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02/09/06 - La Brigade des Martyrs du Mur des Lamentations [MML] : une conquête de l’ingénierie juifnétiquepar Gilad Atzmon, 11 août 2006 Original : peacepalestine Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier et révisé par Fausto Giudice, membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de toute reproduction, à condition de respecter son intégrité et de mentionner son auteur et sa source. Tandis que l’armée israélienne enterre
ses morts, dans le contexte de ce qui ressemble fort à une guerre
que l’Etat juif ne pourra jamais remporter, nous apprenons d’un
haut responsable du Pentagone qu’Israël est sur le point de
recourir à ce qui semble être son arme ultime. Nous avons
aussi découvert que les récentes initiatives franco-américaines
en vue de l’adoption d’une résolution du Conseil de
sécurité de l’Onu appelant à un cessez-le-feu
immédiat n’ont d’autre objectif que de retarder le
recours à cette nouvelle arme, évitant ainsi qu’Israël
n’entraîne le monde dans une nouvelle escalade militaire terrifiante,
dont les conséquences seraient totalement imprévisibles. Tandis que des nouvelles continuent à nous parvenir par bribes du champ de bataille, on évoque de plus en plus souvent la présence de fantassins israéliens à la silhouette bizarre, émergeant d’énormes containers blindés ressemblant fortement à des citernes d’essence. Sky Fox, notre correspondant à Kiryat Shmona, nous dit depuis plusieurs jours que la nouvelle brigade israélienne ne ressemble à rien de ce qu’il lui a été donné de voir jusqu’à ce jour. Dans une de ses dernières missives, il affirmait carrément que le nouveau combattant israélien ressemble tout à fait à un pénis géant, fortement blindé. Les détails continuant à nous parvenir sur un rythme de plus en plus soutenu, nous savons désormais que « Brigade MML » est un nom de code, désignant l’unité la plus secrète d’Israël : « La Brigade des Martyrs du Mur des Lamentations ». Au cours des vingt-quatre heures écoulées, nous avons également appris que les commandos MML opèrent d’ores et déjà profondément à l’intérieur du territoire libanais, y compris au-delà de Beyrouth, jusque dans le Nord du Liban, où ils détruisent des lanceurs de roquettes Katyusha et l’infrastructure du Hezbollah. Le Docteur Moishe’le Heritage, de la faculté d’histoire de l’Université du Néguev, nous a dit que déjà, au début des années 1950, Shimon Peres - lequel n’était encore, à l’époque, qu’un tout jeune homme politique très proche de Ben Gourion – avait attiré l’attention du gouvernement israélien sur une étude scientifique du célèbre biologiste juif de l’université Harvard, Willy Short [jeu de mot : « Ptitbit »… NDT]. Cette étude scientifique explorait les diverses possibilités de clonage et de transformation de prélèvements de tissus humains afin de produire des individus complets fonctionnellement opérationnels. Avec l’aval académique du professeur Short, Peres informa le gouvernement israélien du fait que l’Etat juif pourrait manifestement bénéficier du clonage génétique de tonnes de prépuces jusqu’alors ordinairement jetés à la poubelle, résultant de cérémonies de Brit Mila [un sanglant rituel tribal encore très répandu de nos jours chez les juifs, tant religieux que laïcs]. Peres et son équipe avaient estimé que
c’étaient plus de 7,8 tonnes de prépuces juifs qui
étaient ainsi jetées chaque mois. Littéralement emballé
par les recherches de Short, Peres imaginait déjà, à
l’époque, dans les années cinquante, que des tonnes
de DNA juif pénien tout frais pourraient être transformées
en bataillons entiers de jeunes fantassins sémillants juifs, de
jeunes navigateurs sémillants juifs, de jeunes pilotes d’avion
sémillants juifs et de jeunes agents sémillants juifs du
Mossad. En quelques jours, Israël décida alors de consacrer non moins de 15 % de son budget national annuel à la construction d’un important laboratoire scientifique connu sous le nom de Jewrassic Scientific Park, près de Kfar Giladi. En moins d’un mois, une équipe de scientifiques juifs à la pointe de la recherche fut réunie, comportant notamment le Dr. Doovid Little [Doolittle] [Jeu de mots : Dr. Bon A Rien, NDT], de l’université d’Oxford. Le Professeur Pipi Chopsky, un zoologiste suédois, et même le Professeur Dick Cutoffvitz [jeu de mot : Professeur Ziziraccourci, NDT], un physicien de Berkeley de renommée mondiale, furent recrutés. Conjointement au Professeur Willy Short, ils « firent leur aliyah », s’installèrent dans le Nord d’Israël afin de contribuer à la mise sur pied du Jewrassic Scientific Park, faisant de celui-ci le centre secret du pouvoir juif et un trésor d’une partie des ressources humaines juives planétaires, dont on connaît l’absence des limites. Peu de gens le savent, mais même El Al, la compagnie aérienne commerciale israélienne, qui a l’air d’un innocent transporteur aérien spécialisé dans le service de nourriture cachère à trente mille pieds d’altitude, opère en réalité sous le contrôle direct du QG du Jewrassic Park. Il semble que la mission nationale primordiale impartie à El Al consiste à fournir des stocks de prépuces vivants, provenant de la Diaspora, au parc scientifique sis dans le Nord de la Galilée. Chacun des avions Boeing d’El Al est en effet équipé d’un vaste compartiment réfrigéré, conçu spécialement pour le transport de tissus humains vivants surgelés. Si le Jewrassic Scientific Park a vu le jour et commencé à fonctionner en tant que centre de recherches dès le début des années 1950, il fallut attendre 1956 pour assister à la naissance du premier « Soldat Juif par Parténogénèse ». A ses débuts, le parc scientifique pouvait tout au plus produire un soldat par mois. Mais, de nos jours, au plus fort de la production, grâce au développement de l’ingénierie génétique et de nombreuses autres technologies, le parc est en mesure de cloner une division de parachutistes en deux ou trois jours maximum. Autrement dit, le cheptel militaire israélien est, dès lors, quasiment illimité, pour ne pas dire totalement inépuisable. Yanka’le Schwantz, du Scientific Park, nous a expliqué que, désormais rassuré à la pensée qu’il dispose désormais de « Soldats Sans Mère », Israël ne redoute plus de subir des pertes, fussent-elles importantes – parmi ses combattants, ce qui est une grande première, qu’il convient de signaler, dans l’histoire juive. » Selon une source israélienne officieuse, le déploiement des Brigades des Martyrs du Mur des Lamentations est en train de prendre le Hezbollah totalement par surprise. Jihad Abu Az-Zaman, porte-parole auto-désigné du Hezbollah à Londres, a confirmé qu’Israël est effectivement en train de changer de tactique : « … les Israéliens sont en train de déployer des milliers de soldats contre chacun de nos combattants héroïques de la Guérilla. Alors que, par le passé, Israël se vantait de mener la guerre « d’une poignée de combattants contre des multitudes », ce à quoi nous assistons, aujourd’hui, est exactement l’inverse : ce sont nos valeureux combattants du Hezbollah qui, individuellement, parviennent à mettre en déroute des divisions et des brigades entières de pleutres israéliens… » Le ministre israélien de la Défense Amir Peretz a confirmé, voici déjà une semaine, qu’Israël est en train de déployer sur le champ de bataille de nouvelles tactiques et de nouvelles stratégies, qu’il n’avait encore jamais utilisées. Nous comprenons aujourd’hui qu’il faisait allusion, par ces propos sibyllins, au déploiement de forces israéliennes massives, parmi lesquels se trouvent des hommes clonés appartenant aux Brigades des Martyrs du Mur des Lamentations. Nous avons également appris de la même source israélienne que certains des premiers clones produits à Jewrassic ont fait leur petit bonhomme de chemin et se retrouvent aujourd’hui dans le haut commandement de l’armée israélienne. En Israël, des rumeurs circulent, selon lesquelles Dan Halutz [Daniel le Pionnier] serait, en réalité, le premier embryon, cloné à partir des cellules d’un prépuce, à avoir vu le jour. A l’âge de dix-huit ans, s’étant engagé dans l’Armée israélienne de l’Air, Dan devint le meilleur pilote qu’Israël ait jamais connu ; il ne tarda pas à devenir Commandant en chef de l’Armée de l’Air, puis Chef d’état-major des Forces Israéliennes de Défense. Cela est d’ailleurs confirmé par le fait que, seul, le passé de Dan Halutz à Jewrassic Park peut expliquer la ressemblance du Général de division israélien avec une tête de nœud et son comportement comme tel. Alors que nous sommes sur le point de boucler cette mise à jour, nous nous devons de mentionner que la communauté scientifique est sous le choc de ces informations dévastatrices en provenance d’Israël : « Utiliser la science et l’ingénierie génétique à des fins violentes ; c’est là quelque chose d’impardonnable ! », a ainsi déclaré hier Adolph Dove [Adolf Colombe (!), NDT], titulaire d’un doctorat, de l’Observatoire des Sciences et de l’Ethique de l’Union européenne. « Mêêêêh… », a aussitôt réagi Dolly, héroïne écossaise du clonage scientifique. Les juifs antisionistes du monde entier sont, eux aussi, indignés. Nous venons d’apprendre, il y a tout juste quelques minutes, que deux des plus célèbres militants communautaires juifs britanniques, Tony Trans et Roland Greenpiece, sont en train de mettre sur pied une manifestation monstre de protestation devant l’ambassade d’Israël, à Londres, vendredi prochain. « I want my Foreskin back ! » [ « Rendez-moi mon Prépuce ! »], s’insurge Tony Trans. Par ailleurs, de très nombreux chrétiens évangéliques américains ont d’ores et déjà appelé le numéro de téléphone mis gratuitement à la disposition du public par le service des relations publiques de Jewrassik Park : la plupart d’entre eux proposent de faire don de leur testicules afin de soutenir l’ « effort de guerre israélien ». (Yossi Bollox [José Valseuses, NDT], chargé de communication à Jewrassic Park Inc. nous a confié que Jewrassic Park a poliment décliné l’offre généreuse de ces Evangéliques, pour d’évidentes raisons de pureté raciale). [ Nous suivons bien entendu pour vous les développements
de cette question, et nous vous tiendrons informés. ] 31/08/06 -Pourquoi les Israéliens ont-ils donc tellement de mal à reconnaître que les combattants arabes sont tout simplement un tout petit peu meilleurs qu’eux ?par Gilad Atzmon, 28 août 2006 Original : http://peacepalestine.blogspot.com/2006/08/gilad-atzmon-why-is-it-so-hard-for.html Traduit de l'anglais en par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction, à condition d’en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs
Il n’a pas fallu bien longtemps aux Israéliens pour se retourner en masse contre Dan Halutz, le chef d’État-major de leur armée. Que n’ont-ils pas dit ! Ils l’ont accusé d’être un « pilote arrogant », d’être « coupé des réalités » et de ne « pas avoir préparé l’armée à remporter une guerre éventuelle. » Dan Halutz, dont les qualités de criminel de guerre avéré et de magouilleur initié de la bourse de Tel Aviv ne sont pas contestées, a rejeté ces critiques. Néanmoins, comme on pouvait s’y attendre, Halutz n’est pas particulièrement enclin à se lever pour reconnaître publiquement que le chef d’une minuscule formation paramilitaire arabe – j’ai nommé : le légendaire Hassan Nasrallah – a été meilleur que n’importe quel général israélien dans l’utilisation de ses forces, dans la manœuvre de ses unités combattantes, dans ses mouvements stratégiques et dans ses décisions tactiques. C’est là quelque chose qu’Halutz et les généraux de son état-major n’admettront jamais : étant des militaires israéliens, purs produits du nationalisme juif et du racisme le plus obscène, ils sont – tous – suprématistes jusqu’à la moëlle.
Eh oui : les Israéliens sont loin d’être des héros ; leurs parachutistes ne tirent pas plus en dégainant avant de toucher le sol que leurs commandants de tanks n’exposent la partie de leur corps située au-dessus de la ceinture au beau milieu de la bataille – ils préfèrent de très loin se planquer derrière l’épais blindage de leurs glorieux tanks Merkava. Toutefois, aucun ne veut admettre qu’avec le Hezbollah, c’est exactement le contraire : les combattants du Hezbollah dégainent effectivement au dernier moment, et ils n’ont aucun véhicule blindé où se planquer. Et pourtant, les Israéliens continuent à battre leur coulpe, plutôt que de reconnaître qu’il se trouve, tout simplement, que le combattant arabe est juste un tout petit peu meilleur qu’eux… Ces jours-ci, on assiste à l’émergence d’une rébellion généralisée des réservistes de l’armée israélienne. Les combattants humiliés des Forces de Défense Israélienne [« Tsahal », NDT] sont très malheureux, pour une raison ou pour une autre. Ils se sentaient non préparés en vue d’une guerre. Leurs armes étaient défectueuses, ils manquaient de sous-vêtements de rechange, les « services de popote » ne leur servaient pas leur nourriture exactement au moment où ils l’auraient désiré. Et ce n’est pas tout : ils insistent, aussi, sur le fait que les renseignements qu’on leur fournissait étaient erronés et que les ordres qu’ils recevaient étaient confus. A l’instar de la mère juive archétypale, le Samson Hébraïque nouveau-né est un vénérable personnage efféminé, qui a une prédilection irrésistible pour le rôle de victime. Mon interprétation, c’est que lorsque les Israéliens s’adonnent à l’autocritique, ils ont tendance à se considérer eux-mêmes comme un collectif d’être progressistes à la langue bien pendue. Mais, en réalité, ils se mentent tous à eux-mêmes. En se mettant plus bas que terre, ils s’épargnent le fait de s’avouer cette réalité très simple : cette fois-ci, les « Arabes » ont été carrément incommensurablement meilleurs ! Les réservistes rebelles en appellent à la démission immédiate d’Olmert, de Peretz et d’Halutz. Peretz, disent-ils, n’est qu’un petit « chef de section syndicale » ; il n’a pas la capacité d’en remontrer à l’armée d’un pays hostile qui insiste à menacer en permanence la paix mondiale. Ils ont sans doute raison : Peretz n’est certes pas quelqu’un de particulièrement doué par dame Nature. De fait, il a été extrêmement rapide à rejoindre la liste interminable des criminels de guerre israéliens. C’est lui qui a donné à l’armée israélienne le feu vert à une offensive destinée à « mettre le Liban à genoux ». C’est qui lui a donné carte blanche pour tuer autant de civils qu’elle voudrait, et de détruire les infrastructures civiles de tout un pays. Et encore, Peretz n’a été ni un visionnaire ni en matière tactique, ni du point de vue de la stratégie. Il n’a été que par trop excellent, tant qu’il s’est agi de déverser la mort sur l’ensemble de la région. Mais il n’a jamais compris, personnellement, à quoi allait bien pouvoir servir tout ce gâchis ?… Contrairement à Peretz, qui est devenu un criminel de guerre après seulement quelques jours de guerre, en l’absence de tout motif, le Cheikh Nasrallah a réussi à battre Israël sans mettre ce pays à genoux, et sans causer un nombre énorme de victimes civiles. Nasrallah a gagné une guerre, sans être devenu pour autant un criminel de guerre. Et la question qui se pose est celle de savoir si le temps ne serait pas, par hasard, venu, pour les Israéliens, de reconnaître qu’un leader chiite libanais est infiniment plus avancé, tant intellectuellement que moralement, que leurs propres dirigeants ? Permettez-moi de vous dire que cela n’est pas pour demain. Les Israéliens sont racistes jusqu’à la moëlle. Encore aujourd’hui, même après avoir été battus par un audacieux groupe patriotique de combattants, les Israéliens restent convaincus qu’ils sont en train de se battre contre une bande fanatique de sous-hommes. Et que dire d’Olmert, cet homme qui a été élu afin de mettre en œuvre un agenda dit « de paix » unilatéral, d’un judéocentrisme à vomir, et qui a réussi à entraîner son pays dans une pitoyable guerre, moins de quatre mois plus tard ? Reconnaîtrait-il en public, voire s’avouerait-il à lui-même que ce sont Assad, Ahmadinejad et Nasrallah qui ont écrasé la puissance de dissuasion israélienne et, ce, sans causer le moindre dommage aux infrastructures d’Israël ? Ils l’ont fait sans tuer beaucoup de civils, seulement avec des armes légères et des roquettes conventionnelles, sans avions américains et sans tanks Merkava. Ils l’ont fait, sans avoir à leur disposition des centaines de bombes nucléaires, à la différence d’Israël. Les Israéliens finiront-ils par admettre qu’Assad, Ahmadinejad et Nasrallah sont un tant soit peu plus intelligents que leurs propres misérables dirigeants, qu’ils ont pourtant « élus démocratiquement » ? J’affirme que non. Ils ne l’admettront jamais ! Israël est un État raciste. Israël est un État suprématiste jusqu’au trognon. Les Israéliens sont incapables de voir dans leurs voisins des êtres humains égaux à eux-mêmes. C’est d’ailleurs précisément la raison pour laquelle Israël n’a jamais été un partenaire pour une quelconque paix, et qu’il n’en sera jamais un. Pour faire la paix, il y a une condition préalable,
sine qua non, à remplir : il faut respecter son ennemi ! Le Filtre sur le Toit (d’après Léonard Bernstein)par Gilad Atzmon Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft. [En fin de compte, le fait que Gilad Atzmon voit son ordinateur mis sur écoute par les divers services de renseignement du monde entier n’est peut-être pas une si mauvaise chose. Comme nous le savons, ils sont parfois très au-dessous de la réputation que leur intitulé anglais « services d’intelligence » semble pourtant impliquer et il y a, de temps à autre, des documents et des projets Top Secret qui finissent par « fuir ». Le texte que vous allez lire est le dernier en date, dans toute une série de documents ultra-secrets que Gilad a pu obtenir en Israël, et qu’il tient à partager avec le grand public. Il semble s’agir d’un communiqué de presse, ou d’une dépêche d’agence – ce qui revient plus ou moins au même, en fin de compte. Non seulement ce document démontre la créativité d’Israël ; il nous donne un aperçu du dynamisme d’une réunion typique de brainstorming tenue enter les ministres du cabinet israélien. Etre informé, c’est être armé, comme on dit, aussi : chers frères et sœurs, armez-vous, et prenez connaissance de la dernière idée géniale qu’a eue Israël afin d’assurer la Sécurité de l’Etat juif…] Opération Toit de Sécurité
|
![]() des ouvriers immigrés installant la dernière phase du dernier projet sécuritaire israélien en date |
A la suite des difficultés rencontrées par l’armée israélienne à vaincre les armes balistiques du Hizbullah et du Hamas, le Gouvernement israélien est à la recherche de sous-traitants jouissant d’une expérience avancée en matière de constructions en béton armé de grandes dimensions. La mission envisagée consiste en l’édification d’un robuste toit de béton au-dessus de la totalité de l’Etat juif (connu sous le sobriquet de « Grand Israël »). Le Premier ministre Olmert est catégorique : le seul moyen de défendre les zones peuplées d’Israël consiste à couvrir l’Etat juif d’une épaisse couche de ciment et de fer à béton.
La décision de construire un toit en béton, approuvée et adoptée par le Gouvernement, fait suite à un débat considérable au sein du cabinet. Le ministre de la Défense, Amir Péretz, insistait sur le fait qu’une extension massive de l’actuel Mur de Sécurité ferait bien l’affaire. Péretz maintenait qu’une surélévation substantielle du mur, le portant à une hauteur de 27 kilomètres, suffirait largement à empêcher les missiles ennemis de pénétrer sur le territoire israélien. Péretz faisait valoir, avec raison, que les jeunes Israéliens bénéficieraient néanmoins du spectacle du ciel bleu, lorsqu’ils lèveraient les yeux à la verticale.
Le Premier ministre Olmert et le chef d’état-major, le Major Général Dan Halutz, étaient tout à fait opposés à cette idée. Pleinement conscients de la nature de la guerre des missiles, tant Halutz qu’Olmert convenaient que le seul moyen d’assurer à l’Etat juif une sécurité maximale consiste à le recouvrir d’un bouclier en béton armé.
Shimon Peres, le légendaire apôtre de la paix, proposa quant à lui un compromis, inspiré de l’idée de la trampoline. Peres suggéra qu’une surélévation du Mur de Sécurité d’une hauteur de 27 kilomètres, constituée d’un filet élastique, serait la solution idéale. Le vieil homme d’Etat invoqua l’argument qu’un filet élastique garantirait que tout missile arabe tiré contre Israël rebondirait en direction du territoire arabe dès qu’il l’aurait touché. Olmert et Halutz ont écarté la proposition de Peres, expliquant qu’en raison du recours excessif par Israël à l’artillerie et aux missiles contre ses ennemis arabes, l’Etat juif souffrirait bien plus que ses ennemis de l’érection d’un tel « filet-tremplin ». « Israël », a déclaré Halutz, « ne survivrait en aucun cas à ses féroces barrages d’artillerie lui rebondissant sur la tronche. »
Au cours d’une conférence de presse faisant suite au débat acharné du conseil des ministres, le porte-parole du Gouvernement, M. Sion Sionard, a souligné qu’ « en raison du succès total du Mur de Sécurité dans l’arrêt de la terreur kamikaze palestinienne, le « Toit de Sécurité » est, de toute évidence, la construction qui s’impose aujourd’hui. » M. Sionard a affirmé également que ce nouveau projet israélien aurait la vertu de transformer l’Etat juif en « Bunker juif hermétique ». De fait, a souligné M. Sionard, « l’Opération Toit de Sécurité » parachèvera l’aventure sioniste. Nous passons aujourd’hui de la phase « Mur de Fer » à notre avenir : la phase « Toit de Béton ». Avec un toit en béton armé au-dessus de lui, un Mur de Sécurité à l’Est et la Mer Méditerranée à l’Ouest, l’Etat juif sera enfin le havre de paix le plus sûr qui soit pour les juifs du monde entier. Le rêve de Herzl devient réalité. Longue vie à Israël ! »
Toutefois, quelques difficultés d’ordre technique demeurent. Le problème sans doute le plus épineux concerne la respiration. A l’instar du reste de l’humanité, le peuple israélien consomme de l’oxygène et rejette du dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Il semble que le conseil des ministres ait son attention attirée sur cette question absolument cruciale par le ministre de la Santé. Olmert, homme d’action s’il en est, a immédiatement trouvé la réponse : avant même la fin du conseil des ministres, il a autorisé le ministère de la Défense à explorer les différentes solutions à apporter à ce problème préoccupant.
Nous savons d’ores et déjà, de la part du porte-parole du ministère de la Défense, le Lieutenant Galileo Galilei, que « Filtre sur le Toit », le géant israélo-américain des hautes technologies en matière de chimie (coté à Wall Street, et dirigé depuis la colonie illégale de Gush Katif) a été soumissionné pour résoudre ce problème.
Nous avons appris, toujours du Lieutenant Galilei, que Filtre sur le Toit a déjà proposé un certain nombre de solutions. Bien que certaines de ces solutions soient plutôt radicales, il est crucial de mentionner qu’elles sont toutes extrêmement innovatrices, conformément à l’attente, venant d’une joint venture israélo-américaine dans la high-tech.
La solution sans doute la plus conventionnelle et pratique à avoir été proposée par le géant de la chimie consiste à forer pas moins de six millions de trous de ventilation dans la toiture. Peres, Péretz et Sh-Meretz ont rejeté cette possibilité, sans même avoir eu besoin d’y réfléchir à deux fois. « Etant donné notre mémoire collective traumatique de l’holocauste », dirent-ils, « la perspective de transformer l’Etat juif en une immense pièce avec des trous au plafond est tout simplement impensable. »
La suggestion probablement le plus radicale a avoir été formulée par la firme israélo-américaine consiste à entraîner la population juive d’Israël à respirer à la manière des poissons. Une fois le peuple israélien bien entraîné, il ne resterait plus qu’à remplir le bunker juif avec de l’eau de mer. Autrement dit : Filtre sur le Toit suggérait de transformer l’Etat juif en un « aquarium tropical juif géant ». Bien que cette option semble particulièrement radicale, voire même inconcevable, la plupart des ministres y ont réagi avec enthousiasme. Ils ont tous convenu que cette solution s’harmoniserait à merveille avec le concept de vie juive moderne, de manière générale, et avec le sionisme, en particulier. Les Israéliens aiment la mer. Les Israéliens n’ont pas peur de l’eau. Une fois la société israélienne entièrement sous l’eau, il ne viendrait plus à l’idée de quiconque de la jeter à la mer.
Nous suivrons bien entendu pour vous les développement de cette histoire, et nous vous en tiendrons informés.
[Certaines personnes étant incapables de comprendre une plaisanterie, et étant donné qu’enlever tout obstacle qui pourrait se dresser sur la route est un devoir ; s’il vous plaît, relax ! Ce texte est une satire !]
°°°°°°°
Gilad Atzmon: Filter On the Roof
Operation Security Roof
Gilad Atzmon
Monday, August 07, 2006
http://peacepalestine.blogspot.com/2006/08/gilad-atzmon-operation-
security-roof.html
(photo at left) Migrant workers setting up the test phase of the
latest Israeli security project.
It might not be such a terrible thing for Gilad Atzmon to have his
computer be tapped by the various bodies of Intelligence around the
world. As we all know, they are far from what their name implies at
times, and there are on occasion some Top Secret documents and
projects that filter out. This is the latest in a series of super-
reserved documents that Gilad has been able to obtain from Israel
and share with the general public. This appears to be a version of a
press release or a journalistic dispatch, which is more or less the
same thing at the end of the day, and not only does it show the
creativity of Israel, it gives us a glimpse into the dynamism of a
typical brainstorming meeting of the top cabinet. To be informed is
to be armed, as they say, so brothers and sisters, arm yourselves
and take a look at the latest idea Israel has to guarantee the
Security of the Jewish State.
Operation Security Roof
Developing Story
by Gilad Atzmon
Following the IDF difficulties in defeating Hezbollah's and Hamas's
ballistic warfare, the Israeli Government is now searching for
contractors with some advanced experience in large scale reinforced
concrete constructions. The mission ahead is the building of a solid
concrete roof over the entire Jewish State (known as `Greater
Israel'). PM Olmert is determined that the only way to defend
Israel's populated area is to cover the Jewish State with a thick
layer of iron and cement.
The Israeli Government's decision to build a concrete roof followed
a considerable debate within the cabinet. Defence Minister Amir
Peretz insisted that a massive extension of the current Security
Wall would be enough to provide the goods. Peretz maintained that a
substantial increase of the wall to the height of 90,000 ft. would
be more than sufficient to stop missiles from entering Israeli
territory. Peretz sensibly argued that Israeli youngsters would
benefit from seeing the blue sky when they raise their eyes above.
Prime Minister Olmert and the Chief of Staff, Major General Dan
Halutz, couldn't agree less. Being fully aware of the nature of
ballistic warfare, both Halutz and Olmert agreed that the only way
to provide the Jewish State with the ultimate security is to cover
it from above with a reinforced concrete shield. Shimon Peres, the
legendary peace enthusiast, offered a compromise inspired by the
idea of a trampoline. Peres suggested that a Security Wall's 90,000
ft. extension made of an elastic net would do the job. The elder
statesman argued that an elastic net will guarantee that every Arab
missile aimed at Israel would bounce back to the Arab territory once
it hits the net. Olmert and Halutz dismissed Peres's suggestion.
They argued that considering the excessive Israeli usage of
artillery and missiles against its Arab enemies, the Jewish State
would suffer far more from the erection of such a `bouncy
net'. "Israel," said Halutz, "would never survive the extent
of its
fierce artillery barrages bouncing back on itself."
In a press conference following the heated cabinet debate, the
Government spokesman Mr Zion Zioni stressed that "following the
total success of the Security Wall in stopping Palestinian suicidal
terror, `Security Roof' is obviously the natural way to proceed."
Mr
Zioni maintained as well that the new Israeli project will turn the
Jewish State into a "sealed Jewish Bunker". "In fact,"
Zioni
emphasised, "`Operation Security Roof' brings the Zionist adventure
into its final destination. We are now moving from the `Iron Wall'
phase into the `Concrete Roof' future. With a reinforced concrete
ceiling from above, a Security Wall in the East and the
Mediterranean Sea in the West, the Jewish State will eventually
become the safest haven for world Jewry. Herzl's dream comes true.
Long Live Israel!"
Yet, some technical difficulties lay ahead. Probably the most
crucial problem has something to do with breathing. Like the rest of
the humankind, the Israeli people consume oxygen and release carbon
dioxide. Apparently, the Israeli cabinet Ministers were made aware
of this very crucial fact by the Health Minister. Olmert, being a
man of action, responded immediately. Already in the cabinet meeting
he authorised the Defence Ministry to explore different solutions to
the acute problem.
We already learned from the Defence Ministry spokesman Lt. Galileo
Galilee that `Filter on the Roof', the Israeli-American High Tech
chemical giant (traded on Wall Street, operated from Gush Katif) has
been contracted to deal with the problem.We have learned as well
from Lt. Galilee that Filter on the Roof has already come up with
more than a few solutions. Although some of the solutions are rather
radical, it is crucial to mention that they are all extremely
innovative, as you would expect from an Israeli-American High Tech
venture. Probably the most conventional and practical solution
proposed by the chemical giant was to bore as many as 6 million
ventilation holes in the roof. Peres, Peretz and Sh-Meretz rejected
the possibility without even thinking twice. "Considering our
traumatic collective memory of the holocaust," so they
said, "turning the Jewish State into a big room with holes in the
ceiling is simply unacceptable."
Probably the most radical suggestion made by the Israeli-American
company was to train the Jewish population in Israel to breath like
fish. By the time the Israeli people are well trained, all that is
left to do is just to fill the Jewish bunker with seawater. In other
words, Filter on the Roof suggested to turn the Israeli State into
a `giant Jewish tropical aquarium'. Though this option seems to be
very radical and even inconceivable, most cabinet Ministers reacted
enthusiastically. They all agreed that such a solution would fit
nicely with the concept of modern Jewish life in general and Zionism
in particular. Israelis love the sea. Israelis are not afraid of
water. Once the entire Israeli society is covered with water, no one
would ever consider throwing them to the sea.
We will be following this developing story and keeping you informed.
As some people fail to understand a joke, and there is a duty to
remove an obstacle of the road, please be aware that this is satire!
Gilad Atzmon: Filter On the Roof
Operation Security Roof
Gilad Atzmon
Monday, August 07, 2006
http://peacepalestine.blogspot.com/2006/08/gilad-atzmon-operation-
security-roof.html
(photo at left) Migrant workers setting up the test phase of the
latest Israeli security project.
It might not be such a terrible thing for Gilad Atzmon to have his
computer be tapped by the various bodies of Intelligence around the
world. As we all know, they are far from what their name implies at
times, and there are on occasion some Top Secret documents and
projects that filter out. This is the latest in a series of super-
reserved documents that Gilad has been able to obtain from Israel
and share with the general public. This appears to be a version of a
press release or a journalistic dispatch, which is more or less the
same thing at the end of the day, and not only does it show the
creativity of Israel, it gives us a glimpse into the dynamism of a
typical brainstorming meeting of the top cabinet. To be informed is
to be armed, as they say, so brothers and sisters, arm yourselves
and take a look at the latest idea Israel has to guarantee the
Security of the Jewish State.
Operation Security Roof
Developing Story
by Gilad Atzmon
Following the IDF difficulties in defeating Hezbollah's and Hamas's
ballistic warfare, the Israeli Government is now searching for
contractors with some advanced experience in large scale reinforced
concrete constructions. The mission ahead is the building of a solid
concrete roof over the entire Jewish State (known as `Greater
Israel'). PM Olmert is determined that the only way to defend
Israel's populated area is to cover the Jewish State with a thick
layer of iron and cement.
The Israeli Government's decision to build a concrete roof followed
a considerable debate within the cabinet. Defence Minister Amir
Peretz insisted that a massive extension of the current Security
Wall would be enough to provide the goods. Peretz maintained that a
substantial increase of the wall to the height of 90,000 ft. would
be more than sufficient to stop missiles from entering Israeli
territory. Peretz sensibly argued that Israeli youngsters would
benefit from seeing the blue sky when they raise their eyes above.
Prime Minister Olmert and the Chief of Staff, Major General Dan
Halutz, couldn't agree less. Being fully aware of the nature of
ballistic warfare, both Halutz and Olmert agreed that the only way
to provide the Jewish State with the ultimate security is to cover
it from above with a reinforced concrete shield. Shimon Peres, the
legendary peace enthusiast, offered a compromise inspired by the
idea of a trampoline. Peres suggested that a Security Wall's 90,000
ft. extension made of an elastic net would do the job. The elder
statesman argued that an elastic net will guarantee that every Arab
missile aimed at Israel would bounce back to the Arab territory once
it hits the net. Olmert and Halutz dismissed Peres's suggestion.
They argued that considering the excessive Israeli usage of
artillery and missiles against its Arab enemies, the Jewish State
would suffer far more from the erection of such a `bouncy
net'. "Israel," said Halutz, "would never survive the extent
of its
fierce artillery barrages bouncing back on itself."
In a press conference following the heated cabinet debate, the
Government spokesman Mr Zion Zioni stressed that "following the
total success of the Security Wall in stopping Palestinian suicidal
terror, `Security Roof' is obviously the natural way to proceed."
Mr
Zioni maintained as well that the new Israeli project will turn the
Jewish State into a "sealed Jewish Bunker". "In fact,"
Zioni
emphasised, "`Operation Security Roof' brings the Zionist adventure
into its final destination. We are now moving from the `Iron Wall'
phase into the `Concrete Roof' future. With a reinforced concrete
ceiling from above, a Security Wall in the East and the
Mediterranean Sea in the West, the Jewish State will eventually
become the safest haven for world Jewry. Herzl's dream comes true.
Long Live Israel!"
Yet, some technical difficulties lay ahead. Probably the most
crucial problem has something to do with breathing. Like the rest of
the humankind, the Israeli people consume oxygen and release carbon
dioxide. Apparently, the Israeli cabinet Ministers were made aware
of this very crucial fact by the Health Minister. Olmert, being a
man of action, responded immediately. Already in the cabinet meeting
he authorised the Defence Ministry to explore different solutions to
the acute problem.
We already learned from the Defence Ministry spokesman Lt. Galileo
Galilee that `Filter on the Roof', the Israeli-American High Tech
chemical giant (traded on Wall Street, operated from Gush Katif) has
been contracted to deal with the problem.We have learned as well
from Lt. Galilee that Filter on the Roof has already come up with
more than a few solutions. Although some of the solutions are rather
radical, it is crucial to mention that they are all extremely
innovative, as you would expect from an Israeli-American High Tech
venture. Probably the most conventional and practical solution
proposed by the chemical giant was to bore as many as 6 million
ventilation holes in the roof. Peres, Peretz and Sh-Meretz rejected
the possibility without even thinking twice. "Considering our
traumatic collective memory of the holocaust," so they
said, "turning the Jewish State into a big room with holes in the
ceiling is simply unacceptable."
Probably the most radical suggestion made by the Israeli-American
company was to train the Jewish population in Israel to breath like
fish. By the time the Israeli people are well trained, all that is
left to do is just to fill the Jewish bunker with seawater. In other
words, Filter on the Roof suggested to turn the Israeli State into
a `giant Jewish tropical aquarium'. Though this option seems to be
very radical and even inconceivable, most cabinet Ministers reacted
enthusiastically. They all agreed that such a solution would fit
nicely with the concept of modern Jewish life in general and Zionism
in particular. Israelis love the sea. Israelis are not afraid of
water. Once the entire Israeli society is covered with water, no one
would ever consider throwing them to the sea.
We will be following this developing story and keeping you informed.
As some people fail to understand a joke, and there is a duty to
remove an obstacle of the road, please be aware that this is satire!
par Gilad Atzmon, 23 février 2006.
Original : http://www.gilad.co.uk/html%20files/rearrangepaper.html
Traduit de l'anglais en français par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.
Gilad Atzmon explique comment et porquoi Auschwitz est devenu la religion occidentale du XXième siècle et suggère des pistes de réflexion pour en finir avec cette religion.
"Je dis ceci en tant que fils d'un Allemand né juif qui a pu fuir à temps. Sa mère n'en a pas eu le temps. Je dis donc ceci en tant qu'enfant allemand à demi juif, poursuivi dans une cour de récréation, durant la seconde guerre mondiale, de lazzi : "Non seulement il est boche, mais en plus, il est juif !". Double insulte. Mais je le dis, aussi, en tant que prêtre qui partage la culpabilité historique de toutes les Églises : tous les chrétiens ont en partage un héritage sanglant."
Paul Oestreicher, in The Guardian, 20 février 2006 (Paul Oestreicher est aumônier à l'Université du Sussex - Angleterre)
"Quelle liberté d'_expression, dès lors qu'il s'agit d'antisémitisme? Il ne s 'agit pas, dès lors, de liberté d'_expression. L'antisémitisme est un crime. Et pourtant, quand l'Islam est insulté, certains gouvernement soulèvent la question de la liberté d'_expression." Amr Moussa, Secrétaire général de la Ligue arabe.
"Un mythe a cours, selon lequel nous, nous aimerions la liberté, et les autres ne l'aimeraient pas ; notre attachement à la liberté serait un des fruits de notre culture; la liberté, la démocratie, les droits de l'homme, l 'état de droit seraient des valeurs américaines, ou occidentales.. Non, nos valeurs ne sont pas « occidentales » : ce sont les valeurs universelles de l 'esprit humain."
Tony Blair, discours lors d'une session conjointe du Congrès des USA, été 2003.
Tony Blair, pour une fois, a peut-être raison, il est bien possible que la liberté, la démocratie et les droits de l'homme soient les "valeurs universelles" de l'esprit humain. Toutefois, ces valeurs ont bien peu à voir avec la philosophie et les pratiques qui président aux gouvernements anglo-américains et plus généralement occidentaux.
A Guantanamo, des gens sont retenus prisonniers depuis plus de trois ans, sans être accusés d'un quelconque crime. S'il ne tenait qu'au Premier ministre Blair et à son infâme loi anti-terreur, le fait de passer trois mois derrière des barreaux sans avoir été inculpé serait étendu aux prétendus ennemis du peuple britannique, tout aussi bien. Si la liberté est bien, en effet, une haute valeur « universelle » de l'esprit humain, Blair et Bush ne doivent disposer que d'une connaissance extrêmement limitée de ce que signifie ce concept, dans son esprit.
Peu importe, cet article n'est pas consacré à Blair, ni à Bush ; il porte sur ce discours occidental éminemment trompeur. Il parle de ces gens qui affirment tout savoir sur l'esprit humain et sur l'universalisme. Il s'agit d'une vision du monde qui consiste à intimer le silence à autrui, pour ne pas dire à liquider autrui, et cela, au nom de la « liberté », de l' « universalisme » et de l' « humanisme ». Il consistera en une recherche effectuée dans la genèse du pompeux discours « judéo-chrétien » libéral émergent. C'est une déconstruction tant de l'idéologie politique occidentale que de la représentation erronée qu'elle veut donner à voir du passé.
Ce qui est personnel est nécessairement politique
De manière outrancière, l'argumentation politique anglo-américaine a de plus en plus tendance à prendre la forme d'un appel pornographique à l'empathie des gens. Elle est basée sur le principe de la distribution, de temps à autre, de récits de douleur personnelle. Quand Blair ou Bush ressentent le besoin impérieux d'écrabouiller un pays arabe, tout ce qu'ils ont à faire au préalable, c'est fournir à leurs médias aux ordres certains récits personnels douloureux d'un dissident exilé, prêt à partager sans barguigner et même avec un enthousiasme non dissimulé des détails croustillants sur les problèmes rencontrés dans son pays. Dans la plupart des cas, nous devenons immédiatement prédisposés à une intervention militaire et nous nous tenons derrière nos gouvernants élus démocratiquement, en leur donnant collectivement le mandat de tuer, en notre nom, et au nom des sacro-saintes liberté et démocratie.
Il semble que la narration d'un témoignage donné à voir, sans avoir été au préalable ni vérifié ni validé, peut aisément se transformer en mise en examen judiciaire d'un pays, de son leadership, d'une culture, d'un peuple, voire même du genre humain tout entier. Apparemment, la phrase « ce qui est personnel est politique » joue le rôle d'un appareil argumentatif et politique. Alors que les politiciens occidentaux d'avant-guerre avaient tendance à vouloir nous faire croire que les politiques doivent transcender le personnel et que ce qui peut sembler contingent, dans le discours politique occidental d'après-guerre, tant qu'il continuera à être au service de l'hégémonie occidentale, le personnel n'est rien, sinon politique.
Comme nous le savons, ce sont divers réseaux de féministes américaines qui furent les premiers à prôner une guerre contre les Talibans, en diffusant les témoignages personnels de femmes afghanes violées. Consciemment ou non, ces féministes posaient les bases de la guerre contre l'Islam de Clinton et de Bush. De même, ce sont les récits personnels de Kurdes gazés à Halabja qui ont préparé la « communauté internationale » à la guerre contre Saddam Husseïn. De même, ce sont des récits personnels de survivants juifs, relatés après la Seconde guerre mondiale qui, rétrospectivement, ont servi à justifier les atroces bombardements en tapis anglo-américains des villes allemandes, tout juste avant à la fin de cette guerre.
Par le passé, j'ai suggéré une prise en compte philosophiquement sceptique de la notion de narratif personnel, à la lumière de la critique de la phénoménologie husserlienne par Heidegger, dans son Herméneutique [1]. Toutefois, dans le présent article, je m'attellerai à des questions qui ont trait aux modalités politiques de ce glissement même, du personnel au politique.
De manière courante, notre engagement politique est dans une très large mesure déterminé par notre réaction à des narratifs personnels. Qu'il s' agisse du récit personnel fait par une femme victime d'un viol ou du récit poignant fait du massacre de Halabja par un habitant de cette localité, le sujet occidental est actuellement ni plus ni moins conditionné à réagir politiquement et de manière conforme à tout récit personnel donné. En termes métaphysiques, l'être occidental a réussi à s'élever au-dessus du (et soi-disant à résoudre le) vieux problème de l'induction ; il est désormais apte à déduire aisément une loi politique générale d'un récit tout à fait singulier. Ce n'est pas là une grosse surprise, finalement, les êtres humains ayant une tendance naturelle à la généralisation. En termes métaphysiques, nous avons appris à écarter les doutes générés par nos tendances générales.
Mais les choses, de fait, sont un peu plus profondes que cela : le glissement du personnel vers le politique permet au sujet occidental de se voir comme partie intégrante d'un ordre cosmique à la fois « universel », « libéral » et « humaniste » : collectivement, il réagit « humainement », d' une manière « univoque ». De fait, la sensation empathique que nous détectons en nous-mêmes quand nous sommes confrontés à un récit personnel traumatique est un outil de manipulation très efficace qu'utilisent extrêmement fréquemment nos dirigeants démocratiquement élus.
Auschwitz en tant que message
Historiquement, tout au moins, c'est au sein du discours juif post-seconde guerre mondiale, tant sioniste qu'antisioniste, qu'une tendance claire à présenter le personnel comme du politique pourrait être facilement repérée. Aussi bizarre que cela puisse sembler, le discours juif, tant de droite que de gauche, donne substance à son argumentation en politisant le témoignage personnel sur Auschwitz [2].
Après tout, cela n'est pas tellement surprenant. Auschwitz est bien, de fait, l'histoire de nombreux êtres humains on ne peut plus singuliers, exploités et réduits à l'état de bétail en raison de leurs prédilections sexuelles, de leurs opinions politiques et bien sûr de leur origine ethnique ou raciale. Néanmoins, ce sont les témoignages personnels racontés par les prisonniers libérés des camps qui ont transformé la Seconde guerre mondiale, du chapitre historique et de la vision idéologique qu'elle était, en un simple « narratif politique », pour ne pas dire en un argument politique particulièrement convaincant.
Tout du moins politiquement, c'est « Auschwitz - le message » qui fournit au gouvernement israélien la (pseudo) légitimité de lâcher ses bombes sur des zones résidentielles palestiniennes surpeuplées. A la fin des fins, après Auschwitz, les juifs ont désormais « motif à se défendre eux-mêmes ». C'est Auschwitz le message, tout autant, qui fonde Norman Finkelstein, enfant de parents rescapés de l'Holocauste nazi, à dire ce qu'il a à dire, et à recevoir des réactions basées sur ce fait. Très souvent, Finkelstein a tendance à utiliser son propre cas personnel pour en faire le noyau dur de sa légitimité. Mais alors, si l'on y réfléchit un peu, si Finkelstein est bien un chercheur universitaire, exposant une argumentation solide - ce dont je suis personnellement entièrement convaincu - alors nous devons être capables de répondre à ses arguments sans faire la moindre référence à son contexte familial. Du point de vue académique, nous devrions être capables d 'étudier ses idées, sans référence aucune à son autobiographie personnelle, absolument unique. De la même manière, le terrain moral utilisé afin de tuer des innocents au nom d'Auschwitz est plus que suspect. Comme nous le savons, ce ne sont pas les Palestiniens qui ont envoyé des juifs européens dans les camps de concentration de Pologne. Derrière le lourd rideau de fumée provoqué par le trauma personnel, rares sont ceux qui suggèrent aux juifs de se racheter de leur propre discours, ou de leur propre justification traumatique personnelle. Une telle suggestion est souvent considérée comme une forme de négationnisme holocaustique, aux très graves implications juridiques.
Mais en réalité, les juifs ne sont pas les seuls à capitaliser sur « Auschwitz en tant que message ». C'est dans l'ombre de ce message, très précisément, que les Américains s'autorisent à tuer des millions de civils innocents, au nom de la démocratie et de la liberté ! Comme nous le verrons plus avant, « Auschwitz le message » est aujourd'hui profondément ancré au cour de la notion anglo-américaine de démocratie et de pensée libérale.
Regardons les choses en face : c'est un peu comme si le sujet libéral occidental était formé à penser que c'est la leçon d'Auschwitz qui nous autoriserait tous à fonder le politique sur le narratif personnel. Ainsi, il ne relève pas réellement de la coïncidence que le récit officiel holocaustique soit devenu la carte d'accès au discours anglo-américain, voire même au discours occidental. Par conséquent, ce n'est pas non plus vraiment une coïncidence si les mausolées de l'Holocauste sont en train de pousser comme champignons après l'ondée dans toutes les capitales européennes de quelque importance. Ainsi, au Royaume-Uni, une exposition permanente consacrée à l'Holocauste occupe une grande partie du Ministère des Guerre de l'Empire. A l'évidence, l'Holocauste juif a très peu en commun avec la perception générale de l'histoire de l'Empire britannique. De fait, l'Empire abonde en autres types de Shoas, non-juives, à raconter. Néanmoins, l'absurdité est encore plus grande, car il est fondamental de mentionner que c'est l'Empire britannique qui était si réticent à ce que les juifs européens échappent à leur sort fatal. C'est le Papier blanc de Lord Bevin qui, en 1939, a arrêté l'immigration juive en Palestine, alors que le danger qui pesait sur leur vie était imminent. C'est la RAF qui a décliné à de multiples reprises la nécessité de bombarder Auschwitz. Nous avons de très bonnes raisons de penser que la décision britannique de capitaliser sur Auschwitz et le récit de l'Holocauste juif est une manoeuvre politique hautement calculée.
Voici quelques années, un mémorial de l'Holocauste a ouvert ses portes à Washington, et pourtant il est bien difficile de dissimuler le fait avéré que Roosevelt a fait extraordinairement peu de choses pour aider les juifs européens pendant la guerre. L'administration américaine n'a pas modifié ses lois d'immigration entre 1933 et 1945, afin d'empêcher une immigration massive de juifs européens aux Etats-Unis. Là encore, nous avons de bonnes raisons de présumer que la décision américaine de capitaliser sur Auschwitz et sur le narratif juif de l'Holocauste n'a été prise qu'à seule fin de servir une cause bien spécifique. Permettez-moi de le dire, cette cause n' est pas historique en soi, de fait, elle sert à saper la pensée historique et à dissimuler certains faits historiques cruciaux.
Auschwitz est véritablement une histoire horrible d'abus total des droits de l'homme par un État souverain. Il s'agit à n'en pas douter du récit désastreux de la violation de la liberté humaine. Auschwitz est le summum du récit de la violation des droits les plus fondamentaux ; c'est à n'en pas douter une histoire de terrorisme d'État et en considérant le fait que les Anglo-américains se targuent d'être les gardiens de la liberté humaine, il n 'est pas étonnant qu'Auschwitz se soit confortablement installé au coeur de la pensée culturelle et politique de langue anglaise. Ceci pourrait expliquer, également, pourquoi, d'événement historique, Auschwitz est devenu un argument politique fondé sur une collection de récits personnels, biographiques, particulièrement frappants. Dans certains pays européens, Auschwitz est désormais devenu une liste légalement définie d'interdictions et de lois qui visent à en empêcher tout examen historique. Malheureusement, l'Holocauste et la Seconde guerre mondiale sont aujourd'hui recouverts par un épais nuage de fumée pseudo-morale qui empêche tout traitement un tant soit peu sérieux de l'événement, tant du point de vue universitaire que du point de vue artistique.
Auschwitz et l'Holocauste ne trouvent principalement leur réalisation, aujourd'hui, qu'en termes politiques. Auschwitz donne forme à la vision occidentale de l'histoire, ainsi que de tout futur envisageable. Plus grave, : « Auschwitz le message » joue le rôle de médiateur et de gardien sensoriel de toute idéologie politique occidentale envisageable. Tant que vous ne reconnaissez ni n'approuvez la manière dont Auschwitz est pris en compte, vous n'êtes pas admis au club. Au cas où vous ne sauriez pas de quoi je suis en train de parler, vous pouvez poser la question au président iranien : il vous en dira sans doute plus, sur cette question.
Inutile de dire que la vision d'Auschwitz en tant qu' « événement historique » est totalement formatée par « Auschwitz en tant que message ». Autrement dit, tout accès universitaire aux aspects judéocides de la Seconde guerre mondiale est désormais totalement interdit. De plus, à moins que vous n'approuviez et que vous ne vous contentiez de répéter le narratif officiel sur l'Holocauste, vous pouvez vous retrouver très facilement derrière des barreaux. C'est ce qui est arrivé, dernièrement, à trois historiens révisionnistes de droite, qui avaient osé douter du narratif officiel sur Auschwitz. Sans égard pour ce qu'ils ont à dire, que l'on accepte ou non leur point de vue, l'idée d'enfermer des gens pour la simple raison qu'ils ont tenté de modeler notre vision du passé, voilà qui est plutôt alarmant. De fait, ceci signifie que nous avons totalement échoué à intégrer la leçon la plus cruciale de la guerre contre le nazisme. Recourir à la police de la pensée, c'est exactement le fait du totalitarisme. Embastiller un historien révisionniste, cela équivaut à être devenu nazi, et ce, pour une raison très simple : si Auschwitz est véritablement un récit d'abus personnel, alors le déni de la liberté d'_expression revient à rien moins que s'abandonner aux méthodes nazies de torture personnelle [3].
Apparemment, Auschwitz est désormais devenu l'essence même de l' argumentation libérale-démocratique. C'est un événement intemporel, un aperçu brutal et banal sur le mal. Ce récit prend souvent de nouveaux aspects, de nouveaux visages. Néanmoins, certains paramètres demeurent les mêmes. A l'intérieur de l'appareil idéologique d'Auschwitz, il y a toujours une opposition binaire en jeu. Auschwitz suggère une claire dichotomie entre le « bien » et le « mal », entre la « société ouverte » et ses « ennemis », entre « l'Occident » et « tous les autres », entre l' « homme démocratique » et le « sauvage », entre Israël et l'Iran, entre ce qui est « judéo-chrétien » et ce qui est « musulman » et, plus important, entre le « libérateur universel humaniste » et le « sombre oppresseur » [4].
D'une certaine façon, c'est toujours l'Occident qui s'auto-gratifie, lui et lui seul, de sa capacité légale à imposer la morale d'Auschwitz. D'une certaine façon, la plupart des Occidentaux ne voient pas qu'à l'intérieur du soi-disant « clash entre les civilisations », ce sont les Palestiniens qui sont incarcérés dans un camp de concentration nommé Gaza, et que ce sont eux qui sont de toute évidence cernés par la Wehrmacht israélienne, et qui subissent les blitz de bombes de fabrication américaine larguées par des avions américains pilotés par les as de la Luftwaffe israélienne. La plupart des Occidentaux ne comprennent pas que c'est l'Occident qui est en train de se livrer à une guerre expansionniste active pour son Lebensraum dans les déserts du Moyen-Orient. Pourquoi ne le voyons-nous pas ? Parce que nous sommes submergés par un jargon moral douteux qui n'est là qu'afin de nous imposer une forme sévère de cécité politique. Plutôt que de penser de manière morale et en termes de catégories, nous nous abandonnons au flot d' une rhétorique superficielle personnelle, « à la (mode) Blair-Bush ». Quand ces deux sinistres personnages se retrouvèrent démunis de preuves flagrantes qui leur auraient permis de justifier leur guerre illégale contre l'Irak, ils se sont contentés de changer de rhétorique de raisonnement, adoptant l' assimilation de Saddam Husseïn à Hitler. L'invasion des réserves pétrolières de l'Irak a été justifiée, rétrospectivement, par la nécessité de chasser du pouvoir un tyran meurtrier. Aussi étrange cela paraisse, personne ne nous a jamais apporté la moindre preuve matérielle solide qui aurait permis d' étayer cette allégation d'atteintes colossales aux droits de l'homme en elle-même. De fait, nous avons vu occasionnellement quelques fosses communes dévastatrices, en plein désert. Mais, quelques jours après, nous apprenions de la bouche d'un expert que ces tombes étaient en réalité le legs de la sanglante guerre entre l'Irak et l'Iran. Nous n'avons jamais non plus exigé de preuves réelles des crimes de Saddam, et c'est en soi préoccupant. Nous semblons nous satisfaire de quelques récits télévisés personnels. Apparemment, nous aimons regarder des images de souffrance à la télé. Comme je l'ai déjà indiqué, nous sommes enthousiastes lorsqu'il s'agit de réagir collectivement à un appel moralisateur.
Dans l'univers libéral démocratique, le dirigeant élu est condamné à justifier ses guerre, à les étayer d'arguments moraux très solides, ou au minimum convaincants. Or il se trouve que Tony Blair a dû venir justifier sa dernière guerre illégale en date devant le Parlement. A l'époque où elle s' est produite, le gouvernement britannique a dû justifier l'éradication de la ville de Dresde. De la même manière, l'administration américaine a dû fournir une explication plausible au recours scandaleux à des bombes atomiques contre des civils.
Les gouvernements occidentaux sont véritablement enclins à nous servir des arguments politiques et moraux superficiels et choisis pour les besoins de leur cause, arguments qui ont tendance à mûrir pour donner des narratifs historiques. Pourtant, nous ne sommes pas tenus à y adhérer. Nous sommes tout à fait fondés à réviser ces « argumentations officielles » et ces narratifs historiques. Comprendre la rhétorique politique contemporaine, c' est être à même de l'étudier et d'en faire la critique. Mais, dès lors, réviser le présent, cela revient à revisiter le passé. Tout au moins du point de vue catégoriel, il n'y a pas grande différence entre la destruction de Dresde, celle d'Hiroshima, celle de Caen, de Falloujah ou encore de Najaf.
Permettez-moi de préciser, à ce sujet, que je suis entièrement convaincu que le fait de dénier Auschwitz n'aurait jamais dû devenir un point de droit. La question de savoir s'il y a eu un homicide massif au moyen de gaz mortels ou « simplement » un taux de mortalité énorme dû à une maltraitance extrême dans des conditions horrifiantes, voilà qui est, sans nul doute, une question qui relève de l'histoire. Le fait qu'un chapitre historique fondamental tel que celui-là, qui concerne une période qui ne date pas plus de soixante-dix années, soit inaccessible à la recherche universitaire ne fait que saper l'entreprise de la recherche historique dans son ensemble. Si nous ne sommes pas autorisés à parler de la génération de nos grands-parents, comment oserions-nous dire quoi que ce soit au sujet de Napoléon, voire même au sujet des Romains ? Personnellement, je reconnais volontiers que cette question ne me passionne pas vraiment. Je ne suis pas historien, et je ne suis donc pas qualifié pour en parler. Ayant reçu une formation en philosophie, j'ai plutôt tendance à me poser la question « à quoi peut donc bien servir l'Histoire » ? « Que sommes-nous en mesure de dire, à propos du passé ? »
Pour moi, la question est purement éthique : remettre en question la moralité douteuse de l'intérêt occidental pour Auschwitz est essentiel, si l 'on veut remettre en question ceux qui tuent quotidiennement au nom d' « Auschwitz en tant que message ». Bien entendu, je fais allusion ici à Israël, à l'Amérique et à la Grande-Bretagne. Manifestement, ceux qui prônent « Auschwitz - le message » causent beaucoup plus de douleur que ceux qui osent douter de la validité historique de son narratif officiel.
Le Personnel est-il politique ?
Bien qu'il existe une tendance manifeste, au sein d'institutions occidentales vénérables, à imposer le personnel en tant que message politique, le tout au nom de la liberté et de l'humanisme, il est absolument crucial de rappeler que c'est précisément ce même appareil politique qui agit exactement dans le sens opposé. Politiquement, cet appareil politique intime le silence à ce qu'il y a de plus personnel en nous.
Le personnel étant devenu politique, l'_expression singulière perd son importance, et l'authenticité disparaît. Une fois qu'une société fait sien, volontairement, un discours basé sur une empathie collective « correcte », primo, cette soi-disant « empathie » est réduite à un simple « appel », et n 'est plus une sensation vive et vivante. Mais, plus grave, la voix de l' authentique souffrant se perd dans le vide.
Autrement dit, dans l'appareil occidental libéral, la voix singulière se perd souvent dans le désert. Si l'humanisme est véritablement une valeur universelle, alors le particulier et le singulier deviennent un atout public, la victime joue un rôle instrumental, celui de faire passer un message universel. Dès lors que le personnel devient politique, la moralité devient une sorte de discours de droiture, du type privé. Plutôt qu'une loi éthique abstraite, générale, basée sur une authentique réflexion, nous commençons à entendre des arguments moraux ad hoc, autocentrés et peu réfléchis [5]. Ceci explique sans doute pourquoi assez souvent, les victimes d'hier deviennent les oppresseurs d'aujourd'hui. Par exemple, cela peut expliquer pourquoi il n'a pas fallu à l'État juif plus de trois ans, après la libération d'Auschwitz, pour procéder au nettoyage ethnique de 85 % de la population palestinienne indigène. Apparemment, l'État juif n'a jamais suffisamment mûri pour être capable d'assumer de manière éthique la leçon morale de l'Holocauste. La raison est simple : en ce qui concerne Israël, l' Holocauste n'y a jamais été considéré autrement que sous la forme d'une vision éthique générale et abstraite. En lieu et place, il a été abordé exclusivement dans une perspective collective judéocentrée. La douleur personnelle a été politisée dans les règles de l'art. Un humaniste s' attendrait à ce que de jeunes lycéens israéliens qui visitent Auschwitz et sont confrontés aux souffrances de leurs ancêtres essaient d'entrer en empathie avec le calvaire des opprimés, et qu'ils s'identifient aux Palestiniens enfermés entre des murs et affamés par un régime raciste nationaliste en quête de Lebensraum. Oui. La vérité est terrible : moins d' un an après leur visite à Auschwitz, ces mêmes jeunes israéliens entrent dans l'armée israélienne. Vu de l'extérieur, on peut en déduire qu'ils ont appris leur leçon politique à Auschwitz. Au lieu de prendre le parti des opprimés, c'est-à-dire des Palestiniens, ils font leurs, volontiers selon toutes les apparences, les tactiques de quelque SS Einsatzgruppen.
Mais les Palestiniens ne sont pas les seuls à souffrir de la politisation et de l'industrialisation du narratif personnel sur l'Holocauste. Dès lors que l'Holocauste était devenu « la nouvelle religion juive », c'est la victime réelle, authentique, qui était dépouillée de sa propre biographie personnelle, intime. Ce narratif personnel désastreux lui-même est devenu, désormais, une propriété juive collective. Le véritable individu survivant de l'Holocauste, celui qui a vécu l'horreur, s'est vu dépouillé de sa propre expérience personnelle, de sa propre vie, elle-même. De la même manière, du point de vue féministe militant, qui plaque l'identité de violeur à l' ensemble du genre masculin, la victime féminine d'un viol perd son _expression. Elle se noie dans la masse. Dans le discours féministe radical, la victime de viol n'est pas aussi spéciale que ça, elle n'a rien de personnel : dès lors que tous les hommes sont des violeurs, toutes les femmes sont des victimes.
L' « Industrie de l'Holocauste », de Norman Finkelstein, nous enseigne qu' une fois que la juiverie a adopté l'Holocauste en guise de nouveau lien communautaire institutionnalisé, l'Holocauste a été rapidement transformé en affaire industrielle. Les véritables victimes sont oubliées. Les fonds des réparations qui ont été consacrés à leur convalescence et à la restauration de leur humanité même ont fini, d'une manière ou d'une autre, par trouver leur chemin vers quelque organisation sioniste et juive. D'une certaine façon, c'est parfaitement logique. Le narratif personnel sur l'Holocauste étant devenu une sorte de foi politique collective, presque tout le monde est fondé à en devenir un disciple ordinaire, sinon un prêtre. Par conséquent, nous sommes désormais fondés à déduire qu'étant donné la politisation ambiante du narratif personnel, plus personne n'a plus le droit de posséder une biographie. Nous nous retrouvons aux prises avec une mentalité d'extase collective, qui tire son pouvoir d'un certain nombre de récits personnels erratiques, mis en commun et partagés de manière communautaire.
En reprenant la ligne de pensée herméneutique, nous pouvons conclure que le personnel, dès lors, devient politique.
« Le Politique est Personnel » : du rôle crucial de la névrose juive
La bizarre émergence de ce qu¹on a appelé la « troisième génération » israélienne, c 'est-à-dire celle des jeunes Israéliens post-trauma-holocaustique, illustre parfaitement ce phénomène. C'est une forme de nouvelle adoration religieuse collective. Être une troisième génération, cela revient à adhérer à un système de croyance. C'est être personnellement traumatisé par un passé que l'on n'a jamais connu. C'est s'assimiler à un précepte politique lourdement orchestré. De fait, les Israéliens de la troisième génération sont prisonniers d'un piège vicieux qui les mène tout droit à l'aliénation totale : plus ces jeunes Israéliens, pourtant nés plusieurs dizaines d'années après la fin de la dernière guerre, se prétendent traumatisés par les nazis, moins le reste de l'humanité peut les prendre au sérieux. Et moins ces jeunes Israéliens sont pris au sérieux, plus ils se sentent privés du minimum de dignité et de respect humain. Plus ils sont frustrés, plus ils font une fixation sur leur nouvelle notion de trauma, qui leur est politiquement imposée.
D'une certaine manière, c'est là le chemin idéal vers l'isolement religieux. La soi-disant « troisième génération » est prisonnières d'un narratif qui conduit vers une forme d'aliénation totale, de détachement évident de tout environnement et de toute réalité humaine et culturelle reconnue. C'est le zèle religieux - c'est-à-dire : le trauma - qui forme cette réalité. On s' attendrait à ce que cette forme de névrose collective évolue et aboutisse à un mur de séparation culturelle entre les juifs et les autres. Etonnamment, non seulement cela n'est pas arrivé. Bien au contraire : le processus est inverse. Le discours juif est intégré comme fondement central de la conscience occidentale. Alors que certains juifs auraient tendance à insister sur leur désir de se libérer du fardeau holocaustique qui a imposé une évidente tache d'impuissance désespérée à leur identité collective, le système politique occidental a besoin de l'Holocauste et des juifs, dont il fait les vecteurs de son narratif. Plus : l'Occident a besoin de la névrose juive. C'est ce narratif à forme mythologique qui facilite l'hégémonie politique et commerciale dans un monde qui perd tout contact avec une quelconque pensée catégorique éthique authentique et abstraite. L'Holocauste est en train de prendre la forme d'un système de pensée, dont les juifs traumatisés sont les enfants de choeur s'affairant autour de son autel.
Vu d'une perspective occidentale, les juifs jouent un rôle instrumental dans la perpétuation des fondamentaux libéraux, en les enrichissant d'une sorte d 'expressionnisme poétique haut en couleurs et dévastateur. Ceci explique peut-être pourquoi des lois contre le déni de l'Holocauste sont imposées dans plusieurs pays, en particulier dans des pays où l'influence des lobbies juif et sioniste est relativement mineure. L'universitaire israélien Yeshayahu Leibovitch, lui-même juif observant, a remarqué, il y a déjà bien des années, que la religion juive est morte, et que l'Holocauste est la nouvelle religion qui réunit les juifs, dans le monde entier. Je suis assez d'accord avec cette idée que l'Holocauste est désormais une forme de religion. Il a pour fonction de se substituer à une pensée éthique anthropocentrique. La religion de l'Holocauste n'existe qu'à seule fin de dépouiller l'être occidental de toute pensée éthique humaniste, le tout, au nom même de l'humanisme.
L'émergence et l'évolution du système de croyance holocaustique est le sujet que je vais tenter d'explorer ci-après.
Le Scientifique, le Technologique et la Religion
Je voudrais examiner maintenant l'évolution des trois principaux discours de l'Occident au vingtième siècle : le discours scientifique, le discours technologique et le discours religieux.
Le discours scientifique peut être défini comme une forme hautement structurée de la « recherche de la connaissance ». Dans la vision scientifique du monde, l'homme est confronté à la nature, et il s'efforce de la percer à jour. Le discours technologique, en revanche, est beaucoup moins préoccupé d'acquisition de connaissances ; il est plutôt orienté vers la transformation de la connaissance en pouvoir. Le technologue aurait tendance à dire : « Peu m'importe que vous appliquiez la mécanique newtonienne ou la théorie de la relativité d'Einstein, ce que je vous demande, c'est que vous m'emmeniez sur la Lune (vous pourriez, par la même occasion, veiller à ce que cela ne me coûte pas trop cher.). Apparemment, tant le discours scientifique que le discours technologique séparent l'homme de la nature. L' un comme l'autre impliquent le détachement de l'homme, par rapport à la nature. La raison est très simple : si l'homme est capable d'aller jusqu'au bout des secrets de la nature, il doit être, d'une certaine façon, d'une qualité supérieure, ou tout au moins différente, à la nature. D'un point de vue technologique, si la nature et la connaissance de la nature sont au service de l'homme, alors l'homme doit, d'une certaine manière, lui être supérieur.
Apparemment, ce sont ces deux discours qui ont présidé au discours intellectuel anglo-américain, au vingtième siècle. Et dès lors que ce sont les Anglo-américains qui dominent notre univers, au minimum depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, nous sommes fondés à affirmer que ces deux modes de pensée ont dominé la totalité du discours occidental, et cela depuis pas mal de temps. Autrement dit, être occidental, au vingtième siècle, cela signifiait à la fois penser scientifiquement et agir technologiquement. Par conséquent, grandir, en Occident, cela signifiait avoir tendance à admirer les scientifiques et adorer la science, puis, graduellement, à applaudir aux innovations technologiques et à les consommer.
Du point de vue académique, c'est l'école positiviste qui insista pour que nous devenions plus scientifiques et nettement moins philosophes. Historiquement, tout au moins, c'est le Cercle de Vienne, un groupe de philosophes et de scientifiques qui voulaient éradiquer toute trace de métaphysique du corpus des connaissances scientifiques. Pour ces positivistes, très logiques, « les lois logiques et les données empiriques sont les seules sources de connaissance. » Inutile de dire que le positivisme logique fut une tentative pour asséner un coup magistral à la diversité de la réalité humaine. Comme certains lecteurs de cet article le reconnaîtront, j'espère, les émotions, les sentiments et le plaisir esthétique peuvent être tout aussi importants, en tant que sources de connaissance et même de prise de conscience scientifique, pour ne pas parler de la clairvoyance. Néanmoins, les positivistes logiques n'étaient pas d' accord ; ils n'en démordaient pas : ils étaient pleins de mépris pour la connaissance quasi scientifique. Quand on leur parlait de psychanalyse, par exemple, c'est comme si on avait agité un chiffon rouge devant un taureau ; c'était quelque chose de totalement inacceptable. Le positivisme logique n' était pas seulement une charge contre toute _expression émotionnelle et spirituelle, c'était aussi une offensive évidente contre la philosophie allemande. C'était un assaut non ambigu contre la métaphysique, l'idéalisme, et les premiers romantiques allemands.
En 1936, après l'invasion de l'Autriche par l'Allemagne, il n'y avait plus de positivistes à Vienne, car ils avaient dû s'enfuir en raison de leur origine ethnique. La plupart d'entre eux trouvèrent refuge dans des universités anglo-américaines. Je suis convaincu que l'écrasante tendance positiviste du monde académique anglophone, après-guerre, doit beaucoup à l' immigration forcée de ces positivistes juifs allemands. Et pourtant, l' Amérique n'a jamais été une nation aux orientations scientistes. Rares sont les révolutions scientifiques à avoir eu pour cadre l'autre rive de l' Atlantique. En revanche, l'Amérique est le pays des opportunités ouvertes, et la science, à n'en pas douter, était une grande opportunité.
Plutôt que de s'assimiler l'esprit scientifique, l'Amérique fut très efficace à transformer la science en pouvoir politique et économique. Elle a très rapidement permis à des scientifiques européens exilés, pour la plupart des juifs allemands (ainsi qu'un Italien marié à une femme juive), de produire ses premières bombes atomiques. Elle a été très rapide, dans sa façon de recruter les savants allemands en matière de balistique et de fusées, qui étaient assez enthousiastes pour faire exploser des singes dans la stratosphère. Le monde intellectuel américain n'a jamais été tellement enthousiaste, en revanche, pour les questions théoriques abstraites. Quant aux questions philosophiques, n'en parlons même pas. La question typiquement allemande « Was ist ? » n'a jamais connu un succès fantastique dans le monde universitaire anglo-américain. En revanche, l'Amérique s'est toujours passionnée pour les défis technologiques. Autrement dit, l'Amérique est enthousiasmée par les différents modes de transformation de la connaissance en puissance et en pouvoir. L'Amérique est toute entière adonnée aux technologies, c'est un pays fondamentalement pragmatique. Même dans le domaine de l'art, l'Amérique se trouvant contribuer à l'art moderne et à la musique par des créations majeures, il n'a pas fallu très longtemps pour que, pragmatiquement, on songeât à y attacher une étiquette portant un prix. Finalement, peu importe ce que vous pouvez bien penser au sujet de l'origine de la pensée, dès lors que vous buvez du Coca-Cola, que vous bouffez des McDonalds, que vous achetiez les albums de Charlie Parker et que vous rêviez de posséder un Kandinsky original.
C'est précisément cette approche extrêmement pragmatique qui a conduit à l' émergence d'une nouvelle forme de discours religieux unique contemporain. Alors que les approches scientifique et technique avaient séparé l'homme de la nature, la nouvelle religion occidentale replace l'homme, profondément, dans la nature. Le nouveau sujet occidental, très semblable en cela au rocher et à l'arbre, est dépourvu de tout sentiment substantiel de conscience de soi, et de toutes tendances critiques. De son plein gré, et même avec enthousiasme, le nouveau type d'être occidental tend à faire siennes des perceptions de la réalité préfabriquées. Dans le cadre de cette foi mythologique émergeante, la démocratie est un Dieu, l'Holocauste en est un autre. Ces deux Dieux se soutiennent mutuellement. La démocratie est l' adoration aveugle de la liberté, à la Natan Sharansky, que citent si souvent George W. Bush et Condoleezza Rice. D'un autre côté, l'Holocauste est l' histoire du summum de la persécution et d'une revanche inextinguible, à la Simon Wiesenthal. La démocratie, seule, importe, c'est la gloire notable et manifestée par les maisons blanches et les gratte-ciel d'acier et de verre. L'Holocauste est l'esprit, l'Arche Sainte, cette chose qui vous suit partout dans le désert, mais que vous ne pourrez jamais pénétrer, questionner, ni a fortiori défier. Le Dieu de l'Holocauste siège au coeur même de la défense et illustration de la démocratie qui permet aux Anglo-américains d'insister sur la « libération » des très rares pays qui détiennent encore des ressources énergétiques ou qui ont la malchance d'être stratégiquement localisés à proximité immédiate de ces ressources.
Nous le voyons : les deux divinités - l'Holocauste et la Démocratie - sont très intelligemment placés dans une relation de complémentarité. Le message est clair : à moins que la Démocratie ne règne, un Holocauste est inévitable. Il semble bien que les Anglo-américains se servent de la démocratie en guise d'argument politique pour étendre leur hégémonie économique mondiale. Moins nous sommes convaincus par la Déesse Démocratie, moins nous croyons nos politiciens élus et moins nous soutenons leurs guerres illégales, et plus nous dépendons d'un paradigme extérieur surnaturel. Auschwitz est précisément ce paradigme. C'est le narratif surnaturel ultime, dans lequel des êtres humains ordinaires se transforment en machines à tuer. C'est le narratif d'Auschwitz, dans lequel la nation la plus avancée culturellement devient un bourreau zélé à la Daniel Goldhagen.
Le Dieu de l'Holocauste a pour fonction de tracer la réalité alternative condamnée. Mais, aussi bizarre cela paraisse, c'est la démocratique Amérique qui a utilisé la science, avec des conséquences mortelles, sur des civils innocents, depuis soixante ans. Que ce soit à Hambourg, à Dresde, à Hiroshima, au Vietnam ou en Irak, parmi une liste interminable de pays et de villes, c'est la même histoire qui se répète : les Anglo-américains tuent en masse, au nom de la démocratie. Il y a toujours une bonne raison, recevable, à leurs tueries. Dernièrement, ils ont soi-disant libéré le peuple irakien de la tyrannie d'un Saddam meurtrier de masse, véritable émule d'Hitler. Et pourtant, il est crucial d'indiquer que bien que les Américains et leurs marionnettes du pouvoir irakien aient disposé de suffisamment de temps pour collecter un nombre de pièces à conviction plus que suffisant pour incriminer M. Saddam Hussein, ils ne l'ont pas fait, sans doute parce qu'ils n'en ont pas été capables. Regardons les choses en face : les charges pesant sur M. Hussein au tribunal sont négligeables, par rapport à celles, d'ores et déjà établies, qui pèsent sur Bush ou Blair. A l' évidence, ce qui vaut pour Saddam peut être appliqué à cet autre « émule d' Hitler » que serait Milosevic. Comme nous le savons, pour l'instant, très peu de preuves ont été réunies afin d'inculper l'ancien dirigeant serbe, un homme qu'on n'a cessé de nous présenter comme un criminel de guerre. Encore une fois, je ne porte pas de jugement, en la matière, je ne fais que m'en référer aux procédures judiciaires en cours à l'encontre de ces deux ex-tyrans « émules d'Hitler ».
C'est là où nous rencontrons la beauté et la puissance de la croyance religieuse. Elle fleurit toujours dans les régions de cécité. Vous pouvez certes aimer Dieu, dès lors que vous ne pouvez pas le voir. Vous pouvez vous joindre à la meute et haïr Saddam dès lors que vous savez extrêmement peu de choses sur lui ou sur l'Irak. La haine et la foi ont ceci en commun qu'il s' agit de tendances aveugles. De même, la force d'Auschwitz tient à sa nature incompréhensible. Auschwitz est faisable, aussi longtemps qu'il est infaisable. Auschwitz, c'est le buisson ardent des temps modernes, c'est quelque chose d'anti-factuel. Vous pouvez y croire dès lors que vous ne le comprenez pas, aussi longtemps que cela vous semble insensé, aussi longtemps que cela se situe au-delà de toute imagination. Comme une Arche Sainte, vous le suivriez dans le désert, tout simplement parce que vous n'avez jamais été autorisé à y pénétrer. Auschwitz est le secret sacré et scellé de la religion anglo-américaine en émergence. C'est la face inconnue de Dieu, sous la forme de récits personnels. Dès lors que vous le remettez en question, vous remettez en question, aussi, l'avenir de l'existence anglo-américaine sur notre planète. Dès lors que vous doutez d'Auschwitz, vous devenez un antéchrist des temps modernes. En lieu et place, il vous est hautement recommandé de vous agenouiller et d'approuver la toute nouvelle mythologie émergeant du buisson ardent.
Un peu d'histoire
Au sein de l'appareil juif orthodoxe, l'histoire en général et l'histoire juive en particulier sont totalement redondantes. Simplement, il n'existe pas de nécessité pour une telle entreprise intellectuelle. En effet, la Bible est là, qui définit les paramètres cognitifs juifs. Judaïquement parlant, Saddam, Chmelnisky, Hitler et même Arafat ne sont rien d'autre que la simple répétition de l'horrible Amalec biblique. La Bible étant là, et bien là, il n'est nul besoin d'interroger la validité empirique et probatoire des divers buissons ardents et saintes arches. La croyance juive est basée sur une acceptation aveugle. Aimer Dieu, c'est obéir à ses lois. Être juif, c'est ne jamais remettre en cause les fondamentaux. Apparemment, il n'existe pas de théologie juive. En lieu et place, les juifs ont leur Talmud : une collection de lois et de règlements. Cette perception est loin d'être stupide. Elle est plutôt logique et étayée. Si Dieu est vraiment une entité suprême transcendantale qui surpasse toute notion d'espace et de temps, alors l'homme est condamné à ne pas le comprendre, quels que soient ses efforts. Ainsi, plutôt que philosopher sur des fondements, les rabbins sont principalement occupés par des réglementations. Ils sont là pour dire ce qui est casher et qui est un pêcheur. De la même manière, dans la nouvelle religion anglo-américaine émergente, personne ne doit soulever de questions à propos de l'Holocauste de la Seconde guerre mondiale. De plus, personne n'est supposé demander ce que signifient réellement les mots liberté, droits de l'homme et démocratie. La question de savoir si oui ou non nous sommes des êtres libres est bien trop philosophique. Plutôt que suggérer une réponse, nous sommes confrontés aux icônes rabbiniques Blair et Bush, qui restreignent nos libertés, le tout au nom de la liberté.
Laissons là les Irakiens, un moment. Sommes-nous, nous le soi-disant Occident, libérés ? Dans la nouvelle religion occidentale israélite, la cécité est ce qui permet d'aller de l'avant. Voyons les choses en face : la complexité du narratif de la Seconde guerre mondiale, avec ses contradictions et ses incohérences ne fait que contribuer à ses qualités magiques, fantastiques et surnaturelles. Nous avons intérêt à adopter l' approche hollywoodienne de la Seconde guerre mondiale, plutôt que faire notre quelque approche bêtement sceptique. De fait, ce sont les distorsions et les incohérences qui font de l'Holocauste une histoire humaine vivante, mise sous forme de religion. Ce sont les incohérences qui font de l' Holocauste un récit humain très vivant, et architecturé comme une cathédrale. Ce sont des incohérences qui font de l'Holocauste un buisson ardent des temps modernes. Soyons clairs : vous ne pouvez pas voir Dieu, mais vous entendez en revanche fort bien la voix de la démocratie et de la liberté, comme un écho provenant d'un nuage de fumée. De fait, le politique est tout ce qui demeure, parmi ce qui fut un jour personnel.
Annexe 1
Avec leur froc abaissé sur leurs mollets, je vois ces trois hors-la-loi que sont Irving, Zundel et Germar, les trois historiens révisionnistes de droite qui se retrouvent derrière les barreaux. Ils assiègent notre précieux autel, et ils pissent sans pudeur aucune sur notre miracle démocratique émergent. Vulgairement, ils remettent en question la validité du narratif personnel ; follement, ils veulent établir une dynamique nationale, un narratif lucide, empiriquement fondé sur des pièces à conviction. Ces trois criminels appliquent des méthodes logico-positivistes. Pathétiquement, ils suivent la tradition d'un Carnap, d'un Popper et du Cercle de Vienne. Je me demande s' ils ont conscience de suivre une tradition universitaire initialisée par l' école allemande juive laïque. Ces affreux révisionnistes aspirent à des valeurs vraies, à des lois de correspondances, à l'empirisme. Honte à eux ; qu'ils pourrissent en Enfer ! Ils ne voient pas que l'Occident est allé de l 'avant. Ecoutez, vous, les révisionnistes, vous avez manqué le train. Nous ne sommes plus scientifiques, nous ne sommes même plus techniciens. Nous sommes aujourd'hui profondément religieux, mais nous ne sommes pas théologiques pour autant. Nous sommes évangéliques, nous prenons les choses pour leur valeur faciale, et n'allez pas me demander de la face de qui il s' agit ? Nous voulons croire. Nous sommes religieux désormais, et nous ferons tout pour que vous ne vous en mêliez pas.
Annexe 2
Plutôt que suggérer un narratif historique préférable, je m'efforce de comprendre ce qu'est en réalité l'histoire. Quelles sont les conditions pour que les possibilités d'acquérir une quelconque connaissance du passé soient réunies ? Je ne suis pas historien, et je n'ai nulle intention de le devenir ; je m'intéresse aux conditions qui modèlent le narratif historique. En ce qui concerne l'histoire du vingtièm