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4 decembre 2006 - Couriel : redactionquibla@yahoo.fr

Mexique

Pancho Villa, le retour


 


Paco Ignacio Taibo II : "La droite mexicaine entrave la possibilité d’un front latino-américain de centre-gauche"

Propos recueillis par Veronica Cago, 23 novembre 2006

 

S’il est vrai que le Coca Cola contient une formule magique, l’unique façon de le vérifier est de voir la vitalité et l’enthousiasme que le prolifique auteur mexicain Paco Ignacio Taibo II parvient à propager pendant qu’il consomme sans pause des boîtes de ce liquide noir et douceâtre (cette manie est aussi celle de son mythique personnage, le détective - d’un non moins mythique District Fédéral - Hector Belascoaran).

 

Taibo II commande des boîtes pour le réfrigérateur de sa chambre d’hôtel du centre de Buenos Aires et s’apprête, une fois encore dans sa longue tournée latino-américaine, à narrer cette obsession qui a capturé quatre années de sa vie, l’obligeant à écrire plus de huit cent pages, et qui s’appelle Pancho Villa, qu’il propose d’inclure immédiatement dans un nouveau "livre saint laïc latino-américain". "C’est si littéraire, mais si littéraire qu’un moment je me suis trouvé pétrifié et me suis dis : "Tu sais quoi, malin ? Ne lui mets pas une once de fiction. Non seulement ce n’est pas nécessaire mais cela affaiblirait le personnage. Ce livre a toute sa puissance dans la capacité littéraire d’un personnage qui n’est pas littéraire, définit l’auteur au moment de synthétiser la dévotion infinie que lui a inspiré le révolutionnaire mexicain et qui transpire à chaque ligne de son immense Pancho Villa. Une biographie narrative (Planeta).

 

 

 

Votre récit de Villa montre un personnage qui surprend par la légèreté avec laquelle il évolue dans l'ambiguïté, et même dans la contradiction...

 

C’est l’histoire de quelqu’un qui a une réputation d’ivrogne alors qu’il est en réalité abstinent et qu’en plus il aime les milk-shakes à la fraise. En même temps toute sa vie est enveloppée dans la légende. Il y a trente six versions fausses sur chaque histoire qui s’est réellement produite, ce qui te contraint continuellement à sortir du brouillard pour que le personnage arrive et se construise. Ce fut un exercice difficile parce que vint un moment où il me plaisait d’être dans le brouillard. Alors tu te trouves obligé d’enregistrer aussi le brouillard : "OK, il y a neuf versions sur le lieu de naissance de Villa, mais celle-ci et celle-là sont fausses pour telle raison, telle autre est absurde, et celle-là est la bonne" mais les autres sont bien jolies et là donc elles demeurent enregistrées.

 

 

 

Vous énoncez cela comme une sorte de principe méthodologique : quiconque a une légende c’est qu’il la mérite, mais il faut aussi raconter son histoire.

 

Il faut enlever à la légende sa charge magique et lui restituer son poids réel. Celui qui a une légende la mérite mais c’est à l’histoire de parvenir à lui donner sa dimension humaine, parfois de manière critique. Pendant trop longtemps la gauche a pratiqué l'idolâtrie, transformant en doctrine toute proposition idéologique et opérant comme une église catholique en ascension. Et cela a perverti la pensée critique en empêchant que l’on voie de la seule manière réellement dialectique un personnage : dans le bien et dans le mal, dans l’horreur et dans la folie, sans pour autant que le fait de passer par les ténèbres lui fasse perdre sa qualité humaine. Il y a en Villa un personnage irascible, virulent, et en même temps un bon sens paysan très clair, d’une logique très primaire. Le débat moral devient très compliqué ; il doit se soumettre à la narration des faits, à ce qu’ils sont, au pourquoi font-ils cela, et permettre au lecteur de penser par lui-même.

 

 

 

Pourquoi dites-vous cela ?

 

Parce que l’histoire du marxisme orthodoxe des cinquante dernières années est une histoire "conductiviste" : elle tend à conduire le lecteur vers un côté. Elle lui pose l’hypothèse, lui offre l’information qui démontre l’hypothèse et au diable la recherche ; et quand cela ne te convient pas, tu élimines des morceaux pour que ça colle. Avec Villa, en revanche, tu as sans cesse l’obligation de recourir à des néologismes. Par exemple : de quelle classe sociale est-il ? La question est renversée : les classes sociales dont parle Marx ne fonctionnent pas. Je dois décrire ce que je vois et avoir une réflexion sur ce que je trouve. Ainsi tu découvres un personnage qui est une espèce de mélange de bandit de grand chemin, de muletier, de contremaître, de paysan sans terre, de mineur, de prolétaire des petites villes mais, en fin de compte un homme de territoires. Et quand tu confrontes ces personnages, que découvres-tu ? Tu découvres des personnages qui ne sont pas enracinés à une terre locale et par conséquent libres ; des personnages confrontés aux formes d’ordre les plus dures de cette société : le caciquat (caciques=petits chefs locaux, NdR), les enchaînés, les ruraux (rurales=policiers ruraux, NdT), etc. Des personnages avec des racines régionales, mais non locales ; d’une extraordinaire mobilité sociale et d’éternels polyvalents. Comment définir une classe comme celle-là !

 

 

 

 

 

Qu’exprime la biographie de Villa sur les composantes clé de l’histoire mexicaine ?

 

Plus que de l’histoire mexicaine, je dirais qu’elle est une des composantes clés de l’histoire latino-américaine. Villa exprime la volonté de vengeance des dépossédés, des sociétés opprimées et la fureur qui vient d’en bas. Il est important de l’intégrer à un nouveau livre saint laïc que nous sommes en train de construire en Amérique latine, où ont leur place le Che, Rodolfo Walsh, Sandino, Pancho Villa et tant d’autres dirigeants sociaux populaires. Beaucoup d’entre eux me poursuivent ces derniers temps pour que je raconte leur histoire. Je suis tombé à la fête du livre au Chili sur un poème du Péruvien Javier Heraud, prémonitoire de sa propre mort. Je vis sa photo, elle me bouleversa. Je restai à le regarder, lui aussi me regardait, et je me suis dit : "Il faut écrire son histoire". Heyraud allait s’incorporer à la guérilla du Che et mourut lors d’un passage du Pérou à la Bolivie [1]. Il me vint à l’esprit d ‘en parler alors que je présentais mon livre sur Villa et qu’il y avait là Hugo Neira [2] — qui a écrit sur l’histoire de la rébellion indigène qu’ensuite Manuel Scorza a raconté dans son roman "Roulements de tambours pour Rancas" (titre de la traduction française) — lequel pâlit et me dit : "Mon frère Javier Heyraud". J’ai alors senti que ça, je devais le raconter. Le problème est que pour mener à bien tout ce que je dois raconter il me faudrait cette vie et une autre !

 

L'investigation historique pour la biographie de Villa est en même temps une recherche sur les formes de l’oralité. Le livre a un poids spécifique très puissant à coup sûr comme les romanciers qui ont écrit sur la Révolution Mexicaine parce que leurs versions sont parfois plus fidèles que les chroniques traditionnelles pour ce qui est de capter une atmosphère, un moment ou un détail. Et un autre espace est celui du narrateur qui raconte son histoire. Tout le monde avait une histoire à raconter après la Révolution Mexicaine. Ce fut cela pour moi le problème : le cocktail d’informations. Une autre tension se trouvait entre la grande rigueur informative et en parallèle, un retour à un concept-clé qui fait de l’histoire un art narratif. Si tu dépouilles l’histoire de l'art narratif de la non-fiction, tu dépouilles l’historien de son rôle essentiel : l’historien est un conteur d’histoires et s’il les conte mal, il détruit la possibilité pour le lecteur de participer à cette histoire.

 

 

 

Pourquoi cette fascination pour les biographies ?

 

La biographie est le tronçon long : d’où vient-il et où va t-il. C’est une vision de Engels et Bouddha mélangés d’où il ressort que l’histoire est dans un grain de sable et inversement. C’est l’idée cohérente qu’un personnage raconte une époque et qu’une époque raconte un personnage. Et peut-être s’agit-il aussi d’une rébellion contre la démagogie de l’ "histoire sociale des opprimés". Oui, bien sûr, c’est l’histoire des opprimés mais aussi celle de l’ingénieur qui a construit le pont et de ce fils d’oligarque traître à sa classe qui a étudié le droit du travail pour défendre les ouvriers coupeurs de canne à sucre. Il faut abandonner ce schématisme primitif de l’histoire sociale en tant qu’histoire sans sujets ou seulement avec des sujets sociaux. En fin de compte, c’est là une perversion de romancier. Un romancier a besoin de personnages !

 

 

 

 

 

Quand vous étiez encore à écrire votre Villa, vous m’avez dit que chaque génération doit réécrire les biographies pour qu’elle soient lues de nouveau dans la chaleur d’une époque.

 

Oui, c’est la possibilité de toucher les jeunes de 20 ans. A Mexico, l’un d’entre eux s’est levé et m’a dit : "Avant mes héros étaient Spiderman et Batman et après vous avoir lu, c’est Villa, Spiderman et Batman". Je lui ai demandé : "Dans cet ordre ? Parce que si tu changes l’ordre ici, ça va pas ta tête". Le garçon m’a répondu : "Oui, dans cet ordre". J’ai insisté : il nous faut reconstruire le livre des saints laïcs de la gauche et garder nos références. Le Pape est pure ordure, il devrait être dans le livre des saints de la droite ; c’est le gangstérisme, l’appareil d’État, c’est l’intransigeance et le dogmatisme, c’est l’exclusion. Il faut refaire notre livre saint sans peur de dire les vérités et en ce sens Villa a été très important. On doit attraper par l’épaule nos mythes et les regarder de face, même s’ils te font très peur. C’est ce qui m’est arrivé avec le Che et aussi avec Villa.

 

 

 

 

 

De ce "villisme" que vous racontez, voyez-vous des traits dans le Mexique actuel ?

 

Comme référence directe, non. Comme référence indirecte, tout. Villa est de tous les côtés comme référence romantique et mythique. Il est pleinement présent dans "d’où venons-nous ?", "qui sommes-nous ?". J’ai présenté le livre dans le Durango (État de naissance de Pancho Villa, Ndt), où il m’a fallu attendre dix minutes avant de pouvoir commencer à parler parce que les gens criaient « Viva Villa ». J’avais vraiment les boules !. Je disais l’autre jour dans un de ces campements contre la fraude (électorale, NdT) — dans lesquels j’ai fait 48 conférences en 45 jours — quand ils t’attaquent avec le Traité de Libre Échange dans la journée, tu rentres chez toi le soir crevé et là l’image de Pancho Villa te protège, te sourit. Son image dit des choses comme : "Arrête de nous les casser car le peuple est capable de rendre coup pour coup" et ces choses il faut les dire pour faire peur à l’ennemi.

 

 

 

Comment peut-on entendre la situation actuelle de rébellion à Oaxaca ?

 

 C’est bien terrible car tu as un gouverneur qui est un gangster, dans le vieux style priiste (du PRI, le Parti Révolutionnaire Institutionnel) et qui totalise déjà une douzaine de morts. Qui réprime un mouvement enseignant et qui déchaîne la mobilisation de l’APPO (Assemblée Populaire des Peuples d’Oaxaca). Qu’ils lui prennent la ville et l’État, l’empêchent de gouverner et il gouverne caché dans des hôtels de seconde classe parce qu’il est mort de peur et la nuit il sort ses pistoleros pour tirer sur les gens dans le dos. Et le gouvernement fédéral, au lieu de rester de côté et d’attendre qu’il coule ou de provoquer un vote de disparition des pouvoirs au Sénat, comme il a une alliance avec le PRI pour que ce dernier soutienne l’entrée en fonction de Calderón, alors il le laisse en place et même le renforce en envoyant la Police Fédérale à Oaxaca. Par bonheur, l’APPO s’est transformée en un mouvement de résistance civile pacifique et n’est pas tombée dans la provocation de la violence qui permettrait de justifier l’intervention de l’armée.

 

 

 

Certains analystes ont décrit ce qui se passe à Oaxaca en parlant d’une "Commune". Etes-vous d’accord ?

 

 Oui, le terme est très juste. Ce qui se passe à Oaxaca est une conjonction de mille choses : mouvements d’artisans et d’indigènes, mouvement syndical, citoyen et de quartiers. Il y a une Commune émergente à Oaxaca et la pression de l’ensemble du pays est aujourd’hui fondamentale. Ce qui est important c’est que la mobilisation contre la fraude menée par les campements dans le DF (District Fédéral) commence à se transformer dans la ville de Mexico en une solidarité définitive et déclarée avec Oaxaca.

 

 

 

Pourrait-on dire que Zapata a été plus réapproprié, au travers du zapatisme, que Villa ?

 

 Oui, quoique le zapatisme ne soit pas non plus Zapata. Le zapatisme est la version de Zapata qui est adaptée aux communautés indigènes de la zone maya. Ce qui est très bien. Mais rien ne revient mécaniquement, tu ne peux pas transposer. Cette idée que nous "serons comme le Che", qui fut si populaire dans le Cuba des pionniers, était une tromperie. Personne ne peut être comme le Che. Nous serons comme ceux que nous sommes, mais avoir le Che à tes côtés, avoir sa présence irrévérencieuse, c’est très bien.

 

 

 

Après l’initiative zapatiste de l’Autre Campagne, l’EZLN ne s’est pas montré proche du mouvement anti-fraude, pourquoi ?

 

 Bien que je ne sois pas vraiment un sympathisant de López Obrador, duquel je suis éloigné pour un tas de raisons, il était évident qu’il y avait un mouvement social de grande envergure et extrêmement respectable. Le zapatisme a commis la grave erreur de ne pas percevoir la force et la puissance de ce mouvement social et de se marginaliser. Marcos aurait dû aller dans les campements, or il n’y est pas allé. Il était dans une maison de je ne sais quel quartier de la ville de Mexico. Cette marginalisation a été une grave erreur pour le zapatisme et a affaibli le mouvement dès qu’il n’a pas assumé toutes les forces possibles qu’il aurait pu accumuler. Même avec un social-démocrate "light", il y a des choses qui peuvent rassembler : par exemple l’idée que les mouvements sociaux ne se règlent pas par des interventions policières. Ou encore préférer l’éducation laïque à la religieuse. Bon, il y a déjà là des points importants. Il faut retrouver une mentalité non sectaire, accumuler le maximum de forces possibles autour de ce qui nous unit et agir dans ces espaces. Cela laisse libres d’autres espaces, qui sont propres. J’ai beaucoup de respect pour le travail de l’Autre Campagne : elle est allée faire entendre des voix et des conflits dont personne ne s’occupait. Seuls les zapatistes sont capables d’aller au secours d’une communauté isolée, là où il y a un secteur en lutte. Mais il n’en reste pas moins que la lenteur des zapatistes à appuyer Oaxaca a été terrible.

 

 

 

Pourquoi ?

 

 Je l'ignore et ne le comprends pas. Je ne veux parler à la place de personne. Ils ont leurs explications. Elles sont pour moi respectables mais erronées. Mais le mouvement est sage : le mouvement oaxaqueño nous oblige maintenant à nous tenir tous derrière lui.

 

 

 

Felipe Calderón va t-il gouverner dans la complète continuité de Fox ?

 

 Je le vois pire. Comme la continuation de Fox, qui était lui-même la continuation de Salinas, avec une circonstance aggravante : Calderón , pour pouvoir "gagner" ces élections a dû conclure un pacte avec les secteurs les plus réactionnaires, les plus sordides de la société mexicaine. Pacte avec le clergé ultramontain, avec le Yunque (L’Enclume, société secrète catholique d’extrême-droite fondée en 1955, très présente à la direction du PAN, NdR) et avec le vieux priisme gangstérisé restant dans le corporatisme enseignant, etc. Toutes ces alliances, il va devoir les payer maintenant, par conséquent Calderón  va devoir gouverner beaucoup plus à droite. Et il devra compter sur un mouvement social très puissant, qui va lui dire non tout le temps. Je ne peux imaginer par exemple ce qui va se passer s’il assujettit les livres à la TVA. Toute la communauté intellectuelle sortirait dans la rue et mettrait une pagaille, je te dis pas. S’il veut dénationaliser l’électricité ou le pétrole, il en sera de même. En ce sens, une chose est qu’il prenne ses fonctions, autre chose qu’il puisse gouverner.

 

 

 

 

 

La droite au Mexique semble conserver une "organicité" et une agressivité politique plus grande que dans une bonne partie de l’Amérique latine.

 

 Oui, la droite mexicaine entrave la possibilité d’un front latino-américain de centre gauche. Le Mexique pourrait être le pivot hyper-important d’un front qui intégrerait l’Argentine, le Brésil et la Bolivie mais aussi les Péruviens et les Chiliens. Dans ce front pourraient s’ouvrir des discussions d’une très grande portée pour une intégration continentale : pas de taxes sur les livres, disparition des frontières et libre commerce, etc. Le coup de frein de Calderón  empêche que le Mexique se joigne à ce moment historique. Je crois que pour cela ils ont mis le paquet et pas seulement pour des raisons internes, mais dans une perspective latino-américaine.

 

 

 

NdT

 

[1] Javier Heyraud (1942-1963) poète guérillero, membre de l’ELN péruvien (Ejercito de Liberacion Nacional) est mort dans une situation assez confuse sur le rio Madre de Dios, face à la ville de Puerto Maldonado. Il s’agit de la guérilla du Che en ce sens qu’elle a été conçue à La Havane fin 1962 par le Che et des révolutionaires péruviens, dont Javier Heyraud (voir Paco Ignacio Taibo II, Ernesto Guevara connu aussi comme le Che, tome 2, pages 144-145, Métailié/Payot, 2001).

 

[2] Hugo Neira, historien, essayiste et militant péruvien, a fait des études en France, et a enseigné dix ans à l’université de la Polynésie française, puis est retourné au Pérou pour sa retraite. Il est l’auteur, entre autres, du livre "Cuzco, Tierra y muerte", qui est peut-être celui auquel fait allusion Paco Ignacio Taibo II.



Cet entretien a été publié dans le n°193 du 23-11-2006 de l’hebdomadaire argentin Debate.

Original : www.rebelion.org/noticia.php?id=42174

 

Paco Ignacio Taibo II, romancier et historien mexicain né en Espagne, est connu tant pour ses romans noirs que pour ses ouvrages sur le mouvement ouvrier et révolutionnaire, en particulier ceux sur le Che, "L’année où nous n’étions nulle part" et "Ernesto Guevara connu aussi comme le Che" (Editions Métailié).

 

Traduit de l’espagnol par Gérard Jugant et révisé par Fausto Giudice, membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de toute reproduction, à condition de respecter son intégrité et de mentionner auteurs et sources.

 

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