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Amerikkka : le premier Empire et son arrière-cour |
Cuba |
28/08/06 - Lettre du Révérend Louis Farrakhan à Fidel Castro
Traduit de l'anglais par Maria Poumier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (http://www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.
Au nom d’Allah le Miséricordieux 21/08/06 - Fidel Castro, le futur de Cuba et les vaines illusions de Washington
Le 31 juillet 2006, un sérieux problème de santé
a frappé le Président cubain Fidel Castro. Ce dernier
a été contraint de céder, de manière provisoire,
ses pouvoirs au Vice-président Raúl Castro, en vertu de
l’article 94 de la Constitution cubaine. Cet événement
a ravivé les convoitises de Washington et de l’extrême
droite cubaine sur l’Îles des Caraïbes, désireux
de reprendre le contrôle du pays. Face à cette menace réelle,
huit prix Nobel ainsi que plus de 400 personnalités publiques
du monde entier ont lancé un appel au respect de la souveraineté
de Cuba1.
09/08/86 -L’avenir de
la révolution cubaine est entre les mains de jeunes pompistes
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![]() C'est maintenant que le vrai combat commence ! dessin de Juan Kalvellido, membre de Tlaxcala |
par Richard Gott, The Guardian, 18
avril 2006
Dans une station service près de la ville provinciale cubaine
de Cienfuegos, une demi-douzaine d’adolescentes se tiennent nonchalamment
prés des pompes à essence, et s’activent lorsqu’une
voiture ou un camion se présente. Elles manient adroitement les
pompes, encaissent le paiement et enregistrent la transaction sur un
grand formulaire officiel. Elles sont proprement vêtues de t-shirts
et jeans avec un slogan inscrit dans le dos qui annonce leur qualité
de "trabajadores sociales", ou travailleurs sociaux. Il s’agit
là de la toute dernière armée de guérilla
de Fidel Castro, déployée pour lutter contre une plaie
à laquelle les économies centralisées ont toujours
été particulièrement vulnérables, la corruption.
Ils sont aussi l’avant-garde d’une génération
dont dépend l’avenir de la révolution cubaine.
Lire la suite sur
http://www.risal.collectifs.net/article.php3?id_article=1768
Fidel Castro quitte à regret la scène. Nous allons devoir cesser de nous voir briller dans son aura, nous les soixante-huitardes, les cinquantenaires bien tassées, les rêveuses jamais lassées.
Il serait indécent pour nous de dégoiser sur son compte, alors qu’il incarne si fort son pays, qui nous relie, nous rattache et nous retient des mauvais délires. Il serait indécent pour tous ceux qui ne vivons pas à Cuba de le célébrer comme un père noël qui aurait couvert de cadeaux ses benêts, car dès le début Carlos Puebla l’avait dit : « Se acabó la diversión, llegó el Comandante y mandó a parar », ce qui veut dire en bon français : « Fini la rigolade à Cuba, le Commandant est là, et il a dit basta ». Est-ce le blocus américain ou la malignité du chef qui a maintenu si rigoureusement rationnés les Cubains, pendant toutes ces années ? Si le chef avait été moins dur pour éliminer les contradicteurs autour de lui, est-ce que les véritables ennemis, les vrais agents de la CIA, qui ne sont pas un mythe, ne se seraient-ils pas engouffrés dans la brèche ? Si le chef disparaît, les réponses simples à des questions complexes n’apparaîtront pas pour autant. Ce qui est sûr, c’est que la pensée profonde de Cuba a été écrite à la Havane, alors que les intellectuels qui avaient cru aux mirages de Miami se sont suicidés, ou ont été dévorés par « le monstre », sont devenus des monstres ordinaires. Comme l’écrivait Jesús Díaz dans un conte allégorique sur un pianiste génial mais qui s‘était arraché la mort dans l’âme de son pays, ils ont vendu leurs mains à prix d’or, et, s’ils continuent à enchanter le monde, c’est tragiquement, seulement sous de fausses identités, sans pouvoir jamais plus arracher leur masque. Tandis que les uns se croyaient menacés de mort et se vendaient, Fidel envoyait la jeunesse fidèle protéger militairement les Angolais de l’impérialisme sud-africain, des armées fantoches de Savimbi, pour rien, pour l’honneur, pour rendre à l’Afrique ce que l’Amérique lui doit.
En 1994, une idylle s’est nouée entre une poignée d’Israéliens et de juifs cubains. On apprend ces jours-ci, par la presse israélienne, que c’est avec le chef du Mossad des années 1980, Rafi Eitan en personne, que négociait personnellement le président cubain. Arafat est venu mourir assassiné à Paris. Ses ennemis veulent nous faire croire qu’ils ont réussi à poignarder Fidel là-bas, chez lui. Le capital israélien a certainement contribué à tirer le gouvernement d’affaire, lorsque la Russie a rompu unilatéralement tous les accords de coopération signés par l’Union soviétique. Si la presse israélienne le révèle maintenant, et que les médias juifs d’Argentine reprennent la nouvelle avec empressement, c’est qu’Israël estime avoir réussi une implantation durable dans les rouages de l’économie cubaine, et donc dans ceux de la classe politique. Ainsi nous apprenons dans la foulée que le chef se meurt, et que l’Israël a réussi encore un coup tordu : soutenir par un vote constant et unique les résolutions Usaméricaines ostracisant Cuba à l’ONU, et arroser à domicile, ouvertement, une cinquième colonne toute dévouée à ses intérêts, au cœur du pays phare de l’anti-impérialisme et de l’anticolonialisme ! Il ne fait aucun doute que Rafi Eitan a continué à exercer ses talents de patron d’espions à Cuba : tout l’équipement informatique de Cuba est aux mains d’une compagnie israélienne, ce qui explique que les avocats Usaméricains sont prévenus dès qu’une entreprise étrangère tente de signer des contrats avec Cuba, et se voit rapidement traînée devant les tribunaux américains pour peu qu’elle ait également signé des contrats là-bas.
Le triomphalisme des médias israéliens, comme celui du clan des Bush de Floride, sera de courte durée : Fidel, le champion mondial toutes catégories des jeux de stratégie, des sports de combat et des sports en équipe, des courses de vitesse et des courses de fond, a appris aux Cubains à viser toujours plus haut, et les a entraînés à déjouer toute recolonisation. On ne quitte pas la pose de David, si chèrement payée, pour la grimace d’un valet de Goliath ! Fidel savait l’importance de son île pour équilibrer le monde, comme le fléau le plus sensible de la balance de la justice, au milieu du golfe du Mexique ; il l’avait appris d’un autre Cubain prophétique : José Martí, le penseur de la résistance de toute l’Amérique latine face à l’esprit de conquête des États-Unis. Et ceux qui n’aiment pas José Martí lui collent volontiers l’épithète d’antisémite, quoi qu’on n’ait pas retrouvé une seule phrase commençant sournoisement par « les juifs » dans les milliers de pages extraordinaires qu’on a conservé de ses écrits, après sa mort à quarante deux ans, au combat, en 1895. Martí condamnait avec indignation l’idéologie de type sioniste des protestants qui avaient conquis l’Amérique de nord, il aimait les Indiens et les Noirs et les gens qui produisent, contre ceux qui spéculent, sur les richesses et sur les consciences. Il défendait les fruits de la terre contre les immigrants d’Europe du nord, qu’il voyait sans foi ni loi, des fuyards déracinés et hantés par la rancune ; ayant connu le bagne à seize ans, comme un esclave condamné d’avance et parmi eux, il a annoncé que les descendants d’esclaves non seulement bâtiraient les nations américaines mais demanderaient réparation de leur dégradation.
Fidel après Martí a légué des outils tactiques et stratégiques à d’autres dirigeants en Amérique latine, et à d’autres résistants en attente du pouvoir ; ses discours sont des leçons en prise sur l’actualité mondiale pour réduire l’emprise de la cupidité, à l’échelle du capitalisme et dans le secret de la conscience de chacun. S’il n’a pas maîtrisé son image jusqu’au bout, ses raisonnements et ses initiatives exemplaires continueront de nourrir la réflexion des meilleurs.
Il va mourir, comme tous les grands-pères, ses traits qui en imposaient tant quand il était puissant sont déjà voilés par la nature, adoucis par le temps. Aux débuts de la littérature cubaine, un poète politique, José María Heredia le Grand, cousin de notre petit particulé parisien du même nom, commença son œuvre de tragédien par évoquer deux personnages qui étaient pour lui des sujets cubains : Atrée, le père des Atrides fratricides, et Sylla, le despote. A travers ce personnage, il méditait, en 1825, sur l’attendrissement qui gagne les vieux tenants d’un pouvoir absolu ; souvent les vieillards, au faîte ou non de la puissance, font les comptes de leur passé avec étonnement, et tentent d’en réparer les excès. Cette attitude déjà peut préparer la réconciliation des héritiers rivaux. Sylla avait été le symbole des tyrans qui s’amendent et qui font le bien de leur peuple, pour toute l’Europe classique: il avait découragé les vieilles rancunes. Prions pour les rois bons sur le retour, comme Staline le fut, dit-on.
Lorsque Fidel sera éteint, son profil parfait sera plus visible dans la nuit : la ligne droite de celui qui a su survivre à huit présidents états-uniens et à la fin de l’Union soviétique, et de celui aussi qui, dans son pays, n’a pas régné par la tuerie ni par l’intrigue. Il rejoindra son frère argentin le péroniste Che dans la légende. Il n’a jamais quitté le navire dans la tourmente. Sa haute taille domine. Et bien des gens que les États-Unis et l’Israël croient avoir achetés, parce qu’ils croient que Fidel les avait brisés, vont se révéler comme ses meilleurs fils : ceux de l’amour qui saigne avec une population rebelle et fidèle, forte d’avoir quarante sept ans durant, enduré son rude mari, celui qui a su lui donner les enfants dont toute notre génération droguée manquait : Endurance, Fraternité et Dignité. Alors que le monde semble encore confondre la liberté avec le péché capital de la consommation, nom moderne de la goule qui fait l’obésité mortelle, il a donné la semence. Les veuves n’ont pas besoin de se montrer, leur rôle est dans l’ombre : elles savent qu’elles ont été les garde fous, avec leur pesanteur d’ « embarrassées » comme on dit en espagnol des femmes gravides, et qu’elles ont augmenté leur propre pouvoir, au fil du temps.
Les Cubains qui gardent fidélité à leur grand homme continuent le travail.
par Salim Lamrani, 26 juillet 2006
Salim Lamrani est chercheur français à l'Université
Denis Diderot (Paris VII), spécialiste des relations entre Cuba
et les États-Unis. Auteur de Cuba face à l'empire : Propagande,
guerre économique et terrorisme d'état, Éditions
Timéli, 2006, et de Washington contre Cuba, Éditions Le
Temps des Cerises, 2005.
Le 22 juillet 2006, la Fondation nationale cubano-américaine
(FNCA) a célébré le 25ème anniversaire de
sa création à l'Hotel Biltmore de Coral Gables. Cependant,
la plus puissante organisation de l'extrême droite cubaine des
Etats-Unis, touchée par un nouveau scandale, n'a pas réellement
pu profiter de ces festivités.
En effet, un mois plus tôt, le 22 juin 2006, M. José Antonio Llama, ancien directeur de la FNCA, a révélé au grand jour ce que tout le monde savait déjà depuis longtemps : la FNCA est une organisation terroriste. M. Llama a reconnu avoir créé, avec des membres de la hiérarchie, un groupe paramilitaire afin de réaliser des attentats contre Cuba et d'assassiner son président Fidel Castro1.
Selon « Toñin », ainsi est-il surnommé par ses proches, la FNCA a disposé d'un hélicoptère de charge, 10 avions ultralégers dirigeables à distance, 7 embarcations, une vedette rapide Midnight Express et une quantité infinie de matériel explosif. « Nous étions impatients face à la survie du régime de Castro suite à l'effondrement de l'Union soviétique et le camp socialiste. Nous voulions accélérer la démocratisation de Cuba en employant n'importe quel moyen pour y parvenir », a-t-il confessé2.
L'ancien directeur, âgé désormais de 75 ans, a expliqué dans les moindres détails sa trajectoire terroriste. Par exemple, il a souligné que le plan d'assassinat contre M. Fidel Castro, planifié en 1997 avec quatre de ses complices, durant le Sommet ibéro-américain de l'Île Marguerite au Venezuela, a été frustré suite à l'intervention des autorités portoricaines alors qu'il se trouvait sur son bateau La Esperanza. Mis en examen, il a été acquitté avec tous ses acolytes en décembre 1999 pour manque de preuves3.
Suite à ce procès, M. Llama a pris ses distances avec la FNCA, car cette dernière avait refusé de prendre en charge ses frais de justice, ainsi que ceux de ses compères. Les révélations de personnage sont dues à un différent financier avec l'organisation extrémiste de Floride. En effet, M. Llama accuse les dirigeants de la FNCA d'avoir détourné les 1,4 millions de dollars qu'il a personnellement apportés pour la création de l'aile paramilitaire. « Où sont les bateaux et les avions que j'ai financés avec mon argent ? Que sont-ils devenus ? Qui dispose des titres [de propriété] originaux ? », s'est-il plaint4.
M. Llama raconte que le projet d'organisation d'attentats terroristes contre Cuba a été élaboré durant le congrès annuel de la FNCA de juin 1992. L'idée avait été lancée par l'homme d'affaires M. Miguel Angel Martínez, qui avait déclaré qu'il fallait « faire plus que du lobbying à Washington » pour renverser le gouvernement cubain. Deux présidents de l'organisation, M. José « Pepe » Hernández et Jorge Mas Canosa, ont été désignés par les autres membres pour former le groupuscule terroriste. « Nous avons alors commencé à nous réunir et lister tout ce qu'il fallait acheter », s'est-il souvenu5.
D'après M. Llama, d'autres exilés cubains ont fait partie du groupuscule paramilitaire, tels que MM. Elpidio Núñez, Horacio García et Luis Zúñiga, qui ont quitté la FNCA en 2001 pour fonder le Conseil pour la liberté de Cuba (CLC), Erelio Peña, Raúl Martínez, Fernando Ojeda, Domingo Sadurní, Arnaldo Monzón Plasencia et Angel Alfonso Alemán6.
L'acquisition de matériel explosif se faisait par le biais de l'homme d'affaires Raúl López, qui avait déjà participé à des activités terroristes contre Cuba dans les années 1960. Etant propriétaire d'une entreprise autorisée à acheter des explosifs pour ouvrir des canaux d'écoulement dans l'industrie sucrière du sud de la Floride, M. López pouvait ainsi fournir de la dynamite au groupe criminel7.
M. José « Pepín » Pujol, âgé
de 76 ans et ami intime du terroriste notoire M. Luis Posada Carriles,
était chargé de l'acquisition des embarcations depuis
1993. « Le [bateau] Pélican a été enregistré
à mon nom. Le procédure était la suivante : je
cherchais les bateaux ; Toñin effectuait le paiement initial,
et le garant était Elpidio Núñez », a-t-il
précisé8.
Concernant M. Pujol, il est actuellement accusé d'avoir fait entré illégalement M. Posada Carriles aux Etats-Unis à bord du bateau Santrina, le 18 mars 2005. Il avait bénéficié de la complicité MM. Ernesto Abreu, Santiago Alvarez, Gilberto Abascal et Ruben López Castro9.
M. Luis Posada Carriles est ancien agent de la CIA comme le révèlent des documents déclassifiés de l'Agence. Il a officiellement travaillé pour ce service du 26 mars 1965 au 11 juillet 1967. Il est responsable, entres autres, de l'explosion de l'avion commercial de Cubana qui avait coûté la vie à 73 personnes le 6 octobre 197610.
Le 12 juillet 1998, il avait déclaré au New York Times qu'il était l'auteur de nombreux attentats terroristes, y compris la vague sanglante qui a frappé l'industrie touristique cubaine en 1997. Il avait affirmé que l'ancien président de la FNCA, Jorge Mas Canosa, finançait directement ses activités criminelles : « Jorge contrôlait tout. A chaque fois que j'avais besoin d'argent, il demandait à ce que l'on me fasse parvenir 5 000 dollars, que l'on me fasse parvenir 10 000 dollars, 15 000 dollars ». Au total, la FNCA a fourni plus de 200 000 dollars au pire terroriste du continent américain11.
Par ailleurs, M. Posada Carriles, actuellement détenu à El Paso, Texas, a affirmé que Washington était au courant de toutes ses activités terroristes y compris ses plus hauts fonctionnaires, tels que le vice-président de l'époque George H. W. Bush. Il a justifié ses actes en soulignant qu'il les avait entrepris en défense de la sécurité nationale des Etats-Unis. Son avocat, Eduardo Soto, a déclaré à la presse que son client avait montré « une loyauté absolue aux Etats-Unis et qu'il ne chercherait jamais à faire du mal à ce pays ou à son peuple12 ».
Les services d'immigration étasuniens ne partagent pas cet avis et ont déclaré que M. Posada Carriles constituait une « menace pour la sécurité nationale » du pays. « Au vu de sa longue trajectoire d'actions criminelles et de violence qui impliquent des civils innocents, sa libération représenterait un danger tant pour la sécurité de la communauté que celle de la nation », affirme le document officiel. Le gouvernement étasunien refuse cependant de le juger pour activités terroristes ou de l'extrader vers le Venezuela ou Cuba13.
Depuis les révélations fracassantes de M. Llama, les autorités judiciaires étasuniennes n'ont pas donné signe de vie. Ni le FBI, ni la police de Miami n'a daigné ouvrir une enquête au sujet de l'existence de ce groupe paramilitaire, destiné à lancer des attaques contre la population cubaine. L'impunité dont jouissent les terroristes d'origine cubaine s'explique en grande partie par les relations qu'ils entretiennent avec les plus hautes sphères du pouvoir.
Par exemple, M. Luis Zúñiga Rey, l'un des personnages accusés de terrorisme par M. Llama est un intime du président étasunien George W. Bush. Le 10 octobre 2003, il a été invité à la Maison-Blanche où il a reçu une accolade chaleureuse de M. Bush, en présence des caméras de télévision. Deux années auparavant, le 10 octobre 2001, M. Mel Martínez, aujourd'hui sénateur mais qui à l'époque était un haut fonctionnaire du gouvernement étasunien, avait participé à la création du Cuban Liberty Council lors d'une réunion tenue au Biltmore Hotel de Coral Gables. Ainsi, à peine un mois après les terrifiants attentats du 11 septembre, l'administration Bush apportait son soutien à des terroristes14.
Le 17 février 2006, des groupuscules d'extrême droite d'origine cubaine qui promeuvent la violence terroriste contre l'Île ont tenu une conférence de presse. Dans une déclaration commune, ils ont annoncé la création d'un comité d'aide à « l'insurrection à Cuba ». « Nous somme convaincus que la seule manière de mettre un terme à la tyrannie est de l'affronter et ainsi le comprennent beaucoup de Cubains de l'Île avec lesquels nous travaillerons de manière secrète et discrète », affirme la déclaration, signée par huit organisations déjà impliquées dans le terrorisme contre Cuba (Movimiento de Recuperación Revolucionaria (MRR), Congreso Nacional Cubano, Comandos F-4, Comando Nazario Sargén, Fundación Caribe, Junta Militar, Municipio Bayamo, Cubanos Combatientes No Afiliados)15.
M. Rodolfo Frómeta, chef des Comandos F-4 a clairement indiqué le chemin à suivre : « Fidel Castro est le plus grand terroriste de ce continent et il faut le liquider à coups de bombes. Quel autre moyen peut-on utiliser contre Fidel Castro si ce n'est les armes ? ». Aucun des participants n'a été inquiété par la justice, alors que la déclaration commune ouvertement terroriste viole la loi de Neutralité des Etats-Unis16.
Le 20 avril 2006, M. Roberto Ferro, exilé cubain de 61 ans, a été arrêté par le FBI, à San Bernardino, en Californie, pour la possession d'un impressionnant arsenal de plus de 1 000 armes et d'explosifs, caché dans sa propre maison. M. Ferro a déclaré aux autorités qu'il était membre de l'organisation terroriste de Miami Alpha 66, et que cette dernière avait financé l'acquisition du matériel belliqueux. Il a été mis en examen uniquement pour possession illégale d'armes et non pas en vertu des nouvelles lois anti-terroristes. Pourtant, l'exilé cubain est un multirécidiviste, car il avait déjà été condamné à deux ans de prison pour détention de 5 livres de C-4, un puissant explosif17.
Quant à Alpha 66, elle n'a pas été mise en cause, car son directeur, Ernesto Díaz Rodríguez, est un ami intime du président Bush. En effet, il avait été invité à la Maison-Blanche le 20 mai 2003, en compagnie de 10 autres représentants de l'extrême droite cubaine de Floride. Le 2 juin 2005, M. George W. Bush avait même envoyé un courrier de remerciement à Alpha 66 pour leur soutien. D'ailleurs, l'organisation dispose d'un camp d'entraînement militaire en Floride, toléré par les autorités18.
Près de 3 478 Cubains ont perdu la vie à cause du terrorisme orchestré par l'extrême droite de Floride, avec la complicité des Etats-Unis. Les victimes du terrorisme n'ont que peu de valeur aux yeux de Washington si celles-ci résultent d'actions menées par des alliés officiels ou non de l'administration Bush. Ainsi l'a affirmé M. John Bolton, ambassadeur étasunien auprès des Nations unies au sujet de l'agression israélienne contre le Liban. Interrogé aux sujet des victimes civiles, M. Bolton a souligné que l'on ne pouvait pas condamner de la même manière les responsables de pertes civiles si ces derniers étaient israéliens. « Je pense que ce serait une erreur d'établir une équivalence morale entre les victimes d'actes terroristes et les morts de civils qui sont la conséquence tragique et malheureuse d'actions militaires dictées par l'autodéfense. Dans notre système moral et juridique, il y a une énorme différence entre différents actes en fonction des intentions qui les motivent et on ne peut comparer l'acte de prendre pour cible délibérément des civils [] et les conséquences très malheureuses de l'autodéfense », a-t-il précisé19.
Les célébrissimes « dissidents » cubains, tels que MM. Oswaldo Payá, Vladimiro Roca et Mme Martha Beatriz Roque entretiennent des liens très étroits avec la FNCA, ce qui constitue juridiquement une association mafieuse en lien avec une entreprise terroriste. Jusqu'à présent, la justice cubaine a montré une infinie patience envers eux au vu de ces rapports permanents avec les groupuscules criminels de Floride, car n'importe quel autre pays du monde aurait agi avec vigueur et une extrême sévérité. Mais les « opposants » cubains, liés à la FNCA, doivent savoir que la tolérance du gouvernement de La Havane atteindra un jour ses limites20.
Notes
1 Wilfredo Cancio Isla, « Revelan un plan para atentar contra Castro », El Nuevo Herald, 22 juin 2006.
2 Ibid.
3 Ibid.
4 Ibid.
5 Ibid.
6 Ibid.
7 Ibid.
8 Ibid.
9 Oscar Corral, « Friend Refuses to Say How Posada Arrived in Miami », The Miami Herald, 13 juillet 2006.
10 Alfonso Cardy & Oscar Corral, « Posada's CIA Ties Uncovered in Papers », The Miami Herald, 26 juin 2006.
11 Ann Louise Bardach & Larry Rohter, « Key Cuba Foe Claims Exiles' Backing », New York Times, 12 juillet 1998,
12 Wilfredo Cancio Isla, « Posada afirma que Washington conocía sus labores clandestinas », El Nuevo Herald, 24 juin 2006.
13 Wilfredo Cancio Isla, « Washington califica a Posada de peligro para la seguridad », El Nuevo Herald, 30 mars 2006.
14 Jean-Guy Allard, « Escándado entre terroristas en Miami », Granma, 23 juin 2006.
15 Wilfredo Cancio Isla, « Buscan ayudar a la insurrección contra Castro », El Nuevo Herald, 18 février 2006.
16 Ibid.
17 Wilfredo Cancio Isla, « Hallan arsenal en casa de exiliado cubano », El Nuevo Herald, 20 avril 2006; Wilfredo Cancio Isla, « Alpha 66 rechaza vínculos con el preso en California », El Nuevo Herald, 21 avril 2006.
18 Ibid.
19 Agence France Presse, « Bolton : pas d'équivalence morale dans les pertes civiles », 17 juillet 2006.
20 Fundación Nacional Cubano Americana, « Mensaje de Vladimiro Roca », « Mensaje de Raúl Rivero », « Mensaje de Oswaldo Payá Sardiñas", « Mensaje de Marta Beatriz Roque Cabello », (site consulté le 10 mars 2005).
par El Hadji Amadou Ndoye, avril 2006.
Original: http://www.rebelion.org/noticia.php?id=29461.
Traduit de l'espagnol par Jacques Lanctôt.
L'auteur est professeur de Langues hispaniques à la faculté des lettres de l'Université Cheikh Anta Diop, à Dakar, au Sénégal. Il a écrit ce texte à l'occasion de la IXe rencontre de solidarité avec Cuba, à Las Palmas de Gran Canaria, dans les îles Canaries.
Quel curieux pays que Cuba, cette terre natale de José Martí dont les dimensions géographiques n'ont rien à voir avec ce qu'il projette à l'extérieur de ses frontières. Qui dans le monde ne connaît pas le pays du poète José María de Heredia ? Christophe Colomb n'en est-il pas devenu complètement dingue en vantant son immense potentiel économique ? À peine « découverte », Christophe Colomb la présentait comme un paradis. Aujourd'hui, des Cubains décrivent leur pays comme un endroit où l'on tente de bâtir une société plus juste; d'autres ont préféré s'exiler, ne partageant pas les choix politiques et philosophiques de Fidel Castro et de son régime.
On s'attache facilement à Cuba. Moi, c'était en 1957. Le groupe Castellanos connaissait un certain succès et l'orchestre Aragon chantait : « El bodeguero bailando va / Toma chocolate, paga lo que debes » Je me rappelle avec beaucoup d'émotion de la chanson La Sabrosona : « El que siembra la lechuga / Que se coma la ensala »
Pour pouvoir comprendre les paroles des chansons que j'écoutais, je me suis mis à l'espagnol. Plusieurs firent de même au Mali, en Guinée, au Bénin, en Côte d'Ivoire. On bougeait nos os et on dansait au rythme des chansons de Pancho El Bravo, de La Sublime, de La Sensación
En 1960, le Congo démocratique a obtenu son indépendance en dansant la rumba. Dans les années 70, un Malien, Boncana Maiga, partit à Cuba pour étudier la musique. Il est ensuite revenu chez lui et a créé un groupe de musique appelé Les merveilles du Mali. Dans les années 80, quelques Africains se sont joints à des musiciens latino-américains pour créer le groupe Africando (Afrique et andando, mot qui signifie marchant)). En 1993, l'orchestre Aragon entendit avec ravissement une chanson de ce groupe, Yaye Boye (qui signifie Ma mère), une chanson chantée en Wolof, une des langues maternelles du Sénégal. Cette chanson fait maintenant partie de leur répertoire. Les Sénégalais sont fiers de savoir que ce que les « élèves » ont créé est apprécié par leurs « professeurs ». Au Sénégal ou sur en Côte d'Ivoire, plusieurs groupes jouent de la musique cubaine. La langue espagnole est maintenant enseignée en Afrique grâce aux chansons et aux rythmes venus de Cuba. Peu d'Espagnols savent aujourd'hui quels précieux services la musique cubaine a rendus à leur langue, la langue espagnole.
Les Cubains ont versé leur sang en Angola. Leurs médecins soignent nos frères et leurs professeurs sont à l'uvre dans les écoles de notre continent. Leurs musiciens nous apportent la joie de vivre et leurs intellectuels nous éclairent. Au département des langues et civilisations romanes de l'Université Cheikh Anta Diop, où j'enseigne, plusieurs étudiants ont écrit des monographies sur Miguel Barnet (un poète et scientifique cubain de renommée mondiale), José Martí, Nicolás Guillen (un des plus grands poètes cubains du XXe siècle), etc.
Les tambours sont maintenant de retour à la maison et forts de ce que nous avons appris, nous tentons maintenant d'aider fébrilement nos frères, de l'autre côté de l'Atlantique, qui doivent lutter durement contre la quarantaine qui leur est imposée. Les uns et les autres, nous avons beaucoup à nous raconter, c'est évident.
par Salim Lamrani, 23 mars 2006. Source : RISAL - Réseau
d'information et de solidarité avec l'Amérique latine.
URL: http://risal.collectifs.net/
L'auteur est un chercheur français, spécialiste des relations entre Cuba et les États-Unis depuis 1959. Auteur de Cuba face à l'Empire (Genève : Editions Timeli, 2006), 2ème édition ; et de (sous la direction de ), Washington contre Cuba (Pantin : Le Temps des Cerises, 2005).
Selon le droit international, toute loi se doit de respecter deux principes
fondamentaux qui sont la non-extraterritorialité et la non-rétroactivité.
En effet, une loi votée par une nation ne peut pas être
extraterritoriale ni rétroactive. Cependant, pour l'administration
Bush, la législation internationale passe au second plan dès
lors qu'il s'agit de Cuba. Dans sa confrontation avec le gouvernement
de La Havane, Washington se caractérise surtout par sa politique
irrationnelle, peu importe si elle humilie publiquement un allié
docile comme M. Vicente Fox, et bafoue la souveraineté du peuple
mexicain.
Le 3 février 2006, une délégation de 16 fonctionnaires cubains, réunie avec un groupe de chefs d'entreprise étasuniens, a été expulsée de l'hôtel Sheraton María Isabel de la capitale mexicaine. Suite à une injonction du Département du Trésor étasunien qui a invoqué la Loi de commerce avec l'ennemi de 1917 (Trading with the Enemy Act) et la loi Helms-Burton de 1996, la direction de la multinationale Starwoods Hotels and Resorts Worldwide, a ordonné l'éviction des ressortissants cubains. Lesdites législations stipulent qu'aucun Cubain ne peut bénéficier des produits ou des services d'une entreprise nord-américaine [1].
Les Cubains, en plus d'être arbitrairement délogés, se sont vus confisquer leur argent. Ayant payé pour trois nuits d'hôtel, la délégation n'a pu y rester qu'une seule nuit. Le Vice-ministre de l'Industrie de base de Cuba, M. Raúl Pérez de Prado, a regretté cette situation : « Nous sommes des gens cultivés et disciplinés et nous sommes sortis de l'hôtel, mais on nous a confisqué notre argent [2] ».
Dans un premier temps, le secrétariat du ministère des Affaires étrangères a refusé d'intervenir dans l'affaire pour ne pas froisser la Maison-Blanche, affirmant qu'il s'agissait « d'une affaire entre particuliers ». Mais face à l'émoi suscité, le gouvernement mexicain a été contraint à s'exprimer [3].
Le ministre des Affaires étrangères mexicain, M. Luis Ernesto Derbez, a fustigé le comportement de l'hôtel, tout en se gardant de critiquer le véritable responsable du scandale, à savoir l'administration Bush. « La loi ne peut en aucune manière avoir une application extraterritoriale, et c'est pourquoi nous sanctionnerions de manière adéquate, non pas le gouvernement des Etats-Unis car il a sa propre législation, mais ceux qui l'appliquent de manière erronée », a-t-il déclaré. Il a ajouté que « la discrimination n'est pas permise contre aucune personne sur notre territoire, ni de genre, ni de nationalité, ni de croyance religieuse [et] les lois, aussi bien fédérales que locales, doivent être appliquées s'ils ont effectivement été expulsés parce qu'ils sont cubains [4] ».
M. Kirby Jones, président de l'Association commerciale Etats-Unis-Cuba et ancien membre de la Banque mondiale, qui avait organisé l'échange avec les représentants cubains, a exprimé sa colère et son incompréhension envers son gouvernement. « C'est incroyable parce que s'il continue à appliquer cette politique jusqu'au bout, cela veut lire qu'aucun Cubain au monde ne peut acheter un hamburger chez McDonald's », a-t-il souligné [5].
La décision de l'hôtel Sheraton viole plusieurs lois mexicaines. Tout d'abord, la loi sur la protection du commerce et de l'investissement de 1996 stipule qu'il « est interdit aux personnes physiques et morales, publiques ou privées qui se trouvent sur le territoire national [...] de réaliser des actes qui affectent le commerce ou l'investissement, quand de tels actes sont la conséquence des effets extraterritoriaux de lois étrangères ». La législation prévoit une amende de 100 000 jours de salaire minimum pour toute infraction constatée [6]. Ensuite, les lois contre les discriminations et la protection du consommateur ont également été violées. En théorie, les sanctions encourues par la multinationale vont d'une amende pouvant atteindre 500 000 dollars à une fermeture pure et simple de l'établissement [7].
Les précautions prises par le gouvernement mexicain pour ne pas aborder la flagrante violation de la souveraineté du Mexique par les Etats-Unis ont été vaines. M. Derbez a affirmé être certain qu'il s'agissait d'un cas de « discrimination », et non pas d'une l'application extraterritoriale de la loi Helms-Burton [8]. Il a également réaffirmé, suite aux protestations émanant de la société civile, qu'il n'enverrait pas de note diplomatique à Washington pour protester contre l'expulsion [9]. Quant à M. Carlos Abascal, ministre de l'Intérieur, selon lui, « la loi [...] a été violée et nous allons appliquer les punitions qui correspondent sans que cela implique une reconnaissance que Washington a violé notre souveraineté [10] ».
Mais, prenant à contre-pied les déclarations mexicaines, Mme Brookly McLaughlin, porte-parole du Département du Trésor, a assuré que la loi étasunienne s'était bien appliquée sur le territoire du Mexique. « L'hôtel de la ville de Mexico est une filiale étasunienne et c'est la raison pour laquelle, il lui est interdit de fournir un service à Cuba ou à ses ressortissants. L'hôtel a agi en accord avec les sanctions des Etats-Unis », a-t-elle déclaré [11]. De la même manière, Mme Judith Brian, porte-parole de l'ambassade étasunienne au Mexique, a certifié que « la loi américaine interdit aux ressortissants et entités américains de fournir des services à des ressortissants ou des entités cubains, et le Sheraton, en tant que filiale d'une entreprise américaine doit respecter la loi américaine [12] ».
Contredisant également les propos du gouvernement mexicain, Mme Ellen Gallo, représentante de la multinationale Starwoods Hotels, a confirmé à son tour l'intervention des autorités étasuniennes. « Le Trésor a effectivement exigé que nous refusions l'accès aux participants cubains au Sheraton de la ville de Mexico », a-t-elle confessé [13].
Le Sénat mexicain a condamné à l'unanimité l'application extraterritoriale de la loi Helms-Burton, et a exigé que le gouvernement ouvre une enquête à ce sujet, fasse appliquer les lois en vigueur et entreprenne les mesures diplomatiques nécessaires pour que ce genre d'évènement ne se reproduise plus. Le candidat de gauche aux prochaines élections présidentielles de juillet 2006, M. Andrés Manuel López Obrador, a vigoureusement rejeté cette nouvelle forme d'ingérence. « On ne peut pas appliquer des lois étrangères dans notre pays. Nous ne pouvons pas en aucune façon nous comporter comme des laquais d'aucun gouvernement du monde », a-t-il souligné [14].
Vingt-cinq congressistes étasuniens ont critiqué leur gouvernement dans une lettre envoyée au Département du Trésor. Ils ont regretté « l'application trop zélée d'une loi américaine qui pourrait avoir des implications significatives dans le monde entier ». Le courrier, rendu public, souligne le caractère absurde des sanctions économiques : « Si un cinéma américain basé dans un pays étranger vend une entrée à un Cubain, est-ce que l'entreprise est passible de sanctions [15] ? ».
Les autorités municipales ont imposé une fermeture le 28 février 2006, arguant que 15 des 16 irrégularités constatées lors de l'inspection n'avaient pas été corrigées malgré le délai accordé de dix jours. Mais le lendemain, suite à une réunion avec la Chambre américaine du commerce, la représentante de la ville de Mexico, Mme Virginia Jaramillo a déclaré, contre toute attente, que l'hôtel avait « rectifié en l'espace de quelques heures pratiquement toutes les irrégularités », révoquant ainsi sa propre décision prise la veille. Les responsables de l'établissement avaient accompli le miracle de réaliser « en l'espace de quelques heures » ce qu'ils n'avaient pu faire en dix jours. Seule une amende de 15 000 dollars a été infligée au Sheraton par la ville. [16] En réalité, les pressions politiques exercées par le gouvernement du président Fox, pour qui la relation avec les Etats-Unis demeure sacrée malgré les affronts publics, avaient abouti [17].
L'hôtel Sheraton n'a même pas daigné exécuter les ordres de fermeture partielle du 28 février 2006, prétendant qu'il ne pouvait pas expulser ses 550 clients sans préavis. Il est à noter que la multinationale n'a point fait montre d'une telle délicatesse à l'égard de la délégation cubaine chassée sans aucune considération. Mais pour le gouvernement mexicain, qui n'a encore pris aucune sanction contre l'entreprise, le respect de la souveraineté du pays passe après le maintien des « bonnes relations », à sens unique comme le montre ce nouveau scandale, avec la vénérée administration Bush [18].
La haine de la Maison-Blanche envers Cuba prend même des tournures aussi délirantes que fanatiques. Depuis plus de quatre décennies, les citoyens étasuniens ne peuvent pas se rendre à Cuba sans risquer des sanctions extrêmement sévères de la part de leur gouvernement. Mais, depuis le 30 septembre 2004 et l'application stricte des Règles de contrôle des actifs cubains par le Département du Trésor, tout ressortissant étasunien qui consomme un cigare cubain ou un verre de rhum Habana Club, lors d'un voyage touristique à l'étranger par exemple (leur vente étant interdite aux Etats-Unis), risque une amende de 250 000 dollars et 10 années de prison [19]. Qui osera maintenant nier la portée et l'ampleur terrifiantes de l'impitoyable état de siège économique que Washington impose à la population cubaine ?
NOTES:
[1] El Nuevo Herald, « México estudia sancionar al Sheraton », 7 février 2006.
[2] Pablo Bachelet, « U.S.-Owned Hotel Could Face Fines », The Miami Herald, 8 février 2006 ; El Nuevo Herald, « México : Ven inminente clausura de hotel que expulsó a cubanos », 9 février 2006 ; El Nuevo Herald, « Expulsan a delegación cubana de hotel en México », 5 février 2006.
[3] Granma, « La mezquindad y el odio contra Cuba y el desprecio por el Gobierno de México inudad el Sheraton », 6 février 2006. www.granma.cu/espanol/2006/febrero/lun6/edutorial.html (site consulté le 6 février 2006).
[4] El Nuevo Herald, « México estudia sancionar al Sheraton », op. cit.
[5] Ibid.
[6] Carlos Fernández-Vega, « ¿Será asunto entre particulares que el Sheraton eche a cubanos ? », La Jornada, 6 février 2006.
[7] El Nuevo Herald, « México busca sancionar al Sheraton y no irritar a EEUU », 9 février 2006.
[8] José Antonio Román, « Cuba protesta ; Derbez dice que fue Œdiscriminación' », La Jornada, 7 février 2006.
[9] El Nuevo Herald, « En suspenso la clausla del Sheraton », 12 février 2006.
[10] Milagros López de Guereño, « México clausura un hotel que expulsó a una delegación cubana », El Correo Digital, 10 février 2006.
[11] El Nuevo Herald, « México inicia proceso contra hotel que expulsó a cubanos », 9 février 2006.
[12] Julie Watson, « Cuba-U.S. Energy Meeting Changes Venues », The Associated Press, 4 février 2006.
[13] El Nuevo Herald, « Cuba critica a EEUU por expulsión de delegados en México », 6 février 2006.
[14] Prensa Latina, « Condena Senado aplicación de Helms-Burton en México », 7 février 2006.
[15] Pablo Bachelet, « Lawmakers Call U.S. Wrong to Push Eviction of Cubans », The Miami Herald, 22 février 2006.
[16] BBC, « Mexico Fines US Hotel in Cuba Row », 6 mars 2006.
[17] Reuters, « Mexico Lifts Hotel Closure Order in US-Cuba Spat », 1 mars 2006.
[18] Ibid.
[19] Felipe Pérez Roque, « La memoria corta dell'occidente », Latinoamerica, n°93, 8 novembre 2005, p. 54.
par Jake Colvin, Miami Herald, 9 février 2006.
Original : http://www.miami.com/mld/miamiherald/news/opinion/13826663.htm.
Traduit de l’anglais par Granma Internacional. Source : http://www.granma.cu/frances/2006/febrero/juev16/9herald-f.html
L’auteur est directeur de USA-Projet d´engagement du Conseil de commerce national avec l´étranger, une association pour le commerce qui a son siège à Washington.
La semaine dernière, le gouvernement mexicain et la chaîne d´hôtels et de lieux de distraction de la compagnie Starwood ont appris à quel point la politique américaine envers Cuba peut s´avérer problématique, quand les deux ont été entraînés dans un conflit en raison d´une réunion entre des autorités cubaines et des hommes d´affaires américains. Pour empêcher de futurs conflits avec des alliés importants des États-Unis et préserver la réputation des marques américaines dans le monde entier, le gouvernement des États-Unis devrait revoir la façon d´appliquer les sanctions.
La controverse a commencé quand Starwood, compagnie mère aux États-Unis du Sheraton Maria Isabel, dans la ville de Mexico, est intervenu à la demande des autorités américaines, en ordonnant à une délégation de fonctionnaires cubains de quitter l´hôtel. Les cubains participaient à une conférence sur des sujets concernant l´énergie avec des représentants américains, dont je faisais partie. Un porte-parole de Starwood a déclaré qu´on avait demandé aux cubains d´abandonner les lieux pour respecter ainsi les termes de l´embargo contre Cuba.
CONSÉQUENCES INDIRECTES
L´incident met en évidence les conséquences non intentionnelles et le caprice des sanctions unilatérales des États-Unis. N appliquant les lois américaines aux compagnies étrangères, les États-Unis ont durci leurs relations avec un allié important.
Tandis que l´hôtel Sheraton de Mexico partage son nom avec une division de la corporation principale aux États-Unis, l´hôtel est organisé selon lois du Mexique, ce que les autorités mexicaines et les éditoriaux des journaux ont remarqué d´un air courroucé.
Cette affaire, irritante et superflue, va saper la coopération officielle sur des thèmes importants concernant la sécurité et l´économie, en détériorant l´image des États-Unis parmi de vastes couches de la population.
En étendant les sanctions à des corporations étrangères ils mettent ces compagnies le dos au mur en les obligeant à exécuter des lois conflictuelles. Concernant cette affaire, le Congrès mexicain a adopté une loi, appelée décret du blocus, comme réponse à la loi Helms-Burton, qui a été adoptée par le Congrès américain, laquelle étendait les sanctions contre Cuba à des compagnies étrangères. Ce décret interdit aux compagnies organisées selon les lois mexicaines d´obéir aux sanctions extraterritoriales imposées par les États-Unis.
Cela donne pour résultat que le Sheraton Maria Isabel sera mis dans la difficile situation de devoir constater les contradictions entre les lois américaines et mexicaines.
A plus long terme, ces sanctions mettent en péril la réputation des marques américaines dans le monde entier.
Quel organisateur de conférences à l´esprit sain se mettrait à organiser une réunion, même vaguement en rapport avec Cuba, dans un hôtel d´origine américaine, et que dire du Sheraton ? Les organisateurs opteraient pour des compagnies comme la française Sofitel pour de futurs événements.
Si l´on développe encore plus, l´application des sanctions américaines qui fait irruption dans cette conférence est contreproductive en limitant notre capacité de répandre les valeurs démocratiques et de mer à bien les objectifs de la politique extérieure américaine. Cette conférence a développé un forum de discussions sur des sujets économiques et présenté une délégation de capitalistes américains aux autorités cubaines. Il est paradoxal que le gouvernement américain, qui est en faveur du dialogue et de l´engagement dans tant de pays dans le monde, y compris la Chine, muselle toute discussion touchant à Cuba.
UN REGARD CRITIQUE
Ce qui est absolument nécessaire est de mettre en marche tous les moyens à notre disposition pour faire avancer les objectifs de la politique extérieure américaine, la politique actuelle américaine envers Cuba n´a pas l´impact espéré par le Congrès ou le Président. En même temps, les sanctions unilatérales ont causé des problèmes inattendus concernant les relations avec les alliés des États-Unis, elles portent atteinte à la réputation des compagnies américaines et elles s´appliquent d´une façon aberrante. La Commission pour l´assistance d´une Cuba libre, présidée par la secrétaire d´État, Condoleezza Rice, se réunira à nouveau en 2006 avec l´intention de durcir les sanctions contre Cuba. Une meilleure idée serait de jeter un regard critique sur les effets des sanctions. Ce dernier incident doit faire envisager d´autres optiques, pas celle éternellement rebattue.
par l’Agence cubaine d'information, La Havane, 22 janvier 2006
Le président cubain Fidel Castro a lancé une mise en garde
sur le grave danger que font peser sur l’humanité les grandes
puissances qui menacent d’avoir recours à l’arme
atomique.
Au cours d’une émission informative diffusée en
direct sur deux chaînes de la télévision cubaine,
Fidel Castro a évoqué aussi la grippe aviaire et la crise
du pétrole parmi les menaces qui planent aujourd'hui sur le monde.
Le président cubain, qui a apporté de vastes précisions
sur le déroulement du programme de perfectionnement du système
énergétique cubain, a encore indiqué que ce projet,
qui comprend la modernisation du réseau électrique national
et le renforcement des capacités de génération
d’électricité, doit se traduire par une économie
substantielle d’hydrocarbures.
Se référant en outre aux transactions commerciales que
Cuba réalise en ce moment sur le marché international,
Fidel Castro a signalé que les prix de certains produits alimentaires
sont en train d’augmenter rapidement à cause de l’apparition
de la grippe aviaire dans certains pays.
Le président cubain a assuré ensuite que Cuba dispose
d’ores et déjà des conditions et des moyens sanitaires
appropriés pour faire face à cette maladie.
A propos de la crise mondiale du pétrole, il a estimé
qu’elle est le fait du gaspillage instauré par les pays
industrialisés et par le mode de vie que l’Occident préconise
et il a rappelé que la consommation mondiale est de l’ordre
de 85 millions de barils de pétrole par jour.
Fidel Castro a attiré aussi l’attention sur le fait que
des puissances occidentales accusent l’Iran de vouloir se doter
de l’arme atomique alors que ce pays entend simplement exercer
son droit à garantir son propre développement économique
grâce à l’utilisation du nucléaire à
des fins pacifiques, exactement comme le font les mêmes puissances
occidentales qui menacent maintenant de déclencher une guerre
contre le peuple iranien.
Le président cubain a exprimé son étonnement et
sa préoccupation à la suite des déclarations du
président Jacques Chirac, qui vient d’affirmer que la France
n’hésiterait pas à utiliser l’arme nucléaire
en cas d’attaque terroriste contre son territoire.
Il a évoqué aussi des déclarations de la secrétaire
d’Etat états-unienne, Condoleezza Rice, qui a affirmé
qu’il « reste peu de temps à l’Iran ».
« Que veut dire ce type de déclaration ? », a demandé
Fidel Castro en soulignant qu’il est temps de poser clairement
cette question et il a rappelé que l’Etat israélien,
le grand allié de Washington au Moyen Orient possède depuis
longtemps des armes nucléaires dont personne ne parle, ce que
Cuba a dénoncé maintes fois.
Le président cubain a déclaré que le fait que l’alliance
USA-OTAN-Israël parle aujourd'hui ouvertement du recours à
l’arme atomique est particulièrement préoccupant.
par Maria Poumier, Paris, 18 janvier 2006
Même si les informations que donnent ces articles
ne sont pas entièrement fausses, il me semble qu'elles sont formulées
d'une façon qui introduit une falsification de l'image de Cuba
; faute de rééquilibrage, elles s'inscrivent scandaleusement
dans un plan d'ensemble. En effet, le dénigrement de Cuba est
indispensable pour une reprise en main de ce pays par les États-Unis,
ou du moins par la faction sioniste-impérialiste qui dirige le
pays en ce moment ; c'est un secret de Polichinelle, ce qu'on appelle
le lobby cubain est une mafia explicitement liée à l'AIPAC
et au lobby juif sioniste ; elle organise, à Miami, la persécution
judiciaire des entreprises de toute nationalité qui signent des
contrats avec des entreprises cubaines ; le même lobby, qui protège
des tueurs et repris de justice comme Orlando Bosch et Enrique Posada
Carriles, gère les opérations de pression sur le Congrès
des Etats-Unis, d'espionnage et de terrorisme contre Cuba, de désinformation
et de propagande dans tout l'Occident. Le seul pays qui continue à
voter en faveur de sanctions contre Cuba à l'ONU reste Israël,
immuable dans sa volonté de détruire le gouvernement cubain
issu de la révolution cubaine de 1959 [1].
Cuba restant le bastion de la résistance politique à cette
même faction, une image négative de ce pays est brandie
depuis des années comme une clé magique, qui devrait servir
à casser l'élan de sympathie internationale envers les
gouvernements populaires qui se multiplient sur le continent latino-américain,
et qui refusent de s'associer aux campagnes de boycott de Cuba, renforçant
au contraire leurs liens diplomatiques avec ce pays. On vient de constater
que Le Monde s'est empressé de relayer les calomnies du Centre
Simon Wiesenthal contre le président Chavez du Vénézuela,
sur le thème de l'antisémitisme. Donner exclusivement
des éléments d'information purement négatifs sur
Cuba, en ce moment, c'est consolider un vaste projet de préparation
de l'opinion publique française à des interventions militaires
états-uniennes, dans le style de l'invasion de l'Irak, sous des
prétextes qui ont été entièrement démasqués
comme des opérations de propagande, par les journalistes états-uniens
eux-mêmes.
C'est le projet nationaliste de résistance à la re-colonisation par des puissances étrangères, celui du gouvernement cubain, qui explique le soutien de la population aux autorités, malgré les difficultés économiques et les contraintes policières qu'exige la situation d'un pays assiégé. Comme tous les êtres humains, les Cubains préféreraient être moins soumis à des restrictions et à des pressions policières. Mais ils refusent de basculer dans le sabotage de l'économie cubaine que recommandent les sionistes de Miami, organisateurs du blocus d l'île depuis les années 1960, par sentiment de leur dignité nationale. Flirter avec les touristes et avec les produits culturels en provenance des États-Unis, bien sûr, les tente. Nous, Français, qui succombons pieds et poings liés aux charmes de l'invasion culturelle et pornographique états-unienne, sommes particulièrement mal placés pour le leur reprocher. Mais les Cubains conservent une adhésion suffisante à leur gouvernement pour refuser d'aller au-delà. Vous devriez savoir que les artistes et intellectuels ont renforcé leurs liens avec le pays, ces dernières années, pratiquant abondamment les échanges culturels. Elle est à bout de souffle, l'opération « poupée gonflable » menée autour de la modeste romancière Zoé Valdés, promue sans limite par des éditeurs à gros moyens d'une part parce qu'elle se prête à la calomnie de son gouvernement sans modération, et d'autre part parce qu'elle donne de son pays une image très dégradante et très touristique (qui convient pour renforcer le préjugé selon lequel Cuba serait congénitalement incapable d'échapper à un destin de gigantesque bordel tropical pour touristes). En ce moment, dans la discrétion, on assiste à un resserrement, dans la diversité, des liens entre Cubains vivant sur l'île et à l'étranger.
C'est leur pays qui est agressé par tous les moyens, depuis l'étranger, alors qu'il n'en agresse aucun, et ils le savent. Le cas du maintien en détention de cinq prisonniers politiques cubains aux Etats-Unis, malgré les conclusions d'un tribunal états-unien, sans aucun motif, a fait reprendre conscience à tout le pays de l'arrogance des États-Unis envers ce qu'ils continuent à considérer comme une arrière cour qui leur échappe (Voir l'article de Leonard Weinglass dans Le Monde Diplomatique de décembre 2005). L'adhésion de la population à son gouvernement est une adhésion spirituelle, une fidélité à soi même ; toute personne au départ déroutée par les contradictions de ce pays doit se rendre à l'évidence : la rouspétance populaire est saine et limitée, elle est périphérique et elle est une _expression de vitalité ; il ne s'agit pas ici de nier la souffrance occasionnée par toute pression policière, à Cuba comme ailleurs. Comme toute souffrance, elle peut déboucher sur une vitalité politique rénovée. Céder à une perestroika financée par la CIA a plongé la Russie dans le sous-développement, tandis que la mafia russe s'est emparée des richesses nationales, avec un vif soutien Usraélien. La même mafia, on le sait, cherche à acheter les hommes politiques en Europe, ainsi que les journaux.
Ne pas commander de reportages qui fassent état de l'exemple que donne Cuba en matière de protection de la dignité nationale et des droits fondamentaux de sa population, de la part de Le Monde, c'est avouer un choix : celui du camp du plus fort, celui du néo-colonialisme Usraélien, contre le droit des peuples à garder le contrôle de leur territoire et de leur destin, et c'est favoriser la substitution, à terme, d'un gouvernement qui fait l'admiration générale par sa stabilité et son habileté, par l'implantation de mafias dans un pays où le gangster Meyer Lansky a été jadis un véritable vice-roi, avant d'être expulsé, de se reconvertir dans la création de l'industrie du jeu à Las Vegas, puis de prendre une retraite dévote en Israël, où il fut fort admiré par le journaliste et écrivain officiel du Mossad Uri Dan (voir le site officiel de la dynastie Lansky : www.meyerlanskymirabilia.com). D'ailleurs les entreprises israéliennes sont déjà très implantées dans le secteur touristique à Cuba, la construction de grands hôtels, les lotissements pour étrangers, bref, tout ce qui dynamise incontestablement la prostitution: seule une forte opposition gouvernementale et donc policière freine l'essor du jeu, de la pornographie, du trafic de drogue, de la criminalité et de la pédophilie, ce que regrettent certainement les contempteurs du gouvernement cubain. Le Monde chercherait-il à désespérer ses lecteurs sur la possibilité d'un contrôle démocratique de la part des Latino-américains sur leur destin, par l'accumulation d'articles de ce genre, qu'il ne s'y prendrait pas autrement Ce faisant, il se démasquerait comme un tenant du contrôle Usraélien sur tout le continent. La population, en France, comme à Cuba, n'est pas dupe.
[1
Votes aux Assemblées Générales des Nations-Unies
sur la nécessité de cesser le blocus des USA contre Cuba
Année ----Date -------Pour------ Contre -------votant contre
1992 -24 Novembre--- 59---------- 2--------- USA, Israel
1993-- 3 Novembre ---88 ----------4 ---------USA, Israel, Albanie, Paraguay
1994 -26 Octobre ----101 ----------2 ---------USA, Israel
1995 --2 Novembre --117---------- 3 ---------USA, Israel, Ouzbékistan
1996 -12 Novembre --138 ----------3 ---------USA, Israel, Ouzbékistan
1997 ----Octobre -----143 ----------3 ---------USA, Israel, Ouzbékistan
1998 ----Octobre -----157 ----------2 ---------USA, Israel
1999 ----Novembre -- 155 ----------2 ---------USA, Israel
2000 ----Novembre--- 167 ----------3 ---------USA, Israel, Iles Marshall
2001 ----Novembre--- 167 ----------3 ---------USA, Israel, Iles Marshall
2002 ----Novembre ---173 ----------3 ---------USA, Israel, Iles Marshall
2003 ----Novembre ---179 ----------3 ---------USA, Israel, Iles Marshall
2004 ----Octobre ------179 ----------4 ---------USA, Israel, Iles Marshall,
Palau
2005 ----Novembre ----182 ----------4 ---------USA, Israel, Iles Marshall,
Palau
Nota : les abstentions ne sont pas comptées
Source : www.cubasolidarity.com
Cuba 2005
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