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Afrique, continent martyr- - Togo |
26/06/06 - Coup de gueule d`un déserteur de l'armée togolaise
Lokossa, Bénin, 22/06 - La quarantaine environ, avec cette allure apparemment exubérante qui le distingue des autres réfugiés, Serge, qui a déserté de l`armée togolaise, garde toujours une dent contre les autorités de son pays. Arrivé au Bénin en juin 2005, cet officier formé à coup de millions de francs par le chef de l`Etat défunt du Togo (Gnassingbé Eyadema) pour sa sécurité n`y va pas de main morte pour qualifier ses maîtres d`hier, qu`il accuse de ne rien faire d`autre que de transformer les militaires en "animaux sauvages" contre les populations. Après avoir passé plus de dix années à assurer la sécurité présidentielle, cet homme à l`allure encore jeune, dont l`apparence ne trahit en rien les atrocités qu`il révèle avoir commises, se demande si Dieu pourra un jour lui pardonner d`avoir "pactisé avec le diable". Sa vie civile, il l`a démarrée il y a un peu plus d`un an seulement, mais il la trouve plus saine que celle de relative opulence qu`il a menée auprès des seigneurs togolais. "J`ai constamment des remords et je suis tous les jours retourné quand je revis ce que nous avons fait vivre aux civils sans défense", affirme-t-il, visiblement révolté. "La torture est indescriptible et la plupart de ceux qui l`ont vécue n`y survivent pas pour pouvoir la raconter". Sans être dans leur peau, cet ancien militaire en garde toujours les séquelles. "Je ne veux plus prendre les armes et tuer des innocents. J`en ai marre et je suis parti pour de bon", clame-t-il. Après plusieurs semaines en prison pour avoir exprimé mon dédain, il dit être devenu la bête à abattre, et ses photos sont collées un peu partout au niveau des postes frontaliers. "Je ne veux plus me cacher pour protéger une vie que je sais déjà vouée à l`échec, il faut que j`assume mon choix", déclare-t-il, mélancolique. Concernant la situation dans son pays, Serge ne voit aucune issue au problème togolais si ce n`est les armes. "Le pouvoir passera toujours de père en fils et personne ne pourra émerger s`il n`accepte de faire le jeu du pouvoir en place", croit-il savoir. Quant au dialogue inter-togolais, Serge n`y croit guère, pas plus qu`il ne croit aux nombreux discours des opposants, qu`il traite de "margouillats". A ses yeux, le seul opposant digne de ce nom, c`est Gilchrist Olympio, le leader de l`Union des forces de changement (UFC), les autres ne pouvant rien changer parce que n`ayant aucune vision fiable pour le pays. "Je ne peux plus retourner au Togo, du moins tant que le régime n`aura pas changé, et je ne peux même pas conseiller à mes deux enfants, qui vivent eux aussi en exil, d`y remettre les pieds", dit Serge. Interrogé sur le sens qu`il entend donner à sa vie civile, Serge laisse voir qu`il n`a pas encore une idée claire de ce qu`il fera avant que ses maîtres d`hier ne mettent la main sur lui. "Je tape à toutes les portes et j`espère qu`une finira par s`ouvrir", confie-t- il. Pour cet ancien militaire, le seul espoir à la souffrance des Togolais est l`ONU. Il suffisait à cette institution d`imposer un embargo sur les armes afin d`empêcher les dirigeants de s`en procurer comme ils le font actuellement à coup de milliards. "Ces milliards, déplore-t-il, auraient pu servir à développer le pays, à donner à manger à la population, à offrir du travail aux jeunes et des infrastructures sociales aux plus démunis". L`embargo financier ne fera qu`appauvrir davantage les populations pauvres, qui se saignent déjà du fait que leurs dirigeants utilisent tout l`argent pour s`armer, conclut-il. UE : La politique togolaise au scanner
« Progrès substantiels » dans la poursuite de la mise en ¦uvre des 22 engagements souscrits par le Togo à l'égard de l'Union européenne en 2004. Car il s'agit bien de poursuite dans l'application des réformes et non d'une amorce. Des réformes en profondeurs ont été décidé et mis en ¦uvre. On peut citer les chantiers de la presse ou de la justice. Reste le point le plus épineux : le dialogue inter-togolais. Comme le souligne le chef de la diplomatie togolaise, Zarifou Ayéva, « les difficultés ou le retard pris dans le démarrage de ce dialogue ne sont pas le fait du pouvoir. Toutes les parties ont leur part de responsabilité ». Pour l'UE, il existe deux conditions à la reprise de la coopération : l'établissement d'un forum de réconciliation et l'organisation d'élections législatives. Mais l'optimisme affiché par la mission de l'UE actuellement à Lomé risque d'être tempérée par ses rencontres prévues avec certains partis politiques d'opposition. A leur habitude, il ne perdront pas l'occasion de mettre sur le dos du pouvoir tous les malheurs qui arrivent à leur pays. Un argumentaire bien rodé mais qui commence à connaître ses limites. Les spécialistes des questions togolaises à l'Union européenne et ailleurs ont finalement pris conscience que la présence d'une opposition non constructive est un obstacle sérieux à la réconciliation. La précédente mission de l'Union européenne dans le pays remonte à juillet 2005. L'UE avait interrompu son aide au Togo en 1993 après les violences qui ont émaillé la démocratisation du pays et, depuis plusieurs années, les actions européennes se limitent à des projets sociaux, en vertu d'un principe de "non pénalisation" de la population. Une population en réalité fortement pénalisée par les sanctions. L'UE a décidé en novembre 2004 de reprendre partiellement
sa coopération avec le Togo au terme de trois mois de consultations
entre les deux parties. |
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