Françafrique

 

L'ancien mercenaire Bob Denard condamné en appel à quatre ans de prison

L'ancien mercenaire Bob Denard, 78 ans, a été condamné vendredi à une peine de quatre ans de prison dont trois avec sursis, assortie d'une mise à l'épreuve, ainsi qu'à une amende de 100.000 euros pour avoir organisé un coup d'Etat aux Comores en 1995, a-t-on appris auprès de son avocat.

La 10e chambre de la cour d'appel, présidée par Jean Gouyette, a confirmé la culpabilité de l'ex-mercenaire, aujourd'hui atteint de la maladie d'Alzheimer, et entériné sa responsabilité dans l'organisation d'une tentative de coup d'Etat qui s'était déroulée du 27 septembre au 4 octobre 1995 sous le nom d'opération "Eskazi" (vent chaud qui souffle sur les Comores).

Me Elie Hatem a regretté cette décision qui est une "façon (ndlr: pour la justice) de tourner une page de la politique de la France à l'égard de l'Afrique".

"La difficulté provient de la nature même de cette affaire qui touche la politique, l'opération (ndlr: du coup d'Etat) a été faite au profit de la France mais les responsables s'étant tous dérobés, il n'a pas été possible d'amener à la cour la preuve de la coresponsabilité des autorités françaises", a estimé Me Hatem.

En dépit de ces regrets, le conseil a indiqué qu'il n'entendait pas former de pourvoi en cassation, une démarche qu'il assimile à du "temps et de l'énergie perdus".

En première instance, M. Denard avait été condamné à cinq ans de prison avec sursis, une peine que le tribunal ne pouvait pas en fait lui attribuer puisqu'il se trouvait en état de récidive.

Bob Denard avait été en effet condamné en avril 1993, soit deux ans avant le coup d'Etat aux Comores, à une peine de cinq ans de prison avec sursis pour une tentative de coup d'Etat au Bénin en janvier 1977.

La nouvelle condamnation prononcée vendredi aurait pu avoir pour effet de révoquer le sursis décidé en 1993 et donc, de renvoyer M. Denard en prison mais la cour d'appel lui a préféré le régime de la mise à l'épreuve.

Vingt-cinq autres prévenus avaient participé à l'opération "Eskazi" et étaient poursuivis pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime", soit l'arrestation et la séquestration arbitraires de Saïd Mohamed Djohar, alors président de l'ex-République fédérale islamique des Comores.

Ni ces prévenus ni le parquet n'avaient fait appel de leurs condamnations de première instance: l'action publique était donc éteinte à leur encontre.

Il ne restait que les intérêts civils mais la cour a rejeté les demandes de dommages-intérêts formulées, dont celles des héritiers du président Djohar, décédé en février 2006.

Source : AFP, 6 juillet 2007

 

Il n’y a pas de petits profits

50 Euro (Aide Publique au développement)

Par Vincent Munié, Juin 2007

 

 

- Bujumbura, Burundi, février 2007 –

Francine s’est dépêchée ce matin. Il lui a fallu se lever tôt, marcher jusqu’à la « gare du nord », cette place de Kamenge où se regroupent les vélos taxis, en trouver un avec un porte-bagages pas trop assassin, et enfin subir les cahots du bitume défoncé pendant les 30 minutes de trajet vers le centre de la ville. 

Mais elle était à l’heure devant l’ambassade de France, elle, comme les autres.

À sept heures trente du matin, ils sont déjà une quarantaine à faire la queue devant la porte et le filtre  du consulat. Les traits sont tendus, personne ne parle. Ce n’est pourtant pas là une conséquence de l’horaire, car pour tous ici, aujourd’hui,  à cette heure, l’enjeu est crucial : obtenir un visa. Trois matinées par semaine, le consulat est ouvert au public, qui y dépose une première fois passeport et dossier de demande, pour revenir dix jours plus tard  récupérer le tout, gratifié ou non du précieux sésame.

Cette fois, Francine vient retirer son passeport. Il y a plus d’une semaine, elle avait déjà patienté deux heures trente au même  endroit avant de gagner enfin le filtre de sécurité et de pénétrer dans 4 petits mètres carrés de terre de France, le bureau du consul à l’ambassade. Là, une secrétaire impolie, sans lui accorder le moindre regard, avait brutalement saisi son dossier, cette chemise verte méticuleusement refermée sur tous ces espoirs. Au moins Francine était bien sûr qu’il n’y manquait aucune pièce. Elle avait lu et relu dix fois la note du consulat « relative à la délivrance d’un visa de tourisme », s’était appliquée à remplir chaque case de sa plus belle écriture – en commençant par acheter un stylo-bille en état de marche – avait bien recompté les photocopies, et surtout surveillé jour et nuit son bien, désormais le plus précieux : l’attestation d’accueil envoyé par un ami français. Mais cette méticulosité, à la hauteur de l’importance de la démarche pour la jeune femme, n’avait pas impressionné la secrétaire qui avait quasiment arraché les élastiques de la chemise pour en arracher les formulaires, les compter et les inspecter rapidement avant de les biffer d’un coup de stylo rapide. Le temps de vérifier le passeport, de compter la somme d’euro et la fonctionnaire de l’ambassade indiquait la sortie à Francine en lui disant « Vous pouvez sortir, ça me paraît complet. Revenez dans dix jours. »

Dix jours. Dix nuits d’angoisse pour elle et son petit garçon Juma. Il a quatre ans, et n’a encore jamais vu son papa, exilé en France. Et c’est là le problème central de Francine. Car pour être éclatée, leur famille n’est en pas moins encore unie.

Mais,  peu importe son affaire, tout comme les objectifs des quarante autres Burundais qui attendent autour d’elle leur tour au consulat. Peu importe qu’ils soient  chacun motivés par un impératif absolu, de regroupement familial, d’études à poursuivre, de soins médicaux… par la nécessité vitale, de quitter ce si beau pays, maudit par le sort : le leur.

Peu importe donc, qu’un jour Moussa son mari soit parti en France par la grâce d’un visa miraculeusement obtenu par l’intermédiaire d’une connaissance. Pour lui, il s’agissait de sauver sa famille, d’échapper à cette infernale spirale de la pauvreté absolue, la pire, celle qui ne laisse à un adulte que l’ennui pour penser à ce qu’il n’aura jamais ainsi qu’une litanie d’autres problèmes  tels  que la maladie, la violence de tous les jours, la guerre. À cela, il n’y a qu’une issue : se glisser dans les interstices de l’économie pour tenter de gagner un petit copeau, de rapiner une petite somme, capable de nourrir sa famille le jour suivant. Seulement, les interstices en question sont trop petits pour le nombre de prétendants, car ici personne n’est épargné. C’est comme si un pays avait entièrement basculé dans la clochardisation. Dans ces conditions, la perspective d’avoir un enfant, pour heureuse qu’elle soit, est aussi une angoisse supplémentaire. Alors, il va de soi que le départ vers une autre région devient un rêve. Car enfin, même pauvre en Europe, l’on vit beaucoup mieux qu’à Kinama, Cibitoke ou Kaniosha, les immenses « suburbs » de Bujumbura. Donc, Moussa avait quitté Francine en 2003.

Maintenant, lui ne songeait plus qu’à la retrouver et découvrir enfin son enfant, et elle, à regrouper sa famille en sécurité…

Mais peu importe tout cela…

Là-bas, devant la file d’attente, le guichet a ouvert. Francine n’est plus qu’une noire au milieu d’autres noirs. Elles croisent le regard, les cris de colère de ceux qui ressortent sans avoir obtenu le visa. Ce sera bientôt son tour. Son cœur se met à battre très fort. Trois ans qu’elle attend ce moment.

Le filtre. Sans ménagement, un vigile puis un gendarme français la palpent, lui font vider son sac, d’où s’échappe la photo de Moussa. Ici personne ne lui accorde la moindre prévenance, elle n’est qu’une Burundaise de plus à attendre son visa. Au-dessus des deux chaises de la salle d’attente trône le portrait de Jacques Chirac. Dans son cadre de verdure, son regard ne s’attarde pas sur celui qui regarde la photo, il va bien plus loin. Au-delà  de l’horizon, vers un pays lointain, où l’on dit que les hommes naissent libres et égaux. C’est la France, Francine est encore rassurée, après tout  le président a –t-il l’air d’un brave homme. C’est son tour . Elle rentre dans le petit bureau. La même secrétaire que l’autre jour lève à peine la tête. « Francine Nkurukiza ? » La jeune Burundaise sourit timidement. La secrétaire cherche rapidement dans une liasse de dossier tenu chacun  par un élastique noir. Elle en dégage un, vérifie le nom et lui tend.

« Voilà, vous pouvez sortir. » Francine se lève et bredouille : « J’ai mon visa ? »

L’autre répond non de la tête. Francine s’effondre : « Pourquoi ?  mon dossier est complet ! »

La secrétaire semble s’énerver : « Ecoutez, je n’ai rien à vous dire, sortez. »

Devant l’ambassade, ils restent encore une dizaine à espérer encore pouvoir voyager…

Mais ce jour-là, personne n’obtiendra le droit de rejoindre la France.

Francine rentre chez elle. La  voici condamnée à rester au pays. Pour elle, le mot n’est pas trop fort. Ainsi, l’éconduite de la secrétaire consulaire a-t-elle résonnée comme la sentence prononcée par un juge. Certes, elle a un travail. Couturière, dans un petit atelier où elle se rend matin et soir à pied, à huit kilomètres de sa maison. Aujourd’hui il est encore temps d’y aller.

C’est même devenu impératif. Car à l’énorme déception d’apprendre que la France n’accepte pas sa venue, à elle qui a toujours été honnête, gentille et courageuse, s’ajoute un volet économique : ainsi pour se voir refoulée, Francine a dû  payer des sommes très importantes. Aux 15 € de timbre OMI de la prise en charge se sont rajoutés les 90 $ U.S. (70 €) de l’assurance du billet d’avion, puis les 50 € de frais à verser au dépôt du dossier à l’ambassade. Ces sommes ne sont pas récupérables. 135 € au total, pour Francine payée 25 €/mois, cela représente cinq mois de salaire. Une somme envolée, comme ça, sans le moindre début d’explication, par la grâce d’une procédure de consulat devant plus à la statistique qu’au facteur humain.

C’est ici qu’il convient d’utiliser le mot approprié : la Honte. Honte d’une France pratiquant jusque devant les plus humbles,  la loi du plus fort. En effet, si la politique migratoire  d’un pays peut être contestée par ses  propres citoyens, surtout quant elle plonge un pays dans une spirale égoïste niant aux malades le droit de se soigner, aux étudiants d’étudier, aux familles de se regrouper, aux adultes de tenter d’échapper à la faim … en venant CHEZ NOUS - qui plus est, à l’opposé du fondement de l’idéal humaniste tricolore, la charte des droits de l’homme - cette politique de l’émigration n’en reste pas moins l’émanation des forces au pouvoir et, en ce sens, chaque citoyen est censé savoir pour qui il vote. La fermeture des frontières, les rafles et expulsions statistiques, les vaines files d’attente aux consulats français, et les détresses afférentes  à ces situations sont toutes auréolées du sourire carnassier de Nicolas Sarkozy, qui agit en notre nom à tous, électeurs français. À défaut d’être clairement affichée, l’odieuse grimace de son intolérance et de son mépris de toute idée généreuse, ne se dissimule plus et ne trompe plus que ceux qui le veule, ceux pour qui la vie n’a pas le même prix suivant le pays de sa naissance.

Il reste pourtant dans l’éviction de Francine et de tous les autres, un élément scandaleux, un geste de petits voyous : un vol.

En effet, si l’on peut dégager la responsabilité du MAE dans l’encaissement de l’assurance du billet d’avion, il n’en demeure pas moins que la France conserve les 50 euro de frais de dossier de Francine. En fait de frais, de quoi s’agit-il ? Impossible de le savoir, puisqu’en la matière, le principe diplomatique exige de faire évoluer la procédure dans une profonde opacité. Il est  cependant très probable que le choix des visas à délivrer - hors instruction spéciale et cooptation - s’opère sur la base de quotas à ne pas dépasser et d’une sélection du profil du voyageur, afin de s’assurer de son non établissement en France. Pourquoi pas ? Mais dans ce cas de figure, l’examen d’un dossier ne peut jamais être très long, surtout en période de  disette  de visas comme il semble que ce soit le cas en ce début d’année 2007 (pour ne pas torpiller la campagne de N. Sarkozy). En tout cas, il est tout à fait douteux qu’un seul dossier refusé ait jamais pu coûter 50€. Pourtant, le matin de l’éviction de Francine, avec 40 refus, le consulat a tout de même engrangé 2000€. À multiplier par les 40 jours d’ouverture de ce consulat à l’année. Si, pour chaque recalé, la somme est énorme, à l’échelle du Burundi elle est vertigineuse : 80 000€, 100 000 $ U.S. ! Ainsi, chaque année, par le seul fait des refus, l’ambassade de France au Burundi ponctionne une pareille somme au troisième pays le plus pauvre du monde.

En notre nom à tous, la France  reprend donc discrètement une petite partie de son aide éu développement, mais cette fois en l’arrachant au plus pauvre !

Schizophrénie, ou maladresse ? Les deux à la fois. Mais, quel que soit le mobile, il reste l’acte : en l’occurrence, une pareille pingrerie, aggravée par le contexte et le refus d’envisager la détresse individuelle de chacun des malheureux prétendants au visa est une véritable escroquerie.

 

Cependant, il est aussi une autre conséquence de ce larcin, celle-ci à la portée universelle. De fait, quant Francine rentre chez elle, elle pleure. Demain, elle parlera par téléphone à Moussa pour lui annoncer la nouvelle, alors  ils pleureront tous les deux à 4000 kilomètres de distance. Un jour, son fils apprendra comment d’autres hommes ont pu  imposer deux mois de salaire à sa maman pour ne même pas lui accorder une seule explication, pour ne même pas  lui dire pourquoi, elle, Francine de Kamenge, à Bujumbura, ne pouvait prétendre à ce droit universel de présenter son fils à son père et d’échapper à la misère… Alors, peu à peu, au fil des années à venir, loin de son père, le fils de Francine se bâtira dans une espèce de défiance de cet autre monde, celui des riches,  celui de ceux qui ne leur laisse que le droit d’être volé de deux mois de salaire.

En ce sens, le mépris de l’ambassade de France à Bujumbura pour n’être qu’un détail est aussi une petite pierre dans un grand mur destiné à partager la terre en deux, mais surtout pas les richesses. Sur ce chantier, en notre nom à tous, le gouvernement français semble tenir à son rôle de maçon.

 

50 Euro, il n’y a pas de petits profits.

Caméraman de profession, Vincent Munié est un cinéaste et écrivain français, membre de l’association Survie. Il a publié le roman Amina K aux éditions de La Mauvaise Graine (2007) et réalisé le film documentaire La voie est libre, sur le chemin de fer Dakar-Niger (2006).


RCA : Accord de Birao caduc, Zakaria Damane accusé par les troupes de l’UFDR de trahison
Bangui, 29/04/07 (C.A.P) - En acceptant de signer avec Bozizé l’accord de Birao le 13 avril dernier, Zakaria Damane un des commandants opérationnels des troupes de l’UFDR, semble avoir pris de tels engagements à l’égard de Bozizé dans le dos de ses éléments - moyennant dit-on une grosse somme d’argent -  qu’il est ouvertement accusé d’avoir trahi.   Selon des informations en provenance de l’entourage même de Bozizé, Zakaria Damane aurait accepté de se charger lui-même du nettoyage de la région afin de la débarrasser de tout rebelle. En contrepartie, Bozizé devait le nommer préfet de la région militaire de la Vakaga et faire libérer dans les trois jours qui suivaient la signature de l’accord, les deux leaders de l’UFDR qui sont toujours en prison à Cotonou à savoir Abakar Sabone et Michel Am Non Droko Djotodia.   Or depuis lors, la remise en liberté de ces derniers se fait toujours attendre ce qui est jugé inacceptable par les hommes de Damane qui reprochent par ailleurs à celui-ci d’avoir vendu son âme à Bozizé avec qui il est resté depuis en étroite relation. L’essentiel des troupes de l’UFDR aurait donc décidé d’abandonner Damane considéré dorénavant comme un traître à leur cause.   Tout porte donc à croire que ce dernier se retrouve dans une situation semblable à celle d’un autre chef de guerre, un certain Abdoulaye Miskine avec qui Bozizé avait cru devoir signer un accord à Syrte en Libye pour le regretter quelques jours après lorsqu’il s’est rendu compte que c’était un général sans troupe.

Source : centrafrique-presse

 

République centrafricaine


Accord de cessez-le-feu à Birao

Pour la première fois, les rebelles centrafricains sont entrés à Birao dans le silence et non dans le fracas des armes: cinq de leurs membres sont venus vendredi y signer un accord de paix avec Bangui en présence du président François Bozizé.
Ces cinq hommes de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) sont arrivés sans armes dans cette localité située à 800 km au nord-est de Bangui et symbole des affrontements avec le pouvoir: tombée sous le contrôle des rebelles en novembre, la ville a été reconquise un mois plus tard, puis de nouveau attaquée début mars.
Les murs troués de balles dans certains quartiers témoignent de ce passé mouvementé.
Vers 15H30 (14H30 GMT), La foule de diplomates et de militaires ayant accompagné le président François Bozizé à Birao retient son souffle quand le chef de l'UFDR, Damane Zakaria, déploie son imposante carrure hors d'un véhicule tout-terrain.
Vêtu d'un costume civil coupé à l'africaine, il n'est accompagné que de quatre hommes, en treillis mais sans armes, et de l'ex-préfet de cette région de la Vakaga, dont Birao est le chef-lieu, le général Raymond Ndougou.
C'est ce dernier, principal artisan de l'accord de paix, qui est allé chercher le chef rebelle dans sa base de Tiringoulou, perdue à 150 km à l'est de Birao et à quelques kilomètres de la frontière soudanaise.
Pendant plus de six heures, dans un climat d'impatience, de tension et d'excitation, le président Bozizé et le général Lamine Cissé, représentant du secrétaire général de l'ONU en Centrafrique, ainsi que des diplomates onusiens et officiers centrafricains et français ont attendu l'arrivée de la délégation rebelle.
La poignée de main entre le chef de l'Etat et le chef rebelle est brève. Les soldats des Forces armées centrafricaines (Faca) ont été priées d'évacuer les lieux avant l'arrivée de Damane Zakaria.
Quelques instants plus tard, au centre de santé de la ville, récemment construit et épargné par les combats, Damane Zakaria signe l'accord avec le gouvernement centrafricain qui prévoit la "cessation immédiate des hostilités"
Tout au long de sa visite, le chef rebelle n'a pas un regard pour les officiers français et les hommes de la Légion étrangère qui sécurisent la ville.
L'armée française a joué un rôle déterminant dans le conflit, engageant à plusieurs reprises son aviation pour aider en décembre les Faca à reconquérir Birao et plusieurs localités historique du nord-est, tombées entre fin octobre et début novembre aux mains de l'UFDR.
Le 4 mars, au lendemain d'une nouvelle offensive avortée, la rébellion avait attaqué le détachement français dans la localité, fort alors d'une dizaine d'hommes, contraignant Paris à envoyer des parachutistes en renfort [ça, c’est la version officielle de l’Armée française, complaisamment relayée par l’AFP, NDLR quibla.net].
Plus d'un mois après les combats, la ville se relève très lentement de ses blessures.
De nombreuses maisons ont été incendiées dans les quartiers nord et sud de la ville: représailles des Faca envers des habitants suspectés d'accointance avec les rebelles mais aussi inimités au sein de la population, partagée notamment sur des lignes ethniques entre pro-gouvernement et pro-rebelles, racontent certains habitants.
Ils ne sont que quelques milliers en ville, loin des 14.000 habitants que compte normalement la localité, mais plus que les 600 dénombrés mi-mars par une mission de l'ONU.
"La présence militaire française rassure la population", explique le maire de Birao, Moustapha Ahmed, même si, selon lui, certains ont fui loin en brousse, jusqu'au Soudan, et ne sont pas informés de l'évolution de la situation.
Au marché, plusieurs commerçants ont réinstallé leurs étals mais se plaignent encore du manque de clients.
Source : AFP, 13 avril 2007

Accord entre le Général Zakaria DAMANE et le représentant du Général BOZIZE

COMMUNIQUÉ DE PRESSE  DES FORCES REPUBLICAINES NOUVELLES
Liberté – Paix – Fraternité
Le 13 avril 2007, un accord militaire a été signé à Birao entre le Général Zakaria DAMANE, représentant de l’Etat-major intégré des unités combattantes de la Résistance Centrafricaine et le représentant du Général François BOZIZE, Chef de l’Etat. Cet accord de principe, voulu et accepté par les responsables politiques et militaires de la Résistance Nationale, après de longues et difficiles discutions, s’inscrit dans la volonté patriotique de permettre un compromis opérationnel et technique nécessaire à l’ouverture du Dialogue revendiqué par toutes les forces vives centrafricaines qui est une donnée de base non négociable. Il est clairement admis que tous les points évoqués seront validés lors du dialogue politique et inclus dans l’accord de paix globale. La résistance continuera à maintenir sa capacité opérationnelle. Par la signature de ce premier accord collectif avec le régime au pouvoir, les organisations de la Résistance ont voulu montrer leur réel désir de donner la possibilité à notre pays de sortir pacifiquement de la crise. Connaissant le caractère réfractaire du général Bozizé à tout dialogue arguant le parapluie et le soutien indéfectible et inconditionnel de ses amis dont la France qui le confortent par des bombardements massifs et aveugles du nord de la RCA .Les rapports indépendants de la communauté internationale sur ces crimes de guerre sont accablants pour Bozizé et les troupes d’occupation qui l’ont aidé dans son forfait ; de ce fait le problème de la légitimité du Général Bozizé est posé. Ce n’est ni un remaniement ministériel, ni la distribution d’argent et de vivres et encore moins les déclarations sans suites et constantes du Général Bozizé qui lui permettront de re -légitimer son pouvoir et apaiser le pays qu’il a mis à feu et à sang depuis sa calamiteuse rébellion jusqu’à ce jour. La résistance a pris un risque par cet acte mais demeure vigilante par rapport aux manœuvres dilatoires et la roublardise du Général Bozizé qui ne veut pas d’un quelconque dialogue .Aucun acte concret n’a été posé dans ce sens par ce général qui ignore les règles élémentaires de la démocratie. Il appartient désormais au Général François BOZIZE de montrer sa bonne foi par le respect des engagements pris, particulièrement : la libération rapide des deux responsables de la Résistance, Am Non Droko Djotodia et Abakar Saboune, détenus à Cotonou (Bénin) ainsi que l’ouverture sans délai du dialogue politique global et inclusif avec une médiation internationale.

Paris, le 14 avril 2007
Pour les Forces Républicaines Nouvelles, Le Coordonnateur, Christophe GAZAM - BETTY

 


Rwanda : De 7 avril en 7 avril


13 ans après le génocide des Tutsi rwandais, la face cassée de la République n’est toujours pas réparée.


Communiqué de Survie, le 5 avril 2007


En 1993, nous avons pris conscience que de nouveaux massacres, pires que les précédents, pouvaient survenir au Rwanda. Les mois passant, les événements renforçaient ces craintes et, surtout, confirmaient celle qu'une volonté d’une violence extrême était à l'œuvre. Sans en tenir compte, la France maintenait son appui aux dirigeants d’un régime dont l'hostilité aux Tutsi allait jusqu'à appeler à leur extermination. Nous avons dénoncé ce soutien, sans grand effet. Noyant dans des camouflages les éléments d'un long processus historique - dans lequel notre pays avait sans conteste joué un rôle néfaste - la France s'en est tenue à son engagement fatal.

Cette inexcusable complicité, difficilement explicable, ne s'est pas démentie lorsque le génocide a débuté. La France l'a jusqu'au bout confirmée. Cette réalité est encore aujourd'hui niée, 13 ans après les faits. Ce sont les plus hautes autorités de ce pays qui doivent la reconnaître, et agir en conséquence. Jusqu’à ce qu’elles aient accompli ce devoir, le dossier ne peut être clos. Agissant au nom du peuple qui les ont choisis, ces autorités doivent répondre devant lui de leurs actes. C'est ce que nous avons exigé en nous opposant avec détermination à leur décision de soutenir un régime meurtrier. Nous réaffirmons ce refus au nom des victimes, aux côtés desquelles nous resterons.

Vers le 15 avril 1994, l’évidence de l’exécution du génocide des Tutsi rwandais est devenue incontournable. Par la suite, de longues recherches ont permis de vérifier que des autorités de notre pays savaient, avant qu’elle ne se déclenche, que cette machine infernale s’élaborait au Rwanda. Elles ne l’ont jamais dénoncée, elles l'ont acceptée. Ces recherches se poursuivent, au nom des victimes, non par quelque plaisir pervers de critiquer notre pays, mais pour le conduire hors du cycle pernicieux du mensonge. Pour réparer la face cassée de la République.

Il serait temps de regarder l’histoire en face, pour en extraire l’essentiel : quelles que soient ses multiples composantes, elle a été chevauchée par des cavaliers indignes que notre pays a infiltrés dans son cours.
Aujourd’hui, à la suite de l’insensée « affaire Bruguière », les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda sont rompues. Quelles pourraient être les conditions de leur rétablissement ? A cette question, posée lors d’un récent colloque organisé à l’UNESCO par la diaspora rwandaise d’Europe, la réponse unanime a été que ce rétablissement dépendait de l’aveu, chez nous, de la vérité. Nous espérons qu'il en sera ainsi, pour que l’on puisse reprendre le fil de l’histoire dans un contexte assaini. Que l’on puisse se recueillir les 7 avril,  sinon sans douleur, au moins délivré de la honte. Combien d’années faudra-t-il encore attendre ?



Si les citoyens de notre pays l’exigent, la face cassée de la République est réparable.

Le processus visant la vérité et la justice pourrait aller plus vite que beaucoup ne craignent : il suffirait que la prochaine législature initie une véritable commission d'enquête,  afin d’aller au bout de toutes les pistes ouvertes par la mission parlementaire sur le Rwanda en 1998. C’est ce que nous demanderons, avec force, aux prochains élus, au législatif et à l’exécutif, de la République. L’Assemblée Nationale devra alors exiger, pour la circonstance, la déclassification de tous les documents utiles à son aboutissement, et refuser résolument qu’une quelconque audition ait lieu à huis clos. Tel est le véritable intérêt de la France.

 

Association Survie, 210, rue St Martin, 75003 Paris, Tél : 01 44 61 03 25, Fax : 01 44 61 03 20

contact@survie-france.org, http://www.survie-france.org

 

 

 


Opération Turquoise, juillet 1994


Centrafrique : le soutien français en question


L'armée gouvernementale, appuyée par Paris, se serait rendue coupable d'exactions.
Par Thomas HOFNUNG


LIBEATION, 7 avril 2007


Jusqu'où peut aller le soutien de la France à une armée africaine accusée d'exactions contre sa propre population ? La question se pose en Centrafrique à propos de l'opération menée, début mars, par les parachutistes français à Birao, une ville du Nord-Est, près du Darfour, attaquée par des rebelles ( Libération du 23 mars).
Rapidement dépassés par la puissance de feu des soldats français, ces derniers ont fui une localité qu'ils avaient déjà attaquée à l'automne. Près de 300 militaires français sont, depuis, restés sur place.
«Représailles». Arrivée à Birao deux semaines plus tard pour évaluer la situation humanitaire (lire ci-dessous), une mission de l'ONU a découvert une ville fantôme. Sur une population estimée à 14 000 personnes, 600 d'entre elles seulement demeuraient dans une ville aux allures de Grozny, selon un responsable onusien. 70 % des cases avaient été brûlées ou partiellement détruites, et il ne restait plus rien des écoles ni de l'hôpital.
Que s'est-il passé ? Qui est responsable de cette vague de destructions ? Hors de cause, l'armée française ¬ qui intervient en soutien des forces gouvernementales en Centrafrique en vertu d'un accord de défense liant Paris à son ancienne colonie ¬ accuse les rebelles. Mais un humanitaire récemment à Birao livre une autre version : «Le premier jour, les rebelles ont commis des destructions, mais les soldats des Forces armées centrafricaines [Faca] se sont livrées à des représailles après avoir repris le contrôle de la localité.» Un contrôle qu'elles n'auraient jamais pu exercer sans l'aide décisive des paras français. «Les commandos français agissent aux côtés des soldats centrafricains qui ont commis les exactions, et Paris ne dit rien», déplore l'association Survie.
Déliquescence. La France soutient à bout de bras le fragile pouvoir du président, François Bozizé, qu'elle considère comme le garant d'un minimum de stabilité dans un pays en état de déliquescence avancée. Des coopérants français sont présents au sein de l'état-major centrafricain, et le président Bozizé est lui-même conseillé directement par un militaire français. «Le problème, c'est que l'armée centrafricaine n'en est pas une», dit un expert étranger. «Le pays est vaste, on ne peut pas surveiller tout ce que font les soldats de Bozizé», ajoute un officier français. Paris assure passer des messages très fermes au Président pour qu'il tienne ses troupes. Avec une efficacité apparemment limitée.

Un désastre humanitaire occulté


La communauté internationale commence à peine à se mobiliser.
Par Thomas HOFNUNG

LIBERATION , 7 avril 2007
Coincée entre le Tchad, le Darfour (ouest du Soudan) et la république démocratique du Congo (ex-Zaïre), la Centrafrique semble avoir été oubliée de tous, ou presque, dans cette zone hautement instable. Pourtant, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon les estimations de l'ONU, plus d'un million de personnes ¬ soit le quart de la population ¬ sont touchées par la violence, et plus de 200 000 ont dû fuir leur maison. La mortalité maternelle est l'une des plus élevées au monde, un enfant sur cinq n'atteindra pas l'âge de 5 ans et 30 % d'entre eux souffrent de malnutrition chronique...
«Depuis le début de l'année, la communauté internationale commence enfin à prendre conscience de l'ampleur de la catastrophe et l'aide humanitaire commence à s'organiser», affirme l'un des responsables de l'Unicef à Bangui, Edouard Libeau. Une prise de conscience qui demeure toute relative : sur les 11,7 millions de dollars (7,8 millions d'euros) demandés pour répondre aux besoins de la population, l'Unicef n'a reçu à ce jour que 22 % de ce montant.
«L'histoire de notre pays est celle d'un échec collectif», nous expliquait récemment l'ancien Premier ministre, Martin Ziguélé. Depuis son indépendance, en 1960, cette ancienne colonie française, un temps dirigée par «l'empereur» Bokassa, vit dans une instabilité chronique. Après avoir semblé se désengager, notamment en fermant deux bases militaires en 1997, la France a décidé de s'impliquer de nouveau dans ce pays. Pour des raisons avant tout stratégiques : la Centrafrique est située, comme son nom l'indique, au milieu du continent. Aux portes du géant soudanais.


Chirac, les Forces spéciales, le Centrafrique et les médias


L’opération menée par les Forces spéciales françaises dans le nord de la République centrafricaine le 4 mars dernier, où la ville de Birao a été vidée de ses habitants, qui ont vu leurs maisons brûlées, continue de faire des vagues (Lire  Birao, ville fantôme : un crime de guerre français en pleine campagne électorale). Voici les derniers épisodes.

Le 3 avril, Jacques Chirac s’est rendu à Bayonne pour rendre hommage aux Forces spéciales. Le Journal du pays basque a publié à cette occasion l’article suivant :

Chirac rend hommage à des forces spéciales contestées


Le président de la république française Jacques Chirac rendra hommage aujourd’hui à Bayonne aux 3000 hommes des forces spéciales, engagées dans pratiquement toutes les opérations militaires de l’armée française à l’étranger (lire aussi Le Journal du vendredi 30 mars). A quelques semaines de quitter ses fonctions, le chef de l’État entend ainsi apporter son soutien à l’armée et à cette unité d’élite dont l’existence est cependant contestée. Alors que le Commandement des forces spéciales (COS), basé à Villacoublay, s’apprête à célébrer les 15 ans de sa création lors de la première guerre du Golfe, des voix s’élèvent pour contester le fonctionnement de ces forces armées, et jusqu’au parlement où le député socialiste François Lamy, membre de la commission de la défense de l’Assemblée nationale, plaidait pour "un nécessaire contrôle parlementaire de ces troupes".Les Forces spéciales dépendent directement du président de la République ou de son premier ministre."Il n’y a pas de contrôle parlementaire ni de contrôle démocratique" s’indigne Odile Biyidi, présidente de l’association Survie France, qui milite notamment pour une meilleure information des politiques françaises en Afrique. Pour elle, les Forces spéciales sont une "structure marginale" et la présidente de l’association, qui compte une extension au Pays Basque au sein de l’association Survie Euskal Herri, souhaite que "la hiérarchie revienne dans le reste de l’armée".Odile Biyidi soupçonne ces Forces spéciales d’avoir soutenu le régime rwandais et d’avoir participé à l’entraînement des auteurs du génocide."Au Rwanda, le Cos est resté sur place quand l’armée est partie", affirme-t-elle.En Côte d’Ivoire, elle rappelle que le général Henri Poncet, sanctionné par Michèle Alliot-Marie pour "manquements graves à la loi, aux règlements militaires et aux ordres" était aussi un ancien chef du Commandement des opérations spéciales. Cette vocation des forces spéciales fait également dire à Batasuna, qui organise à 12h une manifestation devant la citadelle, que "ces régiments militaires symbolisent le bras armé’ de l’impérialisme et du colonialisme français".
Mais la plus longue mission des troupes du Cos, dont les hommes sont âgés en moyenne de 27 ans après une préparation de trois ans, est l’opération "Arès", déclenchée en 2003 en Afghanistan. C’est là que les Forces spéciales ont connu leur bilan humain le plus lourd avec sept morts et 12 blessés.A Bayonne, Jacques Chirac devrait marquer la fin d’un mandat qui a vu la professionnalisation militaire en 1996, et une loi de programmation militaire généreuse dès 2003 qui prévoit une augmentation des 11,2% des crédits d’équipement de la Défense en 5 ans.C’est sur ce point que le chef de l’État français est attendu aujourd’hui, pour symboliquement, prôner la continuité dans ce traitement de la Défense.Le chef de l’état assistera à des opérations héliportées.
Journal du Pays basque, 3 avril 2007

Réactions à l’article :


Alors que le pool de journalistes accrédités attend l'arrivée de Chirac, débarque un gradé furax. Il s'agissait du lieutenant-Colonel chargé des relations presse cherchant
l'auteur de l’article ci-dessus :

- Remy Rivière, c'est qui ?
- (L'intéressé levant la main) Je suis là
- C’est vous qui avez écrit cela ? (Il agite le Journal du pays basque
- C'est scandaleux, un tissu d'âneries, vous déshonorez votre profession !
- C'est une réaction officielle ? Le général Pagu (patron du COS) veut-il répondre?
- Sûrement pas !!!


Communiqué de l’Association Survie, 2 avril 2007

Centrafrique : Les forces gouvernementales se livrent à des exactions avec le soutien des forces spéciales françaises.

L’association Survie, qui milite en faveur de l’assainissement des relations franco-africaines, regrette le déplacement du chef de l’État Jacques Chirac auprès du Commandement des opérations spéciales (COS), forces spéciales basées à Bayonne.

Cette unité militaire, créée au moment de la guerre du Golfe en 1992 et qui relève directement de l’Elysée (hors hiérarchie militaire), intervient en Afrique dans des missions qui échappent au contrôle de l’opinion publique et qui permettent de couvrir des violations massives des droits de l’Homme.

Actuellement, les Forces spéciales sont engagées dans le Nord Est de la République Centrafricaine et soutiennent le régime en place avec notamment une couverture aérienne « quasi permanente » et des instructeurs militaires. Les forces gouvernementales centrafricaines ont tout loisir de se livrer à des exactions en toute impunité, ce que dénonce l’Union Africaine dans un rapport interne et ce que constate l’ONU.

Au Rwanda, de 1990 à 1993 alors que le régime connaissait une dérive de type génocidaire dénoncée par des ONG de défense des droits de l’Homme, des soldats du COS ont entraîné les Forces armées rwandaises, fers de lance au printemps 1994 du génocide d’un million de Tutsi. En Côte d’Ivoire en 2004, des membres du COS ont été mis en cause dans la fusillade de jeunes manifestants ivoiriens (non armés) à Abidjan. En 2005, le général Poncet, alors commandant en chef du COS, était suspendu suite à l’assassinat d’un jeune ivoirien accusé de semer la terreur dans le nord du pays.

En rendant hommage à ces troupes d’élite à Bayonne, le président de la République veut conforter cet état de fait et laisser des recommandations pour ses successeurs. Cette visite lui permettra de faire l’apologie du COS, présenté comme une source de fierté nationale de défense des intérêts de la Nation française à l’étranger.

Si, comme le prétend le Premier ministre Dominique de Villepin, l’engagement des forces françaises est « une preuve tangible que la France défend des valeurs démocratiques et non des régimes », nous demandons que toute intervention de l’armée française fasse l’objet d’un débat préalable et d’un contrôle parlementaires1.

Cette revendication avait d’ailleurs été émise en 2000 lors du dépôt par le député François Lamy d’un Rapport d’information sur le contrôle parlementaire des opérations extérieures.

Nous demandons également la suppression pure et simple du COS, forces au service d’une politique qui a aujourd’hui atteint ses limites, après les avoir prouvées au Rwanda ou en Côte d’Ivoire.
Source : http://www.survie-france.org

 

Déclaration de l’ UFDR République centrafricaine


BIRAO, le 04 avril 2007.
l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR RCA) veut porter à l’opinion nationale et internationale les atrocités dictées par Bozizé et ses mercenaires et commises en son nom aux populations de Birao et Paoua en République centrafricaine. Voici ce que le diktat de Bozizé a infligé à ces deux régions et les populations qui y vivaient paisiblement.

À Birao ainsi qu’à Paoua : carnage, incendie et démolition délibérés des habitations et des infrastructures vitales de base, comme les hôpitaux et les écoles, déplacements forcés de la population, viols, humiliation, enfants abandonnés, razzia sont parmi les exactions subites par les citoyens de Birao et Paoua depuis des mois. La ville de Birao est déserte et la population se trouve pour la plupart dans la brousse et a peur de regagner leurs domiciles.
À Paoua, des disparitions, des exécutions sommaires y ont cours tous les jours. Sa population est outrageusement terrorisée d’autant plus que Bozizé y met en exécution son plan ourdi d’élimination des élites centrafricaines de cette région d’où proviennent un grand nombre d’intellectuels, comme nous le savons, qui ont jadis si bien servi notre pays.

Étant donné une telle dégradation du milieu de vie de ces citoyens, l’UFDR RCA annonce qu’elle prendra tous les moyens nécessaires à sa disposition pour non seulement porter une assistance de base d’urgence à cette population déstabilisée mais aussi pour assurer sa protection et sa sécurité ainsi que celles de ses biens.

Pour l’UFDR RCA ces actes de barbarie délibérément choisis par le régime dictatorial, totalitaire et sans vision de Bozizé visent à compromettre la tenue du dialogue intracentrafricain pour la paix et la réconciliation nationale tant attendu et voulu par tous les Centrafricains et leurs amis de la communauté internationale.
La Direction politique et militaire et les membres de l’UFDR RCA ont pour priorité les intérêts supérieurs de la nation et non des intérêts individuels pécuniaires. L’UFDR RCA réitère son engagement complet et sa mobilisation totale pour le dialogue inclusif des centrafricains pour une paix durable dans notre pays.

L’UFDR RCA met dans ce dossier du salut national tout le sérieux qui se doit en la matière, elle demande à tous les acteurs politiques de