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Mercredi 27 septembre 2006

À lire, à voir, à entendre - L’événement de la semaine

La sortie en salles du film « Indigènes » de Rachid Bouchareb

"Indigènes" dénonce l'injustice faite aux soldats des colonies françaises

Par Rébecca FRASQUET, AFP, 23 septembre 2006

"Indigènes" de Rachid Bouchareb, couronné d'un prix collectif d'interprétation masculine au festival de Cannes, dénonce l'injustice faite aux soldats venus des colonies et rend hommage au rôle actif qu'ils ont joué dans la libération de la France, lors de la Seconde guerre mondiale.

Ce film, qui sort mercredi 27 septembre dans quelque 500 salles [pour choisir votre salle], a pour ambition "d'ouvrir un chapitre de l'Histoire de France", selon son réalisateur français d'origine algérienne.

"Indigènes", tourné au Maroc et en France, suit les pas de Saïd (Jamel Debbouze), Abdelkader (Sami Bouajila), Messaoud (Roshdy Zem) et Yassir (Samy Naceri) de jeunes "Nord-Africains" qui en 1943, s'engagent dans l'armée française pour libérer la "mère patrie" de l'ennemi nazi.

Peu évoqué dans les manuels scolaires, l'engagement de ces 130.000 tirailleurs, goumiers et tabors algériens, marocains et tunisiens sera déterminant pour le succès de la campagne d'Italie et la victoire des Alliés.

 

Metin Kutusu:  
Rachid Bouchareb

Rachid Bouchareb, dit avoir "toujours baigné dans l'histoire de l'immigration. C'est l'histoire de ma famille".

"Un de mes oncles a fait la guerre d'Indochine, nous avons vécu la guerre d'Algérie, et j'ai même un arrière-grand-père qui a fait 14-18. J'ai toujours été au carrefour de la colonisation, de la décolonisation, de l'immigration, de tous ces hommes qui ont fait l'Histoire de France", a-t-il déclaré.


Le populaire humoriste et comédien Jamel Debbouze, qui co-produit ce film à grand spectacle aux nombreuses scènes de combat, mais aussi Samy Nacéri, Roschdy Zem et Sami Bouajila, tous d'origine maghrébine, se sont "fédérés" autour d'un projet courageux qui leur a valu un prix d'interprétation collectif en mai dernier sur la Croisette.

La leçon d'histoire donnée par "Indigènes", film très didactique, avait été longuement applaudie au festival pour son vibrant plaidoyer en faveur de ces soldats quasiment rayés de la mémoire collective.

Le film, qui a coûté 14 millions d'euros, est l'un des dix plus chers de l'année en France avec 500 figurants et 18 semaines de tournage. Il a notamment été coproduit par trois chaînes de télé, cinq régions, une société de production marocaine, une algérienne et deux belges. Quant au Royaume du Maroc, il a mis son armée à disposition.

Juste avant le générique de fin, un texte rappelle que les anciens combattants indigènes ont vu leurs retraites et leurs pensions d'invalidité gelées à leur niveau de 1959 par une loi dite de "cristallisation".

Suite à la plainte déposée en 1996 par un ex sergent-chef sénégalais, Amadou Diop, qui a touché une pension divisée par trois en vertu de cette loi, un arrêt du Conseil d'Etat de 2001 oblige le gouvernement français à réviser un texte contraire à la Convention européenne des Droits de l'Homme. En dépit de cet arrêt, la "décristallisation" n'a pas encore eu lieu.

Le site d'"Indigènes" lance d'ailleurs un appel au président Jacques Chirac "pour l'égalité des droits entre les anciens combattants français et coloniaux", soulignant qu'"un Français +invalide de guerre+ vaut 3 Sénégalais et 11 Marocains". "Un Français +ancien combattant pensionné+ vaut 2,5 Sénégalais et 7,5 Marocains".

C'est "un des plus grands scandales de notre République", souligne ce texte qui demande notamment la création d'un fonds d'urgence, non seulement pour aider les survivants ou leurs familles mais aussi destiné à "valoriser l'histoire et la mémoire des anciens combattants issus des colonies".

Le président Chirac a assisté au début du mois à une avant-première du film en compagnie de Jamel Debbouze.

 

APPEL POUR L'ÉGALITÉ DES DROITS

ENTRE LES ANCIENS COMBATTANTS FRANCAIS ET COLONIAUX

 

Metin Kutusu:

Monsieur le Président de la République,

 

1 Français « invalide de guerre » vaut 3 Sénégalais et 11 Marocains...

1 Français « ancien combattant pensionné » vaut 2,5 Sénégalais et 7,5 Marocains...

1 Français ayant été incorporé « 90 jours dans une unité combattante » vaut 5,2 Maliens, 7,3 Algériens et 26 Cambodgiens...

 

Ce n'est pas une histoire du temps des colonies, c'est la situation actuelle des anciens combattants « INDIGÈNES», dans 25 pays de l’ancien empire colonial français… Un des plus grands scandales de notre République.

 

Cet appel demande simplement que l'on revienne à l'arithmétique républicaine et que cesse l'arithmétique coloniale : l’égalité de tous devant la loi, pour ceux qui étaient égaux dans les combats. Depuis 50 ans, les recours se succèdent, des spécialistes nous expliquent que les économies locales ne peuvent « digérer » une telle parité (83.000 personnes seulement sont concernées aujourd’hui — en dehors de ceux qui n’ont pu jusqu’alors faire valoir leurs droits — sur plusieurs centaines de millions d’habitants !), les condamnations internationales se cumulent et les débats juridiques et financiers continuent… alors, qu’entre temps, les anciens combattants coloniaux disparaissent sans avoir connu l’égalité de traitement. Vous-même, avait déclaré, M. le Président de la République, le 14 juillet 2006, qu’il fallait « poursuivre le mouvement » de décristallisation.

 

Nous partageons votre souhait, il ne reste plus qu’à passer aux actes.

 

Metin Kutusu:  
Des Zouaves portent secours à un officier britannique lors de la bataille d’Inkerman (Guerre de Crimée) le 5 novembre 1854


Dans cette perspective, Monsieur le Président de la République — et à la veille du vote du prochain budget de notre pays —, vous pourriez demander à l’Assemblée Nationale, au Sénat et au Gouvernement Français de rendre hommage à ces hommes venus combattre pour la France de manière exemplaire, en prenant acte de la situation et de mettre en œuvre immédiatement quatre mesures simples. L’ensemble de la Nation, hommes et femmes de droite ou de gauche, se doit de réparer aujourd’hui, cinquante ans d’injustices.

 

Quatre mesures simples à mettre en œuvre immédiatement :

1°/ S'engager à ce que, dès 2007, les retraites du combattant, de ceux qui ont été dans une « unité combattante au moins 90 jours », soient équivalentes pour tous les hommes qui ont, ensemble, connu le feu... avec une rétroactivité, étalée sur cinq années, de 100% des sommes dues.

 

2°/ S'engager à ce que, dès 2007, les pensions d'invalidité soient équivalentes pour ces combattants qui ont, plus que d'autres, connu les souffrances de la guerre... avec le versement immédiat d’une somme forfaitaire égale à dix années d’arriérés.

 

3°/ Engager, dès à présent (2006), avec toutes les parties concernées une négociation globale et définitive au sein d’une COMMISSION INDÉPENDANTE concernant les pensions militaires de retraite de ceux qui ont « servi la France pendant 15 ans », renouveler les décorations anciennes dans les Outre-mers via les Ambassades de France, résoudre les différentes situations de blocage de droits depuis les réformes de 1991 ou les situations spécifiques de ceux qui n’ont jusqu’alors jamais pu faire valider leurs droits, mais aussi retrouver une tradition ancienne qui invitait les anciens combattants coloniaux aux cérémonies officielles en France : cette commission devra rendre ses conclusions dans un délai de trois mois et le gouvernement s’engager à les mettre en œuvre avant les Présidentielles.

 

4°/ Puisque l'état français a économisé près de 2 milliards d’euros depuis le début de cette sombre histoire, le gouvernement actuel doit s’engager à créer un fonds d'urgence de 10% de cette somme (en cinq ans : 40 millions d’euros par an), soit 200 millions d’euros au total, destinés à quatre objectifs suivis et coordonnés par une commission de spécialistes, d’acteurs associatifs et de représentants de l’État :

• un fonds d’aides exceptionnelles pour les personnes les plus démunies ou/et leurs veuves et enfants ;

• un fonds de recherches pour mettre en œuvre des programmes de recherches et d'histoire destinés à valoriser l'histoire et la mémoire des anciens combattants issus des colonies ;

• un fonds de production pour promouvoir plusieurs expositions itinérantes (grand public et scolaire : en France et Outre-mer) et soutenir la production de fictions TV, fictions cinéma et films documentaires sur ce thème ;

• un fonds mémoire pour l’entretien, la restauration et la promotion des lieux de mémoire et d’histoire (cimetières, lieux de combat, monuments, camps d’hivernage, musée de Fréjus…).

 

Appel à envoyer, par mail (www.elysee.fr : rubrique écrire au Président) ou par la poste à :

Monsieur le Président de la République

Palais de l'Elysée

55, rue du faubourg Saint-Honoré  75008  Paris

 

CINQUANTE ANS D’INJUSTICES…

Metin Kutusu:

 

 

Un passé qui ne passe pas… :

Depuis 1958 (ordonnance du 30 décembre 1958) et jusqu'aux derniers gouvernements de droite, comme de gauche, la question des pensions des anciens combattants coloniaux est un long serpent de mer... qui n'a pas de fin. L'histoire est simple. Au moment des indépendances, on a jugé qu'il fallait cristalliser le montant des pensions versées aux anciens combattants « étrangers ». Depuis, l'écart entre les pensionnés français et « coloniaux » n'a cessé de croître. Alors qu'au moment des combats, ils étaient Français, au moment de la retraite, ils ne le sont plus... On nous dit que de donner l’égalité de pensions, conduirait à des « déséquilibres économiques » dans les 25 pays concernés… mais ces hommes ne représentent plus aujourd’hui que 0,001% des populations locales. Cet argument n’a plus, en 2006, la moindre réalité économique.

Dès 1980, 700 anciens combattants ont porté plainte contre la France... et gagné une nouvelle fois un combat : celui de la justice. Depuis, très peu de choses ont changé. Le 14 juillet 2006, le président de la République, Jacques Chirac, a annoncé qu'il comptait « poursuivre le mouvement » de décristallisation, pour rendre hommage à ces combattants « légitimes » ... tout en reconnaissant, dans le même discours, que l'on n'a pas encore atteint la « parité ». Pourtant, deux jours plus tard, le Conseil d'état a validé les textes en vigueur et confirmé la discrimination à caractère « territoriale ». Pourtant, en juillet 2006, suite à une requête récente du GISTI (requête du 29 novembre 2004)[1], le Conseil d’État vient de « rejeter » cette requête. On a le sentiment de repartir éternellement à zéro. Ce double-jeu dure depuis 50 ans… il est temps qu’il prenne fin.

 

 

Une condamnation internationale :

La France a été condamnée par toutes les conventions internationales. En 1989, le Comité des droits de l'Homme de l'ONU a condamné la France pour cette injustice. Même le Conseil d'état, par l'arrêt Diop du 30 novembre 2001, a remis en cause cette discrimination négative fondée sur la « nationalité »... Le Commissaire du gouvernement a précisé que cette situation était contraire à la Convention des Droits de l'Homme... Pourtant rien ne change… ce sont toujours les mêmes raisons économiques évoquées…

         Personne ne sait exactement combien de personnes sont concernées aujourd’hui : pour les pensionnés ayant servis la France pendant 15 ans, on estime qu'ils sont près de 53.000 ; pour les retraites du combattant ayant été dans une unité combattante au moins 90 jours, ils seraient 48.000 ; pour la pension militaire d'invalidité, ils seraient 30.000... Ces hommes sont aujourd'hui répartis dans près de 25 pays[2]. Mais combien sont oubliés, combien ont vu leurs droits refusés… car arrivés à la retraite après les réformes de 1991, combien d’invalides attendent encore que leur situation actuelle soit reconnue…

 

Metin Kutusu:

Des réformes récentes… insuffisantes :

Il y a quelques semaines, le ministre délégué aux anciens combattants, M. Mekachera, rappelait, qu'en 2003, 83.000 personnes[3] avaient été concernées par les « mesures » prises alors par le gouvernement, de « réévaluations partielles » des pensions. Un petit « plus » après des années de silence. Le Parlement français a bien engagé une première « décristallisation partielle des pensions » en 2002, mais le gouvernement français a restreint l'année suivante ces timides réformes (décret du 3 novembre 2003). 

En 2004, à la veille des commémorations du débarquement en Provence de 1944, une première « revalorisation partielle » (de 130 millions d'euros sur 2 milliards de reliquats) a été mise en place... Mais, à ce rythme-là, on sortira d e cette injustice, lorsque le dernier « poilu » de la campagne d’Italie (1943-1944) sera mort... Toutes les dernières mesures de réévaluation ne sont que des placebos, qui ne rendent nullement hommage à ceux qui sont venus mourir pour la France. Ce n'est pas avec les 30 millions d’euros versés par la France aux Anciens combattants tous les ans que notre économie est ruinée… Il est plus que temps que nous tournions, enfin, cette page de notre passé colonial…

 

 

 

Le Bougnoule, sa signification étymologique, son évolution sémantique, sa portée symbolique.

Le contexte historique : En ces temps-là, la chair à canon carburait à la gnôle

Par René Naba, septembre 2006

 

Ici image. Légende :

Affiche Banania lancée en 1915, alors que les tirailleurs sénégalais mouraient de froid dans les tranchées du front

 

L’auteur du livre « Du bougnoule au sauvageon » (L’Harmattan, 2004) nous livre ici un résumé de son ouvrage, à l’occasion de la sortie du film de Rachid Bouchareb, « Indigènes ».

On peut regarder une interview vidéo de l’auteur sur le même thème an cliquant sur http://eric.boutarin.free.fr/films-web/rene-naba2.wmv

 

 

A l’assaut des tranchées adverses, ployant sous un déluge d’obus, suffoquant sous l’effet des gaz mortels sur les champs de bataille brumeux et venteux du Nord-est de la France, sous la glaciation hivernale des nuits noires de novembre, à des milliers de kilomètres de leur tropique natal, les grandes rasades d’alcool galvanisaient leurs ardeurs combatives à défaut d’exalter leur patriotisme.

 

En ces temps là, «la chair à canon» carburait à la gnôle. Par un subterfuge dont la raison détient seule le secret, qui n’en révèle pas moins les présupposés d’un peuple, les ressorts psychologiques d’une nation et la complexion mentale de ses dirigeants, la revendication ultime préludant au sacrifice suprême -«Aboul Gnoul», apporte l’alcool- finira par constituer, par un dévoiement de la pensée, la marque d’une stigmatisation absolue de ceux qui auront massivement contribué, à deux reprises, au péril de leur vie, à vaincre, paradoxalement, les oppresseurs de leurs propres oppresseurs. «Bougnoule» tire son origine de l’expression argotique de cette supplique ante mortem. Elle finira par confondre dans la même infamie tous les métèques de l’Empire, piétaille de la République, promus au rang de défenseurs occasionnels de la Patrie, défenseurs essentiels d’une patrie qui s’est toujours voulue distincte dans le concert des nations, qui se distinguera souvent d’une façon lumineuse (1), d’une façon hideuse parfois, traînant tel un boulet, Vichy, l’Algérie, la collaboration, la délation, la déportation et la torture, les pages honteuses de son histoire, peinant des décennies durant à expurger son passé, et, pour avoir tardé à purger son passif, en paiera le prix en termes de magistère moral.


Curieux rapport que celui qui lie la France à sa mémoire, étrange rapport que celui qui lie ce pays à lui-même, à la fois «Patrie des lumières et des Droits de l’Homme» et patrie du «Code Noir» de l’esclavage, le code de l’abomination, de la traite de l’Ebène et du mépris de l’Indigène. Etrangement curieux le rapport qui lie ce pays à ses alliés de la période coloniale, les peuples colonisés d’Outre-mer. Par deux fois en un même siècle, phénomène rarissime dans l’histoire, ces soldats de l’avant, les avant-gardes de la mort et de la victoire, goumiers Algériens, spahis Marocains, tirailleurs Tunisiens, Sénégalais et Soudano nigériens, auront été embrigadés dans des conflits qui leur étaient, étymologiquement, totalement étrangers, avant d’être rejetés, dans une sorte de catharsis, dans les ténèbres de l’infériorité, renvoyés à leur condition subalterne, sérieusement réprimés aussitôt leur devoir accompli, comme ce fut le cas d’une manière répétitive pour ne pas être un hasard, à Sétif (Algérie), en 1945, cruellement le jour de la victoire alliée de la seconde Guerre Mondiale, au camp de Thiaroye (Sénégal) en 1946, et, à Madagascar, en 1947, sans doute à titre de rétribution pour leur concours à l’effort de guerre français.

 

Metin Kutusu:

Substituer une sujétion à une autre, se faire décimer, au choix, sur les champs de bataille ou sur le terrain de la répression au retour au pays, avant d‘être mobilisé à nouveau pour la relance de l’économie de la Métropole, que de conséquences traumatiques ils pâtiront de cette «querelle de blancs». Il n’était pas question à l’époque de «seuil de tolérance» mais de sang à verser à profusion. Beaucoup acquitteront leur tribut du sang en faisant l’apprentissage de l’ébriété, sans connaître l’ivresse de la victoire. Beaucoup survivront à l’enfer de Verdun ou de Monte Cassino avant de sombrer dans le désarroi de l’incompréhension au sein de la cohorte des alcooliques anonymes. Beaucoup en perdront la raison devant une telle aberration de comportement. Beaucoup, plus tard, bien plus tard, basculeront dans une révolte libératoire qui sonnera le glas de l’empire français.

 

Recru d’épreuves au terme d’une vie brève mais houleuse, Lapaye Natou, vaillant combattant de l’armée de l’Union Française, miné par les ravages de l’alcool de palme, s’effondrera un crépuscule de l’été 1961. Gisant au pied du baobab de sa ville natale de Kaolack, dans la région du Sine Salloum, au Sénégal, un des centres mondiaux de l’arachide, qui fit la fortune des comptoirs coloniaux des négociants bordelais, Lapaye Natou, -l’auteur en a été le témoin-, apostrophera dans un ultime sursaut de fierté son auditoire en ces termes: «C’est moi Lapaye Natou, l’homme de l’homme, coeur de lion, peau de panthère, l’homme qui en fait son dawar, en a Mer, en a Méditerranée, en à l’Est Baden-Baden. Celui qui me connaît ça va, celui qui ne me connaît pas tant pis». En termes policés, c’est à dire en termes moins rudimentaires mais certainement moins expressifs, cela donnerait: «C’est moi Lapaye Natou, un être humain, courageux et résistant, un homme qui a répondu à l’appel du devoir en participant, loin de son pays natal, à tous les combats de la France, de la Méditerranée jusqu’au point de jonction des forces alliées au coeur de l’Europe. Je rends grâce à ceux qui reconnaissent ma valeur et voue aux gémonies ceux qui méconnaissent ma valeur et celle de mes semblables». Que d’imprécations devant cette malédiction du destin auront ainsi été proférées en un siècle hors de portée de leurs véritables destinataires. Que de ressentiments étouffés dans l’anonymat le plus complet. Que de colères contenues devant tant de désinvolture à l’égard de ce que l’un des leurs, Frantz Fanon, qualifiera de «damnés de la terre» (2). Rares sont les populations qui auront connu pareil parcours chaotique sans jamais cultiver une idéologie victimaire, sans jamais en faire usage ultérieurement dans leur combat pour leur acceptation.

 

Un agrégé de grammaire de l’Université française, une discipline où les lauréats sont rarissimes, qui présidera par la suite aux plus hautes destinées de son pays, Léopold Sedar Senghor (3), gratifiera ces victimes muettes de l’Histoire de la dignité de «dogues noirs de la République». Ciselée avec soin par un orfèvre dans l’art sémantique pour affirmer sa douloureuse solidarité avec ses frères de race, cette formule passera à la postérité comme la marque de scarification morale de leurs cerbères et de leurs héritiers naturels. «Les dogues noirs de la République», anti-mémoire de la France, sa face cachée, ainsi que son prolongement conceptuel, la «Négritude», que cet enfant chéri de la Francité forgera par opposition identitaire à ses anciens maîtres, constitueront le levier d’affranchissement du continent noir, son thème mobilisateur vers son indépendance. Pur produit de la culture française, un des grands motifs internationaux de satisfaction intellectuelle de la France, théoricien du métissage culturel et de la civilisation universelle, membre de l’Académie Française, condisciple du président français Georges Pompidou au Lycée Louis-le- Grand à Paris, ministre de la République Française et un des grands animateurs de l’Internationale Socialiste, Senghor sera, inexplicablement, le grand oublié de l’énarchie française à ses obsèques à Dakar, le 20 décembre 2001, à 95 ans, qu’elle réduira à sa seule africanité, illustration symptomatique de la singularité française.

 

 

Signification étymologique

Dans les ouvrages de référence de la société savante de l’élite française, le calvaire de leur dépersonnalisation et leur combat pour la restauration de leur identité et de leur dignité se résumeront à cette définition laconique: «Le bougnoule, nom masculin apparut en 1890, signifie noir en langue Wolof (dialecte du Sénégal). Donné familièrement par des blancs du Sénégal aux noirs autochtones, ce nom deviendra au XXme siècle une appellation injurieuse donnée par les Européens d’Afrique du Nord aux Nord-Africains. Synonyme de bicot et de raton». Avare de précision, la définition, sibylline, paraît quelque peu succincte. Masque-t-elle gêne, ignorance, indifférence ou volonté d’atténuation? L’expression était-elle vraiment familière? Serait-elle le fruit d’un paternalisme blanc de bon aloi envers de braves noirs «bons sauvages»? Qui sont donc ces Européens qui proféraient de telles appellations injurieuses? Des Suédois insultant des Phéniciens, les ancêtres des Carthaginois? De quelle planète étaient-ils les habitants? En quelle ère de notre Histoire? Qui sont donc ces Nord-africains à l’identité mal définie qui faisaient -qui font- l’objet d’une telle interpellation?  Le dictionnaire (4) qui donnait la définition du Bougnoule date pourtant de 1979, une époque récente de l’histoire contemporaine. Il se gardait bien d’identifier les Maghrébins, 30 ans après l’indépendance de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie, une nouvelle fois englobés dans le même sac de leur ancienne dénomination coloniale.

 

Treize ans plus tard, en 1996, ce même dictionnaire, cédant sans doute à l’esprit du temps sous l’effet des revendications des mouvements associatifs et des succès remportés par les jeunes générations issues de l’immigration, en donnera une définition laconique en un style télégraphique qui masquait mal les connexions: «familier, péjoratif, injure raciste/ 2 maghrébins, arabes» sans qu’il soit précisé s’il s’agissait d’injures racistes proférées à l’encontre des Arabes et des Maghrébins ou des injures échangées entre eux par des Arabes et des Maghrébins. 

 

Ici Image « Nous sommes tous des bougnoules ». Légende :

Philippe Gibbon, 2001

 

Son évolution sémantique

 

Un glissement sémantique du terme bougnoule s’opérera au fil du temps pour englober, bien au delà de l’Afrique du Nord, l’ensemble de la France, tous les «mélanodermes», les «arabo-berbères et négro-africains» chers à Senghor, pour finir par s’ancrer dans le tréfonds de la conscience comme la marque indélébile d’un dédain absolu, alors que parallèlement, par extension du terme raton qui lui est synonyme, le langage courant désignait par «ratonnade» une technique de répression policière sanctionnant le délit de faciès.

 

Loin de relever de la casuistique, l’analyse du contenu participe d’une clarification sémantique et psychologique, d’un exercice de pistage des «non-dits» de la conscience nationale à travers un voyage dans les méandres de l’imaginaire français. Le sujet demeure largement tabou en France et le problème soigneusement occulté des manuels scolaires et débats publics. Tel un spasme, il surgit par soubresaut par suite de malencontreuses réminiscences. Craint-elle tant, la France, au point de l’exorciser, l’idée «qu’un sang impur ait abreuvé ses sillons»? Croit-elle vraiment à la réalité d’un «sang impur» si pourtant abondamment sollicité sur les champs de bataille de Champagne-Ardenne, de Bir Hakeim, de Toubrouk, de Coufra et d’ailleurs?

 

Loin de participer d’une hypermnésie culpabilisante, le débat ne s’en impose pas moins tant sur la contribution des «peuples basanés» à la libération du sol français, que sur leur apport au rayonnement de leur pays d’accueil. Non pas tant par appétence polémique mais pour une oeuvre de restauration de la mémoire française par la reconstitution du maillon manquant, cet assemblage des «fils visibles et invisibles qui relient les individus à leur environnement, le réel à l’Histoire» (5), une mesure de prophylaxie sociale sur les malfaisances coloniales dont l’occultation pourrait éclairer les dérives répétitives de la France, telles que -simple hypothèse d’école?- la correspondance entre l’amnésie sur les «crimes de bureau» de 1940-44 et l’impunité régalienne de la classe politico administrative sur les scandales financiers de la fin du XXme siècle, ou la corrélation entre la déroute de l’élite bureaucratique de 1940 et la déconfiture de l’énarchie contemporaine.

 

Réalité honteuse longtemps niée et même déniée par une sorte de péché d’orgueil, la permanence d’une posture du mépris et de l’irresponsabilité -la singulière «théorie du fusible à la française»- et d’une idéologie protofasciste inhérente à un pan de la culture française, finiront par s’imposer dans toute leur cruauté à l’occasion des élections présidentielles de 2002 en plaçant les Français devant l’infamant dilemme de choisir entre un «escroc» et un «facho» (6), entre un «super menteur» et un «superfacho» (7), deux septuagénaires vétérans politiques de l’époque de la guerre froide occupant le devant de la scène depuis près de quarante ans, les deux candidats les plus âgés, les plus fortunés et les plus décriés de la compétition, mutuellement confortés dans une campagne sécuritaire, l’héritier d’un gaullisme dévoyé dans l’affairisme le plus débridé (8) face à l’héritier d’un vichysme sublimé par un ancien tortionnaire de la Guerre d’Algérie.

Le premier, Jacques Chirac, auteur d’une formule chauvine d’une démagogie achevée sur les «bruits et les odeurs» des familles immigrées qui ponctionnent la sécurité sociale par leur prolificité génésique, le second, Jean Marie Le Pen, auteur d’une formule d’une abomination absolue sur le «Durafour crématoire (...) point de détail de l’Histoire».  «Une des plus grandes bévues démocratiques de l’histoire contemporaine de la France» (9), selon l’expression de l’écrivain indo britannique Salman Rushdie, la première consultation populaire à l’échelon national du XXIme siècle révélera aux Français et au Monde médusés, le délitement moral d’un pays volontiers sentencieux et le discrédit de son élite non moins volontairement obséquieusement arrogante, incapable d’assumer au terme d’un pouvoir monopolisé tout au long de la seconde moitié du Xeu siècle, au niveau économique, la mutation postindustrielle de la société française, au niveau sociologique, sa mutation postcoloniale, au niveau de son opinion nationale, sa mutation psychologique, signe de l’échec patent de la politique d’intégration de sa composante afro musulmane.

 

«Si une France de 45 millions d’habitants s’ouvrait largement, sur la base de l’égalité des droits, pour admettre 25 millions de citoyens musulmans, même en grande proportion illettrés, elle n’entreprendrait pas une démarche plus audacieuse que celle à quoi l’Amérique dut de ne pas rester une petite province du monde anglo-saxon», prophétisait, déjà, en 1955, Claude Lévi-Strauss en un saisissant résumé de la problématique post-coloniale dans laquelle se débat la société française depuis un demi-siècle (10).

 

La France ne saurait être le dépotoir de l’Europe, mais ni les Arabes, pas plus que les Africains ne sauraient être l’exutoire à tous les maux de la société française. L’HISTOIRE est incomplète sans le témoignage des perdants. La rationalité cartésienne, transcendance symbiotique de l’intelligence athénienne et de l’ordre romain, quintessence de l’esprit critique, aura ainsi engendré des monstruosités dans ses moments d’assoupissement. Nul pays n’est à l’abri de telles dérives devant les grands bouleversements de l’histoire et l’ingratitude passe pour être une loi cardinale des peuples pour leur survie. Mais l’exception française si hautement revendiquée d’une nation qui se réclame de la grandeur est toutefois antinomique d’une culture de l’impunité et de l’amnésie, une culture érigée en un dogme de gouvernement et, à ce titre, incompatible avec la déontologie du commandement et les impératifs de l’exemplarité.

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Références:

1-Valmy: Première victoire militaire de la République remportée par les généraux Dumouriez et Kellermann, en 1792, dans cette localité de la Marne, elle inspira à Goethe, qui a en été le témoin, cette exclamation: «D’aujourd’hui et de ce lieu date une ère nouvelle dans l’histoire du monde».

2-Psychiatre et révolutionnaire d’origine martiniquaise, spécialiste du phénomène de la dépersonnalisation liée à la situation coloniale, représentant diplomatique des indépendantistes algériens au sein des instances internationales. Auteur de «Peau noir, Masques blancs», 1952, «Les Damnés de la terre» (1961) et «Pour la Révolution Africaine» (1969).

3-Léopold Sedar Senghor, décédé à 95 ans le 20 décembre 2001, a été le premier Président de la République du Sénégal (1960-1980). Ni le président néo-gaulliste Jacques Chirac, ni le premier ministre socialiste Lionel Jospin ne se sont rendus à ses obsèques, s’attirant de violentes critiques de la presse contre ce «manquement injustifiable».

4-Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française Le Petit Robert Tome 1/ Société du nouveau Littré. 1979. page 205

5-Lise Sourbier-Pinter, chargée de mission à l’état-major de l’armée de terre française. Interview au journal Libération samedi 14-Dimanche 25 juillet 2001 «Le 14 juillet symbole d’intégration des différences».

6-«Escroc contre Facho», cf. Le Canard Enchaîné N°4252 24 avril 2002.

7- «La gauche orpheline se résigne à avaler la couleuvre Chirac», par Marie Joëlle Gros et Julie Lasterade, cf. journal Libération du 3 Mai 2002.

8- cf.«Noir Chirac» de François-Xavier Verschave, Editions les Arènes, Mars 2002, «Les Gaullistes et l’argent, un demi siècle de guerres intestines» par Philippe Madelin, Ed. l’Archipel 2001, ainsi que «Rafic Hariri, un homme d’affaires premier ministre», Ed.L’Harmattan, Novembre 2000.

9-«En France, des illusions dangereuses», par Salman Rushdie, auteur des «Versets Sataniques» cf. journal Libération 30 Avril 2002, pages «Rebonds».

10-Claude Lévi-Strauss «tristes Tropiques». L’ouvrage de l’ethnologue français est paru en 1955, cf. «Etats d’âme» par Bertrand Poirot-Delpech, journal Le Monde 30 avril 2002.

 

 

Pensions d'anciens combattants : les arnaques des annonces de Jacques Chirac et H. Mekachera  

PAR Serge SLAMA, Paris, le 25 septembre 2006

25/09/2006  Le Gisti estime que les « concessions » du gouvernement face à la mobilisation médiatique de l'équipe du film « Indigènes» sont très insatisfaisantes et ne résolvent que très partiellement le problème posé par les lois de « cristallisation ». Voici un rappel des faits par Serge Slama.

  

I. Rappel des procédures antérieures : un vieux contentieux toujours esquivé par l'Etat français

  

D'abord, à titre liminaire, il faut rappeler que le problème n'est pas nouveau :

  

·         dès les années 1980, des anciens combattants des ex-colonies ont entrepris des procédures juridiques contre la France.
Cel
a a abouti en 1989, à l'initiative de tirailleurs sénégalais, à la condamnation de la France par le Comité des droits de l'homme des Nations-unies pour violation du principe d'égalité devant la loi

(garanti par un pacte des Nations-unies de 1966, appliquant la Déclaration universelle des droits de l'homme).

  

·        Ensuite, après de nombreuses années de procédure, M. Diop (un ancien gendarme auxiliaire sénégalais) a obtenu en 2001 (à titre posthume, car il est décédé en 1996) la condamnation des lois de cristallisation pour violation du principe de non-discrimination figurant dans la Convention européenne des droits de l'homme (juge de Strasbourg).

  

  •    Des décrets de 2003 sont venus aggraver ces inégalités.

  

·         Saisi par le Gisti, le Conseil d'Etat a estimé que l'Etat disposait d'une « marge d'appréciation » pour discriminer et a confirmé ces textes (arrêt du 18 juillet 2006).

  

·        Pourtant la France a été condamnée par la Cour de justice des communautés européennes (A. Echouikh, 13 juin 2006, juge de Luxembourg) en 2006 pour avoir refusé de verser une pension d'invalidité à un ancien combattant marocain, souffrant d'une invalidité. La décision violait le principe d'égalité de traitement figurant dans des accords d'association entre l'Union européenne et le Maghreb.

  

·         On peut aussi penser que la France serait condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme (juge de Strasbourg).

  

II. Les arnaques actuelles dans les annonces de Jacques Chirac et H. Mekachera

Aussi bien dans son entretien du 14 juillet que dans les annonces faites à l'équipe du film à l'Elysée par J. Chirac que les entretiens de Hamlaoui Mekachera (secrétaire d'État aux anciens combattants) à France Info ou au JDD, il n'est pas garanti une pleine égalité des droits.   

Pourquoi ?

  

1°) il s'agit uniquement, selon les propos de Mekachera, de « tendre à une égalité » ou de « tendre vers la parité nominale »

  

Exactement comme après l'arrêt Diop en 2001, il ne s'agit donc toujours pas d'assurer une égalité pleine et entière entre les anciens

combattants français et étrangers mais uniquement à une revalorisation tendancielle des pensions, qui pourraient se rapprocher des pensions françaises (on ignore jusqu'à quel point).

  

Pour assurer une égalité pleine et entière il faudrait purement et simplement abroger les lois de cristallisation.
Cela n'a jamais été fait. En 2002, la loi est venue simplement compléter l'application de ces lois en fixant le critère de résidence (selon le lieu où sont ouverts les droits) et de « parité des pouvoirs d'achat » (niveau de vie)

  

LA SEULE REVENDICATION VIABLE EST DONC L'ABROGATION DES LOIS DE CRISTALLISATION.

  

2°) l'annonce concerne UNIQUEMENT la retraite du combattant (soit environ 500 euros PAR AN !!!) et les pensions militaires d'invalidité (c'est-à-dire celles

versées lorsqu'un ancien combattant a été blessé au combat ou a touché une indemnité lié à son service actif).
Le secrétaire d'Etat les appelle les « pensions du sang ».

  

C'est très insatisfaisant car les lois de cristallisations touchent toutes les pensions CIVILES et MILITAIRES versées aux anciens fonctionnaires.

  

Le problème principal concerne les pensions de retraite (acquises après 15 ans de service pour la France) et les pensions de réversion (versées aux veufs ou veuves d'un fonctionnaire décédé ou à leurs enfants).

  

C'est une situation courante. Imaginons qu'un marocain épouse une fonctionnaire française (par. ex. une institutrice ou un personnel d'ambassade). Si par malheur elle venait à décéder, le mari marocain ou leurs enfants subiraient la

cristallisation de leurs pensions de réversion !!!

  

Quantitativement il y a bien plus de pensions de retraite ou de pensions de réversion versées que de retraites du combattant ou de pensions d'invalidité.

  

CE SONT DONC DES DEMI-MESURES, DES BRICOLAGES A MINIMA qui ne résoudront pas la situation d'un grand nombre d'anciens fonctionnaires des ex-colonies.

  

Il faut d'ailleurs cesser de faire référence au « prix du sang » ou aux seuls anciens combattants. L'injustice de la cristallisation des pensions touche beaucoup d'étrangers. Elle frappe toutes les personnes qui ont à un moment donné servi l'Etat français et ont ensuite conservé la nationalité du pays devenu indépendant.
Pas seulement les anciens combattants.

  

Les Harkis et Moghzanis et autres supplétifs de l'armée française étrangers sont aussi frappés par des mesures discriminatoires.

  

Il faut aussi avoir à l'esprit que les mesures portent toujours sur des sommes dérisoires.

  

3°) En aucun cas, ces pensions ne peuvent déséquilibrer les économies locales alors qu'elles ne dépassent pas le RMI ou le SMIC selon les cas.
D'ailleurs, on donne bien une prime d'expatriation et un salaire à taux plein aux Français qui vont travailler pour l'Etat français dans des pays africains. Ca ne semble pas déséquilibrer les économies locales plus que ça.

  

4°) Plus globalement, la politique menée par les gouvernements révèlent un rapport honteux de la France à l'égard des vieux immigrés.

  

On peut faire le lien avec les « Chibanis », ces vieux maghrébins du centre ville de Marseille qui vivent dans des hôtels meublés et à qui les services fiscaux refusent la délivrance des avis de non-imposition pour les priver « d'avantages sociaux indus ».

  

On veut les chasser du centre ville de Marseille et les empêcher de rentrer 6 mois par an au « bled » tout en touchant leurs retraites et minima sociaux.

  

La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) a, en juillet 2006, reconnu cette discrimination et saisi le Parquet de Marseille.

  

La HALDE est d'ailleurs saisie depuis novembre 2005 de la question des pensions des anciens combattants.

Pour approfondir  

·         la publication du Gisti et du Catred, Égalité des droits pour les anciens combattants et

fonctionnaires ;

  

·         Les spoliés de la décolonisation, numéro spécial de la revue Plein Droit ;

  

·         Les précédents communiqués : Anciens combattants et fonctionnaires étrangers : le gouvernement orchestre la désinformation (23 novembre 2002) ; Mépris et cynisme pour les anciens combattants marocains : Le secrétaire d'Etat français en visite au Maroc confirme les discriminations (16 février 2004), le Président de la République s'approprie

indûment le combat pour l'égalité des droits (17 juillet 2006).

  

·         Le dossier du site de la ldh-Toulon

  

 

 

 

 

 

 



[1] Voir sur ce dossier : http://www.gisti.org

[2] Il reste de nombreux cas d’anciens combattants qui n’ont pu faire valoir leurs droits, notamment des nationaux vietnamiens et guinéens.

[3] Certains pensionnés peuvent bénéficier de plusieurs retraites : pensions militaires, invalidité, présence au combat, décorations spécifiques…