l’Empire
Américain, de l’empêcher de continuer à
faire ce qu’il fait partout dans le monde, bombarder, envahir,
renverser des gouvernements, et torturer. Pour avoir une chance de
succès, nous devons faire passer notre message au peuple américain.
Et pour faire passer notre message au peuple américain, nous
devons avoir accès aux médias. Ce qui vient de m’arriver
me donne l’occasion de m’adresser à des millions
de personnes, chose que je n’aurais jamais pu faire en d’autres
circonstances. Pourquoi n’en serais-je pas satisfait ? Pourquoi
laisserais-je passer un telle occasion ? "
La Célébrité - le summum culturel de la civilisation
moderne - est un phénomène particulier. Elle ne vaut
rien si on n’en fait pas quelque chose.
Les auditeurs qui appelaient les émissions où je passais,
et où j’étais parfois l’invité principal,
en plus de nombreux courriers électroniques, m’opposaient
deux arguments.
1 - Où, en dehors des USA, pouvais-je trouver la liberté
de dire ce que j’étais en train de dire dans un média
national ?
À part leur ignorance profonde quant aux nombreux pays où
l’expression est au moins aussi libre qu’ici (surtout
depuis le 11 septembre), ce qu’ils sont en train de dire en
réalité est que je devrais être reconnaissant
d’avoir la liberté d’expression et que je devrais
montrer ma gratitude en n’exerçant pas cette liberté.
Au fond, c’est ça qu’ils sont en train de dire.
2 - L’Amérique a toujours fait de merveilleuses choses
à travers le monde, comme le Plan Marshall, la défaite
du communisme et les Talibans, la reconstruction de pays et la libération
de l’Irak.
J’ai déjà abordé ces mythes. Comme les
particules subatomiques, ils réagissent différemment
lorsqu’on les examine. Par exemple, dans mon rapport du mois
dernier j’ai fait remarquer que la plupart des "pays détruits"
l’avaient été par des bombes américaines,
et que l’Amérique n’en avait reconstruit aucun.
En ce qui concerne les Talibans, les USA ont renversé un gouvernement
laïque, favorable aux droits de la femme. Ce qui permit aux Talibans
de prendre le pouvoir. Ainsi les USA peuvent difficilement se vanter
d’avoir chassé les talibans dix ans plus tard, pour les
remplacer par une occupation US, un président marionnette US,
un éventail de seigneurs de guerre et des femmes enchaînées.
Mais essayez donc d’expliquer de telles finesses en une minute
ou deux dans une émission de radio ou télé. Cependant,
je crois que j’ai miraculeusement réussi à faire
passer certaines informations et idées dans l’inconscient
collectif américain.
Certains animateurs et de nombreux auditeurs étaient clairement
peinés de m’entendre dire que les terroristes anti-américains
ripostaient contre le mal que nous avions fait à leur pays,
et qu’ils n’étaient pas que de simples méchants,
des fous d’une autre planète [1] . Beaucoup ont cru que
j’étais un partisan du Parti Démocrate et ils
ont alors commencé à s’en prendre à Bill
Clinton. Lorsque j’ai fait remarquer que je n’étais
pas du tout un partisan des Démocrates ou de Clinton, ils restaient
généralement bouches bées pendant quelques secondes
avant de passer à un autre délire. Ils ne savent même
pas qu’il existe tout un monde là-bas dehors au-delà
des Républicains et des Démocrates.
Récemment, on a entendu et lu dans les médias américains
que les musulmans qui protestaient contre les caricatures danoises
étaient des gens rétrogrades, qu’ils brandissaient
des panneaux réclamant la décapitation de ceux qui insultent
l’Islam. Mais un auditeur d’une émission à
laquelle je participais a dit "Qu’il fallait s’occuper
de mon cas," et une des centaines de courriers désagréables
que j’ai reçus commençait par "Mort à
toi et à ta famille."
Un de mes moments préférés : dans une émission
de radio en Pennsylvanie, nous parlions du conflit israélo-palestinien.
L’animatrice (avec une pointe d’angoisse dans sa voix)
: "Mais qu’est-ce que Israël a bien pu faire aux Palestiniens
? "
Moi : "Vous étiez dans le coma ces 20 dernières
années ?"
Ça c’est une question que j’aurais pu poser à
pas mal de ceux qui m’ont interviewé ces dernières
semaines. En fait, 60 ans aurait été plus correct.
Des élections qu’ on ne m’ a jamais apprises
à l’ école.
Toute leur vie, on enseigne aux Américains la signification
et le caractère sacré des élections libres. On
ne peut pas avoir cette chose appelée "démocratie"
sans cette chose appelée "élections libres".
Et lorsqu’on a ce truc appelé "élections
libres", c’est pratiquement synonyme que l’autre
chose appelée démocratie. Et qui est le plus grand champion
d’élections libres dans le monde ? Et bien, c’est
le professeur lui-même, le pays béni de Dieu, nos bons
vieux USA d’Amérique.
Mais que faisait le pays béni de Dieu pendant toutes ces années
où nous absorbions et prêtions serment sur ce message
? Le pays béni de Dieu était en train de s’ingérer
dans des élections libres dans tous les recoins du globe, sans
blague.
Le dernier exemple en date sont les récentes élections
en Palestine, où l’Agence pour le Développement
International (USAID) a injecté deux millions de dollars (une
somme énorme dans cette zone) afin de faire basculer l’élection
en faveur de l’Autorité Palestinienne et son aile politique,
le Fatah, pour empêcher le groupe Hamas d’accéder
au pouvoir. L’argent était dépensé dans
différents programmes sociaux afin d’accroître
la popularité de l’AP. Les projets ne mentionnaient rien
qui puisse révéler l’implication de USAID et ne
correspondaient pas aux définitions d’un programme de
développement. De plus, les USA ont financé de nombreuses
publicités dans les journaux vantant ces projets, au nom de
l’AP, sans mentionner l’Agence.
"Un programme de communication est intégré dans
chacun des projets afin de souligner le rôle de l’AP dans
la réponse aux besoins de la population," indiquait un
rapport sur ces projets. "Le plan est d’annoncer un projet
chaque jour au cours de la prochaine semaine, à compter du
13 janvier, afin qu’il y ait un flot ininterrompu d’annonces
sur les choses positives qui sont réalisées dans les
zones palestiniennes au cours de cette semaine cruciale avant les
élections."
Selon la loi électorale palestinienne, le financement des
campagnes et des candidats par des sources étrangères
est interdit [2]. Ce qui est aussi le cas dans la loi électorale
américaine.
Depuis la victoire du Hamas, les USA ont clairement fait savoir qu’ils
ne reconnaissaient pas le résultat comme une victoire de la
démocratie et qu’ils n’avaient aucune intention
de nouer des relations diplomatiques normales avec le gouvernement.
(Israël a pris une position similaire, mais il ne faut pas oublier
qu’Israël a financé et soutenu l’émergence
du Hamas à Gaza à ses débuts, en espérant
contrer l’OLP ainsi que la gauche palestinienne.)
Selon mes chiffres, Washington s’est ingéré dans
plus de 30 élections à l’étranger depuis
la deuxième guerre mondiale - de l’Italie en 1948 et
les Philippines et le Liban dans les années 50, au Nicaragua,
Bolivie, et la Slovaquie dans les années 2000 - la plupart
de ces ingérences ont été effectuées d’une
manière encore plus flagrante qu’en Palestine [3]. Certaines
des techniques employées ailleurs ont été appliquées
aux USA même, alors que notre système électoral,
qui faisait jadis tant la fierté du pays, glissait lentement
d’un système de "Un homme, une voix" vers une
système de "Un dollar, une voix".
Bientôt dans un pays (ou ville) près de chez
vous
Le 13 janvier, les USA d’Amérique, dans toute leur sagesse
effrayante, ont trouvé bon d’envoyer un avion sans pilote
au-dessus d’un village éloigné situé dans
la nation souveraine du Pakistan pour y tirer un missile Hellfire
sur une résidence afin de tuer quelques "méchants".
Plusieurs maisons furent incendiées, 18 personnes furent tuées,
dont un nombre inconnu de "méchants". Les derniers
rapports semblent indiquer que ce nombre inconnu est voisin de zéro,
puisque la cible principale, le numéro deux d’Al Qaïda,
Ayman al Zawahiri, n’en faisait pas partie. Le scandale est
toujours vif au Pakistan. Aux USA, le Sénat a réagi
d’une manière typiquement américaine :
"Nous nous excusons, mais je ne peux pas dire que nous ne recommencerons
pas," déclara le Sénateur John McCain, de l’Arizona.
"C’est regrettable, mais que pouvons-nous faire d’autre
?" a dit le sénateur Evan Bayh de l’Indiana
"Pour ce que j’en sais, la frappe était justifiée
selon nos sources de renseignement," a dit le sénateur
Trent Lott du Mississippi. [4]
Des attaques similaires par des drones et des missiles ont déjà
semé la colère parmi des populations et dirigeants en
Afghanistan, en Irak et au Yémen. Il n’est pas rare que
la destruction de la cible soit si complète qu’il est
impossible de déterminer qui a été tué,
ni combien ont été tués. Amnesty International
a protesté auprès des Busheviks après chaque
frappe de Predator. Un rapport de l’ONU au lendemain de la frappe
de 2002 au Yémen l’a qualifié de "précédant
alarmant (et) un exemple clair d’assassinat extrajudiciaire"
en violation du droit international et des accords internationaux.
[5]
Peut-on imaginer le cas d’Américains tirant un missile
sur une maison à Paris ou Londres ou Ottawa juste parce qu’on
soupçonnerait la présence de hauts dirigeants d’Al
Qaïda ? Même si les USA connaissaient leur présence
avec certitude, et non par simple spéculation comme dans les
cas mentionnés ci-dessus ? Et bien, probablement pas, mais
on