«Hasta la victoria siempre » Portrait de Fausto Giudice, par Ben
Heine
Fausto
Giudice
Autoportrait
« Nostra patria il mondo intero, nostra legge la libertà
! » (« Notre patrie le monde entier, notre loi la liberté ! » - chanson
révolutionnaire italienne)
Fausto Giudice a 57 ans. Il vit en France, après avoir vécu en
Italie, en Tunisie, en Belgique, en Suède et en Allemagne. De père italien,
de mère germano-ukrainienne, il a des enfants de mère suédoise et le français
est sa langue maternelle. Il est donc naturellement européen. Après une
prime enfance en Italie, il a passé son adolescence en Tunisie, adolescence
bercée par les révolutions algérienne, palestinienne, vietnamienne et
chinoise. En 1968, il est maoïste et met en grève le grand lycée parisien
où il étudie. Au début des années 1970, il passe au journalisme militant,
à l'Agence de presse Libération, puis au quotidien du même nom. Parallèlement,
il s'engage dans de nombreux combats : solidarité internationale, soutien
à des grèves sauvages ouvrières, à des mouvements de prisonniers, campagnes
pour le respect du droit d'asile, crèches sauvages et recherches d'alternatives
de vie. N'étant plus maoïste depuis 1973, il crée de nombreux comités
de lutte indépendants sur des questions précises, tentant chaque fois
de faire travailler ensemble des individus de diverses sensibilités.
Dans les années 1980, revenu en France, il s'engage dans un travail avec
des associations d'immigrés et de réfugiés. Ce travail se traduit par
la publication de 2
livres : Têtes
de Turcs en France (1989), une série d'enquêtes sur l'apartheid à
la française et Arabicides, une chronique française 1970-1991 (1992), une enquête
sur les meurtres d'Arabes en France. Dans les années 1990, il s'engage
à nouveau pour la Palestine
- après les Accords d'Oslo auxquels il ne croit pas, puis pour la résistance
algérienne et tunisienne, mais aussi sur d'autres questions. Par exemple,
en 1992-1993, il organise une campagne "Hommes à la mer", sur
les passagers clandestins africains à bord de bateaux entre l'Afrique
et l'Europe. Il permet ainsi aux familles de 8 passagers clandestins ghanéens
assassinés par l'équipage du cargo MC Ruby, de se constituer parties civiles
au procès qui condamnera les assassins à Rouen en décembre 1995, rendant
ainsi justice à ces victimes de la mondialisation capitaliste.
En 1995, il crée à Paris, avec des amis originaires de 3 continents, l'Alliance
zapatiste de libération sociale, qui essaye de répandre et de faire comprendre
le message des zapatistes mexicains sur une nouvelle manière de faire
une politique populaire de gauche. L'AZLS organise des activités d'information
et de mobilisation, notamment sur le Mexique, mais aussi sur l'Algérie,
la Bosnie, la Tunisie, la Colombie et le Sri Lanka.
L'AZLS est la première organisation en France à dénoncer la responsabilité
de la junte militaire algérienne et de ses services secrets dans les massacres
attribués aux "islamistes". Cela lui vaut une popularité certaine
dans les milieux populaires algériens et des condamnations vertueuses
de la part de l'extrême-gauche laïque française, tandis que les services
de police français s'interrogent, perplexes, sur les raisons pour lesquelles
des zapatistes s'engagent sur l'Algérie. Ces activités vaudront à l'AZLS
d'être qualifiée de groupe "islamo-zapatiste". Plus sérieusement,
L'AZLS fait siennes les trois devises de l'EZLN mexicaine :
1° - Liberté, justice, démocratie, 2°- Tout pour tous, rien pour nous-mêmes,
3°- Commander en obéissant.
Mise en sommeil en 1999,
l'AZLS est en train de renaître, avec la publication
de son journal Basta ! depuis juin 2006 et son blog http://azls.blogspot.com.
Elle agit en solidarité avec le peuple palestinien, les paysans pauvres
marocains, le peuple d’Oaxaca au Mexique. Fausto Giudice reste zapatiste.
Il est aujourd'hui cyber-journaliste et traducteur, travaillant pour des
sites web et des weblogs indépendants. Il est l'un des animateurs du réseau
de traducteurs pour la diversité linguistique Tlaxcala(http://www.tlaxcala.es - (tlaxcala@tlaxcala.es), créé en décembre
2005. Il est président du Collectif guantanamo, fondé en février 2003
pour informer sur le premier goulag impérial du XXIème siècle [voir >
http://chroniquedeguantanamo.blogspot.com
]. Il est aussi membre de l'Association pour un seul État démocratique
en Palestine/Israël, fondée à Lausanne en 2003 [voir http://www.one-democratic-state.org/
]
Sa devise personnelle est empruntée à Antonio Gramsci : « Pessimisme
de la raison, optimisme de la volonté ».
Antonio Gramsci fait partie de sa galerie personnelle de héros et d'inspirateurs,
aux côtés de Spartacus (dont la devise était : "erga omnes"
: "pour tous"), de Toussaint Louverture, le libérateur des esclaves
d'Haïti, de l'Émir Abdelkader, résistant algérien, de Giuseppe Garibaldi,
le Héros des deux Mondes", qui combattit pour la liberté au Brésil,
en Uruguay, en France et en Italie, de Rosa Luxemburg, la martyre de la
révolution allemande, d'Antonio Gramsci, le marxiste le plus intelligent
du XXème siècle, assassiné par le fascisme, d'Emiliano Zapata, le chef
de l'Armée de libération du Sud, assassiné par l'armée mexicaine, de Malcolm
X, le dirigeant révolutionnaire afro-américain, militant de l'Islam ouvrier,
devenu universaliste après son voyage au Caire et son pèlerinage à la Mecque, assassiné suite à
un complot organisé par le FBI, du commandant Ernesto Che Guevara, martyr
de la révolution aux Amériques, assassiné par la CIA, et enfin de Ramona, la commandante de l'Armée
zapatiste de libération nationale, morte le 6 janvier 2006, sans oublier
bien sûr le sous-commandant insurgé Marcos, qui a effectué en 2006 une
tournée au Mexique, dans le cadre de "l'Autre campagne", sous
une nouvelle étiquette, celle de "sous-délégué zéro".
L'Autre campagne était une tentative des zapatistes de sortir de leur
isolement dans la région du Chiapas et de refonder une gauche anticapitaliste
mexicaine, indépendante des partis institutionnels et des jeux de pouvoir,
et dans l'immédiat, de faire entendre un autre son de cloche dans la campagne
pour l'élection présidentielle mexicaine, qui a eu lieu le 2 juillet 2006.
Une campagne qui aurait pu pourrait donner des idées aux mouvements sociaux
et altermondialistes français pour l'élection présidentielle française
de 2007. Mais hélas, ce message n’est pas vraiment passé.
Dès qu’il a appris la prochaine tenue d’un procès à Taroudant contre
cinq participants à la marche rouge du 7 mai 2006, Fausto Giudice a diffusé
les informations émanant du Syndicat des paysans d’Aoulouz et de l’Association
Taroudant sociale et culturelle, en français et dans d’autres langues.
La solidarité avec les déshérités du Souss qui mènent une grande et juste
lutte pour les biens publics et les droits fondamentaux lui semblait naturelle.
Il a ainsi amené l’association Survie, dont il fait partie, à se solidariser
avec les paysans pauvres (http://www.survie-france.org
).
Fausto Giudice peut être joint à l'adresse suivante : azls2006@yahoo.fr
Paru dans Journal de Marche Rouge, Ouzioua, Province de Taroudant,
Maroc, décembre 2006
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