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Amerikkka : le premier Empire et son arrière-cour - Canada

 
 

 

 


Voici comment le quotidien francophone de Montréal La Presse présente les dangereux terroristes dans son édition du 7 juin, avec cette légende :
Quatre des suspects qui ont comparu mardi 6 juin au palais de justice de
Brampton, en Ontario: Jahmaal James, Amin Mohamed Durrani, Qayyum Abdul
Jamal et un des cinq mineurs qu'on ne peut identifier.
C'est ce qu'on appelle couramment une image de propagande de guerre.

09/06/06 - La Gendarmerie Royale Canadienne vous parle


Voici comment la GRC a annoncé l'arrestation des 17 suspects le 3 juin 2006 [source : <http://www.rcmp.ca/news/n_0608_f.htm>]. on notera que la GRC donne les adresses privées des supects. Dans un souci, sans doute, de transparence démocratique. Et la protection des familles ? Ce n'est apparemment pas leur préoccupation. Elle est belle, la démocratie canadienne.

Dix-sept personnes arrêtées et accusées d'activités terroristes


TORONTO ONT. ­ Le 3 juin 2006 ­ Le vendredi 2 juin 2006, des membres de la Gendarmerie royale du Canada et ses partenaires de l'Équipe intégrée de la sécurité nationale ont arrêté 17 individus et déposer des accusations contre eux en vertu de l'article 83 du Code criminel.
« Ce groupe a fait des démarches en vue d'acquérir trois tonnes de nitrate d'ammonium et d'autres composants nécessaires à la fabrication d'engins explosifs », a déclaré le commissaire adjoint Mike McDonell. « En guise de comparaison, l'attentat de 1995 contre l'immeuble fédéral Murrah à Oklahoma City, qui a fait 168 victimes, a été perpétré avec une tonne de nitrate d'ammonium. »


Les personnes arrêtées et accusées d'infractions en vertu du Code criminel sont les suivantes :
1. Fahim Ahmad, 21, Robinstone Drive, Toronto, Ontario;
2. Zakaria Amara, 20, Periwinkle Crescent, Mississauga, Ontario;
3. Asad Ansari, 21, Rosehurst Drive, Mississauga, Ontario;
4. Shareef Abdelhaleen, 30, Lowville Heights, Mississauga, Ontario;
5. Qayyum Abdul Jamal, 43, Montevideo Road, Mississauga, Ontario;
6. Mohammed Dirie, 22, Kingston, Ontario;
7. Yasim Abdi Mohamed, 24, Kingston, Ontario;
8. Jahmaal James, 23, Trudelle Street, Toronto, Ontario;
9. Amin Mohamed Durrani, 19, Stonehill Court, Toronto, Ontario;
10. Steven Vikash Chand alias Abdul Shakur, 25, Treverton Drive, Toronto, Ontario;
11. Ahmad Mustafa Ghany, 21, Robin Drive, Mississauga, Ontario;
12. Saad Khalid, 19, Eclipse Avenue, Mississauga, Ontario;
13. Cinq adolescents.

 

« Notre enquête et les arrestations subséquentes ont empêché le groupe de fabriquer des bombes et de commettre des attentats. En tout temps, le but de l'enquête était d'assurer la protection et la sécurité du public », a ajouté le comm. adj. McDonell en terminant.
Renseignements :
Caporale Michele Paradis
S.-off. resp. des Communications générales et des Relations avec les médias
(416) 715-2375 (téléavertisseur)

08/06/06 - Après la découverte de la "cellule terroriste", vent de panique en Ontario, mais le Québec garde son sang-froid


Fantasme ou réalité ? Les dix-sept "terroristes" arrêtés au cours d'une rafle qui a engagé 400 policiers dans le sud de l'Ontario la semaine dernière a fait lever un vent de panique dans l'Ontario, - sauf chez le Premier mnistre qui a choisi de blaguer sur ce "complot" - tandis que le Québec a choisi de ne pas se laisser contaminer par l'hystérie anti-islamiste et gardé un calme olympien. Compte-rendus de la presse canadienne.

Image Légende :
Quatre des suspects qui ont comparu mardi 6 juin au palais de justice de Brampton, en Ontario: Jahmaal James, Amin Mohamed Durrani, Qayyum Abdul Jamal et un des cinq mineurs qu'on ne peut identifier.


08/06/06 Frénésie médiatique à Brampton


par Nicolas Bérubé, La Presse, Québec, 6 juin 2006
Le voile islamique, la barbe et un teint basané ne passaient pas inaperçus hier dans le stationnement du palais de justice de Brampton.
Ceux qui se faisaient ainsi remarquer étaient littéralement assaillis par une armée de journalistes, de caméramen et de preneurs de son dès qu'ils posaient le pied en dehors de leur voiture.
Il faut dire que la centaine d'organisations médiatiques présentes avaient peu d'interlocuteurs à se mettre sous la dent: seuls quelques chanceux ont pu entrer dans la salle d'audience. La vaste majorité des journalistes se contentaient d'interviewer les avocats qui sortaient de la Cour, ou n'importe qui relié de près ou de loin à l'affaire.
Pour Tarek Fatah, porte-parole du Congrès musulman canadien, les amis et les familles des suspects se sont carrément fait «harceler» par les représentants des médias. «Ces gens ne sont pas accusés d'un crime. C'est du racisme de les isoler et de les harceler ainsi. Ce sont les gens qui ont l'air d'être des musulmans qui sont pourchassés par les journalistes.»
Ces chasses ne se limitaient pas aux personnes arabes ou musulmanes: lorsqu'un avocat émergeait de la salle d'audience, il était aussitôt pris à partie par les journalistes qui formaient d'immenses attroupements autour d'eux.
Pour entrer au palais de justice, il fallait faire la file près d'une heure, avant de subir une fouille sommaire, d'être passé au détecteur de métal et de devoir confier son sac aux rayons X. Ensuite, on ne pouvait faire autre chose que de poireauter devant la salle d'audience, gardée par des policiers SWAT.
Même les plus aguerris des journalistes se prenaient la tête à deux mains. «Je n'ai jamais rien vu de tel. C'est vraiment fou aujourd'hui», a lancé Joe Friesen, qui couvre les faits divers depuis plusieurs années pour le quotidien torontois The Globe and Mail.

 

 

08/06/06 - Nouvelles allégations contre les présumés terroristes


par Presse Canadienne, Brampton, 6 juin 2006
D'autres allégations ont surgi, mardi à Brampton, en Ontario, où comparaissaient 15 personnes appréhendées relativement à un présumé complot terroriste au Canada des allégations où il est question d'attentats à la bombe, de prendre d'assaut le Parlement et même de décapiter le premier ministre Stephen Harper.
Dix hommes et cinq mineurs ont comparu pour une deuxième fois, devant une salle bondée, alors que de nouvelles informations faisaient surface au sujet de ce que le groupe fomentait lorsqu'il a été arrêté, vendredi dernier, dans ce qu'on considère comme la plus importante opération antiterroriste au Canada après le 11 septembre.
Les plus choquantes ont été mentionnées par l'avocat Gary Batasar, qui représente Steven Chand, âgé de 25 ans, alors qu'il décrivait le résumé des allégations de la Couronne. Selon celles-ci, le groupe comptait prendre des politiciens en otage, faire sauter le siège de la CBC à Toronto, et prendre d'assaut les édifices du Parlement à Ottawa.
«Il y a une allégation selon laquelle mon client souhaitait personnellement décapiter le premier ministre du Canada», a aussi affirmé l'avocat devant une horde de représentants des médias, à l'extérieur du tribunal, après la fin des procédures.
Le groupe prévoyait également décapiter ses otages si ses exigences, comme le retrait des troupes de l'Afghanistan et la libération des prisonniers musulmans, n'étaient pas satisfaites, alléguerait la Couronne.
M. Batasar a reproché aux autorités canadiennes, ainsi qu'au gouvernement américain et à son président George W. Bush, de tenter de faire peur à la population.
Les 15 suspects ont comparu en trois groupes distincts. Des 15 ayant comparu mardi, 14 doivent revenir devant la cour lundi.
Steven Chand, Asad Ansari, 21 ans, Fahim Ahmad, 21 ans, Zakaria Amara, 20 ans, Qayyum Abdul Jamal, 43 ans, Amin Mohamed Durrani, 19 ans, Jahmaal James, 23 ans, Saad Khalild, 19 ans, Ahmad Mustafa Ghany, 21 ans, et les cinq mineurs, qu'on ne peut identifier, doivent tous revenir en cour le 12 juin.
Shareef Abdelhaleen, 30 ans, reviendra le 4 juillet pour une enquête sur cautionnement. Un des mineurs aura aussi une enquête sur cautionnement le 16 juin.
Les 15 individus sont détenus à la prison de Maplehurst, à Milton, en Ontario.

 

08/06/06 - L'un des suspects aurait menacé de décapiter Harper


par Agence France-Presse, Brampton, 6 juin 2006
L'un des 17 hommes soupçonnés d'avoir préparé des attentats au Canada aurait menacé de décapiter le premier ministre canadien Stephen Harper, a dit mardi son avocat en reprenant des affirmations de l'accusation.
«Il y a une affirmation selon laquelle mon client a personnellement indiqué qu'il voulait décapiter le premier ministre du Canada», a dit à la presse Me Gary Batasar après la comparution de Steven Vikash Chand.
Cet homme de 25 ans est l'un des 15 arrêtés le week-end dernier au Canada dans le cadre de la plus importante opération antiterroriste dans ce pays depuis le 11 septembre 2001. Deux autres accusés étaient déjà emprisonnés pour une affaire de trafic d'armes.
L'assassinat du nouveau premier ministre conservateur se serait inscrit dans le cadre d'un plan des accusés visant à prendre d'assaut le Parlement d'Ottawa, d'y prendre des otages et de demander la libération de prisonniers musulmans et le retrait des troupes canadiennes d'Afghanistan, a déclaré à l'AFP Me Batasar, citant un document de 8 pages émanant de l'accusation.
Le groupe prévoyait aussi d'occuper les bâtiments de la chaîne de télévision publique CBC pour faire connaître publiquement ses demandes et menaçait d'exécuter les otages, dont le premier ministre, si celles-ci n'étaient pas satisfaites, a-t-il précisé.
«C'est une allégation très sérieuse. (Mon client) n'a rien dit à propos de cela. Il a le droit de garder le silence», a-t-il ajouté.
«Je m'attends à un procès équitable pour mon client, aussi équitable que tous les procès qui ont lieu au Canada», a-t-il poursuivi.
Il s'est cependant dit «étonné et choqué» que M. Harper ait exprimé sa joie ce week-end après l'arrestation des suspects. «Je pense que le premier ministre devrait se tenir à l'écart du processus et laisser la justice suivre son cours», a-t-il dit.
Les 15 suspects comparaissaient mardi devant un tribunal de la banlieue de Toronto pour répondre de l'accusation d'avoir préparé des attentats ainsi que pour l'examen de leur demande de libération conditionnelle.
Me Batasar a demandé que l'audience sur la demande de remise en liberté de son client soit reportée au 12 juin, le temps, a-t-il dit, qu'il puisse préparer adéquatement sa défense.
Steven Chand devait être reconduit en prison, tout comme les autres accusés dont les demandes de remise en liberté conditionnelle ont aussi été reportées.


08/06/06 - Stephen Harper minimise la menace qui planait sur lui


par Joël-Denis Bellavance, La Presse, Ottawa, 7 juin 2006
Stephen Harper ne craint pas de se faire trancher la tête par des terroristes. Mais si une telle menace venait d'un député conservateur, ce serait une autre histoire...
Le premier ministre a tenté hier de tourner à la blague les informations choquantes qui ont été divulguées à Brampton. Ainsi, un des 17 terroristes allégués arrêtés vendredi comptait prendre la colline parlementaire d'assaut, prendre quelques députés présents en otages et tenter de décapiter Stephen Harper.
Ces informations ont été révélées par Gary Batasar, l'avocat de Steven Chand, l'un des présumés terroristes. L'homme a comparu hier à Brampton, près de Toronto, afin de prendre connaissance des accusations portées contre lui et ses complices allégués.
«Je peux vivre avec toutes ces menaces dans la mesure où elles ne viennent pas de mon caucus», a déclaré le premier ministre durant un bref point de presse, hier.
M. Harper a cherché à détendre l'atmosphère lourde qui règne dans la capitale fédérale depuis l'arrestation des suspects, qui avaient la tour de la Paix dans leur ligne de mire, mais son entourage semblait secoué par ces révélations.
Plusieurs ministres interrogés au sujet des menaces qui auraient été proférées contre le premier ministre ont préféré hier esquiver toutes les questions à ce sujet.
Le ministre du Commerce international, David Emerson, a été l'un des rares à exprimer ses craintes. «Tout cela est à vous couper le souffle. Je crois que cela doit représenter un sérieux avertissement et il faut se réveiller», a-t-il commenté.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, s'est aussi dit inquiet d'entendre la teneur des accusations portées contre les suspects. Toutefois, il a insisté pour dire qu'il ne faut pas en faire une obsession.
«Je pense que c'est inquiétant, bien sûr, mais à une toute autre échelle, on a vécu des choses semblables les uns et les autres. Ça m'est arrivé avec les Hells Angels. On ne parlait pas de me décapiter, mais ça n'a pas l'air qu'on me réservait un traitement de faveur non plus. C'est toujours inquiétant, mais on ne peut pas passer nos journées à penser à cela non plus. D'une certaine façon, c'est un danger du métier. Mais quand je pense aux soldats, aux policiers, aux pompiers, il y en a beaucoup d'autres qui vivent des conditions dangereuses tous les jours», a affirmé le chef bloquiste.

 

 

08/06/06 - Ottawa veut faire casser la libération sous caution de Mohamed Harkat?


par Presse Canadienne, Ottawa, 6 juin 2006
On ne peut pas s'attendre à ce que Mohamed Harkat, ce résidant d'Ottawa accusé de liens avec des terroristes, respecte ses conditions de libération sous caution, et il reprendra contact avec d'autres musulmans radicaux s'il est libéré de prison, affirme le gouvernement fédéral.
Les avocats du ministère de la Justice veulent garder Mohamed Harkat derrière les barreaux. Ils soutiennent qu'il constitue une «menace grave au bien-être et à la sécurité des Canadiens». Le gouvernement demande donc à la Cour d'appel fédérale de suspendre sa libération sous caution approuvée le mois dernier.
Harkat, détenu en vertu d'un certificat de sécurité depuis plus de trois mois, s'est vu accorder une libération sous caution, moyennant une série de conditions sévères, par la juge Eleanor Dawson de la Cour fédérale. Il est l'un des cinq musulmans menacés d'extradition en vertu des certificats de sécurité.
Le gouvernement fera valoir vendredi en Cour d'appel que la libération de Mohamed Harkat serait une erreur. L'audience aura lieu une semaine exactement après l'arrestation de 17 personnes à Toronto pour un présumé complot terroriste.
Le Service canadien du renseignement de sécurité considère Mohamed Harkat comme un collaborateur du réseau terroriste d'Oussama ben Laden. Harkat, un réfugié qui souhaite demeurer au Canada, nie toute implication dans des activités terroristes.
Dans sa décision, rendue en mai, la juge Dawson affirmait que les conditions imposées à Harkat préviendraient toute menace posée par sa libération, ce que le gouvernement conteste.
Harkat serait autorisé à vivre à Ottawa avec sa femme et sa mère, mais il serait sous constante supervision et devrait porter un bracelet de surveillance électronique. Une somme de 35 000 $ devrait être déposée en caution, et 82 500 $ de plus devraient être engagés par les proches de Harkat. Harkat devrait aussi remettre ses documents de voyage, s'abstenir d'utiliser Internet et accepter que ses conversations téléphoniques soient surveillées.

 

08/06/06 - Québec lance un appel au calme


par Tommy Chouinard, La Presse, Québec, 6 juin 2006
Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, craint une recrudescence du racisme contre la communauté musulmane.
Dans un appel au calme, il demande aux Québécois de ne pas céder à la panique après l'arrestation de 17 présumés terroristes à Toronto vendredi.
«Il ne faut pas paniquer. Il faut garder notre calme. Il faut surtout maintenir le lien entre toutes les communautés culturelles qui vivent au Québec», a-t-il affirmé au cours d'une brève déclaration, hier. Alors qu'une mosquée torontoise a été la cible des vandales dimanche, Jacques Dupuis veut éviter que la communauté musulmane du Québec ne soit victime de tels actes et ne soit associée au terrorisme.
«Ce qui s'est passé à Toronto, selon ce que nous savons, ce sont des gestes d'un groupe d'individus qui suivent une idéologie et il ne faut pas généraliser ces gestes», a-t-il dit.
M. Dupuis a souligné que la ministre responsable des Communautés culturelles et de l'Immigration, Lise Thériault, et la direction du Service de police de Montréal ont contacté les représentants de la communauté musulmane ce week-end.
«Il faut garder le respect que nous devons avoir à l'égard de ces communautés-là», a-t-il affirmé.
Le ministre a assuré que son gouvernement et les forces policières prennent la menace terroriste au sérieux.
«Je pense qu'il faut envisager au Québec les événements de Toronto avec réalisme, c'est-à-dire sans naïveté, mais sans panique non plus», a-t-il souligné.
Selon lui, les policiers «sont à pied d'oeuvre» pour lutter contre le terrorisme, en particulier depuis le 11 septembre 2001.
Une équipe intégrée de la Sûreté du Québec, du Service de police de la Ville de Montréal et de la Gendarmerie royale du Canada a été créée à cette fin. Cette équipe échange des renseignements avec d'autres corps de police du Canada mais aussi des États américains limitrophes.
Dans sa nouvelle politique internationale, présentée le mois dernier, le gouvernement a également annoncé qu'il mettra sur pied un centre intégré de l'information de sécurité afin de partager des données avec des corps policiers étrangers.
M. Dupuis a refusé de répondre aux questions des journalistes ou de commenter les arrestations survenues à Toronto.
«Je vais limiter ma déclaration parce que l'enquête policière de Toronto n'est pas terminée. Il y a un processus judiciaire qui vraisemblablement va s'enclencher rapidement. Alors, je serai bien sûr extrêmement prudent sur toutes ces questions-là», a-t-il expliqué.

 

08/06/06 - Selon Jean Charest, il n'y a pas de menace terroriste au Québec


par Jocelyne Richer, Presse Canadienne, Levis, 6 juin 2006
Rien, à l'heure actuelle, ne justifie le recours à des mesures de sécurité exceptionnelles au Québec, a indiqué mardi le premier ministre Jean Charest, en se faisant rassurant à la suite du présumé complot terroriste évité de justesse en Ontario et mis au jour vendredi dernier.
«On agit sur la foi d'informations et, dans ce cas-ci, au Québec, actuellement, il n'y a pas de menace qui plane sur le Québec», a assuré M. Charest, en fin de journée, au cours d'une conférence de presse qui portait sur une annonce à caractère local.
C'est la première fois que le premier ministre s'exprimait publiquement à propos de l'attaque terroriste qui se préparait en Ontario, selon les forces de l'ordre, en vue notamment d'endommager des édifices gouvernementaux de la capitale fédérale.
Interrogé à savoir si les mesures de sécurité avaient été accrues au cours des derniers jours pour mieux protéger divers équipements publics, dont les édifices gouvernementaux québécois et les barrages d'Hydro-Québec, le premier ministre a répondu par la négative.
«Dans les derniers jours, on a été en contact avec les corps policiers de l'Ontario, mais on n'a pas été appelés à prendre des mesures exceptionnelles, puisqu'il n'y a pas eu de menace qui a été identifiée chez nous», a-t-il ajouté, en se défendant bien d'être «complaisant» à ce propos.
L'arrestation, en Ontario, de 17 présumés terroristes et la découverte de trois tonnes de nitrate d'ammonium, soit de quoi fabriquer une importante quantité d'explosifs, n'a donc pas eu d'impact significatif au Québec.
Il a rappelé que depuis les attentats terroristes survenus aux États-Unis en septembre 2001, la Sûreté du Québec avait travaillé en collaboration avec les autres corps policiers du pays, dont la Gendarmerie royale du Canada et la police de Montréal, en cherchant à «intégrer nos efforts sur la plan de la sécurité».
Les mesures de sécurité avaient alors été renforcées autour des équipements publics, a-t-il fait valoir, en ajoutant que «ce ne sont pas des choses dont on discute sur la place publique».
«Nous restons très vigilants, parce que la sécurité, nous la prenons très au sérieux», a-t-il dit.
Le premier ministre a par ailleurs tenu à exprimer son «empathie» envers la communauté musulmane du Québec, car «il est facile d'associer les actions d'un seul ou de quelques individus à toute une communauté».
M. Charest était à Lévis, sur la rive-sud de Québec, pour annoncer l'octroi d'une contribution gouvernementale de 1,2 million $, qui servira à réaliser des travaux pour permettre au Patro de Lévis de s'installer dans un monastère de la ville. Au total, le projet nécessitera un investissement de 4,4 millions $.

 

 

05/06/06 - L'Ontario à l'heure d'Al Qaïda : "le Canada n'est pas immunisé"


Dix-sept personnes soupçonnées de préparer des attentats inspirés de l`idéologie d`Al-Qaïda dans le sud de l`Ontario, province la plus peuplée et coeur de `économie canadienne, ont été interpellées vendredi, ont annoncé samedi des responsables e la sécurité.
A l`issue d`une "longue enquête", la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et des agences gouvernementales de sécurité ont arrêté 12 hommes et cinq mineurs soupçonnés de "préparer une série d`attentats contre des cibles uniquement canadiennes dans le sud de l`Ontario", a déclaré Mike McDonnell, de la GRC, lors d`une conférence de presse à Toronto.
"Les hommes appréhendés hier (vendredi) sont des résidents canadiens d`origines diverses. Pour plusieurs raisons, ils semblent avoir choisi une idéologie violente inspirée d`Al-Qaïda", a ajouté Luc Portelance, directeur adjoint aux opérations au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).
Le Canada "n`est pas immunisé contre cette idéologie" professée par Al-Qaïda, a-t-il ajouté.
Source : Angolapress, 4 juin 2006

 

 

Un demandeur d'asile algérien, Abdelkader Belaouni, réfugié dans une église de Montréal depuis 3 mois


Le premier janvier 2006, Abdelkader Belaouni a pris refuge à l'église Saint-Gabriel, dans le quartier Pointe Saint-Charles de Montréal. Après avoir épuisé tous les recours légaux pour rester au Canada, Abdelkader a reçu l'ordre de quitter le pays avant le 5 janvier 2006. Pour lui, la déportation représente la perte de la dignité, l'autonomie et la sécurité pour lesquelles il a dû travailler si fort depuis qu'il s'est installé à Montréal, il y a presque trois ans. Abdelkader n'avait d'autre option que de prendre cette courageuse décision et de recourir au sanctuaire religieux à l'église Saint-Gabriel.

Abdelkader, s'il n'avait pas eu recours au sanctuaire, aurait été expulsé vers les Etats-Unis le 5 janvier dernier et, de là, aurait été déporté vers l'Algérie. Abdelkader a déjà été déraciné deux fois au cours des dix dernières années. La première fois en 1996, quand il a fui le violent conflit civil qui déchirait son pays natal, l'Algérie. Ce conflit a réclamé les vies de quelques 100 000 civils. En tant que personne non-voyante, Abdelkader était particulièrement vulnérable. Quand des membres d'un groupe armé sont venus dans son épicerie familiale pour lui réclamer une taxe de guerre ­ à défaut de quoi il serait tué - il a choisi de fuir le pays.

Abdelkader s'est alors rendu à New-York. Même sans statut légal aux Etats-Unis, il a réussi à se bâtir une nouvelle vie en vendant des cartes de téléphone dans un kiosque de rue. Mais après le 11 septembre 2001, Abdelkader ne se sentait plus en sécurité. Il y a eu de nombreuses attaques violentes à l'endroit de personnes musulmanes ou d'origine arabe, ou perçues comme musulmanes ou arabes. Des mosquées ont été incendiées. Le profilage ethnique est devenu une politique officielle du gouvernement. Abdelkader a été forcé de se rapporter aux autorités simplement parce qu'il est d'origine algérienne. Après deux entrevues bouleversantes et humiliantes pour lui, il a été convoqué à une audience de déportation. Abdelkader a une fois de plus choisi de fuir vers le Canada dans l'espoir qu'il pourrait se refaire une vie ici.

Malheureusement, après presque trois années passées à Montréal, Abdelkader s'est retrouvé une nouvelle fois menacé de déplacement. La décision d'Immigration Canada de l'expulser ne tient pas compte du fait qu'il a travaillé pendant un ans à titre de bénévole, qu'il a trouvé à Montréal une famille étendue d'ami-e-s et de connaissances et qu'il a rencontré de sérieux obstacles dans sa recherche d'emploi en raison de son handicap. En effet, Abdelkader n'est pas éligible aux programmes d'égalité d'accès à l'emploi parce qu'il n'a pas de statut.

Sur réception de l'ordre d'expulsion, un comité d'ami-e-s et de voisin-e-s s'est immédiatement constitué pour soutenir Abdelkader. Peu après, l'église lui a ouvert son sanctuaire.

La décision d'Abdelkader de rester à Montréal est courageuse et inspirante. Sa demande de statut est soutenue par plus de quarante organisations, dont le Comité action réfugiées Montréal (CAR), l'Association Multi-ethnique pour l'intégration des personnes handicapées, Entraide Missionnaire, le Diocèse de Montréal et plusieurs organisations de son quartier comme la Table de Concertation Action Gardien, Services juridiques communautaires de Pointe Saint-Charles et Petite Bourgogne, la Clinique de santé communautaire de Pointe Saint-Charles et le Welfare Rights Committee.

Tant et aussi longtemps qu'Abdelkader sera forcé de mettre sa vie en suspends, en refuge, il est très important que nous mettions de la pression sur les autorités gouvernementales pour qu'elles réagissent à son cas. Nous vous implorons de rejoindre les nombreux-euses ami-e-s, voisin-e-s et organisations communautaires qui soutiennent les revendications d'Abdelkader Belaouni pour la régularisation complète et immédiate de son statut.

Modèle de lettre à envoyer au Ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration du Canada, M. Monte Solberg : http://www.soutienpourkader.net/lettre.html
Source : Comité de soutien pour Abdelkader Belaouni, http://www.soutienpourkader.net, soutienkader@gmail.com, Tél.: (514) 859-9023

 

 

Lettre ouverte au Premier ministre du Québec sur la mort de Mohamed Annas Bennis, abattu par un policier à Montréal le 1er décembre 2005


Montréal, le 21 décembre 2005

À M. Jean Charest

Premier Ministre du Québec
770, rue Sherbrooke Ouest 4e étage
Montréal Qc H3A 1G1
Objet : Décès de M. Mohamed Annas Bennis, abattu par un membre du SPVM, le 1er décembre 2005
Monsieur Jean Charest,
Je souhaite porter à votre attention, le cas de M. Mohamed Annas Bennis, abattu par un policier du SPVM [Service de police de la Ville de Montréal], le 1er décembre 2005. Plus de trois semaines après sa mort, ni ses parents, ni la communauté musulmane n'ont été informés de quelque manière que se soit des conditions exactes ayant entouré ce décès.
M. Bennis revenait de la prière du matin quand l'incident a eu lieu. Ayant reçu plusieurs projectiles au niveau de l'épaule et du cœur, son décès a été confirmé dès son arrivée à l'Hôpital Général juif. Selon la police de Montréal, M. Bennis portait un couteau et aurait essayé de poignarder un officier qui était présent sur les lieux relativement à une arrestation, sans lien avec M. Bennis, dans un immeuble voisin.
M. Bennis était reconnu dans sa communauté comme étant un musulman pieux dont le comportement exemplaire lui avait valu une excellente réputation. Les allégations portées contre lui par les membres du service policier s’avèrent ainsi, d’emblée, complètement incompatibles avec sa personnalité. Face à une telle ambiguïté, le MCM et nombre de membres de la communauté musulmane estiment que M. Bennis pourrait avoir été une innocente victime de préjugés raciaux, voire de racisme profond.
Nous sommes convaincus que la majorité des membres du service de police de Montréal œuvre, à assurer la sécurité de tous les habitants et toutes les habitantes de la ville. Cependant, la transmission par les policiers, d’informations erronées ou dissimulées, exigerait la tenue d’une enquête ouverte et transparente. Faute de quoi, la réputation des services de police montréalais en serait largement ternie, à leur grand détriment.
La communauté musulmane et d'autres communautés de Montréal qui ont souffert de préjugés raciaux par le passé, désirent connaître ce qui est vraiment arrivé. Tous se sentent d’autant plus concernés qu’un manque de transparence de la part des autorités policières ne ferait qu’accroître chez eux un sentiment d’insécurité.
Il est à craindre que la mise de côté, par les autorités, du sentiment d’injustice et des interrogations exprimés par la communauté, entraînerait à terme une rupture malheureuse et difficilement corrigible de l’harmonie sociale qui caractérise notre ville.
Le MCM demande donc que soient prises au plus tôt les mesures suivantes :
Le gouvernement provincial doit réaffirmer sa position face à une politique de tolérance zéro envers tout acte de racisme et de préjugés raciaux de la part de membres du service de police ou de toute autre institution gouvernementale.
Le gouvernement provincial doit assurer à la communauté musulmane que l'enquête relative au décès de M. Bennis sera transparente, indépendante, faite d'une façon rigoureuse et ne fera l’objet d’aucun report.
Toute personne ayant posé des actes ou gestes inacceptables devra être reconnue responsable et blâmée selon les règles en vigueur.
La formulation officielle devrait être faite par annonce publique dans les médias ou par une lettre directe adressée au Conseil Musulman de Montréal, qui la transmettra à son tour à la communauté musulmane et aux autres communautés affectées. Cela participera à stopper une série de protestations projetées dommageables au bien-être commun.
Nous restons à votre disposition pour toute question relative à la présente demande.
En vous remerciant de votre compréhension et confiant que la présente demande rencontrera votre plein appui,
Très cordialement,
Salam Elmenyawi
Président, Conseil Musulman de Montréal - MCM/CMC
CC : M. Jacques P. Dupuis, Ministre de la Sécurité Publique du Québec.
M. Yvon Marcoux, Ministre de la Justice du Québec.
Mme Lise Thériault, Ministre de l’Immigration et des Communautés Culturelles du Québec.
M. Mario Dumont, Chef de l’ADQ.
M. André Boisclair, Chef du Parti Québécois.

 

> Manifestation de soutien suite au décès de Mohammed Anass Bennis le 7 janvier 2006 à Montréal
Suite à la mort tragique de notre frère Mohammed Anass Bennis, abattu par un agent de la police de Montréal, le jeudi 1er décembre 2005, le comité de soutien et de suivi de cette affaire, composé de plusieurs associations et mosquées, vous invite à une manifestation de soutien qui se tiendra le Samedi 7 Janvier 2006 à 10 h 30 AM à partir de la Place des Arts. Métro : Place des Arts. Sortie : Ste-Catherine // en face du Complexe Desjardins
Par ailleurs, une pétition en ligne concernant le décès de notre frère Mohamed Annas est maitenant disponible à: http://www.petitiononline.com/Bennis/petition.html