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LA BIBLIOTHEQUE QUIBLA

Genevieve Cora Fraser

Poétesse américaine, Palestinienne de coeur
Genevieve Cora Fraser : « Je sais que je suis palestinienne dans mon coeur et dans mon âme»

Présentation de l'auteur : Genevieve Cora Fraser est née au Massachusetts (USA) en 1945. Elle a passé son enfance dans une communauté d'agriculteurs dans l'Etat du New Hampshire. Dramaturge, metteur en scène, poète, historienne et journaliste, G. C. Fraser a étudié à l'Université du New Hampshire [UNH] à la fin des années 1960. Elle y a rencontré Salim Tamari, aujourd'hui directeur de l'Institut des Etudes Hyérosolomitaines (institution dépendant de l'Institut des Etudes Palestiniennes] et professeur associé de sociologie à l'Université de Birzeit. Il était alors étudiant en sociologie. C'est cette amitié avec Salim Tamari qui lui permit de prendre connaissance de la question palestinienne. G. C. Fraser quitta temporairement l'université en des temps où la guerre au Vietnam faisait rage. Elle travailla dans une radio publique locale, NHN ­ TV, puis elle fut rédactrice en chef du quotidien Today Paper de l'agglomération de Lawrence (Massachusetts).

Elle reprit ses é tudes à l'UNH, obteint son diplôme en Théâtre et Communications, en 1979, et un prix de Dramaturgie, en 1981, décerné par l'Université Brandeis. Depuis longtemps, Genevieve milite pour la défense de l'environnement et les droits de l'Homme. Dans les années 1970, elle milita au NAACP, aidant à la constitution et à l'animation d'associations de jeunes Noirs des quartiers pauvres du centre-ville. Dans les années 1980, elle reçut une distinction pour son action en faveur de la préservation de l'environnement, en particulier pour son militantisme et la création des Semaines de Lutte contre les Pluies Acides du Massachusetts.

Elle a écrit une Etude de la vie littéraire du Comté du Northern Worcester, et elle a été commissaire d'une exposition marquante consacrée aux « Indigènes Américains : une vie en harmonie avec la Nature ». Dans les années 1990, elle fut la coordinatrice de la Coopérative des Transports de Northern Tier, dont l'action aboutit au développement d'un réseau de transport public par autobus qui rayonne sur deux Comtés ruraux du Massachusetts. Engagée politiquement, et elle a été assistante parlementaire d'un Sénateur représentant son Etat durant cinq ans. Elle est directrice artistique du Drama Circle, qui encourage et assiste la production d'oeuvres originales pour la scène et l'écran. É coutons ce que Genevieve nous dit de son cheminement : « Depuis mes années d'étude, je suis profondément concernée par le sort du peuple palestinien.

Toutefois, ma grand-mère paternelle était la fille de parents ashkénazes (un Allemand et une Polonaise) et, bien que baptisée catholique, je fus de plus en plus attirée par la religion juive en découvrant mon histoire familiale. Mais c'est lorsque je me suis engagée dans le mouvement contre la guerre en Irak que j'ai commencé à réévaluer ma vision d'Israël et pris conscience de sa culpabilité dans la guerre et dans l'occupation de l'Irak et l'aggravation du chaos dans l'ensemble du Moyen-Orient. Ayant enfin ouvert les yeux, je fus très vite plus réceptive aux idées de mes amis juifs, américains et israéliens, au sujet du cauchemar que représentent tant l'occupation de la Palestine que les menées politiques du sionisme. » « L'an dernier, j'ai repris contact avec mon ami de longue date, Salim Tamari, qui enseignait à l'Université de New York au printemps 2003, et j'ai gardé le contact après son retour chez lui, à Ramallah, en Palestine.

Depuis lors, j'ai créé une bibliothèque d'ouvrages consacrés à cette question, j'assiste à des conférences, je participe à des meetings et je suis en permanence les événements dans les médias. Le professeur Edward Said écrivit un jour : « Nous sommes tous Palestiniens » . Je sais que je suis Palestinienne dans mon coeur et dans mon âme. J'ai é crit sur la tragédie que vivent les Palestiniens, parce que je suis si concernée émotionnellement par leur calvaire que je suis obligée de partager ma vision des choses avec d'autres, afin que nous oeuvrions ensemble, avec les gens de bonne volonté du monde entier, pour une Palestine Libre ». « Je suis particulièrement heureuse de prendre connaissance du profond engagement de citoyens français oeuvrant pour la Paix et la Justice en Palestine et au Moyen-Orient. Le nom de jeune fille de ma mère est Louise Ducharme. Quant à mon prénom, Genevieve, il a été choisi afin d'honorer mes ancêtres français ».

Pour plus d'information sur Genevieve Cora Fraser, consulter son site personnel : http://www.gcorafraser.com.
Courriel : gcfraser@gis.net

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30/08/06 - Le « Jihad » raciste d'Israël contre les Arabes et les peuples musulmans

Par Genevieve Cora Fraser, 20 août 2006.

Traduit par Pétrus Lombard, membre associé de Tlaxcala.


Comme le monde en a été témoin au Liban et en Palestine, le Hezbollah et le Hamas ont beaucoup de chemin à faire pour rivaliser en férocité et en cruauté avec les militaires israéliens. Leurs buts sont diamétralement opposés. En dépit de la propagande et des résolutions contraires, le Hezbollah et le Hamas sont des organismes de résistance, des combattants pour la liberté, déterminés à défendre et à libérer leur peuple. La fonction militaire d'Israël est alléguée pour la sécurité de l'État Juif, mais la réalisation de ce but est fortement contestable. Son ordre du jour ou rôle caché, vu historiquement, est l'oppression et l'assujettissement des peuples arabes et musulmans de sorte que les puissances occidentales puissent violer leur terre et voler sa richesse -- la principale étant le pétrole.

Bien que le pétrole suinte au Moyen-Orient depuis des milliers d'années, l'histoire de l'industrie pétrolière moderne remonte au 19ème siècle, quand les puits pétroliers de Pennsylvanie, d'Ohio, du Texas, de Pologne et d'ailleurs fournissaient les panacées médicinales, les lubrifiants et l'éclairage. Le pétrole gagna en valeur vers la fin du siècle, quand le moteur à combustion externe (à vapeur) fut remplacé par le moteur à combustion interne. Bientôt la science et l'industrie s'unirent pour étudier ses propriétés afin de l'utiliser dans la fabrication, le transport, et la jeune industrie électrique.

Le premier pipeline US souterrain fut posé en 1865. Dans les années 1870, le pétrole fut l'enjeu d'une guerre qui commença sérieusement entre les Rockefeller usaméricains, les Rothschild européens, et d'autres. Peu de temps après, les Rothschild vendirent moins cher que la Standard Oil Company des Rockefellers grâce à leur agent Marcus Samuel qui planifia les navires-citernes pétroliers, sécurisa l'accès au canal [de Suez], et créa des capacités de stockage local dans tout l'Extrême-Orient. En 1908, du pétrole jaillit en Perse et la Anglo-Persian Oil Company fut constituée l'année suivante.

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Avec des amis comme ça


par Uri Avnery, Gush Shalom, 14 janvier 2006. Original : http://www.gush.shalom.org
Traduit de l'anglais en français par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala,
le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique
(transtlaxcala@yahoo.com). Cette traduction est en Copyleft.

Judas Iscariote est bon pour un lifting. D'après la presse, des cardinaux proches du nouveau pape ont recommandé un changement dans l'attitude de l' Eglise catholique à son égard : exit le traître juif qui remet le Messie aux cohortes du diabolique Grand Prêtre - et bonjour l'apôtre qui n'a fait que jouer le rôle qui lui était imparti par le projet divin. Après tout, c'est bien le Bon Dieu qui a décidé que son fiston devait mourir sur la croix, non ?

Assez bien essayé. Mais pathétique, comme tentative. Aucune décision vaticane ne modifiera jamais l'image que le Nouveau Testament donne de Judas : un indic répugnant, qui reçut « trente talents d'argent » pour trahir le Fils de Dieu. Aucun chrétien ayant absorbé cette histoire dans son enfance n 'oubliera jamais l'image du traître blâmable qui embrasse Jésus pour le désigner à ses bourreaux. Rien n'y fera. A moins de changer le texte biblique lui-même. Et ça, c'est plus tôt dit que fait !

Si un, parmi les onze autres apôtres avait trahi Jésus, les conséquences n' auraient peut-être pas été aussi horribles. Mais étant donné que « Judas » sonne, dans beaucoup de langues, un peu comme « juif », la trahison est associée, dans la conscience des chrétiens, aux juifs en général. Des multitudes de juifs, tout au long des siècles, ont été massacrés à cause de cette assonance. Le cri de guerre nazi « Judah Verrecke ! » [« Crevez, les juifs ! »] a pavé la voie conduisant aux chambres à gaz.

Peut-être cela a-t-il eu une certaine influence sur le jeune néonazi Alexander Koptsev, qui a pété les plombs, cette semaine, dans une synagogue de Moscou : il a blessé dix personnes à coups de couteau. Cet acte a allumé tous les voyants rouges. Une fois encore, « la montée de l'antisémitisme dans le monde » est devenue un sujet de préoccupation majeure, une fois encore, les sonnettes d'alarme ont retenti.

Il est de fait qu'existe un danger croissant d'antisémitisme et d' anti-israélisme : ce sont deux phénomènes différents, qui peuvent apparaître aussi bien simultanément que séparément. Mais cela n'est pas lié aux skinhead primaires, comme ce Moscovite jouant du couteau. C'est bien plus dangereux, et le carburant qui nourrit ces deux phénomènes existe dans d' autres lieux, et sur d'autres niveaux.

Dans un des discours par lesquels George W. Bush s'évertue, actuellement, à défendre son invasion calamiteuse de l'Irak, prononcé cette semaine, il a laissé passer une phrase qui devrait allumer tous les voyants rouges. Dans cette phrase, il a fustigé ses contempteurs qui affirment que s'il a attaqué l'Irak, c'était « à cause du pétrole, et aussi à cause d'Israël ».

Ce faisant, Bush a ramené à la surface une assertion que seuls des groupes antisémites marginaux exprimaient ouvertement jusqu'ici. Ils font l'amalgame entre trois réalités : (a) les gens qui ont poussé à la guerre le plus agressivement ont été les néocons, qui jouent un rôle majeur au sein de l' administration Bush, (b) la quasi-totalité des membres les plus influents de cette corporation sont juifs et (c) l'occupation américaine de l'Irak a soulagé Israël d'une menace militaire non négligeable.

Jusqu'alors, les médias américains traitaient cette allégation par le mépris, y voyant une « théorie du complot » ridicule. Maintenant que le président en personne en a parlé : elle est dès lors susceptible de faire partie du discours public légitime aux Etats-Unis, et dans le monde entier.

Il y a là un très grand danger pour Israël. La totalité de l'establishment israélien a soutenu l'invasion américaine. (Quand nous, opposants [israéliens] à la guerre, avons appelé à une manif contre elle à Tel Aviv, le jour où des millions de personnes étaient dans la rue, dans le monde entier, cela fut un minuscule événement, ignoré par les médias.) Désormais, il est tout à fait possible, comme cela s'est produit si souvent dans l' Histoire, que ceux qui sont les responsables du désastre cherchent à éluder leur responsabilité. George Bush se sera estompé de toutes les mémoires, dans quelques années. Ce qui restera, c'est l'impression que ce sont Israël et les juifs qui ont entraîné les malheureux Etats-Unis dans une mésaventure pendable.

Pure coïncidence ( ?), cette semaine est paru un livre consacré à la guerre en Irak, qui évoque le même sujet. Il s'agit de « State of War » [Etat de guerre], d'un certain James Risen.

Entre autres choses, ce livre affirme que le secrétaire d'Etat à la Défense et les néocons qui règnent à Washington n'ont pas écouté les analystes des services de renseignement américains, qui leur recommandaient la prudence, au sujet de l'Irak, mais bien, en revanche, les espions israéliens dont Washington était envahie, et qui y briefaient les hauts responsables.

Dixit Risen, ce sont les extrémistes israéliens que Rumsfeld et son adjoint Paul Wolfowitz écoutaient, et non la cauteleuse CIA. « Les analystes de la CIA étaient souvent sceptiques au sujet des rapports d'espionnage israéliens, conscients qu'ils étaient du parti pris très fort - on peut dire : évident - du Mossad vis-à-vis du monde arabe. » Après leurs visites, les responsables de la CIA démentaient généralement la majorité des infos distillés par les agents israéliens du renseignement. « Cette attitude avait le don de mettre Wolfowitz et d'autres conservateurs du Pentagone dans une rage folle », écrit Risen. Inutile de faire un dessin : Wolfowitz est un nom juif de chez juif.

La conclusion coule de source : ce sont les Israéliens et leurs alliés, les juifs de Washington, qui ont poussé les Etats-Unis à la guerre.

Et comme si cela ne suffisait pas, voici que Washington est depuis peu secouée par un énorme scandale, intimement lié à Israël. En son centre, un homme, appelé Jack Abramoff : encore une fois, un nom qui révèle l'identité juive de celui qui le porte...

Ce Jacques est un super-lobbyiste, un symbole du phénomène qui a fait de la politique américaine une écurie d'Augias de corruption, que même le puissant Hercule aurait du mal à nettoyer. Il a écrémé l'oseille de ses clients, principalement des Amérindiens, en empochant une partie et utilisant le reste afin de graisser la patte à des personnages éminents de l'élite : des sénateurs et des membres du Congrès. Il leur a fait des cadeaux somptueux, offert des voyages d'agrément autour du monde, aux frais de la princesse, des suites dans de luxueux hôtels et autres gratifications. La plupart des bénéficiaires étaient des Républicains, mais certaines miettes échurent à des Démocrates, également.

Jusqu'ici, rien d'inhabituel. C'est juste un peu plus gros que d'habitude. L 'industrie du lobbying est très développée, à Washington, une ville aussi infestée de lobbyistes qu'un chemineau est infesté de poux. Le lobby pro-israélien ne diffère en rien des autres. Les lobbyistes pourrissent tout. Ils achètent les hommes politiques pour qu'ils décrètent des lois qui détournent des milliards de fonds publics vers les poches de leurs clientèle. Ils jouent un rôle majeur dans le financement des campagnes électorales des hommes politiques, depuis le Président jusqu'au maire du plus petit patelin. Ce n'est que tout à fait exceptionnellement qu'un d' entre eux se fait pincer et est envoyé en taule, comme cela risque fort d' arriver bientôt à notre Abramoff.

Mais ce qu'Abramoff a de spécial, c'est qu'il s'agit d'un sioniste fanatique. D'après les articles publiés aux Etats-Unis, une partie des fonds qu'il extorquait était destinée à des colons fanatiques en Cisjordanie. Abramoff leur envoyait de l'équipement militaire à utiliser contre les Palestiniens, et peut-être même contre le gouvernement israélien. Entre autres joujoux, des tenues de camouflage, des viseurs télescopiques destinés aux tireurs d'élite [snipers], des jumelles de vision nocturne et un détecteur de rayonnement infrarouge.

Les journaux et revues américains font état d'un colon du nom de Shmuel Ben-Zvi, de la colonie de Betar Illit, un copain de collège d'Abramoff, comme destinataire de cet équipement. Ben-Zvi a nié, mais la commission sénatoriale américaine a obtenu des e-mails, qu'il a envoyés et dans lesquels il loue Abramoff pour lui avoir envoyé du « renfort », tandis qu' Abramoff lui écrivait que « s'il y avait encore une dizaine de mecs comme lui [Ben-Zvi], les sales rats seraient cuits. »

Abramoff, quant à lui, affirme qu'il est simplement un idéaliste, qui utilise l'argent « placé en ses mains par Dieu » afin d'aider Israël. Il a également financé une organisation - vraisemblablement bidon - d'exilés syriens, soutenue par Israël. Une des publications américaines mentionne à ce propos la devise biblique du Mossad : « Par la tromperie, la guerre tu feras, fiston ! » [Proverbes 24,6 - C'est ce que cela semble vouloir dire, en hébreu moderne, mais la signification réelle de ce passage est controversée. La English Bible en donne la traduction suivante : « For by wise counsel thou shalt make thy war » [« C'est en effet grâce au conseil avisé que tu devras mener ta guerre. »]

Résumons. Voici comment les Américains voient sans doute la chose : l'homme qui est devenu un symbole de la corruption aux Etats-Unis est un juif. Un juif qui soutien Israël. [La totale, quoi !]

Et là encore, comme si cela ne suffisait pas, cerise sur le gâteau : un autre ami d'Israël vient de faire lui aussi des remous dans les médias américains. Il s'agit de notre vieux pote Jerry Falwell, le gourou de millions de chrétiens fondamentalistes américains, un ami du [non] regretté Menachem Begin.

Il convient de rappeler que Binyamin Netanyahu, notre Premier ministre d' alors, se rendit en Amérique en 1998 afin d'y rencontrer le Président Bill Clinton. A l'époque, Clinton s'évertuait à faire pression sur Israël afin de faire avancer la paix. Netanyahu était invité à cette fin. La veille de sa rencontre avec Clinton, Netanyahu rencontra publiquement, on vous le donne en mille. : Falwell, devant des centaines de personnes. Et voici que Falwell, ennemi juré de Clinton, révèle aujourd'hui que cette rencontre avait été délibérément programmée, afin de provoquer le Président américain.

Quelques jours auparavant, un autre ami de Netanyahu, William Kristol, un des potentats juifs néocons, avait publiquement fait allusion au fait qu'un énorme scandale sexuel était sur le point d'éclater à la Maison Blanche. Immédiatement, le scandale autour de Monica Lewinsky était lancé, et l' opinion était informée de ce que le Président américain avait pris du bon temps, à la Maison Blanche même, avec cette jeune stagiaire au nom aux très fortes consonances juives [Rien étonnant, mon pauvre Uri, puisqu'elle est juive. ndt]

Quinze jours avant la visite de Netanyahu, un journal juif américain avait publié un encart publicitaire afin de demander au Président américain de cesser de faire pression sur Israël. Ce communiqué comportait une photo de Clinton, prise de dos - exactement le même cliché sur lequel Clinton apparaît, embrassant Monica, qui fut diffusé, peu après, dans le monde entier. [Bizarre, non ? Ndt]

Falwell se répand, clamant publiquement qu'il a aidé Netanyahu à faire chanter Clinton. Si c'est vrai, on peut dire qu'il a réussi : il n'a jamais été question d'une quelconque pression sur Israël, lors de cette rencontre au sommet.

Au fait, le magazine dans lequel Falwell a publié ses allégations, Vanity Fair, appartient à l'empire de la presse Si & Donald Newhouse, de généreux contributeurs au lobby pro-israélien.

(Un autre personnage haut en couleurs du fondamentalisme chrétien, Pat Robertson, a déclaré, la semaine dernière, que l'attaque cérébrale dont Sharon a été victime était le châtiment de Dieu, parce que Sharon a donné une parcelle de la Terre sainte aux Arabes. Il s'est excusé par la suite, sans doute dans l'espoir de sauver un accord conclu avec le gouvernement israélien, aux terme duquel il construira un énorme complexe touristique, au bord du Lac de Tibériade.)

Le tableau en train d'émerger, aux yeux de l'opinion publique américaine, est un tableau où Israël et les juifs règnent à Washington et où le gouvernement américain danse à leurs violons. C'est là, bien entendu, une grossière exagération, mais beaucoup de gens risquent d'en venir à le croire. Cela n'aura peut-être aucun effet dans l'immédiat, mais cela représente un très sérieux danger, sur le long terme [Il faudra changer le peuple américain ! ? ! NdT] Quand les choses se répètent, toujours et encore, il y a un effet d'accumulation. [C'est beau comme du Raffarin ! NdT]

Ce genre d'événements doivent nous servir d'avertissement. Le gouvernement israélien et les dirigeants de la communauté juive des Etats-Unis doivent réexaminer sérieusement ce danger. Des propos désapprobateurs au sujet de la « montée de l'antisémitisme » ne suffisent pas, quand ce qui est requis est un profond changement dans les comportements. Nous devons arrêter tout contact avec des escrocs, en particuliers s'il s'agit d'escrocs juifs, ainsi qu'avec les fondamentalistes de tout poil. [Autant demander à la panthère de changer ses taches, NdT]. Quiconque a à cour les intérêts bien compris d' Israël doit l'exiger. Cette question concerne la sécurité nationale d' Israël, d'autant plus que la politique de notre gouvernement est entièrement fondée sur un soutien américain infaillible [Un petit éclair de lucidité, sur la fin. Mais ça n'a rien de très sexy ! NdT].

Ariel Sharon était trop autoritaire pour avoir à prendre en compte ce danger. Espérons que son successeur sera un peu plus modeste. [Avec Tzipi Livni, aucun risque ! ! ! NdT]

Dans son article « Avec des amis comme ceux-là », Uri Avnery dénie la vérité fondamentale sur Israël


par Genevieve Cora Fraser, 16 janvier 2006
Traduit de l'anglais en français par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala,
le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique
(transtlaxcala@yahoo.com). Cette traduction est en Copyleft.

Cher Uri,
Habituellement, j'adore vos articles. Mais « Avec des amis comme ceux-là. » [With Friends like these… ,
http://www.avnery-news.co.il/english/index.html
, 14 janvier 2006 lire la traduction ci-contre ] dénote une incompréhension totale de ce qui est en train de se tramer en Amérique. L'AIPAC et les néocons américains sont profondément liés à Israël et à l'agenda politique sioniste, consistant à diviser et à conquérir le Moyen-Orient. En dépit de tous les arguments contraires, ils ont fabriqué des mensonges pour dissimuler la vérité, à savoir que l'Irak ne possédait pas d'armes de destructions massives susceptibles de porter atteinte à l' Amérique. L'implication israélienne a été également occultée, quand le soi-disant « Nouvel Irak » a exhibé un soi-disant drapeau irakien qui n' était qu'un duplicata certifié conforme du drapeau israélien, mis à part le remplacement de l'étoile de David par un croissant bleu pâle. Si vous regardez en arrière, c'est à partir de ce fait que l'enfer s'est déchaîné. L 'insurrection irakienne détenait dès lors la preuve que si les Irakiens ne se défendaient pas comme des lions, ils subiraient le même sort que les Palestiniens. Mais, bien entendu, le pétrole est aussi au coeur du problème, aussi bien pour l'Amérique que pour Israël, et ainsi que pour l' insurrection, qui pense que les ressources irakiennes appartiennent aux Irakiens. Uri, les Irakiens veulent récupérer leur pays. Les gens qui ont suivi la montée en puissance de l'Aipac et d'autres organisations similaires, des néoconservateurs et des sionistes chrétiens, au fil des années, et qui sont inquiets, ne sont pas des antisémites, comme vous l' insinuez : ce sont, tout simplement, des gens intelligents. Beaucoup, parmi eux, ont aussi du sang ashkénazi qui circule dans leurs veines. Certains sont des membres actifs de leur synagogue locale. Bien loin de faire d'eux des gens haineux d'eux-mêmes, cela fait d'eux des gens avisés. Uri, nous aussi, les Américains, nous voulons récupérer notre pays. Nous avons une constitution (à la différence d'Israël), et la majorité d'entre nous, nous croyons vraiment que Tous les Hommes sont Nés Egaux - qu'aucune race, aucune croyance, aucun sexe n'est supérieur à l'autre. Israël, regardons les choses en face, est un pays aussi raciste que n'importe quel pays, sur terre. Les sionistes blancs caucasiens qui gouvernent votre pays haïssent les sémites qu'ils prétendent être.

L'Amérique fait également sienne la « séparation de l'Eglise et de l'Etat », qui est fondamentale pour garantir les droits humains fondamentaux. Or Israël ne la fait pas sienne, ni non plus les néocons ou leurs sympathisants chrétiens sionistes, ni l'administration Bush. Beaucoup d'entre nous, fut un temps, ont été de véritables partisans d'Israël, mais les écailles nous sont tombées des yeux et, franchement, les tactiques de votre pays nous retournent l'estomac. Nous sommes nombreux à redouter que nos dirigeants ne s'inclinent devant les dirigeants israéliens, que nous aussi soyons en train de devenir de plus en plus des fascistes, dans notre politique étrangère, d' une manière qui ne ferait que décupler l'incarcération et la victimisation de l'ensemble de la Palestine. Le constat qu'il n'y a que l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette entre les agendas politiques nazi et sioniste est proprement effrayant.

Certains, parmi nous, sont allés en Palestine, et ont constaté de visu ce qu 'on y commet. Oui, j'ai été personnellement dans l'appartement maculé de sang d'un militant pacifiste brutalement assassiné par un commando de l' armée israélienne. J'espérais qu'un tel niveau de bestialité était inhabituel, mais je sais que, malheureusement, cela arrive tous les jours. Trop de Palestiniens modérés ont été emprisonnés, torturés et assassinés par les troupes israéliennes - et n'oublions pas ces enfants, qui sont légion, qui ont été abattus, ni les snipers et les tanks qui ont semé la dévastation dans des écoles primaires, etc. etc. etc. Ces méthodes sont utilisées afin de déstabiliser un pays, d'y créer un chaos constant et non provoqué. L'apparition de ceux qu'on qualifie de « terroristes palestiniens » est une réponse à une victimisation continuelle de la Palestine par Israël. Et pourtant Israël recourt à l'écran de fumée de la « victime éternelle », tout en continuant à tire-larigot ses attaques à coups d'hélicoptères, de jets de combat, de missiles télécommandés, de bombes incapacitantes, d'horreur buldozérisée, de mur raciste d'apartheid, de vol des terres agricoles et des ressources en eau des Palestiniens. Israël profane et blesse une terre qui a été amoureusement entretenu, des millénaires durant, par sa population autochtone. Les effluents résidentiels, industriels et militaires empoisonnent les sols et se déversent dans les nappes phréatiques, tandis que les pouvoirs curatifs de la Terre sainte et de son legs spirituel - le judaïsme, le christianisme et l'Islam - sont bafoués.

Uri, je sais bien que vous protestez, que vous élevez la voix et que vous écrivez de merveilleux articles provoquant la réflexion, sur les agissements horrifiants d'Israël. Mais, s'il vous plaît, ne venez pas nous dire que nous sommes antisémites parce que, nous aussi, nous remarquons les crimes incessants contre l'humanité qui constituent, aujourd'hui, comme cela a toujours été le cas, la politique israélienne. Nous sommes conscients du fait que les véritables événements qui se déroulent en Palestine et aussi ceux qui affectent les Arabes en Israël sont rarement mentionnés dans la presse américaine, détenue et contrôlée de manière prépondérante par des juifs, à moins que d'une manière ou d'une autre les mots « terroristes palestiniens » n'y soient soulignés. Aujourd'hui, nous voyons des icônes de la télévision, comme Charlie Rose acquiescer à la proposition que Sharon « est un homme de paix » [excusez-moi, si je m'esclaffe] et affirmant de manière péjorative que « les Palestiniens ne changeront jamais. » C'est un mensonge. Les Palestiniens ont changé, et ils l'ont prouvé.

Oui, ils ont changé, passant d'une société prospère et hautement éduquée, qui chérissait cette Terre sainte qu'ils cultivaient et les lieux saints qu' ils préservaient à une société écrasée sous les bottes d'Israël - violée, torturée, volée, ethniquement épurée et massacrée à volonté par les Israéliens. Combien de temps l'holocauste a-t-il duré ? Douze, treize ans, tout au plus. ? Alors, s'il vous plaît : ne nous parlez plus de milliers d' années.

Les gens de ma famille ashkénaze, en Europe, étaient hautement éduqués et prospères, mais ils ont quitté l'Europe, fort heureusement, bien avant que la répression nazie ne s'abatte. Quant à l'héritage romain catholique de cruauté despotique - les juifs n'étaient pas les seuls concernés : les Papes torturaient, brûlaient vifs et chassaient les chrétiens « hérétiques », et les musulmans, de la même manière. Mais il y a des siècles que cela se passait, au cours du Moyen-Age. La plupart des gens ont désormais oublié ce traumatisme, parce qu'ils l'ont surmonté.

Pourquoi, dès lors, les Palestiniens ont-ils été désignés, seuls, pour souffrir ? Six décennies de tortures n'ont-elles pas suffi, pour racheter les péchés de l'Europe ? Israël a le désir notoire de déstabiliser l' ensemble du Moyen-Orient, car il redoute qu'une région saine, riche et unie ne risque d'entraîner sa destruction. Alors, je vous en prie : ne vous en prenez pas à moi, ni à mes amis, ni aux millions de personnes que je n'ai pas encore eu l'honneur de rencontrer et qui reconnaissent ce fait. Cela n'a rien à voir avec l'antisémitisme : il s'agit tout simplement de regarder les réalités en face. Si vous venez en ennemi dans une région, les gens vous y répondent en voyant en vous un ennemi. Pas besoin d'avoir fait Saint-Cyr pour le comprendre.

Le plan de partage de 1947, duquel Israël fait dériver sa prétendue légitimité, n'a pas autorisé le transfert de populations des États nouveaux nés. Et pourtant, les Palestiniens ont été torturés, évincés et tués, depuis près de soixante ans - des lois racistes comme les Lois sur les propriétaires absents de 1948 ont déclaré tous les Arabes absents de leurs terres et propriétés, même s'ils étaient chez eux, dans leur lit. Telle est la prétention d'Israël sur ces terres - en voilà, une manip' de juristes ! - au même moment où ils JETAIENT LES PALESTINIENS A LA MER à Jaffa, à Haïfa et dans d'autres localités côtières. Vous voyez, le Hamas ne mâche pas ses mots, mais il est dans l'incapacité de mettre sa menace à exécution, à savoir : jeter les Israéliens à la mer. La menace du Hamas n'est que l' image, le reflet au miroir de ce qu'Israël a fait au peuple que le Hamas a juré de protéger. Voilà, pourquoi Israël a tellement peur. Israël redoute de devoir payer la monnaie de sa pièce, parce qu'il sait très bien, en son âme et conscience, ce qu'il a fait. Si Israël veut la paix, alors il doit adopter les droits fondamentaux de l'Homme, il doit épouser ce qu'il y a de meilleur dans le judaïsme et dans toutes les religions possibles et imaginables, qui sont toutes respectables et responsables : la droiture, la civilité et la recherche du bien commun, et non de l'horreur partagée.

Si Israël veut la sécurité, il doit devenir une « démocratie constitutionnelle », qui éradique toutes ses lois racistes infamantes. Israël doit reconnaître et respecter le droit international et affirmer fièrement et clairement ce qu'il défend - y compris la restitution de leurs biens aux dépossédés de Palestine. Israël doit aussi présenter des excuses sincères pour ses crimes. Tant que cela n'aura pas été fait, la Palestine n' aura pas de partenaire de paix, et la réconciliation restera impossible. Aujourd'hui, les faits, sur le terrain, en Israël et en Palestine, ne sont que par trop évidents. L'agenda pas-si-secret-que-cela d'Israël, soutenu par le fric américain, consiste à avaler tout rond la Palestine et à épurer ethniquement ceux qu'ils pourront épurer, tout en maintenant le reste de la population palestinienne enfermé dans les camps d'internement du mur raciste de l'apartheid - où ils sont torturés, brutalisés, affamés et déshydratés jusqu'à ce que mort s'ensuive - comme les millions de Palestiniens de la diaspora, que l'on laisse pourrir dans des camps de réfugiés, si près, et pourtant si loin, d'ici.

 

 

La diplomatie Marat-Sade d'Israël s'impose à la Palestine


par Genevieve Cora Fraser, 21 décembre 2005. Adaptation depuis l'anglais : Marcel Charbonnier pour Quibla.

A l'Ecole de Diplomatie
Marat-Sade,
Les relations publiques passent pour la Vérité,
Le sophisme, pour la sincérité
Et les Arabes,
Pour des Arabes
Qui n'existent pas.

Pour de simples nomades,

Errant

Et pénétrant sur les terres
Que les Israéliens disent posséder
Depuis trois mille ans,

Malgré leur petite balade

De deux mille ans,

En Europe,
En Amérique,
Et dans des pays inconnus
Encore tout récemment.

Les Cours
Marat-Sade
Enseignent
Qu'un archéologue
A volé
Toutes les preuves
De l'existence, jadis,
D'une grande nation,

Il y a, de cela, quatre-vingt quatorze ans,
Et peut-être plus encore,
Bien que nous soyons certains
Que cela fait au moins trois mille ans,
Et peut-être même six mille ans,
Qu'on y vénère un seul D.eu,
Bien que quelques autres
Déités,
Romaines et grecques,
Aient fait leur apparition
Dans le Temple.

L'Ecole de Diplomatie
Marat-Sade
Est un passage obligé,

Pour les dirigeants israéliens,

Auxquels on enseigne la Domination,
Le Contrôle Total,

(Une certaine démocratie,
Pour les Elus,
Et tous les autres,
Nous les rejetons,
Nous ne voulons pas d'eux, comme citoyens).

Les Stagiaires,
Chez Marat-Sade,
Apprennent les ruses,
Jouent de la matraque,
Contre leurs ennemis,

Partout.

Nous sommes le Maître,
Eux, ce sont des esclaves.

La Sécurité de l'Etat
Exige
Que l'on déchaîne
Une intense cruauté :

Alors : haïssez
Vos voisins
De palier,
Qui seront réduits à crever

Pour que nous puissions vivre

Libres des Autres,
Qui,

Eradiqués,

Partiront du pays.

Les Arabes sont une nuisance,
Aux yeux de d.eu.

Les seuls hommes
Qui vaillent,

Ce sont ces Prophètes
De la veille,
Qui arborent leur barbouze

Et comptent,
Hectare après hectare,

Tout en écrabouillant au bulldozer

La preuve
Que quiconque ait jamais
Vécu

Là où ils
Jettent leur dévolu.

Le d.eu israélien
Est un d.eu juste,
Qui préfère
Les Européens blancs uniquement,
Voilà tout.

Leur d.eu choisit au hasard :
Leurs juifs ancestraux,
C'est lui qui les choisit ;

Tous les autres
Sont les perdants.

Monsieur Marat
Exige un règne
Qui puisse exercer
Sa terreur ou sa puissance.

Que soient réduites
En poudre
Les multitudes
Que le Christ nous a enseigné
A aimer,
Sans distinctions,
Délibérément.

Les sélectionnés
Elisent
Ce qui sert
Leur cause.

Y'a pas à chier :
Ils ont tous les droits.

La manière de faire mourir,
C'est à nous de la déterminer,
Et c'est à vous de la découvrir,
De but en blanc :

Attendez-vous à ce qu'une bombe
Eclate en tempête
Et vous fasse exploser la cervelle.

Ne connaissant aucune limite,
Les Israéliens
Contrôlent les cieux :

Permis par-ci,
Permis par-là.

Ne désespérez pas :

Faites appel à la cour,

Attendez la Justice

A jamais...

Apprenez
Le self-control,

Soyez dociles,
Les flingues sont entraînés
En prenant pour cible votre boîte crânienne.

Sages, là.

Cou-couche.

De toute façon,

Les checkpoints
Seront maintenus !

Le plaisir du Marquis de Sade
Est votre douleur.

Choisissez une pièce,
Nous apporterons le balai.

Un balayage de la prison
Nettoie toutes les générations.

Les détenus,
Contre le Mur,
Cernés.

Nous ne nous retiendrons pas :

Nous torturerons
Pour notre plus grand profit,

Jusqu'au dernier homme,
Jusqu'à la dernière femme et jusqu'au dernier enfant :

Voilà ce qui fait sourire
Les visages des sionistes

Excités
Comme des punaises de lit.

 

Un accueil palestinien écrasé contre le Mur israélien


par Genevieve Cora Fraser, 31 décembre 2005. Adapté de l'anglais par Marcel Charbonnier pour Quibla


Le taxi collectif,
Sous des torrents de pluie,
Attendait les clients.

Alors je me suis serrée
Au milieu des femmes
Musulmanes vêtues
De hajibs et de corsages noirs.

Mon chapeau d'astrakan
Noir
Contrastait
Avec l'onctuosité
De leurs atours.

Mon long manteau marron
S'ouvrit et retomba sur leurs genoux,
Tandis que la porte glissait,
Et se refermait bruyamment.

Le chauffeur criait
Des destinations,
En arabe.

Il sauta à son volant
Et commença à rouler,
Nous extrayant de la foule
Qui envahissait la station des autobus.

Je tendis un morceau de papier,
Avec le nom et le numéro
De la rue
Où nous devions nous rencontrer,

Ecrits dans une langue
Qu'elles ne savaient pas déchiffrer,
Ni écrire. Ma prononciation
Etait une plaisanterie qu'elles comprirent, celle-là,
Débattant, entre elles,
Au sujet de mon incursion occidentale,
Dans leur monde oriental.

Très vite, elles se détendirent,
Se mirent à rire,
Et à faire moult gestes,
Pour assurer
A l'étrangère que j'étais qu'elles m'aideraient.

Oui, moi, l'étrangère.
L'étrangère avertie à leur encontre
Par tous ceux que je connaissais,
Là-bas, loin, chez moi. Maintenant,
Très loin de chez moi, parmi
Mes hôtes arabes,
Je souriais,
Avec mes soeurs,
Nous aspirions à la paix,
Nous étions tristes,
Nous étions perdues,
Et confuses.

Nous cherchions un ami,
Perdu de vue depuis si longtemps,
Et qui se trouvait, maintenant,
Dans sa patrie,
En Palestine,
Depuis des décennies.

Lui aussi, il s'était trouvé tout perdu,
En exil, parmi
Des hôtes américains,
Tandis qu'Israël
Semait la dévastation
Et exilait
Tous ceux qui se trouvaient
Au-dehors des portails,
Auxquels ils interdisaient
Des années durant
De rentrer chez eux.

Eh bien, aujourd'hui,
Près de quarante ans après,
Les paras israéliens cornaquent
Les Orientaux,
Pour éviter
Qu'ils ne se mélangent aux Juifs
Occidentaux.

Tandis que nous avancions,
Zigzaguant entre les nids de poule,
Les flaques se transformaient en geysers
Tout au long des routes de contournement de Jérusalem

Nous faisions route vers Ramallah,
Quand le ronronnement du moteur
Succéda au bavardage,

Car nous passions, à vivre allure,
Devant des ruines moulues menu,
Des maisons criblées de balles.

Assaillies
D'espoir, nous roulions,

Perdues dans nos pensées,

Bien que fatiguées et accablées
Par la grisaille du ciel.

Nous redoutions
Les jeeps israéliennes.

Des soldats,

Profondément engoncés
Dans leur trouille

Nous doublaient,
Eclaboussant notre taxi,

Qui fonçait
Vers un rassemblement,
Une foule.

Des mitraillettes,
En joue,
Prêtes à écraser
Les Palestiniens
Sur le sol,

Les hommes de « Tsahal »
Surgirent,

Hurlant
Des ordres,

Tandis qu'ils balançaient
Leurs victimes contre
La barrière de ciment.

Espérer
La compréhension,
Le réconfort
D'une patrie,
Libre et accueillante.

Nous avons été bloquées,
Prises au piège
D'un checkpoint.

Un jour de plus,
Perdu dans la confusion
De la confrontation,
De la violence,

Conçues,
Nées
De la mentalité sioniste.

Installées, à l'instar des
Barrières de ciment qu'ils installent partout,

Contre l'égalité
Et le respect.

Les hommes de « Tsahal »
Inspectent
Ceux qu'on leur apprend
A redouter.

Terrifiés,
On dirait des enfants,
Ils ont la gâchette facile,
Ils sont prêts à exploser.

Mais ils n'inspirent qu'une seule chose
Chez ceux qu'ils contrôlent de la sorte :

La résistance !

 

De l'autre côté du Mur israélien, les Palestiniens prient pour la Paix


par Genevieve Cora Fraser, 8 janvier 2006. Adapté de l'anglais par Marcel Charbonnier

De l'autre côté
Du mur raciste
Que l'Israël sioniste
Est en train d'ériger
Afin de créer un ghetto
A l'existence sereine,
Confite dans sa victimitude
Et séparée
De l'Autre,

Il y a les douces
Ondulations
Des collines des districts
De Bethléem
Et de Jérusalem.

Des districts où les oiseaux
Continuent à gazouiller
Dans les branchages des rares
Oliviers encore debout,

En dépit
Des tentatives déployées par les colons
Pour les brûler, les abattre
Et en empoisonner les racines.

Chrétiens et musulmans
Continuent à prier pour la paix
Avec des amis juifs,

Malgré le spectacle terrifiant
De miradors d'où
Pointent les canons de mitrailleuses
Dont les servants les espionnent depuis les hauteurs,

Prêts à asséner la mort
A quiconque
S'approcherait.

Ils se rassemblent, ils chantent, ils psalmodient et ils prient,
Pour défier l'agression incessante
Du Mur,

Ce serpent de béton
Aux sinuosités venimeuses,

Etouffant des villages,
Des prairies, des lieux de vie,

Et toute vie, sur son passage ;

Des quartiers entiers ont été abandonnés
La haine et la pauvreté
Sont les maîtresses de lieux

Que des prophètes, jadis,
Foulèrent ;

De sentiers
Que des Saintes Familles
Palestiniennes
Ont parcourus

Trois millénaires durant,

Dans l'extase de la compréhension
Innée
De qui ils sont :

Des Palestiniens,
Oh, qui ne clament pas
Fièrement
Leur nationalité,
Non ;

Mais qui évoluent
Dans le giron
D'une existence
Nourrie par la nature,

En harmonie avec la terre,
Issus de la terre, et
Retournés à la terre

Ils y ont vécu,
Des milliers d'années,
Heureux.

Jusqu'à ce que les flingues
Et les explosions des bombes
Du terrorisme sioniste
Ne les extirpent,

Mitraillés,
Le tissu
De leur vie paisible déchiré :

Un tyran était venu chez eux,
Pour y rester.

Puissant et terrible il est,
Impitoyables
Sont ses manières ;

Il déracine les cultures
Et les forêts,

Il passe tout au bulldozer

Des êtres vivants, sur son passage,
Sous la grande canopée du ciel,
Le soleil ardent
Illumine les jours.

Le joug des conquérants
Tente de harnacher
Les Palestiniens

Sous des tours de passe-passe de juristes,

Tout ce que les conquérants
Contrôlent,
Ils ambitionnent de se l'approprier.

 

 

 

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