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Colombie

 

06/06/06 - Uribe, un des cent plus grands narcotraficants de la planète


par Jean Pestieau, Solidaire, 31 mai 2006. http://www.ptb.be/scripts/article.phtml?lang=2&obid=31378

Réélection du président Alvaro Uribe - Au pays de la violence et de la drogue, les Colombiens étaient appelés à élire leur président, ce 28 mai. Regard critique d'un membre de la Commission internationale de la guérilla des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie).

Vous vous êtes opposés à la réélection du président sortant Alvaro Uribe. Pourquoi ?

Parce que Uribe représente la guerre, la corruption, l'abandon de la souveraineté nationale, le sabotage des processus d'intégration de l'Amérique latine. Les FARC veulent la paix, la démocratie, l'indépendance, l'unité des peuples latino-américains.


Avez-vous soutenus d'autres candidats ?

Tous les candidats, à l'exception d'Uribe, se sont déclarés en faveur de la paix, pour une solution négociée au conflit armé. Le secrétariat des FARC a appelé les Colombiens à voter en conscience pour celui qu'ils croient capable de répondre au mieux à cette attente. Les FARC ne sont pas opposées à la lutte électorale, nous analysons quand elle est possible et quand elle ne l'est pas, ce qui est différent.


Quel jugement portez-vous sur la politique d'Uribe ?

Álvaro Uribe fait de la guerre contre la population colombienne l'axe central de sa politique de gouvernement. Uribe incarne un projet politique, qui ne profite qu'aux secteurs qu'il représente au sein de la Colombie et qui répond aux intérêts des États-Unis dans la région. À la fin des années 1990, 40 % de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté. Aujourd'hui, 65 % des Colombiens connaissent ce drame. Les dépenses militaires ont augmenté de manière exponentielle au détriment des investissements sociaux. Dans le même temps, les bénéfices du secteur bancaire sont exorbitants.

Vous dites qu'Uribe représente certains secteurs de la société. Quels sont-ils ?

 

Il représente les intérêts de l'extrême droite, de la mafia et évidemment des États-Unis. Il appartient à la classe des grands propriétaires terriens et des grands éleveurs. Mais sa politique de privatisation des entreprises les plus rentables du pays montre qu'il représente également les intérêts des grandes multinationales. Bien sûr le processus de privatisation avait commencé avant, comme dans toute l'Amérique latine. Mais la résistance qu'il avait rencontrée auprès des travailleurs l'avait rendu difficile. Uribe a été porté à la présidence avec, entre autre, pour mission de poursuivre ce processus de néolibéralisation de l'économie par la violence. Mais Uribe représente surtout le capital mafieux des grands narcotrafiquants et des bandes paramilitaires d'extrême droite.

La mafia ?

Oui, depuis le milieu des années 1980, Uribe est soupçonné d'entretenir des liens avec le trafic de drogue. A la tête du contrôle du trafic aérien, il a facilité les activités illicites des trafiquants en délivrant des licences de vol à leurs transporteurs aériens. Plus tard, Maire de Medellín, il a dirigé un programme de logements, «Medellín sans taudis », financé par le trafiquant bien connu Pablo Escobar. Plus tard, Gouverneur, il a créé les Coopératives Convivir, première tentative d'institutionnaliser les bandes paramilitaires d'extrême droite. Récemment, la DEA (Drug Enforcement Administration Agence US de répression de la drogue) a rendu public un document qui catalogue Uribe comme l'un des 100 narcotrafiquants les plus importants de la planète. En tant que président, il a légalisé les groupes paramilitaires ou escadrons de la mort et leur a garanti l'impunité pour tous leurs crimes. Cela revient à légaliser les capitaux des plus grands narcotrafiquants.


Vous dites qu'Uribe représente les intérêts des États-Unis dans la région.

En effet. En particulier contre le gouvernement progressiste du Venezuela. Fin 2004, plusieurs membres de groupes paramilitaires ainsi que des soldats de l'armée colombienne, ont été capturés au Venezuela. Ils préparaient l'assassinat du président Chávez et d'autres dirigeants de la révolution vénézuélienne.

La signature récente d'un traité de libre échange avec les États-Unis, a brisé la Communauté andine des Nations, un processus d'unification latino-américain entamé depuis 1969. Uribe et l'État qu'il représente sont le fer de lance des États-Unis contre les processus de démocratisation, d'indépendance et de développement que connaît l'Amérique latine.


Que proposent les FARC pour la Colombie ?

Dans l'immédiat, une solution politique au conflit armé qui, depuis plus de 40 ans, oppose le pouvoir au peuple. La mise en place d'un gouvernement pluraliste qui représente les différents courants de la pensée politique nationale et qui se donne comme mission, la réconciliation et la reconstruction du pays. Il faut mener à bien une réforme politique qui rétablisse des espaces de participation démocratique. Il faut démanteler l'appareil répressif et criminel de l'État. Il est nécessaire de réaliser, avec la plus grande participation possible, des réformes de type social et économique qui enlève toute raison d'être au soulèvement armé.

 

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Record mondial d'assassinats de syndicalistes

La Colombie, 38 fois plus grand que la Belgique, compte 40 millions d'habitants. La population ne tire aucun profit de ses immenses richesses naturelles.

Surtout connu pour ses plantations de coca dont on tire la cocaïne, le pays est miné par la violence quotidienne des trafiquants et des paramilitaires.

La Colombie, dont le gouvernement est lié aux forces d'extrême droite, détient le record mondial d'assassinats de syndicalistes. Le pays connaît également un fort mouvement d'opposition politique et militaire. Les FARC, Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, marxistes, qui mènent depuis plus de 40 ans une résistance armée au gouvernement.

 

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Ce 28 mai 2006, trois candidats s'affrontaient aux élections présidentielles:
Le président sortant Álvaro Uribe, pro-américain, a récolté 62 % des suffrages.
Horacio Serpa (Parti libéral), représentant de la bourgeoisie colombienne, a récolté 12 % des voix
Carlos Gaviria (Pôle Démocratique Alternatif), qui veut une Colombie indépendante des Etats-Unis et qui représente l'espoir d'un changement en faveur du peuple, est crédité de 22 % des votes.
Les élections ont été entachées de violence et d'irrégularités: des millions d'électeurs dans les régions et quartiers contrôlés par l'armée ou par les paramilitaires n'ont soit pu voter, soit ont été forcés de voter pour Uribe. Moins de 45% des électeurs ont participé aux élections.


 

 

30/05/06 - Alvaro Uribe réélu


La réélection, dimanche 28 mai, de Alvaro URIBE VELEZ à la Présidence de la République combienne nest pas une bonne nouvelle, car elle signifie une poursuite de la sale guerre menée sous son égide. Lire les documents ci-dessous.

Communiqué de la Coordination populaire colombienne de Paris à lapproche des élections du 28 mai 2006
Le 28 mai prochain, la Colombie est appelée à élire son Président pour la période 2006-2010. La campagne électorale aura été à limage des 4 ans de gouvernement du président Alvaro URIBE VELEZ : Campagne caractérisée par lassassinat et la disparition de leaders politiques et syndicaux, le manque de garanties pour les candidats de lopposition, les scandales liés aux agissements du DAS (1), la criminalisation des mouvements sociaux.


La COORDINATION POPULAIRE COLOMBIENNE DE PARIS en appelle à lopinion publique française en dénonçant le gouvernement du président/candidat Alvaro URIBE VELEZ qui, au travers de la politique dite de « sécurité démocratique », est parvenu à solidifier son régime autoritaire et corrompu en Colombie. En révisant la Constitution pour se faire réélire, il prétend continuer sa politique dans un second mandat.


Une campagne électorale anti-démocratique


On entend dire que la Colombie est la plus vieille démocratie dAmérique Latine alors que, derrière cette façade de démocratie, se cache un régime qui continue à violemment bafouer au quotidien les Droits de lHomme et à criminaliser le mouvement social, sans hésiter à éliminer physiquement ses opposants.


Face aux imposants mouvements des communautés indigènes et paysannes contre le TLC (Traité de Libre Commerce signé par les gouvernements colombiens et nord-américains), lunique réponse du Président a été de les qualifier de « terroristes » et de leur opposer violemment la force publique : Depuis le 15 mai dernier, dans le cadre des mobilisations paysannes et autochtones, la police et larmée ont sauvagement réprimé les mobilisations dans les départements du Cauca, de Nariño, du Meta et du Valle. La violence étatique a fait plus de 100 blessé(e)s, 30 détenu(e)s et disparu(e)s. Pedro COSCUE, membre de la garde indigène de la réserve de Corinto, a été assassiné par balles. Les forces militaires cherchent à briser les mobilisations en lançant des gaz lacrymogènes par hélicoptères et en terrorisant la population civile qui se mobilise. Les autorités civiles du sud du pays ont justifié cet usage démesuré de la force par une supposée infiltration des guérillas.


Dans sa paranoïa, le président et ses hauts fonctionnaires ont stigmatisé dangereusement le mouvement social et la saine critique qui doit exister dans toute démocratie. Il est inquiétant par exemple que les récentes disparitions et menaces contre les enseignants et étudiants aient été précédées par des déclarations qui signalaient la présence de foyers de guérilla dans les Universités.


Dans nimporte quelle démocratie du monde, le fait que lassesseur personnel de lune des principales figures de lopposition (Piedad CORDOBA) ait été assassiné en pleine campagne électorale, aurait déclanché un véritable séisme politique. Pas en Colombie : Jaime GOMEZ, professeur associé de lUniversité Nationale, a disparu en plein centre de Bogotá le 21 mars 2006. Sa mort a été maquillée comme un accident alors quil sagit à lévidence dun assassinat politique.


Pendant la période de la campagne électorale, on a vu se multiplier les révélations (2) sur des « affaires » frauduleuses mettant en cause le Président ou ses ministres, révélant au grand jour la corruption de lappareil dEtat.


En février, Enilce LOPEZ, dite « La gata », propriétaire dune société de jeux de hasard a été inculpée et emprisonnée pour des pratiques de blanchiment dargent. Lenquête judiciaire a révélé, selon un constat des registres du Fonds national de financement des partis et des campagnes électorales, quelle a été un des principaux financeurs de la première campagne présidentielle de URIBE. Le président a reconnu avoir reçu une somme de la part de cette femme pendant sa campagne de 2002.


Le mois dernier, un vent de tempête a soufflé dans la presse colombienne qui a révélé les accusations dun ancien dirigeant des services secrets : Rafael GARCIA, ex-directeur informatique du DAS, aujourdhui en prison, a accusé Jorge NOGUERA, son directeur général, dentretenir des liens étroits avec Jorge CUARENTA, un narco-paramilitaire notoire susceptible dextradition. Selon GARCIA, Jorge NOGUERA aurait livré à CUARENTA des « renseignements sensibles » et remis une liste de militants syndicaux et défenseurs des Droits de lHomme dans le but de les faire assassiner. Les personnes dont les noms figuraient sur la liste sont aujourdhui mortes ou exilées. GARCIA raconte également comment les services secrets du DAS ont couvert des fraudes électorales massives lors du scrutin présidentiel de 2002 : 300 000 voix auraient été détournées en faveur dURIBE. Des plans de déstabilisation du gouvernement bolivarien du Venezuela et des projets dassassinat du président Hugo CHAVEZ ont également été dévoilés, mettant en cause des ministres du gouvernement URIBE. Lassassinat en 2004 du juge vénézuelien Danilo ANDERSON y serait lié.


Amplification du Conflit et Echec du Plan Colombie


Au terme de 4 ans de mandat, le président colombien Alvaro URIBE VELEZ na pas atteint la victoire tant annoncée sur le « terrorisme », ni donné aux colombiens la paix tant attendue. Larrivée au pouvoir dURIBE, principal allié des Etats-Unis en Amérique Latine, a signifié laggravation dune politique de guerre qui a amplifié lintervention nord américaine dans le conflit armé colombien et qui, aujourdhui, déborde ses frontières avec les violations répétées de la souveraineté de lEquateur et du Venezuela.


Entre 2000 et 2005, les Etats-Unis ont donné à la Colombie près de 4 milliards de dollars (1.82 million par jour). Sur ces 4 milliards, 80% sont allés à larmée ou à la police. LUnion Européenne adopte une position plus ambiguë : Elle na pas appuyé le Plan Colombie dans sa composante militaire et a déclaré quelle effectuerait des investissements sociaux pour renforcer la société civile. Mais les projets de coopération européens se différencient bien peu du volet socio-économique du Plan Colombie. En intervenant dans le conflit social et politique interne, lune et lautre puissance se disputent le territoire et visent à imposer et favoriser les multinationales du pétrole et du charbon, faciliter la privatisation des principales entreprises dEtat dans les secteurs de la Santé, de lEducation et de la Communication, protéger les propriétaires terriens engagés dans le développement agro-industriel, et semparer sans aucun obstacle des richesses de lAmazonie.


Le "Plan COLOMBIA" et sa prolongation "Plan PATRIOTA", élaborés par l'administration américaine au nom de la lutte contre le terrorisme et le narcotrafic, n'ont fait qu'empirer la situation de la population. Dans l'ensemble du pays, toutes les parties au conflit armé interne qui déchire la Colombie depuis de longues années ont continué à se livrer à de graves violations du Droit International Humanitaire. La guerre sest aggravée dans de vastes régions de conflit : Dans lArauca, le Putumayo, le Caqueta, le Choco, le Nariño, le Cauca et lUraba. Dans ces régions, soldats et policiers meurent quotidiennement suite aux frappes de la guérilla qui maintient intacte ses structures et ses moyens de mobilisation armée. Au milieu du conflit, la population civile est victime de massacres et de violences en étant accusée de complicité avec la guérilla. La Colombie est aujourdhui un des pays avec le plus haut taux de déplacements forcés (près de 3 millions de colombiens se voient forcés à lexode).


On dit au Monde que la lutte de cette administration contre le narcotrafic est un succès. Quelle va bientôt en finir avec la peste de la drogue, grâce aux politiques efficaces en matière déradication des plants de coca, de prise de chargements, de confiscations de biens, de captures de narcotrafiquants et dextraditions vers les Etats-Unis. Mais la réalité est toute autre. Le narcotrafic vit son âge dor sous le gouvernement de URIBE VELEZ. Les paramilitaires et autres trafiquants de cocaïne continuent à exporter des centaines de chargements vers les Etats-Unis et lEurope. Chaque année, près de 400 tonnes de chlorhydrate de cocaïne continuent à sortir de Colombie vers les centres consommateurs des pays développés.


La loi «JUSTICE ET PAIX», une loi qui institutionnalise limpunité et cautionne la para militarisation de lEtat


Violemment critiquée, y compris par les Nations Unies, la loi 975 du 25 juillet 2005 nommée « Justice et Paix » par le gouvernement, dans le cadre de la « démobilisation » des paramilitaires, offre à ceux-ci une quasi-impunité et permet à leurs chefs de conserver les biens accumulés par le pillage et le narcotrafic. Cette loi affranchit le gouvernement de lobligation denquêter, juger et sanctionner les auteurs de crimes et de graves violations des Droits de lHomme. Elle prévoit, entre autres, que les paramilitaires purgeront des peines réduites, de 5 à 8 ans, sans être obligatoirement incarcérés, pour des crimes extrêmement graves comme lenlèvement, le meurtre, la torture et la disparition. Le sort des personnes disparues (plus de 7000) et des personnes enlevées (500) na pas été éclairci et la loi ne prévoit pas dy remédier, la restitution des terres aux populations déplacées nest pas garantie. Le droit des victimes à la vérité, à la justice et à la réparation nest pas respecté


Les chiffres les plus récents fournis par Luis Carlos RESTREPO, le « Commissaire de paix », annoncent que 30150 paramilitaires ont rendu les armes et se sont « réinsérés » dans la vie civile. Alors quen 2005, on estimait quils étaient approximativement 15 000 et quon affirme que 17000 armes ont été remises? Où sont les 49 % restants ? Il explique également que, sur les 30150 démobilisés, 604 membres des AUC (Auto Défenses Unies de Colombie) ont été présentés au Tribunal de Justice et de Paix. Ce dernier a considéré que le processus de démobilisation des AUC était maintenant terminé. Les 29 546 paramilitaires démobilisés qui nont pas comparu devant le Tribunal sont donc innocents ? De fait, les attaques contre la population civile, les enlèvements et les disparitions continuent. Le « désarmement » des combattants et leur arrivée dans les zones urbaines ne sont pas synonymes de paix mais de violence. Poursuivant son habitude de double langage, la Commission Européenne a déjà débloqué une première enveloppe de 1,5 million deuros "en faveur de la paix et de la réconciliation en Colombie" à la suite de la loi « Justice et Paix ».


Les médias officiels colombiens, au service dUribe et de sa politique, cherchent à cacher la réalité mais les faits résistent. Les sondages dopinion manipulés ne cessent de souligner la popularité de Alvaro Uribe Velez et dannoncer son écrasante victoire au prochain scrutin présidentiel. En réalité, le bilan de son mandat ne parait pas justifier un tel appui populaire.


La COORDINATION POPULAIRE COLOMBIENNE DE PARIS affirme quune solution politique négociée est la seule issue au conflit armé qui ravage la Colombie. Avec la réélection dURIBE, la Colombie serait davantage livrée aux mains des chefs maffieux du para-militarisme et du narcotrafic. Une victoire de la gauche colombienne est plus que jamais nécessaire pour donner dautres perspectives au peuple colombien : une gauche radicalement anti-libérale, décidée à négocier avec les guérillas pour construire la paix et la justice sociale.

Notes :

(1) DAS : Département Administratif de Sécurité (Services secrets colombiens)

(2) Voir hebdomadaires « CAMBIO » et « SEMANA » de février à avril 2006

(3) Voir le site du Haut Commissariat des Nations Unies au Droits de lHomme : http://www.ohchr.org/

 


Consultation pour les droits de lhomme et les déplacements CODHES : Le harcèlement se poursuit


par CODHES, 24 mai 24 2006

Trois jours avant les élections présidentielles, il nexiste aucune garantie électorale.

Aujourdhui plusieurs organisations sociales de défenseurs des droits de lhomme ont reçu une nouvelle lettre de menace qui fait explicitement référence au processus électoral. Le gouvernement reste indifférent face à ces faits récents qui, cest certain, diminuent la légitimité du processus et sont un exemple de la présence active du para militarisme dans le pays.

Nous reproduisons la lettre reçue aujourdhui à 4 heures de laprès-midi.


Table centrale de la direction nationale

Colombie libre de communistes

Bras armé des ex AUC (Autodéfenses unies de Combie, groupes paramilitaires dextrême-droite, NDLR Quibla)

Compatriotes

Le moment est vraiment venu délire le président et le futur de notre patrie sacrée. Nous, Groupe Colombie Libre, sommes attentif à toute action que vous mènerez en faveur de la démocratie authentique, la seule voie qui reste à tous les Colombiens étant dappuyer inconditionnelement la politique de Sécurité Démocratique de notre candidat-président le Docteur Alvaro Uribe Veléz.


En aucune manière nous nallons permettre que le résultat de lélection de dimanche prochain soit différent. Le président et son excellent groupe de collaborateurs savent très bien quils peuvent compter sur tout notre appui, cest en ce sens que nous voulons vous donner un dernier avertissement :


Etant données les circonstances dans lesquelles se trouve le pays, nous sommes sur le pied de guerre, à feu et à sang, contre tout intérêt qui ne serait pas celui de la continuité du mandat présidentiel de notre lider légitime.


Nous ne permettrons pas que le résultat soit autre et si dimanche il savérait que la majorité soit celle des chemises jaunes, nous nous chargerons de leur donner une autre couleur, celle-là même que linsurrection et le libéralisme à genoux utilise sans le moindre respect, la couleur rouge sang.


Vos continuelles jérémiades et dénonciations nont pas le sérieux nécessaire pour renverser la consolidation de lEtat Communautaire, défendu dorénavant par les Forces Armes légintimes et par nous-mêmes.


Nous avons en ce moment même plusieurs de vos liders dans la mire et, il ne sagit que dune question de temps, vous aurez la preuve que tout votre discours sur une démocratie différente vous glissera des mains, nous verrons tomber les masques de ces faux communistes qui aujourdhui se déguisent pour la campagne électorale derrière cette invention des droits de lhomme.


Nous resterons aux côtés du Président aussi longtemps quil le jugera nécessaire et affirmons clairement que notre démobilisation réelle ne se fera que lorsque nous aurons exterminé jusquau dernier fils de pute révolutionnaire des FARC et de lELN ainsi que tous leurs serviteurs camouflés de la vie civile, un par un. Tous ceux qui toute la vie ont menti à ce pays avec le plan de faire de cette belle patrie un autre Cuba rétrograde.

.

Nous nous déclarons en guerre ouverte, totale et frontale contre toute cette bande de rebelles, contre tous ceux qui nacceptent pas la légitimité du Président Alvaro Uribe Veléz.


Vous êtes notre prochain objectif militaire.


Nous ne le tolèrerons pas.

Sur le pied de guerre, à feu et à sang

Hors de Colombie les communistes déguisés

Mort aux serviteurs dociles de la gauche


Vive la Colombie libre de communistes

Vive la ré-élection du Docteur Alvaro Uribe Veléz

Colombie libre à tout jamais de communistes



Assassinat d'un survivant de l' Union Patriotique, ex - prisonnier politique de la Chinita


Alexander de Jesús Galindo, survivant de l' Union Patriotique et qui pendant onze années a été prisonnier avec des centaines de militants communistes de Urabá à la suite d'un montage de la justice sans visage, a été assassiné cette fin de semaine à Bogotá.
Alexander a disparu jeudi 18 mai. Son cadavre a été retrouvé ce dimanche dans la municipalité de Cota; le corps portait des signes de brûlures et d'égorgement.
Il s'agit d'un nouveau crime contre l'opposition, tout particulièrement contre les survivants de l'Union Patriotique que la campagne de Uribe appelle à "continuer de combattre", appel qui est mis à exécution par des menaces, des arrestations, des intrusions dans les domiciles et des assassinats
Source : Notipaco, mai 2006

 

« Parce que j'aime la vie, je ne bois pas Coca-Cola » : campagne du Syndicat national des travailleurs de l'industrie alimentaire - Le boycott contre la multinationale de la boisson rencontre des adhésions dans le monde entier


par Gloria Elena Rey,InSurGente (www.insurgente.org/), El Grano de Arena (www.attac.org/), janvier 2006.

 

Traduction : Nicolas Derron, pour RISAL (www.risal.collectifs.net/).


L'université du Michigan fut l'une de celles qui a suspendu la vente de Coca-Cola à ses 50 000 élèves ce 1er janvier, occasionnant à la multinationale des pertes estimées à plus de 1,2 million d'euros. Cependant, ce chiffre pourra se multiplier dans les prochains jours car « au moins quelque 1 000 universités et collèges du monde entier pensent rejoindre la campagne mondiale » contre la consommation de cette boisson, d'après les dires d'Edgard Páez, du Syndicat national des travailleurs de l'industrie alimentaire (Sindicato Nacional de Trabajadores de la Industria de Alimentos, Sinaltrainal) qui rassemble 2 500 employés de Coca-Cola en Colombie. La multinationale fait l'objet de quatre procès aux USA pour être accusée d'avoir utilisé des paramilitaires pour assassiner neuf syndicalistes.

« Il y a des processus de boycott en marche dans des universités et des centres éducatifs aux USA, au Canada, en Italie, en Irlande et au Royaume-Uni qui doivent se concrétiser ces prochains jours, en début d'année quand on renouvelle ou pas les contrats de fourniture d'aliments et de boissons. Rien qu'au Royaume-Uni, le processus de boycott de la consommation de Coca-Cola est en marche dans 536 universités. De plus, nous espérons être rejoints par d'autres organisations sociales dans les prochains mois », souligne Páez.

Selon le quotidien The Atlanta Journal-Constitution, au moins neuf universités nord-américaines ont suspendu leurs contrats avec Coca-Cola à cause de la situation en Colombie.

La multinationale est accusée d'employer des paramilitaires comme tueurs à gage

Avec la devise « Parce que j'aime la vie, je ne bois pas Coca-Cola », le syndicat colombien a lancé il y a deux ans la campagne internationale contre la consommation de la boisson non alcoolisée la plus bue au monde. De plus, le syndicat a entrepris quatre procès contre la multinationale aux USA, l'accusant d'avoir employé des groupes paramilitaires d'extrême droite pour assassiner, entre 1992 et 1994, neuf syndicalistes qui travaillaient pour la firme en Colombie et de poursuivre et d'intimider d'autres employés.

Páez explique que le syndicat souhaite que la communauté internationale fasse pression pour qu'une enquête soit ouverte dans l'entreprise qui opère en Colombie afin d'établir les responsabilités à propos des neuf assassinats et sur les enlèvements, les persécutions et les intimidations qu'ont endurés les travailleurs de Coca-Cola en Colombie de la part de groupes paramilitaires supposés être sous contrat avec l'entreprise. « Nous ne voulons pas que cela demeure impuni, spécialement maintenant, avec les négociations de paix entre le gouvernement et les paramilitaires [1] », explique-t-il.

Pesticides en Inde

L'université du Michigan a suspendu la vente de Coca-Cola dans ses trois campus considérant que la multinationale permet les abus contre les droits humains et la dégradation de l'environnement, selon ce qu'elle a dénoncé dans un communiqué annonçant sa décision ; et après avoir reçu et évalué les plaintes de Students Organizing for Labor and Economic Equality. Cette organisation estudiantine accuse Coca-Cola de conspirer avec des groupes paramilitaires en Colombie pour intimider les leaders syndicaux et de vendre ses boissons en Inde avec un taux élevé de pesticide.

L'université a initialement affirmé qu'elle renouvellerait les contrats avec Coca-Cola sous forme conditionnelle, jusqu'à ce que l'entreprise réalise un audit indépendant pour corriger ces anomalies. De plus, elle a offert, en collaboration avec d'autres universités, de financer l'enquête mais Coca-Cola l'a informée qu'elle n'était pas prête à examiner ses pratiques commerciales et de travail en Colombie et en Inde, car une plainte civile l'empêchait de participer à l'enquête.

Le directeur de la communication de Coca-Cola en Colombie, Pablo Largacha, attribue la campagne du syndicat colombien à l'une des plaintes que ce dernier a présentées devant les tribunaux nord-américains en 2001, dans laquelle pour la première fois l'entreprise était associée à l'assassinat de l'un des neuf syndicalistes. Ce crime s'était déroulé dans l'entreprise de Carepa, dans la zone bananière de Urabá (dans l'ouest de la Colombie) il y a presque dix ans.

Défense d'entreprise

De plus, Largacha affirme déplorer que les organisations de défense des droits humains, du travail et de l'environnement, pour la plupart liées aux universités, « soient si mal informées sur ce qui se passe en Colombie » et souligne que l'entreprise détient des preuves que ses directeurs ne sont pas liés à la mort du syndicaliste. « Il y a un verdict qui dit qu'il n'y a aucun indice liant l'entreprise de mise en bouteille de Carepa à la mort de ces leaders syndicaux », assure-t-il.

En Colombie, il existe 20 entreprises de mise en bouteilles de Coca-Cola, dont 17 appartiennent à l'entreprise Panamco Colombia S.A. et trois sont dirigées par des particuliers. Les travailleurs de ces entreprises sont affiliés au Sinaltrainal, un syndicat fondé en 1982 par la fusion d'autres syndicats de compagnies multinationales du secteur alimentaire et de la boisson.

En plus de la Colombie, de nombreux travailleurs de Coca-Cola au Guatemala ont aussi dénoncé des abus. Selon les sources des syndicats, entre 1968 et 1980, six de leurs dirigeants ont été assassinés et quatre autres ont disparu sans laisser de trace.

A ce sujet, Paéz signale qu'« en Colombie, nous ne permettrons pas que les assassinats et les autres abus commis ici demeurent dans l'impunité ».

 

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Un soda à base de feuille de coca

 

Les indigènes nasa du sud de la Colombie ont développé un soda à base de feuilles de coca, dans le cadre d'une stratégie pour « améliorer le nom et désataniser l'usage » de cette plante et concurrencer les boissons transnationales « de l'Empire », a annoncé un de ses créateurs.

« Nous qui participons à ce projet, nous sommes de la réserve indigène de Calderas ...Depuis six ans, nous nous attelons à redorer le nom de la feuille de coca qui est une feuille et une plante possédant d'énormes propriétés médicinales et alimentaires », a déclaré le chef d'entreprise nasa David Curtidor à Associated Press.

Les indigènes ont d'abord commercialisé une infusion à base de feuille de coca qui se trouve dans de nombreux supermarchés du pays et ont commencé, il y a un an et demi, à tenter de refroidir cette boisson et de lui ajouter les ingrédients nécessaires pour la servir comme un soda en bouteille.

Les expériences ont donné des résultats quand ils ont obtenu une formule « qui permet à la boisson de se conserver jusqu'à cinq mois et à sa saveur de ne pas s'altérer », a affirmé l'interviewé.

A l'infusion de feuille de coca qu'ils ont laissé refroidir « ont été ajoutés du gaz et d'autres ingrédients. Donc, c'est une boisson naturelle, qui est extraite d'une feuille avec du gaz et qui a un goût délicieux ».

« Elle a beaucoup plu aux centaines de personnes qui l'ont goûtée », a-t-il expliqué.

Des échantillons de la boisson en bouteilles de verre transparent qui permettent de voir le soda jaune, mis en bouteille sous le nom de « Coca Sek », sont exposés dans une foire d'artisanat de Bogotá, d'où ils partiront, dans quelques jours, pour rejoindre les rayons des magasins afin d'être vendus aux consommateurs.

L'étiquette dévoile la marque en lettres blanches qui en français veut dire « Coca du soleil » sur un fond bleu avec une bande verte qui fait ressortir le bord.

Le produit sera mis sur le marché le 16 décembre et ils espèrent le commercialiser d'abord dans les régions de Cauca et Valle, au sud de la Colombie et, petit à petit le distribuer à Bogotá afin d'améliorer le prestige de la coca, le produit faisant office d'une sorte de déclaration politique des indigènes colombiens qui, selon Curtidor, refusent de consommer du Coca-Cola.

Curtidor a déclaré que dans la réserve de Calderas, « une campagne a été lancée contre la consommation et l'achat de Coca-Cola. Alors maintenant, nous leur offrons une boisson de substitution ».

Les raisons de ce boycottage de la boisson nord-américaine sont « qu'elle symbolise une domination impériale, c'est un produit d'une transnationale qui n'achète même pas sa matière première en Colombie ».

On a cherché à obtenir un commentaire de la part de Coca-Cola en Colombie mais il a été impossible de l'avoir pour l'instant.

Curtidor a admis que son soda a le désavantage de ne pouvoir être exporté en raison des restrictions internationales en vigueur sur tout produit fabriqué à base de coca. Bien qu'ils soient parvenus à vendre au Canada, en France et aux USA de minimes quantités de l'infusion qu'ils préparent, ils ne pensent pas qu'ils pourront le faire à une plus grande échelle.

Cela ne limite pas l'ingéniosité des nasas qui dans leur ardeur pour revendiquer le nom et les usages de la coca ont développé d'autres produits comme du vin, des biscuits et des fruits déshydratés et des recherches des plus novatrices pour fabriquer des savons et du dentifrice avec cette herbe.

« Nous avons un marché très grand à conquérir et les gens, par solidarité et aussi pour le goût si délicieux de la coca, vont nous préférer », a assuré le chef d'entreprise indigène.

NOTES:

[1] [NDLR] Consultez le dossier « Avec Uribe, l'impunité pour les paramilitaires » sur RISAL.