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LA BIBLIOTHEQUE QUIBLA

Genevieve Cora Fraser

Poétesse américaine, Palestinienne de coeur
Genevieve Cora Fraser : « Je sais que je suis palestinienne dans mon coeur et dans mon âme»

Présentation de l'auteur : Genevieve Cora Fraser est née au Massachusetts (USA) en 1945. Elle a passé son enfance dans une communauté d'agriculteurs dans l'Etat du New Hampshire. Dramaturge, metteur en scène, poète, historienne et journaliste, G. C. Fraser a étudié à l'Université du New Hampshire [UNH] à la fin des années 1960. Elle y a rencontré Salim Tamari, aujourd'hui directeur de l'Institut des Etudes Hyérosolomitaines (institution dépendant de l'Institut des Etudes Palestiniennes] et professeur associé de sociologie à l'Université de Birzeit. Il était alors étudiant en sociologie. C'est cette amitié avec Salim Tamari qui lui permit de prendre connaissance de la question palestinienne. G. C. Fraser quitta temporairement l'université en des temps où la guerre au Vietnam faisait rage. Elle travailla dans une radio publique locale, NHN ­ TV, puis elle fut rédactrice en chef du quotidien Today Paper de l'agglomération de Lawrence (Massachusetts).

Elle reprit ses é tudes à l'UNH, obteint son diplôme en Théâtre et Communications, en 1979, et un prix de Dramaturgie, en 1981, décerné par l'Université Brandeis. Depuis longtemps, Genevieve milite pour la défense de l'environnement et les droits de l'Homme. Dans les années 1970, elle milita au NAACP, aidant à la constitution et à l'animation d'associations de jeunes Noirs des quartiers pauvres du centre-ville. Dans les années 1980, elle reçut une distinction pour son action en faveur de la préservation de l'environnement, en particulier pour son militantisme et la création des Semaines de Lutte contre les Pluies Acides du Massachusetts.

Elle a écrit une Etude de la vie littéraire du Comté du Northern Worcester, et elle a été commissaire d'une exposition marquante consacrée aux « Indigènes Américains : une vie en harmonie avec la Nature ». Dans les années 1990, elle fut la coordinatrice de la Coopérative des Transports de Northern Tier, dont l'action aboutit au développement d'un réseau de transport public par autobus qui rayonne sur deux Comtés ruraux du Massachusetts. Engagée politiquement, et elle a été assistante parlementaire d'un Sénateur représentant son Etat durant cinq ans. Elle est directrice artistique du Drama Circle, qui encourage et assiste la production d'oeuvres originales pour la scène et l'écran. É coutons ce que Genevieve nous dit de son cheminement : « Depuis mes années d'étude, je suis profondément concernée par le sort du peuple palestinien.

Toutefois, ma grand-mère paternelle était la fille de parents ashkénazes (un Allemand et une Polonaise) et, bien que baptisée catholique, je fus de plus en plus attirée par la religion juive en découvrant mon histoire familiale. Mais c'est lorsque je me suis engagée dans le mouvement contre la guerre en Irak que j'ai commencé à réévaluer ma vision d'Israël et pris conscience de sa culpabilité dans la guerre et dans l'occupation de l'Irak et l'aggravation du chaos dans l'ensemble du Moyen-Orient. Ayant enfin ouvert les yeux, je fus très vite plus réceptive aux idées de mes amis juifs, américains et israéliens, au sujet du cauchemar que représentent tant l'occupation de la Palestine que les menées politiques du sionisme. » « L'an dernier, j'ai repris contact avec mon ami de longue date, Salim Tamari, qui enseignait à l'Université de New York au printemps 2003, et j'ai gardé le contact après son retour chez lui, à Ramallah, en Palestine.

Depuis lors, j'ai créé une bibliothèque d'ouvrages consacrés à cette question, j'assiste à des conférences, je participe à des meetings et je suis en permanence les événements dans les médias. Le professeur Edward Said écrivit un jour : « Nous sommes tous Palestiniens » . Je sais que je suis Palestinienne dans mon coeur et dans mon âme. J'ai é crit sur la tragédie que vivent les Palestiniens, parce que je suis si concernée émotionnellement par leur calvaire que je suis obligée de partager ma vision des choses avec d'autres, afin que nous oeuvrions ensemble, avec les gens de bonne volonté du monde entier, pour une Palestine Libre ». « Je suis particulièrement heureuse de prendre connaissance du profond engagement de citoyens français oeuvrant pour la Paix et la Justice en Palestine et au Moyen-Orient. Le nom de jeune fille de ma mère est Louise Ducharme. Quant à mon prénom, Genevieve, il a été choisi afin d'honorer mes ancêtres français ».

Pour plus d'information sur Genevieve Cora Fraser, consulter son site personnel : http://www.gcorafraser.com.
Courriel : gcfraser@gis.net

Tous ses textes premiere partie

Tous ses textes II

La Troisième guerre mondiale nous attend-elle au tournant ? Ou ne s'agit-il, en réalité, que d'un jeu ?

11 juillet 2005. Adaptation française par Marcel Charbonnier

La Troisième guerre mondiale est-elle annoncée ?

Aurait-elle commencé, tandis que nous étions scotchés

Devant nos téléviseurs, zappant des chaînes locales

Sur Nightline, Frontline, CNN ou la Fox ?

Charlie Rose a-t-il annoncé la mobilisation

Des troupes prédatrices ?

En tout cas, Larry King a son air des grands jours : voilà qu'il nous prodigue ses conseils.

Ou alors, serions-nous perdus dans la précipitation de l'histoire ?

Oui, ça doit être ça : les événements s'accélèrent, alors ils nous dépassentŠ

Avions-nous, de toute façon, la moindre chance ?

Comme on sait, la dévastation de Bagdad est derrière nous.

Pourquoi lancer des représailles pour le simple fait

Que quelques bombes ont été oubliées à Aldgate

A King's Cross, ou à Tavistock Square ?

Ceci signifie-t-il que la guerre a commencé,

Ou bien nos dirigeants ont-ils dressé un piège ?

Etaient-ils aux prises avec des ennemis, en Afrique

Qui seraient venus se nicher dans leur aire d'aigles imprenable, à Glen Eagle ?

Ou bien sommes-nous pris dans l'échange d'obus globalisé

D'un jeu vidéo, entre la Télé au Tube, fait pour terroriser ?

Ceci peut-ils réellement être en train de nous arriver ?

Les avertissements avaient-ils été vraiment pris au sérieux ?

Ils avaient dit :

" Vous bombardez nos villes : alors, nous bombarderons les vôtres ! "

Maintenant, est-ce juste, je vous pose la question ?

Nous sommes parmi les plus grandes puissances, c'est certain,

D'ailleurs, vous n'avez qu'à poser la question à nos équipes de relations publiques.

Quand les peuples commencent à en douter,

Nous les bombardons !

Aussi, pas étonnant qu'il n'y ait pas le moindre indice :

Puisque les faussaires et les escamoteurs : c'est nous !

Le monde est bâti sur des mensonges

 

Mais le fric, y'a qu'ça d'vrai !

Alors : hop-là ! Fermez-la !

Contentez-vous de visualiser :

Se peut-il que Ben Laden se pointe, pour nous faire la leçon ?

Al-Qa'ida est-elle autre chose qu'une grosse farce,

Même si les têtes roulent,

Aux infos du soirŠ ?

C'est pas ma fiole,

Alors, je ne vais pas me plaindreŠ.


Continuez à jouer : nous voulons des dollars

Susceptible de combler nos besoins et nos rêves.

Nos bombinettes sont plus grosses que les leurs

Nous allons nous contenter de planifier et planifier et planifierŠ

Qui l'emportera ? Sera-ce l'euro, ou le dollar ?

Ou les pétrodollars ?

Balance donc encore une bombe, sur l'Irak, pour le savoir !

Ainsi, aucun doute ne les effleureŠ

Drapés dans nos drapeaux, notre dieu et nos slogans,

Nous défilons fièrement :

Viens rejoindre notre bande joyeuse,

Chante notre hymne favori :

" On est les plus balèzes et les plus salauds,

Mais n'empêche qu'on est des brav'gars ! "

On va vous écrabouiller comme des punaises,

Si jamais vous osez l'ouvrir ! "

Vos couvre-chefs rigolos, vous pouvez les garderŠ

Vos bombes idiotes, vous pouvez les planterŠ

Nous, nous allons élever notre niveau d'alerte,

Le faisant passer au

Rouge.

Et puis nous allons continuer à jouer,

joyeusement.

 

Derrière cette arche : Jérusalem-Est

6 juillet 2005. - Adaptation française : Marcel Charbonnier


Sur les terrasses,

Des draps,

Blancs,

Gonflés par la brise,

Semblent des voiles, dans le soleil du matin.

Des vendeurs des quatre saisons déchargent leurs moissons généreuses.

Des charrettes brinquebalent, sur les dalles millénaires.

Encadrés par les ombres

Des rues en arcades

Du vieux Jérusalem,

Les moments s'écoulent,

Goutte après goutte,

Formant les eaux de l'infini,

La source éternelle

Qui réveille la vie.

Et, tandis que l'imam prie,

Lançant un appel auquel il sera répondu,

Les postes des sentinelles,

Eux,

Restent

En alerte :

Mille Arabes attendent l'expulsion

Mille existences, délogées, pour la énième fois,

Poussés aux dernières extrémités par le plan

Des sionistes

Consistant à occulter

Tout ce qui n'est pas

Eux :

Maisons palestiniennes écrasées

Par des bulldozers ;

Impuissance,

Devant la volonté

De l'ennemi :

Détruire

Et dissimuler

Des intentions génocidaires

De nettoyer tout ce qui, de près ou de loin,

Est arabe,

Des collines de Jérusalem.

Eux seuls,

Les zélotes sionistes

(Et les pièges à touriste

Qu'ils veulent construire)

 

 

Sont jugés

" Dignes "

" Propriétaires "

Du sanctuaire de Jérusalem,

Emprisonné entre des murs de béton.

Ils instillent la haine.

Et le monde bâille,

Tandis que le Christ

Est crucifié

A nouveau.

Redoutés sont

Ces zélotes sionistes :

Leur veau d'or

Etincelle,

Sous le soleil,

Tandis que des vies palestiniennes

Sont sacrifiées sur l'autel

Inondé de sang :

Ce ne sont là que des échos d'un passé,

Re-commencé.
Allez en paix,

Même si tout s'écroule !

Jérusalem vit

En vous,

Jérusalem fait partie

De vousŠ

Pourtant,

Cette adoration idolâtrique

Sera leur perte :

Ce que les Musulmans appellent " Iman "

- la foi -

Est dans le c¦ur

Des croyants,

Sereins.

Allah le sait :

" Ô, Croyants,

Vous êtes la Semence d'Abraham,

Par qui

Toutes les Nations de la Terre

Seront bénies ! "

Mon entrée à la juive dans une Terre Sainte arabe
par Genevieve Cora Fraser, 26 janvier 2005. Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier

Le chauffeur juif
Avait peur, ce jour-là,
Alors que notre taxi s'éloignait à toute allure
De l'aéroport militarisé,

Vers Jérusalem Est.

Passant les cols
Où les Arabes attaquaient
Les sionistes qui progressaient
Démontrant leur ardeur
Dans le combat.

Il roulait des mécaniques :

« Dans la bataille, là, c'est plus pareil :
Y'a pas d'chambres à gaz ! »

Ils avaient la ferme intention
De rester. Pas de s'en aller,

Mais de bâtir une existence
Bercée par le glas.

. le glas.

. des Palestiniens,
Qui continuaient à attaquer.


Il admit
Avoir été sonné, quand il encaissa les premiers coups,
Car il n'imaginait pas qu'il y aurait
Des représailles.

Avec le temps,
Cela nous rapprocha,
De méditer ensemble
Sur son passé ; son père
Etait tchèque ; sa mère
Etait turque ; ils aspiraient
A un pays à eux.

Se sentant exclus,
Sans grand avenir,
Ils revendiquèrent Israël
Comme leur appartenant.

Oh, ils redoutaient certes
N'avoir pas bien agi.

Mais.

Il y avait
De l'espoir...

Quand on lui demandait
Quel était son pays,
Il avait quelque chose à répondre.

Son visage était pâle,
Avec une roseur
Irisée,
Aux joues.

Je lui offris un chewing-gum.

Il le refusa :

Diabétique.

En fait, il ne semblait pas si
Gêné que cela
Par ma tchatche.

Je le soupçonnai
De m'être reconnaissant
Pour cette longue course,
A travers les collines,
Dont il anticipait le prix.

Tout en roulant, il me parla

De ses peurs,

De ses rêves,

Finissant par m'avouer
Qu'il ne se sentait pas chez lui,
Entouré d'Arabes

Qui pourraient lui sauter sur le râble

Par surprise

A tout instant.

« Ils nous détestent »,
Me dit-il.

« Pourquoi, lui demandai-je,
Ne voyait-il pas
Que la plupart d'entre eux sont de gentils
Poètes bucoliques,
Ou des lettrés, chez eux,
Dans ces jardins
Aussi antiques que l'Eden ?

Ils appartiennent à cette terre,
Ils vivent ici
Depuis des millénaires. Non ? »

Ce n'était pas que lui,
Il n'appartenait pas à cette terre.

Mais il lui fallait prendre en compte

Leurs droits,

Leurs besoins

S'il y a du respect mutuel,
Il y aura la paix.

Rapidement, nous passâmes
Sous une ligne à haute tension,
Qui apportait
Lumière,
Communications,
Chaleur
Aux colonies
Bourgeonnant aussi rapidement
Que les attaques contre leurs nids d'aigle,
Elargissant le fossé
Entre les nantis
Et ceux qui n'ont rien.

Soudain, comme poussées dans un coin
Afin que d'autres puissent se cacher
Dans leurs ghettos juifs
Les séparant des Autres,
Les rues de Jérusalem Ouest
Etaient devant nous.

Nous entrâmes,
Un silence de mort régnait dans ces rues,
Hallucinées par la peur
D'être confrontées
A des terroristes arabes.

J'imagine
Que j'ai éclaté de rire. ;

Je l'ai rassuré :
Il n'y avait personne,
Là où j'allais...

Il était perdu,
Estomaqué
Par l'apparition soudaine
De murs et de barrages,
Au bout de la rue où nous marchions.

Pensant que nous étions faits
Comme des rats, prêts
A nous tailler une issue
Avec les dents,

Je dépliai
La carte routière.

Il ne connaissait pas l'anglais.

Il suait abondamment.

Il arrêta la voiture,
Pour s'enquérir d'un passage,
En hébreu

Il se sentait la risée
De gens
Qui pensaient sans doute
Que
Pour une poignée de shekels,
Il s'était livré, pieds et poings liés,
A une amie
Des terroristes,
A une jobarde
Pro-palestinienne
Complotant
Avec leur ennemi,
Et cherchant à entrer
Dans la Vieille Ville
Proprement dite.

Je le rassurai :
« Je suis ici en touriste. »

Car je craignais
Qu'il ne me laisse tomber
Au beau milieu

De la folie

Qui menaçait
De déborder
Dans les rues,

De peur

De l'Occidentale,

De la chasseresse américaine,

Furetant

Pour ses potes

Arabes.

« Porte de Damas, ça ira. »
Dis-je.


« Non, je vais vous amener
Jusqu'à votre hôtel :
Vous serez en sécurité.

Je ne vous laisserai jamais
Tomber, comme ça, dans un endroit
Où n'importe qui pourrait
Vous attaquer.

Ou pire, peut-être : profiter de vous,
Vous voyant perdue. !

Il fit demi-tour, emprunta
L'autoroute,
Le passage souterrain
La bonne route, cette fois,
Vers la partie orientale
De la ville,

Par trop moyen-orientale

A son goût

Mais voilà que
Des musulmans très dignes
Apparurent,
Comme sortant
De la lampe magique
D'Aladdin.

En sombres manteaux de laine

Et jilbabs de coton,

Ils glissaient leurs pas chaloupés
Au long de trottoirs de pierres taillées,

Tandis que des juifs,
Portant des chapeaux noirs à large bord,
S'évanouissaient à notre vue.

La soudaineté de tout ce tableau, à la fois :

Le mystique
Faisant écho

A l'antique
Du passé,

Me ramena
Chez moi,

Oui :

Chez moi,

Dans cet hôtel amical
De Jérusalem.

Un café arabe
Semblait m'attendre
Pour me réchauffer

D'un verre de thé.

« C'est chouette, ici »,

Me dit-il,
Tandis que
J'échangeais avec lui
Une poignée de mains,

Ajoutant quelques shekels

En pourboire

Pour son amabilité.

 

Israël tue des Innocents dans la Maison de la Paix
par Genevieve Cora Fraser, 17 janvier 2005. Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier
pour Quibla

Dans la Maison de la Mort,
Face à la Montagne du Nord,
Où Moïse s'adressa à Dieu,
Il y a si longtemps,

Dans cette maison toujours habitée
Par les Bons Samaritains,
Ces Juifs Ancestraux,
Et le bon peuple
De Naplouse, en Palestine,

Dans la Maison de la Mort, dis-je,

Les tapis roulés
Sont imbibés de sang,

La cuisine,

Les chambres à coucher,

La salle de bains,

Le salon.

Sont criblés de balles.

Des pots mutilés

Et des casseroles sont transformés

En passoires

Par les balles tirées
Par des snipers israéliens en proie
A une furie de dévastation.

Des vêtements,
Déchirés

Par des rafales de mitrailleuses

La porte d'entrée, qui avait été soudée, fermée,
Par des missiles tirés depuis des tanks
Et des mitrailleuses héliportées

A été remplacée.

Les vitres,
Explosées en mille éclats
Maintenant balayés,

Continuent

A blesser le coeur

D'Umm Salam,
Désormais veuve.

Son nom signifie : « Paix »,

Désormais, elle est perdue
Dans l'obscurité de sa peine ;
Elle pleure
Son mari,

Khaled,

Et son fils,

Mohammed Salah,

Martyrs :

Deux innocents massacrés

Délibérément,

Rageusement.

Ayant tué
Des activistes connus
Qui avaient installé des postes de tir
Sur une Maison de Paix,

Une semaine auparavant,

Des espions israéliens
Avaient repéré

Dans la Maison de la Mort

Des enfants,

Éplorés.

Ceux-ci souffrirent,
Mais ils survécurent
A la nuit d'horreur.

Ils récupèrent lentement

Leurs existences
Aussi brisées

Que le miroir,

Dans la chambre à coucher
De leurs parents,

Où leur père mourut,
Suppliant les Israéliens

D'épargner la vie
De sa famille,

Dans cette maison
Où la mort
A étreint
Les pacifiques.

La honte est l'héritage
D'un Israël
Gonflé de la fierté
De l'avoir,

Qui continue à adorer

Le Veau d'Or,

Oubliant

Les tables de la Loi,

 

Ramenées du haut de la montagne

Par Moïse,

En Communion

Avec le Dieu
De Tous,

Ce Dieu qui a
Ordonné :

Tu ne Tueras
Point.

Sa gaussant,
Se moquant,
Les soldats
Israéliens

Avancent,
Toujours
Et encore,

Dans une parade de Mort

Vers leur Destinée d'Auto-Défaite.

Ecrasant,
Réduisant
En poussière
Les Commandements divins,
Sous leurs rangers
Cirés,

Tandis que des échos d'Auschwitz
Se réverbèrent
Entre
Les Montagnes Jumelles
De Naplouse ;

Ils retentissent,
Depuis les sommets de la Palestine
Et dans ses vallées,

Jusqu'à Jérusalem

Et jusqu'aux bords de la Méditerranée,

à Gaza.

 

Éveil arabe
par Genevieve Cora Fraser, 14 janvier 2005. Adapté de l'anglais par Marcel Charbonnier pour Quibla

Plongée dans un état
Onirique,
Tandis que l'aube s'éveillait
A l'intérieur de moi,
Enveloppant tendrement
Mon âme,
Des mots arabes
Murmurés,
Profondément,
Calmement,
S'emparaient
De mon être.
J'écoutais,
Ravie,
Les sonorités,
Telle une musique
Rythmique,
Et des tonalités qui insufflaient
En moi une nouveauté,
Une naissance,

Un éveil,
Au milieu de sensations Arabes,
Murmurées,
Quelque part,
Au plus profond de moi,
Qui me tiraient
Vers la conscience,
Enfant nouveau-né,
Innocente,
Indépendante,
Dans l'attente
D'apprendre
Un langage,
Insufflé
Dans mon être
Et y germant :
Le langage
De l'amour
Et de l'entrée dans la vraie vie.

Un Dieu unique, et partagé, en Terre Sainte
par Genevieve Cora Fraser, 30 novembre 2004.
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier

Son chapeau noir à large bord sur la tête,
Vêtu de son long manteau, sa barbe blanche
Flottant au vent, il traversa
Au feu rouge, rentrant chez lui
De la synagogue, osant méditer
Au beau milieu du chaos d'un carrefour
En plein Los Angeles.

Pâle, et néanmoins pieux dans son maintien,
Il se remémora le souvenir
De la commode de sa grand-mère,
De ce tiroir secret, où,
Enfants,
Nos mains plus très propres farfouillaient,
A la recherche de l'étoffe soyeuse
D'une ancestrale yarmulka, couleur bleu nuit.
Une yarmulka !.
En araméen ancien :
« Yarei-mei-elokah » :
« Par respect pour le Seigneur ».

La calotte était cachée
Pour ne pas être exposée à la conversion chrétienne
De générations suivantes qui s'étaient tournées
Vers un Messie
Dont la langue prononça
Les Béatitudes : « Bénis, les
Faiseurs de paix, car
Ils seront appelés
Enfants de Dieu. » ;

Ces Béatitudes écrites dans le texte sacré,
En cette langue araméenne, tellement méprisée
Par tellement de gens, de nos jours, en Israël.

L'araméen, langue maternelle
Des Arabes et des juifs,
Des Apôtres,
Du Christ, du Crucifié !

Langue honorée pendant des millénaires,
Et aujourd'hui dénigrée
Par
Ceux qui ont fait prévaloir, tous ces millénaires durant,
L'antique commandement impitoyable :

- Deutéronome 20 :16-17 -

« Ne gardez en vie nul enfant
Des nations cananéennes.
« Tuez-les, tous ! Chassez-les, tous !
Ou mettez-les, tous, en cage - comme des animaux ! »

Canaan, patrie du vieux
Peuple de la Mer - les Philistins,
Liés à la Grèce mycénienne,
Conquise par les rois égyptiens,
Ces Ramsès, nés,
Libres, en Palestine,
Comme l'étaient les Israélites.

Canaan ! La Terre Promise,
Perdue, dans l'Exil,
A cause de transgressions
Déclinées dans la Torah.

Interdits de se regrouper
Et de former une nation, ils conquirent le terrain,
Colonie après colonie,
Puis ces colonies furent dérangées
Par des tueries, remakes
D'antiques batailles :

David et Goliath,
Mais à l'envers :
L'armée
A 36 milliards de dollars
D'Israël,
Pointée sur des
Palestiniens lançant des pierres
De leurs frondes,
Perdue dans une guerre perpétuelle
Perpétuée
Par l'athéisme
De la conquête militaire,

Exclue de la quiétude
Des hommes pieux
Adorant
L'Unique
D.eu
Allah,
A l'essence duquel
Nous devons notre existence,

Abandonnée aux ravages
Du martyre,

Eperdue dans l'aspiration
A être,
A nouveau,
Libres !

Les textes de Genevieve Cora Fraser
Classés par ordre chronologique décroissant de publication
Tous les textes sont traduits de l'anglais par Marcel Charbonnier pour Quibla

Israël dépèce les restes de la Palestine
par Genevieve Cora Fraser, 25 novembre 2004. Traduit de l'anglais pour Quibla par Marcel Charbonnier

L'Israël sioniste,
Et non pas sémite,
Dépèce
Les restes
De la Palestine
En petites bouchées,
Avalant
Une rhétorique pure et dure,
En guise de justification
D'un comportement
Egoïste
Et bestial.


L'Israël non pas sémite,
Mais sioniste,
Dépèce les restes
De tout ce qui n'avait pas été
Conquis
Au cours de
Sa première
Agression
Contre la décence
Et la sainteté
D'une vie non-juive,
Massacrée,
Qui n'était pas
Eux :

Les goyim,
Les Autres,
Furent assiégés,
Dans leurs propres maisons,
Dans leurs échoppes,
Dans leurs champs,
Dans les rues
De villages, de bourgs
Et de villes idylliques,

Abattus,
Violés et dépouillés.

Pour se bâtir
Une existence meilleure,
Ne se contentant pas
D'accepter l'égalité,
L'Israël non-sémite
Et sioniste
A lancé son sabre
Au fond de la gorge
De Palestiniens,

Qui avaient vécu
En paix,
Dans la Palestine pré-sioniste,
Tant avec les Sémites
Qu'avec les non-Sémites :

Juifs,
Chrétiens,
Musulmans,

Avec Jérusalem
Pour Symétrie sacrée :
Un Sanctuaire
Pour les Multitudes.

L'Israël non-Sémite
Et sioniste
A plongé ses crocs
Dans les tendres
Moments
D'un héritage
Pastoral
Scholastique
Et sacré,

Revendiquant
Tout pour lui,
Au nom d'une
Ferveur
Messianique,
Dans l'attente
D'un sauveur,

En Terre Sainte.

Ils se sont condamnés
Eux-mêmes
A être des menteurs,
Des voleurs,
Des bandits,

A jamais,
Affamés et
Assoiffés.

Non pas de justice,
Mais de tout
Ce que leurs yeux
Pouvaient apercevoir.

Il ne saurait
Y avoir de paix
Dans des coeurs
Insatiables
Dans leurs désirs.


Trouble Absolu,
Interne,
Eternel,
L'Enfer vivant et respirant
De la Quête sioniste
De la Domination Totale
Et du Contrôle
Sème
Le ravage
Et la dévastation,
A travers la Palestine
Et l'Irak,
Avec un oeil
Sur la Syrie, sur l'Iran.
Sur tout ce qui est Arabe,
Ou Islamique,
Dans une interminable
Mer de douleur.

Et, encore et toujours,
La destruction
Sans aucun remord :
Haine auto-entretenue,
Avec l'Amérique
En remorque,
Assurant l'intendance.

Il est dans l'ordre des choses
Que la victime éternelle
Victimise
Eternellement.

Le legs d'Arafat : Drapée de noir, la Palestine attend sa Résurrection *

par Genevieve Cora Fraser, 12 novembre 2004. Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier pour Quibla

En quittant les lieux,
Il envoyait des baisers,
Tout tremblant d'émotion.

Il déposait des baisers
Sur ces mains,
Qui le portaient en triomphe ;
Arafat.

Arafat
A échappé
Aux ravages du temps, et
Aux atteintes à sa vie.

Ses aspirations
Etant symbolisées par la cage
Qui le retenait, captif,
Ce sont des dépouilles
Laissées par le saccage des bulldozers
Qui protègeront
Sa dépouille :
Les ruines de
La Muqâta'a :
Quartier général de l'Autorité
palestinienne.

C'est l'Amérique qui avait donné le feu vert :
Israël pouvait passer à l'attaque, sans retenue,
Ravageant Ramallah,
En un acte de provocation violente,
Qui fournit une énième expérience
Du frôlement de la mort

A ses sept vies de chat,
Vécues en keffiyéh
Et en battle-dress.

Arafat a vécu
Pour la paix.

Comme il a vécu aussi,
Pour les intrigues :
Jamais entièrement
Ni noir,
Ni blanc.

Il a répliqué aux ennemis
De la Palestine
Avec une résistance
Rouge sang ;
Le Fath a ouvert les portes
D'un enfer de représailles
Contre un Israël
Balayant les ossements
Des combattants déjà tombés
En lançant de nouveaux assauts
Sur ceux qui étaient encore debout.

Mais, finalement
L'amour d'Arafat fut plus fort que sa haine :
Malgré l'oppression condamnable,
Malgré l'intention génocidaire,
De forces sionistes
Arc-boutées sur la domination et le contrôle
Et sur la volonté affichée de libérer la Palestine.
De ses habitants.

Malgré le règne des massacres israéliens,
Malgré la faim,
La déshydratation,
La dépossession,
Le terrorisme d'Etat,
Arafat s'est imposé
Par la stratégie
Et la détermination.
Les pots-de-vin.

L'astuce ;
Il a lutté contre les Démons Israéliens
Afin de préserver le
Droit au retour,
Vieux de cinquante-six ans,
Des Palestiniens,
Depuis des camps de réfugiés dévastés
Et une diaspora aux antipodes,
Dans leur patrie ancestrale.

« Malgré toutes les difficultés
Et les problèmes auxquels nous sommes confrontés,
Nous continuerons
Nous continuerons
Nous continuerons »,

A dit Arafat,
« Parce qu'ici, c'est la Terre Sainte :
La Terre Sainte
N'appartient pas qu'aux seuls Palestiniens,
Elle appartient aussi aux Israéliens,
A tous les juifs,
A tous les chrétiens,
A tous les musulmans.

Ici, c'est la Terre Sacrée,
La Terre Sainte :
La Palestine »,
Ainsi parla Mohammad
Abdal-Ra'ûf 'Arafât
Al-Qudwa al-Hussaïny
alias
Abû 'Ammâr,
Cet homme que le monde entier connaissait
Sous le nom de Yasser Arafat,
Couronné par le prix Nobel de la Paix,
Célèbre pour avoir brandi
Un pistolet,
Dans une main et
Un rameau d'olivier,
Dans l'autre main.

Pour d'aucuns,
Il était l'archi-ennemi,
Et, pour d'autres,
Il était celui
Sur qui ils pouvaient compter.

Et aujourd'hui,
Il n'est plus là.

Arafat ne mourra jamais :
Arafat est notre chef,
Il est notre père
Le Peuple pleure,
Accablé par la douleur de sa perte

Son legs :
Une Palestine
Surgira, un jour,
Libre,
Telle le Phénix
Dans le saphir de la nuit.

La Palestine surgira,
D'entre le sang et les cendres
D'une occupation brutale,
Aussi sûrement
Que renaît le croissant de la Lune :
Nous sommes prêts à mourir en martyrs
A cette fin.

[* Je présente ma profonde sympathie aux Palestiniens, dans le monde entier, après la disparition du Président Arafat. Puisse la communauté mondiale prendre désormais à bras-le-corps la cause de la Palestine Libre, à la lumière éclatante du Droit International et avec l'assistance de l'Assemblée Générale des Nations Unies, de préférence aux jeux biaisés, aux diversions politiques et aux diktats de l'élite du sionisme agissant et de ses supplétifs américains.]

 

Autolyse* des commandos de liquidation sioniste
par Geneviève Cora Fraser, 24 octobre 2004.

Tandis que le monde palestinien se recroqueville
En un abîme de désespoir et de ruines,
Un soldat israélien met en joue.
Pour tuer. Ses tirs, en une succession rapide,
Syncopent avec le drone assommant, et ce bruit sourd
D'un bulldozer labourant son champ de haine,
Pour des générations à venir. La folie
Israélienne courtise le désastre, ses bataillons
Se pressant vers l'avant, à l'intérieur des boyaux
Du mépris. Elles ne se repentiront pas.
Des vies sont consumées, chair à canon d'une puissance
Armée, cour palpitant
D'un Israël en état perpétuel
De victimisation et de stigmatisation
De tout le monde. Sauf bien sûr de lui-même.
Incapables de voir leur propre haine, projetée
A l'extérieur, sur ceux qui reculent, les yeux exorbités,
Elles pressent la marche vers la tuerie.
L'intime conviction palestinienne d'appartenir à cette Terre
Casse la baraque aux prétentions sionistes.
Il suffirait pourtant qu'Israël embrasse la cause
De la Fraternité entre Egaux...
Mais : non ! Ineptes, rétifs, les soldats israéliens
Avancent, tandis que le monde prépare
Des sanctions. Enfin ? Des sanctions ? Mais non, voyons : on prépare des
lois
Pour protéger quiconque oserait encore
Prendre au piège cette bande d'antisémites !
Antisémites : regardez comme vous
Me faites souffrir ! Nous allons débarrasser
Le monde de vous !
Oui : vous ! Vous qui vous êtes pris à un piège ourdi de vos propres mains !
Les forces sionistes arrachent au paysage
Une vie digne d'être vécue : elles taillent
Des estafilades de zizanie, dans une
Vaine tentative de diviser, pour conquérir et défaire
Un ennemi
Qu'elle ne trouveront jamais
Qu'en elles-mêmes.
NDLR : * Autolyse = Autodestruction cellulaire ou tissulaire.

 

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