Dans le ventre de la baleine, un film de Miguel
Sanchez sur la Tunisie écrasée par la dictature
Première du film au Cinéma Notre Dame à Mussidan
(Dordogn-24) le Jeudi 17 Novembre 2005 à 20 h 45 en présence
de Ahmed Manaï, auteur de Supplice tunisen, et Miguel Sanchez dans
le cadre du mois du film documentaire
Fiche technique
Auteur réalisateur : Miguel Sanchez
Image : Miguel Sanchez
Son : Gonzague Bernard
Interprétation :
Miguel Sanchez dans le rôle du réalisateur
Gonzague Bernard dans le rôle de l'ingénieur du son
Montage : Frédéric Breton
Musique originale : Jean-Yves Hellou « le blues du silence »
Production et distribution : Les Films du Verseau
Avec le soutien d'investisseurs privés
Fiction - 57'- 2005 - Couleur - Support Numérique
Visa d'exploitation CNC en cours
Résumé :
Un réalisateur décide de faire un film dans une dictature
ou aucune liberté d'_expression n'est permise. Pour déjouer
la censure il se met en scène avec son ingénieur du son,
quelques jours plus tard ce dernier disparaîtra Š
Intention du réalisateur :
Ce film rend hommage au peuple tunisien maintenu sous silence par le
Général Président Ben Ali.
Sans mettre en danger la vie des personnes que j'allais rencontrer,
je me demandais comment un cinéaste pouvait travailler dans de
cet état d'oppression !
Source d'inspiration :
« Il ne reste apparemment que le quiétisme - se soumettre
par avance à la réalité pour lui ôter tout
caractère menaçant ; rentrer dans le ventre de la baleine
- ou plus exactement reconnaître que nous y sommes (car nous y
sommes, sans aucun doute). S'abandonner à la marche du monde,
cesser de s'insurger contre l'évolution en cours ou de prétendre
la maîtriser ; simplement l'accepter, la subir, l'enregistrer
».
Extrait de George ORWELL - Dans le ventre de la baleine - Inside the
Whale,1940
Contexte politique
La sombre réalité de ce pays est régulièrement
dénoncée par les organisations internationales de défense
des droits de l'homme jouissant d'une autorité incontestée
dans le monde entier.
Aucun mouvement d'opposition n'est toléré, le système
politique est verrouillé et les contrevenants maltraités
et torturés.
Tout le pays est sous contrôle policier : informateurs et police
secrète sont dans tous les milieux, tout le monde se méfie
de tout le monde !
« La Tunisie s'apprête à accueillir le 7 novembre
2OO5 le Sommet mondial de l'information, son régime détient
avec la Libye du colonel Kadhafi le record des plus longues incarcérations
de journalistes et celui où aucune liberté d'_expression
n'est permise » Hamid Skif - Le Monde / Dimanche 19 - Lundi 20
juin 2005
Procédé
Pour me sentir moins surveillé j'ai choisi d'aller aux portes
du désert. Personne ne connaissait mon intention de rendre hommage
à ce peuple oublié, soumis à la à la loi
du silence.
Références bibliographiques :
Le supplice tunisien
Ahmed Manaï
La Découverte
Notre Ami Ben Ali : l'envers du « miracle tunisien »
Nicolas Beau et Jean-Pierre Tuquoi
La Découverte
Chronique du Mouchard
Taoufik Ben Brik
La Découverte
Le rire de la Baleine
Taoufik Ben Brik
La Découverte
Tunisie, le livre noir
Documents réunis par Reporters sans Frontières
La découverte
Rapport Amnesty international
Editions Francophones
Une si douce dictature : chroniques tunisienne, 1990-2000
Taoufik Ben Brik
La Découverte/ Reporters sans Frontières/ Aloès
Et maintenant, tu vas m'entendre
Taoufik Ben Brik
Exils/Aloès
Le guide du Routard
Hachette tourisme
Site Internet : Le Réveil Tunisien
Miguel Sanchez
Réalisateur
Dans le ventre de la baleine 57'- 2005
Salam Alaïkoum - Court Métrage - 20' - 2003
Tant que la bête bouge - Documentaire - 52' 2004
Chef Opérateur
Long-métrages
La Nuit des Indiens de Georges ZSIGA
Couleur Havane de Patrick GRANDPERRET
Chacun pour soi de Bruno BONTZOLAKIS
Inca de Oro de Patrick GRANDPERRET
Familles, je vous hais de Bruno BONTZOLAKIS
Les Barbots De Damien ODOUL
Des journées peu ordinaires de Bruno BONTZOLAKIS
Les Arcandiers de Manuel SANCHEZ
Documentaires
Chronique paysanne de Marie-Pierre THOMAT - 52' - France 3
Le prix du Boeuf de Jean-Marie BERTINEAU- 52 '-France 3 - la 5è
Chroniques d'une catastrophe annoncée de Jean-Marie BERTINEAU-
26'-France 3
La réparation de Hélène VIARD - 90'
La vie en éclat de Hélène VIARD 90'
Arte + France 2
Les vins de France de Alain MASSIOT 5 x 52' MITZUI (Japon)
Les Jurés de Patty VILLIERS - 52' - Arte
Production/Distribution : Les Films du Verseau , 52, Ave Pierre Sémard
, 94200 Ivry Sur Seine , Tel : 01 46 58 33 12
Contact : Agnès Jammal , agnes.jammal@wanadoo.fr , Tel : 06 88
539 541
Lefaso.net, deux ans après
Interview de Cyriaque Paré, animateur du site web lefaso.net,
par Abdoulaye Tao, Le Pays, Ouagadougou, 5 novembre 2005
A l'occasion de son deuxième anniversaire le 19 ocotobre dernier,
Lefaso.net a eu les honneurs de la presse nationale avec un article
que lui a consacré le quotidien "Le Pays". Nous vous
proposons cette interview dans laquelle l'auteur et animateur du site
revient sur les raisons de sa création et sur son évolution.
Le Pays : Deux ans d'existence pour Lefaso.net, comment se porte le
bébé ?
Cyriaque Paré : Le bébé se porte plutôt
bien. Aujourd'hui le portail est présent sur les principaux moteurs
de recherche et dans les premiers résultats des recherches sur
lŒactualité du Burkina. Il a donc acquis une certaine notoriété
qui est aussi perceptible dans les statistiques : à la date du
25 octobre, la newsletter enregistrait 1528 abonnés, les visiteurs
se chiffraient à une moyenne de 2 500 par jour, avec quelque
dix mille pages vues quotidiennement. 35 % des visiteurs se connectent
à partir de la France, 17 % du Burkina, suivi des Etats-Unis
(8 %), du Canada (5 %), de la Belgique (4 %) et le reste d'une soixantaine
d'autres pays des quatre coins du monde.
L.P : Peux-tu nous rappeler les conditions de naissance de ce portail
?
C.P. : En tant que portail d'information, Lefaso.net a repris en fait
un concept développé auparavant avec deux autres sites
: Burkinet.com et Burkina.org. Ce sont des portails qui ont été
lancés en 2000 avec pour objectif de donner plus de visibilité
au Burkina sur Internet car il y a une demande d'information sur notre
pays que l'on ne perçoit pas toujours quand on est à l'intérieur
mais à laquelle ont est confronté à l'extérieur.
Burkinet.com était donc consacrée à l'actualité
et Burkina.org était plutôt dédié au monde
associatif comme plate-forme d'information, d'échanges et de
communication pour les ONG, associations de jumelage et autres structures
humanitaires qui sont très nombreuses à travailler sur
le Burkina mais pas de façon toujours visible.
J'étais en stage à l'université de Bordeaux à
l'époque et celui avec qui j'ai travaillé est un compatriote
dont j'avais fait la connaissance sur le Net. Il s'appelle Younoussa
Sanfo et résidait aussi en France mais il est aujourd'hui installé
à Ouagadougou. Il est l'auteur de l'un des tout premiers sites
Internet sur le Burkina (http://membres.lycos.fr/ysanfo/.)et d'un groupe
de discussion sur le Burkina très populaire (http://fr.groups.yahoo.com/group/burkina-faso/).
Burkinet.com a connu un franc succès, en terme d'audience, avec
la crise ivoirienne quand le public, surtout international, avait besoin
d'informations sur le Burkina. Mais c'est aussi de là qu'est
venu son malheur car dans la péripétie de la guerre de
l'information qui a fait rage parallèlement à la guerre
sur le terrain, il a été l'une des nombreuses victimes.
Vous vous rappelez sans doute comment beaucoup de sites traitant de
la crise ivoirienne de façon plus ou moins directe ont été
attaqués ou sabotés comme, autre exemple, le site du MPCI
qui avait été détourné un moment sur un
site porno. En ce qui concerne Burkinet.com, on a pu suivre les traces
des crackers jusque sur des serveurs en Roumanie...
C'est suite à ces déboires que l'animation du site a
été arrêtée en 2003. Constatant ce que je
pensais être un vide, j'ai approché l'auteur d'un autre
portail sur le Burkina, très connu, Fasonews.net, pour lui proposer
de restructurer la partie « Actualité » de son site.
Mais le propriétaire, Abdel Azize Ouédraogo, un autre
informaticien burkinabè résidant en France, a plutôt
accepté de collaborer avec moi pour monter un autre site-portail.
J'ai donc conçu une maquette qu'il a réalisée.
Lefaso.net a été ainsi créé et lancé
en octobre 2003.
L.P : Le nom faso.net est-il un choix délibéré
ou répond-il au concept d'abibjan.net ?
C.P : Je voudrais profiter de cette question pour donner la bonne syntaxe
du nom du site qui est Lefaso.net et lever ainsi toute confusion avec
Fasonet.bf, qui est le n¦ud national d'accès à
Internet du Burkina géré par l'ONATEL.
Il est vrai que Lefaso.net exploite le même concept de portail
d'information que Abidjan.net. Mais comme je l'ai déjà
dit, c'est surtout pour combler le vide laissé par Burkinet.com
et Burkina.org qu'il a été lancé. Bien sûr,
la conception s'inspire non seulement d'Abidjan.net par certains côtés
mais aussi de beaucoup d'autres sites d'information en ligne. En la
matière, Abidjan.net n'a pas inventé la roue car il y
avait déjà des portails comme Africaonline, Woya actualités
que je fréquentais bien avant.
Je signale en passant que les médias en ligne sont mon propre
champ de recherches universitaires ; ce qui permet d'avoir une idée
globale des évolutions et des bonnes pratiques en la matière
et d'expérimenter certaines théories et hypothèses.
Enfin, quant à la dénomination même,il ne faut
pas oublier que personne n'a le monopole de fait d'un nom sur Internet
; c'est le premier à s'en servir et surtout à le déposer
qui en est le propriétaire. Vous verrez ainsi que certaines déclinaisons
de « Burkina Faso » appartiennent à des américains,
des australiens ou d'autres nationalités qui n'ont rien à
voir avec le Burkina. Lefaso.net libre, alors je l'ai déposé.
Voilà tout simplement. En plus, il est pratique et facile à
retenir.
Combien de personnes travaillent sur ce site ? Sont-elles rémunérées
? Et comment est organisée la collecte d'infos ?
C.P : De façon permanente, je suis seul à travailler
à la mise à jour quotidienne. Il ne faut pas oublier que
c'est avant tout un hobby, donc porté par une motivation et une
passion personnelles. La collecte d'informations se fait simplement
sur les sites d'informations du Burkina, le vôtre bien sûr
et tous les autres sites-médias nationaux. L'idée de site-portail
est de constituer un espace à partir duquel on peut avoir accès
à toute l'actualité burkinabè.
Alors pour la collecte d'informations, chaque matin, je dois visiter
les sites (quotidiens et périodiques du jour) pour sélectionner
les articles que je pense être les plus intéressants, les
mettre aux normes du cyberjournalisme, car ce n'est toujours le cas
pour tous les sites, et les publier. C'est l'occasion pour moi de remercier
tous les confrères nationaux qui me laissent généreusement
exploiter leur contenu ; même si en retour, le portail peut contribuer
à leur accessibilité et leur visibilité.
Mais le site a aussi une production autonome, plutôt marginale
pour le moment, qui est assurée par des collaborateurs assez
épars. Les plus signatures les plus régulières,
si vous êtes un « fasonaute » régulier, sont
Ismaël Bicaba, Juvénal Somé qui sont mes anciens
étudiants de l'université de Ouaga et qui se laissés
tenter par l'aventure. Il y a aussi des amis comme Issouf Zabsonré
qui était en stage à Paris quand on montait le site.
Sans oublier les nombreux burkinabè de la diaspora qui parfois,
spontanément, proposent des articles : par exemple Samuel Kiendrébéogo,
notre compatriote de la Voix de l'Amérique qui envoie des articles
sur la vie des Burkinabè aux Etats-Unis, ou encore Alex Moussa
Sawadogo, un autre compatriote résidant en Allemagne qui s'est
proposé comme correspondant du site dans ce pays.
Pour l'aspect technique ; il y a bien sûr l'informaticien, Azize
Ouédraogo, qui intervient quand il y a des problèmes techniques,
et aussi tout un réseau d'amis à qui je fais appel de
manière ponctuelle. Car le site contient aujourd'hui beaucoup
de services et plus de dix mille articles et la volonté d'en
faire un espace documentaire accessible de manière permanente
en fait une base de données qui n'est pas toujours facile à
gérer.
Mais tout ce monde travaille bénévolement ; un peu dans
l'esprit libertaire qui a démocratisé Internet et qui
veut que ce soit un espace où on apprend ce que l'on ne connaît
pas et que l'on partage ce que l'on connaît.
L.P : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans
l'animation du site qui est quotidienne ?
C.P : La contrainte majeure, c'est qu'il faut travailler de telle sorte
que le site, comme tous les autres sites, soit à jour tôt
le matin. Ce qui nécessite environ trois heures de travail dès
5 heures du matin, pour le mettre à jour avant d'aller au boulot.
Car il n'y a rien de plus rageant pour un internaute qu'un site qui
n'est pas à jour, surtout quand il s'y attache.
Alors, dégager du temps pour faire ce travail qui est une occupation
non officielle devient donc une vraie contrainte. Et quand on n'y fait
pas attention, cela peut occuper tout le temps libre au détriment
d'autres obligations sociales. Mon épouse plaisante parfois en
disant que sa rivale, mon ordinateur, trône dans son salon. Et
d'une certaine manière, ce n'est pas totalement faux quand on
calcule le temps passé sur Internet pour gérer le site
: non seulement le mettre à jour mais aussi répondre au
courrier des internautes qui veulent des compléments d'informations,
des renseignements pratiques sur le Burkina et qui vous croient en mesure
de leur donner satisfaction à tous les coups. Au point que de
passe-temps, c'est devenu un bouffe-temps. Peut-être que le site
a atteint une envergure qui nécessite qu'il soit géré
autrement. Mais il faut trouver les moyens pour ce faire et ça,
c'est une autre difficulté.
L.P : Le site rapporte-t- il de l'argent à ses géniteurs
? Est-il subventionné ?
C.P : Je reçois certes beaucoup messages d'encouragements, de
témoignages de sympathie, des soutiens ponctuels de personnes
qui apprécient le travail qui est fait mais le site n'est pas
subventionné et il ne rapporte pas d'argent. A part les bannières
publicitaires de Google qui sont un service proposé à
tout webmaster et qui peuvent rapporter quelques euros en fonction des
taux de consultations par les internautes.
Pour le moment, tout ce qui est sur le site est gratuit. Même
les bannières publicitaires d'institutions ou de sociétés
nationales comme TELMOB, la CAMEG, Air Burkina, les ouvrages en librairie,
etc. sont gratuitement affichés. Je n'ai pas reçu même
un mot de remerciement de leur part, encore moins une subvention. Il
est vrai aussi qu'ils n'ont rien demandé car c'est moi qui ai
décidé de les afficher car ça peut être utile
pour le public au regard de certaines demandes de renseignements.
Je pense que le site peut être rentabilisé plus tard.
Mais aujourd'hui, cela est difficile car la presse en ligne, particulièrement
en Afrique, n'a pas encore trouvé de modèle économique
viable. Mais c'est déjà bien, et même indispensable
d'occuper le terrain car il y a ce qu'on appelle la prime à l'ancienneté
qui veut que ce soit les sites Internet les plus connus du public qui
puissent facilement monnayer leurs services quand le secteur sera plus
mur.
Et il faut souligner aussi que quand vous recevez des témoignages
de sympathie de Burkinabè qui vous écrivent depuis la
Chine, le Japon, La Nouvelle Zélande ou d'autres pays très
lointains ou même du « Burkina profond » (où
ils utilisent les rares minutes qu'ils peuvent avoir, pour vous lire)
et qui vous disent qu'ils arrivent à rester en contact avec le
Faso et à suivre l'actualité nationale grâce à
vos services, c'est une autre récompense.
L.P : Vous avez lancé une newsletter, combien de personnes y
sont abonnées ? Cela ne va t-il pas limiter les visites sur le
site ?
C.P : A la date du 25 octobre, la lettre d'information affichait 1528
abonnés. Elle ne limite pas les visites sur le site sauf si l'abonné
décide de se contenter des titres et des brèves introductions
des articles qu'il reçoit sur son mail. Car le concept de la
newsletter, c'est de signaler les titres des articles du jour. Mais
si l'abonné veut lire l'article et qu'il clique sur le lien,
il est automatiquement conduit sur le site.
La lettre d'information est donc un moyen qui permet à l'internaute
de gagner du temps et de simplifier la consultation des informations.
De même que face à la surabondance de l'information sur
le Net, les sites-portails permettent de guider l'internaute en lui
évitant de faire le tour d'une multitude de sites pour savoir
ce qui se passe sur un pays ou à propos d'une thématique
précise, de même, la lettre d'information donne un fil
conducteur à l'internaute.
Mieux, elle le fidélise car il peut ne pas aller sur un site,
qu'il trouve par ailleurs intéressant, par manque de temps ou
par oubli, mais la lettre d'information vient comme une piqûre
de rappel. Et, aspect non négligeable, elle permet d'entretenir
une relation interactive avec les lecteurs ; ce que beaucoup de sites
commerciaux ont compris en en faisant un instrument de marketing très
efficace.
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