27/07/06 - Robert Zongo, petit frère
de Norbert Zongo : « Il n’y aura jamais justice pour Norbert
si... »
par Noraggo Paul HIRY, Le Pays, Ouagadougou, 25 juillet 2006.
Le mercredi 19 juillet dernier, l’opinion publique nationale et
internationale apprenait du procureur du Faso Adama Sagnon et du procureur
général Abdoulaye Barry que
Marcel Kafando, le seul inculpé dans l’affaire Norbert
Zongo, bénéficiait d’un non-lieu. L’affaire
est donc classée si aucune autre information ne revenait réveiller
le dossier.
Nous avons approché la grande famille du journaliste à
Koudougou pour avoir sa réaction. Robert Zongo l’un des
petits frères de Norbert Zongo, s’est prêté
à nos questions.
Selon lui, la famille n’est pas prête à baisser les
bras.
"Le Pays" : Marcel Kafando, le seul inculpé dans l’affaire
Norbert Zongo, vient de bénéficier d’un non-lieu.
Comment, au niveau de la famille, la nouvelle a été accueillie
?
Robert Zongo : La famille a été très scandalisée
par les propos du procureur. Marcel étant le seul inculpé,
ils veulent dans la mesure du possible, enterrer le dossier. De ce
côté, avec l’avocat Me Sankara, la famille a fait
appel, et nous attendons la réaction de la justice burkinabè
pour nous situer et voir dans la mesure du possible à quelle
porte
nous allons frapper pour que la vérité jaillisse.
Quelle a été la réaction de la mère de
Norbert ?
La maman a été informée, et tout ce qu’elle
a dit, c’est que « les gens s’en remettent à
Dieu, vu que ceux qui sont impliqués dans cette affaire ne vivront
pas éternellement ».
Est-ce à dire que vous perdez déjà espoir ?
Ça c’est la réaction humaine d’une mère.
Il est hors de question que la famille baisse les bras. C’est
tout le peuple burkinabè qui est mis à l’épreuve.
Si le peuple veut que ce
dossier aboutisse, il le sera. Il va de soi que la famille se battra
pour qu’avec l’aide de toutes les bonnes volontés,
on rende justice à Norbert.
Quelle peut être la nouvelle solution selon vous ?
Personnellement je crois que cette justice burkinabè-là
ne peut pas. Elle n’est pas libre pour donner à ce dossier
une suite favorable.
On ne peut pas se juger soi-même. Ils ont assassiné Norbert,
ils connaissent les tenants et les aboutissants de ce dossier et ce
sont eux qui tiennent les rênes de ce
pouvoir. Tant que ce sera ainsi, il n’y aura jamais justice pour
Norbert sous ce régime.
Et la femme de votre frère à Ouaga, comment s’est-elle
comportée ?
Mme Zongo était complètement abattue et la connaissant,
je sais qu’elle doit être profondément affectée
par cette décision, et croyante qu’elle est, sûrement
avec la foi, elle
espère.
Source : http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=15292
27/07/06 - Affaire Norbert Zongo : "Il
y a des âmes qu’il faut éviter de déranger"
par Jonas Hien, L’Observateur, Ouagadougou, 25 juillet 2006.
Quel lien peut-il y avoir entre les dossiers Thomas Sankara et Norbert
Zongo. Dans l’écrit qui suit Jonas Hien établit
des parallèles entre les deux affaires, classées à
quelques jours d’intervalle par la justice burkinabè.
Deux assassinats, deux dossiers brûlants : le dossier Thomas
Sankara et celui Norbert Zongo. Il y a des âmes qu’il faut
éviter de déranger. Décider de façon préméditée
de
tuer un être humain, et de surcroît de façon physique,
n’est pas une mince affaire. Les conséquences sont très
grandes et parfois avec des effets collatéraux.
Tout dépend de la sévérité de l’âme
dérangée. Et il n’y a pas d’âmes petite
et grande. Une âme est une âme, c’est-à-dire
un phénomène divin. Cela est bon à savoir. Des
âmes
ont été dérangées et le tourbillon qui se
fait autour de ces deux dossiers montre que la famille présidentielle
y est pour quelque chose. Alors on tourne et on ment.
Prenons-les cas par cas.
Du dossier Thomas Sankara
Lors de son stage de formation d’officier à Antsirabé
à Madagascar, Thomas Sankara s’ouvrit à certains
de ses camarades jeunes officiers de l’armée. Leurs causeries,
d’abord informelles, deviennent par la suite de plus en plus assidues,
mais restent secrètes. Ainsi naît le ‘’Rassemblement
des jeunes officiers’’. Cette organisation est
baptisée ‘’ROC’’ pour signifier la force
du roc.
Au cours de leurs causeries, ils abordaient les problèmes que
les jeunes officiers avaient par rapport à leurs anciens ; les
difficultés qu’avaient les sous-officiers et les
hommes de troupe, sur le plan de leur paquetage (habillement) et de
leur alimentation. Des améliorations ont pu être obtenues
grâce à l’action du ROC. Puis petit à petit,
les
jeunes officiers en viennent à parler des affaires de l’Etat.
Le ROC prit une véritable forme à partir de 1975 lorsque
beaucoup de jeunes officiers, rentrés de leur formation, intègrent
le mouvement. Leurs réunions étaient clandestines.
Les sujets de débats étaient divers, mais ils stigmatisaient
l’extrême pauvreté du peuple et la démission
des dirigeants. Les jeunes officiers en viennent à parler de
la prise du
pouvoir d’Etat, mais dans une optique à moyen terme.
Ils décident alors que tous les membres du ROC doivent avoir
une solide formation politique avant la prise du pouvoir. En cela, ils
veulent suivre l’exemple des Gamal Abdel
Nasser, qui ont pris le pouvoir après de longues années
de préparation. Ainsi, les jeunes officiers commencent leur formation
politique. Ils choisissent le socialisme
scientifique comme fondement théorique de leur mouvement. La
formation politique en question revêtait plusieurs aspects :
Il fallait d’abord se former politiquement
a) exposé préparé et présenté par
un des membres sur un thème donné en s’inspirant
des enseignements des éducateurs du prolétariat : Karl
Marx, Lénine, etc. ;
b) simulation de situations : à titre d’exemple, lors
d’une grève des syndicats, si l’ordre est donné
de tirer sur la foule, l’attitude est de ne pas exécuter
l’ordre sans se
découvrir. On doit savoir qui a fait quoi. Cela s’appelle
responsabilité dans l’action ;
c) intégration des mouvements de masse, inspiration de leurs
moyens de lutte et formation auprès de la Ligue patriotique pour
le développement (LIPAD). A cet effet, des
contacts furent noués avec des civils et des amitiés ravivées.
L’organisation du ROC était du type cellules communistes
avec le cloisonnement que cela suppose et les conditions d’intégration
qui étaient le parrainage, le stage et parfois
le préstage. Le chef incontesté était Thomas Sankara,
qui était à la base de la création de ce mouvement
et qui l’animait activement.
En 1978, Thomas Sankara part en stage au Maroc. C’est là
qu’il rencontra un autre Burkinabè (Voltaïque à
l’époque) du nom de Blaise Compaoré, venu effectuer
lui aussi sa
formation d’officier. Alors que la majeure partie des éléments
du ROC étaient issus du Prytanée militaire du Kadiogo
(PMK) et donc se connaissaient depuis quelques années,
Blaise Compaoré, lui, était issu du milieu civil, car
engagé dans l’armée, comme bon nombre de collégiens
à l’époque, pour sa « Préparation militaire
spéciale », pendant les
grandes vacances.
Après cette préparation, il manifesta son désir
d’embrasser la carrière militaire. C’est ainsi que
sa carrière militaire le conduisit au Maroc pour sa formation
d’officier. Une
grande amitié lie donc les deux Burkinabè au Maroc, qui
ne se connaissaient pas au pays. Revenus au pays, Thomas Sankara propose
l’intégration de Blaise Compaoré au
ROC.
En dépit de toutes les règles édictées
par ce Mouvement, Thomas Sankara insiste sur la nécessité
d’intégrer son ami dans le ROC. Il développa comme
argument qu’il répondait de Blaise Compaoré comme
de lui-même. En d’autres termes, Blaise Compaoré
devait être considéré comme s’il était
Sankara lui-même. Leur amitié était forte.
Gérer un Etat n’est pas une nince affaire
C’est ainsi donc que Blaise Compaoré intégra le
ROC, qui continuait son travail de formation politique de ses membres.
Plus d’une fois, les officiers de ce mouvement ont eu
l’occasion de prendre le pouvoir (lors de la grève de décembre
1975 notamment). Mais si l’aspect militaire ne les effrayait pas,
ils estimaient qu’ils n’étaient pas prêts politiquement
à tenir les rênes du pouvoir d’Etat.
Diriger un Etat n’est pas une mince affaire, car il s’agit
de servir le peuple aux multiples aspirations et non servir qu’un
groupuscule ou la famille du Président qui est au pouvoir. La
vision était donc juste. Néanmoins, ils s’étaient
donné le mot d’ordre d’intensifier et d’élever
la formation politique. Thomas Sankara, en leader du ROC, ne rechignait
pas à la besogne : il quittait son poste de Commandant du Centre
national d’entraînement commando (CNEC) de Pô, à
des heures indues (minuit ou 1h du matin) pour venir tenir des réunions
programmées avec ses camarades à Ouagadougou.
Puis il rejoignait la ville de Pô pour être présent
à la montée des couleurs (drapeau national) à 7
heures. L’amitié entre Thomas Sankara et Blaise Compaoré
est restée ainsi
forte jusqu’à la prise du pouvoir le 04 août 1983
avec l’instauration de la Révolution démocratique
et populaire. Blaise devint en quelque sorte un membre à part
entière de la
famille Sankara et très attaché au père de Thomas
Sankara, de qui il prenait soin. Pendant que le Président Thomas
Sankara se battait pour les intérêts du peuple au détriment
de sa famille, Blaise continuait à veiller sur le vieux Sankara
par des visites régulières à la famille. Et si
par coïncidence Blaise venait trouver Thomas en famille, Thomas
se
levait aussitôt en disant : « comme tu es venu pour causer
avec ton Papa, je ne vais pas rester pour vous gêner puisque je
sais que vous allez parler de moi. »
Malgré les rumeurs persistantes sur le risque de la fin de l’amitié
entre les deux hommes d’Etat et peut-être tragiquement,
malgré les informations qui parvenaient au vieux Sankara, Blaise
Composé rassura le père de Thomas Sankara, une semaine
avant le 15 octobre 1987, en ces termes : « Je vous demande de
rester tranquille Papa. J’apprends aussi les mêmes rumeurs
que vous. La politique est faite de rumeurs. Ce que je sais, c’est
qu’il n’y a rien entre Thomas et moi ».
Il faut bien le surveiller, c’est ton frère
Rassuré, le vieux Joseph Sankara se contenta de dire à
son fils Blaise : « En tout cas, il faut bien le surveiller. C’est
ton frère. S’il y a un problème, n’hésite
pas à venir me le
dire ». Le problème qu’il y a eu, c’est ce
qui est arrivé le 15 octobre 1987, donc une semaine après,
et Blaise n’est plus revenu jusqu’à nos jours.
Ainsi, Thomas a tout perdu pour avoir tout donné à Blaise.
Quand on conseillait souterrainement Thomas Sankara de faire arrêter
Blaise Compaoré au moment où tout
semblait irréversible, il répondait ceci : « Non,
moi je ne peux pas le faire, car il ne sert à rien de continuer
à être un Chef d’Etat quand votre peuple n’a
pas ou n’a plus
confiance en vous.
Or faire arrêter ou faire assassiner Blaise, je ne sais pas comment
l’expliquer à mon peuple. Je vous demande de laisser Blaise
faire. Si je ne suis plus là, peut-être que lui au
moins saura expliquer au peuple ce qui s’est passé entre
nous. En tout cas, moi je ne peux pas, personne ne me croira ».
Et c’est ce dossier-là que vous demandez
aujourd’hui à Blaise de faire juger ?! Ah ! que c’est
compliqué. C’est compliqué pour trois raisons essentielles
:
C’est compliqué pour 3 raisons essentielles
1/ Juger le dossier Thomas Sankara, c’est prendre Blaise Compaoré
pour le principal inculpé pour la simple raison que la proclamation
de prise du pouvoir du 15 octobre 1987
avait été lue en son nom. En outre, selon une de ses justifications
qui ont milité en faveur de la tragédie du 15 octobre,
il avait appris que c’est lui qui devait être arrêté
et
exécuté ce même 15 octobre 1987 à 20 heures
par les hommes proches de Thomas Sankara. Il a donc devancé les
choses.
On comprend aisément pourquoi il n’était pas nécessaire
de mettre en place une commission d’enquête à l’époque.
Les choses étaient claires. Les choses sont toujours
claires. Si jugement il doit y avoir, elle doit consister à explorer
les voies judiciaires requises pour aboutir à la levée
de l’immunité du Chef de l’Etat burkinabè.
Mais quel juge le
fera ? Ces juges « acquis » !
2/ La deuxième raison qui permet d’affirmer que le dossier
Thomas Sankara ne peut pas être jugé sous le régime
de Blaise Compaoré est que personne, dans le corps
militaire, n’est encore prêt à salir son image pour
ce régime spécialisé dans la trahison. Le procès
du dossier David Ouédraogo l’a démontré.
Pendant que l’Adjudant Marcel Kafando s’efforçait
de couvrir maladroitement François Compaoré, frère
cadet du Président du Faso, le Colonel Gilbert Diendéré
n’entendait
pas porter un chapeau qui dépassait sa tête. Il n’était
au courant de rien au début de l’affaire et il ne savait
pas en vertu de quoi il porterait une telle responsabilité.
L’impopularité du Colonel Gilbert Diendéré
est due à ses multiples services rendus à Blaise Compaoré.
Or, un procès du dossier Thomas Sankara ne peut se faire sans
le témoignage de Gilbert Diendéré. La confiance
entre Blaise et son chef de la sécurité ne serait plus
comme
avant. Blaise est donc en droit de douter du soutien total du Colonel
dans une telle affaire. Et comme le doute profite toujours à
l’accusé, le doute du Président Compaoré
ne
peut que profiter à lui-même. Il parait que c’est
un principe en droit.
Aucun avocat ne peut prouver l’innocence de Blaise
3/ Depuis l’assassinat du Président Thomas Sankara, des
années se sont écoulées et des regrets se sont
installés dans biens des esprits des Burkinabè au regard
du
désordre de gouvernance que nous vivons actuellement dans le
pays. De même, beaucoup d’informations ont pu circuler,
beaucoup de militaires faisant partie des
commandos à l’époque ou actuellement ont été
brimés d’une façon ou d’une autre.
Or, beaucoup d’entre eux en savent certainement quelque chose
et pourraient fournir des éléments accablants, même
clandestinement. On ne sait jamais. En tout cas,
pendant le procès des présumés putschistes d’avril
2003, on a appris des choses intéressantes avec des anciens commandos
du Conseil de l’entente sur la vie de ce corps
à l’époque. De même, un procès sur
l’assassinat de Thomas Sankara ne peut se faire sans le témoignage
des civils qui savent également quelque chose sur cet événement
tragique. Il est certain que beaucoup n’attendent que l’occasion.
L’affaire n’est donc pas mince et le Président Compaoré
en est parfaitement conscient et ses juges sont déjà à
ses ordres. Quel que soit le professionnalisme des avocats
qui se constitueront aux côtés de Blaise Compaoré,
la tâche ne sera pas facile non plus, puisqu’ils n’arriveront
jamais à prouver l’innocence de leur client dans cette
affaire,
au risque de recevoir dans leur dossier de défense des éléments
d’information pouvant les conduire à jeter l’éponge
et à garder leur dignité d’avocat.
Ce métier est aussi sensible. Pour un rien, vous perdez tous
les clients et la considération auprès de l’opinion
avec. Il en est de même pour certains juges, qui ne peuvent
plus avoir un simple bonjour de la plupart des Burkinabè. Le
dossier est donc brûlant.
Source : http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=15278
Réactions au Burkina à la décision
du Comité des droits de l'homme de l'ONU sur le dossier Thomas
Sankara
« En définitive, il y a derrière cette surmédiatisation
de la décision de l'ONU, une volonté de la part de certains,
de retirer des dividendes politiques à l'orée des élections
municipales. Se présenter en chevalier sans peur et sans reproche
face à un pouvoir qui cultive « l'impunité »,
voilà la plate-forme politique de ces personnes.»
Boubacar Sy, sur http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=13412
Cette réaction celle du gouvernement Compaoré et celles
de nombreux internautes burkinabès peuvent être lues à
ce même lien.
L'ONU donne raison à la Justice pour
Sankara contre l'Etat - Le Burkina Faso se fait épingler par
le Comité des droits de l'homme pour violations de ses engagements
Par Rémi Rivière, Le Journal du Pays Basque, 6 avril 2006
Quatre ans de procédures auprès du Comité des droits
de l'homme de l'ONU et un verdict, enfin, qui donne globalement raison
à la veuve Mariam Sankara et à ses enfants, Auguste et
Philippe, soutenue par le Collectif juridique international Justice
pour Thomas Sankara. Une procédure judiciaire longue, initiée
sans succès au Burkina Faso en 1997, qui vient de reconnaître
ce 5 avril les torts d'un État signataire du Pacte international
relatif aux droits civils et politiques, où figure notamment
la charte universelle des droits de l'homme. Le Burkina Faso est reconnu
coupable de violation de ces droits fondamentaux.
Dans sa 86e session, le Comité des droits de l'homme considère
par exemple « que le refus de mener une enquête sur la mort
de Thomas Sankara, la non-reconnaissance officielle du lieu de sa dépouille
et la non-rectification de l'acte de décès constituent
un traitement inhumain à l'égard de Mme Sankara et ses
fils, contraire à ce pacte ». Les Nations Unies reconnaissent
donc que la justice du Pays des hommes intègres refusent de rechercher
l'assassin de Thomas Sankara, et que le « Rectificateur de la
Révolution » n'a toujours pas rectifié, 19 ans après
les faits, un acte de décès établissant une mort
naturelle « contrairement au faits de notoriété
publique ».
En revanche l'instance mondiale rappelle le devoir pour chaque pays
de «respecter la garantie d'égalité de tous devant
les tribunaux » et souligne même qu'il y a « violation
de cette obligation ». Le Comité des droits de l'homme
rappelle en effet que la plainte contre X pour assassinat, déposée
par Mariam Sankara en octobre 1997, aurait dû être reçue
par le Ministre de la défense après avoir déclarée
irrecevable par la juridiction de droit commun. Paraît-il que
l'affaire relève de la compétence de l'armée puisque
le crime a eu lieu sur un terrain militaire. C'est ce qu'a tranché
en 2001 la justice du Burkina. Mais alors, pourquoi le procureur n'a
pas porté l'affaire devant le juge militaire ?
Cinq après, le Comité des Nations Unies accuse l'État
« qui n'a pu expliquer les retards en question » et considère
que « contrairement aux arguments de l'État, aucune prescription
ne saurait-rendre caduque l'action devant le juge militaire ».
Le coupable et même désigné et cette « non-dénonciation
de l'affaire auprès du ministre de la défense revient
au procureur ». Résultat, l'État Burkinabé
est « tenu » par l'Organisation des Nations Unies «
d'assurer un recours utile et effectif » à Mme Sankara
et ses fils, notamment pour la « reconnaissance officielle du
lieu de sépulture de Thomas Sankara », à «
empêcher que des violations analogues ne se reproduisent »
et même à verser une indemnité à la famille.
Épinglé par le Comité des droits de l'homme, le
gouvernement burkinabé a trois mois pour informer l'ONU des mesures
prises dans ce sens. Il est également prié de rendre publiques
ces constatations.
Le document intégral est disponible sur le site Internet : www.grila.org
« Une première historique contre l'impunité en
Afrique »
Le Grila, Groupe de recherche et d'initiative pour la libération
de l'Afrique, s'est réjoui ce jeudi 6 avril du verdict du Comité
des droits de l'homme dans l'affaire Sankara en estimant qu'il s'agissait
d'un « précédent à l'ONU et une première
historique contre l'impunité en Afrique ». Pour le Grila,
qui souligne le rôle de Thomas Sankara dans le « développement
utocentré et panafricain », le « responsable de son
assassinat n'est autre que l'actuel président du Burkina Faso
». Le Groupe de recherche a dénoncé une «
impunité érigée en système politique »
au Burkina Faso et un « déni des droits de l'homme attesté
par nombre d'assassinats, de corruptions et d'intimidations ».
Le Grila en veut pour preuve notamment la déposition du général
libérien John Tarnue devant la cour internationale spéciale
de Sierra Léone qui a raconté, devant ce tribunal des
Nations - Unies, que des soldats libériens, menés par
Charles Taylor, ont participé à l'assassinat de Thomas
Sankara, sous les ordres de Blaise Compaoré. Officiellement,
le chef de l'État du Burkina Faso a toujours nié son implication
dans ce crime. Mais ce procès de Sierra Léone, qui jugera
bientôt également le chef de guerre Charles Taylor, dont
la complicité avec le régime burkinabé est par
contre avérée, marque peut-être en revanche, ce
début « historique contre l'impunité en Afrique
». Car dans l'épopée sanglante du chef de guerre
Charles Taylor, il conviendra de surveiller, durant ce procès
hors normes, les connivences et les implications du chef de l'État
burkinabé.
Un pacte de droits civils et politiques
Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et ses
deux Protocoles facultatifs font partis de la Charte internationale
des droits de l'homme, qui comprend également la Déclaration
universelle des droits de l'Homme et le Pacte international relatif
aux droits économiques, sociaux et culturels et ses Protocoles
facultatifs. Signé par le Burkina Faso, il porte sur des droits
tels que l'égalité devant la loi, le droit à un
procès équitable, la présomption d'innocence, la
liberté de pensée, de conscience et de religion, la liberté
d'opinion et d'_expression, la participation aux affaires publiques
et aux élections, la liberté de circulation et la protection
des droits des minorités.
Rackets à Saaba : Fin
du printemps des ripoux ?
par "Le fou", Le Pays, Ouagadougou, 24 mars 2006.
A Saaba, département situé aux portes de la capitale,
l'aspiration légitime de certaines populations à être
des citoyens irréprochables s'est heurtée à la
cupidité de certains agents du commissariat de police. Pour l'anecdote,
le commissariat en question s'est transformé en caverne où
des policiers s'adonnaient à l'exercice des quatre opérations
avec l'argent des contribuables.
La nouvelle s'est répandue comme une traînée
de poudre à la suite d'une enquête menée sur le
terrain par le REN-LAC (Réseau national de lutte anticorruption)
et dont les résultats ont été largement publiés
par la presse. Une presse parfois accusée de trouble-enquêtes
et invitée à participer au complot du silence et dont
on mesure aujourd'hui l'importance en tant que structure d'alerte sur
les dérives et les dérapages de l'Administration.
Si on peut se réjouir de la promptitude avec
laquelle les autorités ont réagi en démantelant
le réseau de ces racketteurs, le mérite en revient d'abord
au REN-LAC qui, avec les moyens du bord, a prouvé, une fois encore,
qu'il faisait mieux que la pléthore d'institutions étatiques
aux titres parfois ronflants et qui n'ont pas souvent eu le mérite
de compter parmi leurs trophées, ces manipulateurs aux mains
expertes et à l'odorat très sensible au contact de l'argent.
A la lumière de ce scandale qui n'est sûrement
que la partie visible d'un gros monstre tapi dans les profondes entrailles
d'une administration qui ne se rend pas toujours compte que cette prédation
creuse sa tombe, il n'y a pas de quoi charger les Burkinabè de
tous les péchés du monde, surtout celui d'être de
mauvais citoyens.
En effet, combien de personnes, au Burkina, ont déjà
été taxées de mauvais citoyens pour ne pas détenir
par-devers eux, le premier document officiel (la CIB) qui doit attester
de leur appartenance à ce pays ? Combien sont-ils, ceux qui ont
publiquement été traités de sans-papiers, de SDF
(Sans domiciles fixes), ridiculisés ou simplement conduits mani-militari
au cachot ou bien condamnés à payer une amende parce qu'un
flic sans quittancier a estimé que la non-possession de cette
pièce constituait un crime de lèse-Etat ? Et que dire
de ces nombreuses victimes d'accidents de la circulation dont on n'a
pu joindre les familles parce que dépourvues d'adresse ?
Plutôt que de condamner hâtivement ces
personnes, on aurait dû investiguer pour savoir que ce n'est pas
de gaieté de coeur que la plupart de nos compatriotes se comportent
comme des citoyens clandestins. Si de telles pratiques sont impunément
planifiées à Ouagadougou, en dehors de toute légalité,
qu'en est-il du Burkina profond où l'homme de tenue version postindépendance
est plus craint que le garde-cercle colonial muni de sa cravache ?
Peut-on demander à un paysan ou à une
ménagère qui a d'insolubles problèmes existentiels
de se livrer à un tel parcours du combattant pour obtenir cette
précieuse pièce d'Etat-civil ? C'est l'inciter plutôt
à la clandestinité. On transforme ainsi des citoyens animés
de bonne foi en citoyens au rabais dans leur propre patrie. Mais il
y a plus grave.
Quand un policier fait de l'argent sa seule et unique
fixation, prend-il la peine et la précaution d'authentifier réellement
le document qu'on lui tend pour confectionner ou renouveler une CIB
? On peut même se demander si notre pays n'est pas peuplé
de faussaires, de manipulateurs, de repris de justice, de bagnards ou
de criminels en divagation.
C'est le lieu de s'inquiéter, car à ce
rythme, tous nos policiers risquent de devenir des ripous et nos commissariats
des fabriques du grand banditisme, des viviers de l'insécurité,
puisqu'il est permis à tout le monde de circuler librement avec
de faux documents, sésames à tous les crimes. Ce qui vient
de se produire à Saaba est à saluer, mais il serait suicidaire
de s'arrêter en si bon chemin. Il y a donc nécessité
de nettoyer les écuries dans tous les commissariats en procédant
à leur audit.
Cela permettrait de remonter la filière de ce
réseau. Une opération chirurgicale apparemment compliquée,
aussi difficile que celle qui consiste à séparer des frères
siamois. En effet, le tort de ces policiers, c'est d'avoir exploité
le capital de confiance placé en eux par l'Etat.
Mais à leur décharge, il faut reconnaître
qu'ils bénéficient parfois de la protection de responsables
politiques, souvent détenteurs d'un mandat électif, censés
donc défendre les intérêts de leurs électeurs.
Quelle que soit l'influence de ces protecteurs, la volonté politique
devrait permettre de sortir des ornières des pratiques "corruptogènes"
non seulement au niveau de la police, mais également à
tous les niveaux. Effet, il serait injuste de jeter l'anathème
sur la police dans son ensemble qui compte en son sein des travailleurs
honnêtes dévoués à leur pays.
Plusieurs fois, le REN-LAC a eu à pointer un
doigt accusateur sur d'autres corps. Il faut donc mettre hors d'état
de nuire, tous ceux qui sponsorisent les comportements mafieux seulement
dans la police, mais également dans tous les rouages de l'Administration
publique. En attendant, il convient de saluer la valeur pédagogique
de cette mini-épuration. Elle contribuera à libérer
les populations de la peur de dénoncer tous ceux qui s'adonnent
à des pratiques répréhensibles.
Source : http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=13214
Saaba : le commissaire de police
relevé de ses fonctions
par Le Pays, Ouagadougou, 23 mars 2006.
L’article du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC)
sur les rackets au commissariat de police de Saaba, publié dans
la presse hier, 22 mars, a produit un gros effet.
Le premier responsable du commissariat, le commissaire
Rasmané Ouédraogo, a été relevé de
ses fonctions le même jour, par la direction régionale
de la police, a-t-on appris de sources concordantes.
L’enquête du REN-LAC a révélé
que le racket et la corruption étaient pratiqués à
ciel ouvert dans ce commissariat, concernant notamment l’établissement
de documents d’identification. La nouvelle a créé,
selon nos sources, la panique chez certains agents d’autres commissariats
qui, eux aussi, auraient trempé dans les mêmes pratiques.
Du reste, le REN-LAC a reçu hier plusieurs appels
téléphoniques de citoyens, tantôt pour le féliciter
pour le travail accompli, tantôt pour lui donner d’autres
pistes d’investigation.
Source : http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=13158
Commissariat de police de Saaba
: Le racket à ciel ouvert
par le RENLAC, 22 mars 2006.
Voulez-vous faire établir votre Carte d’identité
burkinabè (CIB) en une journée ? C’est facile. Il
suffit d’aller au commissariat de police de Saaba, village situé
à la sortie est de Ouagadougou. L’opération coûte
2 000 F par CIB établie le même jour. En temps normal,
la délivrance de la carte d’identité se fait à
500 francs dans ce commissariat.
Cela fait belle lurette que cette corruption à
ciel ouvert dure. Les policiers de la localité font allègrement
leur beurre. Personne ne les inquiète. Il y a quelques jours,
un citoyen ahuri a mis la puce à l’oreille du RENLAC (Réseau
national de lutte anti-corruption) via le 80 00 11 22, son téléphone
vert (gratuit). Mercredi dernier, des agents ont été dépêchés
sur les lieux. Le film est triste... et édifiant.
Mercredi 15 mars 2006. 8 heures. Le commissariat de
police de Saaba grouille de monde, en ce troisième jour ouvrable
de la semaine. Depuis 7 heures, des demandeurs de carte d’identité
et de légalisation de pièces diverses se sont alignés
devant la petite porte d’entrée. Dans le bureau, deux agents
en tenue un homme d’un certain âge et une jeune dame - sont
chargés de réceptionner les dossiers de demande de CIB
et de pièces à légaliser. Les choses, à
première vue, semblent se dérouler normalement ; il est
impossible de douter de quoi que ce soit. Hélas !
Lorsque ce fût notre tour, grande fut notre surprise.
Sans gêne aucune, c’est la policière qui propose
le marché. « Si vous voulez avoir votre CIB dans deux semaines,
il faut payer 500 F. Mais si vous la voulez ce soir à 16 heures,
il faut ajouter 2 000 ». De quoi donner le vertige à un
non-habitué de la pratique. Mais pour elle, l’habitude,
la coutume, dirons-nous, a visiblement émoussé tout le
malaise qu’un agent public de sécurité aurait dû
éprouver en proposant un marché aussi malséant.
Il n’en fallait pas plus pour comprendre que notre interlocuteur
du téléphone vert avait raison. Du racket à ciel
ouvert et sans panique, il faut avoir du culot pour le faire ainsi dans
un commissariat de police !
Les policiers de Saaba doivent bien en avoir. Puisque
le chef de poste ne tarda pas à pointer le nez. Il rôde
un moment, fait semblant d’inspecter le bureau. Mais sa présence
n’indispose guère ses subalternes. Il introduisit lui-même
instamment un usager qui l’a interpellé de dehors. Celui-ci
n’a pas eu besoin de faire la queue. Les deux hommes s’engouffrent
dans le bureau du fond, probablement pour « se voir ».
Quelques usagers interrogés sur place n’ignorent
pas les pratiques de corruption qui ont cours dans ce poste de police.
Deux jeunes dames, à qui nous avons demandé s’il
était possible d’avoir sa CIB le même jour, n’ont
pas hésité à nous conseiller de « rentrer
voir les policiers ». Ce qui suppose que cette façon de
faire est connue de plusieurs usagers. Un autre venu accompagner sa
parente a laissé entendre qu’il est venu spécialement
de Ouaga parce que « ici, on est sûr d’avoir sa CIB
le même jour ».
"Briser le cercle vicieux"
Comme conclu, nous sommes repartis l’après-midi,
vers 16 heures, à Saaba. Effectivement, notre CIB était
établie. Les 2 000 F remis le matin ont fait leur effet. Nous
avons reconnu les visages de nombre de personnes qui formaient le rang
devant la porte d’entrée du commissariat avec nous dans
la matinée. Un coup d’oeil sur le bureau de l’agent
chargé de remettre les cartes délivrées ce jour
permet d’en dénombrer une quinzaine.
Si l’on suppose que pour la délivrance
de tout ou partie de ces documents, les policier empochent 2 000 F,
on imagine aisément le poids du beurre qu’ils se font dans
cette affaire. En tout cas, pour un minimum de dix CIB par jour, le
racket rapporte quotidiennement 20 000 F, et hebdomadairement 100 000
F à raison de 5 jours ouvrables par semaine- soit 400 000 F CFA
par mois.
Comme on peut le constater, la pratique est juteuse.
Il est nettement au-dessus du salaire des agents, même du plus
gradé du poste de police, y compris le commissaire de police.
Ceci expliquerait-il cela ? Qu’à cela ne tienne !
Il est peut-être inutile de se demander où
va tout cet argent illégalement extorqué. Mais on est
quand même choqué d’assister au sang-froid avec lequel
les policiers de Saaba opèrent. Certes, le racket ou la corruption
autour de l’établissement de pièce d’identité
n’est pas l’apanage des seuls policiers en poste à
Saaba. Les usagers de commissariats de police savent que le phénomène
est assez ancré dans les moeurs. De là à le pratiquer
quasiment à ciel ouvert, au vu et au su de tout le monde, il
y a un pas de trop qui a été franchi au commissariat de
police de Saaba.
Quels enseignements pouvons-nous tirer de cette triste
situation ?
C’est le lieu d’interpeller la police
sur l’image négative que de telles pratiques véhiculent.
La police, qui est en principe chargée de veiller sur la morale
publique (agents assermentés), doit-elle permettre que certains
de ses éléments descendent dans la fange peu reluisante
de la déchéance morale ? Il y va de l’honneur de
tout un corps (habillé et non à billets), même si
la brebis galeuse ne fait pas le troupeau.
Le fait que ce soit un usager du commissariat de Saaba
qui ait interpellé le REN-LAC sur l’affaire prouve que,
dans leur majorité, les citoyens de ce pays sont contre la corruption.
Mais le phénomène est tellement ancré dans les
mentalités que certains n’ont pas d’autres portes
de sortie que de participer à ce jeu ignoble. Il faut briser
le cercle vicieux. Pour ce faire, la responsabilité des citoyens
est pleinement engagée, notamment pour ce qui est de la dénonciation
des situations de corruption qu’ils sont amenés à
subir d’une manière ou d’une autre. Il en est de
même pour toutes les organisations de la société
civile soucieuse de débarrasser notre pays de la gangrène
de la corruption.
Au niveau des autorités politiques et administratives,
il pourrait sembler inutile d’exiger que les auteurs de telles
indélicatesses soient sanctionnés. L’essentiel n’est
pas de donner l’impression de sévir en tirant seulement
les oreilles aux agents indélicats du commissariat de Saaba.
On attend surtout que les responsables de la police, les autorités
politiques et administratives attaquent le mal de la corruption à
la racine et mettent en place un mécanisme de veille et de dissuasion
permanent.
Le REN-LAC se propose de publier vos réactions,
vos suggestions, vos dénonciations, si cela est conforme à
la déontologie et à l’éthique professionnelle.
Vos critiques et suggestions sont les bienvenues. Pour toutes informations
et suggestions, contactez-nous à l’adresse suivante : Réseau
National de Lutte Anti-Corruption (REN-LAC) 01 BP : 2056 Ouagadougou
01, Tél. : 50 -33- 04- 73, Email : info@renlac.org, site : http:
//www.renlac.org Tél. vert : 80-00-11-22 (gratuitement).
Source : http://www.renlac.org/article.php3?id_article=80
QU'EST CE QUE LE RENLAC?
Le REN-LAC [Réseau national de lutte anti-corruption], créé
le 20 Décembre 1997 par des organisations de la société
civile, est une organisation non gouvernementale, indépendante,
apolitique sans but lucratif, il est la contribution de la société
civile à la lutte contre la corruption au Burkina Faso.
MISSIONS ET OBJECTIFS
Le Réseau s'est fixé comme mission d'oeuvrer pour la garantie
de la bonne moralité et de la transparence dans la gestion des
affaires de la cité. A ce titre il se fixe les objectifs suivants
:
- Mener des campagnes de sensibilisation sur le phénomène
de la corruption;
- veiller à l'application des textes existants en matière
de lutte contre la corruption et faire des propositions de codification
dans les domaines non couverts.
- Recevoir et instruire les plaintes des citoyens victimes d'actes de
corruption;
- donner son avis sur tout dossier relatif à la corruption;
- veiller à la prise par l'Etat de mesures visant à combattre
les actes de corruption dans les transactions commerciales nationales
et internationales;
- Oeuvrer à l'adoption par l'Etat d'un code de conduite des agents
de la Fonction Publique et veiller à l'efficacité de sa
mise en oeuvre;
- Engager toute action visant la lutte contre la corruption.
Source : http: //www.renlac.org
Oubritenga : Séjour de
Saïf Al Islam Kadhafi à Ziniaré
par Abdias Cyprien SAWADOGO (abdias-aib@yahoo.fr), AIB/Ziniaré,
23 mars 2006.
Le président de la Fondation Kadhafi, M. Saïf Al Islam Kadhafi,
fils aîné du président lybien a séjourné
lundi 06 mars 2006 à Ziniaré. Au cours de cette visite,
il a procédé à la pose de la première pierre
pour la construction d’un centre de formation pour jeunes, et
d’une école franco-arabe.
Accompagné du ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture,
de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques, M. Salif Diallo,
M. Saïf a été accueilli par le gouverneur Ruth Yaméogo,
entouré des autorités provinciales et communales.
Le président de la Fondation Kadhafi est venu à Ziniaré
pour transmettre aux populations le salut amical et fraternel de son
père qui entend renforcer son amitié et son attachement
à cette vaillante population de la ville natale de son ami et
frère Blaise Compaoré. C’est pourquoi, Ziniaré
est la première localité à bénéficier
des actions de la Fondation qui s’engage à œuvrer
aux côtés des autorités burkinabè pour le
développement socioéconomique du pays.
A cet effet, M. Saïf Al Islam Kadhafi a procédé à
la pose de la première pierre pour la construction d’un
centre de formation pour jeunes et d’une école franco-arabe
au secteur n°2 de Ziniaré. La réalisation de ce centre
de formation viendra contribuer à la résorption du chômage
des jeunes et à la lutte contre la pauvreté dans la commune.
Saisissant cette opportunité, le maire de la commune de Ziniaré,
M. Joanny Kaboré, a demandé à M. Saïf de rappeler
à son père la promesse faite de bitumer 15 km de route
sur l’axe principale de la ville. D’autres projets lui ont
été soumis : la réalisation de canalisation pour
l’évacuation des eaux, la construction du marché
central en standing moderne, la construction d’une tribune au
stade municipal, l’acquisition d’un véhicule de secours-incendie,
l’implantation de feux tricolores dans la perspective de la délocalisation
de l’aéroport international dans la province.
Satisfait de l’accueil chaleureux qui lui a été
réservé, M. Saïf a fait la ferme promesse de revenir
à Ziniaré et a surtout souhaité le renforcement
des liens d’amitié et de fraternité entre les deux
peuples burkinabè et lybien. Les autorités communales
ont manifesté leur hospitalité par la remise de cadeaux
à l’illustre hôte.
Source : http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=13176
Le fils de Kadhafi à
Pouytenga : Tel père, tel fils
par Onésime Aké Loba LANKOANDE (onesimeakeloba@yahoo.fr),
AIB/Koupèla, 22 mars 2006.
Juste 30 mn. Il n'a même pas ouvert la bouche. Mais toute la ville
de Pouytenga a su qu'un hôte hors du commun était dans
ses murs, ce mardi 7 mars 2006. Le fils du guide libyen Saif Al Islam
président de la fondation Kadhafi, venu procéder à
la pose de la première pierre d'un lot d'infrastructures au bénéfice
des populations.
Pouytenga, ville bénie ? Oui, répond
sans hésitation un habitant de cette ville et de poursuivre :
« Sinon comment comprendre que parmi tant de villes prétendantes,
ce soit uniquement Pouytenga qui ait été élue par
la fondation Kadhafi pour bénéficier d'importantes réalisations
d'infrastructures socioéconomiques de développement ?
».
En tout cas, beaucoup à Pouytenga ne croyaient
pas trop à la bonne nouvelle jusqu'à ce mardi 7 mars 2006
où le fils du guide libyen a été annoncé
à Pouytenga. Dès 8h00, le lieu de la cérémonie
était déjà noir de monde. Malgré la canicule,
la foule attendra jusqu'à 12h46 où enfin elle voit descendre
l'hôte tant attendu.
Celui-ci était accompagné du ministre
d'Etat, Salif Diallo et du commandant Diendéré. Juste,
une lecture du Coran, un doua et quelques courtes allocutions. Les actes
disent mieux. L'illustre hôte d'un midi, économisera ses
paroles et passera à l'essentiel à savoir la pose de la
première pierre pour la réalisation d'infrastructures.
Il n'y a plus de doute. Pouytenga, l'heureuse ville élue, bénéficiera
d'importants investissements dont, dans l'immédiat un centre
polytechnique, un centre médical avec un personnel soignant libyen,
une école supérieure de formation arabe. La joie des populations
est immense.
Le conseil municipal, par la voix du maire, annonce
qu'une parcelle en bonne et due forme est offerte à l'illustre
hôte. Présentation de nouveaux convertis à l'Islam
dont un chef coutumier de Pouytenga. Fin de la cérémonie.
Puis, comme lors des passages de Kadhafi père, des liasses de
billets craquants de banque jaillissent des limousines. C'est la ruée.
Les plus chanceux ou les plus forts s'en sortent avec quelques dizaines
de mille. Un personnage hors du commun était de passage. Tel
père, tel fils. Pouytenga, elle, se frotte les mains.
http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=13139
Immigration clandestine : ces
Burkinabè qui ont succombé aux sirènes de l'Europe
par Juvénal Somé , Lefaso.net, 22 mars
2006.
Les drames liés à l'immigration clandestine sont monnaie
courante. Et pourtant, ils sont toujours aussi nombreux, ces africains
qui rêvent de rejoindre l'Europe, quoi qu'il advienne. Parmi eux,
il y a des Burkinabè.
Z. est blanchisseur dans un quartier populaire de Ouagadougou.
Il n'a pas eu la chance d'aller à l'école. Son temps,
il le partage entre ses tâches quotidiennes et l'éduction
de ses deux garçons. Sa femme tient un petit commerce, question
de l'appuyer à sa façon.
Mais Z a surtout un projet qui lui tient à c¦ur
depuis longtemps : celui de quitter le Burkina, pour mieux gagner sa
vie. Il espère pour cela, réunir assez de fonds et entamer
ainsi son voyage. Il compte dit-il, rejoindre d'abord le Gabon. Première
escale, avant d'entamer la grande traversée vers l'Europe. Un
voyage qui lui ouvrira pourquoi pas, les portes du bien-être et
de l'aisance. Surtout que dans le quartier de Z, tout le monde cite
en exemple, ce jeune homme qui fait aujourd'hui la fierté de
sa famille, alors qu'il y a quelques temps encore il rasait les murs.
Ses réalisations se comptent par dizaines, et ambrassent de nombreux
domaines dont ceux du bâtiment et de l'automobile.
Du côté de la Dassasgho, autre quartier
de Ouagadougou, se trouve un autre sanctuaire de l'immigration réussie.
De grandes villas se succèdent, toutes appartenant à ceux
que l'on appelle les « italiens » ou encore les «
bissa d'Italie. » Au Burkina, un certain humour attribue à
l'ethnie bissa, une seconde patrie : le pays des spaghettis. Leur expérience
s'avère être une réussite. Elle incite par conséquent,
de nombreux candidats au départ, à croire en leurs chances
et à faire leurs valises. Z. appartient d'ailleurs à cette
ethnie, et ce n'est pas sans une légère pointe d'amertume,
qu'il évoque son projet de voyage maintes fois repoussé.
Les images de clandestins rapatriés de force,
Z. et ses camarades en ont eu vent. Mais pas de quoi les décourager.
Certains seraient prêts pour cela, à vendre tout ce qu'ils
possèdent. On raconte d'ailleurs l'histoire d'un jeune étudiant,
qui aurait tout simplement vendu dans le plus grand secret, les biens
de son paternel, avant de disparaître dans la nature. Il enverra
plus tard, du pays de l'oncle Sam où il a atterrit, un chèque
correspondant au double de la valeur des biens qu'il a subtilisés
à son père.
Cette histoire qui n'a rien d'une légende, les
mamans la racontent à certains de leurs fils. Surtout à
ceux qui ont pris « la brousse » (le décor.) Les
jeunes eux-mêmes se la racontent les uns aux autres...
Source : http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=13121
Maintien de la paix : Près de 200 militaires
burkinabè aptes pour le terrain
par Koumia Alassane KARAMA, Sidwaya, 27 février
2006.
Source :http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=12666
Du 30 janvier au 24 février 2006, 181 militaires burkinabè
ont bénéficié d’une formation des forces
en attente de la CEDEAO.
Faisant désormais partie de la compagnie Burkina de ces forces,
les stagiaires ont été encadrés par des militaires
français dans l’enceinte du camp Baangré à
Kamboinsé.
Plus d’une centaine de militaires burkinabè composés
d’officiers, de sous-officiers et de militaires du rang viennent
de boucler un stage de formation des Forces en attente de la CEDEAO.Après
cette formation qui a duré du 30 janvier au 24 février
2006, les stagiaires sont désormais « aptes à être
projetés en cas de besoin sur un théâtre d’opération
de paix », a rassuré le directeur des cours, le lieutenant-colonel
Vinta Somé. Il a déballé devant commandement présent
à la cérémonie de sortie les périples du
stage.
Une première phase a été consacrée à
la mise en ambiance de l’ensemble des cadres de la compagnie,
a-t-il indiqué. Les cadres ont révisé la tactique,
la topographie et la transmission. Ils se sont familiarisés en
outre avec l’environnement des opérations de paix. La deuxième
phase qui a débuté à partir du 06 février
dernier, a pris en compte l’ensemble des 181 stagiaires.
Dans l’ensemble, la tactique, le cadre de paix ont été
les principaux sujets de discussion et de pratique. Ces modules, de
l’avis du directeur des cours, « prennent en compte la complexité
des opérations de paix de la dernière génération
qui exigent du soldat des savoir-faire particuliers et un état
d’esprit différent du combat classique ».
Le représentant du chef d’État-major général
des Armées, le colonel Brice Bayala de l’Armée de
l’air, s’est lui aussi montré satisfait des connaissances
dispensées par le Détachement d’instruction opérationnelle
(DIO) français du 23e BIMA de Dakar aux militaires burkinabè.
Néanmoins, il a prodigué des conseils pratiques aux stagiaires.
« Il vous faut parfois composer, souvent négocier, en somme,
chercher l’adhésion à votre action », leur
a-t-il dit. Le colonel Bayala a rappelé aux Forces en attente,
les exigences actuelles des opérations du maintien de la paix
: « le dialogue et la communication deviennent tout aussi importants
que la tactique classique, l’ouverture du feu est soumise à
des règles, l’usage de la force est devenu le dernier recours..
».
La présente formation est la quatrième du genre organisée
au profit des Forces armées nationales. Selon le colonel Brice
Bayala, elle témoigne de l’engagement du Burkina Faso dans
les mécanismes de recherche et de maintien de la paix de l’Union
africaine, de l’ONU..
Grippe aviaire en Afrique : L'épidémie
attendra-t-elle les décaissements ?
par Pierre Tapsoba, Observateur Paalga, 24 février 2006.
Source : http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=12621
24 février 2006.
En 2004, plusieurs pays d'Afrique connaissaient des invasions acridiennes.
Il ne s'agissait point d'une première pour nombre d'entre eux,
mais comme le phénomène devenait récurrent, le
président sénégalais Abdoulaye Wade avait estimé
qu'il fallait résoudre le problème une bonne fois pour
toutes.
Il allait donc convoquer ses pairs pour se pencher sur la question.
On retient que comme d'habitude, de bonnes résolutions avaient
alors été prises, même si on allait ensuite les
ranger au placard. Et c'est le moment que les insectes choisirent pour
s'abattre sur le Sénégal pour tout ravager sur leur passage,
sans que Wade puisse lever le plus petit doigt.
Depuis quelques jours, un autre fléau, la grippe aviaire, sème
la psychose à travers le monde. Le virus H5N1 de la grippe aviaire,
dont la présence au Nigeria a été confirmée
il y a deux semaines, risque de se répandre sur le continent
qui souffre déjà de plusieurs maux.
Plusieurs Etats de la fédération sont touchés,
et la menace est réelle pour beaucoup de pays, ce qui constitue
un obstacle au développement des filières avicoles. Un
plan d'urgence était alors plus que nécessaire avec l'appui
de plusieurs partenaires tels l'Organisation mondiale de la santé,
l'Usaid, les Nations unies, la Banque mondiale, pour ne citer que ceux-là.
Vint encore une idée lumineuse au président Wade, qui
allait convoquer une conférence régionale à Dakar
les 22 et 23 février 2006, destinée à coordonner
la lutte contre la grippe aviaire qui menace de gagner toute l'Afrique
de l'Ouest.
Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Côte d'Ivoire,
Ghana, Guinée Conakry, Guinée-Bissau, Mali, Liberia, Niger,
Mauritanie, Sierra Leone, Togo et surtout Nigeria étaient alors
les convives à la table du président sénégalais.
Mais quelle ne fut pas la déception de plus d'un observateur,
de constater que le Nigeria n'allait pas effectuer le déplacement
de Dakar ! Pourtant, s'il avait été là, il aurait
pu éclairer la lanterne de plus d'un sur les différents
aspects de l'épizootie.
Les Nigérians pouvaient, par exemple, dire comment ils vivent
la grippe aviaire. Et puisqu'ils ont jeté l'éponge, Wade,
lui, fait des pieds et des mains pour qu'on ne puisse pas dire, d'ici
là, qu'il s'agissait encore d'un sommet pour rien.
Dans cette optique, un fonds de lutte a rapidement été
mis en place à Dakar, qui a mobilisé 548 millions de nos
francs. Il s'ajoute à celui qui a été dégagé
lors de la dernière conférence de Pékin où
une aide de deux milliards de dollars pour 140 pays avait été
mise sur la table. Chacun pense à la prévention et surtout
à la riposte.
Au Pays des hommes intègres, par exemple, lors du point de presse
du gouvernement du 17 février dernier, le ministre porte-parole,
Adama Fofana, avançait qu'il fallait un plan national de prévention
et de riposte contre la grippe aviaire qui nécessiterait un financement
estimé à 1 287 918 500 FCFA.
Et alors qu'on se demandait d'où proviendrait le milliard pour
compléter les 300 millions du gouvernement, voilà qu'au
cours de la même semaine les données changeront : en effet,
le budget de ce projet de plan national connaîtra une hausse vertigineuse
pour atteindre 5,6 milliards de francs CFA.
Comme en pareille circonstance on a toujours le regard tourné
vers le portefeuille d'autrui, le gouvernement a rencontré des
bailleurs de fonds le 20 février dernier, et maintenant la manne
doit tomber du ciel.
Et si l'épidémie se déclenchait demain au Burkina
? Inutile de dire que la volaille serait décimée, car
même si des bailleurs mettent actuellement la main à la
poche, combien de temps faudra-t-il pour les décaissements ?
Nos gouvernants ont donc intérêt à être prévoyants,
car le dicton le dit bien : gouverner c'est prévoir. Pendant
que nous y sommes, où est passée la notion de souveraineté
de nos Etats tant clamée en politique, alors qu'au moindre problème,
c'est la sébile qui est tendue ?
Escroquerie par Internet : Les Burkinabè
de plus en plus victimes
par Victorien A. SAWADOGO (visaw@yahoo.fr), Sidwaya,
24 février 2006. Source :
http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=12638
L'escroquerie par Internet gagne du terrain au Burkina comme le témoigne,
d'une part, le nombre de cas rapportés, sans cesse en croissance.
D'autre part, le volume et la nature des messages (mails) sur le sujet.
Pire, l'identité de personnalités en vue ou d'institutions
sérieuses burkinabè commence à être utilisée
par des escrocs d'un genre nouveau. Qui sont-ils ? Que faire pour s'en
prémunir ?
Comment les services en charge des questions d'abus de confiance ou
d'escroquerie appréhendent-ils le phénomène ? L'équipe
de Constat, entre veille sur le Net et enquête sur le terrain,
aborde le problème et fait l'état des lieux dans sa première
partie. Nous donnerons bien entendu par la suite, la parole aux structures
concernées pour répondre aux préoccupations soulevées.
L'escroquerie par Internet a commencé par préoccuper
les Africains dans les années 2000. Assez simples à l'époque,
ses manifestations sont devenues très rapidement complexes donnant
lieu à une véritable machine où au détour
d'un clic ou d'un mail, l'usager peut se faire « détrousser
» parfois une forte somme d'argent s'il ne se fait pas voler son
identité. Au Burkina, le phénomène est encore récent
et ses manifestations peu et mal connues. Comment s'en prémunir
puisque tout n'est pas mauvais sur la toile ?
Communément appelé « Scam », l'arnaque sur
Internet, qu'il soit en anglais ou en français, présente
toujours des points communs. D'abord, les escros opèrent sous
forme de mails quasiment élaborés de la même façon
(l'ex-femme de ; le fils ou la fille de, le colonel de, le frère
de, la famille de, le gestionnaire de telle grosse banque, etc.). Ensuite,
ils sont en possession d'une forte somme d'argent (des diamants, ou
de l'or, etc.). Ils vous demandent également votre aide de manière
urgente et en échange vous rétribueront grassement.
Les scams se présentent aussi sous la forme de loto par Internet
ou vous avez été tiré au sort sur des millions
d'internautes comme le gagnant d'un très gros lot. On vous prie
de garder le silence d'envoyer et vos références. Nous
n'aurions pas évoqué la question si l'arnaque se limitait
à ces cas facilement identifiables. Malheureusement, le Scam
africain a évolué et se présente réellement
sous des formes qui prennent nombre de personnes au piège.
La ruée vers les USA et le Canada
En effet, lorsque le Scam propose de vous procurer un diplôme
américain (Master, Phd), en moins de deux semaines, cela passe
encore. Au Burkina, les escrocs ont imaginé mieux. Ils ont offert
des postes, des emplois à des milliers de jeunes. Et ce ne sont
pas n'importe quels emplois ?
Il s'agit d'emplois convenablement rénumérés et
surtout à l'étranger. Or, lorsqu'on parle d'emploi dans
un pays où le chômage des jeunes préoccupe, le risque
en vaut la chandelle. Mieux, lorsque l'emploi ne nécessite pas
un test et permet d'immigrer aux USA ou au Canada, apparemment tout
frais pris en charge, le jeu en vaut encore plus la chandelle.
De nombreux jeunes l'ont en tout cas appris à leur dépens.
Pendant une bonne partie de l'année 2005, ils ont cru qu'ils
accéderaient à une condition meilleure aux Amériques.
Ils devaient seulement répondre à un questionnaire sur
un site de recrutement américain, y déposer une copie
de leur CV, envoyer deux photographies numériques, les références
de leurs passeports et surtout déposer leurs candidatures par
groupe de cinq au moins. Une autre condition, ils devaient souscrire
à une assurance/voyage dans une Agence retenue par le recruteur
d'emploi (400 dollars, une broutille par rapport à ce qui les
attendait de l'autre côté) mais aussi payer environ 200
autres dollars à une Agence d'immigration contre un code secret
leur permettant de faire leur visa d'immigration dans le pays où
ils désirent s'envoler pour l'eldorado.
Des renseignements sont même donnés téléphoniquement
à ceux qui le désirent. L'opération puait la combine,
car elle se passait essentiellement dans l'ombre et offrait peu de garantie,
mais nombre de jeunes se feront gruger. Maigre consolation, ils ont
maintenant un passeport, un carnet de vaccination mais point de billet
d'avion ou de visa promis. Pire, le recruteur tout comme son site et
ses numéros de contact ne répondent plus.
Karim qui a été victime de ces escrocs s'en souvient
encore. « C'est un ami qui m'a passé le message. J'ai même
contribué à établir son passeport en guise de compensation
et pour permettre que le lot de cinq noms qu'il exigeait soit vite atteint.
J'ai perdu certes beaucoup d'argent mais le plus dur, c'est le coup
au moral car en famille, on croyait enfin que j'avais trouvé
une situation. A présent, je me remets mais je suis inquiet car
ils ont collecté des données sur nous. Que vont-ils en
faire » .
Son ami que nous avons rencontré est lui aussi amer car à
la différence de Karim, lui, il venait de réussir à
un concours de la Fonction publique mais a failli tout plaquer pour
partir. C'est un de ses frères qui l'a convaincu de partir à
sa formation en attendant que son départ se précise. Il
faut dire que ce frère sentait l'arnaque. Aujourd'hui, ce veinard
peut se consoler car il aurait pu également se retrouver à
nouveau au chômage avec son identité à l'autre bout
du monde. Il se concentre sur sa formation et promet qu'on ne l'y prendra
plus.
Il n'existe pas de statistiques précises sur le phénomène
mais, ils seraient nombreux à croire à de tels «
mirages ». Outre cette forme de recrutement, il y a des offres
de représentation de sociétés étrangères
mirobolantes qui sont faites à des Burkinabè mais se sont
révelées des canulars, voir des souricières à
sous.
Récemment, c'est à des conférences en Europe ou
aux USA que des internautes burkinabè étaient massivement
invités. Là aussi, les références de cinq
(05) personnes étaient demandées avec en plus une communication
à déposer sur un thème (lutte contre la torture,
violences faites aux femmes, lutte contre le Sida, développement
de l'Afrique etc.).
La BOA utilisée....
Mais c'est à l'intérieur que le « fléau »
se manifeste à nouveau avec beaucoup de scams censés provenir
de la BOA (Banque of Africa). Il y aurait selon ses scams, des millions
de dollars non réclamés dans cette banque que des auditeurs
voudraient s'approprier avec la complicité d'internautes avides
de gains Ces agents s'appelleraient, Kevin (Bill and exchange Manager
de la BOA répondant au numéro 76 65 71 59), Suleman Muhamede
et autres. Un coup de fil à cette banque nous fera comprendre
que ces personnes du moins nominalement n'existent pas dans cette institution.
Malheureusement, tous n'ont pas le réflexe de vérifier
et enverront leurs coordonnées avec les numéros de leur
compte bancaire. On indique même que des sommes importantes ont
été soustraites à des gens par ce subterfuge. Ce
que nous n'avons pas pu vérifier. Moins élaboré,
le scam de la BAD (Banque africaine de développement) qui n'a
pas encore ouvert ses portes à Ouagadougou. Il existe bien une
Banque africaine de développement dont le siège se trouve
(provisoirement) à Tunis. Ceux qui ne le sauraient pas, pourraient
se faire avoir également, puisqu'elle a des agents et aussi des
sommes importantes que ces derniers veulent détourner.
Ces agents s'appelleraient Musa Kéré (76 52 47 43), Dr
Hassan Dantata (78 84 41 77) encore appelé Musa Garuba, Mohamed
Abdou, Mustafa Joseph (78 85 75 97), Henry Kaboré, Salif Diallo
et autres...
Les cybercafés, refuges de ces escrocs
Ces escrocs opéreraient à partir des cybercafés
où ils surferaient à longueur de journée. Ce qui
laisse croire que leur activité est lucrative. Les propriétaires
de cybercafé avouent être incapables de savoir ce que fait
chaque client derrière son micro ordinateur. En l'absence de
législation permettant de contrôler un client qui surferait
plus longtemps que la normale (ce qui de leur avis chasserait les clients),
ces gérants de cyber semblent impuissants. Une loi sur la protection
des données à caractère privé a, du reste,
été adoptée en 2005 par l'Assemblée nationale,
mais force est de reconnaître que le domaine est peu réglementé.
Elle est d'ailleurs une prestation commerciale comme toutes les autres,
malgré son caractère spécifique et sensible. Il
est certes difficile de contrôler l'internet mais les propriétaires
de cyber devraient se donner au moins chacun un « code de bonne
conduite » qui leur mettrait éventuellement de se mettre
à l'abri car, la signature de leurs ordinateurs se trouve associé
à des messages malveillants, à des activités réprimées
par la loi. Une victime qui intenterait une action pourrait, avec un
peu de chance si la procédure est bien menée, retracer
le cyber qui paierait à la place de l'escroc. A moins qu'il y
ait des propriétaires de cyber complices ?
En attendant, c'est à chaque internaute de prendre conscience
du phénomène et d'éviter de répondre à
des messages venants de correspondants inconnus. C'est par là
que tout commence, car on ne sait jamais où cela va s'arrêter.
Ces escrocs sont doués et la tentation grande.
Plus vous rentrerez dans le jeu, plus il vous sera difficile d'en sortir
et une fois repéré, vous risquez gros, très gros.
L'attitude la plus sage consiste alors à détruire directement
ces genres de mais très facilement reconnaissables. L'autre précaution,
c'est de ne jamais fournir des données personnelles à
des personnes ou des structures non connues et surtout par le canal
de l'Internet sans une liaison sécurisée. Elles peuvent
toujours tomber dans des mains malveillantes. La signature de pétition
par mail (plus connu sous le nom de hoax) ou les chaînes de messages
avertissant de la présence ou de l'apparition de virus sont aussi
à éviter car constituant de véritables «
chevaux de troies » servant à recueillir vos adresses email
qui, du point de vue commercial, valent de l'or. Elles permettent en
effet, à des sociétés d'établir à
bon compte un profil ciblé de prospects même sous le couvert
de la religion.
Cela est moins grave car, au-delà du piège, les hoax
sont porteurs de risques bien plus grands. De l'atteinte à la
vie privée en passant par les nombreux dérapages, les
dangers sont bien réels : désinformation et atteinte à
l'image. L'information va très vite sur Internet et l'utilisation
malveillante de votre nom ou de votre image peut être catastrophique.
En outre, en contribuant à relayer des messages fantaisistes,
les internautes contribuent à saper le crédit du réseau
lorsque ces informations s'avèrent fausses. Enfin, l'envoi de
tels messages contribuent à encombrer le réseau et à
rendre les connexions plus chères.
Festival de viandes de Ouagadougou : Chameau,
cheval, âne ...au menu
par Issa K. Barry, Observateur Paalga, 24 février
2006. Source : http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=12623
Hier, les organisateurs de la 1re édition du Festival des viandes
de Ouagadougou (FESTIVO) ont animé un point de presse au maquis
Zama Chapelle, sis dans l'enceinte de la maison du Peuple. Plusieurs
questions ont été abordées, parmi lesquelles les
stratégies d'organisation, le programme du FESTIVO et les objectifs
recherchés à travers cette manifestation.
Le FESTIVO, qui débute aujourd'hui au Salon international de
l'artisanat de Ouagadougou (SIAO), sera assurément le rendez-vous
de tous les amateurs de viande de Simon-ville, des environnants et,
pourquoi pas, des visiteurs de passage. Cette idée originale
est du Lions Club Ouagadougou-Acacia, pour donner un coup d'accélérateur
à la filière bétail-viande. Mais derrière
cette entreprise se cache surtout un projet hautement social. En effet,
les recettes du FESTIVO serviront intégralement à la construction
et à l'équipement d'un Centre ophtalmologique à
Zabré, dans la province du Zoundwéogo.
Du 24 février au 2 mars donc, il y aura toutes sortes de spécialités
au SIAO. Des classiques aux plus exotiques : viande domestique, viande
sauvage, d'âne, de cheval, de chameau, etc. Le Niger par exemple
y sera présent avec sa fameuse viande grillée et séchée
dénommée le « kilichi ». Les personnes intéressées
pourront même s'approvisionner en viande crue. Pour varier le
menu, des délégations étrangères seront
de la fête.
Afin que la manifestation soit une parfaite réussite, le FESTIVO
a mis toutes les conditions de sécurité et d'hygiène
de son côté. En tout cas, c'est ce qui est ressorti des
propos du comité d'organisation, qui a associé à
la fête le Service d'hygiène de Ouagadougou et la Société
de gestion de l'Abattoir frigorifique de Ouagadougou. De nos jours,
on ne peut pas parler de volaille, ou même de viande tout court,
sans penser à la grippe aviaire. Le docteur vétérinaire
Jean André Ilboudo, qui est de l'équipe, a trouvé
que l'on a très vite dramatisé la question de la grippe
aviaire, si fait que cela a provoqué une psychose.
D'ailleurs, il fera remarquer qu'il sied mieux de parler de menace,
car jusqu'à preuve du contraire, cette épizootie n'est
pas encore dans nos murs. « Il n'y a pas de raison de paniquer.
Il y a bien d'autres maladies. La rage par exemple. Mais est-ce pour
autant que les gens ne mangent pas le chien ? ». D'ailleurs, a-t-il
précisé, si grippe aviaire il y avait, il suffirait de
respecter les conditions de cuisson et d'hygiène. Des exigences
qui sont parties pour être assurément remplies au FESTIVO.
Il suffit de voir les batteries sécuritaires autour des produits
qui y seront vendus pour s'en convaincre.
L'entrée au SIAO est libre pour cette première édition
du Festival des viandes de Ouagadougou. En outre, les prix des stands
sont peu élevés, comparativement aux tarifs de location
pendant les manifestations du genre. En principe, les tarifs des mets
qui seront vendus devraient être également à la
portée du consommateur moyen.
« Nous avons décidé de faire du FESTIVO une fête
populaire. Ne vous inquiétez pas ; les brochettes seront au même
prix qu'en ville », a fait remarquer le président du comité
d'organisation, Serges Ousmane Tall, comme pour rassurer le consommateur
lambda, habitué aux tarifs de son grilleur de viande habituel.
Conflit agriculteurs-éleveurs dans l'Oudalan
: Vers un "dérapage aux conséquences désastreuses"
Février 2006 par un ressortissant de la Région du Sahel,
Le Pays, 24 février 2006.
Source : http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=12637
L'affaire date de 2003. Un procès a eu lieu. Une décision
de justice a été prise. Mais elle a du mal à être
exécutée si l'on en croit l'un des ressortissants de la
région du Sahel, dont l'écrit suit. Pour lui, il y a urgence
en la demeure. "Il faut agir vite avant qu'il ne soit trop tard",
dit-il en substance.
Je viens solliciter vos colonnes pour attirer l'attention de l'opinion
publique et notamment celles du gouverneur de la Région du Sahel,
du Ministre des Ressources animales, du ministre de l'Agriculture, et
du ministre de la Justice d'un problème qui perdure depuis 2003.
Il s'agit d'un litige né en 2003 à propos d'une zone
de pâturage dans la région de Ndarga, province de l'Oudalan
entre des éleveurs et des agriculteurs. Ces derniers ont défriché
sans aucune autorisation dans une zone considérée comme
zone de pâturage pour faire des champs. Suite à ce litige,
les éleveurs ont fait recours à la justice de notre pays
à travers son tribunal de Dori.
La procédure de justice conduite à terme a reconnu clairement
dans la décision de justice N° 19 du 06/08/2003 rendue par
le tribunal de Dori que la zone querellée est une zone de pâturage.
Par conséquent, cette décision a ordonné l'expulsion
des occupants qui s'y sont installés anarchiquement. C'est d'ailleurs
la même conclusion à laquelle est arrivée la mission
d'enquête envoyée sur le terrain à propos de ce
litige par le ministère de l'Agriculture, de l'Hydraulique et
des Ressources halieutiques (MAHRH) qui avait saisi le haut-commissaire
pour qu'il notifie au responsable administratif de Tiofolboye, village
proche de la zone, de déguerpir ces occupants.
Mais force est de constater qu'à ce jour, les occupants sont
toujours sur place du fait de la non-exécution de la décision
de justice. Les éleveurs qui ont la décision de justice
toujours non exécutée entre les mains commencent malheureusement
à douter de sa valeur. Ce qui est dommageable pour la justice
de notre pays. Mais continuant de faire encore foi à la justice,
ils sont repartis se plaindre une fois de plus et ce au mois de novembre
2005.
Le procureur du Faso de Dori qui les a reçus, a convoqué
les deux parties. Après les avoir écoutés, il a
sommé les occupants de déguerpir sans délai. Ceux-ci
ont demandé qu'un mois (jusqu'en fin décembre 2005) leur
soit accordé pour qu'ils puissent récolter (récolte
à laquelle ils n'ont d'ailleurs pas droit du fait de la décision
de justice qui les a expulsés depuis 2003).
Les éleveurs ont néanmoins accepté la requête
de leurs protagonistes en présence du procureur. Sur cette entente,
le procureur a remercié les 2 parties et a dit aux éleveurs
de venir lui rendre compte à l'issue de ce délai. En fin
janvier 2006 soit, un mois de plus sur le délai demandé,
les occupants ont signifié aux éleveurs qu'ils ne quitteront
pas. Alors les éleveurs sont allés rendre compte au procureur.
"Que le droit soit exécuté !"
Aujourd'hui, les éleveurs comptent saisir aussi les plus hautes
autorités, notamment le gouverneur de la Région du Sahel,
le ministre des Ressources animales, le ministre de l'Agriculture, le
ministre de la Justice et s'il le faut, le président du Faso
lui-même par rapport à l'allure que prend cette affaire
qu'ils ressentent légitimement comme une injustice. Le climat
est d'ailleurs très lourd entre les deux parties et un dérapage
violent et aux conséquences désastreuses n'est pas à
exclure si la justice n'est pas appliquée dans toute sa rigueur.
Il est donc de la responsabilité du gouverneur de la Région
du Sahel, du ministre des Ressources animales et particulièrement
du ministre de la Justice, de tout mettre en ¦uvre pour que ladite
décision de justice soit immédiatement exécutée.
Une telle réaction prompte et efficace de toutes ces autorités
permettra de rétablir l'autorité judiciaire dans la zone
en mettant fin à cette attitude dilatoire qui vise à gagner
du temps jusqu'à rendre la décision caduque et à
créer de fait un précédent.
Notre démocratie en sortira grandie et notre justice aura davantage
la confiance des populations aussi de cette partie du Burkina. Et quel
moment est mieux indiqué pour faire comprendre à tous
les justiciables que la justice s'applique intégralement et à
tous que les journées portes ouvertes que la justice s'apprête
à organiser les 24 et 25 février 2006 sur toute l'étendue
du territoire. L'instauration d'une justice respectée de tous
et capable de conquérir chaque jour la confiance des populations
par la diligence et l'exécution de ses décisions est un
maillon d'importance capitale dans l'édification de l'Etat de
droit.
Gageons et souhaitons que le droit dit depuis 2003 soit exécuté
enfin et sans délais pour rendre crédible notre justice
et éviter un dérapage aux conséquences dramatiques
comme cela a déjà été vu dans d'autres zones
de notre pays.
Une grosse fraude qui fait des vagues
Source : http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=12634,
24 février 2006.
La Coordination nationale de la lutte contre la fraude fait-elle actuellement
face à une grosse affaire de fraude ?
Selon des sources bien informées, un dossier de fraude sur la
base de fausses factures dans le secteur du textile mobilise actuellement
les uns et les autres.
Le commerçant incriminé, un certain T.G, de nationalité
étrangère et basé à Abidjan en Côte
d'Ivoire (pour qui 3 à 4 personnes travaillent à partir
de Bobo Dioulasso). Son procédé est simple : il achète
du textile par mètre commandé par containers de 40 pieds
dont les valeurs oscillent entre 80 et 120 000 dollars (environ entre
44 et 66 millions de F CFA).
Dès que ladite commande arrive au Burkina, TG sort de faux documents
pour les mêmes containers et déclare par kg et en stock-lot,
bien que la marchandise soit de premier choix. Il produit alors une
facture comprise entre 2700 et 4000 dollars (environ 1 485 000 et 2
200 000 F CFA), ceci pour échapper au contrôle de COTECNA,
la structure qui vérifie les prix, la quantité, la qualité
et l'origine des produits.
En faisant donc ces fausses déclarations, TG échappe
ainsi aux contrôles réglementaires. Pour ce faire, il adresse
les factures et documents originaux à une Banque suisse par le
biais de son fournisseur, après paiement. Comme cet exemple :
pour une facture réelle de 117 000 dollars, il fait une fausse
facture et déclare en douane, pour le même produit, 3840
dollars. Ainsi, avec un chiffre d'affaires très bas, il échappe
aux impôts et à la douane.
Mieux, TG, présenté comme un grand stratège dans
le domaine du faux, a changé le nom de sa société
et agit apparemment sans inquiétude, parce que protégé,
apprend-on par des "hommes forts". Depuis 2003, TG a commencé
à importer des marchandises au nom d'individus burkinabè
venus de la Côte d'Ivoire. Et tout cela sans compter les importantes
sommes transférées à l'étranger (1,16 milliard
de F CFA en 2001, 751 millions en 2002, et 682 millions de F CFA en
2000). Conséquence de ce comportement et selon nos sources, c'est
un manque à gagner mensuel de 250 millions de F CFA pour l'Etat
burkinabè.
Ces produits fraudés empruntent les mêmes circuits de
distribution et freinent l'épanouissement des honnêtes
opérateurs économiques. Mais que dit la Coordination nationale
de la lutte contre la fraude ? TG y avait-t-il été convoqué
? L'enquête en cours sera-t-elle menée jusqu'au bout ?
Va-t-on laisser traîner le dossier pour mieux l'étouffer
? Epargnera-t-on la Coordination de toute pression pour lui permettre
de sévir contre les hors-la-loi ? Questions !
Grippe aviaire, SIDA, paludisme : Et si on combattait
aussi le "virus" de la corruption ?
Le Pays, Ouagadougou, 22 février 2006. Source : http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=12584
Le rapport 2006 de l'ONG Transparency International met à nu
des pratiques de corruption dans le domaine de la santé. Le Réseau
national de lutte anti-corruption tire, lui aussi, la sonnette d'alarme
dans cet écrit.
Dans son rapport annuel 2004 sur l'état de la
corruption, le Réseau National de Lutte Anti-Corruption (REN-LAC)
tirait la sonnette d'alarme sur "le développement exponentiel
de la corruption dans le secteur de la santé au Burkina".
Par le même exercice, à un niveau mondial, « Tansparency
International » confirme que les ravages du phénomène
ont passé toutes les bornes.
Le rapport 2006 de l'organisation non gouvernementale
martèle en substance et sans ambages que "la corruption
prive de nombreuses personnes de soins médicaux dont elles ont
besoin ; elle encourage la propagation de maladies résistantes
aux médicaments existants à cause des contrefaçons.
Ce qui crée un cycle d'aggravation toujours plus forte des conditions
sanitaires. Au moment où le monde est terrifié par une
menace de grippe aviaire à nos portes, ne faut-il pas non plus
parler du "virus" de la corruption ?
Classé respectivement comme 4e secteur miné
par la petite corruption, 8e par la grande corruption et 5e secteur
le plus corrompu à l'issue du sondage réalisé par
le REN-LAC en 2004, le secteur de la santé est devenu, au niveau
mondial, un nid de corruption qui compromet dangereusement la vie des
populations, principalement celles à faible revenu.
Les différentes formes du fléau recensées
au Burkina Faso ont pour noms : rackets, pots-de-vin, ventes illicites
de médicaments, spéculations sur les lits d'hôpital,
absentéisme, surfacturations, passations de marchés truqués,
détournements et vols de biens médicaux, rétributions
financières autres que les salaires et avantages prévus,
... Selon le rapport 2006 de "Tansparency International" rendu
public le 1er février à Berlin, en Allemagne, il existe
une corrélation entre la corruption et l'offre des services de
santé.
Des enquêtes diligentées dans 45 pays
du monde montrent par exemple qu'aux Philippes, l'aggravation de 10%
du fléau de la corruption a entraîné la diminution
de 20% du taux de vaccination des enfants. Au Cambodge, le détournement
des fonds alloués à la santé publique joue négativement
sur les indicateurs de santé. Au Costa Rica, près de 20
% d'un crédit international de 40 millions de dollars US destinés
à l'équipement sanitaire se sont volatilisés pour
alimenter des coffres privés.
A l'origine du phénomène, le manque de
scrupules de certains agents de santé. Tout en reconnaissant
que la majorité des employés remplissent leurs fonctions
avec diligence et intégrité, le rapport lève le
voile sur des preuves de fraude et de corruption dans les arcanes du
système sanitaire.
"Des honoraires pour des services en fait gratuits"
Il souligne notamment que : Les budgets publics pour
la santé sont manipulés par des fonctionnaires véreux.
Des hôpitaux sont transformés en self-services pour l'enrichissement
illicite de certains, avec des systèmes de distribution, d'achat
et d'approvisionnements peu transparents, mais aussi avec plusieurs
employés fantômes figurant sur les listes de paie. Des
employés du secteur de la santé exigent des honoraires
pour des services qui sont en fait gratuits.
Au-delà des formations sanitaires publiques
et privées, la gangrène se niche surtout dans l'industrie
pharmaceutique, surtout dans la contrefaçon. Des investigations
de "Transparency International" signalent qu'à cause
des techniques agressives de commercialisation de plus en plus développées
par les lobbying de firmes pharmaceutiques, les médecins sont
poussés vers une préférence indue à certains
superflus au détriment des remèdes essentiels.
Ce qui entraîne une augmentation de prescriptions
qui ne sont pas toujours basées sur les besoins réels
des malades. Conséquence : les chiffres d'affaires de l'industrie
pharmaceutique augmentent alors que diminuent les dépenses de
recherche indispensables au développement de nouveaux médicaments
qui pourraient sauver des vies dans les pays pauvres.
A propos des contrefaçons pharmaceutiques, "Transparency
International" incrimine les paiements illicites qui facilitent
l'acheminement de médicaments contrefaits de leur source au consommateur
trompé. La lutte contre le VIH/Sida est devenue une "poule
aux ¦ufs d'or", comme au Kenya où "des hauts
fonctionnaires ont créé des organisations fantoches pour
détourner les ressources vitales destinées à prendre
en charge les personnes infectées et affectées".
Fort de ce constat peu reluisant, "Transparency
International" tire la sonnette d'alarme sur la menace que la corruption
fait peser sur les Objectifs du Millénaire des Nations unies.
Trois des objectifs de cet engagement mondial étant liés
au secteur de la santé, l'ONG pense qu'aussi longtemps qu'on
laissera se développer impunément les germes de la corruption,
les progrès réalisés jusque-là pour lutter
contre la "mortalité infantile et néo-natale, le
Sida et autres maladies" seront compromis.
Le REN-LAC se propose de publier vos réactions,
vos suggestions, vos dénonciations (si cela est conforme à
la déontologie et à l'éthique professionnelle).
Vos critiques et suggestions sont les bienvenues. Pour toutes informations
et suggestions, contactez-nous à l'adresse suivante : Réseau
National de Lutte Anti-Corruption (REN-LAC) 01 BP : 2056 Ouagadougou
01, Tél. : 50 -33- 04- 73, Email : info@renlac.org, site : http:
//www.renlac.org Tél. vert : 80-00-11-22 (gratuit). Le REN-LAC
6 recommandations contre la corruption
Pour plus de transparence, "Transparency International"
fait 6 recommandations. Elle invite à : 1- Exiger des bailleurs
de fonds et des gouvernements de faciliter l'accès aux informations
clés afférentes aux projets, budgets et politiques sanitaires.
Pour ce faire, les informations relatives aux budgets doivent être
disponibles sur Internet et soumises à des audits indépendants.
2 -Adopter et mettre en application des codes de conduite
pour le personnel de santé et les entreprises du secteur privé
ainsi que l'organisation de stages de formation sur la corruption.
3 -Appliquer des règles de gestion des conflits
d'intérêts dans le cadre de la certification des médicaments
et la délivrance des licences pour les médecins.
4 - Soumettre à un contrôle indépendant
et ouvrir à l'examen minutieux du public les projets et les politiques
relatifs à la santé au niveau national et international.
5 - Rendre compétitives, ouvertes, transparentes
et conformes aux normes minimales de Transparency International les
procédures d'attribution des marchés publics. Pour ce
faire, les règles en matière de gestion des conflits d'intérêts
doivent être mises en application, et les entreprises impliquées
dans des actes de corruption doivent être mises en quarantaine.
Par ailleurs, les acteurs de ce secteur devraient également s'engager
à ne pas verser de pots-de-vin tels que stipulés dans
le Pacte d'intégrité de "Transparency International",
et ce afin de garantir l'égalité des chances pour tous
les soumissionnaires.
6 -Engager des poursuites judiciaires rigoureuses contre
les corrompus et les corrupteurs afin de donner un signal fort pour
une tolérance zéro à l'égard de la corruption
dans le secteur de la santé. A cet effet, il est important de
mettre en place des mécanismes de contrôle pour assurer
la protection des dénonciateurs des actes de corruption au sein
du gouvernement, dans l'industrie pharmaceutique et au niveau des industries
biotechniques.
Dr Pierre B. Bidima : "Nous possédons
des éléments accablants sur l'assassinat d'Oumarou Clément
Ouédraogo"
Propos recueillis par Adama Ouédraogo Damiss, L'Observateur,
Ouagadougou, 22 février 200622 février 2006.
Source : http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=12576
Dès sa création en avril 2003, le Mouvement de la paix
(MP/B) se faisait entendre à travers des déclarations
dans la presse sur les événements politiques intervenus
dans notre pays. Puis ce fut le silence. Que devient alors cette organisation
qui avait promis de faire des révélations fracassantes
sur l'assassinat d'Oumarou Clément Ouédraogo ? pourrait-on
se demander.
Son président, le Dr Pierre Bangba Bidima, donne
ici une réponse et se prononce aussi sur l'actualité nationale
et internationale.
Le Mouvement de la paix ne se fait plus entendre. Que
devient-il ?
- C'est vrai, les activités du Mouvement
de la paix ont un peu ralenti, pour diverses raisons :
Deux membres du bureau national, qui en compte 9,
ont subi des opérations chirurgicales légères pour
cause de fracture par suite d'accident de la circulation. Dieu merci,
leur vie n'est pas en danger et ils sont tous sortis de l'hôpital.
Permettez-moi, à travers vos colonnes de leur renouveler, au
nom de tous nos militants, nos v¦ux de prompt rétablissement
;
en outre, deux autres membres du Bureau ont été
affectés en province, et cette situation nous empêche de
nous réunir assez régulièrement pour décider
des actions concrètes à mener. Malgré cela, le
Mouvement se porte bien, nous poursuivons la mise en place de nos structures
dans les provinces.
Des missions de pacification et de conci |