"Miracle à la Scala" : un film
néoréaliste met en scène des musiciens roms à
Milan
Intitulé "Miracle à la Scala", en référence
directe au film de Vittorio de Sica "Miracle à Milan",
ce fim de 81 minutes produit par le centre expérimental cinématographique
"Cesare Zavattini" raconte l'histoire d'une petite musicienne
rom (tzigane) qui rêve de devenir ballerine. Elle sera "adoptée"
par une enseignante de ballet du Théâtre de la Scala. La
première italienne de ce film aura lieu le vendredi 18 novembre
à 19 heures au cercle ARCI "Lato B", place du XXIV
Mai (porta Ticinese), juste à l'endroit où fut donné
le premier coup de manivelle du film de Visconti "Rocco et ses
frères". Après la projection, bal avec Marian Badeanu
et son orchestre rom. Exposition de photos de Filippo Podestà
sur le nouvau Milan multiethnique. Ensuite animation jusque tard dans
la nuit avec des DJ balkaniques. Organisé par les associations
Todo Cambia et la Freccia.
Info : todo.cambia@libero.it
Comprendre le Proche-Orient : une nécessité
pour la République, sous la direction de Frédéric
Encel & Eric Keslassy,
Editions Bréal, http://www.editions-breal.fr, octobre 2005,
347 pages, 21 Euros
Les contributeurs :
Frédéric Encel, Pierre-André Taguieff, Georges
Bensoussan, Ilan Greilsammer,
Khattar Abou Diab, Daniel Dayan, Dominique Schnapper, Malek Boutih,
Jacqueline Costa-Lascoux, Alexis Rosenbaum, Barbara Lefebvre, Fadela
Amara,
Antoine Sfer
Mon impression sur ce livre
par Mouloud Fahham, 14 novembre 2005
Il s'agit d'un catéchisme sioniste, qui risque fort, si nous
n'y prenons
garde, d'être enseigné dans les écoles, collèges,
lycées et facultés de
France et de Navarre ! ! !
En effet, la redoutable Barbara Lefebvre, que j'ai entendue bavasser
dimanche dernier sur France-Culture (émission religieuse juive),
est une
redoutable maïeuticienne, qui veut absolument imposer une vision
sioniste de
l'histoire aux profs d'histoire.
Quelques citations (diffamatoires pour certaines, impayables pour la
plupart)
pp. 44-45, note 5 : On retrouve à l'extrême gauche et chez
les Verts les
postures les plus antisionistes. Toutefois, s'agissant de cette formation
politique, il convient de noter que son collège exécutif
a récemment
suspendu (le 18 mai 2005) l'une de ses membres actives, Ginette Skandrani,
une antisioniste fanatique. Par ailleurs, des élues Vertes telles
qu'Anne Le
Strat ou Aurélie Filipetti ont toujours exprimé une grande
pondération face
au conflit israélo-palestinien et une authentique sympathie vis-à-vis
de l'
idéal sioniste. Sur les dérives de ce que le journaliste
Luc Rosenzweig
appelle la Propalestine, lire sa Lettre à mes amis propalestiniens,
La
Martinière, 2005
p. 46, note 8 : L'humoriste Dieudonné et le journaliste Alain
Ménargues n'
appartiennent ni à l'extrême droite ni à l'extrême
gauche ; ils
entretiennent pourtant des délires paranoïaques, respectivement,
sur Israël
et le sionisme, et sur les juifs de manière générale.
p. 64, note 12 : Les créateurs de la liste Euro-Palestine, concourant
pour
les élections européennes de 2004, ont sans nul doute
pris une écrasante
responsabilité dans l'exaspération communautariste et
antisioniste de
nombreux jeunes d'origine maghrébine.
pp. 75-76 : (.) Un secret d'Etat, le plus secret des projets secrets
de l'
Etat d'Israël, dont le faux « manifeste (judéo-nazi)
d'Ariel Sharon », paru
en avril 2002, est présenté par les faussaires comme le
dévoilement. Ce
faux, fabriqué par le marxiste négationniste tunisien
Monder Sfar, est
coédité par cinq organisations politiques, dont le Parti
des musulmans de
France (dirigé par Mohamed Latrèche), le Parti de la France
plurielle, La
Pierre et l'Olivier (créée en 1989 et présidée
par Ginette Skandrani,
ex-militante des Verts, membre d'honneur du FPLP de Georges Habache,
et
aujourd'hui proche de Dieudonné), le Collectif de la communauté
tunisienne
en Europe (présidé par Monder Sfar) 21. [Pierre-André
Taguieff. Note 21 :
Voir mon livre Prêcheurs de haine, pp. 116-119].
p. 197 [Malek Boutih] : Il faut se souvenir que deux millions de lettres
de
dénonciation ont été envoyées sous l'Occupation
au 101, rue Henri-Martin !
Il n'y eut jamais de dénazification en France du fait de l'alliance
entre
gaullistes et communistes durant l'après-guerre.
p. 286 : LE CLOU ! ! [Fadela Amara, de l'association Putes et Soumises,
raconte son voyage en Israël / Palestine.] : Les visages se ferment,
l'
angoisse de tous les passagers en partance est perceptible. Toutefois,
tout
se passe sans encombre, et nous embarquons dans l'avion direction Jérusalem.
OUI : vous avez bien lu ! Cette dinde croit qu'elle s'embarque pour
Jérusalem ! ! !
p. 289 [Fadela Amara, toujours, hélas !] : Une grande émotion
s'abat sur moi
à mon arrivée sur la place du mur des Lamentations.
Si cette dinde savait que le parvis du « Mur » a été
dégagé à grands coups
de bulldozer, afin de détruire le quartier historique des Maghâribah
- les
MAGHREBINS, peut-être son émotion aurait-elle été
d'autant plus intense ? !
?
p. 290 [Le mensonge n'étouffe pas Fadela.] : Je regarde encore
une fois et
mes yeux se fixent sur le dôme de la mosquée Al-Aqsa, avant
de regagner le
véhicule [tout le monde voit surtout le dôme de la mosquée
d'Omar, plaqué
or, mais elle, elle voit le dôme d'Al-Aqsa, beaucoup plus modeste
et
argenté. Bon ?.]
Nous nous y rendons justement. Là encore, les contrôles
se succèdent, mon
émotion est grande. A l'entrée de l'Esplanade des mosquées,
il me faut
réciter un verset du Coran, condition sine qua non pour que je
pénètre dans
ce superbe édifice religieux. Visiblement, je ne leur parais
pas couleur
musulmane. Les préjugés, encore et toujours, mais je préfère
en rire.
[L'esplanade des mosquées : un édifice religieux ? ! ?
Je passe sur l'
invention totale du passage souligné par moi.]
Mais je laisse la phrase de conclusion à l'inénarrable
Fadela Amara, qui
conclut sa contribution ainsi :
« Pour ma part, ici et là-bas, je continuerai à
dire et à me révolter.
Aussi, je l'affirme haut et fort, la Palestine est dans mon cour, mais
Israël est dans ma conscience. »
J'espère que sa conscience élastique lui permettra de
suivre les
développements de l'entité sioniste expansionniste ! !
!
Le Procès de Kafka, remis au goût
du jour, à Montréal le 19 novembre
Le Teesri Duniya Theater, en collaboration avec la Coalition Justice
pour Adil Charkaoui, est fier de présenter
PROCÈS, Lecture de l'oeuvre « Le procès »
de Kafka, mise en parallèle avec l'expérience vécue
par les cinq hommes détenus au Canada en vertu de certificats
de sécurité.
Samedi le 19 novembre à 20h - ouverture des portes à 19h
- au Théâtre F.C.Smith (7141, Sherbrooke O.) (Autobus 105
de la station de métro Vendôme)
* AVEC Anita Rau Badami, Diana Fajrajsl, David Fennario, Carmen Ferlan,
Ehab Lotayef, Jacques Lussier, Lisa Ndejuru, Jaggi Singh, Marthe Turgeon
et ...
Adil Charkaoui.
* ET l'artiste iraquien hip-hop Narcy du groupe Euphrates
* Sous la direction de Lib Spry
Bilingue avec traduction. Prix suggéré de 20$ (contribution
selon vos moyens) billets d'avance : tél. 514 859 9023. Les bénéfices
seront versés à la Coalition Justice pour Adil Charkaoui
Basé sur une adaptation de l'écrivain et militant pour
la justice sociale Matthew Behrens et de la dramaturge et metteure en
scène Laurel Smith, " Le Procès " tisse les
histoires de cinq hommes pris au piège des certificats de sécurité,
à la riche étoffe que constitue l'exploration de Kafka
de la nature du pouvoir bureaucratique. Le résultat est une puissante
et émouvante critique de la loi antiterroriste du Canada, à
partir de la perspective de cinq immigrants, dont le Montréalais
Adil Charkaoui, qui s'est un jour retrouvé dans le monde kafkaïen
de la guerre au terrorisme.
L'opposition populaire au processus des certificats de sécurité,
lancée par les familles des détenus, a fait de cette question
un problème qui ne peut plus être ignoré de l'opinion
publique, des médias et des autorités canadiennes. Le
mouvement d'opposition s'attaque au c¦ur même de cette
politique de la peur qui a fait basculer le contexte politique en Amérique
du Nord dans une situation souvent comparée à l'Allemagne
d'avant la guerre ou à la période McCarthy. Parmi les
victoires au cours de la dernière année on peut compter
l'inclusion des certificats de sécurité dans une révision
parlementaire, la libération d'Adil Charkaoui, la condamnation
de la législation canadienne par le Comité de l'ONU contre
la torture, ainsi que l'acceptation de la Cour suprême d'entendre
la contestation constitutionnelle du processus des certificats de sécurité.
Pendant ce temps, les cinq hommes et leurs familles vivent toujours
sous la menace de la déportation ; quatre d'entre eux demeurent
dans l'enfer de la détention indéfinie. Parmi eux, Hassan
Almrei et Mohammad Mahjoub viennent tout juste de mettre fin à
une grève de la faim de 72 et 79 jours respectivement, afin de
protester contre leurs conditions de détention.
Charkaoui, père de deux enfants, est arrivé au Canada
en 1995 avec sa mère, son père et sa s¦ur. Il vit
sous le coup d'une assignation à résidence humiliante,
qui étouffe à liberté de toute la famille.
" Procès " raconte leurs histoires, avec pour toile
de fond l'un des plus brillants chef-d'oeuvres du 20e siècle.
Les dramaturges
* Laurel Smith est une dramaturge basée à Toronto et est
directrice et productrice artistique du Burning Passions Theater, une
compagnie qui a pour mandat de raconter les histoires des femmes et
des jeunes. Sa plus récente pièce, " The Crush of
Beauty ", est actuellement en production au Burning Passions Theater
en vue d'être présentée en 2006. Un autre de ses
projets est une adaptation de la création de Kenneth Grahame,"
The Reluctant Dragon ", sur laquelle travaille la troupe renommée
de théâtre pour jeunes Caroussel Players, et inspirée
par la vie d'une des cinq victimes des certificats de sécurité,
Hassan Almrei. Laurel est membre fondatrice de Homes not Bombs.
* Matthew Behrens est un militant pour la justice sociale et un écrivain
de Toronto, ainsi que l'un des fondateurs de la Campaign to Stop Secret
Trials, de Homes not Bombs et de Toronto Action for Social Change. Les
écrits de Matthew sur les questions de justice sociale, et plus
récemment sur les cinq victimes des certificats de sécurité,
sont parus dans diverses publications et sont diffusés partout
dans le monde. Son engagement se traduit à la fois par la résistance
non-violente et par l'introduction des racines de la musique traditionnelle
country dans la dialectique progressiste.
La directrice
* Lib Spry travaille dans le milieu théâtral depuis plus
de trente ans comme directrice, écrivaine, professeur, artiste
et traductrice. Elle se spécialise dans le théâtre
populaire, le théâtre jeunesse et le théâtre
physique. Son travail l'a amené à voyager en Angleterre,
en France, au Canada et aux États-Unis. Elle agit actuellement
comme directrice littéraire du Teesri Duniya Theater.
Interprétée par :
* Anita Rau Badami est l'auteure de deux romans : Tamarind Mem, et The
Hero's Walk. Un troisième, Indra's Net, est prévu pour
2006. Ses romans ont été publiés et acclamés
par la critique dans plus d'une douzaine de pays autour du monde et
se sont mérités de nombreux prix, incluant le Commonwealth
Writers Prize (Canada & Caribbean), le Marian Engel Award, le Premio
Berto Award et le prix Premio Città di' Gaeti.
* Adil Charkaoui, père de deux enfants et étudiant à
l'Université de Montréal, est arrivé au Canada
en 1995 avec sa mère, son père et sa s¦ur. Il a
passé deux ans de son " séjour " au Canada en
prison, sans accusation, sous l'étiquette effrayante de "
présumé terroriste ". Lui et sa famille continuent
de vivre sous la menace constante de sa déportation vers la torture
; leur liberté est sévèrement réduite par
des conditions qui le forcent à porter un bracelet GPS, lui imposent
un couvre-feu, ne lui permettent pas de quitter sa maison sans être
accompagné de son père ou de sa mère et permettent,
en revanche, l'accès à sa maison 24 heures sur 24 sans
la présentation d'un mandat.
* Diana Fajrasl est une directrice de théâtre, comédienne
et enseignante ambulante basée à Montréal. Elle
a récemment dirigée la première mondiale de la
pièce de Carolyn Guillet, " 17 [Anonymous] Women ",
pour le Infinitheatre ici à Montréal. Elle a joué
dans plusieurs théâtres de Vancouver à Corner Brook,
et a enseigné aux universités McGill, Concordia et Bishop,
ainsi qu'à l'École nationale de théâtre du
Canada.
* David Fennario est un dramaturge, artiste et militant de Montréal.
Il est membre de l'Union des forces progressistes et de Socialisme International.
Plus récente création théâtrale: une pièce
intitulée " Condoville " joué au Théâtre
Centaur, qui traite des attaques du gouvernement contre les subventions
aux coopératives d'habitation et des luttes contre la gentrification.
Plus récente action politique : Porte-parole et participant à
une manifestation contre la construction d'un énorme complexe
touristique et d'un casino, dans le quartier Pointe St-Charles. "
Le théâtre est plus qu 'une simple réflexion de
la vie dans un miroir, il peut être utilisé pour changer
notre façon de vivre " - Brecht
* Carmen Ferlan est comédienne et chanteuse. Elle s'est fait
remarquée dans la production de "Demain Matin Montréal
m'attend" puis dans le drame musical "Jeanne La Pucelle",
deux succès québécois. Son expérience la
plus récente fut son séjour de trois ans au sein d'une
co-production Allemagne-Québec-Cirque du Soleil où elle
tenait les rennes d'un Cabaret-variétés à titre
de "meneuse de piste". De retour au Québec elle aura
déjà participé à de nouvelles séries,
"Simonne et Chartrand" et "Les Bougon". Elle est
actuellement la présidente des Artistes pour la paix.
* Jacques Lussier
* Lisa Ndejuru
* Jaggi Singh, malgré des conditions imposées par Cour
lui interdisant d'utiliser un mégaphone et d'amplifier sa voix
de quelconque façon, demeure une voix puissante pour la justice
au Canada. Même s'il lui a un jour été interdit
par une décision de la Cour " d'être un leader ",
Singh a aidé à motiver, à fournir une cadre intellectuel
et à organiser des mouvements populaire de résistance
à Montréal. Plus récemment, il a participé
à la marche d'une semaine de Solidarité sans frontière
de Montréal à Ottawa, afin d'exiger des droits pour les
sans statut et de demander l'abolition des certificats de sécurité.
* Marthe Turgeon, Maintenant joue un rôle dans la série
Vice Caché, sur le réseau T.V.A. Un nouveau personnage
qui fait son apparition lors des prochaines diffusion de la série.
Musique et poésie de :
* Yassin (alias Narcy) Alsalman est étudiant à la maîtrise
en communications et rédige actuellement sa thèse sur
le hip-hop et les luttes sociales : "
Highly Intellectualized Persons Hovering Over Politics ". Également
connu sous le pseudonyme de Narcy, du trio hip-hop iraquien Euphrates,
Yassin est plus connu pour ses paroles et performances un peu partout
autour de Montréal. Les deux projets de Euphrates " Stereotypes
Incorporated " et " A Bend in the River " ont servi à
documenter - à travers les rythmes de SandHiLL et les paroles
de Narcy alias Jamal Abdul Narcel - les injustices et les représentations
stéréotypées dont sont victimes Arabes et Musulmans
dans les médias. En tournée pour l'album " Stereotypes
Incorporated ", vous pouvez voir en Narcy en concert de Montréal
à l'Europe !
* Ehab Lotayef est poète, dramaturge et militant pour la justice
sociale qui vit à Montréal. Au cours des dernières
années, il a voyagé à la fois en Palestine et en
Irak, documentant ses expériences afin de contribuer à
la compréhension et d'inciter à l'engagement face à
la situation de ces deux pays. Sa création théâtrale
radiophonique " Crossing Gibraltar " a été produite
par CBC Radio et diffusée plus tôt cette année.
PLUS D'INFO : tél. 514 859 9023 Coalition Justice pour Adil Charkaoui
justiceforadil@riseup.net tél. 514 859-9023 www.adilinfo.org
Teesri Dunya Theatre tduniya@aei.ca tél. 514 848-0238 www.teesriduniyatheatre.com
Parrainé par CKUT Radio 90.3 FM
"La Fragile Armada", un documentaire
de Joani Hocquenghem et Jacques Kebadian sur les zapatistes mexicains,
en salles à partir du 16 novembre
"La Fragile Armada", un documentaire de Joani Hocquenghem
et Jacques Kebadian filmé en février et mars 2001 au Mexique,
de l'intérieur de la Marche de la dignité indienne, du
Chiapas à Mexico, sort en salles à partir du mercredi
16 novembre, à l'Espace Saint-Michel et à l'Entrepôt,
à Paris, puis, en décembre, dans les salles Utopia de
Toulouse, Tournefeuille et Avignon.
Des projections-débats, en présence des réalisateurs,
sont prévues :
le mercredi 16 novembre, à 20 heures, à l'Espace Saint-Michel
;
les samedis 19 et 26 novembre, à 16 heures, à l'Entrepôt
;
le 30 novembre à Bobigny ;
le 2 décembre à l'Utopia de Toulouse ;
le 3 décembre à l'Utopia de Tournefeuille ;
le 5 décembre à Caen ;
le 7 décembre à Saint-Etienne ;
le 13 décembre à Morlaix ;
le 14 décembre à Pantin ;
le 15 décembre à l'Utopia d'Avignon ;
le 16 décembre à L'Ecran de Saint-Denis.
SYNOPSIS
Ce matin de 2001, la montagne grouille : un convoi hétéroclite
prend la route. Escortés par une caravane de tous les horizons,
les zapatistes sortent du Chiapas pour un voyage de 3 000 kilomètres
jusqu'à Mexico pour exiger l'application des accords sur les
droits des peuples indiens.
Dans la vapeur étouffante du Sud, le soleil cuisant de l'Altiplano,
les brumes glacées du Nord, villages, banlieues et cités
reçoivent les rebelles en fanfare et vibrent à leurs étonnants
discours.
Au rythme des étapes, surgissent les compagnons d'autobus : Angel,
l'instituteur ; Karem, sa fille de quinze ans ; Saturnin, paysan des
montagnes d'Hidalgo ; Rogelio, étudiant contestataire ; Sofia,
jeune Tarahumara féministe ; Pika Hana, l'envoyé du peuple
kikapoo ; Sergio, menuisier et chanteur mixtèque.
Présentation du film par les réalisateurs Lorsque nous
avons filmé la marche des zapatistes à travers le Mexique,
à la fin de l'hiver 2001, nous avons été surpris
du panorama aussi bien temporel que spatial que ce périple nous
a fait découvrir.
De la sierra la plus isolée à la plus grande ville du
monde, ce tour du pays est une expérience impressionnante : profusion
de visages, de paroles, de musiques. Mille regards à l'heure,
dans la vapeur étouffante du Sud, le soleil cuisant de l'Altiplano,
les brumes glacées du Nord.
Les Indiens aiment à le souligner, ils marchent avec la lune.
De la nouvelle lune du 25 février à la pleine lune du
11 mars exactement , la durée précise de notre tournage.
En cette brève unité de temps, c'est tout un portrait
du Mexique qui se déploie, c'en est aussi une rétrospective
et une perspective d'avenir. Véritable voyage initiatique de
quatorze jours avec cette délégation de guérilleros
désarmés, au rythme des étapes, défilent
les siècles et les peuples : 3 000 kilomètres du sud au
nord du pays, cinq cents ans de son existence.
C'est également une occasion de rencontres, des amitiés
instantanées de qui s'est embarqué sur le même navire.
La caravane draine des gens de tous horizons. Dans son sillage bariolé,
Indiens des quatre coins du pays, syndicalistes, militants, bandes de
jeunes, groupes punk, activistes religieux, sympathisants des partis
de gauche.
Prolixe, la parole des zapatistes et de leurs interlocuteurs digresse
de l'anthropologie aux contes et légendes, de la politique à
la philosophie et à la poésie, s'étend sur les
grandes étapes qui ont formé le Mexique contemporain :
les anciens mondes mayas, purépécha, zapotèques,
le pouvoir aztèque, la Conquête, la guerre d'Indépendance,
l'empire de Maximilien, la dictature de Porfirio Diaz, la révolution
de 1910, les luttes sociales du XXe siècle, les guérillas
de l'après-guerre, le massacre de 1968 et ses séquelles
jusqu'à la chute du Parti révolutionnaire institutionnel
après soixante et onze ans de règne sans partage.
Les peuples indiens du Mexique, sa population invisible, surgissent
au long du chemin. Leurs langues multiples et étonnantes résonnent
dans les
haut-parleurs sur les places des villages et des villes, jusqu'au Zocalo,
la grand-place de Mexico. Ils reviennent sur la "découverte"
de
l'Amérique, ses prémices et son lent déferlement.
Ils donnent leur version d'un passé commun où la vision
européenne s'est imposée, effaçant le point
de vue indien, en appellent aux dates importantes et tracent ainsi l'esquisse
d'un futur possible où leur diversité aurait sa place.
Egalité zéro ! Enquête sur
le procès médiatique de Dieudonné - Le livre explosif
d'Olivier Mukuna aux Editions Blanche à la mi-novembre
Introduction du livre :
Je n'ai jamais cru en l'objectivité des journalistes. Comment
décrire et expliquer un événement dont vous êtes
le témoin ou non, sans être un sujet ? Sans aussi retenir
subjectivement ce qui vous interpelle pour délaisser ce qui ne
peut le faire, en relation - même inconsciente - avec votre histoire,
votre origine sociale, votre éducation, votre évolution
et vos valeurs ?
Cette conviction, pulvérisant l'un des mythes tenaces de la profession,
m'avait aussi été confirmée par l'un des meilleurs
journalistes belges de ces trente dernières années. Aujourd'hui,
il enseigne à plein temps. Sans doute éc¦uré
par la vitesse inquiétante à laquelle régresse
notre métier. Celui auquel on croyait. Celui dans lequel l'exactitude
rapportée, l'honnêteté intellectuelle, l'intuition
vérifiée et l'honneur de la juste dénonciation
constituaient les piliers de la vocation. Repères auxquels on
pouvait s'agripper par temps de pressions intenses. Avec lesquels on
espérait contribuer à la défense et l'amélioration
de la « démocratie ».
Ce livre est notamment une tentative utopique de rééquilibrage,
une tentative de transcendance du nombrilisme ethnocentriste qui caractérise
notre culture occidentale, une tentative enfin, de « réconforter
ceux qui vivent dans l'affliction et d'affliger ceux qui vivent dans
le confort ». Options totalement marginalisées dans les
médias à grande audience. Ce que le réalisateur
britannique, Peter Watkins, appelle les mass media peuvent, aujourd'hui
plus qu'hier, salir un homme, contribuer à tenter de le détruire
socialement avec une violence inouïe. Au mobile qu'il ne pense
pas comme eux, qu'il critique sans fard les idées reçues
qu'eux consolident jour après jour et, au motif insupportable,
qu'il possède le talent atypique comme le courage de le faire
savoir.
Dieudonné a été injustement souillé, selon
une ampleur rarement atteinte, par ces mass media censés informer
et non lyncher. Censés médiatiser les deux pans d'une
controverse et non un seul. Censés favoriser le vrai débat
contradictoire et non l'interdire. C'est ce que nous avons tenté
de démontrer dans ce livre. Pas de manière « objective
», mais en respectant l'exactitude des faits et en montrant en
quoi leur analyse critique peut déboucher sur cette conclusion.
Je n'ignore pas que ce travail d'enquête, que j'ai voulu précis
et honnête, sera, au mieux, méprisé, au pire, couvert
d'injures en guise de contre-argumentations. C'est désormais
l'habitude lorsqu'on se coltine aux sujets sérieux. Ceux qui
fâchent, qui contraignent à se positionner, qui renvoient
l'indifférence politique à d'autres temps de distraction
massive.
Olivier Mukuna
Pour commander le livre en ligne :
http://www.fnac.com
http://www.amazon.fr
http://www.alapage.com
|