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Amerikkka : le premier Empire et son arrière-cour

 

Argentine

 

Le rôle du Vatican : les liens obscurs des militaires avec l' "église noire" de Bergoglio


par HORACIO VERBITSKY, il manifesto, 24 mars 2006.

Original : http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/24-Marzo-2006/art82.html.
Traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio


Ce texte est « l'épilogue » du livre de Horacio Verbitsky, L'isola del silenzio [L'île du silence], publié en Italie par Fandango libri, qui est en librairie depuis le 30 mars.

 

La première édition de ce livre, à laquelle j'ai travaillé pendant plus de quinze ans, a été publiée à Buenos Aires en février 2005, quand le pape Jean Paul II, qui mourut ensuite le 2 avril, était hospitalisé à Rome. Selon les quotidiens italiens, le cardinal argentin Jorge Bergoglio fut le seul adversaire sérieux de l'allemand Ratzinger, qui fut élu le 19 avril et prit le nom de Benedetto XVI. En ces mêmes jours, exactement, l'Aumônier général de l'armée, de Buenos Aires, déclara que le ministre argentin de la santé méritait d'être jeté à la mer avec une pierre de moulin au cou, pour avoir distribué des préservatifs et s'être exprimé en faveur de la dépénalisation de l'avortement. (...)
Quand l'évêque Baseotto attacha la pierre (biblique) de moulin au cou ministériel, le président Nestor Kirchner invita le Vatican à désigner un nouveau titulaire pour le diocèse militaire. Quand le Nonce apostolique communiqua qu'il n'y avait pas de raison de le faire, le gouvernement révoqua son assentiment donné à la nomination de Baseotto et le priva de ses émoluments de Secrétaire d'état pour avoir revendiqué des méthodes de la dictature. Le Vatican désavoua et « l'interprétation qu'on a voulu donner à la citation évangélique », et l'autorité présidentielle de révoquer la désignation de l'Aumônier général.
Des motifs de douter que Baseotto ait choisi en toute ingénuité une citation biblique concernant les personnes jetées en mer, il y en a en abondance. Son premier acte de Vicaire fut la visite à la Cour suprême de Justice devant laquelle il soutint la nécessité de clore les procès relatifs à la sale époque des militaires contre la société argentine. Son secrétaire général à l'Aumônerie générale des armées (le même emploi qu'occupait en 1976 Emilio Grasselli) est le prêtre Angel Zanchetta, qui fut aumônier de la Esma (L'Ecole de mécanique de la Marine, à Buenos Aires, d'où disparurent, torturés et assassinés, plusieurs milliers de prisonniers, NDT) dans les années de dictature, et dont la connaissance détaillée de ce qui se passait là est prouvée. (...) Après avoir lancé une polémique publique par ses paroles, Baseotto fit référence aux vols comme un des « faits advenus, d'après ce qu'on dit, pendant la fameuse dictature militaire ». Aucun membre de l'Episcopat ne dit mot ensuite sur cette phrase provocatrice, parce que l'Eglise argentine continua à se retrancher dans son îlot de silence.
Bergoglio répondit au livre à travers son porte-parole officiel, le père Guillermo Marco. Il déclara avoir sauvé la vie des prêtres Orlando Yorio et Francisco Jalics et que toute affirmation contraire constituait une infamie. (...) Pour discréditer mon enquête, il déclara que Yorio ne pouvait pas réfuter ce qui était dans le livre parce qu'il était mort, que ma source concernant Jalics était anonyme et qu'il existait une photo d'une rencontre amicale entre le prêtre hongrois et Bergoglio pendant une visite de Jalics à Buenos-Aires. (...) Ni Bergoglio, ni ses proches, n'ont dit mot sur la preuve irréfutable de duplicité dont l'accusent Yorio et Jalics. Yorio était encore vivant quand j'ai publié la première interview dans laquelle il accuse Bergoglio, en 1999. Loin de me démentir, il m'envoya quelques lignes intitulées « Merci » et nous restâmes en contact jusqu'à sa mort. (...) Fils d'un propriétaire terrien et officier de l'armée hongroise, Jalics dit dans Ejercicios de Contemplacion que son père mourut empoisonné au siège de la police politique communiste, mais que sa mère lui apprit à ne pas haïr, si bien que « j'appris ce que signifie la réconciliation ».
Dans le récit de sa séquestration il raconte : « Beaucoup de gens qui avaient des convictions d'extrême-droite ne voyaient pas d'un bon oeil notre présence dans les bidonvilles. Ils interprétaient le fait qu'on vivait là comme un appui à la guérilla et voulurent nous dénoncer comme terroristes. Nous connaissions la source et le responsable de ces calomnies. Si bien que j'allai parler avec la personne en question et je lui expliquai qu'il était en train de jouer avec nos vies. L'homme me promit de faire savoir tout de suite aux militaires que nous n'étions pas des terroristes. Par des déclarations faites postérieurement par un officier et trente documents auxquels j'eu accès par la suite, nous pûmes vérifier sans l'ombre d'un doute que cet homme n'avait pas tenu sa promesse et qu'il avait, au contraire, présenté une fausse dénonciation aux militaires ». Pendant les cinq mois de sa séquestration, sa colère était plus dirigée contre « l'homme qui avait fait cette fausse dénonciation contre nous » que contre ses geôliers.
Cet homme, c'est Bergoglio. Son identité est dévoilée dans une lettre que Yorio écrit de Rome, le 24 novembre 1977, à l'assistant général de la Compagnie de Jésus, le père Moura. Les frères et les neveux de Yorio m'en donnèrent une copie en signe de gratitude pour la publication du livre. « Etant donné la persistance des voix sur ma participation à la guérilla, le père Jalics a de nouveau affronté la question avec le père Bergoglio. Le père Bergoglio a reconnu la gravité du fait et s'est engagé à mettre un frein à ces voix dans la Compagnie et de faire diligence pour en parler aux personnes des Forces Armées pour témoigner de notre innocence » dit-il. Mais comme « le supérieur Provincial ne faisait rien pour nous défendre nous avons commencé à douter de son honnêteté ». (...) Dans notre échange de lettres, Yorio me fournit une description de la duplicité de son ex-Provincial, qui coïncide avec celle qui émane des documents que je découvris des années plus tard dans les archives du ministère des Affaires étrangères argentin.

Dans le climat de peur et de délation instauré à l'intérieur de l'Eglise et de la société, les prêtres qui travaillaient avec les pauvres « étaient diabolisés, regardés avec suspicion à l'intérieur de nos propres institutions et accusés de subvertir l'ordre social ». Dans ce contexte, « ils pouvaient nous concéder en secret l'autorisation de dire la messe en privé, mais ils ne nous délivraient pas de l'interdiction et de l'infamie publique de ne pas pourvoir exercer notre sacerdoce, donnant ainsi aux forces de répression le prétexte pour nous faire disparaître ». (...) La liberté retrouvée, Jalics voyagea aux Etats-Unis puis en Allemagne. Malgré la distance, « les mensonges, les calomnies et les actions injustes ne cessaient pas ». (...) Nombre de personnes liées à l'Eglise et à la Compagnie de Jésus me firent parvenir des informations supplémentaires et confirmatives. L'un d'eux est le prêtre irlandais Patrick Rice, qui était le supérieur en 1976 de la Communauté des petits frères en Argentine.
Séquestré vers la fin de cette année là à Buenos Aires, il fut encagoulé et interrogé sans trêve ; on lui brûla le visage et les mains à la cigarette et lui fit ingérer de l'eau et de l'air sous pression jusqu'aux limites de sa résistance. D'autres prêtres de sa confraternité sont encore disparus mais Rice réussit à s'échapper avec l'aide du gouvernement irlandais et voyagea dans le monde entier pour dénoncer la situation en Argentine. En 1979, il apprit que Massera, qui avait désormais démissionné de la Marine et engagé son activité politique, allait participer à un séminaire organisé à l'Université de Georgetown, à Washington, par deux universitaires qui ont joué ensuite des rôles de premier plan dans le gouvernement de Reagan : Jeanne Kirkpatrick et Eliot Abrahmas. Pendant que Massera tenait sa lectio magistralis, Rice et un prêtre nord-américain l'interrompirent par des questions sur la répression d'évêques, soeurs, prêtres et laïcs chrétiens. Massera n'arriva plus à continuer et quitta l'amphitréâtre.

 

Trente ans après, la dictature militaire a laissé sa marque


Le coup d'Etat militaire du 24 mars 1976 en Argentine, qui a porté au pouvoir le général Jorge Videla, a non seulement instauré la dictature la plus féroce de l'histoire de ce pays, mais il l'a aussi profondément changé et laissé des traces encore très visibles trente ans après.Pourtant, au petit matin du 24 mars 1976, bien peu d'Argentins s'opposent au renversement par les militaires de la présidente Isabel Martinez de Peron. Le pays est alors en proie à une profonde crise économique et au désordre engendré par les multiples attentats perpétrés par la guérilla et les crimes commis en représailles par des paramilitaires d'extrême droite.
Dans un pays où le pouvoir a souvent été occupé par les militaires, l'arrivée du général Jorge Videla, de l'amiral Emilio Massera et de quelques autres officiers est alors plutôt bien accueillie. "Personne n'a levé le petit doigt", a rappelé cette semaine le journal Ambito Financiero dans l'introduction d'un numéro spécial consacré au 30e anniversaire du coup d'Etat militaire.
Sept ans plus tard, avec le retour de la démocratie, les Argentins découvrent ou redécouvrent le bilan tragique de ce coup d'Etat: 30.000 "disparus", pour la plupart torturés et assassinés, 500 bébés "enlevés" à leurs parents emprisonnés et confiés à des familles d'adoption souvent proches des militaires, une économie en ruines et une défaite cuisante après une guerre éclair contre la Grande-Bretagne à propos des îles Falkland, deux îlots britanniques perdus dans l'Atlantique sud revendiqués par l'Argentine. Encore faut-il y ajouter l'exil de milliers d'intellectuels ou la censure de centaines de livres et d'écrits de toute sorte jusqu'à l'absurde. Les militaires argentins ont ainsi mis à l'index "Le petit prince" d'Antoine Saint-Exupéry, coupable de "fantaisie illimitée".
L'Argentine a renoué avec la démocratie en 1983 mais ces années de terreur ne se laissent pas facilement oublier. Chaque année, des ossements réapparaissent et le voile se lève enfin pour une famille de "disparus". Chaque année, aussi des jeunes gens vivent une véritable tragédie en retrouvant une identité à laquelle ils n'aspiraient même pas. Des 500 bébés arrachés à leurs parents par la dictature, 82 ont été indentifiés, essentiellement grace au travail inlassable des Grand-Mères de la Place de Mai. Et c'est à chaque fois un déchirement pour ces jeunes gens, âgés pour la plupart d'une trentaine d'années, de découvrir que leurs "parents" ont parfois été complices des tortionnaires ayant assassiné un père et une mère qu'ils n'ont jamais connus.
L'impunité dont ont bénéficié pendant des années des centaines de militaires ou policiers accusés d'atteintes aux droits de l'homme est un autre héritage de la dictature. "L'impunité a davantage rendu malade notre société que la dictature. Celle-ci a imposé la peur mais l'impunité l'a renforcée pendant des années", explique Adriana Calvo, arrêtée enceinte en 1977, et qui a eu la chance d'être relâchée quelques mois plus tard en gardant auprès d'elle sa fille née en détention.
Les principaux chefs militaires, dont le général Videla, ont été condamnés dès 1985. Mais ils ont été graciés cinq ans plus tard par l'ex-président Carlos Menem. Plus grave pour les familles des victimes, l'armée a obtenu en 1986 et 87 le vote de deux lois d'amnistie, dites loi du "point final" et de "l'obéissance obligatoire" permettant à des centaines de militaires et policiers d'échapper à la justice. Il faudra attendre 2003 pour que ces lois soient annulées, et la confirmation en 2005 de la validité de cette annulation par la Cour suprême pour que la justice se mette à nouveau au travail.
Entre-temps, le temps a fait son oeuvre et nombre de tortionnaires sont morts ou séniles, à l'instar de l'amiral Massera, plongé depuis 2003 dans un état végétatif. D'autres attendent leur procès, comme le capitaine Alfredo Astiz, "l'ange blond de la mort", déjà condamné en France par contumace à la prison à vie pour l'enlèvement et le meurtre de deux religieuses françaises.
Source : AFP, 24 mars 2006

 

Ouverture des archives sur la dictature militaire


Le gouvernement argentin vient d'ordonner l'ouverture de toutes les archives secrètes des forces armées. Les organisations des droits de l'homme espèrent, au vue de ces archives, avoir des éclaircissements sur les crimes commis par la dictature militaire (1976-1983).
L'ouverture de ces archives pourra fournir des preuves contre des dizaines de militaires et de politiques impliqués dans la « sale guerre ». Selon la ministre de la Défense, Nilda Garré, toutes les informations susceptibles d'aider aux enquêtes sur les violations massives des droits de l'Homme commises dans ces années-là, seront déclassifiées.
La décision de la ministre a été prise deux jours avant le trentième anniversaire du coup d'Etat du général Jorge Videla contre la présidente Isabel Martínez de Perón.
Selon les organisations des droits de l'Homme, le régime sanguinaire des généraux a fait disparaître plus de 30 000 Argentins. Videla, qui a dirigé la junte pendant les cinq premières années de la dictature, a été condamné en 1985 à la prison à vie, avant d'être gracié, cinq ans plus tard, par le président Carlos Menem.
En 1998, Videla sera de nouveau arrêté pour cause d'enlèvement d'enfants pendant son régime. Depuis, il se trouve en résidence surveillée. Désormais, les anciens membres de la junte ne sont pas à l'abri de poursuites. Le président actuel, Nestor Kirchner, avait abrogé les lois d'amnistie qui les avaient protégés pendant des années.
Source : De Volkskrant, 23 mars 2006. Traduit du néerlandais pour Quibla par KAJU

 

Nora Cortiñas, présidente des Mères de la Place de Mai : «Un système qui a commencé en Indochine et en Algérie »


A 30 ans de la dictature militaire en Argentine, qui a provoqué la disparition de 30 000 personnes, les organismes de droits humains continuent leur action en quête de la vérité et de la justice. Leur existence se justifie de façon paradoxale puisqu’ils ont pour tâche de faire appliquer la loi par celui qui devrait en être le garant : l’État. Les organismes de droits humains en Argentine sont profondément conscients du rôle politique qu’ils ont dans cette étape de l’histoire. Leurs revendications ne se limitent d’ailleurs pas à la politique des droits humains : il sont aussi le relais d’autres luttes.
Les Mères de la Place de Mai représentent de façon exemplaire cet acteur social que sont les organismes de droits humains. Marin Burgos, notre correspondant, s’est entretenu pour le compte de Dial avec la présidente, Nora Cortiñas, dont nous publions ci-dessous les propos.


Nora, quelles ont été les causes du terrorisme d’Etat imposé par la dictature de 1976-1983?
Le terrorisme d’Etat a eu l’intention d’imposer, à feu et à sang, des politiques économiques néolibérales. Ce travail s’est fait en concertation avec l’Operation Condor qui s’est déroulée sur un territoire recouvrant la Bolivie, le Paraguay, l’Uruguay, le Brésil, l’Argentine et le Chili. Le travail effectué dans le cadre de l’opération Condor a consisté à persécuter des exilés dans toute la région, à échanger des prisonniers entre les dictatures de ces pays et, une fois rapatriés, à les enfermer dans des camps de concentration, à torturer et à assassiner dans le but d’annihiler un mouvement social et politique qui proposait un autre projet de société.

Comment naît le mouvement des Mères de la Place de Mai ?
Les Mères sont nées comme une forme de résistance au terrorisme d’Etat et à sa pratique répressive - la disparition de personnes - qui consistait à priver la personne de tous ses droits et de son identité. Une fois entrée dans le camps de concentration, la personne devenait un numéro, on lui faisait subir les pires tortures, on l’assassinait et essayait de faire disparaître son corps pour toujours. Ce système, qui a commencé en Indochine et en Algérie, a été importé en Amérique latine, et s’est trouvé renforcé par les méthodes enseignées aux militaires du tiers-monde dans l’Ecole des Amériques par les militaires nord-américains. Nous les Mères avons commencés à rechercher nos fils, nos filles et nos neveux disparus, à réclamer pour eux et, à force de nous rencontrer dans les salles d’attente des édifices publics (tribunaux, prisons, hôpitaux, régiments), nous nous sommes organisées. Le 30 avril 1977, nous nous réunissons pour la première fois sur la Place de Mai. Nous formions un groupe de 14 Mères qui est allé en grandissant. A la fin de l’année 1977, 3 Mères de la Place de Mai et 2 Soeurs françaises disparaissent dans une opération menée dans le but de casser le mouvement. Mais nous sommes devenues plus fortes encore depuis ces évènements.

Vous aviez l’espoir de retrouver vos fils avec le retour de la démocratie en 1983 ?
Oui, nous avons cru les promesses qu’avait faites Alfonsin dans sa campagne électorale, selon lesquelles son gouvernement allait retrouver les disparus et ouvrir les prisons et les archives du régime militaire. Mais rien de tout cela n’est arrivé. Nous avons dû nous contenter d’une Commission de recherche sur les personnes disparues (la CONADEP) - qui fut limitée -, et du jugement des dictateurs dont les condamnations ne furent pas à la hauteur des crimes commis. Le sentiment d’impunité s’est confirmé avec les lois d’amnistie votées par Alfonsin en 1986/87 et les décrets de Menem de 1990/91.

Vous avez changé vos objectifs et vos méthodes face aux politiques de droits humains adoptées par les gouvernements démocratiques ?
Nous avons continué la lutte pour nos fils disparus, mais nous avons aussi élargi nos revendications car nous pensons que la défense des droits humains doit être intégrale. Aussi, nous appuyons et travaillons avec les mouvements sociaux en faveur de l’ éducation publique, la santé publique, le travail, l’habitat, la terre, et le respect pour l’égalité entre races et sexes. Dans un premier temps, notre revendication se limitait à savoir où étaient nos fils et neveux disparus, mais peu à peu, nous avons compris que nous devions aller plus loin car tout se tient.

Quelle opinion avez-vous de la politique des droits humains que mène le président Kirchner depuis 2003 ?
La politique des droits humains de Kirchner nous a ouvert beaucoup de voies, là où les autres gouvernements démocratiques avaient mis des obstacles. Le positif est l’abolition des lois d’amnistie - que nous appelons les « lois d’impunité » -, le changement de la Cour suprême de Justice, et quelques actions symboliques auxquelles nous tenons. Ce sont des pas importants qui vont dans la direction de la recherche de la vérité et de la justice pour laquelle nous luttons depuis 30 ans. Mais en ce qui concerne les rêves et les luttes de nos filles et nos fils, nous sommes loin d’y parvenir, et nous vivons encore sous la domination de l’économie néolibérale, la faim, la pauvreté, le logement précaire, l’expropriation des terres des indigènes en faveur des entreprises multinationales. Il faut revenir sur les privatisations, il ne faut pas payer la dette extérieure car elle est due à la spéculation de quelques grands groupes économiques et nous l’avons déjà payée plusieurs fois. Le gouvernement doit être attentif à la militarisation et aux traités de libre-échange qui mettent en danger le continent, et surtout, il doit écouter le peuple qui continue à vivre dans une situation limite.

Source : http://www.dial-infos.org/01_com/html01_com/cadre.html

 

L'Argentine, 30 ans après


30 ans après le coup d'État du 24 mars 1976, qui instaura un régime de dictature militaire pendant sept ans, où en est l'Argentine ? Nous vous proposons un voyage dans une Argentine inconnue, en commençant par un dissident atypique, Adrián Salbuchi. Il va sans dire que Quibla ne partage pas forcément toutes les opinions émises par l'intéressé mais nous croyons fermement à la liberté d'_expression et au pluralisme.

I- Adrián Salbuchi, un dissident atypique
Dossier présenté et traduit par Leyla Chávez, mars 2006
Adrián Salbuchi est un intellectuel critique, qui anime la réflexion du Mouvement National Argentin pour une Deuxième République. Quibla a déjà publié sa réflexion sur le rôle de l'Argentine dans la préparation psychologique à l'attaque de l'Iran : consolider la thèse du terrorisme musulman, (El Traductor grafico, n°26, 30 juin 2005-12-29 <quibla.net/protocoles2006/etatarayer2.htm>)


1- Adrián Salbuchi par lui-même
2 - Le Projet National Argentin du MSRA, pour une « Seconde République »
3 - La falsification de l'histoire comme instrument de domination, par Adrián Salbuchi.

 

 

1 - Adrián Salbuchi par lui-même


Adrián Salbuchi (à g.) s'entretient avec le député Mario Cafiero sur la dette extérieure argentine (photo El Traductor gráfico)

(Réponses aux questions de Quibla, par courrier électronique)

Adrián Salbuchi, argentin, a 52 ans; chercheur, journaliste et conférencier, il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont El Cerebro del Mundo: la cara oculta de la globalización, 2003 (Le cerveau du monde : la face cachée de la globalisation).
Il a fondé dans la ville de Córdoba (Argentine) le MSRA en 2002, au plus fort de la crise financière, économique et sociale (les banques refusaient de rendre leurs économies aux particuliers). Le MSRA a un programme de radio, « El Traductor» <www.eltraductorradial.com.ar >; il considère que le temps est venu de refonder la république argentine sur de nouvelles bases, seule solution pour sortir le pays de l'ornière de la vassalisation ; c'est comparable à l'élaboration de la cinquième république par De Gaulle, à l'issue d'une longue crise institutionnelle ; la nouvelle capitale sera la ville de Córdoba (centre industriel au c¦ur du pays, à la différence de Buenos Aires, ville d'affaires et d'affairistes). Ce mouvement n'a pas de rapport avec les mouvements d'opposition existants, tel que celui des chômeurs « piqueteros », ou celui des Mères de la Place de mai. Les partis politiques de gauche et de droite n'ont pas de projet national précis, même des personnages comme Elisa Carrió ou Luis Zamora manquent cruellement de perspective d'envergure. Le MSRA n'a donc aucun accord à gauche, et encore moins dans la droite libérale (Carlos Menem, Macri etc), mais il collabore avec l'ex-député Mario Cafiero aux enquêtes en cours sur la dette externe frauduleuse. Le MSRA a entrepris deux actions en justice contre le président Kirchner et son équipe : l'une, en date du 5 mai 2004, concerne le détournement de fonds de la province de Santa Cruz, dont Nestor Kirchner était le gouverneur jusqu'à son élection inattendue à la présidence, en 2003 ; l'autre, du 20 décembre 2005, accuse le même personnage d'association illicite.

Le rôle de l'Argentine dans la stratégie sioniste : Le MSRA considère que l'Argentine est un pays totalement contrôlé par le sionisme international depuis au moins trente ans. C'est depuis l'origine que le sionisme vise à prendre le contrôle de la Patagonie. Dans son livre L'État des juifs, Theodor Herzl a un chapitre intitulé « Palestine ou Argentine » (voir la 4ème édition de l'ouvrage de Adrián Salbuchi El cerebro del mundo : la cara oculta de la globalización « Le cerveau du monde : la face cachée de la globalisation »).
En 1992 et 1994, on a voulu accuser l'Iran d'avoir organisé deux attentats contre les intérêts israéliens, étape préparatoire au projet d'attaque militaire actuel. Or il s'agissait d'auto-attentats qui s'expliquent dans la logique des luttes internes entre faucons et colombes sionistes. En effet l'Argentine a une population juive très importante, et une bonne partie de celle-ci se comporte en cinquième colonne, dans notre pays. Les médias, la banque, le commerce et la vie culturelle (ou ce qui en tient lieu) sont totalement confisqués par le sionisme et ses valets.
Le projet en cours consiste à instaurer un second État hébreu en Patagonie (le sud argentin et chilien, très peu peuplé, au climat tempéré, aux terres agricoles riches, et au sous-sol encore plus riche) : l'État théocratique resterait en Terre Sainte, mais l'État pratique, où ils pourraient vivre « en paix », serait la Nai Judah, "la Nouvelle Terre Promise", comme disent les Chiliens.
L'idée est subrepticement introduite par les chambres de commerce la presse nationale et aux États-Unis : pour résoudre le problème de son endettement et de son insolvabilité, l'Argentine peut offrir ses terres, et pourquoi pas une sécession ; on encourage même les habitants natifs de la Patagonie à partir, pour fuirŠ la crise !
Le 27 août 2002, le New York Times publiait un article en ce sens. Tout cela est orchestré: Le quotidien La Nación a publié le 3 juillet 2005 un article intitulé « Eduardo Elstain, el dueño de la tierra » étalant les titres de celui qui est à proprement parler le plus grand propriétaire du pays : Eduardo Elstain est un proche d'Edgar Bronfman, président du Congrès juif mondial (World Jewish Congress), dont il est le trésorier. Il a introduit dans les années 1990 George Soros en Argentine, qui en a retiré $500 millions de bénéfices, alors que le président Menem plongeait le pays dans la misère (et Soros tient toutes les grandes surfaces, les « shoppins » qui, comme dans toute l'Amérique latine, sont des structures de luxe contribuant à tuer les cultures nationales et à ruiner la production et le commerce local).
Nous constatons déjà la « palestinisation de l'Argentine », qui déboucherait sur des conflits et des souffrances immenses pour notre population, avec le sacrifice massif d'innocents, comme en Palestine.
Il se trouve que Eduardo Elsztain est président de la Fondation Endeavor. Il est aussi président de l'entreprise immobilière familiale fondée en 1943 cotée en bourse à New York ; il est également trésorier du Conseil des entrepreneurs argentins et membre du Groupe des Cinquante (présidé à New York par Moisés Naim et Jessica Matthews), de la fondation Novum Millenium et du World Economic Forum.


IRSA (la firme qui fédère les centres commerciaux, créée par George Soros, et actuellement sous le contrôle direct d'Elsztain) contrôle aussi le Banco Hipotecario, responsable de la faillite de l'État argentin en décembre 2001. Elsztain a fondé en outre le Dolphin Fund Management en 1990 (lié aux banques vers lesquelles Kirchner a détourné les fonds de la province de Santa Cruz), et participe aux réunions ultra-secrètes de la Commission Trilatérale, débouchant sur les forums de Davos.

Officiellement adopté en 1816, le drapeau argentin fut conçu quelques années auparavant par le Général Manuel Belgrano en référence à la cocarde blanche et bleue arborée par les opposants au régime colonial espagnol. Une anecdote révèle que le le général Belgrano aurait été inspiré en observant le ciel sur les rives du Parana.
Le "Soleil de Mai" placé au centre du drapeau officiel se rapporte à la nouvelle ère de liberté et rappelle le 25 mai 1810, date de déclaration de la guerre de libération nationale qui mena l'Argentine à l'indépendance : l'apparition du soleil sur la place de Buenos Aires y aurait été perçue par la foule comme un heureux présage.


Le drapeau d'Israël a été inventé par Morris Harris, un juif lituanien émigré à New York et adopté par le second congrès sioniste de 1898 en Suisse, puis par l'État d'Israël en 1948. Ses couleurs reprennent celles des tallits, les châles de prière juifs.

« J'aime beaucoup ce garçon, Lula, même si les médias disent qu'il est de gauche et moi je suis de droite », a dit hier Bush à Kirchner. «Ne vous en faites pas, moi, je n'ai pas ce genre de problèmes, parce que je suis péroniste et que je peux donc m'entendre avec vous deux », a été la réponse du président arnetin. «Bien sûr, vous êtes du centre », a conclu Bush.
Clarin, Buenos Aires, 24 juillet 2003

Voyez le nouvel emblème national chilien, défendu par l'ex président Lagos : il dessine une étoile à six branches. Et ce n'est pas par hasard que l'État d'Israël a adopté comme drapeau les couleurs de l'Argentine, avec la même disposition.

Le MSRA et la révolution bolivarienne du Venezuela : Le président Hugo Chavez a pris connaissance de nos travaux, dont il y a des éditions vénézuéliennes. Mais son entourage ne lui permet pas d'avoir une vision exacte de l'Argentine. Autant sa position est courageuse, envers Saddam Hussein, à qui il a rendu visite en 2002, et avec Ahmadinejad en Iran, autant il est capable de chanter les louanges de Kirchner quand il vient ici, alors que Kirchner est parfaitement fonctionnel, pour le système du Nouvel Ordre Mondial.




II Le Projet National Argentin du MSRA, pour une « Seconde République » (www.msra.com.ar )



Constat de départ : l'Argentine est gouvernée par un « trust partitocratique » depuis des dizaines d'années, qui s'aligne sans failles sur les structures du pouvoir du Nouvel Ordre Mondial, mettant de la sorte l'Argentine à genoux. Il s'agit donc pour la population de reprendre le pouvoir ( politique, économique, financier, médiatique, militaire) pour faire valoir ses droits, sans se perdre en débats sur des sujets secondaires.


Les 5 points non négociables :

1. Restaurer l'État-nation souverain, pour mettre en ¦uvre le bien commun, dans une perspective géopolitique nationale et régionale ; il s'agit de défendre l'intérêt national face à des forces extérieures agressives et à des relais internes antinationaux, en sachant prévoir les occasions favorables qui se présenteront, autant que les menaces, à déjouer. Ceci requiert intégration et planification.

2. Restaurer la monnaie souveraine, avec ses trois fonctions essentielles : mesure de valeur (servant à fixer les prix), devant offrir la plus grande stabilité. Outil d'échange, qui doit être admis sur le maximum de marchés. Outil d'épargne, stable et non générateur d'intérêts usuraires, capable de susciter la confiance. Instrument de crédit permettant à l'État de reconstruire les infrastructures stratégique et sociale, en évitant l'endettement interne et externe de l'État. Tout ceci entraîne la réforme intégrale du système financier et bancaire.


3. Renégocier de la dette publique externe et interne, qui représente le principal instrument de domination sur l'Argentine. Honorer les dettes honorables ; mener des enquêtes sur celles qui sont douteuses ; rejeter les dettes frauduleuses. Certaines dettes contractées entre 1990 et 2003 avec l'approbation des présidents successifs méritent d'être qualifiées juridiquement de « dettes odieuses ».

4. Respecter les institutions républicaines ; d'abord en s'appuyant sur un pouvoir judiciaire authentiquement indépendant ; ensuite proposer une réforme constitutionnelle et l'harmonisation des lois et directives émises par les différentes instances locales et spécialisées.

5. Restaurer les valeurs éthiques : « Le bien commun est toujours au-dessus des égoïsmes individuels ». Ceci implique la hiérarchie suivante :
Les finances se subordonnent à l'économie, qu'elles doivent servir ;
L'économie se subordonne à la politique : la liberté des activités économiques a pour limite l'intérêt national.
La politique se subordonne à la culture. Il s'agit de respecter et de faire respecter les valeurs et traditions du peuple argentin.
La culture se subordonne à ce qui est transcendant. Tout en respectant le pluralisme religieux, le MSRA assume la tradition chrétienne et « invoque la protection de Dieu, source de toute raison et justice ».


III La falsification de l'histoire comme instrument de domination


Par Adrián Salbuchi

Source : http://www.eltraductorradial.com.ar/index%20ETR-masarticulos.htm. At this same URL you will find the english translation as Microsoft Document.

"Celui qui contrôle le passé contrôle le présent; celui qui contrôle le présent contrôle le futur ». George Orwell, 1984.

« L'histoire n'est pas simplement du « passé ». C'est la forme que prennent les angoisses et les combats du présent. Voilà pourquoi face à une même histoire il existe et il doit exister différentes interprétations historiographiques.. La tâche du penseur consiste à analyser les connexions entre les phénomènes de nature historique et sociaux. Il faut se préserver des critiques de ceux qui veulent désigner « le mal absolu » au nom du « bien absolu » ».
Norberto Ceresole, La falsificación de la realidad. (Buenos Aires, 1998)

 

"La seule vérité, c'est la réalité"
(Juan Domingo Perón).

Pour un peuple, connaître son passé ­son histoire- est aussi important que pour un individu le fait de connaître ses origines, d'où il vient et quelles sont ses racines, c'est à dire qui il est. La personne qui souffre d'amnésie est désarmée face à la volonté d'autrui et court le risque de se voir mener en bateau par n'importe quel escroc qui se fait passer pour son « ami », son « frère » ou son « parent » pour profiter d'elle.

Ce qui arrive à ces individus peut arriver aussi aux peuples s'ils oublient, confondent ou ignorent le passé ; avec les technologies modernes, cela peut même arriver au monde entier.

De nos jours, des groupes compacts très puissants disposent des moyens suffisants pour contrôler littéralement notre vision du passé ­l'histoire- et du présent, faisant ainsi dérailler la réalité qui se trouve remplacée par une espèce de réalité virtuelle, alignée sur leurs intérêts à eux, et leurs objectifs, bien souvent inavouables.

 

« L'INDUSTRIE DE L'HOLOCAUSTE »

Sous ce titre insinuant, l'historien usaméricain Norman Finkelstein, professeur de théorie politique à la City University de New York, Hunter College, a publié en 2000 un livre très polémique : L'industrie de l'holocauste, réflexions sur l'exploitation de la souffrance juive (traduction française : éd. La Fabrique) où il critique les puissants motifs financiers et géopolitiques de ceux qui font la promotion hyperbolique de ce qu'on appelle l' « Holocauste » afin d'extorquer des sommes gigantesques, pour le compte de l'État d'Israël, à un ensemble de « victimes solvables » : banques suisses, gouvernements usaméricain et allemand, grandes entreprises allemandes et d'autres victimes présentes et à venir.

Finkelstein définit Israël comme un État terroriste, expansionniste et hautement dangereux non seulement pour la paix au Proche Orient mais du monde entier, spécialement si l'on tient compte de son énorme capacité nucléaire grâce aux armes de destruction atomique que lui ont cédées depuis des dizaines d'années, en toute obéissance, les USA et la France.

Norman Finkelstein s'insère dans le courant de pensée de son ami et mentor Noam Chomsky, et ils ont attiré sur eux les foudres de la puissante machinerie du sionisme international, en qualifiant ses principales organisations et ses opérateurs comme des gangs et des voyous ; il qualifie le propagateur de l'Holocauste Elie Wiesel comme le « clown résident », et les exigences sionistes envers l'Allemagne, à titre de réparations monétaires gigantesques, comme un chantage éhonté.

Ce qui est intéressant, c'est que Finkelstein s'insère dans un ensemble d'historiens, de journalistes, d'intellectuels et de représentants de secteurs considérables, à l'échelle du monde entier, qui n'acceptent pas passivement le dogme de l'holocauste en provenance des centres de pouvoir essentiellement privé du Nouvel Ordre Mondial, et qui se trouvent à New York, Londres, Paris et Jérusalem, parmi d'autres grandes villes. Il s'agit d'un vaste secteur de gens intellectuellement indépendants, qui considèrent que cette authentique « industrie de l'Holocauste » sert non seulement à détourner des fonds publics et privés dans le monde entier, mais aussi à justifier le génocide que commet l'État d'Israël contre le peuple palestinien captif, et d'autres futures agressions en différents points du globe où, quand même, certains commencent à ouvrir les yeux.

 

TERRORISME INTELLECTUEL

Dans le monde développé actuel, pourtant si libéral, il règne un authentique terrorisme intellectuel qui interdit dans certains pays sous peine de prison qu'on fasse des recherches ou que l'on diffuse la moindre opinion ou enquête débouchant sur une mise en question de la véracité du dogme de l'Holocauste. Ainsi, ont été poursuivis des historiens comme le Français Robert Faurisson, Ernst Zündel le chercheur allemand, actuellement emprisonné, et tout récemment le prestigieux historien anglais David Irving qui a été arrêté en Autriche pour une affaire datant de 1989 : il avait prononcé une conférence où il mettait en doute le chiffre officiel de six millions de juifs assassinés dans les camps de concentration allemands durant la Deuxième guerre mondiale, en soutenant, comme bien d'autres chercheurs, qu'au-delà de la persécution des juifs dans l'Allemagne national-socialiste, il n'y a pas de support sérieux pour ce chiffre effrayant de 6 millions.

Ce même chiffre, emblématique et cabalistique, est tenu pour acceptable de nos jours, non pour avoir été étayé par des recherches historiques solides, mais parce qu'il a été répété et dramatisé à l'envi, au moyen de films documentaires de propagande, de livres, de romans, de monuments, de cérémonies et de réunions mémorielles, et de bien d'autres entreprises à effet psychologique collectif tendant à imposer un chiffre sans la moindre base rigoureuse comme une réalité. L'un des instruments de guerre psychologiques utilisés pour ce faire est l'Anti Defamation League (ADL, www.adl.org), l'une des organisations de choc chargées d'exercer des pressions de toute nature contre ceux qui pourraient remettre en question le Mythe de l'Holocauste, n'importe où dans le monde. Au moyen d'une méthodologie agressive, abondamment financée et largement couverte par les multimédias monopolistiques mondiaux, l'ADL exerce une sorte de terrorisme intellectuel qui tend à faire taire toute critique contre le sionisme, ses objectifs mondiaux et ses opérateurs, en brandissant à tout bout de champ, de façon hystérique, l'accusation d'antisémitisme contre ceux qui prétendraient promouvoir une étude sérieuse de ces questions fondamentales, ou remettre en question les politiques israéliennes, en établissant l'équivalence entre antisémitisme et antisionisme. Il faut savoir que l'ADL opère en liaison étroite avec la loge maçonnique juive très influente, et très fermée, le B'Nai B'Rith.

 

POUR PARLER CRUMENT

C'est dans ce cadre qu'il nous semble nécessaire de situer les pertinentes déclarations du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, formulées à la Mecque, en Arabie Saoudite, lorsqu'il a exprimé des doutes sur la véracité de l'histoire officielle autour de l'Holocauste juif, et qu'il a suggéré que l'Israël devrait être transplanté en Europe.

Ceci a suscité immédiatement le rejet des très puissantes organisations sionistes mondiales, ainsi que des gouvernements et médias qui sont sous leur contrôle, qu'il s'agisse des USA, du Royaume Uni, de l'Allemagne, de l'Autriche et naturellement, d'Israël.
Et pourtant, et malgré la mauvaise image dont sont gratifiés aujourd'hui l'Iran et son gouvernement dans les médias occidentaux, la logique d'Ahmadinejad est historiquement impeccable. Entre autres choses, le président a signalé que : « certains pays insistent pour dire que Hitler a tué des millions de juifs innocents dans une chaudière, et ils insistent tellement sur ce point qu'il suffit qu'une personne le conteste pour être envoyée en prison ».
Il ajoute que même si l'affirmation que nous contestons est exacte, en quoi le massacre d'innocents par Hitler justifierait-il un soutien aux occupants de Jérusalem ? Maintenant qu'ils admettent que les juifs ont été opprimés, pourquoi les Palestiniens musulmans devraient-ils en payer le prix ? Puisque ce sont les Européens qui ont persécuté les juifs, qu'ils offrent donc un bout de terrain au régime sioniste pour qu'il y installe le gouvernement auquel il tient tellement. Nous le soutiendrons, a ajouté le président iranien. « Que l'Allemagne et l'Autriche donnent deux ou trois de leurs provinces au régime sioniste, et le problème sera réglé à la racine ».

Ahmadinejad est de toute évidence en train de renverser le pot aux roses, comme on a pu le constater par la série des réactions hystériques des « démocraties occidentales », à commencer par celle de la toute nouvelle chancelière Angela Merkel, qui a jugé totalement inacceptables ces déclarations iraniennes.

De notre côté nous posons la question : Pourquoi ce rejet germanique ? La logique voudrait même que ce soit la Bavière historique qui soit le pays préposé à ce rôle de pays d'accueil pour les juifs.

Ursula Plassnik, ministre des affaires étrangères autrichienne a renchéri : « Il est hors de question de mettre en doute le droit à l'existence d'Israël » tandis que Raanan Gissin, porte- parole d'Ariel Sharon, a exprimé son inquiétude, devant le « consensus qui existe dans de nombreux cercles du monde arabe, sur le fait que le juifs n'ont pas le droit d'établir un État juif démocratique sur leur patrie ancestrale ».

Nous ajouterons que ce n'est pas seulement dans le monde arabe qu'on conteste le droit à usurper des terres étrangères, mais que sur notre continent et en Argentine, nombreuses sont les personnes qui soutiennent exactement ce point de vue. Gissin a insisté, face au président iranien : « Nous les juifs sommes ici depuis bien plus longtemps que vos ancêtres », et il a « remercié Dieu de nous avoir donné la capacité de dissuader préventivement toute application pratique dérivée de semblables déclarations ».

La position israélienne est très intéressante. Si tous les peuples et toutes les ethnies du monde se mettaient à réclamer des terres qui selon leurs livres sacrés et leurs traditions culturelles, religieuses et ethnico-raciales leur reviennent parce que « nos ancêtres étaient là avant », cela donnerait lieu à de grands bouleversements dans le monde entier. Les Usaméricains devraient se retirer de tout leur territoire pour le rendre aux nations Sioux, Chinook, Tonkawa, Wichita, Utah, Apache, Delaware, Algonquin, Iwa, Cheyenne, Mojave, Mohawk, Choctaw, Iroquoise, Miami, Omaha et bien d'autres tribus aborigènes, dont les terres ont été confisquées par le gouvernement au long de quatre siècles d'invasions et de génocides. Ces tribus étaient arrivées là bien avant les conquérants anglais, hollandais, espagnols, portugais, allemands, et les immigrants juifs, qui ont ensemble fini par fonder l'empire vorace connu aujourd'hui comme USAd'Amérique du Nord.

Et nous les Argentins, au moins nous qui sommes d'origine italienne, espagnole, saxonne et membres de la communauté juive, nous devrions commencer à faire nos valises pour nous retirer des provinces usurpées il y a à peine deux siècles, volées aux tribus Ranquel, Pampa, Mapuches, Cmechigones, Guaranik, Tobas, Selcnam, Aymara, Quilmes, Guayaqui et bien d'autres.

Pour ce qui est de la possibilité de rejet concret d'Israël par les pays arabes, évoquée par Ariel Sharon, les forces du sionisme juif sont tout à fait capables d'exercer la dissuasion préventive, dans la mesure où elles sont déjà parvenues s'emparer du gouvernement des USA pour en faire un instrument docile et soumis à leurs propres intérêts géopolitiques mondiaux, à l'inspiration clairement messianique et raciste. Ce processus complexe et insolite, de hold-up sur l'État étasunien a un nom bien précis : c'est le « Project for a New American Century » (www.newamericancentury.org).

 

EN QUOI TOUT CELA NOUS REGARDE-T-IL ?

Chaque fois que notre presse infantilisée informe sur ces sujets, elle le fait hors contexte, généralement de façon incomplète, toujours de façon biaisée, conséquence logique de son alignement sur la vision globale imposée par les maîtres du Nouvel Ordre Mondial, en clair, alignée sur les intérêts du sionisme international, dévotement.

Ainsi, on a pu lire dans le quotidien Clarin de Buenos Aires, le 10 décembre 2005, que les déclarations du président iranien « expriment un sentiment antisémite, intolérant, belliqueux et antidémocratique », parce que c'est ce qu'ont déclaré dans un communiqué commun AMIA (Association Mutualiste Israël Argentine), DAIA (Direction Amitié Israël Argentine) et l'Organisation Sioniste Argentine, qui ont exigé du président Kirchner qu'il se joigne à la « condamnation du président iranien pour ses paroles », et Kirchner s'y est plié. Le même article brandit à nouveau la « menace nucléaire » que représente l'Iran (en cachant que le véritable danger nucléaire actuel est représenté par les USA, Israël et le Royaume Uni) et formule même une menace cousue de fil blanc contre l'Iran en rappelant qu'Israël « a bombardé le réacteur atomique iraquien Osirak, à 17 km de Bagdad, en 1981 », sans que les Nations Unies aient songé à condamner Israël pour cette violation flagrante de la souveraineté iraquienne.

Les pressions sionistes sur la République argentine viennent de loin. En 1896, le fondateur Theodor Herzl proposait de fonder l'État israélite en territoire argentin, en échange d'une compensation financière ; et nous nous demandons : cela ne cadrerait-il pas parfaitement avec les opérations de reconversion de la dette en investissements fonciers ?

Aujourd'hui, ces pressions ont abouti à une détérioration des relations diplomatiques entre l'Argentine et l'Iran, qui a coûté à notre pays des milliards de dollars en exportations qui n'ont pas eu lieu, en direction de l'Iran, pendant les dix dernières années ; mais, plus grave encore, cela nous entraîne vers un engagement dans la guerre que les USA, l'Israël et la Grande Bretagne préparent contre l'Iran ; nous nous conduisons de façon ignoble en agressant et en insultant gratuitement le noble peuple persan millénaire.

L'ingérence des services de renseignement de certains États étrangers a des conséquences catastrophiques. L'Argentine est entre les mains de dirigeants politiques ignorants en matière internationale, comme le président Kirchner lui-même, qui a confié la chancellerie à un personnage inapte, inepte et incapable de prendre des décisions : un certain Rafael Bielsa.

 

QUI SONT ET OÙ SONT NOS ENNEMIS ?

Ne nous méprenons pas sur les agresseurs auxquels nous avons affaire. Historiquement, depuis des siècles, le Royaume Uni et les USA ont été nos adversaires, et cela presque sans interruption depuis deux siècles ; ils nous agressent sur les fronts économique, financier, politique, moral et militaire, soit directement soit par l'intermédiaire de leurs agents dans le pays, dans le secteur privé et public. Or, après la Deuxième guerre mondiale, nous avons adopté la position irrationnelle consistant à assumer comme « notre ennemi » une Allemagne diabolisée et battue à plate couture, il y a plus de soixante ans. Pourtant, ni l'Allemagne, ni l'Autriche ni leur principal allié le Japon n'ont jamais agressé l'Argentine ni aucun point de notre continent, ni porté la moindre atteinte à nos intérêts, contrairement à la pratique systématique des USA et des Britanniques.

N'oublions pas non plus que l'Union Soviétique, alliée des USA et de l'Angleterre au cours de la Deuxième guerre mondiale, a lancé contre nous, dans les années 1960-70 des guérillas, ce qui a donné lieu à la guerre civile, une catastrophe nationale. Nous avons donc été victimes d'un effet de tenaille, notre peuple se trouvant agressé d'une part par les « jeunes idéalistes » d'une guérilla apatride, et d'autre part nous avons enduré la répression et la trahison d'une camarilla militaro-civile, qui s'est emparée de l'État pour le livrer stupidement aux intérêts géopolitiques des USA.

Voilà comment nous croyons que nos ennemis sont ceux qui s'opposent à l'alliance anglo-étasunienne-israélienne : depuis l'Allemagne et le Japon au moment de la guerre, jusqu'à l'Iran et aux organisations de libération islamique en Palestine, en Irak et en Afghanistan. Et cette Argentine culturellement et intellectuellement colonisée à l'air d'apprécier le poison qu'on lui administre à grandes lampées, tous les jours !

 

RIEN À VOIR AVEC NOUS AUTRES ?

L'État d'Israël est un État étranger, allié aux USA et à la Grande Bretagne. Si nous réfléchissions avec notre cerveau et non pas avec celui de nos ennemis et adversaires, tant à l'intérieur qu'à l'étranger, nous maintiendrions au moins une attitude digne, neutre et objective, face à la catastrophe qui ravage le Proche-Orient depuis plus de cinquante ans. Un minimum d'autoestime nous amènerait à rejeter l'histoire officielle mondiale propagée et imposée par les trois brigands intéressés, tant que nous n'avons pas le point de vue, sur cette même histoire, des grands vaincus de la même guerre, qui diffèrera forcément de celle des gouvernements fantoches qui occupent l'Allemagne et l'Autriche par la grâce d'un Dieu tribal qui les manipule depuis les métropoles déjà mentionnées.

Depuis 1945, l'opinion publique planétaire a été informée de terribles carnages, camps de concentrations et persécutions organisés par l'Allemagne national-socialiste. Mais cela se produit dans le contexte sans précédent d'une défaite complète face à des ennemis qui sont parvenus à lui voler son territoire, à faire condamner ses dirigeants (le tribunal de Nuremberg a été une mascarade significative), à lui voler des centaines de patentes, d'inventions, de créations industrielles et de droits intellectuels de toute nature ; en tant que butin de guerre, l'Allemagne s'est vue en outre confisquer toute sa documentation d'État, dont ce qui était classé comme documents secrets. Tout cela a été emporté à New York, Londres, Paris et Moscou, les métropoles qui ont rédigé l'histoire officielle selon leurs intérêts et objectifs. Parmi ceux-ci figurait la création, le financement et la puissante militarisation ad vitam aeternam de l'État d'Israël.

En guise d'exercice mental, demandons-nous quelle serait l'image dominante aujourd'hui si la totalité des documents secrets des USA, de la Grande Bretagne et d'Israël tombaient intégralement entre les mains de leurs adversaires, de sorte que ceux-ci élaborent leur propre histoire officielle, afin de les diaboliser et de promouvoir leurs propres objectifs ? Que se passerait-il si nous pouvions explorer à fond les chapitres les plus sombres, sanguinaires, pathologiques et destructeurs, cachés dans les archives secrètes de la CIA, du Pentagone, et de la National Security Agency ? Ou encore du M16 et du Foreign Office ? Et du Mossad, du Shin Bet et des Forces de défense israéliennes ?

Aujourd'hui, les USA ne parviennent même pas à garder une image présentable devant l'opinion publique, malgré leur position de nation la plus puissante au monde, et disposant d'instruments gigantesques pour contrôler l'information. Combien de tribunaux de Nuremberrg faudrait-il pour juger et condamner Kissinger, Truman, Eisenhower, Roosevelt, Bush, Johnson, McNamara, Bundy, Kennan, Deutch, Baruch, Morgenthau, Cheney, Perle, Wolfowitz, Feith, Rockefeller, Harriman, Clinton, Albright, Carlucci, Reagan, Hoover, Westmoreland, Rusk, Schwartzkopf, Powell, Braden, Rhodes, Kagan, Podhoretz, Brzezinski, Abrams, Negroponte, Bolton, Dulles, Rice, Rumsfeld, Baker, Casey, Berger, Armitage, Lehman, Kaplan, Helms, Solardz, Sokolski, Thatcher, Churchill, D'Amato, Nixon, Ford, Carter, Eden, Carrington, Nott, Harris, Shamir, Meir, Sharon, Netanyahu, Barak, Peres, Gore, Beghin, Ben Gourion, et tant d'autres ? Le monde n'aurait jamais vu tant de célébrités jugées pour crimes de lèse-humanité, génocide et crimes contre la paix.

Voilà pourquoi il est temps d'en finir avec l'alignement systématique et honteux de tous les gouvernements argentins depuis au moins trente ans. Ce vulgaire processus de décadence s'est intensifié avec la trahison du président Menem dans les années 1990, à tous les niveaux de la vie politique et des relations internationales, scellées par les « relations charnelles » [sic] dont faisait état Menem avec l'empire anglo-usaméricain-israélien, et encore intactes sous l'actuel gouvernement du président Kirchner, dont le style a changé, mais qui préserve les axes principaux de cette soumission.

Pour ce qui est des déclarations du président iranien, souvenons-nous que l'Argentine a accusé l'Iran d'avoir organisé les attentats de 1992 et 1994 contre l'Ambassade d'Israël et le centre communautaire AMIA, en n'apportant au dossier que des fausses pistes, et des « preuves » de toute évidence imposées par les forces israéliennes et usaméricaines qui ont pris en charge l'enquête dès le départ, « au niveau zéro ». C'est ainsi que pendant plus de dix ans, les autorités se sont décarcassées pour inventer une piste iranienne, purement imaginaire, débouchant sur le spectacle honteux d'un juge fédéral payant un prisonnier pour qu'il porte un faux témoignage (le juge Galeano, destitué), et, plus récemment encore, un procureur hystérique (Nissman) montrant la photo d'un « terroriste assassin » supposé, qui se serait immolé lors de l'attentat contre AMIA, thèse qui a rapidement été abandonnée à cause de la falsification grossière sur laquelle elle reposait. Le tout, bien entendu, avait bénéficié d'une énorme couverture médiatique dans toute l'Argentine. Et cela n'empêche pas que l'on continue à rechercher intensément les preuves correspondant à une « piste iranienne » dont Bush et Sharon ont un besoin urgent pour déclarer un casus belli contre l'Iran, alors que c'est la piste israélienne, bien plus vraisemblable, qu'il faut approfondir.

 

LA CABALE DES CHIFFRES

Pour comprendre comment opère le mécanisme mystificateur autour des six millions, signalons que dans un contexte beaucoup plus modeste et récent, chez nous, nous avons vu se propager un mythe comparable, celui des « 30 000 disparus » (du fait de la répression des années 1970), chiffre qui ne repose sur rien. En effet la Commission nationale sur la Disparition des Personnes, CONADEP, créée par le gouvernement Alfonsin en 1984, énumère, dans son célèbre rapport Nunca Más, 8700 cas de personnes concernées et recherchées ; elle a rassemblé les preuves concrètes qui ont permis de juger les militaires responsables de deux cents cas environ de disparitions. Or même dans cette liste réduite de disparitions, validée par la CONADEP, on trouve des cas remarquables de personnes classées disparues, mais retrouvées à l'étranger, dont certaines font même partie du gouvernement actuel, telle Mme Carmen Argibay, récemment nommée juge à la cour suprême par le président Kirchner !

Ce qui compte, c'est d'observer comment, dans ce cas aussi, le mythe a été propulsé par les médias, qui le répètent tant et si bien que cela agit comme une perceuse dans le cerveau des Argentins, au point que cela été implanté comme partie constituante de l'imaginaire collectif argentin. Nous soulignons ce phénomène pour faire comprendre l'importance qu'il y a à ne pas permettre que la réalité soit falsifiée ­selon les termes de Norberto Ceresole, cité en tête de cet article ; cela n'implique nullement que l'on justifie la barbarie, la stupidité et la servilité du gouvernement militaro-civil qui a confisqué le pouvoir en Argentine entre le 24 mars 1976 et le 10 décembre 1983.

Les méprisables bourreaux doivent payer pour leurs crimes. Mais une chose est de punir les individus responsables, particulièrement lorsqu'il s'agit de militaires de haut rang , et de défénestrer l'institution des forces armées et de sécurité, essentielles pour la défense et la sécurité de l'État argentin. C'est pourtant ainsi, en les traînant dans la boue, qu'un ensemble de personnages, parmi nous et à l'étranger, a profité de la souffrance terrible de ces années-là pour promouvoir d'autres intérêts moins avoués, qui visent à obtenir la progressive dissolution et destruction de la République argentine.

Moralement, un seul être humain injustement poursuivi ou assassiné mérite que justice lui soit rendue, qu'il ait été persécuté par des militaires argentins, allemands, iraquiens, soviétiques, israéliens, usaméricains, ou par des fanatiques chinois, sionistes, français ou anglais. Mais la justice doit être la même pour tous. Et si nous devons condamner des militaires argentins et des dirigeants allemands, nous devons aussi condamner des tortionnaires israéliens, anglais, et des envahisseurs usaméricains.

Rétablissons donc les proportions justes : 6 millions pour l'Holocauste ? 30 000 disparus ? L'exagération ne nous rapproche ni de la justice ni de la vérité, mais au contraire, elle les éloigne et c'est une insulte à la mémoire de ceux qui ont réellement été victimes dans toutes ces guerres et ces conflits complexes. Il faut donc créer les conditions pour accumuler les données exactes autour de ces douloureux événements, pour ensuite établir les quantités de victimes qui ont succombé. Aujourd'hui, on s'y prend à l'envers : d'abord on lance les chiffres qui permettent d'élaborer Le Mythe utile dans le cadre de certains objectifs inavouables, et ensuite on exerce une pression pour obliger chacun à y croire.
Cessons donc de penser avec un cerveau d'emprunt, renseignons-nous, pour comprendre « de quoi il s'agit exactement » et ne laissons pas la manipulation faire une victime de plus : la vérité.

17 mars1992 (Attentat contre l’Ambassade d’Israël à Buenos Aires) - 17 mars 2006 : « Terrorisme international » musulman ou « Terrorisme d’Etat » occidental ?


Document adressé aux médias argentins le 17 mars 2006 par José Petrosino, Alejandro Olmos Gaona et Oscar Abudara Bini.
Traduit de l'espagnol par Maria Poumier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

Quatorze ans sont passés, le grand public ignore à peu près tout du crime. Or l’escamotage des faits ne se borne pas à l’Argentine.
Des milliards dépensés pour accuser Ben Laden n’ont pas suffi à empêcher des poursuites contre Bush et son administration, en tant qu’auteurs idéologiques des attentats du 11 septembre (voir les procédures judiciaires entreprises par Ellen Mariani et Stanley Hilton)
Dans l’« enquête » sur l’attentat contre l’Ambassade d’Israël on constate trois étapes bien distinctes :
1) Une première étape contrôlée par Israël : les accusations -à notre avis élaborées a priori- contre les musulmans ont été soutenues jusque par la députée Elisa Carrió. L’affaire allait être enterrée discrètement. Or, l’attentat contre AMIA (autre bâtiment consacré aux intérêts israéliens) survenu en 1994- a modifié le projet initial, et la deuxième étape commence en 1995.
2) Deuxième étape : l’enquête progresse, au point que des preuves sont fournies lors de l’audience d’examen des expertises le 15-5-1997 ; l’explosion s’est produite à l’intérieur du bâtiment. Cette avancée de la justice marque le début de la fin des enquêtes….
Israël obtient que les résultats de l’audience spéciale soient considérés « top secret », et que tout le dossier passe à un secrétariat ad hoc, qui acceptera de garder le secret. Ainsi commence la troisième étape.
3) Troisième étape : en 1999, on déclare réelle une fausse voiture piégée, et on accuse, sur la base d’indices falsifiés ou improbables, le Hezbollah. Le résultat fut ce qu’on attendait : l’enquête se retrouva bloquée… jusqu’à la décision du TOF3 (Tribunal Oral Fédéral n°3) au sujet du deuxième attentat, contre AMIA.
Les effets négatifs ne furent pourtant pas les seuls.
Peu de gens ont étudié la corrélation entre l’étouffement des deux affaires ; on ne l’explique pas au public, il n’y a pas d’enquête judiciaire à ce sujet. Or, tandis que des pressions s’exerçaient sur la Cour pour étouffer les conclusions de l’expertise sur une explosion intérieure, un faux procureur israélien dialoguait officiellement et négociait peut-être clandestinement avec Carlos Telleldín (l’accusé dans le cas de l’attentat à AMIA). Ces faits furent reconnus par le TOF, et la commission Unidad AMIA, présidée par le Dr. Rua, souligna que ce « procureur » avait bafoué les lois nationales et internationales.
Les demandes adressées à Israël pour que le pseudo procureur soit convoqué, de même que les requêtes insistantes pour que le personnel israélien de sécurité en fonction à l’ambassade le jour de l’attentat vienne témoigner à la barre, restent sans le moindre effet.
C’est le juge Alfredo Bisordi, secrétaire instructeur de l’affaire de l’Ambassade à ses débuts, qui dénonce publiquement le fait que des pressions et des interférences ont été exercées par Israël et les États-Unis sur le tribunal.
C’est une avancée unique, comparée aux enquêtes anémiques menées autour des attentats de Londres et de Madrid.
Aux États-Unis, la confusion officielle sur les attentats du 11 septembre est bien plus grave, mais la justice avance, grâce aux efforts de Stanley Hilton qui représente 400 victimes. C’est ainsi que les tribunaux étudient des plaintes envisageant sérieusement la responsabilité d’un terrorisme d’État occidental.
En Argentine, nous connaissons le terrorisme d’État qui s’est exercé dans les années 1970, mais c’est au prix Nobel Harold Pinter que nous devons le diagnostic de terrorisme d’État pour les actes de barbarie des années 1990 et 2000.
De même que l’Argentine a fait son mea culpa, Israël peut et doit reconnaître sa responsabilité dans le blocage des deux enquêtes.
Nous exigeons d’Israël une conduite démocratique et respectueuse du droit, et nous joignons en ceci aux requêtes de nombreux intellectuels juifs prestigieux, ainsi qu’aux familles des victimes des attentats en Argentine. L’attitude critique envers Israël du chef d’orchestre argentin Daniel Baremboim nous semble un exemple à valeur universelle.
Signataires : José Petrosino, chercheur , Alejandro Olmos Gaona, chercheur, Oscar Abudara Bini, cinéaste (a déposé des plaintes dans le cadre des deux attentats).