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"Miracle à la Scala" : un film néoréaliste met en scène des musiciens roms à Milan


Intitulé "Miracle à la Scala", en référence directe au film de Vittorio de Sica "Miracle à Milan", ce fim de 81 minutes produit par le centre expérimental cinématographique "Cesare Zavattini" raconte l'histoire d'une petite musicienne rom (tzigane) qui rêve de devenir ballerine. Elle sera "adoptée" par une enseignante de ballet du Théâtre de la Scala. La première italienne de ce film aura lieu le vendredi 18 novembre à 19 heures au cercle ARCI "Lato B", place du XXIV Mai (porta Ticinese), juste à l'endroit où fut donné le premier coup de manivelle du film de Visconti "Rocco et ses frères". Après la projection, bal avec Marian Badeanu et son orchestre rom. Exposition de photos de Filippo Podestà sur le nouvau Milan multiethnique. Ensuite animation jusque tard dans la nuit avec des DJ balkaniques. Organisé par les associations Todo Cambia et la Freccia.
Info : todo.cambia@libero.it

 

Comprendre le Proche-Orient : une nécessité pour la République, sous la direction de Frédéric Encel & Eric Keslassy,

 

Editions Bréal, http://www.editions-breal.fr, octobre 2005, 347 pages, 21 Euros


Les contributeurs :
Frédéric Encel, Pierre-André Taguieff, Georges Bensoussan, Ilan Greilsammer,
Khattar Abou Diab, Daniel Dayan, Dominique Schnapper, Malek Boutih,
Jacqueline Costa-Lascoux, Alexis Rosenbaum, Barbara Lefebvre, Fadela Amara,
Antoine Sfer

 

Mon impression sur ce livre


par Mouloud Fahham, 14 novembre 2005
Il s'agit d'un catéchisme sioniste, qui risque fort, si nous n'y prenons
garde, d'être enseigné dans les écoles, collèges, lycées et facultés de
France et de Navarre ! ! !
En effet, la redoutable Barbara Lefebvre, que j'ai entendue bavasser
dimanche dernier sur France-Culture (émission religieuse juive), est une
redoutable maïeuticienne, qui veut absolument imposer une vision sioniste de
l'histoire aux profs d'histoire.
Quelques citations (diffamatoires pour certaines, impayables pour la
plupart)
pp. 44-45, note 5 : On retrouve à l'extrême gauche et chez les Verts les
postures les plus antisionistes. Toutefois, s'agissant de cette formation
politique, il convient de noter que son collège exécutif a récemment
suspendu (le 18 mai 2005) l'une de ses membres actives, Ginette Skandrani,
une antisioniste fanatique. Par ailleurs, des élues Vertes telles qu'Anne Le
Strat ou Aurélie Filipetti ont toujours exprimé une grande pondération face
au conflit israélo-palestinien et une authentique sympathie vis-à-vis de l'
idéal sioniste. Sur les dérives de ce que le journaliste Luc Rosenzweig
appelle la Propalestine, lire sa Lettre à mes amis propalestiniens, La
Martinière, 2005
p. 46, note 8 : L'humoriste Dieudonné et le journaliste Alain Ménargues n'
appartiennent ni à l'extrême droite ni à l'extrême gauche ; ils
entretiennent pourtant des délires paranoïaques, respectivement, sur Israël
et le sionisme, et sur les juifs de manière générale.
p. 64, note 12 : Les créateurs de la liste Euro-Palestine, concourant pour
les élections européennes de 2004, ont sans nul doute pris une écrasante
responsabilité dans l'exaspération communautariste et antisioniste de
nombreux jeunes d'origine maghrébine.
pp. 75-76 : (.) Un secret d'Etat, le plus secret des projets secrets de l'
Etat d'Israël, dont le faux « manifeste (judéo-nazi) d'Ariel Sharon », paru
en avril 2002, est présenté par les faussaires comme le dévoilement. Ce
faux, fabriqué par le marxiste négationniste tunisien Monder Sfar, est
coédité par cinq organisations politiques, dont le Parti des musulmans de
France (dirigé par Mohamed Latrèche), le Parti de la France plurielle, La
Pierre et l'Olivier (créée en 1989 et présidée par Ginette Skandrani,
ex-militante des Verts, membre d'honneur du FPLP de Georges Habache, et
aujourd'hui proche de Dieudonné), le Collectif de la communauté tunisienne
en Europe (présidé par Monder Sfar) 21. [Pierre-André Taguieff. Note 21 :
Voir mon livre Prêcheurs de haine, pp. 116-119].
p. 197 [Malek Boutih] : Il faut se souvenir que deux millions de lettres de
dénonciation ont été envoyées sous l'Occupation au 101, rue Henri-Martin !
Il n'y eut jamais de dénazification en France du fait de l'alliance entre
gaullistes et communistes durant l'après-guerre.
p. 286 : LE CLOU ! ! [Fadela Amara, de l'association Putes et Soumises,
raconte son voyage en Israël / Palestine.] : Les visages se ferment, l'
angoisse de tous les passagers en partance est perceptible. Toutefois, tout
se passe sans encombre, et nous embarquons dans l'avion direction Jérusalem.
OUI : vous avez bien lu ! Cette dinde croit qu'elle s'embarque pour
Jérusalem ! ! !
p. 289 [Fadela Amara, toujours, hélas !] : Une grande émotion s'abat sur moi
à mon arrivée sur la place du mur des Lamentations.
Si cette dinde savait que le parvis du « Mur » a été dégagé à grands coups
de bulldozer, afin de détruire le quartier historique des Maghâribah - les
MAGHREBINS, peut-être son émotion aurait-elle été d'autant plus intense ? !
?
p. 290 [Le mensonge n'étouffe pas Fadela.] : Je regarde encore une fois et
mes yeux se fixent sur le dôme de la mosquée Al-Aqsa, avant de regagner le
véhicule [tout le monde voit surtout le dôme de la mosquée d'Omar, plaqué
or, mais elle, elle voit le dôme d'Al-Aqsa, beaucoup plus modeste et
argenté. Bon ?.]
Nous nous y rendons justement. Là encore, les contrôles se succèdent, mon
émotion est grande. A l'entrée de l'Esplanade des mosquées, il me faut
réciter un verset du Coran, condition sine qua non pour que je pénètre dans
ce superbe édifice religieux. Visiblement, je ne leur parais pas couleur
musulmane. Les préjugés, encore et toujours, mais je préfère en rire.
[L'esplanade des mosquées : un édifice religieux ? ! ? Je passe sur l'
invention totale du passage souligné par moi.]
Mais je laisse la phrase de conclusion à l'inénarrable Fadela Amara, qui
conclut sa contribution ainsi :
« Pour ma part, ici et là-bas, je continuerai à dire et à me révolter.
Aussi, je l'affirme haut et fort, la Palestine est dans mon cour, mais
Israël est dans ma conscience. »
J'espère que sa conscience élastique lui permettra de suivre les
développements de l'entité sioniste expansionniste ! ! !

 

Le Procès de Kafka, remis au goût du jour, à Montréal le 19 novembre


Le Teesri Duniya Theater, en collaboration avec la Coalition Justice pour Adil Charkaoui, est fier de présenter
PROCÈS, Lecture de l'oeuvre « Le procès » de Kafka, mise en parallèle avec l'expérience vécue par les cinq hommes détenus au Canada en vertu de certificats de sécurité.
Samedi le 19 novembre à 20h - ouverture des portes à 19h - au Théâtre F.C.Smith (7141, Sherbrooke O.) (Autobus 105 de la station de métro Vendôme)
* AVEC Anita Rau Badami, Diana Fajrajsl, David Fennario, Carmen Ferlan, Ehab Lotayef, Jacques Lussier, Lisa Ndejuru, Jaggi Singh, Marthe Turgeon et ...
Adil Charkaoui.
* ET l'artiste iraquien hip-hop Narcy du groupe Euphrates
* Sous la direction de Lib Spry
Bilingue avec traduction. Prix suggéré de 20$ (contribution selon vos moyens) billets d'avance : tél. 514 859 9023. Les bénéfices seront versés à la Coalition Justice pour Adil Charkaoui
Basé sur une adaptation de l'écrivain et militant pour la justice sociale Matthew Behrens et de la dramaturge et metteure en scène Laurel Smith, " Le Procès " tisse les histoires de cinq hommes pris au piège des certificats de sécurité, à la riche étoffe que constitue l'exploration de Kafka de la nature du pouvoir bureaucratique. Le résultat est une puissante et émouvante critique de la loi antiterroriste du Canada, à partir de la perspective de cinq immigrants, dont le Montréalais Adil Charkaoui, qui s'est un jour retrouvé dans le monde kafkaïen de la guerre au terrorisme.
L'opposition populaire au processus des certificats de sécurité, lancée par les familles des détenus, a fait de cette question un problème qui ne peut plus être ignoré de l'opinion publique, des médias et des autorités canadiennes. Le mouvement d'opposition s'attaque au c¦ur même de cette politique de la peur qui a fait basculer le contexte politique en Amérique du Nord dans une situation souvent comparée à l'Allemagne d'avant la guerre ou à la période McCarthy. Parmi les victoires au cours de la dernière année on peut compter l'inclusion des certificats de sécurité dans une révision parlementaire, la libération d'Adil Charkaoui, la condamnation de la législation canadienne par le Comité de l'ONU contre la torture, ainsi que l'acceptation de la Cour suprême d'entendre la contestation constitutionnelle du processus des certificats de sécurité.
Pendant ce temps, les cinq hommes et leurs familles vivent toujours sous la menace de la déportation ; quatre d'entre eux demeurent dans l'enfer de la détention indéfinie. Parmi eux, Hassan Almrei et Mohammad Mahjoub viennent tout juste de mettre fin à une grève de la faim de 72 et 79 jours respectivement, afin de protester contre leurs conditions de détention.
Charkaoui, père de deux enfants, est arrivé au Canada en 1995 avec sa mère, son père et sa s¦ur. Il vit sous le coup d'une assignation à résidence humiliante, qui étouffe à liberté de toute la famille.
" Procès " raconte leurs histoires, avec pour toile de fond l'un des plus brillants chef-d'oeuvres du 20e siècle.

Les dramaturges
* Laurel Smith est une dramaturge basée à Toronto et est directrice et productrice artistique du Burning Passions Theater, une compagnie qui a pour mandat de raconter les histoires des femmes et des jeunes. Sa plus récente pièce, " The Crush of Beauty ", est actuellement en production au Burning Passions Theater en vue d'être présentée en 2006. Un autre de ses projets est une adaptation de la création de Kenneth Grahame," The Reluctant Dragon ", sur laquelle travaille la troupe renommée de théâtre pour jeunes Caroussel Players, et inspirée par la vie d'une des cinq victimes des certificats de sécurité, Hassan Almrei. Laurel est membre fondatrice de Homes not Bombs.
* Matthew Behrens est un militant pour la justice sociale et un écrivain de Toronto, ainsi que l'un des fondateurs de la Campaign to Stop Secret Trials, de Homes not Bombs et de Toronto Action for Social Change. Les écrits de Matthew sur les questions de justice sociale, et plus récemment sur les cinq victimes des certificats de sécurité, sont parus dans diverses publications et sont diffusés partout dans le monde. Son engagement se traduit à la fois par la résistance non-violente et par l'introduction des racines de la musique traditionnelle country dans la dialectique progressiste.

La directrice
* Lib Spry travaille dans le milieu théâtral depuis plus de trente ans comme directrice, écrivaine, professeur, artiste et traductrice. Elle se spécialise dans le théâtre populaire, le théâtre jeunesse et le théâtre physique. Son travail l'a amené à voyager en Angleterre, en France, au Canada et aux États-Unis. Elle agit actuellement comme directrice littéraire du Teesri Duniya Theater.

Interprétée par :
* Anita Rau Badami est l'auteure de deux romans : Tamarind Mem, et The Hero's Walk. Un troisième, Indra's Net, est prévu pour 2006. Ses romans ont été publiés et acclamés par la critique dans plus d'une douzaine de pays autour du monde et se sont mérités de nombreux prix, incluant le Commonwealth Writers Prize (Canada & Caribbean), le Marian Engel Award, le Premio Berto Award et le prix Premio Città di' Gaeti.
* Adil Charkaoui, père de deux enfants et étudiant à l'Université de Montréal, est arrivé au Canada en 1995 avec sa mère, son père et sa s¦ur. Il a passé deux ans de son " séjour " au Canada en prison, sans accusation, sous l'étiquette effrayante de " présumé terroriste ". Lui et sa famille continuent de vivre sous la menace constante de sa déportation vers la torture ; leur liberté est sévèrement réduite par des conditions qui le forcent à porter un bracelet GPS, lui imposent un couvre-feu, ne lui permettent pas de quitter sa maison sans être accompagné de son père ou de sa mère et permettent, en revanche, l'accès à sa maison 24 heures sur 24 sans la présentation d'un mandat.
* Diana Fajrasl est une directrice de théâtre, comédienne et enseignante ambulante basée à Montréal. Elle a récemment dirigée la première mondiale de la pièce de Carolyn Guillet, " 17 [Anonymous] Women ", pour le Infinitheatre ici à Montréal. Elle a joué dans plusieurs théâtres de Vancouver à Corner Brook, et a enseigné aux universités McGill, Concordia et Bishop, ainsi qu'à l'École nationale de théâtre du Canada.
* David Fennario est un dramaturge, artiste et militant de Montréal. Il est membre de l'Union des forces progressistes et de Socialisme International.
Plus récente création théâtrale: une pièce intitulée " Condoville " joué au Théâtre Centaur, qui traite des attaques du gouvernement contre les subventions aux coopératives d'habitation et des luttes contre la gentrification. Plus récente action politique : Porte-parole et participant à une manifestation contre la construction d'un énorme complexe touristique et d'un casino, dans le quartier Pointe St-Charles. " Le théâtre est plus qu 'une simple réflexion de la vie dans un miroir, il peut être utilisé pour changer notre façon de vivre " - Brecht
* Carmen Ferlan est comédienne et chanteuse. Elle s'est fait remarquée dans la production de "Demain Matin Montréal m'attend" puis dans le drame musical "Jeanne La Pucelle", deux succès québécois. Son expérience la plus récente fut son séjour de trois ans au sein d'une co-production Allemagne-Québec-Cirque du Soleil où elle tenait les rennes d'un Cabaret-variétés à titre de "meneuse de piste". De retour au Québec elle aura déjà participé à de nouvelles séries, "Simonne et Chartrand" et "Les Bougon". Elle est actuellement la présidente des Artistes pour la paix.
* Jacques Lussier
* Lisa Ndejuru
* Jaggi Singh, malgré des conditions imposées par Cour lui interdisant d'utiliser un mégaphone et d'amplifier sa voix de quelconque façon, demeure une voix puissante pour la justice au Canada. Même s'il lui a un jour été interdit par une décision de la Cour " d'être un leader ", Singh a aidé à motiver, à fournir une cadre intellectuel et à organiser des mouvements populaire de résistance à Montréal. Plus récemment, il a participé à la marche d'une semaine de Solidarité sans frontière de Montréal à Ottawa, afin d'exiger des droits pour les sans statut et de demander l'abolition des certificats de sécurité.
* Marthe Turgeon, Maintenant joue un rôle dans la série Vice Caché, sur le réseau T.V.A. Un nouveau personnage qui fait son apparition lors des prochaines diffusion de la série.

Musique et poésie de :
* Yassin (alias Narcy) Alsalman est étudiant à la maîtrise en communications et rédige actuellement sa thèse sur le hip-hop et les luttes sociales : "
Highly Intellectualized Persons Hovering Over Politics ". Également connu sous le pseudonyme de Narcy, du trio hip-hop iraquien Euphrates, Yassin est plus connu pour ses paroles et performances un peu partout autour de Montréal. Les deux projets de Euphrates " Stereotypes Incorporated " et " A Bend in the River " ont servi à documenter - à travers les rythmes de SandHiLL et les paroles de Narcy alias Jamal Abdul Narcel - les injustices et les représentations stéréotypées dont sont victimes Arabes et Musulmans dans les médias. En tournée pour l'album " Stereotypes Incorporated ", vous pouvez voir en Narcy en concert de Montréal à l'Europe !
* Ehab Lotayef est poète, dramaturge et militant pour la justice sociale qui vit à Montréal. Au cours des dernières années, il a voyagé à la fois en Palestine et en Irak, documentant ses expériences afin de contribuer à la compréhension et d'inciter à l'engagement face à la situation de ces deux pays. Sa création théâtrale radiophonique " Crossing Gibraltar " a été produite par CBC Radio et diffusée plus tôt cette année.

PLUS D'INFO : tél. 514 859 9023 Coalition Justice pour Adil Charkaoui justiceforadil@riseup.net tél. 514 859-9023 www.adilinfo.org
Teesri Dunya Theatre tduniya@aei.ca tél. 514 848-0238 www.teesriduniyatheatre.com
Parrainé par CKUT Radio 90.3 FM

 


 

 

"La Fragile Armada", un documentaire de Joani Hocquenghem et Jacques Kebadian sur les zapatistes mexicains, en salles à partir du 16 novembre


"La Fragile Armada", un documentaire de Joani Hocquenghem et Jacques Kebadian filmé en février et mars 2001 au Mexique, de l'intérieur de la Marche de la dignité indienne, du Chiapas à Mexico, sort en salles à partir du mercredi 16 novembre, à l'Espace Saint-Michel et à l'Entrepôt, à Paris, puis, en décembre, dans les salles Utopia de Toulouse, Tournefeuille et Avignon.

Des projections-débats, en présence des réalisateurs, sont prévues :
le mercredi 16 novembre, à 20 heures, à l'Espace Saint-Michel ;
les samedis 19 et 26 novembre, à 16 heures, à l'Entrepôt ;
le 30 novembre à Bobigny ;
le 2 décembre à l'Utopia de Toulouse ;
le 3 décembre à l'Utopia de Tournefeuille ;
le 5 décembre à Caen ;
le 7 décembre à Saint-Etienne ;
le 13 décembre à Morlaix ;
le 14 décembre à Pantin ;
le 15 décembre à l'Utopia d'Avignon ;
le 16 décembre à L'Ecran de Saint-Denis.

SYNOPSIS
Ce matin de 2001, la montagne grouille : un convoi hétéroclite prend la route. Escortés par une caravane de tous les horizons, les zapatistes sortent du Chiapas pour un voyage de 3 000 kilomètres jusqu'à Mexico pour exiger l'application des accords sur les droits des peuples indiens.
Dans la vapeur étouffante du Sud, le soleil cuisant de l'Altiplano, les brumes glacées du Nord, villages, banlieues et cités reçoivent les rebelles en fanfare et vibrent à leurs étonnants discours.
Au rythme des étapes, surgissent les compagnons d'autobus : Angel, l'instituteur ; Karem, sa fille de quinze ans ; Saturnin, paysan des montagnes d'Hidalgo ; Rogelio, étudiant contestataire ; Sofia, jeune Tarahumara féministe ; Pika Hana, l'envoyé du peuple kikapoo ; Sergio, menuisier et chanteur mixtèque.

Présentation du film par les réalisateurs Lorsque nous avons filmé la marche des zapatistes à travers le Mexique, à la fin de l'hiver 2001, nous avons été surpris du panorama aussi bien temporel que spatial que ce périple nous a fait découvrir.
De la sierra la plus isolée à la plus grande ville du monde, ce tour du pays est une expérience impressionnante : profusion de visages, de paroles, de musiques. Mille regards à l'heure, dans la vapeur étouffante du Sud, le soleil cuisant de l'Altiplano, les brumes glacées du Nord.
Les Indiens aiment à le souligner, ils marchent avec la lune. De la nouvelle lune du 25 février à la pleine lune du 11 mars exactement , la durée précise de notre tournage. En cette brève unité de temps, c'est tout un portrait du Mexique qui se déploie, c'en est aussi une rétrospective et une perspective d'avenir. Véritable voyage initiatique de quatorze jours avec cette délégation de guérilleros désarmés, au rythme des étapes, défilent les siècles et les peuples : 3 000 kilomètres du sud au nord du pays, cinq cents ans de son existence.
C'est également une occasion de rencontres, des amitiés instantanées de qui s'est embarqué sur le même navire. La caravane draine des gens de tous horizons. Dans son sillage bariolé, Indiens des quatre coins du pays, syndicalistes, militants, bandes de jeunes, groupes punk, activistes religieux, sympathisants des partis de gauche.
Prolixe, la parole des zapatistes et de leurs interlocuteurs digresse de l'anthropologie aux contes et légendes, de la politique à la philosophie et à la poésie, s'étend sur les grandes étapes qui ont formé le Mexique contemporain : les anciens mondes mayas, purépécha, zapotèques, le pouvoir aztèque, la Conquête, la guerre d'Indépendance, l'empire de Maximilien, la dictature de Porfirio Diaz, la révolution de 1910, les luttes sociales du XXe siècle, les guérillas de l'après-guerre, le massacre de 1968 et ses séquelles jusqu'à la chute du Parti révolutionnaire institutionnel après soixante et onze ans de règne sans partage.
Les peuples indiens du Mexique, sa population invisible, surgissent au long du chemin. Leurs langues multiples et étonnantes résonnent dans les
haut-parleurs sur les places des villages et des villes, jusqu'au Zocalo, la grand-place de Mexico. Ils reviennent sur la "découverte" de
l'Amérique, ses prémices et son lent déferlement. Ils donnent leur version d'un passé commun où la vision européenne s'est imposée, effaçant le point
de vue indien, en appellent aux dates importantes et tracent ainsi l'esquisse d'un futur possible où leur diversité aurait sa place.

 

 

Egalité zéro ! Enquête sur le procès médiatique de Dieudonné - Le livre explosif d'Olivier Mukuna aux Editions Blanche à la mi-novembre


Introduction du livre :
Je n'ai jamais cru en l'objectivité des journalistes. Comment décrire et expliquer un événement dont vous êtes le témoin ou non, sans être un sujet ? Sans aussi retenir subjectivement ce qui vous interpelle pour délaisser ce qui ne peut le faire, en relation - même inconsciente - avec votre histoire, votre origine sociale, votre éducation, votre évolution et vos valeurs ?
Cette conviction, pulvérisant l'un des mythes tenaces de la profession, m'avait aussi été confirmée par l'un des meilleurs journalistes belges de ces trente dernières années. Aujourd'hui, il enseigne à plein temps. Sans doute éc¦uré par la vitesse inquiétante à laquelle régresse notre métier. Celui auquel on croyait. Celui dans lequel l'exactitude rapportée, l'honnêteté intellectuelle, l'intuition vérifiée et l'honneur de la juste dénonciation constituaient les piliers de la vocation. Repères auxquels on pouvait s'agripper par temps de pressions intenses. Avec lesquels on espérait contribuer à la défense et l'amélioration de la « démocratie ».
Ce livre est notamment une tentative utopique de rééquilibrage, une tentative de transcendance du nombrilisme ethnocentriste qui caractérise notre culture occidentale, une tentative enfin, de « réconforter ceux qui vivent dans l'affliction et d'affliger ceux qui vivent dans le confort ». Options totalement marginalisées dans les médias à grande audience. Ce que le réalisateur britannique, Peter Watkins, appelle les mass media peuvent, aujourd'hui plus qu'hier, salir un homme, contribuer à tenter de le détruire socialement avec une violence inouïe. Au mobile qu'il ne pense pas comme eux, qu'il critique sans fard les idées reçues qu'eux consolident jour après jour et, au motif insupportable, qu'il possède le talent atypique comme le courage de le faire savoir.
Dieudonné a été injustement souillé, selon une ampleur rarement atteinte, par ces mass media censés informer et non lyncher. Censés médiatiser les deux pans d'une controverse et non un seul. Censés favoriser le vrai débat contradictoire et non l'interdire. C'est ce que nous avons tenté de démontrer dans ce livre. Pas de manière « objective », mais en respectant l'exactitude des faits et en montrant en quoi leur analyse critique peut déboucher sur cette conclusion.
Je n'ignore pas que ce travail d'enquête, que j'ai voulu précis et honnête, sera, au mieux, méprisé, au pire, couvert d'injures en guise de contre-argumentations. C'est désormais l'habitude lorsqu'on se coltine aux sujets sérieux. Ceux qui fâchent, qui contraignent à se positionner, qui renvoient l'indifférence politique à d'autres temps de distraction massive.
Olivier Mukuna
Pour commander le livre en ligne :
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