quibla.net Le quotidien online des Musulmans libres et actifs et leurs alliés
Votre publicité ici
   
LA BIBLIOTHEQUE QUIBLA

Genevieve Cora Fraser

Poétesse américaine, Palestinienne de coeur
Genevieve Cora Fraser : « Je sais que je suis palestinienne dans mon coeur et dans mon âme»

Présentation de l'auteur : Genevieve Cora Fraser est née au Massachusetts (USA) en 1945. Elle a passé son enfance dans une communauté d'agriculteurs dans l'Etat du New Hampshire. Dramaturge, metteur en scène, poète, historienne et journaliste, G. C. Fraser a étudié à l'Université du New Hampshire [UNH] à la fin des années 1960. Elle y a rencontré Salim Tamari, aujourd'hui directeur de l'Institut des Etudes Hyérosolomitaines (institution dépendant de l'Institut des Etudes Palestiniennes] et professeur associé de sociologie à l'Université de Birzeit. Il était alors étudiant en sociologie. C'est cette amitié avec Salim Tamari qui lui permit de prendre connaissance de la question palestinienne. G. C. Fraser quitta temporairement l'université en des temps où la guerre au Vietnam faisait rage. Elle travailla dans une radio publique locale, NHN ­ TV, puis elle fut rédactrice en chef du quotidien Today Paper de l'agglomération de Lawrence (Massachusetts).

Elle reprit ses é tudes à l'UNH, obteint son diplôme en Théâtre et Communications, en 1979, et un prix de Dramaturgie, en 1981, décerné par l'Université Brandeis. Depuis longtemps, Genevieve milite pour la défense de l'environnement et les droits de l'Homme. Dans les années 1970, elle milita au NAACP, aidant à la constitution et à l'animation d'associations de jeunes Noirs des quartiers pauvres du centre-ville. Dans les années 1980, elle reçut une distinction pour son action en faveur de la préservation de l'environnement, en particulier pour son militantisme et la création des Semaines de Lutte contre les Pluies Acides du Massachusetts.

Elle a écrit une Etude de la vie littéraire du Comté du Northern Worcester, et elle a été commissaire d'une exposition marquante consacrée aux « Indigènes Américains : une vie en harmonie avec la Nature ». Dans les années 1990, elle fut la coordinatrice de la Coopérative des Transports de Northern Tier, dont l'action aboutit au développement d'un réseau de transport public par autobus qui rayonne sur deux Comtés ruraux du Massachusetts. Engagée politiquement, et elle a été assistante parlementaire d'un Sénateur représentant son Etat durant cinq ans. Elle est directrice artistique du Drama Circle, qui encourage et assiste la production d'oeuvres originales pour la scène et l'écran. É coutons ce que Genevieve nous dit de son cheminement : « Depuis mes années d'étude, je suis profondément concernée par le sort du peuple palestinien.

Toutefois, ma grand-mère paternelle était la fille de parents ashkénazes (un Allemand et une Polonaise) et, bien que baptisée catholique, je fus de plus en plus attirée par la religion juive en découvrant mon histoire familiale. Mais c'est lorsque je me suis engagée dans le mouvement contre la guerre en Irak que j'ai commencé à réévaluer ma vision d'Israël et pris conscience de sa culpabilité dans la guerre et dans l'occupation de l'Irak et l'aggravation du chaos dans l'ensemble du Moyen-Orient. Ayant enfin ouvert les yeux, je fus très vite plus réceptive aux idées de mes amis juifs, américains et israéliens, au sujet du cauchemar que représentent tant l'occupation de la Palestine que les menées politiques du sionisme. » « L'an dernier, j'ai repris contact avec mon ami de longue date, Salim Tamari, qui enseignait à l'Université de New York au printemps 2003, et j'ai gardé le contact après son retour chez lui, à Ramallah, en Palestine.

Depuis lors, j'ai créé une bibliothèque d'ouvrages consacrés à cette question, j'assiste à des conférences, je participe à des meetings et je suis en permanence les événements dans les médias. Le professeur Edward Said écrivit un jour : « Nous sommes tous Palestiniens » . Je sais que je suis Palestinienne dans mon coeur et dans mon âme. J'ai é crit sur la tragédie que vivent les Palestiniens, parce que je suis si concernée émotionnellement par leur calvaire que je suis obligée de partager ma vision des choses avec d'autres, afin que nous oeuvrions ensemble, avec les gens de bonne volonté du monde entier, pour une Palestine Libre ». « Je suis particulièrement heureuse de prendre connaissance du profond engagement de citoyens français oeuvrant pour la Paix et la Justice en Palestine et au Moyen-Orient. Le nom de jeune fille de ma mère est Louise Ducharme. Quant à mon prénom, Genevieve, il a été choisi afin d'honorer mes ancêtres français ».

Pour plus d'information sur Genevieve Cora Fraser, consulter son site personnel : http://www.gcorafraser.com.
Courriel : gcfraser@gis.net

Tous ses textes premiere partie

Tous ses textes deuxième partie

Tous ses textes III

It takes an Empire to Bomb a Village
Il faut tout un Empire, pour bombarder un village


par Genevieve Cora Fraser

Il faut tout un Empire
pour bombarder un village

Hillary,

Est-ce là le titre
De ton prochain livre
Après ta visite
Pleine de révérence
au Mur d'Apartheid

Hillary ?

Ce mur qu'Israël a construit
Afin de parquer
Ceux qu'il damne ?

Si les manifs contre la guerre
Et celle où on brûlait les soutiens-gorge
T'ont valu la célébrité, dans ton jeune temps,

Faire la promotion d'une guerre sanglante
Shock And Awe [Terreur et tremblement],

C'est ta nouvelle ta façon de montrer ta force

Alors que d'autres, humblement
Corrigent les erreurs
Qu'ils ont pu commettre,

Hillary,

En coupant des ponts
Et en cherchant à désinvestir
D'Israël

Mais non : toi, , tu vas
Parader, par monts et par vaux

Hillary, tu te baguenaudes
Dans des colonies illégales,
Qui volent et qui tuent
Les propriétaires légitimes sont les Palestiniens,

Hillary

Mais reprends-toi,
Tout en discutant le bout de gras
Avec Sharon,

Regarde les honnêtes colons
En train de jeter des pierres
A des enfants arabes
De villages ancestraux.

Tu as pris le parti
Des bulldozers israéliens
Qui écrasent les maisons et les fermes
Tandis que des avions à réaction
Mitraillent des gens désarmés.


Veille bien, surtout, à vanter
De quelle manière la facture de l'occupation
Est honorée
Par Uncle Sam.

En partie, à cause de toi,
Des arbres déracinés
Ne produiront ni ombre
Ni fruit.

Ce sont des vies déracinées,
Mises à sac, pillées
Torturées
Par tes amis sionistes.

Il faut tout un village,
Pour nourrir
Des vies précieuses

Mais toi, tu as besoin des fafiots,
Aussi ton oil est aveugle
Il ne voit pas l'horreur
Qu'ils doivent supporter.

L'ivresse du pouvoir trahit les espoirs présidentiels
Hillary
Et Israël, si tu continue comme ça
Lui pavera la voie.

 

 

Le cerveau juif par Genevieve Cora Fraser,

24 octobre 2005. gcfraser@gis.net.

Traduit de l'anglais pour Quibla par Marcel Charbonnier

Monsieur le Rédacteur en chef,

Je vous écris à propos de cette controverse au sujet du dossier publié récemment par New York Magazine : « Le cerveau juif : Les juifs sont-ils plus intelligents que les autres ? »

Avant que quiconque puisse se permettre d'affirmer que les juifs ont des QI supérieurs aux autres, il convient de se pencher sur le mot « juif ». Ainsi, par exemple, la plupart des gens ne comprennent pas que Jésus, qui parlait l 'araméen, n'était pas juif, et que les juifs n'ont pas crucifié Jésus, comme cela a été affirmé par des zélotes chrétiens mal intentionnés, au cours des siècles. Les populations / tribus juives anciennes migrèrent initialement de la Péninsule arabique vers différentes parties du Moyen-Orient et au-delà, et notamment vers la Palestine. Aujourd'hui, il y a deux catégories principales de « juifs » : les sémites, comme les juifs arabes et les séfarades, et les autres, qui ne sont pas des sémites, mais qui ont plutôt hérité leur foi juive à travers des conversions.

Le mot juif a été forgé il y a environ un millénaire pour décrire une partie de la population ashkénaze du nord de l'Europe, qui s'était convertie au huitième siècle à une religion juive telle que celle pratiquée en Judée, c' est-à-dire la Palestine à l'époque du Christ, et bien avant sa naissance supposée et célébrée. D'autres anciens hébreux, comme les Samaritains de Naplouse, en Palestine, ont maintenu des pratiques cultuelles différentes. Ce n'est que récemment que les Samaritains ont été officiellement reconnus comme faisant partie de la communauté juive au sens large par Israël, afin d 'étayer ses revendications de « racines antiques » et d'une existence historique en Palestine. Ironiquement, beaucoup de Samaritains sont engagés dans les mouvements de la résistance palestinienne et vivent en parfaite harmonie avec leurs voisins musulmans et chrétiens. En janvier dernier, j'ai visité Naplouse et j'y ai vu Abbas faire campagne pour la présidence de l' Autorité nationale palestinienne. Il était accompagné de dirigeants musulmans, chrétiens et samaritains (des juifs arabes), laïcs et religieux.

Franchement, je pense que tout groupe ethnique ou religieux, ou toute société qui encourage ses jeunes à lire et à écrire et à développer des habitudes fortes d'étude aide ses enfants à devenir des adultes intelligents, qui peuvent à leur tour appliquer ces compétences dans tout un tas de domaines. Beaucoup de juifs ashkénazes ont montré leur brio dans tous les domaines, comme beaucoup d'autres personnes, dans le monde entier, et notamment des Palestiniens, qui ont eu des avantages socio-économiques et / ou une intelligence innée et des opportunités, ou qui ont été soutenus par les encouragements de leur famille et de leur communauté, et qui ont reçu suffisamment de nourriture pour que cela leur ait permis de s'en sortir...

 

Une initiative de paix israélienne, renforcée par une action militaire


27 septembre 2005.
Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier pour Quibla.

Les revoilà !

L'armée israélienne
Attaque, à Gaza

Des avions hurlants
Ont lancé un tir de barrage

Les canons crachent le feu
Les missiles volent,

Faisant éclater le faux front
De la coexistence pacifique,

Plongeant la ville
Dans l'obscurité.

Abasourdis, les presque
Libres ont dû fuir

Bien qu'on n'ait pas fait
Immédiatement
Etat de blessés.

Les revoilà !

Les missiles sont tombés
A trois endroits, au moins :

Dans un quartier misérable,

Un camp de réfugiés

Et un bâtiment
Abritant
Un centre
De soutien scolaire.

Des trous géants,
A proximité
De ce bâtiment,

Exposaient leur vision du monde,
Faite d'un cauchemar
Continué.

La fin tellement célébrée
De l'horreur n'était pas dénuée
Des leçons d'actions israéliennes
Passées

Les vents du changement
Ont tourné ;

Ils se sont remis
A souffler, à travers
Les vitres brisées,

Promettant

Des vols de débris
Explosant,

Tandis que l'hiver approche

Et que les économies
Et les réserves de nourriture
Des foyers palestiniens

S'amenuisent.

Les morts ne pleurent pas


30 juillet 2005. Adaptation : Marcel Charbonnier

" Nous sommes les disparus
D'un Temps d'avant le Temps
Nous venons d'un Pays d'au-delà des Etoiles
Nous avons survécu à la première Guerre
Entre les Puissances des Dieux
Et nous avons vu la colère des Anciens
Ces Anges des Ténèbres
Descendus sur la Terre
Nous appartenons à une race au-delà des vagabonds de la nuit "
Le Necronomicon ­ Extrait de la chrestomatie des Mages

Enfermés dans leurs nids de snipers, les Elus mettent en joue leurs fusils
Chargés.
Ils sont munis
De lunettes de vision nocturne.
Ils testent la position tenue par l'ennemi :
Mosquées, enfants dans leurs salles de classe,
Femmes âgées, étendant leur linge
Sur les terrasses, ils se mettent en position,
Prennent leur cible en ligne de mire et retiennent leur feu,
Jusqu'à ce que viennent les provoquer
Un rire,
Une balle échappée,
Rebondissant sur la route
Durant les couvre-feu, ils règnent
Sur tout le monde : leurs yeux brillent, inspectant
Un paysage arabe
Hostile ­ à leurs yeux.
Car le sang répandu est le ruban
Du mérite qu'ils doivent conquérir.
Les bilans des morts ont continué
A quérir au passage
Tel vieil homme,
Marchant en s'aidant de sa canne,
Tel jeune homme,
Tenant sa charrette de fruits, à l'ombre d'une vieille bâche,
Près du mur
Criblé de balles, où le sang
Des martyrs éclabousse, à côté des posters
De leurs frères disparus.
Disparues, aussi, les nuits tranquilles ;
La Terre sainte est, une fois de plus,
Sanctifiée et le Croissant Fertile,
Vibre de douleur,
Tandis que l'index d'un sniper
Presse sur la gâchette, pour descendre
Les uns après les autres,
Des gens tentant une sortie
Non : ça, ce n'est pas du génocide,
Non : c'est un avantage stratégique
Dont on joue, tandis qu'on provoque
Ceux qui résistent à l'annihilation,
Tout en donnant aux Forces Armées
Des munitions de mitrailleuses héliportées
Des jets de combat en état d'alerte, des bulldozers prêts,
Des tanks en alerte maximale, attendant
Entre les lignes des gros titres,
Et les talk-shows de fin de soirée,
La pensée rendue cotonneuse par des rythmes sonores lancinants.
Le monde attend, il est préparé,
Il rêve,
Perdu dans les images
D'une cause perdue
Tandis que le Dieu de Revanche,
Est, quant à lui, bien réveillé,
Drapé dans les oripeaux
D'une conscience momifiée.
Le Cyclope monstrueux,
Vert de jalousie,
Dévore la démocratie,
Tandis que les morts
Rassemblent les chers disparus
Dans la vallée des âmes perdues,
D'impalpables particules
De matière vivante
Forment la biomasse
D'armées rouges de sang,
Attroupées,
En vue de la conquête
La corne de bélier
Sonne haut :
" La victoire
Nous appartient " ;
Tandis que,
Perdus
Dans les transgressions
Du temps,
Les Morts
Ne pleurent pas

Une même règle d’or : en Israël, en Irak, à Londres et à Washington


par Genevieve Cora Fraser, juillet 2005. Adapté de l’anglais US par Marcel Charbonnier pour Quibla

Gens à la peau tannée : Attention !
Les Forces Offensives Israéliennes
Arrosent
De rafales de mitraillettes des foules de femmes,
D’enfants et de vieillards
A Rafah, à Gaza…
En Irak,
Les troupes coalisées anglo-américaines
Sèment la désolation,
Pillent et détruisent
Une civilisation ancestrale,
Pour construire le Nouveau Désordre
International
Les dés
Sont jetés, un mauvais sort
Pénètre,
Tandis que la poussière se dépose
Sur la nature morte

De la mort qui fait suite à une attaque

De missile

Attaque dont la revanche

Est faite de bombes sournoises

Explosant dans des métros

Sur des marchés, dans des autobus.

Attaquer, ou se retenir ?

Telle est la question

Qui est en train d’exploser, à l’intérieur du crâne

De certains, chez nous,

Ou en Irak, en Afghanistan,

En Amérique du Sud,

Partout où il le veut,

Le Monde Libre

Fomente des insurrections

Afin d’exploiter

Le travail des hommes,

De voler des richesses naturelles

Assaillies de toutes parts par des

Suprématistes blancs portant la croix

Du salut

 

 

 

Mais comme un bélier,

Pour démolir

L’étoffe de la vie,

Labourer des champs de désespoir…

Des mines d’opportunité

Attendent au tournant ceux qui ne sont pas nous

La grande aventure vers l’abysse

Inconnu, quand ceux qui

Seraient rois règneraient sur

Tous ceux qui seraient au-dessous de leur mépris,

Perdus dans des fantasmes de Blanc

Habille le Droit des oripeaux

Des juifs, et des chrétiens comme il faut,

Païens, tous,

Ils désignent des coupables,

Incapables que vous êtes de

Faire tomber les écailles

De vos propres yeux,

Vous, les Hypocrites,

Vous chassez l’étranger clandestin,

Recherchant désespérément un travail,

Vos gouvernements,

Agissant pour le compte

De vos trusts,

Les violent et dérobent

Leurs maigres économies,

S’emparent de leurs terres, de leurs droits,

Les laissent en déréliction.

Vous les chassez comme si c’était des animaux,

Vous poursuivez une politique

D’injections létales de balles,

Administrées

Directement

Dans les crânes

De ceux dont vous avez peur.

Le contre-coup vous a frappé de stupeur,

Non préparés, comme vous l’étiez

A ce que d’autres

Vous fassent

Ce que

Vous leur avez fait.

 

Votez Quibla!