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22 chaoual 1427 - 14 novembre 2006 - Couriel : redactionquibla@yahoo.fr


 

 

Mexique-Oaxaca – Chiapas

À l'assaut du ciel
“Nous vivons un processus d’insurrection populaire similaire à la Commune de Paris” : Interview de Miguel Linares, enseignant et membre de l’APPO (Assemblé populaire des Peuples d’Oaxaca)


Par Hernán Ouviña, 1er novembre 2006


Depuis cinq ans, l’état d’Oaxaca, au sud du Mexique, traverse une période d’intense mobilisation politique. En consonance avec d’autres luttes de différents espaces et organisations dans le reste du Mexique, comme l’Autre Campagne [menée par les zapatistes durant la campagne électorale pour l’élection présidentielle), le Front Populaire pour la Défense de la Terre d’Atenco, les mineurs de SICARSA et de Cananea, y compris le mouvement de résistance civile contre la fraude électorale dans le District Fédéral, la Section 22 de la Coordination nationale des travailleurs de l’éducation, qui regroupe les enseignants d’Oaxaca et sur un plan plus général l’Assemblée Populaire des Peuples d’Oaxaca (APPO), jouent le rôle principal dans le procédé inédit d’auto-organisation et de contrôle politique de la ville qui comprend l’occupation permanente des édifices publics, la construction de centaines de barricades avec l’aide des comités d’autodéfense, la prise de décisions à travers des dynamiques d’assemblées et l’autogestion de plusieurs moyens de communication « réappropriés ».
Résistante de grande tradition, Oaxaca, l’insurgée, a été digne d’être la terre natale de Benito Juárez et des frères libertaires Flores Magón. Bastion historique du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), il s’agit de l’état comptant la plus forte concentration de population indigène dans tout le Mexique, sa richesse et sa beauté contrastant avec l’énorme pauvreté et la marginalité dans lesquelles sa population se retrouve plongée depuis des décennies. Ce qui suit est un dialogue avec Miguel Linares Rivera, l’un des 21 enseignants et militants de l’APPO qui depuis quinze jours mènent une grève de la faim face à l’Hémicycle symbolique à Juárez de la ville de México :
À lire sur : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?lg=fr&reference=1618

Quatre nouveaux dessins sur la lutte populaire à Oaxaca


Par Carlos Latuff, novembre 2006

Un peuple en marche
Plus d’un million de personnes dans la sixième Mégamarche à Oaxaca – Décisions de l’Assemblée générale du 3 novembre 2006

 



Par l’Assemblée Populaire des Peuples d’Oaxaca (APPO), le 6 novembre 2006
Traduit par Maria Poumier et révisé par Fausto Giudice

 

Un mégasuccès !

 

 

Dès le petit matin, les gens sont sortis en masse des faubourgs, pour se retrouver au carrefour de Viguera, autour du monument à Benito Juarez : le torrent humain venait témoigner que l’esprit du « Bienfaiteur des Amériques » est plus vivant que jamais à Oaxaca, et qu’il nous inspire dans chaque action collective. A 10h 30, le convoi s’est mis en marche ; les panneaux et banderoles rappelaient comment Benito Juarez avait chassé le tyran et l’envahisseur. L’idée était d’aller jusqu’à la place de Santo Domingo, puis jusqu’au Zocalo, mais nous avons été informés sur le projet d’infiltration de provocateurs commandités par URO (le gouverneur Ulises Ruiz Ortiz), et nous avons préféré éviter le centre.

 

La marée humaine couvrait des kilomètres…

 

 

Décisions de l’Assemblée générale du 3 novembre 2006 

 

Bilan :

 

1.      L’assemblée générale déclare que la bataille du 2 novembre contre la PFP (Police fédérale préventive) a été une victoire politique pour les habitants d’Oaxaca.

 

2.      Le retrait d’URO n’est pas négociable.

 

3.      Le dialogue avec le gouvernement fédéral reprendra quand les conditions seront réunies : libération de tous les prisonniers politiques, retour de tous les disparus, sains et saufs, arrêt des détentions et de la torture, annulation immédiate des ordres de capture, évacuation des forces de la PFP de tout l’État d’Oaxaca, arrestation des paramilitaires, cessation du harcèlement de Radio Universidad, respect de l’autonomie universitaire.

 

Tâches :

 

1. Renforcer le congrès de l’APPO, prévu pour les 10 11 12 novembre.

 

2. Reprendre l’offensive politique dans la mobilisation populaire

 

3. Développer la campagne de sensibilisation en direction de la police

 

4. Avancer l’idée d’une grève civique nationale

 

5. Insister sur la nécessité d’éliminer les pouvoirs en place pour l’État d’Oaxaca

 

6. Protéger et amplifier l’audience de Radio Universidad, chercher des possibilités de      radio alternative

 

7. Renforcer la vigilance permanente sur la place Santo Domingo

 

8. Renforcer les actions régionales et l’organisation de l’APPO, au niveau des différentes régions de l’État d’Oaxaca et au niveau interne

 

9. Etablir la communication avec les caravanes de soutien qui accourent de toutes les régions du pays, fixer les tâches respectives

 

10. Convoquer un rassemblement autour des familles de prisonniers et de disparus pour dénoncer la répression dans les médias

 

11. Renforcer l’Assemblée nationale des peuples du Mexique, s’impliquer dans les différents projets unitaires

 

12. Poursuivre la consolidation du front diplomatique capable de relayer nos exigences

 

13. Organiser des actions locales, des barrages routiers, des occupations de mairies

 

14. Poursuivre la coordination avec les enseignants, les engager dans un programme d’actions communes

 

15. Organiser la transmission de l’information vers la base

 

16. Adresser un SOS à la solidarité nationale et internationale pour mettre fin à la répression

 

17. Dynamiser le dialogue avec la société civile

 

18. Dynamiser la mobilisation nationale et internationale pour la couverture de notre mouvement

 

19. Dynamiser le travail politique à la base

 

20. Dynamiser la consultation de la base avec la rédaction d’un guide pour la communication

 

21. Systématiser les échanges d’information avec les différentes barricades

 

22. Appeler les barricades à constituer des comités provisoires de l’APPO, les intégrer aux séances plénières.

 

 

 

Déclaration :Nous dénonçons les prises de position des entreprises qui ont collaboré avec les forces d’occupation, entre autres : Chedrahui, Tubos y Conexiones, Gugar, les patrons Luis Fernandez del Campo, Neftali Garcia, Fredy Alcantara.

 

 

 

Prochain rendez-vous :10-12 novembre, congrès constitutif de l’APPO, rendez-vous à 8h à la résidence des enseignants (Hotel del magisterio) avec la participation de tous les délégués élus pour le congrès.

 

Source : APPO
Traduit de l’espagnol en français par Maria Poumier et révisé par Fausto Giudice, membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique ((). Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de toute reproduction, à condition de respecter son intégrité et de mentionner auteurs et sources.

URL de cet article : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1490&lg=fr

 6ème mégamarche à Oaxaca le dimanche 5 novembre

Dimanche 5 novembre, la ville d’Oaxaca sera le théâtre d’une sixième marche de protestation, appelée « megamarcha », pour exiger une fois de plus le départ du gouverneur assassin Ulises Ruiz et le retrait des policiers fédéraux qui occupent la ville depuis une semaine.  Cette marche aura été précédée d’une caravane motorisée vers Oaxaca le samedi 4 novembre. Le mercredi 8 novembre, des rassemblements auront lieu devant les ambassades et consulats étrangers à Mexico et dans le reste du pays. Le vendredi 10 novembre, auront lieu une grève nationale et une marche nationale à Mexico, de l’Ange de l’Indépendance au Zócalo, en passant par le siège du ministère de l’Intérieur, à partir de 16 heures. Le samedi 11 novembre, une caravane nationale et internationale convergera vers Oaxaca et un meeting aura lieu à l’Université Benito Juárez. Tous solidaires du peuple d'Oaxaca ! (Comité de rédaction de Tlaxcala)

Lire la déclaration de l’Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca
L'invasion d'Oaxaca. Inauguration du fascisme de FECAL (Felipe Calderón) sur http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1467&lg=fr

Le sous-commandant Marcos, devant une assemblée indienne de l’État de Chihuahua (Nord du Mexique), appelle à l’unité des peuples indigènes

 


Marcos dans le train Chihuahua-Pacifique en route vers Sisoguichi. Photo Víctor Camacho

Marcos : Le peuple d’Oaxaca est enfermé mais pas seul, nous l’appuyons

par Hermann Bellinghausen, La Jornada,30 octobre 2006
Traduit par Gérard Jugant et révisé par Fausto Giudice

Sisoguichi, Chihuahua, 29 octobre - C’est de la Sierra Tarahumara [1] qu’est venue aujourd’hui la défense d’Oaxaca. “Comme il y a très longtemps, lors de la conquête, le peuple est enfermé dans cette ville. Les rues sont closes par la police. Les oiseaux ne volent plus dans l’air mais seulement les avions de l’armée. Le peuple est enfermé et se sent seul, mais nous disons ici, depuis la terre du Raramuri, qu’Oaxaca n’est pas seul, que nous allons l’appuyer”. Le subcomandante Marcos a parlé ainsi ce matin devant des centaines d’indigènes, dont beaucoup de chefs anciens de ces vieilles terres de douleur et de résistances.
Lire la suite sur http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1465&lg=fr

 


Cinq dessins sur la lutte du peuple d'Oaxaca

Par Carlos Latuff, novembre 2006
Présenté par Fausto Giudice

 

Carlos Latuff est un dessinateur brésilien d'origine palestinienne. Il vient d'obtenir le deuxième prix au concours de caricatures sur l'Holocauste organisé à Téhéran, pour un dessin terrible montrant un Palestinien vêtu du fameux pyjama à rayures des déportés juifs et avec un croissant rouge sur le coeur, à la place de l'étoile jaune. Mais son engagement pour la Palestine ne lui a pas fait oublier qu'il est un citoyen de l'autre Amérique, celle qui se bat, souffre, meurt et fint par triompher. Il vient de consacrer cinq dessins au combat épique mené par le peuple d'Oaxaca, au Mexique, contre le régime pourri du gouverneur Ulises Ruiz et du président Vicente Fox, qui lui a envoyé 4000 policiers fédéraux en renfort. Voici ces dessins.

 

 

 


Brad Will, militant d'Indymedia, New York assassiné par Ulises et Fox

 

 

Question : qui tire sur les militants durant les protestations à Oxaca ? La police ? Les paramilitaires ? Réponse : Fox

 

 

Partenaires dans le crime

 

 

Oaxaca résiste !

 

 

Ulises va tomber !

Visitez le blog de Carlos Latuff !
Source :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1458&lg=fr

Version espagnole  Version catalane 



 


Hugo Chávez tentant de faire la leçon à Vicente Fox. peine perdue...

Fin de règne sanglante
Fox a les mains maculées de sang


Éditorial, La Jornada, 30 octobre 2006
Traduit par Florence Razimbaud et révisé par Fausto Giudice

 Le gouvernement de Vicente Fox parvient à ses fins en étant l'otage des classes les plus délictueuses du parti qu’il avait essayé de « virer à coup de pieds au derrière » de Los Pinos, avec le stigmate de la trahison à l’égard d’un mouvement populaire avec lequel il était censé être en négociations, avec la  même manie de mentir et les mains maculées de sang. Tel est le solde provisionnel de l’incursion répressive lancée hier contre l’Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca (APPO), décidée dans la précipitation absolue après que les services de sécurité de l'État et de la municipalité d'Oaxaca, convertis en escadrons de la mort eurent assassiné vendredi quatre personnes et en aient blessé vingt trois autres.

 

Le pouvoir fédéral ne s’est pas mobilisé pour désarmer et arrêter les meurtriers mais pour s’acharner contre leurs victimes et pour réinstaller au pouvoir une autorité rejetée et impopulaire comme il n’y en avait pas eu depuis très longtemps dans le pays. Des heures avant l’opération, le secrétariat du gouvernement a coupé les lignes de communication avec les représentants de l’organisation populaire avec laquelle il continuait les négociations. Cette attitude nous rappelle forcément les évènements du 9 février 1995, lorsque le gouvernement d’Ernesto Zedillo, sans interrompre les contacts qu'il maintenait avec la direction de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale, avait tenté de la capturer par surprise et par traîtrise.

 

Impassible, le responsable de ce ministère est sorti pour fêter le « solde blanc » que lui a rapporté Miguel Angel Yunes Linares, le sous-Secrétaire à la Sécurité Publique, pendant que les médias publiaient les photos de l’un des morts suite à l’escalade répressive, Jorge Alberto López; ce dernier a reçu l’impact d’une capsule de gaz lacrymogène dans la poitrine, lancée par les effectifs de la police fédérale préventive.

 

La « méthode très méticuleuse qui consiste à ne pas blesser, à ne pas faire de mal » des contingents de police a depuis hier laissé un bilan de trois morts et de dizaines de blessés. La mobilisation policière a montré ses véritables intentions : écraser le mouvement qui demande le départ d’Ulises Ruiz du poste de gouverneur de l’État d’Oaxaca, avec l’arrestation d’environ 60 présumés membres de l’APPO et la violation d’une cinquantaine de domiciles. Et le prétexte de l’incursion - « les deux parties étaient en train de s’entretuer », selon Abascal* -, s’écrase sous son propre poids, parce que la violence de l’Etat s’est dirigée de manière évidente contre le mouvement populaire et en aucun cas contre les responsables de tous les morts, pas loin d'une vingtaine jusqu'à maintenant dans l’entité en proie aux convulsions.


Dessin de Juan Kalvellido, membre de Tlaxcala

Évidemment, la violente intrusion des forces fédérales dans la capitale d’Oaxaca ne va pas résoudre le conflit, bien au contraire, ce recours répressif complique plus la crise régionale et rajoute un facteur de tension dans un panorama politique national déjà passablement décomposé. Dans l’immédiat, il faut se demander si la reprise des cours par le corps enseignant d’Oaxaca, prévue pour aujourd’hui et si attendue par les autorités fédérales, pourra être menée à bien, au milieu d’un environnement social exacerbé par la présence de blindés anti-émeutes. En ce qui concerne l’APPO, la destruction des barricades, la « récupération » des édifices publics, la persécution, les morts, les agressions physiques et l’évacuation du zócalo d’Oaxaca ne serviront à rien sinon à renforcer les raisons d’être de ce mouvement.

 

Enfin, si avec cette escalade répressive on cherchait à paver le chemin de Felipe Calderón à la présidence, il se peut que le gouvernement fédéral obtienne le résultat inverse. Avec des décisions si maladroites et insensibles, le foxisme pourrait provoquer dans les 32 prochains jours qu’il lui reste une déstabilisation sans précédent. Il a réussi et ce pour la troisième fois après les interventions des forces fédérales à Lázaro Cárdenas et à Texcoco-Atenco à se tacher les mains de sang.
*
Carlos Abascal Carranza, secrétaire du gouvernement (secretario de gobernación), équivalent d'un ministre de l'Intérieur


La Jornada
Traduit de l’espagnol par Florence Razimbaud et révisé par Fausto Giudice, membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.
Source :   http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1446&lg=fr