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Les Démons du Crédit Agricole , Comment ils détournent l’argent de l’emploi,

 

Jean-Loup Izambert et Hugo Nhart, Editions L’Arganier, 398 pages, cahier couleur 8 pages, 22 Euro, Diffusion VILO (ISBN 2-912728-08-8). Commandes : tél. : 01.45.77.08.05
L’enquête menée par les deux journalistes d’investigation indépendants Jean-Loup Izambert et Hugo Nhart révèle le plus grand détournement de fonds de l’histoire de la Banque : plus de 19 milliards d’euros !
Pour la première fois dans l’histoire de la Banque, les dirigeants d’un groupe bancaire spolient leurs « actionnaires » majoritaires, les 5,7 millions de sociétaires propriétaires de la richesse du groupe Crédit Agricole Mutuel.
Comment cela a-t-il été possible ?
Tout simplement en détournant la loi de la Coopération, les lois et parfois même les propres statuts du Crédit Agricole qui régissent le fonctionnement des coopératives de crédit que sont les caisses locales de Crédit Agricole. Aucun doute, le dispositif mis en place en 2001 par le gouvernement Jospin est un véritable hold-up au détriment des sociétaires comme le prouvent les auteurs. François Guillaume, ancien ministre de l’Agriculture de Jacques Chirac et ancien président de la FNSEA, estime que « la capitalisation de cette non-participation des sociétaires aux résultats des sociétés coopératives de Crédit Agricole représente près de quinze milliards d’euros ! » De plus, le capital de Crédit Agricole Société Anonyme (environ 4,5 milliards d’euros) est constitué pour environ 55% des réserves accumulées par les caisses locales au fil de décennies, pactole qui appartient aux sociétaires. Sans que ceux-ci aient été consultés il fut même introduit en Bourse !…
La loi de la Coopération n’étant plus respectée, cette façon de pratiquer ouvre la porte à toutes sortes de dérives. Nous retrouvons aujourd’hui le capital des sociétaires dans les places offshore au cœur de curieuses affaires, soulignent les auteurs. Alain Baranger, président du Syndicat National de l’Agriculture et de la ruralité, considère qu’il s’agit « d’une formidable opération de spoliation des sociétaires comme on n’en a jamais vu dans l’histoire du monde bancaire » et demande l’ouverture d’une enquête parlementaire. Un livre indispensable pour défendre ses droits, l’emploi et faire respecter les lois de la République.
Achetez-le ou commandez-le dès aujourd’hui chez votre libraire !

 

Vivre au Soudan aujourd’hui,

 

éditions Le temps des cerises, 2005, 164 p., 12 €


Auteurs : J-P Bastid, M. Curry, S. Doggui, B. Drweski, R. Lacroix, P. Latour, C. Lochon, Y. Vargas, J-M Vernochet
Thèmes :
Le billet du président de l’Appel franco-arabe
Pourquoi le Soudan ?
L’histoire
Les ressources
Les chrétiens
Les femmes
Les partis politiques
Les confréries
La menace des États-Unis d’Amérique
Si on parlait du Darfour ?
Entretien avec Fodel Tijani, ministre d’Etat aux affaires étrangères
Entretien avec Omar El-Bachir, président de la République
Annexe sur les accords Nord-Sud
URL : www.letempsdescerises.net. Tel : 01 49 42 99 11. Courriel : contact@letempsdescerises.net

 

Jonathan Haslam, The Nixon Administration and the Death of Allende's Chile

 

[L'administration Nixon et la mort du Chili d'Allende], éditions Verso, Londres, mai 2005, 228 pages, N) 1 84467 030 9, £12.99 / US$20 / CAN$36
Dans ce livre, l'auteur, qui est professeur d'histoire des relations internationales à l'Université de Cambridge, fait de nombreuses révélations sur la vie et la mort de Savador Allende. S'appuyant sur des documents déclassifiés issus des archives chiliennes, US, soviétiques et est-allemandes, il affirme notamment :
1° - Salvador Allende s'est retrouvé dans le collimateur de Washington dès son accession au poste de secrétaire général du Parti socialiste chilien en 1943;
2° - Sur ordre de Nixon, le Comité des 40, chargé de superviser les opérations clandestines des USA à l'étranger, alloua un million de dollars en mars 1970 pour tenter de bloquer l'élection d'Allende à la présidence;
3° - Allende avait été averti des préparatifs du coup d'État militaire du 11 septembre 1973 contre lui par les services de renseignement sopviétiques, cubains et est-allemands. Apparemment, il n'a pas tenu compte de ces avertissements.
Haslam conclut de sa recherche que le suicide d'Allende a été un "suicide assisté".

 

30 ans après sa mort, Hannah Arendt est devenue une icône


Depuis sa mort, voici 30 ans (le 4 décembre 1975), la philosophe américaine d'origine allemande Hannah Arendt, auteur d'une vaste réflexion sur le totalitarisme, est devenue une véritable icône intellectuelle alors qu'elle était peu connue du grand public de son vivant. Ainsi, le moteur de recherche Google trouve à son nom 1,4 million de résultats, dont 88.000 en français. Dans le monde entier, son oeuvre a suscité ces dernières années un très grand nombre d'articles, d'études universitaires ou d'essais, témoignant de sa modernité. En France, une vingtaine de livres (d'elle ou sur elle) sont sortis depuis 2000. En 2001, Gallimard a réuni en un seul ouvrage les trois parties, jusqu'alors dispersées, de son ouvrage majeur, "Les origines du totalitarisme".

Il explique une forme radicalement nouvelle de domination : le totalitarisme - nazi ou soviétique - né de l'effondrement des structures politiques et sociales traditionnelles au lendemain de la Première Guerre mondiale et de l'avènement du nihilisme en un phénomène de masse. Trois nouveaux livres sortent ce mois-ci. Son "Journal de pensée" couvre, en deux volumes, la période 1950/1973. Il ne s'agit pas d'un journal intime mais d'un "journal-atelier" dans et par lequel elle invente sa pensée. C'est un peu le laboratoire empruntant divers styles (aphorismes, fragments, notes...) d'un esprit avide de liberté, préliminaire à l'accouchement de ses grands livres.

L'essai "Responsabilité et jugement" rassemble des textes inédits de la dernière décennie de sa vie, lorsqu'elle s'efforçait d'expliquer la signification de son livre "Eichmann à Jérusalem", du nom du responsable nazi ayant participé à la solution finale pendant la Deuxième Guerre mondiale. Elle avait alors utilisé pour la première fois le concept de "banalité du mal". Une _expression qui a surpris et choqué parce que, comme elle l'a dit, ce concept "contredit nos théories concernant le mal". Profitant de l'absence d'une biographie récente - la seule disponible en français (au demeurant excellente) remonte à plus de 30 ans, signée par Elisabeth Young-Bruehl -, Laure Adler lui consacre, non pas une biographie à proprement parler mais "un essai biographique".

L'ancienne directrice de France Culture souligne que "les derniers témoins, avant de disparaître, souhaitaient parler. C'est ce nouveau contexte, celui de la dernière chance avant qu'il ne soit trop tard" qui a orienté ses recherches.

Dans le livre "Dans les pas d'Hannah Arendt", elle confronte son oeuvre à ses prises de position politiques, sans les dissocier de sa vie personnelle. "Penseuse d'un aujourd'hui chaotique", cette philosophe qui ne parlait jamais d'elle à la première personne, qui a connu l'exil et la misère matérielle, a été capable de "diagnostiquer les causes du mal qui gangrène nos sociétés", considère l'essayiste. Née à Hanovre en 1906 dans une famille juive, Hannah Arendt, qui fut la maîtresse de son professeur d'université, le grand philosophe Martin Heidegger (Laure Adler revient longuement sur cet épisode), se réfugie en France en 1933 pour échapper à l'Allemagne nazie. Elle quitte l'Europe en 1941 et s'installe aux Etats-Unis où elle est naturalisée en 1951 et réside jusqu'à sa mort, à New York.

("Journal de pensée", éd. Le Seuil, 2 volumes, 1.326 pages, 75 euros; "Responsabilité et jugement", éd. Payot, 318 pages, 22 euros); "Dans les pas d'Hannah Arendt", éd. Gallimard, 650 pages, 28 euros, en librairie le 29 septembre). A signaler aussi le très complet numéro spécial de septembre du "Magazine littéraire" (n° 445, 98 pages, 5,50 euros). Source : AFP, 23 septembre 2005