Enquête des services secrets sur un
élève dont le devoir contenait des menaces contre Bush
par Richard C. Lewis, Reuters, 2 février 2006.
Traduit de langlais par BB pour Quibla
Ce jeudi 1er février, les services secrets ont annoncé
être en train d'enquêter sur un élève du
Rhode Island qui a écrit une rédaction prônant
des actes violents contre le président Bush et les grandes
entreprises US.
Le sujet du devoir demandait aux élèves de 5ème
du collège John F. Deering à West Warwick dans le Rhode
Island de décrire leur journée idéale. Selon
la direction de l'école, le garçon qui fait l'objet
de l'enquête a écrit qu'une telle journée comporterait
des actions violentes [non spécifiées] contre Bush,
les patrons de Coca-Cola, ceux des magasins Wal-Mart et l'animatrice
télé vedette Oprah Winfrey.
Le garçon a rendu sa copie mardi; c'est son professeur qui
a alerté la direction du collège.
La rédaction n'a pas été rendue publique et l'identité
de l'élève n'a pas été révélée.
Les élèves de 5ème sont généralement
âgés de 11 à 13 ans.
Daniel Burns Jr, responsable du district scolaire, a qualifié
la rédaction d'''acte stupide" et déclaré
qu'il n'avait jamais rencontré une telle situation en plus
de 20 ans de carrière dans le système scolaire.
Même si la rédaction ne donnait aucun plan précis
pour un attentat, "quand quelqu'un écrit ce qu'il a en
tête, quand il s'agit d'éliminer ou de tuer des gens,
c'est forcément quelque chose qui doit retenir votre attention"
a déclaré Burns à Reuters.
Menacer le président est un crime explique Thomas M. Powers,
représentant des services secrets à Providence, la capitale
de l'Etat. Il indique qu'une enquête de ses se rvices est en
cours sans plus de précisions.
L'écolier ne sera pas poursuivi par la police locale selon
le sergent Richard Ascoli, porte parole de la police de West Warwick.
L'affaire a été laissée aux mains des services
secrets et la police n'est plus concernée.
L'American Civil Liberties Union du Rhode Island a critiqué
la judiciarisation de cette affaire.
"L'élève pratiquait un exercice de production d'un
discours, agressif peut-être, mais d'un discours d'imagination"
a déclaré l'organisation.
"Si la décision du professeur de faire lire la rédaction
à l'équipe médico-sociale du collège était
sans doute une action adaptée, par contre celle d'en informer
la police et les services secrets marque une entorse significative
aux droits de l'élève tels que fixés par le 1er
Amendement de la Constitution."
Burns, qui a été informé de la rédaction
par le Principal du collège de West Warwick mais ne l'a pas
lue, la considère désola nte. "D'évidence,
cette personne a besoin d'une aide" a-t-il dit.
Il se demande si l'élève a été aidé
pour l'écrire.
Selon lui, un élève de 5ème ne peut rassembler
ce genre d'informations tout seul. Je me suis demandé d'où
il pouvait bien les tenir."
L'élève est désormais suivi par un psychologue.
Source : http://today.reuters.com/News/newsArticle.aspx?type=domesticNews&storyID=uri:2006-02-02T223634Z_01_N02191689_RTRUKOC_0_US-CRIME-BUSH-STUDENT.xml&pageNumber=0&summit=
Harry Belafonte remet ça : Bush terroriste
!
Le chanteur américain Harry Belafonte a accusé mardi
le président George W. Bush d'être un "terroriste"
qui ne vaut pas mieux que le chef du réseau Al-Qaïda,
Oussama ben Laden.
"Au Venezuela, vous avez déclaré que Bush était
le plus grand terroriste, le plus grand tyran. Voulez-vous dire que
le président Bush est pire qu'Oussama ben Laden?", lui
a demandé un journaliste de la chaîne de télévision
CNN. "Je veux dire qu'il n'est pas mieux", a expliqué
Harry Belafonte.
"Je n'ai pas eu l'opportunité de rencontrer tous les
terroristes du monde, aussi je n'ai pas de raison d'utiliser des mots
comme +le plus grand+", a-t-il poursuivi, mais "je crois
que c'est un terroriste", a affirmé le chanteur.
"Je crois que le terrorisme est au coeur du programme de notre
gouvernement", a-t-il poursuivi. "Quand vous mentez aux
Américains, quand vous les trompez, que vous avez conduit nos
fils et nos filles sur des terres étrangères pour y
être tués et que vous regardez des dizaines de milliers
de femmes, d'enfants arabes et de gens innocents tués chaque
jour, prétextant qu'il s'agit de dommages collatéraux,
je pense qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez ces dirigeants".
"Je pense que le président George W. Bush, je pense que
(le vice-président Dick) Cheney, je pense que le (secrétaire
à la Défense Donald) Rumsfeld, je pense que tous ces
gens ont perdu toute intégrité morale. Je pense que
ce que nous faisons aux Américains et aux autres peuples dans
le monde est immoral", a-t-il encore accusé.
Il s'est refusé à comparer les actes du président
Bush aux attentats du 11-Septembre. "Je ne suis pas certain de
ce qu'a fait Al-Qaïda", a-t-il dit, "Al-Qaïda
torture, nous torturons. Al-Qaïda tue des innocents, nous tuons
des innocents. Où est la différence?" Source :
AFP, 25 janvier 2006
Le Département de la sécurité
intérieure décrète que la Jamaat al Tabligh est
une organisation terroriste “non désignée comme
telle” et détient un médecin de l’Arizona
La croisade contre le terrorisme ne connaît plus aucune limite
: voilà que les missionnaires piétistes du Jamaat al
Tabligh sont classés comme terroristes et arrêtés
! À croire que Harry belafonte a raison quand il qualifie le
Département de sécurité intérieure de
nouvelle Gestapo. Réveillez-moi, c’est un cauchemar !
Voici ce que rapporte Dennis Tamper dans le quotidien Arizona Republic
du 19 janvier 2006 (traduit de l’anglais par BB pour Quibla)
:
Un médecin, responsable d’une mosquée dans l’Arizona,
rentré mercredi d’un pèlerinage à La Mecque,
est confronté à des accusations du FBI et du Département
de la Sécurité Intérieure qui le considèrent
lié à une organisation terroriste. Nadeem Hassan, 41
ans, a contacté son père par téléphone
depuis l’aéroport international Kennedy à New
York pour lui dire qu’il était détenu par les
services de l’immigration.
Zahir Hasnain a declaré ignorer si son fils allait être
incarcéré ou autorisé à rentrer chez lui.
Quelques jours plus tôt, les services de l’Immigration
et des Naturalisations avaient révoqué le permis de
travail d’Hassan ainsi que son droit à circuler dans
le pays en se fondant sur ses liens avec une organisation missionnaire
musulmane orthodoxe que le Département de la Sécurité
Intérieure considère comme une organisation terroriste.
Gastro-entérologue au Mariscopa Medical Center et ancien directeur
de la mosquée el Nour de Mesa, Hassan a assumé pendant
des années la tâche de coordonnateur de la Jamaat al
Tabligh (Société de propagation de la Foi).
Ce mouvement mondial appelle les Musulmans à revenir à
leur foi. Le Jamaat al Tabligh, ou JT, n'avait pas été
désigné auparavant comme groupement terroriste par les
autorités. Toutefois, dans un document administratif exposant
les motifs du refus d'accorder à Hassan un titre de séjour
(green card), le Département de la Sécurité Intérieure
décrit le JT comme "une organisation terroriste qui...
fournit un soutien matériel...à une organisation désignée
comme terroriste - al Qaida, et apporte le même type de soutien
matériel ... à une organisation non désignée
comme terroriste - les Talibans."
Le document poursuit au sujet de Hassan : "Vous êtes impliqué
dans une activité terroriste par la fourniture de soutien matériel
à une organisation terroriste non désignée comme
telle." Des représentants du Département de la
Sécurité Intérieure ont refusé de s'exprimer
ce mercredi sur cette affaire. Une porte-parole du FBI n'a pas voulu
faire de commentaires.
Des représentants de la communauté musulmane ont exprimé
leur émotion au sujet des accusations contre la Jamaat al Tabligh,
insistant sur le fait qu'il s'agit d'un mouvement piétiste
qui bannit la politique et la violence. Hasnain a déclaré
que son fils n'est pas un terroriste et que la JT "n'a rien à
voir avec al Qaida." "C'est une organisation strictement
piétiste" a-t-il ajouté. Il a indiqué que
son fils était déterminé à rentrer chez
lui à Tempe malgré les menaces d'arrestation et d'expulsion
après son retour du Moyen-Orient. Hassan s'était rendu
en Arabie Saoudite pour le pélerinage rituel à La Mecque
selon Eric Bjotvedt, son avocat près les Services de l'Immigration
à Phoenix.
Hassan avait obtenu un titre de séjour provisoire l'autorisant
à faire ce voyage pendant que la procédure pour un titre
définitif suivait son cours. Toutefois, vendredi, alors que
Hassan était à l'étranger, les Services de l'Immigration
et des naturalisations ont rejeté sa demande de titre de séjour
permanent. Du fait que Hassan se trouvait à l'étranger,
explique Bjotvedt, il a perdu l’accès à la plupart
des droits légaux accordés aux immigrants qui se trouvent
sur le territoire des USA. "Ils n'ont rien dans le dossier. Mais
sa tête ne leur revient pas. C'est juste un moyen de le mettre
à la porte du pays" a déclaré Bjotvesdt.
"S'il était réellement un terroriste, il serait
déja en prison. A l'évidence ils pensaient qu'il ne
tenterait pas de revenir aux USA."
L'avocat se plaint du flou des allégations faites par le gouvernement.
Cependant, les huit pages du rapport de l'Immigration qu'il nous a
transmis contiennent des explications détaillées sur
les raisons du refus de titre de séjour. Ce rapport mentionne
que Hassan a donné de fausses informations dans les formulaires
de demande et a omis de rapporter son rôle dans la Jamaat al
Tabligh.
Les conclusions de l'Immigration sont étayées par la
déclaration sous serment d'un agent du FBI de Phoenix qui écrivait
: "La JT a été associée à plusieurs
affaires récentes et importantes de terrorisme. John Walker
Lindh était allé au Pakistan avec des missionnaires
du Tabligh après sa conversion à l'Islam. Une fois au
Pakistan, il s'était enrôlé dans un camp d'entraînement
militaire et avait combattu pour les talibans." L'agent notait
aussi que, au titre de premier responsable de la mosquée el
Nour, Hassan avait demandé à "une personne suspectée
ou connue pour terrorisme" d'officier comme imam invité.
Selon l'agent, le visa de cet imam avait été annulé
après un contrôle effectué par le Centre de dépistage
des terroristes (Terrorist Screening Center).
Enfin, la déclaration du FBI parle de six Américano-Yémenites
de Lackwanna, dans l’État de New-York, qui, après
s'être rendus au Pakistan en 2001 en tant que missionnaires
de la JT, sont ensuite entrés en Afghanistan pour rejoindre
des camps d'entraînement d'Al Qaida. La déclaration du
FBI ne désigne jamais directement la JT comme une organisation
terroriste. Elle dit plutôt que ce mouvement "est vulnérable
à l'infiltration par des extrémistes islamiques qui
s'en servent comme couverture pour recruter des membres en vue de
commettre des actes terroristes contre les USA”.
"Pour cette raison" conclut l'agent, "le FBI ne peut
écarter la possibilité que Hassan représente
une menace pour la sécurité nationale." Pourtant,
Al Gallmann, directeur des services de l'Immigration à Phoenix,
cite la Jamaat al Tabligh en tant qu'organisation terroriste et colle
à Hassan l'étiquette de soutien au terrorisme, en se
basant sur les informations du FBI.
Gallman dit que Hassan n'a pas seulement tu son affiliation à
la JT mais qu'il a également omis de révéler,
comme il est exigé, ses anciennes responsabilités à
Momin Education and Cultural Services of Arizona et à East
Valley Masdjid Inc., organisations qui ont créé ou qui
chapeautaient les mosquées en Arizona.
Pour Gallmann, "Il est clair que par fraude et/ou par déformation
volontaire de la réalité, votre demande a été
faite en recourant à une déposition inexacte et délibérée
de faits matériels."
Bjotvedt, l'avocat près les services de l'Immigration, considère
que le gouvernement pratique l'amalgame dans sa recherche de la culpabilité
de Hassan. Il explique que son client est venu en Arizona pour étudier
la médecine et qu'il a travaillé légalement pendant
cinq ans au Maricopa Medical Center où il soignait des patients
nécessiteux. Après le 11 septembre 2001, Hassan a été
parmi les premiers musulmans d'Arizona à être interrogés
par le FBI. En janvier 2002, Hassan a déposé une demande
de titre de séjour permanent. Bjotvedt ajoute qu'en raison
de la longueur inexpliquée de la procédure, Hassan avait
engagé une requête en justice pour accélérer
la procédure. Alors que la procédure et la requête
étaient en instance, Hassan a obtenu des documents officiels
l'autorisant à effectuer son pèlerinage à La
Mecque en compagnie d'Amber, son épouse.
Hassan, qui porte le turban et la robe orthodoxe, travaille pour Medical
Professionals en Arizona. Deedra Abboud, directrice de la Muslim American
Society of Arizona dit être incapable d'imaginer Hassan comme
soutien d'Al Qaida. Elle le décrit comme quelqu'un de pieux,
"un type très bien, modeste et réservé."
Abboud et Muzzammil Siddiqi, président du Council of Islamic
organizations en Californie du sud figurent parmi les nombreux leaders
musulmans choqués qu'on puisse accuser la Jamaat al Tabligh
de terrorisme. "Ils font des sorties pour ramener les gens à
leur foi" explique Siddiqui. "Ils ne se mêlent pas
d'activités politiques."
Vous voulez devenir auteur de bestseller ?
Faites faire votre pub par Ben Laden ! Mais ce sera à vos risques
et périls !
par rédaction Quibla, 23 janvier 2006
Le dernier passage de la voix d'Oussama Ben Laden sur la chaîne
qatarie Al Jazira a fait au moins le bonheur d'un étatsunien.
Il s'agit de William Blum, auteur d'un livre, L'Etat voyou (Rogue
Nation), paru en 2002 et pratiquement passé à la trappe
puisqu'il était classé 209 000ème dans les ventes
d'amazone.com, jusqu'à la veille de la diffusion de l'enregistrement
d'Oussama. Eh bien le livre est maintenant passé au 24ème
rang des ventes puisque le chef d'Al Qaïda avait conseillé
aux Américains de lire ce livre pour se rendre compte des ravages
de la politique de leur pays dans le monde. L'auteur est depuis assailli
par les journalistes et les chaînes de télévision
et se félicite de cette publicité gratuite faite par
le "Vieux de la Montagne". Mais le plus bizarre dans cette
histoire, c'est que Bill Blum, ancien rédacteur de Covert Action
Quarterly, un trimestriel d'enquêtes sur les servics secrets,
a publié un autre livre, Killig Hope (Tuer l'espoir) sur l'fghanistan,
dans lequel il explique si l'Union soviétique a envahi l'AFghanistan
en 1979, c'était pour défendre ce pays contre une agression
de groupes islamistes soutenus par Washington et la CIA. Alors, de
deux choses l'une, ou bien Ben Laden est mal informé sur les
auteurs de livres dont il fait la publicité, ou bien ce n'était
pas Ben Laden qui a fait cet enregistrement. Le commentateur Wayne
Madsen, ancien agent de la National Security Agency, opte, quant à
lui, pour cette dernière hypohèse. Et il va même
plus loin : les néoconervateurs, explique-t-il, veulent, par
ce genre de faux - comme le dernier message de Ben Laden - associer
les auteurs progresistes qui les combattent et, à travers eux,
les démocrates, à Ben Laden. Une thèse somme
toute assez plausible. Et cerise sur le gâteau, d'après
Wayne Madsen, Bill Blum lui a déclaré que les phrases
citées par la voix attribuée à Ousama Ben Laden
... ne figurent pas dans son livre son livre ! Bref, ya ququ'chose
qui cloche là-dedans...
L’Etat voyou de William Blum, éditions
Parangon, 364 pages - 18 € - ISBN : 2841900754
(Au Maroc : Cérés éditions et Tarik éditions,
378 pages.)
La fameuse citation par “Ousama Ben Laden” du livre :
"Si j’étais président, j’arrêterais
en quelques jours les attaques terroristes contre les USA. Définitivement.
D’abord, je présenterais mes excuses à toutes
les veuves, aux orphelins, aux personnes torturées, à
celles tombées dans la misère, aux millions d’autres
victimes de l’impérialisme américain. Ensuite,
j’annoncerais aux quatre coins du monde que les interventions
américaines dans le monde sont définitivement terminées,
et j’informerais Israël qu’il n’est plus le
51e État des États-Unis mais dorénavant - chose
curieuse à dire - un pays étranger.
Et puis, je réduirais le budget militaire d’au moins
90 %, utilisant le surplus à payer des réparations aux
victimes. Ce serait plus que suffisant. Le budget militaire d’une
année, soit 330 milliards de dollars, équivaut à
plus de 18 000 dollars de l’heure depuis la naissance de Jésus-Christ.
Voilà ce que je ferais les trois premiers jours. Le quatrième
jour, je serais assassiné."
William Blum, ancien fonctionnaire du département d’État
US, nous rappelle que, s’il n’y a pas de justification
au 11 septembre, il y a certainement des raisons. L’État
voyou démontre comment, sous couvert de liberté, de
démocratie et de droits de l’homme, les USA commettent
des actes criminels barbares, et agissent de la façon la plus
belliqueuse qui soit.
En marge de “L’État voyou”, de William Blum
Voyou toi-même !
par Mahjoub Haguig, www.maroc-hebdo.press.ma
La conception « Etat voyou », officiellement abandonnée
par les Américains depuis deux ans, et remplacée par
une autre trouvaille non moins faussée, « l’axe
du mal », a fini par rattraper les apologistes du monde. Les
Etats-Unis, comme le prouvent l’abondance de la littérature
en ce sens, répondent exactement aux mêmes critères
qui ont servi à classer des pays comme l’Irak, l’Iran
et la Libye dans la catégorie des Etats voyous, parce que ne
voulant pas se plier à la volonté des Américains
à vouloir tracer à tout prix un nouvel ordre qui profite
avant tout aux maîtres du monde.
Finalement, un Etat voyou, ce n’est pas forcément un
Etat cr iminel. C’est surtout un Etat qui ne se plie pas aux
ordres de la seule puissance mondiale, les Etats-Unis, et qui brouille
par ses propres stratagèmes les cartes de la géopolitique,
version Maison Blanche.
“L’Etat voyou” de William Blum, loin de proposer
des vérités explosives, fait la synthèse, très
réussie d’ailleurs, du mal américain qui ronge
depuis un demi-siècle la planète Terre ! L’auteur,
ancien fonctionnaire du département d’État, revient
sur la folie des grandeurs et le machiavélisme d’une
nation qui règne sans partage sur l’ordre mondial depuis
la fin de la première moitié du 20ème siècle.
Guerres
Méthodique, il s’appuie au départ sur les attentats
du 11 septembre et la riposte américaine qui s’en est
suivie en Afghanistan et un peu partout dans le monde, avant d’analyser
tous les précédents guerriers de ce pays dans le monde.
Suivons cette même démarche, et revenons soixante-dix
ans en arrière, depuis que les USA se sont déclarés
sauveurs de l’humanité de la conspiration communiste,
jusqu’à nos jours. Le calcul est édifiant. Durant
cette période, les Américains ont tenté de renverser
plus de 40 gouvernements étrangers et de réduire au
silence plus de 30 mouvements nationalistes. En chemin, ils ont causé
la mort de plusieurs millions de personnes et condamné d’autres
à “une vie d’agonie et de désespoir”.
Le compte y est, ou presque, parce que la machine de guerre n’a
pas coupé le contact.
Et pour cause. “La théorie du complot”, autrefois
opérant loin du sol américain, a fini par rattraper
les Américains jusque chez eux. De ce fait, elle a pris une
autre envergure et a mobilisé de nouveaux moyens d’autodéfense.
Si, par le passé, les USA se sacrifiaient au nom de la démocratie
et de la paix, aujourd’hui c’est de leur propre survie
qu’il est question. Blessé, ce pays s’acharne,
sévit et démolit tout sur son chemin. Il passe outre
tous ces faux principes dont il se déclarait l’unique
défenseur. La fin justifie les moyens. Et les moyens prennent
la forme de la barbarie dans toutes ses formes et couleurs.
Lentement mais sûrement, les USA colportent des accusations,
rallient les troupes, dont la docile Angleterre, rompue à l’allégeance,
et préparent une énième guerre contre l’Irak.
Charte de l’ONU ? Droit international ? Que d’idioties
qui ne s’appliquent nullement au maître du monde. Les
Américains veulent leur guerre. Ils l’auront.
L’opinion publique américaine est tout acquise. L’Irak
se réarme ; par conséquent, il présente un danger
permanent pour ses voisins et pour “l’ordre mondial”.
ExEtat voyou et aujourd’hui membre forcé de l’axe
tripartite du mal, l’Irak devrait, du moins dans sa version
actuelle, disparaître de la carte.
Servons-nous de ce même raisonnement. Si cet axe du mal est
censé regrouper tous les pays “voyous” qui disposent
d’armes de destruction massive et qui menacent la paix mondiale,
il devrait inclure un autre pays, tout désigné celui-là,
une grande puissance mondiale qui présente les mêmes
symptômes d’une nation terrassée par la volonté
maladive de vaincre. On vous laisse deviner.
Harry Belafonte : L'administration Bush recourt
aux méthodes de la Gestapo
Le chanteur et acteur américain Harry Belafonte, qui compte
parmi les plus féroces détracteurs de l'administration
Bush, n'a pas hésité samedi à comparer le département
de la Sécurité intérieure à la Gestapo
de l'Allemagne nazie. Quant au chef de la Maison Blanche, il voit
en lui un "menteur". "Nous vivons une époque
sombre où sévit la nouvelle Gestapo de la sécurité
intérieure et où des citoyens voient leurs droits suspendus",
a accusé Belafonte dans un discours sur le rôle des arts
dans un monde en plein bouleversement politique, prononcé lors
de la réunion annuelle de l'organisation artistique APMC. "On
peut être arrêté et pas inculpé. On peut
être arrêté et ne pas avoir droit à un avocat",
a encore dénoncé le chanteur noir, âgé
de 78 ans, militant de longue date pour les droits civiques et ambassadeur
de bonne volonté de l'UNICEF. Ses propos sans concession ont
été salués par une "standing ovation"
du public, où l'on notait la présence du chanteur Peter
Yarrow et d'artistes d'une dizaines de pays étrangers. Belafonte,
qui avait déjà qualifié George W. Bush de "plus
grand terroriste du monde" voilà deux semaines au Venezuela
, a persisté et signé, jugeant que la réponse
apportée par l'administration américaine aux attaques
terroristes du 11 septembre 2001 n'était pas la bonne. "Le
fascisme c'est le fascisme. Le terrorisme c'est le terrorisme. L'oppression
c'est l'oppression", a souligné Belafonte, qui avait servi
dans la Navy pendant la Seconde Guerre mondiqle. A ses yeux, le président
Bush est arrivé au pouvoir "d'une manière plutôt
douteuse (...) et a ensuite menti au peuple de cette nation, en lui
faisant faire fausse route et en le trompant, puis en envoyant des
centaines de milliers de ses garçons et filles dans un pays
étranger qui ne nous avait pas agressé." Source
: AP, 22 janvier 2006
Faute des les trouver en Iraq, ils cherchent
les armes de destruction massive... dans les mosquées US !
Le gouvernement américain a lancé un programme de surveillance
de mosquées et d'autres lieux fréquentés par
des musulmans à la recherche d'éventuels matériaux
nucléaires, a indiqué vendredi 23 décembre le
magazine US News and World Report sur son site internet.
Ce programme classé top-secret a commencé au lendemain
des attaques du 11-Septembre 2001, a précisé le magazine.
Au total plus de 120 sites fréquentés par des musulmans
y compris des lieux d'habitation ont été surveillés
dans la région de Washington et plus encore à Chicago,
Seattle, Detroit, New York et Las Vegas, a ajouté le journal.
Les enquêtes ont été menées par le FBI
(police fédérale) et des équipes spécialisées
dans le matériel nucléaire du Département de
l'Energie.
Presque toutes les personnes surveillées étaient des
citoyens américains, a indiqué une source anonyme au
magazine. Cela pourrait poser des problèmes juridiques car
la loi ne permet pas de surveiller des citoyens américains
sans accord de la justice, a ajouté cette source.
"Beaucoup d'entre nous (les enquêteurs) pensent que cette
surveillance était sujette à caution mais les gens qui
se sont plaints ont vite perdu leur poste", a-t-il dit.
Le gouvernement de George W. Bush est actuellement sous le feu de
la critique pour avoir espionné sans mandat de la justice des
conversations téléphoniques et électroniques
entre les Etats-Unis et l'étranger, dans le cadre de la lutte
antiterroriste.
Source : Islamiya.net, 24 décembre 2005
Il avait bu, il a oublié qu'il se trouvait
à New York et il s'est cru à Bagdad : il a tiré
sur une Musulmane !
Le soldat de 1ère classe Carpio, de la base militaire de Fort
Hood, au Texas, était en permission de Noël à New
York. il avait bu. Il a vu une femme msulmane, il a tiré. Ça
se passait en pleine ville, dans le quartier Queens. Selina Akhter,
une immigrée du Bangladesh, est morte. Un accident ? L'organisation
Jamaat al-Muslimeen a exigé que les autorités ouvrent
une enquête sur ce qu'ils considèrent comme un "hate
crime", un "crime de haine"- catégorie juridique
US qui englobe tous les crimes contre des membres des minorités.
Plusieurs centaines de personnes ont assisté au service religieux
pour la victime au Jamaica Muslim Center, d'où le corps a été
rapatrié à Chittagong. Comme l'a dit un participant
au New York Times du 31 décembre : « cette personne appartenait
à une armée en guerre contre les Musulmans. Quand une
femme qui avait l'air musulmane est apparue à la fenêtre,
il a tiré. ce ne peut pas être une erreur. C'était
un soldat professionnel. Il savait comment tirer. »
Source : http://newtrendmag.org
Coca-Cola interdit sur les campus new yorkais!
Alors que la grève des chargés de travaux dirigés
de l'université de New York (NYU) se poursuit, et ce malgré
les menaces du président, les étudiants ont réussi
à faire interdire la célèbre marque des campus
de l'université.
Tout a commencé il y a deux ans. Une association qui se bat
pour que les multinationales aient un comportement plus éthique
a décidé de lancer une campagne contre les activités
de Coca-Cola notamment en Colombie. En effet, la base des produits
de la marque viennent de ce pays. Beaucoup de colombiens travaillent
pour Coca. Or, beaucoup de travailleurs colombiens ont été
tué par les milices para-militaires qui bossent pour Coca (et
formées dans des camps américaines). Ces milices pratiquent
aussi le racket et la torture sur les travailleurs. Coca-Cola est
donc complice de ces agissements!
Les étudiants de New York ont commencé à lancer
cette campagne en décembre 2004 sur les campus. Le 3 novembre
dernier, le conseil de l'université (All University Senate
(AUS)), qui regroupe étudiants, professeurs et direction a
décidé de soutenir une motion proposée par les
étudiants demandant le bannissement des produits de la marque
Coca sur les campus tant que celle-ci n'acceptera qu'une commission
indépendante enquête sur les faits. reprochés.
Ce vote est intervenu après 6 mois de débats où
Coca a fait pression pour ne pas être banni.
Pour autant, la campagne contre Coca continue car d'autres crimes
sont couverts par cette entreprise en Inde, en Turquie, au Pakistan
ou au Guatemala
Source : killercoke, blog des étudiants new yorkais : http://www.killercoke.org/
Good Night, and Good Luck : le nouveau film
de George Clooney, une leçon de journalisme
par Marie-Noëlle Tranchant, Le Figaro, 4 janvier 200
Cinéma - On peut être une star très populaire
et un cinéaste engagé. Fils de journaliste, Clooney
dans son deuxième film, «Good Night, and Good Luck»,
traite du pouvoir des médias.
SANS RIEN perdre de son sourire hollywoodien et de son charme décontracté,
rassurons le fan-club de la star d'Urgences et d'Ocean's Eleven, George
Clooney s'est dédoublé en cinéaste original avec
Confessions d'un homme dangereux, et il aggrave encore son cas avec
son deuxième film, Good Night, and Good Luck, qui joint le
sérieux du propos à l'austérité du noir
et blanc. Il met aux prises, en 1953, un journaliste de télévision
de la chaîne CBS, Edward Murrow (David Strathairn) et le sénateur
Joseph McCarthy (présent à travers des documents d'archives),
alors en pleine «chasse aux sorcières».
Le licenciement d'un pilote de l'armée de l'air soupçonné
d'être un danger pour la sécurité du pays parce
que son père serait lié au Parti communiste, inspire
à Murrow un éditorial sévère et une enquête
circonstanciée sur cette décision arbitraire, sans preuve,
qui constitue une atteinte aux libertés civiles.
A travers cette histoire authentique, minutieusement reconstituée,
Clooney donne une réflexion engagée sur le rôle
et la responsabilité des médias, face aux pressions
du pouvoir politique, du pouvoir financier et à la perte de
conscience dans le divertissement généralisé.
«En faisant ce film, explique George Clooney au téléphone,
je voulais parler de la responsabilité de la presse. Cela me
paraissait important de rappeler ce passé, parce qu'il a du
sens encore aujourd'hui. L'idée de raconter cette histoire
m'est venue en voyant ce qui se passe depuis le 11 septembre et la
guerre d'Irak, dans le domaine de la sécurité, où
le gouvernement s'autorise à faire espionner les citoyens américains.
On ne peut pas détruire sous prétexte de protection
les règles qui protègent la liberté.»
Le réalisateur connaissait bien son sujet, et son héros,
célébrité de la télévision dans
les années 50: il est fils de journaliste, et il a grandi dans
cette atmosphère de passion et de réflexion, fébrile
et enfumée qu'il a mise dans le film. La cigarette comme symbole
du «politiquement non correct»?
«Non, simplement parce que c'était comme ça à
l'époque. Et je tenais avant tout à être historiquement
correct. On voit aussi les femmes comme des citoyens de deuxième
classe, parce c'était ainsi. Les décors sont tout aussi
scrupuleusement reconstitués. Tous les faits sont exacts, et
les dialogues tirés des notes de Murrow et de la rédaction.
J'ai soigneusement veillé à l'authenticité, parce
que dans le climat actuel, j'étais sûr que si on trouvait
un détail faux, on s'en servirait pour discréditer l'ensemble.»
Authentique aussi, l'apparition de McCarthy à la télévision,
puisée dans les documents d'archives.
«Aucun acteur n'aurait pu le jouer aussi bien, explique Clooney,
et du coup, cela a déterminé le choix du noir et blanc,
pour pouvoir l'intégrer au film. Ensuite, pour le style, je
me suis beaucoup inspiré des documentaires des années
60, des films super-16 de Godard. Personne ne voulait d'un film en
noir et blanc, mais finalement, il marche très bien aux États-Unis.»
Autre trouvaille intéressante, la ponctuation musicale, d'excellentes
chansons jazzy qui semblent commenter l'action: «Oui, c'est
comme une sorte de ch¦ur de tragédie grecque»,
dit Clooney.
Good Night, and Good Luck a remporté le prix du scénario
au dernier Festival de Venise, et David Strathairn le prix d'interprétation
pour le rôle d'Edward Murrow. «Un héros américain»,
pour le réalisateur. Beau personnage, intègre, cultivé,
lucide et passionné. Qu'est-ce que Clooney admire en lui?
«Ce qui fait un grand journaliste: poser la bonne question au
bon moment. J'ai commencé des études de journaliste,
et j'ai vu que je n'avais pas cette forme d'intelligence. Murrow était
anticommuniste mais il a compris la menace que la chasse aux communistes
faisait peser sur les libertés civiles. Et il l'a dénoncée
quand il le fallait. La question n'est pas telle ou telle idéologie,
la question est de comprendre l'époque. Et, pour un journaliste,
de partir des faits.»
Murrow dénonce aussi la télévision de divertissement,
confortable et docile. «Oui, c'est un énorme sujet. Mon
père a quitté le métier quand il a vu que la
radio et la télévision prenaient le chemin du divertissement.
Personnellement, je ne suis pas snob, et j'aime bien les spectacles
de distraction. Mais ça ne doit pas remplacer l'information.
J'admire Murrow parce qu'il refuse d'occulter les problèmes.
Je pense qu'il ne faut pas cesser de mettre en question le pouvoir,
politique, financier. L'autorité qui n'est pas mise en question,
qui n'est pas défiée, corrompt.»