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Afrique, continent martyr- - Tchad

 
 

Appel au président français


Le 26 Avril 2006
Monsieur le Président de la République,

Les développements de la situation au Tchad sont d'une extrême gravité et suscitent notre plus vive inquiétude pour les populations de ce pays. Cest en concertation étroite avec les associations tchadiennes que nous nous adressons à vous dans lurgence.

Les raisons de cette crise sont multiples : le régime despotique, brutal et corrompu que préside Idriss Déby Itno est en décomposition. Il est miné par des luttes internes et engagé dans un conflit avec le Soudan par groupes rebelles interposés, auquel participe, à son encontre, une partie importante de son armée. Le Président Déby est en conflit avec la Banque mondiale, le consortium pétrolier, son opposition politique démocratique ainsi qu'avec la société civile?. La France apparaît aujourdhui comme le dernier soutien de ce régime.

1. Nous pensons que la politique française pour garantir la stabilité du Tchad et de la sous-région par le soutien au régime de Déby est un échec. Nous pensons également que la stratégie française de sortie de crise, basée sur la réélection (inévitablement frauduleuse) du Président Déby suivie dun dialogue politique incertain exacerbera en fait les tensions et violences politiques dans ce pays. Le remplacement de Déby par un autre seigneur de guerre serait également une stratégie inopérante.

2. Nous dénonçons donc l'appui politique inconditionnel de la France au régime de Déby, qui sest caractérisé ces derniers jours par un soutien de larmée française très coûteux pour les contribuables français déterminant dans le maintien au pouvoir du clan présidentiel. De même, nous dénonçons toute tentative de prise de pouvoir par les armes au Tchad.

3. Nous vous demandons instamment dabandonner cette politique dangereuse pour les populations tchadiennes comme pour nos concitoyens français vivant sur place au profit dune véritable démarche de soutien à la paix et à la démocratie telle que le proposent les organisations de la société civile tchadienne : cessez le feu, protection des populations civiles, mise en place dune transition politique, dialogue national pour une réconciliation, et enfin des élections libres et transparentes. Le dispositif Épervier pourrait assurer la sécurisation dun tel processus au Tchad, dans le cadre d'un mandat précis de la communauté internationale et en présence d'observateurs indépendants, dans lattente dune force internationale de maintien de la paix.

4. Nous souhaitons aussi que vous agissiez auprès de lUnion européenne afin que celle-ci s'engage dans cette option politique, afin de rompre avec une logique strictement franco-tchadienne, qui plus est, développée hors de tout contrôle législatif.

5. Nous demandons par ailleurs quun débat parlementaire ait lieu dès que possible sur la politique française au Tchad. En 1998, le Parlement avait clairement fait la proposition dêtre associé pour tout engagement extérieur des forces françaises. Limplication des services de renseignement français et de larmée française dans le conflit tchadien justifient amplement cette demande.

 


Marc Zarrouati
Président de lACAT-France
André Barthélémy
Président dAEDH
Reynal Blion
Président dAgir Ici
Joël Thomas
Président du CCFD
Odile Biyidi
Présidente de Survie

 


La diplomatie US à la recherche d'un compromis dans la crise pétrolière

 


Un émissaire américain est arrivé lundi à N'Djamena à la recherche d'un compromis dans la crise qui oppose le Tchad à la Banque mondiale sur la gestion des revenus du pétrole, dont les autorités tchadiennes menacent de suspendre la production.

Dès le début de sa visite, le vice-secrétaire d'Etat adjoint américain aux Affaires africaines Donald Yamamoto a rencontré lundi après-midi pendant une heure le président tchadien Idriss Deby Itno.

A l'issue de cette rencontre, le diplomate a qualifié devant la presse de "très sérieuses" les menaces soudanaises sur le régime de N'Djamena, qui accuse son voisin de soutenir la rébellion du Front uni pour le changement. "Le peuple du Tchad a notre soutien (...) très profond", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le dossier pétrolier, M. Yamamoto s'est contenté de répondre que "les discussions (...) se poursuivent".

Après avoir repoussé une offensive rebelle sur N'Djamena le 13 avril, le gouvernement tchadien a menacé de "fermer les vannes" du brut de Doba, dans le sud du Tchad, si la BM ne débloquait pas avant le 18 avril ses pétrodollars qu'elle a gelés. N'Djamena a ensuite reporté cet ultimatum à fin avril, les États-Unis ayant proposé une médiation.

Cette mission intervient alors qu'un certain dégel semble se dessiner.

Une délégation tchadienne dirigée par le ministre des Finances Abbas Mahamat Tolli a eu ces derniers jours des contacts informels qualifiés de "très positifs" avec la BM en marge de son assemblée de printemps à Washington.

"Il y a eu un déficit de communication, mais maintenant c'est rétabli", a expliqué samedi l'ambassadeur du Tchad dans la capitale américaine Mahamoud Adam Béchir, qui a dit espérer une solution "prochaine".

Ce "déficit de communication" a entraîné en janvier le gel de la part de l'institution de Bretton Woods des revenus pétroliers tchadiens placés sur un compte bancaire britannique, et la suspension de 124 millions de dollars de crédits au Tchad.

La BM a décrété ces sanctions après la modification unilatérale par les autorités tchadiennes de la "loi 001" sur la gestion des revenus de l'or noir. Cette loi, considérée lors de son adoption en 1999 comme un modèle en matière de bonne gouvernance, avait été parrainée par la Banque en échange de son financement de l'oléoduc qui relie Doba au port camerounais de Kribi.

Ce texte créait un fonds pour les générations futures sur lequel étaient bloqués 10% des pétrodollars tchadiens. Les autorités ont notamment supprimé ce fonds, sans cacher leur intention d'utiliser une partie des revenus du brut pour s'armer face aux rébellions qui menacent de renverser M. Deby.

"Les États-Unis sont perdants si on arrête la production (...) c'est pour ça qu'ils vont essayer de trouver un terrain d'entente", a déclaré à l'AFP le ministre tchadien du Pétrole Mahamat Nasser, rappelant que le brut de Doba était produit par un consortium américano-malaisien.

"Les Américains ne sont pas des médiateurs neutres. Ils ne sont pas intervenus pour régler les problèmes de fond mais uniquement pour tenter de protéger leurs intérêts", note de son côté Gilbert Maoundonodji, responsable du Groupe de monitoring du projet pétrole Tchad-Cameroun (Gramp/TC), une ONG qui milite pour que la manne pétrolière bénéficie à la population.

Selon lui, l'attaque rebelle du 13 avril contre N'Djamena a incité Washington a s'impliquer dans la crise car "ses intérêts vitaux sont visés".
"Ils ont senti la menace d'une fermeture du robinet", explique-t-il, au moment où "le brut flambe" et les Américains "ont fait de l'Afrique une de leurs sources d'approvisionnement alternative pour l'avenir"
Source : AFP, 25 avril 2006

 

La société civile appelle au boycottage de la présidentielle


Des représentants de la société civile tchadienne ont appelé mercredi à N'Djamena les électeurs du pays à s'abstenir et la population à observer "une journée de deuil" le 3 mai à l'occasion du premier tour de l'élection présidentielle.
"Nous appelons les citoyens à rester chez eux le 3 mai et à observer une journée de deuil", a déclaré lors d'une conférence de presse Delphine Djiraïbé Kemmeloum, coordinatrice du Comité de suivi de l'appel à la paix et la réconciliation qui réunit de nombreuses associations et ONG.
"Le président de la République doit prendre un décret pour suspendre le processus électoral, dissoudre la Ceni (Commission électorale nationale
indépendante) et mettre en place un comité de pilotage pour préparer le dialogue national", a poursuivi Mme Djiraïbé au nom du Comité.
Répondant à une question, elle a rejeté l'idée d'organiser des marches de protestation dans la capitale, les jugeant "dangereuses dans le contexte tchadien". "Nous ne voulons plus que le sang soit versé inutilement. Dans les autres pays, la justice existe. Pas au Tchad", a estimé Mme Djiraïbé.
La société civile tchadienne demande depuis des semaines le report du scrutin du 3 mai, dont le président sortant Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 1990, est le grand favori face à quatre candidats issus de sa majorité.
L'opposition a décidé de bouder l'élection, jugée "frauduleuse". Deux semaines après l'offensive avortée des rebelles du Front uni pour le changement (Fuc) sur N'Djamena, le président Deby a décidé de maintenir le scrutin, malgré les nombreux appels à son report.
Source : AFP, 26 avril 2006

 

Omnipotents, omniprésents, cincompétents :es diplomates de l'UE ne sont pas tendres pour Idriss Déby


Nous avons pu nous procurer un rapport confidentel des chefs de mission diplomatique de l'Union européenne à Ndjaména, dont l'ambassadeur est Robert Kremer, adressé le 30 janvier 2006 à la Présidence à Bruxelles. Nous le publions tel quel.


Restreint UE
FM vie Coreu
To all Coreu normal
CFSP/PRES/VIE/0136/06
300106 1344Z
ACRONYM COAFR COACD
Subject COAFR COACD-TSCHAD-Rapport des chefs de mission sur la REF CFSP/SEC/0120/06
Text
Subject COAFR COACD-TCHAD Rapport des chefs de mission sur la situation au TCHAD
Réf : CFSP/SEC/0120/06
La Présidence a lhonneur de circuler ci-joint un rapport des chefs de mission sur la situation au TCHAD

I- = = LE GOUVERNEMENT TCHADIEN= =

Dans la situation actuelle que connaît le Tchad, le Président Idriss Deby est aux commandes directes du char de l'Etat. Aucune décision, même de moindre importante, ne se prend dorénavant sans qu'il n'ait donné son aval. Il est celui qui a décidé l'épreuve de force avec la Banque Mondiale, ainsi l'Etat de Belligérance avec le Soudan, consécutivement à l'attaque d'Adré survenue le 18 décembre dernier.


Le Gouvernement Tchadien compte des personnalités médiocres, hormis des ministres tels que ceux des Affaires Etrangères, Ahmat Allami, de l'Economie et du Plan, Mahamat Ali Hassan, des Infrastructures, Adoum Younousmi et de la Santé Publique, Moussa Kadam. L'Administration elle-même est peu performante car le renouvellement des générations na eu lieu et l'entremise Zaghawa (ethnie du Président) na favorisé que ceux du « clan », dont les incompétents, au détriment de toutes les autres ethnies.


Le Parti présidentiel (Mouvement Patriotique du Salut/MPS), soutenu par une trentaine d'autres petits partis satelitaires, ne compte pas beaucoup de personnalités de grande valeur, y compris l'Assemblée Nationale où la majorité MPS détient 113 siéges sur155.


Le Président Déby ayant favorisé des années durant la mainmise des Zaghawa sur l'appareil dEtat, ces derniers, omnipotents et omniprésents, sont devenus dorénavant la première menace, tant politique que physique pesant sur le Chef de l'Etat. L'illustration de ce divorce ou de cette confrontation a atteint son paroxysme en mai 2004, quand le clan Zaghawa a lancé une tentative de coup d'Etat visant à éliminer le Président Deby.


En octobre et novembre 2005, les mêmes militaires insoumis, soucieux de préserver leurs avantages acquis, leur impunité, de même que leurs positions au sein de l'appareil d'Etat, ont crée des mouvements de rebellions installés en territoire soudanaise afin d'y solliciter les appuis nécessaires à leur lutte contre Deby, auprès des « Faucons » de Khartoum ayant en ligne de mire l'Etat Tchadien.


II-= = L'OPPOSITION = =


Morcelée en près de 70 partis, elle est daussi piètre qualité que la majorité présidentielle. Les ténors pour la plupart sudistes, ne représentent souvent queux mêmes ou tout au plus. Dans le meilleur des cas une région ou une ethnie (parmi eux figurent : MR. Ngarlejy YORONGAR, Saleh KEBZABO, Ibni Oumar MAHAMAT SALEH, Salibou GARBA, Jean Bawoyeu ALINGUE et le Général Wadal Abdelkader KAMOUGUE).


En dépit de multiples tentatives d'alliances et de regroupement (dont la dernière en date est la CPDC), ces leaders sont dans l'incapacité, à ce jour, de présenter un programme ou une alternative structurée, crédible et nationalement consensuelle, au pouvoir en place.


C'est dire si les Etats et membres et la Délégation de la Commission présents, ici, à N'Djaména, ont quelques difficultés à mesurer finement et avec précision la réelle représentativité numérique et l'audience populaire effective de ces mouvements d'opposition.


En résumé, la population tchadienne est aussi lassée des partis politiques de majorité dont elle nattend plus rien après 15 ans de pouvoir, que ceux de l'opposition dont elle mesure la vacuité et l'inconséquence ( la dite opposition lu ayant donné pour mot dordre, en 2005, de ne pas se faire recenser sur les listes électorales, ce qui constitue la négation même de la citoyenneté).


III- = = LA SOCIETE CIVILE = =


Elle quasiment inexistante car na pas les moyens ni la volonté de sexprimer réellement, se prétendant indépendants, les médias privés (qui sont en fait tous aux ordres de lopposition) accaparent lespace effectif de liberté dexpression pour, au nom de la société civile, se comporte en médias partisans jusquà la caricature.


De même, la création de nombreuses associations de défense des droits de lhomme, entièrement entre les mains de politiciens sudistes revanchards, répond bien souvent à recherche dune honorabilité et dun soutien alimentaire auprès des grandes organisations internationales de ce secteur, plutôt quau souci de véritablement défendre les droits de lhomme. Ces associations ne se plaisent quà révéler, voire exacerber, les incidents inter-éthniques, contribuant ainsi à fragiliser davantage encore un sentiment national déjà bien faible.


En fin du compte, la société civile tchadienne souffre dune confusion des genres entretenues par un « club » assez fermé dune centaine de personnes à NDjaména, que lon retrouve alternativement, avec des titres différents, dans les enceintes politiques, médiatiques et associatives.


IV- = = LE DARFOUR = =


Trop longtemps, la communauté internationale a ignoré les liens ethniques et commerciaux , la proximité linguistique et le sentiment partagé de marginalisation ou d'exclusion existant entre les populations du Darfour et celle de l'Est tchadien, focalisée quelle était par les questions internes soudanaises stricto-sensu.


Le constat qui peut être fait aujourdhui est la crise du Darfour a totalement pollue au plan politique, et exacerbé au plan socio-économique, les relations entre Khartoum et NDjaména, dautant qu le Tchad a été le seul pays du continent africain à accepter d'accueillir volontairement 300 000 réfugiés soudanais au plus fort de la crise et ce, en autorisant sans réticence aucune les ONG , les organisations humanitaires et les institutions onusiennes, à sinstaller sur le territoire Tchadien, à y circuler librement et favoriser l'implantation des camps conformément aux requêtes du HCR.


Cette qualité de l'hospitalité tchadienne est trop souvent ignorée et le Président Deby est déçu de manque de reconnaissance internationale. Alors quil a appris des risques sérieux en politique intérieur, en acceptant l'installation de réfugiés qui, à ce jour, se décompose comme suit :près de 230 000 des réfugiés soudanais à la frontière orientale, en sus de 40 000 réfugiés centrafricains à sa frontière sud.


La posture de médiateur tenue par le Tchad na pas été reconnue ou valorisée, alors même que le texte fondateur de cessez-le-feu, toujours en vigueur et servant de base aux négociations d'Abuja, a été bien signé à NDjaména en avril 2004, grâce limplication personnelle du Président Deby.



Alors que tous les partenaires constatent combien les pourparlers d'Abuja piétinent, le Chef de l'Etat Tchadien a réussi, le vendredi 20 janvier, à convaincre les chefs des mouvements rebelles soudanais du MJE (Khalil Ibrahim) et du MLS (Minni Arkoi Minawi et Khamis Abdallah Abakar), quil avait conviés ici même, à NDjaména, à se structurer en une alliance capable de parler dune seule voix afin daboutir, au plus tôt, à une paix négociée entre Darfouriens et le Gouvernement de Khartoum.


Sans forcer le trait, l'on peut dire que le Président Deby a réussi là où tout le monde a échoué jusquà présent, a savoir, unifier les mouvements rebelles du Darfour. Toutefois, une autre lecture en filigrane peut être faite de cette alliance.


En effet, les deux chefs du MLS et du MJE étant des Zaghawa darfouriens, Idriss Deby ne se met-il pas une carte réservé vis à vis de Khartoum , en démontrant au Président Béchir que les services spéciaux soudanais continuent déquiper, soutenir et financer les rebellions tchadiennes installées au Darfour. Le Tchad a les moyens, lui aussi de peser sur la vie politique soudanaise et sur la réputation du régime de Béchir, en entretenant des rapports dorénavant de connivence avec le MJE et le MLS.


Cette alliance conclue dernièrement représenterait une sorte de « force de dissuasion » que détiendrait le Tchad vis à vis du régime soudanais.


V- = = LA BANQUE MONDIALE = =


Le rétablissement du dialogue entre le Tchad et la Banque mondiale a débuté dès le 24 janvier avec la venue de lAdministrateur pour lAfrique M . PAOLO GOMEZ. Ce dernier a indiqué à la sortie de son entretien avec le Président Deby : « je repars à Washington avec des informations dénorme utilité pour rétablir le dialogue entre la Banque mondiale et la République du Tchad ».


L'excellent état desprit qui prévaut actuellement a été confirmé par le Représentant du Fonds Monétaire International à NDjaména.


Le dialogue est donc renoué , la Banque mondiale renégociera vraisemblablement avec le Tchad les questions épineuses en suspens.


= = CONCLUSION = =


sous couvert de la Présidence locale de lUnion Européenne à NDjaména les représentations diplomatiques des Etats membres, ainsi que la Délégation de la Commission, sefforceront donc, dans les jours à venir, de:


- Favoriser les négociations entre la Banque mondiale et le Tchad,

- Encourage le dialogue entre les autorités tchadiennes et l'opposition,

- Renforcer la concertation de l'Union Européenne avec les autorités tchadiennes dans le cadre de larticle 8 de l'accord de Cotonou.


La Présidence locale ne manquera pas d'informer lUnion Européenne toute évolution de la situation, en particulier dans la perspective de l'élection présidentielle prévue dans le courant du deuxième trimestre de lannée 2006.

 

 

Satisfait de l'aide de Paris, Idriss Déby veut se réarmer dans la transparence avec largent du pétrole


Le président tchadien Idriss Déby Itno se félicite du soutien apporté par l'armée française dans le cadre du dispositif Epervier et confirme son intention de réarmer rapidement son pays, dans un entretien accordé au Figaro publié mercredi.
Selon M. Déby, "la position de Paris est claire et sans ambiguïté. La France est le seul pays à avoir condamné de la manière la plus ferme l'agression contre le Tchad".
Le président tchadien ajoute qu'il a écrit à Jacques Chirac pour lui dire ce
qu'implique la déstabilisation du Tchad qui menace toute la sous-région. "Le Tchad est un pont. Si le pont cède, on peut dire adieu à toute la sous-région.
Ce serait encore plus grave que le conflit des Grands Lacs", affirme-t-il.
Après la défaite jeudi des rebelles du Front uni pour le changement (Fuc)
devant N'Djamena, M. Déby se dit également satisfait de l'aide de la France dans le cadre du dispositif militaire Epervier sur le plan humanitaire, logistique et en matière de renseignements.
Des renseignements jugés utiles par le président tchadien qui précise que
"quand la colonne de mercenaires est arrivée jeudi à l'aube dans N'Djamena, elle était attendue. Nous leur avons servi le croissant et le café très chaud...".
"Le Tchad était agressé et la moindre des choses de la part de la France,
c'était de nous fournir des renseignements terrain. Cela a été fait. En
revanche, dire que l'armée française a tiré sur des colonnes de mercenaires, c'est un mensonge grossier", affirme M. Déby.
Idriss Déby confirme son intention d'acheter des armes avec l'argent du
pétrole dès que celui-ci aura été récupéré auprès de la Banque mondiale. "Quel est le pays au monde qui, ayant des ressources, n'achèterait par d'armes pour se défendre? Pourquoi refuserait-on cela au Tchad? Nous allons acheter des armes.
Dans la transparence. Et d'ici deux jours, ces armes arriveront", conclut-il.
Source : AFP, 19 avril 2006

 

 

Le rôle de la France dans le chaos annoncé


par lassociation Survie, 19 avril 2006
1. Pour des intérêts économiques, géo-stratégiques et militaires, la France a soutenu et contribué à
maintenir au pouvoir dans ses anciennes colonies un certain nombre de régimes corrompus et criminels,
au mépris de leur population : Omar Bongo au Gabon, Denis Sassou N'Guesso au Congo-Brazzavile, Paul
Biya au Cameroun, Eyadéma au Togo... Ces relations économiques, diplomatiques et militaires avec des
pouvoirs claniques et tortionnaires, exhibées sous le signe de lamitié, sont souvent justifiées
officiellement par une volonté de pacifier les sous-régions concernées, dans l'objectif d'assurer la
« stabilité » des Etats. La politique extérieure de la France en Afrique, conduite dans une opacité quasi
permanente tout en s'affranchissant du contrôle du Parlement, a contribué à une consolidation des
régimes dictatoriaux, pérennisant ainsi le pillage des ressources naturelles et conduisant à une
déstabilisation à retardement et durable dans plusieurs sous-régions au Sud du Sahara.
2. Depuis l'indépendance du Tchad jusqu'à ce jour, la France n'a cessé de soutenir les régimes dictatoriaux
successifs, y compris celui dHissène Habré aujourd'hui poursuivi pour tortures et crimes contre
l'humanité, et celui dIdriss Déby, son ancien Chef d'Etat major formé à l'Ecole de guerre de Paris, au
pouvoir depuis 1990 par le biais d'élections présidentielles truquées en 1996 et 2001. Malgré les
avertissement répétés de la part de nombreuses associations tchadiennes et internationales, dont Survie, ce
soutien diplomatique et militaire de la France a contribué à maintenir le Tchad dans un état d'arbitraire
politique, de dégradation des conditions socio-économiques et de déstabilisation durable de la sousrégion:
hier l'embrasement du Darfour, à l'ouest du Soudan, aujourd'hui le chaos annoncé au Tchad.
3. Survie condamne avec la plus grande fermeté le principe de toute immixtion unilatérale des forces
armées françaises dans les affaires du Tchad. Elle demande aux autorités françaises de s'expliquer
immédiatement sur son intervention militaire sur l'ensemble du territoire tchadien, au-delà de l'appui au
renseignement et logistique, notamment lors des tentatives de coup d'Etat les14 mars et 12 avril dernier.
4. Survie a initié le 13 avril dernier, en coordination avec d'autres organisations françaises et
internationales, une Lettre ouverte adressée aux autorités françaises afin de relayer et appuyer les
revendications de la société civile tchadienne, structurée au sein d'un Comité d'appel à la paix et à la
réconciliation, à savoir :
· cesser tout appui politique et militaire de la France au régime actuel,
· arrêter tout soutien en faveur du maintien de l'élection présidentielle du 3 mai, d'une part
verrouillée d'avance et d'autre part absurde dans un tel contexte,
· favoriser la tenue d'un véritable dialogue politique national tel que proposé par la société
civile tchadienne et accepté par l'ensemble des forces sociales et politiques.
Association loi 1901
5. Survie rappelle que ce dialogue national ne peut être initié que dans des conditions de sécurité garanties
et assurées de façon effective par la communauté internationale. Dans cet objectif, une force de maintien
de la paix doit être déployée dans les plus brefs délais à N'Djaména, sur l'ensemble du territoire tchadien
ainsi que dans le Darfour, où les Nations-Unies doivent suppléer l'action de l'Union africaine sans
attendre la passation officielle prévue en septembre prochain.
6. Compte tenu de sa présence actuelle en moyens humains et logistiques, la France sera très certainement
désignée par la communauté internationale pour assurer, du moins à court terme, cette sécurisation.
Compte tenu de son rôle historique et de son implication aux côtés du régime d'Idriss Déby, Survie attire
l'attention sur le fait que cette mission ne pourrait être assurée que pour une durée extrêmement brève de
transition, uniquement dans le cadre d'un mandat précis de la communauté internationale, et en la
présence d'observateurs internationaux sur le terrain .
Source : Survie, 210 rue St Martin 75003 PARIS - Tél. : (33-1) 44 61 03 25 - Fax : (33-1) 44 61 03 20 - Site : http://www.survie-france.org - Courriel : contact@survie-france.org

 

Bilan officiel : 400 morts - Idriss Déby crie victoire, rompt avec le Soudan et menace de fermer le robinet à pétrole si La banque mondiale ne débloque pas les 25 millions gelés



Les combats qui ont opposé l'armée tchadienne aux rebelles du Front uni pour le changement (FUC) à N'Djamena ont fait 370 morts chez les rebelles et une trentaine dans les rangs de l'armée, a affirmé, vendredi 14 avril, le ministre de l'administration du territoire. Une centaines de soldats fidèles au président Idriss Déby ont également été blessés lors de ces combats et 287 rebelles faits prisonniers, a-t-il précisé. Le ministre n'a pas évoqué de victimes civiles mais, selon des sources humanitaires, une centaine de civils avaient été hospitalisés jeudi à N'Djamena à l'issue des combats.
Particulièrement violents, les combats de jeudi dans la ville d'Adré (800 km à l'est de N'Djamena, sur la frontière soudanaise) auraient fait 150 morts, 200 blessés et 200 prisonniers dans les rangs des rebelles du FUC, selon le ministre de la défense."C'est fini, leur compte est déjà réglé", s'est-il félicité sur Radio France internationale. Mais des sources humanitaires évoquent un bilan moins avantageux pour l'armée tchadienne : jeudi soir, 5 morts et une soixantaine de blessés avaient été recensés à l'hôpital de la ville, dont une large majorité de soldats loyalistes.
CONFUSION
De fait, aucune information indépendante n'était disponible sur la situation militaire à l'intérieur du pays, notamment sur les éventuelles positions conservées par les rebelles le long de leur montée vers N'Djamena. Signe que le climat est toujours lourd, des sources humanitaires ont fait état jeudi soir d'une "grande tension" dans les rues d'Abéché, à 700 km à l'est de N'Djamena, quadrillée par de nombreuses troupes.
Après une nuit calme, la capitale tchadienne avait, en revanche, retrouvé un visage presque habituel vendredi matin. La plupart des magasins ont rouvert et la circulation a repris. Le lycée français a lui aussi rouvert ses portes, mais la présence militaire était encore renforcée en ville, notamment autour de la présidence de la République.
A la mi-journée, Idriss Déby est apparu et, devant plusieurs centaines de personnes rassemblées devant le bâtiment, a annoncé "la rupture unilatérale des relations avec le Soudan, qui continue d'armer des mercenaires contre le régime tchadien". Il a également menacé d'expulser tous les réfugiés soudanais du Darfour, zone disputée entre le Tchad et le Soudan. Ensuite, le gouvernement tchadien a exhibé devant la presse rassemblée sur la place de l'Indépendance, à N'Djamena, quelque 160 insurgés capturés la veille, présentés comme des "mercenaires soudanais".
Le FUC a affirmé, de son côté, n'avoir effectué qu'un"repli tactique", accusant la France, qui dispose au Tchad de 1 350 hommes et de six chasseurs Mirage F1, d'avoir pilonné ses troupes montant à l'assaut de la capitale.
La République centrafricaine a fermé, vendredi, sa frontière avec le Soudan pour protester contre l'attaque de N'Djamena par des rebelles, considérée à Bangui comme une "agression" soudanaise contre le Tchad. Le chef de la diplomatie centrafricaine, Jean-Paul Ngoupande, a précisé que son pays n'allait pas jusqu'à rompre ses relations diplomatiques avec le Soudan, comme l'a fait vendredi le Tchad. Le diplomate a justifié cette décision en expliquant que le Soudan n'avait pas respecté l'accord signé avec le Tchad lors du sommet de Tripoli en février dernier, qui enjoignait aux deux pays d'empêcher l'établissement sur leur territoire de bases pour des insurgés.
Par ailleurs, les rebelles soudanais du front de l'Est ont affirmé vendredi avoir détruit deux camps militaires dans l'est du Soudan lors d'attaques menées cette semaine avec leurs alliés du Darfour, région de l'ouest du Soudan en guerre civile. Les rebelles de l'Est et du Darfour demandent à Khartoum plus d'autonomie et un plus grand contrôle des ressources de leur région. Les pourparlers de paix sont dans l'impasse. ­
Source : AFP et Reuters, 14 avril 2006

 

Le Tchad menace de fermer son robinet de pétrole aujourd'hui


Le Tchad suspendra sa production de pétrole à partir du 18 avril s'il ne récupère pas d'ici là les fonds bloqués dans une banque britannique en raison du conflit qui l'oppose à la Banque mondiale, a annoncé vendredi le ministre tchadien des droits de l'Homme.

"La décision a été adoptée ce matin en conseil des ministres. Nous fermerons notre robinet de pétrole le mardi 18 avril à midi (11h00 GMT) si on ne nous rend pas l'argent qui est bloqué par la Banque mondiale sur le compte de la Citibank à Londres", a déclaré Abderamane Djasnabaille.

"Nous avons un besoin d'argent urgent pour résoudre les problèmes sociaux du pays", a poursuivi M. Djasnabaille, démentant tout lien entre cet ultimatum et l'offensive des rebelles du Front uni pour le changement (Fuc) repoussée jeudi par l'armée devant N'Djamena.

"Cela n'a rien à voir avec la situation militaire, c'est un problème beaucoup plus ancien", a assuré le ministre.

"Nous avons des problèmes de trésorerie de paiement des salaires et des pensions, nos hôpitaux manquent de matériel et de médicaments (...) j'ai visité l'hôpital de N'Djamena hier, il n'est pas normal que ceux qui défendent la République soient couchés par terre", a-t-il ajouté.

"Nous avons besoin de cet argent (...) nous sommes sous pression, nous ne pouvons plus attendre. Un gouvernement responsable se doit de faire face", a encore déclaré Abderamane Djasnabaille.

La Banque mondiale a ordonné en janvier le blocage des revenus pétroliers tchadiens placés sur un compte bancaire britannique, ainsi que la suspension de 124 millions de dollars de crédits au Tchad, après la décision de N'Djamena de modifier unilatéralement une loi sur la gestion des revenus pétroliers parrainée par l'institution internationale.

Cette révision a notamment supprimé un fonds pour les générations futures sur lequel étaient bloqués 10% des revenus pétroliers du pays.

Environ 25 millions de dollars sont bloqués sur le compte de la Citibank et le consortium américano-malaisien producteur du brut tchadien retient depuis le début du conflit 80 millions supplémentaires qui devaient être versés sur le compte bloqué, selon le gouvernement tchadien.

"Le consortium nous doit beaucoup d'argent, il doit nous le verser et respecter son contrat", selon M. Djasnabaille.

L'opposition et la société civile tchadiennes ont accusé le régime du président Idriss Deby Itno d'avoir modifié sa loi sur le pétrole, qui affectait les pétrodollars en priorité aux secteurs (santé, éducation, infrastructures) censés réduire la pauvreté, pour les utiliser au renforcement de la sécurité et à la préparation de l'élection présidentielle du 3 mai.

Une délégation de la Banque mondiale (BM) a achevé la semaine dernière sans résultat concret une mission de quinze jours au Tchad destinée à tenter d'aplanir le différend qui oppose l'institution à N'Djamena.
Source : Le devoir, Montréal, 15 avril 2006

 

 

Le Tchad, laboratoire de l'après «Françafrique»


par Pierre Prier, Le Figaro 15 avril 2006


Le Tchad était [porquoi cet imparfait ? Ça commence bien ! NDLR Quibla] la chasse gardée de la France. Celle-ci le fit comprendre au colonel Kadhafi dans les années 80, quand une livraison massive de missiles Milan arrêta net les blindés libyens. A l'intérieur, aucun président ne pouvait régner longtemps sans l'aval de l'Elysée et du ministère de la Défense. Quand le chef de l'Etat ne plaisait plus, on aidait, discrètement mais fermement, à son éviction. Certes, la France, qui avait d'abord mis en place un président du Sud chrétien, a dû prendre acte du passage du pouvoir aux mains des ethnies guerrières et musulmanes du Nord. Mais elle a ensuite joué un rôle important dans les successions. En 1990, Hissène Habré fut jugé coupable de sentiments pro-américains. La DGSE ouvrit un couloir à son ancien chef d'état-major, Idriss Déby, réfugié au Soudan.

Aujourd'hui, le même scénario semble se répéter, mais la France est, cette fois, du côté du pouvoir en place. Pour le moment. La formule impénétrable employée par le ministère de la Défense ­ «soutien sans participation» ­ cache mal la réalité : les militaires français peuvent sceller le sort de Déby en n'empêchant pas les rebelles de prendre le pouvoir.

Cette position risque d'engendrer une situation intenable et une partition du pays, comme en Côte d'Ivoire. Elle témoigne sans doute de la difficulté de la France à s'adapter à la nouvelle donne africaine.

Vu de l'extérieur, on a l'impression d'assister à une pièce vue mille fois. Jacques Chirac s'est entretenu avec les présidents du «pré carré africain», la France refuse le renversement par les armes. Signe qu'Idriss Déby est rentré dans les bonnes grâces de Paris, après une mauvaise passe au début des années 90. A l'époque, de nombreux hauts gradés de l'armée française ne cachaient pas leur sympathie pour le rebelle du Nord, Youssouf Togoïmi, magistrat formé à Reims, adoubé pour remplacer un Déby qui ruait dans les brancards. Le président tchadien avait renvoyé successivement l'attaché militaire de l'ambassade de France, qu'il accusait de comploter contre lui, et l'équipe de la DGSE chargée de former sa garde personnelle. Les militaires français évoquaient plutôt un conflit sur l'utilisation des crédits de la coopération militaire.

La mésentente culmina avec le retrait d'Elf de l'exploitation du pétrole tchadien. L'ambassadeur de France, qui n'appréciait pas Déby, ne put se retenir d'annoncer lui-même la nouvelle, accréditant ainsi l'idée d'une sanction politique. Il fut déclaré «persona non grata», une rareté dans l'Afrique francophone.

Depuis, les rapports se sont réchauffés. Le chef rebelle du Nord a été tué. La coalition, qui tente de s'emparer de N'Djamena, rassemblement hétéroclite de militaires déserteurs, de membres de l'ethnie du président écartés dans la répartition des prébendes et de chefs ethniques, peut moins facilement brandir l'étendard de la bonne gouvernance que l'ancien magistrat des montagnes.

Toutefois, le décor a changé. Les Tchadiens se battent pour les revenus du pétrole ; mais ce pétrole est américain et malais. Déjà, quand Elf s'était retiré, c'était plus par désintérêt pour la région et par crainte de son instabilité que pour des raisons politiques. D'autres l'ont remplacé. Aujourd'hui, quand Idriss Déby se dispute, c'est avec les Etats-Unis et la Banque mondiale. Cette dernière lui reproche d'avoir rompu le pacte inédit qu'elle avait passé avec lui : la participation au projet de pipeline Tchad-Cameroun en échange de la mise sous tutelle des revenus, qui devaient être affectés à des dépenses de développement. Les Etats-Unis se sont immiscés dans la coopération militaire. Le Tchad figure en bonne place dans «l'initiative pan-Sahel», qui implique les pays riverains du Sahara dans un projet de surveillance du désert. N'Djamena a accueilli avec plaisir l'aide logistique des Etats-Unis, en espérant plus.

Quant au conflit en cours, il implique d'autres joueurs, la Libye et surtout le Soudan. Ce dernier cherche à remplacer le président tchadien, à qui il reproche son aide aux rebelles du Darfour, pour des raisons de solidarité ethnique. Cette fois, cependant, pas de colonnes de blindés offrant des cibles faciles dans les dunes. On intervient par groupes armés interposés. Les pick-up Toyota flambant neufs des rebelles ne sont pas tombés du ciel. Le Soudan veut un président plus favorable à ses intérêts. Les insurgés, quant à eux, souhaitent surtout mettre dehors un président resté trop longtemps au pouvoir à leur goût, qui voulait se représenter le 3 mai, après avoir modifié la Constitution qui l'en empêchait.

Cet objectif est aussi celui de l'opposition politique et de la société civile, qui risque de se voir doublée, une fois de plus, par la force des armes et le retour au partage des richesses sur une base ethnique. Dans un pays morcelé où aucun groupe ne domine par le nombre, la possibilité d'une plongée durable dans le chaos n'est pas négligeable. Les voisins soudanais et libyens y participeront forcément. Les Etats-Unis, impliqués dans le dossier de la paix soudanaise, y seront peut-être entraînés. La France joue une partie difficile au milieu de ce trop-plein d'acteurs.

 

Idriss Déby, en sursis après l'avoir échappée belle, crie victoire et rompt avec le Soudan. Bilan officiel : 400 morts


Le président tchadien Idriss Deby Itno a annoncé vendredi la rupture des relations diplomatiques avec le Soudan, accusé de soutenir les rebelles du Front uni pour le changement (Fuc), qui ont lancé jeudi sur N'Djamena un assaut sanglant, repoussé par les forces loyalistes.L'événement

Après une nuit calme, la capitale tchadienne avait retrouvé un visage presque habituel vendredi matin, au lendemain d'intenses combats qui ont fait 370 morts chez les rebelles et une trentaine dans les rangs de l'armée, selon le général Mahamat Ali Abdallah, ministre de l'administration territoriale.

Une centaine de soldats loyalistes ont été blessés et 287 rebelles fait prisonniers, selon lui, tandis que des sources humanitaires évoquaient une centaine de civils hospitalisés.

Alors que le régime crie victoire depuis jeudi, la présence militaire était encore renforcée en ville. A la mi-journée, Idriss Deby est apparu et, devant plusieurs centaines de personnes rassemblées devant le bâtiment, a annoncé "la rupture unilatérale des relations avec le Soudan, qui continue d'armer des mercenaires contre le régime tchadien" et menacé d'expulser les 200.000 réfugiés soudanais installés dans l'est du Tchad si une solution n'était pas trouvée au conflit dans la province soudanaise du Darfour.

Une telle action a été qualifiée "d'inacceptable" par le porte-parole du département d'Etat américain, Sean McCormack, qui a averti le gouvernement tchadien de ne pas mettre sa menace à exécution. "Nous appelons le gouvernement du Tchad à respecter ses engagements (...) pour fournir une protection à ces réfugiés", a-t-il dit soulignant que Washington est incapable de dire si le Soudan est impliqué dans la rébellion contre le gouvernement du Tchad mais si une preuve était établie "ce serait très gênant".

Dès jeudi, le Tchad avait dénoncé une "agression programmée à partir de Khartoum". N'Djamena accuse régulièrement le Soudan de financer et d'armer les rebelles, ce que Khartoum dément tout aussi systématiquement, rétorquant que le régime tchadien appuie les rébellions actives au Darfour.

Paris, traditionnel soutien du président Deby, a lié vendredi à demi-mot les questions tchadienne et soudanaise, un porte-parole du Quai d'Orsay, Denis Simonneau, estimant que "les événements qui surviennent aujourd'hui ne sont pas totalement déconnectés de ce qui peut se passer dans la région". Et d'évoquer "une vigilance renforcée de toutes les autorités françaises".

La Centrafrique pour sa part a décidé la fermeture de sa frontière avec le Soudan, afin de ne pas "faciliter une agression contre le Tchad à partir de son territoire", a indiqué vendredi le ministère centrafricain des Affaires étrangères.

Alors que le régime Deby affirme avoir totalement brisé l'offensive rebelle, la situation restait toujours incertaine à l'intérieur du pays, où aucune information indépendante n'était disponible sur la situation militaire. Le Fuc a affirmé de son côté n'avoir effectué qu'un "repli tactique", accusant la France, qui dispose au Tchad de quelque 1.350 hommes et de six chasseurs Mirage F1, d'avoir pilonné ses troupes montant à l'assaut de la capitale. Paris avait démenti dès jeudi ces accusations, mais a reconnu avoir transporté jeudi soir et vendredi matin une quarantaine de soldats tchadiens vers Sahr, importante localité du sud du pays, située à une centaine de kilomètres de la frontière centrafricaine.

Le ministre de la Défense, Bichara Issa Djadallah, a déclaré que les combats de jeudi dans la ville d'Adré, à 800 km à l'est de N'Djamena sur la frontière soudanaise, avaient fait 150 morts, 200 blessés et 200 prisonniers dans les rangs du Fuc. "C'est fini, leur compte est déjà réglé", a-t-il déclaré sur RFI. Le préfet d'Adré, Touka Ramadan, a parlé de 120 morts côté rébellion et 15 tués dans les rangs de l'armée tchadienne. Signe que le climat est toujours lourd, des sources humanitaires ont fait état jeudi soir d'une "grande tension" dans les rues d'Abéché, à 700 km à l'est de N'Djamena, quadrillée par de nombreuses troupes. "Les rebelles ont peut-être été un peu présomptueux en s'attaquant à N'Djamena", a commenté un diplomate sous couvert de l'anonymat, "mais ils peuvent se réorganiser et reprendre le combat".
Source : AFP, 15 avril 2006

 

Idriss Déby finira-t-il comme Hissen Habré ? En tout cas, il est bel et bien "fuc(k)é" !


Aura-t-il l'occasion de s'enfuir ou sera-t-il abattu comme un chien ? Idriss Déby risque fort de ne plus en être en état de se faire réélire à l'élection présidentielle qu'il a fixé au 3 mai. La question est : va-t-il pouvoir survivre à la rébellion des FUC (un tel sigle ne s'invente pas!), qui est désormais entrée dans la capitale après une marche forcée de 400 kms depuis l'Est ? Ce sont les gens de son propre clan, les Zaghawa, qui constituent la principale menace pour Déby, qui avait lui-même pris le pouvoir en 1990, après avoir renversé son chef Hissen Habré avec la bénédiction française. Hissen Habré s'était réfugié au Sénégal, où i attend une décision de l'Union africaine sur son sort judiciaire. Déby choisira sans doute plutôt le Gabon, si ses protecteurs français veulent bien l'y acheminer, toutefois. Voici le film des derniers événements, ainsi que les proositions de la société civile tchadienne pour sortir de la rise, ainsi qu'une prise de position d'organisations françaises et euroépennes.

 

> Le film des événements
> Manifeste du Comité pour la paix et pour la réconciliation au Tchad - 12 avril 2006 : Le dialogue doit s'imposer au Tchad !
> Lettre ouverte aux autorités françaises de 9 associations européennes - 13 avril 2006

 

Combats à l'arme lourde autour de N'Djaména

 


D'intenses combats à l'arme lourde ont éclaté, jeudi 13 avril, à l'aube aux portes de la capitale tchadienne, N'Djamena, entre les troupes fidèles au président Idriss Déby et les rebelles du Front uni pour le changement (FUC) qui ont juré la fin de son régime.
Selon une source militaire tchadienne, ces affrontements ont débuté vers 5 h 30 (4 h 30 à Paris) à l'initiative de l'armée tchadienne, qui a attaqué les rebelles dans la banlieue de N'Djamena, qu'ils avaient atteinte dès mercredi soir au terme d'une spectaculaire progression depuis la frontière soudanaise à l'est du pays. Après une nuit calme, les habitants de la capitale ont été réveillés avant le lever du soleil par les détonations des échanges d'artillerie, qui se poursuivaient à un rythme soutenu vers 7 h 30 locales (6 h 30 à Paris) autour de la moitié est de la ville.
Quelques rebelles ont réussi à s'infilter à l'intérieur de N'Djamena, a-t-on appris de source militaire tchadienne. Leur présence, en nombre peu important, a été signalée dans le nord-est de la ville près de l'Assemblée nationale, a précisé un responsable militaire s'exprimant sous couvert de l'anonymat. Les rues du centre de la capitale, survolée depuis le début de la matinée par des hélicoptères ainsi que des chasseurs français Mirage F1, restaient toutefois calmes jeudi matin, a-t-on constaté.


"SITUATION SOUS CONTRÔLE" ?
Le président tchadien a affirmé, jeudi matin sur Radio France internationale, que les colonnes de rebelles du FUC qui ont attaqué plus tôt N'Djamena avaient été détruites et que la situation était "sous contrôle". Toutefois, selon les rebelles, cités par l'agence d'informations Alwihda, la situation est critique pour le président tchadien qui "aurait pris la poudre d'escampette, mercredi vers 17 heures, vers une destination inconnue" . Selon d'autres sources, il pourrait se trouver dans un camp retranché près de N'Djamena.
En même temps que s'engageait la bataille pour N'Djamena, d'autres combats se sont déroulés jeudi aux premières heures du jour à 800 km à l'est de la capitale dans la ville d'Adré, à la frontière avec le Soudan, selon des sources humanitaires. Le régime de Déby accuse le Soudan de soutenir et d'armer les rebelles. Les combattants du Rassemblement pour la démocratie et la liberté (RDL), qui constituent l'essentiel des troupes du FUC, avaient déjà attaqué Adré le 18 décembre mais avaient été repoussés par l'armée tchadienne. Aucune information sur l'évolution de ces deux fronts n'était disponible jeudi matin.
Selon une source militaire tchadienne, l'avant-garde du FUC a atteint les portes de N'Djamena mercredi en fin d'après-midi, alors que le ministre de la défense, Bichara Issa Djadallah, assurait que l'offensive rebelle lancée dimanche en plusieurs points de l'est et du centre était stoppée.

LA FRANCE "PRÉOCCUPÉE"
Signalés mardi dans la région de Mongo, à moins de 400 km à l'est de la capitale tchadienne à mi-chemin de la frontière soudanaise, une de leurs colonnes avait été repérée mercredi à 17 heures par les Mirage F1 français à environ une heure et demie de route de N'Djamena, selon une source militaire à Paris. Des sources militaires tchadiennes avaient confirmé, dans la soirée, que des combats avaient eu lieu quelques heures plus tôt autour de la localité de Dourbali, à une centaine de kilomètres au sud-est de N'Djamena.
Principal soutien du président Déby dans cette crise, la France a condamné mercredi par avance toute "tentative de prise de pouvoir par la force" et s'est déclarée "préoccupée" par les événements au Tchad. Le dispositif militaire français au Tchad, qui regroupe 1 200 hommes, a été placé en état d'alerte et 150 soldats français basés à Libreville sont arrivés mercredi en renfort dans la capitale tchadienne. Une source militaire française à Paris a indiqué que le rôle de ces forces se limitait à un "soutien de renseignement" au gouvernement tchadien.
Selon une source diplomatique, les Etats-Unis et les Nations unies ont décidé d'évacuer une partie de leurs personnels jugés "non essentiels". Une vingtaine de ressortissants américains et les familles des personnels expatriés des agences de l'ONU comme le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) et le Programme alimentaire mondial (Pam) devraient quitter prochainement la capitale tchadienne, a-t-elle précisé.

 

Chirac mobilisé
Jacques Chirac a été à plusieurs reprises en
contact avec le président tchadien Idriss Deby Itno ces derniers jours, et il
consulte des chefs d'Etat africains pour faire le point sur la situation au
Tchad, a indiqué son entourage jeudi.
Le chef de l'Etat a notamment conseillé à Idriss Deby, qui fait face à une
offensive de la rébellion, la "saisine du conseil de sécurité des Nations unies pour rappeler le refus des coups de force", selon cette source, rappelant que la France "condamne les tentatives de coup d'Etat".
Une réunion interministérielle a eu lieu mercredi à l'Elysée, réunissant
autour du conseiller de Jacques Chirac pour les Affaires africaines Michel de Bonnecorse, des représentants de Matignon et des ministères de la Défense, des Affaires étrangères et des Finances, selon cette source.
Cette réunion visait à "faire le point de la situation".
Le Quai d'Orsay a jugé jeudi que "la situation au Tchad reste très
préoccupante et évolutive" et que "des consignes de grande prudence sont
maintenues pour la communauté française".

 

La présidence de l'UE condamne toute prise de pouvoir par la force
La présidence autrichienne de l'Union européenne a condamné jeudi "toute tentative de prise de pouvoir par la force" au Tchad, en proie à des offensives de groupes rebelles depuis quatre jours.
"La présidence de l'UE appelle tous les Etats de la région, et notamment les parties signataires de l'accord de Tripoli du 8 février 2006, à tout mettre en oeuvre pour permettre un rapide retour au calme au Tchad", a indiqué un communiqué publié à Vienne.
Le président Idriss Deby a affirmé jeudi avoir défait les rebelles du Front
uni pour le changement (Fuc) après plusieurs heures d'intenses combats à l'arme lourde aux portes de la capitale tchadienne N'Djamena.
La situation au Tchad a été jugée "très préoccupante et évolutive" par
Paris, qui compte 1.500 ressortissants civils et quelque 1.200 militaires dans ce pays.

 

"Coup de semonce" pour dissuader rebelles
Un avion Mirage français a tiré "un coup de
semonce mercredi matin à l'est de N'Djamena dans la zone où une colonne de rebelles tchadiens faisait route vers la capitale", a annoncé jeudi le
porte-parole du ministère de la Défense Jean-François Bureau.
Ce tir d'"avertissement" à distance, qui n'a pas fait de victime, a été
effectué au canon, par un des Mirage de l'armée française basé au Tchad, à environ 250 km à l'est de N'Djamena, selon le porte-parole.
Il s'agissait d'un "signal politique, dans le cadre de la sécurité de nos
ressortissants", a ajouté M. Bureau.

 

Des avions français ont bombardé des villes de l'est
Des avions militaires français ont bombardé jeudi des villes de l'est du Tchad aux mains des rebelles, faisant un nombre indéterminé de victimes civiles, a affirmé à l'AFP le représentant en France du Front uni pour le changement (Fuc), Laona Gong.
"Nous venons d'apprendre que depuis ce matin, à l'est du Tchad, l'armée française intervient militairement avec des avions. Et nous déplorons dans les villes d'Adré et de Moudeïna (près de la frontière avec le Soudan) de nombreuses
victimes civiles des bombardements français", a affirmé M. Gong en ajoutant "n'avoir pas de chiffres exacts" sur les victimes.
M. Gong a déploré que la France "n'observe pas la neutralité" et soutienne "aveuglément" le régime du président Idriss Deby Itno.
Le ministère de la Défense a formellement démenti quelques minutes plus tard, par la voix de son porte-parole Jean-François Bureau, qu'il y ait eu des bombardements de villes de l'est du Tchad par des avions militaires français jeudi, comme l'affirme le FUC.


Fiche : Les forces françaises positionnées au Tchad
Les forces militaires françaises
prépositionnées au Tchad, où les rebelles du Front uni pour le changement (Fuc) hostiles au président Idriss Deby Itno combattaient jeudi pour la capitale N'Djamena, comptent environ 1.200 hommes.
Déployé au Tchad depuis 1986, ce dispositif, baptisé "Epervier", constitue
avec le 6ème bataillon d'infanterie de marine (Bima) basé à Libreville (Gabon) le pivot de la présence militaire française en Afrique centrale, après la ermeture des bases de Centrafrique.
Ces forces sont réparties entre la capitale tchadienne N'Djamena, qui
accueille l'essentiel du dispositif avec 1.000 hommes, Abeché (est) avec 200 hommes, et un petit détachement à Faya-Largeau dans le nord du pays. Les soldats français sont dotés d'un appui aérien composé de six chasseurs Mirage F1, d'avions de transport tactique (Transall C-160 et Hercule C-130), d'un avion ravitailleur C-135 et d'hélicoptères.


Les Eléments français du Tchad (EFT), qui ont notamment pour mission d'assurer la sécurité des ressortissants français, ont participé à plusieurs
opérations d'évacuation d'étrangers en Afrique centrale.
En vertu des accords de coopération qui lient les deux pays, ils assurent une mission de "soutien au renseignement" du gouvernement tchadien, ainsi qu'une assistance logistique à l'armée nationale tchadienne (ANT).
Environ 200 hommes ont également été déployés pendant l'été 2004 dans l'est du Tchad afin de sécuriser sa frontière avec le Soudan, dans le cadre d'une opération "humanitaire" d'aide aux réfugiés de la province soudanaise voisine du Darfour ayant fui la guerre civile.
La France est présente au Tchad de manière quasi-permanente depuis
l'indépendance en 1960.
Le dispositif français avait été déployé en février 1986 pour mettre un
terme aux offensives libyennes contre le régime de l'ancien président tchadien Hissène Habré (1982-90). Ses effectifs, variables selon les périodes, se sont élevés dans les années 1980, au moment des plus fortes tensions, à quelque 3.000 hommes.

Source : AFP, 13 avril 2006


Manifeste du Comité pour la paix et pour la réconciliation au Tchad - 12 avril 2006 : Le dialogue doit s'imposer au Tchad !


Le Comité de Suivi de l'Appel à la Paix et à la Réconciliation (CSAPR), réseau des associations de la société civile tchadienne (ADH, Syndicat, ONG de développement, Association de jeunes, de femmes, réseau des Commissions Justices et paix) réuni ce jour 11 Avril 2006 à N'Djaména :
Constate que la situation politique se dégrade fortement.
Regrette le refus catégorique du pouvoir de permettre la mise en place du dialogue national tel que proposé par la société civile
Réaffirme son analyse selon laquelle ni les élections dans les conditions actuelles ni un coup de force militaire ne peut ramener la paix au Tchad.
Par conséquent, le CSAPR :
Appelle tous les belligérants à observer un cessez le feu immédiat sur l'ensemble du territoire national.
Appelle tous les acteurs politiques sans exclusive à s'engager sans délais dans une négociation politique pour déterminer les conditions d'un processus de transition pacifique au Tchad.
Met en garde contre toutes man¦uvres de nature à nouer des alliances opportunistes ou contre nature qui compromettraient la recherche de la paix.
Met en garde les belligérants contre tous actes de violence dirigés contre les populations civiles.
Demande à la communauté internationale de soutenir politiquement la démarche de paix proposée par le CSAPR et de s'engager aux cotés des populations pour une paix véritable et globale, gage d'un développement durable.
Le CSAPR rappelle son engagement et son rôle de médiateur pour la réalisation de ce dialogue national.
Le 11 avril 2006
Pour le Comité, la coordinatrice Maître Delphine Kemneloum Djiraibe
Source : Coordination Nationale ­ BP 4559 ­ Contacts : 515368/403287/299509/294865/216536 - Bureau : Immeuble Inades Formation à Ardep Djoumal en face de l'Université de N'djamena.

 

Lettre ouverte aux autorités françaises


par Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture (ACAT-France), Agir ensemble pour les droits de l'homme, Agir Ici, Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD), Environmental defense, Franciscans International, Initiative Pro Afrika, Les Amis de la Terre, Survie.

Paris, le 13 avril 2006

Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Ministre des Affaires étrangères,
Madame le Ministre de la Défense,

Dans le contexte actuel d'une dégradation majeure de la situation politique et sécuritaire sur l'ensemble du territoire tchadien, nos organisations dénoncent le soutien politique et militaire permanent que la France accorde au régime du président Déby jusqu'à ce jour.

Nos organisations contestent la position de la France selon laquelle le président Deby serait le seul à pouvoir garantir la stabilité et l'unité nationale du pays.

Nous contestons également le soutien de la France, ce matin encore, sur la tenue de l'élection présidentielle du 3 mai, considérant qu'il est totalement aberrant de tenir cette élection dans ce contexte.

Nous dénonçons l'appui (confirmé par le porte parole du Ministère de la Défense) de l'armée française au pouvoir tchadien : transmission de renseignements aériens et d'écoutes, transport de munitions et sécurité du président.... De multiples témoignages font état d'interventions directes de l'armée française depuis le 11 avril jusqu'à ce jour, notamment autour de N'Djamena et de Adré.

Nos organisations demandent à la France de :

- cesser tout appui militaire et politique au régime actuel,
- arrêter tout soutien en faveur du maintien de l'élection présidentielle du 3 mai,
- favoriser la tenue d'un véritable dialogue politique national tel que proposé par la société civile tchadienne et accepté par l'ensemble des forces sociales et politiques.

Nos organisations interpellent les autorités françaises et invitent les parlementaires à se saisir d'urgence de cette question, et restent extrêmement attentives quant à la situation des droits de l'Homme et quant à la sécurité des populations et des membres de la société civile.

Nous demandons enfin aux autorités françaises une réaction rapide et appropriée à cet appel.

Signé à Paris, le 13 avril 2006.

 

 

VIENT DE PARAÎTRE
Tchad, 45 ans de dictature et un pays au bord du chaos


La France est-elle mûre pour acepter la démocratie au Tchad ?
Un document d'une actualité brûlante de l'association SURVIE !
Le 3 Mai 2006, Idriss Déby briguera un troisième mandat après avoir modifié la constitution pour pouvoir se représenter. L'ensemble de l'opposition a dores et déjà décidé de boycotter ce qu'elle qualifie de "mascarade électorale".
Cette pseudo-élection se déroulera dans un contexte d'incertitude politique : tentatives de coup d'Etat, désertions au sein de l'armée tchadienne, multiplication des mouvements d'opposition armés, etc.
La dictature de Déby, fragilisée, tient toutefois grâce au soutien tant militaire que diplomatique de la France, au grand dam de la société civile et des démocrates tchadiens qui rêvent d'une alternance politique pour une transition démocratique.
Afin d'interpeller l'ensemble de l'opinion sur la situation au Tchad et sur les responsabilités françaises, Survie publie un document de 4 pages intitulé « Tchad, 45 ans de dictature et un pays au bord du chaos ».
Ce document donne les principales clefs de compréhension de la situation : rappel historique sur 45 ans de dictature, caractéristiques du régime, rôle de la France (notamment grâce au dispositif militaire Epervier), enjeux du pétrole, situation au Darfour, mobilisation et propositions de la société civile...

Un outil d'interpellation à télécharger à
http://www.survie-france.org/IMG/pdf/Mobilisation_Tchad2006.pdf

 


Le traitement d'information au niveau de RFI pose problème à l'opposition tchadienne


par Makaila Nguebla, ctiviste du changement politique et de résistance citoyenne, Diaspora Tchadienne, 7 avril 2006

Radio France Internationale ( RFI) est incontestablement l'une des radios étrangères la plus écoutée sur le continent africain. Mais avec du recul, les auditeurs découvrent au fur et à mesure qu'elle oriente plus la politique africaine de la France au point de frustrer certaines sensibilités politiques.

Excepté la ville de Paris, Rfi n'est ni captée et écouté dans d'autres régions françaises ce qui suscite déjà une interrogation de nombreuses personnes éveillées dans les domaines de l'information. De plus , elle n'est pas connue de Français eux-mêmes.

Nous constatons donc qu'au niveau du Tchad, Radio France Internationale filtre et verrouille certaines informations défavorables au pouvoir de Ndjaména. Il est temps de dire que certaines opinions n'hésitent pas de la qualifier « d'officine » du fait de son défaut au niveau de traitement de l'information.

Depuis donc l'éclatement du conflit dans l'Est du Tchad suivi du blocage politique entre l'opposition légale et le régime en place, on remarque que seule la BBC est devenue un précieux espace médiatique qui offre la chance aux acteurs politiques de l'opposition tchadienne de s'exprimer librement et de donner leurs divers points de vue sur l'ensemble des préoccupations de la société tchadienne confrontée à une crise politique persistante.
Par contre Radio France Internationale (RFI) qui devait être très proche des Tchadiens de par non seulement la langue Française mais aussi la Francophonie, espace de retrouvaille de cette même langue de Molière que les officiels Français souhaitent pourtant promouvoir et élargir à tous les niveaux à travers cette station. Voilà donc une fois de plus l'ambivalence de la France.

Cette politique de traitement de l'information pose donc aujourd'hui en cette période de crise politique une série de questions. Pourquoi Rfi n'accorde pas autant de liberté d'_expression aux opposants tchadiens sans distinction ? Et encore pourquoi privilège ­elle cette liberté de s'exprimer aux autorités tchadiennes ? Autant d'autres interrogations hantent les esprits des auditeurs et observateurs qui suivent de près l'évolution de la situation politique au Tchad.

C'est pourquoi, Radio France Internationale doit reconsidérer de façon objective sa politique de traitement d'information de manière à éviter de favoriser les uns et défavoriser les autres. Et ce, rien que pour sa crédibilité et son rayonnement en tant que média international sans parti pris.

Il est souhaité et souhaitable que Radio France Internationale desserre sa restriction de liberté d'_expression pour ouvrir plus de chance aux acteurs politiques tchadiens d'accoucher sans contrainte
Leurs opinions sur l'épineuse question tchadienne. Cette politique de deux poids de mesures n'honore pas cette prestigieuse radio et ne se conforme pas à la Démocratique qui intégre la liberté d'_expression comme l'une de ses valeurs.

Source: Alwihda

 

 

Le régime tchadien soutenu à bout de bras par la France


L'armée française apporte une aide logistique au président Idriss Déby, fortement déstabilisé par les rebelles.
par Stéphanie BRAQUEHAIS et Thomas HOFNUNG, Libération, 8 avril 2006

Les déboires du président du Tchad, Idriss Déby, pourraient-ils porter un coup fatal à la présence française à N'Djamena ? Depuis des mois, le chef de l'Etat de cette ancienne colonie française doit faire face à des attaques rebelles menées depuis le Soudan voisin et à une vague de défections sans précédent dans son proche entourage. A la mi-mars, il a paré de justesse un coup d'Etat dans la capitale. Son retour en catastrophe d'un déplacement en Guinée a été permis par les militaires français de l'opération Epervier qui avaient, au préalable, sécurisé l'aéroport. Quelques jours plus tard, un quotidien d'opposition titrait : «Comment la France a sauvé Déby».

«Sans la France, le régime de Déby serait tombé depuis longtemps», estime un membre du clan présidentiel, exprimant un sentiment largement partagé à N'Djamena. Depuis les tentatives de déstabilisation libyennes des années 80, Paris a déployé un dispositif militaire baptisé «Epervier». Actuellement, 1 100 soldats tricolores sont sur le terrain. «Ils accomplissent une mission de dissuasion vis-à-vis de menaces extérieures et fournissent une aide logistique aux forces armées tchadiennes, explique-t-on à l'état-major des armées à Paris. En aucun cas, nos soldats ne participent aux combats.»

«Chef militaire». Mais pour combien de temps ? La confusion qui règne au Tchad complique singulièrement cette profession de foi. Car les rebelles qui multiplient les raids à l'est sont, certes, installés dans un pays étranger, en l'occurrence le Soudan, mais ils sont indéniablement tchadiens. Leurs chefs de file sont même des parents ou des proches de Déby qui, par vagues successives, ont quitté le navire gouvernemental. Paris assure néanmoins que le président tchadien tient «fermement le gouvernail». «C'est un chef militaire», rappelle un haut responsable, faisant allusion à sa prise de pouvoir par les armes, en 1990.

Il tient d'autant plus le gouvernail qu'il est soutenu par la France. Dans l'Est, des Mirage survolent trois fois par semaine la frontière avec le Soudan, précise l'état-major français. Sans les renseignements aériens fournis par Paris, les troupes tchadiennes pourraient-elles repousser les assauts répétés des rebelles ?

Dans cette zone troublée, où 200 000 réfugiés ont fui les violences au Darfour et survivent grâce à l'aide internationale, des humanitaires étrangers affirment voir régulièrement des véhicules militaires tricolores sillonner les routes, aux côtés de convois de l'armée tchadienne. Certains d'entre eux confient même avoir observé, ces derniers jours, des avions français en train de décharger, à la frontière avec le Soudan, des armes et des munitions. Et, fin mars, quand le président Déby s'est rendu sur les lieux de violents combats entre rebelles et soldats gouvernementaux, c'était à bord d'un Transall français. Que ferait la France si son allié - «un président reconnu internationalement», rappelle-t-on à Paris - venait à être menacé à N'Djamena ? «Nous n'avons pas de doctrine en l'espèce», confie le même haut responsable.

En réalité, Paris s'accroche au numéro un tchadien. Même isolé et malade, il reste aux yeux de l'ancienne puissance coloniale, et aussi pour nombre d'analystes locaux, le seul à même de gouverner un pays profondément instable. Déby ou le chaos ? «Il n'a pas d'opposant de poids, observe-t-on à Paris. L'opposition, qui avait la possibilité de présenter un candidat unique à l'élection présidentielle du 3 mai, a choisi de boycotter le scrutin.»

«Misère». «Mais que fait la France ? Est-elle aveugle, s'indigne un professeur à N'Djamena. Ne voit-elle pas la misère, la gabegie généralisée ?» A la sortie nord de la capitale, passant devant l'imposante base militaire française, un riche commerçant lâche : «Nous sommes protégés et dirigés par la France. L'avenir des Tchadiens ne préoccupe personne, seule la garantie du régime compte.»
Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=373521

 

Nouveaux combats dans le Sud-est


Des combats ont éclaté dimanche matin dans le sud-est du Tchad, près de la frontière centrafricaine, entre l'armée et des rebelles tchadiens du Front uni pour le changement (FUC), a-t-on appris de sources concordantes.

Les rebelles ont attaqué la garnison de Haraz Manguegne, une localité tchadienne à 20 km de la Centrafrique, a déclaré le gouvernement tchadien dans un communiqué. Cette information a été confirmée par le FUC.

Aucun bilan n'était disponible dimanche après-midi.

"Les combats continuent en ce moment," a affirmé le porte-parole du gouvernement Hourmadji Moussa Doumgor dans un communiqué diffusé par la radio nationale, évoquant 22 véhicules de "mercenaires" qui sont entrés selon lui dans le territoire tchadien en provenance de la Centrafrique voisine.

Selon des sources militaires tchadiennes, des renforts de l'armée ont été dépêchés vers la zone de Haraz Manguegne.

De leur côté, les rebelles affirment avoir pris le contrôle des localités d'Am Timane et Abou Déïa, mais plusieurs sources militaires ont démenti ces informations.

Le FUC regroupe plusieurs rébellions hostiles au président Idriss Deby Itno. Son principal chef est le capitaine Mahamat Nour, du Rassemblement pour la démocratie et la liberté (RDL) qui avait déjà été opposé à l'armée fin mars lors de violents combats dans l'est du Tchad.

Le RDL est accusé par N'Djamena d'être armé et soutenu par le Soudan, et les autorités tchadiennes avaient dénoncé une "nouvelle agression" de Khartoum après les combats des 30 et 31 mars à Moudeïna, dans l'est du pays.

Ces affrontements avaient causé la mort du chef d'état-major de l'armée de terre tchadienne et neveu du président Deby, le général Abakar Youssouf Itno.

Depuis la fin 2005, le chef de l'Etat tchadien est confronté à des désertions dans l'armée et des défections au sein du clan qui l'entoure. Les dissidents se sont regroupés dans plusieurs groupes rebelles qui menacent de renverser M. Deby, candidat à sa succession lors de l'élection présidentielle du 3 mai boudée par l'opposition.

Le 23 mars, après une offensive de l'armée dans l'est contre une autre rébellion, le Socle pour le changement, l'unité nationale et la démocratie (Scud), le président Deby avait assuré avoir "mis un terme à tous les désordres créés par les aventuriers".
Source : AFP, 10 avril 2006

 


Confidentiel : L'armée française, bouclier du régime dictatorial du Général Idriss Deby Itno


par Lalé, laleonline.com, 7 avril 2006

 

Plus d'une vingtaine de véhicules de transport des militaires français ont quitté N'Djaména pour Békan chef-lieu d'une sous-préfecture située dans le département de Nyan-Pendé à Goré (Zone pétrolière) occupé tout dernièrement par le rebelle Mbaïlemal Michel qui en fait son QG. Volant au secours d'Idriss Déby, ces militaires français ont écumé brousses et villages à la recherche de ce rebelle. Ne l'ayant retrouvé, ces militaires français continuent les recherches en lieu et place des milices d'Idriss Déby parce qu'elles sont envoyées au front-est.

- Plus de dix mille (10.000) miliciens sont actuellement rassemblés à l'Est sans qu'ils soient en mesure de protéger leurs généraux. Pendant ce temps, plus d'une dizaine de camions de transport de troupe appuyés par des hélicos et avions de chasse ont encerclé la ville de Sarh sous prétexte que le rebelle Dassert se prépare lui aussi à prendre cette ville. Jean-Pierre Berçot qui tutoie Idriss Déby, le reçoit à l'aéroport de N'Djaména lors de son retour d'Adré, l'embrasse comme des vieux amours devant les caméras de la Télé-Tchad qui diffuse les images, fait la guerre, tous azimuts, et gagne sur tous les fronts pour le compte d'Idriss Déby
- Avec le cadeau en espèces sonnantes et trébuchantes que lui a fait Mme Denis Sassou Nguesso contre la voiture Hummer blindée offerte par son mari au couple congolais, la dulcinée Hinda Déby vient d'acquérir, avec une modique somme de 280 millions, un immeuble à un niveau appartenant à feu Alhadj Annour. Celui-ci a gagné le marché de réfection de la villa d'Idriss Déby sise près de l'aéroport. Une fois la réfection faite, Idriss Déby lui fait remettre des faux billets. Une fois qu'il s'est rendu compte que ce sont des faux billets qu'aucune banque n'acceptera, il est mort d'une crise cardiaque au moment où pensif, il posait sa main sur ces faux billets.

- La mère d'Idriss Déby lui interdit formellement l'accès de sa maison s'il ne divorce pas avec sa femme de malheur : Hinda. «Š Même morte, je ne veux pas que tu viennes voir ma dépouille mortelle ni assister à mes obsèques ni aux sacrifices Š Si ce sont mes mamelles-là qui t'ont nourri pour être ce que tu es, tu dois quitter le pouvoir et divorcer d'avec HindaŠ Sinon, je te maudis de toutes mes forces et de toute ma volontéŠ Tu as laissé et fait tuer tes frères Ibrahim et Hissein par Hissein Habré hier et tu oses ordonner toi-même l'arrestation de mes parents Boroghat et les assassinats de mes propres enfants et petits-enfants aujourd'hui Š?».


-La candidature d'Idriss Déby à l'élection du 3 mai 2006 vient d'être acceptée par le conseil constitutionnel pour la troisième fois alors que celle de M. Abdérahman Koulamallah avait été rejetée en 1996 parce qu'il est de mère soudanaise et de père également de souche partiellement soudanaise. Plus déroutant est que le conseil constitutionnel vient également, contre toute logique, d'accepter la candidature de Brahim Koulamallah (frère d'Abdérahman Koulamallah). Pour faire accompagner Idriss Déby par un troupeau d'alliés au MPS le conseil constitutionnel est capable de vendre son âme au Satan et sa langue au chat (à suivre).

-Un émissaire de l'Union Européenne est reçu par Idriss Déby. L'émissaire du commissaire M. Louis Michel est le seul qui met le baume dans le c¦ur d'Idriss Déby en déclarant : «L'Union européenne a noté avec satisfaction l'avancée du processus démocratique au Tchad et la nécessité de renforcer les acquisŠ». Joignant l'acte à la parole, il fait un cadeau de huit milliards de (8.000.000.000) FCFA à Idriss Déby pour sa campagne électorale. A se demander, si Idriss Déby n'a pas des moyens puissants de chantage contre :
* certains responsables de l'Union européenne puisque la résolution prise par le parlement européen en juin 2001 contre lui à la suite du hold-up électoral et des violences qui en sont suivies n'ont pas prospéré et vu un début d'exécution;
* certains responsables de la Banque Mondiale puisque le fameux gel des avoirs pétroliers n'est que de la poudre aux yeux des Tchadiens;
* Contre certains membres du Conseil de sécurité puisqu'impliqué dans les livraisons d'armes aux rebelles du Darfour soudanais, ayant entraîné, de ce fait, les crimes de guerre, génocide et crimes contre l'humanité, M. Idriss Déby échappe aux sanctions préconisées dans un rapport d'enquêtes des experts des Nations-Unies, enquêtes ordonnées, pourtant, par ledit Conseil de sécurité;
* Certains responsables européens puisqu'impliqué jusqu'au cou dans les trafics de drogues à Düsseldorf (RFA) et de faux monnayage à Paris (France), M. Idriss Déby s'en est sorti à bon compte sans suite judiciaire alors que le Président Noriega de Panama est arrêté, jugé et condamné pour les mêmes faits aux Etats-Unis et en France etc.
- Lors de sa rencontre avec IDI il y a quelques jours, le Président de la commission de l'UA, M. Alpha Oumar Konaré qui lui aurait demandé poliment l'autorisation de rencontrer l'opposition démocratique, il répond par un NON sec et catégorique. Après le départ de M. Alpha Konaré, Idriss Déby marmonne du fond de son gosier qu'il ne quittera pas «le pouvoir pour me retrouver dans la situation de Pinochet pour divers crimes contre l'humanité et génocides, Hisseine Habré pour avoir été son coauteur principal, Charles Taylor pour crimes de guerre par la livraison d'armes et par des mercenaires etc.». Rappelons qu'outre les génocides à répétition au Tchad, Idriss Déby a mis ses mercenaires, tour à tour, à la disposition du Rwanda pour massacrer et génocider les Rwandais, du Togo pour massacrer les Togolais, du Zaïre de Mobutu puis de la Rdc de Kabila pour massacrer respectivement des gens de même pays (Zaïre redevenu Rdc), du Congo-Brazza pour massacrer les congolais, de la République Centrafricaine (Rca) pour massacrer en ce moment précis des Centrafricains et du Niger pour massacrer les Nigériens pour le compte de Barré Maïnassara, de toutes les rebellions soudanaise confondues pour massacrer et génocider les Soudanais etc.

- Idriss Déby est noyé dans des pétrins jusqu'au cou. En voulant escroquer
et rouler tout le monde dans la farine, il a maille à partir avec la famille du premier Ministre libanais assassiné, M. Hariri. De son vivant, ce dernier a obtenu d'Idriss Déby l'exploitation du pétrole de Sédigui (Lac-Tchad), grâce notamment au conseiller très spécial dudit Idriss Déby, M. Abakar Manani décoré par le Président Jacques Chirac, M. Yaya Dabo, gendre de Daoussa Déby et de Daoud Dabo gendre d'Idriss Déby placé à la tête de la banque Tchado-Libyenne dénommée par ailleurs banque commerciale du Chari (BCC) et comme on le voit petit frère de Yaya Dabo et mari de Amira Déby, la fille d'Idriss Déby. Cette exploitation du pétrole de Sédigui est intervenue après une affaire scabreuse de vrais faux groupes électrogènes pour électrifier la ville de N'Djaména. En plus de cette exploitation, Hariri obtient également la reprise de la société tchadienne d'eau et d'électricité (STEE).Après le décès tragique de leur père, les héritiers d'Hariri exigent le remboursement des dépenses et dommages-intérêts dus à leur père au titre de cette sordide affaire d'escroquerie.

- Mme Daoud Dabo née Amira Déby Itno a, sur ordres officiels et formels de son père, tous les marchés publics et surtout les marchés des véhicules à l'Etat, aux collectivités territoriales et aux ONGs etc.. Elle utilise l'argent de la Banque Tchado-Libyenne dénommée pompeusement banque commerciale du Chari (Bcc) à la tête de laquelle son mari est placé pour le besoin de tous les trafics du beau-père.

- Comment le pauvre Mahamat Abakar Itno, fils d'Ibrahim Mahamat Itno ancien Ministre de l'Intérieur d'Hisseine Habré, est tué au front- Est ? A rappeler ici que Ibrahim Mahamat Itno est le demi-frère d'Idriss Déby Itno. Ils ont la même mère et leurs pères sont des frères de même père et de mère. Après avoir accédé au pouvoir au Tchad en 1990, Idriss Déby s'oppose à l'envoi des enfants de son demi-frère faire des études. Il les a tous virés dans l'armée avec les grades minimum de colonels. Sinon généraux. Donc, il fait de ces enfants-là des chairs à canon. La suite, on la connaît aujourd'hui. Il paraît qu'il y a, entre les héritiers de feu Ibrahim Mahamat Itno et Idriss Déby une affaire de cagnotte laissée par leur père que ce dernier aurait mis la main dessus. La famille d'Ibrahim Mahamat Itno exige la démission d'Idriss Déby du pouvoir lorsque ce dernier s'est rendu, ce vendredi 31 mars, à la place mortuaire au domicile du défunt situé à côté de la Cotontchad avant que ne soit tous décimés les enfants de son demi-frère. «Si tu as peur de Dieu, il faut quitter le pouvoir pour épargner à nos enfants l'hécatombe. Toi et ton grand frère Daoussa êtes des milliardaires mais pas nous. Vous pouvez fuir et vivre heureux mais pas nous autres. Alors de grâce quitte le pouvoirŠ» lui lança une des mères des victimes en larmes en présence de Daoussa Déby qui était présent. «c'est toi qui a demandé à nos enfants d'aller attaquer les rebelles. C'est toi qui les a envoyés à la mort. Tu refuses qu'ils aillent faire des études comme les tiens, tu préfères les envoyer dans l'armée pour les abrutir et pour décimer sciemmentŠ».finit-elle par lâcher en tentant d'étouffer ses cris de douleur. En plus de Mahamat Abakar Itno tué sur le coup, les généraux Bahr Itno et Sandhal Itno sont grièvement blessés à Amdjaréma. Ayant appris le décès de Abakar Youssouf Itno, les jeunes Zakawa de la famille Itno font une descente musclée au siège du MPS pour y chasser les occupants par des coups de bâtons. C'était un sauve qui peut.

- Les lundi 27 mars, mardi 28 mars et mercredi 29 mars 2006, les militaires français signalent à Idriss Déby le déplacement des éléments du RDL vers Moudeina, Adé, Déguessa, Amdjaréma etc. Les même français envoient un message aux rebelles dénommés Tamtam pour leur dire qu'Idriss Déby envoie ses milices en leur direction pour les attaquer. Ayant pris leurs dispositions les rebelles tendent l'embuscade aux miliciens d'Idriss Déby. Le jeudi 30 mars 2006, les combats violents opposent les rebelles à la milice d'Idriss Déby. Celle-ci est totalement décimée. Informé que les français ont envoyé un message à Tamtam, Idriss Déby convoque l'Ambassadeur de France, M. Jean-Pierre Berçot pour lui passer le savon avant de le virer de son bureau comme un malpropre. «Je vous connais, vous les Français. Vous faites les malins comme d'habitue n'est-ce pas. Vous voulez mon départŠ» lui lance-t-il avant d'ajouter «je vous auraisŠ» comme pour se consoler. Les protestations d'Idriss Déby n'empêchent pas les rebelles d'occuper Adé, Moudeina, Déguessa, Amdjaréma etc. Devant cette déroute de la milice d'Idriss Déby, les Zakawa du front soit se replient vers Abéché soit se rallient aux rebelles du rebelle, M. Tolli, basés à Bamchi, et à Bamina pour sauver leur peau et leurs biens mal acquis. L'ancien rebelle, le colonel Garfa, actuellement Ministre des PTT d'Idriss Déby et ancien patron de RDL dont il démissionna pour rejoindre Idriss Déby, Mme Baroud Haggar, ancienne Ministre d'Idriss Déby et M. Tournesol tous issus de la même ethnie que le Président du RDL, Mahamat Nour doivent trembler car, des rumeurs sur leur élimination physique persistent. Il en est de même des diplomates soudanais.

- M. Charles Taylor, ancien président du Libéria est lié à M. Idriss Déby par les trafics divers, notamment les trafics de fausse monnaie au préjudice du Sultanat de Bahreïn, de drogues, des pierres précieuses comme le diamant, l'or etc. Les fils et neveux de M. Charles Taylor auraient séjourné plusieurs fois au Tchad même tout récemment. Donc, la destination de Charles Taylor est N'Djaména. Il avait des liasses de devises pour le financement de la guerre d'Idriss Déby à l'est avec ses mercenaires libériens et autre Sierra-Léonais. En échange de ce service rendu, Idriss Déby l'aiderait à reconquérir son trône perdu au Liberia.

Rappelons que vers la fin de son règne, Charles Taylor avait séjourné discrètement plusieurs fois à N'Djaména où il est logé dans des villas des hôtes situées à l'ouest de N'Djaména dans le quartier dénommé Far