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Afrique, continent martyr- - Libéria

 
 

Charles Taylor comparaît pour la première fois pour ses crimes en Sierra Leone

 

Au milieu de mesures de sécurités renforcées, l'ancien homme fort du Liberia, Charles Taylor, comparaît lundi à Freetown pour la première fois devant un juge, chargé de lui lire l'acte d'accusation qui le rend responsable de dizaines de milliers de morts.

Taylor, 58 ans, accusé de crimes contre l'humanité, sera assisté d'un avocat et devra décider s'il plaide coupable d'avoir soutenu la rébellion au cours de la guerre civile en Sierra Leone qui a fait 120.000 tués entre 1991 et 2001.

La comparution de Taylor devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), juridiction mixte créée avec le soutien de l'Onu, doit débuter vers 15H00 heures locales et GMT.

Il sera présenté au juge Richard Lussick, alors que la sécurité du complexe où se trouve le tribunal est assurée par un contingent de Casques bleus mongols renforcé par des soldats irlandais et suédois de la Force de réaction rapide de la mission onusienne au Liberia (Minul).

"S'il plaide coupable, le procès sera relativement court", a souligné dimanche le Procureur du TSSL, Desmond de Silva. "En quelques semaines cela sera terminé".

"S'il plaide non-coupable, cela sera plus long. Je ne peux pas dire combien de temps", a ajouté le Procureur.

Le procès de l'ex-président libérien ne devrait toutefois pas débuter avant plusieurs mois, et sa tenue à Freetown est improbable, le TSSL ayant demandé à pouvoir siéger à La Haye, invoquant notamment des considérations de sécurité.

Les Pays-Bas ont indiqué qu'ils étaient prêts à accueillir les audiences du TSSL à condition qu'une résolution de l'Onu décide du dépaysement du procès et que Taylor soit immédiatement transféré après le verdict. Le procès se tiendrait à La Haye, où siège la Cour pénale internationale (CPI).

Samedi, l'Organisation de la Société Civile sierra-léonaise, regroupant 150 organisations de défense des droits de l'Homme, avait estimé que "délocaliser le procès à la Haye serait un déni de justice", et reviendrait à gaspiller "une chance unique de prouver que notre pays est en sécurité".

Taylor est accusé d'avoir financé et soutenu les rebelles sierra-léonais du Front révolutionnaire uni (RUF) durant une guerre civile réputée pour les atrocités perpétrées par les belligérants.

Il a été inculpé en 2003 de crimes contre l'humanité et crimes de guerre et d'autres violations graves des droits humains internationaux -- esclavage sexuel et mutilations notamment -- commis après le 30 novembre 1996, date à partir de laquelle les faits peuvent être jugés par le TSSL.

Le procureur Desmond de Silva a précisé que Taylor disposerait d'un défenseur lors de la première comparution lundi. Le prévenu n'a toutefois pas encore décidé de son équipe de défense, selon le porte-parole du TSSL, Peter Anderson.

"Taylor n'a pas encore pris de décision au sujet de sa défense. Il a demandé un peu de temps pour effectuer des consultations", a expliqué dimanche M. Anderson.

Cinq avocats libériens et quatre ghanéens se sont déclarés volontaires pour le défendre et prévoient d'être à Freetown lundi, selon des sources concordantes à Monrovia.

Taylor a été transféré puis incarcéré mercredi au TSSL après son expulsion du Nigeria où il avait passé deux ans et demi en exil.
Source : AFP, 3 avril 2006

 

 

Procès Taylor : vers un transfert à La Haye pour des raisons de sécurité


par Stéphanie Maupas et Philippe Bolopion, le Monde, 31 mars 2006
L'ONU a commencé, jeudi 30 mars, la rédaction d'un projet de résolution donnant à la Cour spéciale pour la Sierra Leone (CSSL) et au gouvernement néerlandais les bases juridiques nécessaires pour détenir et juger, à La Haye, l'ancien président du Liberia, Charles Taylor. La CSSL a demandé le dépaysement de l'affaire par crainte qu'un procès à Freetown ne déstabilise la région. La Cour pénale internationale (CPI), basée à La Haye, pourrait mettre ses infrastructures (prison, salles d'audience...) à la disposition de la Cour de Freetown.

Le texte, préparé par la délégation britannique à l'ONU, devait notamment demander au secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, de régler des détails pratiques levant notamment l'interdiction de voyager de Charles Taylor. Avant de faire circuler le projet de résolution, qui pourrait être rapidement adopté par consensus, la délégation britannique attendait le feu vert du tribunal spécial et de La Haye.

En attendant son transfert, Charles Taylor devait comparaître, lundi 3 ou mardi 4 avril, devant ses juges de la CSSL à Freetown. Le chef de guerre est accusé de violations des conventions de Genève et crimes contre l'humanité commis en Sierra Leone entre 1997 et 2000. Extermination, viols, meurtres, esclavage, enrôlement d'enfants-soldats, pillages : le chef de guerre devra répondre d'une longue litanie de crimes commis par les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF), une armée de "coupeurs de bras" financée, formée et armée par Charles Taylor depuis le Liberia voisin pour déstabiliser la Sierra Leone et s'emparer de ses richesses diamantifères.

Après cette première comparution, Charles Taylor pourrait être transféré à La Haye pour y être jugé. Jeudi, la présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, s'est inquiétée, de nouveau, des risques encourus par la région si Charles Taylor était jugé à Freetown. Dans un entretien téléphonique au Monde, le procureur de la CSSL, Desmond de Silva, se dit "prêt à requérir dans n'importe quel prétoire". "Depuis ma fenêtre, ici (à Freetown), je vois partout des soldats. Les problèmes de sécurité existaient dès le premier jour. Ceux qui ont conçu cette Cour, je veux dire la communauté internationale, étaient conscients des risques que cela constituait pour la stabilité et la sécurité. Ils avaient d'ailleurs prévu la possibilité de conduire certaines affaires en dehors de la région", explique-t-il.

La CSSL a été créée le 16 janvier 2002, au terme d'un accord entre le gouvernement sierra-léonais et l'ONU, puis établie au coeur de la capitale, Freetown. L'idée était de rendre justice, sur le territoire sierra-léonais, aux victimes de dix années d'une guerre civile qui a fait 200 000 morts. Les trois procès ouverts en 2004 et 2005, visant 9 des 13 inculpés de la CSSL, sont accessibles au public. Derrière une vitre pare-balles, les victimes, qui portent sur leur corps les stigmates de la guerre, peuvent regarder en face leurs bourreaux dans le box, et voir au quotidien les juges sierra-léonais et internationaux rendre justice sous l'emblème de la Cour : une balance, des branches d'olivier et les deux lions de la Sierra Leone. Les procès sont retransmis en direct à la radio. A des milliers de kilomètres au nord, le prétoire anonyme de La Haye sera, lui, inaccessible aux victimes.

L'essentiel, pour Desmond de Silva, reste de conduire le procès à son terme. Le procureur britannique espère qu'il sera "bouclé dans un an", fin mars 2007. "Il est capital de mener les procès dans des délais courts. Ce n'est qu'après que justice soit rendue que la paix peut véritablement être conclue", dit-il. "L'arrestation de Charles Taylor est une étape capitale pour la justice internationale. Il était l'un des trois criminels les plus recherchés, avec (les Serbes) Ratko Mladic et Radovan Karadzic. C'est un message clair, qui s'applique partout et pour tout le monde : quelles que soient leur puissance, leur richesse ou la peur qu'ils (les criminels de guerre) inspirent, la justice est au-dessus d'eux", ajoute-t-il.

Trois ans d'exil
3 MARS 2003. Le procureur de la Cour spéciale pour la Sierra Leone (CSSL) signe un acte d'accusation contre Charles Taylor pour crimes contre l'humanité.
4 JUIN 2003. Charles Taylor se rend au Ghana pour des pourparlers de paix. Le procureur délivre un mandat d'arrêt. En accord avec le président nigérian Olusegun Obasanjo et des responsables occidentaux, il s'exile au Nigeria.
27 MARS 2006. Le président Obasanjo annonce qu'il va extrader Charles Taylor vers le Liberia. Charles Taylor prend la fuite dans la soirée.
29 MARS 2006. Charles Taylor est arrêté à la frontière avec le Cameroun, puis extradé vers Monrovia où il est arrêté par les casques bleus de l'ONU. Transféré à Freetown, il est incarcéré dans la prison de la CSSL en début de soirée.

 

L'affaire Taylor est un avertissement aux autres suspects de crimes de guerre (ANALYSE)


par Gérard AZIAKOU, AFP, New York, 1er avril
L'arrestation de l'ex-chef de guerre et président libérien Charles Taylor constitue un avertissement aux autres inculpés de crimes de guerre qu'il n'y aura pas d'impunité, estiment responsables de l'Onu et défenseurs des droits de l'Homme.
Tandis que Taylor, inculpé de crimes contre l'humanité par le Tribunal
spécial pour la Sierra Leone de Freetown, attend de comparaître pour la première fois devant un juge lundi, des défenseurs des droits de l'Homme émettent l'espoir que ce serait bientôt au tour des principaux fugitifs accusés de crimes de guerre dans les Balkans, Radovan Karadzic et Ratko Mladic, d'être traduits en justice.
Commentant l'arrestation de Taylor au Nigeria mercredi, le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a estimé qu'elle allait envoyer dans la région et au-delà "le message fort que l'impunité ne sera pas tolérée et qu'il y a un prix à payer quand on veut jouer les seigneurs de la guerre".
Taylor, 58 ans, est considéré comme un des principaux responsables des
guerres civiles qui ont ravagé, près de 15 ans durant, son pays et la Sierra
Leone voisine, faisant au total plus de 400.000 morts. Il a été inculpé par le
Tribunal spécial de crimes contre l'humanité et crimes de guerre et d'autres
violations graves des droits humains internationaux, comme l'esclavage sexuel et les mutilations.
Son arrestation "est très significative, non seulement pour l'Afrique de
l'ouest mais pour la justice internationale en général", a déclaré Shaoli
Sarkar, directrice de programme à la Coalition pour une Justice Internationale, basée à Washington.
"C'est le signal de la fin de l'impunité pour les crimes de masse", a estimé
de son côté Richard Dicker, chef du programme de justice internationale à
l'organisation new-yorkaise Human Rights Watch.
"Le message à l'adresse de Karadzic, Mladic, et d'autres est clair. Leurs
jours de cavale sont comptés", a-t-il ajouté.
L'ancien homme fort de Yougoslavie Slobodan Milosevic est mort d'une crise
cardiaque le 11 mars avant la fin de son procès devant le Tribunal pénal
international de l'Onu (TPI) à La Haye. Sa mort a souligné l'urgence d'une
capture de Ratko Mladic et Radovan Karadzic. Tous deux ont été inculpés par le TPI de crimes de guerre et génocide pour leur rôle en 1995 dans la guerre de Bosnie.
Niccolo Figa-Talamanca, directeur de programme de l'organisation bruxelloise Pas de Paix sans Justice, a souligné pour sa part l'effet dissuasif des poursuites contre les commanditaires de crimes de guerre.
"Le message est très clair: vous pouvez fuir mais pas vous cacher. Il est
important de l'adresser à ceux qui sont en position de décider comment faire la guerre et quelles méthodes utiliser", a-t-il dit à l'AFP. "Ce sont ceux qui portent la plus grande responsabilité, ceux qui prennent les décisions qui doivent être traduits en justice".
M. Figa-Talamanca a toutefois critiqué les efforts du Tribunal pour la
Sierra Leone pour que le procès de Charles Taylor se tiennent à La Haye, par crainte d'un retour des désordres en Afrique de l'ouest.
Taylor compte encore des partisans dans la région et le tribunal de Sierra
Leone a indiqué aux autorités néerlandaises que "sa présence sur place pourrait mettre en danger la stabilité de la région".
Mais M. Figa-Talamanca a estimé "totalement bidon" cette explication. "Nous avons l'impression que le transfert à La Haye relève plutôt d'une question de traitement spécial pour l'ex-président Taylor dû à son rang et c'est absolument inacceptable," a-t-il dit.
"Cela semble faire partie d'un marchandage avec le Nigeria et cela envoie exactement le mauvais message au peuple de Sierra Leone et d'Afrique de l'ouest.
Taylor était celui qui prenait les décisions. C'est pourquoi il est si important
qu'il soit jugé comme n'importe qui par le Tribunal spécial devant le peuple de Sierra Leone, à Freetown", a-t-il insisté.

 

Charles Taylor arrêté au Nigeria et extradé au Liberia - Une situation qui enlève une épine du pied du Président nigérian Obasanjo


par Vitraulle Mboungou, ttp://www.afrik.com, 29 mars 2006
L'ancien Président libérien, Charles Taylor, a été arrêté ce mercredi dans le nord-est du Nigeria près de la frontière camerounaise, 24 heures après sa fuite et immédiatement extradé vers le Liberia. Il devrait être déféré dans le Tribunal spécial des Nations Unies pour la Sierra Léone à Freetown. Un scénario idéal pour le Président nigérian Olusegun Obasanjo actuellement en visite officielle à Washington.


La cavale de Charles Taylor n'aura duré qu'une journée. L'ex-président libérien a été appréhendé ce mercredi, 24 heures après sa disparition, et immédiatement extradé vers le Liberia avant de rejoindre la Sierra Leone où il devra répondre de 17 chefs d'inculpation de « crimes contre l'humanité et crimes de guerre » devant le Tribunal spécial de l'ONU pour la Sierra Léone. En exil au Nigeria depuis novembre 2003, « M. Taylor a été arrêté (...) tôt ce matin (mercredi, ndlr) à Gamboringala dans l'Etat de Borno », a expliqué le porte-parole de la police nigérienne, Haz Iwendi. L'ancien chef de guerre tentait de regagner le Cameroun à bord d'un 4x4 quand il a été confondu par des douaniers. Le Président Olusegun Obasanjo, en visite actuellement à Washington, aux Etats-Unis, aurait demandé qu'il soit rapatrié directement remis aux mains des autorités libériennes, ce qui a été fait le jour même.

L'ancien numéro un du Liberia s'était enfui trois jours après que le chef de l'Etat nigérian ait donné son accord, samedi, pour le remettre à la justice internationale, comme l'avait demandé Ellen Johnson-Sirleaf. La Présidente libérienne a effectivement remis plus tôt dans le mois, une demande d'extradition au Président Obasanjo. Elle souhaite cependant qu'il soit directement expulsé vers la Sierra Leone pour qu'il réponde à ses crimes devant la cour onusienne. Le Liberia craint de recevoir Charles Taylor car sa venue pourrait menacer l'équilibre encore fragile du pays.

Une arrestation qui tombe à point nommé

Les autorités nigérianes ont déclaré la disparition de l'ancien Président libérien mardi, une heure avant le départ d'Olusegun Obasanjo pour les Etats-Unis. Cette nouvelle constituait une véritable source d'embarras face à son homologue américain, George W Bush. Alors qu'il s'attendait à devoir s'expliquer sur la cavale de Charles Taylor, ce sont des félicitations pour cette rapide arrestation qu'il a reçues de Washington. La situation aurait pu être d'autant plus embarrassante que Desmond de Silva, le procureur en chef du tribunal spécial sur les crimes de guerre en Sierra Leone, avait demandé dimanche au Nigeria d'appréhender immédiatement Taylor pour justement l'empêcher de s'enfuir. Aujourd'hui Obansanjo peut mieux sereinement nier « toute négligence » dans la gestion de l'affaire.

Le Conseil de l'ONU avait exprimé sa surprise et sa préoccupation après cette disparition. Le secrétaire général des Nations Unies, Koffi Annan, qui projetait de demander des comptes aux autorités nigérianes, avait exhorté tous les pays à refuser d'accueillir Taylor. Un dénouement heureux in extremis pour Olesugun Obsanjo, qui précipite judicieusement l'extradition de Taylor et le débarrasse finalement d'un personnage gênant que le Liberia, comme la Sierra Leone, appréhende d'accueillir chez lui.

 

 


Charles Taylor, escroc et criminel de guerre

 

En exil au Nigeria depuis qu'il a dû abandonner le pouvoir en 2003, l'ex-président Charles Taylor, initiateur d'une rébellion sanglante au Liberia, est accusé par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone d'avoir exporté la guerre civile dans ce pays.


Charles Ghankay Dahkpannah Taylor est né en 1948 dans une banlieue aisée de Monrovia d'un père Noir américain et d'une mère libérienne.

Diplômé d'économie du Bentley College, dans le Massachusetts, il entre en 1979 dans la fonction publique libérienne où il obtient le surnom de «superglu», pour sa tendance à conserver une part importante de l'argent qui passait entre ses mains.

Accusé par le président Samuel Doe en 1983 du détournement de 900.000 dollars, il se réfugie aux Etats-Unis où il est emprisonné avant de s'évader et de fuir en Côte d'Ivoire. Il se lie alors à la Libye et au président burkinabè Blaise Compaoré.

Guerre civile

Il revient au pays par la force six ans plus tard et déclenche, la nuit de Noël 1989, une des plus atroces guerres civiles que le continent africain ait connues.

Son mouvement, le Front national patriotique du Liberia (NPFL), réussit à renverser Samuel Doe, torturé à mort en septembre 1990 par les hommes d'un ancien lieutenant de Taylor.

Le conflit voit s'affronter au moins sept factions rivales. Les combattants du NPLF ont été accusés d'avoir perpétré les plus cruelles tueries.

Elu président en 1997

En 1997, les Libériens élisent à la présidence le plus puissant de leurs chefs de guerre, Charles Taylor ayant fini par apparaître comme le seul en mesure de mettre fin à l'horreur.

En 1999, le vent commence à tourner pour Taylor avec le lancement, à partir du nord du pays, de la rébellion des Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (Lurd).

Le Lurd parvient à progresser vers Monrovia et la guerre s'achève par un siège intense de la capitale pendant trois mois, de juin à août 2003.

Exil

Taylor quitte le pays le 11 août 2003 pour un exil doré au Nigeria, mettant fin à 14 ans de guerres civiles qui ont fait quelque 300.000 morts des centaines de milliers de déplacés.

Entre-temps, en mars 1991, un des lieutenants de Taylor, le caporal sierra-léonais Foday Sankoh, a lancé sa propre guerre en Sierra Leone voisine, à la tête de son Front révolutionnaire uni (RUF).

C'est le début d'une décennie d'une autre guerre civile (1991-2001), qui va faire quelque 120.000 morts, avec de nombreux massacres et atrocités.

Inculpé pour crimes de guerre

Charles Taylor a été accusé par l'Onu d'alimenter ce conflit, en profitant du trafic d'armes et de diamants avec les rebelles, et des sanctions ont été adoptées contre le Liberia.

Taylor est inculpé mi-2003 de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone soutenu par les Nations unies, qui a lancé un mandat d'arrêt international.

Avant d'être contraint à l'exil, Charles Taylor a aussi trouvé le temps d'être accusé par Abidjan de soutenir les rebelles en Côte d'Ivoire voisine et de tenter de déstabiliser la Guinée.

Le chef de guerre-président s'était comparé à Jésus et à l'«agneau du sacrifice» avant de partir au Nigeria, où il dispose d'une luxueuse villa à Calabar (sud).

Les Etats-Unis et des ONG ont à plusieurs reprises accusé l'ex-président de continuer à diriger à distance ses partisans.

En novembre 2005, l'Onu avait donné mandat à sa mission au Liberia (Minul) d'appréhender et de transférer au Tribunal de Freetown l'ancien président s'il retournait au Liberia.
Spource : AFP, 25 mars 2006

 

 
 


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