Le rôle du Vatican : les liens obscurs
des militaires avec l' "église noire" de Bergoglio
par HORACIO VERBITSKY, il manifesto, 24 mars 2006.
Original : http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/24-Marzo-2006/art82.html.
Traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio
Ce texte est « l'épilogue » du livre de Horacio Verbitsky,
L'isola del silenzio [L'île du silence], publié en Italie
par Fandango libri, qui est en librairie depuis le 30 mars.
La première édition de ce livre, à
laquelle j'ai travaillé pendant plus de quinze ans, a été
publiée à Buenos Aires en février 2005, quand le
pape Jean Paul II, qui mourut ensuite le 2 avril, était hospitalisé
à Rome. Selon les quotidiens italiens, le cardinal argentin Jorge
Bergoglio fut le seul adversaire sérieux de l'allemand Ratzinger,
qui fut élu le 19 avril et prit le nom de Benedetto XVI. En ces
mêmes jours, exactement, l'Aumônier général
de l'armée, de Buenos Aires, déclara que le ministre argentin
de la santé méritait d'être jeté à
la mer avec une pierre de moulin au cou, pour avoir distribué
des préservatifs et s'être exprimé en faveur de
la dépénalisation de l'avortement. (...)
Quand l'évêque Baseotto attacha la pierre (biblique) de
moulin au cou ministériel, le président Nestor Kirchner
invita le Vatican à désigner un nouveau titulaire pour
le diocèse militaire. Quand le Nonce apostolique communiqua qu'il
n'y avait pas de raison de le faire, le gouvernement révoqua
son assentiment donné à la nomination de Baseotto et le
priva de ses émoluments de Secrétaire d'état pour
avoir revendiqué des méthodes de la dictature. Le Vatican
désavoua et « l'interprétation qu'on a voulu donner
à la citation évangélique », et l'autorité
présidentielle de révoquer la désignation de l'Aumônier
général.
Des motifs de douter que Baseotto ait choisi en toute ingénuité
une citation biblique concernant les personnes jetées en mer,
il y en a en abondance. Son premier acte de Vicaire fut la visite à
la Cour suprême de Justice devant laquelle il soutint la nécessité
de clore les procès relatifs à la sale époque des
militaires contre la société argentine. Son secrétaire
général à l'Aumônerie générale
des armées (le même emploi qu'occupait en 1976 Emilio Grasselli)
est le prêtre Angel Zanchetta, qui fut aumônier de la Esma
(L'Ecole de mécanique de la Marine, à Buenos Aires, d'où
disparurent, torturés et assassinés, plusieurs milliers
de prisonniers, NDT) dans les années de dictature, et dont la
connaissance détaillée de ce qui se passait là
est prouvée. (...) Après avoir lancé une polémique
publique par ses paroles, Baseotto fit référence aux vols
comme un des « faits advenus, d'après ce qu'on dit, pendant
la fameuse dictature militaire ». Aucun membre de l'Episcopat
ne dit mot ensuite sur cette phrase provocatrice, parce que l'Eglise
argentine continua à se retrancher dans son îlot de silence.
Bergoglio répondit au livre à travers son porte-parole
officiel, le père Guillermo Marco. Il déclara avoir sauvé
la vie des prêtres Orlando Yorio et Francisco Jalics et que toute
affirmation contraire constituait une infamie. (...) Pour discréditer
mon enquête, il déclara que Yorio ne pouvait pas réfuter
ce qui était dans le livre parce qu'il était mort, que
ma source concernant Jalics était anonyme et qu'il existait une
photo d'une rencontre amicale entre le prêtre hongrois et Bergoglio
pendant une visite de Jalics à Buenos-Aires. (...) Ni Bergoglio,
ni ses proches, n'ont dit mot sur la preuve irréfutable de duplicité
dont l'accusent Yorio et Jalics. Yorio était encore vivant quand
j'ai publié la première interview dans laquelle il accuse
Bergoglio, en 1999. Loin de me démentir, il m'envoya quelques
lignes intitulées « Merci » et nous restâmes
en contact jusqu'à sa mort. (...) Fils d'un propriétaire
terrien et officier de l'armée hongroise, Jalics dit dans Ejercicios
de Contemplacion que son père mourut empoisonné au siège
de la police politique communiste, mais que sa mère lui apprit
à ne pas haïr, si bien que « j'appris ce que signifie
la réconciliation ».
Dans le récit de sa séquestration il raconte : «
Beaucoup de gens qui avaient des convictions d'extrême-droite
ne voyaient pas d'un bon oeil notre présence dans les bidonvilles.
Ils interprétaient le fait qu'on vivait là comme un appui
à la guérilla et voulurent nous dénoncer comme
terroristes. Nous connaissions la source et le responsable de ces calomnies.
Si bien que j'allai parler avec la personne en question et je lui expliquai
qu'il était en train de jouer avec nos vies. L'homme me promit
de faire savoir tout de suite aux militaires que nous n'étions
pas des terroristes. Par des déclarations faites postérieurement
par un officier et trente documents auxquels j'eu accès par la
suite, nous pûmes vérifier sans l'ombre d'un doute que
cet homme n'avait pas tenu sa promesse et qu'il avait, au contraire,
présenté une fausse dénonciation aux militaires
». Pendant les cinq mois de sa séquestration, sa colère
était plus dirigée contre « l'homme qui avait fait
cette fausse dénonciation contre nous » que contre ses
geôliers.
Cet homme, c'est Bergoglio. Son identité est dévoilée
dans une lettre que Yorio écrit de Rome, le 24 novembre 1977,
à l'assistant général de la Compagnie de Jésus,
le père Moura. Les frères et les neveux de Yorio m'en
donnèrent une copie en signe de gratitude pour la publication
du livre. « Etant donné la persistance des voix sur ma
participation à la guérilla, le père Jalics a de
nouveau affronté la question avec le père Bergoglio. Le
père Bergoglio a reconnu la gravité du fait et s'est engagé
à mettre un frein à ces voix dans la Compagnie et de faire
diligence pour en parler aux personnes des Forces Armées pour
témoigner de notre innocence » dit-il. Mais comme «
le supérieur Provincial ne faisait rien pour nous défendre
nous avons commencé à douter de son honnêteté
». (...) Dans notre échange de lettres, Yorio me fournit
une description de la duplicité de son ex-Provincial, qui coïncide
avec celle qui émane des documents que je découvris des
années plus tard dans les archives du ministère des Affaires
étrangères argentin.
Dans le climat de peur et de délation instauré
à l'intérieur de l'Eglise et de la société,
les prêtres qui travaillaient avec les pauvres « étaient
diabolisés, regardés avec suspicion à l'intérieur
de nos propres institutions et accusés de subvertir l'ordre social
». Dans ce contexte, « ils pouvaient nous concéder
en secret l'autorisation de dire la messe en privé, mais ils
ne nous délivraient pas de l'interdiction et de l'infamie publique
de ne pas pourvoir exercer notre sacerdoce, donnant ainsi aux forces
de répression le prétexte pour nous faire disparaître
». (...) La liberté retrouvée, Jalics voyagea aux
Etats-Unis puis en Allemagne. Malgré la distance, « les
mensonges, les calomnies et les actions injustes ne cessaient pas ».
(...) Nombre de personnes liées à l'Eglise et à
la Compagnie de Jésus me firent parvenir des informations supplémentaires
et confirmatives. L'un d'eux est le prêtre irlandais Patrick Rice,
qui était le supérieur en 1976 de la Communauté
des petits frères en Argentine.
Séquestré vers la fin de cette année là
à Buenos Aires, il fut encagoulé et interrogé sans
trêve ; on lui brûla le visage et les mains à la
cigarette et lui fit ingérer de l'eau et de l'air sous pression
jusqu'aux limites de sa résistance. D'autres prêtres de
sa confraternité sont encore disparus mais Rice réussit
à s'échapper avec l'aide du gouvernement irlandais et
voyagea dans le monde entier pour dénoncer la situation en Argentine.
En 1979, il apprit que Massera, qui avait désormais démissionné
de la Marine et engagé son activité politique, allait
participer à un séminaire organisé à l'Université
de Georgetown, à Washington, par deux universitaires qui ont
joué ensuite des rôles de premier plan dans le gouvernement
de Reagan : Jeanne Kirkpatrick et Eliot Abrahmas. Pendant que Massera
tenait sa lectio magistralis, Rice et un prêtre nord-américain
l'interrompirent par des questions sur la répression d'évêques,
soeurs, prêtres et laïcs chrétiens. Massera n'arriva
plus à continuer et quitta l'amphitréâtre.
Trente ans après, la dictature militaire
a laissé sa marque
Le coup d'Etat militaire du 24 mars 1976 en Argentine, qui a porté
au pouvoir le général Jorge Videla, a non seulement instauré
la dictature la plus féroce de l'histoire de ce pays, mais il
l'a aussi profondément changé et laissé des traces
encore très visibles trente ans après.Pourtant, au petit
matin du 24 mars 1976, bien peu d'Argentins s'opposent au renversement
par les militaires de la présidente Isabel Martinez de Peron.
Le pays est alors en proie à une profonde crise économique
et au désordre engendré par les multiples attentats perpétrés
par la guérilla et les crimes commis en représailles par
des paramilitaires d'extrême droite.
Dans un pays où le pouvoir a souvent été occupé
par les militaires, l'arrivée du général Jorge
Videla, de l'amiral Emilio Massera et de quelques autres officiers est
alors plutôt bien accueillie. "Personne n'a levé le
petit doigt", a rappelé cette semaine le journal Ambito
Financiero dans l'introduction d'un numéro spécial consacré
au 30e anniversaire du coup d'Etat militaire.
Sept ans plus tard, avec le retour de la démocratie, les Argentins
découvrent ou redécouvrent le bilan tragique de ce coup
d'Etat: 30.000 "disparus", pour la plupart torturés
et assassinés, 500 bébés "enlevés"
à leurs parents emprisonnés et confiés à
des familles d'adoption souvent proches des militaires, une économie
en ruines et une défaite cuisante après une guerre éclair
contre la Grande-Bretagne à propos des îles Falkland, deux
îlots britanniques perdus dans l'Atlantique sud revendiqués
par l'Argentine. Encore faut-il y ajouter l'exil de milliers d'intellectuels
ou la censure de centaines de livres et d'écrits de toute sorte
jusqu'à l'absurde. Les militaires argentins ont ainsi mis à
l'index "Le petit prince" d'Antoine Saint-Exupéry,
coupable de "fantaisie illimitée".
L'Argentine a renoué avec la démocratie en 1983 mais ces
années de terreur ne se laissent pas facilement oublier. Chaque
année, des ossements réapparaissent et le voile se lève
enfin pour une famille de "disparus". Chaque année,
aussi des jeunes gens vivent une véritable tragédie en
retrouvant une identité à laquelle ils n'aspiraient même
pas. Des 500 bébés arrachés à leurs parents
par la dictature, 82 ont été indentifiés, essentiellement
grace au travail inlassable des Grand-Mères de la Place de Mai.
Et c'est à chaque fois un déchirement pour ces jeunes
gens, âgés pour la plupart d'une trentaine d'années,
de découvrir que leurs "parents" ont parfois été
complices des tortionnaires ayant assassiné un père et
une mère qu'ils n'ont jamais connus.
L'impunité dont ont bénéficié pendant des
années des centaines de militaires ou policiers accusés
d'atteintes aux droits de l'homme est un autre héritage de la
dictature. "L'impunité a davantage rendu malade notre société
que la dictature. Celle-ci a imposé la peur mais l'impunité
l'a renforcée pendant des années", explique Adriana
Calvo, arrêtée enceinte en 1977, et qui a eu la chance
d'être relâchée quelques mois plus tard en gardant
auprès d'elle sa fille née en détention.
Les principaux chefs militaires, dont le général Videla,
ont été condamnés dès 1985. Mais ils ont
été graciés cinq ans plus tard par l'ex-président
Carlos Menem. Plus grave pour les familles des victimes, l'armée
a obtenu en 1986 et 87 le vote de deux lois d'amnistie, dites loi du
"point final" et de "l'obéissance obligatoire"
permettant à des centaines de militaires et policiers d'échapper
à la justice. Il faudra attendre 2003 pour que ces lois soient
annulées, et la confirmation en 2005 de la validité de
cette annulation par la Cour suprême pour que la justice se mette
à nouveau au travail.
Entre-temps, le temps a fait son oeuvre et nombre de tortionnaires sont
morts ou séniles, à l'instar de l'amiral Massera, plongé
depuis 2003 dans un état végétatif. D'autres attendent
leur procès, comme le capitaine Alfredo Astiz, "l'ange blond
de la mort", déjà condamné en France par contumace
à la prison à vie pour l'enlèvement et le meurtre
de deux religieuses françaises.
Source : AFP, 24 mars 2006
Ouverture des archives sur la dictature militaire
Le gouvernement argentin vient d'ordonner l'ouverture de toutes les
archives secrètes des forces armées. Les organisations
des droits de l'homme espèrent, au vue de ces archives, avoir
des éclaircissements sur les crimes commis par la dictature militaire
(1976-1983).
L'ouverture de ces archives pourra fournir des preuves contre des dizaines
de militaires et de politiques impliqués dans la « sale
guerre ». Selon la ministre de la Défense, Nilda Garré,
toutes les informations susceptibles d'aider aux enquêtes sur
les violations massives des droits de l'Homme commises dans ces années-là,
seront déclassifiées.
La décision de la ministre a été prise deux jours
avant le trentième anniversaire du coup d'Etat du général
Jorge Videla contre la présidente Isabel Martínez de Perón.
Selon les organisations des droits de l'Homme, le régime sanguinaire
des généraux a fait disparaître plus de 30 000 Argentins.
Videla, qui a dirigé la junte pendant les cinq premières
années de la dictature, a été condamné en
1985 à la prison à vie, avant d'être gracié,
cinq ans plus tard, par le président Carlos Menem.
En 1998, Videla sera de nouveau arrêté pour cause d'enlèvement
d'enfants pendant son régime. Depuis, il se trouve en résidence
surveillée. Désormais, les anciens membres de la junte
ne sont pas à l'abri de poursuites. Le président actuel,
Nestor Kirchner, avait abrogé les lois d'amnistie qui les avaient
protégés pendant des années.
Source : De Volkskrant, 23 mars 2006. Traduit du néerlandais
pour Quibla par KAJU
Nora Cortiñas, présidente des
Mères de la Place de Mai : «Un système qui a commencé
en Indochine et en Algérie »
A 30 ans de la dictature militaire en Argentine, qui a provoqué
la disparition de 30 000 personnes, les organismes de droits humains
continuent leur action en quête de la vérité et
de la justice. Leur existence se justifie de façon paradoxale
puisqu’ils ont pour tâche de faire appliquer la loi par
celui qui devrait en être le garant : l’État. Les
organismes de droits humains en Argentine sont profondément conscients
du rôle politique qu’ils ont dans cette étape de
l’histoire. Leurs revendications ne se limitent d’ailleurs
pas à la politique des droits humains : il sont aussi le relais
d’autres luttes.
Les Mères de la Place de Mai représentent de façon
exemplaire cet acteur social que sont les organismes de droits humains.
Marin Burgos, notre correspondant, s’est entretenu pour le compte
de Dial avec la présidente, Nora Cortiñas, dont nous publions
ci-dessous les propos.
Nora, quelles ont été les causes du terrorisme d’Etat
imposé par la dictature de 1976-1983?
Le terrorisme d’Etat a eu l’intention d’imposer, à
feu et à sang, des politiques économiques néolibérales.
Ce travail s’est fait en concertation avec l’Operation Condor
qui s’est déroulée sur un territoire recouvrant
la Bolivie, le Paraguay, l’Uruguay, le Brésil, l’Argentine
et le Chili. Le travail effectué dans le cadre de l’opération
Condor a consisté à persécuter des exilés
dans toute la région, à échanger des prisonniers
entre les dictatures de ces pays et, une fois rapatriés, à
les enfermer dans des camps de concentration, à torturer et à
assassiner dans le but d’annihiler un mouvement social et politique
qui proposait un autre projet de société.
Comment naît le mouvement des Mères de la Place de Mai
?
Les Mères sont nées comme une forme de résistance
au terrorisme d’Etat et à sa pratique répressive
- la disparition de personnes - qui consistait à priver la personne
de tous ses droits et de son identité. Une fois entrée
dans le camps de concentration, la personne devenait un numéro,
on lui faisait subir les pires tortures, on l’assassinait et essayait
de faire disparaître son corps pour toujours. Ce système,
qui a commencé en Indochine et en Algérie, a été
importé en Amérique latine, et s’est trouvé
renforcé par les méthodes enseignées aux militaires
du tiers-monde dans l’Ecole des Amériques par les militaires
nord-américains. Nous les Mères avons commencés
à rechercher nos fils, nos filles et nos neveux disparus, à
réclamer pour eux et, à force de nous rencontrer dans
les salles d’attente des édifices publics (tribunaux, prisons,
hôpitaux, régiments), nous nous sommes organisées.
Le 30 avril 1977, nous nous réunissons pour la première
fois sur la Place de Mai. Nous formions un groupe de 14 Mères
qui est allé en grandissant. A la fin de l’année
1977, 3 Mères de la Place de Mai et 2 Soeurs françaises
disparaissent dans une opération menée dans le but de
casser le mouvement. Mais nous sommes devenues plus fortes encore depuis
ces évènements.
Vous aviez l’espoir de retrouver vos fils avec le retour de la
démocratie en 1983 ?
Oui, nous avons cru les promesses qu’avait faites Alfonsin dans
sa campagne électorale, selon lesquelles son gouvernement allait
retrouver les disparus et ouvrir les prisons et les archives du régime
militaire. Mais rien de tout cela n’est arrivé. Nous avons
dû nous contenter d’une Commission de recherche sur les
personnes disparues (la CONADEP) - qui fut limitée -, et du jugement
des dictateurs dont les condamnations ne furent pas à la hauteur
des crimes commis. Le sentiment d’impunité s’est
confirmé avec les lois d’amnistie votées par Alfonsin
en 1986/87 et les décrets de Menem de 1990/91.
Vous avez changé vos objectifs et vos méthodes face aux
politiques de droits humains adoptées par les gouvernements démocratiques
?
Nous avons continué la lutte pour nos fils disparus, mais nous
avons aussi élargi nos revendications car nous pensons que la
défense des droits humains doit être intégrale.
Aussi, nous appuyons et travaillons avec les mouvements sociaux en faveur
de l’ éducation publique, la santé publique, le
travail, l’habitat, la terre, et le respect pour l’égalité
entre races et sexes. Dans un premier temps, notre revendication se
limitait à savoir où étaient nos fils et neveux
disparus, mais peu à peu, nous avons compris que nous devions
aller plus loin car tout se tient.
Quelle opinion avez-vous de la politique des droits humains que mène
le président Kirchner depuis 2003 ?
La politique des droits humains de Kirchner nous a ouvert beaucoup de
voies, là où les autres gouvernements démocratiques
avaient mis des obstacles. Le positif est l’abolition des lois
d’amnistie - que nous appelons les « lois d’impunité
» -, le changement de la Cour suprême de Justice, et quelques
actions symboliques auxquelles nous tenons. Ce sont des pas importants
qui vont dans la direction de la recherche de la vérité
et de la justice pour laquelle nous luttons depuis 30 ans. Mais en ce
qui concerne les rêves et les luttes de nos filles et nos fils,
nous sommes loin d’y parvenir, et nous vivons encore sous la domination
de l’économie néolibérale, la faim, la pauvreté,
le logement précaire, l’expropriation des terres des indigènes
en faveur des entreprises multinationales. Il faut revenir sur les privatisations,
il ne faut pas payer la dette extérieure car elle est due à
la spéculation de quelques grands groupes économiques
et nous l’avons déjà payée plusieurs fois.
Le gouvernement doit être attentif à la militarisation
et aux traités de libre-échange qui mettent en danger
le continent, et surtout, il doit écouter le peuple qui continue
à vivre dans une situation limite.
Source : http://www.dial-infos.org/01_com/html01_com/cadre.html
L'Argentine, 30 ans après
30 ans après le coup d'État du 24 mars 1976, qui instaura
un régime de dictature militaire pendant sept ans, où
en est l'Argentine ? Nous vous proposons un voyage dans une Argentine
inconnue, en commençant par un dissident atypique, Adrián
Salbuchi. Il va sans dire que Quibla ne partage pas forcément
toutes les opinions émises par l'intéressé mais
nous croyons fermement à la liberté d'_expression et au
pluralisme.
I- Adrián Salbuchi, un dissident atypique
Dossier présenté et traduit par Leyla Chávez, mars
2006
Adrián Salbuchi est un intellectuel critique, qui anime la réflexion
du Mouvement National Argentin pour une Deuxième République.
Quibla a déjà publié sa réflexion sur le
rôle de l'Argentine dans la préparation psychologique à
l'attaque de l'Iran : consolider la thèse du terrorisme musulman,
(El Traductor grafico, n°26, 30 juin 2005-12-29 <quibla.net/protocoles2006/etatarayer2.htm>)
1-
Adrián Salbuchi par lui-même
2 - Le Projet National Argentin du MSRA, pour une « Seconde République
»
3 - La falsification de l'histoire comme instrument de domination, par
Adrián Salbuchi.
1 - Adrián Salbuchi par
lui-même
Adrián Salbuchi (à
g.) s'entretient avec le député Mario Cafiero sur
la dette extérieure argentine (photo El Traductor gráfico)
|
(Réponses aux questions de Quibla, par
courrier électronique)
Adrián Salbuchi, argentin, a 52 ans; chercheur,
journaliste et conférencier, il est l'auteur de nombreux ouvrages,
dont El Cerebro del Mundo: la cara oculta de la globalización,
2003 (Le cerveau du monde : la face cachée de la globalisation).
Il a fondé dans la ville de Córdoba (Argentine) le MSRA
en 2002, au plus fort de la crise financière, économique
et sociale (les banques refusaient de rendre leurs économies
aux particuliers). Le MSRA a un programme de radio, « El Traductor»
<www.eltraductorradial.com.ar >; il considère que le temps
est venu de refonder la république argentine sur de nouvelles
bases, seule solution pour sortir le pays de l'ornière de la
vassalisation ; c'est comparable à l'élaboration de la
cinquième république par De Gaulle, à l'issue d'une
longue crise institutionnelle ; la nouvelle capitale sera la ville de
Córdoba (centre industriel au c¦ur du pays, à la
différence de Buenos Aires, ville d'affaires et d'affairistes).
Ce mouvement n'a pas de rapport avec les mouvements d'opposition existants,
tel que celui des chômeurs « piqueteros », ou celui
des Mères de la Place de mai. Les partis politiques de gauche
et de droite n'ont pas de projet national précis, même
des personnages comme Elisa Carrió ou Luis Zamora manquent cruellement
de perspective d'envergure. Le MSRA n'a donc aucun accord à gauche,
et encore moins dans la droite libérale (Carlos Menem, Macri
etc), mais il collabore avec l'ex-député Mario Cafiero
aux enquêtes en cours sur la dette externe frauduleuse. Le MSRA
a entrepris deux actions en justice contre le président Kirchner
et son équipe : l'une, en date du 5 mai 2004, concerne le détournement
de fonds de la province de Santa Cruz, dont Nestor Kirchner était
le gouverneur jusqu'à son élection inattendue à
la présidence, en 2003 ; l'autre, du 20 décembre 2005,
accuse le même personnage d'association illicite.
Le rôle de l'Argentine dans la stratégie sioniste : Le
MSRA considère que l'Argentine est un pays totalement contrôlé
par le sionisme international depuis au moins trente ans. C'est depuis
l'origine que le sionisme vise à prendre le contrôle de
la Patagonie. Dans son livre L'État des juifs, Theodor Herzl
a un chapitre intitulé « Palestine ou Argentine »
(voir la 4ème édition de l'ouvrage de Adrián Salbuchi
El cerebro del mundo : la cara oculta de la globalización «
Le cerveau du monde : la face cachée de la globalisation »).
En 1992 et 1994, on a voulu accuser l'Iran d'avoir organisé deux
attentats contre les intérêts israéliens, étape
préparatoire au projet d'attaque militaire actuel. Or il s'agissait
d'auto-attentats qui s'expliquent dans la logique des luttes internes
entre faucons et colombes sionistes. En effet l'Argentine a une population
juive très importante, et une bonne partie de celle-ci se comporte
en cinquième colonne, dans notre pays. Les médias, la
banque, le commerce et la vie culturelle (ou ce qui en tient lieu) sont
totalement confisqués par le sionisme et ses valets.
Le projet en cours consiste à instaurer un second État
hébreu en Patagonie (le sud argentin et chilien, très
peu peuplé, au climat tempéré, aux terres agricoles
riches, et au sous-sol encore plus riche) : l'État théocratique
resterait en Terre Sainte, mais l'État pratique, où ils
pourraient vivre « en paix », serait la Nai
Judah, "la Nouvelle Terre Promise", comme disent les Chiliens.
L'idée est subrepticement introduite par les chambres de commerce
la presse nationale et aux États-Unis : pour résoudre
le problème de son endettement et de son insolvabilité,
l'Argentine peut offrir ses terres, et pourquoi pas une sécession
; on encourage même les habitants natifs de la Patagonie à
partir, pour fuirŠ la crise !
Le 27 août 2002, le New York Times publiait un article en ce sens.
Tout cela est orchestré: Le quotidien La Nación a publié
le 3 juillet 2005 un article intitulé « Eduardo Elstain,
el dueño de la tierra » étalant les titres de celui
qui est à proprement parler le plus grand propriétaire
du pays : Eduardo Elstain est un proche d'Edgar Bronfman, président
du Congrès juif mondial (World Jewish Congress), dont il est
le trésorier. Il a introduit dans les années 1990 George
Soros en Argentine, qui en a retiré $500 millions de bénéfices,
alors que le président Menem plongeait le pays dans la misère
(et Soros tient toutes les grandes surfaces, les « shoppins »
qui, comme dans toute l'Amérique latine, sont des structures
de luxe contribuant à tuer les cultures nationales et à
ruiner la production et le commerce local).
Nous constatons déjà la « palestinisation de l'Argentine
», qui déboucherait sur des conflits et des souffrances
immenses pour notre population, avec le sacrifice massif d'innocents,
comme en Palestine.
Il se trouve que Eduardo Elsztain est président de la Fondation
Endeavor. Il est aussi président de l'entreprise immobilière
familiale fondée en 1943 cotée en bourse à New
York ; il est également trésorier du Conseil des entrepreneurs
argentins et membre du Groupe des Cinquante (présidé à
New York par Moisés Naim et Jessica Matthews), de la fondation
Novum Millenium et du World Economic Forum.
IRSA (la firme qui fédère
les centres commerciaux, créée par George Soros, et actuellement
sous le contrôle direct d'Elsztain) contrôle aussi le Banco
Hipotecario, responsable de la faillite de l'État argentin en
décembre 2001. Elsztain a fondé en outre le Dolphin Fund
Management en 1990 (lié aux banques vers lesquelles Kirchner
a détourné les fonds de la province de Santa Cruz), et
participe aux réunions ultra-secrètes de la Commission
Trilatérale, débouchant sur les forums de Davos.
Officiellement
adopté en 1816, le drapeau argentin fut
conçu quelques années auparavant par le Général
Manuel Belgrano en référence à la cocarde
blanche et bleue arborée par les opposants au régime
colonial espagnol. Une anecdote révèle que le le
général Belgrano aurait été inspiré
en observant le ciel sur les rives du Parana.
Le "Soleil de Mai" placé au centre du drapeau
officiel se rapporte à la nouvelle ère de liberté
et rappelle le 25 mai 1810, date de déclaration de la guerre
de libération nationale qui mena l'Argentine à l'indépendance
: l'apparition du soleil sur la place de Buenos Aires y aurait
été perçue par la foule comme un heureux
présage.
Le
drapeau d'Israël a été inventé
par Morris Harris, un juif lituanien émigré à
New York et adopté par le second congrès sioniste
de 1898 en Suisse, puis par l'État d'Israël en 1948.
Ses couleurs reprennent celles des tallits, les châles de
prière juifs.
« J'aime beaucoup ce garçon, Lula,
même si les médias disent qu'il est de gauche et
moi je suis de droite », a dit hier Bush à Kirchner.
«Ne vous en faites pas, moi, je n'ai pas ce genre de problèmes,
parce que je suis péroniste et que je peux donc m'entendre
avec vous deux », a été la réponse
du président arnetin. «Bien sûr, vous êtes
du centre », a conclu Bush.
Clarin, Buenos Aires, 24 juillet 2003
|
Voyez le nouvel emblème national chilien,
défendu par l'ex président Lagos : il dessine une étoile
à six branches. Et ce n'est pas par hasard que l'État
d'Israël a adopté comme drapeau les couleurs de l'Argentine,
avec la même disposition.
Le MSRA et la révolution bolivarienne du Venezuela : Le président
Hugo Chavez a pris connaissance de nos travaux, dont il y a des éditions
vénézuéliennes. Mais son entourage ne lui permet
pas d'avoir une vision exacte de l'Argentine. Autant sa position est
courageuse, envers Saddam Hussein, à qui il a rendu visite en
2002, et avec Ahmadinejad en Iran, autant il est capable de chanter
les louanges de Kirchner quand il vient ici, alors que Kirchner est
parfaitement fonctionnel, pour le système du Nouvel Ordre Mondial.
II Le Projet National Argentin du MSRA, pour une
« Seconde République » (www.msra.com.ar )
Constat de départ : l'Argentine est gouvernée par un «
trust partitocratique » depuis des dizaines d'années, qui
s'aligne sans failles sur les structures du pouvoir du Nouvel Ordre
Mondial, mettant de la sorte l'Argentine à genoux. Il s'agit
donc pour la population de reprendre le pouvoir ( politique, économique,
financier, médiatique, militaire) pour faire valoir ses droits,
sans se perdre en débats sur des sujets secondaires.
Les 5 points non négociables :
1. Restaurer l'État-nation souverain, pour mettre en ¦uvre
le bien commun, dans une perspective géopolitique nationale et
régionale ; il s'agit de défendre l'intérêt
national face à des forces extérieures agressives et à
des relais internes antinationaux, en sachant prévoir les occasions
favorables qui se présenteront, autant que les menaces, à
déjouer. Ceci requiert intégration et planification.
2. Restaurer la monnaie souveraine, avec ses trois fonctions essentielles
: mesure de valeur (servant à fixer les prix), devant offrir
la plus grande stabilité. Outil d'échange, qui doit être
admis sur le maximum de marchés. Outil d'épargne, stable
et non générateur d'intérêts usuraires, capable
de susciter la confiance. Instrument de crédit permettant à
l'État de reconstruire les infrastructures stratégique
et sociale, en évitant l'endettement interne et externe de l'État.
Tout ceci entraîne la réforme intégrale du système
financier et bancaire.
3. Renégocier de la dette publique externe et interne, qui représente
le principal instrument de domination sur l'Argentine. Honorer les dettes
honorables ; mener des enquêtes sur celles qui sont douteuses
; rejeter les dettes frauduleuses. Certaines dettes contractées
entre 1990 et 2003 avec l'approbation des présidents successifs
méritent d'être qualifiées juridiquement de «
dettes odieuses ».
4. Respecter les institutions républicaines ; d'abord en s'appuyant
sur un pouvoir judiciaire authentiquement indépendant ; ensuite
proposer une réforme constitutionnelle et l'harmonisation des
lois et directives émises par les différentes instances
locales et spécialisées.
5. Restaurer les valeurs éthiques : « Le bien commun est
toujours au-dessus des égoïsmes individuels ». Ceci
implique la hiérarchie suivante :
Les finances se subordonnent à l'économie, qu'elles doivent
servir ;
L'économie se subordonne à la politique : la liberté
des activités économiques a pour limite l'intérêt
national.
La politique se subordonne à la culture. Il s'agit de respecter
et de faire respecter les valeurs et traditions du peuple argentin.
La culture se subordonne à ce qui est transcendant. Tout en respectant
le pluralisme religieux, le MSRA assume la tradition chrétienne
et « invoque la protection de Dieu, source de toute raison et
justice ».
III La falsification de l'histoire comme instrument
de domination
Par Adrián Salbuchi
Source : http://www.eltraductorradial.com.ar/index%20ETR-masarticulos.htm.
At this same URL you will find the english translation as Microsoft
Document.
"Celui qui contrôle le passé contrôle
le présent; celui qui contrôle le présent contrôle
le futur ». George Orwell, 1984.
« L'histoire n'est pas simplement du «
passé ». C'est la forme que prennent les angoisses et les
combats du présent. Voilà pourquoi face à une même
histoire il existe et il doit exister différentes interprétations
historiographiques.. La tâche du penseur consiste à analyser
les connexions entre les phénomènes de nature historique
et sociaux. Il faut se préserver des critiques de ceux qui veulent
désigner « le mal absolu » au nom du « bien
absolu » ».
Norberto Ceresole, La falsificación de la realidad. (Buenos Aires,
1998)
"La seule vérité, c'est la réalité"
(Juan Domingo Perón).
Pour un peuple, connaître son passé son
histoire- est aussi important que pour un individu le fait de connaître
ses origines, d'où il vient et quelles sont ses racines, c'est
à dire qui il est. La personne qui souffre d'amnésie est
désarmée face à la volonté d'autrui et court
le risque de se voir mener en bateau par n'importe quel escroc qui se
fait passer pour son « ami », son « frère »
ou son « parent » pour profiter d'elle.
Ce qui arrive à ces individus peut arriver aussi
aux peuples s'ils oublient, confondent ou ignorent le passé ;
avec les technologies modernes, cela peut même arriver au monde
entier.
De nos jours, des groupes compacts très puissants
disposent des moyens suffisants pour contrôler littéralement
notre vision du passé l'histoire- et du présent,
faisant ainsi dérailler la réalité qui se trouve
remplacée par une espèce de réalité virtuelle,
alignée sur leurs intérêts à eux, et leurs
objectifs, bien souvent inavouables.
« L'INDUSTRIE DE L'HOLOCAUSTE »
Sous ce titre insinuant, l'historien usaméricain
Norman Finkelstein, professeur de théorie politique à
la City University de New York, Hunter College, a publié en 2000
un livre très polémique : L'industrie de l'holocauste,
réflexions sur l'exploitation de la souffrance juive (traduction
française : éd. La Fabrique) où il critique les
puissants motifs financiers et géopolitiques de ceux qui font
la promotion hyperbolique de ce qu'on appelle l' « Holocauste
» afin d'extorquer des sommes gigantesques, pour le compte de
l'État d'Israël, à un ensemble de « victimes
solvables » : banques suisses, gouvernements usaméricain
et allemand, grandes entreprises allemandes et d'autres victimes présentes
et à venir.
Finkelstein définit Israël comme un État
terroriste, expansionniste et hautement dangereux non seulement pour
la paix au Proche Orient mais du monde entier, spécialement si
l'on tient compte de son énorme capacité nucléaire
grâce aux armes de destruction atomique que lui ont cédées
depuis des dizaines d'années, en toute obéissance, les
USA et la France.
Norman Finkelstein s'insère dans le courant
de pensée de son ami et mentor Noam Chomsky, et ils ont attiré
sur eux les foudres de la puissante machinerie du sionisme international,
en qualifiant ses principales organisations et ses opérateurs
comme des gangs et des voyous ; il qualifie le propagateur de l'Holocauste
Elie Wiesel comme le « clown résident », et les exigences
sionistes envers l'Allemagne, à titre de réparations monétaires
gigantesques, comme un chantage éhonté.
Ce qui est intéressant, c'est que Finkelstein
s'insère dans un ensemble d'historiens, de journalistes, d'intellectuels
et de représentants de secteurs considérables, à
l'échelle du monde entier, qui n'acceptent pas passivement le
dogme de l'holocauste en provenance des centres de pouvoir essentiellement
privé du Nouvel Ordre Mondial, et qui se trouvent à New
York, Londres, Paris et Jérusalem, parmi d'autres grandes villes.
Il s'agit d'un vaste secteur de gens intellectuellement indépendants,
qui considèrent que cette authentique « industrie de l'Holocauste
» sert non seulement à détourner des fonds publics
et privés dans le monde entier, mais aussi à justifier
le génocide que commet l'État d'Israël contre le
peuple palestinien captif, et d'autres futures agressions en différents
points du globe où, quand même, certains commencent à
ouvrir les yeux.
TERRORISME INTELLECTUEL
Dans le monde développé actuel, pourtant
si libéral, il règne un authentique terrorisme intellectuel
qui interdit dans certains pays sous peine de prison qu'on fasse des
recherches ou que l'on diffuse la moindre opinion ou enquête débouchant
sur une mise en question de la véracité du dogme de l'Holocauste.
Ainsi, ont été poursuivis des historiens comme le Français
Robert Faurisson, Ernst Zündel le chercheur allemand, actuellement
emprisonné, et tout récemment le prestigieux historien
anglais David Irving qui a été arrêté en
Autriche pour une affaire datant de 1989 : il avait prononcé
une conférence où il mettait en doute le chiffre officiel
de six millions de juifs assassinés dans les camps de concentration
allemands durant la Deuxième guerre mondiale, en soutenant, comme
bien d'autres chercheurs, qu'au-delà de la persécution
des juifs dans l'Allemagne national-socialiste, il n'y a pas de support
sérieux pour ce chiffre effrayant de 6 millions.
Ce même chiffre, emblématique et cabalistique,
est tenu pour acceptable de nos jours, non pour avoir été
étayé par des recherches historiques solides, mais parce
qu'il a été répété et dramatisé
à l'envi, au moyen de films documentaires de propagande, de livres,
de romans, de monuments, de cérémonies et de réunions
mémorielles, et de bien d'autres entreprises à effet psychologique
collectif tendant à imposer un chiffre sans la moindre base rigoureuse
comme une réalité. L'un des instruments de guerre psychologiques
utilisés pour ce faire est l'Anti Defamation League (ADL, www.adl.org),
l'une des organisations de choc chargées d'exercer des pressions
de toute nature contre ceux qui pourraient remettre en question le Mythe
de l'Holocauste, n'importe où dans le monde. Au moyen d'une méthodologie
agressive, abondamment financée et largement couverte par les
multimédias monopolistiques mondiaux, l'ADL exerce une sorte
de terrorisme intellectuel qui tend à faire taire toute critique
contre le sionisme, ses objectifs mondiaux et ses opérateurs,
en brandissant à tout bout de champ, de façon hystérique,
l'accusation d'antisémitisme contre ceux qui prétendraient
promouvoir une étude sérieuse de ces questions fondamentales,
ou remettre en question les politiques israéliennes, en établissant
l'équivalence entre antisémitisme et antisionisme. Il
faut savoir que l'ADL opère en liaison étroite avec la
loge maçonnique juive très influente, et très fermée,
le B'Nai B'Rith.
POUR PARLER CRUMENT
C'est dans ce cadre qu'il nous semble nécessaire
de situer les pertinentes déclarations du président iranien,
Mahmoud Ahmadinejad, formulées à la Mecque, en Arabie
Saoudite, lorsqu'il a exprimé des doutes sur la véracité
de l'histoire officielle autour de l'Holocauste juif, et qu'il a suggéré
que l'Israël devrait être transplanté en Europe.
Ceci a suscité immédiatement le rejet
des très puissantes organisations sionistes mondiales, ainsi
que des gouvernements et médias qui sont sous leur contrôle,
qu'il s'agisse des USA, du Royaume Uni, de l'Allemagne, de l'Autriche
et naturellement, d'Israël.
Et pourtant, et malgré la mauvaise image dont sont gratifiés
aujourd'hui l'Iran et son gouvernement dans les médias occidentaux,
la logique d'Ahmadinejad est historiquement impeccable. Entre autres
choses, le président a signalé que : « certains
pays insistent pour dire que Hitler a tué des millions de juifs
innocents dans une chaudière, et ils insistent tellement sur
ce point qu'il suffit qu'une personne le conteste pour être envoyée
en prison ».
Il ajoute que même si l'affirmation que nous contestons est exacte,
en quoi le massacre d'innocents par Hitler justifierait-il un soutien
aux occupants de Jérusalem ? Maintenant qu'ils admettent que
les juifs ont été opprimés, pourquoi les Palestiniens
musulmans devraient-ils en payer le prix ? Puisque ce sont les Européens
qui ont persécuté les juifs, qu'ils offrent donc un bout
de terrain au régime sioniste pour qu'il y installe le gouvernement
auquel il tient tellement. Nous le soutiendrons, a ajouté le
président iranien. « Que l'Allemagne et l'Autriche donnent
deux ou trois de leurs provinces au régime sioniste, et le problème
sera réglé à la racine ».
Ahmadinejad est de toute évidence en train de
renverser le pot aux roses, comme on a pu le constater par la série
des réactions hystériques des « démocraties
occidentales », à commencer par celle de la toute nouvelle
chancelière Angela Merkel, qui a jugé totalement inacceptables
ces déclarations iraniennes.
De notre côté nous posons la question
: Pourquoi ce rejet germanique ? La logique voudrait même que
ce soit la Bavière historique qui soit le pays préposé
à ce rôle de pays d'accueil pour les juifs.
Ursula Plassnik, ministre des affaires étrangères
autrichienne a renchéri : « Il est hors de question de
mettre en doute le droit à l'existence d'Israël »
tandis que Raanan Gissin, porte- parole d'Ariel Sharon, a exprimé
son inquiétude, devant le « consensus qui existe dans de
nombreux cercles du monde arabe, sur le fait que le juifs n'ont pas
le droit d'établir un État juif démocratique sur
leur patrie ancestrale ».
Nous ajouterons que ce n'est pas seulement dans le
monde arabe qu'on conteste le droit à usurper des terres étrangères,
mais que sur notre continent et en Argentine, nombreuses sont les personnes
qui soutiennent exactement ce point de vue. Gissin a insisté,
face au président iranien : « Nous les juifs sommes ici
depuis bien plus longtemps que vos ancêtres », et il a «
remercié Dieu de nous avoir donné la capacité de
dissuader préventivement toute application pratique dérivée
de semblables déclarations ».
La position israélienne est très intéressante.
Si tous les peuples et toutes les ethnies du monde se mettaient à
réclamer des terres qui selon leurs livres sacrés et leurs
traditions culturelles, religieuses et ethnico-raciales leur reviennent
parce que « nos ancêtres étaient là avant
», cela donnerait lieu à de grands bouleversements dans
le monde entier. Les Usaméricains devraient se retirer de tout
leur territoire pour le rendre aux nations Sioux, Chinook, Tonkawa,
Wichita, Utah, Apache, Delaware, Algonquin, Iwa, Cheyenne, Mojave, Mohawk,
Choctaw, Iroquoise, Miami, Omaha et bien d'autres tribus aborigènes,
dont les terres ont été confisquées par le gouvernement
au long de quatre siècles d'invasions et de génocides.
Ces tribus étaient arrivées là bien avant les conquérants
anglais, hollandais, espagnols, portugais, allemands, et les immigrants
juifs, qui ont ensemble fini par fonder l'empire vorace connu aujourd'hui
comme USAd'Amérique du Nord.
Et nous les Argentins, au moins nous qui sommes d'origine
italienne, espagnole, saxonne et membres de la communauté juive,
nous devrions commencer à faire nos valises pour nous retirer
des provinces usurpées il y a à peine deux siècles,
volées aux tribus Ranquel, Pampa, Mapuches, Cmechigones, Guaranik,
Tobas, Selcnam, Aymara, Quilmes, Guayaqui et bien d'autres.
Pour ce qui est de la possibilité de rejet concret
d'Israël par les pays arabes, évoquée par Ariel Sharon,
les forces du sionisme juif sont tout à fait capables d'exercer
la dissuasion préventive, dans la mesure où elles sont
déjà parvenues s'emparer du gouvernement des USA pour
en faire un instrument docile et soumis à leurs propres intérêts
géopolitiques mondiaux, à l'inspiration clairement messianique
et raciste. Ce processus complexe et insolite, de hold-up sur l'État
étasunien a un nom bien précis : c'est le « Project
for a New American Century » (www.newamericancentury.org).
EN QUOI TOUT CELA NOUS REGARDE-T-IL ?
Chaque fois que notre presse infantilisée informe
sur ces sujets, elle le fait hors contexte, généralement
de façon incomplète, toujours de façon biaisée,
conséquence logique de son alignement sur la vision globale imposée
par les maîtres du Nouvel Ordre Mondial, en clair, alignée
sur les intérêts du sionisme international, dévotement.
Ainsi, on a pu lire dans le quotidien Clarin de Buenos
Aires, le 10 décembre 2005, que les déclarations du président
iranien « expriment un sentiment antisémite, intolérant,
belliqueux et antidémocratique », parce que c'est ce qu'ont
déclaré dans un communiqué commun AMIA (Association
Mutualiste Israël Argentine), DAIA (Direction Amitié Israël
Argentine) et l'Organisation Sioniste Argentine, qui ont exigé
du président Kirchner qu'il se joigne à la « condamnation
du président iranien pour ses paroles », et Kirchner s'y
est plié. Le même article brandit à nouveau la «
menace nucléaire » que représente l'Iran (en cachant
que le véritable danger nucléaire actuel est représenté
par les USA, Israël et le Royaume Uni) et formule même une
menace cousue de fil blanc contre l'Iran en rappelant qu'Israël
« a bombardé le réacteur atomique iraquien Osirak,
à 17 km de Bagdad, en 1981 », sans que les Nations Unies
aient songé à condamner Israël pour cette violation
flagrante de la souveraineté iraquienne.
Les pressions sionistes sur la République argentine
viennent de loin. En 1896, le fondateur Theodor Herzl proposait de fonder
l'État israélite en territoire argentin, en échange
d'une compensation financière ; et nous nous demandons : cela
ne cadrerait-il pas parfaitement avec les opérations de reconversion
de la dette en investissements fonciers ?
Aujourd'hui, ces pressions ont abouti à une
détérioration des relations diplomatiques entre l'Argentine
et l'Iran, qui a coûté à notre pays des milliards
de dollars en exportations qui n'ont pas eu lieu, en direction de l'Iran,
pendant les dix dernières années ; mais, plus grave encore,
cela nous entraîne vers un engagement dans la guerre que les USA,
l'Israël et la Grande Bretagne préparent contre l'Iran ;
nous nous conduisons de façon ignoble en agressant et en insultant
gratuitement le noble peuple persan millénaire.
L'ingérence des services de renseignement de
certains États étrangers a des conséquences catastrophiques.
L'Argentine est entre les mains de dirigeants politiques ignorants en
matière internationale, comme le président Kirchner lui-même,
qui a confié la chancellerie à un personnage inapte, inepte
et incapable de prendre des décisions : un certain Rafael Bielsa.
QUI SONT ET OÙ SONT NOS ENNEMIS ?
Ne nous méprenons pas sur les agresseurs auxquels
nous avons affaire. Historiquement, depuis des siècles, le Royaume
Uni et les USA ont été nos adversaires, et cela presque
sans interruption depuis deux siècles ; ils nous agressent sur
les fronts économique, financier, politique, moral et militaire,
soit directement soit par l'intermédiaire de leurs agents dans
le pays, dans le secteur privé et public. Or, après la
Deuxième guerre mondiale, nous avons adopté la position
irrationnelle consistant à assumer comme « notre ennemi
» une Allemagne diabolisée et battue à plate couture,
il y a plus de soixante ans. Pourtant, ni l'Allemagne, ni l'Autriche
ni leur principal allié le Japon n'ont jamais agressé
l'Argentine ni aucun point de notre continent, ni porté la moindre
atteinte à nos intérêts, contrairement à
la pratique systématique des USA et des Britanniques.
N'oublions pas non plus que l'Union Soviétique,
alliée des USA et de l'Angleterre au cours de la Deuxième
guerre mondiale, a lancé contre nous, dans les années
1960-70 des guérillas, ce qui a donné lieu à la
guerre civile, une catastrophe nationale. Nous avons donc été
victimes d'un effet de tenaille, notre peuple se trouvant agressé
d'une part par les « jeunes idéalistes » d'une guérilla
apatride, et d'autre part nous avons enduré la répression
et la trahison d'une camarilla militaro-civile, qui s'est emparée
de l'État pour le livrer stupidement aux intérêts
géopolitiques des USA.
Voilà comment nous croyons que nos ennemis sont
ceux qui s'opposent à l'alliance anglo-étasunienne-israélienne
: depuis l'Allemagne et le Japon au moment de la guerre, jusqu'à
l'Iran et aux organisations de libération islamique en Palestine,
en Irak et en Afghanistan. Et cette Argentine culturellement et intellectuellement
colonisée à l'air d'apprécier le poison qu'on lui
administre à grandes lampées, tous les jours !
RIEN À VOIR AVEC NOUS AUTRES ?
L'État d'Israël est un État étranger,
allié aux USA et à la Grande Bretagne. Si nous réfléchissions
avec notre cerveau et non pas avec celui de nos ennemis et adversaires,
tant à l'intérieur qu'à l'étranger, nous
maintiendrions au moins une attitude digne, neutre et objective, face
à la catastrophe qui ravage le Proche-Orient depuis plus de cinquante
ans. Un minimum d'autoestime nous amènerait à rejeter
l'histoire officielle mondiale propagée et imposée par
les trois brigands intéressés, tant que nous n'avons pas
le point de vue, sur cette même histoire, des grands vaincus de
la même guerre, qui diffèrera forcément de celle
des gouvernements fantoches qui occupent l'Allemagne et l'Autriche par
la grâce d'un Dieu tribal qui les manipule depuis les métropoles
déjà mentionnées.
Depuis 1945, l'opinion publique planétaire a
été informée de terribles carnages, camps de concentrations
et persécutions organisés par l'Allemagne national-socialiste.
Mais cela se produit dans le contexte sans précédent d'une
défaite complète face à des ennemis qui sont parvenus
à lui voler son territoire, à faire condamner ses dirigeants
(le tribunal de Nuremberg a été une mascarade significative),
à lui voler des centaines de patentes, d'inventions, de créations
industrielles et de droits intellectuels de toute nature ; en tant que
butin de guerre, l'Allemagne s'est vue en outre confisquer toute sa
documentation d'État, dont ce qui était classé
comme documents secrets. Tout cela a été emporté
à New York, Londres, Paris et Moscou, les métropoles qui
ont rédigé l'histoire officielle selon leurs intérêts
et objectifs. Parmi ceux-ci figurait la création, le financement
et la puissante militarisation ad vitam aeternam de l'État d'Israël.
En guise d'exercice mental, demandons-nous quelle serait
l'image dominante aujourd'hui si la totalité des documents secrets
des USA, de la Grande Bretagne et d'Israël tombaient intégralement
entre les mains de leurs adversaires, de sorte que ceux-ci élaborent
leur propre histoire officielle, afin de les diaboliser et de promouvoir
leurs propres objectifs ? Que se passerait-il si nous pouvions explorer
à fond les chapitres les plus sombres, sanguinaires, pathologiques
et destructeurs, cachés dans les archives secrètes de
la CIA, du Pentagone, et de la National Security Agency ? Ou encore
du M16 et du Foreign Office ? Et du Mossad, du Shin Bet et des Forces
de défense israéliennes ?
Aujourd'hui, les USA ne parviennent même pas
à garder une image présentable devant l'opinion publique,
malgré leur position de nation la plus puissante au monde, et
disposant d'instruments gigantesques pour contrôler l'information.
Combien de tribunaux de Nuremberrg faudrait-il pour juger et condamner
Kissinger, Truman, Eisenhower, Roosevelt, Bush, Johnson, McNamara, Bundy,
Kennan, Deutch, Baruch, Morgenthau, Cheney, Perle, Wolfowitz, Feith,
Rockefeller, Harriman, Clinton, Albright, Carlucci, Reagan, Hoover,
Westmoreland, Rusk, Schwartzkopf, Powell, Braden, Rhodes, Kagan, Podhoretz,
Brzezinski, Abrams, Negroponte, Bolton, Dulles, Rice, Rumsfeld, Baker,
Casey, Berger, Armitage, Lehman, Kaplan, Helms, Solardz, Sokolski, Thatcher,
Churchill, D'Amato, Nixon, Ford, Carter, Eden, Carrington, Nott, Harris,
Shamir, Meir, Sharon, Netanyahu, Barak, Peres, Gore, Beghin, Ben Gourion,
et tant d'autres ? Le monde n'aurait jamais vu tant de célébrités
jugées pour crimes de lèse-humanité, génocide
et crimes contre la paix.
Voilà pourquoi il est temps d'en finir avec
l'alignement systématique et honteux de tous les gouvernements
argentins depuis au moins trente ans. Ce vulgaire processus de décadence
s'est intensifié avec la trahison du président Menem dans
les années 1990, à tous les niveaux de la vie politique
et des relations internationales, scellées par les « relations
charnelles » [sic] dont faisait état Menem avec l'empire
anglo-usaméricain-israélien, et encore intactes sous l'actuel
gouvernement du président Kirchner, dont le style a changé,
mais qui préserve les axes principaux de cette soumission.
Pour ce qui est des déclarations du président
iranien, souvenons-nous que l'Argentine a accusé l'Iran d'avoir
organisé les attentats de 1992 et 1994 contre l'Ambassade d'Israël
et le centre communautaire AMIA, en n'apportant au dossier que des fausses
pistes, et des « preuves » de toute évidence imposées
par les forces israéliennes et usaméricaines qui ont pris
en charge l'enquête dès le départ, « au niveau
zéro ». C'est ainsi que pendant plus de dix ans, les autorités
se sont décarcassées pour inventer une piste iranienne,
purement imaginaire, débouchant sur le spectacle honteux d'un
juge fédéral payant un prisonnier pour qu'il porte un
faux témoignage (le juge Galeano, destitué), et, plus
récemment encore, un procureur hystérique (Nissman) montrant
la photo d'un « terroriste assassin » supposé, qui
se serait immolé lors de l'attentat contre AMIA, thèse
qui a rapidement été abandonnée à cause
de la falsification grossière sur laquelle elle reposait. Le
tout, bien entendu, avait bénéficié d'une énorme
couverture médiatique dans toute l'Argentine. Et cela n'empêche
pas que l'on continue à rechercher intensément les preuves
correspondant à une « piste iranienne » dont Bush
et Sharon ont un besoin urgent pour déclarer un casus belli contre
l'Iran, alors que c'est la piste israélienne, bien plus vraisemblable,
qu'il faut approfondir.
LA CABALE DES CHIFFRES
Pour comprendre comment opère le mécanisme
mystificateur autour des six millions, signalons que dans un contexte
beaucoup plus modeste et récent, chez nous, nous avons vu se
propager un mythe comparable, celui des « 30 000 disparus »
(du fait de la répression des années 1970), chiffre qui
ne repose sur rien. En effet la Commission nationale sur la Disparition
des Personnes, CONADEP, créée par le gouvernement Alfonsin
en 1984, énumère, dans son célèbre rapport
Nunca Más, 8700 cas de personnes concernées et recherchées
; elle a rassemblé les preuves concrètes qui ont permis
de juger les militaires responsables de deux cents cas environ de disparitions.
Or même dans cette liste réduite de disparitions, validée
par la CONADEP, on trouve des cas remarquables de personnes classées
disparues, mais retrouvées à l'étranger, dont certaines
font même partie du gouvernement actuel, telle Mme Carmen Argibay,
récemment nommée juge à la cour suprême par
le président Kirchner !
Ce qui compte, c'est d'observer comment, dans ce cas
aussi, le mythe a été propulsé par les médias,
qui le répètent tant et si bien que cela agit comme une
perceuse dans le cerveau des Argentins, au point que cela été
implanté comme partie constituante de l'imaginaire collectif
argentin. Nous soulignons ce phénomène pour faire comprendre
l'importance qu'il y a à ne pas permettre que la réalité
soit falsifiée selon les termes de Norberto Ceresole, cité
en tête de cet article ; cela n'implique nullement que l'on justifie
la barbarie, la stupidité et la servilité du gouvernement
militaro-civil qui a confisqué le pouvoir en Argentine entre
le 24 mars 1976 et le 10 décembre 1983.
Les méprisables bourreaux doivent payer pour
leurs crimes. Mais une chose est de punir les individus responsables,
particulièrement lorsqu'il s'agit de militaires de haut rang
, et de défénestrer l'institution des forces armées
et de sécurité, essentielles pour la défense et
la sécurité de l'État argentin. C'est pourtant
ainsi, en les traînant dans la boue, qu'un ensemble de personnages,
parmi nous et à l'étranger, a profité de la souffrance
terrible de ces années-là pour promouvoir d'autres intérêts
moins avoués, qui visent à obtenir la progressive dissolution
et destruction de la République argentine.
Moralement, un seul être humain injustement poursuivi
ou assassiné mérite que justice lui soit rendue, qu'il
ait été persécuté par des militaires argentins,
allemands, iraquiens, soviétiques, israéliens, usaméricains,
ou par des fanatiques chinois, sionistes, français ou anglais.
Mais la justice doit être la même pour tous. Et si nous
devons condamner des militaires argentins et des dirigeants allemands,
nous devons aussi condamner des tortionnaires israéliens, anglais,
et des envahisseurs usaméricains.
Rétablissons donc les proportions justes : 6
millions pour l'Holocauste ? 30 000 disparus ? L'exagération
ne nous rapproche ni de la justice ni de la vérité, mais
au contraire, elle les éloigne et c'est une insulte à
la mémoire de ceux qui ont réellement été
victimes dans toutes ces guerres et ces conflits complexes. Il faut
donc créer les conditions pour accumuler les données exactes
autour de ces douloureux événements, pour ensuite établir
les quantités de victimes qui ont succombé. Aujourd'hui,
on s'y prend à l'envers : d'abord on lance les chiffres qui permettent
d'élaborer Le Mythe utile dans le cadre de certains objectifs
inavouables, et ensuite on exerce une pression pour obliger chacun à
y croire.
Cessons donc de penser avec un cerveau d'emprunt, renseignons-nous,
pour comprendre « de quoi il s'agit exactement » et ne laissons
pas la manipulation faire une victime de plus : la vérité.
17 mars1992 (Attentat contre
l’Ambassade d’Israël à Buenos Aires) - 17 mars
2006 : « Terrorisme international » musulman ou «
Terrorisme d’Etat » occidental ?
Document adressé aux médias argentins le 17 mars 2006
par José Petrosino, Alejandro Olmos Gaona et Oscar Abudara Bini.
Traduit de l'espagnol par Maria Poumier, membre de Tlaxcala, le réseau
de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es).
Cette traduction est en Copyleft.
Quatorze ans sont passés, le grand public ignore
à peu près tout du crime. Or l’escamotage des faits
ne se borne pas à l’Argentine.
Des milliards dépensés pour accuser Ben Laden n’ont
pas suffi à empêcher des poursuites contre Bush et son
administration, en tant qu’auteurs idéologiques des attentats
du 11 septembre (voir les procédures judiciaires entreprises
par Ellen Mariani et Stanley Hilton)
Dans l’« enquête » sur l’attentat contre
l’Ambassade d’Israël on constate trois étapes
bien distinctes :
1) Une première étape contrôlée par Israël
: les accusations -à notre avis élaborées a priori-
contre les musulmans ont été soutenues jusque par la députée
Elisa Carrió. L’affaire allait être enterrée
discrètement. Or, l’attentat contre AMIA (autre bâtiment
consacré aux intérêts israéliens) survenu
en 1994- a modifié le projet initial, et la deuxième étape
commence en 1995.
2) Deuxième étape : l’enquête progresse, au
point que des preuves sont fournies lors de l’audience d’examen
des expertises le 15-5-1997 ; l’explosion s’est produite
à l’intérieur du bâtiment. Cette avancée
de la justice marque le début de la fin des enquêtes….
Israël obtient que les résultats de l’audience spéciale
soient considérés « top secret », et que tout
le dossier passe à un secrétariat ad hoc, qui acceptera
de garder le secret. Ainsi commence la troisième étape.
3) Troisième étape : en 1999, on déclare réelle
une fausse voiture piégée, et on accuse, sur la base d’indices
falsifiés ou improbables, le Hezbollah. Le résultat fut
ce qu’on attendait : l’enquête se retrouva bloquée…
jusqu’à la décision du TOF3 (Tribunal Oral Fédéral
n°3) au sujet du deuxième attentat, contre AMIA.
Les effets négatifs ne furent pourtant pas les seuls.
Peu de gens ont étudié la corrélation entre l’étouffement
des deux affaires ; on ne l’explique pas au public, il n’y
a pas d’enquête judiciaire à ce sujet. Or, tandis
que des pressions s’exerçaient sur la Cour pour étouffer
les conclusions de l’expertise sur une explosion intérieure,
un faux procureur israélien dialoguait officiellement et négociait
peut-être clandestinement avec Carlos Telleldín (l’accusé
dans le cas de l’attentat à AMIA). Ces faits furent reconnus
par le TOF, et la commission Unidad AMIA, présidée par
le Dr. Rua, souligna que ce « procureur » avait bafoué
les lois nationales et internationales.
Les demandes adressées à Israël pour que le pseudo
procureur soit convoqué, de même que les requêtes
insistantes pour que le personnel israélien de sécurité
en fonction à l’ambassade le jour de l’attentat vienne
témoigner à la barre, restent sans le moindre effet.
C’est le juge Alfredo Bisordi, secrétaire instructeur de
l’affaire de l’Ambassade à ses débuts, qui
dénonce publiquement le fait que des pressions et des interférences
ont été exercées par Israël et les États-Unis
sur le tribunal.
C’est une avancée unique, comparée aux enquêtes
anémiques menées autour des attentats de Londres et de
Madrid.
Aux États-Unis, la confusion officielle sur les attentats du
11 septembre est bien plus grave, mais la justice avance, grâce
aux efforts de Stanley Hilton qui représente 400 victimes. C’est
ainsi que les tribunaux étudient des plaintes envisageant sérieusement
la responsabilité d’un terrorisme d’État occidental.
En Argentine, nous connaissons le terrorisme d’État qui
s’est exercé dans les années 1970, mais c’est
au prix Nobel Harold Pinter que nous devons le diagnostic de terrorisme
d’État pour les actes de barbarie des années 1990
et 2000.
De même que l’Argentine a fait son mea culpa, Israël
peut et doit reconnaître sa responsabilité dans le blocage
des deux enquêtes.
Nous exigeons d’Israël une conduite démocratique et
respectueuse du droit, et nous joignons en ceci aux requêtes de
nombreux intellectuels juifs prestigieux, ainsi qu’aux familles
des victimes des attentats en Argentine. L’attitude critique envers
Israël du chef d’orchestre argentin Daniel Baremboim nous
semble un exemple à valeur universelle.
Signataires : José Petrosino, chercheur , Alejandro Olmos Gaona,
chercheur, Oscar Abudara Bini, cinéaste (a déposé
des plaintes dans le cadre des deux attentats).
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