![]() le quotidien online francophone et multilingue pour les Musulmans libres et actifs et leurs alliés ! Actualisé chaque jour avec des documents de référence sur tous les dossiers chauds ! 22 chaoual 1427 - 14 novembre 2006 - Couriel : redactionquibla@yahoo.fr |
Mexique-Oaxaca – Chiapas
Un peuple en marche
Par l’Assemblée Populaire des Peuples d’Oaxaca (APPO), le
6 novembre 2006
Dès le petit matin, les gens sont sortis en masse des faubourgs,
pour se retrouver au carrefour de Viguera, autour du monument à Benito
Juarez : le torrent humain venait témoigner que l’esprit du « Bienfaiteur
des Amériques » est plus vivant que jamais à Oaxaca, et qu’il nous
inspire dans chaque action collective. A 10h 30, le convoi s’est mis
en marche ; les panneaux et banderoles rappelaient comment Benito
Juarez avait chassé le tyran et l’envahisseur. L’idée était d’aller
jusqu’à la place de Santo Domingo, puis jusqu’au Zocalo, mais nous avons
été informés sur le projet d’infiltration de provocateurs commandités
par URO (le gouverneur Ulises Ruiz Ortiz), et nous avons préféré éviter
le centre. La marée humaine couvrait des kilomètres… Décisions de l’Assemblée générale du 3 novembre 2006
Bilan : 1.
L’assemblée
générale déclare que la bataille du 2 novembre contre 2.
Le
retrait d’URO n’est pas négociable. 3.
Le
dialogue avec le gouvernement fédéral reprendra quand les conditions
seront réunies : libération de tous les prisonniers politiques,
retour de tous les disparus, sains et saufs, arrêt des détentions et
de la torture, annulation immédiate des ordres de capture, évacuation
des forces de Tâches : 1. Renforcer le congrès de l’APPO, prévu pour les 10 11 12 novembre. 2. Reprendre l’offensive politique dans la mobilisation populaire 3. Développer la campagne de sensibilisation en direction de la
police 4. Avancer l’idée d’une grève civique nationale 5. Insister sur la nécessité d’éliminer les pouvoirs en place pour
l’État d’Oaxaca 6. Protéger et amplifier l’audience de
Radio Universidad, chercher des possibilités de radio alternative 7. Renforcer la vigilance permanente
sur la place Santo Domingo 8. Renforcer les actions régionales et
l’organisation de l’APPO, au niveau des différentes régions de l’État
d’Oaxaca et au niveau interne 9. Etablir la communication avec les
caravanes de soutien qui accourent de toutes les régions du pays, fixer
les tâches respectives 10. Convoquer un rassemblement autour
des familles de prisonniers et de disparus pour dénoncer la répression
dans les médias 11. Renforcer l’Assemblée nationale des
peuples du Mexique, s’impliquer dans les différents projets unitaires 12. Poursuivre la consolidation du front
diplomatique capable de relayer nos exigences 13. Organiser des actions locales, des
barrages routiers, des occupations de mairies 14. Poursuivre la coordination avec les
enseignants, les engager dans un programme d’actions communes 15. Organiser la transmission de l’information
vers la base 16. Adresser un SOS à la solidarité nationale
et internationale pour mettre fin à la répression 17. Dynamiser le dialogue avec la société
civile 18. Dynamiser la mobilisation nationale
et internationale pour la couverture de notre mouvement 19. Dynamiser le travail politique à
la base 20. Dynamiser la consultation de la base
avec la rédaction d’un guide pour la communication 21. Systématiser les échanges d’information
avec les différentes barricades 22. Appeler les barricades à constituer
des comités provisoires de l’APPO, les intégrer aux séances plénières. Déclaration : Prochain rendez-vous :10-12
novembre, congrès constitutif de l’APPO, rendez-vous à 8h à la résidence
des enseignants (Hotel del magisterio) avec la participation de tous
les délégués élus pour le congrès. Source : APPO URL de cet article : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1490&lg=fr 6ème
mégamarche à Oaxaca le dimanche 5 novembre
Dimanche 5 novembre, la ville d’Oaxaca sera le théâtre d’une sixième
marche de protestation, appelée « megamarcha », pour exiger une fois
de plus le départ du gouverneur assassin Ulises Ruiz et le retrait des
policiers fédéraux qui occupent la ville depuis une semaine. Cette
marche aura été précédée d’une caravane motorisée vers Oaxaca le samedi
4 novembre. Le mercredi 8 novembre, des rassemblements auront lieu devant
les ambassades et consulats étrangers à Mexico et dans le reste du pays.
Le vendredi 10 novembre, auront lieu une grève nationale et une marche
nationale à Mexico, de l’Ange de l’Indépendance au Zócalo, en passant
par le siège du ministère de l’Intérieur, à partir de 16 heures. Le
samedi 11 novembre, une caravane nationale et internationale convergera
vers Oaxaca et un meeting aura lieu à l’Université Benito Juárez. Tous
solidaires du peuple d'Oaxaca ! (Comité de rédaction de Tlaxcala) Lire la déclaration de l’Assemblée populaire des peuples
d’Oaxaca Le sous-commandant
Marcos, devant une assemblée indienne de l’État de Chihuahua (Nord du
Mexique), appelle à l’unité des peuples indigènes
Marcos : Le peuple d’Oaxaca est enfermé mais pas seul, nous l’appuyons par Hermann Bellinghausen,
Sisoguichi,
Chihuahua, 29 octobre - C’est de
Cinq dessins sur la lutte du peuple d'Oaxaca
Carlos Latuff est un dessinateur brésilien d'origine palestinienne.
Il vient d'obtenir le deuxième prix au concours de caricatures sur l'Holocauste
organisé à Téhéran, pour un dessin terrible montrant un Palestinien
vêtu du fameux pyjama à rayures des déportés juifs et avec un croissant
rouge sur le coeur, à la place de l'étoile jaune. Mais son engagement
pour Question : qui
tire sur les militants durant les protestations à Oxaca ? La police
? Les paramilitaires ? Réponse : Fox Partenaires dans
le crime Oaxaca résiste
! Ulises va tomber
! Visitez le blog de Carlos Latuff !
Fin de règne sanglante
Le pouvoir fédéral ne s’est pas mobilisé pour désarmer et arrêter les meurtriers mais pour s’acharner contre leurs victimes et pour réinstaller au pouvoir une autorité rejetée et impopulaire comme il n’y en avait pas eu depuis très longtemps dans le pays. Des heures avant l’opération, le secrétariat du gouvernement a coupé les lignes de communication avec les représentants de l’organisation populaire avec laquelle il continuait les négociations. Cette attitude nous rappelle forcément les évènements du 9 février 1995, lorsque le gouvernement d’Ernesto Zedillo, sans interrompre les contacts qu'il maintenait avec la direction de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale, avait tenté de la capturer par surprise et par traîtrise.
Impassible,
le responsable de ce ministère est sorti pour fêter le « solde
blanc » que lui a rapporté Miguel Angel Yunes Linares, le sous-Secrétaire
à
La
« méthode très méticuleuse qui consiste à ne pas blesser, à ne
pas faire de mal » des contingents de police a depuis hier laissé
un bilan de trois morts et de dizaines de blessés. La mobilisation policière
a montré ses véritables intentions : écraser le mouvement qui demande
le départ d’Ulises Ruiz du poste de gouverneur de l’État d’Oaxaca, avec
l’arrestation d’environ 60 présumés membres de l’APPO et la violation
d’une cinquantaine de domiciles. Et le prétexte de l’incursion - « les
deux parties étaient en train de s’entretuer », selon Abascal* -, s’écrase
sous son propre poids, parce que la violence de l’Etat s’est dirigée
de manière évidente contre le mouvement populaire et en aucun cas contre
les responsables de tous les morts, pas loin d'une vingtaine jusqu'à
maintenant dans l’entité en proie aux convulsions.
Évidemment, la violente intrusion des forces fédérales dans la capitale d’Oaxaca ne va pas résoudre le conflit, bien au contraire, ce recours répressif complique plus la crise régionale et rajoute un facteur de tension dans un panorama politique national déjà passablement décomposé. Dans l’immédiat, il faut se demander si la reprise des cours par le corps enseignant d’Oaxaca, prévue pour aujourd’hui et si attendue par les autorités fédérales, pourra être menée à bien, au milieu d’un environnement social exacerbé par la présence de blindés anti-émeutes. En ce qui concerne l’APPO, la destruction des barricades, la « récupération » des édifices publics, la persécution, les morts, les agressions physiques et l’évacuation du zócalo d’Oaxaca ne serviront à rien sinon à renforcer les raisons d’être de ce mouvement.
Enfin,
si avec cette escalade répressive on cherchait à paver le chemin de
Felipe Calderón à la présidence, il se peut que le gouvernement fédéral
obtienne le résultat inverse. Avec des décisions si maladroites et insensibles,
le foxisme pourrait provoquer dans les 32 prochains jours qu’il lui
reste une déstabilisation sans précédent. Il a réussi et ce pour la
troisième fois après les interventions des forces fédérales à Lázaro
Cárdenas et à Texcoco-Atenco à se tacher les mains de sang. La Jornada |
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