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Lula par Turcios

Élection présidentielle au Brésil : irréalité du lulisme


par Gianluca Bifolchi , Cani Sciolti, 3 octobre 2006


Traduit de l'italien par Marcel Charbonnier et révisé par Fausto Giudice, membres de Tlaxcala, le réseau
de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l'intégrité et d'en mentionner sources et auteurs.


Gianluca Bifolchi est membre de Tlaxcala.

 

Les pronostics donnant vainqueur dès le premier tour Luiz Inácio Lula da Silva aux élections présidentielles brésiliennes de dimanche passé ont été démentis par le verdict des urnes. Le président sortant a dû se contenter de 48,91% des suffrages, ratant les 51% nécessaire pour être élu dès le premier tour. Il faudra donc procéder à un deuxième tour de scrutin de ballottage dimanche 29 octobre, qui opposera Lula et le social-démocrate Geraldo Alkmin [attention : « social-démocrate », au Brésil, cela qualifie la droite pure et dure !]. Les commentateurs semblent unanimes dans leur explication de cet insuccès partiel au moyen de deux facteurs. En premier lieu, l'arrestation, en pleine campagne électorale, de certains membres du Parti des Travailleurs [PT]surpris à rassembler des dossiers diffamatoires contre l'opposition, ce qui a contribué à cristalliser une image déjà fort compromise du parti de Lula, qui n'est pas novice en matière de scandales. Et, en second lieu, l' hémorragie des votes de gauche au profit de l'ex-ministre de l'Éducation nationale Cristovam Buarque (2,68%), mais aussi et surtout de l'astre naissant de la gauche brésilienne, Heloisa Helena Lima (6,85%), pour laquelle se sont mobilisés trois cent cinquante intellectuels américains et européens, dont Ken Loach et Noam Chomsky. Tant Buarque qu'Helena sont issus du PT : ils en ont été exclus en décembre 2003 pour s'être opposés à la réforme de la Sécurité sociale ainsi qu'à d'autres mesures anti-populaires. Un appel international, signé par plus de mille intellectuels, invitant Lula à établir le dialogue, était resté sans suite.
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