L'OTAN a du mal à envoyer des hélicoptères
au Pakistan
Les pays membres de l'OTAN ont envoyé beaucoup moins d'hélicoptères
au Pakistan pour l'aide d'urgence après le tremblement de
terre que ce que l'Alliance avait initialement affirmé, a
déclaré ce mardi un porte parole de l'OTAN.
Après des pourparlers avec les fonctionnaires des Nations
Unies qui coordonnent les efforts humanitaires, l'OTAN avait dit
vendredi passé que ses 26 membres (à titre individuel)
avaient déjà 40 hélicoptères au Pakistan,
auxquels l'alliance ajouterait 4 autres en provenance d'Allemagne.
Mais le porte-parole de l'OTAN James Appathurai a déclaré
que ce chiffre de 40 était incorrect, et que les membres
de l'OTAN espéraient en fait arriver à en avoir 32
à la fin de cette semaine.
"C'est un effort très compliqué, avec de l'aide
venant d'une variété de fronts, pas seulement des
pays de l'OTAN, et ce n'était pas facile de la quantifier
sur une base quotidienne dans les premiers jours" a-t-il dit
en réponse aux questions. [2 semaines après le tremblement
de terre quand même]
"En se basant sur notre estimation actuelle, nous espérons
avoir 32 hélicoptères sur place à la fin de
cette semaine", a-t-il dit, reconnaissant que le nombre actuel
était plus petit que cela. Le secrétaire général
de l'ONU, Kofi Annan avait pressé les pays de l'OTAN et les
autres pour envoyer plus d'hélicoptères, vitaux pour
fournir l'aide aux milliers de survivant du tremblement de terre
du 8 octobre, coincés dans des régions reculées,
montagneuses, sans nourriture, abris ou médicaments.
Mais les commandements de l'OTAN avaient dit la semaine passée
que la force de réaction rapide de l'OTAN n'avait pas assez
d'hélicoptères, et avaient averti que les pays membres
avaient toujours été réticents à mettre
leurs propres hélicoptères à contribution.
Le plus important contributeur en hélicoptères pour
l'effort humanitaire sont les USA, avec 14 hélicoptères
sur les lieux ce lundi, selon les officiels US. De plus, 3 (trois)
engins britanniques sont arrivés il y a quelques jours.
Deux hélicoptères allemands de la mission de l'OTAN
en Afghanistan voisin étaient arrivés les jours qui
ont suivi le tremblement de terre, mais ils doivent bientôt
retourner.
4 autres hélicoptères allemands devraient arriver
à la fin de la semaine, et un diplomate de l'OTAN qui a requis
l'anonymat a dit que 19 hélico US devraient bientôt
arriver (3 semaines après le tremblement de terre...)
SOURCE: Reuters et Comité de Surveillance OTAN, 25 octobre
2005
Mobilisation accrue des Musulmans en Amérique
du Nord
Ce que nous supposions au lendemain du tremblement de terre se confirme
au fil des jours : le Cachemire martyre ne mobilise pas à
travers le monde comme l’avaient fait le tsunami et le cyclone
Katrina. Les Musulmans du monde ont donc la lourde tâche de
venir en aide à leurs frères et soeurs frappés
dans le Nord-Pakistan, principalement dans l’Azad Cachemire.
le bilan est en effet lourd : 42 000 morts, plus de 45 000 blessés,
3,5 millions de sans-abris, exposés à la pluie et
au froid et aux premières neiges dans des zones de haute
montagne isolées.
Le 13 octobre, les représentants de la Force d’intervention
américaine musulmane pour l’aide de catastrophe [American
Muslim Taskforce for Disaster Relief : AMTFDR] - quio regroupe les
principales organisations musulmanes des USA - se sont engagés
à collecter le plus rapidement possible la somme de 20 millions
de $, alors que l’administration de Washington ne s’est
engagée que pour 50 millions. L’une des principales
organisations de secours, le Secours islamique USA, qui avait déjà
trois bureaux à Muzaffarabad, dans la vallée du Nilum
et à Islamabad - avec des effectifs d’une centaine
de personnes -, a été en mesure de se rendre sur les
lieux du séisme une heure après la catastrophe et
a dégagé immédiatement 4 millions de $, se
fixant comme objectif de collecter 10 millions. Dans les 4 jours
qui ont suivi le séisme, le secours islamique a pu collecter
1 million. Cette catastrophe, a dit Sayyd Syeed, secétaire
général de la Société islamique des
USA, est une excellente occasion d’améliorer l’image
de l’Amérique dans le monde musulman. L’MAFTDR
est “le mieux qualifiée pour établir des ponts
entre le mond emusulman et l’Amérique”.
Source : usinfo.state.gov, 13 octobre 2005
Le Secours islamique lance un appel aux
dons
Le Secours islamique a lancé samedi un appel d'aide d'urgence
pour 7 millions d'euros en faveur des victimes du tremblement de
terre qui a frappé l'Asie du Sud-est, faisant plus de 30
000 morts au Pakistan et en Inde.
"Les officiels disent qu'ils s'attendent à de lourds
dégâts et plus particulièrement dans la région
du Cachemire et du Pakistan du Nord", explique l'organisation
dans un communiqué.
Le Secours islamique a annoncé avoir débloqué
"un premier fonds de secours de 3 millions d'euros" et
mobilisé "une équipe de 150 personnes et des
moyens logistiques conséquents depuis son bureau au Pakistan".
Un convoi humanitaire avec du matériel de première
urgence devait être envoyé.
L'organisation précise que les dons peuvent être adressés
au compte postal CCP 29 19 D Paris (Urgence Asie du Sud) ou sur
son site Internet http://www.secours-islamique.org/dons
.
La colère des rescapés du
Cachemire
Dans les villages reculés, une véritable course
contre la montre est engagée.
par Marie-France Calle, Le Figaro, 11 octobre 2005
QUARANTE-HUIT HEURES après le tremblement de terre le plus
meurtrier de l'histoire du Pakistan, les rescapés criaient
hier leur colère. «Le gouvernement n'a rien fait depuis
samedi. Les gens doivent s'occuper eux-mêmes de récupérer
les corps ensevelis sous les gravats et de leur donner une sépulture
décente. Je ne parle même pas des survivants encore
pris au piège et dont les chances de s'en sortir diminuent
de seconde en seconde», s'indigne Ali.
Comme la plupart des habitants de Muzaffarabad, la capitale du Cachemire
sous administration pakistanaise, ce petit fonctionnaire n'a plus
de toit. Pis, deux personnes de sa famille sont encore sous les
décombres de ce qui fut sa maison. «Les gens sont complètement
démunis, ils ne savent plus quoi faire», affirme Rashid,
l'un de ses collègues, aussi désemparé que
lui. Il s'en prend aux autorités locales et centrales, «qui
font de beaux discours devant la presse et donnent la fausse impression
que les secours sont déjà à pied d'oeuvre».
Les témoignages expriment tous le même désarroi,
la même frustration. S'y ajoute, pour les blessés,
une souffrance physique que rien ne vient soulager. Une infime partie
d'entre eux a réussi à rejoindre les hôpitaux
d'Islamabad. Sur place, l'eau et l'électricité étaient
toujours coupées, et la plupart des hôpitaux de la
région bien incapables d'accueillir des blessés. D'autant
que nombre d'entre eux se sont aussi écroulés lors
du séisme.
«C'est le rôle de l'Etat»
Bref, plus que jamais le Cachemire pakistanais est coupé
du monde, ses habitants se retrouvent sans ressources. A tel point
que les gens se sont mis à piller les magasins, les maisons
éventrées. «On les comprend, ils n'ont plus
rien, ni vêtements, ni nourriture. Mais c'est le rôle
de l'Etat de s'occuper d'eux et de faire en sorte que la situation
ne dégénère pas», commente un instituteur
miraculeusement épargné par le drame.
La situation n'est guère plus brillante à Balakot,
petite ville située à moins de 100 kilomètres
au nord d'Islamabad. Balakot, tristement célèbre,
depuis le 8 octobre, pour ses centaines d'enfants ensevelis dans
leurs écoles. Hier, un secouriste encore sous le choc racontait
comment il avait entendu un petit garçon appeler de plus
en plus faiblement : «Papa, maman, venez me chercher. Aidez-moi
à sortir de là !» Selon les habitants, il y
aurait plus de 400 écoliers encore prisonniers des décombres
dans la seule Shaheen Public School, l'un des deux établissements
scolaires de Balakot, qui comptait aussi une madrasa (école
coranique). Au total, affirment les autorités municipales,
un millier d'enfants et d'étudiants auraient été
ensevelis. La terre a tremblé sur les coups de 9 heures,
et les enfants avaient tous rejoint leurs salles de classe.
Lueur d'espoir pourtant, hier, un petit garçon de 6 ans et
une petite fille de 4 ans ont été retirés vivants
des décombres. Du baume au coeur pour tous les parents de
la ville qui se sont remis à creuser frénétiquement
à la recherche d'autres jeunes survivants. Tous affirmaient
avoir entendu la voix d'un fils, d'une fille...
Mais à Balakot aussi la frustration est grande. «Notre
ville a été transformée en un tas de ruines
et il y a tellement de morts ! Et nous n'avons vu arriver aucune
aide depuis deux jours», a déclaré à
l'AFP Mohammad Zaheer, un survivant. Ajoutant : «Nous avons
survécu au tremblement de terre, mais nous nous rendons compte
maintenant que nous allons mourir de faim et de froid.» En
effet, les premiers frimas ont fait leur apparition dans cette zone
très montagneuse où les survivants sont contraints,
pour la plupart, de dormir à la belle étoile.
«D'énormes problèmes logistiques»
Le sentiment d'abandon, le découragement et la colère
qui se sont emparés des sinistrés rendent la tâche
des secouristes encore plus urgente. Cette fois encore, la communauté
internationale a promptement répondu à l'appel à
l'aide lancé dimanche par le général-président
Pervez Musharraf. Car tout le monde est conscient que vient de s'engager
une course contre la montre. Contre la mort.
«Certaines régions n'ont pas encore pu être atteintes»,
reconnaissait hier à Islamabad Gerhard Putman-Cramer, un
responsable du bureau des Nations unies pour la coordination de
l'aide humanitaire (OCHA), précisant : «Nous avons
un besoin urgent d'hélicoptères.» Andrew Macleod,
porte-parole de l'Undac, l'agence de l'ONU chargée de la
coordination et de l'évaluation des catastrophes naturelles,
a précisé pour sa part : «Nous avons d'énormes
problèmes logistiques, les routes ne sont pas en état
de supporter des camions chargés de marchandises. Et c'est
vrai que tout est maintenant une question de temps.»
Nouvelle
épreuve pour le Cachemire martyr
L'État du Azad Cachemire, qui est la partie pakistanaise du
Cachemire, a été au centre d'un tremblement de terre
de magnitude 7.6 sur l'échelle de Richter, qui a été
ressenti de Kaboul à new Delhi, samedi 8 octobre. C'est le
plus important tremblement de terre dans la région depuis 1935.
En 1974, un tremblement de terre de magnitude 6.2 dans la même
région avait causé 5 000 morts Le nombre officiel des
victimes est de 19 136, dont 17 388 au Cachemire. 11 000 habitants
de la capitale de l'État Muzaffarabad, ont péri. 42
397 personnes ont été blessées. Selon une télévision
pakistanaise privée ui n'a pas cité de source, le nombre
des morts serait de 25 000. Au Cachemire sous occupation indienne,
on a dénombré pour l'instant 340 morts.
Comme on peut s'attendre à ce que la "communauté
internationale" ne réagisse pas à cette nouvelle
catstrophe comme elle l'avait fait après le tsunami du 26 décembre
dernier, il ne reste plus aux Musulmans qu'à organisier un
mouvement de solidarité avec les victimes.
Les musulmans des USA se mobilisent pour apporter
des secours au Cachemire
En 24 heures, les organisations pakistanaises et musulmanes de Baltimore,
Maryland, ont collecté 118 000 $. Aux quatre coins du pays, des
musulmans, pakistanais et autres, se mobilisent pour venir en aide aux
populations du Nord-Pakistan et du Cachemire frappées par le
tremblement de terre. En pointe dans cette mobilisation, deux organisations
:
- la Muslim Hurricane Relief Task Force - la Force d’intervention
musulmane pour les victimes de l’ouragan Katrina : www.mhrtf.net
- l’Association of Pakistani Physicians of North America (APPNA),
l’Association des médecins pakistanais en Amérique
du Nord, basée à Chicago (http://www.appna.org), qui recrute
des médecins pour partir au Cachemire.
Le Cachemire attend désespérément
l'aide internationale
Le temps presse au Cachemire, où des centaines de milliers de
sinistrés du tremblement de terre de samedi attendaient désespérément
lundi l'aide internationale. Déjà, les épidémies
menacent et les premiers pillages sont signalés.
Le bilan définitif de ce séisme de magnitude 7,6 qui a
secoué le nord du Pakistan, de l'Inde et de l'Afghanistan, notamment
le Cachemire pakistanais et indien, est loin d'être établi.
Il varie de plus de 20.000 morts à plus de 30.000 morts, selon
les sources, et risque encore de s'alourdir, nombre de régions
dévastées restant coupées du monde.
Les bilans sont très contrastés de part et d'autre de
la frontière militarisée séparant les deux Cachemire.
Alors que New Delhi faisait état de 804 morts dans la partie
indienne, certains responsables pakistanais parlaient de plus de 25.000
morts, voire plus de 30.000 morts, de leur côté.
Plus de 2,5 millions de personnes se trouvent désormais sans
abri et survivent dans des conditions sanitaires déplorables,
selon les estimations des Nations unies. Et les médecins craignent
que des épidémies n'éclatent si l'aide humanitaire
n'arrive pas rapidement.
Fait exceptionnel, le Pakistan a accepté l'aide de son voisin
et rival l'Inde qui a proposé d'envoyer tentes, nourriture, médicaments
et autres fournitures dans la région du Cachemire touchée
par le séisme.
Parallèlement, le chef du principal groupe rebelle Hezb-ul-Moujahedine
a appelé lundi à un cessez-le-feu dans les zones touchées
dans la partie indienne du Cachemire.
A Muzaffarabad, capitale du Cachemire pakistanais, dévastée
et privée d'électricité, qui compte à elle
seule 600.000 habitants, les autorités ont déjà
recensé 11.000 morts. Devant la lenteur des secours, les premières
scènes de pillages ont été observées dans
les rues ravagées de la cité.
Ainsi, des échauffourées ont éclaté entre
des commerçants et des pillards qui tentaient de pénétrer
de force dans leurs boutiques fermées, a constaté un journaliste
de l'agence Associated Press. Les uns et les autres échangeaient
des coups de bâton et des jets de pierres, ce qui a occasionné
des blessures à la tête. La police n'était pas visible.
Selon des témoins, des pillards s'en prenaient également
à des maisons abandonnées et à des stations-service.
Des survivants manquant de nourriture et d'eau potable en étaient
réduits à boire l'eau d'un torrent de montagne alors qu'aucune
coordination officielle d'aide humanitaire n'était toujours en
place. Des familles affamées s'entassaient dans des tentes.
Non loin de là, quelque 2.000 sinistrés se regroupaient
autour de feux de camp dans la nuit froide sur le terrain de football
du principal campus universitaire de la ville. La plupart des bâtiments
de la faculté se sont effondrés, et les autorités
craignaient que des centaines d'étudiants ne soient ensevelis
sous les décombres des salles de cours et des dortoirs.
Des soldats simplement équipés de pelles et de barres
de fer tentaient péniblement de se frayer un passage au milieu
des gravats et des blocs de béton. "Je crois qu'il n'y a
plus aucun survivant sous ce tas de décombres", avouait
Uzair Khan, un secouriste. "Mais nous n'avons pas perdu espoir."
A Islamabad, une femme et un enfant restés prisonniers pendant
62 heures sous les décombres de leur immeuble, qui s'était
effondré, ont été secourus lundi, selon un témoin.
Par ailleurs, des soldats pakistanais aidés par des secouristes
français ont sauvé lundi 40 enfants et récupéré
60 corps dans les décombres d'une école qui s'était
effondrée à Balakot (nord-ouest du Pakistan), ont annoncé
une chaîne de télévision pakistanaise, Geo, et un
responsable de l'armée.
En raison des nombreuses routes coupées par les coulées
de boue et de la difficulté d'accès des zones montagneuses,
l'aide nationale et internationale a du mal à être acheminée
sur place par voie terrestre. Du coup, l'armée pakistanaise envoyait
par voie aérienne nourriture, eau potable et médicaments.
C'est également pour cette raison que les Etats-Unis ont dépêché
huit hélicoptères cargo militaires dans les régions
sinistrées en provenance de l'Afghanistan voisin. Les cinq énormes
appareils Chinook et les trois Blackhawk se sont posés lundi
sur une base militaire proche de la capitale pakistanaise, Islamabad.
En outre, l'ambassadeur des Etats-Unis dans ce pays, Ryan Croker, a
annoncé une aide de 50 millions de dollars (41 millions d'euros)
pour contribuer aux efforts de secours et de reconstruction.
De nombreux autres pays ont commencé eux aussi à acheminer
de l'aide humanitaire ou des secouristes, notamment la Turquie, la Grande-Bretagne,
le Japon, les Emirats arabes unis, la Russie, la Chine, l'Allemagne
ou encore la France. A Genève, l'ONU a lancé un appel
urgent aux dons, soulignant notamment le besoin d'au moins 200.000 tentes
spéciales pour l'hiver, destinées à abriter les
sinistrés.
Source : AP, 10 octobre 2005
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