-« To bear witness », Témoigner,
Éditions Yad Vashem,
-Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Mémoires d'otages. Calmann-Lévy,
2005
-Moustapha Barghouti. Rester sur la montagne. Entretiens sur la Palestine
avec Eric Hazan. La Fabrique, 2005
-Olfa Lamloum. Al-Jazira, miroir rebelle et ambigu du monde arabe. La
Découverte, 2004
-PALESTINE, Le refus de disparaître, de Rezeq Far.
-Prostitution : les esclaves de l'Est, de Jelena Bjelica
-Antonio Guerrero Rodríguez, Desde mi altura/Poèmes de
ma hauteur,
-“Confessions d'un baby-boomer", le livre maudit de Thierry
Ardisson (Après le plagiat, le mensonge)
- La fracture coloniale : la société française
au prisme de l'héritage colonial,
« To bear witness »,
Témoigner, Éditions Yad Vashem, 2005
Depuis 50 ans, Yad Vashem est un lieu de préservation de la mémoire
universelle, un pont entre le monde détruit et la vie renaissante.
Le nouveau musée inauguré en Mars 2005 est un pas de plus
dans l'édification de la mémoire, du rôle éducatif
de Yad Vashem et de son vaste fonds de connaissance.
L'institution continue son œuvre didactique en éditant un
nouvel ouvrage « To Bear Witness », « Témoigner
». Ce livre est rédigé en anglais, mais c'est avant
tout un splendide et émouvant album de photos, de documents,
de reproduction d'œuvres d'art et de dessins. Un ouvrage de très
haute qualité que même, et surtout, les jeunes peuvent
feuilleter pour commencer à aborder cette partie de l'histoire
ô combien douloureuse. Cet album est un véritable vecteur
pédagogique et en même temps un livre témoin pour
ne pas oublier.
Préfacé par le directeur de Yad Vashem Avner Shalev, le
livre invite le lecteur à dérouler les évènements
historiques de la Shoah : la création de Yad Vashem, le nouveau
musée, le monde juif avant la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne
nazie et les Juifs de 1933 à 1939, le déclenchement de
la guerre et des violences anti-juives, les ghettos, la Solution finale,
la déportation et l'extermination dans les camps de la mort,
la Résistance et le sauvetage, le monde des camps, la libération
des camps, les personnes déplacées et la création
de l'Etat d'Israël, les Justes, le souvenir de la Shoah à
Yad Vashem.
Pour acquérir cet ouvrage et sortir vos mouchoirs :
Service publication, e-mail: publications.marketing@yadvashem.org.il
Plus d'informations sont disponibles sur le site http://www1.yadvashem.org/about_yad/index_about_yad.html
Chesnot et Malbrunot, Mustapha Barghouti, Olfa
Lamloum
La liberté prise en otage : la tourmente du monde arabe trouve
écho dans trois ouvrages
par Taïeb Moalla, le Soleil, Montréal, 11 septembre 2005
De l'Irak à l'Égypte en passant par les territoires palestiniens
occupés, l'actualité du monde arabe est difficile à
cerner. L'espoir suscité par l'émergence d'une alternative
politique et médiatique démocratique ne peut pas faire
oublier le chaos total dans le nouvel Irak, à témoin trois
parutions qui sont arrivées sur les rayons ces derniers temps.
Entre le 20 août et le 21 décembre 2004, deux journalistes
français - Christian Chesnot et Georges Malbrunot - ne racontaient
plus l'actualité : ils la faisaient. Détenus en Irak pendant
124 jours par l'Armée islamique en Irak (AII), ces deux spécialistes
du Moyen-Orient ont vu la mort de près. Leur livre décrit
quatre mois d'angoisses, de terreur, d'espoir et - finalement - de délivrance.
Le bouquin, Mémoires d'otages, fourmille d'anecdotes et de situations
surréalistes telle la scène où les confrères
aident leurs kidnappeurs à la mise en scène des fameux
enregistrements vidéo que les téléspectateurs verront
par la suite sur Al-Jazira. Doit-on conclure qu'ils ont souffert du
syndrome de Stockholm ? Chesnot et Malbrunot s'en défendent bien.
Pour eux, il fallait avant tout conserver de bonnes relations avec leurs
ravisseurs et leur rappeler constamment la position officielle de la
France, opposée à la guerre et à l'occupation de
l'Irak.
Outre le récit des longues journées de détention,
le livre comporte une "contre-enquête" visant à
décrire les négociations entre l'AII et les autorités
françaises. Ceux qui aiment le monde secret des services de renseignement
en auront pour leur argent.
Alternative démocratique ?
Vu de loin, le paysage politique palestinien semble se résumer
à une Autorité palestinienne (AP) aussi corrompue qu'inefficace
talonnée par un mouvement fondamentaliste - le Hamas - pour lequel
le conflit israélo-palestinien revêt avant tout un aspect
religieux. Pourtant, il existe bien une alternative progressiste incarnée
par le Dr Moustapha Barghouti, cofondateur de la Nouvelle initiative
palestinienne, qui a recueilli 19,8 % des suffrages lors des élections
présidentielles de janvier 2005.
Dans Rester sur la montagne, un livre d'entretiens, réalisés
par Eric Hazan, M. Barghouti expose les idées directrices de
sa vie militante et ses espoirs pour une future Palestine démocratique.
Tout en décriant la violence quotidienne subie par les Palestiniens
à cause de l'occupation de leurs territoires, il ne ménage
aucunement l'AP, responsable en partie des malheurs de son peuple. Le
médecin de 51 ans note que l'incroyable amateurisme des négociateurs
palestiniens lors des accords de paix d'Oslo, la corruption grandissante
au sein de l'AP, l'inquiétante confusion des genres entre les
instances du Fatah (le parti au pouvoir) et celles de l'Autorité,
le contrôle accru sur la société civile et la militarisation
de l'Intifada ("qui a permis à Israël de présenter
l'affaire comme un conflit entre deux forces armées") sont
autant de raisons qui le poussent à émettre une opinion
dissidente.
M. Barghouti se distingue aussi par sa vision "internationaliste"
de la lutte. Selon lui, "la question palestinienne est aujourd'hui
une question de principe internationale, ce n'est pas une affaire de
nationalisme. C'est du même ordre qu'en son temps la guerre du
Viêtnam (...) car cette guerre était le symbole de l'oppression
d'êtres humains".
Dans ses entretiens, le militant n'oublie pas de critiquer les médias.
"Le plus grand choc a été l'attitude des chaînes
de télévision arabes supposées "professionnelles"
(lire Al-Jazira) qui, sans doute soumises à des pressions politiques,
ont elles aussi pris position pour le candidat du Fatah (Mahmoud Abbas,
actuel président palestinien)", dit-il.
Al-Jazira : la CNN du monde arabe
"Le monde regarde CNN et CNN regarde Al-Jazira." C'est par
ce slogan, affiché dans le siège d'Al-Jazira ("la
péninsule" en arabe), que la politologue Olfa Lamloum introduit
son livre consacré à la chaîne qatarie, Al-Jazira,
miroir rebelle et ambigu du monde arabe. À la limite de l'arrogance,
le slogan résume à lui seul les ambitions d'Al-Jazira
: être la principale source d'information au monde. Au grand dam
de ses pourfendeurs, la chaîne semble réussir son pari
fou.
Dans ce livre fort bien documenté, Olfa Lamloum décrit
une chaîne de télévision qui, malgré les
contradictions inhérentes à ses origines, à son
financement, à ses choix éditoriaux et à sa couverture
médiatique, contribue à remodeler l'espace médiatique
arabe et mondial. Créée en 1996, Al-Jazira se singularise
rapidement par sa liberté de ton. Elle ose aborder des thèmes,
tels l'opposition politique, les réformes démocratiques,
l'alternance au pouvoir, jusqu'alors tabous dans le monde arabe. S'y
expriment librement, et régulièrement, des opposants politiques
ayant rarement eu accès auparavant aux médias de leurs
propres pays et d'anciens acteurs majeurs de la scène politique
dans le monde arabe, qui réécrivent l'histoire officielle
de leurs États.
Ainsi, les téléspectateurs du monde arabe, habitués
à la langue de bois de la presse officielle de leurs pays, bénéficient
allégrement de l'éthique journalistique pluraliste d'Al-Jazira
résumée par le slogan "l'opinion et son contraire".
La chaîne respecte scrupuleusement ce leitmotiv lors de toutes
ses émissions consacrées, pour l'essentiel, à l'information.
Non seulement semble-t-elle révolutionner le paysage médiatique
arabe, mais elle contribue à équilibrer le rapport de
forces politiques au sein de ces États autoritaires en offrant
aux acteurs politiques du monde arabe un auditoire de quelques millions
de téléspectateurs.
En donnant la parole à des leaders d'opinion qui en sont généralement
privés, Al-Jazira suscite l'ire des pouvoirs politiques habitués
au monopole de l'information. Olfa Lamloum rappelle, à juste
titre, que "parce qu'elle (Al-Jazira) est trop regardée
à leur goût par leur population, les régimes arabes
lui ont, pour leur part, souvent déclaré la guerre. Depuis
son lancement en 1996 jusqu'au début 2004, plus de cinq cents
plaintes émanant de pays arabes ont été déposées
auprès du gouvernement qatari contre la chaîne".
Finalement, l'ouvrage se démarque clairement de la vision "néo-orientaliste"
qui "s'arroge le droit de traiter avec condescendance tout ce qui
relève de l'arabité ou de l'islamité". Il
arrive à ses fins en déconstruisant l'image inquiétante
et haineuse d'Al-Jazira, qualifiée par ses détracteurs
de "chaîne de ben Laden".
PALESTINE, Le refus de disparaître, de
Rezeq Far.
À paraître aux éditions de la Pleine lune, Montréal,
octobre 2005. ISBN 2-89024167-X, 176 pages,
20 $. Éditions de la Pleine Lune, tél. : (514) 637-6366.
Pour commander : Rezeq Faraj rfaraj@videotron.ca
PALESTINE, Le refus de disparaître est un éloquent plaidoyer
en faveur de l'instauration d'une paix juste et durable en Palestine.
En première partie de cet ouvrage, on retrouve des textes et
des récits sur la vie quotidienne des hommes, des femmes et des
enfants palestiniens qui font face chaque jour à l'armée
israélienne, aux bouclages, aux checkpoints, aux couvre-feux,
au rationnement de l'eau, à la démolition de leurs maisons,
à l'expropriation de leurs biens et de leurs terres et à
l'enfermement : un lent processus d'asphyxie systématiquement
organisé par l'occupant.
La seconde partie du livre regroupe une série de conférences
traitant de questions historiques et politiques dont, entre autres,
celles de Nakba ( Catastrophe) de 1948, du colonialisme israélien,
du contrôle de l'eau, de la construction du mur, des négociations
de paix et des perspectives d'avenir.
Cet ouvrage, abondamment illustré de cartes et de photos, se
termine par le rapport d'une mission faite en Palestine en octobre 2002
par la Coalition pour la justice et la paix, mission à laquelle
participait l'auteur. Rezeq Faraj, Québécois d'origine
palestinienne, est un pacifiste bien connu qui milite depuis de nombreuses
années pour la reconnaissance des droits humains fondamentaux
des Palestiniens. Il est co-président et cofondateur de l'organisme
Palestiniens et Juifs unis (PAJU). Palestine, Le refus de disparaître,
Rezeq Faraj. La Pleine Lune, Montréal, octobre 2005. ISBN 2-89024167-X,
176 pages, 20 $.
Prostitution : les esclaves de l'Est, de Jelena Bjelica, éditions
Paris Méditerranée et Le Courrier des Balkans. Préface
de Claude Boucher. Paru le15 septembre 2005, 192 pages, 16 euros
Le livre
De la Roumanie à la France, Jelena Bjelica remonte les filières
du crime organisé et de la prostitution. Rencontres, témoignages,
son récit donne la parole aux femmes bafouées et aux organisations
qui les défendent. On suit avec elle l'itinéraire de prostituées
de l'Est : comment elles se sont fait piéger, comment elles ont
vécu l'enfer et comment elles ont survécu Les mots sont
durs, mais le récit est limpide. Et surtout nécessaire.
Ce livre n'est pas un essai, c'est un cri de révolte. Contre
les politiques corrompus, contre les profiteurs de misère, contre
les gouvernements occidentaux qui ferment les yeux.
Engagée mais lucide, Jelena est avant tout une journaliste.
L'enquête est minutieuse, elle fait taire les rumeurs et dissipe
les légendes. D'une part, elle dénonce, à l'Est,
l'implication des politiques dans l'organisation de la traite et, d'autre
part, en Europe occidentale, elle souligne l'incohérence des
programmes de lutte.
L'Europe communautaire qui se cherche n'a visiblement pas encore trouvé
un système efficace pour protéger les victimes de l'exploitation
sexuelle. Car comme le souligne Jelena, la lutte doit être mené
à l'échelle du continent. Ce livre est également
l'occasion de rendre hommage aux associations qui dénoncent les
réseaux criminels et qui défendent les prostituées
(Le Bus des Femmes, le Nid, Karo, la Strada). Elles fournissent à
ces femmes un accompagnement sanitaire nécessaire (distribution
de préservatifs), et leur apportent un soutien moral indispensable.
Jelena nous offre donc un témoignage simple et bouleversant,
un livre plein d'humanisme et de compassion. Avec cet ouvrage, la traite
des femmes n'est plus un mythe, une réalité fantasmée,
c'est désormais une expérience concrète que nous
devons combattre.
L'auteure Jelena Bjelica est née à Belgrade en 1977.
Cette jeune journaliste serbe a été correspondante de
la presse de Belgrade à Sarajevo en 1996-1997. Depuis 2000, elle
travaille sur la prostitution forcée et la traite des êtres
humains, dans les Balkans et dans toute l'Europe. Elle est reconnue
comme l'une des meilleures spécialistes de ce dossier. Militante
féministe, engagée dans les réseaux de résistance
au nationalisme (mouvement Otpor, Centre pour la décontamination
culturelle de Belgrade, etc..), elle est aujourd'hui correspondante
régulière pour le Kosovo du quotidien Danas de Belgrade.
Elle dispose également d'une chronique dans l'hebdomadaire albanais
du Kosovo Java et elle collabore à l'Osservatorio sui Balcani.
Elle a publié en 2002 un manuel pour les journalistes : la traite
des êtres humains dans les Balkans. Ce livre, édité
en serbe, a été traduit en anglais et en albanais. En
2004, elle a obtenu le prix Press Freedom Award - Signal for Europe,
décerné à Vienne par Reporters sans frontières
- Autriche.
Les éditeurs Les Editions Paris-Méditerranée publient
depuis 10 ans des ouvrages consacrés à tous les aspects
de la culture méditerranéenne en privilégiant,
mais sans exclusivité, les pays du Maghreb, et en développant
une politique de coédition avec les éditeurs de ces pays.
Naturellement, les Balkans ont pris une place privilégiée
dans la production de la maison d'éditions. Paris-Méditerréne
est l'éditeur de la revue Seine et Danube, a publié de
grands écrivains roumains (Benjamin Fondane, Anatol Baconsky),
des beaux livres sur la Moldavie, la Grèce, la Roumanie, Brancusi...
L'espace ex-Yougoslave n'est pas absent des publications, au travers,
notamment, d'essais politiques et de livres pour la jeunesse. Depuis
sa création en 1998, le Courrier des Balkans, premier site d'information
francophone sur la région (+ de 300 000 pages vues / mois), cherche
à construire des ponts entre les médias et les opinions
publics des pays francophones et ceux de l'Europe du sud-est.
Engagé dans le soutien aux médias indépendants,
le Courrier des Balkans a établi des relations de partenariat
avec tous les titres de qualité de la région : Delo, Mladina
(Slovénie), Oslobodjenije, Dani, Nezavisne Novine (Bosnie-Herzégovine),
Danas, Vreme (Serbie), Monitor (Monténégro), Korrieri,
Klan (Albanie), Dilema Veche (Roumanie), et des dizaines d'autres...
La question de la criminalité organisée et du développement
des réseaux mafieux est aujourd'hui l'un des principaux obstacles
à une véritable démocratisation de la région,
pourtant théoriquement appelée à rejoindre l'Union
européenne.
Dans cette perspective, le CdB essaie de multiplier analyses et reportages,
pour contribuer à ce que les opinions publiques s'approprient
pleinement ce défi de la lutte contre le crime organisé,
et tout particulièrement de la traite des êtres humains.
Sur ce dossier tragique, le travail de Jelena Bjelica est incontournable.
C'est pourquoi nous avons engagé un partenariat qui aboutit à
la double publication de son livre, à Belgrade et à Paris.
La version serbe, Na tragu Slobode. Trgovina ljudima u Evropi, est paru
en avril aux éditions Samizdat B92. Une traduction albanaise
doit paraître à Tirana à l'automne.
Des réunions publiques de promotion et de discussion autour
de ce livre et des thématiques abordées ont eu lieu à
Belgrade, Sarajevo, Tuzla, Pristina, ce qui prouve l'impact régional
de ce projet, élaboré par le Courrier des Balkans et soutenu
par la Direction du développement et de la coopération
suisse (DDC), et la Fondation du Roi Baudouin (Bruxelles).
Pour tous renseignements:
Le Courrier des Balkans, Centre Marius Sidobre, 26 rue Emile Raspail,
94110 Arcueil
France, 08 70 72 22 26, balkans@balkans.eu.org
Responsable du projet : Laurent Geslin, 06 84 33 62 47, Laurent.g.geslin@wanadoo.fr
Edition Paris-Méditérranée, 87 rue de Turenne ,
75003 Paris, France, 01 40 29 04 80, editionsparismediterranee@wanadoo.fr
Antonio Guerrero Rodríguez, Desde mi altura/Poèmes de
ma hauteur,
Éditions L'Harmattan, collection "Poètes des 5 continents",
12 euros.
Antonio Guerrero, prisonnier politique cubain aux USA, depuis 1998 et
condamné à vie + 10 ans, est né à Miami
(États-Unis) le 16 octobre 1958. Sa famille revient à
Cuba après la Révolution. Obtient son diplôme d'ingénieur
en construction aérienne à l'Université de Kiev
(alors en Union Soviétique). A travaillé à l'agrandissement
de l'aéroport de Santiago de Cuba. Marié à une
citoyenne étasunienne, a deux fils.
Ses poèmes "Desde mi altura" ("Depuis ma hauteur",
une allusion à l'étage de sa cellule dans sa première
prison) ont été publiés en espagnol et en anglais
(traduits par sa compagne). Il fait partie des cinq Cubains emprisonnés
pour avoir infiltré les groupes d'opposants terroristes au régime
cubain de Miami, et pour lesquels une campagne est en cours à
travers le monde entier.
Préface à l'édition cubaine originale
(Desde mi altura, editorial José Martí, La Havane)
par Roberto Fernández Retamar, La Havane, 18 juillet 2001.
Tandis que l'on me priait de rédiger ces quelques mots, et tout
en lisant Poèmes de ma hauteur, deux anthologies me revenaient
en mémoire : celle des Poètes de la guerre (d'indépendance
de Cuba contre l'Espagne) publiée à New York en 1893,
préparée et préfacée par José Martí
; Poésie tronquée (La Havane, Casa de las Américas,
1977), préparée et préfacée par Mario Benedetti
: ce sont là les deux auteurs auxquels se réfère
constamment et avec la plus vitale admiration Antonio Guerrero. Ce n'est
pas à proprement parler un poète de la guerre, mais de
la paix ; et d'ailleurs sa poésie n'est nullement tronquée.
Pourtant il appartient bien à la famille de ceux qui figurent
dans ces anthologies.
Quand José Martí commente avec émotion des vers
faits en pleine cambrousse « en ces jours où les hommes
signaient leurs quatrains de leur sang », il s'écrie :
« Leur littérature n'était pas dans ce qu'ils écrivaient,
mais dans ce qu'ils faisaient. Ils rimaient parfois de travers, mais
seuls les pédants et les gredins pourraient le leur reprocher
: car ils mouraient comme il faut. » Et plus loin : « La
poésie écrite est le degré inférieur de
la vertu dont elle émane », car « l'homme est supérieur
à la parole ». Benedetti pour sa part faisait allusion
aux poètes qu'il retenait en ces termes : « Certains peut-être
étaient des révolutionnaires qui faisaient en outre des
vers, tandis que d'autres étaient des poètes qui en outre,
se battaient pour la révolution. À présent, quoi
qu'il en soit, les voici tous ensemble. » C'est le temps qui dira
à quelle catégorie Antonio Guerrero appartient.Son livre
est né, comme le disait Cervantes de son Don Quichotte, du fond
« d'une prison, où toute irritation trouve sa place »
et pourtant, ses vers sont débordants d'amour, de solidarité
et d'espérance, au point qu'il parvient à écrire
:
« C'est presque incroyable, mais je ne suis pas seul »parce
qu'il sait que son pays est avec lui, son pays qu'il a défendu
dans des conditions très difficiles, héroïques.
Préface à l'édition française par
Maria Poumier, Paris, septembre 2005
Il s'appelle « guerrier », c'est un patronyme répandu
en espagnol, il écrit depuis une prison où ses combats
l'ont mené, dans le cadre de la grande guerre entre le déploiement
de barbarie états-unienne et la résistance instinctive
de tous ceux qui la voient de près. Il écrit des poèmes
nés de ce choix vital d'être soi, d'être à
la hauteur de son nom, que la plupart des gens ne mettent pas en mots,
et qui déborde les explications rationnelles, le débat
sur le pour et le contre, le tort et le bénéfice. C'est
la matière même de l'engagement au service de quelque chose
qui soit plus haut que soi, et de l'action historique de longue portée,
le choix de l'esprit contre la servitude et la servilité.
Les textes d'Antonio Guerrero paraissent presque détachés
de leur contexte : ni la couleur locale, ni le décor concret,
ni le credo idéologique, ne transparaissent dans ses vers ; nous
retiendrons qu'il s'agit d'un Cubain qui a choisi d'infiltrer les organisations
de Miami spécialisées dans l'organisation d'attentats
pour renverser le gouvernement constitutionnel de Cuba. Voici maintenant
cinq ans qu'il est en prison, avec quatre autres camarades, après
un jugement qui le condamne à la perpétuité plus
dix ans de prison, à l'issue d'un procès qui bafoue les
lois mêmes de Etats-Unis. Il est considéré «
terroriste » alors qu'il luttait contre des terroristes reconnus
comme tels par les lois américaines, et alors que son gouvernement
a offert aux Etats-Unis sa collaboration pour lutter contre le terrorisme.
Antonio Guerrero n'est impliqué dans aucune espèce de
crime, mais il ne prétend nullement apparaître comme la
victime d'une injustice ; sa poésie singulière fait entrevoir
une personnalité tendue par la volonté : s'il prend la
plume et s'exerce à l'art du langage, c'est dans le prolongement
de son travail au « service de l'intelligence », comme l'appellent
les gouvernements et les agents secrets. Non seulement il donnait jusqu'à
son arrestation les informations nécessaires pour assurer son
gouvernement de la connaissance des faits réels, que masque et
maquille la propagande, mais en outre, il a développé
une intelligence générale sur le monde et sur notre place
au cour de celui-ci.
Cette recherche de la profondeur lui fait écarter de son écriture
l'évocation du cadre cubano-états-unien de son combat
; le cadre qui nous entoure constitue notre habillage quotidien, fait
de stimulations contradictoires, appelant de notre part une constante
adaptation à des rôles précis, auxquels nos interlocuteurs
nous identifient. Nos différents personnages s'avèrent,
lors des crises, être autant de déguisements de notre véritable
personne, n'être que des costumes, dont les circonstances adverses
peuvent nous dépouiller. Antonio Guerrero a choisi, avant même
de prendre la plume, de renoncer à toutes les identités
que son travail d'agent secret lui a appris à superposer, pour
ne garder de lui-même que le squelette spirituel, le support d'où
jaillit son élan pour affronter la contre-intelligence de l'empire
américain. Le gouvernement cubain est ouvertement désigné
par celui-ci comme digne d'être attaqué par tous les moyens,
depuis l'arsenal des mensonges relayés par les médias
jusqu'à l'usage des armes biologiques et psychologiques, moyens
parfaitement avérés à ce jour, en attendant une
opération militaire, et sans renoncer à la préparation
d'attentats contre le chef de l'Etat cubain, pratique constamment renouvelée
et tenue en échec depuis 1959.
Aussi, ce poète nous donne-t-il à voir, dans des textes
d'une grande sobriété, une ossature secrète, révélatrice
de sa stature, celle qui lui donne, comme l'annonce très justement
le titre, toute sa hauteur. Cuba a donné bien des textes issus
de prison ; José Martí, artisan de l'indépendance
contre l'Espagne et très grand écrivain, avait été
condamné à six ans de réclusion criminelle à
l'âge de dix-sept ans, en 1870 ; il en tira un réquisitoire
(El presidio político en Cuba), sur les conditions de détention
au bagne, où il montre ce que d'autres prisonniers, souffrant
encore plus que lui, lui ont appris. Fidel Castro, en 1956, tira de
l'emprisonnement un plaidoyer et un programme révolutionnaire,
bien connu sous le titre « L 'histoire m'absoudra ». Ces
emprisonnements produisirent de prodigieux élans : José
Martí parvint à organiser et à déclencher
la guerre contre l'Espagne, et à lui donner une profondeur théorique
telle que son projet de société et de « guerre sans
haine » inspire encore le gouvernement cubain cent ans plus tard:
c'est une purification intime et collective qu'il avait mise en chantier,
et qui passe par l'affrontement avec des adversaires concrets, apparemment
très puissants, mais fragiles car dépourvus d'énergie
spirituelle. Fidel Castro défie depuis plus quarante ans le pays
qui aspire au contrôle mondial, et sa ruse efficace est un modèle
qui force l'admiration, inspirant partout dans le monde des leçons
à imiter dans les conditions de la faiblesse.
L'écriture d'Antonio Guerrero s'inscrit dans cette prodigieuse
dynamique qui a traversé plusieurs générations
et qui rayonne chaque jour un peu plus, au fur et à mesure que
la résistance de Cuba aux schémas hégémoniques
se confirme. L'Empire le tient en captivité depuis cinq ans exactement
aujourd'hui ; depuis trois ans, le même empire a installé
un grand bagne pour « terroristes » à Guantánamo,
sur une portion minuscule du territoire cubain, une base militaire qu'il
détient en location forcée depuis 1898 ; on annonce l'agrandissement
des installations, qui pourront contenir 1100 personnes. Le même
empire a ouvert le camp de Bagram en Afghanistan, et de Cooper près
de Bagdad.
On ignore généralement que c'est avant même l'époque
de José Martí que Cuba a commencé à faire
l'objet de la méfiance des Etats-Unis. En effet, de par sa position
géographique même, cette île agit comme un aimant
qui polarise les énergies pouvant se dresser pour faire barrage
à leur expansionnisme et à leur ambition hégémonique.
C'est pourquoi, quoiqu' avec des atermoiements sur la manière
de contrôler effectivement le pays, les Etats-Unis ont toujours
cherché à rogner sa souveraineté, avec l'occupation
militaire de 1898 à 1902, puis l'amendement Platt imposé
à la constitution cubaine, en vigueur de 1902 à 1934 ;
simultanément, la main mise sur les ressources et la corruption
étaient encouragées, tandis que s'aggravait la pénétration
de la maffia, dans la branche aux ordres de Meyer Lansky. Ainsi progressa
la dénationalisation du pays jusqu'en 1958.
A partir du moment où une révolution populaire a triomphé,
en 1959, avec une charge d'exemplarité exceptionnelle, et une
équipe dirigeante habile, les gouvernements successifs des Etats-Unis
ont cherché à renverser le gouvernement cubain, comme
ils avaient réussi à le faire au Guatemala en 1954, par
la combinaison de tous les moyens possibles. Cette logique a été
reconnue par l'historien Arthur Schlesinger, conseiller du président
Kennedy pour les relations avec l'Amérique latine.
Le contexte mondial actuel rend le danger encore plus grand pour Cuba.
Israël est le seul pays au monde à soutenir l'agression
systématique des Etats-Unis contre Cuba depuis sa création,
parce que Cuba a été le seul pays d'Amérique latine
à résister aux pressions et à voter contre la création
de l'Etat juif en 1947 ; on ne le dira jamais assez, puisque cela fait
partie d'une histoire diplomatique ouverte à toutes les curiosités,
mais dont la plupart des journalistes et autres éminents spécialistes
détournent pudiquement le regard. Israël, comme les Etats-Unis
à Guantanamo, a également un camp de torture pour les
prisonniers politiques, un certain « entrepôt 391 »,
où sévit le très international expert « John
Israel ». La collusion entre intérêts israéliens
et américains s'exerce en Amérique latine comme au Proche
Orient, avec la main mise sur les paramilitaires colombiens, les tentatives
de déstabilisation du gouvernement « bolivarien »
au Venezuela, et les chantages sur tous les gouvernements. Cuba représente,
comme la Palestine, un bastion de résistance où se joue,
comme le disait si prophétiquement José Martí,
« l'équilibre du monde ». Les menaces d'invasion
de Cuba sont permanentes, et c'est à Miami, bastion sioniste
et bastion des anticastristes liés aux maffias, que l'on a crié
dans l'euphorie, en 2003 « Après l'Irak, Cuba ».
C'est à Miami aussi, naturellement, que l'on a maintenant aggravé
les sanctions contre Antonio Guerrero et ses quatre camarades.
Dans le cas des « Cinq de Miami », dont Antonio Guerrero
et Ramón Labañino sont les condamnés à vie,
comme dans tous les bagnes politiques des puissances coloniales, les
lois nationales sont largement bafouées, outre les lois internationales
sur le respect dû aux prisonniers politiques. Pour compléter
l'évocation du contexte, rappelons que la famille Bush encourage
les actions terroristes en direction de Cuba, le terroriste (fier des
sabotages qu'il a reconnu avoir organisés, dont un attentat aérien
qui fit soixante-dix victimes civiles) Orlando Bosch (d'origine cubaine)
ayant été tiré de prison en 1990, tandis que l'organisateur
du soutien à la contra nicaraguayenne Otto Reich (d'origine cubaine
également) a retrouvé les pleins pouvoirs (c'est lui que
le scandale de l'Irangate incriminait au premier chef) comme conseiller
de Bush II. L'ingérence militaire, financière et para-militaire
des Etats-Unis au Nicaragua est le seul cas de terrorisme d'Etat ayant
jamais été qualifié comme tel par l'ONU et condamné,
bien entendu sans le moindre effet. Le gouvernement cubain a fait la
preuve en 2003 des agissements inadmissibles, visant à le déstabiliser,
du nouveau représentant des Etats-Unis à la Havane, James
Cason. Antonio Guerrero, en s'exprimant, donne voix à tous ceux
que le combat pour la défense de leur pays contre l'invasion
étrangère conduit au cachot. Il est conscient de ce rôle
exceptionnel ; la captivité stimule souvent le chant, exacerbe
la capacité de création, mais les fruits ne sont pas toujours
à la hauteur de l'attente de ceux qui sont dehors, qui ont le
choix de leurs lectures. Dans le cas particulier, la surprise le dispute
à l'admiration : voici un conspirateur qui n'avait pas exercé
de talent littéraire particulier, et qui trouve tout naturellement
un style d'un grand classicisme. Le titre qu'il a choisi est la condensation
de toutes les facettes d'une certaine hauteur : c'est un homme de petite
taille ; sa cellule est au douzième étage ; et la prison,
loin de l'abattre, l'a grandi ; il est serein dans la défaite,
et il a trouvé les structures les plus solides pour transmettre
son sentiment : une versification mesurée, à l'ancienne,
une forme strophique traditionnelle ; puis, après quelques tâtonnements,
le moule qui convient à sa rigueur sans failles: le sonnet, cette
cristallisation de l'esprit de perfection dans la culture européenne.
Que Guerrero, dans son confinement prolongé, ait débouché
sur le sonnet, comme un logis qui lui convient, est un bonheur à
plus d'un titre. Un autre grand poète cubain, Cintio Vitier,
a signalé (dans des sonnets, d'ailleurs) que le sonnet agit sur
l'inspiration comme une geôle serrée, que son schéma
très contraignant exacerbe l'émotion. Les poèmes
d'Antonio Guerrero sont sobres et tendres, empreints de naturel ; il
se refuse aux acrobaties verbales qui réduisent souvent le culte
du sonnet à un rituel maniériste. À l'image de
son existence, il a reconnu dans cette forme fixe l'excellence robuste
qui lui convient. En effet, l'étroitesse des quatorze vers du
sonnet a la charge centrifuge de l'abstraction mathématique,
capable de formuler les lois universelles du monde le plus concret.
C'est une forme féconde dans toutes les langues indo-européennes,
et sans doute la seule, sans altération de ses règles
au fil des siècles, parce que son universalité repose
sur une combinaison de nombres premiers qui imite les rythmes cosmiques
sensibles à l'humain[1].
Les poèmes d'Antonio sont durs et purs, concentrés sur
eux-mêmes, et pleins de la sagesse stoïcienne la plus solide,
sans pour autant nous sembler secs. Ils contiennent l'effusion dans
les limites les plus strictes et ils ne parlent pas de la faiblesse
humaine dans la captivité. À cette maîtrise exceptionnelle
de la chair misérable, Antonio Guerrero ajoute des échappées
pleines d'humour, cette tonalité si florissante dans la région
de la Méditerranée américaine qu'elle en est comme
le langage propre. C'est que sa force lui vient de tous ceux qui au
dehors, inspirent son courage. Il sait qu'il n'est pas seul, et nul
doute que la réussite de ses textes soit le résultat d'une
transmission inconsciente de toutes les bribes qui nourrissent la formation
du sens esthétique dans l'enfance, par les hymnes repris en chour,
les textes sacrés qui font les familles humaines, au-delà
des dissensions. Témoins d'un héroïsme commun à
tous, ces vers nous disent que le combat d'Antonio Guerrero est au cour
de l'histoire en action, il charrie un héritage que la barbarie
des maîtres du monde n'abolira jamais :
Parce qu'un mur est un mur, tu le sais,
Ma cellule est comme une tache blanche,
Un piège sans soleil, ni lune ni écume
Qui, par moments, se change en barque.
Notes :
[1] - pour le nombre des vers : 14 = 7 x 2 = 28 : 2 ; on a affaire
au chiffre du cycle lunaire, celui qui est directement lié à
nos rythmes physiologiques, et donc psychologiques. - pour l'organisation
des vers : 4 + 4 +3 +3 , ou 4 x 3 +2 ; la combinaison de 4 et 3 est
semblable à la construction en pyramide, qui depuis la base la
plus large, le carré, capable d'engendrer toutes les multiplications,
culmine en pointe de triangles, en point dressé au firmament.
La pyramide tient sur terre à condition que sous la terre, une
autre lui fasse face, culminant dans la profondeur. De même, le
sonnet rayonne toujours, à partir de son dernier vers, la dernière
étape de l'ascension qu'il dessine, en faisant briller son autre
face invisible, son support non formulé, un silence riche de
répercussions mentales: ainsi, entre sa masse visible et celle
des fulgurances intimes qu'il provoque, il laisse en nous l'empreinte
comme d'un diamant, il éblouit et exalte comme une révélation,
tout en répandant le mystère.
“Confessions d'un baby-boomer",
le livre maudit de Thierry Ardisson
par Jean Robin, http://www.tatamis.info, 14 septembre 2005. Courriels
de l’auteur : jean608@noos.fr et jean0608@gmail.com
Contrairement à ce qu'il affirme dans son dernier livre qui sortira
le 16 septembre, son autobiographie " Confessions d'un baby-boomer
", Thierry Ardisson n'a pas plagié " 6 pages "
pour son livre " Pondichéry ", sorti en 1993, mais
au minimum 10 fois plus. Et tout laisse à croire que la moitié
de ce livre n'a pas été écrite par le producteur-animateur
bien connu. Puisque Ardisson a menti sur cette histoire, rien ne prouve
qu'il n'ait pas menti sur le reste de son histoire. Et rien n'oblige
la nouvelle direction de France Télévisions, si elle veut
être crédible, à garder dans ses rangs un plagieur
doublé d'un menteur avérés. Explications.
Thierry Ardisson : un DJ modèle
Il semble bien que l'admiration vouée par Thierry
Ardisson au phénomène " Dee-Jay " (DJ, de l'anglais
'disc-jockey') soit sans limites. En effet, après avoir commencé
par en être lui-même un, à 16 ans, il a instauré
une tradition à la fin de l'émission " Tout le monde
en parle " (l'émission phare qu'il produit et anime) : le
" blind-test ", jeu consistant à découvrir le
nom d'une chanson dès ses premières mesures, lancées
par … un dee-jay.
Mais cette admiration ne s'arrête pas là. En effet, l'une
des caractéristiques de la culture DJ est de créer de
nouveaux morceaux de musique à partir de morceaux déjà
existant. Et Ardisson, qui a rapidement abandonné les clubs pour
se mettre à écrire et faire de la télévision,
ne s'est pas gêné pour importer ces méthodes dans
les milieux qu'il investissait.
Ainsi, en 2002, alors qu'il se plaignait du fait que
l'on plagiait ses idées (en visant notamment Marc-Olivier Fogiel
et Daniela Lumbroso), il interviewait Jean-Paul Gaultier le 26 janvier
dans "Tout le monde en parle". L'ennui c'est qu'il plagiait
ainsi son propre entretien avec le même invité quelques
jours auparavant dans l'émission "Rive Droite, Rive Gauche"
sur Paris Première. (source : www.boycottes.com)
Bien pire, en 1994, il est convaincu de plagiat pour
le livre " Pondichéry ", aux éditions Albin
Michel. Ne pouvant apparemment pas faire autrement, il se fait même
fort de l'avouer, dans un quotidien de grande diffusion :
" C'est une connerie, c'est vrai. J'ai piqué 70 lignes sur
un bouquin de 300 pages (...), mais cela ne m'empêchera pas d'en
écrire un autre. " (France-Soir, 14 février 1994),
et n'oubliait pas au passage d'endosser le rôle de la victime
: "J'en ai été profondément humilié.",
comme le rapportait le quotidien Libération
Rien de nouveau sous l'Ardisoleil, me direz-vous :
on sait déjà tout ça !
Oui, mais cela ne coûte rien de se rafraîchir un peu la
mémoire, au moment où sort son nouveau livre, difficilement
un plagiat celui-là (encore que), son autobiographie ("
Confessions d'un baby-boomers ", éditions Flammarion, 18,91€
sur fnac.com). Et dans cette autobiographie, qu'apprend-on ?
" On m'en parle depuis 10 ans de ces six pages
recopiées sur les trois cents que comporte le livre ! J'ai pris
dix piges ! Y a des jours, je ne sais pas si toutes les vérités
sont bonnes à dire. […] Cette faute m'a complètement
coupé les ailes. Mon intérêt pour l'écriture
s'est effondré sous le poids d'une espèce de culpabilité
sociale de petit-bourgeois, mais surtout de honte intime. […]
Pondichéry. Je n'aime pas cette cicatrice-là. " p.
300 - 301.
Quelques mois avant l'annonce de la sortie de cette
autobiographie, et avant même d'en apprendre l'existence, ma curiosité
m'avait poussé à relancer les recherches sur son plagiat
avéré, pour être sûr de n'avoir pas été
dupé deux fois. Et la conclusion est en ligne avec le reste :
Ardisson a bien menti au public deux fois de suite, et ce royalement.
(après tout, Ardisson ne se dit-il pas royaliste ?)
Après le plagiat, le mensonge
Comme il l'avoue lui-même dans " Confessions…
", Ardisson a bâti sa carrière sur le mensonge : "
Mais ce qui nous faisait bouffer, c'était la pub, et il fallait
commencer par trouver des clients. […] Tu parles. Tu parles tout
le temps. Il faut parler en permanence. Un temps mort et t'es mort.
Il faut être surtout bon menteur. La pub, c'est de la pédagogie
menteuse." p. 176 - 177
Le journaliste qui l'interviewe, Philippe Kieffer,
ne peut s'empêcher de se poser lui aussi la question, mais il
ne prendra pas la peine de vérifier l'information sur Pondichéry
:
" Combien de fois, pendant ces entretiens, j'ai
pu interrompre Thierry d'un " Attends, t'es bien sûr de ne
pas réinventer ou enjoliver un maximum, là ? " Combien
de fois ? Assez souvent pour préférer vous en épargner
la répétition. […] il m'est arrivé, donc,
devant le foisonnement et l'énormité des épisodes
racontés, de me dire : Et si c'était faux ? Si j'avais
affaire au plus illusionniste des mythomanes ? " p. 180
Il avait pourtant tout le temps de le faire, puisqu'il
dit lui-même que ce livre leur ont pris deux ans. Bref, encore
un qui s'est fait avoir par le docteur ès mensonge Ardisson,
qui se permet encore d'en rajouter une couche :
" J'ai pas mal de défauts, Philippe, ça
ouais ! Mais je ne suis pas mytho ! Putain, je ne vois pas l'intérêt
de te raconter des conneries. Ce que je te dis, je l'ai vécu.
Point barre. " p. 180
En effet, il n'y a aucun intérêt, sauf
à ne pas passer pour un menteur !
Après la pub, et bien avant la publication de
" Pondichéry ", Ardisson est devenu un incontournable
du PAF, invitant le gratin du show-biz, de la politique et du 'tout-Paris'
dans ses émissions, pour que ces personnalités lui confient
leurs petits secrets… Et Ardisson, un provocateur dont le style
a été depuis imité par Marc-Olivier Fogiel notamment
(son ennemi juré), n'hésite pas à faire pleurer
ses invités (l'actrice Milla Jovovich par exemple, à qui
il rappelle publiquement que son père est un escroc, ce qui la
vexe profondément et lui fait immédiatement quitter le
plateau) ou à leur faire la morale, comme par exemple Dieudonné
:
" T. Ardisson : Est-ce que vous êtes conscient
quand même que là vous êtes sur une route qui vous
coupe du reste du monde ?
Dieudonné : Qui me coupe du reste du show-business. Mais pas
du monde. Ma salle est pleine depuis le…
T. Ardisson : Non mais ça, vous trouverez toujours des gens pour
aller vous voir. Le Pen il fait 19% des suffrages… " Tout
le monde en parle, décembre 2004
Mieux encore, il ne s'est pas privé d'inviter
d'autres plagieurs convaincus comme lui, Calixthe Beyala par exemple,
condamnée une fois pour plagiat (Le Petit Prince de Belleville,
un an avant Ardisson, en 1992), et qui a plagié dans au moins
deux autres de ses livres suivants, " Les Honneurs perdus ",
et " Assèze l'Africaine ", tous deux parus en 1996.
(source : site www.leplagiat.net)
Il paraissait normal de se replonger dans les vicissitudes
de l'amuseur public n°1, qui semble être le meilleur pour
se placer dans l'attitude de l'accusateur, de façon à
ne pas avoir à jouer le rôle de l'accusé.
En 1993 paraît donc " Pondichéry
", un " succès immédiat " dixit Ardisson
lui-même (" Confessions… p. 299). Mais un prof d'histoire
de la Réunion découvre le pot aux roses, et Ardisson,
en bon communicateur, trouve plus d'avantage à avouer un 'petit'
plagiat que de nier l'évidence, ce qui aurait eu des conséquences
bien plus importantes sur son image, bien qu'il prétende le contraire
dans " Confessions… ". (p. 300)
On nous dit qu'Ardisson et les éditions Albin
Michel ont décidé en 1993 de mettre au pilon tous les
exemplaires de " Pondichéry " (source : site www.leplagiat.net).
Cela paraîtrait d'ailleurs normal, les plagiats étant comme
de la fausse monnaie… Or on peut constater, 13 ans plus tard,
qu'il est toujours disponible sur les sites de vente en ligne (et en
version neuve), que sont Alapage.fr, et Amazon.fr, notamment (2 des
sites de vente de livres les plus importants de l'internet français).
Réaction de cette maison d'édition interrogée sur
le sujet : " Etant donné que cela s'est passé il
y a 13 ans, les gens qui s'en sont occupés ne font plus partie
de la maison ! "
En d'autres termes : circulez, y'a rien à voir
!
Par ailleurs, nous l'avons vu, prenez des notes, Thierry
Ardisson, dans une interview accordée à France Soir en
94, reconnaissait le plagiat, en parlant de " 70 lignes piquées
", soit 2 pages. Dans son dernier livre, il parle de 6 pages (eh
oui, l'inflation existe aussi dans le plagiat !), espérant ainsi
que le grand public continuerait de lui appliquer le proverbe : "
Faute avouée à moitié pardonnée ".
Or, après vérification il s'agit de près
de 1800 lignes, représentant des centaines de passages que Thierry
Ardisson a " pompés " non pas dans un, ni deux mais
dans au moins cinq livres ! (je dis 'au moins cinq' parce que j'en ai
identifié cinq, qui sait, à part Ardisson lui-même,
combien de livres en tout ont été plagiés par lui…)
Personne ne semble avoir mis en doute sa parole, lui qui venait pourtant
de reconnaître avoir plagié… La sortie de son nouveau
livre permettait de rétablir la vérité, mais il
a préféré refuser de reconnaître l'ampleur
démesurée de ses propres fautes, tout en montrant qu'il
avait le courage de reparler de cette période si douloureuse
pour lui, et qu'il ne cachait rien. Cette information est même
jugée suffisamment importante par l'équipe du Nouvel Observateur
pour la publier en 'brèves' du numéro précédant
la sortie du livre. (pour lui faire de la pub ?)
Philippe Kieffer lui-même, un journaliste chevronné,
n'a pas jugé utile de mener une contre-enquête qui est
pourtant à la portée de n'importe qui de motivé,
comme j'en suis la preuve. Ardisson lui avait pourtant encore laissé
des indices, comme il en a laissé dans " Pondichéry
", j'y reviens plus loin :
" Ardisson : J'accumule des notes pendant des
mois. J'ai aussi un documentaliste qui travaille pour moi et qui réunit
une paperasse extrêmement volumineuse.
Kieffer : Un documentaliste ou un " nègre ", Thierry
? On entre peut-être dans une zone de turbulence, là. Mais
non. Même pas. Il devine la remarque et enchaîne.
Ardisson : Un documentaliste, Philippe, pas un " nègre ".
J'avais un mec qui allait chercher des documents à la Bibliothèque
nationale. A part ça, j'écris moi-même. Sinon, ça
m'aurait pris moins de temps. J'y ai passé trois ans, sur ce
bouquin ! " (" Confessions… ", p. 297)
Voyons précisément comment Ardisson,
qui veut manifestement faire pleurer dans les chaumières, a passé
ces trois ans, si vous le voulez bien.
Ardisson a tout d'abord puisé dans le livre
" Dans l'Inde du Sud, le Coromandel ", roman d'un voyageur
du XIXè siècle dénommé Maurice Maindron.
Etant donné la date récente de la nouvelle publication
du roman (édité d'abord en 1907, puis réédité
en 1992), Ardisson aura la main légère sur celui-là,
comme sur " Les anciens Comptoirs français de l'Inde : Pondichéry,
Chandernagor, Karikal, Mahé, Yanon ", récent lui
aussi. Quelques lignes seulement de copiées sur chacun.
Il est évident que Thierry Ardisson a eu entre les mains ce dernier
ouvrage, qui regroupe de nombreux extraits de livres et de témoignages
sur Pondichéry. Ce beau livre de photos et de textes est publié
l'année qui précède la sortie de " Pondichéry
" d'Ardisson, et celui-ci y a pioché une bonne partie de
son " inspiration " : une partie d'un commentaire, et surtout
les premiers extraits d'un roman, qu'il décidera de se procurer
pour s'en inspirer plus largement, " De Lanka à Pondichéry
" de Douglas Taylor, qui date de 1931. Ce sera l'un de ses 3 piliers
pour " créer " son livre-roman-plagiat, avec "
Désordres à Pondichéry " de George Delamare
(1938) et " Créole et Grande Dame " (1956). De chacun
de ces livres, il " empruntera " au moins trois pages de suite,
en plus de tous les autres paragraphes, phrases et morceaux de phrases.
Cela fait beaucoup…
Voici le décompte final :
Emprunts et périphrases de " Créole et Grande Dame
" : 618 lignes (soit un peu plus de 20 pages)
Emprunts et périphrases de " Désordre à Pondichéry
" : 680 lignes (soit un peu plus de 22 pages)
Emprunts et périphrases de " De Lanka à Pondichéry
" : 473 lignes (soit un peu plus de 15 pages)
Dans chacun des cas, le nombre de périphrases
(reformulations) représente moins de 10% du nombre d'emprunts
(mot pour mot).
Au total, ce sont donc au minimum près de 60
pages, soit 10 fois plus que ce qu'annonce Ardisson, qu'il a plagiées
d'une manière sûre et certaine.
Pour le reste, de sérieux doutes planent sur
au moins 2180 lignes supplémentaires (soit un peu plus de 72
pages), qui sont tirées avec certitude de livres d'histoire,
que ce soit de la période de Dupleix ou de la 2ème Guerre
Mondiale et de la décolonisation. D'autant qu'Ardisson semble
avoir laissé des indices, comme il en a laissé un qui
s'est avéré vrai pour " Créole et Grande Dame
" (voir la partie " quelques extraits savoureux " plus
loin) : " La Vie de Dupleix, c'était mon livre préféré.
", fait-il par exemple dire au héros au beau milieu de ce
genre de texte historique. Ou bien encore, un peu plus loin : "
Une partie de la planète était en guerre et l'autre écoutait
la radio. Moi, je lisais des livres d'histoire de France. " Ou
enfin cette phrase, qui résume bien le fait qu'Ardisson fera
citer Sarraut par son héros une bonne dizaine de fois : "
Et puis, pour le bilan comme pour les objectifs, il suffisait de lire
Sarraut ! "
Qui sait ? Ardisson a-t-il pioché dans " Dupleix conquérant
des Indes fabuleuses ", de Luceney (1946) ? Ou encore " Grandeur
et servitude coloniales " de Albert Sarraut (1931) ou d'autres
… ? La seule certitude, c'est qu'on ne peut pas ne pas se poser
la question.
En tout cas l'été passé sur ce plagiat ne m'aura
pas permis d'en déceler tous les secrets, mais au moins de rendre
visible une partie importante de cet immense iceberg de mauvaise foi
et de mensonges.
Pour résumer, si on enlève les passages
plagiés pour sûr, les périphrases et autres reformulations
sûres elles aussi, et les passages tirés de livres d'histoire,
et sans compter les passages plagiés et reformulés pour
sûr que j'ai forcément ratés, que reste-t-il du
livre " Pondichéry " qui fait 321 pages ? A peine la
moitié… C'est très loin des 2 pages, ou même
des 6 pages qu'Ardisson a déclaré avoir plagiées,
se contredisant d'ailleurs à 13 ans d'intervalle.
Qui sait ? Sans cette enquête il aurait peut-être affirmé,
dans 13 ans, avoir plagié 18 pages au lieu de 6… En vérité,
et au minimum, son plagiat concerne donc, on peut en être sûr,
de l'ordre de 60 pages.
Ce qu'on peut ajouter sur ce sujet, c'est que Thierry
Ardisson, même s'il a été aidé, a dû
mettre énormément de temps pour assembler ce puzzle géant.
Certaines pages sont constituées de passages issus de chacun
des trois livres, d'autres ont été réécrites,
remaniées, paragraphe après paragraphe, phrase après
phrase, mot après mot… Mais même cela semblait plus
simple à Ardisson que d'écrire un vrai livre !
La justice et le plagiat : Ardinnocent ?
De combien aurait dû écoper Thierry Ardisson
pour un tel plagiat ? Difficile de le savoir, ce genre d'affaires se
réglant généralement au cas par cas. Mais enfin,
si l'on peut se référer au cas d'école que représente
le plagiat d'un livre sur Spinoza par Alain Minc, on peut estimer que
Thierry Ardisson et sa maison d'édition (Albin Michel) auraient
dû le payer très cher aux auteurs et divers ayants droits.
Ainsi, pour le recopiage " servile " (mot employé par
le juge) de 37 passages allant de 2 à 57 lignes chacun, Alain
Minc et les éditions Gallimard avaient écopé de
100 000 francs de dommages et intérêts, auxquels se rajoutaient
environ 25 000 francs de frais divers (soit en tout 19 000 €).
Ardisson a plagié bien plus du triple de passages, certains dépassant
les 130 lignes de suite...
Mais là où Ardisson a été
plus malin que Minc, et c'est ce qui l'a sauvé par rapport à
la justice, c'est qu'il a pris la peine de sélectionner les livres
principaux à plagier, même s'il en a plagié plusieurs,
non pas par rapport à leur intérêt littéraire,
mais surtout par rapport à leur date de parution : entre 1931
et 1956 (là où Minc avait plagié en 1999 un seul
livre, certes confidentiel, mais publié deux ans avant seulement).
De quoi être à peu près certain qu'aucun de ces
auteurs, dont la plupart devaient être déjà décédés
en 1993, ne reconnaissent leurs phrases sous la plume du nègre
Ardisson (alors que ce fut le cas pour Minc). Et en effet, aucune plainte
ne fut portée. C'est le Canard Enchaîné qui révéla
l'affaire, sans doute à partir d'une fuite, et elle se régla
en catimini par la suite, Albin Michel promettant de mettre tous les
exemplaires du livre maudit au pilon. (sans le faire pour autant, comme
on l'a déjà dit)
Moi-même, je dus pour mener cette enquête débourser
des sommes conséquentes pour me procurer ces livres (près
de 150€ les trois), qui ne se trouvent même plus en bibliothèque.
De quoi décourager les curieux mais pas très motivés.
Par contre, là où Ardisson a été
moins malin que Minc et sa fine équipe, c'est qu'il a "
sottement plagié " (voir plus loin pour l'explication sur
la provenance de cette _expression, que je n'ai pas inventée)
: la plupart du temps, ce ne sont pas des phrases ou même des
paragraphes qu'il puisait, mais des pages voire presque des chapitres
entiers, là où Minc agissait par touches. Ceci garantissait
d'ailleurs à ce dernier devant les tribunaux une simple "contrefaçon
partielle", là où Ardisson aurait sans nulle doute
écopé d'une contrefaçon étendue.
Autre chose : les deux livres, " Spinoza, un roman
juif " de Minc, et " Pondichéry ", de Ardisson,
sont tous les deux disponibles neufs sur internet : alapage.fr, amazon.fr,
là aussi. Vous trouvez choquant que des auteurs et des maisons
d'édition gagnent encore de l'argent avec des livres convaincus
de plagiat, tout en continuant à diffuser leur fausse monnaie
littéraire sur le marché ? Qui s'intéresse à
vos états d'âme ? Certainement pas ces maisons d'édition
(Gallimard et Albin Michel, faut-il le rappeler).
Albin Michel semble relativement coutumière
du fait : plus récemment, voici les publicités géantes,
que l'on voyait partout (métro, Salon du livre, etc.), par lesquelles
la célèbre maison d'édition vendait un de ses plus
prolixes écrivains, pour la sortie de son dernier livre, "
L'arbre des possibles " :
" Des fourmis à l'ultime secret, Bernard Werber a déjà
fait rêver plus de 5 millions de Français. "
Mais quand on allait sur le site internet d'Albin Michel, ce que beaucoup
moins de personnes font, voici ce qu'on pouvait lire au même moment
:
" Bernard Werber est un phénomène de librairie (plus
de 5 millions d'exemplaires vendus en France, 10 millions dans le monde
!). " (on peut d'ailleurs encore trouver cette phrase, sur une
vingtaine de sites internet qui la reprennent, en la tapant dans Google)
Conclusion : soit chacun des lecteurs de Bernard Werber n'a lu qu'un
seul livre de cet auteur (si chacun en a lu 5, ce qui est plus probable,
ça ne fait plus qu'un million de Français), soit Albin
Michel confond à son avantage " personne " et "
exemplaire " ! Et dans ce cas il s'agit d'une publicité
mensongère.
Enfin, deux des trois livres qui sont des plagiats
avérés de Calixthe Beyala, dont un a été
condamné par la justice, ont été publié
par Albin Michel à peu près dans les mêmes années
que " Pondichéry ". Et devinez quoi : ils sont toujours
disponibles neufs sur amazon.fr et alapage.fr. On peut même imaginer
que c'est dans cette maison d'édition, dans l'un des cocktails
qui sont souvent organisés, qu'Ardisson et Beyala se sont rencontrés,
et ont pu échanger des astuces sur l'art dans lequel ils étaient
devenus maîtres. Qui sait ? L'un a peut-être même
aidé l'autre… Il n'y aurait là rien d'étonnant
en tout cas.
Dernier point commun, et de taille, entre les deux
plagiats d'Ardisson et Minc : les deux hommes qui les ont commis occupent
encore à ce jour, longtemps après leur acte indigne, de
hautes fonctions dans le système médiatique français
: Minc est toujours Président du Conseil de Surveillance du Monde
(quotidien français de référence, excusez du peu),
fonctions qu'il occupait déjà au moment de sa condamnation
; Ardisson anime et produit certaines des émissions d'infotainment
parmi les plus regardées du PAF...
Après tout, ils ne sont pas les seuls, PPDA est devenu récemment
le plus ancien présentateur de JT du monde (Dan Rather aux USA
ayant tiré sa révérence), après avoir été
condamné à de la prison avec sursis dans le procès
Botton.
C'est bien ceci qu'il faut retenir je crois de tous
ces cas de tricheries avérées, et contre lesquels il convient
de se battre jusqu'à ce que le système change. En attendant,
diffusons encore et toujours ce genre d'informations, en espérant
qu'elles referont surface au coeur même de la machine médiatique,
en jouant leur rôle dissuasif pour l'avenir, et gardons à
l'esprit cette maxime : "La vérité ne triomphe jamais,
ce sont ses ennemis qui finissent par mourir."
" Pondichéry ", livre maudit qui avait
déjà fait tomber une première fois le roi Ardisson,
en lui imposant une longue traversée du désert non-audiovisuel,
pourrait très bien le faire tomber une deuxième fois,
ce qui ne serait que justice.
Sur le plagiat de Pondichéry en lui-même
Les histoires
" Créole et grande Dame " est un livre
historique, dans lequel Ardisson a pioché des pages entières
sur les années 1700 à Pondichéry, sa prise par
les Français, la bataille et le siège par les Anglais,
etc.
Ardisson, on ne sait trop pour quelles raisons, opère quelques
modifications historiques. Ainsi, il modifie l'âge qu'avait Dupleix
quand il arrive à Pondichéry : 25 ans au lieu de 27 selon
" Créole et grande Dame ".
Il modifie certains noms de lieux, ainsi le Carnatic devient le Carnate.
Il modifie aussi le nom de l'ami de Dupleix, Vincens, alors que celui-ci
s'appelait " Vincent ". Il fait même mourir ce dernier
dans un naufrage, alors qu'il décéda de maladie sur la
terre ferme.
" De Lanka à Pondichéry " est
un roman, une histoire dont Ardisson va plus que s'inspirer : il va
l'aspirer, tout comme celle de " Désordres à Pondichéry
", comme nous le verrons juste après.
Le narrateur de cette histoire est une sorte de philosophe, patriote
et humaniste, qui voyage avec sa femme " de Lanka à Pondichéry
", comme le titre l'indique, en offrant au lecteur un véritable
guide touristique et philosophique des endroits qu'ils visitent.
Après un long rappel historique et une présentation de
son héros, Dorgères, le récit d'Ardisson débute
sur un bateau qui mène ce héros de la France à
Pondichéry, tandis que celui de " De Lanka à Pondichéry
" commence sur … un bateau menant le narrateur de France
à Pondichéry !
Ardisson opère là aussi certains changements, sans doute
pour montrer à celui ou celle qui décèlera son
plagiat quelles touches personnelles il a voulu imprimer au récit.
Par exemple, le pier, " longue estacade en fer de 500 mètres
", devient pour Ardisson un " éperon en fer pointé
de 340 mètres "…
" Désordres à Pondichéry
" est donc un autre roman plagié par Ardisson.
Gourdieu, l'ancien négrier comploteur communiste, devient, tour
à tour et selon les meilleures occasions de plagiat, le héros
d'Ardisson, Dorgères, ou bien Jano, le … comploteur communiste.
Morel, l'industriel dans l'indigo turquin, devient Dubois… industriel
dans l'indigo turquin.
(le nom de Dubois n'est d'ailleurs pas choisi au hasard, Ardisson l'a
trouvé dans " Créole et Grande Dame ", où
un Dubois est aussi mentionné parmi l'entourage de Dupleix)
Françoise, fille de Morel, devient Jehanne, fille de Dubois.
(comme par hasard, la femme de Dupleix, dite " La Grande Dame Créole
", d'où le titre du livre, s'appelait aussi Jehanne)
Nehrunu, intellectuel licencié ès lettres, qui fomente
un complot communiste, devient Arun Rajah, un 'intellectuel' qui …
fomente un complot communiste aussi.
Seuls quelques personnages gardent leurs noms dans les deux romans,
les La Verdière, le trésorier-payeur et sa grosse femme,
originaires de Poitiers, et Krishna, danseuse sacrée.
Les noms de lieux, selon le goût d'Ardisson, changent ('Gingy'
pour 'Gingey') ou restent les mêmes ('Pondichéry' bien
sûr, mais encore 'Valdaour', etc.)
Alors que dans " Désordres à Pondichéry "
Gourdieu vient en espion à Pondichéry, faire ce qu'on
appellerait de " l'espionnage économique " afin de
récupérer les secrets de fabrication de l'indigoterie
de Morel, et renverser le régime au profit des communistes, dans
" Pondichéry " Dorgères est un gaulliste qui
rêve de faire régner les valeurs des trois couleurs, Liberté-Egalité-Fraternité,
sur Pondichéry en train de devenir indépendant. On n'apprend
qu'à la fin du livre d'Ardisson l'existence de ce complot, c'est
le héros d'Ardisson devenu vieux qui le lui raconte.
Mais dans les deux livres, la fille de l'industriel
indigotier tombera amoureuse d'un anglais, ce qui causera le malheur
de son père patriote. La différence tient au fait que
dans 'Pondichéry', la fille est mariée puis divorcée
du héros d'Ardisson, Dorgères, alors que dans 'Désordres
à Pondichéry' elle ne se marie jamais avec personne, et
refuse même dans les dernières pages de rejoindre son amant
anglais, et donc de trahir son père.
Sans doute pour tenter de faire illusion, Ardisson
ira jusqu'à s'intégrer lui-même dans son récit,
en racontant sa rencontre avec le héros de son roman, devenu
vieux, et en expliquant clairement qu'il travaille à la télévision
:
- " Ainsi, vous êtes un émissaire….
Que faites-vous dans la vie, quand vous n'êtes pas à Pondichéry
ou ici, à annoncer à un mort-vivant la disparition d'un
mort-né ?
- Je travaille à la télévision
- La télé ! J'en aurais des choses à dire à
la télé, et des idées, des films… Je vous
raconterai. "
Ces lignes-là, on peut être à peu
près certain que c'est lui qui les a écrites !
Dernière chose, mais qui relève plus
de l'opinion personnelle, le livre d'Ardisson me paraît, et de
très loin, le plus bancal, mal construit, et inintéressant
des 4 livres. Cela vient sans doute de tous ces rafistolages, qui finissent
par peser sur la narration, notamment ces alternances constantes entre
passages historiques, narration littéraires puis retour au présent
dans la ville de Sartrouville où vit le vieux héros d'Ardisson.
N'est pas bon DJ qui veut.
Pour finir, quelques extraits savoureux
Joël Farges, Cinéaste dans " Les anciens
Comptoirs français de l'Inde : Pondichéry, Chandernagor,
Karikal, Mahé, Yanon " (p. 57) : " Je découvre
les photographies de Guillaume Zuili et elles m'apprennent que Pondichéry
n'existe pas."
Pondichéry (p. 17) : " Pondichéry
n'existait pas. "
Dans l'Inde du Sud, le Coromandel (p. 45) : "
Civa a dans ses huit mains le trident, le daim, l'arc, la massue, le
tambour, la corde, l'épée et le disque du tonnerre. Soubramanyé
a l'arc, les flèches, et le glaive, autre image de la foudre.
Parvati tient une fleur du lotus dans deux de ses quatre mains. Des
deux autres, l'une est dressée, dans le signe qui rassure, l'autre
largement ouverte dans le signe de la charité. "
Pondichéry (p. 246) : " Siva dans ses huit
mains tenait le trident, la conque, la massue, la corde, le tambour,
l'épée, la roue de la vie et le disque du tonnerre. Soubramanya
portait l'arc, les flèches et le glaive, autre image de la foudre.
Parvati avait une feuille de lotus dans deux de ses quatre mains, et
des deux autres, l'une était dressée dans un geste qui
rassurait, l'autre largement ouverte dans le signe de la charité.
"
Pondichéry (p. 195) : " Londres s'évertue
à tous nous dégoûter par des taxes multiples, des
interdictions de transport, des formalités douanières.
- Des chinoiseries ! lança Jehanne. "
Désordres à Pondichéry (p. 39)
: " Rien de surprenant à ce que l'Angleterre en ressente
quelque agacement et s'évertue à nous lasser, nous dégoûter
par tous les moyens administratifs : taxes multiples, interdictions
de transports, chinoiseries douanières. "
Pondichéry (p. 199) : " Les Aryas ou Aryens ne sont-ils
pas, rétorqua La Verdière, le premier peuple de l'Inde
?
Désordres à Pondichéry (p. 58)
: " Qu'est-ce que les Aryens ou Aryas ? C'est l'ancien peuple de
l'Inde, sottement plagié par des maladroits ! "
" Sottement plagié par des maladroits ",
en effet. Thierry Ardisson, si c'est effectivement lui qui s'est occupé
de cette basse tâche qui consiste à plagier un livre, a
dû bien rire en recopiant, parmi plusieurs pages qu'il plagiait
à la suite, cette phrase-là !
Au passage (si je puis dire), rien qu'avec ce passage-là, on
dépassait largement les 70 lignes qu'il revendiquait dans l'interview
de France Soir en 94…
De Lanka à Pondichéry (p. 190) : "
Ce soir, 31 décembre, bal de réveillon au Gouvernement.
Deux fois par an, à l'occasion de la fête nationale et
au Nouvel An tout Pondichéry est convié à une "
soirée " chez le gouverneur. Ce sont, d'ailleurs, les seuls
événements " mondains " dans la colonie. […]
Installée dans la galerie, la musique municipale martèle
des airs de jazz d'il y a huit ans. Alternant avec elle, un orchestre
dans la salle, dont l'effort louable rappelle l'armée du salut,
et l'habillement, des costumes d'opéra comique joue des tangos
et des blues. […] Tout autour de la salle des femmes font tapisserie,
et bavardent leurs éventails. Des hommes font bande à
part au bout de la galerie, et discutent les prix du coton et du caoutchouc,
leur prochain congé et leur dernière maîtresse.
"
Pondichéry (pp. 182 et 183) : " Deux fois
par an, pour le 14 juillet et le nouvel an, le tout-Pondy est convié
à une fête chez le gouverneur. La vie mondaine commence
et finit là, m'avait confié Gramy père. Chacun
prépare ses robes et ses costumes, ses compliments opportuns,
ses meilleurs jeux de mots.
J'arrivai vers neuf heures. La grande salle de réception et la
longue véranda vitrée dans laquelle elle donnait étaient
combles. Dans la première pièce, un orchestre dont les
louables efforts évoquaient l'Armée du Salut et les uniformes
de location ceux de l'Opéra-Comique enchaînait valses et
tangos. En essayant de rester le plus longtemps possible à la
verticale des ventilateurs qui tournoyaient entre les lustres de cristal,
une dizaine de couples en sueur évoluaient, académiques
et gauches, sur les accents mourants de mélodies démodées.
En alternance, dans la galerie où l'on accédait par trois
monumentales porte-fenêtres, la musique municipale martelait des
rythmes de jazz des années vingt, déjà vieux. "
Pour finir en beauté, voilà ce qu'ose
écrire Thierry Ardisson, juste après 3 pages entières
de plagiat de 'Créole et Grande Dame', et juste avant d'autres
pages de plagiat de ce livre :
" Dorgères s'est arrêté de lire. Il s'interroge
à haute voix sur les destins comparés de Jehanne et Joséphine,
toutes deux créoles appelées à régner…
Après quelques considérations uchroniques et une bonne
rasade de son " thé ", il reprend la lecture de son
récit. "
Il n'avait pas besoin de reconnaître son plagiat
dans la presse, il l'avait déjà avoué dans son
propre livre !
Cet article est en copyleft, vous pouvez le reproduire
sans accord préalable à condition d'en indiquer la source
: http://www.tatamis.info/medias/controle_citoyen/ardisson.htm
La loi ne m'autorise pas à diffuser librement le livre de Thierry
Ardisson sous format word avec toutes les références (passages
plagiés, livre dont chacun est tiré, page, etc.), mais
je tiens ce fichier à disposition des journalistes qui souhaiteraient
faire une contre-enquête.
La fracture coloniale : la société
française au prisme de l'héritage colonial,
Éditions La Découverte, Sous la direction
de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, avec les contributions
de Olivier Barlet, Rony Brauman, Ahmed Boubeker, Anna Bozzo, Sarah Froning
Deleporte, Thomas Deltombe, Marcel Dorigny, Marc Ferro, François
Gèze, Nacira Guénif-Souilamas, Olivier Le Cour Grandmaison,
Didier Lapeyronnie, Sandrine Lemaire, Arnauld Le Brusq, Philippe Liotard,
Achille Mbembe, Mathieu Rigouste, Patrick Simon, Benjamin Stora &
Michel Wieviorka.
Cinquante ans après la défaite indochinoise de Diên
Biên Phu et le début dela Guerre d’Algérie,
la France semble hanter par son passé colonial. Pourquoi une
telle situation, alors que les autres sociétés post-coloniales
en Occident semblent avoir « digéré » leur
histoire outre-mer ?
C’est à cette question que répond cet ouvrage où
Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, en partant d’une
enquête conduite sur Toulouse, ont décidé d’ausculter
les prolongements contemporains de ce passé et de qualifier au
plus juste les différentes expressions d’une fracture coloniale
qui se trouve maintenant au cœur de la société française.
Pour éclairer le plus largement possible les articulations entre
période coloniale et situation postcoloniale, ils ont réuni
les contributions originales de spécialistes de diverses disciplines.
Ils interrogent les mille manières dont les héritages
coloniaux font aujourd’hui sentir leurs effets : relations intercommunautaires,
ghettoïsation des banlieues, difficultés et blocages de
l’intégration, manipulation des mémoires, conception
de l’histoire nationale, politique étrangère, action
humanitaire, révisionnisme officiel, place des Dom-Tom dans l’imaginaire
national ou débats sur la laïcité et l’islam
de France?
De toute évidence, si la situation contemporaine n’est
pas une reproduction à l’identique du « temps des
colonies », il s’agit néanmoins de comprendre comment,
après plusieurs croisements entre des pratiques issues de la
colonisation, des héritages mal assumés et des enjeux
contemporains concernant les « enfants de la colonisation »,
se reconfigure une fracture coloniale au sein de la République
française dont les effets sont dévastateurs pour large
frange de la population française.
Pour la première fois, un ouvrage accessible à un public
large, traite de la société française comme société
postcoloniale et ouvre des pistes de réflexion neuves pour penser
la crise que nous connaissons aujourd’hui et y apporter des réponses
claires.
>>> TABLE RONDE & DEBAT le Samedi 1er
octobre de 14h00 À 18h00 : LA FRACTURE COLONIALE : La société
française au prisme de l’héritage colonial
Salle Victor Hugo, Immeuble Chaban-Delmas, 101, rue de l’Université
Paris 75007, Métros les plus proches : Invalides ou Assemblée
Nationale
RÉSERVATION OBLIGATOIRE / 350 PLACES / ENTRÉE GRATUITE
L’entrée est gratuite, mais pour assister à cette
table ronde, il est absolument nécessaire de réserver
au préalable pour être inscrit sur la liste des invités
selon le règlement de l’Assemblée nationale, pour
des contraintes de sécurité (se présenter avec
une carte d’identité) et dans
la limite des places disponibles.
Réservation
en appelant Pascale Iltis (La Découverte) au 01 44 08 84 21 ,
par courriel à p.iltis@editionsladecouverte.com ou par fax au
n° 01 44 08 84 17 ou, par lettre à Éditions La Découverte
(Colloque 1er octobre 2005) 9bis rue, Abel-Hovelacque 75013 Paris
Sidi Mohammed Barkat, Le Corps d'exception, Les Artifices
du pouvoir colonial et la destruction de la vie, Éditions Amsterdam,
96 pages, 11 euros, ISBN 2-915547-11-4. Paru le 15 septembre
Sidi Mohammed Barkat propose une analyse rigoureuse de l'indigénat
et du système colonial, qui permet de rendre compte de la violence
dont le corps des colonisés a pu faire l'objet, notamment lors
des massacres du 8 mai 1945 et du 17 octobre 1961, mais aussi d'apporter
des éléments de réponse à la question de
la permanence des dispositifs institutionnels du colonialisme français.
=>Rencontre avec Sidi Mohammed Barkat et Henri Alleg à la
librairie L'arbre à lettres (2 rue Édouard Quenu, 75005),
le mardi 27 septembre 2005 à 19h.
Pour en savoir plus: : http://www.editionsamsterdam.fr/livres/Barkat_Corps.htm
Laurent Lévy, Le Spectre du communautarisme,
Éditions Amsterdam, Collection Démocritique, 128 pages,
10 euros, ISBN 2-915547-13-0. À paraître le 29 octobre
2005
Depuis 1989, un spectre hante la République, le spectre du communautarisme.
Les hérauts de droite et de gauche du nouveau conservatisme à
la française le répètent inlassablement : notre
société est menacée d'éclatement par la
"montée des communautarismes". Laurent Lévy
s'attache à dissiper cet écran de fumée idéologique
et à en dévoiler les mécanismes. Il met en évidence
l'ambiguïté et les contradictions des usages courants du
terme de "communautarisme", et les réinscrit dans leur
contexte historique et politique. Surtout, il pointe la cible réelle
de l'anticommunautarisme : les minorités en lutte pour l'égalité,
notamment les gays et les lesbiennes, et les personnes issues de l'immigration
coloniale et postcoloniale.
Pour en savoir plus: http://www.editionsamsterdam.fr/livres/Levy_Le_Spectre_du_communautarisme.htm
> Les livres publiés par Editions Amsterdam
sont diffusés par Les Belles Lettres Diffusion Distribution :
http://www.bldd.fr/
Editions Amsterdam, 21 rue du Faubourg du Temple, 75010 Paris, France,
Tel/fax: 00 33 (0) 1 44 84 04 83
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