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LA BIBLIOTHEQUE QUIBLA

Israël Adam Shamir

Les Juifs et l'Empire

Par Israel Shamir

(Conférence donnée à la chambre des lords, Westminster, le 23 février 2005-03-03)
Ladies et Lords, Mesdames, Messieurs, chers amis,

C'est un grand honneur pour ce modeste écrivain de la lointaine Jaffa que de s'adresser à vous dans cette vénérable demeure où s'entrelacent démocratie et aristocratie ; je souhaite en remercier mon hôte de ce soir, mon cher frère, son Excellence Nazir Ahmed de Rotherham dans les bruyères du Yorkshire. Je donnerais beaucoup pour voir aussi un autre ami très cher, feu sir Robin, Lord Phillimore, à qui je suis redevable de m'avoir fait comprendre et aimer l'Angleterre. Je n'étais qu'un chiot tout fou, un journaliste débutant, qui venais travailler à votre BBC si justement renommée, et le Lord Phillimore fut pour moi un passeur et un guide pour découvrir la bonne vieille Angleterre des Papiers de Mr. Pickwick, parce qu' il avait sa résidence non loin de Henley-on-Thames, qui est si profondément anglais.

Aussi l'Angleterre devint pour moi un objet d'amour dès mon âge tendre, l'Angleterre de pubs qui servent de l'ale Brakespear Old Fashioned, celle des grandes pelouses impeccables de Kensington où j'habitais, des bouteilles de lait sur le palier, de l'odeur exquise des oufs au bacon et des toasts le matin, des pages plaisantes et bien senties du Guardian, de la calme bonhomie des Anglais, de vos demoiselles exquises capables de proposer et de préparer une délicieuse tasse de thé au moment le plus invraisemblable, du fair play de vos gentlemen, l'Angleterre doucement verdoyante et quelque peu paroissiale de Blake, Hopkins, Evelyn Waugh et GK Chesterton, l'Angleterre comme contrepartie à l'Empire. Autant j'aime l'Angleterre autant j'en suis venu à rejeter l'Empire. L' empire aura été une infâme invention du XIXème siècle.

L'Empire a ruiné l' Irak et a utilisé des gaz empoisonnés contre ses citoyens bien avant l' offensive actuelle de Bush et Blair. Nulle contrée n'était assez éloignée ou assez proche pour échapper aux assauts impériaux : depuis Shimonoseki au sud du Japon jusqu'à Gondor dans les montagnes d'Ethiopie, depuis Beijing jusqu' à Arkhangelsk, depuis Oriente la ville des pêcheurs en Grande Bretagne jusqu 'à Bagdad, depuis Dublin jusqu'à Kandahar, depuis Dresde en pays saxon jusqu 'à Akka en Palestine, l'Empire a tout bombardé. Et je ne parle pas des jours lointains de la Reine Anne, mais des cent cinquante dernières années inaugurées par votre premier dirigeant sioniste, Lord Beaconsfield Dans notre pays, en Palestine, une bonne partie des malheurs actuels est le résultat de l'intervention impériale. La première Intifada, la grande révolte arabe de 1936-1939, causée par la conquête sioniste rampante, fut écrasée par les forces impériales avec la plus grande sévérité. Des milliers de Palestiniens natifs furent massacrés, exécutés, pendus, chassés de leur pays.

La défaite arabe, la Nakba de 1948, ne saurait être comprise en dehors du contexte de la guerre impériale précédente contre les Palestiniens. Les armées sionistes administrèrent le coup de grâce à une population rurale désarmée, ensanglantée et impuissante dont l'élite et les meilleurs combattants avaient été éliminés par l'Empire Oh mais pourquoi, me direz-vous, faudrait-il donc que nous revenions là-dessus maintenant ? Nous ne pouvons pas passer l'éponge parce que l' Empire n'appartient pas au passé.

Tel un monstrueux parasite il a migré après avoir pompé le suc des Britanniques. Et il a transplanté son capital à Washington et New York, tandis que l'Angleterre devenait partie obséquieuse de l'Empire, telle la Grèce de la nouvelle Rome, ou plutôt Tyr soumise à la nouvelle Carthage. Non seulement votre Royal Air Force prête main forte aux Américains, mais votre BBC, jadis parangon de l'objectivité, est devenue un simple outil de propagande pour le nouvel Empire

Je ne suis pas venu vous condamner mais vous offrir mes condoléances, parce que l'Angleterre fait partie des victimes impériales. Il y a trente ans, je venais chez vous pour la première fois, et depuis ce temps-là je vois l' empire vous dévorer comme il dévore tous les autres peuples. Londres est devenue une cité cosmopolite sans visage, votre cinéma est en ruines, vos rues sont occupées par des chaînes internationales de magasins, vos journaux appartiennent aux sionistes, et le danger est réel de voir les Anglais anéantis par le fardeau impérial comme les Romains et les Macédoniens de jadis, avant qu'il en soit de même pour les Américains

L'Empire n'est pas particulièrement bon pour les peuples, y compris pour celui de l'ancienne mère patrie. Prenons le cas de la Palestine. Des milliers de jeunes hommes britanniques moururent pour conquérir la Palestine et la donner aux Juifs. Ils commirent maintes atrocités, tuèrent un grand nombre d'habitants, et consolidèrent la suprématie juive en Palestine. Ils ne reçurent point de gratitude en échange. Les gens âgés se souviennent des attaques terroristes sionistes sur les troupes britanniques, puis de l' assassinat de Lord Moyne, et peut-être n'ont ils pas oublié les deux sergents britanniques qui furent enlevés et pendus par les Juifs : ils firent défiler leurs cadavres pour les railler. Menachem Begin, feu notre premier ministre, en était particulièrement fier. Les gens plus jeunes ne l' apprendront même pas, parce que vos média, le système nerveux et le cerveau de votre nation, sont passés sous le contrôle de sionistes comme Conrad Black et Murdock, et ils ne permettront pas que cela soit rappelé

Mais il est vital de s'en souvenir, parce que le nouvel empire est dans la ligne de l'ancien. En ce moment en Irak, les Etats-Unis et leur dépendance britannique continuent à livrer la même bataille que jadis pour assurer la suprématie juive au Moyen Orient, parce que l'Angleterre (et l'économie anglaise non plus) n'a aucun besoin de se trouver à Bagdad ou Bassorah. Car au Moyen Orient nous n'avons qu'une seule raison de faire des guerres, de répandre le terrorisme et le désordre, c'est l'accroissement de la suprématie juive. Dans notre pays, Israël ou Palestine, nous pouvons avoir la paix dès aujourd'hui, si nous acceptons l'idée de l'égalité de juifs et non juifs. Mais ce principe, si scrupuleusement respecté en Europe, est un blasphème pour les Juifs en Israël. Comme en Angleterre avant les réformes de 1832, où vos prédécesseurs n'auraient pas accepté l'égalité d'un lord et d'un roturier devant la loi, ou comme dans la Rhodésie de Ian Smith, ou les colons blancs refusaient d'être les égaux des Noirs Donc les Juifs ne veulent pas de l'égalité.

Mais pourquoi devriez-vous leur prêter main forte dans leur poursuite de la suprématie ? Il y a une blague américaine [de Jay Leno] qui dit que « si Dieu ne fait pas pleuvoir la foudre sur Hollywood Boulevard, il doit des excuses à Sodome et Gomorrhe » En effet, si l'Angleterre continue à soutenir l'Etat d'apartheid juif, elle doit des excuses à la Rhodésie et à l'Afrique du Sud. Pourquoi donc le fait-elle ? Ce n'est pas là une question rhétorique. Pourquoi le nouvel empire a-t-il déclaré la guerre, s'est engagé dans de vastes dépenses et de réels dangers, s'est attiré l'opposition de la plus grande partie du monde, et tout cela dans l'intérêt de la suprématie juive ? Dans mon livre, celui dont je suis venu assurer la promotion [1], j'essaie d 'expliquer pourquoi les Juifs ont une place à part dans la conscience impériale. Superficiellement on peut se l'expliquer par des questions de personnes, par la position particulière des néo-conservateurs à Washington et des seigneurs des média aux Etats-Unis comme ailleurs. Car il est indéniable que les Juifs possèdent, contrôlent et diffusent une grande proportion des média de masse, ce bastion de la pensée impériale ; il y a un mois, c'est un Rothschild qui a acheté le quotidien français Libération, et un citoyen israélien s'est acheté la chaîne 4 de télévision en Suède. Mais ce constat n'est pas suffisant Le nouvel empire, encore plus que l'ancien, est imprégné de valeurs juives à un niveau idéologique et théologique. C'est cela que j'essaie de démêler, parce les questions relatives aux origines ethniques ou religieuses d'une personne ne sont pas seulement impropres mais souvent elles sont trompeuses En fait, les plus farouches ennemis des valeurs judaïques sont souvent des personnes d'origine juive. Permettez-moi de mentionner saint Paul, Karl Marx, Simone Weil pour illustrer mon propos. Sir Carl Popper nous fournit un autre exemple, car c'est celui qui, parmi vos pairs, a fait allusion au concept judaïque de peuple élu comme d'une infamie. Il rejeta également une tentative de l'annuaire juif pour l'inclure parce que, dit-il, il ne croit pas aux races et n'a rien à voir avec la foi juive ou avec ses valeurs, en dépit de son ascendance juive. Ne vous concentrez pas sur l'ethnicité, centrez vous sur l'idéologie. Dans votre cas, Michael Howard est moins judaïque que Tony Blair, car le premier s'oppose à l'abolition des libertés britanniques, et refuse d'étendre une législation anti-musulmane, tandis que le second a mené son pays à faire la guerre à l'Irak pour les intérêts israéliens Or si une tendance judaïque n'est qu'une tendance idéologique, une certaine sympathie pour les Juifs est un symptôme de prédisposition pro-impériale Ainsi par exemple, Tony Blair est un grand défenseur de l'Empire. Mais même si nous ne le savions pas, nous serions capables de le deviner, parce qu'il a exprimé un soutien inconditionnel à l'Etat juif.

L'Etat juif c'est ce pays où un Juif a plus de droits qu'un non-juif. Trois ou quatre millions de nos compatriotes natifs n'ont ni le droit de vote ni les droits civiques pour une seule raison : ils ont le tort de n'être pas juifs. Ne l'oubliez pas : la Rhodésie a été démantelée à cause du même péché originel, celui de la suprématie ethnique ou raciale Ce sentiment que les « Juifs sont à part » vient de trouver une nouvelle expression dans ce qui est arrivé à Ken Linvingstone, talonnant dans la faute le prince Harry et sa bévue. A propos, j'ai entendu dire qu'au prochain bal costumé, le prince Harry sera déguisé en Ken Livingstone [« le Rouge »]. L'histoire de Ken est fort simple : c'est un maire qui ne se laissait pas mettre en pièces. En tant que journaliste, je sympathise avec le journaliste ; mais nous ne devons pas nous laisser écraser non plus, dans notre métier. Cependant l'insulte a dépassé de loin l'échelle habituelle. Si Ken avait été également insultant envers un membre de la famille royale, il aurait été pardonné et même encouragé. Mais dans ce cas particulier, même l' Union des étudiants a jugé bon de honnir Ken Vos sentiments anti-racistes n'ont rien à voir là dedans. Il y a quelque temps j'ai écouté le Hard Talk avec Tim Sebastian sur la BBC. Tim était en train de cuisiner un homme d'affaires asiatique, un Ougandais qui habite en Angleterre. Il lui a dit : « Dites,-donc, vous les Asiatiques en Ouganda vous vous êtes lourdement compromis dans les activités du marché noir, vous avez mis vos devises à l'abri à l'étranger, méprisé les natifs et vous refusiez de les épouser». Et ce sont bien là les mêmes accusations que l'on brandit traditionnellement contre les Juifs. Si Tim avait juste essayé de dire une chose pareille à un Juif, il aurait perdu son poste le même jour Mais quand cela concerne un musulman, cela ne provoque pas un battement de paupière. C'était juste un entretien télévisé. Donc il ne s'agit pas d' anti-racisme. A mon avis, la réponse incroyablement disproportionnée dans le cas de Ken est une fois de plus un indice de la mystérieuse connection qui relie les juifs et le nouvel Empire Une des raisons en est le fait que les Juifs aiment les empires.

S'il y a un choix à faire entre l'Angleterre et un empire, les Juifs préfèrent l'Empire Benjamin Ginsberg, professeur de science politique à l'Université John Hopkins, a écrit un livre sur ce sujet, Les Juifs et l'Etat, l'étreinte fatale (Jews and the State : The Fatal Embrace), et il fait état de cet amour juif pour tous les empires. Ainsi, François Joseph, le dernier titulaire de l'empire austro-hongrois, disait que les juifs étaient les plus loyaux de ses sujets. Dans votre pays, Disraeli était également fier de ses aïeux juifs et dévoué à la construction de l'Empire Une blague juive raconte l'histoire de deux frères juifs à Odessa, en pleine Révolution ; l'un des deux émigre en Angleterre et devient pair du royaume ; l'autre reste en Russie, souffre autant que tout un chacun, et un jour son frère anglais l'invite à Londres. Aussitôt il acquiert la nationalité anglaise, prend tout son temps, va à Covent Garden, peut-être même à Buckingham, et le soir les frères rentrent chez eux ; alors le Russe se met à pleurer : arrête de pleurer, lui dit son frère anglais, tu as eu ta vie, moi la mienne, et les choses auraient pu tourner autrement. Tu ne m'as pas compris, dit le Russe, je pleure sur l'Inde que nous avons perdue. » Cet amour de l'Empire explique la facilité avec laquelle les Juifs changent d'allégeance ; effectivement les mêmes qui étaient tout dévoués à l'empire russe, ou français, ou anglais, sont devenus les plus ardents défenseurs du nouvel empire américain. Les esprits simplets appellent cela de la traîtrise, mais il s'agit en fait d'amour pour l'empire en soi, et peu importe qui est le chef en titre de celui-ci ; les Juifs sont excellents pour tout empire, tant qu'ils sentent que l'Empire est ce qui leur convient D'un autre côté, il y a une vaste communauté musulmane qui prospère en Angleterre. De mon point de vue, l'islam est une forme de christianisme, nettement plus proche du credo issu du concile de Nicée que certains pentecôtistes ou d'autres dénominations américaines. Et surtout, les musulmans sont désormais du côté de la liberté, contre l'Empire, et ils n' ont pas peur d'affronter les valeurs judaïques, qu'elles soient juives ou gentilles. Cette communauté est très importante pour inverser le cours de choses. Espérons que son implantation sera importante pour l'avenir de l' Angleterre

Le moment est venu de dépasser la division gauche-droite : si Michael Howards se situe à droite, et qu'il défend les libertés, tandis que Blair est à gauche, en faveur d'une législation anti-musulmane, pour le contrôle policier et pour la guerre, c'est que ces termes ne sont plus guère pertinents désormais. Il y a des amis et des ennemis de l'Empire dans tous vos principaux partis politiques, et tous les partis sont également infiltrés par les sionistes. Un nouveau positionnement est nécessaire pour unir les forces anti-impériales, afin que les troupes britanniques se retirent entièrement de l'outremer, pour que l'Angleterre devienne indépendante de l'Empire américain Dans Apple Cart, de Bernard Shaw, les Etats-Unis mijotent de s'emparer de l' Angleterre, et un monarque avisé garde son indépendance. Il est indispensable que l'Angleterre se défasse de l'étreinte états-unienne ; c' est de la riposte à la partie de Thé de Boston que nous avons besoin.

[1] Flowers of Galilee, Dandelion books, Tempe, Arizona; traduction française : L'autre Visage d'Israël t. 1 (Fleurs de Galilée), éd. Alqalam (livres disponibles sur www.dandelion.net, www.amazon.com , www.fnac.fr etc.) L'édition américaine comporte un index analytique (ndt).

 

 

Tsunami, Messie et apartheid

Un événement passé presque inaperçu dans les grands médias a suscité un commentaire perspicace de notre ami Israel Shamir.

Tsunami à Gaza

par Israel Shamir, 31 décembre 2004. Traduit de l’anglais par AEH pour Quibla
Alors que le monde entier envoie de l’aide à l’Asie du Sud-Est frappée par le tsunami, Israël a envoyé une équipe chargée d’une mission unique. Le nombre de touristes israéliens emportés par les vagues géantes a été faible - les chiffres officiels parlent de 3 morts et de 20 disparus, ce qui est bien peu, comparé aux 100 000 Indonésiens ou même aux 3 000 Suédois. Mais les équipes israéliennes se sont beaucoup activées sur le terrain. Les experts hautement qualifiés dirigés par le rabbin Meshi Zahav ne se sont pas déplacés pour sauver des survivants coincés ou alléger les souffrances de millions de gens. Non, leur travail consiste à sauver des juifs morts d’un destin pire que la mort : être enterré dans la même tombe que des goyim (non-juifs). Le quotidien Haaretz a rapporté : « Les équipes de sauvetage israéliennes se sont divisées en 2 groupes jeudi en Thaïlande : l’un travaillait à l’identification des corps à Krabi, tandis que l’autre faisait de même à Phuket. Les équipes israéliennes, appartenant à la police et à ZAKA (une ONG spécialisée dans l’identification de victimes de désastres), essaient de localiser des morts israéliens avant qu’ils soient enterrés. »
Ils ont fait pression sur le gouvernement thaïlandais pour qu’il reporte l’enterrement de masse, ce qui était nécessaire pour prévenir la diffusion d’épidémies; et Bangkok a cédé. Chaque corps de juif mort devrait être transporté en Israël ou au moins être enterré séparément, à part de non-juifs impurs. Le spirituel Gilad Atzmon a fait cette remarque : « Les juifs “altruistes”... sont dans un état de panique, comme nous le savons bien, les juifs morts sont précieux, ils méritent un enterrement spécial. Le fait que 5 à 10 juifs puissent être perdus à jamais au milieu de 125 000 Gentils est réellement horrifiant, je suis sûr que vous vous en rendez compte...»
C’est une partie et une parcelle de la croyance juive, le sommet du commandement « La Nation habitera seule » - les juifs ne sont pas supposés vivre ou mourir parmi des non-juifs. Leur enterrement séparé est nécessaire pour garantir leur résurrection corporelle lorsque le Messie viendra. Un corps juif profané par des Gentils ne connaîtra pas de résurrection, selon les juifs. Même les juifs non-religieux suivent cette règle de séparation sans y réfléchir plus que cela.
Cette attitude délicate est particulièrement déplaisante : chaque fois que les juifs découvrent qu’une personne dont la judéité est douteuse est enterrée parmi les leurs, ils déterrent le corps et vont le bazarder n’importe où. C’est arrivé à une citoyenne israélienne, Teresa Argelowitz. Elle était enterrée au cimetière juif; puis les autorités religieuses ont découvert qu’elle n’était pas juive, bien que mariée à un juif. Elles ont fait exhumer le corps en pleine nuit et l’ont balancé dans une décharge. C’est arrivé à beaucoup de soldats russes morts en défendant le caractère juif d’Israël, auxquels a été refusé un enterrement.
Aujourd’hui, face à l’immense tragédie en Asie du Sud-est, cette insistance sur l’exigence de “ne pas être compté parmi les goyim” est particulièrement offensante et frise la dénégation de notre humanité commune. Quel mal y a-t-il à laisser votre mort reposer aux côtés de Thaïlandais, de Chinois, de Français et d’autres gens qui ont trouvé la mort dans la catastrophe ?


Et si les colons de Gaza suivaient l’exemple des colons anglais du Kénya ?

Cet exclusivisme déplaisant doit être pris en considération si on veut comprendre le show prolongé du redéploiement israélien à Gaza. Sharon veut retirer ses troupes de l’intérieur de la Bande et les positionner sur son pourtour. Bien : c’est une décision raisonnable (de son point de vue) car c’est moins cher de garder Gaza sous écrou si elle est entourée de troupes israéliennes. Le redéploiement n’est ni bon ni mauvais pour les Palestiniens : les juifs seront en mesure de tuer qui ils veulent à partir de leurs bases tout autour de l’étroite Bande de Gaza, mais cet acte est présenté comme une étape importante sur le chemin de la création d’un État palestinien.
Désormais, ce n’est plus du redéploiement que les Isaréliens débattent mais du sort des quelques colons juifs dans la Bande de Gaza (sans doute 2 000). Sharon veut les évacuer et leur payer de grosses compensations; eux s’opposent à l’évacuation. Toute la société israélienne discute pour savoir s’ils peuvent être déplacés, combien de force il faudrait employer, si “des juifs peuvent déplacer des juifs” et si la sentence des rabbin interdisant cete évacuation devrait l’emporter sur les décisions gouvernementales.
Personne, absolument personne n’est prêt à envisager une solution évidente (pour un non-juif) : retirer l’armée et laisser les colons là où ils sont. S’ils veulent rester à Gaza, qu’ils y restent. Ne payez pas un centime pour leur évacuation : ce sont des hommes et des femmes libres; ils savaient ce qu’ils faisaient en acceptant des terres et des maisons à Gaza. Il y a des centaines de juifs américains qui sont prêts à acheter leurs maisons, il y ara aussi des Palestiniens disposés à acheter, si bien qu’il n’y a pas de problème. Que ceux qui le voudront restent, que ceux qui veulent partir vendent leur maison et s’en aillent. S’ils veulent être hostiles à leurs voisins, ils se sauveront. S’ils veulent être de bons voisins, ils prospèreront.
De fait, quand l’Empire britannique a abandonné la Palestine, l’Inde ou l’Afrique, il n’a pas évacué ses ressortissants par la force. Ceux qui sentaient qu’ils avaient causé trop de torts aux natifs sont partis en Angleterre. Ceux qui préféraient rester sont restés.
Le Kénya est un bon exemple. Le pays comptait une importante communauté de colons anglais, très actifs. La résistance native des Mau-Mau était beaucoup plus violente que celle des Palestiniens. Et pourtant, quand le Kénya est dévenu indépendant, les colons sont restés. J’en ai rencontré sur les hauts-plateaux près du Lac Rudolf : des fermiers prospères, forts et burinés par le soleil, similaires aux Israéliens de la vieille école, ils parlent la langue locale et participent à la vie locale. Beaucoup d’eux ont des petits avions et vont faire un saut à Nairobi pour boire un verre quand ils en ont assez d’observer les flamants roses sur les rives du lac. Les colons essayent d’avoir des relations de bon voisinage avec les natifs : après tout, le pouvoir politique est aux mains des Kikuyus et il n’y a pas de risque que la RAF se porte à leur secours.
C’est l’exemple que doivent suivre les colons israéliens et le gouvernement israélien ne devrait pas avoir à leur dire quoi faire et où vivre. Leus colonies ne seront pas réservées uniquement aux juifs. Ils auront des voisins natifs, pas seulement comme main d’oeuvre agricole, mais comme fonctionnaires, comme policiers, comme juges. Cette perspective n’a pas empêché des milliers de Britanniques et de Français, de Portugais et d’Espagnols, de Russes et d’Allemands de rester vivre dans les pays décolonisés. Le discours sur l’évacuation qui a conduit Israël au bord de la guerre civile ne peut être compris si on ne prend pas en compte le panorama général de l’exclusivisme juif.
Seuls des gens qui ne peuvent supprter l’idée d’être enterrés dans la même tombe qu’un goy, sont incapables d’imaginer qu’il serait possible de rester comme égaux, sans l’appui de l’armée et de l’administation coloniale pour renforcer leur supériorité. Azmi Bishara, notre député de Nazareth, a eu raison de ne pas soutenir l’initiative de Sharon. En revanche, le parti travailliste de Peres et Barak a ajouté une nouvelle page à l’épaisse liase de pages honteuses de son histoire en entrant au gouvernement Sharon pour mettre en oeuvre le “désengagement”. L’affaire des colons de Gaza peut être utilisée pour saboter et détruire le “caractère juif de l’État”. Il n’y a aucune raison de jouer le jeu de l’exclusivité juive, que ce soit en Thaïlande ou à Gaza.

 

Notre bon vieux temps

par Israel Shamir, 5 novembre 2004. Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier

« Nous vivions dans un paradis communiste, mais nous n'en avions pas conscience. » Combien de fois n'ai-je entendu des ex-citoyens de l'ex-URSS,, des Russes et des Tadjiks, des Ukrainiens et des Baltes, répéter cette phrase? Je suis entièrement d'accord avec eux : la Russie soviétique était un pays peuplé de citoyens spirituels et cultivés, qui aimaient leur travail, étaient fiers de leur pays, méprisaient l'argent, étaient accueillants et affables. Stephen Gowans ( dans son article Hail the Reds, http://www3.sympatico.ca/sr.gowans/reds.html ) a prononcé un éloge éloquent de ce paradis perdu : « En sept décennies d'existence, et bien qu'elle ait dû consacrer énormément de temps à préparer des guerres et à les mener, puis à s'en remettre et à se reconstruire, l'Union soviétique a réussi à créer ce qui restera un des plus grands achèvements de l'histoire humaine : une puissante société industrialisée débarrassée de la plupart des inégalités de fortune, de revenus, d'éducation et de chances dans la vie, ces inégalités qui étaient les stigmates de la période précédente, de celle qui l'a suivie, et de la période contemporaine, ailleurs ; une société dans laquelle les soins médicaux et l'éducation, y compris universitaire, étaient gratuits (et où tous les étudiants recevaient des bourses d'études) ; où les loyers, les services et les transports publics étaient subventionnés, sans oublier les livres, les périodiques et les manifestations culturelles ; où l'inflation avait été éliminée, où les retraites étaient généreuses et la médecine infantile prise en charge intégralement par l'Etat. En 1933 - le monde capitaliste étant alors profondément empêtré dans une crise économique dévastatrice - on déclara le chômage aboli en URSS, et aboli il demeura tout au long des cinq décennies et demie suivantes, jusqu'à ce que le socialisme, lui-même, fût aboli. Les Communistes mirent en place une sécurité sociale plus robuste que celle assurée par les démocraties, y compris dans sa variante socio-démocrate à la mode scandinave ; mais elle disposait de moins de ressources, en raison d'un niveau moindre de développement (économique) et, cela, contre vents et marées : en dépit des efforts inflexibles déployés par le monde capitaliste afin de s'assurer de l'échec du socialisme. Le socialisme soviétique était un modèle pour l'humanité, et il l'est resté. Tout au moins, il demeure un modèle de ce qui peut être obtenu, en-dehors des limites et des contradictions inhérentes au capitalisme. Il y a plus de treize ans aujourd'hui, le Communisme soviétique fut condamné, et le Libéralisme anglo-américain remporta sa troisième grande victoire en un siècle. Ce furent des années très difficiles pour les Russes : l'espérance de vie chuta de manière drastique, l'industrie s'effondra et les grandes conquêtes de l'ère soviétique furent démolies. Mais la vie du citoyen ordinaire devint bien pire, dans l'Europe occidentale triomphante. Et aux Etats-Unis victorieux, aussi, car les classes aisées perdirent leurs grandes peurs : peur de la révolte des travailleurs, et peur inspirée par la possibilité d'un mode alternatif de développement. Ce n'est que grâce à cette grande peur que les conquêtes sociales de la classe ouvrière occidentale avaient été arrachées, aussi furent-elles remises en cause, tandis que la Russie était transformée en un pays de taille moyenne, sans importance particulière. »

Stephen Gowens a bien vu ce phénomène ; de fait, son essai est une protestation contre un Howard Zinn sardonique et d'autres gauchistes occidentaux venus grossir le flanc gauche, du côté anticommuniste du front de la Guerre froide. Howard Zinn n'est pas le seul à refuser d'avouer sa collaboration avec l'ennemi. Un trotskiste britannique, Alan Woods, vient de publier un article verbeux, en trois parties ( http://www.marxist.com/Theory/reply_shamir1.html ), en réponse à mon article Celia in the Woods (voir à l'URL : http://left.ru/inter/2004/shamir.html , en anglais, et : http://www.left.ru/2004/15/shamir114.html , en russe, ainsi que : http://www.rebelion.org , en espagnol), où je ne mâchais pas mes mots.

Wood mentionne que son gourou, Trotski, « était toujours en faveur de la défense inconditionnelle de l'URSS contre l'impérialisme et le capitalisme ». Mais, lui et ses semblables ont rejeté ce conseil de leur gourou. Pour lui, les communistes russes sont « staliniens », et il demande, non sans une certaine provocation :

« Commençons par quelques questions embarrassantes à nos opposants staliniens. La première de ces question est la suivante : « Si nous admettons ce que vous affirmez, à savoir que l'Union soviétique était un paradis socialiste, alors : dites-nous comment se fait-il qu'elle se soit effondrée ? ».

« La troisième question sera : « S'il existait une authentique démocratie ouvrière en URSS, pourquoi les travailleurs soviétiques n'ont-ils pas combattu, afin de défendre l'ancien régime ? Comment se fait-il qu'après plus d'un demi-siècle, de ce que Shamir qualifie de « socialisme », ils ont pu restaurer le capitalisme, sans même en passer par une guerre civile ? » Ce sont là des questions légitimes, et il faut y répondre. Il faut reconnaître cette triste vérité : l'esprit des gens est susceptible d'être manipulé. Beaucoup d'hommes et de femmes sont prêts à agir à l' encontre de leurs propres intérêts bien sentis si on parvient à les convaincre que « c'est ce qui est juste ». J'en ai été témoin, récemment, dans un kibboutz israélien ; une entreprise riche, stable, prospère. La part moyenne individuelle du capital détenu, dans cette copropriété, était proche du million de dollars. Ils se sont laissés prendre à l'arnaque de la privatisation et du « chacun pour soi », et ils sont tombés dans l' indigence. Aujourd'hui, beaucoup de membres des kibboutz, naguère millionnaires, survivent en glanant dans les champs. Leur vaste propriété est échue aux mains de quelques familles haut placées. J'ai demandé à de ces kibboutzniks : « La privatisation ne vous pas été imposée. Vous l'avez acceptée, vous l'avez votée : pourquoi donc avez-vous levé la main, pour approuver un schéma qui ne pouvait que vous ruiner ? » - « On nous a dit que c'était une solution plus progressiste », m'ont-ils répondu.

Cela ayant marché, avec quelques milliers de kibboutzniks israéliens, prospères et bien formés, combien avait-il été encore plus facile de convaincre des millions de Russes innocents que « la propriété de l'Etat était contraire au développement économique » - idée largement répandue par un million de haut-parleurs, diffusant à partir de l'Occident. Les trotskos ont joué un rôle prééminent dans la guerre idéologique : ils y allèrent allègrement de leurs citations de Marx, convainquant les Russes du fait que ce qu'ils avaient n'était, de toute manière, ni un socialisme, ni un communisme, mais : « la dictature de la nomenklatura ». En Russie, le communisme a perdu la Guerre froide, de la même manière qu'il a perdu la guerre du discours ; l'anticommunisme est devenu partie intégrante de tout mouvement politique ou philosophique, tant en Europe qu' en Amérique du Nord. Nos amis trotskistes formèrent l'aile gauche du front anticommuniste, aux côtés des eurocommunistes de Berlinguer et des disciples déconstructionnistes de Derrida. Et, finalement, ce front anticommuniste parvint à saper le moral des Soviétiques.

La campagne anti-stalinienne fut une arme idéologique extrêmement puissante dans la guerre pour la maîtrise du discours, car, pour le peuple soviétique, les portraits de Lénine et de Staline étaient pour ainsi dire aussi sacrés que des icônes. Avec la myopie politique qui le caractérisait, Kroutchev pensa mener une guerre contre les autres ministres de Staline, afin d'en capter l'héritage ; mais il ne fit que saper la structure sacrale du Communisme soviétique, qu'il endommagea de manière irréparable. En regardant en arrière, nous comprenons que la plus grande part des philippiques des gauchistes occidentaux contre Staline et contre l'URSS ne tenaient pas debout.

-Les « cruautés russes » et les « horreurs du Goulag » n'étaient que des calomnies racistes européocentristes. De fait, les Etats-Unis ont une population carcérale plus importante que la Russie n'en a jamais eu. Dans un article récent (The colonial precedent, par Mark Curtis, The Guardian, mardi 26 octobre 2004), Woods pourra prendre connaissance de votre brutalité britannique ordinaire : - « Les forces britanniques tuèrent près de 10 000 Kényans durant la campagne contre les Mau Mau, à comparer aux six cents morts relevés dans les armées coloniales et chez les civils européens. Certains bataillons britanniques tenaient à jour des tableaux d'affichage des tués, et ils donnaient en récompense des permissions « J5 » (= de cinq journées) à la première sous-unité qui tuerait un insurgé, auquel on coupait ordinairement les deux mains afin de faciliter la prise des empreintes digitales. Des « zones de tir à volonté » furent délimitées, dans lesquelles tout Africain pouvait se faire descendre à vue. L'opposition à la domination britannique s 'intensifiant, de brutales opérations de « regroupement », qui causèrent la mort de dizaines de milliers d'Africains, aboutirent à la constitution de camps de détention où on enregistra jusqu'à 90 000 détenus. Dans cette version année cinquante de la prison iraquienne d'Abou Ghraib, le travail forcé et les passages à tabac étaient systématiques et les maladies - endémiques. » De fait, les peuples de la vaste région du régie par les Soviétiques n'ont jamais connu rien de similaire à la dévastation semée par les forces anglo-américaines dans les limites de leur imperium. - Le Goulag pâlit, positivement, en comparaison avec les camps de concentration où les Israéliens enferment les Palestiniens ; le plus important étant rien moins que l'ensemble de la bande de Gaza, fort d'une population carcérale d'un million de détenus. Les « atrocités de Staline » ne sont jamais arrivée à la cheville des atrocités américaines en Allemagne occupée, et certainement pas du bombardement atomique d'Hiroshima ou du déluge de bombes incendiaires sur Tokyo, ni des millions de Vietnamiens ou d'Algériens massacrés.

- Les troupes soviétiques avaient fait échouer des tentatives de coup d'Etat en Hongrie, en Allemagne de l'Est et en Tchécoslovaquie. La Gauche l'a déploré, on le sait. Mais, à la même époque, les Américains écrasaient les insurrections pro-communistes en Grèce et en Malaisie, au Nicaragua et à Cuba, en Indonésie et au Cambodge. Mea culpa : je dois reconnaître qu'en ma qualité de jeune dissident soviétique, j'ai soutenu le Printemps de Prague au moment où il s'épanouissait. Mais aujourd'hui, je regrette que les Soviétiques n'aient pas osé faire Tiananmen à Moscou, ni arrêter les « putschistes de velours » pro-américains, dans les années 1990. - L' « invasion de l'Afghanistan », en 1980, fut dénoncée par l'Occident, depuis les trotskos à la Woods jusqu'au président américain. Mais cette dénonciation était-elle justifiée ? Les troupes soviétiques sont entrées en Afghanistan à la requête expresse du président afghan, afin de mettre fin à une insurrection dirigée par la CIA.

 

Voici un bref extrait d'une interview

de Zbigniew Brzezinski, éloquemment intitulée : « Comment les Etats-Unis ont incité l'URSS à envahir l'Afghanistan afin de causer tout le bordel » [Le Nouvel Observateur (France), 15-21 janvier 1998] : Question : Ex-directeur de la CIA, Robert Gates, a déclaré dans ses mémoires [From the Shadows] que les services de renseignement américains avaient commencé à aider les Moujahidin, en Afghanistan, six mois avant l'intervention soviétique. A l'époque, vous étiez conseiller ès sécurité nationale du président Carter. Vous avez donc joué un rôle, en la matière. Le confirmez-vous ? Brzezinski : Oui. D'après la version officielle de l'histoire, l'aide apportée par la CIA aux Moujahidin aurait commencé au cours de l'année 1980, c'est-à-dire après l'invasion de l'Afghanistan par l'armée soviétique, le 24 décembre 1979. Mais, la réalité, strictement gardée secrète jusqu'à ce jour, est totalement différente. De fait, c'est le 3 juillet 1979 que le président Carter a signé la première directive d'aide directe aux opposants au régime pro-soviétique de Kaboul. Et, ce même jour, j'ai écrit une note pour le président, dans laquelle je lui expliquais qu'à mon avis, cette aide allait entraîner une intervention militaire soviétique. Question : Malgré ce risque, vous avez été l'avocat de cette action secrète. Mais peut-être désiriez-vous, vous-même, cette entrée en guerre des Soviétiques, et peut-être avez-vous voulu la provoquer ? Brzeezinski : Non, les choses ne se sont pas passées exactement ainsi. Nous n'avons pas poussé activement les Soviétiques à intervenir, mais nous avons délibérément augmenté la probabilité qu'ils le fissent. Question : Quand les Soviétiques ont justifié leur intervention en affirmant qu'ils entendaient lutter contre l'engagement clandestin des Etats-Unis en Afghanistan, personne ne les crut. Cependant, il y avait quelque chose de vrai, dans leurs propos. Aujourd'hui, vous n'avez aucun regret ? Brzezinski : Regretter quoi ? Cette opération secrète était une idée excellente. Elle a eu pour effet d'attirer les Russes dans le piège afghan. Et vous voudriez que je regrette de l'avoir eue ? Le jour où les Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j'ai écrit au président Carter, en substance, ceci : « Nous avons désormais la possibilité d'infliger à l'URSS sa guerre au Vietnam ». De fait, durant près de dix ans, Moscou allait devoir mener une guerre insupportable pour le gouvernement soviétique - un conflit qui entraîna la démoralisation et, finalement, l'effondrement de l' empire soviétique.

- Pratiquement, toute assertion « anti-stalinienne » et antisoviétique peut être contredite. Les gens qui dénoncent la « cruauté russe », incarnée dans l'abattage d'un avion de ligne coréen, n'ont pas versé une seule larme après qu'un Airbus iranien ait été abattu par les Yankees. Ils ont déploré l'exil de Sacharov, mais ils ont royalement ignoré la condamnation de Vanunu. Dans la pièce de Bertolt Brecht, La Bonne Âme de Sechuan [Der gute Mensch von Sezuan], une prostituée généreuse se fait dévaliser par ses connaissances accapareuses. Pour subsister, elle s'invente un « frère » obstiné, qui met un terme à leurs extorsions et lui permet de continuer à prodiguer ses bonnes actions. L'URSS avait, elle aussi, cette double personnalité : son humanisme soft était bien protégé par la carapace blindée érigée par Staline. La Gauche occidentale a attaqué la coque dure de la Russie soviétique, jusqu'au jour où le pays, dépouillé de sa protection, s'est effondré. La Gauche occidentale pensait que son appartenance à l'Occident comptait plus que sa solidarité avec la Gauche, à l'Est. Alan Woods et ses trotskos étaient dévoués corps et âme à la suprématie de l'Occident. Ce n'est nullement le fait du hasard que son livre qualifie à seize reprise la Russie de « pays arriéré ». Il écrit : « La Russie, ce pays extrêmement retardataire, . arriération effrayante,. un pays arriéré, semi-féodal, tel la Russie, un pays arriéré, asiatique, agraire comme la Russie, la Russie, agraire, arriérée.., terrible arriération., etc. etc. Ne s'agit-il pas là d' une arrogance typiquement occidentale, d'un européocentrisme de la pire espèce ?

Sur le plan spirituel, la Russie, pays de Tolstoï et de Dostoïevski, de Lénine et de Florensky, était un des pays parmi les plus avancés. Or le communisme, c'est - a défaut d'autre chose - une victoire de l'esprit. Les Woods et autres trotskos méprisaient l'esprit et adoraient le progrès matériel, car ce n'est que sous cet unique angle que la Russie pouvait être considérée « arriérée ».

Le succès et l'échec du communisme, à l'Est, ne sauraient s'expliquer dans les limites du dogme marxiste, dans sa version « vulgate » [Cela, Marx, lui, le comprendrait : auteur de La Question juive, de La Critique de la philosophie d'Hegel et d'un Ode à la Vierge Marie, Marx savait que l'Esprit est l'alpha et l'oméga du développement humain et il était parfaitement dégoûté par les « marxistes » vulgairement matérialistes.] Si le communisme l'a emporté, à l'Est, ce n'est pas parce que l'Est était arriéré, mais bien parce que l'Est représentait la partie la plus spirituelle de la planète, la partie la moins ruinée par la modernité et l' aliénation. Et si le communisme n'a pas réussi, à l'Ouest, c'est parce que l 'Ouest était spirituellement appauvri et subjugué par des hobbésiens prolongés. En deux mots ; la différence entre l'Ouest et l'Est ne résidait pas dans les quantités produites d'acier ou d'électricité. La différence était philosophique, et métaphysique. Carl Schmitt a écrit que « tous les concepts les plus prégnants de la doctrine moderne ne sont que des concepts théologiques sécularisés » : les différences doctrinales entre l'Est et l'Ouest illustrent cette définition à la perfection. Dans l'Ouest anglo-américain, Hobbes, qui fondait sa vision de la société sur son approche « L'homme est un loup pour l'homme », a gagné. Les hommes ne sont unis que par un ennemi commun, avait-il écrit. D'une certaine manière, il avait raison : l'ennemi est la seule chose qui unisse les hommes, à moins qu'ils ne soient unis par le Christ. Ou, pour être encore plus précis : tant que vous ne serez pas unis en Christ, vous serez unis par l'Ennemi. Et il ne s'agit pas d'un ennemi appartenant à l'espèce des mortels, mais de l'Ennemi, cet Ennemi qui unit ceux qui ont faite leur l' idée que « l'homme est un loup pour l'homme ».

L'Est a conservé sa spiritualité traditionnelle, c'est la raison pour laquelle le communisme l'a emporté, en Russie et en Chine. Le communisme a conquis très peu de terrain dans l'Inde rongée par ses castes ; de fait, c' était à juste titre que le Président Mao répétait : « la structure des castes est aussi pernicieuse que l'impérialisme ». J'ajoute : « car elle empêche le peuple de s'unir en Dieu ».

Les communistes russes finirent par résoudre leurs problèmes matériels et par créer une société insouciante, où son gagne-pain était assuré à tout un chacun. Mais, pour progresser matériellement, ils ont admis certaines des idées modernistes ; le déracinement et l'aliénation ne tardèrent pas à frapper. L'URSS n'a pas écouté la critique formulée par Simone Weil, elle n' a pas entendu son appel à contrer le déracinement. Matérialistes extrémistes, les dirigeants soviétiques post-staliniens étaient convaincus que, dès lors qu'ils produisaient suffisamment de biens matériels, ils n' avaient pas de souci à se faire. L'Eglise fut interdite ; les communistes réimportèrent un ersatz de morale chrétienne sous la forme du « code moral communiste », mais ce code manquait d'inspiration. La néo-sacralité de Lénine et de Staline fut démolie par Kroutchev. Quant à la société, désacralisée, elle ne put survivre très longtemps. On peut dire, pratiquement, que la Russie soviétique s'est effondrée parce que ses élites ont trahi son peuple. Le déracinement a ouvert un gouffre entre le peuple et les élites ; ces élites, déracinées et aliénées, étaient prêtes à prendre leur grisbi et à se casser, direction : la Riviera. Elles ont vendu la richesse de la Russie aux firmes américaines, elles ont appauvri les citoyens ordinaires et ruiné le pays. Cet effondrement doit être une leçon, pour nous tous : les communistes devraient combattre le déracinement et l'aliénation, leurs plus dangereux ennemis ; ils ne doivent pas permettre à l'ennemi de désacraliser leur univers ; ils ne doivent pas être honteux du frère pragmatique de la Bonne âme de Sechuan.

 

II La question juive a joué un rôle important dans la montée du communisme russe, puis dans son effondrement. La gauche occidentale avait des liens très forts avec des juifs. Certains de ceux-ci étaient contaminés par le nationalisme juif, et ils trempèrent leur plume dans le vitriol pour discréditer le communisme, quand ils sentirent que le communisme russe finirait par devenir essentiellement russe. Afin de justifier leur trahison, ils disséminèrent le mensonge éhonté de l' « antisémitisme russe ». Cette version trafiquée de l'histoire est diffusée par l'écrivain trotskiste Alan Woods. Dans mon article, j'ai écrit ceci : « Les juifs étaient-ils persécutés, en tant que groupe ethnique, sous Staline ? Bien sûr que non : la fille de Staline était mariée avec un juif ; certains de ses meilleurs camarades et des dirigeants du Parti avaient des épouses juives (Molotov, Vorochilov) - ou des gendres et des brus juifs (Malenkov, Kroutchev). Voilà pour : son « racisme ». Sous Staline, les juifs étaient-ils victimes d'une quelconque discrimination? Rappelons qu'en 1936, à l'apogée du pouvoir de Staline, son gouvernement comportait neuf ministres juifs. » La meilleure réponse que Woods ait pu imaginer est celle-ci : « C'est absolument incroyable : tout le monde sait, aujourd'hui, que Staline était un antisémite enragé. » Une référence à ce que « tout le monde sait » ne saurait être considérée comme un argument de poids. De fait, « tout le monde sait », en Angleterre, que les femmes recourent à la sorcellerie et que les nobles ont le sang bleu. Aujourd'hui, « tout le monde sait » que le Code Da Vinci nous enseigne que « le Saint-Graal était, en réalité, Marie-Madeleine » !

Incontestablement, Wood est très fort en « tout le monde sait » (lire : en préjugés occidentaux). Mais il a quelques problèmes avec les faits. Il écrit : « La révolution bolchevique a donné la liberté aux juifs ». En fait, les juifs avaient toujours été libres - même quand l'immense majorité des Russes, des Polonais et des Ukrainiens étaient réduits au servage. Toutes les contraintes pesant sur les juifs avaient été abolies : non pas par les Bolcheviques, mais par la révolution bourgeoise de février (1905, NdT). Woods écrit : « Après 1917, Lénine et les Bolcheviks ont même accordé à ceux des juifs qui désiraient vivre dans leur propre Etat autonome la région connue sous le nom de Birobidjan ». Faux, là encore : la décision d'accorder le Birobidjan aux juifs soviétiques fut prise, en 1934, par un « antisémite enragé ». J'ai nommé : un certain Staline Joseph ! Il écrit : « En 1930, Staline supprima l'Yevsektsia, une agence soviétique chargée de dénoncer les incidents antisémites ». C'est exactement le contraire qui est vrai : l'Yevsektsia combattait le nationalisme juif, et beaucoup de juifs exécraient cet organisme.

Il poursuit : « Le 28 février 1953, il y eut des déportations de nombreux juifs de Moscou vers la Sibérie. Des plans étaient en préparation, prévoyant des déportations massives à partir d'autres régions de l'Union soviétique. » Encore une histoire juive à base de « persécutions éternelles à l'encontre du Peuple Eternel ». Il n'y avait ni déportations, ni projets de déportations. L'historien russe Kostyrchenko en a apporté la preuve dans un article de recherche intitulé « Déportation, ou mystification ? » [ http://www.lechaim.ru/ARHIV/125/kost.htm ]. Il s'agit d'une légende urbaine, répandue par un nationaliste juif : le professeur Jacob Ettinger, de l' Université hébraïque - un homme qui a avoué sa « profonde haine du communisme ».

Woods écrit : « Des membres du Comité Juif Antifasciste furent accusés d' appartenir à une conspiration sionisto-américaine contre l'Union soviétique. Tous furent accusés d'espionnage, de propagande nationaliste et de chercher à fonder une république juive en Crimée, qui aurait servi de « tête de pont » à l'impérialisme américain. »

Woods a-t-il la moindre raison de douter que les membres de ce Comité voulaient bel et bien créer une Crimée juive, sur les ruines des villages tatars, soeur jumelle de l'Etat d'Israël, créé sur les ruines des villages palestiniens ? Plusieurs publications des médias russes post-soviétiques et israéliens montrent que les activistes juifs du Comité Juif Antifasciste ont soutenu l'expulsion des Tatars et envisagé la création d'une République Juive de Crimée. L'immigration massive de juifs russes en Israël, dans les années 1990, n'est qu'une démonstration de plus de l'efficacité de la propagande nationaliste juive.

Woods, toujours : « En 1953, Staline a ordonné l'arrestation de tous les colonels et généraux juifs du MGB, et ce sont quelque cinquante officiers supérieurs qui furent mis en état d'arrestation. » Donc, apparemment, cet « antisémite enragé » de Staline avait conservé tous ces juifs aux plus hauts échelons de ses redoutés Services de Sécurité, au bout de rien moins que trente années de pouvoir ! Woods admet que la Sécurité d'Etat s'est rendue responsable de répressions très dures, puis il critique immédiatement la campagne menée par Staline contre les chefs de cette même Sécurité d' Etat.

Pour Woods, c'est très simple : les juifs sont toujours innocents. Qu'ils aient été impliqués dans les excès de la Sécurité d'Etat ou qu'ils aient encouragé la déportation de masse des Tatars (de Crimée), qu'ils aient eu des tendances sionistes ou qu'ils se soient carrément alliés aux Etats-Unis : ils sont intouchables. Il écrit : « L'épouse de Molotov était juive. Staline a forcé Molotov à se séparer de sa femme, juive, et elle a été envoyée en exil, par un vote direct du Politburo, en 1949, Molotov s'étant abstenu. »

S'il voulait bien lire les mémoires de Golda Meir, qui fut la première ambassadrice d'Israël à Moscou, il apprendrait que Polina Molotov s'était jetée dans les bras de Golda, s'écriant (en yiddish), les larmes aux yeux : « Ich bin ein Yiddische Tochter » (« Je suis une fille juive »). De tels sentiments nationalistes juifs étaient effectivement dangereux pour l'Etat soviétique, et rendaient Madame Molotov indésirable au poste qui était le sien, de députée, membre du Bureau Politique du Parti communiste (Politburo). Comme je l'ai déjà indiqué, Woods est exagérément tolérant pour le nationalisme juif et exagérément intolérant à l'encontre du nationalisme (russe) de la Russie « rétrograde ». La Russie de Staline traitait les juifs en égaux. Non en êtres supérieurs, comme c'est le cas aux Etats-Unis.

Si le nationalisme juif était traité, en Angleterre et aux Etats-Unis, comme il l'était à Moscou, à l'époque de Staline, les citoyens de Bagdad et de Téhéran, de Bassora et de Ramallah pourraient dormir tranquilles. Et chez eux.

Le Trilobe et la Croix, ou : le jihad néo-judaïque

par Israel Shamir, 19 novembre 2004. Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier

Sur la carte multicolore d'Hans Buenting (1581), notre monde ressemble à une fleur ; les trois pétales représentent les trois continents : Europe, Asie de l'Ouest, Afrique, unis par la Terre Sainte. Mais cette carte peut être interprétée, aussi, d'une autre manière : la fleur est la foi en Christ eten Notre Dame, et les trois pétales en sont l'Islam, le Catholicisme et l'Orthodoxie. Tandis que les Occidentaux voulurent voir dans l'Islam une antithèse du christianisme, les chrétiens orientaux, dont le plus éminent fut Saint-Jean Damascène, voyaient dans l'Islam une autre Eglise chrétienne, sur un pied d'égalité avec l'Eglise catholique, occidentale. Et, de fait, l'Islam, avec la vénération qu'il a pour le Christ et Sitt Maryam, n'est pas aussi éloigné de l'Orthodoxie que peuvent l'être les calvinistes iconoclastes, anti-prélats, et anti-mariaux. Les trois Eglises offrent des lectures différentes du même concept : l'Eglise orthodoxe met l'accent sur la Résurrection du Christ, les Catholiques se focalisent sur le Crucifié et les Musulmans suivent l'Esprit Saint. Le rejet par les Orthodoxes du filioque [= « Et (au nom) du Fils »] constitue un lien supplémentaire entre eux et l'Islam ; cette proximité théologique est ancrée dans le voisinage géographique.

Cette vision de l'Islam en tant que troisième grande Eglise de notre oikouménè est fondamentale, si nous voulons comprendre la guerre du Moyen-Orient. De fait, il y a de nombreuses manières d'interpréter ce conflit : les théories politico-économique, démographique, géopolitique et raciale proposent chacune leur interprétation, et ces interprétations sont parfois contradictoires. Le problème, c'est qu'aucune ne fonctionne vraiment bien. Un sentiment, très fort, que le problème requiert une explication dérivée de la religion a trouvé son _expression dans la doctrine huntingtonienne du « Clash des Civilisations », qui fait de l'opposition « Islam contre Chrétienté » un remake des Croisades médiévales. Son application vulgaire, terre-à-terre, nous la constatons dans tous les journaux bien-pensants occidentaux, du New York Times à l'empire médiatique de Berlusconi. Elle a été portée à ses ultimes extrémités par Oriana Fallaci et Ann Coulter.

Mais le conflit entre les trois grandes églises est derrière nous - pour le meilleur, ou pour le pire, des chevaliers chevaleresques, portant leurs rouges pèlerines sur leurs armures briquées ne chevaucheront plus les collines de la Palestine, ni les champs du Poitou, en criant « Lumen Coeli ! » en direction des tout aussi nobles et valeureux Sarrasins arborant leurs vertes bannières. Leurs aires d'influences sont désormais bien établies ; leurs petites escarmouches frontalières et leurs braconnages à l'affût des âmes ne visent qu'à maintenir les braves éveillés. Il n'y a plus de « menace islamique contre la Catholicité », ni « de menace catholique contre l' Orthodoxie », bien que nombreux soient les gens prêts à parier le contraire. Les Chrétiens orthodoxes de Grèce et de Russie, de Palestine et de Syrie, partagent entièrement les vues des musulmans, et ils sont tout aussi hostiles que ceux-ci à l'invasion américaine. Les tentatives d'instiller quelque sentiment pro-américain à Moscou et à Athènes échouent invariablement. « Leurs opinions [il s'agit des Orthodoxes] ont plus en commun avec celles qui prévalent au Caire ou à Damas qu'avec celles qu'on constate à Berlin ou à Rome », a admis le Wall Street Journal. Voilà qui règlera son sort au concept débile de conflit entre la Chrétienté et l' Islam. A mon avis (et ce sera le cas, dans la suite de cet article), la « Chrétienté » inclut l'Islam et les grandes Eglises apostoliques, tant d' Orient que d'Occident.

La théorie d'Huntington, bien qu'erronée, est fondée sur les principes profonds de la théopolitique, un terme inconnu du dictionnaire Microsoft Word, mais introduit par Carl Schmitt. Ce grand penseur est rétif à toute classification, car il est revendiqué comme leur tout autant par les néonazis que par les néocons, par les déconstructionnistes et les anti-globalisation, par des penseurs aussi opposés que Leo Strauss et Giorgio Agamben, Huntington et Derrida. Pour Schmitt, « tous les concepts les plus prégnants de la doctrine moderne sont des concepts théologiques sécularisés. »

La doctrine de la « démocratie libérale et des droits de l'homme », portée par les Marines américains jusqu'au-delà du Tigre et de l'Oxus, est une crypto-religion, une forme extrême, hérétique, de christianisme judaïsé. Alexander Panarin, un philosophe russe contemporain (décédé), a relevé la nature anti-chrétienne de la doctrine américaine : « La nouvelle vision américaine de Biens décontextualisés, et de leurs Consommateurs désocialisés est un mythe païen » ; pour lui, la doctrine US représente un saut dans le paganisme (dans la barbarie) Pour moi, cette nouvelle religion peut être qualifiée de néo-judaïsme ; ses adeptes imitent les attitudes juives classiques : les juifs se conduisent souvent comme des prêtres de la nouvelle croyance, et ils sont considérés sacrés par ses adeptes. De fait, lorsque des mosquées brûlent, en Hollande, et lorsque des églises sont démolies en Israël, on ne relève pratiquement aucune réaction. Rien de comparable, en tous cas, avec l'émotion intense soulevé par un graffiti découvert sur le mur d'une synagogue. Les Etats-Unis notent leurs alliés en fonction de leur attitude envers les juifs. Le Temple de l'Holocauste [appelé « Musée »] jouxte la Maison Blanche. Le soutien à l' Etat juif est une condition sine qua non, pour les hommes politiques américains.

Tout le monde peut devenir l'un des « Elus » de la nouvelle foi - le choix vous appartient ; la Toute Nouvelle Alliance admet tant les juifs que les Gentils : adorez Mammon, méprisez la Nature, l'Esprit, la Beauté, l'Amour ; ayez le sentiment d'appartenir à une race à part ; prouvez-le par quelque succès bien terrestre - et vous pourrez y entrer. Inversement, tout juif peut choisir d'en sortir ; il n'y a en la matière ni tare, ni vertu, biologique. Reste qu'il y a un fort sentiment d'une continuité entre le paléo-judaïsme et sa version actualisée. L'Etat juif est la mise en pratique de la peur paranoïde des juifs et de leur rejet de l'Autre, alors que les politiques cabalistiques du Pentagone ne sont qu'une autre manifestation de la même peur et de la même exécration, sur une échelle planétaire. Les idées du néo-judaïsme ont été mises en forme par le nationaliste juif Leo Strauss, et diffusées par les journalistes juifs du New York Times. Il existe un projet, consistant à fournir au néo-judaïsme des rites exotériques, notamment en édifiant un nouveau Temple à Jérusalem, sur l'emplacement de la Mosquée Al Aqsa.

Le néo-judaïsme est la foi non officielle de l'Empire américain, et la guerre au Moyen-Orient est, en réalité, le jihâd néo-judaïque. Des millions de personnes en ont l'intuition : Tom Friedman, du New York Times, a écrit que les Irakiens appellent les envahisseurs américains : « les juifs ». Le néo-judaïsme est ce culte de la mondialisation, du néo-libéralisme, de la destruction de la famille et de la nature, anti-spirituelle et anti-chrétienne. C'est aussi un culte antisocial de mercantilisme, d'aliénation et de déracinement ; hostile à la cohésion sociale, à la solidarité, aux traditions - bref, hostile aux valeurs prônées par les trois grandes Eglises. L'Eglise ayant perdu sa position, en Occident, les adeptes du néo-judaïsme considèrent presque morte la Chrétienté occidentale, et ils luttent contre elle, par des moyens non-sanglants, à travers l' Anti-Defamation League et autres organismes anti-chrétiens. The Village Voice appelle Bush « le Chrétien » ; le New York Times ne cesse de traiter de prêtres abusant sexuellement des enfants, Schwarzenegger démolit une église, dans le film « La Fin des Temps » [The Last Days] : c'était : les nouvelles du front occidental du jihâd néo-judaïque.

Mais l'Islam est le dernier grand réservoir d'esprit, de tradition et de solidarité, et les néo-juifs le combattent avec toute la puissance de feu dont ils disposent. L'Islam doit être écrasé, si l'on veut que le Temple néo-juif soit érigé à la place d'Al Aqsa. L'Islam est la foi dominante chez les voisins - ennemis d'Israël. L'Islam joue un rôle historique, en défendant la Palestine, au cour de la fleur à trois pétales ; il est le dépositaire de la pré-tradition unifiée pressentie par Guénon. Carl Schmitt a observé « le grand parallélisme historique » entre notre époque et l' époque contemporaine du Christ, dans Sa contrée. Guénon considérait que la modernité (représentant le kali yuga, ou l'âge final) trouverait sa conclusion dans l'apparition de l'Anti-christ et la fin du monde. Aussi la guerre contre l'Islam est-elle une phase de la guerre ultime : la Guerre contre le Christ.

A un niveau plus profond, métaphysique, se joue une lutte entre deux tendances : un pouvoir, qui fait tenir ensemble le Ciel et la Terre, et re-sacralise le monde ; et un pouvoir qui s'efforce de séparer le Ciel de la Terre - c'est à dire, de profaner le monde. La puissance unificatrice est représentée par le Christ, dans les bras de Notre-Dame. Le pouvoir de division, le Grand Profanateur, est plus puissant que les jufis ; mais ils le soutiennent avec enthousiasme, car pour eux, le monde en-dehors d'Israël (la Personne Divine, et non l'Etat du même nom.) doit être profane et sans Dieu. Aussi les actions des néo-juifs conduisent-elles, en définitive, à la profanation du monde, ainsi - sur un autre niveau - qu'à se libérer des limitations imposées par la société et par Dieu, pour la plus grande victoire de l'individualisme.

II Maintenant, après avoir diagnostiqué la maladie (le néo-judaïsme, en tant que nouvelle religion et le Moyen-Orient, en tant que son champ de jihâd), nous pouvons tenter de trouver le remède. La pièce centrale de la guerre n' est pas le champ de bataille de Falloujah, mais la bataille pour les esprits, menée par les idées : qui en sortira vainqueur : le Christ, ou l'Anti-Christ ? Cette question ne sera pas tranchée par la force des armes, mais par notre capacité à défaire l'ennemi, dans le discours. Vous, chers lecteurs et camarades, représentez un escadron d'élite dans l'armée spirituelle ; dénoncez l'ennemi, battez-le ! Oui, il est possible de combattre une religion, en particulier le néo-judaïsme, forme extrême d'hérésie. Nous devons en montrer les racines religieuses, en profaner l'héritage sacral, en ridiculiser les concepts, en éclairer les crimes. Quand les précurseurs du néo-judaïsme ont entrepris leur guerre contre l'Eglise, ils ont commencé par tourner ses dogmes en dérision. De ce point de vue, l'acteur de 'one man show' Dieudonné a fait plus que quiconque pour mettre un terme au Jihâd.

Guénon voyait dans la Réforme un Automne, comme le début du Kali Yuga ; dès lors, le néo-judaïsme en est le prolongement, la phase ultime de la Réforme, où le corps réformé devient l'antithèse totale du corps préexistant à la Réforme. D'une certaine manière, notre tâche, c'est une Contre-Réforme, et notre bannière est Notre-Dame, aussi « majestueuse que des troupes arborant leurs bannières » [Cantique des Cantiques 6 :4]. Schmitt voyait, lui aussi, en Notre-Dame le symbole culturel et religieux le plus important, bien qu'il n'ait pas eu conscience de son lien profond avec l'Islam. La tendance judaïque, apparue dans la Chrétienté avec la Réforme (ou, selon Dugin, avec la déviation de l'Eglise romane de la foi fixée au Concile de Nicée), vient de s'épanouir, en un néo-judaïsme. Cette religion est vulnérable, parce qu'il ne s'agit pas d'une foi universelle. Comme son prédécesseur (le paléo-judaïsme), le judaïsme est une religion faite pour les Elus ; cette fois-ci, il s'agit des Elus de Mammon, et derrière lui, nous voyons le Grand Profanateur, l'Anti-Christ. Les Elus ne sont que quelques-uns ; les autres suivent cette hérésie, à l'encontre de leurs propres intérêts bien sentis.

L'universitaire californien Kevin McDonald a écrit, dissimulant mal son étonnement : « Les élites européennes, riches et puissantes, n'ont pas conscience de leur propre intérêt, ou elles ne l'évaluent pas à sa juste valeur. Elles agissent dans le sens de la subversion des intérêts ethniques de leur propre peuple. Une des raisons tient au fait que ces Occidentaux appartenant à l'élite sont capables de vivre dans des communautés grillagées, isolées du reste du monde, ignorant totalement leurs semblables ethniques. » Il n'a pas compris que les « puissantes élites européennes » contemporaines imitent les attitudes traditionnelles des juifs : elles vivent dans des « communautés fermées », tout comme les juifs vivaient dans des ghettos [historiquement, le ghetto juif était une « communauté fermée » privilégiée, comme la colonie européenne dans la Shanghaï pré-communiste, a écrit Jabotinsky] et ils ne considèrent pas les gens ordinaires comme faisant partie de leur propre espèce. Telle est la voie néo-juive vers le succès, car les néo-juifs n'ont ni semblables ethniques, ni patrie.

Il est rare que la copie soit aussi réussie que l'original. Le poète soufi Jalâl ed-Dîn al-Rûmî raconte une histoire étrange d'une servante copulant allègrement avec un âne : elle avait recours à une aubergine pour rendre la taille énorme de l'animal compatible avec ses dimensions humaines. Sa maîtresse remarqua son manège et décida de l'imiter. Mais elle ne recourut pas aux services magiques de l'aubergine ; elle fut déchirée à la première tentative et en mourut. De la même manière, les néo-juifs n'ont pas remarqué le soutien tout familial que les véritables juifs s'apportent mutuellement ; ils n'ont prêté attention qu'aux traits apparents du comportement juif, c'est-à-dire à leur mépris pour la société indigène. C'est pourquoi ils sont appelés à souffrir autant que la maîtresse écervelée de la servante roublarde : ils sont voués au déclin et à la destruction de leur société, n'ayant plus rien à quoi se raccrocher.

La remarque formulée par McDonald peut être interprétée comme la prise de conscience de la trahison du peuple dont se rendent responsables les élites. C'est exact : l'URSS s'étant effondrée à cause de la trahison de ses élites, le processus se renouvelle aujourd'hui, en Occident. Si la Guerre contre l' Islam se déroule tellement mal, pour les Etats-Unis et Israël, c'est parce que les élites locales, indigènes, mobilisées par leur Église, ne succombent pas à la tentation de la trahison totale. Une telle trahison n'est pas 'comme il faut', dans le Dâr al-Islâm ; c'est ainsi, il faudra qu'ils s'y fassent.

Nous sommes capables de séparer les Elus des égarés mais, tout d'abord, il nous faut franchir quelques lignes de défense de l'ennemi. La plus extérieure des fortifications du néo-judaïsme, c'est son déni affiché d'être une religion. Ce leurre fut utilisé par le Communisme ; et il finit par causer sa fin. La deuxième fortification, c'est la présentation de la religion comme une « affaire privée, qui ne regarde absolument pas autrui ». Leur jihâd diffère du noble Jihâd du Prophète Mahomet : au lieu de proclamer leur foi, les néo-juifs essaient de l'imposer par la ruse. Les fausses bannières du « christianisme » bushite ornent les créneaux de la troisième . Jusqu'ici, le néo-judaïsme l'a emporté, en battant ses ennemis, l'un après l 'autre. Aujourd'hui, nous devons, tous, nous unir. En termes cabalistiques, nous devons collecter les étincelles divines qui se sont dispersées lorsque les Vaisseaux furent brisés par l'insoutenable puissance de la Lumière divine [Shevirat Keilim]. Ce faisant, nous reconnaîtrons les forces et tendances positives [pour le Christ et la Vierge] de notre oikouménè, et nous les fédèrerons, tout en déconstruisant les artifices de l'ennemi. Le schisme entre gauche et droite a été imposé par l'ennemi : il nous incombe de le dépasser. La Gauche et la Droite font référence à un univers unidimensionnel : il est évident que notre monde a plus d'une dimension ! L' analyse des pratiques politiques judaïques enseigne que les juifs ne surestiment pas, eux, la dualité gauche / droite : le chef du parti Meretz (qui est un parti de gauche), Yossi Sarid, a fait les éloges du leader assassiné du Parti d'extrême droite judéo-nazi, Rahavam Zeevi. Israël ne représente en rien l'unique exception : les juifs républicains les plus militants - les néocons - ont exprimé leur détermination à retourner leur veste et à se faire néo-libéraux, au cas où Kerry remporterait les élections présidentielles américaines.

[ Voir : Going Back Where They Came From, par Patrick J. Buchanan lien : http://www.antiwar.com/pat/?articleid=2371 : « Si nous devons faire cause commune avec les libéraux les plus faucons et nous battre contre les conservateurs, cela me va parfaitement », a déclaré William Kristol au New York Times. L'éditorialiste du Weekly Standard a ajouté que les néoconservateurs pourraient tout simplement quitter la Droite et se convertir au néolibéralisme. Déclinant ses préférences politiques, Kristol a ajouté : « Je préfèrerais Bush à Kerry, mais je préfèrerais Kerry à Buchanan. Si vous lisez les derniers numéros du Weekly Standard, vous y trouverez plus de points communs avec les faucons libéraux qu'avec les conservateurs traditionnels. » Certes. Mais étant donné que John Kerry soutient l'avortement, l'augmentation des impôts, le mariage homosexuel, la nomination de libéraux à la Cour Suprême, et que son électorat se situe à gauche de Teddy Kennedy, comment un Kristol peut-il le préférer aux autres conservateurs ? Simple. Il y a a) la guerre, et b) Israël. ] Notre réponse sera un peu plus élaborée. La Gauche et la Droite ne sont que des positionnements sur l'axe social, aussi important ces positionnements soient-ils. Mais il existe deux autres axes : l'Axe de l'Esprit, et l'Axe de la Terre. Dit autrement : l'Axe du Christ, et l'Axe de la Vierge Marie. Ensemble, ils forment la croix tridimensionnelle décrite par Guénon dans son Symbolisme de la Croix. Nos ennemis sont capables de s'unir, en ignorant la division Droite-Gauche, parce qu'ils sont unis, dans leur négation du Christ et leur rejet de la Vierge. De la même manière, nous devons être capables de nous unir, avec d'autres, se situant sur l'axe de l'Esprit et sur l'axe de la Terre, en dépit de nos éventuelles divergences en matière sociale.

Si nous prenons l'Axe de l'Esprit, il y a une dichotomie entre les croyances universelles des trois grandes Eglises et les cultes exclusivistes. « La religion n'est pas l'affaire privée d'individus ayant une disposition spirituelle », a écrit Panarin ; « L'Eglise est garante de valeurs, elle incarne une autorité alternative - supérieure - située largement au-dessus de celle des changeurs. Elle doit avoir le pouvoir d'exclure la beauté féminine, l'amour, les convictions et la terre des agiotages de la bourse des valeurs. » C'est la raison pour laquelle nos ennemis combattent les Trois Eglises aussi impitoyablement. Dans la société contemporaine, tout le monde peut dire n'importe quoi au sujet des Trois Eglises, mais il ne doit absolument rien dire, sinon du bien, du judaïsme, prototype du néo-judaïsme. « La pratique sacrée juive des meurtres d'enfants » : vous ne trouverez jamais un article portant un titre de ce genre, nulle part, dans notre monde « antisemitrein », en dépit des centaines d'enfants palestiniens assassinés par les juifs, durant ces quelques dernières années. Mais vous lirez bel et bien l'article ci-après, dans une respectable revue juive : « La pratique sacrée musulmane de la décapitation »

The Sacred Muslim Pratice of Beheading par Andrew G. Bostom in FrontPage Magazine.com, 13 mai 2004 Les réactions à la grotesque décapitation jihadiste d'un énième « juif infidèle », M. Berg, ont clairement établi que nos intellectuels sont, soit dangereusement mal informés, soit tout simplement non désireux d'admettre cette horrible réalité : de tels meurtres sont conformes aux pratiques sacrées du jihâd, ainsi qu'aux attitudes islamiques face à tous les infidèles non-musulmans, et en particulier, les juifs : ces pratiques et attitudes remontent au septième siècle, et le Prophète Mahomet en a donné personnellement l'exemple. Toute attaque est permise, contre les Eglises et leurs icônes sacrales, et une parodie en a même été faite par une association d'étudiants juifs, en France, l'UEJF. En France, les tribunaux admettent des plaintes juives exigeant que l'on fasse taire les cloches des églises ; le voile musulman représente un autre exemple bien connu. En Palestine, la semaine dernière, la police a effectué une incursion à l'intérieur de la cathédrale anglicane, et elle a emmené Mordechaï Vanunu, qui y avait trouvé refuge. Nous devons mobiliser les Eglises, et en défendre l'esprit. Le communisme a représenté une tentative d'établir une nouvelle chrétienté universelle, mais sans le Christ. Bien que certains penseurs de droite insistent sur l' «origine judaïque » du communisme, il s'agissait d'une idéologie anti-judaïque et universelle. Hélas, les communistes ont utilisé le rasoir d'Occam avec beaucoup trop de vigueur, et le communisme en mort d'hémorragie. Nous devons adopter les survivants de son effondrement, et leur donner une place dans nos rangs.

Si nous prenons maintenant l'Axe de la Terre, il y a une différence entre les autochtones et les errants. Yuri Slezkine [1] a proposé de les appeler les Apolloniens et les Mercuriens, la société apollonienne « étant constituée de paysans, de guerriers et de prêtres » ; tandis que la société mercurienne est faite « de messagers, de marchands, d'interprètes, d' artisans, de guides, de guérisseurs et autres transfrontaliers ». Il fait le parallèle entre cette distinction et la dichotomie entre juifs et Gentils, et il observe : « Les juifs sont mercuriens, alors que les Gentils sont apolloniens. Dans le monde moderne, nous sommes tous devenus plus mercuriens, c'est-à-dire plus juifs, et les Mercuriens de tout temps - les juifs - sont plus doués en mercurianisme que quiconque. »

Naturellement, ce « nous tous » du professeur Sezkine et de ses collègues de Berkeley et de Moscou, ne représente sans doute pas les paysans californiens ou moscovites. Compte tenu de cette réserve, il faudrait reformuler sa thèse : pour réussir, à l'ère du Kali Yuga, il faut adopter les qualités juives et devenir un néo-juif. Ces « qualités juives », d'après Slezkine, sont : « la mobilité, l'inquiétude, le déracinement, la capacité à rester étranger, en ne se mêlant pas aux autres, en ne se querellant pas avec les autres, en ne partageant jamais ses repas avec les autres - en se contentant de faire, d' échanger, de vendre - et, si possible, de voler - tant des objets que des concepts. » « Rester à l'écart » implique l'absence de compassion ; « ne jamais partager ses repas » implique le non-partage de la foi, « ne pas se quereller » implique le fait de tirer profit des guerres des autres, « le déracinement » conduit à la tendance (qu'ont les juifs) à déraciner leur entourage. De fait, les néo-juifs n'ont aucune compassion, ils tirent profit des guerres que se livrent entre eux d'autres qu'eux, et ils n'ont ni racines ni pitié ; cet « idéal » a été décrit par Jacques Attali, qui aspire à un monde composé de nomades totalement déconnectés de tout enracinement et de tout terroir. On le voit : il faut absolument ramener les Mercuriens à leur bercail, aux marges de la société.

Ces qualités ne sont nullement « raciales ». De fait, Karl Marx et Simone Weil, Ludwig Wittgenstein et Otto Weininger sont pour nous de bons exemples de camarades d'armes : ils ont fourni des outils efficaces au discours anti-judaïque contemporain. Ils ont démontré que la « tendance judaïque » est une tendance idéologique et théologique, et qu'il ne s'agit en rien d' une quelconque « caractéristique ethnique ». L'immense publicité - pour ne pas dire la quasi promotion - faite aux crimes d'Hitler par les médias judaïques n'est qu'un outil destiné à obscurcir cette distinction : ils veulent nous inculquer l'idée que cet antisémitisme non inspiré et biologique et cet avatar monstrueux d'une lutte séculaire contre l'esprit judaïque sont la règle, alors qu'ils étaient l'exception. Tout en rejetant le racisme, nous pouvons tout aussi bien rejeter l' anti-racisme, car, de nos jours, il s'agit d'un mot de passe recouvrant une attitude extrêmement anti-autochtone. En vain les amis de la Palestine tentent-ils d'utiliser ce concept dans leur lutte en vue de l'égalité en Palestine / Israël. Bien que toute idée puisse être utilisée de différentes manières, et non une seule, l'anti-racisme est en réalité récupéré et aiguisé en vue du combat néo-judaïque contre les sociétés indigènes cohésives. Aujourd'hui, ils aimeraient l'utiliser contre Guatémoc ou Boadicée, et ils l'utilisent déjà, contre Mugabe. L'anti-racisme est un déni opposé à l'autochtone de son droit à décider de son avenir ; c'est un outil qui sert à séparer l'Homme de son habitus naturel. Ce concept délégitime les objections à l'inondation d'une terre par un flot d'immigrants détruisant le tissu social.

Théophile d'Obla a noté que « L'antiracisme contemporain, ainsi que le concept de droits de l'homme, ne sont pas des principes permettant de lutter contre l'exclusion, et par conséquent de protéger la Personne Humaine. C'est, bien au contraire, au nom de l'assimilation et de la dilution dans un Tout informel que ces concepts sont portés au pinacle de la culture dominante ».

L'Holocauste [des juifs] est un shibboleth [2] des Néo-Elus. Il a une fonction sociale, utilisable afin de jeter la suspicion sur les majorités traditionalistes indigènes : sauf s'ils sont désarmés, transformés en « sociétés ouvertes », leur Etat sapé et leur économie privatisée et vendue aux trusts américains, elles sont bonnes pour la prochaine charrette de l' holocauste à venir. Panarin, ce penseur soucieux des questions sociales, écrit : « Quiconque accepte l'idée que l'Holocauste est l'événement historique le plus important de tous les temps est bien capable de déclencher la guerre civile contre la majorité traditionaliste et de devenir membre d'un groupe partisan de la mondialisation ». Mais l'Holocauste a, également, une valeur théologique, cet événement étant proposé aux croyants comme un succédané de la Crucifixion. Le mantra des droits de l'homme est un constituant important du néo-judaïsme. Il est utilisé pour saper les intérêts d'une société donnée. Les néo-juifs ont hérité de leur ancêtre idéologique médiéval une vision particulière de la société qui les entoure, qu'ils perçoivent comme une société-hôte - une société à laquelle ils n'appartiennent pas ; une société qui leur sert de proie. Il y a une contradiction réelle entre les droits d' un individu tel celui-là et le droit de la société ; le néo-judaïsme délégitime constamment les droits de la société [hôte]. Ainsi, le droit, pour un Khodorkovsky ou autre Berezovsky, de vendre sa compagnie pétrolière à un maquereau occidental, est plus important que le droit, pour la société russe, d'assurer à tous ses membres le chauffage, durant l'hiver. Ainsi, le droit d'un maquereau à importer de la pornographie ou à exporter des femmes vers des bordels est plus important que le droit d'une société à protéger tant ses femmes que sa moralité.

Conclusion L'Etat juif d'Israël est devenu la bannière de l'ennemi : il faut le démanteler. Les citoyens « juifs » d'Israël sont déchirés entre deux loyautés : la loyauté à la terre et la loyauté au peuple juif. Cette deuxième loyauté les empêche de devenir Palestiniens ; il faut donc s'en débarrasser. Nous approuvons les citoyens israéliens qui demandent à leur Cour Suprême de ne plus être qualifiés de « juifs » [Sur leur carte d' identité, la nationalité israélienne n'existant pas ! NdT]. Pour un peuple fondamentalement irréligieux, ce mot a pris le sens d'une loyauté envers la juiverie mondiale. Leur destin est de vivre avec leurs frères palestiniens, qui les accepteront pour frères. Une petite minorité de juifs ultra-orthodoxes pré-sionistes en Palestine ont prouvé leur adhésion à la tradition : il faut protéger ces juifs, qui représentent un héritage et un témoignage ; leur sort doit être confié à la décision des puissances spirituelles.

Les Palestiniens sont l'épitomé d'un peuple autochtone en train d'être déraciné par des immigrants juifs. Ils incarnent le dernier katechon, pour reprendre le terme de Saint Paul dans sa deuxième Epître aux Thessaloniciens. Ils représentent le dernier bastion de notre héritage sacral ; ils sont les gardiens d'une tradition holistique antérieure à sa division entre les Trois Eglises. Ils sont les victimes paradigmatiques de ceux qui font leurs acha