Françafrique
L'ancien mercenaire Bob Denard condamné en appel à quatre
ans de prison
L'ancien
mercenaire Bob Denard, 78 ans, a été condamné vendredi à une peine de
quatre ans de prison dont trois avec sursis, assortie d'une mise à l'épreuve,
ainsi qu'à une amende de 100.000 euros pour avoir organisé un coup d'Etat aux Comores en 1995, a-t-on appris auprès de son avocat.
La 10e chambre de la cour d'appel, présidée
par Jean Gouyette, a confirmé la culpabilité
de l'ex-mercenaire, aujourd'hui atteint de la maladie d'Alzheimer, et
entériné sa responsabilité dans l'organisation d'une tentative de coup
d'Etat qui s'était déroulée du 27 septembre au 4 octobre 1995
sous le nom d'opération "Eskazi"
(vent chaud qui souffle sur les Comores).
Me Elie Hatem a regretté cette décision
qui est une "façon (ndlr: pour la justice) de tourner une page
de la politique de la
France à l'égard de l'Afrique".
"La difficulté provient de la nature
même de cette affaire qui touche la politique, l'opération (ndlr: du
coup d'Etat) a été faite au profit de la France mais les responsables
s'étant tous dérobés, il n'a pas été possible d'amener à la cour la
preuve de la coresponsabilité des autorités françaises", a estimé
Me Hatem.
En dépit de ces regrets, le conseil
a indiqué qu'il n'entendait pas former de pourvoi en cassation, une
démarche qu'il assimile à du "temps et de l'énergie perdus".
En première instance, M. Denard avait
été condamné à cinq ans de prison avec sursis, une peine que le tribunal
ne pouvait pas en fait lui attribuer puisqu'il se trouvait en état de
récidive.
Bob Denard avait été en effet condamné
en avril 1993, soit deux ans avant le coup d'Etat
aux Comores, à une peine de cinq ans de prison avec sursis pour une
tentative de coup d'Etat au Bénin en janvier
1977.
La nouvelle condamnation prononcée vendredi
aurait pu avoir pour effet de révoquer le sursis décidé en 1993 et donc,
de renvoyer M. Denard en prison mais la cour d'appel lui a préféré le
régime de la mise à l'épreuve.
Vingt-cinq autres prévenus avaient participé
à l'opération "Eskazi" et étaient
poursuivis pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation
d'un crime", soit l'arrestation et la séquestration arbitraires
de Saïd Mohamed Djohar, alors président de l'ex-République fédérale
islamique des Comores.
Ni ces prévenus ni le parquet n'avaient
fait appel de leurs condamnations de première instance: l'action publique
était donc éteinte à leur encontre.
Il ne restait que les intérêts civils
mais la cour a rejeté les demandes de dommages-intérêts formulées, dont
celles des héritiers du président Djohar, décédé en février 2006.
Source :
AFP, 6 juillet 2007
Il n’y a pas de petits profits
50 Euro (Aide Publique au
développement)
Par
Vincent Munié,
Juin 2007
- Bujumbura, Burundi, février 2007 –
Francine s’est dépêchée ce matin. Il
lui a fallu se lever tôt, marcher jusqu’à la « gare du nord »,
cette place de Kamenge où se regroupent les
vélos taxis, en trouver un avec un porte-bagages pas trop assassin,
et enfin subir les cahots du bitume défoncé pendant les 30 minutes de
trajet vers le centre de la ville.
Mais elle était à l’heure devant l’ambassade
de France, elle, comme les autres.
À sept heures trente du matin, ils sont
déjà une quarantaine à faire la queue devant la porte et le filtre du consulat. Les traits sont tendus, personne
ne parle. Ce n’est pourtant pas là une conséquence de l’horaire, car
pour tous ici, aujourd’hui, à
cette heure, l’enjeu est crucial : obtenir un visa. Trois matinées
par semaine, le consulat est ouvert au public, qui y dépose une première
fois passeport et dossier de demande, pour revenir dix jours plus tard
récupérer le tout, gratifié ou non du précieux sésame.
Cette fois, Francine vient retirer son
passeport. Il y a plus d’une semaine, elle avait déjà patienté deux
heures trente au même endroit
avant de gagner enfin le filtre de sécurité et de pénétrer dans 4 petits
mètres carrés de terre de France, le bureau du consul à l’ambassade.
Là, une secrétaire impolie, sans lui accorder le moindre regard, avait
brutalement saisi son dossier, cette chemise verte méticuleusement refermée
sur tous ces espoirs. Au moins Francine était bien sûr qu’il n’y manquait
aucune pièce. Elle avait lu et relu dix fois la note du consulat « relative
à la délivrance d’un visa de tourisme », s’était appliquée à remplir
chaque case de sa plus belle écriture – en commençant par acheter un
stylo-bille en état de marche – avait bien recompté les photocopies,
et surtout surveillé jour et nuit son bien, désormais le plus précieux :
l’attestation d’accueil envoyé par un ami français. Mais cette méticulosité,
à la hauteur de l’importance de la démarche pour la jeune femme, n’avait
pas impressionné la secrétaire qui avait quasiment arraché les élastiques
de la chemise pour en arracher les formulaires, les compter et les inspecter
rapidement avant de les biffer d’un coup de stylo rapide. Le temps de
vérifier le passeport, de compter la somme d’euro et la fonctionnaire
de l’ambassade indiquait la sortie à Francine en lui disant « Vous
pouvez sortir, ça me paraît complet. Revenez dans dix jours. »
Dix jours. Dix nuits d’angoisse pour
elle et son petit garçon Juma. Il a quatre
ans, et n’a encore jamais vu son papa, exilé en France. Et c’est là
le problème central de Francine. Car pour être éclatée, leur famille
n’est en pas moins encore unie.
Mais,
peu importe son affaire, tout comme les objectifs des quarante
autres Burundais qui attendent autour d’elle leur tour au consulat.
Peu importe qu’ils soient chacun
motivés par un impératif absolu, de regroupement familial, d’études
à poursuivre, de soins médicaux… par la nécessité vitale, de quitter
ce si beau pays, maudit par le sort : le leur.
Peu importe donc, qu’un jour Moussa
son mari soit parti en France par la grâce d’un visa miraculeusement
obtenu par l’intermédiaire d’une connaissance. Pour lui, il s’agissait
de sauver sa famille, d’échapper à cette infernale spirale de la pauvreté
absolue, la pire, celle qui ne laisse à un adulte que l’ennui pour penser
à ce qu’il n’aura jamais ainsi qu’une litanie d’autres problèmes
tels que la maladie, la
violence de tous les jours, la guerre. À cela, il n’y a qu’une issue :
se glisser dans les interstices de l’économie pour tenter de gagner
un petit copeau, de rapiner une petite somme, capable de nourrir sa
famille le jour suivant. Seulement, les interstices en question sont
trop petits pour le nombre de prétendants, car ici personne n’est épargné.
C’est comme si un pays avait entièrement basculé dans la clochardisation.
Dans ces conditions, la perspective d’avoir un enfant, pour heureuse
qu’elle soit, est aussi une angoisse supplémentaire. Alors, il va de
soi que le départ vers une autre région devient un rêve. Car enfin,
même pauvre en Europe, l’on vit beaucoup mieux qu’à Kinama, Cibitoke ou Kaniosha, les immenses « suburbs »
de Bujumbura. Donc, Moussa avait quitté Francine en 2003.
Maintenant, lui ne songeait plus qu’à
la retrouver et découvrir enfin son enfant, et elle, à regrouper sa
famille en sécurité…
Mais peu importe
tout cela…
Là-bas, devant la file d’attente, le
guichet a ouvert. Francine n’est plus qu’une noire au milieu d’autres
noirs. Elles croisent le regard, les cris de colère de ceux qui ressortent
sans avoir obtenu le visa. Ce sera bientôt son tour. Son cœur se met
à battre très fort. Trois ans qu’elle attend ce moment.
Le filtre. Sans ménagement, un vigile
puis un gendarme français la palpent, lui font vider son sac, d’où s’échappe
la photo de Moussa. Ici personne ne lui accorde la moindre prévenance,
elle n’est qu’une Burundaise de plus à attendre son visa. Au-dessus
des deux chaises de la salle d’attente trône le portrait de Jacques
Chirac. Dans son cadre de verdure, son regard ne s’attarde pas sur celui
qui regarde la photo, il va bien plus loin. Au-delà
de l’horizon, vers un pays lointain, où l’on dit que les hommes
naissent libres et égaux. C’est la France, Francine est encore
rassurée, après tout le président
a –t-il l’air d’un brave homme. C’est son tour .
Elle rentre dans le petit bureau. La même secrétaire que l’autre jour
lève à peine la tête. « Francine Nkurukiza ? »
La jeune Burundaise sourit timidement. La secrétaire cherche rapidement
dans une liasse de dossier tenu chacun
par un élastique noir. Elle en dégage un, vérifie le nom et lui
tend.
« Voilà,
vous pouvez sortir. » Francine se lève et bredouille : « J’ai
mon visa ? »
L’autre répond non de la tête. Francine
s’effondre : « Pourquoi ? mon
dossier est complet ! »
La secrétaire
semble s’énerver : « Ecoutez, je
n’ai rien à vous dire, sortez. »
Devant l’ambassade, ils restent encore
une dizaine à espérer encore pouvoir voyager…
Mais ce jour-là, personne n’obtiendra
le droit de rejoindre la
France.
Francine rentre chez elle. La voici condamnée à rester au pays. Pour elle,
le mot n’est pas trop fort. Ainsi, l’éconduite de la secrétaire consulaire
a-t-elle résonnée comme la sentence prononcée par un juge. Certes, elle
a un travail. Couturière, dans un petit atelier où elle se rend matin
et soir à pied, à huit kilomètres de sa maison. Aujourd’hui il est encore
temps d’y aller.
C’est même devenu impératif. Car à l’énorme
déception d’apprendre que la
France n’accepte pas sa venue, à elle qui a toujours
été honnête, gentille et courageuse, s’ajoute un volet économique :
ainsi pour se voir refoulée, Francine a dû
payer des sommes très importantes. Aux 15 € de timbre OMI de
la prise en charge se sont rajoutés les 90 $ U.S. (70 €) de l’assurance
du billet d’avion, puis les 50 € de frais à verser au dépôt du dossier
à l’ambassade. Ces sommes ne sont pas récupérables. 135 € au total,
pour Francine payée 25 €/mois, cela représente cinq mois de salaire.
Une somme envolée, comme ça, sans le moindre début d’explication, par
la grâce d’une procédure de consulat devant plus à la statistique qu’au
facteur humain.
C’est ici qu’il convient d’utiliser
le mot approprié : la
Honte. Honte d’une France pratiquant jusque devant
les plus humbles, la loi du plus
fort. En effet, si la politique migratoire
d’un pays peut être contestée par ses
propres citoyens, surtout quant elle plonge un pays dans une
spirale égoïste niant aux malades le droit de se soigner, aux étudiants
d’étudier, aux familles de se regrouper, aux adultes de tenter d’échapper
à la faim … en venant CHEZ NOUS - qui plus est, à l’opposé du fondement
de l’idéal humaniste tricolore, la charte des droits de l’homme - cette
politique de l’émigration n’en reste pas moins l’émanation des forces
au pouvoir et, en ce sens, chaque citoyen est censé savoir pour qui
il vote. La fermeture des frontières, les rafles et expulsions statistiques,
les vaines files d’attente aux consulats français, et les détresses
afférentes à ces situations sont toutes auréolées du sourire
carnassier de Nicolas Sarkozy, qui agit en notre nom à tous, électeurs
français. À défaut d’être clairement affichée, l’odieuse grimace de
son intolérance et de son mépris de toute idée généreuse, ne se dissimule
plus et ne trompe plus que ceux qui le veule, ceux pour qui la vie n’a
pas le même prix suivant le pays de sa naissance.
Il reste pourtant dans l’éviction de
Francine et de tous les autres, un élément scandaleux, un geste de petits
voyous : un vol.
En effet, si l’on peut dégager la responsabilité
du MAE dans l’encaissement de l’assurance du billet d’avion, il n’en
demeure pas moins que la
France conserve les 50 euro de frais de dossier de
Francine. En fait de frais, de quoi s’agit-il ? Impossible de le
savoir, puisqu’en la matière, le principe diplomatique exige de faire
évoluer la procédure dans une profonde opacité. Il est
cependant très probable que le choix des visas à délivrer - hors
instruction spéciale et cooptation - s’opère sur la base de quotas à
ne pas dépasser et d’une sélection du profil du voyageur, afin de s’assurer
de son non établissement en France. Pourquoi pas ? Mais dans ce
cas de figure, l’examen d’un dossier ne peut jamais être très long,
surtout en période de disette de visas comme il semble que ce soit le cas
en ce début d’année 2007 (pour ne pas torpiller la campagne de N. Sarkozy).
En tout cas, il est tout à fait douteux qu’un seul dossier refusé ait jamais pu coûter 50€. Pourtant, le matin de l’éviction
de Francine, avec 40 refus, le consulat a tout de même engrangé 2000€.
À multiplier par les 40 jours d’ouverture de ce consulat à l’année.
Si, pour chaque recalé, la somme est énorme, à l’échelle du Burundi
elle est vertigineuse : 80 000€, 100 000 $ U.S. ! Ainsi, chaque
année, par le seul fait des refus, l’ambassade de France au Burundi
ponctionne une pareille somme au troisième pays le plus pauvre du monde.
En notre nom à tous, la France reprend donc discrètement une petite partie
de son aide éu développement, mais cette fois
en l’arrachant au plus pauvre !
Schizophrénie, ou maladresse ?
Les deux à la fois. Mais, quel que soit le mobile, il reste l’acte :
en l’occurrence, une pareille pingrerie, aggravée par le contexte et
le refus d’envisager la détresse individuelle de chacun des malheureux
prétendants au visa est une véritable escroquerie.
Cependant, il est aussi une autre conséquence
de ce larcin, celle-ci à la portée universelle. De fait, quant Francine
rentre chez elle, elle pleure. Demain, elle parlera par téléphone à
Moussa pour lui annoncer la nouvelle, alors
ils pleureront tous les deux à 4000 kilomètres de
distance. Un jour, son fils apprendra comment d’autres hommes ont pu imposer deux mois de salaire à sa maman pour
ne même pas lui accorder une seule explication, pour ne même pas lui dire pourquoi, elle, Francine de Kamenge, à Bujumbura, ne pouvait prétendre à ce droit universel
de présenter son fils à son père et d’échapper à la misère… Alors, peu
à peu, au fil des années à venir, loin de son père, le fils de Francine
se bâtira dans une espèce de défiance de cet autre monde, celui des
riches, celui de ceux qui ne leur laisse que le droit
d’être volé de deux mois de salaire.
En ce sens, le mépris de l’ambassade
de France à Bujumbura pour n’être qu’un détail est aussi une petite
pierre dans un grand mur destiné à partager la terre en deux, mais surtout
pas les richesses. Sur ce chantier, en notre nom à tous, le gouvernement
français semble tenir à son rôle de maçon.
50 Euro, il n’y a pas de petits profits.
Caméraman de profession,
Vincent Munié est un cinéaste et écrivain
français, membre de l’association Survie. Il a publié le roman Amina K
aux
éditions de La
Mauvaise Graine (2007) et réalisé le film documentaire
La voie est libre, sur le chemin de fer Dakar-Niger (2006).
RCA : Accord de Birao caduc,
Zakaria Damane accusé par les troupes de l’UFDR de trahison
Bangui, 29/04/07 (C.A.P) - En acceptant
de signer avec Bozizé l’accord de Birao le 13 avril dernier, Zakaria
Damane un des commandants opérationnels des troupes de l’UFDR, semble
avoir pris de tels engagements à l’égard de Bozizé dans le dos de ses
éléments - moyennant dit-on une grosse somme d’argent - qu’il
est ouvertement accusé d’avoir trahi. Selon des informations
en provenance de l’entourage même de Bozizé, Zakaria Damane aurait accepté
de se charger lui-même du nettoyage de la région afin de la débarrasser
de tout rebelle. En contrepartie, Bozizé devait le nommer préfet de
la région militaire de la Vakaga et faire libérer dans
les trois jours qui suivaient la signature de l’accord, les deux leaders
de l’UFDR qui sont toujours en prison à Cotonou à savoir Abakar Sabone
et Michel Am Non Droko Djotodia. Or depuis lors, la remise en
liberté de ces derniers se fait toujours attendre ce qui est jugé inacceptable
par les hommes de Damane qui reprochent par ailleurs à celui-ci d’avoir
vendu son âme à Bozizé avec qui il est resté depuis en étroite relation.
L’essentiel des troupes de l’UFDR aurait donc décidé d’abandonner Damane
considéré dorénavant comme un traître à leur cause. Tout porte
donc à croire que ce dernier se retrouve dans une situation semblable
à celle d’un autre chef de guerre, un certain Abdoulaye Miskine avec
qui Bozizé avait cru devoir signer un accord à Syrte en Libye pour le
regretter quelques jours après lorsqu’il s’est rendu compte que c’était
un général sans troupe.
République centrafricaine
Accord
de cessez-le-feu à Birao
Pour
la première fois, les rebelles centrafricains sont entrés à Birao dans
le silence et non dans le fracas des armes: cinq de leurs membres sont
venus vendredi y signer un accord de paix avec Bangui en présence du
président François Bozizé.
Ces cinq hommes de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement
(UFDR) sont arrivés sans armes dans cette localité située à 800 km au nord-est de Bangui
et symbole des affrontements avec le pouvoir: tombée sous le contrôle
des rebelles en novembre, la ville a été reconquise un mois plus tard,
puis de nouveau attaquée début mars.
Les murs troués de balles dans certains quartiers
témoignent de ce passé mouvementé.
Vers 15H30 (14H30 GMT), La foule de diplomates et de militaires ayant
accompagné le président François Bozizé à Birao retient son souffle
quand le chef de l'UFDR, Damane Zakaria, déploie son imposante carrure
hors d'un véhicule tout-terrain.
Vêtu d'un costume civil coupé à l'africaine, il n'est accompagné que
de quatre hommes, en treillis mais sans armes, et de l'ex-préfet de
cette région de la Vakaga, dont Birao est le
chef-lieu, le général Raymond Ndougou.
C'est ce dernier, principal artisan de l'accord de paix, qui est allé
chercher le chef rebelle dans sa base de Tiringoulou, perdue à 150 km à l'est de Birao et
à quelques kilomètres de la frontière soudanaise.
Pendant plus de six heures, dans un climat d'impatience, de tension
et d'excitation, le président Bozizé et le général Lamine Cissé, représentant
du secrétaire général de l'ONU en Centrafrique, ainsi que des diplomates
onusiens et officiers centrafricains et français ont attendu l'arrivée
de la délégation rebelle.
La poignée de main entre le chef de l'Etat et le chef rebelle est brève.
Les soldats des Forces armées centrafricaines (Faca) ont été priées
d'évacuer les lieux avant l'arrivée de Damane Zakaria.
Quelques instants plus tard, au centre de santé de la ville, récemment
construit et épargné par les combats, Damane Zakaria signe l'accord
avec le gouvernement centrafricain qui prévoit la "cessation immédiate
des hostilités"
Tout au long de sa visite, le chef rebelle n'a pas un regard pour les
officiers français et les hommes de la
Légion étrangère qui sécurisent la ville.
L'armée française a joué un rôle déterminant dans le conflit, engageant
à plusieurs reprises son aviation pour aider en décembre les Faca à
reconquérir Birao et plusieurs localités historique du nord-est, tombées
entre fin octobre et début novembre aux mains de l'UFDR.
Le 4 mars, au lendemain d'une nouvelle offensive avortée, la rébellion
avait attaqué le détachement français dans la localité, fort alors d'une
dizaine d'hommes, contraignant Paris à envoyer des parachutistes en
renfort [ça, c’est la version officielle de l’Armée française, complaisamment
relayée par l’AFP, NDLR quibla.net].
Plus d'un mois après les combats, la ville se relève très lentement
de ses blessures.
De nombreuses maisons ont été incendiées dans les quartiers nord et
sud de la ville: représailles des Faca envers des habitants suspectés
d'accointance avec les rebelles mais aussi inimités au sein de la population,
partagée notamment sur des lignes ethniques entre pro-gouvernement et
pro-rebelles, racontent certains habitants.
Ils ne sont que quelques milliers en ville, loin des 14.000 habitants
que compte normalement la localité, mais plus que les 600 dénombrés
mi-mars par une mission de l'ONU.
"La présence militaire française rassure la population", explique
le maire de Birao, Moustapha Ahmed, même si, selon lui, certains ont
fui loin en brousse, jusqu'au Soudan, et ne sont pas informés de l'évolution
de la situation.
Au marché, plusieurs commerçants ont réinstallé leurs étals mais se
plaignent encore du manque de clients.
Source : AFP, 13 avril 2007
Accord entre le Général Zakaria DAMANE
et le représentant du Général BOZIZE
COMMUNIQUÉ
DE PRESSE DES FORCES REPUBLICAINES
NOUVELLES
Liberté – Paix – Fraternité
Le 13 avril 2007, un accord militaire a été signé à Birao entre le Général
Zakaria DAMANE, représentant de l’Etat-major intégré des unités combattantes
de la
Résistance Centrafricaine et le représentant du Général
François BOZIZE, Chef de l’Etat. Cet accord de principe, voulu et accepté
par les responsables politiques et militaires de la Résistance Nationale,
après de longues et difficiles discutions, s’inscrit dans la volonté
patriotique de permettre un compromis opérationnel et technique nécessaire
à l’ouverture du Dialogue revendiqué par toutes les forces vives centrafricaines
qui est une donnée de base non négociable. Il est clairement admis que
tous les points évoqués seront validés lors du dialogue politique et
inclus dans l’accord de paix globale. La résistance continuera à maintenir
sa capacité opérationnelle. Par la signature de ce premier accord collectif
avec le régime au pouvoir, les organisations de la Résistance ont voulu montrer leur réel désir de
donner la possibilité à notre pays de sortir pacifiquement de la crise.
Connaissant le caractère réfractaire du général Bozizé à tout dialogue
arguant le parapluie et le soutien indéfectible et inconditionnel de
ses amis dont la France qui le confortent par
des bombardements massifs et aveugles du nord de la RCA .Les rapports indépendants
de la communauté internationale sur ces crimes de guerre sont accablants
pour Bozizé et les troupes d’occupation qui l’ont aidé dans son forfait
; de ce fait le problème de la légitimité du Général Bozizé est posé.
Ce n’est ni un remaniement ministériel, ni la distribution d’argent
et de vivres et encore moins les déclarations sans suites et constantes
du Général Bozizé qui lui permettront de re -légitimer son pouvoir et
apaiser le pays qu’il a mis à feu et à sang depuis sa calamiteuse rébellion
jusqu’à ce jour. La résistance a pris un risque par cet acte mais demeure
vigilante par rapport aux manœuvres dilatoires et la roublardise du
Général Bozizé qui ne veut pas d’un quelconque dialogue .Aucun acte
concret n’a été posé dans ce sens par ce général qui ignore les règles
élémentaires de la démocratie. Il appartient désormais au Général François
BOZIZE de montrer sa bonne foi par le respect des engagements pris,
particulièrement : la libération rapide des deux responsables de la Résistance, Am
Non Droko Djotodia et Abakar Saboune, détenus à Cotonou (Bénin) ainsi
que l’ouverture sans délai du dialogue politique global et inclusif
avec une médiation internationale.
Paris, le 14 avril 2007
Pour les Forces Républicaines Nouvelles, Le Coordonnateur, Christophe
GAZAM - BETTY
Rwanda :
De 7 avril en 7 avril
13 ans après le génocide
des Tutsi rwandais, la face cassée de la République n’est
toujours pas réparée.
Communiqué de Survie, le 5 avril 2007

En 1993, nous avons pris conscience que de nouveaux massacres, pires
que les précédents, pouvaient survenir au Rwanda. Les mois passant,
les événements renforçaient ces craintes et, surtout, confirmaient celle
qu'une volonté d’une violence extrême était à l'œuvre. Sans en tenir
compte, la France maintenait son appui
aux dirigeants d’un régime dont l'hostilité aux Tutsi allait jusqu'à
appeler à leur extermination. Nous avons dénoncé ce soutien, sans grand
effet. Noyant dans des camouflages les éléments d'un long processus
historique - dans lequel notre pays avait sans conteste joué un rôle
néfaste - la France s'en est tenue à son
engagement fatal.
Cette inexcusable complicité, difficilement explicable, ne s'est pas
démentie lorsque le génocide a débuté. La
France l'a jusqu'au bout confirmée. Cette réalité est
encore aujourd'hui niée, 13 ans après les faits. Ce sont les plus hautes
autorités de ce pays qui doivent la reconnaître, et agir en conséquence.
Jusqu’à ce qu’elles aient accompli ce devoir, le dossier ne peut être
clos. Agissant au nom du peuple qui les ont choisis, ces autorités doivent
répondre devant lui de leurs actes. C'est ce que nous avons exigé en
nous opposant avec détermination à leur décision de soutenir un régime
meurtrier. Nous réaffirmons ce refus au nom des victimes, aux côtés
desquelles nous resterons.
Vers le 15 avril 1994, l’évidence de l’exécution du génocide des Tutsi
rwandais est devenue incontournable. Par la suite, de longues recherches
ont permis de vérifier que des autorités de notre pays savaient, avant
qu’elle ne se déclenche, que cette machine infernale s’élaborait au
Rwanda. Elles ne l’ont jamais dénoncée, elles l'ont acceptée. Ces recherches
se poursuivent, au nom des victimes, non par quelque plaisir pervers
de critiquer notre pays, mais pour le conduire hors du cycle pernicieux
du mensonge. Pour réparer la face cassée de la
République.
Il serait temps de regarder l’histoire en face, pour
en extraire l’essentiel : quelles que soient ses multiples composantes,
elle a été chevauchée par des cavaliers indignes que notre pays a infiltrés
dans son cours.
Aujourd’hui, à la suite de l’insensée « affaire Bruguière », les relations
diplomatiques entre la
France et le Rwanda sont rompues. Quelles pourraient
être les conditions de leur rétablissement ? A cette question, posée
lors d’un récent colloque organisé à l’UNESCO par la diaspora rwandaise
d’Europe, la réponse unanime a été que ce rétablissement dépendait de
l’aveu, chez nous, de la vérité. Nous espérons qu'il en sera ainsi,
pour que l’on puisse reprendre le fil de l’histoire dans un contexte
assaini. Que l’on puisse se recueillir les 7 avril, sinon sans
douleur, au moins délivré de la honte. Combien d’années faudra-t-il
encore attendre ?
Si les citoyens de notre pays l’exigent, la face cassée de la République est
réparable.
Le processus visant la vérité et la justice pourrait aller plus vite
que beaucoup ne craignent : il suffirait que la prochaine législature
initie une véritable commission d'enquête, afin d’aller au bout
de toutes les pistes ouvertes par la mission parlementaire sur le Rwanda
en 1998. C’est ce que nous demanderons, avec force, aux prochains élus,
au législatif et à l’exécutif, de la République. L’Assemblée
Nationale devra alors exiger, pour la circonstance, la déclassification
de tous les documents utiles à son aboutissement, et refuser résolument
qu’une quelconque audition ait lieu à huis clos. Tel est le véritable
intérêt de la France.
Association Survie, 210, rue St Martin, 75003 Paris, Tél : 01 44
61 03 25, Fax : 01 44 61 03 20
contact@survie-france.org,
http://www.survie-france.org

Opération Turquoise, juillet 1994
Centrafrique : le soutien français en
question
L'armée gouvernementale, appuyée par Paris, se serait
rendue coupable d'exactions.
Par Thomas HOFNUNG
LIBEATION, 7 avril 2007
Jusqu'où peut aller le soutien de la France à une armée
africaine accusée d'exactions contre sa propre population ? La
question se pose en Centrafrique à propos de l'opération
menée, début mars, par les parachutistes français
à Birao, une ville du Nord-Est, près du Darfour, attaquée
par des rebelles ( Libération du 23 mars).
Rapidement dépassés par la puissance de feu des soldats
français, ces derniers ont fui une localité qu'ils avaient
déjà attaquée à l'automne. Près de
300 militaires français sont, depuis, restés sur place.
«Représailles». Arrivée à Birao deux
semaines plus tard pour évaluer la situation humanitaire (lire
ci-dessous), une mission de l'ONU a découvert une ville fantôme.
Sur une population estimée à 14 000 personnes, 600 d'entre
elles seulement demeuraient dans une ville aux allures de Grozny, selon
un responsable onusien. 70 % des cases avaient été brûlées
ou partiellement détruites, et il ne restait plus rien des écoles
ni de l'hôpital.
Que s'est-il passé ? Qui est responsable de cette vague de destructions
? Hors de cause, l'armée française ¬ qui intervient
en soutien des forces gouvernementales en Centrafrique en vertu d'un
accord de défense liant Paris à son ancienne colonie ¬
accuse les rebelles. Mais un humanitaire récemment à Birao
livre une autre version : «Le premier jour, les rebelles ont commis
des destructions, mais les soldats des Forces armées centrafricaines
[Faca] se sont livrées à des représailles après
avoir repris le contrôle de la localité.» Un contrôle
qu'elles n'auraient jamais pu exercer sans l'aide décisive des
paras français. «Les commandos français agissent
aux côtés des soldats centrafricains qui ont commis les
exactions, et Paris ne dit rien», déplore l'association
Survie.
Déliquescence. La France soutient à bout de bras le fragile
pouvoir du président, François Bozizé, qu'elle
considère comme le garant d'un minimum de stabilité dans
un pays en état de déliquescence avancée. Des coopérants
français sont présents au sein de l'état-major
centrafricain, et le président Bozizé est lui-même
conseillé directement par un militaire français. «Le
problème, c'est que l'armée centrafricaine n'en est pas
une», dit un expert étranger. «Le pays est vaste,
on ne peut pas surveiller tout ce que font les soldats de Bozizé»,
ajoute un officier français. Paris assure passer des messages
très fermes au Président pour qu'il tienne ses troupes.
Avec une efficacité apparemment limitée.
Un désastre humanitaire occulté
La communauté internationale commence à peine
à se mobiliser.
Par Thomas HOFNUNG
LIBERATION , 7 avril 2007
Coincée entre le Tchad, le Darfour (ouest du Soudan) et la république
démocratique du Congo (ex-Zaïre), la Centrafrique semble
avoir été oubliée de tous, ou presque, dans cette
zone hautement instable. Pourtant, les chiffres parlent d'eux-mêmes.
Selon les estimations de l'ONU, plus d'un million de personnes ¬
soit le quart de la population ¬ sont touchées par la violence,
et plus de 200 000 ont dû fuir leur maison. La mortalité
maternelle est l'une des plus élevées au monde, un enfant
sur cinq n'atteindra pas l'âge de 5 ans et 30 % d'entre eux souffrent
de malnutrition chronique...
«Depuis le début de l'année, la communauté
internationale commence enfin à prendre conscience de l'ampleur
de la catastrophe et l'aide humanitaire commence à s'organiser»,
affirme l'un des responsables de l'Unicef à Bangui, Edouard Libeau.
Une prise de conscience qui demeure toute relative : sur les 11,7 millions
de dollars (7,8 millions d'euros) demandés pour répondre
aux besoins de la population, l'Unicef n'a reçu à ce jour
que 22 % de ce montant.
«L'histoire de notre pays est celle d'un échec collectif»,
nous expliquait récemment l'ancien Premier ministre, Martin Ziguélé.
Depuis son indépendance, en 1960, cette ancienne colonie française,
un temps dirigée par «l'empereur» Bokassa, vit dans
une instabilité chronique. Après avoir semblé se
désengager, notamment en fermant deux bases militaires en 1997,
la France a décidé de s'impliquer de nouveau dans ce pays.
Pour des raisons avant tout stratégiques : la Centrafrique est
située, comme son nom l'indique, au milieu du continent. Aux
portes du géant soudanais.
Chirac, les Forces spéciales,
le Centrafrique et les médias
L’opération menée par les Forces spéciales françaises dans le nord de la République centrafricaine
le 4 mars dernier, où la ville de Birao a été vidée de ses habitants,
qui ont vu leurs maisons brûlées, continue de faire des vagues (Lire
Birao, ville fantôme : un crime de guerre français
en pleine campagne électorale). Voici
les derniers épisodes.
Le 3 avril, Jacques Chirac s’est rendu à Bayonne pour
rendre hommage aux Forces spéciales. Le Journal du pays basque a publié
à cette occasion l’article suivant :
Chirac rend hommage
à des forces spéciales contestées
Le
président de la république française Jacques Chirac rendra hommage aujourd’hui
à Bayonne aux 3000 hommes des forces spéciales, engagées dans pratiquement
toutes les opérations militaires de l’armée française à l’étranger (lire
aussi Le Journal du vendredi 30 mars). A quelques semaines de quitter
ses fonctions, le chef de l’État entend ainsi apporter son soutien à
l’armée et à cette unité d’élite dont l’existence est cependant contestée.
Alors que le Commandement des forces spéciales (COS), basé à Villacoublay,
s’apprête à célébrer les 15 ans de sa création lors de la première guerre
du Golfe, des voix s’élèvent pour contester le fonctionnement de ces
forces armées, et jusqu’au parlement où le député socialiste François
Lamy, membre de la commission de la défense de l’Assemblée nationale,
plaidait pour "un nécessaire contrôle parlementaire de ces troupes".Les
Forces spéciales dépendent directement du président de la
République ou de son premier ministre."Il n’y
a pas de contrôle parlementaire ni de contrôle démocratique" s’indigne
Odile Biyidi, présidente de l’association Survie France, qui milite
notamment pour une meilleure information des politiques françaises en
Afrique. Pour elle, les Forces spéciales sont une "structure marginale"
et la présidente de l’association, qui compte une extension au Pays
Basque au sein de l’association Survie Euskal Herri, souhaite que "la
hiérarchie revienne dans le reste de l’armée".Odile Biyidi soupçonne
ces Forces spéciales d’avoir soutenu le régime rwandais et d’avoir participé
à l’entraînement des auteurs du génocide."Au Rwanda, le Cos est
resté sur place quand l’armée est partie", affirme-t-elle.En Côte
d’Ivoire, elle rappelle que le général Henri Poncet, sanctionné par
Michèle Alliot-Marie pour "manquements graves à la loi, aux règlements
militaires et aux ordres" était aussi un ancien chef du Commandement
des opérations spéciales. Cette vocation des forces spéciales fait également
dire à Batasuna, qui organise à 12h une manifestation devant la citadelle,
que "ces régiments militaires symbolisent le bras armé’ de l’impérialisme
et du colonialisme français".
Mais la plus longue mission des troupes du Cos, dont les hommes sont
âgés en moyenne de 27 ans après une préparation de trois ans, est l’opération
"Arès", déclenchée en 2003 en Afghanistan. C’est là que les
Forces spéciales ont connu leur bilan humain le plus lourd avec sept
morts et 12 blessés.A Bayonne, Jacques Chirac devrait marquer la fin
d’un mandat qui a vu la professionnalisation militaire en 1996, et une
loi de programmation militaire généreuse dès 2003 qui prévoit une augmentation
des 11,2% des crédits d’équipement de la
Défense en 5 ans.C’est sur ce point que le chef de
l’État français est attendu aujourd’hui, pour symboliquement, prôner
la continuité dans ce traitement de la
Défense.Le chef de l’état assistera à des opérations
héliportées.
Journal du Pays basque, 3 avril
2007
Réactions à l’article :
Alors
que le pool de journalistes accrédités attend l'arrivée de Chirac, débarque
un gradé furax. Il s'agissait du lieutenant-Colonel chargé des relations
presse cherchant
l'auteur de l’article ci-dessus :
- Remy Rivière, c'est qui ?
- (L'intéressé levant la main)
Je suis là
- C’est vous qui avez écrit cela ? (Il agite le Journal du pays
basque
- C'est scandaleux, un tissu d'âneries, vous déshonorez votre profession !
- C'est une réaction officielle ? Le général Pagu (patron du COS)
veut-il répondre?
- Sûrement pas !!!
Communiqué de l’Association
Survie, 2 avril 2007
Centrafrique : Les forces
gouvernementales se livrent à des exactions avec le soutien des forces
spéciales françaises.
L’association
Survie, qui milite en faveur de l’assainissement des relations franco-africaines,
regrette le déplacement du chef de l’État Jacques Chirac auprès du Commandement
des opérations spéciales (COS), forces spéciales basées à Bayonne.
Cette
unité militaire, créée au moment de la guerre du Golfe en 1992 et qui
relève directement de l’Elysée (hors hiérarchie militaire), intervient
en Afrique dans des missions qui échappent au contrôle de l’opinion
publique et qui permettent de couvrir des violations massives des droits
de l’Homme.
Actuellement,
les Forces spéciales sont engagées dans le Nord Est de la République Centrafricaine
et soutiennent le régime en place avec notamment une couverture aérienne
« quasi permanente » et des instructeurs militaires. Les forces gouvernementales
centrafricaines ont tout loisir de se livrer à des exactions en toute
impunité, ce que dénonce l’Union Africaine dans un rapport interne et
ce que constate l’ONU.
Au
Rwanda, de 1990 à 1993 alors que le régime connaissait une dérive de
type génocidaire dénoncée par des ONG de défense des droits de l’Homme,
des soldats du COS ont entraîné les Forces armées rwandaises, fers de
lance au printemps 1994 du génocide d’un million de Tutsi. En Côte d’Ivoire
en 2004, des membres du COS ont été mis en cause dans la fusillade de
jeunes manifestants ivoiriens (non armés) à Abidjan. En 2005, le général
Poncet, alors commandant en chef du COS, était suspendu suite à l’assassinat
d’un jeune ivoirien accusé de semer la terreur dans le nord du pays.
En
rendant hommage à ces troupes d’élite à Bayonne, le président de la République veut
conforter cet état de fait et laisser des recommandations pour ses successeurs.
Cette visite lui permettra de faire l’apologie du COS, présenté comme
une source de fierté nationale de défense des intérêts de la Nation française à l’étranger.
Si,
comme le prétend le Premier ministre Dominique de Villepin, l’engagement
des forces françaises est « une preuve tangible que la France défend des valeurs
démocratiques et non des régimes », nous demandons que toute intervention
de l’armée française fasse l’objet d’un débat préalable et d’un contrôle
parlementaires1.
Cette
revendication avait d’ailleurs été émise en 2000 lors du dépôt par le
député François Lamy d’un Rapport d’information sur le contrôle parlementaire
des opérations extérieures.
Nous
demandons également la suppression pure et simple du COS, forces au
service d’une politique qui a aujourd’hui atteint ses limites, après
les avoir prouvées au Rwanda ou en Côte d’Ivoire.
Source : http://www.survie-france.org
Déclaration de l’
UFDR République centrafricaine
BIRAO,
le 04 avril 2007.
l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR RCA) veut
porter à l’opinion nationale et internationale les atrocités dictées
par Bozizé et ses mercenaires et commises en son nom aux populations
de Birao et Paoua en République centrafricaine. Voici ce que le diktat
de Bozizé a infligé à ces deux régions et les populations qui y vivaient
paisiblement.
À Birao ainsi qu’à Paoua : carnage, incendie et démolition délibérés
des habitations et des infrastructures vitales de base, comme les hôpitaux
et les écoles, déplacements forcés de la population, viols, humiliation,
enfants abandonnés, razzia sont parmi les exactions subites par les
citoyens de Birao et Paoua depuis des mois. La ville de Birao est déserte
et la population se trouve pour la plupart dans la brousse et a peur
de regagner leurs domiciles.
À Paoua, des disparitions, des exécutions sommaires y ont cours tous
les jours. Sa population est outrageusement terrorisée d’autant plus
que Bozizé y met en exécution son plan ourdi d’élimination des élites
centrafricaines de cette région d’où proviennent un grand nombre d’intellectuels,
comme nous le savons, qui ont jadis si bien servi notre pays.
Étant donné une telle dégradation du milieu de vie de ces citoyens,
l’UFDR RCA annonce qu’elle prendra tous les moyens nécessaires à sa
disposition pour non seulement porter une assistance de base d’urgence
à cette population déstabilisée mais aussi pour assurer sa protection
et sa sécurité ainsi que celles de ses biens.
Pour l’UFDR RCA ces actes de barbarie délibérément choisis par le régime
dictatorial, totalitaire et sans vision de Bozizé visent à compromettre
la tenue du dialogue intracentrafricain pour la paix et la réconciliation
nationale tant attendu et voulu par tous les Centrafricains et leurs
amis de la communauté internationale.
La Direction
politique et militaire et les membres de l’UFDR RCA ont pour priorité
les intérêts supérieurs de la nation et non des intérêts individuels
pécuniaires. L’UFDR RCA réitère son engagement complet et sa mobilisation
totale pour le dialogue inclusif des centrafricains pour une paix durable
dans notre pays.
L’UFDR RCA met dans ce dossier du salut national tout le sérieux qui
se doit en la matière, elle demande à tous les acteurs politiques de
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