quibla.net

   
 

Afrique, continent martyr- - Congo-Brazzaville

 
 

Un militant anti-corruption de premier plan détenu pour de prétendues diffamations


Communiqué de presse – 14 Novembre 2006

 

Christian Mounzéo, militant congolais actif de la lutte contre la corruption et les atteintes aux droits de l’homme, et par ailleurs représentant au Conseil d’Administration de l’Initiative en faveur de la Transparence des Industries Extractives (ITIE), a été arrêté hier lundi 13 novembre et accusé de diffamation envers le Président. Cette arrestation est le dernier épisode de la campagne d’acharnement judiciaire contre les militants dénonçant les détournements de fonds publics au Congo, cinquième pays producteur de pétrole d’Afrique Subsaharienne.

 

Christian Mounzéo a été détenu arbitrairement à Brazzaville lors de son retour d’Europe. Son avocat s’est vu refuser de le voir pendant l’interpellation mais a été soi-disant accusé de diffamation du Président de la République depuis l’étranger. Aucune charge formelle n’ait été retenue, cette arrestation constituant une violation des lois congolaises. Il a été transféré ce matin à Pointe-Noire, la ville pétrolière, où il comparaissait au Tribunal pour détournements de fonds d’une association, accusations sans fondements.

 

Mounzéo avait déjà été détenu illégalement, avec son collègue Brice Mackosso, pendant plus de deux semaines en avril 2007. Ils militent tous deux contre le détournement des revenus pétroliers du Congo en tant que coordinateurs de la Coalition congolaise ‘Publiez Ce Que Vous Payez’, une campagne internationale appelant à une plus grande transparence dans la gestion des ressources minières des pays en développement[i].. Ils sont maintenant poursuivis pour ‘faux’ et ‘usage de faux’, alors que les organisations internationales donatrices des fonds en question ont catégoriquement réfuté toute mauvaise gestion et qu’un autre chef d’accusation pour ‘abus de confiance’ avait fait l’objet d’un non-lieu lors de l’instruction par manque de preuves.

 

Cettte procédure judiciaire a été émaillée de violations systématiques et graves des droits de la défense et d’interférences politiques flagrantes[ii]. Récemment, le Procureur Général (formellement suspendu de ses fonctions en août, il continue pourtant à instruire le dossier) avait fait appel hors délais de l’ordonnance de non-lieu et était parvenu à réintroduire les charges d’abus de confiance. Lors de l’audience d’aujourd’hui, le Tribunal a reconnu que l’ordre de les amener à la Cour sous escorte policière était illégal..

 

Christian Mounzéo est l’un des représentants au Conseil International de l’ITIE pour le compte de la société civile. L’ITIE est une initiative internationale qui exige une implication forte de la société civile dans le suivi de la publication des paiements des compagnies et des revenus des Etats provenant de l’exploitation des ressources naturelles[iii]. Lors d’une récente intervention à la conférence d’Oslo de l’ITIE, Christian Mounzéo a dénoncé la gestion scandaleuse des revenus du pétrole au Congo, pays pauvre très endetté qui perçoit plus de 2.5 millions de USD par an de rentrées fiscales liés au pétrole et dont 70% de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté[iv].

 

Selon Henry Parham, coordinateur de la Coalition internationale PCQVP, « l’intimidation continue de Christian Mounzéo va clairement à l’encontre de l’esprit et la lettre de l’ITIE. Les pays participants doivent permettre aux membres des sociétés civiles de participer librement à l’initiative sans coercitions. Le Congo Brazzaville devrait être retiré de la liste des pays participant à l’ITIE ». La Coalition PCQVP demande également à la communauté internationale, notamment les gouvernements et les parties prenantes soutenant l’ITIE, de dénoncer la détention arbitraire de Christian Mounzéo et de faire pression sur les autorités congolaises pour une relaxe inconditionnelle et immédiate des deux militants.

Le Congo a publié des données relatives à ses revenus pétroliers et a accédé récemment au processus de réduction de sa dette en promettant une réforme de la gestion opaque du pétrole, incluant une participation effective à l’ITIE. Malgré cela, des éléments fournis dans le cadre de procédures judiciaires menées par des créanciers du Congo ont révélé que la Société Nationale du Pétrole Congolais (SNPC) vend du pétrole à de bas prix à travers des sociétés écrans détenus par des officiels congolais de haut rang, sans aucune clarté sur la destination finale des profits[v]. Le manque de progrès dans la mise en place de l’ITIE et de réformes prévues en faveur de la transparence a fortement entamé la crédibilité des autorités congolaises. En octobre, une mission du FMI a conclu que le programme mené par le Congo était caduque en raison des dérapages considérables des dépenses budgétaires qui n’étaient même pas destinées à la réduction de la pauvreté[vi].

Pour plus d’informations, contactez :

Henry Parham, Coordinateur International de la Coalition PCQVP: +44 (0)
77 6026 8959

Michel Roy, Coordinateur Coalition PCQVP France, Secours Catholique
(actuellement au Congo) +242 511 9024 ou Grégoire Niaudet, Secours
Catholique (Paris): +33 (0)1 45 49 75 68 / +33 (0)6 16 93 20 15 ;

Sarah Wykes, Global Witness (Londres) +44 207 561 63 62 / +44 7703
108 449

Défenseurs : Maître William Bourdon (Paris) : +33 (0)608 455 546; Maître
Laurent Ngombi (Congo): + 242 520 1781

16/06/06 - Les vrais enjeux de la procédure judiciaire contre Christian Mounzéo et Brice Mackosso : Intimider et réduire au silence des militants de la transparence !


par La Rencontre pour la Paix et les Droits de l'Homme, Pointe-Noire, 10 juin 2006

La Rencontre pour la Paix et les Droits de lHomme (RPDH) tient à informer l'opinion nationale et internationale de l'acharnement judiciaire, menaces, intimidations, et autres formes de harcèlement dont sont victimes, depuis trois mois, deux de ses membres : en l'occurrence les nommés Christian Mounzéo et Brice Mackosso, respectivement Président et membre, par ailleurs, Secrétaire Permanent de la Commission Justice et Paix et Coordinateurs de la Campagne Publiez ce que vous payez au Congo.

La RPDH prend acte de la décision du non lieu partiel prononcée par le juge dinstruction en charge du dossier, le 02 juin 2006, laquelle a rejeté lincrimination relative à labus de confiance et détournements de fonds . Cette décision confirme, on ne peut plus clairement, lobjectif de diffamation et désinformation orchestrées dans le but de dénigrer la personnalité de Christian Mounzéo et Brice Mackosso.

La RPDH na pas cessé dattirer lattention et dinterpeller lopinion sur l'arbitraire organisée à lencontre de ces deux membres, victimes darrestation, de détention arbitraires et illégales, de perquisitions et autres atteintes à leur intégrité physique, psychologique et professionnelle, dans une affaire dite de droit commun, mais pour laquelle paradoxalement lappareil de l'Etat a été mobilisé, utilisé, et abusé.

La RPDH demeure préoccupée pour leur sécurité, lintégrité physique et psychologique, tant l agression contre leur personne à été forte, au regard de la pression exercée sur le cours de la procédure et la campagne de diffamation, désinformation et dénigrement menée contre eux, à travers les médias dEtat, linstrumentalisation ou manipulation de la presse privée et de la société civile.

Bien que déférant à notre justice à laquelle la RPDH attache beaucoup de prix, toute fois, lorganisation dénonce la procédure judiciaire en cours et sinterroge toujours sur ses réelles motivations . Cette procédure est inopportune parce que engagée, faut il encore le rappeler, en violation des principes de son fonctionnement et de surcroît sans son mandat ; les questions en jugement ayant été examinées par linstance suprême de la RPDH , cest-à-dire lAssemblée générale, unique cadre légal et légitime . Par ailleurs, lorganisation sétonne encore du renvoi de la procédure pour jugement des faits de faux et usage de faux, lorsque au sein de lorganisation cette question avait été posée et réglée, lors de l'Assemblée générale extraordinaire tenue le 14 janvier 2006 à Pointe-Noire.

Au moment où souvrira le mardi 13 juin 2006, la première audience du procès pour « faux et usage de faux », la RPDH nentend pas se laisser distraire et lance un appel à la vigilance sur les vrais enjeux de ce scénario, dont lobjectif inavoué est dintimider et de réduire au silence des militants de la transparence, dans le but de les dissuader ou les empêcher de poursuivre leur campagne.

 

Parfum de pétrole autour de l'incarcération de deux activistes


La mobilisation s'organise au Congo pour obtenir la libération de deux militants des droits de l'Homme incarcérés dans une affaire de droit commun qu'ONG et opposition considèrent comme un prétexte pour étouffer leurs critiques sur la gestion pétrolière du pays.

Depuis la date de leur incarcération, le 7 avril à la maison d'arrêt de Pointe-Noire (sud-ouest), les appels à la remise en liberté de Christian Mounzéo et Brice Mackosso se multiplient.

Après les évêques catholiques congolais et français, la Fédération protestante de France et une flopée d'ONG, c'est l'un des principaux partis d'opposition congolais, l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) de l'ex-président Pascal Lissouba, qui a demandé samedi au gouvernement de faire cesser la détention des deux activistes.

Respectivement secrétaire exécutif de la Commission justice et paix de l'Eglise catholique et président de la Rencontre pour la paix et les droits de l'Homme (RPDH), MM. Mackosso et Mounzéo sont officiellement poursuivis "abus de confiance, faux en écriture et complicité".

Une banale affaire de "malversation financière", a répété la semaine dernière le procureur de Pointe-Noire Charles Loemba, ouverte par la plainte d'un ancien responsable de la RPDH qui accuse les deux hommes d'avoir détourné de l'argent du compte bancaire de l'association.

Mais cette version est battue en brèche par les soutiens de MM. Mounzéo et Makosso, qui accusent le gouvernement d'utiliser cette plainte pour leur faire payer leur activisme dans la coalition internationale Publiez ce que vous payez (PCQVP), très critique sur la gestion de la manne pétrolière congolaise.

"Ils ont été arrêtés pour des accusations fabriquées et nous pensons que le vrai motif de leur arrestation est leur lutte courageuse contre la corruption dans le secteur pétrolier de leur pays", affirme le responsable de PCQVP pour l'Afrique Matteo Pellegrini.

A l'appui de ces affirmations, la coalition relève d'abord que le grand patron de la police congolaise, le général Jean-François Ndengué, a lui-même interrogé les deux hommes pendant leur garde à vue.

Les partisans de MM. Mackosso et Mounzéo soulignent également que de nombreux documents relatifs à la gestion du pétrole et du bois congolais ont été saisis lors de perquisitions à leurs domiciles.

Et surtout, relève la coalition, cette affaire intervient alors que le Congo, quatrième producteur de brut d'Afrique subsaharienne mais dont 70% de la population vit avec moins d'un dollar par jour, est dans le collimateur de la Banque mondiale (BM), qui vient de lui accorder avec réserves le bénéfice de l'initiative de réduction de la dette des Pays pauvres très endettés (PPTE).

Dans un rapport publié en 2005, l'ONG Global Witness basée à Londres a ainsi accusé l'entourage direct du président Denis Sassou Nguesso de dissimuler une partie des pétrodollars, selon des montages complexes mis au jour en novembre lors d'un procès devant la justice britannique.

Plutôt discret, le gouvernement est sorti de son silence jeudi pour nier toute intervention dans cette affaire et dénoncer une "tentative de politisation maladroite" du dossier.

Ce démenti n'a pas convaincu les défenseurs des deux activistes, déterminés à maintenir la pression sur les autorités.

"Nous savons qu'il y a eu faute pénale, mais nous soupçonnons la mainmise des autorités politiques sur le dossier", répète le coordonnateur de la coalition au Congo, Loamba Moke. "Nous poursuivons nos efforts pour que nos collègues soient libérés et qu'ils aient un procès libre et équitable".
Source : AFP, 24 avril 2006


La compagnie des Bermudes impliquée dans l'escroquerie du pétrole congolais est confrontée à une liquidation


par Jonathan Kent, Royal Gazette, Bermudes, 17 mars 2006.
Original : http://www.theroyalgazette.com/apps/pbcs.dll/article?AID=/20060317/MIDOCEAN/103170178&SearchID=73240029733402.
Traduction par Survie.


La compagnie des Bermudes impliquée dans l'escroquerie de la République du Congo destinée à cacher près d'un demi milliard de dollars de revenus pétroliers à des créanciers fait face à une procédure de liquidation par la justice.
La Cour Suprême a émis une requête de liquidation par rapport à Sphynx (Bermudes) Ltd et l'audience aura lieu devant la même cour dans une semaine.
La Haute Cour de Justice de Londres a exposé le rôle de la compagnie comme faisant partie d'une chaine de companies contrôlées par Denis Gokana, president de la compagnie étatique de pétrole de la République du Congo, la SNPC, qui selon les conclusions du juge Cooke, ont été utilisées pour mettre les revenus pétroliers hors de portée des créanciers.
Deux hommes d'affaires locaux, Trevor Williams et Arthur Jones, tous deux de la société " Consolidated Services Ltd", ont été engagés pour agir comme directeurs de la compagnie depuis le moment de sa constitution en février 2002 jusqu'en avril 2005 lorsqu'ils ont demissioné.
Les deux hommes ont nié être au courant de quoi que ce soit à propos des 472 millions de dollars US de transactions pétrolières frauduleuses qui ont été effectuées par le biais de la compagnie, et ne connaitraient pas non plus la localisation du compte bancaire de la compagnie.
Dans la semaine qui a suivi la révélation de l'histoire des activités de la compagnie, par le Journal, la Ministre des finances Paula Cox et le directeur du registre des sociétés Stephen Lowe ont dit qu'ils lanceraient une enquête sur Sphynx et prendraient toute action nécessaire.
Hier, une déclaration de Mr. Lowe stipulait que " la requête de liquidation de la compagnie a été émise par la Courtsuprême et l'audition est prévue le Vendredi 24 mars 2006 à 9h30, moment auquel les autorités chercheront à nommer le mandataire qui agira en tant que liquidateur provisoire de la compagnie".
Global Witness, une ONG anti-corruption, déclarait dans un rapport sur la République du Congo, aussi connu comme Congo-Brazzaville, que sa richesse pétrolière " a pendant longtemps été gerée pour le bien privé de l'élite au lieu de benéficier à la population toute entière".
Le propriétaire de Sphynx, Denis Gokana, est le conseiller spécial [en matière de pétrole] du Président de la République Denis Sassou-Nguesso et est aussi le patron de la compagnie étatique de pétrole.
Malgré la révélation très répandue d'une corruption spectaculaire et de gaspillage dans ce pays d'Afrique Centrale, la République du Congo a été admise la semaine dernière à bénéficier de l'allègement de la dette internationale par la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI).
Très peu de la richesse du pays en ressources naturelles a coulé vers la population, 70% de laquelle gagne moins de 2 dollars par jour.
Le journal britanique Sunday Times révelait le mois dernier comment le Président Sassou Nguesso et son entourage, aux dépenses sans limites, sont parvenus à une facture d'hôtel de près de 300 000 dollars en une semaine quand ils étaient à New York pour participer à la conférence des Nations-Unies l'année dernière.
Séjournant dans un palace somptueux, le Président a payé 8500 dollars US par nuit pour une suite sur trois étages avec meubles art-déco, un jaccuzi et une télévision à écran plasma de 50 pouces, avait rapporté le journal.
L'entourage du Président de plus de 50 personnes comprenait son intendant, son photographe personnel et le coiffeur de sa femme. Le groupe a aussi occupé 25 chambres à l'hotel Crowne Plaza, proche du siège des Nations Unies.
Au moment de payer la facture le staff du Président a surpris les réceptionnistes de l'hotel en sortant des liasses de billets de 100 $ pour payer près de 177 000 $ en cash.
De telles extravagances et les détails des tentatives du Congo d'écrémer ses revenus pétroliers ont laissé les créanciers perplexes quant à la décision de permettre l'allegement de la dette extérieure.
La Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International ont annoncé la semaine dernière que le Congo était éligible pour l'initiative, vieille de 10 ans, des pays pauvres très endettés (PPTE).
Les institutions ont déclaré que l'allègement de la dette qui couvre 2,9 milliards de dollars US des 9,2 milliards de dollars de dette totale de ce pays d'Afrique Centrale, signifie que le Congo-Brazzaville devient le 29 ème pays à acceder à ce qu'on appelle le point de décision sous l'initiative des PPTE.
Toutefois, la déclaration stipule que le pays doit répondre aux "préoccupations sérieuses" sur la gouvernance et de la transparence financière afin de rendre le processus d'allègement de la dette irrevocable au soit-disant point d'achèvement- qui pourrait subvenir dans plus de deux ans. Entre temps le pays va bénéficier du réechelonnement de la dette qui l'exonère du payement du service de la dette.
Les bailleurs de fonds ont déclaré que le Congo s'est engagé à mettre les contrôles internes et le système de comptabilité de la compagnie pétrolière d'Etat aux normes internationalement reconnues et d'empêcher les conflits d'intérêt dans la commercialisation du pétrole.
Ceci exige que les officiels à la SNPC declarent publiquement et renoncent à tout intérêt dans une compagnie ayant une relation d'affaires avec la SNPC ont-ils dit.
Le gouvernement a aussi consenti à mettre en place un plan de luttre contre la corruption; supervisé par le Fonds Monétaire International et l'Association internationale pour le Développement de la banque Mondiale.
Un peu plus tôt ce mois, le Président de la Banque Mondiale Paul Wolfowitz a déclaré qu'il y avait des inquiétudes sur le manque de transaprence dans le secteur pétrolier congolais, sur les normes dans les procédures de commercialisation de son pétrole et sur la manière dont les revenus pétroliers- environ 2 milliards de dollars par an- étaient comptabilisés dans le budget.

 
 


Cliquez sur le logo