quibla.net Le quotidien online des Musulmans libres et actifs et leurs alliés
Votre publicité ici
   
LA BIBLIOTHEQUE QUIBLA

Genevieve Cora Fraser

Poétesse américaine, Palestinienne de coeur
Genevieve Cora Fraser : « Je sais que je suis palestinienne dans mon coeur et dans mon âme»

Présentation de l'auteur : Genevieve Cora Fraser est née au Massachusetts (USA) en 1945. Elle a passé son enfance dans une communauté d'agriculteurs dans l'Etat du New Hampshire. Dramaturge, metteur en scène, poète, historienne et journaliste, G. C. Fraser a étudié à l'Université du New Hampshire [UNH] à la fin des années 1960. Elle y a rencontré Salim Tamari, aujourd'hui directeur de l'Institut des Etudes Hyérosolomitaines (institution dépendant de l'Institut des Etudes Palestiniennes] et professeur associé de sociologie à l'Université de Birzeit. Il était alors étudiant en sociologie. C'est cette amitié avec Salim Tamari qui lui permit de prendre connaissance de la question palestinienne. G. C. Fraser quitta temporairement l'université en des temps où la guerre au Vietnam faisait rage. Elle travailla dans une radio publique locale, NHN ­ TV, puis elle fut rédactrice en chef du quotidien Today Paper de l'agglomération de Lawrence (Massachusetts).

Elle reprit ses é tudes à l'UNH, obteint son diplôme en Théâtre et Communications, en 1979, et un prix de Dramaturgie, en 1981, décerné par l'Université Brandeis. Depuis longtemps, Genevieve milite pour la défense de l'environnement et les droits de l'Homme. Dans les années 1970, elle milita au NAACP, aidant à la constitution et à l'animation d'associations de jeunes Noirs des quartiers pauvres du centre-ville. Dans les années 1980, elle reçut une distinction pour son action en faveur de la préservation de l'environnement, en particulier pour son militantisme et la création des Semaines de Lutte contre les Pluies Acides du Massachusetts.

Elle a écrit une Etude de la vie littéraire du Comté du Northern Worcester, et elle a été commissaire d'une exposition marquante consacrée aux « Indigènes Américains : une vie en harmonie avec la Nature ». Dans les années 1990, elle fut la coordinatrice de la Coopérative des Transports de Northern Tier, dont l'action aboutit au développement d'un réseau de transport public par autobus qui rayonne sur deux Comtés ruraux du Massachusetts. Engagée politiquement, et elle a été assistante parlementaire d'un Sénateur représentant son Etat durant cinq ans. Elle est directrice artistique du Drama Circle, qui encourage et assiste la production d'oeuvres originales pour la scène et l'écran. É coutons ce que Genevieve nous dit de son cheminement : « Depuis mes années d'étude, je suis profondément concernée par le sort du peuple palestinien.

Toutefois, ma grand-mère paternelle était la fille de parents ashkénazes (un Allemand et une Polonaise) et, bien que baptisée catholique, je fus de plus en plus attirée par la religion juive en découvrant mon histoire familiale. Mais c'est lorsque je me suis engagée dans le mouvement contre la guerre en Irak que j'ai commencé à réévaluer ma vision d'Israël et pris conscience de sa culpabilité dans la guerre et dans l'occupation de l'Irak et l'aggravation du chaos dans l'ensemble du Moyen-Orient. Ayant enfin ouvert les yeux, je fus très vite plus réceptive aux idées de mes amis juifs, américains et israéliens, au sujet du cauchemar que représentent tant l'occupation de la Palestine que les menées politiques du sionisme. » « L'an dernier, j'ai repris contact avec mon ami de longue date, Salim Tamari, qui enseignait à l'Université de New York au printemps 2003, et j'ai gardé le contact après son retour chez lui, à Ramallah, en Palestine.

Depuis lors, j'ai créé une bibliothèque d'ouvrages consacrés à cette question, j'assiste à des conférences, je participe à des meetings et je suis en permanence les événements dans les médias. Le professeur Edward Said écrivit un jour : « Nous sommes tous Palestiniens » . Je sais que je suis Palestinienne dans mon coeur et dans mon âme. J'ai é crit sur la tragédie que vivent les Palestiniens, parce que je suis si concernée émotionnellement par leur calvaire que je suis obligée de partager ma vision des choses avec d'autres, afin que nous oeuvrions ensemble, avec les gens de bonne volonté du monde entier, pour une Palestine Libre ». « Je suis particulièrement heureuse de prendre connaissance du profond engagement de citoyens français oeuvrant pour la Paix et la Justice en Palestine et au Moyen-Orient. Le nom de jeune fille de ma mère est Louise Ducharme. Quant à mon prénom, Genevieve, il a été choisi afin d'honorer mes ancêtres français ».

Pour plus d'information sur Genevieve Cora Fraser, consulter son site personnel : http://www.gcorafraser.com.
Courriel : gcfraser@gis.net

Tous ses textes deuxieme partie

Tous ses textes I

Repentance palestinienne pour des péchés. Américains. Et israéliens.
par Genevieve Cora Fraser, 11 octobre 2004. [Adapté de l'anglais (USA) par Marcel Charbonnier]

Un hélico américain Apache
Patrouille,
En vol stationnaire,
Au-dessus
De flaques ROUGES
Suintant
De muscles BLANCS, désossés et détaillés en filets,
Sous des cieux
D'un BLEU profond.

Des drones de surveillance,
Aéronefs non habités,
Recherchent les sources
De chaleur produite par les corps humains (vivants),
Se pourléchant lascivement les babines,
Dans leur anticipation robotisée,
A l'idée de pulvériser des Palestiniens
Recherchés, Morts ou Vifs,
Trophées triomphaux
De la puissance d'Israël,
Remportés sur une population
Violée
Et volée
De réfugiés,
Rebaptisés « Terroristes », pour l'occasion,
Entassés
Sur le plus petit espace
Qu'Israël
Ait réussi à ménager
Dans les territoires qu'il occupe.

La Bande de Gaza
Osait résister,
Tandis
Que les Secrets de la Mort
Tenaient conseil
Avec ceux qui vivent
Vingt fois.

« Tsahal » lui tira
Cinq balles
En pleine tête :
Laissée pour morte.
Les snipers israéliens
Redoutaient que le sac à dos de la fillette
Ne renfermât des explosifs.
Du moins le prétendirent-ils,
Délirants
D'excitation,
Au milieu de l'exagération
De leur escadre forte de deux mille hommes
Entièrement voués à l'extermination
De l'Ennemi.

Une enfant,
Au doux sourire et
Aux grands yeux,
S'affala, visage
Contre le bureau :
Une balle avait volé,
Transpercé la vitre de la fenêtre,
Venant se loger
Dans des méninges
Pleins de travail d'école.

Ses petits camarades
Virent,
Terrorisés,
Du sang
Et de la cervelle
Eclabousser,
Former de petites flaques,
Asperger
Leurs livres,
Leurs cahiers
Leurs stylos,
Sa jolie robe bleue,
Ses socquettes blanches
Et ses souliers.

La poitrine compressée,
Elle se redressa un instant,
Convulsée de douleur
Et de désespoir.
Puis elle mourut.

Enchevêtrés
Avec la Domination
Israélienne,
Des lambeaux de chair pendouillent,
A des toits,
A des fenêtres.

Dans les rues,
Des portes arrachées,
Des morceaux de ciments
Provenant de maisons écartelées
Et soulevées de terre, puis retombées, fracassées
Comme des os brisés
Et soulevés haut, puis retombant à leur tour,
Soufflés par des missiles téléguidés
Israéliens.

Vaincus par la supériorité des armes,
Vaincus même par le nombre,
Des Palestiniens,
Hommes et Femmes,
Prirent sur leurs épaules le fardeau :
Protéger à tout prix les proches aimés,
Reposant dans les Maisons
De Condoléances,
Attendant
Du Monde
Une réponse.

[Ce poème a été inspiré par Mohammad, un journaliste et photographe
indépendant, faisant ses reportages depuis le Nord de la Bande de Gaza, et
webmaster du site : http://rafahtoday.org]

 

Israël a la Terre ? La Palestine a la Lune !
par Genevieve Cora Fraser, 3 octobre 2004. Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier
Les tanks vrombissaient
Défonçant les étroites ruelles
Sablonneuses ;
Des dizaines de transports de troupes
Blindés, de tanks
Et de bulldozers
Attendaient, tout autour.
Perchés,
Tels des vautours
Rassemblés
Tout au long des limites
Du camp de réfugiés
Surpeuplé
De Gaza :
Au nord ;
A l'est.
Des contours créés
Par les rescapés
Des massacres de la Nakba
Et des re-massacres de la Guerre des Six Jours,
Tandis que les avions supersoniques
Et les mitrailleuses héliportées
Piquaient, en formations
Attaquant
L'endroit le plus densément peuplé
Sur cette Terre Sacrée
Créée par Dieu.
C'est là,  qu'Israël Tout Puissant
A pris position,
Pour massacrer des Innocents
En tirant des obus de char
Sur des enfants réfugiés
Rentrant de l'école,
Laissés seuls,
Face à la mort.
Jours de Pardon d'Israël
Entièrement consacrés à détruire
Des vies,
Des maisons,
Une culture,
Et à préparer
Son estafilade chirurgicale
A travers la contrée,
Afin de semer la dévastation,
En représailles
Contre des fusées palestiniennes
Tirées - sans doute - Derrière
La face cachée
De la Lune :
Trois Israéliens tués,
Contre
Tois cent Palestiniens,
Massacrés,
Au cours des mois précédents.
Aujourd'hui, entassés
Sous des tentes de deuil,
Des corps,
Fracassés,
Gisent, et
Se raidissent,
Entourés de fumées noires
S'élevant de pneus enflammés,
Afin de cacher
La Résistance,
Qui se lève,
Au milieu de l'ouragan qui enfle.Des fanions noirs flottent,
Agités par la psalmodie du Coran,
Une musique patriotique arabe
Clame la résistance,
Sous les cieux assombris.
Des mines
Et des grenades à main,
Bricolées maison,
Des fusils récupérés sur l'ennemi,
Balancent la résistance
Contre le Milliard de dollars.
Offensive israélienne
Résolue à briser
La Résistance.
Face à face,
Face à face
Avec le visage de la famine,
Avec le visage de la maladie,
Avec le visage de la déshydratation
D'un peuple prospère,
Réduit à la misère,
Fier,
Mais emprisonné
Dans des ruines torturées
Made by Israel
Qui forment une toile de fond, sur laquelle
Se reflète,
Rouge,
La lueur
D'un Croissant de Lune
S'élevant au-dessus de la mer.

 

Yom Kippur en Palestine
par Genevieve Cora Fraser, 25 septembre 2004. Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier pour Quibla

Etat d'alerte maximale
En raison du Yom Kippur :

Des gardes, déployés
Dans des synagogues,
Etaient au garde-à-vous
Tandis que la « Défense israélienne »
Bombardait un hôpital
Palestinien :

Six enfants,
Blessés,
Dans la bande de Gaza,

Equipement médical
Criblé de balles.

Tandis qu'un rabbin exhortait
Ses ouailles
A redresser les torts
Causés à Dieu, et aux hommes,

Les forces israéliennes ouvraient le feu,
Blessant
Des dizaines de civils,
Au cours d'un rassemblement
Pacifique,
A Hébron,
Protestant contre
L'armée israélienne,
Qui rase au sol
Les fermes
Des Palestiniens

Les matraques en acier
Ont rencontré durement les chairs
Tandis que les gaz lacrymogènes
Atteignaient les yeux,
Et que les balles arrosaient
L'espoir abasourdi

En une Intervention
Divine.

C'est en des temps troublés
Pour les croyants juifs,
En ce jour
De repentir
Et de sainte assemblée,
Où l'on se repent
Afin de demander le pardon
De ses transgressions,

Que les véhicules blindés
Israéliens
Ont fait irruption
Dans des camps de réfugiés,
Tirant sur les maisons,
Tandis que des bulldozers,
Dévastant tout,
Poussaient vers
Des enfants et des mères en fuite
Des maisons s'écroulant,
Pendant que des pères perdaient leur sang

Le vendredi,
Avant le coucher du soleil,
Trois tanks israéliens
Ont investi
Le quartier Al-Salam.

Le judaïsme n'a-t-il pas ses règles
De conduite
Ses commandements,
Qu'il faut observer ?.

Des soldats israéliens
Gardaient les checkpoints
Des centaines attendaient.
Les mitrailleuses ouvrirent
Le feu à l'aveuglette.

Durement repoussé à coups de crosse,
Un jeune homme rentrant chez lui
Fut coincé au checkpoint,
Refermé
Par les soldats israéliens,
Afin de protéger
Yom Kippur.

La gouvernance israélienne détruit les enfants de Palestine, en violation de huit décennies de droit international
par Genevieve Cora Fraser, 27 septembre 2004. Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier pour Quibla

« Israël dépeint les enfants de Palestine sous les traits de terroristes, de lanceurs de pierres sans visage, mais en raison des politiques menées par les gouvernements israéliens, c'est toute la matrice extrêmement complexe faite de du contrôle des naissances, de la santé, de l'éducation et du bien-être général de quelque 1 800 000 enfants de Palestine qui court un risque sérieux », a déclaré Adah Kay, professeur à la City University de Londres, lors de conférence sur la Palestine tenue à New York à la mi-septembre. Coauteur de l'ouvrage Stolen Youth (Jeunesse volée) avec Catherine Cook et Adam Hanieh, anciens volontaires et administrateurs de la branche palestinienne de l'association internationale de défense des enfants [Defense for Children International / Palestine Section]. Publié en 2004 et portant le sous-titre : La politique israélienne de détention d'enfants palestiniens [The Politics of Israel's Detention of Palestinian Children], Jeunesse volée est le premier ouvrage à explorer l'incarcération par Israël d'enfants palestiniens se fondant sur une information de première main fournie par des associations internationales de défense des droits de l' homme et des ONG travaillant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Les enfants représentent 53 % de la population palestinienne. « A travers des restrictions légales, politiques et économiques, Israël régit la Palestine, imposant des milliers d'ordres militaires qui régissent tous les aspects de la vie des Palestiniens, jusqu'aux plantes qu'ils sont autorisés à cultiver », a expliqué Kay, observant que des châtiments particulièrement durs sont infligés à des enfants palestiniens, en violation de l'article 3 de la déclaration des Droits de l'Enfance. Les principes stipulés par l'article 3 se sont fait jour, pour la première fois, dans le droit international, en 1924, en même temps que la Déclaration de Genève des Droits de l'Enfant, et il fut ensuite adopté par l'Assemblée générale de l' Onu, le 20 novembre 1959 et reconnu par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, dans la Convention Internationale sur les Droits Civils et Politiques, adoptée en 1989. L'Article 3 stipule que « l'enfant, en raison de son immaturité physique et mentale, a besoin d'une sauvegarde et de soins particuliers, dont une protection juridique appropriée, tout autant avant qu'après sa naissance. » L'article reconnaît aussi que « la famille, cellule fondamentale du tissu social et environnement naturel pour la croissance et le bien-être de tous ses membres, en particulier les enfants, doit se voir garantir la protection et l'assistance dont elle a besoin afin de pouvoir assumer pleinement ses responsabilités au sein de la communauté. » « Le recours à l'emprisonnement est la pièce maîtresse de l'occupation », a dit Kay. « Depuis 1967, Israël a détenu plus de 600 000 Palestiniens. Depuis l'Intifada, jusqu'au 30 juin dernier, 2 650 enfants ont été arrêtés et emprisonnés. » Sous la juridiction israélienne, les enfants palestiniens n' ont pas la possibilité d'être défendus par un avocat, ni ils ne sont autorisés à savoir quelles sont les charges qui pèsent sur eux. « Des enfants de 16 ou 17 ans sont traités par les militaires comme s'ils étaient adultes, contrairement au droit international », a expliqué le Professeur Kay. « Les enfants palestiniens, une fois arrêtés, sont soumis à des tortures comportant des coups, l'exposition à des températures extrêmes et la contrainte de maintenir des postures douloureuses. On leur bande les yeux, on leur passe les menottes, et ils sont mis dans des centres de détention situés dans des camps militaires ou dans des avant-postes de colonisation, où les Israéliens les contraignent à signer des aveux et tentent de les recruter comme collaborateurs. Dans la quasi totalité des cas, ils sont envoyés en prison. » Les prisons israéliennes sont surpeuplées et insalubres. Les fournitures et soins médicaux y sont insuffisants. Les enfants sont isolés, esseulés, maltraités, et ils souffrent de symptômes perdurant longtemps après leur incarcération. Les maltraitances sont systématiques et s'assimilent à des tortures. Beaucoup de tentatives de suicide sont enregistrées, et beaucoup d 'enfants prisonniers sont malades. Une fois emprisonnés, les enfants n'ont plus accès à une éducation en bonne et due forme, laquelle est tenue en haute estime, historiquement, en Palestine, a indiqué le Pr. Kay. Elle a décrit la manière dont l'éducation palestinienne, d'une manière générale, est menacée, en raison des restrictions de déplacement. « Des enfants et des enseignants sont bloqués à des check-points, ou à des barrages de terre improvisés en travers des routes. Ils sont bombardés de gaz lacrymogènes, on leur tire dessus et ils sont blessés (ou tués, ndt) sur le chemin de l'école », a-t-elle expliqué. Depuis le début de l'Intifada, et jusqu'en février 2003, ce sont 132 écoliers, lycéens et étudiants qui ont ainsi trouvé la mort sur le chemin de leur établissement d'enseignement. « Des écoles et des universités ont souffert d'incursions armées, ont été bombardées et détruites au bulldozer par l'armée israélienne. En raison des interruptions incessantes, on note une diminution des capacités de concentration. L'absence, les crises de panique et les demandes fréquentes de pauses sont des phénomènes croissants », a indiqué l'enseignante. Des ordres militaires ont été utilisés afin de contraindre des écoles et des universités à la fermeture. Dans de telles conditions, il est difficile de maintenir des critères d'éducation élevés, et les enseignements artistiques et sportifs souffrent d'un taux d'absentéisme croissant. L'état général de santé des enfants palestiniens se détériore également, tandis qu'on enregistre une augmentation des morts violentes, des blessures et des handicaps physiques. Bien qu'autrefois une société relativement aisée, la société palestinienne a connu une augmentation sensible de la pauvreté, allant parfois jusqu'à la malnutrition sévère. A Gaza, la malnutrition est comparable à celle qui est enregistrée dans les pays d' Afrique sud-saharienne. La carence en vitamine A connaît une augmentation, et le programme de vaccination qui connaissait un taux de participation d' environ 90 % a connu une chute jusqu'à 50 % en raison des blocus, de l'état de siège et des restrictions de déplacements. Mme Kay a souligné la manière dont Israël empêche délibérément les fournitures de vaccins de parvenir jusqu'à la population palestinienne qui en a besoin. « L'électricité est coupée aux cliniques : résultat : les produits pharmaceutiques, dont en particulier les vaccins, sont avariés, et les cliniques mobiles ne peuvent atteindre leur destination. Les Palestiniens ont rarement accès à une eau saine, et ils doivent vivre à côté d'égouts à ciel ouvert », a-t-elle ajouté. Les sièges et les incursions militaires ont non seulement parfois entraîné des accouchements devant des checkpoints où des dizaines de femmes et de nouveaux nés ont perdu la vie, mais on a constaté un grave déclin des soins néonataux, tant pour les mères que pour leurs bébés. Le manque d'accès à une eau saine augmente encore les risques auxquels sont confrontés des bébés et des enfants fragilisés par la malnutrition. Le prix de l'eau a augmenté de 80% depuis 2000. Malgré la violence, constante de la vie quotidienne sous l'occupation brutale d'Israël, les Palestiniens font montre d'une résilience remarquable et de mécanismes de solidarité très solides. Néanmoins, les enfants ont peur pour leur vie et pour leurs proches, le stress maximal étant constaté dans les camps de réfugiés de la bande de Gaza. Parmi ces enfants, la violence augmente. Des jeux funéraires ne sont pas rares, et l'agressivité entre enfants a augmenté. Avec la mort, la maladie, les bouleversements de la vie quotidienne, beaucoup d'enfants perdant leur toit, les parents ont de plus en plus de difficulté à éduquer leurs enfants, et à s'occuper d'eux correctement. Les distractions et les occasions de se socialiser sont rares, pour ces enfants, qui ont généralement une vision très pessimiste de l' avenir. « L'avenir même des enfants et de la société de la Palestine étant désormais en danger, combien de temps, encore, le monde va-t-il rester ainsi, les bras croisés ? » s'est interrogée le Professeur Kay.

Les textes de Genevieve Cora Fraser
Classés par ordre chronologique décroissant de publication
Tous les textes sont traduits de l'anglais par Marcel Charbonnier pour Quibla

La Conférence des Nations Unies sur la Palestine plante le décor de la 59ème Assemblée Générale
par Genevieve Cora Fraser, 22 septembre 2004. Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

« Je m'éclate. » a dit Bush au Secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan en lui serrant la louche, avant l'ouverture de la 59ème session de l'Assemblée Générale de l'Onu au cours de laquelle on s'attend à ce que l'Irak tienne la vedette, à côté d'autres préoccupations humanitaires. Ce commentaire de Bush semblait particulièrement curieux sur fond de cette déclaration récente du Secrétaire Général considérant illégale l'invasion de l'Irak sous la houlette des Etats-Unis. Ce qui a particulièrement défrisé Annan, ainsi que nombre des 191 pays membres de l'Assemblée Générale, c'est le fait que l' état de droit ait été sérieusement amoché par les Etats-Unis et par d'autres pays en guerre contre le terrorisme post-11 septembre, et même depuis bien plus longtemps, en ce qui concerne l'un d'entre ces pays : Israël. S' exprimant devant l'Assemblée Générale, le président Bush a déclaré : « Toutes les nations civilisées sont unies dans ce combat, et toutes doivent défaire les assassins. » Peut-être le président devrait commencer par examiner calmement, en prenant son temps, les méthodes auxquelles recourt sa politique, et leur impact. Pour comprendre le contexte de cette session annuelle et de possibles actions à venir, la Conférence de l'Onu sur la Palestine, tenue en 2004, peut sans doute servir d'avant-goût de ce qui s' annonce.

Dennis Brutus est poète, enseignant, combattant sud-africain de la Liberté, et ex-co-prisonnier de Nelson Mandela à la prison de Robben Island, au large du Cap. Il a résumé l'ambiance à la Conférence Internationale de la Société Civile Solidaire du Peuple Palestinien, sponsorisée par l'Onu et qui s'est tenue du 13 au 15 septembre. « L'Amérique est cet éléphant au milieu du salon, que tout le monde fait semblant de ne pas voir », a-t-il déclaré, dégoupillant l'anneau de sécurité de stratégies susceptibles d'être utilisées par la Palestine et par les amis de la Palestine et qui s' inspirent de celles qui furent utilisées contre l'apartheid sud-africain. « Il est crucial de reconnaître et d'analyser le rôle que l'Amérique assume, en soutenant Israël ». Le principal point de la conférence fut l'avis consultatif émis le 9 juillet dernier par la Cour International de Justice [CIJ] sur la construction du mur d'apartheid israélien. Le rôle d'honnête courtier dans le processus de paix palestino-israélien, joué en principe par l'Amérique, et totalement obéré par sa compromission, fut aussi un sujet de débats éclairés, comme le furent les occupations siamoises de la Palestine et de l'Irak, qui sont inexorablement liées entre elles, du fait même qu'elles constituent le plat de résistance dans le menu moyen-oriental des Néoconservateurs. En ouvrant le débat, Annan a semble-t-il déclaré : « Le but de la Conférence, qui a pour thème « Mettre fin à l'occupation - exigence primordiale de l'obtention de la paix au Moyen-Orient », c'est de donner aux organisations de la société civile, venues du monde entier, l'opportunité de débattre de la situation dans les territoires palestiniens occupés, dont Jérusalem Est ; de coordonner leurs activités, et de formuler des propositions en vue de l' action, afin d'aider le peuple palestinien. »

Munis de l'excellent outil que représente pour eux l'avis de la Cour Internationale de Justice, les personnalités à la tribune ont mis l'accent sur ce qui semble bien être un revirement qui prend l'ampleur d'un séisme, sur les prémisses d'une révolution qui ne pourra que contribuer à détrôner l 'hégémonie américano-israélienne et sa politique de préemption qui menace la paix et la stabilité mondiales. Depuis des décennies, le Conseil de Sécurité a proféré plan après plan au sujet du conflit palestino-israélien, le dernier en date n'étant autre que l'ainsi dite Feuille de Route vers la Paix, comme une sorte de garantie qu'il continuait bien à exercer sa responsabilité, à savoir le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Résultat : l'Assemblée Générale est restée paralysée, comme si elle avait les jarrets sectionnés, quelques patentes qu'aient pu être les violations de la légalité internationale. Toutefois, dans le cas de la Palestine, la CIJ a tranché : « Le Conseil de Sécurité n'a pas exercé sa responsabilité première, à savoir le maintien de la paix et de la sécurité internationales, à la suite du vote négatif de l'un ou de quelques-uns de ses membres permanents. La situation résultante est une situation qui s' apparente à une menace pour la paix, à une violation de la paix, voire même à un acte d'agression ». En conséquence de cette déficience (du Conseil de Sécurité), l'Assemblée Générale, instituée par le droit international, a été autorisée à « examiner la situation immédiatement, en vue de faire les recommandations appropriées aux pays Membres en vue de la prise de mesures collectives. »

On pouvait (enfin !) sortir de l'impasse. Depuis des décennies, c'était la politique, et non pas le droit international, qui occupait le fauteuil du conducteur. Mais dans l'avis rendu par la CIJ sur « Les Conséquences légales de la construction d'une muraille dans les Territoires palestiniens occupés », le pouvoir dont dispose l'Assemblée Générale de shunter le Conseil de Sécurité et de prendre les choses en mains propres a été renforcé, brisant du même coup le blocage imposé par les Etats-Unis dans l' intérêt de son protégé, Israël. Mais lorsqu'on examine attentivement l'avis rendu par la CIJ, comme l'avaient fait, à l'évidence, les participants à la conférence, il est évident que l'enjeu dépasse de très loin le « simple » mur d'apartheid israélien. La CIJ a considéré tous les problèmes résultant de l'occupation par Israël des Territoires palestiniens comme un tout, lorsqu'elle a procédé à l'évaluation des implications légales du Mur, y compris les tentatives déployées depuis 1977 pour légaliser les colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés. La Section 120 du rapport consultatif de la CIJ énonce : « En ce qui concerne ces implantations, la Cour note que l'article 49, paragraphe 6, de la Quatrième Convention de Genève stipule : « La puissance occupante ne déportera ni ne transférera des parties de sa propre population civile dans le territoire qu'elle occupe ». Cette réserve prohibe non seulement les déportations ou les transferts manu militari de populations, tels ceux perpétrés au cours de la Seconde guerre mondiale, mais aussi toutes les mesures prises par une puissance occupante en vue d'organiser ou d' encourager des transferts de parties de sa propre population vers le territoire qu'elle occupe. » Depuis 1977, Israël crée, dans les Territoires palestiniens occupés, des colonies dépourvue de fondement légal. Avec tous les attendus à la clé, la CIJ a ordonné à Israël « de ramener ses mesures antérieures et de s'abstenir d'entreprendre toute nouvelle action susceptible de modifier le statut légal, la géographie et la composition démographique des territoires arabes qu'il occupe depuis 1967, y compris Jérusalem, et en particulier de transférer des parties de sa propre population dans les Territoires arabes occupés. »

La Cour a par ailleurs rappelé à Israël « l'inadmissibilité de l'acquisition de territoires par la guerre ». De plus, les principes de la Charte (de l' ONU) stipulent qu'en vue de l'établissement d'une paix juste et durable au Moyen-Orient, l'armée israélienne doit se retirer des territoires occupés et mettre un terme à « toutes les allégations ou les états de belligérance », et doit respecter et reconnaître « la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'indépendance politique de chacun des Etats de la région, ainsi que leur droit à vivre en paix à l'intérieur de frontières sûres et reconnues, à l' abri de toute menace ou de toute agression. C'est en se fondant sur ce même principe que le Conseil a condamné, à plusieurs reprises, les mesures prises par Israël afin de modifier le statut de Jérusalem. » L'avis de la CIJ met en exergue le droit des peuples à l'autodétermination, et l'existence d'un peuple palestinien n'est plus discutable. « Cette existence a, de surcroît, été reconnue par Israël lors de l'échange de lettres intervenu le 9 septembre 1993, entre M. Yasser Arafat, président de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et M. Yitzhak Rabin, Premier ministre d'Israël, de même que le gouvernement israélien a reconnu l 'OLP en tant qu'organisation représentative du peuple palestinien. L'accord intérimaire israélo-palestinien sur la Cisjordanie et la bande de Gaza, signé le 28 septembre 1995 fait référence, lui aussi, à plusieurs reprises, au peuple palestinien et à ses « droits légitimes ».

Ironiquement, c'est à peu près au moment même où la Conférence de l'ONU sur la Palestine reprenait collectivement ses esprits - relevant au passage que le tribut mortel, dans les territoires palestiniens occupés, depuis le début de l'Intifada, venait de dépasser les 4 000 victimes, palestiniennes, pour la plupart d'entre elles - que Monsieur Démocratie, le Premier ministre israélien Ariel Sharon, était fort occupé à faire tout ce qu'il pouvait afin d'effacer le droit des Palestiniens à l'autodétermination. En ce onzième anniversaire de la signature des Accords de paix d'Oslo, Sharon a fait fermer six bureaux d'enregistrement en vue des élections palestiniennes, dans Jérusalem Est occupée ; il a arrêté neuf employés et saisi tous les registres électoraux. Peu après, au cours d'une interview qu' il accordait au quotidien israélien Jerusalem Post, Sharon déclara qu'il y avait « un accord tacite avec les Américains » en ce qui concerne l' extension des colonies israéliennes illégales. Encore un peu plus tard, il a défié la communauté mondiale et la Cour Internationale de Justice, en ordonnant l'extension du Mur israélien d'apartheid dans le sud de la Cisjordanie et en donnant instruction aux ambassadeurs d'Israël dans le monde entier de ne plus se préoccuper de la « feuille de route », plan de paix adopté par l'Onu, en déclarant qu'il n'était pas lié par, ni intéressé à, une « feuille de route » pour la paix au Moyen-Orient, fût-ce celle de l' Onu. Clairement, Sharon et son clone américain George Bush se considèrent comme des lois en eux-mêmes, en dépit de leurs adresses occasionnelles à la communauté mondiale, lorsqu'ils posent en Guerriers de la Paix ferraillant contre un océan de terrorisme islamique.

Mais voilà qu'avec l'avis rendu par la Cour Internationale de Justice, les lignes de la bataille sont désormais clairement dessinées. La section 145 décline les conséquences légales pour Israël, déclarant que l'obligation première de cet Etat est de mettre un terme à la situation illégale, en cessant la construction du mur dans les Territoires palestiniens occupés. Ensuite, Israël est dans l'obligation de réparer les dommages casés par sa conduite illégale, ce qui comporte « une compensation appropriée accordée aux particuliers dont les maisons ou les biens agricoles ont été détruits ». De plus, aux termes de la Quatrième Convention de Genève, « Israël est dans l'obligation de rechercher et d'amener devant ses tribunaux des personnes soupçonnées d'avoir commis, ou d'avoir ordonné la commission, de graves violations du droit humanitaire international, découlant de la planification, de la construction et de l'usage du mur. » Cela signifie-t-il qu'Ariel Sharon et Compagnie, en tant que planificateurs et qu' entrepreneurs, doivent être jugés ? Peut-être.

Au cours des comptes-rendus des ateliers, Iain Scobbie, professeur de droit international à l'Ecole des Etudes Orientales et Africaines de Londres s'est centré sur le rôle et les responsabilités des tierces parties dans l'avis consultatif de la CIJ. Il a dit que l'avis a resitué le processus de paix dans un cadre légal. M. Scobbie a attiré l'attention des participants à la conférence sur la section 159. « La CIJ a signifié que des Etats ne doivent ni aider ni se rendre complices d'activités israéliennes illégales. Tant le mur que les colonies sont illégaux. Des Etats tiers pourraient, de ce fait, être impliqués, au cas où ils contribueraient à l'édification du mur ou d' une colonie, par exemple en accordant à Israël des prêts ou des garanties en vue de prêts, aux fins de la construction du mur ou de colonies. La participation de compagnies d'Etat à ce genre de constructions est également illégale », a noté M. Scobbie.

Bien. Comment cela va-t-il percuter Bush et consorts ? Le président, ainsi que le Congrès des Etats-Unis, n'ont-ils pas soutenu Sharon dans toutes ses entreprises, et financé ces opérations illégales au moyens de dollars des contribuables américains ? Les Etats-Unis ne risquent-ils pas d'être tenus responsables de l'horreur quotidienne infligée au peuple palestinien en conséquence du terrorisme d'Etat israélien ? Même si des troupes américaines n'ont pas été envoyées occuper la Palestine, les Etats-Unis finances les activités israéliennes associées à la construction du mur. Comme l'a déclaré Bush, nous devons combattre les assassin. Cela vaut-il pour l'assassinat par procuration de milliers de Palestiniens innocents, dont des femmes et des enfants, qui ont été descendus, qui ont été déchiquetés par les attaques aux missiles, qui ont été ensevelis sous les gravats de leur maison passée au bulldozer, ou qui ont souffert de maladies et sont morts en conséquence de l 'utilisation de gaz expérimentaux de dispersion de foules, de malnutrition sévère et de déshydratation, tandis que les fermes, le cheptel, les récoltes et les oliveraies des Palestiniens sont réduits en poussière et que les réservoirs et les puits d'eau potable sont détruits ou empoisonnés ? D'après M. Scobbie, depuis quelque temps, les politiques insistent sur le rôle des exigences légales. « La Cour s'est entendu signifier, par exemple, le souhait qu'elle s'abstienne de donner un avis quelconque, car cela risquerait d'interférer dans le processus de paix ( !). Cet argument impliquait qu'il n'y avait pas de place pour la loi, dans le dit processus de paix ! Cet avis a été catégoriquement rejeté, on s'en doute, par la Cour. Elle a réaffirmé expressément que la loi est essentielle, dans le règlement du problème, et elle a rappelé l'obligation incombant à tous les Etats de veiller à ce que toute obstruction à l'exercice, par les Palestiniens, de leur droit à l'autodétermination, soit immédiatement levée. »

M. Scobbie a attiré l'attention de l'auditoire sur un autre chapitre de la section 159, qui stipule que « tous les Etats signataires de la Convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre, du 12 août 1949, sont dans l'obligation, tout en respectant la Charte de l'Onu et le droit international, d'assurer qu'Israël se conforme au droit humanitaire international fixé par cette Convention. » L'implication étant que les mesures légales qui s'imposent à chacun de ces Etats pourraient prendre deux formes, a commenté M. Scobbie :

« Des Etats pourraient prendre des mesures non-amicales, mais légales, tels la suspension des relations diplomatiques et un boycott sportif et / ou culturel. D'autres mesures, que pourraient prendre certains Etats, consisteraient à appliquer strictement le règlement, au lieu d'accorder à Israël certaines latitudes. Les Etats tiers étaient tenus de ne pas reconnaître ni d'accorder de quelconques privilèges légaux à des colonies dans les territoires occupés. Certains d'entre eux pourraient en tenir compte, par exemple, lors de la signature d'accords préférentiels en matière d'échanges commerciaux avec Israël. Ces accords consistent généralement en des abaissements de taxes douanières. Afin de décider quels biens seraient couverts par des accords de cette nature, la notification de leur lieu de production pourrait être rendue obligatoire. »

« Avec l'affirmation de la CIJ que les Etats tiers sont soumis à l' obligation de coopérer à l'obtention d'un règlement du conflit, le rôle de la société civile devenait essentiellement de faire en sorte que les Etats s 'y conforment et de les empêcher de s'en abstenir », a poursuivi M. Scobbie. Au cours de la dernière journée de conférence, le conseil de la société civile et des ONG a adopté le « Plan d'action 2004 - 2005 pour le soutien au droits des Palestiniens au moyen du droit international et par les Nations unies », une résolution appelant les membres de l'Onu et des organismes internationaux à augmenter leur pression sur Israël afin qu'il mette un terme à son occupation. De fait, la conclusion de l'avis de la CIJ leur donnait virtuellement l'ordre de le faire lorsqu'elle stipulait que « les Nations unies, et en particulier l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité, doivent examiner quelle action future s'impose afin de mettre un terme à la situation illégale résultant de l'édification du mur et du régime qui lui est associé, en prenant en compte le présent Avis Consultatif. » Merci, donc, un grand « Merci ! » à la Cour Internationale de Justice, qui décide, pour la première fois de son histoire, que la Société Civile et les Organisations Non-Gouvernementales sont capables de jouer à tirs tendus et de menacer sérieusement Israël, avec des conséquences qui iront très loin s' il n'obtempérait pas. Le Plan d'Action insiste sur la nécessité qu'il y a à ce que les gouvernements de tous les pays imposent à la lettre les décisions concernant les droits des Palestiniens et qu'il « est de la responsabilité de la communauté internationale d'assurer une protection sérieuse, aux Palestiniens vivant sous occupation israélienne, en particulier aux femmes et aux enfants. » Des sanctions soigneusement ciblées inciteront les gouvernements à imposer des restrictions, incluant les embargos sur les armes, le retrait de privilèges économiques, le boycott de produits manufacturés dans les colonies israéliennes et des restrictions de voyage imposées aux violeurs du droit international. Dans le même temps, les représentants palestiniens ont l'intention de soumettre un projet de résolution sur la barrière de séparation en Cisjordanie à l'Assemblée Générale de l'Onu, qui comporterait, pour la première fois, la menace de sanctions contre Israël s'il ne se conformait pas à la décision émise par la Cour Internationale de Justice de La Haye.

En reprenant les attendus de la Cour, les commentaires du Secrétaire Général Annan lors de la réunion de la 59ème Assemblée Générale n'augurent rien de bon à la continuation du défi américain et israélien face à la légalité internationale. « Ceux qui cherchent à décerner une légitimité à autrui doivent commencer par l'incarner, et ceux qui invoquent le droit international doivent eux-mêmes s'y soumettre », a-t-il dit. « C'est le droit, y compris les résolutions du Conseil de Sécurité, qui offre les meilleurs bases pour la résolution des conflits prolongés - au Moyen-Orient, en Irak et partout dans le monde. Tous les Etats - qu'ils soient forts ou faibles, étendus ou petits - ont absolument besoin d'un cadre de lois équitables pour agir », a conclu M. Annan.

 

Israël a volé notre Terre, notre Pays, nos Vies, la Palestine
par Genevieve Cora Fraser, 17 septembre 2004. Traduit de l'angalis par Marcel Charbonnier pour Quibla
Des paras israéliens
Ont investi
La Société Mère Térésa,
Tirant du lit,
A cinq heures du matin,
Des vieillards fragiles,
Des enfants orphelins,
Des nonnes terrifiées,
Et un vieux prêtre, là,
Arrêté par des chiens
Aboyant, furieux,
Et aussi, par des soldats,
L'arme au poing.
Dans la vieille rue Al-Najah,
Dans le quartier chrétien
De Naplouse,
On a tiré,
Des gens ont été arrêtés.
Reportage, à Naplouse :
La télévision a montré
Un corps sans vie :
Celui d'un enfant. d'une petite fille ;
C'était du sang, qui lui pleuvait
Sur le visage,
Et non des larmes...
Ses peurs avaient été apaisées
Par un sniper de « Tsahal »,
D'une balle
En pleine tête.
Elle gisait là, morte, tandis que des mitrailleuses
Héliportées
Terrorisaient
Les citoyens traumatisés
De la Vieille Ville,
Jonchée de cadavres
De gens exécutés
Dans le plus pur style nazi :
Traces de rangers
Imprimées sur des poitrines ;
Cratères béants
Dans des crânes,
Visés à bout portant,
Pour avoir résisté
Aux diktats
De l'israélienne
Suprématie.

Cauchemar : Encore quatre années, dans une Palestine tabassée par Bush ?
par Genevieve Cora Fraser, 10 septembre 2004. Traduit de l'anglais par MC pour Quibla


Quatre années supplémentaires,
Passées sous des « négociations de paix »
Sponsorisées et
Financées
Par Bush :
C'est la promesse
De bavures de paix
Israéliennes
Supplémentaires :
Roquettes expérimentales,
Gaz, balles explosives.
Palestiniens
Réduits en charpie
Par les fléchettes israéliennes
Des têtes de missiles explosives.
Encore trois fois plus
De cinquantaines de morts
Et de dizaines de milliers de blessés,
S'ajoutant
Aux vingt-huit
Mille
Rendus
Sans abri.
Des fermes
Pilées en poussière,
Dans une existence
De terrain vague,
Plus glauque
Qu'un paysage
Lunaire,
Dans l'attente
D'un voyage de noce
En fusée supersonique
Vers l'autre monde.
Démembrée
En trois tronçons,
Gaza est saucissonnée
Par des troupes massées,
Attendant leur raid,
A l'aube
Au Nord,
Au Sud.
Des écoliers
Attendant l'exécution
De la prochaine atrocité.
Cinq semaines,
Pour s'enregistrer sur les listes
Pour pouvoir voter
Aux élections palestiniennes.
.. Risquent de ne pas suffire,
La Palestine étant fermée
Pour cause
De
Grand Pardon israélien.
Grand Pardon.
..Pour leurs exactions accumulées,
Là,
Au fond de leur conscience,
Et néanmoins incapables
D'entrer dans celle du ministre
Des Affaires étrangères,
Shalom.
(Shalom, il paraît que ça veut dire « paix » ! ? !)
.. Qui promet de débarrasser la Palestine.
(Mais, il ne faut jamais dire : « Adieu ! »)
. De son Président
Et de son Premier ministre,
Avant les élections.
Les jours d'Arafat
Sont comptés :
Avant même
L'extinction
Planifiée
Par Israël
De la Palestine.
Cela peut, hélas, arriver.
S'il y a encore quatre
Années supplémentaires
De pouvoir américain
AIPACO - LIKOUDO - SIONISTE.
Alors :
Faites en sorte
Que cela
NE  SOIT  PAS !

Les prisonniers palestiniens : toujours debout !
par Genevieve Cora Fraser, 29 août 2004.
Menotté, ses os brisés
Visibles, conduit au tribunal
Pour y faire face à un juge israélien
Soutenant les passages à tabac brutaux
Infligés par les gardiens de prison,
Il n'était qu'un
Prisonnier palestinien
De plus,
Un, parmi des milliers vivant la même histoire : son histoire,
Juste une énième histoire ; on lui tirait dessus
Tandis qu'il se tordait, face contre terre
Sur le sol, battu
Jusqu'au sang, la main brisée,
Souffleté de manière répétée
Avec une frénésie sadique
Par des geôliers
Israéliens
Excités par ses hurlements :
Quatre-vingt jours de confinement
Solitaire :
Quatre-vingt jours,
Confiné dans ses idées,
Quatre-vingt jours
Suivis d'interrogatoires,
De l'aube au crépuscule,
Poignets et chevilles
Menottés à la chaise,
Des coups dans la gueule et sur le crâne,
Tandis qu'on secouait
Violemment
La chaise
Et qu'il hurlait de douleur ;
Ou encore, attaché à deux portes
Ouvertes violemment
Pour l'écarteler.
Façon Inquisition
Le supplice médiéval
Du chevalet ne pouvait
Etre plus barbare et cruel
Mais, de plus, ô combien brillamment
Sio-nazi
Dans l'exécution.
Ahmad Daraghméh est là, debout,
Accusé, son mince visage
Et son corps ossu, brisé.
Son « crime » ?
Etre né.
Etre né,
Palestinien,
S'être fait chopper
A résister
Au tourment quotidien
Infligé,
Interminablement,
Par l'oppression israélienne.
Pour Ahmad : jeûne !
Jeûne, pour les Palestiniens
Prisonniers : les enfants,
Les mères, les pères
Tenus captifs par Israël
En vue
D'ultérieures tortures !
Jeûne, en solidarité
Avec les prisonniers !
Ressentez, ne serait-ce
Qu'un jour ou deux,
La faim causée
Dans les cellules des geôles israéliennes
Et l'existence de camp de concentration
A laquelle Israël
Relègue
Le Peuple Natif
De la Terre Sainte :
C'est une existence de Purgatoire,
Juste devant les Portes de l'Enfer
Ouvertes à deux battants
Par les forces israélo-sionistes,
Bien déterminées
A y pousser
Les Palestiniens.

Libérez l'Irak ! Libérez la Palestine ! Libérez New York ! Libérez la parole !
par Genevieve Cora Fraser, 24 août 2004. Traduit de l'anglais par MC pour Quibla

Dans la grande bataille
Pour la grande pelouse
De Central Park,

Une fois encore,

La liberté d'expression
S'efface,
Cédant la place
Aux intérêts du capital
Et aux intérêts politiques,

Dans un monde exempt
De toute voix discordante,
Ne connaissant
Que le consentement des gouvernés,
A coups de décrets
Massifs, officiellement expurgés
De toute pensée et de toute réflexion ;

Monde autorisé par des juges
Voués à un paternalisme
Irrémissible,
Monde rendu possible
Par une vision du monde
Télécommandée à distance :

C'est la zapette du contrôle mental :

Les mass médias,
Aux mains de quelques-uns,
Intiment le silence
Aux voix de la multitude !

Alors :

Libérez l'Irak ! Libérez la Palestine !
Libérez l'Amérique du Nord !
Libérez l'Amérique du Sud !
Libérez l'Asie ! Libérez l'Afrique !
Libérez l'Europe & l'Australie !
Libérez-les de la rapacité des trusts,
Marchant au son des tambours
D'une domination militarisée
Revêtue des oripeaux du patriotisme.

Le pouvoir appartient au Peuple
Du monde

Le Peuple du monde est capable
De se gouverner lui-même.
Mieux : il le veut !

Après avoir examiné
Toutes les alternatives,

Dans la Liberté.

La Palestine découvre qu'Israël a besoin d'une transplantation cardiaque
par Genevieve Cora Fraser, 11 août 2004. Traduit de l'anglais par MC pour Quibla.

La chirurgie cardiaque
L'aurait sauvée.

Elle, cette Palestinienne
A qui fut déniée l'entrée dans le
Pays des Pharaons d'Egypte

Par Israël

Ce pays
De décrets de Mort
Publiés sommairement

Comme s'il était à lui-même un dieu
Au pouvoir auto-adorateur
De détruire

Tout ce qui se trouve à sa portée.

Ils dirent : non !

Alors, elle mourut,

Comme tant de mères palestiniennes
Meurent
Devant les checkpoints
En donnant naissance à une vie
Arabe,
Condamnée à mort

Par la soldatesque sioniste,

Toute arc-boutée à détruire
Tout ce qui n'est pas soi-disant
D'origine juive :

Bâtiments ancestraux ;
Témoins archéologiques de six siècles d'âge
De la survivance arabe
A Hébron,

Bulldozérisés

Jusqu'à l'anéantissement
Pour une route
Vers Kiryat Arba,
Une colonie israélienne illégale.

Nouvelles entrailles
De ferveur messianique juive
Pour l'immobilier

Des quidams
Prophétisant la Grandeur
Tandis qu'ils oblitèrent
La Grandeur d'un passé

Dont ils font semblant
De ne connaître
Que le strict minimum

Rancune implacable

Colonies créées
A seule fin
D'abriter
La rancune brutale
Des nouveaux héritiers
Du royaume,

Tandis que les tanks déchirent
La Palestine, éventrant
Les rues de la Terre Sainte,
Tirant à l'aveugle en visant les
Têtes et les cours des habitants,
Démolissant boutiques et maisons,
Démontrant à toute occasion
Leur incapacité à se gouverner eux-mêmes

Alors, le monde moyen-oriental : laissez-moi rire !

Ils se revendiquent de la semence d'Abraham
Bien qu'ils ne soient pas de sa lignée.

Israël broie les coeurs sémites
Dans un mortier
Avec un pilon
Sculpté dans la pierre sioniste - cette pierre
Dont on connaît la dureté extrême : c'est celle
Qui endurcit le coeur
d'Israël.

Anatomie du complot du racisme israélo-sioniste
30 juin 2004. Traduit de l'anglais par MC pour Quibla.

Le pain est bon marché. Et l'eau
Remplace le thé : régime
D'un Palestinien emprisonné à vie, fourni
Par la politique israélienne
Du bon voisinage,
Qui vous touche jusqu'à
La moelle de vos os apparents :

« Les bonnes barrières
Font les bons voisins ! ».

.. Les bons voisins, ils sont barricadés derrière
Le Mur d'Apartheid,
Qui cimente le marché conclu
Tandis que les colons
Sponsorisés par le gouvernement

Volent

De plus en plus

Du peu
Qui restait de la Palestine.

Les caméras de surveillance, au-dessus
Des fils hérissés de lames de rasoir
Et électrifiés, surveillent
Le mouvement des vies
Arabes, bloquées par les barrages routiers
Et les checkpoints, tandis que les routes
« Israeli only », réservées aux seuls Israéliens
Cernent et confinent
Des Palestiniens
Privés de terre

Doivent-ils vivre
De l'air du temps, à la dérive,
Soutenus par des corps
Pesant de moins en
Moins lourd, tandis qu'Israël
Tue le bétail,
Les abeilles et les arbres fruitiers, bombarde
Les puits avec des gaz lacrymogènes.

Que représente le coût du poison déversé,
Comparé au budget pluriannuel
De 36 milliards de dollars
Alloués à la défense ?.

L'état major
A donné son feu vert
A un plan de travail
Des Forces Israéliennes de Défonce

Unissant les contrôles et les commandements
Tant aérien, maritime que terrestre

Afin d'attaquer les Palestiniens,
Lesquels, avec des bâtons,
Des pierres et des bombes
Fabrication « maison », créent

Un Mouvement de Résistance
Qui se dresse contre
Les M-113 et les APC israéliens,
Les véhicules de patrouille
Blindés « Dingo »,
Les avions à réaction, les tanks,
Les bulldozers, les balles
Achètent la mort - la mort.

.. La mort. pour la Palestine !.

Communiqué :

La nouvelle doctrine
Opérationnelle
Des Forces Israéliennes de Défons
Correspond
Aux besoins
Face à la Terreur


Quant à l'alimentation.
Les mères ayant moins de lait,
A cause de la faim,
Les mères palestiniennes.
.. Bercent des bébés affamés

L'argent est de plus en plus rare
Dans une économie palestinienne
Sinistrée :
Pas de travail. Pas d'emplois.

Aucune parcelle agricole
Aussi petite et chiche soit-elle
N'est dédaignée par les paysans
Arabes, qui cherchent à être
Autosuffisants, tandis qu'Israël
Tire

Des missiles téléguidés à plusieurs millions de dollars pièce,

Depuis des hélicoptères mitrailleurs Apache,

Sur la foule
Les écoles, les maisons

Sans oublier les médias,
Afin d'étouffer les Voix de la Palestine
Qui appellent au secours. Affamés
Assaillis, dépouillés
Encore et encore et encore
Par des colons et des politiciens
Israéliens qui complotent

Afin d'éviter d'avoir à se plier

Au droit humanitaire
International.

Près de six décades
De racisme et d'agression
Sionistes
Sont en train de créer
Un Holocauste
Palestinien.

Cet Holocauste palestinien
Scellera
Le sort des juifs
Dans le monde entier,
A tout jamais
Condamnés.

A moins.

A moins que des voix juives
Criant
« Pas en notre nom »

Se fassent entendre ?

Madonne palestinienne dans un flot de blancheur immaculée
par Genevieve Cora Fraser, 26 juin 2004. Traduit de l'anglais par MC pour Quibla

Une Madonne palestinienne
Dans son manteau immaculé
A rencontré la force brutale
De la terreur israélienne d'Etat
Ce soir, dans le sanctuaire
De sa maison. Les soldat
Ont pointé leurs fusils d'assaut et tout fouillé.

Troupes de rangers boueux
Piétinant le carrelage arabe immaculé

Un bébé dans les bras
Un autre se cachant dans sa robe
Elle leur tint tête, fièrement.

Elle a tenu bon
Tandis qu'ils cherchaient, tout autour

Et se planquaient en embuscade
Pour son mari épuisé
Qui avait quitté son travail à quatre heures du matin
Afin de faire la queue
Devant le checkpoint.
Où attendent des gens fatigués, affamés
Ne pouvant plus attendre une consultation à l'hôpital

Des tanks avaient rôdé
Les snipers tirant sur les gamins
Qui jetaient des pierres

Un médecin considéré
Criminel
Pour avoir traité ses patients
Comme des êtres humains méritant
Ses soins

Un collègue
Avait été descendu
Tandis qu'il tentait
D'aller auprès d'un homme très malade
Nécessitant une opération d'urgence
Et qu'on contraignait à une attente mortelle.

Il avait fait de grands gestes et dit :
Je vous en supplie, il faut que j'aille auprès de mon patient
Voyez : il souffre d'une attaque cardiaque.

Ce docteur
N'est plus un chirurgien : touché aux épaules
Il est tombé à terre et ses mains sont brisées
Depuis qu'ils l'ont retourné à coups de pied

Parce qu'il avait osé défier
La Colère Toute-Puissante
D'un blanc-bec israélien
De vingt et un ans
Chargé d'imposer l'attente
Mandaté pour retarder
Les entrées et les sorties
Et imposer la soumission
En tous domaines
A la Volonté Israélienne

Est requise la punition
Pour impatience
Punition corporelle
Probable incarcération
Voire la mort. Le docteur
Est dehors. Son épouse attend
Se demandant.

Tandis que les soldats
Louchent sur sa beauté Sémitique
Drapée de blanc, elle frémit

Et elle d'être délivrée
De ses ennemis.

Les Israéliens tuent, afin de prouver
Leur Droit à Tuer

Ils violent, afin d'humilier
Son époux
A l'hôpital

Elle leur dit
Qu'ils attendront :

Qu'a-t-il fait
Qui mérite
Cette incursion non provoquée ?

Il a traité
Tout le monde avec respect
Il n'a jamais porté un fusil
Il n'a jamais fait de mal.

Une clé bruit,
Insérée dans la serrure
Puis elle est retirée,
Tandis que les soldats
Arment leurs fusils

Elle hurle

Elle ne voit que du rouge.

[* Ce poème a été inspiré par des photos, des articles, des conversations avec des Palestiniens, ainsi que le récit d'un membre du Comité de Service des Amis Américains, qui a passé un certain temps, en Palestine, aux côtés d 'un homme qui ne peut plus pratiquer la chirurgie. Il est dédié aux nobles citoyens de la ville de Naplouse, dont l'antique cité est dévastée et les existences détruites par le terrorisme d'Etat israélien, là encore.]

Une violente tempête israélienne frappe la Palestine

24.06.2004
Traduit de l'anglais par MC pour Quibla

Un vent mauvais a soufflé
Depuis Washington
Jusqu'à Tel Aviv, aujourd'hui

Abattant
Les lignes électriques
Sur les droits Au Retour
Droits pourtant universels
Mais bafoués.


La loi De Lay,
Tournoyant
Telle un effet
Larsen, est passée :

La Chambre
A reconnu
Le droit des juifs
A « retourner »
Dans un endroit
Où jamais
Ils n'avaient vécu, laissant
En revanche
Les natifs du lieu,
Les Palestiniens,

Chassés au loin,
Eparpillés autour
Des barrages routiers,
Sur la Feuille de route,
Contre le Mur,
Coincés dans les gravats
D'une existence
Concentrationnaire,
Ravagée
Par les troupes israéliennes
Dont les incursions éclair
Ont chassé devant elles des petites filles
Aux pieds nus et en pyjama,
A Naplouse,
Vers l'internement,
Les tortures et le viol

Des pères de famille, descendus,
Par des snipers, des gamins
Fauchés par les rafales
De mitraillette, les mères en cortège funèbre
Clouées sur place

Des jets
Fabriqués et payés par l'Amérique
Et des hélicoptères
Bardés de mitrailleuses déchirent
Et noircissent
Les cieux
Palestiniens
Pacifiques,

Des coups de tonnerre
Explosent et rugissent

Tandis que la foudre
D'une vengeance expéditive

Frappe ce Peuple

Et ce Pays

Dont les sionistes
Dénient jusqu'à l'existence,

Et que les Américains
Sont dressés
Par les écrans de fumée
Des médias juifs
A ignorer.

La Palestine n’a pas de partenaire de paix, car Israël liquide son Etat providence
23/06/04

A la recherche
D’une paix durable,
La Palestine n’a pas
D’endroit où aller…

Sauf à se replier plus profondément
Encore. Vers son intérieur, toujours plus
Ecrasée
Par le lacet
Resserré
Autour de son cou.

Le mur d’apartheid
Et de haine
Enserrant
La Palestine, tronçon
Après tronçon.

Par « Paix »,
Entendre le tronçon
Sur lequel Israël jamais n’aura
Nulle obligation de négocier.

Des juifs jetables,
En abondance,
Ont été acheminés par bateau
Sur les rives israéliennes.

Binyamin,
Dont on ne sait jamais jusqu’où il ira trop loin,
Jette à la poubelle la Sécu
Du peuple d’Israël,
Afin d’en soulager
Le dos de l’économie
D’Israël.

Moins d’impôts,
Pour les riches ;
Moins d’allocs,
Pour les pauvres.

Pour eux, aussi,
Les emplois
Naguère réservés
Au travail bon marché
Des Palestiniens
Aujourd’hui affamés
Et agressés,
Concentrés
Dans des camps,
Derrière
Les murs de la prison
D’apartheid.

L’étoile d’Israël
Est harnachée
A l’Entreprise Privée
De Netanyahu,
Gérée
Par la machine de terreur
Des Forces Israéliennes de Défonce
Qui instiguent un approvisionnement stable
De candidats
Au martyre, accumulant
La peur de la population
Qui soutient
Les sionistes extrémistes,
Lesquels empêchent la paix
En assassinant leur Etat partenaire,

Tandis qu’on aplanit la Palestine
Au bulldozer,
Pour en faire
Une colonie israélienne
Géante.

Villas de « rêve »…

« Criminels »
Palestiniens,
Tous,
Emprisonnés
Pour une vie
D’enfer.

Tandis qu’un Américain
Qui a acheté son Pouvoir,
Soutenu par
Un Quarteron
De béni oui-oui
Ehontés

Aide Israël à soulever ses godillots
Toujours et toujours plus haut,
Afin qu’ils aient assez d’élan
Pour s’écraser
Toujours plus violemment
Sur la tête baissée
D’Arafat humilié.

C’est à la Palestine qu’il faut demander si Israël est antisémite
16 juin 2004.Ttraduit de l’anglais par MC pour Quibla

Israël est un Etat
Terroriste, géré par un gouvernement
Terroriste.

Avec la liberté
Et la justice, pour les seuls juifs
D’origine nord-européenne,

Experts
En technologies de la torture et
Jouissant du soutien quasi unanime
D’un peuple
Terrorisé et persuadé
Qu’aujourd’hui est peut-être
Son jour dernier,
Si les Palestiniens en décident ainsi

Israël a été créé
Pour massacrer la Palestine,
Pour réduire en ruines
La Terra Sancta,
Cette Terre Sacrée, pour un monde
Attaché, tel un enfant,
A l’amour d’une mère.

Des prairies
De gentils pasteurs
Des villes arabes
Pleines de charme et de grâce
Veillaient, depuis toujours,

Sur des sanctuaires
Des sépulcres
Des ruines antiques
Des Mosquées, des Temples,

Lieux où vécurent
Des saints et des prophètes,
Des martyrs immortalisés.

Des églises chrétiennes
S’élèvent, en Hommage
A la naissance
Du Christ.

C’est en Palestine
Qu’Il a été crucifié
Qu’Il est mort et qu’Il a été inhumé

Comme les Palestiniens sont, de nos jours
Quotidiennement crucifiés,
Abattus
Chez eux,
Dans les commerces et dans les rues.

La foi bulldozérisée
En la puissance d’Israël
Imbibe chaque seconde
De l’existence des Israéliens

Châtiant
L’existence
Des Sémites
Parmi eux :
Les Arabes israéliens,
Citoyens de troisième classe,
Indésirables sur le territoire
De la domination
Ashkénaze,
Suprématiste,
Des Blancs
Qui – eux – sont « Libres »

Et attendent le
Moment Opportun pour chasser
Les Bédouins
De leur Province
Honorée, depuis des Temps immémoriaux.

Ces gens « libres » - là ne sont pas de paisibles bergers.

Non : ce sont des cow-boys
Agressifs.

Ils poussent devant eux des troupeaux
De Sémites, en Palestine,
Et, bientôt - « it’s coming »,
En Israël,

Vers des pacages, des réserves et éventuellement
La famine et la déshydratation.
Boucherie
Expérimentale
Et conventionnelle,
A coup de maladies.

Tandis que le monde
Retient son souffle collectif
Dans l’attente
Que la Palestine
Rende son
Dernier
Souffle.

Avant
De remuer
Ne serait-ce
Que le petit doigt.

Le vol massif de la Palestine par Israël, réexaminé, mais encore irrésolu
par Genevieve Cora Fraser, juin 2004

Une note de lecture sur le livre « Records of Dispossession - Palestinian Refugee Property and the Arab-Israeli Conflict », de Michael R. Fischbach

Quarante ans après les événements qui aboutirent en 1948 à la création d'Israël, Henry Cattan, un juriste palestinien de Jérusalem Ouest, a décrit la dépossession du peuple palestinien de ses biens ­ un des plus grands vols de masse dans l'histoire de la Palestine. Si l'on veut avoir un jour des accords définitifs entre Israël et la Palestine et une solution du problème des réfugiés, au moins partielle, au moyen de compensations financières, alors l' ouvrage de Michael R. Fischbachs ­ Records of Dispossession ­ Palestinian Refugee Property and Arab-Israeli Conflict [Inventaire de la dépossession ­ Les biens des réfugiés palestiniens et le conflit arabo-israélien] ­ publié en 2003 par Columbia University Press est un ouvrage indispensable aux négociateurs et aux autres personnes concernées, ainsi qu'à tous ceux qui s'intéressent à l' histoire de la Palestine et d'Israël. M. Fischbach, professeur associé d'histoire au Randolph ­ Macon College, en Virginie, parle couramment l'arabe ; il est une autorité reconnue dans le domaine de l'histoire socio-économique du monde arabe. Dans son ouvrage, il détaille non seulement des estimations déjà publiées et étudiées, mais aussi des statistiques inédites, de l'ampleur et de la valeur des biens des réfugiés. Ses estimations sont fondées sur un examen méticuleux de ce que le sociologue palestinien Salim Tamari présente comme la mémoire collective de l' exil du peuple palestinien et qui en représente véritablement les archives. Ces archives furent, au début, dispersées dans le monde entier. Elles étaient tenus sous clé par les Nations unies, et préservées sous une forme fragmentaire dans des boîtes d'archives et dans des classeurs métalliques, voire abritées dans des entrepôts poussiéreux en Grande-Bretagne, en Palestine, en Israël, et un peu partout dans le monde arabe. Mais « Inventaire de la dépossession » est plus qu'un témoignage d'auteur sur les pertes en biens subies par des Arabes palestiniens, et aussi, il ne faut pas l'oublier, par des juifs palestiniens. L' ouvrage relate de quelle manière la fuite tragique des réfugiés avait é té programmée en fonction de stratégies soigneusement mises au point, et de politiques israéliennes en matière de biens abandonnés conçues de manière à priver définitivement les Palestiniens de leurs biens, tout en apaisant les critiques internationales, en attendant que se solidifie la souveraineté de l'Etat (sioniste) émergeant. Et, tandis que les Nations unies tentaient de faire quelque chose afin de régler la question des biens des réfugiés, le calvaire des Palestiniens ne tarda pas à se muer en la contradiction toujours croissante et irrésolue entre un Etat d'Israël paranoïde, très bien armé et agressif, et ses voisins arabes, drapés dans leur dignité, mais sourdement hostiles. La superficie exacte des terres abandonnées derrière eux par les réfugiés a fait l'objet de nombreuses études ­ contradictoires ­ au fil des années, depuis 1948, reconnaît M. Fischbach. La genèse du problème des biens des réfugiés naquit en 1948, au cours de la première guerre arabo-israélienne, durant laquelle la moitié des habitants arabes de la Palestine s'enfuirent ou furent tirés de leurs maisons par les forces sionistes. Croyant qu'ils seraient en mesure de retourner chez eux sous peu, beaucoup de Palestiniens partirent sans rien, mis à part les effets qu'ils pouvaient eux-mêmes porter. Le Professeur Fischbach identifie trois groupes socio-économiques et trois vagues distinctes de Palestiniens qui abandonnèrent leur maisons, tandis que la violence réciproque, les atrocités dont furent victimes les populations civiles et la peur s'intensifiaient. Beaucoup des Palestiniens résidant dans les villes étaient très aisés. Ils ont abandonné derrière eux non seulement de luxueuses maisons garnies de meubles de prix et d'autres équipements, mais aussi des boutiques, des entrepôts, des usines, des machines et autres fonds de commerce. Ceci, en plus de dépôts bancaires, tels les comptes et des biens précieux, bijoux, or, ou obligations, déposés dans les coffres des banques. D'autres durent abandonner de vaste orangeraies. Ce ne sont pas seulement des terres et des arbres fruitiers et des oliviers qui furent temporairement laissés à eux-mêmes, ce furent des tuyaux d'irrigation, des pompes à eau, et d'autres biens essentiels présents sur ces terres. Aucun, parmi ces Palestiniens, n'eut le sentiment que son départ était autre chose qu'un éloignement temporaire d'une zone de combats. Cependant, tous les Palestiniens fortunés n'acceptèrent pas leur sort. Un homme d'affaires de Haïfa, dans la détresse, qui avait dû abandonner sa maison et son entreprise, pour finir par se retrouver dans un camp de réfugié de la vallée du Jourdain, près de Jéricho, emmena ses deux fils derrière la tente familiale, un jour de novembre 1948 : il les tua d'une balle, puis il retourna son fusil pour lui-même en finir. La Hagana, milice officielle du mouvement sioniste en Palestine, attaqua stratégiquement des villages qui lui semblaient représenter une menace pour les colonies juives et les lignes de ravitaillement, et les forces arabes répliquèrent du tac au tac, contre les colonies juives. Mais, avec l'offensive généralisée des sionistes, au printemps 1948, les villageois palestiniens durent prendre la fuite, laissant derrière eux leurs maisons, leurs fermes, leur cheptel et leur équipement agricole, ainsi que leurs effets personnels. Ne possédant généralement pas de compte en banque, à la différence de leurs concitoyens habitant des villes, certains d'entre eux enterrèrent de l'argent dans le sol, afin de le cacher, en lieu sûr. Ils n'imaginaient évidemment pas qu'ils ne reviendraient jamaisŠ Lorsque l'armistice fut signé, en 1949, ce sont, au total, quelque 726 000 réfugiés palestiniens qui avaient fui vers le Liban, la Syrie, la Jordanie, la Cisjordanie et la bande de Gaza, ainsi que vers l' Egypte, ou encore l'Irak et au-delà, indique Fischbach. Les citadins palestiniens des classes moyenne et aisée s'installèrent chez des parents ou louèrent de nouvelles résidences. Les pauvres se retrouvèrent relégués dans les camps de réfugiés. La guerre entraîna également l'exode de quelque 30 000 Syriens, Libanais, Egyptiens, Jordanien ou Irakiens : des Arabes qui vivaient à l' é poque en Palestine. Au total, ces personnes ont abandonné derrière d'innombrables biens mobiliers et immobiliers, dont l'ampleur et la valeur ne pouvaient être prouvée, ni au moyen de testaments, ni au moyen d'un quelconque autre document. Les autorités mandataires britanniques n'ont jamais procédé à l' inventaire exhaustif des terres des Palestiniens, et les registres cadastraux existants furent dispersés ou détruits en raison des combats. Il en résulta que la définition territoriale d'un village donné variait, depuis lors, d'une source à l'autre. Toutes les localités d'où provenaient les réfugiés n'ont pas été reconnues officiellement comme des villages par les autorités mandataires, qui ne retinrent aucune information à leur sujet, et ne les firent figurer sur aucun relevé topographique. Bien que les estimations de villages détruits varient, la plus basse étant celle reconnue par Israël, et s'établissant à 360 villages, une étude menée par Bashir Nejm et Bishara Muammar indique que l'étendue des destructions de villages recouvre Israël (en partie), la Cisjordanie et la bande de Gaza. Leur estimation fait état de 427 villages palestiniens détruits, deux autres villages étant restés à ce jour indéterminés. « Inventaire de la dépossession » examine également les chiffres publics relatifs à ce qui est qualifié, par euphémisme, de « transfert » des Palestiniens vers l'extérieur. Yosef Weitz, du Fonds National Juif, était l'un des sionistes les plus éminents, en Palestine, en 1948. Il adhérait à la mission sioniste consistant à é difier l'Etat sioniste dounom après dounom. Il nota : « Il devrait ê tre très clair, pour nous tous, qu'il n'y a pas en Palestine assez d'espace pour les deux peuples. Sans les Arabes, la terre sera immense et spacieuse, pour nous. Avec eux, la terre restera insuffisante et surpeuplée ». Les combats de 1948 fournirent à la fois une opportunité pour le transfert (des Palestiniens) et une occasion en or pour empêcher le retour de réfugiés qui représenteraient à la fois une menace militaire et une menace démographique. Défendant la politique sioniste, Chaim Weizmann, le premier président d'Israël, demanda, tout de go, au premier ambassadeur américain dans ce pays : « Qu'a fa