Afrique
33 ans d'exil et de lutte
Sahara occidental : Les raisons légitimes du peuple sahraoui
Par
Luis PORTILLO PASQUAL DEL
RIQUELME, 29 Décembre 2007
Traduit
par Gérard Jugant et Fausto Giudice, Tlaxcala
Cet
article est la version mise à jour et complétée d'un article précédent, établie à la demande
d'une revue universitaire française, qui a finalement refusé de
le publier, sans fournir d'explications à l'auteur.
Plus
de 32 ans se sont écoulés depuis que le Maroc a expulsé l’Espagne
du Sahara occidental et s’y est substitué, par le feu et par le
sang, dans le rôle de puissance coloniale et de pays occupant.
Cette
manœuvre a pu être menée avec l’assistance stratégique et la bénédiction
d’Henry Kissinger, alors secrétaire d’État des Etats-Unis, et elle
a pris la forme de la tristement célèbre Marche verte, par
laquelle le Roi du Maroc envoya 350 000 de ses sujets civils
à la frontière nord-ouest du Sahara espagnol (novembre 1975).
Quelques jours auparavant, et sans aucune publicité, les troupes
marocaines pénétraient dans le territoire par la frontière nord-est
[1].
Hassan
II profitait ainsi sans vergogne de l’agonie du dictateur espagnol
Francisco Franco (qui mourra le 20 novembre 1975), dont le régime
caduc était très affaibli par la longue lutte des forces démocratiques.
Reculant
devant la perspective d’un massacre de civils (les participants
à la Marche Verte) et la
menace d’une guerre avec le Maroc, le gouvernement espagnol – paralysé
par l’agonie de Franco – choisit de se retirer et de laisser la
voie libre aux troupes marocaines, abandonnant à leur sort les Sahraouis
(qui étaient alors citoyens espagnols).
Après
la Marche
Verte, l’invasion et l’occupation du Sahara Occidental
furent formalisées, le 14 novembre 1975, par les “Accords (illégaux)
tripartites de Madrid”, en vertu desquels l’Espagne cédait de façon
temporaire l’administration (mais non la souveraineté) de sa province
africaine au Maroc (les deux tiers du territoire) et à la
Mauritanie (le tiers restant au Sud), s’engageant
à la quitter avant le 28 février 1976[2].
C’est
à partir de cette date qu’éclata la guerre du Maroc et de la Mauritanie contre le Front
Polisario[3]. Les militaires marocains persécutèrent
et bombardèrent la population civile sahraouie, tant dans ses localités
que dans sa fuite en débandade à travers le désert, perpétrant un
horrible massacre destiné à éliminer tout un peuple, et obligeant
la population survivante à traverser la frontière algérienne et
à se réfugier dans la zone la plus aride du désert (les campements
de Tindouf), où la plus grande partie de la population autochtone
– qui a créé son propre État en exil : la République arabe
sahraouie démocratique (RASD)[4] – survit de manière exemplaire.
Depuis
lors, l’ONU (tant son Assemblée générale que le Conseil de Sécurité)
a adopté des dizaines et des dizaines de résolutions sur le Sahara
Occidental, reconnaissant de manière réitérée le droit du peuple
sahraoui à son autodétermination et exhortant le Maroc à quitter
un territoire qui ne lui appartient pas et sur lequel il ne peut
faire valoir aucun titre de souveraineté[5].

En
Espagne, après la mort de Franco, les premiers gouvernements de
l’étape de transition à la démocratie et l’ensemble des partis politiques
de l’opposition ont soutenu de manière claire le Front Polisario
et le peuple sahraoui dans leur lutte contre l’envahisseur et en
faveur d’un référendum d’autodétermination.
En
1991, après 16 ans de guerre, la médiation de l’ONU et de l’ OUA
aboutit à un cessez-le-feu et à un accord sur la tenue d’un référendum
d’autodétermination, accepté par le Maroc. Mais depuis cette date,
après la signature d’un Traité d’amitié et de coopération entre
l’Espagne et le Maroc [6], la positon officielle espagnole
a connu un changement de cap, qui se maintient à ce jour et qui
apparaît inexplicable à la majorité de la société espagnole, largement
solidaire de la cause sahraouie [7].
Après
diverses tentatives de solution au conflit, toujours rejetées par
les élites gouvernantes marocaines [8], finalement, le Conseil de
Sécurité de l'ONU a adopté le 30 avril dernier la résolution 1754
appelant le Maroc et le Front POLISARIO à des négociations directes
pour parvenir à une solution politique définitive à la question
du Sahara. Dans le cadre de la mise en oeuvre de cette résolution,
le Secrétaire Général a invité l'ensemble des parties à un premier
round de négociations les 18 et 19 juin 2007 à Manhasset, dans la
banlieue de New York. Le deuxième round a eu lieu les 10 et 11 août.
Un troisième round a eu lieu, en janvier 2008. Cette fois-ci
on avait envisagé de se réunir à Genève, siège du Haut Commissariat
des Nations unies aux Droits humains (HCNUDH) et du Haut Commissariat
des Nations unies aux Réfugiés (HCR), organismes auxquels les représentants
légitimes du peuple sahraoui ont eu à recourir tant de fois pour
dénoncer les atrocités récurrentes du régime marocain [9]. Mais la tenue des dites
négociations dans une ville européenne comme Genève aurait attiré
l'attention de toute l'Europe; il n'est donc pas à exclure que Rabat,
Washington et Paris aient fait pression pour qu'elles aient
finalement lieu à New York, loin de l'Europe et de l'Afrique, sur
le terrain des groupes de pression (lobbys) marocains, puissants,
influents et miltimillionnaires, dont parlent Frank Ruddy et
Tomás Bárbulo dans la bibliographie présentée dans cet article.
Ce troisième round s'est conclu sans grandes avancées et a fixé
le prochain rendez-vous à la mi-mars 2008, aussi à Manhasset
(New Jersey, USA).
Le
présent travail est né de l’impérieuse nécessité de répondre aux
arguments d’un article publié dans le quotidien espagnol EL PAÍS,
qui a semé la confusion dans l’opinion publique espagnole et a suscité
la colère dans les rangs du vaste mouvement de solidarité avec le
peuple sahraoui. Dans les lignes qui suivent, nous réfutons point
par point les principaux arguments exposés dans cet article.

LA THÈSE MAROCAINE
Le
jour même où le Conseil de sécurité adoptait sa plus récente résolution
sur le Sahara Occidental (30 avril 2007), le quotidien EL PAÍS publiait
dans ses pages d’opinion un article de Bernabé Lopez Garcia (BLG)
intitulé « Ajourner l'utopie, défendre la dignité », qui,
dans son essence, visait à justifier la position du gouvernement
marocain sur le futur du Sahara Occidental. L'auteur argumentait
que l'offre [10] marocaine (le plan d’autonomie présenté
en avril 2007) constitue aujourd'hui une opportunité historique
unique pour que le peuple sahraoui et son territoire du Sahara Occidental
s'intègrent au Maroc, dans une région à autonomie limitée
sous souveraineté marocaine. Pour appuyer son argumentation, l’auteur
comparait les concessions que le PCE (Parti communiste d’Espagne)
fit au début de notre transition à la démocratie [11] à celles que, à son avis, devrait faire
maintenant le Front Polisario, abandonnant ainsi son droit à l’autodétermination
et à l'indépendance (comme utopique, selon BLG). Selon
l’auteur, si le peuple sahraoui et en fin de compte la RASD, se pliaient à accepter
ces “ concessions ”, cela permettrait aux Sahraouis d'en finir avec
la diaspora, l'exil, la souffrance et de vivre dans la dignité.
Dans le cas contraire, concluait BLG en guise de menace voilée,
le peuple sahraoui se verrait obligé de poursuivre sa vie en exil,
un exil long et douloureux qui dure depuis plus de trois décennies.
A
mon avis, cet exposé, en plus d'être un simple reprise des thèses
marocaines, élude des questions fondamentales et contient des arguments
qui ne s'ajustent pas à la réalité, la dénaturant totalement, comme
je le signale ci-après.
1. C'est
une erreur de comparer la situation de l'Espagne et du PCE, au début
de notre transition à la démocratie, avec celle du Front Polisario
et d'un Maroc envahisseur qui a prétendu annexer de facto
un territoire sur lequel il ne détient aucun titre de souveraineté
[12]. Entre autres différences notables (un
Front de Libération National est beaucoup plus qu'un parti politique
et a des objectifs politiques beaucoup plus vastes), le PCE appartient
à une même et seule nation, alors que le Maroc a envahi et occupé,
illégalement et illégitimement, un territoire étranger. Ce sont
deux situations qui n'ont rien à voir et la comparaison, en conséquence,
ne peut être soutenue.
2.
La crédibilité des gouvernants marocains dans le contentieux du
Sahara est nulle [13]. L'armée marocaine a mitraillé et bombardé
les Sahraouis avec du napalm, du phosphore blanc et des bombes à
fragmentation (lancées par des avions de chasse de fabrication française
de dernière génération et des Phantom F-15) [14], obligeant la plus grande partie de la
population ayant survécu au génocide - toujours impuni à ce jour
[15] - à l'exode et au refuge forcé dans les
zones les plus dures et inhospitalières du désert algérien. Dans
la province [16] alors encore espagnole, le Maroc a impulsé
une seconde colonisation - dans le dernier tiers du XXe siècle!-
faisant échouer en même temps le processus décolonisateur espagnol,
requis par l'ONU dès les années 1960. Dès le début, les dirigeants
marocains ont défié la légalité internationale et ont fait obstruction
de manière byzantine et systématique à la solution internationalement
reconnue pour ces processus (le référendum d'autodétermination)
[17]; et après une guerre de 16 ans contre le
peuple sahraoui et avoir défait tous les plans proposés par l'ONU,
le Makhzen marocain fait maintenant l'offre unilatérale au Front
Polisario -représentant légitime du peuple sahraoui - de négocier
une autonomie limitée sur la base, non négociable, de la marocanité
[18] du territoire, sans place, évidemment,
pour l'autodétermination et l'indépendance [19].
DIGNITÉ...
OU REDDITION DEVANT LES FAITS ACCOMPLIS ?[20]
3. Après
tant de temps (32 ans), tant d'engagements non tenus, tant de crocs-en
jambe au processus décolonisateur, le Maroc continue de miser sur
sa politique des faits accomplis: une fois le Sahara occidental
envahi et occupé militairement et sa population massacrée et délogée,
ce qui se négociera entre les Parties sera, comme maximum, quelques
conditions[21] de la prétendue autonomie et du processus
correspondant; le peuple sahraoui n'aurait qu'à accepter et souffrir,
d'entrée, la soumission et l'annexion au Maroc, dont le régime politique
a récemment été rejeté dans les urnes et fait l’objet de sévères
critiques, y compris au sein même de la famille royale alaouite
[22]. Est-ce cela que BLG appelle « défendre
la dignité »? N'est-il pas établi dans la Charte et dans les multiples
résolutions des Nations Unies que la solution aux problèmes de décolonisation
est le référendum d'autodétermination avec toutes les options ouvertes?[23].
4.
Que ferions-nous, nous autres Espagnols dans une hypothèse
similaire, à savoir, si « eux » (les Sahraouis) étaient
les Espagnols et « nous » (les Espagnols), nous étions
les Sahraouis et étions dans leur situation? Qu'avons-nous fait
quand les troupes napoléoniennes nous envahirent? Avons-nous renoncé
à notre indépendance? Avons-nous laissé bafouer notre dignité? Non;
le peuple espagnol s'est levé, a combattu et expulsé l'envahisseur[24], avec les horribles conséquences immortalisées
par génial Francisco de Goya dans Les fusillés du trois mai (1808)[25]. Aujourd'hui, plusieurs de ces milliers
de patriotes qui se soulevèrent contre l’envahisseur sont honorés
comme des héros dans le cimetière de la
Florida à Madrid.
LA RASD ET
LE RÉFÉRENDUM
5. Précisément
parce que le Maroc a refusé aux Sahraouis -premièrement avec l'invasion
et l'occupation et ensuite avec la transgression systématique de
la légalité internationale »- la réalisation de ce que maintenant
BLG et d’autres coryphées du Makhzen prétendent qualifier d'utopie,
le peuple sahraoui n'a eu d'autre issue pour défendre sa dignité
et sa survie comme peuple que de se proclamer République Arabe Sahraouie
Démocratique (RASD) en exil, reconnue déjà par plus de 80 pays et
par l’OUA, devenue UA, dont elle est membre fondateur de plein droit[26]. Et, depuis la déclaration de cessez-le-feu
en 1991, sous les auspices de l'ONU et de l’OUA, la RASD a opté pour la voie pacifique
afin de procurer à son peuple un futur légitime et digne, qui passe
nécessairement par le droit inaliénable à l'autodétermination.
6.
Le referéndum d’autodétermination était la contrepartie accordée
en échange du cessez-le-feu en 1991. Si le Maroc ne tient pas ses
engagements et si la communauté internationale n’exerce pas des
pressions fermes sur les dirigeants marocains pour qu’ils les tiennent
effectivement, devons-nous nous attendre à ce que le Front Polisario
et le peuple sahraoui restent éternellement assis sur le sable du
désert, les bras croisés, à contempler impassibles les cendres de
leur République et les cadavres de générations de Sahraouis ? [27] En outre, si l’injustice énorme perpétrée
contre le peuple sahraoui n’est pas réparée, cela pourrait non seulement
laisser en piteux état la principale institution internationale
pour la préservation de la paix mais de plus semer la haine
dans la population blessée et constituer une source d’instabilité
future au Maghreb, si ce n’est dans d’autres parties du monde [28].
DEUX
PROJETS TRÈS DIFFÉRENTS
7.
Il n' « y a pas sur la table deux projets cohérents qui
reconnaissent le droit à l'autogouvernement du peuple sahraoui »,
comme le soutient BLG. Le document présenté au mois d'avril 2007
par le Front Polisario au Secrétaire Général de l'ONU, pour son
débat au Conseil de Sécurité, a pour titre « Proposition du
Front Polisario pour une solution politique mutuellement acceptable
qui assure l'autodétermination du peuple du Sahara Occidental »[29]. En revanche, le titre du document présenté
par les dirigeants marocains est bien différent: « Initiative
d'autonomie pour la région du Sahara»[30]. La proposition du Front Polisario affirme
et défend la légalité internationale avalisée par les résolutions
des Nations Unies, alors que le projet du Maroc la nie et plus encore,
la mutile considérablement. Déjà en avril 2006, dans son Rapport
au Conseil de Sécurité, le Secrétaire Général de l'ONU disait textuellement[31]: « Dans les consultations bilatérales
faites par mon Envoyé Spécial [....], le Front Polisario rappelait
qu'en aucun cas il ne négociera aucun type d'autonomie sous la souveraineté
du Maroc. Mon Envoyé Spécial a expliqué [...] qu'il avait parlé
de négociations sans conditions préalables afin d'aboutir à une
solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui
permettrait la libre détermination de la population du Sahara Occidental.
Le Conseil de Sécurité ne pourrait pas inviter les parties à négocier
sur une autonomie du Sahara Occidental sous la souveraineté du Maroc,
étant donné que cela impliquerait la reconnaissance de la souveraineté
du Maroc sur le Sahara Occidental, ce qui était hors de question,
tant qu’ aucun membre membre des Nations Unies n'aurait reconnu
cette souveraineté. » Et dans la Résolution déjà citée du Conseil de Sécurité, du
30 avril 2007[32], les parties sont exhortées à « poursuivre
les négociations […] sans conditions préalables et de bonne foi
[...]en vue de parvenir à une solution politique juste, durable
et mutuellement acceptable qui qui permette l’autodétermination
du peuple du Sahara Occidental ». Mais il faut ajouter que
le Maroc, allant à l’encontre de ce qui a été disposé par le Conseil
de sécurité, a bien mis des conditions préliminaires (rien ne sera
négocié hors de son “projet d’autonomie”, selon les mots du roi
Mohamed VI) et que, loin d’agir de bonne foi, comme le demandait
l’ONU, il a déclenché une féroce répression contre la population
sahraouie des territoires occupés du Sahara occidental et du Maroc
même [33].
LÉGALITÉ
INTERNATIONALE, UTOPIE ET LAISSEZ-FAIRE
8. La
légalité internationale est – « avec toutes ses déficiences »
-l'ensemble de normes que les humains se sont données comme cadre
de vie en commun, pour vivre en paix et résoudre les conflits par
la voie pacifique. Mais encore faut-il la respecter et l'appliquer.
Le Maroc ne la respecte pas (conformément aux dispositions du Chapitre
VI de la Charte
des Nations Unies) et la communauté internationale ne fait pas suffisamment
pression pour l'appliquer (conformément au Chapitre VII)[34]. Comme le souligne correctement BLG lui-même,
« la légalité internationale est un cadre pour assurer le respect
des droits des peuples ». Mais respecte-t-on les droits légitimes
du peuple sahraoui? Est-ce que ce sont les Sahraouis qui auraient
violé les droits du peuple marocain? Si la
RASD avait envahi et occupé le Maroc, comment aurait
réagi la communauté internationale? Le cas du Koweït et celui du
Timor[35] sont bien proches dans le temps. Restent
les spéculation à ce sujet.
9.
Si le Maroc a fait systématiquement obstruction à un référendum
transparent et juste c'est parce que ses gouvernants les plus récalcitrants
craignent de le perdre[36]. Ils nient ainsi, d'avance, la supprimant
de la réalité, la prétendue utopie (la légalité internationale et
l'indépendance) dont parle BLG, en même temps qu'ils maintiennent
le peuple sahraoui dans la plus indigne des conditions de vie, l'exil
et la misère. Ils espèrent ainsi gagner du temps, épuiser et démoraliser
les Sahraouis, aliéner la mémoire historique des jeunes générations,
vaincre par exténuation tout un peuple, avec la vaine espérance
que, finalement, ils succomberont et accepteront ce qui leur est
fait, noyés dans les contradictions que les obstacles injustes génèrent[37].
10.
Le Maroc n'a pas durant plus de 30 ans pratiqué la politique
de l'autruche, comme le soutient BLG, mais la politique de la
terre brûlée, des faits accomplis, violant impunément la légalité
internationale depuis la tristement célèbre Marche verte (d'une
population civile excitée et manipulée, d'un côté, et de tanks,
d'avions et de troupes de l'autre), ourdie sous le conseil stratégique
d'Henry Kissinger[38]. Et l'Espagne et la communauté internationale
ont laissé faire, regardant ailleurs, absorbées par d'autre affaires
plus rentables et une vision myope, à courte vue, qui n'a que trop
duré et qui est devenue insupportable[39].
11.
Selon le droit international de la décolonisation, l’autodétermination
ne signifie pas autre chose que la possibilité pour un peuple colonisé
de choisir librement et démocratiquement entre diverses propsitions
: pleine intégration dans la métropole, libre association avec celle-ci,
association avec un autre État ou indépendance[40]. Ainsi donc, malgré les craintes et les
arguties des dirigeants marocains, le droit à l'autodétermination
ne présuppose pas, obligatoirement et nécessairement, l'indépendance,
à laquelle les Sahraouis aspirent légitimement. Comme le souligne
explicitement et textuellement le point 8 de la
Proposition sahraouie, avec générosité et largeur
de vues : « Le Front Polisario s'engage aussi à accepter les
résultats du référendum, quels qu'ils soient, et à négocier avec
le Royaume du Maroc, sous les auspices des Nations unies, les garanties
qu'il est disposé à accorder à la population marocaine résidente
au Sahara Occidental durant 10 années, ainsi qu'au Royaume de Maroc
sur les aspects politiques, économiques et de sécurité, au cas où
le référendum d'autodétermination s'achève par l'indépendance ».
12.
Comme le signalait récemment CEAS-Sáhara, “la lutte pour faire
valoir leurs droits sur une terre qui leur a été arrachée en 1975,
la patience et la résístance, la foi en la justice et la confiance
dans leur raison, c’est ce qui a fait que les Sahraouis, malgré
les promesses jamais tenues[41],ont été capables de vivre tout ce temps
dans une des zones les plus inhospitalières de la planète” [42]. Si maintenant, en ce moment (décembre
2007), soufflent des vents nouveaux, c'est parce que l'élite gouvernante
au Maroc a joué ses dernières cartes, parce que le peuple sahraoui
a su résister dignement et maintenir son ferme respect de la légalité
internationale (qui n'est pas une utopie), tissant un dense réseau
de solidarité entre tous les peuples et portant sa cause dans tous
les coins du monde. Et parce que la société civile – mais pas
toujours les gouvernants- réclame, chaque fois plus,
le respect et l'application de la légalité internationale.
Notes
[1] Tomás BÁRBULO, La historia
prohibida del Sáhara Español, Destino – Imago Mundi, Vol. 21,
Barcelona 2002.
Carlos RUIZ MIGUEL, Sáhara Occidental: independencia,
paz y seguridad, Cuadernos de Pensamiento Político nº
12 (2006), p. 151-179, http://www.gees.org/pdf/3237/
Chronologie
du conflit au Sahara occidental, http://freesahara.unblog.fr/2007/03/28/chronologie-du-conflit-au-sahara-occidental/
Elí RODRÍGUEZ MARTÍNEZ, El derecho a la libre
determinación de los pueblos - El caso de la República Árabe
Saharaui Democrática, http://www.rebelion.org/noticia.php?id=55275
[2] Les Accords de Madrid,
du 14 novembre 1975, comprennent une déclaration de principes et
une série d'accords cadres de coopération économique. Ce texte est
signé par le président du Gouvernement, Carlos Arias Navarro, pour
l'Espagne, le Premier ministre, Ahmed Osman, pour le Maroc et le
ministre des affaires étrangères, Hamdi Ould Mouknass, pour la
Mauritanie. (Source: "Décolonisation",
ONU, n°17, octobre 1980, p. 77 - "United Nations Treaty
Series"). http://www.arso.org/ac3madridFr.htm
Les Accords de Madrid n’ont jamais été publiés dans
le Bulletin Officiel de l'État (B.O.E.), et sont donc illégaux :
Carlos RUIZ MIGUEL, “Los Acuerdos de Madrid, inmorales,
ilegales y políticamente suicidas”. La Ilustración Liberal, Num. 26, Invierno 2005-2006,
http://www.libertaddigital.com/ilustracion_liberal/articulo.php/647
, http://www.gees.org/articulo/2344/
Résolution S/2002/161 du Département Juridique des Nations
Unies: "Les Accords de Madrid [de 1975] n’ont pas transféré
la souveraineté du Sahara occidental ni accordé a aucun des signataires
le statut de puissance administrative, statut que l’Espagne ne peut
transférer unilatéralement"
AFAPREDESA, Conclusiones de la Jornada Jurídica
Internacional sobre el Sáhara Occidental, Madrid, 24/09/2007.
http://www.afapredesa.org/index2.php?option=com_content&task=view&id=71&pop=1&page=0&Itemid=2
[3]
La Mauritanie
a signé la paix avec le Front Polisario en 1979 et a quitté le territoire
occupé, qui a été immédiatement annexé par le Maroc, dont les gouvernants
ont ainsi violé les “Accords de Madrid”, de toute façon illégaux.
[4]
Charte de Proclamation de la République Arabe Sahraouie Démocratique, Bir
Lahlou, 27 février 1976, http://www.arso.org/03-1f.htm
Constitution de la RASD, http://www.arso.org/03-const.99.htm
[5]
Toutes les résolutions adoptées par l’ONU entre 1965 et 2004, au
sujet du Sahara Occidental, sont enumeres dans Elí RODRÍGUEZ
MARTÍNEZ, El derecho a la libre determinación de los pueblos
- El caso de la República Árabe
Saharaui Democrática (notes 14 y 16), qui analyse les résolutions
les lus importantes dans une chronoolgie résumée du conflit: http://www.rebelion.org/noticia.php?id=55275
.
Les Rapports du Secrétaire Général: http://www.arso.org/06-6-0.htm
Les Résolutions de l’Assemblée Générale: http://www.arso.org/06-4-0.htm
Les Résolutions du Conseil de Sécurité:
http://www.arso.org/06-5-0.htm
[6] Le Traité d’amitié, de bon
voisinage et de coopération entre l’Espagne et le Maroc, signé à
Rabat le 4 juillet 1991, stipule dans ses Principes généraux:
“1. Concernant la légalité internationale: Les
Hautes Parties Contractantes s’engagent à remplir de bonne
foi les obligations auxquelles elles ont souscrit selon le droit
international ainsi que celles émanant des principes et normes
généralement reconnus du droit international, comme celles découlant
de traités ou autres accords,conformément au droit international,
dont elles sont partie”. http://www.boe.es/g/es/bases_datos/doc.php?coleccion=iberlex&id=1993/5422&codmap
[7] Tomás BÁRBULO, op. cit.:
“La solidarité de la société espagnole est en forte divergente
avec la position officielle” (p. 34). “ Les diplomates de
Rabat savent bien que l’une des raisons fondamentales pour lesquelles
leurs manoeuvres visant à annexer définitivement le territoire ont
échoué est le soutien de l’opinion publique espagnole au Front Polisario”
(p. 29).
[8] Frank RUDDY, Western Sahara:
Africa’s Last Colony, World Affairs Council, Alaska
(Juneau, Anchorage),
Oct. - Nov. 2007. http://arso.org/RuddyAlaskaspeech2007.pdf
http://arso.org/RuddyAlaskaspeech2007.htm
Carlos RUIZ MIGUEL, Sáhara Occidental: independencia, paz y seguridad,
Cuadernos de Pensamiento Político nº 12 (2006), p. 151-179,
http://web.usc.es/~ruizmi/
John BOLTON, Surrender Is Not an Option: Defending America at the
United Nations and Abroad. Threshold Editions, November 2007,
Chapt. 9, pp. 246-247 et Chapt. 13, pp. 367-369.
[9] AFAPREDESA, Sáhara Occidental. ¿Hasta Cuándo?, Tercera Prensa, Bilbao – Donostia –
San Sebastián, 2005.
Jean-Paul LE MAREC , La répression est quotidienne au
Sahara occidental, http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2007-10-24%2008:45:58&log=invites
http://www.rebelion.org/noticia.php?id=58546
Poemario Por Un Sahara Libre, http://poemariosahara.blogspot.com/
Joaquín VIDAL, En las mazmorras de Hasán. Las torturas
a los saharauis que investiga el juez Garzón. Revista INTERVIÚ
(Madrid) Nº 1.647, 19-25 Nov. 2007, pp. 34-38. http://www.interviu.es/default.asp?idpublicacio_PK=39&idioma=CAS&idnoticia_PK=46521&idseccio_PK=547&h
[10]
Au nom de quelle légalité la puissance occupante peut-elle se avoir
le culot d’ “offrir” une autonomie sous sa propre souveraineté à
un territoire qui ne lui appartient pas ? Voir plus bas le
point 7 de notre texte.
[11]
Durant la période qui a suivi la dictature de Franco, les partis
de gauche (et en particuler le PCE), pour pouvoir être légalisés
et acceptés dans le jeu de la démocratie parlementaire, se virent
obligés de faire certaines concessions, comme l’acceptation du retour
de la monarchie et le renoncement au rétablissement de la
République, constituée légalement avant la Guerre civile espagnole de
1936-1939.
[12]
Cour Internationale de Justice: « Affaire relative au
Sahara Occidental. Opinion consultative du 16 octobre 1975 »
(http://www.icj-cij.org/).
Voir aussi la Note
2 supra.
Frank RUDDY, Western Sahara: Africa’s Last Colony, op. cit.,
p. 4.
John BOLTON, op. cit.
[13]
Comme en témoigne le fait que le gouvernement marocain n’a pas appliqué
les résolutions de l’ONU et les plans de règlement ayant fait l’objet
d’accords, y compris le référendum d’autodétermination lui-même,
devant la passivité ou l’indifférence de la communauté internationale.
Cette absence de crédibilité du gouvernement marocain est signalée
par la plupart des auteurs cités dans ce travail.
[14] Tomás BÁRBULO, op. cit.,
p. 284. La vente d’armes par les États-Unis, la France et l’Espagne au gouvernement
marocain s’est poursuivie depuis 1975; tout comme les affaires
conclues pas des entreprises de ces mêmes pays.
[15]
Carlos JIMÉNEZ VILLAREJO, Genocidio en el Sáhara,
El Periódico de Catalunya, 2/4/2007, http://www.rebelion.org/noticia.php?id=49253;
Tomás BÁRBULO, La historia prohibida del Sáhara Español,
op.cit.
Le 29 Octobre 2007, pour la première fois dans l’histoire, la justice
espagnole, sur la base d’une plainte de citoyens sahraouis, a engagé
des poursuites – de manière similaire à l’affaire Pinochet – pour
génocide présumé, assassinats, blessures et tortures contre trois
hauts responsables de la Gendarmerie royale, de
l’Armée et de la
Sûreté marocaines :
<Garzón abre diligencias por un delito de genocidio de Marruecos
contra el Sáhara Occidental>, EL PAÍS, Madrid,
30/10/2007.
Joaquín VIDAL, op. cit.
Juzgado Central de Instrucción nº 5, Madrid, Diligencias
Previas Proc. Abreviado 362/2007 A, http://www.elpais.com/elpaismedia/ultimahora/media/200710/30/internacional/20071030elpepuint_1_Pes_PDF.doc
[16] Sur la politique africaine
du régime de Franco consulter Anne DULPHY, La
guerre d’Algèrie dans les relations franco-espagnoles. Enjeux spécifiques
et éléments de comparaison avec l’Italie,
Cahiers De La
Mediterranée, Vol. 71 – 2005 (Tome 2). http://www.pensamientocritico.org/anndul1006
“Franco a ignoré les appels de l'ONU (constants à partir
de 1965) et a conçu plusieurs stratagèmes pour se cramponner au
territoire [du Sahara ]. En 1961 il a transformé le Sahara en province
espagnole ; en 1967 il a créé lla Jemaa ou Assemblée Générale, un
Parlement sahraoui manipulé et inutile, et en 1973 il a conçu un
statut d'autonomie, que la Jemaa a approuvé en juillet 1974 mais qui ne put
être promulgué de par les pressions de Hassan II. ”
(Tomás BÁRBULO, op. cit. p. 42).
[17]
Frank RUDDY, op. cit., signale plusieurs cas d’obstacles
byzantins mis par le Maroc au référendum d’autodétermnation. http://arso.org/RuddyAlaskaspeech2007.pdf - http://arso.org/RuddyAlaskaspeech2007.htm
Francisco José ALONSO RODRÍGUEZ, Sáhara Occidental:
¿el principio del fin?, Diario PÚBLICO, Madrid, 13/11/2007,
[18]
Résolution S/2002/161 du Département Juridique des Nations
Unies, citée dans la
Note 2 supra.
Larosi HAIDAR, La imposible marroquinidad del Sáhara Occidental,
Telde Actualidad, 19/08/2007,
Voir aussi le point 7 de notre article.
[19]
La rationalité, la légitimité et les avantages de l’indépendance
ont fait l’objet d’une étude du professeur de droit Carlos RUIZ
MIGUEL, “Sáhara Occidental: Independencia, paz y seguridad”,
op. cit. Un exposé plus vaste des travaux de cet universitaire sur
le Sahara Occidental est disponible sur http://web.usc.es/~ruizmi/.
[20]
“Reddtion” est l’expression utilisée par John BOLTON dans
le titre de son dernier livre (cité dans la
Note 8 supra), dans lequel il traite de la question
du Sahara Occidental: Surrender Is Not an Option,
op. cit.
Ignacio CEMBRERO, Bolton lamenta que
EE UU no le ayudase a pacificar el Sáhara, EL PAÍS, Madrid, 22/11/2007.
[21]
Frank RUDDY, op. cit., signale parmi ces conditions, en particulier,
l’article 6 de projet d’autonomie marocain, qui spécifie les zones
dans lesquelles il n’y aura aucuen autonomie; et il conclut : “In
other words, the Moroccans are offering autonomy, except in everything
that counts” (p. 24).
[22]
Selon les chiffres officiels marocains, l’abstention a été
de 63% aux élections législatives du 7 Septembre 2007 et les votes
blancs ou nuls de 19%.
Abdellatif IMAD, Élections marocaines : Haj
Moussa – Moussa Haj…,
Bakchich.Info, samedi, 15 septembre 2007 – Tribune -
Ignacio CEMBRERO, Marruecos sigue sin
facilitar los votos obtenidos por cada partido, EL PAÍS, 15/09/2007.
Moulay HICHAM, Las elecciones marroquíes,
inicio de explicación, EL PAÍS, 11/10/2007
[23] http://www.un.org/french/
[24]
Le peuple espagnol se souleva spontanément contre les troupes d’invasion
françaises. Déclenché à madrid le 2 Mai 1808, le processus révolutionnaire
s’étendit à toute l’Espagne, dans une guerre de guérilla qui dura
trois ans et réussit à à expulser l’envahisseur. Cet épisode de
1808, en relation avec l’invasion et l’occupation du Sahara occidental
par le Maroc, est aussi signalé par Fernando GUIJARRO ARCAS,
Carta abierta a Raimon OBIOLS, euro-parlamentario ante la
Unión Europea.
Sur les événements du 2 Mai 1808 et la Guerre d’Indépendance (1808-1812) contre les troupes
napoléoniennes, voir :
Benito PÉREZ GALDÓS: El 19 de marzo y el 2 de mayo; Bailén,
S.A.P.E., Madrid 2005, et
Arturo PÉREZ-REVERTE, Un día de cólera, Alfaguara,
Madrid 2007.
[25]
Le tableau mondialement célèbre de Francisco de Goya “Les fusillades
du 3 Mai” [1808] est exposé au Musée du Prado, Madrid.
[26]
Thabo MBEKI, Président de la République sud-africaine, a adressé une lettre (1er
Août 2004) très dure au Roi du Maroc, Mohamed VI, lui exposant les
raisons pour lesquels il se voyait dans l’obligation de reconnaître
la RASD, face au non-respect par
le Maroc de ses engagements et en application de la légalité internationale.
On peut lire la lettre sur http://arso.org/MBKfr.htm
L’Organisation
de l’Unité Africaine (OUA) fut fondée en mai 1963 sous
l’impulsion de deux importants leaders du Tires Monde, le Ghanéen
Kwame Nkrumah et l’Égyptien Gamal Abdel Nasser, afin de promouvoir
l’unité et la solidarité des États africains, servir de voix collective
au continent africain, éradiquer le colonialisme et promouvoir la
coopération internationale. En 2002 elle comptait 54 États
membres dont la RASD. Le Maroc s’est retiré
de l’Organisation en 1985 suit à la reconnaissance et à l’incorporation
de la RASD. L’OUA
fut l’une des principales promotrices du boycott et des protestations
diplomatiques et politiques contre le régime d’ apartheid
en Afrique du Sud, laquelle fut finalement admise à l’OUA en juin
1994, une fois éradiqué l’apartheid. En juillet 2002,
l’OUA a été remplacée par l’Union Africaine (UA),
organisation supranationale du continent, inspirée de l’Union européenne
et destinée à augmenter l’intégration économique et politique et
à renforcer la coopération entre ses États membres. Le Maroc est
l’unique pays du continent à ne pas en être membre, du fait de la
reconnaissance de la
RASD par cette organisation régionale.
Un total de 82 pays avaient reconnu la
RASD, mais ils ne sont actuellement que 70, vu
les très fortes pressions exercées par le Maroc sur certains petits
pays pour qu’ils retirent ou congèlent leur reconnaissance (Frank
RUDDY, op cit., p. 25.
[27] Les avertissements sahraouis sont toujours
plus nombreux et fréquents sur un possible retour aux armes si le
Maroc continue à s’obstiner à ne pas respecter ses engagements vis-à-vis
de la légalité internationale et si la communauté internationale
n’exerce pas de pressions économiques et/ou militaires sur le Maroc
:
Agencia EFE, El Frente Polisario amenaza con librar una nueva guerra
contra Marruecos, Libertad Digital, 21/05/2005,
Fernando ÍÑIGUEZ, El Polisario amenaza con volver a la guerra contra Marruecos,
EL PAÍS, 22/05/2005, J. AMENGUAL DOLÇ, El Frente Polisario amenaza con volver a la lucha armada
en el Sáhara; Diario de Mallorca, 23/11/2007,
Beatriz MESA, El Polisario discutirá en su próximo congreso el retorno
a las armas, Libertad Digital, 28/11/2007,
[28] Carlos RUIZ MIGUEL,
Le
projet marocain d’ « autonomie » de 2003 pour le Sahara - Analyse
et conséquences pour l’avenir, . (Original:El proyecto marroquí de
"autonomía" para el Sáhara de 2003: Análisis y consecuencias
para el futuro,
GEES, Grupo de Estudios Estratégicos,
Análisis nº 146, 6 de Octubre de 2006).
Carlos RUIZ MIGUEL, Sáhara Occidental: independencia, paz y seguridad, Cuadernos de Pensamiento Político
nº 12 (2006), p. 151-179.
Stephen ZUNES, The Future of Western Sahara, Foreign Policy in Focus (FPIF), 20/07/2007,
Frank RUDDY, op. cit.
John BOLTON, op cit., Chapt. 9.
[29] “Proposition du Front POLISARIO pour une solution politique
mutuellement acceptable assurant l' autodétermination du peuple
du Sahara Occidental” [transmise au Secrétaire
Général des Nations Unies le 10 avril 2007].
[30] Initiative marocaine pour la négociation d'un statut d'autonomie
de la région du Sahara
Voir les commentaires sur le plan marocain de Stephen ZUNES,
op. cit., Frank RUDDY, op. cit., et Carlos RUIZ MIGUEL,
op. cit.
[31]
Rapport du Secrétaire général sur la situation concernant
le Sahara occidental, 19 avril 2006, p.10.
[32]
Résolution 1754 du Conseil de sécurité adoptée le 30 avril
2007.
[33]
Voir la bibliographie indiquée dans la
Note 9 supra.
[34]
L’ONU, les organismes internationaux, l’UE et jusqu’aux parlements
nationaux des divers pays disposent d’instruments plus que suffisants
pour imposer et faire respecter la légalité internationale. Qu’on
se rappelle entre autres comment on put mettre fin au régime
d’apartheid en Afrique du sud.
[35] “Morocco’s
crime was contemporaneous with and as flagrant a crime as Indonesia’s seizure of East
Timor” (Frank
RUDDY, op. cit., p. 23). Dans le cas de Timor-Leste,
autrefois appelé Timor Portugais, les Portugais ont effectué une
décolonisation irrégulière, très semblable à ce que le dernier gouvernement
de Franco a fair avec le Sahara. L’ex-colonie portugaise fut envahie
en 1975 par l’Indonésie, qui l’occupa jusqu’en 1999. 25 ans
plus tard, les Portugais sont revenus et ont organisé un referéndum
d’autodétermination sous la tutelle de l’ ONU, qui a donné naissance
à un nouveau pays, l’actuelle République démocratique du Timor
oriental, qui a obtenue son indépendance le 20 mai 2002.
(Tomás BÁRBULO, op. cit., p. 23,
et http://fr.wikipedia.org/wiki/Timor_oriental )
[36] Tomás BÁRBULO, op. cit., p. 220. Frank RUDDY op. cit., pp.
12 et 24. y Carlos RUIZ MIGUEL, Sáhara Occidental: independencia, paz y seguridad, Cuadernos de Pensamiento Político
nº 12 (2006), p. 151-179, .
[37]
Nous ne référons pas seulement aux divers obstacles dont parlent
Frank RUDDY et Carlos RUIZ MIGUEL, mais aussi aux contradictions
générées par cette longue attente au sein du Front Polisario lui-même,
dans la population sahraouie et en particulier dans les jeunes générations
qui n’ont pas vécu le massacre et l’horreur de la fuite; contradictions
que le régime marocain tente d’exploiter à son profit.
[38] Sur la participation d’ Henry
KISSINGER à la préparation de la Marche Verte et le financement de celle-ci par le
Koweït et l’Arabie saoudite, voir Tomás BÁRBULO, op. cit.,
pp. 212-234.
Jacob MUNDY, How the US and Morocco
seized the Spanish Sahara,
Le Monde Diplomatique, janvier 2006.
[39] EUROPA PRESS, La Fedissah, preocupada
por la abstención de España en la ONU respecto al Sáhara, LUKOR, 26/10/04
Afifa KARMOUS, Les ressources naturelles d'un
territoire non autonome: le Sahara Occidental, Colloque des Juristes sur le Sahara
Occidental, Paris le 28 avril 2001
Suso DE TORO, Ana ROSSETTI y Ricardo GÓMEZ, El Sáhara y los intelectuales
marroquíes, EL PAÍS, 25/07/2005
Abdellatif LAÂBI, Marruecos, enfermo
del Sáhara,
EL PAÍS, 04/07/2005,
Alberto CARNERO y David SARIAS, Sáhara Occidental:
deslealtad, dejación... o responsabilidad, Papeles FAES, Nº
46, 22/05/2007, disponible aussi en anglais sur http://documentos.fundacionfaes.info/es/documents/show/00336-00
Javier PEROTE, Aniversario socialista,
Espacios Europeos, Nº 42, 02/11/2007,
[40] Carlos RUIZ MIGUEL, Sáhara Occidental: independencia, paz y
seguridad, op. cit., p. 151.
[41]
Sur les promesses au peuple saharaoui faites et non tenues par l’Espagne
:
José VIDAL-BENEYTO, “El Sáhara y la MPC”, EL PAÍS, 21/07/2007
et http://www.rebelion.org/noticia.php?id=54247
Ce que le leader, Felipe GONZÁLEZ (ultérieurement Premier
ministre espagnol), dit aux Sahraouis, lors de sa visite aux camps
de réfugiés de Tindouf (Argelia), le 14 novembre 1976, premier anniversaire
de la signature des Accords tripartites de Madrid, est reproduit
textuellement dans:
Fernando GUIJARRO ARCAS, Carta abierta a Raimon OBIOLS, euro-parlamentario ante la
Unión Europea :
"...
Nous avons voulu être ici aujourd'hui, 14 novembre 1976, pour démontrer
par notre présence notre rejet et notre réprobation de l'Accord
de Madrid de 1975...
"
Le peuple sahraoui va vaincre dans sa lutte. Il va vaincre, non
seulement parce qu'il a la raison, mais parce qu'il a la volonté
de combattre pour sa liberté.
"
Je veux que vous sachiez que la plus grande partie du peuple espagnol,
la plus noble, la meilleure du peuple espagnol, est solidaire avec
votre lutte. Pour nous, il ne s'agit pas du droit d'autodétermination,
mais de vous accompagner dans votre lutte jusqu'à la victoire finale.
(...)
"
(...) En tant que partie du peuple espagnol, nous ressentons de
la honte du fait que le Gouvernement n'a pas seulement fait une
mauvaise colonisation, mais une pire décolonisation, vous livrant
entre les mains de gouvernements réactionnaires comme ceux du Maroc
et de Mauritanie. Mais vous devez savoir que notre peuple combat
aussi ce Gouvernement qui a laissé dans des mains le peuple s |