Appel au président français
Le 26 Avril 2006
Monsieur le Président de la République,
Les développements de la situation au Tchad
sont d'une extrême gravité et suscitent notre plus vive
inquiétude pour les populations de ce pays. Cest en concertation
étroite avec les associations tchadiennes que nous nous adressons
à vous dans lurgence.
Les raisons de cette crise sont multiples : le régime
despotique, brutal et corrompu que préside Idriss Déby
Itno est en décomposition. Il est miné par des luttes
internes et engagé dans un conflit avec le Soudan par groupes
rebelles interposés, auquel participe, à son encontre,
une partie importante de son armée. Le Président Déby
est en conflit avec la Banque mondiale, le consortium pétrolier,
son opposition politique démocratique ainsi qu'avec la société
civile?. La France apparaît aujourdhui comme le dernier soutien
de ce régime.
1. Nous pensons que la politique française
pour garantir la stabilité du Tchad et de la sous-région
par le soutien au régime de Déby est un échec.
Nous pensons également que la stratégie française
de sortie de crise, basée sur la réélection (inévitablement
frauduleuse) du Président Déby suivie dun dialogue politique
incertain exacerbera en fait les tensions et violences politiques dans
ce pays. Le remplacement de Déby par un autre seigneur de guerre
serait également une stratégie inopérante.
2. Nous dénonçons donc l'appui politique
inconditionnel de la France au régime de Déby, qui sest
caractérisé ces derniers jours par un soutien de larmée
française très coûteux pour les contribuables français
déterminant dans le maintien au pouvoir du clan présidentiel.
De même, nous dénonçons toute tentative de prise
de pouvoir par les armes au Tchad.
3. Nous vous demandons instamment dabandonner cette
politique dangereuse pour les populations tchadiennes comme pour nos
concitoyens français vivant sur place au profit dune véritable
démarche de soutien à la paix et à la démocratie
telle que le proposent les organisations de la société
civile tchadienne : cessez le feu, protection des populations civiles,
mise en place dune transition politique, dialogue national pour une
réconciliation, et enfin des élections libres et transparentes.
Le dispositif Épervier pourrait assurer la sécurisation
dun tel processus au Tchad, dans le cadre d'un mandat précis
de la communauté internationale et en présence d'observateurs
indépendants, dans lattente dune force internationale de maintien
de la paix.
4. Nous souhaitons aussi que vous agissiez auprès
de lUnion européenne afin que celle-ci s'engage dans cette option
politique, afin de rompre avec une logique strictement franco-tchadienne,
qui plus est, développée hors de tout contrôle législatif.
5. Nous demandons par ailleurs quun débat parlementaire
ait lieu dès que possible sur la politique française au
Tchad. En 1998, le Parlement avait clairement fait la proposition dêtre
associé pour tout engagement extérieur des forces françaises.
Limplication des services de renseignement français et de larmée
française dans le conflit tchadien justifient amplement cette
demande.
Marc Zarrouati
Président de lACAT-France
André Barthélémy
Président dAEDH
Reynal Blion
Président dAgir Ici
Joël Thomas
Président du CCFD
Odile Biyidi
Présidente de Survie
La diplomatie US à la recherche d'un compromis
dans la crise pétrolière
Un émissaire américain est arrivé lundi à
N'Djamena à la recherche d'un compromis dans la crise qui oppose
le Tchad à la Banque mondiale sur la gestion des revenus du pétrole,
dont les autorités tchadiennes menacent de suspendre la production.
Dès le début de sa visite, le vice-secrétaire
d'Etat adjoint américain aux Affaires africaines Donald Yamamoto
a rencontré lundi après-midi pendant une heure le président
tchadien Idriss Deby Itno.
A l'issue de cette rencontre, le diplomate a qualifié
devant la presse de "très sérieuses" les menaces
soudanaises sur le régime de N'Djamena, qui accuse son voisin
de soutenir la rébellion du Front uni pour le changement. "Le
peuple du Tchad a notre soutien (...) très profond", a-t-il
ajouté.
Interrogé sur le dossier pétrolier, M.
Yamamoto s'est contenté de répondre que "les discussions
(...) se poursuivent".
Après avoir repoussé une offensive rebelle
sur N'Djamena le 13 avril, le gouvernement tchadien a menacé
de "fermer les vannes" du brut de Doba, dans le sud du Tchad,
si la BM ne débloquait pas avant le 18 avril ses pétrodollars
qu'elle a gelés. N'Djamena a ensuite reporté cet ultimatum
à fin avril, les États-Unis ayant proposé une médiation.
Cette mission intervient alors qu'un certain dégel
semble se dessiner.
Une délégation tchadienne dirigée
par le ministre des Finances Abbas Mahamat Tolli a eu ces derniers jours
des contacts informels qualifiés de "très positifs"
avec la BM en marge de son assemblée de printemps à Washington.
"Il y a eu un déficit de communication,
mais maintenant c'est rétabli", a expliqué samedi
l'ambassadeur du Tchad dans la capitale américaine Mahamoud Adam
Béchir, qui a dit espérer une solution "prochaine".
Ce "déficit de communication" a entraîné
en janvier le gel de la part de l'institution de Bretton Woods des revenus
pétroliers tchadiens placés sur un compte bancaire britannique,
et la suspension de 124 millions de dollars de crédits au Tchad.
La BM a décrété ces sanctions
après la modification unilatérale par les autorités
tchadiennes de la "loi 001" sur la gestion des revenus de
l'or noir. Cette loi, considérée lors de son adoption
en 1999 comme un modèle en matière de bonne gouvernance,
avait été parrainée par la Banque en échange
de son financement de l'oléoduc qui relie Doba au port camerounais
de Kribi.
Ce texte créait un fonds pour les générations
futures sur lequel étaient bloqués 10% des pétrodollars
tchadiens. Les autorités ont notamment supprimé ce fonds,
sans cacher leur intention d'utiliser une partie des revenus du brut
pour s'armer face aux rébellions qui menacent de renverser M.
Deby.
"Les États-Unis sont perdants si on arrête
la production (...) c'est pour ça qu'ils vont essayer de trouver
un terrain d'entente", a déclaré à l'AFP le
ministre tchadien du Pétrole Mahamat Nasser, rappelant que le
brut de Doba était produit par un consortium américano-malaisien.
"Les Américains ne sont pas des médiateurs
neutres. Ils ne sont pas intervenus pour régler les problèmes
de fond mais uniquement pour tenter de protéger leurs intérêts",
note de son côté Gilbert Maoundonodji, responsable du Groupe
de monitoring du projet pétrole Tchad-Cameroun (Gramp/TC), une
ONG qui milite pour que la manne pétrolière bénéficie
à la population.
Selon lui, l'attaque rebelle du 13 avril contre N'Djamena
a incité Washington a s'impliquer dans la crise car "ses
intérêts vitaux sont visés".
"Ils ont senti la menace d'une fermeture du robinet", explique-t-il,
au moment où "le brut flambe" et les Américains
"ont fait de l'Afrique une de leurs sources d'approvisionnement
alternative pour l'avenir"
Source : AFP, 25 avril 2006
La société civile appelle au boycottage
de la présidentielle
Des représentants de la société civile tchadienne
ont appelé mercredi à N'Djamena les électeurs du
pays à s'abstenir et la population à observer "une
journée de deuil" le 3 mai à l'occasion du premier
tour de l'élection présidentielle.
"Nous appelons les citoyens à rester chez eux le 3 mai et
à observer une journée de deuil", a déclaré
lors d'une conférence de presse Delphine Djiraïbé
Kemmeloum, coordinatrice du Comité de suivi de l'appel à
la paix et la réconciliation qui réunit de nombreuses
associations et ONG.
"Le président de la République doit prendre un décret
pour suspendre le processus électoral, dissoudre la Ceni (Commission
électorale nationale
indépendante) et mettre en place un comité de pilotage
pour préparer le dialogue national", a poursuivi Mme Djiraïbé
au nom du Comité.
Répondant à une question, elle a rejeté l'idée
d'organiser des marches de protestation dans la capitale, les jugeant
"dangereuses dans le contexte tchadien". "Nous ne voulons
plus que le sang soit versé inutilement. Dans les autres pays,
la justice existe. Pas au Tchad", a estimé Mme Djiraïbé.
La société civile tchadienne demande depuis des semaines
le report du scrutin du 3 mai, dont le président sortant Idriss
Deby Itno, au pouvoir depuis 1990, est le grand favori face à
quatre candidats issus de sa majorité.
L'opposition a décidé de bouder l'élection, jugée
"frauduleuse". Deux semaines après l'offensive avortée
des rebelles du Front uni pour le changement (Fuc) sur N'Djamena, le
président Deby a décidé de maintenir le scrutin,
malgré les nombreux appels à son report.
Source : AFP, 26 avril 2006
Omnipotents, omniprésents, cincompétents
:es diplomates de l'UE ne sont pas tendres pour Idriss Déby
Nous avons pu nous procurer un rapport confidentel des chefs de mission
diplomatique de l'Union européenne à Ndjaména,
dont l'ambassadeur est Robert Kremer, adressé le 30 janvier 2006
à la Présidence à Bruxelles. Nous le publions tel
quel.
Restreint UE
FM vie Coreu
To all Coreu normal
CFSP/PRES/VIE/0136/06
300106 1344Z
ACRONYM COAFR COACD
Subject COAFR COACD-TSCHAD-Rapport des chefs de mission sur la REF CFSP/SEC/0120/06
Text
Subject COAFR COACD-TCHAD Rapport des chefs de mission sur la situation
au TCHAD
Réf : CFSP/SEC/0120/06
La Présidence a lhonneur de circuler ci-joint un rapport des
chefs de mission sur la situation au TCHAD
I- = = LE GOUVERNEMENT TCHADIEN= =
Dans la situation actuelle que connaît le Tchad, le Président
Idriss Deby est aux commandes directes du char de l'Etat. Aucune décision,
même de moindre importante, ne se prend dorénavant sans
qu'il n'ait donné son aval. Il est celui qui a décidé
l'épreuve de force avec la Banque Mondiale, ainsi l'Etat de Belligérance
avec le Soudan, consécutivement à l'attaque d'Adré
survenue le 18 décembre dernier.
Le Gouvernement Tchadien compte des personnalités médiocres,
hormis des ministres tels que ceux des Affaires Etrangères, Ahmat
Allami, de l'Economie et du Plan, Mahamat Ali Hassan, des Infrastructures,
Adoum Younousmi et de la Santé Publique, Moussa Kadam. L'Administration
elle-même est peu performante car le renouvellement des générations
na eu lieu et l'entremise Zaghawa (ethnie du Président) na favorisé
que ceux du « clan », dont les incompétents, au détriment
de toutes les autres ethnies.
Le Parti présidentiel (Mouvement Patriotique du Salut/MPS), soutenu
par une trentaine d'autres petits partis satelitaires, ne compte pas
beaucoup de personnalités de grande valeur, y compris l'Assemblée
Nationale où la majorité MPS détient 113 siéges
sur155.
Le Président Déby ayant favorisé des années
durant la mainmise des Zaghawa sur l'appareil dEtat, ces derniers, omnipotents
et omniprésents, sont devenus dorénavant la première
menace, tant politique que physique pesant sur le Chef de l'Etat. L'illustration
de ce divorce ou de cette confrontation a atteint son paroxysme en mai
2004, quand le clan Zaghawa a lancé une tentative de coup d'Etat
visant à éliminer le Président Deby.
En octobre et novembre 2005, les mêmes militaires insoumis, soucieux
de préserver leurs avantages acquis, leur impunité, de
même que leurs positions au sein de l'appareil d'Etat, ont crée
des mouvements de rebellions installés en territoire soudanaise
afin d'y solliciter les appuis nécessaires à leur lutte
contre Deby, auprès des « Faucons » de Khartoum ayant
en ligne de mire l'Etat Tchadien.
II-= = L'OPPOSITION = =
Morcelée en près de 70 partis, elle est daussi piètre
qualité que la majorité présidentielle. Les ténors
pour la plupart sudistes, ne représentent souvent queux mêmes
ou tout au plus. Dans le meilleur des cas une région ou une ethnie
(parmi eux figurent : MR. Ngarlejy YORONGAR, Saleh KEBZABO, Ibni Oumar
MAHAMAT SALEH, Salibou GARBA, Jean Bawoyeu ALINGUE et le Général
Wadal Abdelkader KAMOUGUE).
En dépit de multiples tentatives d'alliances et de regroupement
(dont la dernière en date est la CPDC), ces leaders sont dans
l'incapacité, à ce jour, de présenter un programme
ou une alternative structurée, crédible et nationalement
consensuelle, au pouvoir en place.
C'est dire si les Etats et membres et la Délégation de
la Commission présents, ici, à N'Djaména, ont quelques
difficultés à mesurer finement et avec précision
la réelle représentativité numérique et
l'audience populaire effective de ces mouvements d'opposition.
En résumé, la population tchadienne est aussi lassée
des partis politiques de majorité dont elle nattend plus rien
après 15 ans de pouvoir, que ceux de l'opposition dont elle mesure
la vacuité et l'inconséquence ( la dite opposition lu
ayant donné pour mot dordre, en 2005, de ne pas se faire recenser
sur les listes électorales, ce qui constitue la négation
même de la citoyenneté).
III- = = LA SOCIETE CIVILE = =
Elle quasiment inexistante car na pas les moyens ni la volonté
de sexprimer réellement, se prétendant indépendants,
les médias privés (qui sont en fait tous aux ordres de
lopposition) accaparent lespace effectif de liberté dexpression
pour, au nom de la société civile, se comporte en médias
partisans jusquà la caricature.
De même, la création de nombreuses associations de défense
des droits de lhomme, entièrement entre les mains de politiciens
sudistes revanchards, répond bien souvent à recherche
dune honorabilité et dun soutien alimentaire auprès des
grandes organisations internationales de ce secteur, plutôt quau
souci de véritablement défendre les droits de lhomme.
Ces associations ne se plaisent quà révéler, voire
exacerber, les incidents inter-éthniques, contribuant ainsi à
fragiliser davantage encore un sentiment national déjà
bien faible.
En fin du compte, la société civile tchadienne souffre
dune confusion des genres entretenues par un « club » assez
fermé dune centaine de personnes à NDjaména, que
lon retrouve alternativement, avec des titres différents, dans
les enceintes politiques, médiatiques et associatives.
IV- = = LE DARFOUR = =
Trop longtemps, la communauté internationale a ignoré
les liens ethniques et commerciaux , la proximité linguistique
et le sentiment partagé de marginalisation ou d'exclusion existant
entre les populations du Darfour et celle de l'Est tchadien, focalisée
quelle était par les questions internes soudanaises stricto-sensu.
Le constat qui peut être fait aujourdhui est la crise du Darfour
a totalement pollue au plan politique, et exacerbé au plan socio-économique,
les relations entre Khartoum et NDjaména, dautant qu le Tchad
a été le seul pays du continent africain à accepter
d'accueillir volontairement 300 000 réfugiés soudanais
au plus fort de la crise et ce, en autorisant sans réticence
aucune les ONG , les organisations humanitaires et les institutions
onusiennes, à sinstaller sur le territoire Tchadien, à
y circuler librement et favoriser l'implantation des camps conformément
aux requêtes du HCR.
Cette qualité de l'hospitalité tchadienne est trop souvent
ignorée et le Président Deby est déçu de
manque de reconnaissance internationale. Alors quil a appris des risques
sérieux en politique intérieur, en acceptant l'installation
de réfugiés qui, à ce jour, se décompose
comme suit :près de 230 000 des réfugiés soudanais
à la frontière orientale, en sus de 40 000 réfugiés
centrafricains à sa frontière sud.
La posture de médiateur tenue par le Tchad na pas été
reconnue ou valorisée, alors même que le texte fondateur
de cessez-le-feu, toujours en vigueur et servant de base aux négociations
d'Abuja, a été bien signé à NDjaména
en avril 2004, grâce limplication personnelle du Président
Deby.
Alors que tous les partenaires constatent combien les pourparlers d'Abuja
piétinent, le Chef de l'Etat Tchadien a réussi, le vendredi
20 janvier, à convaincre les chefs des mouvements rebelles soudanais
du MJE (Khalil Ibrahim) et du MLS (Minni Arkoi Minawi et Khamis Abdallah
Abakar), quil avait conviés ici même, à NDjaména,
à se structurer en une alliance capable de parler dune seule
voix afin daboutir, au plus tôt, à une paix négociée
entre Darfouriens et le Gouvernement de Khartoum.
Sans forcer le trait, l'on peut dire que le Président Deby a
réussi là où tout le monde a échoué
jusquà présent, a savoir, unifier les mouvements rebelles
du Darfour. Toutefois, une autre lecture en filigrane peut être
faite de cette alliance.
En effet, les deux chefs du MLS et du MJE étant des Zaghawa darfouriens,
Idriss Deby ne se met-il pas une carte réservé vis à
vis de Khartoum , en démontrant au Président Béchir
que les services spéciaux soudanais continuent déquiper,
soutenir et financer les rebellions tchadiennes installées au
Darfour. Le Tchad a les moyens, lui aussi de peser sur la vie politique
soudanaise et sur la réputation du régime de Béchir,
en entretenant des rapports dorénavant de connivence avec le
MJE et le MLS.
Cette alliance conclue dernièrement représenterait une
sorte de « force de dissuasion » que détiendrait
le Tchad vis à vis du régime soudanais.
V- = = LA BANQUE MONDIALE = =
Le rétablissement du dialogue entre le Tchad et la Banque mondiale
a débuté dès le 24 janvier avec la venue de lAdministrateur
pour lAfrique M . PAOLO GOMEZ. Ce dernier a indiqué à
la sortie de son entretien avec le Président Deby : « je
repars à Washington avec des informations dénorme utilité
pour rétablir le dialogue entre la Banque mondiale et la République
du Tchad ».
L'excellent état desprit qui prévaut actuellement a été
confirmé par le Représentant du Fonds Monétaire
International à NDjaména.
Le dialogue est donc renoué , la Banque mondiale renégociera
vraisemblablement avec le Tchad les questions épineuses en suspens.
= = CONCLUSION = =
sous couvert de la Présidence locale de lUnion Européenne
à NDjaména les représentations diplomatiques des
Etats membres, ainsi que la Délégation de la Commission,
sefforceront donc, dans les jours à venir, de:
- Favoriser les négociations entre la Banque mondiale et le Tchad,
- Encourage le dialogue entre les autorités tchadiennes et l'opposition,
- Renforcer la concertation de l'Union Européenne avec les autorités
tchadiennes dans le cadre de larticle 8 de l'accord de Cotonou.
La Présidence locale ne manquera pas d'informer lUnion Européenne
toute évolution de la situation, en particulier dans la perspective
de l'élection présidentielle prévue dans le courant
du deuxième trimestre de lannée 2006.
Satisfait de l'aide de Paris, Idriss Déby
veut se réarmer dans la transparence avec largent du pétrole
Le président tchadien Idriss Déby Itno se félicite
du soutien apporté par l'armée française dans le
cadre du dispositif Epervier et confirme son intention de réarmer
rapidement son pays, dans un entretien accordé au Figaro publié
mercredi.
Selon M. Déby, "la position de Paris est claire et sans
ambiguïté. La France est le seul pays à avoir condamné
de la manière la plus ferme l'agression contre le Tchad".
Le président tchadien ajoute qu'il a écrit à Jacques
Chirac pour lui dire ce
qu'implique la déstabilisation du Tchad qui menace toute la sous-région.
"Le Tchad est un pont. Si le pont cède, on peut dire adieu
à toute la sous-région.
Ce serait encore plus grave que le conflit des Grands Lacs", affirme-t-il.
Après la défaite jeudi des rebelles du Front uni pour
le changement (Fuc)
devant N'Djamena, M. Déby se dit également satisfait de
l'aide de la France dans le cadre du dispositif militaire Epervier sur
le plan humanitaire, logistique et en matière de renseignements.
Des renseignements jugés utiles par le président tchadien
qui précise que
"quand la colonne de mercenaires est arrivée jeudi à
l'aube dans N'Djamena, elle était attendue. Nous leur avons servi
le croissant et le café très chaud...".
"Le Tchad était agressé et la moindre des choses
de la part de la France,
c'était de nous fournir des renseignements terrain. Cela a été
fait. En
revanche, dire que l'armée française a tiré sur
des colonnes de mercenaires, c'est un mensonge grossier", affirme
M. Déby.
Idriss Déby confirme son intention d'acheter des armes avec l'argent
du
pétrole dès que celui-ci aura été récupéré
auprès de la Banque mondiale. "Quel est le pays au monde
qui, ayant des ressources, n'achèterait par d'armes pour se défendre?
Pourquoi refuserait-on cela au Tchad? Nous allons acheter des armes.
Dans la transparence. Et d'ici deux jours, ces armes arriveront",
conclut-il.
Source : AFP, 19 avril 2006
Le rôle de la France dans le chaos annoncé
par lassociation Survie, 19 avril 2006
1. Pour des intérêts économiques, géo-stratégiques
et militaires, la France a soutenu et contribué à
maintenir au pouvoir dans ses anciennes colonies un certain nombre de
régimes corrompus et criminels,
au mépris de leur population : Omar Bongo au Gabon, Denis Sassou
N'Guesso au Congo-Brazzavile, Paul
Biya au Cameroun, Eyadéma au Togo... Ces relations économiques,
diplomatiques et militaires avec des
pouvoirs claniques et tortionnaires, exhibées sous le signe de
lamitié, sont souvent justifiées
officiellement par une volonté de pacifier les sous-régions
concernées, dans l'objectif d'assurer la
« stabilité » des Etats. La politique extérieure
de la France en Afrique, conduite dans une opacité quasi
permanente tout en s'affranchissant du contrôle du Parlement,
a contribué à une consolidation des
régimes dictatoriaux, pérennisant ainsi le pillage des
ressources naturelles et conduisant à une
déstabilisation à retardement et durable dans plusieurs
sous-régions au Sud du Sahara.
2. Depuis l'indépendance du Tchad jusqu'à ce jour, la
France n'a cessé de soutenir les régimes dictatoriaux
successifs, y compris celui dHissène Habré aujourd'hui
poursuivi pour tortures et crimes contre
l'humanité, et celui dIdriss Déby, son ancien Chef d'Etat
major formé à l'Ecole de guerre de Paris, au
pouvoir depuis 1990 par le biais d'élections présidentielles
truquées en 1996 et 2001. Malgré les
avertissement répétés de la part de nombreuses
associations tchadiennes et internationales, dont Survie, ce
soutien diplomatique et militaire de la France a contribué à
maintenir le Tchad dans un état d'arbitraire
politique, de dégradation des conditions socio-économiques
et de déstabilisation durable de la sousrégion:
hier l'embrasement du Darfour, à l'ouest du Soudan, aujourd'hui
le chaos annoncé au Tchad.
3. Survie condamne avec la plus grande fermeté le principe de
toute immixtion unilatérale des forces
armées françaises dans les affaires du Tchad. Elle demande
aux autorités françaises de s'expliquer
immédiatement sur son intervention militaire sur l'ensemble du
territoire tchadien, au-delà de l'appui au
renseignement et logistique, notamment lors des tentatives de coup d'Etat
les14 mars et 12 avril dernier.
4. Survie a initié le 13 avril dernier, en coordination avec
d'autres organisations françaises et
internationales, une Lettre ouverte adressée aux autorités
françaises afin de relayer et appuyer les
revendications de la société civile tchadienne, structurée
au sein d'un Comité d'appel à la paix et à la
réconciliation, à savoir :
· cesser tout appui politique et militaire de la France au régime
actuel,
· arrêter tout soutien en faveur du maintien de l'élection
présidentielle du 3 mai, d'une part
verrouillée d'avance et d'autre part absurde dans un tel contexte,
· favoriser la tenue d'un véritable dialogue politique
national tel que proposé par la société
civile tchadienne et accepté par l'ensemble des forces sociales
et politiques.
Association loi 1901
5. Survie rappelle que ce dialogue national ne peut être initié
que dans des conditions de sécurité garanties
et assurées de façon effective par la communauté
internationale. Dans cet objectif, une force de maintien
de la paix doit être déployée dans les plus brefs
délais à N'Djaména, sur l'ensemble du territoire
tchadien
ainsi que dans le Darfour, où les Nations-Unies doivent suppléer
l'action de l'Union africaine sans
attendre la passation officielle prévue en septembre prochain.
6. Compte tenu de sa présence actuelle en moyens humains et logistiques,
la France sera très certainement
désignée par la communauté internationale pour
assurer, du moins à court terme, cette sécurisation.
Compte tenu de son rôle historique et de son implication aux côtés
du régime d'Idriss Déby, Survie attire
l'attention sur le fait que cette mission ne pourrait être assurée
que pour une durée extrêmement brève de
transition, uniquement dans le cadre d'un mandat précis de la
communauté internationale, et en la
présence d'observateurs internationaux sur le terrain .
Source : Survie, 210 rue St Martin 75003 PARIS - Tél. : (33-1)
44 61 03 25 - Fax : (33-1) 44 61 03 20 - Site : http://www.survie-france.org
- Courriel : contact@survie-france.org
Bilan officiel : 400 morts -
Idriss Déby crie victoire, rompt avec le Soudan et menace de
fermer le robinet à pétrole si La banque mondiale ne débloque
pas les 25 millions gelés
Les combats qui ont opposé l'armée tchadienne aux rebelles
du Front uni pour le changement (FUC) à N'Djamena ont fait 370
morts chez les rebelles et une trentaine dans les rangs de l'armée,
a affirmé, vendredi 14 avril, le ministre de l'administration
du territoire. Une centaines de soldats fidèles au président
Idriss Déby ont également été blessés
lors de ces combats et 287 rebelles faits prisonniers, a-t-il précisé.
Le ministre n'a pas évoqué de victimes civiles mais, selon
des sources humanitaires, une centaine de civils avaient été
hospitalisés jeudi à N'Djamena à l'issue des combats.
Particulièrement violents, les combats de jeudi dans la ville
d'Adré (800 km à l'est de N'Djamena, sur la frontière
soudanaise) auraient fait 150 morts, 200 blessés et 200 prisonniers
dans les rangs des rebelles du FUC, selon le ministre de la défense."C'est
fini, leur compte est déjà réglé",
s'est-il félicité sur Radio France internationale. Mais
des sources humanitaires évoquent un bilan moins avantageux pour
l'armée tchadienne : jeudi soir, 5 morts et une soixantaine de
blessés avaient été recensés à l'hôpital
de la ville, dont une large majorité de soldats loyalistes.
CONFUSION
De fait, aucune information indépendante n'était disponible
sur la situation militaire à l'intérieur du pays, notamment
sur les éventuelles positions conservées par les rebelles
le long de leur montée vers N'Djamena. Signe que le climat est
toujours lourd, des sources humanitaires ont fait état jeudi
soir d'une "grande tension" dans les rues d'Abéché,
à 700 km à l'est de N'Djamena, quadrillée par de
nombreuses troupes.
Après une nuit calme, la capitale tchadienne avait, en revanche,
retrouvé un visage presque habituel vendredi matin. La plupart
des magasins ont rouvert et la circulation a repris. Le lycée
français a lui aussi rouvert ses portes, mais la présence
militaire était encore renforcée en ville, notamment autour
de la présidence de la République.
A la mi-journée, Idriss Déby est apparu et, devant plusieurs
centaines de personnes rassemblées devant le bâtiment,
a annoncé "la rupture unilatérale des relations avec
le Soudan, qui continue d'armer des mercenaires contre le régime
tchadien". Il a également menacé d'expulser tous
les réfugiés soudanais du Darfour, zone disputée
entre le Tchad et le Soudan. Ensuite, le gouvernement tchadien a exhibé
devant la presse rassemblée sur la place de l'Indépendance,
à N'Djamena, quelque 160 insurgés capturés la veille,
présentés comme des "mercenaires soudanais".
Le FUC a affirmé, de son côté, n'avoir effectué
qu'un"repli tactique", accusant la France, qui dispose au
Tchad de 1 350 hommes et de six chasseurs Mirage F1, d'avoir pilonné
ses troupes montant à l'assaut de la capitale.
La République centrafricaine a fermé, vendredi, sa frontière
avec le Soudan pour protester contre l'attaque de N'Djamena par des
rebelles, considérée à Bangui comme une "agression"
soudanaise contre le Tchad. Le chef de la diplomatie centrafricaine,
Jean-Paul Ngoupande, a précisé que son pays n'allait pas
jusqu'à rompre ses relations diplomatiques avec le Soudan, comme
l'a fait vendredi le Tchad. Le diplomate a justifié cette décision
en expliquant que le Soudan n'avait pas respecté l'accord signé
avec le Tchad lors du sommet de Tripoli en février dernier, qui
enjoignait aux deux pays d'empêcher l'établissement sur
leur territoire de bases pour des insurgés.
Par ailleurs, les rebelles soudanais du front de l'Est ont affirmé
vendredi avoir détruit deux camps militaires dans l'est du Soudan
lors d'attaques menées cette semaine avec leurs alliés
du Darfour, région de l'ouest du Soudan en guerre civile. Les
rebelles de l'Est et du Darfour demandent à Khartoum plus d'autonomie
et un plus grand contrôle des ressources de leur région.
Les pourparlers de paix sont dans l'impasse.
Source : AFP et Reuters, 14 avril 2006
Le Tchad menace de fermer son
robinet de pétrole aujourd'hui
Le Tchad suspendra sa production de pétrole à partir du
18 avril s'il ne récupère pas d'ici là les fonds
bloqués dans une banque britannique en raison du conflit qui
l'oppose à la Banque mondiale, a annoncé vendredi le ministre
tchadien des droits de l'Homme.
"La décision a été adoptée
ce matin en conseil des ministres. Nous fermerons notre robinet de pétrole
le mardi 18 avril à midi (11h00 GMT) si on ne nous rend pas l'argent
qui est bloqué par la Banque mondiale sur le compte de la Citibank
à Londres", a déclaré Abderamane Djasnabaille.
"Nous avons un besoin d'argent urgent pour résoudre
les problèmes sociaux du pays", a poursuivi M. Djasnabaille,
démentant tout lien entre cet ultimatum et l'offensive des rebelles
du Front uni pour le changement (Fuc) repoussée jeudi par l'armée
devant N'Djamena.
"Cela n'a rien à voir avec la situation
militaire, c'est un problème beaucoup plus ancien", a assuré
le ministre.
"Nous avons des problèmes de trésorerie
de paiement des salaires et des pensions, nos hôpitaux manquent
de matériel et de médicaments (...) j'ai visité
l'hôpital de N'Djamena hier, il n'est pas normal que ceux qui
défendent la République soient couchés par terre",
a-t-il ajouté.
"Nous avons besoin de cet argent (...) nous sommes
sous pression, nous ne pouvons plus attendre. Un gouvernement responsable
se doit de faire face", a encore déclaré Abderamane
Djasnabaille.
La Banque mondiale a ordonné en janvier le blocage
des revenus pétroliers tchadiens placés sur un compte
bancaire britannique, ainsi que la suspension de 124 millions de dollars
de crédits au Tchad, après la décision de N'Djamena
de modifier unilatéralement une loi sur la gestion des revenus
pétroliers parrainée par l'institution internationale.
Cette révision a notamment supprimé un
fonds pour les générations futures sur lequel étaient
bloqués 10% des revenus pétroliers du pays.
Environ 25 millions de dollars sont bloqués
sur le compte de la Citibank et le consortium américano-malaisien
producteur du brut tchadien retient depuis le début du conflit
80 millions supplémentaires qui devaient être versés
sur le compte bloqué, selon le gouvernement tchadien.
"Le consortium nous doit beaucoup d'argent, il
doit nous le verser et respecter son contrat", selon M. Djasnabaille.
L'opposition et la société civile tchadiennes
ont accusé le régime du président Idriss Deby Itno
d'avoir modifié sa loi sur le pétrole, qui affectait les
pétrodollars en priorité aux secteurs (santé, éducation,
infrastructures) censés réduire la pauvreté, pour
les utiliser au renforcement de la sécurité et à
la préparation de l'élection présidentielle du
3 mai.
Une délégation de la Banque mondiale
(BM) a achevé la semaine dernière sans résultat
concret une mission de quinze jours au Tchad destinée à
tenter d'aplanir le différend qui oppose l'institution à
N'Djamena.
Source : Le devoir, Montréal, 15 avril 2006
Le Tchad, laboratoire de l'après
«Françafrique»
par Pierre Prier, Le Figaro 15 avril 2006
Le Tchad était [porquoi cet imparfait ? Ça commence bien
! NDLR Quibla] la chasse gardée de la France. Celle-ci le fit
comprendre au colonel Kadhafi dans les années 80, quand une livraison
massive de missiles Milan arrêta net les blindés libyens.
A l'intérieur, aucun président ne pouvait régner
longtemps sans l'aval de l'Elysée et du ministère de la
Défense. Quand le chef de l'Etat ne plaisait plus, on aidait,
discrètement mais fermement, à son éviction. Certes,
la France, qui avait d'abord mis en place un président du Sud
chrétien, a dû prendre acte du passage du pouvoir aux mains
des ethnies guerrières et musulmanes du Nord. Mais elle a ensuite
joué un rôle important dans les successions. En 1990, Hissène
Habré fut jugé coupable de sentiments pro-américains.
La DGSE ouvrit un couloir à son ancien chef d'état-major,
Idriss Déby, réfugié au Soudan.
Aujourd'hui, le même scénario semble se
répéter, mais la France est, cette fois, du côté
du pouvoir en place. Pour le moment. La formule impénétrable
employée par le ministère de la Défense «soutien
sans participation» cache mal la réalité :
les militaires français peuvent sceller le sort de Déby
en n'empêchant pas les rebelles de prendre le pouvoir.
Cette position risque d'engendrer une situation intenable
et une partition du pays, comme en Côte d'Ivoire. Elle témoigne
sans doute de la difficulté de la France à s'adapter à
la nouvelle donne africaine.
Vu de l'extérieur, on a l'impression d'assister
à une pièce vue mille fois. Jacques Chirac s'est entretenu
avec les présidents du «pré carré africain»,
la France refuse le renversement par les armes. Signe qu'Idriss Déby
est rentré dans les bonnes grâces de Paris, après
une mauvaise passe au début des années 90. A l'époque,
de nombreux hauts gradés de l'armée française ne
cachaient pas leur sympathie pour le rebelle du Nord, Youssouf Togoïmi,
magistrat formé à Reims, adoubé pour remplacer
un Déby qui ruait dans les brancards. Le président tchadien
avait renvoyé successivement l'attaché militaire de l'ambassade
de France, qu'il accusait de comploter contre lui, et l'équipe
de la DGSE chargée de former sa garde personnelle. Les militaires
français évoquaient plutôt un conflit sur l'utilisation
des crédits de la coopération militaire.
La mésentente culmina avec le retrait d'Elf
de l'exploitation du pétrole tchadien. L'ambassadeur de France,
qui n'appréciait pas Déby, ne put se retenir d'annoncer
lui-même la nouvelle, accréditant ainsi l'idée d'une
sanction politique. Il fut déclaré «persona non
grata», une rareté dans l'Afrique francophone.
Depuis, les rapports se sont réchauffés.
Le chef rebelle du Nord a été tué. La coalition,
qui tente de s'emparer de N'Djamena, rassemblement hétéroclite
de militaires déserteurs, de membres de l'ethnie du président
écartés dans la répartition des prébendes
et de chefs ethniques, peut moins facilement brandir l'étendard
de la bonne gouvernance que l'ancien magistrat des montagnes.
Toutefois, le décor a changé. Les Tchadiens
se battent pour les revenus du pétrole ; mais ce pétrole
est américain et malais. Déjà, quand Elf s'était
retiré, c'était plus par désintérêt
pour la région et par crainte de son instabilité que pour
des raisons politiques. D'autres l'ont remplacé. Aujourd'hui,
quand Idriss Déby se dispute, c'est avec les Etats-Unis et la
Banque mondiale. Cette dernière lui reproche d'avoir rompu le
pacte inédit qu'elle avait passé avec lui : la participation
au projet de pipeline Tchad-Cameroun en échange de la mise sous
tutelle des revenus, qui devaient être affectés à
des dépenses de développement. Les Etats-Unis se sont
immiscés dans la coopération militaire. Le Tchad figure
en bonne place dans «l'initiative pan-Sahel», qui implique
les pays riverains du Sahara dans un projet de surveillance du désert.
N'Djamena a accueilli avec plaisir l'aide logistique des Etats-Unis,
en espérant plus.
Quant au conflit en cours, il implique d'autres joueurs,
la Libye et surtout le Soudan. Ce dernier cherche à remplacer
le président tchadien, à qui il reproche son aide aux
rebelles du Darfour, pour des raisons de solidarité ethnique.
Cette fois, cependant, pas de colonnes de blindés offrant des
cibles faciles dans les dunes. On intervient par groupes armés
interposés. Les pick-up Toyota flambant neufs des rebelles ne
sont pas tombés du ciel. Le Soudan veut un président plus
favorable à ses intérêts. Les insurgés, quant
à eux, souhaitent surtout mettre dehors un président resté
trop longtemps au pouvoir à leur goût, qui voulait se représenter
le 3 mai, après avoir modifié la Constitution qui l'en
empêchait.
Cet objectif est aussi celui de l'opposition politique
et de la société civile, qui risque de se voir doublée,
une fois de plus, par la force des armes et le retour au partage des
richesses sur une base ethnique. Dans un pays morcelé où
aucun groupe ne domine par le nombre, la possibilité d'une plongée
durable dans le chaos n'est pas négligeable. Les voisins soudanais
et libyens y participeront forcément. Les Etats-Unis, impliqués
dans le dossier de la paix soudanaise, y seront peut-être entraînés.
La France joue une partie difficile au milieu de ce trop-plein d'acteurs.
Idriss Déby, en sursis après l'avoir
échappée belle, crie victoire et rompt avec le Soudan.
Bilan officiel : 400 morts
Le président tchadien Idriss Deby Itno a annoncé vendredi
la rupture des relations diplomatiques avec le Soudan, accusé
de soutenir les rebelles du Front uni pour le changement (Fuc), qui
ont lancé jeudi sur N'Djamena un assaut sanglant, repoussé
par les forces loyalistes.L'événement
Après une nuit calme, la capitale tchadienne
avait retrouvé un visage presque habituel vendredi matin, au
lendemain d'intenses combats qui ont fait 370 morts chez les rebelles
et une trentaine dans les rangs de l'armée, selon le général
Mahamat Ali Abdallah, ministre de l'administration territoriale.
Une centaine de soldats loyalistes ont été
blessés et 287 rebelles fait prisonniers, selon lui, tandis que
des sources humanitaires évoquaient une centaine de civils hospitalisés.
Alors que le régime crie victoire depuis jeudi,
la présence militaire était encore renforcée en
ville. A la mi-journée, Idriss Deby est apparu et, devant plusieurs
centaines de personnes rassemblées devant le bâtiment,
a annoncé "la rupture unilatérale des relations avec
le Soudan, qui continue d'armer des mercenaires contre le régime
tchadien" et menacé d'expulser les 200.000 réfugiés
soudanais installés dans l'est du Tchad si une solution n'était
pas trouvée au conflit dans la province soudanaise du Darfour.
Une telle action a été qualifiée
"d'inacceptable" par le porte-parole du département
d'Etat américain, Sean McCormack, qui a averti le gouvernement
tchadien de ne pas mettre sa menace à exécution. "Nous
appelons le gouvernement du Tchad à respecter ses engagements
(...) pour fournir une protection à ces réfugiés",
a-t-il dit soulignant que Washington est incapable de dire si le Soudan
est impliqué dans la rébellion contre le gouvernement
du Tchad mais si une preuve était établie "ce serait
très gênant".
Dès jeudi, le Tchad avait dénoncé
une "agression programmée à partir de Khartoum".
N'Djamena accuse régulièrement le Soudan de financer et
d'armer les rebelles, ce que Khartoum dément tout aussi systématiquement,
rétorquant que le régime tchadien appuie les rébellions
actives au Darfour.
Paris, traditionnel soutien du président Deby,
a lié vendredi à demi-mot les questions tchadienne et
soudanaise, un porte-parole du Quai d'Orsay, Denis Simonneau, estimant
que "les événements qui surviennent aujourd'hui ne
sont pas totalement déconnectés de ce qui peut se passer
dans la région". Et d'évoquer "une vigilance
renforcée de toutes les autorités françaises".
La Centrafrique pour sa part a décidé
la fermeture de sa frontière avec le Soudan, afin de ne pas "faciliter
une agression contre le Tchad à partir de son territoire",
a indiqué vendredi le ministère centrafricain des Affaires
étrangères.
Alors que le régime Deby affirme avoir totalement
brisé l'offensive rebelle, la situation restait toujours incertaine
à l'intérieur du pays, où aucune information indépendante
n'était disponible sur la situation militaire. Le Fuc a affirmé
de son côté n'avoir effectué qu'un "repli tactique",
accusant la France, qui dispose au Tchad de quelque 1.350 hommes et
de six chasseurs Mirage F1, d'avoir pilonné ses troupes montant
à l'assaut de la capitale. Paris avait démenti dès
jeudi ces accusations, mais a reconnu avoir transporté jeudi
soir et vendredi matin une quarantaine de soldats tchadiens vers Sahr,
importante localité du sud du pays, située à une
centaine de kilomètres de la frontière centrafricaine.
Le ministre de la Défense, Bichara Issa Djadallah,
a déclaré que les combats de jeudi dans la ville d'Adré,
à 800 km à l'est de N'Djamena sur la frontière
soudanaise, avaient fait 150 morts, 200 blessés et 200 prisonniers
dans les rangs du Fuc. "C'est fini, leur compte est déjà
réglé", a-t-il déclaré sur RFI. Le
préfet d'Adré, Touka Ramadan, a parlé de 120 morts
côté rébellion et 15 tués dans les rangs
de l'armée tchadienne. Signe que le climat est toujours lourd,
des sources humanitaires ont fait état jeudi soir d'une "grande
tension" dans les rues d'Abéché, à 700 km
à l'est de N'Djamena, quadrillée par de nombreuses troupes.
"Les rebelles ont peut-être été un peu présomptueux
en s'attaquant à N'Djamena", a commenté un diplomate
sous couvert de l'anonymat, "mais ils peuvent se réorganiser
et reprendre le combat".
Source : AFP, 15 avril 2006
Idriss Déby finira-t-il comme Hissen
Habré ? En tout cas, il est bel et bien "fuc(k)é" !
Aura-t-il l'occasion de s'enfuir ou sera-t-il abattu comme un chien
? Idriss Déby risque fort de ne plus en être en état
de se faire réélire à l'élection présidentielle
qu'il a fixé au 3 mai. La question est : va-t-il pouvoir survivre
à la rébellion des FUC (un tel sigle ne s'invente pas!),
qui est désormais entrée dans la capitale après
une marche forcée de 400 kms depuis l'Est ? Ce sont les gens
de son propre clan, les Zaghawa, qui constituent la principale menace
pour Déby, qui avait lui-même pris le pouvoir en 1990,
après avoir renversé son chef Hissen Habré avec
la bénédiction française. Hissen Habré s'était
réfugié au Sénégal, où i attend une
décision de l'Union africaine sur son sort judiciaire. Déby
choisira sans doute plutôt le Gabon, si ses protecteurs français
veulent bien l'y acheminer, toutefois. Voici le film des derniers événements,
ainsi que les proositions de la société civile tchadienne
pour sortir de la rise, ainsi qu'une prise de position d'organisations
françaises et euroépennes.
> Le film des événements
> Manifeste du Comité pour la paix et pour la réconciliation
au Tchad - 12 avril 2006 : Le dialogue doit s'imposer au Tchad !
> Lettre ouverte aux autorités françaises de 9 associations
européennes - 13 avril 2006
Combats à l'arme lourde autour de N'Djaména
D'intenses combats à l'arme lourde ont éclaté,
jeudi 13 avril, à l'aube aux portes de la capitale tchadienne,
N'Djamena, entre les troupes fidèles au président Idriss
Déby et les rebelles du Front uni pour le changement (FUC) qui
ont juré la fin de son régime.
Selon une source militaire tchadienne, ces affrontements ont débuté
vers 5 h 30 (4 h 30 à Paris) à l'initiative de l'armée
tchadienne, qui a attaqué les rebelles dans la banlieue de N'Djamena,
qu'ils avaient atteinte dès mercredi soir au terme d'une spectaculaire
progression depuis la frontière soudanaise à l'est du
pays. Après une nuit calme, les habitants de la capitale ont
été réveillés avant le lever du soleil par
les détonations des échanges d'artillerie, qui se poursuivaient
à un rythme soutenu vers 7 h 30 locales (6 h 30 à Paris)
autour de la moitié est de la ville.
Quelques rebelles ont réussi à s'infilter à l'intérieur
de N'Djamena, a-t-on appris de source militaire tchadienne. Leur présence,
en nombre peu important, a été signalée dans le
nord-est de la ville près de l'Assemblée nationale, a
précisé un responsable militaire s'exprimant sous couvert
de l'anonymat. Les rues du centre de la capitale, survolée depuis
le début de la matinée par des hélicoptères
ainsi que des chasseurs français Mirage F1, restaient toutefois
calmes jeudi matin, a-t-on constaté.
"SITUATION SOUS CONTRÔLE" ?
Le président tchadien a affirmé, jeudi matin sur Radio
France internationale, que les colonnes de rebelles du FUC qui ont attaqué
plus tôt N'Djamena avaient été détruites
et que la situation était "sous contrôle". Toutefois,
selon les rebelles, cités par l'agence d'informations Alwihda,
la situation est critique pour le président tchadien qui "aurait
pris la poudre d'escampette, mercredi vers 17 heures, vers une destination
inconnue" . Selon d'autres sources, il pourrait se trouver dans
un camp retranché près de N'Djamena.
En même temps que s'engageait la bataille pour N'Djamena, d'autres
combats se sont déroulés jeudi aux premières heures
du jour à 800 km à l'est de la capitale dans la ville
d'Adré, à la frontière avec le Soudan, selon des
sources humanitaires. Le régime de Déby accuse le Soudan
de soutenir et d'armer les rebelles. Les combattants du Rassemblement
pour la démocratie et la liberté (RDL), qui constituent
l'essentiel des troupes du FUC, avaient déjà attaqué
Adré le 18 décembre mais avaient été repoussés
par l'armée tchadienne. Aucune information sur l'évolution
de ces deux fronts n'était disponible jeudi matin.
Selon une source militaire tchadienne, l'avant-garde du FUC a atteint
les portes de N'Djamena mercredi en fin d'après-midi, alors que
le ministre de la défense, Bichara Issa Djadallah, assurait que
l'offensive rebelle lancée dimanche en plusieurs points de l'est
et du centre était stoppée.
LA FRANCE "PRÉOCCUPÉE"
Signalés mardi dans la région de Mongo, à moins
de 400 km à l'est de la capitale tchadienne à mi-chemin
de la frontière soudanaise, une de leurs colonnes avait été
repérée mercredi à 17 heures par les Mirage F1
français à environ une heure et demie de route de N'Djamena,
selon une source militaire à Paris. Des sources militaires tchadiennes
avaient confirmé, dans la soirée, que des combats avaient
eu lieu quelques heures plus tôt autour de la localité
de Dourbali, à une centaine de kilomètres au sud-est de
N'Djamena.
Principal soutien du président Déby dans cette crise,
la France a condamné mercredi par avance toute "tentative
de prise de pouvoir par la force" et s'est déclarée
"préoccupée" par les événements
au Tchad. Le dispositif militaire français au Tchad, qui regroupe
1 200 hommes, a été placé en état d'alerte
et 150 soldats français basés à Libreville sont
arrivés mercredi en renfort dans la capitale tchadienne. Une
source militaire française à Paris a indiqué que
le rôle de ces forces se limitait à un "soutien de
renseignement" au gouvernement tchadien.
Selon une source diplomatique, les Etats-Unis et les Nations unies ont
décidé d'évacuer une partie de leurs personnels
jugés "non essentiels". Une vingtaine de ressortissants
américains et les familles des personnels expatriés des
agences de l'ONU comme le Haut Commissariat pour les réfugiés
(HCR) et le Programme alimentaire mondial (Pam) devraient quitter prochainement
la capitale tchadienne, a-t-elle précisé.
Chirac mobilisé
Jacques Chirac a été à plusieurs reprises en
contact avec le président tchadien Idriss Deby Itno ces derniers
jours, et il
consulte des chefs d'Etat africains pour faire le point sur la situation
au
Tchad, a indiqué son entourage jeudi.
Le chef de l'Etat a notamment conseillé à Idriss Deby,
qui fait face à une
offensive de la rébellion, la "saisine du conseil de sécurité
des Nations unies pour rappeler le refus des coups de force", selon
cette source, rappelant que la France "condamne les tentatives
de coup d'Etat".
Une réunion interministérielle a eu lieu mercredi à
l'Elysée, réunissant
autour du conseiller de Jacques Chirac pour les Affaires africaines
Michel de Bonnecorse, des représentants de Matignon et des ministères
de la Défense, des Affaires étrangères et des Finances,
selon cette source.
Cette réunion visait à "faire le point de la situation".
Le Quai d'Orsay a jugé jeudi que "la situation au Tchad
reste très
préoccupante et évolutive" et que "des consignes
de grande prudence sont
maintenues pour la communauté française".
La présidence de l'UE condamne toute prise de
pouvoir par la force
La présidence autrichienne de l'Union européenne a condamné
jeudi "toute tentative de prise de pouvoir par la force" au
Tchad, en proie à des offensives de groupes rebelles depuis quatre
jours.
"La présidence de l'UE appelle tous les Etats de la région,
et notamment les parties signataires de l'accord de Tripoli du 8 février
2006, à tout mettre en oeuvre pour permettre un rapide retour
au calme au Tchad", a indiqué un communiqué publié
à Vienne.
Le président Idriss Deby a affirmé jeudi avoir défait
les rebelles du Front
uni pour le changement (Fuc) après plusieurs heures d'intenses
combats à l'arme lourde aux portes de la capitale tchadienne
N'Djamena.
La situation au Tchad a été jugée "très
préoccupante et évolutive" par
Paris, qui compte 1.500 ressortissants civils et quelque 1.200 militaires
dans ce pays.
"Coup de semonce" pour dissuader rebelles
Un avion Mirage français a tiré "un coup de
semonce mercredi matin à l'est de N'Djamena dans la zone où
une colonne de rebelles tchadiens faisait route vers la capitale",
a annoncé jeudi le
porte-parole du ministère de la Défense Jean-François
Bureau.
Ce tir d'"avertissement" à distance, qui n'a pas fait
de victime, a été
effectué au canon, par un des Mirage de l'armée française
basé au Tchad, à environ 250 km à l'est de N'Djamena,
selon le porte-parole.
Il s'agissait d'un "signal politique, dans le cadre de la sécurité
de nos
ressortissants", a ajouté M. Bureau.
Des avions français ont bombardé des
villes de l'est
Des avions militaires français ont bombardé jeudi des
villes de l'est du Tchad aux mains des rebelles, faisant un nombre indéterminé
de victimes civiles, a affirmé à l'AFP le représentant
en France du Front uni pour le changement (Fuc), Laona Gong.
"Nous venons d'apprendre que depuis ce matin, à l'est du
Tchad, l'armée française intervient militairement avec
des avions. Et nous déplorons dans les villes d'Adré et
de Moudeïna (près de la frontière avec le Soudan)
de nombreuses
victimes civiles des bombardements français", a affirmé
M. Gong en ajoutant "n'avoir pas de chiffres exacts" sur les
victimes.
M. Gong a déploré que la France "n'observe pas la
neutralité" et soutienne "aveuglément"
le régime du président Idriss Deby Itno.
Le ministère de la Défense a formellement démenti
quelques minutes plus tard, par la voix de son porte-parole Jean-François
Bureau, qu'il y ait eu des bombardements de villes de l'est du Tchad
par des avions militaires français jeudi, comme l'affirme le
FUC.
Fiche : Les forces françaises positionnées
au Tchad
Les forces militaires françaises
prépositionnées au Tchad, où les rebelles du Front
uni pour le changement (Fuc) hostiles au président Idriss Deby
Itno combattaient jeudi pour la capitale N'Djamena, comptent environ
1.200 hommes.
Déployé au Tchad depuis 1986, ce dispositif, baptisé
"Epervier", constitue
avec le 6ème bataillon d'infanterie de marine (Bima) basé
à Libreville (Gabon) le pivot de la présence militaire
française en Afrique centrale, après la ermeture des bases
de Centrafrique.
Ces forces sont réparties entre la capitale tchadienne N'Djamena,
qui
accueille l'essentiel du dispositif avec 1.000 hommes, Abeché
(est) avec 200 hommes, et un petit détachement à Faya-Largeau
dans le nord du pays. Les soldats français sont dotés
d'un appui aérien composé de six chasseurs Mirage F1,
d'avions de transport tactique (Transall C-160 et Hercule C-130), d'un
avion ravitailleur C-135 et d'hélicoptères.
Les Eléments français du Tchad (EFT), qui ont notamment
pour mission d'assurer la sécurité des ressortissants
français, ont participé à plusieurs
opérations d'évacuation d'étrangers en Afrique
centrale.
En vertu des accords de coopération qui lient les deux pays,
ils assurent une mission de "soutien au renseignement" du
gouvernement tchadien, ainsi qu'une assistance logistique à l'armée
nationale tchadienne (ANT).
Environ 200 hommes ont également été déployés
pendant l'été 2004 dans l'est du Tchad afin de sécuriser
sa frontière avec le Soudan, dans le cadre d'une opération
"humanitaire" d'aide aux réfugiés de la province
soudanaise voisine du Darfour ayant fui la guerre civile.
La France est présente au Tchad de manière quasi-permanente
depuis
l'indépendance en 1960.
Le dispositif français avait été déployé
en février 1986 pour mettre un
terme aux offensives libyennes contre le régime de l'ancien président
tchadien Hissène Habré (1982-90). Ses effectifs, variables
selon les périodes, se sont élevés dans les années
1980, au moment des plus fortes tensions, à quelque 3.000 hommes.
Source : AFP, 13 avril 2006
Manifeste du Comité pour la paix et pour la réconciliation
au Tchad - 12 avril 2006 : Le dialogue doit s'imposer au Tchad !
Le Comité de Suivi de l'Appel à la Paix et à la
Réconciliation (CSAPR), réseau des associations de la
société civile tchadienne (ADH, Syndicat, ONG de développement,
Association de jeunes, de femmes, réseau des Commissions Justices
et paix) réuni ce jour 11 Avril 2006 à N'Djaména
:
Constate que la situation politique se dégrade fortement.
Regrette le refus catégorique du pouvoir de permettre la mise
en place du dialogue national tel que proposé par la société
civile
Réaffirme son analyse selon laquelle ni les élections
dans les conditions actuelles ni un coup de force militaire ne peut
ramener la paix au Tchad.
Par conséquent, le CSAPR :
Appelle tous les belligérants à observer un cessez le
feu immédiat sur l'ensemble du territoire national.
Appelle tous les acteurs politiques sans exclusive à s'engager
sans délais dans une négociation politique pour déterminer
les conditions d'un processus de transition pacifique au Tchad.
Met en garde contre toutes man¦uvres de nature à nouer
des alliances opportunistes ou contre nature qui compromettraient la
recherche de la paix.
Met en garde les belligérants contre tous actes de violence dirigés
contre les populations civiles.
Demande à la communauté internationale de soutenir politiquement
la démarche de paix proposée par le CSAPR et de s'engager
aux cotés des populations pour une paix véritable et globale,
gage d'un développement durable.
Le CSAPR rappelle son engagement et son rôle de médiateur
pour la réalisation de ce dialogue national.
Le 11 avril 2006
Pour le Comité, la coordinatrice Maître Delphine Kemneloum
Djiraibe
Source : Coordination Nationale BP 4559 Contacts : 515368/403287/299509/294865/216536
- Bureau : Immeuble Inades Formation à Ardep Djoumal en face
de l'Université de N'djamena.
Lettre ouverte aux autorités
françaises
par Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture (ACAT-France),
Agir ensemble pour les droits de l'homme, Agir Ici, Comité Catholique
contre la Faim et pour le Développement (CCFD), Environmental
defense, Franciscans International, Initiative Pro Afrika, Les Amis
de la Terre, Survie.
Paris, le 13 avril 2006
Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Ministre des Affaires étrangères,
Madame le Ministre de la Défense,
Dans le contexte actuel d'une dégradation majeure
de la situation politique et sécuritaire sur l'ensemble du territoire
tchadien, nos organisations dénoncent le soutien politique et
militaire permanent que la France accorde au régime du président
Déby jusqu'à ce jour.
Nos organisations contestent la position de la France
selon laquelle le président Deby serait le seul à pouvoir
garantir la stabilité et l'unité nationale du pays.
Nous contestons également le soutien de la France,
ce matin encore, sur la tenue de l'élection présidentielle
du 3 mai, considérant qu'il est totalement aberrant de tenir
cette élection dans ce contexte.
Nous dénonçons l'appui (confirmé
par le porte parole du Ministère de la Défense) de l'armée
française au pouvoir tchadien : transmission de renseignements
aériens et d'écoutes, transport de munitions et sécurité
du président.... De multiples témoignages font état
d'interventions directes de l'armée française depuis le
11 avril jusqu'à ce jour, notamment autour de N'Djamena et de
Adré.
Nos organisations demandent à la France de :
- cesser tout appui militaire et politique au régime
actuel,
- arrêter tout soutien en faveur du maintien de l'élection
présidentielle du 3 mai,
- favoriser la tenue d'un véritable dialogue politique national
tel que proposé par la société civile tchadienne
et accepté par l'ensemble des forces sociales et politiques.
Nos organisations interpellent les autorités
françaises et invitent les parlementaires à se saisir
d'urgence de cette question, et restent extrêmement attentives
quant à la situation des droits de l'Homme et quant à
la sécurité des populations et des membres de la société
civile.
Nous demandons enfin aux autorités françaises
une réaction rapide et appropriée à cet appel.
Signé à Paris, le 13 avril 2006.
VIENT DE PARAÎTRE
Tchad, 45 ans de dictature et un pays au bord du chaos
La France est-elle mûre pour acepter la démocratie au Tchad
?
Un document d'une actualité brûlante de l'association SURVIE
!
Le 3 Mai 2006, Idriss Déby briguera un troisième mandat
après avoir modifié la constitution pour pouvoir se représenter.
L'ensemble de l'opposition a dores et déjà décidé
de boycotter ce qu'elle qualifie de "mascarade électorale".
Cette pseudo-élection se déroulera dans un contexte d'incertitude
politique : tentatives de coup d'Etat, désertions au sein de
l'armée tchadienne, multiplication des mouvements d'opposition
armés, etc.
La dictature de Déby, fragilisée, tient toutefois grâce
au soutien tant militaire que diplomatique de la France, au grand dam
de la société civile et des démocrates tchadiens
qui rêvent d'une alternance politique pour une transition démocratique.
Afin d'interpeller l'ensemble de l'opinion sur la situation au Tchad
et sur les responsabilités françaises, Survie publie un
document de 4 pages intitulé « Tchad, 45 ans de dictature
et un pays au bord du chaos ».
Ce document donne les principales clefs de compréhension de la
situation : rappel historique sur 45 ans de dictature, caractéristiques
du régime, rôle de la France (notamment grâce au
dispositif militaire Epervier), enjeux du pétrole, situation
au Darfour, mobilisation et propositions de la société
civile...
Un outil d'interpellation à télécharger à
http://www.survie-france.org/IMG/pdf/Mobilisation_Tchad2006.pdf
Le traitement d'information au niveau de RFI pose
problème à l'opposition tchadienne
par Makaila Nguebla, ctiviste du changement politique et de résistance
citoyenne, Diaspora Tchadienne, 7 avril 2006
Radio France Internationale ( RFI) est incontestablement l'une des
radios étrangères la plus écoutée sur le
continent africain. Mais avec du recul, les auditeurs découvrent
au fur et à mesure qu'elle oriente plus la politique africaine
de la France au point de frustrer certaines sensibilités politiques.
Excepté la ville de Paris, Rfi n'est ni captée et écouté
dans d'autres régions françaises ce qui suscite déjà
une interrogation de nombreuses personnes éveillées dans
les domaines de l'information. De plus , elle n'est pas connue de Français
eux-mêmes.
Nous constatons donc qu'au niveau du Tchad, Radio France Internationale
filtre et verrouille certaines informations défavorables au pouvoir
de Ndjaména. Il est temps de dire que certaines opinions n'hésitent
pas de la qualifier « d'officine » du fait de son défaut
au niveau de traitement de l'information.
Depuis donc l'éclatement du conflit dans l'Est du Tchad suivi
du blocage politique entre l'opposition légale et le régime
en place, on remarque que seule la BBC est devenue un précieux
espace médiatique qui offre la chance aux acteurs politiques
de l'opposition tchadienne de s'exprimer librement et de donner leurs
divers points de vue sur l'ensemble des préoccupations de la
société tchadienne confrontée à une crise
politique persistante.
Par contre Radio France Internationale (RFI) qui devait être très
proche des Tchadiens de par non seulement la langue Française
mais aussi la Francophonie, espace de retrouvaille de cette même
langue de Molière que les officiels Français souhaitent
pourtant promouvoir et élargir à tous les niveaux à
travers cette station. Voilà donc une fois de plus l'ambivalence
de la France.
Cette politique de traitement de l'information pose donc aujourd'hui
en cette période de crise politique une série de questions.
Pourquoi Rfi n'accorde pas autant de liberté d'_expression aux
opposants tchadiens sans distinction ? Et encore pourquoi privilège
elle cette liberté de s'exprimer aux autorités tchadiennes
? Autant d'autres interrogations hantent les esprits des auditeurs et
observateurs qui suivent de près l'évolution de la situation
politique au Tchad.
C'est pourquoi, Radio France Internationale doit reconsidérer
de façon objective sa politique de traitement d'information de
manière à éviter de favoriser les uns et défavoriser
les autres. Et ce, rien que pour sa crédibilité et son
rayonnement en tant que média international sans parti pris.
Il est souhaité et souhaitable que Radio France Internationale
desserre sa restriction de liberté d'_expression pour ouvrir
plus de chance aux acteurs politiques tchadiens d'accoucher sans contrainte
Leurs opinions sur l'épineuse question tchadienne. Cette politique
de deux poids de mesures n'honore pas cette prestigieuse radio et ne
se conforme pas à la Démocratique qui intégre la
liberté d'_expression comme l'une de ses valeurs.
Source: Alwihda
Le régime tchadien soutenu à bout
de bras par la France
L'armée française apporte une aide logistique au président
Idriss Déby, fortement déstabilisé par les rebelles.
par Stéphanie BRAQUEHAIS et Thomas HOFNUNG, Libération,
8 avril 2006
Les déboires du président du Tchad, Idriss Déby,
pourraient-ils porter un coup fatal à la présence française
à N'Djamena ? Depuis des mois, le chef de l'Etat de cette ancienne
colonie française doit faire face à des attaques rebelles
menées depuis le Soudan voisin et à une vague de défections
sans précédent dans son proche entourage. A la mi-mars,
il a paré de justesse un coup d'Etat dans la capitale. Son retour
en catastrophe d'un déplacement en Guinée a été
permis par les militaires français de l'opération Epervier
qui avaient, au préalable, sécurisé l'aéroport.
Quelques jours plus tard, un quotidien d'opposition titrait : «Comment
la France a sauvé Déby».
«Sans la France, le régime de Déby serait tombé
depuis longtemps», estime un membre du clan présidentiel,
exprimant un sentiment largement partagé à N'Djamena.
Depuis les tentatives de déstabilisation libyennes des années
80, Paris a déployé un dispositif militaire baptisé
«Epervier». Actuellement, 1 100 soldats tricolores sont
sur le terrain. «Ils accomplissent une mission de dissuasion vis-à-vis
de menaces extérieures et fournissent une aide logistique aux
forces armées tchadiennes, explique-t-on à l'état-major
des armées à Paris. En aucun cas, nos soldats ne participent
aux combats.»
«Chef militaire». Mais pour combien de temps ? La confusion
qui règne au Tchad complique singulièrement cette profession
de foi. Car les rebelles qui multiplient les raids à l'est sont,
certes, installés dans un pays étranger, en l'occurrence
le Soudan, mais ils sont indéniablement tchadiens. Leurs chefs
de file sont même des parents ou des proches de Déby qui,
par vagues successives, ont quitté le navire gouvernemental.
Paris assure néanmoins que le président tchadien tient
«fermement le gouvernail». «C'est un chef militaire»,
rappelle un haut responsable, faisant allusion à sa prise de
pouvoir par les armes, en 1990.
Il tient d'autant plus le gouvernail qu'il est soutenu par la France.
Dans l'Est, des Mirage survolent trois fois par semaine la frontière
avec le Soudan, précise l'état-major français.
Sans les renseignements aériens fournis par Paris, les troupes
tchadiennes pourraient-elles repousser les assauts répétés
des rebelles ?
Dans cette zone troublée, où 200 000 réfugiés
ont fui les violences au Darfour et survivent grâce à l'aide
internationale, des humanitaires étrangers affirment voir régulièrement
des véhicules militaires tricolores sillonner les routes, aux
côtés de convois de l'armée tchadienne. Certains
d'entre eux confient même avoir observé, ces derniers jours,
des avions français en train de décharger, à la
frontière avec le Soudan, des armes et des munitions. Et, fin
mars, quand le président Déby s'est rendu sur les lieux
de violents combats entre rebelles et soldats gouvernementaux, c'était
à bord d'un Transall français. Que ferait la France si
son allié - «un président reconnu internationalement»,
rappelle-t-on à Paris - venait à être menacé
à N'Djamena ? «Nous n'avons pas de doctrine en l'espèce»,
confie le même haut responsable.
En réalité, Paris s'accroche au numéro un tchadien.
Même isolé et malade, il reste aux yeux de l'ancienne puissance
coloniale, et aussi pour nombre d'analystes locaux, le seul à
même de gouverner un pays profondément instable. Déby
ou le chaos ? «Il n'a pas d'opposant de poids, observe-t-on à
Paris. L'opposition, qui avait la possibilité de présenter
un candidat unique à l'élection présidentielle
du 3 mai, a choisi de boycotter le scrutin.»
«Misère». «Mais que fait la France ? Est-elle
aveugle, s'indigne un professeur à N'Djamena. Ne voit-elle pas
la misère, la gabegie généralisée ?»
A la sortie nord de la capitale, passant devant l'imposante base militaire
française, un riche commerçant lâche : «Nous
sommes protégés et dirigés par la France. L'avenir
des Tchadiens ne préoccupe personne, seule la garantie du régime
compte.»
Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=373521
Nouveaux combats dans le Sud-est
Des combats ont éclaté dimanche matin dans le sud-est
du Tchad, près de la frontière centrafricaine, entre l'armée
et des rebelles tchadiens du Front uni pour le changement (FUC), a-t-on
appris de sources concordantes.
Les rebelles ont attaqué la garnison de Haraz Manguegne, une
localité tchadienne à 20 km de la Centrafrique, a déclaré
le gouvernement tchadien dans un communiqué. Cette information
a été confirmée par le FUC.
Aucun bilan n'était disponible dimanche après-midi.
"Les combats continuent en ce moment," a affirmé le
porte-parole du gouvernement Hourmadji Moussa Doumgor dans un communiqué
diffusé par la radio nationale, évoquant 22 véhicules
de "mercenaires" qui sont entrés selon lui dans le
territoire tchadien en provenance de la Centrafrique voisine.
Selon des sources militaires tchadiennes, des renforts de l'armée
ont été dépêchés vers la zone de Haraz
Manguegne.
De leur côté, les rebelles affirment avoir pris le contrôle
des localités d'Am Timane et Abou Déïa, mais plusieurs
sources militaires ont démenti ces informations.
Le FUC regroupe plusieurs rébellions hostiles au président
Idriss Deby Itno. Son principal chef est le capitaine Mahamat Nour,
du Rassemblement pour la démocratie et la liberté (RDL)
qui avait déjà été opposé à
l'armée fin mars lors de violents combats dans l'est du Tchad.
Le RDL est accusé par N'Djamena d'être armé et
soutenu par le Soudan, et les autorités tchadiennes avaient dénoncé
une "nouvelle agression" de Khartoum après les combats
des 30 et 31 mars à Moudeïna, dans l'est du pays.
Ces affrontements avaient causé la mort du chef d'état-major
de l'armée de terre tchadienne et neveu du président Deby,
le général Abakar Youssouf Itno.
Depuis la fin 2005, le chef de l'Etat tchadien est confronté
à des désertions dans l'armée et des défections
au sein du clan qui l'entoure. Les dissidents se sont regroupés
dans plusieurs groupes rebelles qui menacent de renverser M. Deby, candidat
à sa succession lors de l'élection présidentielle
du 3 mai boudée par l'opposition.
Le 23 mars, après une offensive de l'armée dans l'est
contre une autre rébellion, le Socle pour le changement, l'unité
nationale et la démocratie (Scud), le président Deby avait
assuré avoir "mis un terme à tous les désordres
créés par les aventuriers".
Source : AFP, 10 avril 2006
Confidentiel : L'armée française,
bouclier du régime dictatorial du Général Idriss
Deby Itno
par Lalé, laleonline.com, 7 avril 2006
Plus d'une vingtaine de véhicules de transport
des militaires français ont quitté N'Djaména pour
Békan chef-lieu d'une sous-préfecture située dans
le département de Nyan-Pendé à Goré (Zone
pétrolière) occupé tout dernièrement par
le rebelle Mbaïlemal Michel qui en fait son QG. Volant au secours
d'Idriss Déby, ces militaires français ont écumé
brousses et villages à la recherche de ce rebelle. Ne l'ayant
retrouvé, ces militaires français continuent les recherches
en lieu et place des milices d'Idriss Déby parce qu'elles sont
envoyées au front-est.
- Plus de dix mille (10.000) miliciens sont actuellement
rassemblés à l'Est sans qu'ils soient en mesure de protéger
leurs généraux. Pendant ce temps, plus d'une dizaine de
camions de transport de troupe appuyés par des hélicos
et avions de chasse ont encerclé la ville de Sarh sous prétexte
que le rebelle Dassert se prépare lui aussi à prendre
cette ville. Jean-Pierre Berçot qui tutoie Idriss Déby,
le reçoit à l'aéroport de N'Djaména lors
de son retour d'Adré, l'embrasse comme des vieux amours devant
les caméras de la Télé-Tchad qui diffuse les images,
fait la guerre, tous azimuts, et gagne sur tous les fronts pour le compte
d'Idriss Déby
- Avec le cadeau en espèces sonnantes et trébuchantes
que lui a fait Mme Denis Sassou Nguesso contre la voiture Hummer blindée
offerte par son mari au couple congolais, la dulcinée Hinda Déby
vient d'acquérir, avec une modique somme de 280 millions, un
immeuble à un niveau appartenant à feu Alhadj Annour.
Celui-ci a gagné le marché de réfection de la villa
d'Idriss Déby sise près de l'aéroport. Une fois
la réfection faite, Idriss Déby lui fait remettre des
faux billets. Une fois qu'il s'est rendu compte que ce sont des faux
billets qu'aucune banque n'acceptera, il est mort d'une crise cardiaque
au moment où pensif, il posait sa main sur ces faux billets.
- La mère d'Idriss Déby lui interdit
formellement l'accès de sa maison s'il ne divorce pas avec sa
femme de malheur : Hinda. «Š Même morte, je ne veux
pas que tu viennes voir ma dépouille mortelle ni assister à
mes obsèques ni aux sacrifices Š Si ce sont mes mamelles-là
qui t'ont nourri pour être ce que tu es, tu dois quitter le pouvoir
et divorcer d'avec HindaŠ Sinon, je te maudis de toutes mes forces
et de toute ma volontéŠ Tu as laissé et fait tuer
tes frères Ibrahim et Hissein par Hissein Habré hier et
tu oses ordonner toi-même l'arrestation de mes parents Boroghat
et les assassinats de mes propres enfants et petits-enfants aujourd'hui
Š?».
-La candidature d'Idriss Déby à l'élection du 3
mai 2006 vient d'être acceptée par le conseil constitutionnel
pour la troisième fois alors que celle de M. Abdérahman
Koulamallah avait été rejetée en 1996 parce qu'il
est de mère soudanaise et de père également de
souche partiellement soudanaise. Plus déroutant est que le conseil
constitutionnel vient également, contre toute logique, d'accepter
la candidature de Brahim Koulamallah (frère d'Abdérahman
Koulamallah). Pour faire accompagner Idriss Déby par un troupeau
d'alliés au MPS le conseil constitutionnel est capable de vendre
son âme au Satan et sa langue au chat (à suivre).
-Un émissaire de l'Union Européenne est
reçu par Idriss Déby. L'émissaire du commissaire
M. Louis Michel est le seul qui met le baume dans le c¦ur d'Idriss
Déby en déclarant : «L'Union européenne a
noté avec satisfaction l'avancée du processus démocratique
au Tchad et la nécessité de renforcer les acquisŠ».
Joignant l'acte à la parole, il fait un cadeau de huit milliards
de (8.000.000.000) FCFA à Idriss Déby pour sa campagne
électorale. A se demander, si Idriss Déby n'a pas des
moyens puissants de chantage contre :
* certains responsables de l'Union européenne puisque la résolution
prise par le parlement européen en juin 2001 contre lui à
la suite du hold-up électoral et des violences qui en sont suivies
n'ont pas prospéré et vu un début d'exécution;
* certains responsables de la Banque Mondiale puisque le fameux gel
des avoirs pétroliers n'est que de la poudre aux yeux des Tchadiens;
* Contre certains membres du Conseil de sécurité puisqu'impliqué
dans les livraisons d'armes aux rebelles du Darfour soudanais, ayant
entraîné, de ce fait, les crimes de guerre, génocide
et crimes contre l'humanité, M. Idriss Déby échappe
aux sanctions préconisées dans un rapport d'enquêtes
des experts des Nations-Unies, enquêtes ordonnées, pourtant,
par ledit Conseil de sécurité;
* Certains responsables européens puisqu'impliqué jusqu'au
cou dans les trafics de drogues à Düsseldorf (RFA) et de
faux monnayage à Paris (France), M. Idriss Déby s'en est
sorti à bon compte sans suite judiciaire alors que le Président
Noriega de Panama est arrêté, jugé et condamné
pour les mêmes faits aux Etats-Unis et en France etc.
- Lors de sa rencontre avec IDI il y a quelques jours, le Président
de la commission de l'UA, M. Alpha Oumar Konaré qui lui aurait
demandé poliment l'autorisation de rencontrer l'opposition démocratique,
il répond par un NON sec et catégorique. Après
le départ de M. Alpha Konaré, Idriss Déby marmonne
du fond de son gosier qu'il ne quittera pas «le pouvoir pour me
retrouver dans la situation de Pinochet pour divers crimes contre l'humanité
et génocides, Hisseine Habré pour avoir été
son coauteur principal, Charles Taylor pour crimes de guerre par la
livraison d'armes et par des mercenaires etc.». Rappelons qu'outre
les génocides à répétition au Tchad, Idriss
Déby a mis ses mercenaires, tour à tour, à la disposition
du Rwanda pour massacrer et génocider les Rwandais, du Togo pour
massacrer les Togolais, du Zaïre de Mobutu puis de la Rdc de Kabila
pour massacrer respectivement des gens de même pays (Zaïre
redevenu Rdc), du Congo-Brazza pour massacrer les congolais, de la République
Centrafricaine (Rca) pour massacrer en ce moment précis des Centrafricains
et du Niger pour massacrer les Nigériens pour le compte de Barré
Maïnassara, de toutes les rebellions soudanaise confondues pour
massacrer et génocider les Soudanais etc.
- Idriss Déby est noyé dans des pétrins jusqu'au
cou. En voulant escroquer
et rouler tout le monde dans la farine, il a maille à partir
avec la famille du premier Ministre libanais assassiné, M. Hariri.
De son vivant, ce dernier a obtenu d'Idriss Déby l'exploitation
du pétrole de Sédigui (Lac-Tchad), grâce notamment
au conseiller très spécial dudit Idriss Déby, M.
Abakar Manani décoré par le Président Jacques Chirac,
M. Yaya Dabo, gendre de Daoussa Déby et de Daoud Dabo gendre
d'Idriss Déby placé à la tête de la banque
Tchado-Libyenne dénommée par ailleurs banque commerciale
du Chari (BCC) et comme on le voit petit frère de Yaya Dabo et
mari de Amira Déby, la fille d'Idriss Déby. Cette exploitation
du pétrole de Sédigui est intervenue après une
affaire scabreuse de vrais faux groupes électrogènes pour
électrifier la ville de N'Djaména. En plus de cette exploitation,
Hariri obtient également la reprise de la société
tchadienne d'eau et d'électricité (STEE).Après
le décès tragique de leur père, les héritiers
d'Hariri exigent le remboursement des dépenses et dommages-intérêts
dus à leur père au titre de cette sordide affaire d'escroquerie.
- Mme Daoud Dabo née Amira Déby Itno
a, sur ordres officiels et formels de son père, tous les marchés
publics et surtout les marchés des véhicules à
l'Etat, aux collectivités territoriales et aux ONGs etc.. Elle
utilise l'argent de la Banque Tchado-Libyenne dénommée
pompeusement banque commerciale du Chari (Bcc) à la tête
de laquelle son mari est placé pour le besoin de tous les trafics
du beau-père.
- Comment le pauvre Mahamat Abakar Itno, fils d'Ibrahim
Mahamat Itno ancien Ministre de l'Intérieur d'Hisseine Habré,
est tué au front- Est ? A rappeler ici que Ibrahim Mahamat Itno
est le demi-frère d'Idriss Déby Itno. Ils ont la même
mère et leurs pères sont des frères de même
père et de mère. Après avoir accédé
au pouvoir au Tchad en 1990, Idriss Déby s'oppose à l'envoi
des enfants de son demi-frère faire des études. Il les
a tous virés dans l'armée avec les grades minimum de colonels.
Sinon généraux. Donc, il fait de ces enfants-là
des chairs à canon. La suite, on la connaît aujourd'hui.
Il paraît qu'il y a, entre les héritiers de feu Ibrahim
Mahamat Itno et Idriss Déby une affaire de cagnotte laissée
par leur père que ce dernier aurait mis la main dessus. La famille
d'Ibrahim Mahamat Itno exige la démission d'Idriss Déby
du pouvoir lorsque ce dernier s'est rendu, ce vendredi 31 mars, à
la place mortuaire au domicile du défunt situé à
côté de la Cotontchad avant que ne soit tous décimés
les enfants de son demi-frère. «Si tu as peur de Dieu,
il faut quitter le pouvoir pour épargner à nos enfants
l'hécatombe. Toi et ton grand frère Daoussa êtes
des milliardaires mais pas nous. Vous pouvez fuir et vivre heureux mais
pas nous autres. Alors de grâce quitte le pouvoirŠ»
lui lança une des mères des victimes en larmes en présence
de Daoussa Déby qui était présent. «c'est
toi qui a demandé à nos enfants d'aller attaquer les rebelles.
C'est toi qui les a envoyés à la mort. Tu refuses qu'ils
aillent faire des études comme les tiens, tu préfères
les envoyer dans l'armée pour les abrutir et pour décimer
sciemmentŠ».finit-elle par lâcher en tentant d'étouffer
ses cris de douleur. En plus de Mahamat Abakar Itno tué sur le
coup, les généraux Bahr Itno et Sandhal Itno sont grièvement
blessés à Amdjaréma. Ayant appris le décès
de Abakar Youssouf Itno, les jeunes Zakawa de la famille Itno font une
descente musclée au siège du MPS pour y chasser les occupants
par des coups de bâtons. C'était un sauve qui peut.
- Les lundi 27 mars, mardi 28 mars et mercredi 29 mars
2006, les militaires français signalent à Idriss Déby
le déplacement des éléments du RDL vers Moudeina,
Adé, Déguessa, Amdjaréma etc. Les même français
envoient un message aux rebelles dénommés Tamtam pour
leur dire qu'Idriss Déby envoie ses milices en leur direction
pour les attaquer. Ayant pris leurs dispositions les rebelles tendent
l'embuscade aux miliciens d'Idriss Déby. Le jeudi 30 mars 2006,
les combats violents opposent les rebelles à la milice d'Idriss
Déby. Celle-ci est totalement décimée. Informé
que les français ont envoyé un message à Tamtam,
Idriss Déby convoque l'Ambassadeur de France, M. Jean-Pierre
Berçot pour lui passer le savon avant de le virer de son bureau
comme un malpropre. «Je vous connais, vous les Français.
Vous faites les malins comme d'habitue n'est-ce pas. Vous voulez mon
départŠ» lui lance-t-il avant d'ajouter «je
vous auraisŠ» comme pour se consoler. Les protestations d'Idriss
Déby n'empêchent pas les rebelles d'occuper Adé,
Moudeina, Déguessa, Amdjaréma etc. Devant cette déroute
de la milice d'Idriss Déby, les Zakawa du front soit se replient
vers Abéché soit se rallient aux rebelles du rebelle,
M. Tolli, basés à Bamchi, et à Bamina pour sauver
leur peau et leurs biens mal acquis. L'ancien rebelle, le colonel Garfa,
actuellement Ministre des PTT d'Idriss Déby et ancien patron
de RDL dont il démissionna pour rejoindre Idriss Déby,
Mme Baroud Haggar, ancienne Ministre d'Idriss Déby et M. Tournesol
tous issus de la même ethnie que le Président du RDL, Mahamat
Nour doivent trembler car, des rumeurs sur leur élimination physique
persistent. Il en est de même des diplomates soudanais.
- M. Charles Taylor, ancien président du Libéria
est lié à M. Idriss Déby par les trafics divers,
notamment les trafics de fausse monnaie au préjudice du Sultanat
de Bahreïn, de drogues, des pierres précieuses comme le
diamant, l'or etc. Les fils et neveux de M. Charles Taylor auraient
séjourné plusieurs fois au Tchad même tout récemment.
Donc, la destination de Charles Taylor est N'Djaména. Il avait
des liasses de devises pour le financement de la guerre d'Idriss Déby
à l'est avec ses mercenaires libériens et autre Sierra-Léonais.
En échange de ce service rendu, Idriss Déby l'aiderait
à reconquérir son trône perdu au Liberia.
Rappelons que vers la fin de son règne, Charles Taylor avait
séjourné discrètement plusieurs fois à N'Djaména
où il est logé dans des villas des hôtes situées
à l'ouest de N'Djaména dans le quartier dénommé
Far |